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Un grand cœur dans un petit corps


Jeu 27 Juil 2017 - 17:45

La Rose Rouge s’était échappé un moment de l’agitation qui animait les ruelles du village de la Brume. A l’heure actuelle, les rondes de garde n’étaient pas encore millimétrés et pour un petit être comme elle ce n’était pas compliqué de trouver une faille pour se faire la malle et quitter l’enceinte de Kiri. La foule était calme aujourd’hui, rien à se mettre sous la dent pour une aventurière en devenir. Pas de mission non plus à l’ordre du jour et son sensei lui avait laissé quartier libre pour se reposer. Mais détente ne rimait pas avec relâche pour Arukisa, hors de question de rester chez elle à rien faire. Déjà parce qu’elle n’aimait pas rester inactive, elle avait ce besoin inévitable de se dépenser, et ensuite parce qu’elle voulait se sentir utile. Si les habitants du village n’avait pas besoin de ses services en ce moment, il y avait peut-être mieux à faire en dehors de l’enceinte. Une poule avec une patte cassée à soigner, un pêcheur à aider ou même un marchand à escorter, elle pouvait trouver une occupation.
Par conséquent, c’est sur une falaise au nord de l’île qu’Arukisa trouva refuge. Sur une vingtaine de mètres, la roche brunâtre plongeait dans une eau qui commençait à s’agiter. La brise maritime soufflait par à-coup, créant des vagues tumultueuses qui venaient s’effondrer sur la pierre. D’ailleurs, ce phénomène avait créé de nombreuses cavités dans la falaise, creusant probablement des grottes d’une profondeur inconnue. Le souffle faisait virevolter sa chevelure rougeâtre tandis qu’elle contemplait l’horizon assise à la limite du vide. Un petit chemin caillouteux parcourait le bord de mer, il avait sûrement été créé pour se repérer facilement en suivant le bord de mer. Le ciel était gris et parcouru de nuages imposants, aucun rayon de soleil n’arrivait à le percer, cela donnait une teinte sombre à l’eau.

Soudain, le calme qui entourait Aru’ fut brisé par plusieurs petits gémissements. Alertée, la kunoichi se leva d’un bond et chercha la provenance de ce son. Rapidement, elle comprit que cela venait des eaux. La main sur le front, elle tenta de repérer au mieux les cris. Après quelques secondes, elle put apercevoir à une quinzaine de mètres de la rive que quelque chose se débattait au milieu des flots. Son petit coeur s’emballa, l’adrénaline était là. Quelques picotements lui parcoururent le ventre, il fallait prendre une décision, faire quelque chose. Sans perdre de temps, elle concentra son chakra dans la plante de ses pieds et dévala la falaise. A la verticale elle se dirigea en courant vers l’eau pour aller au plus près des plaintes. Plus elle s’approchait et plus elle put distinguer ce qui était en train de se noyer. C’était un animal, mais impossible de distinguer ce que c’était. Dans un sens, c’était risqué de voler à sa rescousse pour plusieurs raisons. La première, c’était que les eaux étaient agitées, et bien qu’elle sache nager convenablement et qu’elle fasse preuve d’une endurance étonnante pour son gabarit, son corps frêle pouvait facilement se faire balader par les courants. Et la seconde, c’est que cet animal en panique pouvait très bien s’attaquer à elle, même si son intention était louable. Mais peu importe, la jeune sabreuse n’était pas du genre à tout calculer dans ce genre de situation, elle faisait ce que son coeur lui dictait. Et là, il lui disait de sauver cette pauvre bête. A quelques mètres de l’eau, elle sauta de la falaise et plongea dans l’inconnue. La température de l’eau était plutôt basse, mais l’adrénaline aidait à combattre cela. Comme elle s’en doutait, les vagues n’aidaient pas à s’orienter et une fois sortie des profondeurs, elle mit quelques secondes à entendre de nouveau les gémissements. Le courant la malmenait et elle manqua plus d’une fois de boire la tasse mais sa détermination était grande. Son souffle était saccadé, son arme la gênait pour nager mais hors de question de la quitter. Le chemin qui la séparait de l’animal lui sembla interminable mais il ne fallait pas lâcher. Il fallait garder son calme au mieux, synchroniser ses mouvements. Évidemment, un ninja expérimenté aurait pu tenter de marcher sur l’eau, mais à son niveau, avec autant de mouvement c’était trop difficile de tenir, elle le savait, elle aurait épuisé son chakra pour un résultat incertain. Après de gros efforts, elle atteint enfin sa cible. La bête était en fait une petite chauve-souris. Vu sa taille, pas étonnant qu’elle eut du mal à l’apercevoir depuis la falaise. Tant bien que mal, Aru’ posa ses mains dessus et l’agrippa. Affolé, le volatile ne se calmait et ne facilitait pas la tâche de la pseudo maître nageuse.

- Arrête… de… bouger ! Entre deux vagues, la Rose Rouge tentait d’apaiser la situation. La chauve-souris ne comprenait sûrement pas ses mots mais elle avait besoin de s’exprimer sur l’instant pour canaliser sa concentration.

Maintenant, il fallait retourner au bord. A une dizaine de mètres, un rocher sortait du fond marin. Si elle parvenait à l’atteindre, son objectif serait atteint. Mais déjà que nager seule était compliquée, avec l’animal entre ses mains, elle sentait ses forces la quitter rapidement. Chaque mouvement l’affiblissait de plus en plus. Du mieux qu’elle pouvait, elle tentait de garder les bras hors de l’eau mais des douleurs prévenant de l’apparition d’une crampe firent leur apparition. Et la froideur de l’eau pénétrait de plus en plus les pores de sa peau, si bien qu’elle commençait à prendre une teinte bleuâtre. Allait-elle périr seule dans les eaux ? C’était hors de question ! Dans un dernier effort, elle nagea jusqu'au rocher et déposa l’animal dessus. Celui-ci reprit petit à petit son calme et s’accrocha grâce à ses pattes crochues. Ses petits yeux noirs se posèrent dans ceux d’Arukisa. A cet instant qui semblait être ses derniers, on pouvait clairement lire la détresse et la fatigue dans le regard de la kunoichi. Elle était épuisée et ne trouvait pas les ressources pour grimper hors des eaux. Soudain, la chauve-souris poussa un cri strident très différent de ce qu’elle avait entendu avant. Néanmoins, à deux doigts de perdre connaissance, elle comprit à peine ce qui se passait. Sa main tenait à peine la roche tandis que les sons que poussaient la bête semblait monter en tonalité. Arukisa eut à peine le temps d’apercevoir deux énormes masses sombres arriver vers elle par le ciel qu’une vague puissante l’emporta vers les fonds. Baladée par les forces marines, sa tête frappa la falaise et elle s’évanouit…

Dans une grotte sombre où la lumière de l’extérieure pénétrait à peine, le corps inerte de la kunoichi gisait au sol. Elle reprit connaissance et recracha une grande quantité d’eau avant de tenter de reprendre son souffle. La sensation du souffle remplissant de nouveau ses poumons étaient agréable. C’était comme si elle respirait pour la première fois. Soudain, les images d’elle en train de se battre contre les forces de la nature lui revinrent en tête. Rapidement, elle posa ses mains sur ses bras et ses jambes pour voir si tout allait bien. Puis, elle toucha son dos, Mikazuki était toujours là. Hormis peut-être la mort, il n’y avait rien de pire pour elle que de perdre son arme. Cependant, après s’être remise des ses émotions, elle ne put s’empêcher de se demander comment elle s’en était sortie et que faisait-elle ici ? La grotte où elle se trouvait était uniquement accessible par la mer, et rien qu’en entendant le brouhaha permanent des vagues, les eaux n’étaient pas calmées. Seule une petite tranchée faisait rentrer les flots et traversait le sol pour se perdre dans les profondeurs de la pierre. En fait, Aru’ ne savait pas comment sortir de là, elle allait devoir attendre que le vent cesse.
Tout à coup, des dizaines de paires d’yeux jaunes s’ouvrirent dans l’obscurité créant instantanément une ambiance lugubre. Les uns après les autres, entourant la Rose Rouge de leur regard inquiétant, ils la fixaient. Un cri reconnaissable accompagna ce phénomène. Aucun doute, la jeune sabreuse était encerclée par des dizaines de chauves-souris. Par réflexe, elle détacha Mikazuki de son dos et la tint fermement prête à ouvrir le feu. Elle aurait probablement était vite submergée par leurs nombres. La kirijin tournait sur elle-même, tentant de dénombrer ces petits êtres. Finalement, elle qui cherchait de l’action aujourd’hui, elle n’était pas au bout de ses peines. Néanmoins, elle se rappelait clairement que l’animal qu’elle avait sauvé était de cette espèce et tenta sur un coup de folie de leur parler.

- Je ne vous veux pas de mal. Dit-elle en tentant de garder une voix posée. Je veux simplement ressortir d’ici.

Tout à coup, deux énormes yeux dans le fond de la grotte. Immédiatement, Aru’ pointa son arme vers les orbites. A en croire la taille de ces globes, la chauve-souris devait avoir une taille impressionnante. La jeune fille se sentait réellement en danger et commença à reculer.

- Nous ne te voulons aucun mal petit être, bien au contraire. Une voix féminine mais très rauque et semblant venir d’un temps ancien venait de s’exprimer.

Aru’ n’en croyait pas ses oreilles, quelque chose venait de lui répondre, et ce quelque chose était une chauve-souris. La bête se laissa tomber au sol et dans le même temps plusieurs torches s’allumèrent sur les côtés de la grotte. La cavité était bien plus grande que ce que la jeune fille l’imaginait. Les parois affichaient des gravures anciennes montrant ces volatiles nocturnes parcourant les cieux. Comme elle s’en doutait, des dizaines d’entre eux étaient parsemés ça et là dans la grotte, formant des sortes de grappes. Arukisa ne savait pas où donner de la tête tellement le lieu était impressionnant. Mais le plus intriguant c’était bel et bien l’immense créature qui se tenait devant elle. Son apparence était effrayante, et contrastait avec l’intonation de sa voix qui avait semblé vouloir rassurer l’intruse. Des ailes immenses, des griffes aiguisées et surtout des dents acérées ornaient sa gueule tout aussi terrifiante. Cette bête semblait tout droit sortie d’un cauchemar. Comment une chose pareille pouvait vivre ici sans que personne ne le sache ? Devant le silence incrédule de la Rose Rouge, la bête reprit la parole.


- Je connais ce regard, c’est celui de la crainte. Je le ressens en toi, tu n’es pas comme les humains que j’ai croisé autrefois, tu n’as pas peur mais tu me crains. Nous autres les chauves-souris n’attaquons pas les tiens. Et je ne sors que la nuit pour ne pas effrayer ceux de ton espèce. Je vis depuis des centaines d’années, je suis ne suis pas incrédule, j’ai bien conscience de l’effet que mon apparence provoque chez vous… Mais n'ais crainte.La voix de la créature sembla démontrer un certain regret en prononçant ses mots. Je ne me suis pas présentée, mon nom est Kibayoru, reine des chauves-souris et gardienne de ces lieux. Ce sont mes enfants qui sont venus te sortir des eaux pour t’amener ici. Elle désigna deux autres volatiles plus grands que la moyenne.

A la vue de leur envergure on pouvait facilement présumer qu’ils avaient soulevé sans aucune difficulté le corps inconscient de la kirijin. Arukisa semblait un poil rassurée par les intentions de son hôte. Néanmoins, elle qui débutait à peine dans sa vie de shinobi, avait du mal à en croire ses yeux et ses oreilles. Cet être dégageait une sorte de sagesse tout en gardant ce côté glacial dû à son apparence.

- Je… je m’appelle Arukisa. Merci de m’avoir sauvé d’une mort certaine. Elle abaissa son arme et s’inclina devant la présence de la créature qui était tout de même une reine.
- Oh ne me remercie pas, cela fait longtemps que nous les chauves-souris ne nous mêlons plus des affaires des humains. Dans ces terres, ils ne savent que faire le mal désormais. Elle sembla regarder dans le vide, ses mots laissaient présageaient qu’elle avait connu un temps où le pays de l’Eau était plus accueillant.
- Les temps ont changé. Rétorqua la sabreuse, ce sujet lui tenait à coeur et elle sentait dans l’attitude de la reine qu’elle n’avait plus vraiment foi en l’humanité. Plusieurs clans tentent d’éradiquer ce mal que vous avez connu. L’espoir n’est pas perdu pour les habitants des ces îles. Dit-elle avec passion.
- Tu es une bonne humaine Arukisa, cela ne fait aucun doute. C’est d’ailleurs pour cela que nous t’avons sauvée. Tu étais prête à donner ta vie pour sauver un des nôtres et nous te sommes redevables pour cela. Elle tendit la main et un de ses congénères s’approcha et lui apporta un parchemin. Une autre créature vint se poser sur son épaule. Celle-ci ne devait mesurer qu’une quinzaine de centimètres. La Rose Rouge reconnut l’animal, c’était celui qu’elle avait secouru en mer. Je vois à ton regard que tu reconnais l’un de mes fils. Hakubo est courageux mais parfois inconscient, les eaux agitées sont un endroit dangereux pour un petit être comme lui et un moment d'inattention peut s’avérer fatal. Elle posa sa main sur la tête du messager qui semblait honteux. Aru’ sourit, il était comme elle au final, intrépide mais parfois casse-cou. Pour te remercier de l’avoir sauvé, il souhaite se mettre à ton service en signant ce pacte d’invocation. Elle désigna le parchemin.


La jeune fille avait déjà entendu parler de ce qu’on appelle les Kuchiyoses ou invocations. Certains ninjas étaient capables de faire appel à des créatures légendaires possédant des capacités semblables voir supérieures à celles des shinobis. Dans la plupart des conflits, ils s’avéraient être des alliés de poids.

- Ce serait une chance de vous servir ! S’exprima le dénommé Hakubo en faisant un petit saut sur place. Sa voix semblait être celle d’un adolescent plein de vie, tout comme elle.
- Il ne paraît pas comme cela, mais c’est un de mes plus fidèles et meilleurs éléments, il te serait d’une grande utilité dans ta mission pour éloigner le mal de cet archipel.
- Je suis aussi frêle pour mon espèce qu’il ne l’est pour la sienne. Aru’ sourit en le regardant. Mais si sa soif d’aventures est aussi grande que la mienne, alors j’accepte avec plaisir ! Elle leva le pouce devant elle et fit un clin d’oeil à Hakubo qui se réjouit en sautillant sur place.
- Alors soit. Elle déplia le parchemin et le posa au sol. Signe de ton sang ces écrits et mon fils deviendra ton allié à vie.

Désormais en confiance grâce aux mots de Kibayoru, et sous les regards de dizaines de spectateurs, la sabreuse s’avança d’un pas sûr vers le parchemin. Elle se mordit fortement le pouce jusqu’à créer une courte entaille. Le sang ne mit pas longtemps à jaillir et elle apposa son approbation sur le papier que la reine reprit ensuite.

Grâce à sa bravoure et son grand cœur, Arukisa venait de se trouver un nouvel allié.

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"Un autre jour, une autre aventure !"


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