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Les brochettes de scorpion, plus jamais ! [solo]


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Lun 19 Aoû 2019 - 14:20
Quelques jours après notre arrivée à Kaze...

Je m'étais réveillé très tôt un matin, ne réussissant pas à me rendormir. Je n'avais dormi que quelques heures et pourtant, je pétais la forme. Sûrement à cause de la boisson bizarre de l'aïeule. Bref. Kyohei à côté, semblait dormir profondément, la bouche entrouverte. Trop mignon. J'aurais presque envie de l'embrasser.

Secouant la tête, je sortis précipitamment de notre tente commune. Heureusement, l'air était encore très frais à cette heure, ce qui me remit les idées en place. Et pour être bien sûr d'être refroidi à fond, j'allais plonger dans l'eau glacée de l'oasis qui jouxtait notre campement. Et pourtant, même dans l'eau gelée, je pensais encore à Kyohei. Non pas d'une façon érotique, mais je me posais plutôt des questions sur son état de santé mental. Il avait l'air plus en forme depuis que nous étions ici, mais est-ce que cela suffirait à le guérir ? Est-ce qu'il se sentait bien ici ? En tout cas, le clan n'avait pas lésiné sur l'hospitalité, particulièrement mes parents qui le traitaient comme un fils. Mieux que moi, même ! Mais je savais bien qu'ils étaient heureux et soulagés de me voir à la maison. Je n'avais pas encore osé leur dire que bientôt, nous devrions repartir.

Après ma toilette, j'étais revenu sur le campement pour m'habiller et trouver une occupation. Si je n'arrivais plus à dormir, autant mettre mon temps libre à profit. Mais le peu de personnes encore réveillées étaient ceux qui gardaient le camp et vu mes capacités en sensorialité, j'étais complètement inutile. Toutes les autres tâches étaient déjà distribuées. Cela faisait quelques jours que nous étions là et pourtant, nous étions encore traités en invités. Et ça me dérangeait.

Soudain, j'eus une idée fan-tas-tique. Toujours dans l'idée de changer les idées au Kawashima et de lui faire découvrir ma culture, pourquoi ne pas lui faire gouter les fameuses brochettes de scorpion grillé ? Mais le problème était bien de trouver des scorpions. Voilà qui allait m'occuper pour une bonne partie de la journée. Me dirigeant vers la tente de mes parents, j'essayais d'aller réveiller ma mère pour la prévenir de mon escapade.
« - M'man ! M'man ! » chuchotais-je.
Mais pas de réponse. Seulement des ronflements. Je me risquais un coup d'oeil à l'intérieur pour découvrir avec horreur que mon père n'avait pas changé ses bonnes habitudes : il dormait toujours à poil. Me focalisant sur le sol, je me glissais silencieusement du côté de ma mère pour la secouer.
« - Maman ! Je pars chercher des scorpions ! »
« - Mhmm, ouais, c'est ça... »
Bon. Au moins elle pouvait pas m'accuser d'avoir filé en douce.
Une fois dans le désert, je me mis en quête de l'ingrédient principal des brochettes de scorpion : les scorpions. Logique, pas vrai ? Mais malheureusement, j'avais beau retourner toutes les pierres, fouiller entre les racines, ma chasse n'était que très peu fructueuse, pour ne pas dire pas du tout. En même temps, j'avais sept ans la dernière fois que j'avais joué à ça, et ça c'était pas bien fini du tout : j'étais tombé dans un trou et n'arrivant pas à remonter, j'avais du attendre toute une journée que quelqu'un me trouve. Pas les plus beaux souvenirs d'enfance. Heureusement, suite à cette malheureuse expérience, je n'avais pas développé une phobie des trous.

M'enfonçant de plus en plus dans le désert, je tombais enfin sur ce que je cherchais : une grotte. Les plus gros scorpions appréciaient se cacher dans les endroits sombres et frais, j'avais donc de plus grandes chances de tomber sur une proie. Mais la grotte était de plus en plus étroite au fur et à mesure que j'avançais, au point que j'étais obligé d'avancer à quatre pattes. La lumière se raréfiait aussi. Mais au moment où j'étais en train de me dire qu'il fallait mieux que je recule, j'entendis un craquement. Mon sang se figea immédiatement et alors que le sol se dérobait sous mes pieds (ou plutôt, sous mes genoux), la seule chose à laquelle je pensais était "Oh non, pas encore !"

La dernière fois que j'étais tombé dans un trou ne remontait pourtant pas à si longtemps : lors de ma mission avec Ryû, j'étais aussi tombé dans un trou. C'en devenait presque une manie chez moi. Peut-être qu'inconsciemment, j'étais trouophile, et je ne pouvais pas m'empêcher de me diriger vers les endroits où le sol était instable, espérant ainsi tomber dans un précipice ?

Mais l'heure n'était pas à la réflexion philosophique sur mes goûts particuliers étant donné que j'étais vraiment en train de tomber dans le vide. J'essayais tant bien que mal de me raccrocher à quelque chose, mais mes ongles s'enfonçaient dans la terre sans trouver de prise. Les murs d'argile devenaient poussière entre mes doigts et je commençais à sérieusement flipper pour l'arrivée. Quelle était la solution la moins risquée ? Pas sur la tête, ça, c'était certain. La dernière fois, c'était à plat ventre, mais la chute avait duré beaucoup moins longtemps. Peut-être que je devais essayer de faire une roulade en arrivant, comme dans les mangas ? Je réfléchissais à toute allure et en voyant le sol se rapprocher dangereusement, j'optais pour la dernière solution.

Malheureusement, le plan ne se passa pas comme prévu et j'atterris plutôt lourdement. Je n'entendis aucun craquement mais mes deux chevilles me faisaient atrocement souffrir. Oui bien sûr, les deux, sinon c'est pas marrant.
[ Hé mon pote, t'es toujours là ? ]
J'étais sacrément sonné mais s'il fallait voir le bon côté des choses, les douleurs dans mes membres inférieurs me donnaient une raison pour ne pas tomber dans les pommes. Je fis l'inventaire mental de ce qui n'allait pas : de un, les chevilles. Peut-être cassées, mais je ne pensais pas, sûrement juste foulées. Je pouvais remercier mes années d'entraînement shinobi pour ça. Ensuite, les côtes. Peut-être quelques unes cassées aussi, ou en tout cas sérieusement contusionnées, comme tout le reste de mon corps. Mes mains étaient meurtries et j'avais un fort goût métallique dans la bouche. En gros, j'avais mal partout. Mais heureusement ma tête était intacte.

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Lun 19 Aoû 2019 - 14:21
J'ouvrais les yeux, essayant de m'habituer à l'obscurité pour voir où j'étais tombé. Et comme j'étais seul, je pouvais bien pousser des petits gémissements plaintifs.
« - Fils du désert... Fils du désert... »
Une poussée d'adrénaline s'empara de mon corps et de mon esprit. C'était très faible, mais j'étais sûr d'avoir entendu quelque chose. Je tournais la tête dans tous les sens pour tenter d'apercevoir quelque chose, mais c'était peine perdue à cause de l'obscurité.
« - Fils du désert... »
Les murmures continuaient comme une litanie. Pire encore : j'avais l'impression qu'ils se rapprochaient.
« - Euh... Malphas ? T'entends aussi ? »
[ Ouais, j'entends, et j'avoue que même moi ça me fait grave flipper. ]
Voilà qui était rassurant. Complètement paniqué, je malaxais mon chakra, prêt à riposter face à un éventuel danger. Mes yeux s'habituaient petit à petit à l'obscurité, mais je ne voyais toujours rien. Puis d'un coup, en même temps que les murmures, j'entendis un bruissement. Le vent qui passe dans la grotte, sûrement. Ou alors, une feuille de papier qui se froisse très très loin. Ou alors, des centaines de pattes qui foulent le sol poussiéreux.

Avec stupeur, je vis des dizaines de minuscules scorpions translucides, presque phosphorescents. Ils passaient de chaque côté de moi, me contournant sans me toucher, m'évitant. Autant dire qu'à ce moment-là, j'étais pé-tri-fié. J'avais même arrêté de respirer par peur qu'ils remarquent tout d'un coup ma présence. Ils venaient tous de la même direction, et allaient tous dans la même direction.
[ Toi qui voulait des scorpions, te voilà servi. ]
Mais les murmures étaient toujours là.
« - Le fils du désert... Le fils du désert... Il est là... »
Je réalisais que le son semblait provenir des scorpions et un nouveau frisson parcouru ma colonne vertébrale. Chaque centimètre carré de ma peau avait la chair de poule, et pas seulement à cause de la fraîcheur de la cave. Tournant très lentement la tête, j'essayais de distinguer où ils allaient, à défaut de ne pas voir d'où ils venaient. Peut-être vers la sortie ?
Mais je n'étais certainement pas préparé pour ce que j'allais voir. Devant moi se tenait un scorpion... immense. Il prenait toute la hauteur de la cave et inutile de dire que dans ma position actuelle, il me dominait de toute sa taille. Pire encore... je sentais son regard fixé sur moi. A ce moment-là, je me demandais sérieusement si j'étais pas déjà mort.

De toute ma vie, je n'avais jamais été autant terrorisé. Je n'avais bien entendu jamais été dans cette situation et je n'avais aucune idée de ce que je devais faire. Alors je fis la chose la plus stupide : m'excuser.
« - Pardon monsieur scorpion ! Je n'ai pas fait exprès de tomber chez vous, c'est complètement un accident ! Je suis désolé ! Terriblement désolé ! Ne me tuez pas s'il vous plaît ! »
« - C'est "madame". » me répondit une voix rauque mais pourtant féminine.

« - Oh, pardon madame ! Excusez-moi ! Attends... Quo-AAAAAAAAAAAAAAH ! »
Le scorpion géant venait de me répondre. Il m'avait parlé. C'était sûr maintenant, j'étais mort et j'étais allé tout droit en enfer.
« - Ne crie pas, fils du désert, tu vas effrayer mes petits... »

« - Désolé ! Pardon ! Veuillez m'excuser ! »
Puisque j'étais en enfer, autant essayer de ne pas aggraver mon cas en énervant les mauvaises personnes.
« - Nous t'attendons depuis si longtemps... Fils du désert... »

Ah parce qu'en plus, j'étais censé aller en enfer depuis longtemps ? J'avais beau réfléchir, je ne voyais pas quel acte avait pu faire pencher la balance du mauvais côté. Peut-être quand j'avais volé un sachet de bonbons au vieux Misraïm, ou alors la fois où j'avais espionné les filles qui se lavaient dans l'oasis quand j'avais neuf ans... ? J'essayais quand même de jouer la carte du bluff.
« - Euh... Il doit y avoir erreur sur la personne... J'étais pas censé venir ici, enfin vous voyez... C'était pas prévu... »
« - Nous attendons depuis des centaines d'années. »

« - Oh, je vois. Hé bien... vous êtes sûre que c'est bien moi ? »
« - Pour ça, il n'y a qu'une façon de le savoir... fils du désert. Les épreuves des scorpides. »

C'était assez lourd de ponctuer toutes ses phrases par "fils du désert", mais j'avais pas vraiment envie de faire une remarque déplacée à une demoiselle scorpion de plusieurs mètres.
« - Oh, vous pouvez m'appeler Sharrkan. »
« - Acceptes-tu de passer les épreuves, fils du désert ? »

Apparemment, elle kiffait pas trop mon prénom. Soit. Pour le reste par contre, j'étais pas vraiment rassuré.
« - Et euh... en quoi consistent ces épreuves ? Ca fait quoi si je refuse ? »
« - Tu peux refuser et mourir ici de faim et de soif. Tu peux accepter et rater, et ainsi mourir, ou accepter et réussir, devenant ainsi le maître des scorpides. Les trois épreuves reflètent les caractéristiques des scorpions : sacrifice et endurance. »

« - Ok, bah on va dire qu'entre être sûr à 100% de mourir ou avoir 50% de chances de mourir, je préfère tenter ma chance, pas vrai ? »
« - Je dirais plutôt 90% de chances de mourir, même si tu essayes. Mais si tu es l'élu, fils du désert, tu triompheras des épreuves. »

J'avais pas vraiment le coeur de lui annoncer que j'étais l'élu de rien du tout. Elle croyait tellement en moi, ça me faisait chaud au coeur. La seule fois que j'avais été élu quelque chose, c'était mister capillaire parce que j'avais les plus beaux cheveux de tout le clan. Pas vraiment un truc dont je me vantais, d'ailleurs. Enfin, on était bien loin des caractéristiques des scorpions, vu les scorpions n'ont pas de cheveux.
« - Et bah... ok ? »
Au point où j'en étais, j'avais déjà accepté d'être mort de toute façon. Un peu plus ou un peu moins, c'était pas ça qui allait me tuer. Hahaha !
[ Même dans des situations comme ça, t'arrives à faire de l'humour... Incroyable. ]
C'est pour ça que tu m'as choisi, Malph'.

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Dernière édition par Sharrkan le Lun 19 Aoû 2019 - 14:32, édité 1 fois
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Lun 19 Aoû 2019 - 14:22

« - Tu es venu vers nous au beau milieu de la bonne saison pour l'épreuve du sacrifice. C'est pour ça que je suis convaincue que tu es l'élu, fils du désert. Allonge-toi, l'épreuve va commencer. »

Tout en me demandant à quoi elle faisait référence quand elle parlait de "bonne saison pour un sacrifice", j'obéissais et m'allongeais dans la poussière. Après tout, plus vite on y allait et plus vite c'était fini. J'en arrivais même à être impatient de mourir, marrant non ? D'un coup, le bruissement des pattes recommença, et j'essayais de ne pas trembler de tous mes membres en voyant les dizaines de minuscules scorpions se placer tout autour de moi.
« - En acceptant de relever l'épreuve du sacrifice, tu acceptes de partager ta force vitale avec ceux qui deviendront tes congénères, tes enfants, pour les élever vers le meilleur. Nous te remercions de ton sacrifice, fils du désert. »

« - Hein ? Qu'est-ce que... »
Je sentis comme un chatouillis près de mon poignet, suivi de près par la même sensation un peu partout sur mon corps. Les scorpions étaient rentrés sous mon haut, dans mon pantalon, même sur mon visage et ils... me mordaient. Ils suçaient mon sang ?! Malgré moi, j'eus un sursaut de stupeur en comprenant l'horreur de la scène. Je tremblais de tout mon corps mais j'essayais de me contenir au maximum. La sensation était désagréable mais pas douloureuse. Le pire était le mental, quand j'imaginais ce qui était en train de se passer. Je fermais les yeux fort, prenant des profondes inspirations tout en faisant attention de ne pas aspirer les scorpions qui se trouvaient sur mon nez et ma bouche. Il ne fallait pas paniquer. J'avais accepté. Ma survie en dépendait. Ne pas paniquer. Ne pas paniquer.

J'essayais d'imaginer des images plaisantes dans ma tête. J'étais autour du feu, entouré de mon clan, de ma famille. Kyohei était là, mais Ayano aussi, ainsi qu'Anzu-sensei, Itagami-san, Etsuko et Shin, et tout ceux qui avaient marqué ma vie d'une façon positive. Tout le monde riait, tout le monde était heureux. L'air était agréable, le sable tiède sous nos pieds.
« - Tu as réussi l'épreuve du courage, fils du désert. »

J'ouvrais grand les yeux, comme réveillé en sursaut. L'image du feu de camp disparut et j'étais à nouveau dans cette grotte sombre et fraîche. Mais au moins, je n'étais plus couvert de scorpions.

J'observais mes bras, remarquant les minuscules tâches rouges qui les parsemaient. Tout mon corps devait être dans le même état.
« - Ne t'inquiète pas, la salive de scorpion est coagulante et cicatrisante. Tu n'aurais plus aucune trace d'ici demain soir. »

« - O-o-ok. »
Visiblement, l'expérience m'avait plus chamboulée que ce que j'avais bien voulu accepter. Je me sentais aussi nauséeux et j'avais des vertiges à cause du sang perdu. Mais au moins, c'était passé. C'était réussi. Plus qu'une. L'autre semblait difficile, mais beaucoup moins flippante.
« - Tu as le droit de te reposer quelques heures avant la deuxième épreuve, fils du désert. »

Ah oui, pas le temps de niaiser ici. J'avais au moins le droit à quelques heures pour me préparer à une épreuve dont j'ignorais totalement le contenu. Génial.
« - Merci. »
Je me tournais sur le côté, espérant peut-être pouvoir dormir. Mais j'avais beau essayer, j'étais toujours autant bouleversé par ce qui était en train de m'arriver. Et le regard perçant du scorpion géant n'aidait pas.
« - Euh... vous allez... rester ici ? »
« - Oui. Ne t'en fais pas. »

Pas vraiment la réponse que j'espérais, mais soit. Ce n'était pas comme si je pouvais m'enfuir vu l'état de mes chevilles et mon état général. Mais au bout de quelques minutes, je tombais dans un sommeil léger.
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« - Fils du désert.... Fils du désert... »
Les murmures me tirèrent de mon sommeil et en passant ma main sur mon visage, je sentis que j'avais de la bave séchée sur ma joue. Sommeil léger, qu'il avait dit. Mouais. J'ouvrais les yeux et tombait nez à nez - si on peut dire ça comme ça - avec le scorpion géant penché au-dessus de mon visage.
« - AAAAAAAAAAAAAAH ! »
« - Je t'ai demandé de ne pas crier, fils du désert. »

« - P-pardon... C'est que vous m'avez fait sacrément flipper, quand même. Pardon. »
Le scorpion se recula et je me redressais en position assise, massant mes chevilles toujours endolories.
« - L'épreuve d'endurance va commencer. »

« - Oui, alors, je veux bien hein, pas de soucis, mais comment dire... Je me suis blessé en tombant ici, alors je peux pas aller courir ou quoi que ce soit requis pour l'endurance. »
« - Ne t'inquiète pas. Tu n'as pas besoin de bouger d'ici. Je vais t'injecter mon venin et ta seule tâche est de survivre. »

« - Hein ? Quoi ? QUOI ? Mais je vais crever direct ! Vu votre taille ! Je me suis déjà fait piquer par un tout petit scorpion quand j'étais gosse et j'ai vraiment failli mourir ! »
Je transpirais maintenant à grosses gouttes en sachant que Mme Scorpion n'avait pas de penchant pour l'humour : elle était très sérieuse. Je me souvenais parfaitement de ce jour-là. J'avais enduré une douleur atroce qui avait duré plusieurs jours.
« - L'épreuve d'endurance va commencer. »

« - Non ! NOOOOOOOON ! »
Je n'eus pas le temps de me protéger que l'aiguillon venimeux vint m'empaler l'épaule. La douleur était atroce. J'avais l'impression que du feu liquide parcourait mes veines, brûlait ma peau et mes organes, passait dans ma bouche, mon nez, mes yeux. Je ne pus m'empêcher d'hurler de douleur. Et petit à petit, je perdis connaissance.

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Lun 19 Aoû 2019 - 14:23
Je flottais dans le ciel. Ou bien était-ce l'espace ? Tout était sombre... mais lumineux en même temps. Je ne voyais rien, mais je voyais tout. Je me sentais bien. Le feu n'existait plus. Je flottais en apesanteur dans l'infini. Je pourrais essayer d'étendre mes membres et nager, mais à quoi bon ? Pour aller où ? Je n'avais plus rien à faire, plus personne ne m'attendait. J'étais mort, enfin, et c'était vraiment... paisible. Toutes les douleurs physiques n'existaient plus, de même que les blessures mentales. Les Fanatiques, le Teikoku... plus rien n'avait d'importance. Plus rien n'existait. Même plus moi.

Je ne saurais dire si je flottais depuis des semaines ou seulement quelques secondes, car le temps n'existait plus non plus. Mais pourtant, je me sentais de plus en plus... seul ? Je n'avais pas l'habitude d'être seul. Je n'étais jamais seul.
« - Malphas... ? »
Ma voix se perdit dans l'infini. Lui non plus n'était plus là. Pourtant, il m'avait promis d'être toujours avec moi, tout le temps, même dans la mort. Mais il n'était pas là. J'étais seul. Seul. Seul.

Un cri puissant et déchirant retentit, me déchirant les tympans. J'avais la bouche fermée et pourtant, je savais que c'était moi qui criait. Et je ne pouvais pas l'arrêter. Les cris ne s'arrêtaient pas. Et à chaque cri, c'était comme si une lance me transperçait de part en part. Je n'en pouvais plus. Je ne supportais plus. Je pleurais, suppliant à qui m'entendrait de m'achever une bonne fois pour toute. Je ne supportais plus la douleur. Mon corps était déchiré en mille morceaux. Pourquoi étais-je encore vivant ?

Soudain, le décor changea complètement. Je n'y voyais toujours pas, mais cette fois-ci j'avais des sensations. J'étais dans de l'eau. Je nageais. Les douleurs précédentes n'existaient plus mais je les sentais toujours dans chaque parcelle de mon être. Comme quand on enlève une poussière de son oeil mais qu'on la sent encore. Je nageais, mais je ne touchais jamais de bord. Et j'étais fatigué. Très fatigué. De plus en plus. Je nageais depuis des heures, je n'avais plus de force. Combien de temps me restait-il avant de couler à pic d'épuisement ?

Je ne touchais pas non plus de fond. Sûrement qu'il n'y en avait pas, tout comme les bords. C'était une similarité partagée avec l'univers précédent : j'étais entouré d'infini. Mes membres endoloris se contractaient involontairement et refusaient petit à petit de me répondre. Nous étions bien loin de la crampe. Non, mes muscles étaient tétanisés. Et d'un coup, je n'arrivais plus à garder ma tête au-dessus de la surface. J'étouffais, cherchant à tout prix à respirer. Mais seul l'eau emplissait mes poumons. Je priais à nouveau pour une mort rapide, mais il semblait que la Faucheuse m'ait oublié. Je me noyais sans cesse et pourtant la délivrance ne venait pas. Je me noyais depuis des heures. La douleur était insupportable à nouveau et je me sentais devenir fou.

A nouveau, mon monde changea : j'étais toujours mouillé, comme si on m'avait sorti de l'eau et placé immédiatement ici, mais je ne flottais plus. Non, cette fois-ci, je tombais. Une chute dans le vide, simplement. Aucun bord pour m'accrocher, aucun fond et aucun plafond. J'étais habitué maintenant. Et peut-être que cette fois-ci, un lapin blanc m'attendait au bout ? Au bout... encore fallait-il qu'il y ait un bout. Saloperie d'infini, tu me laisseras donc jamais tranquille ? Cette fois-ci au moins, il n'y avait pas de douleur, si on enlevait la sensation de mon estomac remontant dans ma gorge. Et si on en croyait le schéma, je devais être brisé pour pouvoir passer à la prochaine étape.

Le problème avec le fait d'être en chute libre, c'est surtout la nausée. Plus ça allait et plus j'avais une sacrée envie de gerber. Même en faisant tout mon possible pour tomber droit, j'étais de plus en plus malade. Et au bout d'un moment, ce qui devait arriva : je vomissais. Vomir tout en chutant et essayer de ne pas s'en foutre partout, c'était pas une mince affaire. Au moins après, je me sentais mieux. Du moins pendant quelques minutes, parce que la nausée revenait vite. Et niveau souffrances, j'étais encore très loin des seuils précédants.

Je vomissais encore. J'avais perdu le compte. Une dizaine de fois ? Une centaine ? Je n'en savais rien. J'avais passé le stade de la bile et à présent, c'était bel et bien du sang qui sortait de ma bouche. Peut-être qu'au bout d'un moment, je serais obligé de recracher mon estomac ? Ou alors l'estomac était en dernier, et je devais d'abord vomir tous les autres organes ? L'intestin grêle ne s'annonçait pas comme une partie de plaisir.
Mais heureusement, la torture n'arriva pas. J’atterris sur le sol, tout simplement. Pas de choc, pas de fracas. Comme si... j'avais toujours été là. Je retrouvais peu à peu des sensations. Je sentais à quel point j'étais poisseux, transpirant et grelottant. Mais au moins, je n'étais pas couvert de vomis. Ma gorge était terriblement sèche et j'avais l'impression de ne plus avoir de force mais au moins, j'étais vivant.

Je me risquais à ouvrir un œil, pour voir à nouveau le scorpion géant penché au-dessus de moi.
« - Tu as survécu. Tu es l'élu. »

« - L'élu... L'élu... L'élu... »
Je ne me fatiguais pas à leur dire mais actuellement, je me fichais bien de toutes leurs histoires. Je me redressais sans leur répondre, me massant les tempes, puis les épaules, étirant mon dos et mes membres ankylosés. Petit à petit, je massais chaque muscle et chaque articulation, retrouvant peu à peu des sensations normales. Arrivé aux chevilles, je m'étonnais de voir qu'elles ne me faisaient plus du tout souffrir ; mais je ne m'attardais pas dessus.
« - Et maintenant ? »
« - A partir de maintenant, tu es le maître des scorpions. Tant que tu traiteras notre peuple - ton peuple - avec respect, le protégeant et l'honorant, je suivrai tes pas. La marque indélébile sur ton épaule atteste de ta position. Et ce contrat, que tu signeras de ton sang, attestera de notre pacte. »

« - Attendez... comme un Kuchiyose, en fait ? Ahhhh ! Mais fallait le dire de suite ! »
Le scorpide ne répondit pas, mais elle ne me quitta pas des yeux. Pour eux, tout cela semblait très cérémoniel, alors je tentais de prendre la chose au sérieux. Ramassant une pierre coupante, je m'entaillais la paume de la main pour verser mon sang sur le parchemin.
« - Voilà qui est scellé, fils du désert. Nous pouvons rentrer chez toi. Je vais te guider jusqu'à la surface. »

« - Mais attends ! Et tes bébés, alors ? »
Le scorpion émit un bruit bizarre. Comme un... gloussement ?
« - Ne t'en fais pas, ils se débrouillent seuls à présent. »

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Lun 19 Aoû 2019 - 14:24
Enfin, j'étais à l'air libre. J'inspirais profondément, comme pour nettoyer mes poumons de toute la poussière que j'avais inspiré dans la cave. J'avais l'impression que je n'avais plus senti les rayons du soleil sur ma peau depuis des années. Et aussi, je crevais la dalle. Heureusement, un oasis se trouva sur notre route et j'en profitais pour me désaltérer, me nourrir et me laver. Le soleil se couchait déjà ; il fallait se dépêcher où ma mère allait de nouveau s'inquiéter. Mais je pouvais toujours profiter de la route pour faire connaissance avec ma nouvelle... hum... coéquipière.
« - Donc maintenant... on est potes, hein ? »
« - "Potes" ? »

« - Ouais, euh, on s'entend bien quoi. On s'apprécie, on fait des trucs gentils l'un pour l'autre, tout ça, vous voyez ? »
« - Oui, on est potes. »

« - Cool. Cool. Cool. Et je peux vous appeler comment ? »

« - Tu peux m'appeler Ka'roza, fils du désert. »

« - Oh, ok c'est un joli nom. Madame Ka'roza. Vous pouvez m'appeler Sharrkan. »
« - ... »

« - Et au fait, c'est vrai que vous attendiez depuis des années ou c'était du bluff ? »
« - La légende existe dans mon peuple depuis les débuts des temps. Par contre, tu n'es pas le premier enfant du désert à te frotter aux épreuves. Tu es par contre le seul à avoir survécu depuis une centaine d'année, en tout cas. J'ai personnellement fait passer l'épreuve à quatre enfants du désert, toi compris. »

Je réfléchissais à ces paroles. Cela voulait dire... Que trois personnes étaient mortes avant moi. Je pensais immédiatement à ma cousine plus âgée qui avait disparu quand j'avais douze ans. Elle n'avait laissé aucune trace, et la plupart disaient qu'elle s'était enfuie avec un étranger. Mais je me souviens de ses parents, qui affirmaient que c'était impossible. Est-ce qu'elle était morte dans cette cave, seule... ? Je secouais la tête, chassant ces pensées horribles. Ca voulait surtout dire que j'étais vraiment pas passé loin de crever.
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« - Sharrkan ! Oh, mon Sharrkounet ! »
Ma mère me serra dans ses bras au point de faire craquer tous mes os. Puis elle fronça les sourcils, avant de m'attraper par l'oreille.
« - Où étais-tu passé ?! Tu sais à quel point je me suis inquiétée ?! J'ai cru que tu avais été capturé par l'Empire du Feu ! Qu'ils t'avaient exécuté ! Et tu as laissé ce pauvre Kyohei tout seul ! »
Puis d'un coup, ses yeux s'écarquillèrent.
« - Mon dieu, regarde-toi ! Ce que tu as maigri ! »
Alors là, je n'y comprenais vraiment plus rien. C'était vrai que maintenant qu'elle le disait, mes habits flottaient beaucoup plus que d'habitude.
« - Mais enfin, m'man ! Je suis parti que depuis ce matin »
!
Elle me lâcha, reculant de quelques pas, comme si elle avait vu un fantôme. Puis elle me répondit calmement :
« - Sharrkan, tu es parti il y a trois semaines. »
Quoi ? Hein ? Non. Ça n'avait aucun sens. N'importe quoi. Elle avait pété un câble, la vieille ! Trois semaines ? Trois semaines... Cela faisait sens. J'avais eu l'impression de passer des années dans ces hallucinations. Ça expliquait mes changements physiques. Ça expliquait que mes chevilles étaient guéries. Mais ça n'avait toujours aucun sens. Comment j'avais survécu, pendant trois semaines ? Qui m'avait nourri, hydraté, nettoyé ? Les scorpions. Les scorpions avaient fait ça. J'avais accepté de me sacrifier pour eux, alors ils s'étaient occupés de moi.
Mais ça voulait surtout dire que j'avais laissé Kyohei seul pendant trois semaines. J'avais disparu d'un coup, sans rien lui dire. Les explications attendraient. Je me précipitais vers notre tente, arrachant presque le pan à l'entrée.
« - Kyohei ! »


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Les brochettes de scorpion, plus jamais ! [solo] D2tn
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