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Repos forcé

Sairyo Hiko
Sairyo Hiko

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Mar 13 Aoû 2019 - 19:01
Chambre 305
Une journée de l’été 203

Cinq jours. Cela faisait cinq longues journées qu’il était ici. Longues journées monotones rythmées par les visites régulières des infirmier(e)s, des médecins et des quelques quidams qui se trompaient de chambre. Cent vingt heures qu’il n’avait pas mis le nez dehors. Il aurait pu oui, mais le médecin s’était montré formel.

- Jouez les rebelles, et vous pourrez ne plus jamais être en état de mettre un pied devant l’autre.
Telles furent ses paroles. Choix de mots assez cocasse, vous en conviendrez.

Toujours étant qu’Hiko, d’habitude plutôt téméraire, avait compris le message. Le risque était trop grand, et l’enjeu pas si important. Malgré ses carences alimentaires et son teint blafard, il savait que le mieux à faire était de se cantonner à sa chambre d’hôpital… Quitte à s’ennuyer comme un rat mort. Mais au moins, cela lui donnait le temps de pouvoir réfléchir… Et ses pensées n’étaient dirigées que vers un seul souvenir… Ce moment qui l’avait entraîné à l’hôpital, cette confrontation fraternelle.

Sa mémoire n’était pas intacte sur ce qui s’était déroulé. Il se souvenait avoir été propulsé par l’une des attaques de Nobusada, et avoir fini sa course contre quelque chose de très solide. Le choc s’était déroulé au niveau du dos. Plusieurs vertèbres déplacées, une rééducation intensive à effectuer. Sans les miracles de l’Iroujutsu, notre jeune héros aurait sûrement fini tétraplégique à vie suite à ce choc. Et pour cela, il était plein de rancœur.

Envers son frère tout d’abord. Pourquoi s’acharnait-il ainsi ? Pourquoi tentait-il à chaque occasion de le faire souffrir ? Il parlait de vengeance, il parlait d’un père indigne… Et d’un enfant né du pêché. Tout ceci n’avait aucun sens dans l’esprit de notre jeune héros. Son père était un homme bien, il le savait parfaitement. Mais alors pourquoi s’acharnait-il autant ? Quelles étaient les raisons qui le poussaient à le haïr autant ? Hiko ne comprenait pas… Et il s’en fichait. Il voulait juste qu’il le laisse tranquille… Et pour tout cela, il lui en voulait.

Mais toute cette rancœur, il la dirigeait vers Nobusada car c’était la solution de facilité. Alors qu’en réalité, s’il y avait bien quelqu’un à qui il en voulait… C’était lui-même. Son manque de puissance flagrant avait quasiment causé la fin de sa vie de shinobi. Et tout ça pour quoi ? Pour un ego mal placé lui dictant de continuer à se battre face à plus fort que soi ? Tout ça pour se prouver à lui-même qu’il était aussi capable de techniques impressionnantes ? Ce comportement le dégoûtait, lui donnait la nausée.

Il n’avait pas réalisé qu’il aurait pu tout perdre. Tout allait si vite. Et s’il était tombé ce jour-là… Que ce serait-il passé ? Comment auraient réagi ses proches ? Que serait-il advenu de la Rébellion ?! Il portait désormais le poids d’un peuple sur ses épaules, leurs espoirs comme leurs craintes. Et cette position, il l’avait choisie. Il s’était lui-même positionné comme « La Chouette », il devait en assumer les conséquences. Et être aussi faible et inconscient n’était sûrement pas un bon moyen de le faire. Il le réalisait désormais, il avait agi comme un idiot.

- Toi…
La chaise roulante sur laquelle il était assis pivota alors d’un habile mouvement de la dextre pour s’orienter face à la porte d’entrée de la chambre. Et dans l’encadrement de cette dernière se trouvait la raison de son hospitalisation et de sa semaine de repos forcée… Son frère venait de rentrer, et quelque chose me disait que ce n’était pas pour lui apporter des fleurs.

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Shinrin Shinpachi
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Mer 11 Sep 2019 - 9:49
Un bruit de clochettes. Une étrange impression. Un sentiment sinistre. Malédiction. Présence fantôme. Aura mystique. En entrant dans la chambre 305, l’homme irradia cette dernière d’une atmosphère maléfique, tempête invisible qui se déchaînait au moindre regard partagé par les semblables. Tout à coup, les deux êtres pénétrèrent une autre dimension. Plus un bruit, plus un mouvement autour d’eux, ils étaient piégés dans une seconde réalité imbibée d’éternité, dans un monde qui s’élargissait sans fin, terre de l’esprit ne connaissant que des horizons toujours plus larges.

Leur colère réciproque avait comme un goût d’infini.

Ce n’était pas une illusion. Pas un de ces sortilèges infâmes dont le saint amphitryon du son avait le secret. C’était plus que ça. Le récital d’une longue incompréhension, d’une fraternité gisante et encore secouée de spasmes, tâtonnant dans le chaos en quête de réponses perdues.

Trois pas de velours, et le démon blanc approcha de son frère encore convalescent.

Sur son visage, de petits pansements épousaient la forme des entailles laissées par le cristal incisif de Hiko. Sous sa toge étincelante de lumière, si blanche qu’on aurait dit un diable déguisé en ange, de nombreux stigmates s’amusaient encore à conter le récit de leur pugilat. Mais en guérissant, les cicatrices commençaient à manquer de mémoire.

« Toujours aussi sauvage, comme accueil. »


L’ogre lunaire ne s’arrêta pas à cette seule mauvaise considération de son frère à son égard. Il n’était pas difficile de déterminer les raisons qui poussaient Hiko à le haïr. Cela participait sans doute à le rendre plus fort. C’était vraisemblablement à ce titre que le quidam l’avait, l’espace d’un instant, exposé à une situation très précaire, de laquelle il ne s’était sortie que par l’art de surpasser l’agressivité de son adversaire, sacrifiant au passage un peu de sa superbe.

« Ne te dérange pas pour moi. Je ne suis que de passage. Vois-tu, je viens prendre des nouvelles de mon jeune frère. »


En prononçant ces mots, il s’approcha de la table de chevet du protagoniste en question et y déposa un petite bougies ornées de motifs mystérieux, qu’il alluma paisiblement à l’aide d’une allumette. Il ne tourna même pas les yeux vers son compère, confiant dans son attitude.

« Puisse le Kôgen éclairer ta route et chasser les fléaux… on raconte que la lumière peut écarter la maladie et l’infection. Il serait regrettable que tu ne puisses te rétablir convenablement, Hiko. Nous avons encore beaucoup de travail à accomplir. »


Sa grande silhouette trônait, au-dessus de la table de chevet, comme une immense chauve-souris contemplant le feu. Il avait beau tourner le dos, Nobusada demeurait un être si nébuleux qu’il n’était pas sans doute pas envisageable de l’approcher.


HRP:
 
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Sairyo Hiko
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Jeu 12 Sep 2019 - 11:33
Cette aura était oppressante, imposante. Hiko ne comprenait pas ce qui se passait, posté sur sa chaise roulante. Il ne pouvait littéralement rien faire, se laissant bercer par toute la haine et l’esprit maléfique de son frère. Il ne s’attendait pas du tout à sa visite, préférant largement panser ses blessures dans son coin tout en ruminant sa défaite. Sans l’intervention d’une tierce personne… Il aurait sans doute terminé de l’autre côté du miroir… Comme on dit.
- Tu viens prendre de mes nouvelles ? Dois-je te rappeler que si je suis dans ce fauteuil aujourd’hui, c’est uniquement par ta faute ?!
Bien qu’il haïsse totalement son frère, il savait que ce n’était pas dans son intérêt de le provoquer ouvertement. Il n’était pas en état pour le faire, du moins pas aujourd’hui. Hiko devrait donc faire avec, et tolérer cette présence pourtant si désagréable dans l’intimité de sa chambre d’hôpital.

Alors qu’il inclinait son fauteuil roulant pour toujours garder en visuel son frère, ce dernier s’approcha de la table de chevet. Sur cette dernière, il plaça une bougie ornée de motifs qui semblaient mystiques. Le Sairyo se fit alors la réflexion que cela collait bien au personnage. Il ne connaissait que trop peu celui qui partageait une partie de son sang. Mais de ce qu’il avait pu en voir, le Mystérieux était lié d’une façon ou d’une autre à une sorte de folie… Et cette dernière semblait se matérialiser sous la forme d’un certain « Kôgen ».

- Je ne comprends rien à ce que tu dis. Qui est ce « Kôgen » dont tu parles ? Pourquoi utilises-tu inlassablement des paroles dont je ne peux saisir le sens ? Ne peux-tu donc pas t’exprimer de façon claire et limpide pour une fois ?
Hiko ne perdait pas patience, mais il souhaitait vraiment comprendre. Comprendre le sens de tout cela, comprendre pourquoi cet individu s’acharnait autant sur lui. Et puis, sa dernière phrase… Elle était lourde de sens et pourtant si mystérieuse. Des choses à accomplir ? Tous les deux ?

Cela lui arracha un rictus mauvais. Il ne ferait rien de concert avec cet individu. Du moins pas pour le moment. S’il croyait en l’existence de Némésis, Nobusada serait sûrement le sien. Et malgré ce que l’enfant pensait, les fils du destin de ces deux garçons étaient étroitement liés… Et un jour, ils se rejoindraient. Ce jour-là, ils devront faire un choix. Avancer ensembles, ou supprimer l’un des fils, tout simplement.

- Qu’est-ce que tu entends par travail à accomplir ? La seule chose qui a l’air de t’intéresser est de nous faire souffrir, ma famille et moi… Mais je ne comprends pas tes raisons ! Tu es et restes un vrai inconnu à mes yeux… !
Implacable vérité…

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Shinrin Shinpachi
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Sam 28 Sep 2019 - 11:04


Il continua d'errer dans la pièce tel un spectre blanc. Chaque parole de Hiko semblait être un hurlement pour le repousser vers une autre dimension, d'une certaine manière on aurait pu croire que Nobusada n'était somme toute qu'un mauvais cauchemar. Le fantôme de quelqu'un qui avait juré de hanter le convalescent. Peut-être le produit de sa propre imagination ?

L'emprunt des dieux était pourtant bien réel. Ses mains se lièrent sous sa toge, chaque doigt se nouant aux autres comme pour rassembler leurs forces. L'onirique shinobi aux tendances macabres invita le calme et la sérénité dans la chambre. Ses paupières se fermèrent, et par cette seule action il entra dans une autre réalité. Celle du son.

Chaque chose autour de lui devint assez clair pour qu'il puisse le deviner en écoutant. Le fauteuil de Hiko qui grinçait. Son coeur qui battait. Le vent qui s'engouffrait par la porte, et qui s'écrasait contre la fenêtre de l'autre côté. Le crépitement de la petite bougie qui gisait sur le chevet du blessé. Une poésie mélodieuse dont il était sans doute l'un des seuls à pouvoir se délecter.

« La question du Kôgen ne s'imposera pas à toi aujourd'hui. Mais puisque tu sembles déterminé à vouloir saisir le sens profond des choses... alors laisse-moi te faire la grande révélation. »


Il se tût. Le silence plana dans la pièce comme une atmosphère terriblement lourde. De celles qu'on peut vivre en s'attendant au pire. De celles où les battements du coeur sont si forts qu'ils sont capables de vous assourdir.

« Plus de trente ans auparavant, une femme vivait dans un village. Une femme de bonne famille, propre sur elle-même et aux courbes savoureuses, de celles qui brillent et qu'on admire sous la lune. Issue d'une famille très religieuse, elle fut tout le long de son évolution dans la vie guettée et guidée vers quelques formes de piété et de vertu ; elle aurait pu, tout aussi bien, terminer dans un couvent. Seulement, le diable est partout présent en ce monde pour réveiller les désirs. Elle tomba amoureuse d'un homme. »


Il jeta ses yeux par la fenêtre. Il semblait parfaitement insensible à ce qu'il disait, et pourtant, la phrase donna l'impression de le faire tiquer. Un peu comme s'il n'acceptait pas cela.

« Profanant les règles imposées, entichée et tout émerveillée qu'elle était, elle fut l'autel de sa propre punition. Les semaines passants, son ventre devint de plus en plus rond. Elle tenta bien de le cacher, mais un jour il fallut que la vérité éclate : de ce bébé qui s'était invité dans ses entrailles, elle ne pourrait plus jamais se débarrasser. Elle fut châtiée et considérée comme une hérétique, au point de devoir quitter le village pour partir vivre dans les campagnes. Si le père avait été honnête homme, il l'aurait suivi mais... »


Il posa ses yeux glacés sur Hiko.

« ... c'était un ninja avide de sa propre personne. »


Il marqua un silence suite à cette déclaration sur le ton accusateur. Elle était lourde de sens. Sans doute que le cadet commençait à saisir.

« L'enfant bâtard né de ce blasphème dût grandir dans les champs et travailla dès son plus jeune âge. Naufragé sur cette planète avec la mère infidèle à sa foi, il dormît toute son enfance dans une sorte d'abri de jardin partagé avec une autre famille. Pour pouvoir être en position de payer ce toit, lui et sa mère ne cessèrent de labourer la terre, des années durant... jusqu'à ce que la tragédie ne s'abatte sur les terres. Lors d'une attaque de brigands, l'abri fut brûlé, et le village fut tout bonnement rasé. Sans trop savoir quoi faire, l'enfant courut, courut, courut... »


Sous sa toge, ses doigts tremblaient en se ressassant les évènements. Quelqu'un d'autre que lui aurait raconté ça en versant des sanglots. Mais lui, il s'était si profondément enlisé dans les sentiers du mal que ses chagrins avaient presque disparu.

« Cette course dura plusieurs années pendant lesquelles il tenta de trouver sa route. Aujourd'hui l'enfant est adulte. Il est l'aboutissement d'un long parcours ponctué d'embarras : sur tous les chemins qu'il a parcouru, il a laissé d'innombrables cadavres. Mais dis-moi, Hiko, que se serait-il passé si son père était resté ? »


Cette fois, quelque chose changea. Une colère féroce émanait de lui. Quelque chose qu'il avait du mal à contenir. Il délia ses mains pour pointer du doigt son jeune frère. Il aurait pu lui raconter tous ses déboires, toute sa vie de mercenaire. Mais cela l'aurait fait passer pour ce qu'il n'était pas : une victime. Il était tout l'inverse, au regard de la façon dont il avait affronté les choses. De son âme émanait une immense envie de vivre, et son tempérament était pugnace. Il ne se laissait jamais abattre.

« Peut-être aurait-il pu aider son premier bâtard. Mais non ! Il ignora tout de sa vie antérieure et la cacha même à son propre fils, auquel il donna le nom que tu portes aujourd'hui ! »


Sa voix finît par trahir ce qu'il cachait au fond de lui. Ces pulsions de vengeance, il ne pouvait les contenir. Pourtant, il fit l'effort de résister au désir d'assassiner cet enfant qui lui semblait tout aussi profane que lui.

« Cesse donc de croire que je m'en prends à ta famille. Que tu le veuilles ou non, j'en fais partie à présent. Et pour l'avenir encore bien plus. »


Il rassembla ses mains, comme s'il tirait un trait sur tout ce qu'il venait de dire.

« Je te laisse seul avec cette réalité. J'ai encore beaucoup à faire. Sache que je serais toujours là, quelque part. »


Sur ces mots, il quitta la pièce.
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