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Morne soirée [Chihiro]

Kurayami Zeref
Kurayami Zeref

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Sam 13 Juil 2019 - 13:59
Cela fait maintenant deux heures que je fixe le plafond, ne pouvant dormir à cause du bruit. Le bruit, c'est celui de ma sœur, Saeko, qui pleure juste à côté, dans sa chambre. Le bruit, c'est aussi mes pensées qui se mêlent et s'entrechoquent, ne sachant pas où se fixer et quoi décider. Le bruit, c'est également mon père adoptif, qui discute avec les messieurs venus pour récupérer la dépouille. Ce soir n'est pas un soir comme les autres, et pour la première fois, je regrette de m'être ouvert aux personnes qui m'entourent. Je n'ai jamais porté mes parents dans mon cœur auparavant, mais depuis ma rencontre avec Kaelia, je me suis ouvert, peu à peu. Comprenant que ma place n'est pas là, j'ai pu découvrir les raisons qui faisaient que je ressentais un rejet à leur égard, et bizarrement, j'ai commencé à les apprécier, voire à carrément les aimer, suite à tout cela. La discussion a été importante, aussi, lorsque mon père m'a expliqué où ils m'avaient trouvé, et qu'ils m'ont élevé avec un grand amour, sans jamais me divulguer pourquoi je suis différent. Enfin, cette famille a fini par être unie, d'une certaine façon.

Mais un jour, ma mère a commencé à s'affaiblir, finissant par perdre l'usage de ses jambes. Pour nous rassurer, le patriarche Kurayami nous a dit que sa maladie ne concernait que cela, que le plus dur était passé, et naïvement, j'ai tout cru. Son état semblait stable, même si sa vie en était totalement métamorphosée, elle était encore en vie et c'était le plus important. Mais il y a deux jours, elle nous a tout avoué, à ma sœur et moi, et je n'ai pas su quoi répondre. En réalité, sa maladie concernait la totalité de son ossature, une sorte de déformation génétique qui a atteint, avec le temps, la moelle de ses os, les rendant de plus en plus fragiles, jusqu'à casser au moindre mouvement. Sa paralysie des membres inférieure n'était d'ailleurs pas directement liée à sa maladie, mais une partie de sa colonne vertébrale a rompu et des morceaux ont atteint sa moelle épinière, ce qui a engendré le handicap.

Pour faire simple, sa maladie lui a valu une mort lente et douloureuse, et aucun médecin à Kiri, voire même dans tout le Yuukan, n'avait la capacité à la soigner. Une maladie dite incurable, qui a fini par la tuer, ce matin même. La mort l'a prise, et je m'en retrouve à être le moins atterré par cette situation, même si je ne sais qu'en penser. Mon cœur me fait souffrir, entre le fait de n'avoir su qu'au dernier moment, et d'avoir retiré mes barrières envers cette personne qui m'a élevé, j'ai l'impression d'avoir été piégé dans mes propres sentiments. Je n'ai pas parlé à Saeko, ni à mon père adoptif, je suis simplement allé m'allonger, et j'ai réfléchi. D'abord, j'ai commencé à recréer ces défenses qui m'ont protégé de ce genre de douleurs durant vingts années, m'enfonçant peu à peu dans des ténèbres que j'avais pourtant peiné à repousser. Mon seul compagnon sera bientôt ce loup noir, cet être omniprésent dans ma vie, qui est le seul qui ne me quittera pas, quoi qu'il arrive, jusqu'à ma mort.

Kaelia, Reikan, Saeko, ce sont trois noms que je ne peux me résigner à repousser, dans ce moment éprouvant. Mais je m'y attelle, car je ne peux affronter une nouvelle fois une telle peine. J'ai beau devenir puissant, voire le plus puissant, même, si une simple maladie peut me les enlever, alors tout mes efforts sont vains, et autant ne plus m'attacher à des choses qui me feront inéluctablement souffrir, un jour ou l'autre. Me relevant, vêtu d'un short noir et d'un t-shirt de la même nuance, je m'extirpe de ma chambre par la fenêtre, rejoignant les toits habilement. J'avance dans une direction bien précise, un lieu qui a scellé mon changement, pour la première fois, l'endroit même où Shiori est morte, là où Inja est devenu l'ombre de ce village. Je ne sais pourquoi je m'y rends, l'endroit doit encore être en réparation, et aucune réponse ne m'y sera donnée de toute façon. Mais je finis par y arriver, constatant de l'étendue des dégâts, pour la toute première fois, même si les réparations font bon train. Debout, au milieu de la place qui y fait face, je me demande si j'ai fait le bon choix, ce jour là, lorsque j'ai décidé de tout faire protéger ceux que j'aime. D'une voix mélancolique, je prononce les mots suivants, comme si j'attendais une réponse de Dieu...

"A quoi bon devenir plus fort pour protéger ceux que l'on aime, s'il existe des dangers que nul ne peut anticiper ou vaincre ?"

Le dernier Dieu que j'ai vu a tenté de détruire ce village, pas sûr que mon appel soit judicieux, mais les larmes qui montent à mes yeux ne sont pas fausses, elles représentent bien mon incompréhension. Quoi qu'il en soit, je vais devoir me détacher de tout amour pour mieux me préparer à la protection du village... A moins qu'une autre solution n'existe ?



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Ishikawa Chihiro
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Dim 14 Juil 2019 - 16:01
Son parfum d’aristoloche t’assaillait de toutes parts. Il t’agressait, t’attaquait, te frappait. La tyrannie flottait dans l’air.
En position soumise face à ton paternel, les genoux collés au sol et la tête baissée, tu avais tes mains de posées sur tes cuisses. Le jour tombait sur Kiri. Et l’homme fumait, une jambe repliée sous lui et l’autre servant d’appui pour son bras ; il fumait la pipe, et la fumée sortait d’entre ses lèvres fines. Il était royal, majestueux, suprême : il était ton père.
Et il t’effrayait. Il t’apeurait parce qu’il t’avait convoquée, toi la déception, toi la pathétique, toi l’erreur. Que pouvait-il bien te vouloir ? Avais-tu fait quelque chose de mal ? Il ne te semblait pas ; tu tentais d’être la meilleure kunoichi possible, tu t’acharnais à t’améliorer, tu essayais de ne pas faire d’erreur – mais c’était dur, très dur. Et, quoi, espérait-il que tu sois parfaite ? Voyons, même moi je sais que c’est chose impossible. Mais tu tiens ton perfectionnisme de lui, semble-t-il ; dans ce cas, ne viens pas te plaindre lorsqu’il te détruira à petit feu.

Tu tremblais presque tant tu avais peur. N’était-ce pas ridicule ? non. Pas face à cet homme aux longs cheveux sombres, solennel, qui fumait la pipe sans s’arrêter et sans tousser ; il était imposant. Il était bien plus que ton père, à tes yeux : il était au moins ton Dieu.
Et Dieu, après de longues minutes de silence, déclara avec un nuage de fumée :

« Tu es un échec. »

Choc.
Tes yeux s’écarquillèrent et s’humidifièrent. Savoir que tu étais un échec était une chose ; l’entendre en était une autre. Tes mains se crispèrent et tes ongles allèrent griffer ta peau de lys. Ainsi, tu n’avais pas fait ce qu’il fallait pour lui plaire. Doucement, tu te replias sur toi-même ; ton front et tes mains allèrent se poser sur le sol.
Tu te soumettais à ce grand homme qui ne t’acceptait pas.
« Que puis-je faire pour ne plus être un échec, Père ?
— Rien. »
Il tira sur sa pipe. « Hors de ma vue. »
Tu obéis.

Tu n’avais pas supporté de voir ta mère et son regard déçu en sortant de la pièce. Elle devait sûrement penser la même chose que ton paternel : que tu étais un échec, une erreur, quelque chose qui n’aurait jamais dû voir le jour. Si tu avais été quelqu’un d’autre, t’auraient-ils aimée ? Auraient-ils apprécié la jeune femme que tu devenais ? La façon dont tu manipulais hommes et femmes pour qu’ils tombent sous le charme ; la façon dont tu riais, comme un cochon, lorsqu’une blague était très drôle ; la façon dont tu te battais, avec férocité, tel un tigre défendant ses petits ; auraient-ils apprécié tout cela ?
Dans ta chambre, face à tes plantes, tu pleurais. Les larmes roulaient le long de tes joues encore rondes, et tes yeux observaient les marguerites en pot se trouvant sur le rebord de ta fenêtre. Ainsi, tu déprimais : tout ce que tu avais souhaité dans ta morne vie était de rendre tes parents fiers en devenant la meilleure kunoichi du village. Tu aurais été Mizukage s’ils l’avaient souhaité, aurais épousé un ninja aussi fort que toi, et vos enfants auraient été des prodiges. C’était une vie simple à tes yeux, une vie dont tout le monde rêvait.
Aurais-tu eu tort tout du long ?

Un soupir t’échappa. Que faire ? Tes mains glissèrent dans ta chevelure aux reflets roux tandis que tu t’affalais sur le rebord de ta fenêtre. Tes yeux de bleuet allèrent observer le dehors. Tu avais besoin d’air.
Tu ouvris ta fenêtre, pris garde à ne pas renverser tes plantes, puis sortis.

L’air te fit du bien. Tu pris une grande inspiration ; puis relâchas tout l’air qui s’était accumulé dans tes poumons. Un reniflement. Tu passas ton avant-bras sous tes yeux pour retirer les larmes. Alors, tu pris la direction du Palais de la Brume. Pourquoi cet endroit en particulier ? Pour dire vrai, tu ne savais pas ; tu avais pris une direction au hasard. Et, croyant dur comme fer au destin, tu te disais que si tes pas te guidaient là-bas, c’était pour une raison.
Dans ce cas, tu y allas.

Ce fut alors que tu arrivais à la place que tu entendis une voix masculine. Tu t’arrêtas pour écouter ; tu voyais la personne, habillée tout en noir, d’un short et d’un T-shirt. Toi, tu portais une simple robe noire et rose qui t’arrivait au-dessus du genou.
L’homme semblait… se lamenter. C’était du moins ainsi que tu le voyais – que tu l’entendais. Il demandait : « À quoi bon devenir plus fort pour protéger ceux que l’on aime, s’il existe des dangers que nul ne peut anticiper ou vaincre ? »

Tu fus… révoltée, d’entendre cela. Tu étais du genre à protéger tes proches de tout ce que tu pouvais anticiper ; tu étais protectrice, oui. Mais tu savais. Au fond de toi, tu savais…
« Parce qu’il y a des dangers contre lesquels tu peux les protéger. »
Tu t’approchas, bras croisés sous ta poitrine, les sourcils froncés.
« La vie est faite de dangers insurmontables pour nous autres, les Hommes. Mais ce n’est pas pour cela qu’il faut se décourager. » Tu devrais écouter tes propres conseils. « Fais en sorte de protéger tes proches des dangers que tu peux prévoir. Il y en a déjà énormément. »

Pourquoi parlais-tu à un inconnu alors que tu souffrais toujours du rejet de ton père ? Alors que tes yeux étaient toujours rouges des larmes que tu avais versées ? Peut-être parce que ce qu’il avait dit au ciel t’avait offusquée. Un soupir t’échappa. Tu fermas les yeux et rejetas la tête en arrière ; l’air était agréable, ce soir. Tu le trouvais juste à la bonne température.
Ça te mettait du baume au cœur.
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Kurayami Zeref
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Mer 16 Oct 2019 - 20:18
Ma solitude semble de bien courte durée. Mes propos, très personnels et plutôt gênants, sont entendus par une personne que je n'ai pas senti venir, mais je suis bien trop énervé pour ressentir un quelconque embarras ou quoi que ce soit qui s'en rapproche. Je me retourne, révolté d'entendre la voix d'une enfant me dire cela, comme si elle connaissait la vie mieux que moi. Lorsque je lui fait face, je confirme ce que sa voix me disait, mais je parviens à ne pas laisser les mots dépasser ma pensée. Je ne vois pas bien son visage, et tout au plus sa silhouette, car elle n'est pas non plus à mon contact et la lune ne me permet pas une excellente vision de sa personne, mais je me rends compte qu'elle est aussi frêle que Kaelia, et c'est pour cela que je contiens mon ressentiment, qui se trouve être à l'encontre du monde et pas à son encontre à elle.

"Tu n'as pas l'air bien vieille, pour répondre à mes mots de la sorte. Que sais-tu de ce monde ? Tu n'as pas idée de tout ce qui peut s'y trouver."

Je m'arrête après cette rapide tirade, me demandant justement si son âge lui permet d'entendre tout ce que je peux avoir à dire. Il est évident qu'elle n'a pas connu la colère d'Obayo, ni la folie de la Déesse, et si elle doit savoir pour le désastre de Sanbi, je doute qu'elle n'ait été en première ligne.

"Il existe des êtres qui dépassent tout ce que tu peux imaginer. Tu ne les as pas vus, et même pour ma part, je n'ai vu que des subalternes, et pourtant leurs pouvoirs laissaient déjà présager que tout est possible en ce monde."

Mon vécu, il est riche, et pourtant à côté de certains shinobis de la pluie, et du Yuukan en général, je n'ai rien vu. Je ne suis capable de rien à côté des véritables Dieux de ce monde, et c'est pour cette raison que je refuse que l'on me balance qu'il y a des choses contre lesquelles on peut protéger ceux que l'on aime.

"La maladie, c'est une chose assez maléfique, elle vient, elle détruit, elle mutile, elle ... tue. Même si je dis qu'il est impossible de lutter, je sais qu'il doit y avoir un moyen, une solution. Beaucoup ont sombré dans le mal pour leurs proches, pour leur amour... Et je les comprends."

Pour ne pas dire que si quelqu'un venait me proposer un pouvoir infini, capable de sauver ceux que j'aime, contre la tête de tous les Kirijins, je le ferais sans hésiter, à cet instant en tout cas. Ma colère redescend, laissant peu à peu mes remords prendre le dessus. Mais que fait donc cette jeune femme ici ?

"Je doute que tu sois venue m'espionner alors que nous ne nous connaissons pas. Je me suis ouvert à toi comme à personne, ou presque, avant. Alors pourrais-je au moins connaître ton nom ? Pour ma part, je m'appelle Zeref."



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