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Représente l'invisible [PV Fūka]

Kaguya Shitekka
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Dim 28 Juil 2019 - 0:34
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Shitekka avait cette fâcheuse tendance à se distinguer des autres, lorsqu'il se trouvait dans la bibliothèque de Kiri. Au sein de cet étroit dédale d'étagères et de piles d'ouvrages en tout genre, l'Urumi n'hésitait pas à se balader vêtu de son kaparamip aux motifs exotiques. En sa qualité d'aborigène, il contrastait durablement avec l'érudition qui se dégageait de ce lieu singulier. Pourtant, après des mois à suivre les enseignements de Nobuatsu Saji, l'ancien analphabète n'avait depuis par renoncé à la voie de la lecture. Les livres étaient un media fascinant, parfois plus fiables que la parole d'autrui pour se renseigner.

Pour cette raison, il n'était pas rare de voir le Kaguya de sang-mêlé fréquenter les bureaux mis à disposition dans les étages supérieurs de l'établissement de culture. L'expédition vers Wasure commençait à prendre forme, et Shitekka avait choisi d'assumer l'entièreté des préparatifs seul. La charge d'organiser le départ, ni vu ni connu, de la Brume, reposait entièrement sur les épaules du Kaguya. Ce dernier tenait à gérer cette affaire, au vu des risques qu'elle impliquait. Pourtant, quelques jours après sa réunion avec la Main de Kiri et son bras droit, le Chūnin au regard ambré n'avait toujours rien de préparé. Chaque nouvelle idée d'évasion se voyait rapidement annihilé par une autre alimentée par la paranoïa. Mis à part quelques rares personnes, l'Urumi n'accordait sa confiance à personne au sein de la Brume. L'ombre de Renzaburō et de ses complices s'étendait bien trop loin pour que Shitekka puisse en échapper facilement.

Shitekka espérait ainsi pouvoir trouver une réponse dans des ouvrages. Cela faisait maintenant quelques jours que le jeune homme consacrait ses matinées à du bouquinage, en quête de solutions. Fatalement, l'homme des bois se doutait bien que le village ninja disposait d'ouvrages permettant à n'importe qui de passer outre un système de sécurité développé pendant des années. Malgré tout, l'écorché décida une fois de plus de se lancer dans ses lectures. Il écuma diverses sections de la bibliothèque, se laissant porter par les kamuys habitant les pages en quête d'idées. Il inspecta erratiquement différents sujets, commença à empiler des livres sans réponse, jusqu'à soupirer comme il avait l'habitude.

Une fois de plus, Shitekka subsista sans plan d'action. Wutu-Fuku lui avait apporté sa connaissance du terrain, matérialisée sous la forme d'une carte du Pays Oublié. Sabaru disposait du pacte des salamandres, un outil de choix pour infiltrer la prison. Quant au balafré, il n'apportait que des suspicions, des doutes, des théories du complot, basées sur le simple témoignage d'une prétendue évadée de Wasure qui n'avait plus toute sa tête. Exaspéré de son incompétence, il laissa s'échapper un énième râle, avant de se faire réprimander d'un fort chuchotement pour lui rappeler la nature du lieu dans lequel il bouquinait.

Son cerveau commença à saturer sous l'afflux d'informations inutiles. Le Héros de Mizu décida alors de prendre une pause, s'étirant sur sa chaise jusqu'à se balancer en arrière. Ainsi tiré de ses murailles de livres entourant sa table, il remarqua la présence d'une voisine, alors occupée à dessiner. La curiosité incita le chasseur à jeter un bref coup d’œil sur le travail de la demoiselle sur sa droite. Et le silence qui régnait dans la petite allée l'invita à le briser.

« Ça représente quoi ? C'est plutôt joli. »
Sans parler d'une fibre artistique, le Kaguya accordait une grande importance aux représentations, et aux symboles. Son vêtement en était la preuve la plus flagrante. L'habile succession de moreu et d'aiushi, des motifs Urumi, traduisait un artisanat séculaire, transmis de génération en génération, et chargé d'une symbolique magique. Le ramat, cette énergie propre aux kamuys, habitait ce croquis, et à cet égard, Shitekka jugea pertinent d'y attacher un semblant d'importance, le temps de fuir un instant ses responsabilités.


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Dernière édition par Kaguya Shitekka le Mar 13 Aoû 2019 - 20:25, édité 1 fois
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Mar 13 Aoû 2019 - 13:27

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La bibliothèque. Ses grandes allées, ses rayonnages infinis d’informations, ses lecteurs, son silence. Il y a tout de bien, dans une bibliothèque. Fûka adore cet endroit. Il regorge de petites histoires à dessiner, ou simplement de visages divers qui lui inspirent quelques portraits. Ses pas la mènent souvent jusqu’ici, pour la laisser sur une chaise, ou un pouf. Elle ne bouge pas énormément, ne parle pas non plus, se concentre sur les traits qui animent les feuilles blanches. Véritable sanctuaire isolé de tout, la bibliothèque constitue pour l’apprentie policière un endroit où il n’y a plus aucun stress, plus aucune histoire d’entraînement ou d’enquête. Le silence y est devenu salvateur.

Assise sur un siège, en tailleur, Fûka fait danser ses crayons sur le papier immaculé. À l’origine vierge et morne, il s’éveille petit à petit pour raconter une nouvelle histoire, encore une, qui se figera lorsque les traits cesseront. L’imagination de la blonde s’étend, se dessine, apparaît peu à peu. Concentrée dans sa tâche, elle ne réalise pas directement que quelqu’un la regarde. L’observation des autres n’est plus quelque chose de choquant, de toute façon. Ce n’est même pas important. Ils sont nombreux à passer une tête par-dessus son épaule, pour avoir un meilleur angle sur le dessin. À force, Fûka a appris à faire abstraction de leur comportement intrusif.

Mais son observateur devient un interlocuteur. Sa voix caresse les oreilles de la Genin, pour la tirer doucement de ses songes. Elle lève la tête, l’observe.

Silence. Immobilité. Vide. Que ?

Un moment d’absence. Comme dirait l’autre, « un ange passe ». Fûka observe avec une attention toute nouvelle cette bouille apparue dans son champ de vision. Balafré. Son visage porte les stigmates de sa vie, sensées ou non, explicables ou non. Il est marqué. Sans s’en rendre compte, la blonde a lâché son crayon, qui retombe doucement contre les feuilles. Cette figure. Les paupières cessent de cligner. L’inconscient est pollué de cette nouvelle présence, qui l’obnubile entièrement. Qui est-ce ? Fûka ne l’a jamais vu. Plus que jamais, elle s’en serait souvenu. Là … Là c’est un inconnu. Et il est diablement intéressant.

Son esprit cesse la fixette, elle revient à elle. Les prunelles reprennent leur activité. La blonde inspire profondément, brusquement.

« Ah ! Excusez-moi. »

Fûka pique un fard. C’est terriblement gênant, d’un coup. Qu’est-ce qu’elle peut lui dire ? S’excuser ? Faire une blague ? Voyons un peu … Qu’est-ce qui est blanc, puis rouge, qui tourne très vite et qui en fout partout ? Non, non, pas ça. C’est bien trop glauque. Les pensées s’emmêlent. Une autre blague, vite, vite … Embarrassée, la blonde détourne le regard, jusqu’à revenir au dessin. Mais oui ! Le dessin ! C’est si facile, pourtant. Il suffit de parler de ça. Oui, voilà. Alors, qu’est-ce que ça représente, hein ?

« Un bébé dans un mixeur. »

Non, Fûka, non ! C’est pas ça ! Elle déglutit, comprend son erreur.

« Ah, pardon ! »

Les rougeurs feraient pâlir les plus rouges des fleurs. Il n’y a pas de teinte plus écarlate que son visage à ce moment-là. Fûka inspire profondément. Sa blondeur renforce sa bouille de tomate, jusqu’à ce que le calme revienne. Les prunelles glacées reprennent leurs droits, elles seules ont le droit de mettre de la couleur sur ce faciès.

« C’est une ville. Nous n’en avons pas des comme ça, ici, mais j’ai lu un livre qui parlait de ces grandes villes aux bâtiments gigantesques, avec des fenêtres partout et beaucoup de lumière. Alors … J’ai voulu reproduire l’idée que je m’en fais. »

La blonde redresse le carnet, pour dévoiler une cité aux gratte-ciels presque terrifiants de verticalité. Vertigineux, ils s’élèvent très haut dans le ciel sombre. Les lumières signalées par Fûka semblent être les nouvelles étoiles de ce monde silencieux. Une modernité qui l’intrigue autant qu’elle lui fait peur : et si leur monde devenait réellement comme celui qu’elle a imaginé, aux côtés de cet auteur ? À vrai dire, elle n’aimerait pas ça. Kiri est belle, avec sa brume et ses petites maisons. Il ne faudrait pas plus que cette architecture, selon la dessinatrice. Elle inspire profondément. Son calme est revenu.

« J’aime beaucoup l’idée de donner un visuel à des histoires. C’est plus simple pour ceux qui ne savent pas lire, ou pour les enfants. Une image parle souvent plus que des mots. »

Un sourire. Parler de dessin a le don de lui redonner toute sa confiance en elle. Fûka pourrait rester ainsi des heures durant, sans jamais se lasser.

« Oh, au fait. Désolée pour mon entrée en scène. Merci pour le compliment. J’m’appelle Fûka ! »

Un retour à la normale. Ou presque. En tous les cas, une belle tentative de se dépêtrer de son étrange situation. Elle espère que ça suffira.

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Mar 13 Aoû 2019 - 20:55
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Quand il s'agissait de lire les émotions de ses adversaires autour d'une table de mahjong, l'Urumi était dans son élément. Surtout lorsque l'enjeu s'avérait suffisamment intéressant pour le pousser à faire usage d'autant de ruse et de compétences mentales que possible. Mais dans cette bibliothèque où les interminables allées étroites d'étagères l'oppressaient comme une ville miniature, Shitekka peinait à comprendre l'embarras de son interlocutrice. Le premier contact avec elle eut pour effet de la perdre dans ses pensées, ou plutôt de l'en priver totalement. Impossible pour le balafré de trancher. L'artiste, à l'aise avec un crayon, paraissait en revanche désorientée à l'oral. L'aborigène releva cette incohérence, enfin, celle à sa portée.
« Un mixeur ? C'est quoi ? »
La culture de l'Urumi sur le grand monde ayant ses limites, il s'arrêta sur ce mot qui lui était inconnu plutôt que de constater la gêne que subissait actuellement la blondinette. Puis, après la surchauffe mentale, vint le calme. En pleine possession de ses moyens, la dessinatrice détailla son œuvre : une esquisse urbaine. Pour le Kaguya de sang-mêlé, plus adepte des représentations de l'harmonie entre la faune, la flore et les hommes, ce dessin revêtit un nouveau sens. Lui voyait des arbres s'étendre par-delà la feuille, ne laissant que des troncs de graphite sans cime. Et des lumières, il distinguait leurs fruits, dans un panorama presque lyrique.

La demoiselle révéla de nouveaux croquis, plus impressionnants, plus saisissants encore que le premier. Plus de place au doute et à l'interprétation personnelle de l'enfant des bois, cette fois-ci. Impossible dorénavant de travestir cette réalité urbaine à travers le prisme de la nostalgie. La sylve était bien de béton, et s'étendait à en devenir étouffante, gigantesque. Le démon de l'Eau aurait pu jalouser les proportions imposantes de cette mégastructure, qui manquaient de donner le vertige à Shitekka. La cité de la Brume continuait encore aujourd'hui de déstabiliser l'amoureux de la nature. Ces mondes citadins de papier, eux, éveillaient davantage ce malaise de la ville qui oppressait l'Urumi.

Malgré cette aura monumentale qui se dégageait de ces esquisses, le Chūnin admettait le talent de la dessinatrice. L'ambiance s'apaisa lorsqu'elle souligna qu'une image vaut mille mots, surtout pour ceux qui ne savaient pas (encore) lire. Pour Shitekka, qui avait appris l'art de l'écriture auprès d'un muet quelques mois plus tôt, cette situation lui arracha un sourire.

« Je comprends mieux à présent pourquoi ces dessins me parlent… Je m'y connais pas, mais tu as du talent, c'est certain. »
Simple appréciation de la part d'un Urumi qui découvrait chaque jour un peu plus la culture Yuukanjin. Entre temps, la demoiselle s'était présentée, tout en s'excusant pour sa maladresse. Shitekka, lui, ne retint finalement que le nom de Fūka.
« Moi, c'est … Shitekka. Tu viens souvent ici ? »
Pour une fois, il hésita à affirmer son appartenance à la horde d'ivoire, avant de se rappeler de la raison de sa venue ici. Plus qu'un simple moyen d'échapper un instant à ses responsabilités d'organisateur de mission clandestine à Wasure, l'Urumi cherchait à satisfaire sa curiosité. Après tout, il ne l'avait jamais encore vue en ces lieux, où un lecteur assidu se confondait aisément avec la masse inanimée de livres et de rayons.

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Jeu 22 Aoû 2019 - 12:20

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L’innocence du jeune homme aurait amusé Fûka, si elle ne s’était pas trouvée dans une telle situation. Pour éviter le malaise, sa technique est imparable, exceptionnelle, sans faille. Une compétence développée au fil du temps, conséquence de sa maladresse et de sa spontanéité. Son nom ? Le repli stratégique. Quand plus rien ne va, quand une bourde a été lancée, quand il y a ce petit blanc suivi par une incompréhension, il n’y a pas de meilleure stratégie. Tout planquer derrière le canapé, il n’y a que ça de vrai. Voici donc Fûka, qui laisse passer la question sur le mixeur, sans s’en soucier. Elle a existé, elle existe, mais elle n’existera plus d’ici quelques secondes. Tic, tac, tic, tac. Disparue. Et la conversation continue.

Les échanges sont bien plus naturels, moins forcés, moins étranges. La blonde troque son nez rouge et son maquillage pour arborer un costume d’artiste. Elle se sent beaucoup mieux. Ses explications lui permettent de reprendre le contrôle, bien qu’elle sache pertinemment que le visage de son interlocuteur n’a pas fini de lui jouer des tours. Toutes ces marques sur sa peau, ces stigmates inconnus qui lui sautent aux yeux, Fûka n’est pas prête de les oublier, ni même de cesser de les observer. Il y a du mystère qui en émane, un de ceux qu’on n’oublie jamais, qu’on veut absolument élucider. Difficile pour la dessinatrice de rester insensible à de tels signes, à vrai dire. Ils se gravent dans sa mémoire, aux côtés de tous ces autres visages qu’elle doit encore dessiner.

Le jeune homme, désormais spectateur des œuvres de la petite blonde, avoue lui trouver du talent. Plus encore, il l’indique comme une vérité générale. Elle a du talent, c’est une certitude. Un sourire, des rougeurs. Fûka est honorée. Doucement, elle repose le carnet sur le bureau, à côté de son crayon. Les amateurs sont souvent les plus séduits par les esquisses de la blonde, mais là … Il y a quelque chose en plus. Peut-être parce qu’il s’agit d’une œuvre qui diffère de toutes celles qu’elle a l’habitude de réaliser ? Contrairement aux portraits, ou aux paysages connus, il s’agit ici d’un travail tiré de son imagination, couplée à celle d’un auteur que peu connaissent. Les lecteurs, à Kiri, sont si peu nombreux, qu’il est presque impossible qu’un écrivain se fasse une place dans ce monde. Qu’il ait réussi à se trouver dans une bibliothèque relève presque du miracle, qu’il existe des librairies encore plus. Alors, quand Shitekka, car tel est son nom, lui dit qu’elle a du talent, Fûka est d’autant plus touchée.

La conversation dérive sur la bibliothèque elle-même. Le sourire sur les lèvres de la blonde s’affirme, passant de la timide mimique au croissant de lune.

« Je viens assez souvent, oui. Y a toujours quelqu’un, ou quelque chose à dessiner. Et puis … C’est calme, ici. »

Elle hausse les épaules.

« Je peux dessiner partout, évidemment, mais … J’sais pas. Ici, c’est mieux. »

Le petit monde de Fûka. Là où il n’existe que des papeteries, des librairies et des bibliothèques. Ça aurait pu rester aussi simple, évidemment, mais la blonde a décidé d’incorporer à cette recette un soupçon de danger. La vie de ninja se mélange au reste et crée quelque chose d’hybride, qui oscille entre les dessins et la bagarre. Ce n’est pas plus mal, au fond, mais la Genin a toujours ses vieux travers … Comme traîner à la bibliothèque pendant des jours.

« Contrairement à dehors, ici, les histoires sont parfois plus poussées. J’veux dire, c’est plus simple d’écrire des pages entières de description, alors que si quelqu’un, dans la rue, commence à vous parler d’une ville en donnant le moindre de ses détails … ça devient vite chiant. J’aime bien ça, pour ma part, mais j’suis p’têt’ un peu bizarre. »

Rire enfantin. Fûka est une dessinatrice, les détails comptent plus que le reste, pour elle. Cela ne l’empêche pas de comprendre qu’une autre personne puisse trouver ça lourd, ceci dit. Elle hausse les épaules. Ses prunelles turquoises viennent chercher celles de son interlocuteur, en faisant bien attention à ne pas se perdre une nouvelle fois sur ses cicatrices.

« Et toi, tu viens souvent ici ? »

Un autre rat de bibliothèque ? Ou une âme légèrement perdue, qui se fond dans le décor ? Shitekka peut être tout et n’importe quoi. Fûka ne parvient pas encore à le cerner. Alors elle l’observe et, surtout, elle pose ses questions. Parce qu’il n’y a probablement pas de meilleur moyen de connaître quelqu’un.

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Lun 2 Sep 2019 - 12:55
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Il avait laissé sa curiosité s'exprimer alors qu'il mettait entre parenthèses ses plans d'infiltration sur Wasure. Il avait besoin de se changer les idées, et les courbes charbonneuses sur ces étendues de papier faisaient parfaitement l'affaire pour oublier la difficulté de sa tâche. Le voilà à présent qui se présentait, prenant maladroitement soin d'omettre ses origines claniques et d'engager la conversation. Il souhaitait en apprendre plus sur elle, la dénommée Fūka l'invita alors dans son microcosme. Un univers de tranquillité, retranché entre les allées de cette bibliothèque. Loin des masses populaires, grouillantes et bruyantes dans la Brume, la dessinatrice se sentait plus capable d'exprimer son art graphique. Elle puisait alors dans un matériel d'inspiration quasi-inépuisable : l'imaginaire des livres. Son petit monde devenait alors le centre d'une toile qu'elle tissait pour le relier à d'autres mondes fictifs, parfois réels, et qui agrandissait alors l'étendue de ses œuvres.

Toutes ces considérations étaient loin de celles du Kaguya. Bien qu'il partageait une certaine fibre artistique, lui permettant de promouvoir de manière ostentatoire la culture de son peuple, il ne ressentait pas le besoin de s'attarder plus loin dans l'art. Il l'admettait lui-même: Shitekka était une personne purement intéressé. Son existence au sein de Kiri relevait uniquement de la tâche ardue de soigner sa mère. Son quotidien, dès lors, s'articulait autour de ce noble dessein, en plus de répondre à ses devoirs militaires et religieux. Pour autant, cela ne l'empêchait pas de rester admiratif envers une sculpture, un dessin ou bien un chant. Il y voyait là une preuve de l'harmonie de la nature avec les hommes. La Nature produisait des œuvres à ses manières, des montagnes majestueuses jusqu'aux mers paradisiaques. Saroruncasi ne manquait pas d'exemple. Il paraissait de ce fait normal pour l'Homme de copier la Nature et de générer à son tour des œuvres qui fassent jeu égal avec le monde.

Néanmoins, malgré sa sympathie envers l'art, il était une opinion que Shitekka ne partageait pas. En tant qu'Urumi, il avait toute sa vie grandi sans écriture, sans alphabet. La lecture était un concept abstrait, exclusif aux sisams, comme il se plaisait à les appeler. Seuls les yukars et les oinas se rapprochaient d'un concept de "littérature orale" glorifiée à travers les âges et les vénérables qui les transmettaient au village. Après avoir appris à lire et écrire auprès de Nobuatsu Saji, Shitekka avait découvert les livres. De précieux alliés, soumis au regard du lecteur, mais dont le monde de papier et d'encre qu'ils renfermaient possédait quelque chose de froid et inerte à ses yeux. L'Urumi n'avait aucune raison d'offenser Fūka. Il partagea alors son ressenti sous le prisme de la littérature orale, afin de lui démontrer la richesse et la beauté du discours.

« Je n'ai pas trop pour habitude de côtoyer les foules à Kiri, alors j'aurais du mal à imaginer ce que vaut la parole des passants. Mais de là où je viens, sur l'île de Saroruncasi, j'ai vécu avec une autre langue, sans écriture ni lecture. Au kotan, j'ai grandi au gré des récits des anciens, les oinas et les yukars. Ce n'est pas qu'une simple histoire. »
La nostalgie le fit chanceler dans son intonation. Il marqua une courte pause, avant de se ressaisir.
« Ces textes sont sacrés pour nous. Ils sont chargés de l'histoire de notre peuple, de notre île, de la nature avec laquelle nous vivons. Il y a … quelque chose de chaleureux dans ces récits. Quelque chose… de vivant, et plus encore. Ça m'a toujours transporté, aussi loin que je me rappelle. Et peut-être que sans ça, je n'aurais pas été aussi réceptif à tes dessins aujourd'hui. »
Il prit une profonde inspiration, plongé dans ses souvenirs d'enfance. Comme toujours, dès lors qu'il s'agissait de parler de son peuple, Shitekka avait tendance à s'emballer, tant dans ses paroles qu'émotionnellement. Et dans ce monde régit par des symboles manuscrits, il regrettait en ce moment même de ne pas pouvoir échanger de lettres avec ses proches.

Quand Fūka lui renvoya sa question sur l'origine de sa venue, l'aborigène posa sa main droite sur le rebord de la table pour prendre appui. Il s'était suffisamment confié à cette inconnue pour ne pas aller plus loin et dévoiler ses ambitions sur le Pays Oublié. Si précédemment, il n'hésitait pas à partir dans de vastes explications - au grand dam de la dessinatrice, l'Urumi se limita cette fois à l'essentiel.

« Je suis venu ici car j'ai besoin de quelques informations importantes en ce moment. J'ai pas beaucoup de place chez moi, alors ça m'arrive de venir ici de temps en temps pour lire. »
Et par lire, Shitekka voulait dire qu'il était prêt à faire quelques nuits blanches pour se préparer. La faute à un perfectionnisme exacerbé par son nindō, et un analphabétisme affectant encore son niveau de lecture, dès lors que de nouveaux mots surgissaient d'entre les pages. Tout ceci lui rappela qu'à l'exception d'un ouvrage, aucun livre ne mentionnait à Kiri le peuple Urumi. En surprenant Fūka examiner ses balafres et ses habits, il s'approcha de l'artiste pour s'ôter d'un doute :
« Je n'ai pas vu de motifs comme ceux de mon kaparamip ici, je me trompe ? Ça, c'est un moreu, et ça, c'est un aiushi. C'est un peu la base des symboles utilisés pour décorer nos vêtements, expliquait-il, alors que son doigt désignait successivement des spirales et des épines ornant sa veste. »

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