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L'harmonie des Urumis [Shitekka]

Imekanu
Imekanu

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Mer 24 Juil 2019 - 18:43

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Six lunes étaient apparues au travers de la fenêtre de la sauvageonne, après l’attaque de l’immense animal d’eau qui avait disparu tout aussi rapidement qu’il était apparu, du moins en partie. De ce qu’elle avait ouïe dire, la proie de ses rêves était stockée dans un immense sceau qui recouvrait une bonne partie du village et elle espérait secrètement pouvoir goûter à sa viande un jour. Parce qu’en tant que chasseur dans l’âme, rien ne pouvait l’arrêter, pas même une taille aussi gigantesque. Sortant tout fraîchement de l’hôpital après avoir limité les dégâts de sa brûlure qui marquerait autant physiquement que psychologiquement l’azurite, Imekanu avait simplement hâte de retourner dans sa hutte. Cette hospitalisation lui avait permis de mieux se familiariser avec les kirijins, tout en se remettant doucement de ce traumatisme.

En effet, plus rien ne serait plus pareil, maintenant qu’elle pouvait contrôler son chakra. La question était, pourquoi ? Pourquoi elle ? Si dans un premier temps, la traqueuse pensait avoir été bénie par les kamuj, le fait de faire apparaître du feu sans pouvoir se contrôler et ainsi se blesser lourdement, lui faisait penser qu’ils l’avaient aussi punie. Mais pourquoi ? La genin faisait ses prières tous les jours, dansait par moment et respectait autant la faune que la flore. Peut-être que c’était un membre de la tribu qui l’aurait maudite en secret ? Non, c’était impossible, jamais on ne touchait à la famille… Alors peut-être que c’était simplement le destin. Ses iris céruléens se posèrent sur son avant-bras bandé, une partie de son couvre main avait été détruit par les flammes affolantes et sans ce pansement, tout le monde verrait le début du tatouage d’initiation à l’âge adulte ainsi que la lésion en plein milieu qui endommageait le magnifique dessin.

Plusieurs problèmes s’offraient à elle durant encore quelques jours, elle ne pouvait pas utiliser son bras gauche de façon optimale et allait donc devoir oublier la chasse, activité qu’elle avait l’habitude de pratiquer. Au vu de leur réaction quand la douce kirijin leur avait proposé de troquer de la fourrure contre des mets, ce n’était pas chose courante ici. L’infirmière lui avait alors expliqué, qu’ici, on se servait de l’argent obtenu en travaillant pour l’échanger contre de la nourriture, une monnaie plus… quantitative et précise. C’étaient peut-être ces morceaux de papier qu’on lui avait tendu « l’argent », après avoir été récompensée pour son dévouement pour la nation, en tant que shinobi ? On lui avait donc conseillé de se rendre à une épicerie pour acheter de quoi se nourrir, mais elle n’avait pas vraiment encore visité les lieux de fond en comble. Soupirant avec une certaine lassitude, Imekanu se disait qu’elle avait vraiment besoin d’aide pour comprendre le fonctionnement de Kiri. Mais pour le moment, tout ce qu’elle voulait, c’était retrouver son petit havre de paix, sa petite maisonnette à part de tout ce monde, de toute cette oppression. Elle souffrait, les brûlures n’étaient pas nouvelles pour la chasseuse. Pourtant, celle-ci était bien plus éprouvante à vivre, peut-être parce qu’elle se sentait dépassée par tout cela ?

Ses pas la guidaient vers le seul chemin qu’elle connaissait par cœur, celui en direction du bosquet entourant le temple Seidou et donc de son habitation primitive.

Le cœur lourd de tout cet épisode se retrouva vite allégé d’un poids lorsque ses pas se posèrent sur l’entrée du petit-bois. La jeune femme s’arrêta quelques secondes et huma l’odeur boisée et végétale qui émanait des lieux sacrés. Sa cabane était restée intacte, rien n’avait bougé et toutes ses affaires étaient encore présentes. Imekanu attrapa son arc et tenta de travailler avec. Malheureusement, étant donné qu’elle décochait la flèche de son bras gauche, c’était purement impossible pour elle pour le moment. L’Urumi allait donc devoir se contenter d’eau pour aujourd'hui. La motivation n’était plus et la fatigue prenait le dessus, rendant son humeur maussade. Ses pupilles bleues se posaient sur son avant-bras bandé, il était rare qu’elle se sente aussi impuissante et cela avait le don de l’agacer, ne pouvoir rien faire de ses talents, pourquoi ? Une seule solution : prier. Glissant son yumi dans son dos, la native du kotan se dirigea alors en direction du sanctuaire érigé par un être sacré. Ses totems, gravés dans le bois, étaient très précieux et faisaient qu’elle se sentait en sécurité ici. On pouvait distinguer le Kim-un-kamuy, dieu des montagnes et esprit des ours, celui avec lequel, Imekanu entrait souvent en harmonie ; ou encore, le Kotan-kor-kamuy, à en décrire les ailes gravées, l’esprit des hiboux. Accroupie devant eux, le saphir joignit ses mains et ferma les yeux, oubliant tous les tracas pour se concentrer sur sa prière. Son esprit entrait en harmonie avec les éléments qui l’entouraient et l’aborigène du nord commença sa récitation, demandant simplement de l’aide aux kamuj, se sentant seule et souhaitant être plus forte..


« En kore okirasnu. Yaykomismu. En kasuy wa en kore*. »

Alors qu’elle rentrait dans une méditation qui lui était unique, un craquement de branches la fit tourner volte-face, tous ses sens se concentrant sur ce son qui l’avait sorti de ses intimes pensées. La jeune femme posa une main sur son arc et se souvint qu’elle ne serait même pas capable de s’en servir. Alors, elle décida d'aller droit en but.

« Hunna too arpa ?** »


Les mots étaient sortis tout seul et il y avait peu de chance pour qu’on lui réponde dans ce langage étranger, mais c’était la première chose qui lui était venue à l’esprit et peut-être qu’en entendant sa voix, s’il y avait quelqu’un, il sortirait de sa cachette.

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Dernière édition par Imekanu le Mar 30 Juil 2019 - 23:22, édité 4 fois
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Mar 30 Juil 2019 - 23:03
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Cette journée comptait comme les rares libres pour lui. Son quotidien, oscillant entre ses devoirs de ninja, joueur professionnel, et fils de Kaguya, ne lui laissait guère le temps de s'exprimer en tant qu'enfant de Saroruncasi. Bien trop de fois sa foi envers les kamuys fut mise de côté par le devoir. Sa gratitude envers les esprits et déités ne s'exprimait pas à sa juste valeur. C'est ainsi qu'il fut amené à profiter de ce don d'un jour pour s'immerger dans le ramat sacré du temple Seidou.

Là-bas, il avait aménagé un autel de fortune. Sous l’œil bienveillant des moines peuplant le monastère ceint de verdure, il avait érigé quelques statuettes à l'effigie des kamuys majeurs du monde. Dans ce panthéon d'idoles animales, plusieurs noms emblématiques prenaient forme dans le bois. Il y avait bien sûr le dieu-ours, maître des montagnes, mais aussi le kamuy-hibou, celui qui veillait dans les kotans. Il n'avait pas oublié bien sûr le centre névralgique des prières, le liant entre l'aynu-moshir et le kamuy-moshir: l'esprit du foyer.

Pour cette rencontre avec l'éthéré, il avait choisi d'apporter du saké, en guise d'offrande. Il souhaitait prier pour la Kamuy-Huci afin qu'elle appelle les autres kamuys à lui donner la force de poursuivre dans l'accomplissement de son nindō. Il était arrivé à un stade crucial de sa vie dans la Brume : jamais il ne s'approcha autant du remède pouvant sauver sa mère. Mais à mesure que ses pas le conduisirent à l'orée de son autel de fortune, il sentit qu'il n'était pas seul. Ou du moins, qu'il n'était pas seul avec les kamuys.

Il entendit à demi-mot les prières dispersées dans la sylve baignée de lumière. Il ne commença qu'à réaliser la coïncidence qui était en train de se produire que lorsque la silhouette l'interpella. Il eut besoin de laisser son esprit dépoussiérer ce trésor linguistique qui parvenait à ses oreilles, avant de réagir. Il eut un moment de doute, puis finalement, se présenta devant elle. Vêtu de son emblématique kaparamip, ses ninkari en os, et de son matanpushi autour du front, il faisait face à une silhouette sensiblement revêtue comme l'Urumi qu'il était. Avant même de daigner lui répondre, il se présenta davantage, révélant son faciès couvert de cicatrices et porta son regard fauve vers l'assemblée de totems en signe de respect.

« Ku kimuj kasi kopunkine kamui nep sunici kejjorob jakka, apunno kimuj kasi cikopunkine ene kara-kara-jan. »
Sa main enserra la jarre de saké qu'il avait apportée pour l'offrir au foyer. Depuis son premier passage ici, il avait construit un feu de camp glorifié pour entrer en communication avec la Kamuy-huci, passerelle ignée entre les différents plans d'existence de l'univers. Mais cette offrande attendra, face à la rencontre insoupçonnée à laquelle il fit face.
« Hunna hawe ? Urumi humi an ? »
Il y avait longtemps qu'il ne s'était pas adressé à quelqu'un dans sa langue natale. Ni qu'il s'adressait aux déités en présence d'un de ses semblables. Dans ce bois, si similaire à ceux bordant la rivière de son village, la nostalgie assaillait son esprit. Une mélancolie forte que le poids de l'anxiété, de la paranoïa et de sa carrière toute entière de ninja lui avaient permis de résister.


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Sam 31 Aoû 2019 - 13:55

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Beaucoup de choses avaient traversé le pur esprit d’Imekanu à ce moment-là, un animal qui prendrait la fuite lorsqu’elle agirait en conséquence, un moine du temple qui se situait à proximité, qui la saluerait de la même manière que tous les jours, ou quelqu’un d’autre ? Méfiante, ses longs sourcils sombres froncés, elle attendit. Puis la silhouette se montra, se présentant, non à elle tout d’abord, mais aux effigies à ses côtés, tandis qu’il offrait une mélodie qui lui était très familière et qui fit tambouriner sa poitrine si fortement qu’elle en sursauta. À vrai dire, son accoutrement, qui lui était très similaire, lui avait déjà permis de se dire qu’il était peut-être comme elle, l'intriguant de plus belle. Sa main lâcha mollement son yumi pour se placer le long de son petit corps, figé sur place tandis qu’elle se perdait dans ses pensées. Alors oui, quand elle était arrivée sur ses lieux et qu’elle avait découvert ce sanctuaire, il était certain qu’un Urumi était passé par là. Pendant de longs mois, elle avait espéré et attendu qu’il se montre, mais rien. Peut-être qu’elle l’avait simplement loupé ou qu’il était parti et alors, elle resterait seule… Mais, là… C’était… Un rêve ? Si elle avait pensé tomber sur un être aussi vieux que son père, elle était surprise de voir qu’il était plutôt… jeune et… étonnamment… Oh ! Voici qu’il la fixait, semblant aussi curieux et perplexe qu’elle. Ses mots, ses prières, ses paroles… Cette langue si agréable à entendre, c’était la sienne, la leur… Alors, il l’était ? Tout comme elle ? Ce qui signifiait donc qu’elle n’était pas seule, et peut-être que c'était lui qu'elle attendait depuis tant de temps ? Urumi ? Demanda-t-il. Oui, elle l’était et plus fière que jamais, de l’être.

Sortant de ses pensées intimes, Imekanu sursauta une nouvelle fois, tandis qu’elle relevait son faciès vers son interlocuteur, tombé du ciel et que le soleil derrière le visage couvert de cicatrices intrigantes de ce dernier, était difficilement visible, la forçant à plisser les yeux, mais elle pouvait y voir tout son… charme ? En se faisant cette réflexion, son visage s’empourpra de plus belle et n’étant peu habituée à autant de chaleur sur ses joues, l’azurite se retourna soudainement, iris écarquillés tandis que ses mains se posaient sur ses deux joues rebondies et très colorées et qu’une sueur perlait de son front. Que venait-il de se passer à cet instant ? Les Kamuj l’avaient-ils donc écoutée ? Ses prières pleines de détresse et de tristesse avaient été entendues, pour qu’une seconde après, un des siens se présente à elle, tout naturellement, avec ses beaux yeux ? Il fallait qu’elle fasse quelque chose, qu’elle réagisse, sinon il allait la trouver bizarre et fuir ! Se retournant doucement, alors qu’elle se racler la gorge, son regard aussi clair que le ciel aujourd’hui, détourné du sien, si perçant. Elle se força à porter ses yeux sur sa personne, ne pouvant s’empêcher de le fixer, faisant briller ceux-ci d’une émotion certaine, tout simplement parce que c’était trop beau pour être vrai. Reprenant une certaine contenance, la jeune femme se permit de se rapprocher et de se mettre sur la pointe des pieds, pour l’analyser. Son regard semblait avoir beaucoup vécu, et un mélange de sentiments qu’elle connaissait bien semblait le parcourir. Les balafres sur sa peau racontaient sûrement une histoire marquante de sa vie, qui rendaient la traqueuse très curieuse. C’était peut-être une approche étrange, mais la sauvageonne était si surprise qu’elle agissait instinctivement...

« Ime… Imekanu tapne, an pe kune wa. Kani anakne Urumi kune wa ! Erehe Makanak aye ruwe an ? Urumi humi an ? »
Des souvenirs lointains traversèrent son esprit, le fait de poser des mots, de lui adresser la parole, rendait le moment plus réel et toute la nostalgie et la solitude qui avait emplie son âme remontèrent à la surface. Son regard se fit étrange, émue par sa présence, elle était si surprise mais pourtant… Heureuse ? Au point qu’elle sentait une certaine émotion monter jusqu’à ses yeux. Pourquoi ? Depuis quand était-elle si sensible ? Cela ne lui ressemblait pas ! Mais quand il s’agissait du Kotan, des siens… Son cœur devenait un vrai artichaut, peu importe qu’elle pouvait dire… C’était plus fort qu’elle… Si seule, si à part, et même avec tous les efforts du monde pour s’intégrer, faire connaissance avec des personnes très gentilles et très attentionnées, ce trou dans son cœur… Il venait d’être remplacé par sa seule présence… Mais elle se questionnait, sur beaucoup de choses. Seulement, c’était difficile maintenant qu’elle se mettait à pleurer sans le vouloir… Reniflant difficilement, sous le regard de l’Urumi encore inconnu, elle essuya d’un revers ses gouttes d’eau salées et tenta de placer une phrase ou deux, sans bégayer.
« Kuiyokunure humi ! Ku kuhunare aoka… Ku ecitere aoka… Kusu Kamuj, kusu aoka sirepa te un.
Prenant une grande bouffée d’air pour se remettre de ses émotions, l’Urumie tourna la tête vers le sanctuaire, lui rappelant son village et sa tribu, celui qui l’avait aidé à se sentir comme chez elle. Puis, Imekanu reporta son attention sur la silhouette qui faisait deux têtes de plus qu’elle et depuis le début de leur rencontre, elle sourit.
« Aerayap; atomte. Kusu aoka ?
En s’interrogeant sur la provenance de ces armoiries gravées, Imekanu se souvint de l’ours en bois qu’elle avait fait spécialement pour la personne qui avait érigé ce sanctuaire, en espérant un jour le rencontrer et le remercier. Alors, lui montrant un doigt pour qu’il attende ici, la traqueuse lui tourna le dos et s’empressa de se rendre au pied d’un arbre où se trouvaient différentes confections réalisées avec affection. L’ours en question rejoint sa main, le posant contre ses lèvres en souriant, remerciant les dieux de lui avoir permis de retrouver l’un des siens, dans l’étendue de la brume. Revenant vers lui, un sourire toujours plus grandissant - l'Imekanu paniquée et embarrassée avait pour le moment, disparu - elle lui tendit sa réalisation, hochant de la tête pour l’encourager la prendre.
« Iyairaykere. Ke uk.
C'était la première fois qu'elle faisait un don aussi symbolique, et même si elle avait du mal à y croire, se faisant pourtant, une raison à la réalité des choses, elle était heureuse et nostalgique et ses iris brillaient si fortement quand elle le regardait, qu'elle en était chamboulée, mais la joie était là et la curiosité encore plus, souhaitant en savoir le plus possible sur sa présence ici.
« Nep kusu ek ?


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Mer 4 Sep 2019 - 15:20
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Jusqu'à présent, l'enfant de Saroruncasi ressassait ses souvenirs avec nostalgie. Son monde d'origine ne vivait qu'à travers le prisme de la nostalgie. Une douleur qui s'alimentait en son for intérieur, tandis que la cage invisible de la Brume ne cessait de l'étreindre. Coupé des siens, Shitekka avait fait de son mieux pour continuer à exister en tant qu'Urumi. Il avait besoin de se prouver et de montrer aux autres qu'il était un Urumi. Dès lors, s'habiller, cuisiner, prier… autant de gestes triviaux, revêtaient une importance capitale à ses yeux. Mais cet engagement personnel n'existait qu'à travers le souvenir d'une vie passée.

En tout cas jusqu'à aujourd'hui. Cette inconnue avait bouleversé Shitekka. Dans son unique refuge isolé au milieu des arbres, le Kaguya entretenait une atmosphère proche de celle de son kotan. Mais la présence de cette jeune chasseresse donna l'impulsion de vie qui manquait au lieu. Le balafré n'était à priori plus le seul Urumi de Kiri à fréquenter cet endroit. À en juger son accoutrement, ses yeux bleus caractéristiques de son peuple et la maîtrise innée de l'Urumi-itak, il ne faisait aucun doute que la demoiselle appartenait au peuple de Shitekka. Cette vision presque surréelle arracha un sourire de satisfaction à l'écorché. Un sourire authentique, qui s'étalait dans le temps.

« E ! Kani anakne urumi ku=ne wa, confirmait-il. Shitekka oro-Makotari-utara-koro kotan tapne, an pe ku=ne wa. Wa e ? »
Une multitude de questions assaillait dorénavant l'esprit de Shitekka. Depuis quand était-elle à Kiri ? D'où venait-elle exactement ? Que faisait-elle ici ? Mais l'émotion qui envahissait la jeune Imekanu lui fit prendre l'initiative. En découvrant le lieu de culte dédié aux kamuys, elle avait cherché l'identité de son créateur. Shitekka comprenait totalement les sentiments d'Imekanu. Lui aussi était en quête de repères, et se sentir accompagné d'un des siens le rassurait. Qu'il était agréable de ne plus se sentir seul dans cette cage de brume… le Kaguya de sang-mêlé ne lâchait plus dès lors du regard Imekanu. Comme pour s'assurer qu'elle existait réellement. Qu'il ne rêvait pas.
« Iyairaykere, korka … Ku=yayakapu. Ta an cise shomo auweunu a… »
Malgré les efforts fournis dans ces travaux, Shitekka se sentit honteux. La tête baissée, il constatait la pauvreté de cet autel dédié à la gloire des kamuys. Avec quelques totems symbolisant les quelques divinités majeures de leur panthéon animiste et un feu de camp servant de passerelle entre les mondes, l'Urumi était loin de respecter les codes de son peuple. D'ordinaire, les siens consultaient la Kamuy-huci auprès du foyer entretenu au centre de la maison. L'habitat était d'une propreté surprenante, et sa construction reposait sur des principes harmonieux. Sa position cardinale n'était pas laissée au hasard, et un grand soin était apporté aux autels dédiés aux esprits.

Là encore, Imekanu coupa l'herbe sous le pied de son semblable. Alors que l'intéressé broyait du noir, la demoiselle s'approcha de lui pour lui offrir une petite sculpture de Kimun-kamuy, dieu des montagnes. Sous ses traits ursidés, la figure sacrée décrocha un nouveau sourire sur le visage de Shitekka, qui apprécia l'attention. Face au regard humide de sa compatriote, il repoussa ses imperfections. La construction d'une maison en bonne et due forme attendrait, après tout. Maintenant il avait une solide raison de s'en préoccuper.

« Yaiiraigere… ses mains enlacèrent la dextre de sa bienfaitrice afin d'accepter le cadeau. Yaiiraigere Imekanu ! »
Ce contact lui fit réaliser une fois de plus qu'il ne rêvait pas. Imekanu était une Urumie, bien vivante, et qui l'accompagnait à présent dans ce temple à la gloire des esprits au beau milieu de Kiri. Sans abandonner son sourire, le jeune homme retira ses mains pour observer de plus près le travail de la demoiselle. Une atmosphère familière se dégageait dorénavant du lieu. Il n'y avait pas de maison à proprement parler. Mais dans cette portion de forêt, Shitekka s'y sentait comme tel. Avec son esprit apaisé, il paraissait plus aisé pour l'écorché de s'exprimer au sujet des circonstances de sa venue ici. Il invita dans un premier temps Imekanu à prendre place. La discussion risquait de prendre du temps.

Il lui parla alors de sa mère. De son combat pour protéger les siens sur l'île de Saroruncasi. Et de comment, à force de sacrifices, son pouvoir prit le dessus sur elle. La prose de Shitekka avait quelque chose de solennel, presque poétique. Le fait de parler dans sa langue natale, et à propos de sa mère, la personne la plus chère à ses yeux, donnait un sens profond à ses phrases. Digne d'un yukar, l'histoire de Shitekka, fils d'Aya Kaguya, visait à insister sur le sacrifice qu'était prêt à réaliser le fils pour honorer celui de sa mère. L'émotion, déjà présente sur place, ne fit que s'accentuer en rappelant à l'enfant de Saroruncasi la douleur causée par l'absence de sa famille, et la vue de sa mère malade. Un silence s'installa. Difficile de juger si à ce stade-là, le balafré hésitait à en dire plus et à se confier sur les terribles révélations qui pesaient sur son clan. Ou si le poids de ses responsabilités avait emmuré Shitekka dans un mutisme éprouvant…


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Ven 6 Sep 2019 - 0:25

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Tout semblait si irréel et pourtant, ce n'était pas le cas, il était bien là, face à elle, plus vivant que quiconque. Si troublée, par ce visage balafré, ce regard confus, lui-même se posant tout un tas de questions. L'Urumie ne pouvait lâcher son regard du sien, comme si chacun souhaitait immortaliser ce moment, de peur qu'il s'envole, que tout ceci ne soit qu'un rêve. Pourtant, l'esquisse qui se dessina sur son faciès continuait de conforter l'idée que non, elle n'était pas dans les bras de Morphée. De la joie sur son visage, qui réchauffa derechef le cœur du saphir, ne sachant même pas pourquoi, parce qu'il était content, tout simplement, de la rencontrer ? Oui sûrement. Tout comme elle. Shitekka, se prénommait-il, scellant avec certitude le fait qu'il était un Urumi. Makotari-utara-koro kotan ? Ce village ne lui disait rien, l'île était très grande et Imekanu n'avait peut-être pas posé les pieds sur tous les villages qu'il puisse exister. Ses pupilles brillaient de nouveau, elle était si surprise, mais si heureuse à la fois, il lui répondait, il était vraiment là, avec elle. Durant ce moment, une bulle se formait autour d'eux, pour la traqueuse, elle avait vraiment l'impression de revenir en arrière et un sentiment de nostalgie immense remonta à la surface, émouvant celle-ci plus qu'il le faudrait. De ses lèvres sortirent ces quelques paroles, remplies d'émotion et de sincérité.
« Imekanu oro-Mata Kotan tapne. Po tuskur. Ku-anramasu uweshuye koiyetunangara, Shitekka. »
Il ne fallut pas beaucoup de temps pour que ses yeux aussi bleus de l'océan se remplissent de larmes. Ce n'était pas de la tristesse, un trop-plein, de tout ce qu'elle avait ressentit ces quelques mois, seule. Son village lui manquait, son peuple lui manquait, son père qui l'avait élevée sans sa femme, qui lui avait appris l'art des concoctions, ces femmes qui avaient pris le role de la mère qu'elle n'avait pas eue la chance de connaître, même ceux qui n'étaient pas en accord avec ses choix et son comportement atypique, tous, lui manquait. Ce vide, présent, pesant qui ne lui donnait pas envie d'avancer, il venait simplement de disparaître. Et cela, grâce à Shitekka. Lorsqu'elle réussit à se calmer, essuyant d'un revers de la main son visage humide, son regard cristallin se posa sur l'autel, et complimenta sa réalisation, qui l'avait énormément aidée à se sentir chez elle, dans ce havre de paix, près de ces réprésentations à la gloire des kamuys. Il fut touché par ses paroles, mais s'excuse aussitôt parce que le sanctuaire n'était pas terminé. En effet, il manquait les murs pour entourer le foyer chaleureux, parce que les Urumis apportaient une grande importance aux lieux dédiés aux esprits et qu'il fallait que tout soit harmonie. C'était l'harmonie des Urumis. La moue honteuse et la tête baissée lui firent froncer les sourcils, rendant son minois encore plus adorable. Elle présenta sa main et la secoua de gauche à droite, tout comme sa tête. Il ne devait pas s'excuser, parce qu'elle aussi dans ce cas, n'avait pas fait grand chose depuis son arrivée, à part son cabanon en bois et ses sculptures.
« Yaykouwepeker ka somo ki. A-un okeru cise . »
Et pour lui remontrer sa reconnaissance, la jeune femme le laissa quelques secondes, seul, pour récupérer la statut représentant le Kimun-Kamuy, dieu des montagnes. Avec son couteau de chasse, et lors d'une après-midi maussade, à rester dans son cabanon, elle avait pris le temps de confectionner ce cadeau dans l'espoir de rencontrer la personne qui avait érigé cet autel. Maintenant qu'il était là, sous ses yeux, elle pouvait le lui offrir. Un grand sourire aux lèvres, elle le lui tendit, en espérant que cela lui ferait plaisir et le sourire qui se dessina sur son faciès balafré la réconforta. Une main se posa sur la sienne, qui entoura de chaleur ses doigts qui encerclaient l'ours en bois. Ce contact la fit rougir une nouvelle fois. La chasseuse fixait le jeune homme, il était vraiment réel, à ses côtés, elle n'était plus seule. Imekanu le laissa contempler sa création, s'appuyant sur la pointe des pieds pour en faire de même, un air satisfait arborant son visage. L'heure était maintenant à la curiosité, elle voulait savoir. Pourquoi était-il sur les terres de Kiri ? Depuis combien de temps ? Étaient-ils les seuls Urumis vivant dans la brume ? Shitekka l'invita donc à s'asseoir, ce qu'elle fit, en déposant son Yumi sur le côté et s'aida de son bras gauche pour ne pas perdre l'équilibre. La blessure non guérie lui arracha une grimace, lorsqu'elle s'appuyant dessus, qu'elle essaya de masquer, ne souhaitant pas se montrer faible face à l'un des siens. Rapidement, les picotements disparurent tandis qu'elle contemplait le brun lui narrer une histoire très émouvante.

Durant son récit, Imekanu se contenta de hocher de la tête, restant silencieuse pour respecter son interlocuteur. Elle apprit que sa mère était une Kaguya, un clan connu à Kiri pour ses capacités osseuses, ce qu'il signifiait qu'il était alors mi Urumi et mi Kaguya, mais ce ne fut pas ce qui la marqua, parce qu'elle ne comptait pas le dénigrer pour ses origines mixtes. Celle-ci s'était battue auprès des siens jusqu'à en devenir malade. Et c'était en cela, la raison de sa présence sur Kiri. Cette femme, celle qui l'avait mise au monde, il y tenait inconditionnellement, cela se lisait dans son intonation et dans ses yeux. Imekanu, n'avait pas connu la sienne, mais pourtant, elle le comprenait parce que toutes les femmes de son village s'étaient données de leur temps pour s'assurer qu'elle vive aussi bien que leurs propres enfants. Il était devenu shinobi de la brume, et était prêt à tout pour honorer sa génitrice et trouver un moyen pour la soigner. Sa vie n'était pas facile, loin des siens et proche d'une mère qui était malade, c'était même horrible comme sentiment, le saphir ne pouvait que comprendre. Durant de longues minutes, aucun mot ne vint déranger ce mutisme, mais c'était parce qu'Imekanu cherchait ses mots. Elle devait faire quelque chose, Shitekka s'était confié à elle si intimement, il était si courageux, de venir dans des terres inconnues, de s'ateler à devenir quelqu'un, à tout faire pour sa mère, qui avait tant fait elle aussi.

Comment réconforter quelqu'un ? Jamais elle n'avait fait cela... La seule chose qu'elle pouvait lui donner, c'était ce qu'elle-même avait ressenti en sa présence. Alors, elle se déplaça et s'agenouilla en face de lui. Ses bras tendus vinrent chercher ses mains plus grandes et musclées pour les encercler des siennes, plus petites et fines. Cette étreinte voulait lui rendre la chaleur de la sienne précédemment, lorsqu'il la remercia pour son cadeau. Son regard, pétillant d'émotion marié de ses joues rosées, se voulait tout de même déterminé, parce qu'elle voulait qu'il croie en ses paroles.
« Okirasnu aoka ! Kamuys te an. Te ta an. Aoka seenne sinen. »
L'Urumie lui confia qu'elle allait prier pour sa mère, pour sa guérison et pour lui aussi, pour qu'il ait la force de surmonter tout cela. Des questions se bousculaient tout de même, pourquoi était-il si triste, d'être ici, si le clan de sa mère était là ? Ce fut même la première question qu'elle lui posa, après avoir lâché doucement ses mains pour s'installer de nouveau à ses côtés, le sourire aux lèvres, afin de lui donner confiance. S'entendait-il avec les membres Kaguya ? Lui demanda-t-elle tout d'abord. Puis une idée lui vint à l'esprit. Elle lui proposa de chercher de son côté un remède pour sa génitrice, grâce aux connaissances qu'elle avait pour le rentanjutsu -et ignorant aussi le mal qui la rongeait- il était l'un des siens et pour eux, elle ferait tout. Ses deux mains se rejoignirent pour former une prière, mais la brûlure, ayant décidé de s'y mêler, empêcha celle-ci de continuer plus loin, forçant le bras à se poser sur sa cuisse, poing serré par la frustration. Mais Shitekka était là, c'était tout ce qui comptait. Imekanu pencha la tête sur le côté, pour contempler son visage couvert de cicatrices intrigantes.
« Te ta an ko ikokanu. »
.

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Mer 11 Sep 2019 - 15:02
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Cette rencontre inespérée apparaissait comme un miracle dans la vie de Shitekka. Même les plus grandes banalités devenaient précieuses à ses yeux. Car chaque instant portait en lui une touche de son peuple, quelque chose d'unique que Kiri n'avait su lui offrir en presque un an de présence dans la cité militaire. Il n'y avait pas de mélancolie dans cet échange. La nostalgie d'un passé proche devenait une réalité quotidienne que le Kaguya souhaitait entretenir dès aujourd'hui. Au point de ne pas relever d'incohérences avec son mode de vie. Comme l'absence de tatouage labial chez Imekanu, marquant sa maturité, ou encore le fait qu'elle manie l'arc contrairement aux femmes du kotan. Au contraire, il préféra s'attacher aux détails qui le réconfortaient. Il apprit ainsi qu'elle était originaire du Mata Kotan, un groupe du sud de l'île qui habitait dans les bois une partie de l'année, et l'autre près des côtes. Il apprit également que son père occupait la fonction de tuskur, tout comme sa grand-mère.

Toutes ces informations confortèrent le jeune homme. Si loin de chez lui d'ordinaire, il semblait dorénavant rentré à la maison. Ce sanctuaire, plus que dédié aux kamuys, le plongeait à nouveau dans son village natal. Ce cocon psychologique l'enveloppait tant qu'il manqua plusieurs détails autour de lui. Il occulta la blessure au bras de sa camarade, mais se rattrapa en assistant presque impuissant au déluge de larmes qui inonda le visage d'Imekanu.

L'Urumi comprenait totalement le ressenti de la kunoichi. Lui aussi vivait mal la séparation avec sa famille, son peuple tout entier. Le mahjong riichi et sa profession de ninja lui apprirent à mettre une distance avec ses émotions. Mais les récents évènements, et notamment la perte de Watanabe Shiori, eurent raison de ce visage de façade qui à son tour s'effondra en larmes. L'enfant de Saroruncasi avait alors réalisé ses réelles motivations, et qu'il ne pouvait rester indifférent à la cause de Kiri. Face au désarroi d'Imekanu, il se sentait plus que disposé à l'aider à affronter cette épreuve spirituelle, aux côtés des kamuys.

Ainsi, quand elle décida de lui donner du réconfort en enserrant ses mains, Shitekka échangea un regard complice avec Imekanu. Pour une fois, il prenait soin de constater que cette attention lui bénéficiait autant à lui qu'à sa bienfaitrice.

« Urari tokse-tokse a, koroka Urari oheuge-shomoki a. Ku e kusu ne yaikaobuki reu. Ku shietoko kamuy-utara kekimo itakamire e. »
Imekanu souhaitait en apprendre davantage sur Shitekka. Notamment au sujet de sa famille maternelle. Ce n'était pas le sujet qui enchantait le plus l'enfant de Saroruncasi, mais il sentait qu'en se confiant auprès de la chasseresse, cela irait. Après tout, qui d'autre qu'Imekanu était en mesure de comprendre mieux Shitekka ? Elle aussi subissait lourdement la séparation avec les siens. L'écorché laissa le temps à la demoiselle de terminer sa prière, avant de lui adresser un visage neutre. La peine de l'histoire qu'il s'apprêtait à conter se confondait avec la joie de leur rencontre.

Il lui parla alors de son intégration difficile au sein du clan Kaguya. De son statut de sang-mêlé qui lui porta préjudice dès son arrivée. Il conta sans grand enthousiasme son Agni Kai qui l'opposa à Shintaro, et indirectement à son grand-père maternel Renzaburō. En déroulant le fil de son récit parmi les enfants de l'os, Shitekka réalisa qu'en étant mi-Urumi, mi-Kaguya, sa vie était plus bouleversée qu'il ne l'imaginait. Il se souvenait des paroles qu'il céda à Sesshū.

« Ku koro kemihi Kaguya a, koroka ku koro ramu Urumi a. »
Devant une pure Urumie à priori, Shitekka se sentait perdu entre deux mondes. Après des mois de présence dans la Brume, à s'immiscer sans le vouloir dans le clan Kaguya, il ne savait plus qui vraiment il était. Était-il Urumi, ou Kaguya ? Était-il un peu des deux, ou finalement aucun des deux ? Au fond de lui, un frein mental l'empêchait d'accepter son identité métissée. Malgré le grand respect qu'il éprouvait pour sa mère, il craignait de ne plus être totalement Urumi. Enfouissant pour l'heure cette peur, le Kaguya de sang-mêlé préféra s'intéresser aux motivations d'Imekanu.
« Wa e ? Hemanda gusu e ko-ek awa teda ? »

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Jeu 12 Sep 2019 - 0:25

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Maintenant qu'elle était certaine qu'elle ne rêvait pas et que Shitekka était bien réel, la jeune Urumie pouvait respirer et simplement profiter de sa présence. Il était certain que cette rencontre n'était pas anodine et que juste après avoir demandé de l'aide auprès des kamuys, le balafré s'était présené à elle, comme un ange tombé du ciel, ce n'était pas un hasard et Imekanu comptait bien remercier les dieux en profitant de chaque moment, comme les plus précieux, à ses côtés. Tout cela restait tout de même étrange, pouvoir parler aussi familièrement avec une personne de la brume, le brun était un Urumi, mais durant de longs mois, sans personne pour la comprendre comme lui, alors qu'en quelques minutes, elle se sentait chez elle, revenue dans le kotan pour être auprès des siens, c'était vraiment merveilleux. Ses larmes ne tardèrent pas d'ailleurs, à se manifester, explosant toutes les émotions qui avaient submergé le saphir, toute cette pression qui venait de descendre. Imekanu n'était pas non plus gênée de pleurer devant lui, parce qu'il l'accepterait comme elle était, sans artifice, la Genin le sentait.

Le jeune homme semblait aussi en avoir beaucoup sur le cœur, lui confiant sa vie, qui était loin d'être évidente, ses sentiments semblaient si visibles à ce moment même qu'Imekanu était plus que touchée, et quand ses propres iris perçants se retrouvèrent couverts de larmes eux aussi, le cœur de la douce se serra. Elle n'hésita pas une seule à lui offrir, par cette poigne chaleureuse de main, son soutien, celui dont elle avait évidemment elle aussi besoin. Aucune parole était nécessaire durant ce moment, où leurs regards complices s'échangèrent, au milieu d'un mutisme réconfortant. Et enfin, la traqueuse prit la parole pour lui offrir des mots d'encouragement et lui promettait par la même occasion qu'elle était là et le resterait le plus longtemps possible. La déclaration de la part du Kaguya qui s'en suivie toucha la native du Mata Kotan, vraiment. Parce que l'intégration de l'Urumie était très difficile et il pouvait le comprendre mieux que quiconque, sa promesse la touchait donc beaucoup. Pour le remercier, la jeune femme lui offrit un grand sourire, avant d'aller doucement essuyer la trace de larmes qui s'était dessinée sur sa joue, frôlant par la même occasion sa cicatrice.
« Aaaah ! Ku Kusu Kamuj, sonno sino. »
Sa main revint à sa propriétaire tranquillement, la curiosité était bien présente. Mais sa vie auprès de ce clan qu'elle ne connaissait pas vraiment, l'intéressait tout particulièrement, parce qu'il n'avait pas l'air si heureux que ça. Bien sûr, elle ne le forçait à rien, mais il pouvait compter sur son soutien, c'était certain. L'air sur son visage d'ailleurs, perdit en jovialité, il était vraiment sérieux et Imekanu en fit donc de même, écoutant attentivement son interlocuteur. Ce qu'il lui raconta premièrement ne l'étonna malheureusement pas vraiment, s'il y avait une chose qu'elle avait compris, c'est qu'un sang-mêlé n'était pas toléré par tous, et Shitekka en avait fait les frais et c'était vraiment malheureux. Imekanu comprenait donc mieux pourquoi il était si peu heureux au sein d'une famille qui l'acceptait difficilement. De belles paroles s'en suivirent, pourtant, dans son regard, il semblait perplexe, perdu ? Être au milieu de deux mondes dans lequel il vivait, dans lequel il appartenait à chacun, trouver une place ne devait pas être facile. Mais les faits étaient là, il devait accepter ce qu'il était et vivre fièrement, écouter son cœur était important. Le visage de la brune se leva pour observer les feuilles danser au gré du vent qui faisait virevolter des mèches de sa longue chevelure ténébreuse. Ce n'était pas facile de trouver les mots justes, mais elle essaierait d'être la plus fidèle avec ce qu'elle pensait.
« Niste e... Nu e koro ramu. An pirika, ku nukara. Eishokoro oshike e ! »
Et il posa la question, souhaitant savoir pourquoi elle était ici. Il y avait beaucoup de choses à dire, sûrement moins tristes, mais ses motivations lui tenaient beaucoup à cœur et l'azurite était ravie de pouvoir les partager avec lui. La jeune femme se positionna alors face à lui, en tailleur avant de réfléchir... par où commencer. La sauvageonne commença par lui confier qu'il devait sûrement se demander pourquoi elle se promenait avec un arc. L'art de la chasse l'avait attirée très tôt, peut-être était-ce parce qu'elle n'avait pas eu de maman comme les autres ? En tout cas, elle avait un don pour la traque. L'événement qui avait décidé Imekanu était important, elle lui narra donc tranquillement, telle un adepte des contes, comment, lors d'une simple chasse aux côtés des siens, le groupe était tombé sur un prisonnier d'une prison au sud du continent -chose qu'ils découvrirent bien plus tard-. La brune frissonna en passant par le moment où l'individu étrange utilisa le chakra, pour s'en prendre à eux tandis que la tristesse se lisait sur ses yeux en repensant à ceux qui avaient perdu la vie durant cette incompréhensible attaque. L'homme avait aussi péri face aux multiples flèches qui s'étaient alors lancées à son encontre, se protégeant de ce fléau qui s'en était pris injustement à eux. Les habitants du Mata kotan étaient affolés, tout n'était plus comme avant, chacun priait encore plus fort et de la peur se lisait dans les yeux des plus jeunes. Imekanu lui expliqua alors que l'évidence lui avait frappé au visage, elle devait protéger sa tribu et savait qu'en Kiri, elle pourrait atteindre son objectif, en devenant plus forte. Comment ? Elle ne savait pas et lui expliqua qu'elle avait longuement prié. Jusqu'au jour de l'attaque du dieu Sanbi sur la cité de la brume. Un épisode qui marqua la vie de la chasseuse irrévocablement, et pour raison...

La jeune femme décida de déboutonner sa cape, la laissant glisser le long de ses épaules, tombant dans son dos. Vêtue d'un simple kimono aux manches s'arrêtant au niveau du coude. On pouvait observer sur l'un de ses avant-bras, un tekunpe bleu, brodé de blanc, qui recouvrait un début de son tatouage, calligraphe réalisée durant son rituel de maturité, le dessin montait jusqu'au coude. L'autre bras était plus dénudé, le tekunpe avait brûlé lors de l'accident. Ses doigts étaient encerclés par le tatouage, qui remontait sur sa main. Le bandage se vit rapidement retiré, faisant grimacer Imekanu légèrement, pourquoi le gardait-elle d'ailleurs ? On lui avait bien dit de laisser la brûlure à l'air libre... Mais elle n'en faisait qu'à sa tête. Son avant-bras gauche était brûlé, le rouge était encore présent et tout avait défiguré le tatouage qui se terminait normalement au niveau du coude. L'Urumie avait très mal vécu cet épisode et la douleur était dérangeante, même si elle ne pouvait que vivre avec. Elle lui expliqua alors, qu'elle avait été atteinte par ce phénomène qui avait touché beaucoup de shinobis et qu'elle avait découvert qu'elle maniait le feu et malheureusement, s'était brûlée pendant sa première tentative de contrôle de chakra. Imekanu lui confia qu'elle pensait que les kamuys lui avait offert ce don pour l'aider à protéger les siens, mais elle doutait et se demandait si elle n'avait pas été punie, mais ne saurait pas pour qu'elle raison.

Ce n'était pas évident, mais elle continuait de persévérer. Voici sa petite histoire. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres, tandis qu'elle regardait ses deux bras, elle n'aimait pas voir cette brûlure, celle-ci lui rappelait son échec. Mais elle devait l'accepter et avancer, l'entêtée qu'elle était, devait le comprendre. En parlant de cicatrices... Imekanu profita de ce moment de partage pour s'intéresser aux siennes. Son regard azuré se posa sur le visage de son compagnon et dessina de ses pupilles les courbes de ses balafres, suivies de ses doigts, qui n'osaient pas toucher sa peau. Intriguée, elle demanda naturellement.

« E koro nanuhu, makanak ne hawe an ? »


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Ven 13 Sep 2019 - 18:20
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À mesure que la conversation en langue urumie se poursuivait, Shitekka réalisait à quel point Imekanu était un soutien important à ses yeux. La demoiselle apportait dans son quotidien le bonheur de retrouver son peuple sans la douleur de la mélancolie. En l'absence de sa mère, actuellement inconsciente, un tel soutien paraissait plus qu'important. Au-delà du souvenir que ravivait avec félicité la chasseresse, ses attentions confortaient davantage l'écorché. Il en oubliait presque qu'il était ninja pour le compte de Kiri. Qu'après cette rencontre, il irait certainement s'entrainer, en attendant qu'une mission ne le réquisitionne pendant une durée indéterminée. En attendant, il préféra profite de ces rares instants de sérénité.

Une plénitude telle que l'enfant de Saroruncasi sentit son esprit enveloppé d'une douce chaleur. Une vapeur éthérique, échauffant l'ensemble de son corps. Son cœur battait paisiblement. Son œillade d'ambre, elle, captait toute la lumière et sa riche palette de couleurs qui s'offrait à lui.

Imekanu livra finalement la raison de sa venue au sein de la cité de la brume. Ce fut tout naturellement les récents évènements survenus sur l'archipel qui incitèrent la kunoichi en herbe de s'engager en tant que kunoichi. L'évasion massive de Wasure, couplée à la fureur de Sanbi furent autant de raisons qui invitèrent Imekanu à prendre l'initiative. Son peuple ne pouvait plus se défendre seul de cette menace venue d'ailleurs. En y repensant, Shitekka fut tellement absorbé par son travail à cette époque qu'il en oublia presque de se préoccuper de sa famille. Est-ce que Saroruncasi, et plus particulièrement son kotan, furent totalement protégés par Chikashnukarape ? Saroruncasi étant relativement proche du Pays Oublié, il y avait de quoi s'inquiéter.

« Ku naa pirika eramu… Koroka, nep-nep-ne-yakka pinne-shibe nahun-po a, hm ? »
Il s'en voulait presque de ne pas avoir pu veiller à la sécurité des siens plus tôt. Aujourd'hui, en plus de faire tout pour sa mère, il s'assurait que son poste au sein de Kiri lui permettrait de protéger les siens, jusque sur Saroruncasi. Mais Imekanu présenta alors à ce moment son bras gauche partiellement calciné, vestige de la résonance qui sévissait sur l'ensemble du monde connu. Il prit conscience alors de la menace qu'avait représenté les prisonniers sur l'île, de la peur des hommes de chakra qui ressurgissait. L'écorché inspira, plus expira longuement du nez en reprenant son sérieux. Les coudes reposant sur ses cuisses, les doigts entrecroisés, il réalisait.
« Ku=yayapapu Imekanu… »
Son regard se figea sur la blessure de l'Imekanu. Le magnifique tatouage qu'elle possédait perdait de sa superbe à cause de cette brûlure. Alors, ému, Shitekka fixa cette marque et rendit hommage au foyer qu'il s'évertuait à entretenir. Puis, les yeux fermés, il adressa une prière à la Kamuy-huci. Ayant à trait à l'élément du feu, et se faisant émissaire entre humains et kamuys, elle serait la plus placée pour écouter Shitekka l'implorer de soigner sa camarade. Malgré le statut de sa grand-mère, le Kaguya n'avait pas l'expérience nécessaire pour entrer profondément en contact avec les esprits afin de leur réclamer de l'aide. Il se contenta donc de laisser ses prières s'étioler au gré du vent qui soufflait entre branches et feuillages. Ceci fait, il jeta son dévolu sur Imekanu pour affirmer à nouveau son engagement.
« Nekon-ne-yakka ku tanne eishiramme chi koro utara kikikara. Ku e koro nindo reka. Ku e kusu ne yaikaobuki Imekanu. E koro nindo ku koro nindo a. »
La chasseresse avait de quoi s'estimer heureuse. Shitekka était rarement du genre à formuler et tenir des promesses. Et voilà qu'il s'engageait une nouvelle fois devant elle. Cette annonce fut accompagnée d'un air solennel. Le Kaguya se tenait debout, avec une posture droite et franche. Mais soudain, au coeur de ce sanctuaire urumi dédié aux kamuys, quelque chose d'étrange eut lieu. N'importe quel ninja capable de détecter le chakra pouvait sentir une variation de chakra anormale se produire dans les alentours. Shitekka le premier. Enfin presque. Alors qu'une douce chaleur l'enveloppait, cette dernière s'intensifia soudainement, au point de devenir suffocante. Sa respiration s'emballa, tout comme son cœur. Il s'apprêtait précédemment à expliquer l'origine de ses stigmates, mais une sensation étrange s'empara de lui. Il lui était impossible de le deviner, mais l'oeillade ambrée que présenta l'Urumi à sa camarade n'avait plus rien d'humain. Pourtant, l'agitation l'empêchait de l'admettre, mais il cernait mieux les détails autour de lui. Il aurait pu distinguer au loin cet oiseau qui se posait sur une petite branche d'un des imposants arbres au dense feuillage. Mais cette sensation inédite, extraordinaire, l'en empêcha tout simplement. Entre euphorie et nausée, émerveillement et peur, Shitekka eut tout juste le temps de s'exclamer:
« … he an … ? Wen… kamuy ?. »

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Mer 2 Oct 2019 - 14:24

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Depuis les quelques mois où Imekanu avait posé un pied sur les Terres de Mizu, c'était la première fois, qu'elle se sentait comme chez elle. La présence de l'enfant de Saroruncasi était en partie liée à cette plénitude qui la remplissait, l'échange linguale urumi lui offrait ce sentiment de joie et elle se sentait en sécurité, là tout de suite. Ce fut sans hésitation, parce qu'elle sentait qu'elle pouvait se confier et tout lui dire, qu'elle commença à narrer la raison de sa venue. Tous les épisodes qu'elle avait vécus n'avaient pas été faciles, mais ils étaient tous importants, parce qu'il faisait partie de son passé, celui qui l'avait incité à quitter le Mata kotan pour se rendre sur Kiri de la Brume. Shitekka lui demanda alors si les choses étaient revenues dans l'ordre, et cela, l'azurite ne pouvait pas lui offrir une réponse satisfaisante, parce qu'elle ne savait pas ce qu'il se passait actuellement, mais son instinct lui disait que tout allait bien, pour le moment.
« Ku=yayapapu Shitekka... Ku=eramiskare. Korka, ku=aramakapare akkari pirka. »
Sa tribu lui manquait, lorsqu'elle parlait d'eux, on pouvait ressentir toute l'émotion qui s'en dégageait, la nostalgie, la solitude, mais aussi un amour solide. Elle hocha de la tête positivement en fermant ses yeux, un fin sourire dessiné sur son faciès, chose qu'elle faisait souvent lorsqu'elle les choses allaient bien, surtout lorsqu'elle mangeait un bon soupé. Puis, Imekanu passa à un autre passage de sa vie marquant, en découvrant son avant-bras -qui en avait bien besoin- calciné par ses propres erreurs. Même si elle pouvait être couverte de honte, la douce n'avait pas hésité à lui faire part de cela, et qu'elle comptait bien chasser ce sentiment de défaitisme, pour se battre et vivre avec cela. Le jeune homme fixait son avant-bras meurtri par le passage de la résonnance, et présenta des excuses sortant tout droit du cœur, l'émotion dans son regard pouvait se lire et Imekanu n'avait pas l'habitude de voir ce genre de lueur, son cœur en était touché. D'autant plus, lorsqu'il réalisa une prière, grâce au foyer qui crépitait non loin d'eux. Rien que moralement, la jeune femme se sentit aussitôt mieux, elle était vraiment touchée par ses paroles et son attention. Son regard cristallin se posa sur son bras : tout irait bien. Avant de pouvoir le remercier, le brun prit de nouveau la parole, lui promettant de sauver leur peuple mutuel, en plus de sauver sa mère. Ses pupilles, légèrement écarquillées par cette promesse, touchèrent la jeune femme profondément, ne sachant d'ailleurs plus où se mettre, le rougissement de ses joues parlant pour elle. Regard détourné, elle prit la parole.
« Iyairaykere Shitekka... Ku e kusu ne yaikaobuki e koro habo, ciki e eishiramme. »
De nouveau, la traqueuse hocha de la tête en fermant les yeux, l'air serin arborant son minois. Que cela pouvait être agréable, d'interagir aussi agréablement vec quelqu'un, elle avait presque oublié toutes les ondes néfastes qui l'avaient longuement entourées. Imekanu s'était levée en même temps que le demi-Kaguya, il devait faire une bonne tête de plus qu'elle, sa petite taille la poussait à relever son visage vers lui, son sourire toujours accroché à son faciès. Et lorsqu'elle attendait une réponse pour l'origine de ses balafres dessinées sur sa peau, une chose étrange arriva. Ses épaules, qui bougeaient doucement, au rythme de sa respiration, bougeaient plus rapidement, comme si sa respiration s'était anormalement accélérée. Ce qui la frappa le plus, c'était le regard porté à son attention, la faisant presque reculer d'un pas, tandis qu'une main se posait sur sa poitrine. Ce genre de phénomène qui créa un frisson parcourant son corps. Elle avait déjà vu ce genre de changement, cette lueur humaine dans ses pupilles dorées, qui avait disparu pour faire place à des iris bien plus perçants et aux aguets, comme si, c'était un animal qui avait possédé son corps durant quelques secondes, comme les globes des hiboux qui perçaient les ténèbres de la nuit. Inquiète, se rappelant de ce qu'elle avait vécu auprès de son père, Imekanu se rapprocha doucement, avant de tendre son bras et de poser une main délicate sur sa joue, comme pour lui rappeler qu'il était là, avec elle, sur terre.
« Shitekka ? E=iwanke ya? »
Un mauvais esprit ? De ce qu'elle avait connu, cela ne ressemblait pas à cela, Imekanu n'avait rien ressentis d'étrange, outre ce frisson qui était apparu lorsque le regard de Shitekka avait changé. Si des brides de possession étaient similaires à ce qu'elle avait vécu avec son paternel, quelques éléments différaient, déjà parce que le jeune homme semblait conscient de ce qu'il passait, alors que son père lui, entrait dans des transes intenses pouvaient devenir même effrayantes. En tout cas, tout cela l'intriguait. Et une chose était certaine.
« Cikap-kamuy, te ta an, oshike e. Ku=nukar. Shiroma asinno ? Tanpe neno an pe kanna kanna an pe an ? Koro hampe e=tunankar wen kamuy. Tane, e somo uneno an tanpe. »

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Mar 8 Oct 2019 - 23:33
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Jamais l'enfant de Saroruncasi n'avait expérimenté pareille sensation. Cette soudaine crise, imprévisible, le posséda sans résistance aucune. Ses sens furent si exaltés que ce changement brutal le déstabilisa. Sa vue si perçante lui donnait des nausées et des vertiges. Assailli de multiples bruits autour de lui, ces mêmes vertiges s'intensifièrent. Précédemment, il ne distinguait que la maigre brise soufflant entre les feuillages, ainsi que le crépitement du feu à proximité d'Imekanu. Voilà à présent qu'il entendant le craquement des branches au gré du vent, le battement des ailes des oiseaux se posant dans leurs nids, jusqu'aux pas d'un rongeur qui se baladait dans les alentours. Ce qui au prime abord s'apparentait au calme de la nature se transforma subitement en une cacophonie sylvestre que Shitekka ne saurait supporter.

Certains, au final, auraient appelé ce phénomène un don. Mais mal exploité, ce don devenait une malédiction. Peu à peu, le Kaguya se couvrit les oreilles, essaya d'ajuster sa vue avant d'abandonner les paupières closes. Son pouls. Sa respiration. Tout allait si vite. Bien trop vite pour lui. Apeuré par cet état incontrôlable, il fut presque incapable de sentir la douce attention d'Imekanu portée sur sa joue. De nature paranoïaque, cette crise stimulait toutes les idées les plus morbides du Kaguya.

« Ku shomo kiri… ku shomo kiri… »
La confusion accablait l'enfant de Saroruncasi. Accusant la présence d'un wen kamuy gangrénant son ramat, le balafré témoignait d'un profond sentiment d'insécurité. L'expérience de sa grand-mère, alors shamane, n'y changeait rien. Quand bien même il avait vu sa huci entrer en transe, en communion avec les esprits, cela n'y changeait rien. Shitekka avait peur.

Et puis, il y avait Imekanu.
Alors que le héros de Mizu no kuni succombait à ses angoisses, la jeune kunoichi en devenir ne baissait pas les bras. Sa main toujours posée sur la joue de son compatriote, elle essayait tant bien que mal de le rassurer. Elle chercha les bons mots, ceux qui trouvèrent le chemin des oreilles bouchées de Shitekka. Elle allait à l'essentiel, mais le fait d'entendre ces explications de la bouche d'une seconde personne rassurait le Kaguya. Son souffle s'intensifia un instant, avant de décélérer progressivement. Il conserva les yeux fermés, alors que sa respiration devint profonde. Il se calmait. Presque.

« Kotan-kor-kamuy ? Nep-gusu… he an ? »
La surprise prit le pas sur la crainte. Le gardien du kotan en personne, posséder l'esprit de Shitekka ? Cette idée lui paraissait invraisemblable. Cikap-kamuy était considéré comme une déité majeure dans le panthéon animiste urumi. Il était le gardien des terres, du kotan, en s'incarnant sous les traits du hibou. Sa puissance côtoyait celle de Kimun-kamuy, le dieu des montagnes se matérialisant sous la forme de l'ours. Pour le balafré, il paraissait impossible qu'une telle entité se manifeste à ses côtés. Il n'en était pas digne. Et n'avait aucune raison d'attirer la sympathie du gardien.

À défaut de pouvoir comprendre, il réalisa l'aide précieuse de son alliée Imekanu. En reprenant ses esprits, l'aborigène ressentit la chaleur bienveillante de la paume de la demoiselle apposée sur son visage. Paradoxalement, elle était celle qui déclencha et interrompit cette crise. Sa présence chaleureuse au sein de ce sanctuaire urumi invita Shitekka à plonger dans ses souvenirs de Saroruncasi. Son sourire, sa voix, sa silhouette… Imekanu cristallisait la pièce manquante pour que le balafré retrouve son chez-lui. Et ce fut certainement en se sentant au plus près de chez lui, aux côtés d'Imekanu, que l'enfant de Saroruncasi entra en symbiose avec cette force qui le dépassait encore, à la manière des shamans de son peuple.

Il ne sut comment réagir, mais s'efforça de porter son regard vers la kunoichi pour progressivement révéler son œillade dorée. Son acuité visuelle, encore troublée, s'apaisa lentement avant de revenir à la normale.

« Iyairaykere, Imekanu. Ke ramu… E shine ikinne toki. Ku… ku oshike en airu. Nekon a a-kara kunip ne ? Ku Kotan-kor-kamuy uweraye… ku chihaye. »
Malgré la fin de cette crise aussi intense que brève, le Kaguya se remettait péniblement de cet instant. La main d'Imekanu continuait de toucher délicatement sa joue. Sa dextre vint appuyer celle de la chasseresse, avec autant de douceur, et timidement, l'enserra avant de la retirer. Shitekka n'était guère habitué à tant d'attention. Il ne savait pas comment se comporter face à tant de tendresse. Alors, en attendant que les derniers soubresauts de cette communion spirituelle s'apaisent pour de bon, il décida de plonger son regard dans les lueurs uniformes du foyer. Sa vision ne saurait lui jouer des tours face au flamboiement de la passerelle entre ce monde et celui de la kamuy-huci.



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