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Une rencontre improbable [ft. Iruko Hibachi]


Mer 2 Aoû 2017 - 12:29
« Voilà, c’est terminé. »

Après avoir déposé la lame sur son établi, le forgeron invita son interlocuteur à s’approcher. La silhouette s’avança, se pencha sur le sabre et examina avec la plus grande des attentions le tranchant du métal. Le résultat était tout bonnement parfait : la lame tout juste confectionnée était magnifique, et affûtée à son maximum. Seishirô attrapa la poignée et soupesa son nodachi.

« Incroyable ! s’exclama le samouraï. Il me semble plus léger qu’avant !
- J’ai utilisé un alliage différent répondit l’artisan en passant une pierre à aiguiser contre le tranchant de la lame. Le métal est plus fin ce qui le rend plus dangereux, mais il reste résistant : pas de risque de casse ! »

Seishirô savait que ce n’était plus le forgeron qui parlait, mais le commerçant. Contre un sabre lambda, contre une lame simple, aucun risque que le métal ne se brise. En revanche, face à un utilisateur pouvant affûter sa lame à l’aide de son chakra… il n’en était pas si sûr.

« Merci beaucoup, Kanemoto-san. Vous avez fait un travail remarquable, comme d’habitude. »

Tandis que l’artisan le remerciait, notre protagoniste récupéra le fourreau de son sabre et rangea Izanagi avant de l’emballer soigneusement. Il le transporterait tel quel jusque chez lui.

« C’est toujours un plaisir de travailler sur ce genre de lames, Seishirô répondit-t-il en rangeant ses outils dans le fond de son atelier. Les nodachis se font rares… Quoi qu’il en soit, et même si j’apprécie la compagnie de ton sabre, essaye de le ménager un peu.
- Hm… Très bien, j’y veillerai… lâcha l’épéiste, à contrecœur. »

L’artisan se tourna vers ce qui ressemblait à un comptoir, prit une feuille et se mit à faire quelques calculs. Après avoir énuméré les différentes réparations réalisées, il finit par annoncer le prix. Ce travail n’était bien sûr pas gratuit. Au contraire même : la somme à payer n’était pas négligeable. Mais Seishirô respectait le savoir-faire de cet homme qu’il sollicitait régulièrement pour entretenir son allié de toujours. Le samouraï posa les ryōs sur le comptoir, salua le forgeron et quitta l’atelier, son nodachi empaqueté posé sur l’épaule.

Une fois dehors, et après avoir habitué ses yeux à l’éclat du jour, le jeune homme s’orienta avant de se mettre en marche. Il commencerait par rentrer chez lui avant de repartir pour l’Assemblée de Kumo. Voilà longtemps qu’il n’était pas parti en mission. Sans doute à cause du conseil du forgeron : ne pas trop forcer. Seishirô le savait qu’il fallait réduire l’utilisation de la lame le temps qu’elle se consolide. Mais au diable les recommandations : rester dans le village à ne rien faire l’ankylosait au fil du temps !

La rue était bondée, de nombreux individus allaient et venaient dans toutes les directions. Difficile de ne pas assommer qui que ce soit avec le paquet. Mais avec un peu d’adresse et de concentration, aucun incident ne vint perturber sa traversée. Jusqu’à ce que…

Alors qu’il s’apprêtait à grimper les quelques marches pour accéder à une ruelle adjacente, une petite fille devant lui fit tomber sa peluche par terre. Traînée par son paternel, la fillette tendit le bras mais ne parvint pas à récupérer son nounours. Le samouraï se baissa aussitôt, ramassa ce qui ressemblait à un ourson puis rattrapa la pauvre enfant et son père.

« Attendez ! s’exclama-t-il afin d’attirer leur attention. Je crois que vous perdu quelque chose ! »

Agitant l’ours en peluche au-dessus de sa tête, Seishirô vint à la rencontre de la fillette. Le visage de celle-ci s’illumina : cet homme était son sauveur ! Elle attrapa la peluche et la serra contre sa joue, avant de remercier le jeune épéiste. Cette bonne action effectuée, notre protagoniste fit demi-tour, prêt à reprendre sa route.

Soudain, un bruit attira son attention, suivi d’un choc au niveau de son épaule. *Toc*

« Toc ? Comment ça, ‘‘toc’’ ? s’interrogea Seishirô en tournant la tête sur le côté. »

L’extrémité de son fourreau venait de percuter l’occiput d’un passant. Quelle guigne !

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Jeu 3 Aoû 2017 - 1:51
La vie d'un ninja médecin n'était pas très luxueuse. En ces temps où seule la puissance comptait, un ninja était bien plus reconnu pour avoir tué des dizaines de personnes que pour en avoir guéris des centaines. Sans vraiment en être conscient, je portais fièrement l'étendard de l'Iryô-nin, ce qui semblait déplaire à certains d'entre nous. Kumo était pourtant réputée pour la sagesse et le grand savoir de ses shinobi : il semblerait que ce ne soit vrai que pour les hautes instances de notre société. Les genin de ce village étaient à mes yeux aux antipodes de leurs leaders - des ignares, des abrutis, voilà comment je les voyais. Il n'était pas étonnant que j'en sois réduit à les juger de la sorte puisqu'ils passaient la majeure partie de leur temps à m'emmerder. "Sale faible !" ; "Tes jutsu sont inutiles !" et autres fanfaronnades étaient mon quotidien. J'attendais de les voir dans quelques années, voire moins que ça, quand ils chialeront à la moindre blessure et m'imploreront de les soigner... Mon potentiel de destruction n'était peut-être pas si impressionnant que ça, mais je possédais bon nombre de connaissances dont ils ne soupçonnaient pas l'existence, et c'était ce qui me différenciait d'eux tout en me rapprochant de cette haute-sphère intellectuelle du pays. L'intelligentsia. Le savoir était une arme et elle pouvait s'avérer plus létale que n'importe laquelle !

Dans cette quête de savoir, je m'étais rendu à la bibliothèque du village. Là-bas se trouvait bon nombre de livres et parchemins intéressants. Suite aux événements tragiques qui avaient eu lieu ici-même quelques temps auparavant, l'accès avait été fermé pour la plupart des habitants de Kumo. Seuls certains services, comme les ninjas-médecins par exemple, avaient un passe à titre exceptionnel, et les genin de mon genre n'avaient pas non plus le droit de faire des milliers d'aller-retours. Et puis il m'aurait été bien trop insupportable d'aller et venir incessamment. J'avais donc embarqué tout un tas de livres et de parchemin que j'avais compactés dans un grand sac, qui pesait bien un âne mort...

Je déambulais ensuite les rues du village caché des Nuages avec mon sac en main. Je l'avais passé par-dessus mon épaule, le faisant pendouiller dans mon dos, le tenant simplement du bout des doigts. Perdu dans mes pensées, je repensais à tous ces abrutis que j'avais encore eu le malheur de croiser dans la matinée, et réfléchissais à un plan pour le leur faire payer. Oui, j'étais rancunier. Et pas qu'un peu... En ressassant ces mauvais souvenirs, je me mettais petit à petit en rogne. En plus, le sac pesait une tonne, je commençais vraiment à en avoir ras la casquette de le porter. En plus, le soleil cognait fort, je commençais à avoir trop chaud, un peu soif, de quoi me sortir un peu plus de mes gonds. Ma marche était fluide et continue, rien ne semblait me détourner de ma trajectoire, pas même les passants qui étaient contraints de m'éviter, voyant que je ne m'écartais pas quand je risquais une collision. C'était comme si plus rien ni personne ne m'entourait. Rien, jusqu'à ce qu'un innocent homme me heurta par accident : en se retournant, son sabre qu'il portait sur l'épaule vint me taper l'arrière du crâne, sans même qu'il ne s'en rende compte. Cela me tira hors de mes pensées, et d'un sursaut, je me tournai vers lui. Puis me vins une idée bien vile...

- AAAAAÏEUUUUH !, fis-je en lâchant mon sac avant de me tenir la tête à deux mains comme si le choc avait été terrible. La mine boudeuse, je jouais tant bien que mal la comédie. Plutôt bien, à vrai dire. On aurait vraiment cru voir un fragile. Mon cinéma ne s'arrêta pas là : Tu pourrais faire attention quand même ! Comme si ma journée n'avait pas été assez difficile comme ça !

Je repris le sac en le portant à deux mains maintenant qu'il me voyait, mimant à la perfection le jeune homme à bout de force peinant à soulever une énorme charge. Je faisais mine de ne plus faire attention à lui durant un ou deux pas, puis je me tournai vers lui à nouveau, prenant un ton un peu plus sympathique et avenant cette fois-ci.

- Tu voudrais pas m'aider à le porter ? Pour te faire pardonner !, lui supposais-je un sourire angélique aux lèvres.
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Sam 5 Aoû 2017 - 1:20
Avant même de pouvoir se retourner, un cri de douleur retentit au milieu de la rue, suivi d’un bruit lourd, comme si quelque chose venait de tomber sur le sol. Seishirô se retourna aussitôt et vit cet homme la tête entre ses mains, souffrant le martyr avec à ses pieds un sac rempli de livres.

« Je suis sincèrement désolé !
- Tu pourrais faire attention quand même ! s'exclama l'inconnu avec agressivité. Comme si ma journée n’avait pas été assez difficile comme ça ! »

L’épéiste, embarrassé par cette situation, ne trouvait plus ses mots. La victime, quant à elle, récupéra son sac après avoir réarrangé ses livres et l’amena difficilement à hauteur d’épaules. Il devait être lourd, à n’en pas douter, et la frêle carrure du pauvre homme n’aidait en rien… Mais cela ne l’empêcha pas de reprendre sa route, sous le regard de notre protagoniste qui culpabilisait à l’idée de le voir partir chargé ainsi. Peut-être devrait-il…

« Tu voudrais pas m’aider à le porter ? Pour te faire pardonner ! lui proposa l’inconnu, d’une voix plus calme et avec un sourire sur les lèvres. »

Seishirô resta silencieux quelques secondes. Ce revirement de situation lui semblait louche, trop louche même… Impossible d’en être sûr, bien entendu, mais ce changement brutal de comportement semblait cacher un certain… opportunisme.

Malheureusement, notre protagoniste ne pouvait nullement explorer sa théorie. Il avait causé cet accident après tout, et refuser d’aider le jeune homme serait mal vu… d’autant que de nombreux badauds étaient restés pour assister à l’échange. Le samouraï esquissa un sourire, hocha la tête et s’approcha de l’inconnu avant de porter son sac et de le reposer à terre.

« Prends plusieurs livres avec toi, je porterai le sac avec le reste. »

Le jeune homme récupéra alors deux piles de bouquins et les disposa de telle sorte à pouvoir les porter en une seule fois. Seishirô, quant à lui, prit le sac et le plaça sur son épaule. Un soupir s’échappa alors de sa bouche tant le poids était lourd.

« Mais il trimballe sa bibliothèque avec lui ou quoi ? songea-t-il en remontant un peu plus le sac sur son épaule. Bien, je te suis ! »

Tandis que les passants retournaient à leurs occupations, Seishirô vint se placer derrière l’inconnu et les deux hommes se mirent rapidement en route, le lettré en tête de file guidant notre samouraï à travers les rues de Kumo.

Un silence pesant s’était installé depuis leur départ. Notre protagoniste, toujours confus suite aux événements récents, se plaça aux côtés du jeune homme et s’excusa de nouveau :

« Désolé encore pour tout à l’heure, je ne t’avais pas vu… »

En se penchant sur les livres que portait son interlocuteur, Seishirô aperçut des traités de médecine fondamentale et quelques bouquins sur le ninjutsu médical.

« Tu es un ninja médecin ? demanda-t-il par curiosité. »

Le samouraï ne savait que peu de choses concernant cette caste particulière de ninjas, et le peu qu’il en savait le fascinait et l’effrayait à la fois. Grâce à leur chakra, ces individus pouvaient non seulement soigner une plaie ou réparer des tissus, mais aussi attaquer les points vitaux de leurs ennemis. Inutile de dire qu’il valait mieux les avoir de son côté !

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Seishirô Yamikaze:
 
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