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Jeu suprême — ft. Sababoum

Satô Kaya
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Jeu 20 Juin 2019 - 20:28


Dernière édition par Satô Kaya le Dim 11 Aoû 2019 - 16:07, édité 2 fois
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Nō Sabaru
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Ven 21 Juin 2019 - 13:36

Mais qui était-elle ? Son entrée en fracas dans l'établissement avait attiré tous les regards sur sa personne. Mais cette agitation prit une tout autre ampleur, pour le soldat. La jeune femme trempée lui rappelait quelqu'un, mais il n'arrivait pas à la resituer, dans l'épaisse nappe d'incertitude jetée par le temps passé. Les récents événements qui agitaient la vie du foudre de guerre depuis quelques mois n'y arrangeaient rien. Son coma des suites de son combat face au Dieu de l'Eau, en plus d'avoir profondément altéré son chakra, pourrait bien y contribuer.

La curiosité et la frustration guidèrent l'homme, qui suivit la femme du regard, faisant inconsciemment fi de ses bonnes manières. Ses émeraudes croisèrent les diamants bleus de l'intéressée, alors qu'elle s'en allait rejoindre une table déjà occupée. Le Nō ne sourcilla pas, plongé dans les abysses de sa mémoire. Il ne la lâcha du regard que lorsqu'elle s'assit avec ses amis.


Son regard se perdit dans le vide. Les voix des personnes attablées autour de lui se confondirent au bruit de la pluie d'été qui clapotait contre la fenêtre près de laquelle il était installé. À son expression, on pouvait facilement deviner qu'il était songeur, et perdu.

Un « toc toc » le tira de sa torpeur. Une serveuse souriante, penchée au-dessus de la table, lui apportait sa commande, passée quelques instants avant l'irruption de l'illustre inconnue. Une bouteille d'eau-de-vie shōchū, une théière de thé Oolong froid, qu'il accueillit en se parant d'un sourire poli. Sans plus attendre, il versa un bon quart d'alcool dans son verre, avant d'y ajouter le thé. Avec un peu de chance, ce oolong-hi me remettra les idées en place, se fit-il, ironiquement.

Il était à nouveau seul avec son verre, et son esprit vagabond. L'absence de son ami Aomine lui pesa un peu, ce qu'il voulut attribuer à la mélancolie de l'alcool; alors qu'il n'en avait bu qu'une gorgée. La solitude ne l'avait jamais indisposé, parce qu'il ne cherchait pas à s'entourer. Cependant, depuis que son frère d'idéaux se faisait discret, il se rendait compte de la valeur de ces liens qu'il avait tissés avec lui. Ces pensées mélancoliques, il les devait très certainement à cette femme qu'il ne savait nommer. Il n'avait jamais été dans cette situation, aussi confus. Son cercle privé, extrêmement restreint, y était pour quelque chose.

Un mouvement dans la périphérie de son champ de vision le tira de ses réflexions. Elle s'était levée, avec une de ses amies, et s'avançait sur la petite scène où se succédaient les chanteurs amateurs. Le contact visuel se lie à nouveau, lorsqu'elle commence à chanter, mais ne dure pas; cette fois, elle détourne le regard, puis ferme les yeux. À cet instant précis, Sabaru se sentit très con. En se fiant à son instinct, peut-être lui aussi altéré par le mal qui l'avait frappé quelques jours plus tôt, il avait indisposé la pauvre demoiselle. Ses doigts se crispèrent sur son verre, qu'il vida d'une traite sur le coup.

Une poignée de minute s'écoula ensuite, sans qu'il ne quitte des yeux son fidèle calepin, qu'il venait de tirer de la poche de son pantalon noir. Plus pour se distraire que pour réellement travailler, il parcourut ses notes de la journée, concernant l'usage du poison de ses fidèles salamandres qu'il avait étudié sommairement à l'aile de recherche pour se familiariser avec les lieux. Il ne vit même pas la demoiselle, lorsqu'elle s'assit face à lui. Sa voix, en revanche, le tira de sa lecture, non sans lui tirer un petit sursaut.

En entendant le mot gage, ses épaules se relâchèrent. Ainsi, elle ne le reconnaissait pas non-plus. Peut-être s'était-il fourvoyé; impression qui se renforça lorsqu'elle fit mention de son regard insistant.

« Excuse-moi, j'avais la tête ailleurs. J'avais l'impression de te connaître. »

Sabaru se redressa sur son séant, s'accoudant à la table. Les manches retroussées de sa tunique noire laissèrent de peu dépasser les bandages qui couvraient encore ses bras, par endroits. Les cicatrices qu'ils couvraient rejoindraient très bientôt celles qui s'offraient à la vue de tous, constellant ses avant-bras.

« J'accepte de jouer le jeu, pour ton fameux gage. Pour me faire excuser de mes manières déplorables. »

Sur ces mots, son expression changea. Petit à petit, ses traits s'étiraient en une mine amusée et intéressée, sur commande. Il faisait là l'étalage de son grand talent, celui de la comédie et du mensonge, qui faisait sa fierté et une partie de sa réputation au sein des forces de la Brume. Tranquillement, il fit signe à la serveuse qui était venue lui apporter son shōchū, lui indiquant d'apporter un second verre.

« Du shōchū, mélangé à du oolong froid. Tu peux choisir ton dosage, si tu en veux. Je te conseille cependant de mettre plus de thé que d'alcool. »

Autant pour le goût que pour t'éviter un réveil laborieux demain, poursuivit-il dans sa tête. Le verre arrivé, il se servit, puis offrit poliment de servir son invitée. Ceci fait, il leva son verre, avant de s'en offrir une gorgée.

« On ne s'est pas encore présentés. Mon nom est Sabaru, je suis chūnin et assistant à l'aile de recherche de la caserne. À ton tour ! »

Son air enjoué était plus vrai que nature. Pour dire vrai, il n'avait pas réellement d'effort à fournir. Il était assez content d'avoir été tiré de son petit coup de blues. Une étrange sensation familière s'était d'ailleurs insinuée. Il n'y prêta pas attention pour autant. « Sans doute l'alcool », dirait-il.


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Ven 21 Juin 2019 - 15:41




aurore brillante et vermeille

L’impression de te connaître ? Sans blague ? Si ton sentiment avait été unilatéral, tu serais simplement partie du principe que tu rêvais, mais visiblement tu n’étais pas si irrationnelle que ce que tu croyais. C’était bien là le problème, vous deviez donc probablement vous être croisés auparavant.

Malheureusement le seul signe distinctif que tu portes n’est pas visible en temps normal. Tu possèdes depuis ta naissance une cicatrice en forme de croix (+), logée au milieu de ton dos, signe d’une mutilation effectuée par souci de coutume dans ton village natal. Elle était réalisée lorsque la mère décédait en mettant au monde son enfant. Peut-être que ce n’était pas si important que ça finalement, vous aviez peut-être seulement conversé lors d’une unique occasion. Pourtant, tu n’arrivais pas à t’en convaincre.

La voix grave de celui sur qui tu mettras bientôt un nom te ramène doucement à la réalité. Il avait pris une posture et une attitude bien différentes de celles qu’il arborait il y a de ça quelques minutes. On aurait dit que quelque chose avait enclenché son profil séducteur et manipulateur. Sourire narquois et gestes mesurés, il sait ce qu’il fait. Il faut dire que tu lui avais offert sur un plateau d’argent le bâton pour te faire battre.

— Ce n’est rien, surtout ne te sens pas forcé d’entrer dans le jeu stupide d’adolescents alcoolisés.

Ton regard se porte sur ses avant-bras bandés et cicatrisés, sensation familière à nouveau, déconcertante. C’est à ce moment que ton verre arrive, gracieusement offert par ton hôte. Tu doses l’alcool, probablement plus que tu ne devrais mais tu en as amplement besoin à l’instant t. Tu lèves ton verre comme pour mimer le port d’un toast, plongeant ton regard droit dans celui de celui qui vient de s’annoncer comme Sabaru. Ce nom résonne dans ton esprit et tu bois une gorgée de plus de la boisson alcoolisée qui ne quitte plus le creux de ta main.

— Plutôt classe comme titre, cher Sabaru ! Je m’appelle Kaya, Genin et sabreuse dévouée corps et âme à Kiri.

Étrangement, tu te sens vite à ton aise. Tu ne baisses pourtant pas ta garde, les hommes de ce monde sont trop vicieux et tu es presque certaine qu’il ne fait pas exception. Son air malicieux te donne raison mais tu ne luttes pas contre ce sentiment agréable qui t’enveloppe. Tu avais presque oublié que tu étais venue rejoindre des camarades mais des ricanements ridicules se font entendre au loin.

Tu jettes un œil à tes collègues, ils se chuchotent des paroles au creux des oreilles, lorgnant sans aucune discrétion sur ton tête-à-tête. Ils croisent ton regard et s’excitent immédiatement en mimant des baisers envolés. Hilarant. Tu caches ton visage d’une main sous le coup de la gêne. Tu lèves la tête à nouveau vers ton interlocuteur, embarrassée, avant de te mettre à rire tellement la situation te paraît absurde. Ton rire est sincère et inattendu.

— Je suis vraiment désolée pour ça, apparemment on est le spectacle de leur soirée.

Tu espères honnêtement que ces regards dérangeants finiront par se perdre autre part que sur vous deux, sans quoi tu as bien peur que ton allocutaire ne te t’échappes définitivement.


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Sam 22 Juin 2019 - 22:33

Kaya, membre du clan des Sabreurs. Il savait, désormais. C'était il y a presque 8 années, mais il s'en souvenait. Il avait 18 ans à l'époque. Sans doute l'âge qu'elle devait avoir, en ce jour qui fut le théâtre de leur rencontre fortuite. À l'époque, elle était bien plus petite que lui; mais elle avait été la première personne qu'il puisse appeler une amie.

Il n'en dit cependant rien. Il se contenta de « poursuivre » le jeu; un jeu qu'il n'avait plus vraiment besoin de jouer. Son expression, malicieuse et narquoise, se fit plus sincère, plus proche de celle du véritable Sabaru. Une facette de celui que l'on avait appelé « Héros de Mizu » que très peu ont eu l'occasion d'entrevoir se révélait à la demoiselle. Le prince des menteurs, l'homme aux multiples masques de circonstances, se montrait à nu. Ironiquement, cette absence de façade pouvait être perçue comme une énième parade. Le tribut de l'acteur, sans doute.

Perdu dans ses pensées, le foudre de guerre s'était muré dans un silence contemplatif. Elle a bien grandi, se dit-il. Il souffla du nez, retenant un petit rire amusé. C'était le moins que l'on puisse dire, après tout. Lui aussi avait changé, de toute façon; au point qu'elle ne le reconnaisse plus. Ses cheveux étaient plus longs, mieux entretenus. Il avait repris du poil de la bête, depuis qu'il mangeait à sa faim et qu'il s'entraînait d'arrache pied. La seule chose qui n'avait pas changé, au final, c'était ses cicatrices. Il avait fini par les accepter, mais c'était assez récent.

Le chant des hyènes creva sa petite bulle, le ramenant brusquement à la réalité. En face de lui, Kaya se cache, gênée, puis rit. Pour sa part, le soldat est un peu perdu, affichant un sourire entre la surprise et l'incertitude. En coin, il observe les amis de la sabreuse, dubitatif. C'était triste à dire, mais lui-même n'avait jamais été dans une telle situation. La camaraderie, pour l'unique Nō, s'arrêtait au seuil de sa vie privée. Seul Aomine avait vraiment franchi le pas, mais ils étaient un peu vieux jeu, comparés à ces jeunes pleins de fougue. Dans la tête de son ami, le temps s'était arrêté à l'époque où l'on coupait les mains des enfants qui volaient à l'étalage. Il avait manqué le train du progrès, très certainement.

Toujours était-il qu'il ne sut quelle réaction adopter. L'idée d'intimider les fanfaron lui traversa l'esprit, sans doute suggérée par l'alcool, qui avait tendance à le faire chauffer. Mais il n'était pas question de faire peur aux amis de son amie. Jouer le jeu, et les narguer ? Ce serait prendre le risque d'empirer son cas...

... mais c'était le jeu. L'espace d'un clin instant, Sabaru se remit dans la peau du séducteur. Il regarda directement dans la direction des gamins qui se moquaient, avant de décocher son clin d'oeil le plus aguicheur possible. Plus c'était gros, mieux ça passait. L'effet fut immédiat; entre ceux qui se mirent à rire de plus belle, et celles qui n'osèrent plus croiser son regard, il avait assurément visé juste.

« Je peux leur en donner pour leur argent, s'ils veulent du divertissement. »

Et il rit, sincèrement lui aussi. Avec un peu de chance, il ne l'incommoderait pas, avec ses pitreries. Le véritable intérêt de cette entrevue n'y résidait pas, de toute façon; si elle était gênée, il ferait profil bas. Le gradé s'offrit une petite gorgée, pour se mettre en jambe pour la suite.

« Alors comme ça, tu fais partie de l'illustre clan des Sabreurs. Possèdes-tu ta propre épée, Kaya ? Ou fais-tu encore partie des apprentis du Dojo ? »

Au travers de son ton, on pouvait ressentir qu'il s'intéressait à la demoiselle, et aux réponses qu'elle fournirait. Cependant, arriverait-elle à déterminer s'il s'agissait d'un intérêt véritable ? Le Nō avait déjà joué la carte de l'acteur une fois, ce qui brouillerait très certainement les pistes. Pourtant, il était bel et bien pendu à ses lèvres. À sa façon.

« Quand j'étais plus jeune, je me suis intéressé à l'épée. Je n'avais pas de vrai talent, je suis passé à autre chose, mais je m'y suis récemment remis. Je me débrouille pas trop mal, maintenant. »

Il racontait sa vie, très clairement; mais ce n'était pas si anodin que cela. Pour mener sa jeune amie à la vérité, il comptait y aller au compte-gouttes. Un petit jeu, pour estimer à quel point elle l'avait oublié, qui commençait dès lors. Un petit jeu dangereux; parce qu'il s'exposait au fait qu'elle ne s'en souvienne tout bonnement pas. Pour une fois dans sa vie, le roi sans couronne baissait délibérément sa garde, et pourrait être blessé par les mots d'autrui.


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Dim 23 Juin 2019 - 14:58




inexprimable amertume

A ta grande surprise, Sabaru renchérissait aux piaillements de tes collègues. Son clin d’œil était digne d’un fabuleux comédien. Tu ris à nouveau, avec lui. Pour le coup, tu te doutais bien qu’il exagérait le geste. Et pourtant il avait eu l’effet escompté puisque la majorité de tes camarades renonçait à vous épier.

Quant à toi, tu faisais peu à peu abstraction de la cacophonie environnante sans même le moindre effort. A vrai dire, tu étais bien trop occupée à identifier le sentiment de déjà-vu qui t’habitait pour te soucier de ce qui vous entourait.

Ses questions te surprennent légèrement. Tu n’arrives pas à savoir s’il joue un jeu où s’il est simplement curieux d’en savoir plus sur toi. Après tout, lui aussi avait le sentiment de te connaître, il essayait probablement d’en savoir plus afin d’avoir des réponses à ses questions.

— Je possède mon épée, oui. Nuibari. C’était celle de mon père, il me l’a léguée à sa mort.

Cette époque te parait si lointaine. Tes souvenirs refont inévitablement surface lorsque tu mentionnes ton père. Son visage resplendissant, ses gestes toujours docilement maîtrisés, sa douceur. Tes yeux brillent et tu tentes tant bien que mal de le cacher en souriant, ce qui a pour effet d’étirer ton regard qui semble à présent rieur.

Tu t’empares de ton verre et tu te charges de le terminer. Les effets des précédents verres commencent réellement à se faire ressentir, il va falloir que tu laisses le contrecoup se dissiper.

Et puis Sabaru raconte qu’il s’est intéressé à l’épée, lui aussi. Un nouveau flash imagé te traverse l’esprit. Dans la précipitation, tu mets ça sur le compte de l’alcool, mais ces images sont trop précises pour être uniquement le fruit de ton imagination.

Et puis tu vois son visage, enfin. Tu te remémores ce visage à l’époque bien plus creux, et ces yeux émeraude. Ceux-ci n’ont pas changés et c’est certainement grâce à ça que ton esprit fait le rapprochement. Tu doutes toujours, est-ce que c’est bien lui ? Et si tu te trompais ? Tu as envie de creuser un peu, tu crains que ton imagination ne te joue des tours, même si la véracité de cette hypothèse se réduisait vivement au fil de la discussion.

— Tu t’es intéressé à l’épée ? Comment as-tu appris ? Je suis curieuse de voir comment tu te débrouilles dans ce cas !

Tes questions étaient délibérément orientées, si tu te trompais sur son identité, tu le saurais rapidement. En revanche, si c’était bien lui… ça faisait si longtemps. Tu essaies de ne pas y penser, préférant toujours garder ce que tu appelles une marge de sûreté. En somme, ce qui t’empêches de te faire de faux espoirs.

Tes yeux se portent encore sur ton interlocuteur, tu observes son visage, il te semble familier mais il est si différent de ce garçon dont tu te souviens. Il est plus vieux, forcément. Mais il semble aussi plus fort, bien plus fort que ce que ta mémoire t’indique.


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Dim 23 Juin 2019 - 21:35

Nuibari. Un nom de plus s'ajoutait à la liste des similitudes, bien qu'il soit déjà convaincu d'avoir affaire à la bonne personne. Une épée de légende, qu'elle semblait avoir enfin prise en main, au point de figurer dans les spadassins et de sortir des rangs des épéistes « simples » affiliés au clan. Elle avait fait son petit bout de chemin, depuis l'époque de leur rencontre.

D'un oeil circonspect, le foudre de guerre regarda la jeune femme vider son verre, sans piper mot. Il l'avait vue descendre divers remontants avant de monter sur scène, et de se retrouver à sa table. S'il appréciait boire de temps en temps, il n'était pas vraiment partisan des concours et des gueules de bois. En la voyant procéder de la sorte, Sabaru ne put que constater à quel point l'eau avait coulé sous les ponts. Sans trop chercher à masquer ses songes, le Nō pinça les lèvres, l'air un peu désapprobateur. Maintenant qu'il savait pertinemment qui elle était, il regrettait un peu de l'avoir re-servie, bien qu'elle soit encore totalement lucide.

À nouveau, il fit signe à la serveuse d'approcher. Une simple carafe d'eau, voilà à quoi se résuma sa commande, qui arriva dans l'instant. Il finit son propre verre d'une traite, afin de se servir de l'eau, puis de faire de même pour Kaya.

Il était dorénavant disposé à répondre à la question de la demoiselle. De son point de vue, il la devinait sur la bonne voie, tant cette question pointait vers leur toute première rencontre. Malgré tout, il jouerait son jeu, sans se dévoiler directement. L'espoir naquit toutefois en lui, et une agréable chaleur s'éveilla, entrant en total contraste avec son coeur qu'il disait être fait d'acier, froid.

« Pour l'épée, ça remonte à un moment. Il y a presque 8 ans, quand je suis arrivé, j'ai commencé à espionner les entraînements des sabreurs. Je me souviens d'avoir façonné une vulgaire branche pour imiter leurs sabres de bois ! »

En s'imaginant, tenant une branche tordue et écorchée, il laissa échapper un rire franc. Il en avait parcouru, du chemin, lui aussi. Il était arrivé sous-alimenté, sans le sou. À ce jour, il faisait partie des Héros de Mizu ; il était devenu fort, confiant, maître de lui. Ses économies s'amoncelaient, et ses projets étaient sur la bonne voie. Comparé à son lui d'avant, c'était le jour et la nuit. Mais il restait un fil rouge, dans toute cette évolution, et il venait de refaire surface, à l'autre extrémité de la table à laquelle il s'était assis sur un coup de tête, plus tôt dans la soirée.

Le chūnin but son eau d'une traite, en observant du coin des yeux la table des amis de Kaya. Visiblement, il avait vraiment réussi à les faire changer de cible. Tant mieux, pensa-t-il. Il n'était pas gêné par les rires d'un groupe de jeunes adultes. En revanche, ils avaient un effet certain sur son amie. Il était bien évidemment hors de question qu'ils ne gâchent leurs retrouvailles.

« Si tu veux voir comment je me débrouilles, rien de plus simple : il nous suffit de nous retrouver au Grand Dojo appartenant à ton clan, un de ces quatre. Si ça t'intéresse toujours, bien évidemment. »

Étrangement, dans ce genre d'atmosphères, son invitation pouvait être interprétée de toutes sortes de façons. Il n'y avait pourtant aucun double sens, derrière ses paroles. En tout bien tout honneur, il l'invitait à se livrer à une confrontation à l'épée, comme au bon vieux temps.


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Lun 24 Juin 2019 - 20:53




du bout des doigts

Sabaru commande une carafe d'eau comme s'il lisait dans tes pensées. Tu le remercies intérieurement de penser à ton foie. Ou peut-être qu’il te trouvait déjà bien trop alcoolisée et que c’était un signe qu’il t’envoyait pour que tu te calmes sur la boisson. Il n’avait pas tort. Cependant tu ne penses qu'à une chose : sa réponse à ta question. Tu sais ce que tu attends, mais tu n'es pas certaine de la réponse qu'il va te donner, et ça t'angoisse. Tu trépignes d'impatience alors qu'il te sert un verre d'eau, tu en oublies de le remercier.


Enfin, la réplique que tu attendais tant ne tarde plus et c'est tout un film qui se rembobine dans ton esprit. Ses paroles sont si précises, il est impossible que tu te trompes cette fois. Tu te revois, si jeune et insouciante, le sourire aux lèvres devant les progrès de ton élève plus âgé que toi. Tu en étais certaine, c'était bien lui.

Tu en restes bouche bée, totalement désemparée. Tu ne sais pas comment réagir, tu ne sais pas quoi dire. Il rit franchement mais tu restes perplexe devant lui, tu te sens bête. Comment avais-tu pu ne pas percuter plus tôt ? Le puzzle est complet, il ne manque plus une pièce. 

Il mentionne le Grand Dojo mais tu n’écoutes plus, perdue dans tes pensées et tes souvenirs qui refont surface. Tu hoches simplement la tête. Est-ce qu’il t’avait reconnue ? Est-ce que ses questions aussi étaient orientées depuis le début ? Tu ne sais plus quoi penser. Perdue.


Tes doigts lâchent le verre que tu tenais fermement pour venir frôler la main de Sabaru. Tu voulais vérifier quelque chose que tu avais cru apercevoir au préalable. Lentement, tes doigts soulèvent avec délicatesse la manche noire de ton binôme. Et tu les vois vraiment, ces bandages. Tes paupières se ferment l'espace de quelques secondes avant de se rouvrir pour porter ton regard stupéfait vers l'homme qui te fait face.


— Sab... ?

C’était la seule chose que tu pouvais dire à cet instant précis. C’était le seul semblant de mot qui voulait bien s’échapper du bout de tes lèvres. A vrai dire tu ne l’avais même pas contrôlé, c’était sorti tout seul. Ce surnom que tu lui avais assigné il y a de ça presque huit ans. Maintenant, tu n’espérais qu’une chose : qu’il se souvienne lui aussi.


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Mar 25 Juin 2019 - 7:10

L'invitation au Dojo n'eut pas droit à une réponse, malheureusement. Au lieu d'y donner suite, Kaya resta silencieuse, désemparée. Sur son visage, le foudre de guerre voyait le reflet des émotions qui l'avaient saisi quelques minutes plus tôt. La seule différence entre eux, c'était qu'elle était restée la même, franche et expressive, là où l'aîné s'était habitué au jeu des masques et du bluff.

Ses émeraudes suivirent la fine main de la demoiselle, alors qu'elle se risquait à effleurer la sienne. Le coeur du Nō, dans son poitrail, redoubla d'ardeur dans sa lutte contre les chaînes figurées dans lesquelles il le retenait. Il était sûr qu'elle savait, désormais. Il n'attendait que la confirmation, une simple syllabe qui, à elle seule, remettrait sur les rails une amitié vieille d'une décennie, après qu'ils ne se soient perdus de vue.

À mesure que sa manche dénudait son bras, remontée par la sabreuse, elle dévoilait les marques de son passé à la lumière vacillante des lieux. Si elles se mêlaient à de plus récentes entailles, dont la plus grande qui traversait tout son avant-bras du poignet au coude, la plupart provenaient de sa captivité. Brûlures, coupures, marques de coups de chaînes. Les traces des étaux qui lui rentraient presque dans la chair, au point de le faire saigner, étaient les seules à s'être un tantinet éclaircies et estompées. Pour cause, en 8 années, il avait pris du poids, s'était musclé au point de rejoindre la fine fleur de la Brume en terme de forme physique. Ce bras frêle qui se livrait aux yeux de Kaya était bel et bien celui qu'elle avait jadis vu brandir une branche, dans une tentative désespérée d'imiter ses pairs maîtres de l'épée.

Enfin, elle parla. Le surnom, celui qu'il attendait depuis de longues minutes, sonna comme une délivrance. Le seul diminutif dont il avait jamais été affublé, et qu'il n'avait plus entendu depuis de longues années. Sa jeune amie, âgée d'à peine 10 ans à l'époque, lui avait été rendue. Dans son coeur étriqué, elle reprit sa place, aux côtés des êtres qui comptaient, ceux pour qui il pouvait commettre l'irréparable. Ils se comptaient sur les doigts d'une seule main.

Les doigts de sa dextre se refermèrent doucement sur l'avant-bras de la jeune femme, comme s'il la retenait. Il avait été assez bête une fois, s'était rendu à l'évidence, ne l'avait pas retrouvée. Le froid mordant de l'acier avait retrouvé sa poitrine, durant les dernières années. Il était redevenu une machine, bien que capable de se tempérer cette fois. Le contact, avec sa première amie, eut le don de fissurer son épaisse carapace.

« J'espère que tu ne m'en voudras pas, j'ai perdu ton précieux bokken. »

Sur ce ton léger, il liait le passé au présent, un sourire sincère et chaleureux illuminant son visage. Si l'un de ses collègues proches, tels que Reikan ou Aditya, le voyaient dans un tel état, ils n'en croiraient pas leurs yeux. Le déchaîné, le foudre de guerre, l'orageux ne souriait pas. Il pouvait bien faire exception, pour Kaya, celle qui lui avait souri alors qu'il n'était vu que comme un être abject, un meurtrier instable, la progéniture d'un criminel et d'une de ses victimes.

« C'est long, 8 ans. À l'époque, j'étais un petit oisillon blessé et faible, et tu étais plus forte que moi. »

Aujourd'hui, il était devenu un véritable faucon. La jeune sabreuse avait sa part de responsabilités, dans cette ascension. Le goût de lutter contre le fatalité de son ascendance inexistante avait été amplifié, à son contact. À ce jour, il était à l'aube de son avènement, chūnin et presque fondateur du clan Nō, qui n'avait été que chimères. L'espace d'un instant, le soldat se demanda si un tel phénomène se produirait à nouveau, maintenant qu'ils étaient réunis.

« J'ai hâte de voir ce que tu sais faire, maintenant. Je te préviens, je n'ai pas chômé de mon côté. Peut-être même que l'élève à surpassé le maître. »

Taquin, son sourire se voulut un tantinet provocateur. De quoi titiller son esprit combatif, commun à tous les résidents de la Brume. Le tout, sans jamais laisser faiblir la douce étreinte de ses doigts autour de l'avant-bras de Kaya. « Ne pars pas », scandait-il en son for intérieur. Pour autant, il garda la face et resta digne ; sa fierté, peut-être mal placée, ne lui permettait pas de s'adonner à ce genre de démonstrations.


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Mar 25 Juin 2019 - 19:42




sabre au clair et tambours battants

Doucement mais sûrement, tu sens les doigts de Sabaru se refermer sur ton avant-bras. Une étreinte subtile. Tu comprends de cette manière qu’il t’a reconnue, lui aussi. Tu laisses alors échapper un soupir, enfin libérée de l’incertitude qui te hantait. J’espère que tu ne m’en voudras pas, j’ai perdu ton précieux bokken dit-il amusé. Imbécile. La chose précieuse dans tout ça, c’était toi.

Tu reprenais peu à peu le dessus sur tes émotions qui s’étaient tout à coup bousculées les unes et les autres, comme pour se batailler la première place, celle qui prendrait l’ascendant sur toutes les autres. Chacune retournait à présent à sa place, tour à tour. Ce qui avait pour conséquence de te faire revenir un peu plus près de la réalité.

— Tant pis pour le bokken. Mais tu as intérêt à avoir trouvé un meilleur sabre depuis.

A ton tour, tu parviens à sourire à nouveau. Celui-ci était plein de sincérité et de sentiments que tu n’identifiais même pas totalement. Tu ne te souvenais même plus du moment où vous vous étiez quittés. Vos chemins ont divergé à un moment et ne se sont plus recroisés. Jusqu’à maintenant. Oui c’était long, 8 ans. Et du chemin, il en avait parcouru visiblement. Tu étais même impressionnée de le retrouver dans une si bonne forme.

Tu n’avais pas besoin de le combattre pour te rendre compte qu’il était devenu bien plus fort et plus doué. Il semblait amplement plus confiant qu’auparavant, son regard était devenu plus dur. Même si à cet instant précis, tu pouvais lire dans ses yeux qu’il te laissait l’atteindre. Il avait dû se forger une solide carapace depuis tout ce temps. N’importe qui en aurait fait de même à sa place afin d’éviter de revivre des évènements aussi terribles.

Ton but n’était cependant en aucun cas de lui remémorer les passages de sa vie les plus difficiles. Tu espérais que te voir ici ne faisait d’ailleurs pas remonter ces lourds souvenirs.

Il te taquine en mentionnant le fameux adage de l’élève dépassant le maître. Il n’avait sûrement pas tort et t’avait sans aucun doute dépassée. Mais pas question de t’avouer vaincue. Retrouver Sab n’était qu’une raison de plus de persévérer dans ton apprentissage. Alors tu lui rends son sourire, un brin de malice dans le tiens.

— C’est probable, on verra ça au Grand Dojo alors.

Tu mentionnes le Dojo comme réponse à sa précédente invitation à laquelle tu n’avais pas daigné répondre sous le coup de l’émotion. Maintenant que tu te remettais doucement de la surprise, tu étais encline à lui répondre correctement.

Ton avant-bras toujours entravé par les doigts de Sabaru, tu commences à penser à la suite. Demain. Si tu le quittes ici, est-ce que tu le reverras vraiment ? Tu as peur. Tu voudrais rester ici éternellement, dans cette bulle que tu avais construite autour de vous deux. Tu as cette épouvantable impression que si tu le lâches, il va s’en aller et disparaître encore.

Alors tu dégages ton avant-bras de sa douce étreinte pour y placer ta main. Et tu la serre, fort. Tu es incapable de cacher tes émotions, ou en tout cas, pas celles-ci. Tu te livres entièrement, quitte à être blessée en retour. Tu devrais sûrement te protéger, mais le risque en vaut la peine selon toi.

— Est-ce que tu comptes rester dans les environs, maintenant ?

La question trottait dans tes pensées depuis que tu l’avais reconnu. Tu voulais la réponse, au plus vite. Ton impatience te jouera des tours, un de ces jours.






Dernière édition par Satô Kaya le Mer 26 Juin 2019 - 22:52, édité 1 fois
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Nō Sabaru
Nō Sabaru

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Mar 25 Juin 2019 - 22:49

Tant pis pour le bokken. Elle avait raison, un sabre de bois, à la valeur aussi sentimentale soit-elle, ne pouvait être qu'insignifiant à côté de leur lien renouvelé. La remarque de son amie lui rappela à nouveau celle qu'elle lui décocha en voyant le frêle bâton qu'il s'était confectionné. Il avait délaissé l'épée, ces dernières années ; mais ironiquement, le tout récent impact de la Résonance l'avait fait reconsidérer cet horizon qu'il avait perdu de vue en s'enfonçant dans ses acquis. Pour ce faire, il avait commandé une arme unique, faite sur mesure — il pouvait se le permettre, désormais — et décorée richement. Une arme qui servait autant d'apparat que d'outil.

Cela s'inscrivait dans la ligne de conduite de l'ex-maître des liens. L'utilité, sans pour autant négliger les apparences ; un savant équilibre qu'il s'évertuait à préserver. Tu verras Jinrai, quand il sera temps, songea-t-il en l'observant silencieusement.

Amusé, l'apprenti épéiste esquissa un petit sourire narquois, lorsque Kaya accepta de le revoir au Grand Dojo. Ce rendez-vous serait placé sous le signe de la nostalgie, du dépassement de soi, et surtout de l'évaluation mutuelle. S'il ne pensait pas pouvoir rivaliser avec une épée légendaire, avec sa seule Jinrai, Sabaru était pourtant impatient. Il s'était entraîné avec Shinka, avait mis sa technique à l'épreuve lors de la rencontre organisée par Sesshū au Grand Dojo ; sans oublier ses sempiternelles séances en solitaire. Il saurait garder la face, et ne pas décevoir son amie d'enfance — même s'il n'avait jamais vraiment eu l'occasion d'être un enfant.

« J'ai hâte. »

Puis, il sentit le bras de Kaya se dérober. Sa mine se figea l'espace d'un instant, ses yeux rivés sur ce geste anodin. Leurs mains se lièrent, et la sabreuse fait preuve d'une poigne qui le saisit presque. Au travers de cette pression, le chūnin ressentit toute l'inquiétude qui étreignait Kaya. S'il avait su tempérer ses propres émotions, elle les laissait se déverser au travers de ce contact direct. Cette cascade d'émotivité s'écrasa sur le brise-lames du coeur endurci du déchaîné, l'ébranlant plus qu'il ne se l'avouerait.

Enfin, elle trouva les mots pour formuler ce qu'ils pensaient tous les deux. Tous les boucliers étaient baissés, les armures défaites. Chacun s'offrait à l'épée acérée de l'autre, mais aucun coup ne partait. Il n'y aurait, cette fois, pas de crève-coeur.

« Je suis bien installé, ici. J'ai fait de Kiri mon foyer. Je n'ai aucune raison de partir. Encore moins maintenant. »

Il ne disparaîtrait plus. Il était fixé, lancé sur la bonne pente. Son nom était connu, non plus pour sa médiocrité et le sang dans lequel il avait baigné, mais bien pour ses hauts faits. Il s'était forgé de ses propres mains une vie et un avenir au sein de la Brume, et avait établi des liens particuliers avec certaines personnes. Il avait des choses à protéger, à accomplir.

La réapparition de Kaya, sa première amie, ne ferait que renforcer ce sentiment d'appartenance, de devoir et de plénitude qui le confortait dans sa décision d'avoir pris racine sur ces terres gorgées de sang, mais ô combien fertiles.

L'espace de quelques instants, le Nō s'extirpa de l'étreinte de la main de sa jeune amie, pour récupérer son carnet et sa mine de charbon. Il griffonna rapidement une volée d'informations, avant d'arracher la page et de la faire glisser jusqu'à Kaya. Sa main retrouva celle de la sabreuse, en toute hâte. Plus mesuré qu'elle, il n'exerça qu'une légère pression, tout en lui désignant le petit papier d'un geste du menton.

Ce qu'elle y trouverait, c'était ses coordonnées précises. Un appartement, au nord de Kiri, près des quartiers du clan Yuki. Une seconde adresse figurait, faisant mention d'un terrain situé en dehors des murailles de la Brume, au sud-ouest en suivant la route traversant les Marécages Brisés.

« Comme ça, tu sauras où avoir des nouvelles de moi en tous temps. Si je n'y suis pas, ma mère t'accueillera. La seconde adresse n'est pas encore opérationnelle, et c'est... une surprise, dirons nous. »

Un simple papier, porteur de l'assurance de pouvoir le retrouver, quoi qu'il arrive. Il n'y avait aucune échappatoire, et il ne s'en chercherait de toute façon pas. Par la présente, il laissait une porte ouverte à Kaya vers son cercle intime. Elle n'avait pas à s'inquiéter de le voir se volatiliser, de le perdre de vue à nouveau. S'il en venait à être trop occupé, trop étourdi, elle avait dorénavant les moyens et les pleins droits de le rappeler à l'ordre.


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Jeu 27 Juin 2019 - 2:08




attise tes plaies rougeoyantes

Si Sabaru avait hâte, en ce qui te concernait tu étais tout autant impatiente que nerveuse à l’idée de lui faire face. Même si tu avais tendance à exposer tes faiblesses en ce qui concerne les relations sociales, ce n’était pas le cas lors de tes affrontements. Tu convoitais la perfection dans tous les domaines techniques, mais ça, c’était bien loin d’être une réalité pour le moment et tu avais bien du mal à te faire à cette vérité.

Cependant, l’idée de revoir Sabaru un sabre à la main te ravissait et tu ne raterais cette occasion pour rien au monde. De plus, ce n’est plus un sabre en bois qu’il croisera mais bien Nuibari cette fois-ci.

C’est ce moment que choisis ton ancien ami pour t’annoncer qu’il comptait rester à Kiri. Ton cœur serré dans ta poitrine semble alors se défaire de ses liens, peu à peu. Il se libère et devient plus léger. Soulagée par ces paroles, tu restes néanmoins méfiante, ta naïveté t’ayant déjà joué des tours auparavant.

Il laisse alors échapper sa main de la tienne, ton regard éperdu suit son mouvement, l’imaginant d’ores et déjà prêt à se sauver. Il n’en fit rien, il avait seulement saisi son carnet pour t’écrire quelques mots. Il te tend la page griffonnée et t’expliques ce que cela signifie. Visiblement, il voulait te montrer qu’il ne comptait pas se volatiliser de sitôt. Comme pour confirmer ton sentiment de sécurité, il replaçait sa main dans la tienne. Une douce chaleur t’envahissait presque immédiatement.

— Merci, Sab.

Tu tentes de le cacher mais un sourire étire tes lèvres à nouveau, tu te rendais compte que tu pourras réellement le revoir sous peu.

En revanche, la seconde adresse t’intrigues. Une surprise ? Que préparait-t-il ? Il te savait pourtant bien impatiente, ne comptait-il pas te donner plus d’indices ? Tu n’auras qu’à t’y rendre pour en savoir plus de toute manière.

Tu prends enfin le temps de regarder autour de toi, le bar s’était vidé progressivement et tu n’avais rien vu, accaparée par vos retrouvailles inattendues. La plupart de tes camarades étaient aussi partis ou bien gisaient de façon grotesque dans un coin de la salle. Il était temps que tu rentres toi aussi. Tu aurais pu passer des heures encore à parler avec Sabaru mais tu préférais le revoir sous peu. Tu étais curieuse à présent, de voir à quoi ressemblait sa vie. Elle devait être aux antipodes de ce qu’elle était il y a presque huit ans.

De si longues années avaient beau être passées, votre nouveau contact t’avais semblé d’une simplicité déconcertante. C’est sur ces pensées que tu entreprends de dire au revoir à Sabaru. Tu te lèves lentement, dégageant ta main de celle de Sab, non sans une pointe de regret.

— À bientôt, dans ce cas.

Tu lui adresses un dernier sourire avant de te pencher pour embrasser sa joue. Ce après quoi tu quittes la salle principale, puis l’établissement. Il pleut toujours, mais cette fois-ci les conditions météorologiques sont bien loin d’altérer ton humeur.


>>> sujet clos <3





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