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L'éternelle douleur — ft. Hosen


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Jeu 11 Juil 2019 - 21:15

Hi no Kuni, Été 203


Tes yeux sont rivés vers l’étendue d’eau qui vous fait face. Alors que le soleil se lève, tu es assise, les jambes repliées contre ta poitrine. Tu reposes ton menton sur tes genoux et tu te laisses délicatement sombrer dans ce tourbillon de pensées envahissantes. Ton regard suit les vagues suggérées par les bourrasques de vent qui s’abattent sur le point d’eau qui débute à la pointe de tes pieds. Tu chéris cet instant de paix qui ne saurait durer, et tu ne croyais pas si bien dire. Un bruit se fait entendre dans ton dos, celui de tissus froissés et de feuilles d’arbres écrasées d’un pas lourd. Tu ne prends pas la peine de te retourner, tu sais qu’il s’agit là de l’un de tes gardes venant prendre le relais de celui qui était resté débout jusqu’ici. Voilà ce à quoi pouvait se résumer le semblant de liberté dont tu jouissais : dormir en pleine forêt dans une tente de fortune, entourée de quatre gardes scrutant le moindre de tes fais et gestes. A vrai dire, il y avait mieux pour passer inaperçue, seulement ta famille ne voulait rien entendre et cela avait été la seule condition afin de te laisser quitter ta terre natale. Tu n’avais pas mis longtemps à peser le pour et le contre.

Après ta parenthèse nostalgique, tu décides de lever le camp. Sans un mot, les gardes comprennent comme s’ils parvenaient à lire dans tes pensées. Tu t’es levée brusquement, comme animée par une détermination inexpliquée. Le soleil s’était entièrement montré à présent et il était temps pour toi et ton escorte de vous remettre en route. Vous étiez à l’heure actuelle sur les terres d’Hi no Kuni.

Tu avais décidé de t’exiler sur ce terrain dans le but d’améliorer tes capacités de survie en zone inconnue et durant plusieurs jours. Ce n’était que le deuxième jour de ton expédition et tu étais déjà épuisée, ces terres étaient loin d’être les plus accueillantes pour un étranger au pays. Finalement c’était davantage ton moral que ta condition physique qui te faisait défaut. Pour le moment tu tenais bon, mais tu te savais proche de tes limites dans de telles conditions. Tant que tu pouvais donner l’illusion que tout allait bien, tu avancerais encore, parcourant les sentiers déjà dessinés par les précédents passagers.

***

— Votre majesté, ne faudrait-il pas songer à établir un nouveau campement ?

Il avait raison. Tu te contentais d’avancer, encore et toujours jusqu’à voir le bout de cette interminable forêt mais tu devais te rendre à l’évidence : personne n’avait jamais parcouru ce territoire en moins d’une semaine entière, tu n’allais pas le faire en deux journées seulement. Tu tenais à peine sur tes jambes, ton corps te criait de le laisser se reposer mais tu n’en faisais qu’à ta tête, comme toujours.

Finalement, tu repères un endroit au sol plat et à l’abri du vent grâce aux nombreux arbres dont tu ignores la nature. Tu ne connais pas grand-chose à ce pays, il faut dire que ton arrivée ne remonte pas à si longtemps que ça. Tu t’étais faite discrète lors de ta venue, comme toujours. Ton nom était connu à présent et le clan Taira était une cible de choix pour certains shinobis. Cependant les endroits que tu fréquentais le plus souvent étaient loin d’être ceux auxquels pensent les traqueurs à la recherche d’une princesse. C’est sûrement ce qui avait sauvé ta précieuse existence jusqu’ici. Les quatre hommes qui t’accompagnaient s’affairent afin d’établir un campement en guise de dortoir. Tu t’apprêtes à leur signaler qu’il vous faut absolument trouver de quoi emplir votre estomac vide mais c’est à cet instant que se fait ressentir l’impressionnante vague synonyme de résonance. À cet instant, tu ne connais pas encore le nom précis de ce phénomène. Tu as seulement pu en observer les conséquences, à ton plus grand désarroi.

Cette vague invisible qui semble s’étendre sur tout le pays t’atteint toi aussi, mais son effet est minime, tu n’as aucune explication rationnelle à cela. Seulement lorsque tu te retournes, c’est une vision d’horreur qui s’offre à toi. Les quatre corps de tes gardes gisent à tes pieds, chacun semble avoir été consumé par son propre chakra. Ils ne sont plus que des enveloppes humaines, vides. Leur vie avait définitivement été ôtée dans le plus grand des silences. Tes pensées s’agitent, tu ne sais pas comment réagir face à ce genre de situation.

Tu es seule, c’est tout ce qui te fais peur. En grande égoïste, la perte de quatre vies ne t’affecte pas plus que cela. Tu n’as pas peur pour ta propre vie non plus, cela fait bien longtemps que tu vois la mort comme une amie et non plus comme l’adversaire à vaincre. Finalement, la seule chose dont tu as peur c’est d’avoir pour seule compagnie ton âme obscure, prête à dévorer la moindre once de ta personnalité. La nuit est tombée, tu es seule et totalement perdue, ton corps ne tiendra plus longtemps. Ton cœur s’emballe, la panique t’envahis et tu ne parviens pas à remettre de l’ordre dans ton esprit.

Il te faut de l’air, tu ne parviens pas à respirer correctement. Alors tu cours. Tu prends tes jambes à ton cou, inconsciente que tu es. Tu laisses en plan tout votre équipement et tu t’enfuis. Tu es à peine consciente de tes faits et gestes, comme guidée par ton esprit. C’est lui qui dirige ton corps, le force à se mouvoir malgré que toutes tes ressources soient épuisées. Et puis tu trébuches, une branche. A nouveau, tu trébuches, mais cette fois tu ne te relèves pas. Ton champ de vision est réduit à quasi-néant à cause de l’obscurité et tu n’as aucune idée de l’endroit où tu te trouves. Tu sembles apercevoir des décombres s’étendant sur plusieurs mètres carrés. Tu es incapable de juger précisément cette étendue dans l’état où tu te trouves. Des murs t’entourent partiellement car les rafales de vent semblent être brisées, alors tu tentes de trouver l’un deux pour être mieux abritée.

Ta main arpente le sol avec précaution avant de se heurter à une surface verticale. Tu avais raison, tu trouves un angle qui semble être le résultat de débris de deux murs perpendiculaires. Perdue, tu te replies sur toi-même, te logeant dans l’angle constitué des pierres froides et sans doute très anciennes. Les larmes coulent le long de tes joues. Tu ne maîtrise pas leur flux, tu ne sens pas non plus ta gorge se nouer. Tu te retrouves dans ton pire cauchemar. Seule, affaiblie et égarée. Les démons tapis au fond de ton encéphale refont surface, tes ongles se plantent dans tes avant-bras jusqu’à donner liberté au sang qui arpente tes veines. Tu trembles de peur, tu méprises ta propre personne d’une force incommensurable. Tu cherches à te faire mal, à déchirer ton corps. Le tourbillon de sentiments obscurs dans lequel tu es pris est interrompu par des bruits de pas et des tintements d’objets en métal. Tu sursautes et tente de te recroqueviller plus que tu ne l’étais déjà.

— Qui est là ?

Ta voix est fébrile et tes tremblements s’accentuent au fur et à mesure que tu entends les pas lourds se rapprocher. Tu plisses les yeux mais tes pupilles sont toujours inondées. Tes cheveux sont ébouriffés, ton visage assombri par les larmes et tes avant-bras griffés jusqu’au sang. Une princesse, disent-ils. A ce moment-là, tu n’étais que l’ombre de toi-même.

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Jeu 18 Juil 2019 - 22:27






Trouve moi, trouve moi avant que … Je vais le faire … Non … Je … Qui est le prochain ? Qui … KrrrKrrr …

Enrouée, braillarde, tremblante … Parmi la symphonie des corbeaux et la tumulte des feuillages soumis à la souveraineté du zéphyr, des murmures proches de la complainte se joignaient subtilement à la nature inquiétante de ces bois, enquis d’une dualité étrange entre la détresse et la malice. Une présence déchirée par deux aspects diamétralement opposés d’un seul et même être, si bien qu’une oreille aguerrie aurait pu y confondre un duo de brigands déboussolés. Ou plutôt une bête à entendre cette démarche irrégulière du mélange de cuir et de métal piétinant la terre boueuse d’un pas félin, proche de celui d’un prédateur.

Le souffle court, l’âme et l’esprit irréguliers. Au fur et à mesure de sa course, la créature mystérieuse laissait place à plusieurs mètres d’intervalle à une forme ombragée incertaine dont la carcasse d’acier se mélangeait aux ténèbres de cette forêt dense et isolée de toute activité humaine. Ses contours ne se dévoilaient que de manière éphémère sous les reflets argentés d’une lune timide, de sorte à dessiner la fresque d’un chasseur voir d’un bourreau mécanique incrusté dans un tableau aux traits funèbres. Seul la lueur azurée des parties ornementales de sa lame trahissaient l’essence de ses intentions alors que ses bottes lourdes et imposantes remplaçaient les traces de pas ensanglantés de sa proie.

Des heures de marches, des heures de cavales et d’incompréhensions. Nul ne saurait par quel enchaînement de circonstances le mercenaire se retrouvait à réaliser un fratricide atroce mais de plus en plus vital.

Trois morts. Déjà trois victimes. Si tu ne parviens pas à refermer cette faille d’une façon ou d’une autre, la prochaine ce sera toi …

Ce furent là les dernières pensées fatalistes du loup solitaire devant les marques de coupures qui se présentaient à ses iris flamboyant, signe d’une instabilité mentale qui ne semblait pas s’apaiser chez l’objet de sa quête. Il n’était plus très loin, la fatigue paraissait peu à peu dominer son corps en dépit des pulsions bestiales qui l’alimentaient d’une énergie presque surnaturelle. Assez pour parvenir à fatiguer un vagabond des grands chemins comme lui … Et surtout le mettre à l’épreuve du serment. Normalement, ce coin dénué de toute potentielle victime leur accordait un sursis notable. Un maigre espoir ….

Hosen, tue moi … Je vais le faire … Je sais que tu es là … Tue moi … HOSEN, MAINTENANT !

Telle une détonation, le cri terrible brisa l’accalmie par dessus la mélodie chancelante d’une intervention féminine difficilement perçu par le Yamanaka. Un luxe qu’il ne pouvait plus se permettre durant ces secondes s’apparentant à une éternité, hors de la raison et la réflexion, où ses instincts le poussèrent à entreprendre une accélération éclair jusqu’à la position déterminée. Fini la prédation, fini la traque. Les rôles s'entremêlaient lentement jusqu’à se fondre dans une scène inaccessible au jugement et au discernement. Derrière la verdure nimbée d’une noirceur liée à sa densité paru tout d’un coup la silhouette d’un homme élancé dans une semi armure de cuir et celle d’une jeune femme recroquevillé au sol, apeuré.

Un meurtrier sanguinaire dont le dard brillant siégeait dans le creux de ses deux mains suspendus au dessus de la future victime, les bras lancé dans un mouvement d’assassinat évident. De haut en bas, le psychopathe d’apparence et d’allure s’apprêtait à tuer froidement la fameuse inconnu gisant non loin de ses pieds, le regard perdu entre la panique et la soif de plaisir. Un instant d’horreur sur lequel s’enchaina un second choc sec et rapide. L’individu n’eut pas le temps de parvenir à ses faims animales, immobilisé subitement par le tranchant d’une grande lame le traversant de part en part. Cette même lame ayant balayé l’air en un sifflement particulier propre à son poids et la maîtrise de son propriétaire maintenant exposé au grand jour.

Sous couvert de l’envol d’une nuée d’oiseau, Hosen venait de mettre fin aux jours de l’assaillant sans la moindre once d’hésitation, demeurant dans sa posture guerrière jusqu’à voir le corps de l’homme crouler sur le sol après un échange de regard mystérieux. Le liquide rougeâtre coula le long de son arme avant de laisser glisser celle-ci durant la lourde chut au sol du cadavre inerte, le libérant ainsi de son emprise. Définitivement mort sous les yeux de la belle visiblement en larme, tremblante, peu habitué à ce genre de situation. Difficile de le lui reprocher, alors que le soldat de fer faisait preuve d’un sang froid imperturbable. Son masque ne se tourna qu’un léger moment pour l’observer à titre informatif avant de se pencher à côté du défunt.

Je te libère de ton serment, je te libère de ton devoir, je te libère de cette première vie. Ton souhait a été honoré et ta noblesse ne sera pas oublié. Repose en paix.

Ton solennel, dénué de toute forme de tristesse ou de remord, même si l’intensité de la situation provoquait en son for intérieur des sensations assez importante pour un être dénué de ses émotions comme lui. Son statut aurait imposé de récupérer ses affaires personnelles et effectuer une sorte de rituel, mais la compagnie actuelle l’obligeait à reporter cela. Ainsi ses mains vinrent sortir un parchemin où étaient inscrit des sceaux de stockages, avant d’en activer un suffisamment longtemps pour sceller le cadavre. Une aura bleuté imposante en jaillit de cette façon pour envelopper la silhouette qui n’offrait plus aucune résistance, puis la fit disparaître littéralement, le tout dans un silence quasi religieux.

Venait le tour de la belle. Le errant se redressa lentement cette fois-ci entièrement tourné vers elle, l’air de la scruté minutieusement à la recherche d’un éventuel indice sur les raisons de sa présence en ces lieux. Bien sûr, ce phénomène mystérieux lié au chakra vécu dans la mâtiné expliquait pas mal de choses en cette journée … Mais sa tenue ne correspondait en rien, de loin ou de prêt, à une âme capable d’errer proche ou aux abords de cet endroit laissé à la nature sauvage. D’ailleurs, le coin sur lequel son corps reposait ne lui aurait donné aucune chance de fuite face au meurtrier de tout à l’heure … Ni même face à sa propre présence.

Il t’as touché ? Il t’as eu le temps de te faire du mal ? Ces blessures sur tes avants bras … C’est lui qui t’as fait ça ?

Contrairement au contenu de ses paroles, sa voix grave et ferme évoquait les traits d’un baroudeur solitaire et détaché, presque trop froid et calme dans son approche. Un contraste paradoxale entre son aura et ses gestes, alors que ses bras venaient retirer sa cape verte virant vers un gris lié à l’usure du voyage avant de l’exposer devant lui sans aucune menace apparente. Face au choc éventuel et la panique plausible de la jeune femme, le guerrier fit l’effort d’effectuer des mouvements lents, bien en évidence. Doucement, jusqu’à tenter de la couvrir ou en tout cas proposer ce vêtement le temps d’en apprendre davantage, légèrement agenouillé.

Que fais-tu dans cette forêt, seule, sans personne pour t’accompagner ? Une Hijine ? Tu as de la famille dans le coin ? Quelqu’un que tu connais ?

Des interrogations méthodiques, qui malgré leur aspect bienveillant masquaient l’épreuve d’une analyse quant à la crédibilité et la menace que pouvait comportait cette inconnue. Avec cette histoire de vague chakratique aux sources encore nébuleuses, tout demeurait possible. Piège, démence, pouvoirs non contrôlés. Il n’était plus vraiment sûr de rien. Ses capacités spirituelles le disposaient à distinguer le vrai du faux. Voir même à la calmer si nécessaire.

Ne cherches pas à me duper et il ne t’arrivera rien.

Une étape obligatoire, rude et peu rassurante mais obligatoire.
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