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Et in Arcadia ego [Imekanu]

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Lun 22 Juil 2019 - 23:51

Junko était perchée au sommet d'une des plus hautes tours du village. Elle était grimpée là au hasard de ses pas, de son escapade du jour. Réfugiée dans ce nid-d'aigle, assise sur la rambarde de pierre et adossée à un pilastre, elle avait une vue imprenable sur Kiri, et sur la mer. A ses pieds, la vie grouillait, se débattant sans cesse, courant, paniquant, presque. Et au-delà, il n'y avait que le calme. Les reflets du soleil sur le plat de l'océan. L'eau frémissante. Un vol de mouettes. Une brise. Elle pouvait fermer les yeux et, avec les seuls sons, toujours voir le tableau du monde autour d'elle. C'était comme si elle y était vraiment.

D'abord il y avait les bruits de la rue. Le battement des pavés, si distinct, si sec. Les cris des marchands, le hallage des clients. Le murmure des conversations qui, s'entremêlant, venaient à former un véritable grondement, un brouhaha, qui remplissait l'air à mesure qu'il gonflait vers les hauteurs. Un air de flûte, au loin. Une mélodie légère, comme un chant d'oiseau au milieu d'un champ de bataille. Et voilà les oiseaux, pépiant, jacassant dans le vent. Le souffle de la brise. Sa voix rauque et aiguë, qui pénètre les oreilles et caresse jusques aux tympans. Le carillon d'une cloche, là-bas. Des rires d'enfants.

Et plus loin, les sons de la mer. Si rares, et pourtant si riches. Tout un orchestre dévoilant ses plus beaux atours pour l'oreille qui sait les écouter. Il y avait d'abord la mélodie mécaniques des marins s'affairant au port. Leurs voix graves, les caisses qui s'entrechoquent. Puis, le craquement léger des vaisseaux, le claquement des voiles que l'on déroule, le grincement des cordages que l'on balance et que l'on noue. Vient ensuite le frémissement de l'eau, fendue par les coques, et ses exhalaisons. Son souffle épuisé quand elle s'échoue sur les plages, et son dernier rugissement quand elle s'écrase sur les quais. Enfin, plus loin encore, le murmure. Le bruit sourd des origines. Une mer sans remous, calme. La vie la plus pure.

Junko ouvrit les yeux. Elle se prenait parfois à jouer à ce jeu-là. Un exercice de méditation qui lui plaisait beaucoup, et comme elle aurait aimé en faire plus souvent. Sans trop savoir pourquoi, il la rendait à la fois pleinement satisfaite d'appartenir au monde dans sa plus grande entièreté, et triste. Une tristesse qu'elle ne s'expliquait pas. L'été lui faisait cet effet général. C'était la saison de tous les possibles. Les coeurs se déliaient, pour ce qui devait sembler une éternité, et tout semblait pouvoir arriver. Les soirées d'été étaient les meilleures. C'étaient les nuits de l'illicite, des plaisirs coupables. Elle paraissaient éternelles, et pourtant si éphémères. Et chacune d'elles étaient comme une blessure légère, qui s'ajoutait à d'autres.

Junko descendit de son perchoir, du côté de la balustrade, et sauta sur le toit le plus proche. De saut en saut, petit à petit, elle retrouva des hauteurs plus communes. Elle surplombait toujours le monde de la rue, depuis les tuiles des premiers toits. Elle laissait ses pas la guider. Elle ne savait pas où aller, quoi faire. Ce jour-là était un jour d'indécision parfaite, et d'indétermination profonde. Elle se contentait d'être. Le monde serait bien suffisant pour la faire agir, dans la direction qu'il voudrait. Elle n'était pas difficile sur ce point-là.

Elle s'étonna en arrivant devant le temple Seidou. Non pas de voir la bâtisse devant elle - elle s'était accoutumée à l'édifice, aussi laid qu'il fût - mais plutôt de s'être retrouvée devant ladite bâtisse. Elle n'aimait pas ce lieu, et il le lui rendait bien. Elle avait certainement laissé un mauvais souvenir de sa dernière visite, car elle perçut bien les regards aigres de quelques-uns des moines en sa direction. D'autres, plus jeunes, étaient animés d'une flamme toute autre, qui illuminait leur regard. Elle y était accoutumée. La plupart des hommes avaient l'habitude de la regarder comme ça. Elle se détourna du chemin, et s'enfonça dans un bosquet proche.

Elle ignorait ce qui l'avait amenée là, ou plutôt ne voulait pas le savoir. En revanche, elle fut satisfaite par ce qu'elle découvrit au hasard de son errance hors des sentiers battus. Quelques statues, des totems, ou quelque chose comme ça - en tout cas des effigies taillées à même le bois - semées parmi les arbres. Elle s'en approcha, et en caressa la surface soigneusement travaillée du regard. Ses yeux étaient innocents de toute forme d'art. Ils n'avaient fait qu'effleurer les tableaux et les riches mobiliers des maisons de plaisir qu'elle avait fréquentées. Quant aux manteaux précieux dont elle avait elle-même coutume de se vêtir, elle n'y voyait qu'un signe ostentatoire d'opulence. Mais ces objets étaient différents. Elle y voyait l'essence de l'art. Ses yeux s'animaient de cette étincelle d'admiration, de pure rêverie, que seule les oeuvres d'art procurent. Elle n'y voyait que des objets de beauté. Et cette beauté la ravissait.

Plongée dans sa contemplation, elle sursauta en entendant un craquement derrière elle. Aussitôt, elle plongea la main dans sa sacoche, prête à en tirer une lame. Son regard, de passionné et enfantin, était maintenant froid comme l'or. Elle fixait les buissons, guettant tout mouvement. Son bandeau frappé aux armes du village était bien visible, noué autour de son bras gauche. D'une voix ferme, elle héla les fourrés:

"Qui est là ?"


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Jeu 22 Aoû 2019 - 21:57

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Les gouttes d’eau quittèrent leur habitat pour se refléter aux rayons de soleil déjà perçants bien que la matinée n’avait pas encore donné sa révérence. Celles-ci retombèrent lourdement, terminant leur ballet scintillant pour s’écraser sur le plat de l’étendue azurée, laissant un bruit fin surplomber les alentours tandis que d’autres rencontraient la douceur même. L’éclaboussure se reproduisit très rapidement, alors que la pointe de cette arme de pêche fabriquée précieusement, visa un habitant de l’océan infini qui se présentait à Imekanu, pour se planter dans sa tête ! L’air sérieux sur son minois, se radoucit pour laisser place à un sourire ravi : elle avait attrapé son repas. Attrapant l’animal qui avait trépassé sans souffrir, la belle Urumi le déposa dans un panier accroché à sa taille, rejoignant l’autre poisson qu’elle avait attrapé, avant de placer son harpon à ses côtés, la pointe dirigée vers le ciel dégagé. Elle avait bien compris qu’ici, il ne fallait pas pointer les individus avec ses armes, cela pouvait être pris pour de l’agression et être mal vu, elle avait appris cela du chef Kaguya au prénom difficilement prononçable et lui était reconnaissante. Se rapprochant des affaires qu’elle avait laissées sur le sable de ce petit coin de plage désert, qu’elle avait adopté, pour sa tranquillité et sa discrétion, elle enfila ses bottes de fourrure qui recouvraient ses pieds nus.

Quittant le domaine de poussières d’or chaleureuses, la sauvageonne décida de retourner à son campement de fortune, siégeant dans ce petit bosquet paisible, près d’un temple encore mystérieux pour la traqueuse. Si elle avait l’habitude de croiser ses habitants, les moines, avait-elle appris, la jeune fille ne s’était pas encore permis d’y entrer et ne savait pas vraiment pourquoi d’ailleurs. Si au début les hommes s’étaient montrés réticents à sa présence, sa discrétion et le respect qu’elle avait pour la nature et ce qui l’entourait avaient eu raison d’eux, et il la laissait vivre humblement de son côté. Reconnaissante de leur acceptation, Imekanu prenait soin des lieux et s’interdisait même de chasser dans un certain rayon de l’endroit de prière. Sa gorge émettait un agréable son, fredonnant une douce chanson qu’elle avait eu l’habitude d’entendre dans le Kotan durant sa tendre enfance, tandis que ses joues rondes étaient témoins de l’esquisse arborée sur son faciès angélique.

Ses pas se posèrent sur l’entrée du bosquet qu’elle affectionnait tant et l’azurite se laissa aller à une petite pause, restant droite comme un piquet, les yeux fermés vêtus de longs cils ténébreux. Ses narines gigotaient légèrement, humant le parfait si délicieux, boisé et de végétation qui lui rappelait tant son île. Quand elle posait un pied sur cette zone, l’Urumi se sentait chez elle, à l’aise, en harmonie avec tout ce qu’elle chérissait. Sur ces terres sacrées, Imekanu avait l’impression d’entrer en contact avec Shiramba Kamuy, le dieu du bois et de la végétation, et le remerciait par une prière pour maintenir cette verdure intacte. La naissante Kirijin profita des derniers instants pour écouter le chant des oiseaux, les feuillages qui dansaient au gré des légères brises chaudes.

Reprenant la marche vers sa modeste habitation, qui tenait le coup même avec les intempéries qui pouvaient survenir, elle avait l’habitude de se battre contre des tempêtes bien plus féroces de toute façon ! Ses petits pieds évitaient les racines qui pourraient la faire tomber, écrasaient les feuilles lourdement avant de marcher sur une branche et d’entrer sur la clairière dédiée aux totems Urumis qui avaient été érigés par Shitekka qui était comme son rayon de soleil. Oui, parce que de par sa présence et cette rencontre miraculeuse, la jeune femme avait retrouvé espoir et la solitude qu’elle avait ressentie durant des mois, avait disparu pour faire place à une nouvelle envie, entraînante et appréciable : s’ouvrir à ce nouveau monde. L’Urumi avait aussi déposé des petites figurines en bois réalisées par ses soins, grâce à son couteau de chasse, qui représentaient des animaux comme l’ours, la chouette ou le loup. C’était quelque chose qu’elle appréciait beaucoup, réaliser une passion qui remontait à son enfance, avec les morceaux de bois abandonnés ou qui laissaient tomber les grands arbres.

Ses pas s’arrêtèrent alors lorsqu’une voix parvint à son oreille et que son visage se tourna vers une silhouette qui lui était inconnue. Le craquement des brindilles sous ses pieds avait donné l’alerte sur sa présence et, pupilles céruléennes écarquillées, elle se demanda quoi faire sur le moment avant d’en perdre son harpon, qui provoqua encore plus de bruit. Sursautant légèrement, elle s’empressa de se baisser pour le ramasser et de se redresser vers la chevelure de feu qui arborait un visage sérieux et féminin. Tendue comme un piquet, Imekanu commença à avancer vers l’intruse qu’elle n’avait jamais vue auparavant, qui bien sûr, avait le droit de se trouver ici aussi. Légèrement embarrassée pour l’avoir interrompue, la traqueuse s’inclina brusquement avant de se présenter à elle de la plus humble des façons.


« Imekanu est là ! »

Après tout, elle répondait à sa question non ? Hum… Elle réfléchit quelques secondes, en posant une main sur ses lèvres, faisant tous les efforts possibles pour ne pas froisser la demoiselle.

«Les kamuj vous souhaitent la bienvenue dans cette forêt. Etes-vous venue prier, guerrière du feu ? »

Un surnom qui s’échappa tout seul de ses lèvres, faisant référence à la flamboyante chevelure qu’elle arborait. C’était une façon de lui montrer son respect. Sa petite silhouette, recouverte de sa cape de fourrure immaculée, se posa à ses côtés avant de laisser tomber son harpon et de joindre ses mains, fermant ses yeux, elle réalisa une prière qu’elle connaissait maintenant très bien. Ses paupières se rouvrirent et le bleu de ses yeux ressortit plus fortement grâce aux timides rayons de soleil qui traversaient les branches d’arbres verdoyants. Elle attendait bien évidemment une réponse de la part de cette personne intrigante, qui semblait montrer un intérêt pour les statuettes Urumi entreposées face à elles.


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Ven 23 Aoû 2019 - 23:05

C'était une jeune femme. Une jeune femme à la beauté singulière. Elle était sauvage. En témoignaient son accoutrement, son arme rudimentaire, et un quelque chose de bien spécifique dans son regard. Comme une lueur d'ailleurs, d'un autre temps. Un regard d'une autre ère, en quelque sorte. Junko y fut aussitôt sensible. Elle connaissait ces yeux-là, et plutôt bien. Elle avait les mêmes. Elle venait d'un autre univers, qui n'avait rien à voir avec Kiri, et elle devinait que ce devait être également le cas pour cette jeune ... Imekanu ? Jusqu'à au bout de son nom, elle semblait venir d'ailleurs. Elle respirait le lointain même dans son identité. Une telle personnalité, sans même la connaître, ne pouvait qu'intriguer et charmer Junko qui, du lointain, ne connaissait rien.

Elle répondit d'un sourire à sa question innocente. Ainsi donc, le lieu était une sorte de temple ? Si proche de celui des étranges moines parmi lesquels se terrait Aditya, et pourtant si différent ... Junko pouvait le sentir: on ne vénérait pas les mêmes choses dans ces deux lieux. Qui, d'ailleurs, venait là pour prier ? Bien peu de monde, à en juger par le caractère rudimentaire des lieux. A moins que ce ne soit dans la philosophie de cette religion ? Junko ne pouvait que s'interroger. Elle était indemne de toute croyance spirituelle. Ce genre de folklore n'avait pas cours dans les geôles des arènes clandestines à Asosan. Là-bas, les guerriers étaient assez lucides pour comprendre qu'aucun dieu ne viendrait à leur secours. Si certains avaient encore quelque foi que ce soit lorsqu'ils y arrivaient, ils ne tardaient pas à la perdre devant la brutalité de la réalité.

"Non, je ne suis pas venue prier."

Pourtant, elle ne s'interdit pas d'observer la jeune fille, adossée contre un tronc proche. Elle avait été amusée par le sobriquet qui lui avait été automatiquement affublé. Et, tout en regardant Imekanu se plonger dans sa prière, elle se questionna à son sujet. Qui pouvait-elle bien être ? Et d'où ? Ses moeurs étaient étranges, différents de ceux des gens d'ici, de Kiri. Elle avait une forme de candeur dans la voix, dans son choix de mots. Elle avait tout de suite désigné Junko par ses traits physiques, et sans en éprouver la moindre gêne. En un sens, elle était pure de tous les encombrements des mondanités, de la politesse, de l'appréhension de la réaction de l'autre. Pure, candide, innocente ... Autant de qualificatifs qui seyaient parfaitement, à première vue, à cette jeune ingénue.

Elle se tira sans un mot de sa prière. Il y eut un instant de flottement, de calme harmonie. Une brise souffla, qui caressa de sa fraîcheur les joues de Junko, et fit onduler ses longs cheveux. Les feuillages au-dessus d'elles bruissèrent doucement. Un souffle avait traversé la petite clairière, et, semblait-il, emporté avec lui un petit morceau de temps. Une poignée de secondes, envolées dans le vent, disparues.

Junko hésitait à briser le silence, tout en étant bien consciente qu'Imekanu attendait qu'elle parle. Une foule de questions se bousculaient dans son esprit, qu'elle se serait normalement refusée à poser, embarrassée par la bienséance et les courbettes sociales, mais qui, elle le sentaient, ne blesseraient pas cette nouvelle connaissance. Mais chaque chose en son temps: elle devait retourner les faveurs, et se présenter à son tour.

"Je m'appelle Junko. Je suis une guerrière, mais de la Brume, pas du feu."

Elle eut un léger sourire. Il était troublant qu'Imekanu ait deviné tout de suite qu'elle était une combattante. Cela se lisait-il sur les traits de son visage ? Avait-elle donc été à ce point victime de son passé de gladiatrice qu'il avait fini par laisser sur sa silhouette sa marque, au fer rouge ?

"Qu'est-ce que c'est au juste, les kamuj ? Et cet endroit, c'est une sorte de sanctuaire, c'est ça ? Il est très beau ..."

Elle le préférait d'instinct, et de loin, au temple en bâti, juste à côté. S'il y avait quelque spiritualité ici, elle était plus forte. Plus pure.


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Mer 4 Sep 2019 - 20:40

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Ses iris, lui rappelaient les flammes des feux de camp du kotan, les mêmes feux qui servaient à chauffer le repas du soir ou encore, celui qui contribuait à faire danser les Urumis dans leur rituel festif. Sa chevelure en était toute aussi flamboyante et offrait une certaine chaleur à Imekanu, qui appréciait les couleurs qui contrastaient avec l'ambiance naturelle et boisée des lieux. Ce fut d'ailleurs pour cette raison, qu'elle lui offrit ce surnom, qui se caractérisait bien évidemment avec la carnation de sa chevelure. Alors cette demoiselle n'était pas venue ici pour prier ? Pourtant... Entre le temps à côté et l'autel dédié au kamuj Urumis, ce lieu était parfait pour prier. Enfin, la traqueuse n'était pas ici pour autoriser ou refuser qui que ce soit à venir, mais quand même, elle était très curieuse.
Sa tête se pencha sur le côté, intriguée, puis son attention se porta sur l'autel réalisé par Shitekka, qu'elle avait essayé de décorer avec ses petites créations en bois. Si son cher Urumi avait apprécié l'ours représentant Kim-un-kamuy qu'elle lui avait offert, l'azurite se demandait si ceux qui viendraient ici porteraient un intérêt sur toutes les petites attentions portées à ce lieu de culte très sacré pour les enfants de Saroruncasi, souhaitant partager ce qu'ils connaissaient avec les habitants des terres de la brume. Ses mains se joignirent tandis que ses paupières ornées de ses longs sourcils se fermaient, ses mots contèrent une douce prière pour remercier les kamuj de prendre soin des lieux ainsi que pour leur accueil toujours chaleureux, parce qu'on se sentait bien, quand on posait un pied sur ces terres.

Prière terminée, Imekanu releva la tête doucement, son visage représentait la douceur même, il était serein, un fin sourire se dessinait sur ses lèvres lorsqu'une brise passagère caressa sa joue pour saluer la rousse à ses côtés, peut-être un message de bienvenue des kamuj ? Ce moment de silence était reposant, apaisant, les épaules de la native du Kotan bougeaient calmement, au rythme d'une tranquille respiration. Pourtant, ses pupilles céruléennes cherchaient celles de l'invitée surprise, cherchant des réponses à ses questions. Celle-ci devait lire dans ses pensées, parce qu'elle prit la parole, des mots simples et agréables pour l'oreille de la sauvageonne. Un sourire bien plus franc osa se dessiner sur son minois angélique. Oh, elle savait très bien qu'elle venait de la brume, son bandeau en était la preuve, c'était aussi une guerrière, sans aucun doute, sa posture, son regard et ses traits étaient durs, même si sa présence ne l'était pas le moindre du monde. La jeune femme se contenta de hocher de la tête devant ses présentations. Alors Junko ne savait pas ce que représentait ces lieux, et était inconnue aux pratiques Urumis et aux connaissances liées aux kamuy. Comment lui expliquer tout cela de la meilleure des manières ? Parce qu'Imekanu n'était pas encore complètement à l'aise avec leur langue, même si elle faisait des progrès fulgurants. Avant de prendre la parole, l'azurite s'avança vers l'orangée pour se positionner face à elle, un doux sourire aux lèvres.


« Enchantée Junko de la brume. Merci, c'est un autel en la mémoire des Urumis : le peuple de Shitekka et Imekanu. C'est lui qui a fait tout ceci, j'ai ajouté mon art. L'autel n'est pas encore terminé. »

Déclara-t-elle en s'excusant de ne pas pouvoir lui montrer un travail terminé qui pourtant, était déjà très réussi, comme l'avait-elle dit à Shitekka, qui s'était sentit honteux. Mais ce n'était pas grave, parce qu'avec l'aide de son partenaire au visage balafré, ils rendraient les lieux exceptionnels, s'en était certain. Concernant les Urumis, elle avait assez étudié les termes pour être le plus clair possible.
« Les kamuj sont les dieux qui veillent sur le Kotan et sur ses habitants. Et... » Elle prenait son temps pour bien s'exprimer. Ils sont des animaux aussi. Grâce à leur bénédiction, Imekanu peut pêcher et chasser, pour manger. La flore, protégée par Shiramba Kamuy et nous permet aussi de nous habiller. Pleins de kamuy pour que nos vies soient plus belles. C'est pourquoi nous prions et faisons des offrandes. Pour les remercier.

Parce qu'il était tout aussi important de prier que de leur faire don d'offrandes pour leur montrer reconnaissance, ils faisaient tellement pour les Urumis que c'était tout à fait naturel pour eux, de faire tout ceci. Mais est-ce qu'elle pouvait comprendre tout cela ? Avait-elle même été assez claire dans ses propos ? Venait-elle d'une autre contrée, ou était-elle native de Kiri ?

« Vous êtes née au village de la brume ? Kiri est très différent du Mata kotan, mon village.


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Sam 12 Oct 2019 - 11:29

Junko approcha la main d'une des statuettes et l'effleura du bout des doigts. Elle ne connaissait rien aux religions, et n'avait que des a priori à leur sujet. Elle n'y voyait qu'un moyen d'enfermer les esprits des hommes dans des croyances trompeuses, de les asservir, de les aveugler. Et cela sans s'être jamais approchée de près ou de loin des dogmes dans leur réalité. Ce n'étaient que des idées préconçues qu'elle érigeait, comme beaucoup d'autres choses, en barrière entre elle et les moeurs du monde. Mais elle ne ressentait pas cette antipathie naturelle en écoutant Imekanu, à l'égard de ses croyances à elle. Au contraire, elle en était presque à les trouver ... attrayantes.

C'étaient des convictions qui semblaient refléter un pur désir d'harmonie, entre la nature et les hommes. Non, ce n'était pas même ça: ce en quoi croyait Imekanu, ce devait plutôt être le fait que les hommes étaient une partie intégrante d'un tout, de l'univers, du cosmos, ou peu importe son nom, et que, à ce titre, ils n'occupaient pas une place bien différente de celle des animaux. Etrange religion. A la fois douce et caressante par la pureté qu'elle dégageait, et aussi profondément déstabilisante parce qu'elle remettait en question tout un ordre des choses préétabli, tout un mode de vie, toute une conception du monde. Junko ne savait pas, tout compte fait, si elle était attirée ou repoussée par ce dogme.

Ca ne l'empêchait pas de trouver la compagnie de l'Urumi agréable. Elle était bien curieuse, elle aussi. Elle s'exprimait avec une certaine naïveté, qui devait bien dénoter des difficultés à maîtriser la langue. Si l'on ajoutait à cela son costume singulier, ses moeurs, on pouvait facilement deviner qu'elle ne venait pas de la Brume. Elle évoqua un nom, qui sonna creux aux oreilles de Junko: Shitekka. Elle pensait bien l'avoir déjà entendu, mais elle n'avait certainement pas rencontré cet homme-là. Sans doute, s'il lui disait quelque chose, ce devait être un soldat. Mais elle n'avait pas encore croisé la route de tout le contingent de Kiri, loin de là. Plus tard, peut être ...

Junko s'assit sur le tapis d'herbe, en tailleur, et laissa son regard vagabonder autour d'elle. Elle avait bien entendu la question d'Imekanu, et allait y répondre. Mais elle n'était pas particulièrement pressée de revenir sur son propre passé, qui ne lui inspirait pas vraiment de grande joie. Elle ne savait même pas si l'Urumi comprendrait tout de ce qu'elle lui expliquerait. Après tout, si tous les gens de son peuple avaient les mêmes croyances qu'elle, pouvaient-ils concevoir des concepts comme l'esclavage, les combats forcés, l'emprisonnement ?

"Je ne suis pas née à Kiri. Et le village est aussi bien différent de l'endroit d'où je viens. En mieux, c'est certain."

Elle poussa un soupir. Ce n'était pas de la lassitude, ni de l'agacement. Simplement de l'air.

"Je suis née dans des arènes clandestines, comme prisonnière. Toute mon enfance, et mon adolescence, j'ai dû combattre pour sauvegarder ma vie, en prenant celle des autres. J'ai grandi dans le sang, la violence et le mépris de l'existence. Je me suis enfuie. J'ai tué celui qui me retenait comme esclave, et je suis partie. J'ai dû traverser une mer pour arriver ici, mais je ne le regrette pas. Là d'où je viens, les hommes sont corrompus jusqu'à la moelle. Au moins à Kiri, je peux employer mes talents pour une cause plus noble."

Elle ficha son regard d'or sur l'Urumi. Peut être s'était-elle aliénée sa sympathie, en lui faisant ce bref récit. Peut être ne pouvait-elle soutenir le meurtre, quels qu'en soient les motifs. Peut être deviendrait-elle sèche, froide, hostile. Si ce devait être le cas ... Junko le regretterait, certainement, mais elle s'y ferait assez bien. Les gens qui ne pouvaient supporter son histoire ne l'intéressaient que peu, finalement. Car ceux-là ne faisaient que réprouver un mal dont ils n'avaient pas même idée ...


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