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Le malheur des uns, fait le bonheur du plus véreux [Mitsuo]


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Mar 11 Juin 2019 - 23:56
Mes yeux glissent sur les différentes lignes qui noircissent le papier que je tenais entre les mains, un papier signé par les autorités de la Banque. Chaque « ordre » était comme une marque au fer rouge sur ma fierté blessée : j’avais failli à mon rôle, celui de protéger la Banque, celui de maintenir la réputation de ma famille intacte, celui d’inspirer suffisamment de craintes pour qu’on n’ose nous faire du mal.

J’avais été généreuse envers mes alliés : j’étais tour à tour cette épaule sur laquelle ils pouvaient se reposer, cette banque dans laquelle ils pouvaient puiser selon leur besoin, ou encore cette maison où ils pouvaient venir et se déchaîner au rythme d’une musique endiablée. J’avais été sans merci envers mes ennemis : j’avais réduit leur commerce à néant, j’avais causé des tensions ou des failles au sein de leur famille ou j’avais mis à jour leurs secrets les plus honteux.

Cependant, j’avais commis une grave erreur. J’avais ignoré les « autres » : Les Shinobis, et tous les dérivés qui s’y rattachaient – les déserteurs ou les solitaires – avec la maîtrise de ce fameux « chakra ». Toutes ces années, ces bandes de barbares s’étaient contentées de s’entretuer, étant la cause principale de la haute mortalité dans certaines régions. Cependant, qu’importe car toutes ces histoires ne touchaient pas Kaze no Kuni et surtout, le malheur de ces crétins profitait à nous : les plus puissants étaient subitement démunis et toquaient à nos portes pour notre aide, mettant en jeu tout ce qu’ils avaient de précieux, voire même tout ce qu’ils pouvaient obtenir dans le futur.

Tout allait pour le meilleur des mondes, et les rouages de ce mécanisme vicieux étaient bien huilées et tournaient formidablement. Oh ! Nous avions bien quelques petits aléas comme des commerces que nous soutenions qui se retrouvaient soudainement réduits à néant, mais ce n’était qu’un petit gain de poussières qu’on oubliait assez vite avec de nouvelles opportunités. Et puis, il y a eu cet événement : la Banque Sabaku a été infiltrée. Quelqu’un avait réussi la prouesse de pénétrer et traverser le pays désertique, trouver une faille dans le système de sécurité de la Banque, faire une promenade de santé dans la bâtisse de marbre blanc, sortir les mains vides – par pur plaisir, du moins en théorie et selon les premières investigations – et quitter aussi sereinement Kaze no Kuni.

Il n’y avait pas eu de « braquage » mais ce maudit journal avait véhiculé un stupide mensonge. Le mal était fait à notre réputation, un mal que nous avions grand mal à réparer. Nous avions eu à inviter bien des clients pour leur prouver que leurs biens étaient toujours à l’abri, nous avions perdu d’autres. Ma punition avait été simple : trouver le coupable, améliorer le système en s’inspirant des autres pays et réparer le mal fait en participant activement à la « reconstruction » du portefeuille client. Quelques objectifs supplémentaires – et mineurs – étaient également donnés.

L’empire du Feu sera ma première destination. En effet, une nouvelle puissance s’éveillait, ce qui est synonyme de besoins financiers de taille et donc possibilité de boucler une affaire en or. Une première étape, qui sera la dernière si tout allait bien. Car oui, très honnêtement, je déteste me trimballer tantôt sur dos de cheval ou dans cette voiture qui est secouée dans tous les sens sur des routes mal faites. Ajoutons à cela qu’il fait « froid » ailleurs. Kaze no Kuni me manque, honnêtement. Ainsi que ma fastueuse vie.

Je tapote de mon doigt la table à laquelle j’étais assise. Mes yeux glissent sur les différents clients d’un des rares auberges qui a tenu debout suite à la dernière catastrophe qui a touché le pays et qui lui a valu la destruction de plus de la moitié de son centre-ville. Le pays avait clairement besoin d’argents, mais c’était un trou noir sans fond : la criminalité et la corruption aspiraient tout, sans rien donner en échange. Un investissement à perte, en somme. Mais également une destination où il ne fallait pas s’attarder. J’aurais pu passer mon chemin mais j’ai eu subitement souvenir d’un homme qui devait une grande somme à la Banque, et qui ne cessait de fuir avec toutes les richesses amassées d’un point à un autre d’Ame no Kuni. Il était devenu une sorte de légende parmi les collecteurs de dettes de la Banque … une légende qui pourrait potentiellement redorée mon propre blason.

Une entreprise folle que je ne comptais pas accomplir seule. J’avais embauché un mercenaire, un certain Fukuhara N. Mitsuo. Nous aurions une connaissance commune, et cette dernière a établi un rendez-vous dans cette auberge, à dix heures du matin. J’attends, habillée somptueusement comme à mon habitude et coiffée distinctement : un kimono doublé en laine court, un pantalon épais, un justaucorps, des gants en cuirs et fourrés également et une écharpe douce, le tout en noir avec quelques accessoires dorés – des babioles plaquées or. Il serait stupide de mettre ses colliers de pierres précieuses dans un tel lieu.
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Mer 12 Juin 2019 - 9:05





Collecteur de dettes



Mitsuo marchait, d'un pas lent et calme, vers une destination bien précise. Il avait été contacter par une de ses connaissances fraîchement acquise dans cette ville, afin de rencontrer une femme, femme, qui selon les dires de la personne étant entrée en contact avec lui, avait besoin de louer ses services. Il n'avait pas refusé, après tout, il n'avait aucune raison de le faire. Il était encore relativement tôt, ceci l'arrangeait, vu qu'il devait en premier lieu se remplir l’estomac. Ceci-dit, après réflexion, il pouvait tout aussi bien commander un petit déjeuner à l'auberge servant de point de rencontre. Il baissa alors les yeux, observant sa tenue taché de sang et soupira. Il avait beau n'avoir rien à faire de sa tenu en général, il savait qu'il ne pouvait pas entrer dans une auberge ainsi, sous peine d'effrayer la clientèle, et attirer l'attention. Roulant des yeux, il fit un détour par un point d'eau, se leva, et méditant un peu au passage. Après quoi, il reprit sa route. Ce n'était pas dans ses habitudes de se faire payer pour accomplir une mission, mais bon, que pouvait-il bien faire d'autre ?

Il soupira alors, se disant qu'avec un peu de chance, tout ce qu'il aurait à faire serait d'escorter la jeune femme. Enfin, il verrait bien une fois sur place. C'est après plusieurs dizaines de minutes de marche qu'il arriva finalement à destination, poussant les portes du bâtiment, il entra d'un pas lent et calme, portant sur lui sa tenue habituelle. Un long manteau blanc, avec des épaulettes en or, par-dessus une chemise noire et une cravate elle aussi blanche. Une lanière de cuir passe diagonalement sur son torse, tenant le fourreau de son arme contre sa hanche gauche. Son pantalon, de couleur blanche, est tenu par une ceinture en cuir sombre, tenant en même-temps une sacoche lui permettant de stocker divers petits objets. Il porte de longues bottes montantes en cuir noir, dont le pantalon entre à l’intérieur afin de ne pas gêner ses mouvements. Il n'est pas rare de le voir aussi avec une casquette à trois ponts blanche et noire. C'était une tenue assez originale, mais il l'aimait bien. Enfin bref, le silence s'installa quand il pénétra les lieux, pour ensuite laisser place de nouveau au brouhaha habituel dans une auberge. Il rejoignit par la suite la jeune femme qui correspondait à la description que lui avait fait son contact, s'installant face à elle calmement, après avoir déposé son katana prêt de la fenêtre.

- Sabaku Eirin, c'est bien ça ? Je suis Fukuhara N. Mitsuo... Midori m'as fait vent de votre désir de me rencontrer pour louer mes services, donc... Que puis-je pour vous ?

Il retira calmement son chapeau, le déposant près de lui, pour ensuite plonger son regard d'or sur la jeune femme. Il aurait bien complimenté la femme sur son apparence, mais ce n'était pas le but de sa venue, et il n'aimait pas vraiment tourner autour du pot. Il ignora le regard des personnes présentes posés sur lui, certains le regardant avec curiosité, d'autres avec admiration, et certain même, avec crainte. Il faut croire qu'il dégageait une certaine stature.




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Mar 18 Juin 2019 - 23:34
Un homme entra dans l’auberge, accaparant subitement l’attention dont j’avais été l’objet jusqu’à maintenant, ce qui n’était pas pour me déplaire, dans ce trou à rat qu’était Ame no Kuni. Malheureusement, je m’étais réjouie beaucoup trop vite et voilà que l’étrange inconnu se dirige vers moi et m’adresse même la parole. Je n’étais pas dupe, pour croire qu’avec la reprise du brouhaha, nous avions été oubliés : je sentais les regards et j’en croisais même un ou deux.

- Bonjour, Fukuhara Mitsuo. Je suis enchantée de vous rencontrer et je vous remercie de vous être porté volontaire. Vous avez dû faire une longue route, vous devez être assoiffé. Désirez-vous boire une boisson particulière ? Considérez ceci comme un premier remerciement de ma part , introduis-je, avec politesse et courtoisie, quoique emprunte d’une touche de froideur.

Mon grand-père m’avait appris qu’une fermeté et une indifférence exagérée pouvaient briser toute relation de confiance – ou même toute graine future d’une négociation ou entente -, un excès de condescendance et de paternalisme rendaient l’interlocuteur bien trop dépendants de nous et donc inutiles, et qu’une souplesse de caractère sans limite ou des concessions continues rendraient l’esclave maître et vice-versa. En somme, toute relation qu’elle soit amoureuse, professionnelle, familiale ou amicale devait se construire avec attention, et en étant en équilibre avec tous les traits de caractère cités. Et, enfin, la première impression était la plus importante.

Nous allions travailler avec cet homme, et il allait être rémunéré convenablement, que la mission soit une réussite ou un échec. Dès lors, il n’avait guère besoin que je déploie monts et merveilles de mon caractère et que je joue un jeu hypocrite. Non, je payais, il obéissait, et tout allait pour le meilleur des mondes. Une relation simple, dont j’avais l’habitude de piloter au quotidien à la Banque avec les employés, ou chez moi, avec les domestiques.

- Je souhaite retrouver un homme, qui doit une somme considérable à la Banque Sabaku. Malheureusement, nous sommes incapables de saisir ses biens, car il les cache. Nous savons qu’il ne quitte pas Ame, mais qu’il sait s’y cacher formidablement

Chaque homme et chaque femme qui venaient signer un contrat avec nous devait mettre en gage – ou en hypothèque – des biens, voire leurs demeures. Dans ce contrat, en bonne et due forme – et non en petites lettres – était stipulé que ces biens seront la propriété de la Banque, en cas de défaut de paiement et que toute vente ou autre manipulation non autorisée par cette Dernière est caduque. En somme, qu’importe qu’ils tentent de revendre le bien, nous le récupérions sans dépenser un sou, par des voies légales, en montrant que nous sommes les « propriétaires » de toutes ces choses vendues, et que « l’ancien » propriétaire a commis une faute. Malheureusement, l’affaire se corsait considérablement quand la personne endettée et en défaut dissimulait « tout », pire, fuyait avec et disparaissait dans la nature.

- En raison de la confidentialité de nos documents, ou de l’identité de nos clients, je ne pourrais pas vous montrer les informations sans un accord tacite entre nous deux que la confidentialité sera maintenue et si vous la brisez, vous en paierez une amende. Evidemment, il n’y a pas que du mauvais dans l’histoire. Qu’importe l’issu de la mission, vous aurez un salaire fixe journalier. Si nous trouvons l’homme, vous aurez droit à un bonus. La durée maximale de cette quête est une semaine.


Sur ces mots, je tends un papier où était écrit des chiffres : son salaire. Et il faut dire, elle était convenable.

- L’homme n’est pas un shinobi, ou un criminel notoire, si vous vous posez la question. Un simple civil.
Spoiler:
 
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Mer 19 Juin 2019 - 8:10





Collecteur de dettes



Mitsuo écouta attentivement les dires de la femme, analysant chaque donnée fournie, sans un son, néanmoins, à l'énumération du salaire, il hocha un sourcil, soupirant un peu. Son employeur était si stupide que ça, ou bien n'avait-il aucune valeur de l'argent ? Il secoua lentement la tête, prenant la parole calmement par la suite.

- Excusez-moi mais... Êtes-vous stupide ? Enfin, pas vous directement, mais en tout cas votre boss. Vous venez de dire que j'aurais droit à un salaire journalier, suivit d'une prime si je retrouve l'homme en plus de collecter la dette, le tout sur une durée maximale d'une semaine, c'est bien ça ? Alors dites-moi ma jolie... Pourquoi diable je ferais en sorte de mettre moins d'une semaine ? J'y gagnerais bien plus en capturant l'homme et collecter les dettes les premiers jours, puis me tourner les pouces le reste du temps, et tout vous livrer d'un coup le septième jour... Vous me payez donc basiquement pour me tourner les pouces six jours sur sept, grossièrement résumé. Non pas que je m'en plaigne, bien au contraire, qui n'aimerait pas être payer à rien faire, je dis ça pour vous personnellement. Après tout, collecter les dettes et retrouver votre homme ne seras l'affaire que d'une journée, deux tout au plus... Après tout mes invocations sont de très bons traqueurs, donc peu importe à quel point votre homme est doué pour se planquer, je n'aurais aucun mal à le retrouver... Maintenant la seconde question que me viens en tête, est une question simple, et qui à pourtant toute son importance... Dois-je le ramener vivant, ou mort, et si vivant, dans quel état. Après tout, il aura plus de mal à prendre la fuite avec une jambe en moins, vous ne croyez pas ?

Il recula un peu sur son siège, croisant les bras en fixant la jeune femme droit dans les yeux, un regard calme, bien trop calme en vu de ce qu'il venait de dire, comme si le fait de tuer cet homme ne lui faisait ni chaud, ni froid. Pendant ce temps, il demanda un simple thé à la serveuse les rejoignant pour prendre la commande, le silence régnant dans la pièce, suite à la déclaration sans gêne du samouraï. Après un regard assassin vers les diverses personnes présentes, celle-ci partirent, pour la plupart, les autres se dépochant de finir leurs verres, sans un mot.

- Je ne doute pas sur vos capacités à me payer, après tout, nous parlons de la fameuse banque Sabaku, même moi qui viens du pays de la muraille, je la connais. Enfin, je remercie la banque de m'avoir envoyé une si belle demoiselle pour négocier, même si je trouve que c’est une erreur stratégique de leurs parts. Après tout, je pourrais très bien vous extorquer des informations, de gré ou de force... Enfin, ça ne m’intéresse pas, donc le problème n'est pas là. Disons que vous avez d ela chance que ce soit moi qui est répondu à l'offre ?




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Dim 23 Juin 2019 - 23:58
L’assurance absolue des personnes qui maniait ce fameux « Chakra » était absolument insupportable. Malheureusement, qui représentions-nous, pauvres civils sans défense, face à ces monstres aux pouvoirs croissants et gargantuesques ? Avions-nous autant d’importance qu’une fourmi, cette créature si petite et pourtant si forte, qui participait à l’effort du monde et de son équilibre ? Certaines vieilles personnes aimaient dire que l’Homme détruisait son environnement. J’aimais surenchérir avec la phrase suivante : les Shinobis aimaient détruire absolument « tout ». Pourtant, malgré la rage qui fulminait en moi, je ne laissais rien transparaître, optant plutôt pour un visage mêlant malice et sérieux : montrer ses véritables émotions était digne d’un faible, or j’étais Sabaku Eirin et je ne suis certainement pas faible.

- Il semblerait que nous doutons mutuellement des compétences de l’autre. Vous me traitez de stupide mais que dois-je dire de vous, quand vous me demandez sérieusement si l’homme doit être retrouvé vivant. Je dois recouvrer une dette, remettre les mains sur ses biens et m’assurer qu’il a tout payer. Si non, le cas échéant, m’assurer qu’il va payer dans un futur très prochain. Donc, il doit être vivant et entier. Si vous êtes amenés à le blesser ... assurez-vous juste de respecter ces deux points. S'il meurt par votre faute ou vos ... invocations, tout naturellement, vous me rembourserez tout le salaire payé et vous vous débrouillez avec les autorités, s'il en existe, de ce pays.

J’étais certaine qu’il allait sortir une autre remarque pleine d’esprit … pour un barbare. Qu’importe. Je n’avais pas du temps à perdre à ce genre de bêtises, je n’avais pas à me justifier avant tout et surtout il était futile de débattre sur la capacité intellectuelle de l’un ou de l’autre. J’étais payée et reconnue pour des résultats et non les moyens. Être intelligent ne suffit pas pour gravir les échelons de ce monde : la stupidité avait son salaire aussi.

- Cependant, je ne suis pas venue ici pour débattre de nos compétences intellectuelles respectives mais davantage d’une mission. Si vous parlez aussi franchement, je suppose que vous serez un homme honnête et consciencieux dans vos démarches. Ajoutons à cela que notre connaissance commune est un homme qui ne m’a jamais failli à ce jour, pour ses recommandations. Si vous désiriez faire part d’une autre vérité sur mon patron, sur mon entreprise ou encore sur moi-même … manifestez-vous maintenant. Ou taisez-vous à jamais.

Je me tais quelques secondes, pour qu’il déverse ses dernières paroles inutiles pendant que je lis une lettre reçue hier, dans le cadre d’un projet plus personnel et loin des tourmentes financières. Durant la mission confiée à la Banque – ou suite à celle-ci, si elle finit aussi vite que l’homme semble promettre –, j’avais à me rendre à une adresse supplémentaire pour récupérer un parchemin datant d’un siècle et retrouvé miraculeusement durant le vide-grenier d’un commerce en faillite. Cette affaire m’embêtait, pourtant. Ame no Kuni avait une trop mauvaise réputation pour que je ne m’attarde plus que de raison, et je ne désirais nullement mêler ce parfait inconnu dans mes recherches privées.

Mon silence semble avoir duré plus de raisons, car l’autre semble attendre. Mon regard azuré se pose à nouveau sur le sien, mais nullement pour longtemps. Mon œil droit me grattait furieusement depuis quelques jours. Je ne savais pas si c’était une allergie passagère, ou alors une infection oculaire contractée durant le voyage. Je me promettais de voir un médecin, dès que je quittais Ame no Kuni : dans ce pays, je risquais de rencontrer davantage des charlatans que de vrais professionnels.

- Avons-nous un accord ? demandais-je, glissant un contrat de confidentialité sur la table.
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Lun 24 Juin 2019 - 8:42





Collecteur de dettes



Le shinobi haussa les épaules, elle avait raison sur ce point, même si la collecte de dette pouvait se faire sans que l'homme soit en vie. Après tout, l'argent qu'il doit ne peut pas s'être volatilisé comme cela, il l'a probablement utilisé pour acheter des biens ou quelque chose comme ça. Enfin, soit, il ne le tuerait pas. De toute manière ce n'est pas comme s'il avait une soif de sang ou quelque chose dans ce genre. Il hocha la tête calmement et s'étira ensuite calmement, souriant en coin, la fixant droit dans les yeux.

- Et si l'argent ne m’intéresse pas ? Chercheriez-vous un autre mercenaire à employer, ou bien négocieriez-vous les clauses du contrat ? Après tout niveau argent je n'ai pas à me plaindre, je m'en sors plutôt bien même. Retrouver votre homme ne seras qu'une question d'heure à partir du moment où j'aurais son odeur à faire renifler à mes chers compagnons à poil. Quant à son arrestation... Si comme vous le dites il n'est qu'un citoyen lambda, ce ne seras l'affaire qu'une d'une poignée de minutes, tout au plus. Ce qui m’amène au second point... Le capturer est une chose, le faire parler et obtenir des informations sur l'endroit où il dissimule ses biens en est une autre, mais ça, je suppose que vous savez déjà comment vous y prendre, je me trompe ?


Il joignit les mains, les déposant sous son menton en regardant la femme droit dans les yeux, soutenant son regard avec un sourire. Il avait déjà sa petite idée quant à comment découvrir la planque de ses objets de valeur, et il ne doutait pas que si lui en était capable, aucun doute que la femme devait aussi avoir une idée en tête.

- Enfin, je n'ai pas vraiment d'autres questions en tête, donc soit, c'est d'accord. Cependant commencer la traque dès maintenant serais dérangeant, après tout, il sait que vous le cherchez, et si nous commençons à air à peine après notre rencontre, il risque fort de quitter le pays. Nous devons donc attendre quelques jours, faire croire que je suis ici pour une toute autre raisons. Une relation amoureuse secrète, un membre de la famille, peu importe, mais nous devons lui faire baisser sa garde, et faire en sorte qu'il reste ici. S'il quitte le pays, je vous souhaite bien du plaisir à lui remettre le grappin dessus, et encore plus vivant.




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Dim 7 Juil 2019 - 22:09
- Je ne négocie qu’avec ceux dont j’ai pu juger moi-même les compétences. Autrement dit, vous êtes libres de refuser ma proposition. Et je suis libre de vous accepter ou non comme mercenaire. Au sein de ce pays, nous avons tous les deux l’embarras du choix, soulignais-je en gardant le ton professionnel, tout en maintenant le regard de l’autre.

J’étais à peine froissée ou embarrassée par l’hypothèse formulée par cet étrange mercenaire. L’époque où j’aurais agi avec spontanéité à cette provocation était passée : ma fierté et mon orgueil avaient formé un mur solide contre ce genre de bêtise sans conséquence et enfantine, et mon expérience m’avait prouvé qu’il y avait toujours une possibilité, quelque part, si on savait mettre le prix ou si on savait chercher.

Je continuais à maintenir le regard, me refusant de battre en retraite ou d’admettre une quelconque défaite. Cependant, l’affaire fut tout autre : à nouveau, mon œil me picote d’une façon bien désagréable, me forçant à fermer les yeux et à frotter vigoureusement la paupière. Décidément, l’hygiène dans ce pays devait être des plus douteuses, pour que ma main refuse de quitter mon œil.

- Vous avez bien plus d’expériences que moi dans les traques, il semblerait. J’agirai selon votre bon jugement. Quant au lien, pour que nous soyons un tantinet convaincant, je vais vous donner deux ou trois pistes sur ce que l’on sait ou sur ce que l’on dit de moi. Fêtarde, surprotégée et mécène de ceux qui cherchent des artefacts anciens. Vous pouvez être une idylle passagère, un garde du corps ou alors un type qui a besoin d’un mécène, dis-je, relevant un à un chacun des doigts.

Je n’avais connu aucune idylle amoureuse et par conséquent, je ne me voyais nullement jouer à un tel jeu de rôle. Ma famille ne répondait nullement aux normes imposées par la société actuelle : un grand-père qui ne jurait que par l’argent, un père qui s’était retiré en ermite, une mère devenue folle, quatre frères morts décapités il y a quelques années, un frère survivant traumatisé qui a renié le nom Sabaku et qui garde son existence encore cachée et enfin un dernier frère « peut-être » vivant, ou « peut-être » mort. En somme, je ne savais pas ce que c’était une famille, ou plutôt comment les membres d’une même famille interagissait entre elles.

J’avais vu. J’avais entendu. Mais je n’avais jamais vécu ou ressenti aucune de ces deux expériences. Et je me refusais de le montrer à l’autre. Il m’avait déjà suffisamment questionné ou mis en doute mes capacités, il était hors de question qu’il découvre des failles plus profondes. Lui, ou tout autre personne, par ailleurs. Des failles que je cachais derrière ce masque de la professionnelle de la Banque Sabaku, des failles que je comblais en me donnant corps et âme à cette structure froide et impitoyable mais qui suivait la voie de la raison et de la logique, et qui était suffisamment puissante pour ne pas être blessée par le premier venu.

- Si nous sommes d’accord sur les termes du contrat, je vous prie de remplir les formalités en signant. Si nous ne commençons pas immédiatement, je vais en profiter pour régler quelques affaires. Je me permets de faire appel encore à votre service, mais pourriez-vous avoir l’amabilité de me conseiller un médecin convenable et de confiance dans ce pays-ci ? J’ai un souci avec mon œil, je souhaiterai le régler avant que cela n’empire.


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Mar 9 Juil 2019 - 8:09





Collecteur de dettes



Mitsuo écouta calmement la femme se tenant devant lui, souriant tranquillement à ses dires. Il hocha la tête, se disant qu'il avait bien une idée de comment gérer cette traque, et cette histoire d'artefact, l’intéressait beaucoup. A croire que le destin avait mis cette femme sur son chemin. Il sourit en coin, la regardant droit dans les yeux.

- Vous savez quoi ? Je pense avoir trouvé une alternative à l'argent, je serais bien intéresser par un partenariat avec vous pour obtenir des informations sur les artefacts, ça m’intéresse bien plus que tout l'argent que vous pourriez mettre en jeu. Et concernant votre œil....

Il farfouilla dans sa sacoche et sorti un flacon de celle-ci, contenant un liquide transparent, semblable à de l'eau. Il la déposa sur la table et la fit rouler, calmement, vers la femme, souriant toujours en la fixant droit dans les yeux, inlassablement, comme pour la sondée.

- Je ne connais pas de médecin, mais j'y ai eût droit aussi, au pays du feu. Il suffit d'y appliquer ceci, trois gouttes matin et soir, après le levé et avant le couché, en somme. Cela devrait régler votre problème d’œil... En trois jours, quatre tout au plus.

Il s'étira par la suite et sirota un thé qu'il avait commandé entre deux échanges de mots. Il déposa par la suite la tasse, mettant déjà petit à petit sa stratégie de traque en place. La première étape serait de trouver un objet, ou mieux, un habit lui appartenant, ensuite ses renards de traque s'occuperait du reste. Ils pourraient même le capturer et ainsi Mitsuo n'aurait qu'à récupéré le paquet. Une missions 'étendant sur une semaine, bouclée en deux voir trois jours, ce qui lui laisserais tout le temps de se tourner les pouces ensuite et profiter de l'agréable compagnie de l'envoyée de la banque, mais surtout, de ses informations concernant les armes légendaires. Il ne regrettait plus du tout le déplacement, non, ça en valait clairement la peine... Il accomplissait une mission simple, avec en récompense des informations croustillante sur un sujet juteux.




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Dim 4 Aoû 2019 - 14:55
Je ne pus m’empêcher d’éclater de rire à sa proposition. Ainsi, c’est les larmes aux yeux que je répondis, aussi naturellement du monde, la chose suivante :

- L’homme que je veux que vous traquiez ne vaut pas tout l’investissement que j’ai fait pour la traque de ces artefacts. Enfin, et plus important, la majorité de mes informations viennent d’aventuriers ou de chercheurs qui y travaillent depuis des années : je ne peux rien donner, sans avoir un accord ou sans avoir la garantie que cela ne va pas détruire tout un travail et donc toute leur confiance à mon égard.

Je me tais quelques secondes pour me calmer, profitant pour me saisir du médicament donné. J’acceptais ce dernier par politesse avant tout : je n’étais pas arrivée aussi loin uniquement en me basant des « on-dit » du premier homme rencontré. Je vérifiais, je critiquais, et je confirmais et uniquement après toutes ces étapes, je prenais une décision.

- Cependant, je peux vous faire les propositions suivantes. Ces chercheurs sont pour la plupart uniquement des civils, dépourvus de vos talents. Je pourrais glisser quelques mots en votre faveur, et ainsi vous pourrez les accompagner dans leur quête.

Le monde n’était pas composé uniquement de femmes et d’hommes maîtrisant le fameux chakra, mais ce n’était nullement un handicap ou une tare insurmontable : la vie continuait, l’émerveillement était toujours là et la curiosité tout autant dévorante et la soif de découverte intarissable. Enfin, les découvertes étaient avant un travail d’équipe et non la tâche d’un seul homme.

- Ensuite, j’ai quelques informations obtenues par-ci, et par-là. Je pourrais vous les fournir, pour les confirmer et ainsi ouvrir de nouvelles portes pour de nouvelles recherches.

Si la majorité de mes informations provenaient d’érudits ou de chercheurs qui avaient donné leur vie à leur quête, il n’était pas rare que je tombe sur un antiquaire ou de vieux écrits qui faisaient référence à des artefacts particuliers et pour lesquels il n’y avait nul volontaire pour pousser les recherches un tantinet plus loin.

- Enfin, si vous avez-vous-même quelques objectifs ou découvertes à faire, vous pouvez me soumettre votre projet et, si je le juge intéressant, je ferais mon possible pour vous donnez les moyens ou les informations complémentaires nécessaires pour avancer et arriver à la fin de votre quête.

J’étais mécène de plusieurs personnes et par conséquent, mon nom et mon prénom n’étaient plus inconnus dans ce monde-ci. Dès lors, je recevais de façon très régulière des demandes de subventions – certaines futiles, certaines frauduleuses, et certaines vraiment intéressantes. Les escrocs ou les impasses étaient nombreux, et par conséquent les risques très importants et pourtant, cela m’importait peu. L’argent n’avait jamais été un problème – et n’avait jamais été la question. A force de négocier ou d’observer des puissants, ou des pauvres, j’avais compris que la richesse n’était qu’un état passager, qui ne se basait que sur trois éléments clés : le savoir, les connaissances et la volonté.

Mon grand-père s’était assuré que j’aurais la meilleure des éducations possibles dans différents domaines, et surtout la capacité de perfectionner les différents arts qui m’intéressaient pour devenir l’une des meilleures – et ainsi être en contact avec les meilleurs.

Ce qui nous amène au second point : nous ne pouvons maintenir ce réseau social si nous savons parler la langue de l’autre. Cette langue était composée des loisirs, du savoir ou encore de l’environnement. Nous ne parlons pas à un scientifique de la même façon qu’à un religieux, par exemple. Enfin, il n’était pas toujours question de caresser dans le sens du poil : certains aimaient être contredits, ou avoir un débat qui pousse l’intellect toujours plus loin. Il fallait déchiffrer.

Deux éléments qui nécessitaient une grande énergie, une énergie qui ne peut être puisée qu’avec la volonté. Celle de bien vouloir sacrifier une enfance simple et heureuse, pour une enfance plus rigide mais plus riche, ou encore jeunesse insouciante et dorée pour une jeunesse ennuyante mais promesse d’un futur prometteur.

- En somme, prouvez-moi que vous êtes très compétents, c’est-à-dire efficace, et donc que vous méritez toute mon attention. Et je peux vous garantir que je ferais très attention à vos futures demandes, ou encore je m’assurerai que vous serez régulièrement contacté par quelques personnes qui ont besoin d’assistance ou de compagnon pour quelques voyages.


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