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L'infinie sagesse [Pacte Kuchi]


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Mer 19 Juin 2019 - 20:57



Il existe un lieu où de majestueuses créatures prospèrent…


An 200 - Quelque part à Kaminari no Kuni


Pour comprendre ce récit, il faut revenir à une période révolue de la vie d’Hanae. A cette époque, Shitaderu n’était plus, et Kumo était déjà né, même si cela ne faisait pas si longtemps que ça. Lors d’une mission périlleuse, alors que la rouquine était beaucoup moins forte qu’aujourd’hui, elle se retrouve séparée de ses alliés, qui choisirent de poursuivre l’objectif de la mission plutôt qu’aider leur alliée qui avait été blessée à la jambe. Cette dernière comprenait tout cela et ne leur en tint pas rigueur. Néanmoins, un élément avait échappé à chaque personne de ce groupe, et il s’avérait pourtant crucial : la cible était un leurre, la véritable ennemie les avait bernés, et la Sendai le remarqua d’abord par son audition, quand un craquement la fit sursauter, assise contre son arbre.

« Tes alliés t’ont abandonnée… Le code de conduite des shinobi m’échappe, abandonner les siens pour accomplir la mission ? Je peux concevoir que tout ceci ait une cohérence, mais si l’on prend le cas présent, ils t’ont laissée à une mort certaine, pour courir après un clone, alors qu’en t’aidant, ils auraient probablement pu me retrouver. Dois-je t’exécuter dès maintenant ? »

Tout en prononçant ces mots, elle s’approcha de la rouquine, qui tenta un mouvement, mais ne put rien faire pour se protéger. Une douleur la calma instantanément, au niveau de sa cheville blessée, et elle serra les dents alors que l’autre semblait se complaire à la torturer. Mais non, ce n’était pas si simple, et quelques instants plus tard, la douleur avait presque disparu.

« Pourquoi me soigner ? N’est-ce pas du gâchis ? Vous allez me tuer de toutes façons… Et si vous ne le faites pas, c’est moi qui vais vous éliminer. »

Un sourire narquois se dessina sur les lèvres de cette femme qui semblait aussi forte que charismatique. Un sourire qui en disait long sur ses intentions. Elle était une femme, et comme des hommes l’avaient déjà fait auparavant, elle comptait la capturer. Quels sévices pires que ceux déjà subis pourrait-elle lui infliger ? Hanae n’avait pas peur, elle soutenait son regard fièrement, se promettant de ne rien dire, de ne rien faire, de ne pas agir contre son village.

« Lève toi, suis-moi, et il ne t’arrivera rien. T’en fais pas, je veux pas d’informations sur Shitaderu, ou peu importe comment vous l’appelez maintenant. Je veux te faire comprendre certaines choses, parce que je vois dans ton regard une flamme qui brûle… Une flamme de vengeance mêlée à une profonde bienveillance. Si après tout cela tu veux me tuer, alors soit, je veux bien donner ma vie, pour que tu accomplisses ta mission. »

La Kumojine était un peu perdue, mais décida d’obéir, non sans une pointe de doute et de grosses interrogations. Qui se laisserait tuer volontairement ? Personne, à sa connaissance. Mais à la moindre opportunité, la jeune femme lui ôterait la vie, car sa mission était de la tuer et non simplement de la capturer ou de l’écouter parler. Tout en la suivant, elle admira le paysage, se laissant distraire par la végétation que lui faisait traverser cette illustre inconnue, oubliant presque de réfléchir à comment se défaire de cette « prison » qui n’était faite ni de chaînes, ni de pierres et de barreaux, mais simplement une cellule illusoire créée par la différence de forces. Lorsque l’ennemie lui demanda de s’arrêter, elle obéit sans broncher, s’interrogeant sur la finalité de tout cela, et surtout s’ils allaient encore beaucoup marcher.

« Je m’appelle Taka. Un peu ironique, comme façon de nommer un enfant ? Mes parents imaginaient sans doute que je serais une sorte de visionnaire. Ils n’avaient pas tort, en un sens. Qui es-tu, jeune femme sauvage ? D’où viens-tu ? Tes traits ne se prêtent pas aux gens d’ici... »

D’un coup d’œil, elle avait pu déterminer que la beauté à qui elle parlait n’était pas d’ici. Elle portait bien son nom, mais il en faudrait plus pour amadouer une guerrière aguerrie comme celle-là. Répondre ? Ne pas répondre ? Détourner le sujet ? Ignorer ? Il n’était pas judicieux de manquer de respect à quelqu’un qui pouvait vous tuer assez facilement, et divulguer son identité n’était pas une trahison, aux dernières nouvelles. Alors Hanae ouvrit le bec pour utiliser de sa plus douce voix.

« Je m’appelle Hanae, et comme tu le fais remarquer, je ne suis pas d’ici. Je viens de Kaze, j’y ai vécu quelques années avant de partir avec les miens. A mon tour de poser une question : pourquoi ne pas m’avoir tuée ? Qu’espères-tu en m’amenant ici ? »

Aucune réaction en particulier n’était attendue par la jeune femme, pourtant, lorsque Taka se mit à rire aux éclats, cela dégagea un air boudeur sur le visage de la rouge. Pourquoi cette bonne femme se permettait de la railler ? La question était légitime, sa vie était en jeu après tout.

« Tes amis ne vont pas tarder. Je vais faire simple : je vois en toi quelque chose que je n’ai pas vu depuis longtemps. Je dois te faire rencontrer quelqu’un, selon comment cela se passe, un jour ou l’autre, tu seras sans doute amenée à vivre des épreuves compliquées pour en ressortir avec un grand pouvoir. Pourquoi est-ce que je ne te tue pas ? Le Dai Sensei m’a toujours appris que la vie d’autrui à plus de valeur que la mienne. Un grand… homme, disons. Il est sage, et il est d’une perspicacité qui force le respect. Si tu as le loisir de le rencontrer, tu deviendras comme moi : une adepte de la protection de la vie. Enfin, je parle de personnes comme toi et moi, qui ne sommes pas fondamentalement mauvaises. Les monstres, il faut les éradiquer. »

Ses derniers mots furent foudroyants, et comme elle les avait prononcé sur un ton extrêmement froid, tranchant avec sa jovialité précédente, Hanae ne put qu’acquiescer, étant totalement d’accord sur ce point. Taka se saisit de sa main, et l’entraînant bien plus vite vers leur destination : une clairière. Les deux femmes s’y avancèrent, mais la Sendai ne faisait toujours pas confiance à celle qui avait des yeux de faucon. D’ailleurs, elle parlait de croire en elle grâce à ses yeux, mais que pouvait-elle voir réellement ? Avait-elle une sorte de capacité pour deviner le passé des autres ? Ou une habitude, un talent caché lui donnant une sorte de troisième œil, et qui pouvait lui dire si quelqu’un est fondamentalement bon ?

Au centre de cet endroit se trouvait une souche d’arbre, et rien d’autre. Taka s’y rendit en quelques pas, et se mordit le pouce avant de faire des mudras, puis posa sa paume contre le bois, ce qui généra un écran de fumée. Lorsque ce-dernier se dissipa, une forme s’y trouvait, assise, et très mignonne. Cette race d’animal n’était pas étrangère à la rouge, même si ce n’était pas un type de bête très fréquent, encore moins sous cette forme. Un panda, voilà ce qui se tenait sur le « siège », qui semblait d’un certain âge, mais qui avait surtout conservé une taille très petit par rapport aux pandas adultes normaux. D’une beauté à couper le souffle, il était étonnamment adorable, et devait probablement être le genre d’animal à faire oublier tous les tracas lorsqu’on pouvait le serrer contre soi. Sauf qu’il n’était pas juste mignon, car il pouvait aussi parler, et s’adressa directement à son invocatrice.

« Taka, ma petite, pourquoi me faire venir en ce lieu reculé ? Tu sais bien que je déteste quitter ma Mizu natale… En plus, je ne suis pas le plus adapté au combat, tu aurais pu appeler Bakudai Sentōki...”

La kunoichi fit un signe à Hanae, lui indiquant de l’imiter, avant de s’incliner avec un grand respect. Elle maintint cette posture quelques instants, et sans comprendre pourquoi, la flamboyante en fit de même. Lorsque les deux revinrent à leur posture initiale, la Sendai était de plus en plus perdue. Rencontrer un panda ? Serait-ce lui, le Dai Sensei ? Difficile à dire dans l’absolu.

« Dai Sensei, je souhaite vous présenter cette personne. J’ai vu beaucoup de souffrance au travers des traits de son visage, mais aussi une grande bonté et une fidélité sans faille. Je pense qu’elle a ce qu’il faut pour rejoindre la cité des sages et tenter de passer les épreuves. »

Un rire doux, et grave, sortit de la gorge de l’animal. De ce panda émanait une sagesse sans limites, il donnait l’impression de posséder le savoir de toute cette planète, réuni entre sa chair et ses poils. Pourtant, il n’avait pas encore prononcé de mots savants, ce qui ne tarda pas à arriver. Il fit signe à la jeune femme de s’approcher, ce qu’elle fit sans trop hésiter. Elle posa un genou à terre devant lui, pour que leurs têtes soient au même niveau, et le fixa avec un regard invitant au défi.

« Je vois, je comprends ce que tu as pu déceler chez elle. Malheureusement, cela ne suffit pas. Si elle parvient à trouver la forêt de bambous de la sagesse infinie, à Mizu, et qu’elle y survit… Pour finalement trouver notre cité, alors je l’inviterai à passer les trois épreuves. Si elle y parvient, elle sera acceptée des nôtres, comme toi. Mais si elle veut pouvoir nous appeler à l’aide, il faudra qu’elle réussisse l’épreuve ultime : la lutte du monarque. A ce moment-là, elle aura prouvé qu’elle a les qualités nécessaires pour obtenir le pacte qui la liera à nous jusqu’à sa mort. »

Comprenant qu’il avait fini les actes pour lesquels il avait été appelé, le sage disparut dans un nuage de fumée. Ces informations restèrent bien ancrées dans l’esprit de la demoiselle, mais elle n’avait pas pour autant oublié sa mission. D’un coup, un projectile l’effleura, de son dos, pour aller frapper la jambe de l’autre femme. Celle-ci bondit directement sur Hanae, et avant de lui asséner un coup pour l’assommer, elle lui donna un petit parchemin qu’elle déposa dans sa poche et glissa une dernière phrase, des adieux, en chuchotant dans son oreille…

« Va les trouver, lorsque tu seras assez forte, ils te donneront encore plus de force, et t’apprendront la vraie sagesse. Adieu, jeune femme, puisse la vie t’apporter plus que ce qu’elle ne t’a pris. »

Le reste ne fût que ténèbres, et à son réveil, la mission était accomplie. Elle n’y repensa plus pendant des années...


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Mer 19 Juin 2019 - 21:01

… sauras tu les trouver ?


Été 203 - Peu de temps après avoir quitté les marécages de Kiri

L’île principale de l’archipel de Mizu est un endroit assez spécial. La zone est humide, et paraît hostile au premier abord, d’autant plus pour une jeune femme venant d’un pays avec lequel les habitants du pays de la pluie sont en situation de tension. Hanae a réussi à passer la douane, et est désormais en droit de se déplacer dans Mizu no kuni et même à Kiri, elle n’a donc pas peur des Kirijin, mais ne doit pas baisser sa garde si des bandits de grand chemin ou autre mercenaires se promènent par ici. Le problème est qu’elle n’a pas idée de l’emplacement exact de la chose qu’elle cherche, par ici : la cité des sages. Autre chose lui paraît étrange, si cet endroit est si grand, sur une île qui pourtant ne l’est pas tant : comment n’a-t-il pas pu être trouvé depuis ce temps ? Comment garde son caractère secret alors que les Mizujin doivent parcourir ces terres régulièrement ? La rouge est perplexe, mais elle ne sait que cela : la forêt se trouve sur l’île principale. Après avoir quitté l’enceinte du village de la brume, la Sendai avance pendant quelques minutes, pour avancer dans les terres. Cela prendrait trop de temps de faire le tour complet du pays, ou du moins de cette partie en particulier, d’autant plus que croiser des personnes hostiles est plus que probable en y allant à l’aveugle. La flamboyante réfléchit alors, il y a bien un objet qui pourrait l’aider, mais qu’elle n’a jamais ouvert de peur qu’il ne s’agisse d’un piège. A l’heure actuelle, trouver cette forêt est sa meilleure chance d’obtenir une puissance assez grande pour retourner à Kumo et vaincre les occupants. Belle utopie, bien entendu, car elle ne sera pas capable de gagner seule. Mais la jolie brune qui a appelé à la suivre a sans doute eu des alliés à ses côtés, ne serait-ce que pour son beau visage, alors sans doute qu’elle pourra les retrouver le moment venu, et ne pas passer pour une traîtresse… Qui sait ? Finalement, si cette reprise de pouvoir fonctionne, la rouge pourrait passer pour la traîtresse, à n’avoir pas rallié leur cause, même si elle n’y a pas vraiment pensé.

La rougeoyante tire le parchemin de sa poche, et le déroule totalement. Il s’agit d’un parchemin montrant un plan très approximatif et sans détails de l’île principale, avec une croix à un endroit. Auraient-ils vraiment donné le plan permettant de se rendre chez eux à une inconnue ? Elle pourrait aussi bien rameuter une armée pour aller les éliminer, ceci n’est pas très sage. Néanmoins, ce n’est pas son intention, et parti de ce principe, cela peut signifier qu’ils n’ont pas eu tort. Le choix a donc été sage, et de toute façon la jolie rouquine n’est pas assez maligne pour comprendre les pensées de ces pandas dotés d’une réflexion et d’une intelligence supérieures. Elle suit le plan, en évitant de prendre les grands chemins, en passant le plus possible dans des endroits embusqués, et parvient à la croix en une demie journée. Mais il n’y a rien ici, est-ce une blague ? Remarque, ce n’est pas très choquant, après tout, le lieu ne doit pas être trouvé si facilement. Un peu dépitée, la rouge tombe sur ses fesses, à même le sol, et laisse le parchemin chuter à ses côtés. Elle finit même par s’allonger, ne comprenant pas la suite des événements. Elle attrape de nouveau le morceau de papier où se trouver la carte, et le regarde longuement. Le style utilisé est particulier, le plan lui-même étant entouré de motifs assez étranges. Un bruit la met en alerte, et dans la précipitation, elle referme le parchemin, mais se coupe légèrement sur l’extrémité du papier, laissant une goutte de sang perler sur la carte. Alors qu’elle regarde autour d’elle, un nuage de fumée l’encercle, et son cœur accélère, mettant tous ses sens en éveil. Lorsque la fumée disparaît, elle se trouve au milieu d’une forêt dotée de bambous gigantesques, tous plus grands les uns que les autres. Les feuilles au sol craquent, et une silhouette se dessine non loin. La jeune femme crée une petite lame de chakra, prête à en découdre, et la chose se met à courir à une grande vitesse, vers elle. Elle n’a pas le temps de réagir que l’animal se retrouve sur elle et la plaque au sol, laissant son arme s’échapper et disparaître comme elle est apparue. Les yeux fermés, la Chûnin se demande si elle vient de se faire attaquer par une bête sauvage qui va profiter de l’avoir clouée au sol pour a dévorer, mais rien ne se passe.

Lorsqu’elle rouvre les yeux, elle peut voir une créature magnifique,de petite taille, qui la regarde avec émerveillement. Un bébé panda, qui ne doit pas être habitué à rencontrer des êtres humains, et qui a donc trouvé bon de venir lui faire un câlin… Adorable. Mais où sont ses parents ? Il ne faudrait pas qu’ils la prennent pour une intruse. Le petit animal n’est pas tout léger, mais la jeune femme doit se relever et avancer. Elle commencer par se redresser, caressant tendrement le dessus de la tête du petit, et lui parle alors, car s’il s’agit bien de l’endroit qu’elle pense, alors ceci est une possible invocation, tout du moins dans le futur…

« Dis-moi, quel est ton nom, mignonne petite créature ? »

La jolie bête se laisse tomber sur les fesses et regarde la Kazejine avec de gros yeux ronds, comme un humain pourrait regarder un animal qu’il verrait parler en trouvant cela fabuleux et effrayant à la fois. A-t-il seulement déjà vu quelqu’un de cette race au cours de sa vie ? C’est inconcevable, à sa réaction. Il se racle la gorge, se relève, et prend une posture se voulant sans doute très classe.

« Je m’appelle Chīsana bōru, mais Chisa passe aussi, c’est mon surnom dans ces contrées. Pardonnez mon étonnement, je n’avais jamais vu d’humains avant ce jour, mais si vous avez pu passer par le sceau d’invocation inversée, alors vous avez sans doute croisé un actuel ou un ancien possesseur du pacte de la sagesse des pandas, et de ce fait, vous avez les prérequis pour rencontre le Dai Sensei. »

Si jeune et pourtant déjà si sage… Il n’en faut pas plus à la flamboyante pour tomber sous le charme de l’animal. Il y a quelques années, elle ne faisait pas confiance à Taka, mais aujourd’hui tout est différent. Ce en quoi elle a toujours cru à changé, son village est tombé, et cette onde a eu un effet assez inattendu sur elle, changeant sa perception de manière brutale. Si, jusqu’ici, elle n’avait pas tué beaucoup de personnes, c’était uniquement parce qu’elle c’était retrouvée sous une bonne étoile et n’en avait pas eu le besoin ni l’occasion, et pas à cause d’un respect de la vie profond. Mais les mots de cette femme qu’elle avait rencontré par delà le passé avaient trouvé écho dans ce chaos, et désormais, elle a pris la décision de régler les soucis en ne tuant pas. Même le pire des monstres doit obtenir un jugement juste, qui ne soit pas du fait d’Hanae, qu’il s’agisse de Yamanaka Rei ou de cet Homme au chapeau dont tous parlent comme un énigmatique manipulateur qui est insaisissable et qui provoque désastre sur désastre. Pour la rouge, la vie est précieuse, et si elle ne jugera pas un tueur aux valeurs puissantes, qui ne le fait que par nécessité absolue, de son côté, elle évitera de donner la mort à moins que cela ne puisse sauver une âme innocente en contrepartie. Sa vie ? Eh bien, si elle ne peut vaincre sans tuer, c’est qu’elle n’est pas assez forte pour tenir ses convictions. Peut-être que ceci a toujours été en elle et que le fameux panda nain l’a vu, il y a trois ans, d’où le fait qu’il ait donné son aval pour venir ici.

La petite boule de poil attrape alors la main de la rougeoyante, et l’attire vers le lieu qu’elle convoite, probablement. L’environnement ici est paisible, et l’atmosphère tranche largement avec celle de Mizu no kuni. Même un idiot comprendrait que ce n’est plus le pays de la pluie, mais un tout autre endroit, et que le procédé utilisé n’est autre qu’une invocation. Tout était calculé depuis cette rencontre, et le lieu autant que le sang sur le parchemin étaient les clés pour y accéder. Quelques minutes de marche plus tard, le gentil animal s’interrompt, et se retourne, donnant un grand sourire à la belle demoiselle, qui lui retourne aussitôt. Il s’éloigne alors très rapidement, sans qu’elle ne puisse le rattraper. Sans doute est-elle déjà arrivée à l’endroit voulu, et il n’y a plus besoin d’être guidée. Alors l’ex Chûnin s’avance dans ce qui ressemble à une clairière, au travers de laquelle les rayons du soleil passent difficilement. Un bruit se fait entendre au-dessus d’elle, comme si quelque chose passait entre les feuilles, avant de venir s’écraser sur elle. Elle saute sur le côté et se retourne en même temps. Le panda qui vient est plus âgé, plus robuste que Chisa, et il a laissé un beau cratère dans le sol. Il prend alors la parole…

« Bienvenue, jeune femme. Pardonne mon arrivée brutale, je suis Zan'nin'na, gardien de la bordure extérieure et responsable de la première épreuve. Si tu veux rencontrer notre maître, détenteur de l’infinie sagesse, tu devras gagner un combat contre moi. »


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Mer 19 Juin 2019 - 21:04


Épreuve 1 : Les cinq bambous du zénith.

Hanae regarde cet animal, il doit donner des coups puissants et résister énormément aux attaques. Outre sa taille avoisinant les trois mètres de haut, son poids doit excéder les cent-cinquante kilos, la plupart étant bien entendu de la force. Les pandas étant cousins des ours, sa vitesse peut sans doute atteindre les cinquante kilomètres par heure en pointe de vitesse, et ses réflexes sont encore à déterminer, mais ne doivent sans doute pas être pris à la légère. En quoi consistera l’épreuve ?

« Bonjour, Zan'nin'na-sensei, je me prénomme Hanae, du mystérieux clan des Sendai. Je suis prête à accomplir cette épreuve, quelle qu’elle soit. »

Dit-elle, tout en s’inclinant par respect pour l’ursidé. Il baille, perdant une partie de la classe dont il a fait preuve jusqu’ici, et lui fait signe de la main de le suivre. Les rayons du soleil indiquant qu’il ne reste qu’une heure avant midi, et la faim commence à se faire sentir chez la rouquine. Là où l’emmène le mastodonte se trouvent cinq morceaux de bambous, assez jeunes, et donc fins malgré leur hauteur exagérée. Il les désigne, et prend la parole.

« Ces pousses de bambous sont ici depuis des années, et pourtant ils sont encore si frêles. Si tu regards autour de toi, tu verras des bambous millénaires, et crois-moi, à part notre « énorme combattant », je ne connais personne, shinobi ou non, capable de les briser. Ceux-ci, néanmoins, peuvent l’être. L’épreuve est simple, elle va permettre de jauger ta capacité à détourner la défense d’un ennemi : avant que le soleil n’atteigne son zénith, tu vas devoir me passer pour briser chacun des cinq bambous. Tu peux utiliser de tous les moyens à ta disposition, même me vaincre si cela te semble plus adapté. Détruit les avant que le soleil ne soit au plus haut, et tu auras réussi. Dans le cas contraire, il n’y a pas de deuxième tentative, tu devras retourner d’où tu viens. »

Le regarde de la sauvage devient plus sérieux, le défi l’intéressant grandement. Son plan est simple, sa lame de chakra pur fera l’affaire pour les briser, mais il reste le problème du défenseur, qui ne la laissera pas agir sans broncher. Qui plus est, il a précisé que tous les moyens sont autorisés pour elle, mais n’a pas dit jusqu’à quel point il compte la retenir. S’il choisit de rester dans l’expectative, elle aura tout le loisir de tenter encore et encore, mais dans le cas contraire, il pourrait la casse comme une brindille, vue sa force. Le temps étant compté, Hanae se met en posture offensive, le buste incliné en avant, et fixe un premier morceau de bois solide. Cinq, ça fait beaucoup à défendre, et si elle la joue intelligemment, alors elle peut réduire le nombre en un clin d’œil. Moins il y en aura, plus Zan'nin'na pourra défendre avec efficacité.

D’une traite, l’ancienne Kumojine bondit vers le plus à droite, tout en propulsant trois balles de chakra solide vers son examinateur. L’animal pousse un puissant grognement qui semble dissiper les projectiles. La jeune combattante se trouve assez proche du bambou, mais interrompt sa charge, alors que la grosse bête lui saute dessus à une vitesse folle. Pour contourner son attaque, elle ne se meut pas, mais fait des mudras puis pose ses mains au sol. Une sorte de masse de chakra surgit,soulevant d’environ un mètre le panda, qui vient heurter la chose qu’il doit protéger avec une force impressionnante. Le premier est brisé, et ne laissant pas le temps à l’ursidé de se relever, la kunoichi crée une lame de chakra autour de son bras, pour venir trancher le second. Petite erreur de jugement, car même si elle y parvient, cela a laissé le temps à la bête de se remettre sur pattes, et de venir la frapper. Son misérable bouclier de chakra pur ne fait que réduire le choc. Son vol plané l’éloigne énormément des trois cibles restantes, et sa respiration est coupée. Par chance, ou peut-être est-ce dû à la sagesse du mastodonte, ce-dernier ne revient pas la frapper. La défense est donc son fort, ce n’est pas un mal après tout puisque la pauvre impure ne peut pas se relever tout de suite. Rien de cassé, par chance, mais des douleurs affreuses et un léger étourdissement. Elle pose une main au sol, et regarde le ciel. La moitié du temps est écoulée lorsqu’elle parvient à bouger de nouveau. Le choix n’est plus possible, il faudra l’écarter un bon moment pour parvenir à briser les trois derniers. Titubant, Hanae s’approche de Zan’nin’na, et lorsque celui-ci grogne doucement elle devine alors qu’elle arrive dans la zone de confort de l’animal. Elle effectue des mudras, et d’un bond se rapproche du bout de bois le plus éloigné du brutal. Il ne se fait pas prier et d’une vitesse plus grande que la sienne, il la rejoint. La rouquine pose sa main au sol, dans une sorte de roue improvisée, et y laisse un sceau. Dans sa tête, elle pense « désolé », car elle ne veut surtout pas le blesser. Néanmoins, le niveau de l’attaque n’est pas si grand, il s’en trouvera au mieux égratigné. Pour sa part, elle arrive au niveau du bambou, soit deux mètres après son fuinjutsu, et se prépare à le trancher à son tour, quand l’ursidé active le piège. Des ronces de chakra pur sortent en ligne droite, tranchant la partie extérieure de la peau du noir et blanc. Il s’interrompt un instant pour frapper les ronces, et lorsqu’il reprend sa course, la Sendai a déjà coupé un troisième morceau, et se dirige vers le suivant. La vitesse du panda est décidément affolante, car il la rejoint très vite.

L’examinée se refuse à sortir sa lame, jugeant que les dégâts pourraient être trop grands pour le maître qu’elle affronte, et préfère se positionner derrière la nourriture du grommeleur. Sans s’arrêter, il donne un coup dans le bois, en riant, et vient heurter l’abdomen de la rougeoyante, qui ne s’y attendait certainement pas, et qui crache du sang alors qu’elle part encore au loin. Allongée là, estomaquée par ce coup, qui bien qu’amoindri par le fait qu’il a traversé le bois avant, reste tout de même douloureux. Après quelques instants, adossé au dernier jeune bambou, il reprend la parole, fort de sa supériorité.

« J’allais les manger, de toute façon. Que tu les détruises ou non, tout cela sera ma pitance. Et maintenant qu’il n’en reste qu’un, et que tu as tout au plus cinq minutes pour l’abattre, tu peux t’avouer vaincue. »

Ces mots redonnent un peu de force et détermination à la blessée, qui se remet sur ses deux pattes tant bien que mal. Tous les moyens sont bons, alors elle peut même y aller pour tuer ? Elle ne le fera pas, car un plan bien plus malin lui vient en tête, qui prend en compte que le panda se croit si malin et si fort. Si Hanae s’approche, il va venir la frapper, sans aucun doute. Alors autant s’en servir, pour ne pas le viser lui… Elle s’approche, lentement évidemment, et manque de tomber, mais s’approche toujours. Le zénith, il est bientôt là, et si elle prend un coup de plus, elle ne pourra pas se relever, ou en tout cas, pas aujourd’hui. Donc c’est sa dernière chance, un tout pour le tout, un  « All-in ». Les mudras débutent, et Zan’nin’na ne perd pas de temps pour réduire l’écart. De son côté, la Kazejine chute, mais pose sa main par terre avant la fin. A moitié inconsciente, elle sourit, et dit quelques mots avant de tomber dans l’inconscience :

« Une épreuve de passée… Tremble, carcasse. »

Son chakra est parti, et c’est là la dernière chose qu’elle a faite. Sous le morceau de bois, la terre tremble avec violence, sur une petite zone. Elle se craquelle, elle se fissure, et les racines finissent par émerger. Le bambou chute, alors que l’astre solaire se trouve précisément à son point le plus haut. Il ne l’a pas dépassé, et ce que ne voit pas la beauté du désert, c’est que l’énorme animal se met à rire aux éclats, trouvant sans doute ce final très satisfaisant.

« Bravo, Hanae, du mystérieux clan des Sendai. Je vais m’occuper de tes blessures, et tu pourras passer à la prochaine épreuve. Tu ne sembles pas futée, mais tu sais comment accomplir tes objectifs malgré cela… Le manque de pratique m’a rendu plus faible, mais ce n’est pas un mal… »


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Mer 19 Juin 2019 - 21:07


Epreuve 2 : L’endurance des valeureux.


Quelques jours ont passé, et la gagnante a pu recevoir des soins satisfaisants de la part d’un panda qui passait par là. Rien de bien fameux, car ce n’était pas de l’Irou jutsu, mais au moins, ses hématomes sont partis, et son chakra revenu. Elle salue Zan’nin’na qui lui souhaite bien du courage, lui confiant un « à bientôt », lorsqu’elle part en début d’après-midi. Son choix se portait sur le matin, mais le poilu avait insisté pour qu’elle attende encore un peu malgré sa grande impatience. Elle a obéit, bien entendu, se doutant qu’il y avait des raisons derrière tout ceci. Son chemin est long, ensuite, durant environ deux heures, avant de trouver le prochain maître. Son nom lui a été donné par le brutal, il s’appelle…

« Sureiyā, dit le pourfendeur. Voici mon nom, Sendai Hanae. L’heure est parfaite, et suis bien la course du soleil, jeune fille. Lorsque tu ne pourras plus percevoir un rayon, si tu es encore consciente, alors tu auras passé mon épreuve… L’endurance des valeureux, prouve-moi que tu peux tenir face à plus fort que toi. »

Elle ne le voit pas, ne sent pas non plus sa présence… Le pourfendeur est bien intriguant, et si le but est de ne pas perdre conscience, alors il doit être fort. La Kaminarijine d’adoption regard aux alentours, les bambous sont plus fins, car plus proches les uns des autres. Impossible, donc, de se cacher efficacement ni de se déplacer de manière rapide et agile. Un projectile ressemblant à un shuriken de bambou tranchant la chair de la manipulatrice du chakra pur lui indique que l’épreuve a commencé. Sans plus tarder, elle regarde de toutes parts, pour d’abord deviner la position, même approximative, de l’assaillant. Une salve de projectiles venant d’une direction lui donne un aperçu global, même si son emplacement exact est impossible à trouver car les feuilles cachent toute vision. S’il aime la hauteur, alors qu’il y reste, quant à elle, la rougeoyante ne compte pas se laisser toucher. Elle fait apparaître un petit bouclier rouge, fait de son chakra, qu’elle met en opposition pour faire ricocher les bouts de bois. Ne pas savoir à quoi peut ressembler ce Sensei est un peu frustrant pour la mignonne, mais comme elle doit tenir environ trois heures dans cet endroit inconnu, elle ne peut se permettre de tenter des choses inutiles, et tôt ou tard il devra bien s’approcher, car les attaques de loin ne sont pas une valeur sûre pour blesser un ennemi.

Pour ne pas rester une cible facile, la jeune femme se met en mouvement. Le temps passe, et les attaques deviennent de plus en plus nombreuses, mais sont toutes du même type, donc plus facilement esquivables. Environ un tiers du temps est passé et la rouquine se sent en confiance, mais la silhouette finit par être un peu plus visible, et lâche un petit rire qui indique qu’il a une idée derrière la tête. Pour la kunoichi, courir n’est plus possible, son souffle commence à être haletant, il faut qu’elle fasse une petite pause. C’est là le but du testeur ? En une heure, il l’a épuisée, et maintenant elle va être moins réactive, ce n’est pas si idiot. Néanmoins, lui aussi a beaucoup bougé, tout en lançant des attaques de manière pratiquement ininterrompue, il doit donc ressentir de la fatigue…

« Les pandas ont une très grande endurance, bien plus que les humains déjà. Nous sommes peut-être des grands dormeurs, et des énormes mangeurs, mais lorsque nous sommes dans notre période d’activité de la journée, nul ne peut nous battre sur la durée. »

Voici donc où il souhaitait en venir. Si tout a été mis en œuvre pour que l’heure avance, ce n’était pas pour aider la pauvre Kazejine, mais bien pour l’amener dans la période de confort du fainéant qui lui fait face. Mais pourquoi être descendu ? Il va sans doute passer à la vitesse supérieure, dorénavant, et ne pas être blessée va devenir compliqué pour l’incandescente. Elle serre les dents, et profite de son monologue pour reprendre un peu son souffle, un genou à terre. Des dizaines de projectiles arrivent de nouveau, et leur provenance est plus facilement anticipable car elle voit clairement les contours de son adversaire, qui est bien moins haut et épais que son confrère d’avant. Les shuriken partent dans des directions incompréhensibles, mais la jeune femme sait, d’expérience, que ce genre de subterfuge cache quelque chose. La taille est d’ailleurs assez grande, pour ceux là. Ils heurtent des bambous à environ cinq mètres d’elle, de chaque côté, et explosent alors dans deux nuages de fumée distincts. De chaque côtés surgit alors une cinquantaine de pics de bois, qui viennent précisément où se trouve la cible. Elle se propulse en arrière à l’aide d’une poussée de chakra dans ses jambes, dans la précipitation, et se heurte à un bambou, trois mètres plus loin. Le choc est grand, et elle est un peu étourdie, mais ne peut pas se laisser faire, alors elle attrape le bois de ses deux mains, dans son dos, et fait une pirouette pour se retrouver les deux pieds dessus, adhérant grâce à son chakra rouge. Elle saute alors de bambou en bambou, prenant plus en plus de hauteur, et finissant par arriver dans les feuillages. Une initiative qu’elle aurait dû prendre bien plus tôt.

Ici, elle peut observer les déplacements de son adversaire, donc l’apparence n’est pas encore discernable de manière convenable, mais qui est cette fois en posture inférieure, juste en dessous. Hanae aurait pu l’attaquer, mais elle se fie à l’épreuve, et préfère s’éloigner, tout en conservant la bête en vue, pour ne pas se faire de nouveau avoir. Le panda semble la suivre, avançant sans doute en se fiant au bruit. C’est alors que l’idée arrive dans l’esprit de la sauvage : elle crée un clone de chakra pur, qui a la même apparence qu’elle, et s’immobilise, laissant la doublure se diriger dans une autre direction. Avec ça, elle devrait gagner du temps, et comme le temps est la clé, la rougeoyante est en phase avec ce qu’elle doit réaliser.

Il faut un certain temps à l’animal pour rattraper la masse de chakra sous forme humaine, et un peu plus encore pour la détruire. Les informations recueillies par le Sendai sont concluantes, elle prend alors une direction opposée pour en gagner toujours plus. C’est ainsi qu’elle achève le second tiers du temps imparti, et est encore en possession de beaucoup de ressources. Mais tout devient bien moins plaisant lorsque des gouttes d’eau commencent à tomber. En fait, la pluie n’est pas un problème, mais plutôt ce qu’il se passe juste après qu’elle n’arrive. En quelques secondes, alors que le temps avance en faveur de la jeune adulte, les feuilles bruissent, et pour la première fois, la Kumojine peut voir ce panda au physique athlétique, qui vient la heurter, tête la première. Une armure de chakra pur la protège, lui permettant de ne presque rien ressentir entre le coup et le heurt sur le sol, mais la vitesse et la façon dont il est revenu la trouver en ignorant sa position sont deux choses époustouflantes. Un nouveau combat commence, alors que le soleil montre ses derniers rayons. Le temps est encore long, la victoire… loin d’être acquise.

En face d’elle, le pourfendeur adopte une position presque drôle, faisant des petits sauts sur place, sur un pied, puis sur l’autre, ses bras suivant un mouvement similaire, d’avant en arrière également. Il la fixe, puis s’immobiliser et de son bras droit lui indique de se relever. Si fuir n’est plus une option, alors se battre devient la seule voie.

« Tu as réussi à me pousser dans mes derniers retranchements, mais le cache cache est terminé. N’essaie plus de fuir, mes dons sensoriels sont trop bons pour toi, ma vitesse est trop grande. Il te reste une trentaine de minutes à tenir, mais je ne vais plus me retenir, alors vas-y à fond. Le moindre de mes coups visera à te tuer, mais ce n’est pas un signe d’hostilité : je te respecte et je pense que tu sauras y résister. »

Sans même s’épousseter, la déserteuse se relève, et sa main vient se porter au collier qu’elle porte depuis son enfance, le pendentif étant sous forme d’un Magatama, un croc percé. Une amie proche lui a donné, lorsqu’elle vivait avec les Yasei qui l’ont recueillie, et elle ne l’a jamais quitté depuis. Elle le voit un peu comme un porte bonheur, comme une preuve que même dans les pires situations, il y a de l’espoir. Un panda sur entraîné qui attaque pour tuer, c’est un peu une de ces « pires situations »… La rouge se tient en position, elle se demande comment survivre au trente prochaines minutes, elle qui sous estime bien souvent sa propre force en se considérant encore comme la simple faiblarde qui est arrivée à Kumo après ses tragiques événements. D’une poussée rapide dans ses pattes, l’animal lui fonce dessus, et alors qu’elle s’apprête à se défendre, il frappe le sol et fait bouger la terre sous les pieds de la jeune femme, qui commence à se surélever. D’une de ses mains, l’ursidé tranche un long morceau de bambou, dont il décide de se servir comme une arme pour aller frapper la jeune femme. Il gravit le pilier de terre en quelques instants, et c’est à cet instant qu’Hanae agit. Elle fait quelques mudras puis vient poser une main sous ses pieds, propageant une grande quantité de son chakra pur au travers du bloc de terre qui la fait prendre son envol. Des pics sortent alors à divers endroits aléatoires de la structure, rendant son ascension difficile de manière indemne. La bête est d’ailleurs entaillée plusieurs fois, et sa patte arrière souffre sans doute de lésions importantes lorsqu’il arrive enfin au sommet. Tout était ici prévu par la rouquine qui n’est plus seule, mais bien en duo. Le clone prend les devant et vient s’empaler sur l’arme du panda svelte, ce qui le force à disparaître, faisant se projeter un grand nombre de pics de chakra pur rouges qui ajoutent encore plus de blessures sur le maître du bambou. Sans plus tarder, la vraie saute en arrière, dans une sorte de salto, et glisse le long du pilier pour rejoindre le sol. Au sommet, rien ne bouge plus… Est-il mort ?

Elle ne souhaite pas l’avoir entraîné si prêt du trépas, mais les deux étant censés se battre plus ou moins à fond, elle n’a pas lésiné sur les moyens, et voici la situation. Au bout d’un long moment, le pilier se fracasse, tombant de manière rectiligne, peu à peu, jusqu’à s’écraser parfaitement au sol, dans une épaisse couche de fumée. Il n’est pas vaincu, et profite de tout ceci pour avoir un effet de surprise. Ses blessures ne devraient pas le laisser indemne, alors comment peut-il déchaîner une telle force ? La Sendai ne s’attarde pas sur cette réflexion et sort rapidement de la poussière, sachant que l’animal est sensoriel et pourra donc la retrouver facilement. Les derniers rayons de l’astre solaire disparaissent, la victoire est proche, mais la sauvage le sait : un animal devient bien plus dangereux quand il sent la fin approcher. Ici, tout n’est que purement métaphorique étant donné que le panda ne va pas mourir, mais dans le simple fait de perdre cette épreuve, il va au moins donner tout ce qu’il a. Des projectiles surgissent alors du nuage, en très grand nombre, et seul un mur dressé par la flamboyante lui donne la possibilité de s’en sortir. Mais ce n’est pas tout, il compte donc faire une attaque finale surpuissante ? Le noir et blanc vient, lançant son morceau de bambou avec une force extraordinaire. Le mur de chakra pur cède sous la puissance, et le bout de bois vient heurter l’épaule de la demoiselle avec assez de force pour la déboîter. L’ursidé enragé bondit une toute dernière fois sur sa cible affaiblie, et réalise quelques mudras. Il s’apprête à lancer une dernière technique, qui au vu du nombre de signes va potentiellement tuer l’ex Kumojine, mais le son d’une cloche le fait changer d’avis, et il balance un gargantuesque dragon de terre sur la droite de l’incandescente, qui sent son cœur rater un battement en se disant qu’elle a eu beaucoup de chance. Ce « Gong » signifie qu’il fait nuit, donc l’épreuve est… un succès ?

« Je me suis un peu emporté, sur la fin. Je m’occuperai de ton épaule après, tu te dirigeras vers les portes de la cité dans trois jours, pas avant. Félicitations, c’était très juste, mais tu as réussi à temporiser suffisamment. Suis-moi, jeune fille, tu vas rester chez moi le temps que tu sois sur pieds. »

Sans poser de questions, la rouquine suit Sureiyā jusqu’à sa demeure. Un endroit magnifique, construit entièrement en bambous. C’est d’ailleurs étrange de voir cela étant donné que c’est également son aliment principal, mais cet arbre doit avoir un sens plus profond pour cette espèce animale. Ainsi, elle passe les trois jours suivants à se reposer, l’animal ne revenant en général que pour lui apporter de quoi se nourrir, et pour dormir. Il la soigne également le premier soir, capable de prouesses en Irou Jutsu… Ses blessures étant guéries et son chakra totalement revenu, la demoiselle peut donc partir en quête de sa dernière épreuve, qui se passera devant les portes de la cité des sages elle-même.

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Mer 19 Juin 2019 - 21:10


Épreuve 3 : L’appétit des puissants.

Lorsque Hanae quitte la demeure de Sureiyā, le troisième matin suivant l’épreuve, elle le remercie pour son hospitalité, et part d’une démarche assurée et déterminée. L’examinateur la salue, lui souhaitant bonne chance et lui indiquant sa hâte de la revoir, ce qu’elle trouve curieux, en repensant à Zan’nin’na qui avait dit quelque chose de similaire. En à peine deux rencontres, et malgré qu’il ne s’agisse que de combats pour l’instant, la jeune femme commence déjà à comprendre les valeurs de ces animaux pleins de sagesse et de bonté. Ils ne frappent pas pour tuer, bien que la dernière attaque du second aurait pu être vraiment violente si elle était allée au bout de sa course, et cette seule marque de détermination a suffi à attirer l’attention de la rouquine. Au départ, elle venait en ces lieux pour acquérir plus de force, mais le respect qu’elle a obtenu au contact de ces jolis animaux est un grand gain. Mieux connaître la valeur d’autrui est une chose importante dans le Yuukan, où guerres et morts sont le lot quotidien. Il lui faut environ deux heures de marche pour apercevoir un portail. Pas n’importe quel portail, celui-ci étant simplement magnifique. D’une hauteur avoisinant les vingts mètres, sculpté dans une quantité incroyable de bambous rois, cette porte donne accès à une cité que l’on peut deviner gigantesque, de l’ordre de la taille de la cité des nuages elle-même. L’air ébahi de la rouge aura du mal à partir, sa bouche s’ouvrant bien grand alors qu’elle contemple cette œuvre d’art. La beauté est une chose, mais même sa résistance doit être formidable. L’arche grise est tombée bien facilement, malgré sa position et sa grandeur, et en y repensant, la sauvageonne se dit que tout est éphémère, finalement, dans ce monde. Un beau jour, cet endroit pourrait être rasé tout comme son village d’accueil a été annexé : en une journée. Le seul bon point est que ce lieu n’est connu de personne, et n’est peut-être même pas dans les terres connues des shinobis des trois grands villages.

Après avoir cessé cette stupéfaction totale, Hanae s’avance jusqu’à tomber sur un panda à la fois très haut et très large. Il la scrute – sans doute depuis qu’elle peut voir le splendide édifice, et attend qu’elle vienne à lui. Elle le regarde, dans toute sa hauteur, et se rend compte à quel point il est imposant. Celui-ci ne doit pas être aussi vif que les autres, et si combat il y a, il ne sera pas basé sur les mêmes points que les précédents. Mais sa voix se fait alors entendre, et contre toute attente, elle est d’une douceur presque étrange. Sans le voir, on s’attendrait à un jeune panda doté d’une infinie bonté et qui ne ferait pas de mal à une mouche. D’ailleurs, le juger sur cela rien que par rapport à son physique n’est pas très sympathique, et la Sendai se gifle mentalement de son jugement de valeur.

« Bienvenue jeune élève du Dai Sensei. Je vois que tu as réussi à passer avec brio les deux premières épreuves, tu es donc plutôt sage et tu sais tenir sur la durée. Bien, bien. Ce sont deux points essentiels dans l’enseignement des pandas, la sagesse t’ayant permis de surpasser Zan'nin'na, et l’endurance t’ayant donné de quoi atteindre les dernières lueurs du jour sans être vaincue. Tu te doutes bien qu’en combat singulier, tu aurais eu bien plus de mal contre ces deux là, mais nous ne sommes pas ici pour juger ta force, nous souhaitons simplement savoir si tu mérites d’être acceptée des nôtres. Je suis Benbentaru, et mon épreuve se nomme « L’appétit des puissants ». Comme son nom l’indique, elle va viser à déterminer si tu possèdes le troisième attribut le plus important des nôtres : un appétit immense. »

D’un geste de la main, l’énorme animal fait venir plusieurs pandas plus petits qui se mettent à dresser une table assez grande. Divers aliments y sont disposés, des fruits, de la viande, des légumes, des céréales, bref, pour tous les goûts. La quantité pourrait servir à nourrir un régiment, et la rouquine se demande bien ce qu’ils attendent d’elle, même si elle en a une petite idée. En voyant tout ceci, elle se remémore qu’elle n’a rien mangé depuis son arrivée, bien trop concentrée dans ses épreuves pour s’en plaindre. Si elle doit tout manger, alors cela sera assez facile, vu qu’elle est affamée. Sans doute le maître lui faisant face a dans l’idée de la mettre en déroute, mais depuis sa plus tendre enfance, la rouge a toujours eu un appétit d’ogre, dépassant la normale chez les humains, même si c’est sans doute bien loin de ce que peut dévorer un de ces majestueux animaux. Elle jauge rapidement la quantité d’aliment, et remarque tout de même qu’elle pourrait avoir quelques difficultés, mais les règles n’ont pas encore été dites, et si elle a tout le temps qu’elle veut, alors cela sera très simple.

« Tu dois manger tout ce qui se trouve ici. Nous connaissons les humains, et même les plus vaillants peinent à engloutir telle quantité, dans le temps donné. Tu as une heure, jeune Hanae, selon ce sablier. »

Le ventru désigne un instrument fait en verre, dans lequel se trouve une certaine quantité de sable, prête à tomber dans la partie vide dès lors qu’il sera retourné. La jeune femme regarde son examinateur avec une note de défi dans les yeux. En une heure, la difficulté sera plus grande, forcément.

« Très bien, alors c’est parti. Itadakimasu ! »

Dans le même instant, l’instrument de mesure du temps se retourne, et la Sendai s’attaque au premier plat. Ils sont au nombre de douze, et on peut ainsi dire que si elle parvient à tout dévorer, alors elle aura mangé pour dix, au bas mot. La première chose qui lui tombe sous la main est un bol de ramen, bien fourni, faisant une taille assez impressionnante en comparaison aux bols qu’elle a pu dévorer au village, par le passé. Il ne lui faut que trois minutes environ pour tout manger, bouillon compris. Cela réveille son appétit, tout en calmant les douleurs causées par le manque de nourriture des jours précédents. Elle attrape d’une main une grande côte de porc et de sa mâchoire surentraînée, elle en arrache la viande, bout par bout, avec toujours plus de force, prenant le temps de mâcher la viande pour ne pas combler son estomac trop vite en gobant la nourriture. Le jus coule sur son menton, elle n’a pas vraiment le temps d’être classe, et puis elle est une sauvage, alors ce genre d’égards, en présence d’animaux exclusivement, ne lui viennent même pas en tête.

Le deuxième plat achevé, elle saisit un genre de mélange de légumes divers et variés, allant du concombre à l’aubergine, en passant par plusieurs types de poivrons, avec même de la tomate, et le tout chauffé au feu de bois. Certains pourraient dire que ces braves bêtes ont inventé la ratatouille, ici, dans leur cité des sages, et même si l’ex Kumojine ne connaît pas ce mets, elle l’englouti comme le reste, satisfaite de la façon dont ils ont mélangé les ingrédients. Néanmoins, à ce stade, elle commence à ressentir quelques difficultés à continuer, et le temps avance, elle ne peut réellement faire de pause. Elle fixe alors Benbentaru.

« Y a-t-il des règles que vous n’auriez pas mentionnées ? Je suis Shinobi, du moment que je mange tout par mes propres moyens, tout m’est permis, n’est-ce pas ? »

Une lueur naît dans les yeux de l’animal, qui hoche simplement la tête. Alors tout devient plus simple, et les neuf plats restants ne feront pas long feu face à quatre estomacs. D’un mudra, la rougeoyante fait apparaître trois clones, qui se répartissent autour de la table. Ils s’attaquent chacun à un plat, brochettes de bœuf, poulet au curry avec son riz, des dizaines de sushis, omelette géante… Cette fournée est vite terminée également, ne laissant que cinq plats. Les clones attaquent les leurs, en retirant trois de l’équation, mais finissent par disparaître. A priori, ils étaient dans un état équivalent à celui de la rouge lorsqu’ils sont apparus, et ne peuvent plus rien avaler. Elle non plus n’a plus beaucoup de réserves, et créer d’autres doubles ne ferait que les envoyer à la destruction immédiate. Le dernier plat restant la regarde avec insistance, ou peut-être est-ce l’inverse ? Le temps a vite passé, quoi qu’il en soit, et il ne reste que dix minutes pour trouver quoi faire. Hanae déglutit en voyant ce pudding, puis saisit la cuillère. Si elle le mange, elle ne peut pas être certaine de ne pas vomir, et c’est assez embêtant, car elle ne sait même pas si régurgiter est une cause de défaite, même si ça doit l’être. Dans tous les cas, il faut qu’elle tienne, elle qui n’avait jamais autant mangé. Heureusement que la quantité de nourriture ingérée par ses doubles n’est pas revenue à elle, sans quoi elle aurait tout simplement explosé. La sauvage prend un premier morceau, et le mange avec difficulté, profitant du fait que la texture soit très flasque pour ne pas avoir à mâcher. Elle enchaîne quelques autres cuillerées, parvenant à la moitié du plat, conservant un œil attentif sur le sablier qui approche de la fin, et ne pensant à rien d’autre qu’à son objectif. Dix coups de cuillères restant, mais chacun la rapproche un peu plus d’un dénouement assez écœurant, qu’elle n’ose pas imaginer. Les derniers grains de sable commencent à tomber, et le plat est fini, la dernière portion de pudding se trouvant dans le couvert de la rouquine, qui le porte à sa bouche. Elle l’enfourne, l’avale, expire avec beaucoup de force, et tombe à la renverse, sur le dos. Le temps est écoulé, mais tout est mangé, aussi dur que cela ait été. Un grognement approbatif se fait entendre, puis quelques mots…

« Félicitations, malgré ta corpulence assez frêle, tu es parvenue à trouver une façon de tout manger. Tu es donc la bienvenue dans la cité des sages, tu as passé les trois épreuves avec brio ! Lorsque tu seras en mesure de te déplacer, tu n’auras qu’à te diriger vers les portes, mes petits cuisiniers vont annoncer ta réussite. Le Dai Sensei a vu juste lorsqu’il nous a dit que tu réussirais, il sait voir le bon chez les gens, ainsi que leurs capacités latentes. On se revoit vite, de toutes façons.»

La jeune femme ferme alors les yeux, en souriant et ne pensant même pas à la dernière phrase de son Sensei, et finit par s’endormir. Après un tel repas, difficile de rester éveillée. Se laissant emporter dans les bras de Morphée, la Kazejine perd peu à peu pied, se moquant de la posture peut agréable dans laquelle elle s’endort. Sans aucun rêve dans son sommeil, elle voyage lentement jusqu’à l’heure de son réveil, et lorsqu’elle émerge, il n’y a plus personne, et tout n’est que pénombre. Elle a donc dormi jusqu’au soir, voire même jusqu’à la nuit. Son ventre ne la fait plus souffrir, elle a donc bel et bien digéré le tout, et est en pleine forme pour découvrir la grande cité où se trouve le Dai Sensei, et sans doute un grand nombre d’autres pandas tous aussi mignons les uns que les autres. Quoi que pour le dernier, ce n’était pas le mot qui venait en tête.

Se relevant d’une traite, Hanae prend la direction des portes, espérant que ceux qui la gardent soient éveillés à une heure si tardive. La réponse est logiquement positive, car dans le cas contraire, la sécurité serait assez primitive, pour un endroit supposé secret. Enfin, dans la logique, s’il est secret, il ne doit pas nécessiter une telle surveillance, mais pour un lieu nommé « Cité des sages », il est bel et bien sage de ne pas se reposer sur quelque chose comme « lieu secret et introuvable » comme seule sécurité. La rougeoyante arrive alors devant l’immensité de cette structure qu’elle avait trouvé si belle plus tôt. De cette position, cela semble encore bien plus grand, et la tête de la fille du désert commence à tourner. Elle baisse les yeux quand une voix l’interpelle.

« Tu dois être Sendai Hanae, suis-moi, je vais te faire passer par la petite entrée ! »

Le panda qui lui adresse la parole est tout petit, d’au moins deux têtes de moins qu’elle, mais le katana dans son dos indique qu’il doit être un grand protecteur de l’entrée, et sans doute un fier animal malgré sa taille. Il pousse une porte qu’il aurait été difficile d’apercevoir sans la connaître, et dévoile l’entrée à la Sendai.

« Le Dai Sensei est dans le plus grand bâtiment, le Sanctuaire de la sagesse éternelle. Tu ne peux pas le rater, il est tout au bout de cette rue, qui est la rue principale. Vu l’heure, tout devrait bientôt s’animer, le matin approche. Tu peux visiter un peu, avant d’aller lui rendre visite ! »

D’une tape dans le dos, il la pousse vers les pavés, lui laissant découvrir cette cité mythique. Elle y est, elle a été acceptée par cette communauté, et il ne restera qu’une épreuve pour qu’elle puisse obtenir une force de frappe impressionnante.

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Mer 19 Juin 2019 - 21:13


La cité des sages

Les premiers pas de la rouquine dans les rues de cette immense cité, lieu de vie de la communauté des pandas protecteurs du grand pacte d’invocation, sont assez solennels. Elle y vient pour la première fois, pourtant, elle s’y sent chez elle. Y revenir par le futur semble chose compromise, étant donné que cet endroit est presque impossible à trouver. Quand bien même elle voudrait y retourner, il lui faudrait un moyen similaire à celui employé il y a quelques jours, mais il est peu probable que le Dai Sensei lui donne à nouveau. En échange, peut-être lui donnera-t-il un plan d’accès, ou au moins un lieu ? Ses pensées se troublent, si elle y est acceptée, alors elle aura le droit d’y retourner, c’est indéniable. Elle refoule ces idées, et les relaie au rang de questions à poser au maître ultime de ce lieu. En attendant, elle contemple les rues. Tous les bâtiments sont faits de bambou et alignés avec une régularité presque irréaliste. Des échoppes, des restaurants, des habitations : tout se mélange et s’entremêle dans cette grande artère de la ville que découvre Hanae, et elle trouve cela tellement mieux que la cité dans les nuages. Un panda de taille moyenne surgit après avoir ouvert la porte de son magasin, et il bâille avec beaucoup de force, montrant la difficulté qu’il a à se lever. Lorsqu’il aperçoit la rouquine, il la salue et esquisse ce qui ressemble à un sourire. La jeune femme lui rend son geste de la main et dévoile sa belle dentition blanche, avant de reprendre sa route. Elle n’a pas vraiment de raisons de s’attarder, bien qu’elle le souhaiterait réellement.

Lorsqu’elle a fini d’inspecter les différentes enseignes, s’émerveillant pour tout et rien à la fois, la Sendai finit par arriver devant un bâtiment digne des plus grands palais, aussi resplendissant qu’immense, à se demander si tout ceci est finalement bien sage. Mais derrière toute chose se trouve une raison cohérente, car rien ne peut exister sans fondement, qu’il s’agisse d’une création de la nature, ou d’une conception humaine, ou animale comme c’est le cas ici. La vue de cette composition de bambou formant une entrée dont la seule porte doit avoisiner cinq fois sa hauteur donne un peu le vertige à la sauvage, qui manque de tomber en arrière tant elle veut en voir le sommet. Mais le plus étonnant est la façon dont est organisé ce qui se trouve derrière: on pourrait facilement croire que cette chose n’est qu’une façade, et qu’une authentique forêt de bambous géants se trouve derrière. En effet, les feuilles au sommet des morceaux de bois ajoutent une dimension exceptionnelle au tout, comme si le plafond n’était que feuillages. Finalement, de ce point de vue, il est quasiment impossible de démêler le vrai du faux. Hanae avance, pénétrant ces « murs », empruntant une ligne droite au milieu de ces allées désertes, pouvant contenir des centaines de pandas au maximum. La jeune femme constate que rien ne l’empêche d’atteindre son but : une porte faite d’un bois différent, qui ne semble pas venir d’ici. Elle s’en approche, mais un raclement de gorge l’interrompt. Elle détourne les yeux de cette structure massive, pour les poser sur une créature pas plus grande que le maître absolu de ces lieux. Sa tenue vestimentaire et ses lunettes, ainsi que le son qu’elle a émit de sa gorge, tout laisse penser à une femelle. Le doute n’est plus permis, quelques instants après, lorsque l’intendante prend la parole.

« Bonjour Hanae, je suis Genmitsu, Grande Intendante de la cité des sages, et assistante personnelle du Dai Sensei. Nous t’attendons depuis maintenant trois ans. Patiente un moment, il va te recevoir. »

Et sans laisser le temps à la rouquine de prononcer le moindre mot, la laissant bouche bée, elle s’efface derrière une porte camouflée. Les secondes et les minutes passent ensuite, et la Sendai se demande si elle n’a pas trop tardé. Mais personne ne lui a parlé de limite de temps pour se présenter, alors elle se rassure comme elle peut et patiente, jusqu’à ce qu’un bruit indique que la porte n’est plus verrouillée. Alors elle la pousse, sans plus attendre. La salle qui se présente à elle, lorsqu’elle franchit le pas de la porte, est d’une immensité à couper le souffle. De l’extérieur, difficile de deviner qu’un tel hall se cache ici. La sauvage avance lentement, regardant de tous côtés, voyant des statues faites dans le bois, représentant sans doute divers héros de cette cité qui en ont marqué l’histoire par le passé. Elle finit par arriver à quelques pas de marches qui mènent à une sorte de trône extrêmement modeste. Sortant de ses pensées, l’ex Kumojine se rend compte que le petit panda qui les dirige tous est juste devant elle, et pose immédiatement un genou à terre, baissant également la tête. Le vieil animal parle alors.

« Bienvenue à toi dans le hall des héros de la cité des sages. Tu peux te redresser. Tu dois sans doute te demander comment un peuple tel que le nôtre peut posséder autant de héros, n’est-ce pas ? Eh bien, tu pourras apprendre cette histoire, un jour, mais pas aujourd’hui. Sache simplement que nous n’avons pas toujours été en paix... »

Il se frotte les yeux en finissant sa phrase, rappelant à son invitée l’heure très précoce de la journée. Elle se relève, et vient trouver les mirettes du panda, répondant à ses propos avec beaucoup de politesse.

« J’aimerais découvrir cette histoire, bien entendu, lorsque je le pourrai. Merci pour votre invitation en ces lieux, c’est un honneur inestimable. Pardonnez ma précipitation, mais j’aimerais au plus vite découvrir l’épreuve qui me permettra de posséder ce pacte avec votre peuple. »

Le sage sourit, il semble aimer cette détermination, et également être sceptique quant à cette fougue et cette précipitation. Il tend les deux bras, l’un vers sa gauche et l’autre vers sa droite.

« L’épreuve se trouve à ma gauche, et de l’autre côté, tu m’y rejoindras après ton premier échec. »

Il se lève alors, et prend la direction opposée à l’épreuve. Est-elle si difficile, pour qu’il soit certain qu’elle n’échoue irrémédiablement ? Et que se trouve de l’autre côté, qui pourrait lui donner une chance ? Quoi qu’il en soit, le fait qu’il ait parlé de « premier échec » indique qu’Hanae a le droit à l’erreur, cette fois. Alors il est temps pour elle de s’y mettre...

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Mer 19 Juin 2019 - 21:19


Épreuve finale : L'Ultime vaillance et de la sagesse pure

Partie 1 : Un adversaire trop puissant

Les pas de la flamboyante la mènent à une cour. Celle-ci est très grande, plus encore que le hall des héros. Il n’y a cependant rien ici, qui puisse laisser penser à une épreuve. La sauvageonne s’avance, scrutant les alentours, mais ne voit rien à part cette espèce de tanière. Pour elle, cela pourrait aussi bien être un tunnel, tant il est haut, large et profond. Elle décide toute de même de tenter une approche plus intelligente, et d’appeler, car si quelqu’un doit venir, alors autant le lui demander directement.

« Bonjour, je suis Hanae, et j’aimerais passer l’épreuve du pacte ! Il… Il y a quelqu’un ? »

Dit-elle, à haute et intelligible voix, criant presque. Personne ne répond, et elle se demande si la complexité n’est finalement pas l’absence de réponse. La jeune femme ne désespère pas et se rend à proximité du tunnel, pour en scruter les environs. La hauteur avoisine les dix mètres, et la largeur n’en est pas loin non plus. La rougeoyante essaie d’y entrer, mais un bruit attire son attention. Par réflexe, elle bondit en arrière lorsqu’une patte immense surgit pour la frapper. Le spectacle qui suit n’est pas du tout rassurant : une bête, ou plutôt un panda, d’une taille inouïe, sort de la tanière, et vient surplomber la pauvre Kaminarijine de toute son imposante taille. C’est la première fois que la kunoichi aperçoit une invocation de cette taille, même si celle-ci est dans son habitat naturel et donc pas réellement une invocation. Elle en a déjà entendu parler, du fait que certaines créatures invoquées par des shinobis peuvent atteindre des proportions effrayantes, mais y être confrontée est quelque chose de démentiel. Ses jambes tremblent, pourtant, elle est une ninja accomplie et devrait pouvoir lui tenir tête. Mais elle repense aux propos du doyen de cet endroit, et se dit qu’il doit être plus fort encore qu’elle ne l’imagine.

« Tu es seule… Je vois, alors fais demi-tour, sinon tu finiras blessée. Je suis Kyūkyoku, la créature la plus grande et la plus puissante, par ici. Si tu souhaites tenter l’épreuve, sache qu’à tout moment, tu peux fuir, et revenir plus tard, après avoir compris ton idiotie. Il n’y a pas d’âge pour devenir sage. »

Le regard de la Chûnin devient plus sérieux, plus concentré, si elle réussit son épreuve seule, peu importe ce qu’il veut dire par là, étant donné qu’elle a été seule depuis le début et que cela ne risque pas de changer, alors elle aura fait preuve d’un grand talent. Voyant que la rouquine ne se détourne pas, il reprend la parole, presque blasé.

« Bien, alors tu vas tenter l’épreuve de l’ultime vaillance et de la sagesse pure. Pour triompher de celle-ci, tu devras donc posséder les deux qualités qui sont mentionnées dans le nom. Pour gagner, tu dois simplement venir briser mon chapeau. Il est fait dans le plus résistant des bambous, mais le casser n’est pas si difficile, si tu as une heure devant toi et le champ libre. Je ne compte pas attendre que tu viennes le détruire, cela dit, et je ne serai pas non plus sur la défensive. »

L’objet en question est haut, très haut. Et sa robustesse va nécessiter l’usage d’un ou plusieurs jutsus de haut rang, mais Hanae est prête, et lorsque la patte droite de l’animal annonce le top départ en venant dans sa direction, elle prend une grande impulsion dans ses jambes, aidée par son chakra, pour bondir droit sur l’avant-bras du panda. Elle entend le sol se briser en un grand nombre d’éclats, sous elle, et ne se retourne pas. Courant en direction de la tête de la bête, usant de son chakra pour adhérer à ses poils et sa peau, elle finit par s’y rendre assez vite. Mais ce n’est pas si simple, et d’un mouvement du museau, le mastodonte la force à sauter haut et en arrière pour ne pas partir droit vers le sol. Le noir et blanc en profite pour la renvoyer en bas, avec peu de force pour ne pas la briser en milles morceaux, du bout du doigt. Son souffle est aussitôt coupé, et elle se retourne pour se mettre à quatre pattes, tant bien que mal. Le choc était puissant, mais rien ne semble cassé à première vue… Doit-elle continuer, ou retourner voir le Dai Sensei ? Il n’est pas pensable qu’elle puisse surclasser ce monstre, l’enseignement du sage est donc primordial. Elle fait signe d’un abandon, au premier échec, comprenant qu’il ne vaut mieux pas s’entêter. Le géant sourit, sans qu’elle ne le voit. Une partie de l’épreuve visait apparemment à tester son entêtement, et pour une fois, elle a utiliser sa caboche pour se ressaisir. Peut-être que la chute lui a remis les idées en place, aussi, qui sait ?

Partie 2 : Tu n’es pas seule

D’une démarche lente, et hésitante, la rouge avance donc dans ce grand hall qu’elle a traversé quelques instants auparavant. Sa direction est l’autre côté, où l’attend son hôte, qui avait d’ailleurs raison sur sa prévision. Hanae a échoué, et même si elle avait réessayé, la différence de force est trop grande. Finalement, tenter de tuer ce panda aurait pu être plus simple que de briser son couvre-chef. Mais que peut bien lui proposer le vieil animal pour la rapprocher un peu plus de son objectif ? Si le coup de main est trop grand, alors elle n’aura aucun mérite à triompher. La jeune femme se creuse la cervelle pendant quelques temps, faisant plusieurs allers-retours dans la largeur de la salle, et se décide finalement à sortir. Dehors se trouve une quantité tout bonnement hallucinante de pandas. Ils se ressemblent tous, sans faire de jugement quelconque, en terme de taille et de corpulence, et sont organisés une dizaine de lignes, qui contiennent chacune un nombre presque incalculable des leurs. La Sendai est émerveillée de les voir s’entraîner ainsi à un art qu’elle ne connaît pas.

« Le Kung-fu est le principal art martial maîtrisé par les pandas. En réalité, concernant le taijutsu, nous n’utilisons que ce noble art. Ce que tu vois ici est l’entraînement quotidien de nos moines, qui sont chargés de la sécurité de cette cité. Chez vous, on appellerait cela des soldats, mais ce terme ne me convient pas, ils ne sont là que pour défendre, quoi qu’il en coûte. »

Le grand sage se tait, attendant d’écouter les éventuelles questions de son invitée.

« Vous ne devez pas craindre grand-chose, avec une telle force défensive. Si on ajoute le fait que la cité est cachée, je peine à réaliser comment vous avez pu subir des attaques par le passé. »

Ce moment de répit fait oublier l’épreuve à l’ex Kumojine, qui est très intéressée de connaître l’histoire de ce peuple.

« Nous prônons une grande sagesse, ici, à Kashikoi Ichi, pourtant, cent ans auparavant, nous avons accordé notre confiance à la mauvaise personne. Mon grand-père a fait entrer un être profondément mauvais qui nous l’a fait regretter. Tu pourras en apprendre plus en lisant nos livres, nous avons une bibliothèque qui relate notre histoire. »

Il ne la regarde pas, continuant de fixer son armée, et de son côté, la Kazejine comprend qu’il souhaite couper court pour ne pas la déconcentrer ce qui est à venir.

« J’ai échoué, comme vous le pensiez. Que dois-je faire, selon vous ? Y a-t-il quelque chose que dont je manque ? »

L’ursidé sourit, ce qui n’est pas commun. Il semble satisfait, les mots employés au hasard par la flamboyante tombent donc dans le périmètre de ce qu’il attend.

« Effectivement, il te manque quelque chose. Et une partie de l’épreuve est liée à cela, auras-tu la sagesse qu’il faut ? C’est une condition sine qua none à ta réussite dans cette épreuve. »

Il cesse de parler, et attend probablement une réponse de la naïve, qui se met alors à réfléchir comme jamais. Elle a beau ne pas être la plus futée, loin de là, elle sait comment faire preuve de logique. Tout d’abord, elle sait que le noir et blanc n’a pas parlé de faire preuve d’intelligence, mais bien de sagesse. Il ne peut donc s’agir d’une chose qu’elle doit savoir, mais plutôt d’un élément qu’elle aurait pu voir, ou entendre, depuis son arrivée ici. Elle repense alors à son échec face au mastodonte. Celui-ci a commencé par une phrase, et semblait dépité. La sauvage repense à ses mots, mentionnant sa solitude. Il ne parlait pas de sa vie privée, ni d’une généralité, mais probablement de l’instant présent. C’est une bonne piste, qu’elle s’empresse de donner au Dai Sensei.

« Je pense que pour gagner, il faut que je sois accompagnée. Mais par qui ? Je ne connais pas grand monde par ici… à moins que... »

Elle s’arrête, ses yeux s’illuminant d’un seul coup, comme si une grande intelligence était née en prononçant ces mots. Une sorte d’incantation, ou bien une formule magique, peu importe, mais la rouquine a une idée brillante, et elle pense bien avoir tous les éléments en main pour passer à la suite.

« Je ne connais que mes trois examinateurs, si on part du principe que seuls les combattants peuvent être de bons alliés ici. Zan’nin’na, Sureiyā et Benbentaru, est-ce la clé de cette épreuve ? La sagesse était donc de reconnaître deux choses, ici : d’abord le fait que je ne puisse pas toujours gagner seule, sans quoi tenter de gagner ce pacte n’aurait pas de logique, et aussi le fait que chaque panda que j’ai déjoué jusqu’ici m’a donné son accord pour venir, en mentionnant que nous nous reverrions, indirectement. Ils vont donc pouvoir m’aider, n’est-ce pas ? »

Des rires éclatent dans son dos. La Sendai se retourne, et les voit surgir des piliers faits en bambous, heureux que la demoiselle soit parvenue à comprendre tout cela d’elle-même. Le plus imposant des trois, qui semble également le moins jeune pour une raison que ne pourrait trouver la combattante, lance une phrase à son supérieur hiérarchique, avec un ton très amical, voire irrespectueux.

« Kosui, on peut dire que celle-là, malgré qu’elle n’ait pas grand-chose dans la caboche, elle a tout compris ici ! Faut croire que le destin l’a amenée à nous pour réussir... »

Kosui… Le vrai nom de l’animal. La rouge n’avait pas réfléchi une seule seconde qu’avant d’être un grand maître, le vénérable avait été un panda comme les autres. Elle sourit, et rougit légèrement, faisant abstraction de la pique pour ne garder que le compliment. Enfin, en est-ce un ? Sans doute, être bénie par le destin n’est pas si mal. Déjà plus jeune, ses parents mentionnaient qu’elle était moins futée que la moyenne, et depuis, d’autres se sont amusé à le dire. De son côté, elle ne l’a jamais pris d’une mauvaise façon, ni ne s’en est énervée, car elle connaît ses qualités et ses défauts, et la stupidité n’est pas vraiment une partie du second groupe, n’en déplaise à certains.

« Bravo, bravo, mais ne perdez pas plus de temps, Kyūkyoku a besoin de beaucoup dormir, et lorsqu’il est fatigué, il est impitoyable. Reviens me voir lorsque tu auras réussi, Hanae. J’aurai une dernière chose à te confier. »

Hochant la tête, déterminée suite aux propos du petit animal, qui ne doute pas de sa victoire, la rougeoyante fait signe à ses alliés de la suivre. Elle s’avance vers l’intérieur, et pose une question au hasard à ses alliés, à propos des événements à venir.

« Vous savez sans doute comment triompher, non ? Si la forme des épreuves est toujours la même tout du moins, cela n’est sans doute pas la première fois que vous le faites. »

Le plus agile des trois pouffe de rire, tapotant le dessus de la tête d’Hanae, dans un véritable « patpat » plein de compassion. C’est le plus sage qui prend la parole, le mangeur ne voulant même pas s’abaisser à répondre à une question si stupide.

« Notre dernière invitée était Taka, avant toi. Sureiyā et moi étions de simples apprentis, à l’époque, et même Benbentaru n’a pas eu cette chance, dans sa longue existence. Il existe vingt-sept maîtres du cercle supérieur, dans cette forêt, répartis entre les neuf grandes entrées de la cité des sages. Je te laisse donc comprendre pourquoi il y a peu de chance qu’un même trio fasse suivre cette épreuve. Kyūkyoku, quant à lui, est âgé de plus de cinquante ans. De toute notre histoire, il est le plus fort des pandas qui ait existé, mais sa progéniture promet de grandes choses, d’ici une dizaine d’années, pour prendre sa suite. Donc, non, nous n’avons pas de plan préconçu, mais en adoptant une infinie sagesse et en ne fonçant pas tête baissée, il doit être possible de réussir cette épreuve. »

La jeune femme est relativement gênée de ne pas avoir pensé à cela. Ceci étant dit, elle ne pouvait pas savoir que personne n’était venu ici en vingt ans. Elle ne se laisse pas démoraliser pour autant, et ses yeux se plissent de méfiance lorsqu’elle aperçoit la cible. Ils sont quatre et l’objectif est qu’elle détruise ce chapeau. Il faut donc qu’elle ait une marge de manœuvre suffisante pour attaquer librement l’artefact. De la patience, mais surtout de la vaillance, pour tenir tête à telle créature. Elle interrompt la marche, voyant que l’immensité les a remarqués, et semble un peu sur les nerfs. Il vaudrait mieux pour la Kaminarijine d’adoption qu’elle ne tarde pas à gagner, sans quoi ils seraient tous en grand danger.

« J’ai un plan, c’est mieux pour commencer à mon avis. Je n’ai pu voir les capacités que de deux d’entre vous, mais je pense que ça devrait aller pour penser à quelque chose. Voilà mon idée... »

Elle explique de manière assez détaillée ce que chacun doit réaliser, et après avoir parlé de situations d’urgence et autre plan B, C et D, des petites modifications selon les événements, finalement, elle se retourne, une fois que chacun a confirmé avoir compris sa partie du plan. Ils arrivent ensuite face à la Bête. Il commence à s’impatienter, et la sauvageonne fait signe à ses compères de se mettre en position. D’une démarche féroce, à quatre pattes, le plus large des trois se rue en direction d’une jambe du géant, à une vitesse que l’on aurait pas pu soupçonner. Le responsable de la première épreuve, quant à lui, attend le mouvement d’Hanae qui vient se place devant lui. Il la saisit, et l’envoie avec force en direction de la tête de l’Ultime. La jeune femme utilise également son chakra pour se propulser et donner plus de force à son assaut, profitant de la résistance du panda qui ne craint pas tellement le contrecoup de la charge de son alliée. Au même moment, le plus agile des trois court sur deux pattes, au sol, suivant le déplacement de la rouquine qui effectue son ascension, de la manière la plus fidèle possible.

C’est là que tout se gâte. Une patte avant de l’ennemi se dirige droit sur la Nukenin, avec une grande force, pour tenter de l’envoyer droit sur un bambou et lui briser une bonne partie des os en parallèle. Le plan est en marche, et deux mouvements se produisent alors : Sureiyā bondit pour ralentir le bras, chargeant du chakra Fuuton dans ses deux poings et assénant un violent coup en direction de la senestre de l’assaillant, ne réussissant qu’à la ralentir, permettant ainsi à l’adoptée du désert d’atteindre le museau du monstre. D’un autre côté, Benbentaru achève sa course en heurtant le bas de la jambe de l’opposant, rendant son équilibre très relatif, à cet instant. Pour ce qui est de la Sendai, la dernière fois, elle s’est retrouvée au sol avant de pouvoir dire « ouf ». Mais pas cette fois, elle n’est plus seule. Se concentrant énormément, elle malaxe son chakra et effectue une longue série de mudras pour créer une technique d’une puissance énorme, avec pour seule cible le chapeau. Elle s’en approche, faisant confiance au premier de ses maîtres, dans cette forêt, pour retenir la dernière partie du corps du noir et blanc et ainsi l’empêcher de l’envoyer valser. Mais un cri la déstabilise, il vient bien de Zan’nin’na.

« ON PASSE AU PLAN B, IL A ÉTÉ PLUS MALIN QUE NOUS ! »

Le plan B… Interrompant son entreprise, la jeune femme ne prend pas le temps de jeter un œil à la dextre de l’autre qui était déjà levée, hors de portée de celui en bas, et réalise une combinaison plus courte, tout en reculant pour être à côté des yeux de l’autre. Elle murmure un « désolé », et crée alors deux cercles de chakra pur, qu’elle envoie devant elle, dessinant chacun une courbe opposée, avant de se rejoindre. Les cercles sont tranchants, mais facile à éviter, cependant, lorsqu’ils reviennent au même niveau, ils se heurtent et explosent en une multitude de projectiles comme des shuriken ou des kunai, et foncent droit dans les yeux du plus grand des pandas. Cela ne lui causera pas de lésions irréversibles, mais il aura des difficultés à ouvrir les yeux durant quelques instants cruciaux. Ne tenant pas compte de la patte qui se dirige alors vers elle, la beauté au teint pâle recommence la préparation de sa technique.

Plus bas, un autre panda semble déterminé pour son amie, et se trouve déjà au niveau du pied qui permet à l’animal de garder l’équilibre. Il lance alors un jutsu qui fait soulever la terre précisément à cet endroit, sous la plante du pied de la Bête. Il chute alors, entre la douleur d’un côté et le changement de niveau de l’autre, devant utiliser ses deux bras pour se retenir. Plus haut, Hanae tient bon, ne perdant pas l’équilibre en adhérant à la peau de l’animal grâce à une faible quantité de chakra sous ses pieds. Elle a finalisé ses mudras, et voici qu’un orbe d’une taille immense se trouve maintenant au dessus de ses mains, tendues vers le ciel. Certains crieraient au Genkidama, mais il n’en est rien, il s’agit ici de ce que la fourbe appelle son orbe ultime. Banal, peu original, mais c’est ce qu’il est. Elle l’écrase alors contre le couvre-chef, qui tient bon, au début. A mesure que l’orbe réduit en taille, le bambou commence à craquer, à se fissurer, et avant la fin, il se brise totalement. Le chakra pur accumulé disparaît alors, assez vite, pour ne pas blesser plus le maître de l’épreuve, et dans son manque de jugement, la jeune femme oublie sa position. Elle chute alors de haut, et même si cela ne pourrait pas la tuer, elle est sonnée par la chute, riant de sa blague. Elle rit moins, quelques secondes après, lorsque le mastodonte l’envoie valser contre l’un des piliers du hall des héros, d’un coup de patte qui ne la ménage pas, lui faisant cracher un peu de sang, et perdre connaissance.

Elle se réveille assez vite, cela dit, et le Dai Sensei est alors à ses côtés, les autres pandas ayant disparu. La douleur n’est pas si importante qu’elle aurait pu le penser, et cela la choque un peu, mais elle n’en fait rien. Le regard du vieux sage est assez inquiet, mais le sourire de la torturée semble le rassurer. Elle n’a pas mal, et n’a donc pas de raisons de se faire plaindre.

« Bien, Hanae, suis-moi, si tu es capable de marcher. Nous parlerons en route, si j’ai bien compris, tu es assez pressée… Nous aussi, nous avons des informateurs, et les informations sur la prise de Kumo ne nous ont pas échappé, mais si nous en ignorons les détails. »

Sa mine s’assombrit, et elle ne pipe pas mot, ayant trop peu pensé à ce village qu’elle aime, presque autant que sa famille qu’elle n’a jamais revu depuis ses douze ans. Alors qu’ils se dirigent vers un endroit assez obscur, derrière le trône, le poilu prend la parole, comme pour donner les dernières instructions.

« Tu as fait du bon travail, je m’excuse pour la fin, mais il semblerait qu’il était de mauvais poil. L’important est que tu ne sois pas blessée. Je vais maintenant sceller avec toi ce pacte, tu seras ensuite capable d’invoquer n’importe lequel des maîtres du premier cercle, ainsi que l’Ultime et moi-même. Si tu souhaites revenir ici, tu n’auras qu’à m’invoquer et je te dévoilerai le chemin. Enfin, ce que voulais te dire,et j’espère que tu l’as compris, c’est que désormais, tu devras vivre au nom de deux principes : la sagesse infinie et l’amour de la vie. N’ôte jamais une vie de sang froid, et de manière générale, vis pour ne pas ôter de vies. Pour ce qui est de la sagesse, ne pas foncer tête baissée et réfléchir aux problématiques sans laisser intervenir tes sentiments est une base importante. C’est le plus long à acquérir, dans notre enseignement, mais je sais que tu y parviendras. »

Elle hoche la tête, consciente de ses devoirs vis à vis du pacte qu’elle va signer. C’est d’ailleurs là que ce trouve un grand parchemin, contenant tous les précédents possesseurs du pacte, et gardant la place pour les suivants, entre deux piliers de marbre, posé sur un support en granit. Elle suit les instructions de son hôte, et signe de son sang. Les dernières consignes données, elle adresse une dernière phrase à celui qu’elle respecte profondément, avant d’être renvoyée à Mizu no kuni…

« Je ferai honneur à ce pacte, et je jure de suivre vos idéaux. Je ne peux vous promettre de ne pas tuer, mais je puis vous assurer que je ne le ferai jamais de sang froid, même à mon pire ennemi. »

***

Et de cette façon s’acheva ce périple de quelques jours, durant lesquels une jeune fille sauvage et peu maligne a gagné en maturité, et en puissance… Mais en arrivant, sa tête commence à tourner, quelques secondes. Tout cela n’est pas fini, elle doit rejoindre le port et revenir à Kaminari no kuni...


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L'infinie sagesse [Pacte Kuchi]

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