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Le meilleur compagnon du soldat

Nobusada
Nobusada

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Ven 9 Aoû 2019 - 16:41
Le meilleur compagnon du soldat Xvrr
Kumogakure


Spectre sordide, diable parmi tous les diables, le prêcheur profane était là, pâle et élégant comme un diadème solitaire perdu sous la lumière de la lune. Le soir commençait à tomber sur sa coupe tandis qu’il arpentait les rues à peine endormies de Kumogakure, traînant derrière lui un cheval d’une blancheur aussi pure que celle dont il était l’hôte également. Le village avait retrouvé un peu de sa superbe depuis quelques semaines, après sa déchéance passagère suite à la lourdeur du glaive que le Teikoku avait fait tomber sur lui. Le coq de la foudre, s’il s’était retrouvé à nu par la colère d’un Yamanaka vengeur, commençait à retrouver son plumage en levant une patte agressive : rebelle, l’animal anticipait la grande révolution qui ferait de lui non plus la volaille domestiquée, mais le charognard émancipé, le grand roi de la basse cour.

La rébellion se mettait en branle et criait à la guerre, renforçant conséquemment la vigilance des soldats de l’Empereur.

Le pas tranquille du pontifiant négligeait pourtant tout de cette réalité tangible et électrique, foulant du talon une terre plus tranquille, une terre qui dépassait le stade de la matière pour épouser les courbes d’une philosophie religieuse sans doute abstraite mais infiniment plus grande que les sottises qu’il associait à ce courant de mercenaires kumojins en devenir. Le spirituel balayait de son âme le péché de vanité par la piété de sa confession. Il trouvait quelques nobles vertus à se débarrasser des scrupules de cette justice immorale, non constructive et surtout dangereuse pour ses commanditaires. Les rebelles… rien de tel pour engorger la cité dans plus de violence encore qu’elle n’en avait déjà subi.

Celui qui foulait la terre de sa propre méditation en vint néanmoins à être sorti de ses songes pour une sorte de sixième sens qui le mit en alerte. Un bruit. Un cliquetis. Un soupçon. Assez du reste pour que le génie du son ne l’entende, et ne pose son regard sur l’origine sur la douce mélodie que la lame instrumentalisait en frottant son étui. Fauve, son oeil vitreux et décoloré rencontra le regard de son nouvel interlocuteur, figeant sa rétine dans celle de son vis-à-vis. La nuit silencieuse laissa place au dialogue des deux vagabonds.


« Soldat, un instant. Je dois offrir ce cheval à un des Lieutenants de l’Empereur, mais je ne sais guère où trouver le prodigue individu. Pourriez-vous me guider ? »


Le cheval gratta le pavé de son sabot, tranquillement, sage comme un enfant dans les bras de sa mère. L’illustre prédicateur du Kôgen semblait le contaminer de toute sa sérénité. En serait-il de même pour cet étrange inconnu ?


HRP:
 
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Hoīruburijji Tsuyoshi
Hoīruburijji Tsuyoshi

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Ven 9 Aoû 2019 - 22:50
Le meilleur compagnon du soldat Signa310
J'avais rencontré Nobusada lors d'un coucher de Soleil magnifique. Cette première entrevue, pleine de grâce, avait été sublimée par la couleur cuivrée de l'orbe qui s'éteignait.



La lune commençait à poindre alors que le Soleil, lui, cet astre sublime que je vénérais s'effaçait doucement du paysage, emportant avec lui cette chaleur qui apaisait ma peau, une douceur de miel caressant ma pulpe avec tendresse alors que j'arpentais les quartiers déserts de Kumo. Certaines rencontres récentes avaient illuminées mon séjour dans ce village, désert par cette sombre période qu'était la nuit, alors je sifflais un air cristallin en arpentant les chemins tortueux qui me mènerait à mon objectif de la soirée : trouver un joueur de shōgi. Il devait se trouver sans nul doute une personne dans cette contrée orageuse qui profiterait de la douceur du soir, douceur dont je me serais bien passé d'ailleurs, pour entreprendre une partie à la faveur du silence et de la sérénité que transmettait cette contrée.

Au détour d'une ruelle, je cru entendre des sabots trottants avec une cadence mesurée sur le pavé. Quelle ne fut pas ma surprise de tomber effectivement sur une magnifique bête nacrée, accompagnée d'un homme qui dégageait une bénignité féroce. Son calme rendait le cheval docile comme une biche dressée à faire la pose, aussi je ne ressentis pas le besoin de maintenir mes lames bloquées pour empêcher leur enlacement éclatant d'effrayer le pauvre animal.

Il m'interpella afin de me demander la localisation d'un officier de l'Empire. Par chance, c'était sûrement mon supérieur actuel. Malgré sa stature affable, il paraissait très impoli.

" - Bonsoir, lui dis-je alors en insistant sur le "B", je connais sûrement la personne que vous recherchez. Néanmoins, pourrais-je savoir votre nom, je vous prie, avant de vous indiquer le chemin ? Lui réclamais-je, non sans relever un sourcil de questionnement, ce n'était pas forcément par la nécessité qu'il avait d'amener une créature pareille ici, le combat se faisant le plus souvent à pied, mais tout autre.

- Vos yeux. Vos yeux, malgré leur nuance d'albâtre, sont teintés d'un voile. Quelle est leur histoire ? Fut la dernière question que je lui posais, tandis que mon regard était dissimulé sous le sombre verre de mes lunettes, l'éclat sans pareil du tableau qui se dessinait devant moi agissant comme une lumière vive, pénétrante et agressive, m'obligeant à contracter un rictus sous le nez et jouxtant la lèvre, une désagréable sensation qui frappait avec frénésie mon visage, faisant onduler ma fine moustache ambrée.

Qui était donc cet homme ? Était-il aussi noble qu'il le paraissait ?
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Nobusada
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Sam 10 Aoû 2019 - 23:31
Le meilleur compagnon du soldat Xvrr
Kumogakure


Chrysalide. Si à certains égard la conversation devait se résumer à un simple échange de courtoisie, troquant une information contre une autre, elle s’enlisa néanmoins dans son cocon. Le samurai, par sa réaction, montra sa carapace : visiblement imperméable à la sagesse du prédicateur, il replaça les bases d’une conversation plus profonde, avec le doute pour unique souverain.

Guère physionomiste, Nobusada sût néanmoins interpréter le haussement de sourcil de son interlocuteur comme la manifestation d’une réticence à lui livrer ce qu’il voulait entendre, l’exhortant au passage à se révéler dans toute sa vérité. Néanmoins, le prêtre était un fantôme impénétrable, un sage chimérique s’évanouissant dans l’air. Un songe passant par là.

Il joignit ses mains en signe de prière, pinçant les rennes du canasson entre son pouce et sa paume. Religieusement, il s’inclina, humble et fidèle, moine itinérant dans le soir. Closant ses paupières pâles, il se figura que le verre des lunettes de ce soldat le rendait encore plus impénétrable que lui. Sentinelle nocturne, guetteur dans l’ombre.


« Je vous prie de m’excuser pour cette offense. Je me nomme Nobusada, soldat du Teikoku, fidèle du Kôgen. »


Déclara-t-il en ouvrant les yeux pour analyser un peu plus le rigide inconnu, montrant ses iris délavées, perles blanches brillant dans les ténèbres. Il souleva, derechef, une question qui s’échappa des lèvres de son interlocuteur. Curieuse interrogation qui l’obligea à accuser un moment de réflexion.

Plus que les mots, c’était toutefois l’échange visuel qui était intense.


« Sans vouloir vous paraître impertinent, soldat, ma piété m’interdit de tirer gloire de mon passé. Aussi ne saurais-je vous conter mes péripéties, si palpitantes soient-elles. Je puis néanmoins vous affirmer que je suis un combattant, tout comme vous semblez l’être, et que j’ai juré fidélité à l’Empereur, devant la Source Lumineuse que j’honore. Qu’est-ce donc qui déclenche de tels préjugés de votre part sur ma personne ? »


A l’état de stase, le dialogue n’était pas encore rompu. Tant qu’il n’était pas déchiré par la colère ou une quelconque forme de procès, le spirituel avait encore espoir de pouvoir négocier la tranquillité de son pèlerinage.
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Hoīruburijji Tsuyoshi
Hoīruburijji Tsuyoshi

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Dim 11 Aoû 2019 - 17:51
Le meilleur compagnon du soldat Signa310
Le Soleil me manquait. J'avais froid constamment et cette entrevue n'avait rien d'une chaude couverture.




Cet homme pâle incarnait la sérénité dans son état le plus pur, tout ce qui s'en dégageait était doux comme le coton, mais à la place d'une température réconfortante, je sentais un froid glacial s'emparer de moi. Là où d'autres calmeraient leurs ardeurs et se sentiraient confortablement installés, personnellement je sentais mes cheveux perdant de leur éclat et mes bras s'engourdir.

Il faisait un signe de prière dans un but que je ne connaissais pas, mais j'appréciais néanmoins sa rigueur religieuse. Fermant les yeux, il s'excusa et se présenta, ce qui lui valut mon approbation d'un signe de tête. Je lui répondais en jouant avec le manche de mon katana. Il parlait également d'une source lumineuse.

" - Mon nom, à moi, est Hoīruburijji Tsuyoshi. Je suis enchanté. Si vous êtes un soldat du Teikoku, comme moi, je serais ravi de vous mener à l'officier. S'il n'est pas le sujet de vos recherches, il pourra sans doute vous indiquer qui est le destinataire. Lui dis-je en lui indiquant d'avancer en affichant un bref sourire.

- J'ai entendu que vous parliez d'honorer une source lumineuse. Quelle est-elle ? Est-ce le soleil ? La question m'intriguait vraiment, si cet astre que je vénérais était aussi quelque chose de plaisant pour cet homme, nous pourrions peut-être trouver une base sur laquelle construire une relation amicale. Nous pourrions en parler sur le chemin, qu'en dites-vous ?"
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Nobusada
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Mar 13 Aoû 2019 - 20:19
Le meilleur compagnon du soldat Xvrr
Kumogakure


Une fois les présentations faites, la situation se tempéra d'elle-même. Ne fallait-il que cela pour conquérir le coeur d'amadou du samouraï ? Le moine mercenaire avisa que non, et que l'apparente courtoisie de son interlocuteur ne devait pas lui permettre de baisser sa garde. Vigilance de tous les instants. Le démon savait prendre gare aux leurres. Néanmoins, puisque l'invitation était faite, il s'avança, le bruit des sabots rythmant celui de ses propres pas, comme une mélodie sucrée. La légèreté du guerrier d'albâtre contrastait extraordinairement avec son gabarit, lui qui malgré sa grande taille semblait danser en marchant. S'il avait marché sur des oeufs, sans doute n'en aurait-il brisé aucun.

Il suivit son guide sur le pavé grisâtre, souple et tranquille, surveillant par quelques coups d'yeux jetés par dessus l'épaule que le canasson parvenait à suivre la cadence, si lente fut-elle, et ne s'inquiétait pas de quelconques dangers qui, pour un si craintif animal, pouvaient aisément provoquer la panique.

Au bout de quelques mètres à peine, il commença à formuler une réponse pour la question subsidiaire du samouraï aux verres obscurs.


« Merci de sacrifier votre temps pour moi. »


Etait-ce réellement un sacrifice ou une volonté de garder un oeil sur le prêtre ? Rien n'assurait à Nobusada que ce Tsuyoshi rencontré par hasard ne veuille, à l'aune d'une fausse charité patriotique, s'assurer que l'étranger ne fusse point un des rebelles qui menaçaient l'Empire. D'une certaine façon, il était dans son droit.

« Votre intérêt pour le Kôgen me surprend, soldat, mais je félicite votre curiosité. Voyez-vous, ce que notre ordre considère comme la "Source Lumineuse" pourrait s'apparenter à certaines formes de déités, même si nous nous éloignons, dans une certaine mesure, de l'idée d'une personnification de l'entité immatériel qui visiblement dirige le monde. »


Il marqua une pause, tentant de rendre son dialogue plus digeste. Aborder son dieu n'était pas toujours chose aisée. Levant sa paume vers le ciel et regardant au creux d'elle, il poursuivit son explication.

« La croyance au Kôgen fonctionne comme une déduction. Pour vulgariser la chose, voici notre théorie : si le monde est tel qu'il est, c'est qu'il a été conçu pour être ce qu'il est. La complexité des choses et des espèces, l'harmonie splendide de ce monde si bien fait, ne peut être que le résultat d'une intention. Nous nions que les corps se construisent par hasard, que la matière s'assemble sans logique. Il existe forcément non pas quelqu'un, mais quelque chose qui règle tout cela. Quelque chose de spirituel sans doute. Nous associons cette vérité au Kôgen. Vous me suivez ? »
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