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Nous avons faim (Kanna)


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Dim 7 Juil 2019 - 22:39
Eté 202 – Territoire de la Foudre

Afin de contracter un contrat avantageux avec un commerçant influent et riche, ce dernier avait exprimé son désir de parler en personne avec un représentant de la Banque. Il promettait que la personne sera traitée avec tout le respect qui se doit, et aura droit aux meilleurs que le territoire du Foudre pouvaient offrir en termes de confort. Mon grand-père avait confié cette tâche à ma personne, ce qui m’avait étonné un tantinet : j’étais en charge de la sécurité avant tout, et non les activités commerciales. Il n’avait pas tardé à clarifier la situation : il désirait que je prenne davantage de galons et d’influence au sein de la Banque, pour pouvoir prétendre au rôle de dirigeante un beau jour. Or, ceux qui obtenaient ces places étaient ceux capables de gérer sur tous les fronts, et surtout ceux qui arrivaient à obtenir le meilleur portefeuille. La sécurité était importante, mais c’était une tâche « déléguée » avant tout.

Et je m’étais faite avoir. Car, honnêtement, les promesses du marchant étaient exagérées. A Kaze, je dormais dans des draps de soie ou de satins, je mangeais les meilleurs plats faits des meilleures épices et je me déplaçais uniquement en palanquin ou avec des chevaux de race. Auprès du marchand, je dormais à même le sol sur les matelas futon du bas peuple, les plats étaient moyens – et la viande trop dure – et je ne parlais même pas des conditions de route – des montagnes partout. Décidément, si ce territoire était connu pour abriter les plus riches et les plus influents – mais aussi les plus conservateurs -, le marchand qui m’hébergeait avait raté son coup !

L’accueil avait été minable. Une déception que je cachais admirablement avec des sourires, des compliments et surtout avec une tenue un tantinet plus modeste – quoique toujours aussi travaillée et suffisamment riche pour montrer à tous que j’étais faite d’un autre bois, que je nageais dans un autre univers qu’eux. En somme, montrer avec talent à l’autre à quel point il était une vermine en face de moi : un Luxe « modeste », à l’inverse du Luxe « vulgaire » - le luxe exhibé à tord et à travers par les nouveaux riches qui ne savaient pas se tenir, par exemple.

Et je me baladais avec mon garde et ma fidèle domestique dans les rues du village où nous avons été invités. Comme toujours, le premier était silencieux et attentif à tout ce qui se passait autour, et la seconde parlait encore et toujours. J’écoutais attentivement, jusqu’à finalement l’ignorer. J’avais faim. Ce maudit repas servi par le marchand m’avait laissé sur ma faim.

- J’ai faim
, finis-je par dire, coupant subitement court à tout le babillage de mon amie d’enfance.
- Oui, le met était bien fade et sans aucun apport bénéfique. Je vais demander à notre hôte de préparer le repas de ce soir, en prétextant que c’est une façon de le remercier de son accueil, et aussi de lui faire goûter un plat de Kaze.
- J’ai faim, répétais-je, mettant l’accent sur un ventre qui grognait subitement.

Les deux employés échangèrent un regard dépité. Si je ne le voyais pas, je le sentais. Il était de notoriété publique au sein de la domesticité de la famille Sabaku que deux choses étaient importantes pour mon bien-être : les bains, et la nourriture. Si un de ces deux critères quotidiens faisait défaut, alors j’étais d’une humeur massacrante et j’étais fermée à toute discussion ou à toute tâche à accomplir dans la journée.

- Je vais vous trouver un restaurant !
- Il t’accompagne aussi
, indiquais-je. Tu as la sale manie de te perdre.

L’amie s’excusait, le garde du corps soupirait. Il détestait quand il avait à s’éloigner de moi, mais qu’importe. J’avais faim, et je ne pouvais pas me permettre que la seule qui connaisse mes goûts personnels se perdent dans ce nouveau pays. Et que j’ai à attendre encore plus pour manger. En moins de cinq minutes, j’étais seule, à déambuler au milieu d’hommes et de femmes que je ne connaissais pas.

Tous me jetaient un regard admiratif ou jaloux. Certes, j’avais adopté les codes vestimentaires de ce pays, mais j’avais fait attention pour ajouter quelques touches propres à Kaze ou au nom de la famille Sabaku. Ainsi, les accessoires en or étaient parsemés dans mes cheveux – une pince –, ma tenue – une broche ou une fine cordelette – et les motifs sur mon kimono avait été habilement cousu, rappelant le désert magique et hypnotisant de mon pays avec ses créatures légendaires. Enfin, et sans surprise, ma chevelure rouge flamboyante captivait les regards curieux.

Finalement, mes pas s’arrêtent devant une échoppe qui sentait bon, et qui avait foule de monde. Le lieu était misérablement commun et les plats ne semblaient pas exceptionnels.

- Pffff … J’ai faim, murmurais-je, peu convaincue de ce restaurant.
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Sam 17 Aoû 2019 - 19:55

Nous avons faim.


L’interpellation s’est bien passé. Encore une journée sous le signe plaisant des missions simples à réaliser. Pas de mécréant difficile à capturer, pas de grosse bagarre sanglante à déplorer, juste une petite frappe qui s’amusait à enquiquiner les vieilles du quartier. Mais il est important de souligner que, tout de même, ça donne faim, de courir après un bandit. Ou alors Kanna a simplement toujours faim. Ce qui n’est pas impossible, en réalité. Au contraire. En fait, c’est même totalement plausible. La nourriture est probablement sa meilleure amie, la seule chose qui ne la déçoit jamais. Peut-être parce qu’elle n’est pas difficile, à vrai dire. Kanna est de ces femmes que l’on contente simplement, tant qu’il y a un peu de viande et beaucoup de riz.

Aujourd’hui, ceci dit, la blanche décide de tester quelque chose de nouveau. Sortir un peu de ses sentiers battus, au cas où il y aurait de nouvelles saveurs à découvrir ! Le typique ramen du bout de la rue commence à lui sortir par les yeux. Pas assez de diversité. Les nouilles sont excellentes, le bouillon lui fait toujours cet effet si particulier sur la langue, mais ce n’est plus suffisant. Kanna veut quelque chose de différent, d’exceptionnel. Ou pas forcément de sensationnel, mais au moins qui la fasse un peu rêver.

Dans sa quête de la bouffe, l’hybride a appris une leçon qu’elle n’oubliera jamais : les meilleurs restaurants sont souvent ceux qui ont le plus l’air d’être de petites bicoques. Il ne faut pas se fier aux apparences : les plus petits ont d’excellents produits, une clientèle fidèle qui leur permet d’expérimenter bien des plats et de se conforter sur ses choix. En bref, il ne faut pas sous-estimer la petite épicerie du bas de la rue, parce qu’elle a bien des choses à montrer.

Ses pas la mènent jusqu’à une échoppe. L’odeur l’a traînée jusque-là, sans même qu’elle y réfléchisse. Les diverses senteurs s’envolent jusqu’à sa truffe, éveillent ses papilles. Il y a masse de monde qui attend. Conformément à ses attentes, le restaurant ne paye pas de mine. Il a l’air de rien, pourtant il est blindé et il en émane des odeurs à couper le souffle. Kanna, bien déterminée à faire exploser son estomac, marche d’un pas décidé jusqu’à l’entrée. Elle s’immobilise quand elle voit cette demoiselle, drôlement jolie et très bien habillée, qui a l’air d’hésiter. Pourquoi ne pas entrer ? L’hybride arrive à sa hauteur, penche la tête.

« Eh bien ? Ça ne va pas ? »

Un sourire malicieux étire ses lèvres. Et si cette fille ne connaissait pas non plus cette échoppe ? Dans ce cas, il n’y a pas trente-six solutions ! Kanna lui tend une main avenante.

« Je m’appelle Kanna ! Si vous n’êtes pas cerrrtaine de vouloir entrrrer seule, pourrrquoi ne pas y aller toutes les deux ? Si jamais c’est mauvais, je vous prrromets de vous emmener dans un endrrroit vrrraiment bien pour se nourrrir ! »

Après tout, autant se laisser tenter, non ? Les aventures culinaires sont toujours bien plus belles quand elles sont partagées …


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Kitten Kanna:
 
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