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Fratrie Nagamasa ✖ « Retour à la maison »


Mer 2 Aoû 2017 - 22:39



Trois semaines, des semaines passées à voguer entre sa cabine et le ponton du navire durant ce voyage. Des journées entières à par moments enchaîner opium sur opium parmi tous les doses dont Yoshitsune avait bien pu se prémunir, et cela entre les repas en communs avec la solitude et les quelques verres de millésime que celui-ci avait apporté de son côté pour faire passer ces soirées interminables. Les rapports venant trouver place tantôt entre ces moments où il encrassait ses poumons ; tout comme ceux, où son être se voyait réchauffé par le vin rouge qu’il avait secrètement apporté en son sac. Ce périple était long, ennuyeux et le plus intéressant n’arrivait toujours pas alors que le jeune escrimeur aurait dû appréhender tout ceci. Il n'avait en réalité qu'une envie, en découdre si combat il devait y avoir contre ses vils pions qui nous avaient attaqués. Instinct bestiaux, sens de prédateurs typiques à sa personne et éventuellement au comportement de sa malédiction lui ayant toujours apporté une certaine satisfaction en un quelconque affrontement.

En effet, Yoshitsune s’en était allé de ce manoir des enfers, mais cela avait laissé un immense trou béant derrière lui. Ses cadets Shiro et Chôgen lui manquait Bien-sûr, les trois frères s'étaient promis de se revoir, un jour... à la croisée du destin peut-être ; ils avaient confié l'avenir de leur fraternité aux mains des étoiles du soir. Ils étaient confiants, du moins l'avaient été en apparence... Sans aucun doute que leurs pas les mèneraient à nouveau l'un à l'autre, un jour. En ce jour. Et pourtant, sans réellement vouloir se l’admettre, Yoshitsune avait le cœur lourd. Il se sentait d’humeur maussade et surtout, se sentait terriblement seul. Bien que partager le quotidien de ce cher Hideyoshi n'avait pas été de tout repos, loin de là je me dois de vous l’accorder : ses cadets avait tout de même complètement bouleversé sa petite vie rangée. Il leur avait fallu du temps pour se connaître — se respecter, ou plutôt accepter leurs différences — se jauger, s'apprivoiser et enfin, apprendre à vivre ensemble, à partager chaque instant que la vie leur avait réservée. Leurs différences culturelles avaient fini tout bonnement par les rapprocher et leur haine commune pour l’illustre patriarche du clan n'avait fait que consolider cette sympathie mutuelle qui, au fil des mois, des années s'était changée en véritable amitié ; solide à toute épreuve... du moins pour Yoshitsune et Chôgen. Et c'est bien de ça dont se souciait tant l'aîné de la fratrie Nagamasa : leur lien du sang avait résisté aux disputes, aux difficultés, à la fatigue et à l'ennui ; mais... Était-elle taillée pour survivre au temps ? Dans le cœur naïf de l'épéiste, cela ne faisait aucun doute. Pourtant celui-ci n'avait jamais été du genre à s'en faire pour ce genre de notion abstraites et farfelues... Le temps ce n'était jamais qu'un mot se disait-il souvent ; tandis que les fous rires qu'ils avaient eus raisonnaient encore dans sa tête, plus réels que jamais.

Il n'y avait pas à s'en faire, se répétait-il comme pour s'en convaincre. Shiro ne l'oublierait pas, tout comme, il en était certain. Il en tout cas, pouvait se le jurer : Il ne les oublierait jamais peu importe les circonstances.

Enfin. Le temps passait, et le silence pesant inquiétait notre jeune protagoniste. Sans qu'il ne soit pour autant synonyme d'étonnement de sa part.
Celui-ci avait déjà compris au vue de sa destination comment cela allait se passer, et d'une certaine façon cela ne le dérangeait point. Cette fois, cette réunion de famille allait synonyme de changement. Il l'avait compris dès ce moment où il s’était rendu compte de ce qu'il représentait aux yeux de son patriarche, alors qu'il observait Shiro grandir. Ce jour-là Yoshitsune remarqua que quelque chose s'était brisé en lui - et malheureusement nul ne sais pas quand exactement. Un jour. Dans un passé auquel il n'appartenait plus. Peut-être attendait-il quelque chose de celui qu’il appelait fils prodige, ce jour-là. Quelque chose que nul ne fut en mesure de lui donner. Que toi Yoshitsune ne parvint pas à lui offrir.

« [...] Tu es humain, Yoshi - c'est normal. » lui aurait sans doute susurrer sa chère et tendre
Malgré tout, le shinobi qu’était ce jeune éphèbe aurait aimé pouvoir lui venir en aide.


Pendant tout ce temps, Yoshitsune errait, n'étant plus que l'ombre de lui-même. Allant même jusqu’à réussir moins bien ses coups, il manque presque de se faire prendre. Tu dois gérer le problème Hideyoshi, Yoshitsune. Ce sale égoïste qui lui en fait voir de toutes les couleurs au moment. Cela a généralement le don de l'agacer, de le faire sortir de ses gonds. Comme si celui-ci perdait progressivement pied, qu’il ne savait plus comment gérer sa vie comme il l’eut toujours fait jusqu’à maintenant. Elle lui paraît désormais un peu vaine. Un peu comme si subitement, il comprenait qu’il avait eu tort depuis le départ. Un constat fort déprimant.
De ce fait, il sait que cette fois, c'est à lui d'agir..


Enfin, les prémices du gargantuesque demeure étaient perceptibles au loin. Quand bien même, une distance semblait scinder nonobstant le samouraï qui, pourtant, ne devait rencontrer que les membres de sa famille et s'hybrider dans un symposium ardent ou peut-être même dans une bataille transie. Yoshitsune relâcha une salve d'air d'entre ses lèvres à l'idée de peut-être côtoyer la présence de l’homme qu’il haïssait le plus, chose qui, dans le passé, avait bercé ses exercices.

Pour l’heure, son éminence s’enfonçait dans un passage aigu et intime, creusé à même la roche pour permettre à celui-ci de se camoufler convenablement. Le tunnel exigu était sec et plongé dans les ténèbres, forçant notre héros à maintenir droit sa carrure pour ne pas que ses pieds s'emmêlent. Le jeune homme ressentait son sang battre dans ses tempes et étouffer son esprit d'un sourd bourdonnement. L'adrénaline nappait l'entièreté de son âme et de son enveloppe charnelle, refermant son hakama sur ses poumons qui semblaient manquer peu à peu d'air respirable. L'oxygène se faisait rare et cela s'entendait au bruit roque qui ondoyait en dehors de leurs œsophages étrécis. Debout, traversant la grotte il respirait tant bien que mal l'atmosphère macabre qui lui fouettait le visage et balayait sa chevelure immaculée. C'est qu'il en avait la chair de poule !

Le moment approchait, et le jeune éphèbe se sentait mourir à petit feu tant le stress et l'euphorie parvenaient à leur comble. Il avait tant attendu cet instant, l'avait imaginé de mille et une façon possible et ne pouvait que constater, le soupire aux lèvres, que sa pensée était plus réelle, plus enivrante que tout ce que ses rêves avaient pu décrire jusque-là. Lui qui s’était extirpé de cela pendant si longtemps, se sentait si reclus, et soudain si jeune ; le poids des années qu'il portait anxieusement dans un coin de sa tête jadis avait mystérieusement réapparu. Plus rien n'avait d'importance sinon ce temple qu'il voyait s'approcher de plus en plus, qui semblaient lui tendre les bras comme une invitation à prendre ce qui lui était dû.

Le bercail ne lui avait absolument pas manqué. Après tout, la dernière fois qu’il s'y était rendu, il s'était fait humilié par son cadet qu’il avait noblement désiré protéger. Et ainsi il avait dû tristement assister à sa déchéance. Depuis ce jour, Yoshi aussi prouvé qu’il n'était plus quelqu'un de particulièrement empathique, qu’il avait forgé cette capacité à ignorer ce qui se trame sous ses yeux placides, et qu’il ne faisait pas grand cas du travail des autres. Assurément ce lieu ne recèle que de souvenirs qu’il préfère ignorer.


Comme toujours, la grisaille ambiante menace d'envahir - mais cette fois, le jeune éphèbe tiens bon. - Tu veux vraiment le retrouver, et si pour cela, tu dois rappeler que tu n'es qu'un vulgaire assassin, eh bien, tu le feras. Ses pas le conduisent donc à proximité de la devanture du domaine familiale, un des chemins qu’il connait le mieux ici. Avec son inévitable costume et ses airs arrogants, tout le monde le remarque ; et pourtant il ne s'en soucies pas, à force, ils finiront bien par s'y habituer.

Yoshitsune désirait trancher les infimes liens qui le rattachaient encore à cet être que Hideyoshi avait pu être jusqu’aujourd’hui avec le tranchant de l'une des armes qui dominait son échine et cette aventure était la plus apte pour que les chimères du passé se cautérisent dans l'incandescence de l’ivresse et l’allégresse.

Pourtant ce à quoi Yoshitsune ne s'attendait pas du tout, c'est d’apercevoir une silhouette familière depuis le palier.
Son cœur fait un bond dans sa poitrine à cette idée.
Il est là.
« Chogen. » l'interpèlant, l'aîné accourt presque vers lui ; et pour la première fois depuis des jours, un sourire illumine son pâle visage. Oh, Yoshi, comme tu es fier ; le voir quelques secondes t'emplit d'une euphorie si intense qu'il te semble avoir cessé de vivre, ces derniers temps.

Après avoir prit soin de prendre place au sein de cette assemblée fort alléchante ; c’est les doigts apposés sur le cristal tandis que les sons enveloppent l'espace. Paroles et tintements, rires feutrés au dessus des verres. Jambes croisées, affalé par-delà la table. Les gouttes de sake au bord des lèvres, et les cils courbés qui papillonnent. Il en oublierait presque pourquoi il était là.

Enfin, Yoshitsune lève les yeux vers le luminaire au mur une fois débarrassée de l'emprise étouffante de cette festivité. Croisant le regard dédaigneux de l’homme assis non loin de lui. Avec un regard aussi acéré et une telle prestance, il allait sans dire qu’Hideyoshi restait tout de même le maître de maison. Au même niveau que les autres. Il délaisse délibérément ces orbes bruns qui le ainsi jugent sans vergogne. Toujours sur son visage ce même air moqueur et narquois. Il tourne à présent le dos à cette foule qui l'accompagnait depuis peu dans cette salle tant ils sont tous plongés dans une discussion dont il ne manque pas une miette. A vrai dire, rien de vraiment intéressant n'en ressort, mais il se voit écouter comme ils parlent ; observant les faux semblants, prêtant attention aux allusions quelconques, écoutant les ironies et surtout le sous texte des mots que tous emploient. Se rendant rapidement compte que toute la conversation n'est que le théâtre de coqs de basses-courts cherchant à se dominer. Sous les sourires et les paroles anodines, chaque syllabe claque et cherche la supériorité. La fumée de l’opium distrait un instant ses yeux, la lassitude peut se lire sur son visage pourtant d'ordinaire si doux et candide.

« Et si nous en venions finalement au fait messieurs ? Je refuse de laisser ma chère cadette plus longtemps en votre compagnie » Soupira l'homme, depuis son emplacement.
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Dim 6 Aoû 2017 - 19:42
Retour à la maison


— Fratrie Nagamasa


Encore une journée que Chôgen aurait voulut éviter. Le village venait d’être attaqué, le clan Nagamasa était comme fantomatique. La fratrie était divisée, par le voyage de certains, la discrétion des autres. Finalement, il n’y avait pas qu’Iwagakure no Sato qui était au plus bas.

Mais il faut aussi se demander pourquoi. Pourquoi est-ce que ce clan, qui pourtant, détient une très grande renommée à Tetsu no Kuni, mais également dans le village caché, depuis qu’ils sont arrivés, est tombé aussi bas. Certains voudront mettre ça sur le dos des enfants, l’un étant trop laxiste, l’autre trop silencieux, elle ne vouant pas vraiment une grande importance au nom du clan et le dernier étant totalement imprévisible.

Non, ce n’était pas le cas, ce n’était pas à cause de cette sorte d’image que les enfants Nagamasa pouvaient renvoyer. Le problème, il venait directement de la tête du clan. Ce n’était pas quelque chose de nouveau, presque tous les enfants de Hideyoshi ont un problème avec lui. Chacun pour une raison différente, rejoignant la plupart du temps cette enfance horrible qu’ils ont eu.

Oui, si aujourd’hui, le clan des samouraïs se retrouvait comme dans une sorte de petite crise interne, ce n’était que de la faute du père, étant lui-même le chef du clan et de la famille. Chôgen ne le savait que trop bien, le détestant déjà depuis des années. Mais il ne pouvait rien dire, il ne pouvait rien faire. Du moins, pas tout seul. C’est aussi pour ça que cette réunion de famille était organisée. D’un côté, Hideyoshi voulait remettre les pendules à l’heure. Pour un homme comme lui, c’est une honte de voir le clan dans cet état. Non pas pour l’honneur ou la réputation du nom Nagamasa, mais surtout pour son propre ego.

Mais pour Chôgen, cette journée était tout autre chose. Il savait très bien que son ainé allait répondre à l’appel, qu’il serait de retour de son voyage aujourd’hui pour assister à cette réunion. Le sabreur lui, était déjà sur place, dans le dojo Nagamsa, avec sa sœur. Il est vrai qu’on les retrouve presque tout le temps ensemble, encore plus depuis que Yoshitsune les avaient quittés pendant quelques temps. Le seul manquant pour l’instant à l’appel, bien que cela n’étant pas choquant, était Kōga. Le dernier des enfants Nagamasa était sûrement le plus turbulent d’entre eux, ne tenant jamais en place. Difficile donc de prévoir quelque chose avec un enfant comme ça.

Shiro et son frère Chôgen étaient en train de discuter, au niveau de l’entrée principale du dojo. C’est une alors qu’un sourir venait d’apparaître sur le visage de sa jeune sœur, sans aucune raison. Seulement, en ressentant cette aura si familière dans son dos, il ne pouvait que comprendre pourquoi. Il était enfin de retour, à la maison. En entendant son prénom, il se retourna pour tomber en face de Yoshitsune, qu’il n’avait pas vu depuis un petit moment. « Bienvenue à la maison, Yoshi-dono. C’est bon de vous savoir en pleine forme. »

Soulignant la remarque de l’ainé, qui dans le fond, n’avait pas tord, Chôgen fit un signe de la main comme pour montrer le chemin à ses deux acolytes. Hideyoshi lui, attendait déjà tout le monde, autour de cette table. Son regard, vide de sentiment et de compassion, commençait déjà à passer en revue chacun de ses enfants, comme s’ils étaient directement jugés sans la moindre parole. Il ne manquait plus que l’arrivée du dernier des enfants et cette petite guerre de famille allait pouvoir commencer.


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雷切 -Raikiri no Chôgen
« The glories of our blood and state, are shadows, not substantial things. There is no armour against fate, death lays his icy hand on kings. But i'm not a king, and my shadow will bring a new hope for Iwagakure no Sato... »
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Mar 8 Aoû 2017 - 16:15
Dans ce monde peuplé de dangers, il y avait peu de choses que Kōga évitait à lister, mais les réunions de famille en était bel et bien une. S’asseoir autour d'une table et discuter d'un avenir en commun avait le don de l'assoupir et de tuer en lui tout bourgeon d'intérêt. Pourtant, il avait se présenter à cette assemblée exceptionnelle, plus pour se tenir au courant de ce qu'avait prévu Hideyoshi qu'autre chose. Le patriarche tenait des relations spéciales avec sa progéniture et il aurait fallu qu'il mente pour dire que ça ne provoquait pas en lui un certain amusement de le voir se prendre le bec avec ses aînés. Lui et Shiro bénéficiaient d'un certain avantage et plus spécialement sa propre personne étant le plus jeune et par déduction le plus prometteur, il était en quelque sorte exempté des habituelles remontrances et du dédain profond qu'il adressait généralement à Yoshitsune et Chôgen.

Pour autant, cela n'éveillait en lui aucune satisfaction malsaine mais cela confortait encore plus l'adulte en devenir dans ce sentiment de supériorité. C'est noyé dans les pensées et les réminiscences d'une époque dépassée où il était encore ignare de sa parenté avec ces gens qu'il allait rencontrer que Kōga avançait vers la demeure principale de la confrérie Samurai.

Le pays des Tourbillons ne lui manquait pas, mais l'enfance et la naïveté -bien qu'elle lui fut enlevée tôt- qui va avec réveillait une certaine nostalgie, bien que tâchée de ses erreurs et ses décisions. Il ne retenait de tout ça qu'une leçon et de la reconnaissance pour en avoir fait la bête qu'il était aujourd'hui, lui ayant permis d'arriver jusque là en vie.

Bientôt il apparut au loin le grand manoir au style détonnant avec les alentours, l'architecture excentrique venant de Tetsu no Kuni discernable à des mètres à la ronde. Sans ralentir le pas, vêtu de sa tenue habituelle d'un noir de jais, le cliquetis des deux gardes de ses sabres s'entrechoquant tandis qu'il marchait les mains dans les poches, le Yaken passa la grande arche en bois sans portes sous le regard de deux gardes stoïques. Le dojo semblait déjà peuplé et de loin il put apercevoir deux silhouettes à la chevelure blanchâtre, signe distinctif de la famille qu'il ne partageait pas comme pour bien souligner le fait de sa singularité.

Un peu en retard, une fois dans la pièce principale, tous étaient déjà présent et c'est avec un rictus qu'il ne s'évertuait pas à cacher accroché à ses lèvres qu'il prit place en bout de table, face au chef des Nagamasa, se laissant tomber sur sa chaise tout en ne le lâchant pas du regard, se permettant même de poser un de ses talons sur la table, balançant sur deux pieds de cette dernière en équilibre.

« Oï, j'ai raté un truc d'intéressant ? Ca fait plaisir de voir vos tronches dans la même pièce, ça faisait longtemps. On peut faire vite ? J'crève la dalle. »

Faisant claquer sa langue contre son palet, une moue fortement exagérée forgeant ses traits tandis qu'il avait lâché des yeux Hideyoshi pour faire le tour de l'assemblée, lançant au passage un regard jouasse à sa grande sœur, il semblait le seul à ne pas prendre les événements à venir au sérieux.
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Mer 9 Aoû 2017 - 10:41
Ambiance feutrée. Langues endiablées et paroles déliées, sans pourtant tourner au cacophonique. L'alcool coule à flots, les orbes cristallins se remplissent. Tout était prétexte à venir perdre quelques heures dans cet air enfumé, à noyer un quotidien morose au fond d'un alcool fort qui enflamme le gosier et donne un coup de fouet aux esprits les plus embourbés. Les réunions familiales, là où les crinières blanches se moiraient dans l'opium, étaient bien barbantes pour Shiro. Ses poumons s’enlisaient, asphyxiés à chacune de ses respirations. Ses tempes bourdonnaient, forçant la Jônin à les masser tour à tour du bout de son index. L'empire argentin s'enfonçait dans des conversations aux multitudes de facettes, où chaque descendant était analysé – bien souvent critiqué. La demoiselle ressentait comme une forme de répulsions en écoutant les mots vulgaires qu'employaient certains pour parler de ses aînés. Drapée dans le kimono traditionnel, la taille soutenue par un majestueux ruban aux symboles du clan, la jeune femme se dressa sur ses jambes chétives pour dominer la foule lunaire. Les regards se tournèrent un instant sur cette silhouette minuscule mais aux prunelles félines et perçantes. Ses iris amarante opprimaient la masse humaine comme deux fauves. Elle avait besoin de s'abreuver d'un air frais et salvateur, loin de ces réunions mortifères.

Les étoffes de soie dansaient dans son échine à chacun de ses pas rythmés. Bousculant presque cette myriade de servantes, Shiro parvint à s'échapper de ce tissage arachnéen pour se poster au-devant du temple. Elle redressa son visage vers les cieux pour se nourrir de cet oxygène vivifiant, laissant ses bronches se déchirer sur le passage transi de l'air. Une grande main vint assiéger sa nuque nue pour la réchauffer ; en une œillade curieuse, Shiro découvrit le sourire de Chôgen. Cet instinct presque animal de chaperonner chacune de ses foulées pour être sûr qu'elle allait bien. La Kunoichi vint rabattre ses doigts sur les phalanges masculines pour le rassurer et les deux silhouettes s'installèrent sur le petit muret de béton pour plonger dans leur univers ; des discussions aux antipodes de celles qui pouvaient enténébrer le Dôjo. En sa présence, elle ne cherchait plus à être cette droite descendante féminine qui avait obligation de croiser élégamment ses jambes et de porter des longues étoffes pour dissimuler sa peau immaculée. Elle se tenait assise, « comme un homme » comme disait le père Nagamasa, le kimono retroussé sur des genoux stigmatisés par les rixes.

Ses iris se détournèrent vers une silhouette se dessinant à l'horizon. Une carrure familière. Non-besoin de lumière pour découvrir ses traits, Shiro le reconnu bien assez tôt en l'accueillant d'un chaleureux sourire. Elle se dégagea du rempart, laissant ses getas retomber lourdement au sol. Pieds nus, elle s'élança à la rencontre de cette chimère à la longue crinière d'argent. Des mèches capillaires rappelant celles qui cascadaient la nuque de la Jônin. « Tu es enfin revenu... » Elle courba l'échine devant lui, les mains liées. Le blanc de sa masse capillaire dissimulait ses traits apaisés. La pudeur l'empêchait de s'agripper à sa nuque comme elle le faisait enfant, escaladant maladroitement ses omoplates pour se dresser contre son rachis et écouter ses contes et fables fantasmagoriques.

La nuit hurlait. Elle hurlait de toute sa masse, de tout ce béton, toute cette ferraille, tout ce bois, toutes ces matières imbriquées les unes aux autres qui formaient la fourmilière la plus grouillante du Pays de la Terre. Parmi elles, le Dôjo rugissait. Sans ses fidèles, sans ses descendants, sans cette extraordinaire énergie qui alimentait ses veines, ce titan gigantesque à la tête du clan Nagamasa ne serait rien, rien de plus que le squelette sec et décharné d'une créature légendaire. Mais cette lignée avait une âme. Ce temple familial était empli de démons. Les démons que les hommes eux-mêmes abritaient en eux, refusant de reconnaître leur présence, les conservant bien cachés, bien emmitouflés au creux de leurs cœurs vulnérables, les nourrissant de tout ce qu'ils pouvaient trouver. La haine, le pouvoir, la cupidité également. À la droite de son père, Shiro gardait un visage impassible. Ses iris étaient perdus dans cette moiteur onirique. Le cristal devant elle, à moitié rempli d'un élixir pourpre, reflétait ses traits lassés. Elle était en attente. « Oï, j'ai raté un truc d'intéressant ? Ca fait plaisir de voir vos tronches dans la même pièce, ça faisait longtemps. On peut faire vite ? J'crève la dalle. » Le coude appuyé sur la table, la main enfouie contre une joue gonflée, la jeune femme détailla la silhouette brune qui venait – comme à son habitude – faire voler en éclats l'atmosphère ambiante. Elle lui tira une langue malicieuse, parmi tous les faciès stoïques qui se retournèrent vers l'unique crinière de jais.

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NAGAMASA SHIRO
Runnin with all of my brothers, I always wonder how far we could go, If we could break through the ceiling above us.


Dernière édition par Nagamasa Shiro le Dim 13 Aoû 2017 - 14:43, édité 1 fois
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Ven 11 Aoû 2017 - 22:19



D'un regard flapi, Yoshitsune pourfendait les regards qui s'entremêlaient dans la salle, contemplait les lueurs virevoltantes des bougies. Filament d'ocres et d'oranges, visages presques de marbre sur un dégradé boisé. Tandis qu’il échange un regard morose avec la flamme dansante qui fait briller ses iris d'une lueur vermillon.

Ainsi les paupières closes et songes épars, lèvres pleines qui fredonnent, ses doigts ont joué d'un legato impassible, brodant les armatures légères de son plastron cendré ; l'emblème royal, allégorie d'une majesté certaine, ornant l'habit traditionnel que Yoshitsune représentait fièrement. La pulpe vagabonde ayant parcouru les enjolivures, caressant usures, brisures, dorures. Les premières minutes au sein de cette fameuse assemblée furent inintéressante et se consument semblables au bois du désert, baignées des galimatias planant de ces visages anciens, ivres et prospères. La jeunesse frénétique de certains sied aux espoirs naïfs dont elle se drape, indolente, et qui s'enlace des effluves fruitées de clameurs idylliques à l’inverse d’un hôte qui tente de tous les manipuler.

Noyées d'audace, des mains se heurtent face à la table, caresses paresseuses qui hantent la pâleur de sa nuque, flagrances mordorées ébauches de promesses qui s'échouent. Las de toute cette discussion inutile, de toutes ces argumentations futiles. Les mains du paternel de la fratrie Nagamasa s’élevèrent avant de ne frapper violemment contre la table. Non pas qu’il voulut attirer l’attention sur sa personne mais très certainement qu’il voulut mettre fin aux comportements inadmissible de ces deux malotrus qui lui servaient d’enfants. Sur les lèvres de Yoshitsune, planait l'écorchure mutine de sourires voilés, tandis que ses prunelles d'orage se dessinent aux confins de cils baissés. Les regards ne se croisant pas, sans doute tous comprirent tout de même que le moment était venu ; ainsi respectivement le silence se fit roi : après tout n’était que volage et désarroi.

— « Mon cher cadet, tu ne voudrais tout de même pas t’attirer la colère de notre vieux père ? » articulait Yoshi, souriant.

Même avec cela, sans doute qu’il en faudrait plus pour apaiser la colère d’un être aussi pragmatique que le fameux Hideyoshi. Yoshitsune s’aventurait donc dans les méandres d’une ode glaciale, marchant sur des œufs, toujours sans vraiment savoir pourquoi ses pas l'avaient amené jusqu'ici. Enfin, non pas qu’il n’eut pas eu une idée ; car il avait bel et bien une petite idée, et cela avait sans doute quelque chose à voir la réunion d’autant de fortes personnalités du clan ou un quelconque phénomène anormal comme l’ascension au pouvoir d’une certaine nommé « Chogen » ; mais le jeune éphèbe avait décidé de changer de chemin en cours de route. Aussi s'était-il retrouvé là, en ce lieu ; dans ce temple qui lui était pourtant si familier, si grotesque.

Il soupira alors tristement, les yeux perdus tandis que les regards inquisiteurs des principaux hôtes l’incombaient. Pour sûr qu'il voguait sur une destinée au rythme lent et incertain. Il ignorait où la porteraient ses pas et c'était mieux comme ça : il avait envie de se perdre, envie de se couper du monde, envie de mettre un pied en dans cette guerre qui le retenait désormais prisonnier. Un pied seulement — car, l'autre, il le savait ; était déjà dans la tombe. Lui qui s'égarait si facilement lorsqu'il était enfant, constatait avec amertume que c'était aujourd'hui l'une des choses les plus difficiles à faire. Depuis qu'il était devenu apôtre de la paix, les radieuses terres du monde ninja ne semblait plus être qu'un vaste terrain de jeu qu'il avait souillé des millénaires durant, à chaque réincarnation. Un homme comme lui ne pouvait pas se perdre : il y avait eu Légion avant lui, partout les Nagamasa s’étaient établis. Et c'était sans doute ce qui le frustrait le plus. Pour lui, le monde avait perdu de sa superbe. De son mythe. De ses secrets. De son mystère.

Désirs assouvis, plaisirs asservis ; c’est ainsi qu’il se meurt, vibratos naissants de saccades fugitives, kaléidoscopes béants d'espérances nouvelles, augures légères de plaisirs furtifs.

— « Du coup comptez-vous enfin nous informer le pourquoi du comment de notre réunion en ces lieux, Hideyoshi ? »

Il y a des fables fantasques qui flottent sur ses lèvres, des laïus abscons aux cascades démosthènesques, estampies libertines de philosophies dantesques. Complaintes soufflées, prières asphyxiées ; les tirades somptueuses ornent les parades trompeuses, qui dans leur sillage délaissent les carcasses osseuses de promesses voilées. Sous ces aubades patientes qui brodent un faciès d'ophite, l’œil d'acier se targue de bourrasques fiévreuses, tempêtes latentes qui rongent les douceurs et grondent de ferveurs houleuses. Élans de tolérance chassés au-delà de carrures austères, Yoshitsune s'élève de prudences discrètes, des charmes dansant du bout de ses paroles de misères, quêtes de bravoure languissantes qui se noient de soupirs hébétés.

Ô césar, ses sentences font plier l'échine pâle de l'homme qui s'abreuve de préceptes ; mais au-delà d'abnégations muettes, sa foi demeure pavlovienne et les amens suppliques ne se tarissent guère.

— « Pourquoi m’accables-tu toujours, sans cesse des mêmes questionnements ? » rétorqua la figure patriarcale

Yoshitsune contempla son paternel, cherchant une once de compassion au fond de lui pour l’homme qui avait été son mentor, mais également son géniteur ; toutefois, sa haine pour lui ne connaissait nul limites. Quelques fois, pour se rassurer, il se disait que c’était comme d’haïr un objet. Il n’était qu’un instrument. Rien de plus.

« Parce que vous ne prenez jamais la peine d'y répondre, Oyaji. » soutenant longuement son regard.


Leurs regards se croisèrent, et chez l’aîné comme chez le parent apparu un frisson déambulant le long de l’échine. Entre ces deux-là, tout prenait un sens équivoque à la limite de la confrontation. De son côté, Yoshitsune ne cherchait pas spécialement à lui tenir tête, c’était tout simplement devenu leur manière d’être l’un avec l’autre. Même quand Yoshitsune faisait mine d’être agréable, ce dernier parvenait à insuffler une note irritante à la conversation.

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Dim 13 Aoû 2017 - 14:37


RETOUR A LA MAISON
— Fratrie Nagamasa


Pourquoi. Unique pensée à l’intérieur de l’esprit de Chôgen. Autant, il y avait ce petit plaisir de se retrouver en famille, mais ce n’était pas tout. Illusion. Car le plaisir venait de disparaître une fois la fratrie installée autour de la table. Cause. Hideyoshi, l’homme le plus misérable de ce bas monde. Un père de famille qui personne ne voudrait avoir.

Le mépris, la haine, la colère, tout ces sentiments qui prenaient le samouraï à chaque fois qu’il devait passer du temps avec le paternel. Pour lui, c’est impossible de passer du temps avec celui qui lui donna la vie. Heureusement que ses semblables de la dynastie étaient présents, descendant directe de cet homme odieux et pourtant tous de cet homme méprisable.

Comme d’habitude, durant ses réunions de famille interminable, c’est le cadet de la famille qui venait de lancer le côté hostile d’Hideyoshi, avec sa position dans le fond de la chaise, avachi avec les pieds sur la table. Même Yoshi voulu intervenir pour éviter de l’énerver trop rapidement. Mais avec une tête de mule comme Kōga, c’était presque impossible.

On pouvait sentir cette tension, presque palpable, qui s’installait assez rapidement dans la grande pièce principale du dojo familiale. Même Shiro, elle aussi, donnait l’impression d’être une autre personne. C’est l’effet que l’ancien renvoie sur ses enfants. Il suffisait juste de regarder le visage de chacun des enfants Nagamasa pour comprendre qu’il ne voulait pas être ici. Chôgen aurait lui vraiment préféré se retrouver juste avec ses deux frères et sa sœur pour passer un bon moment, plutôt que de devoir supporter cette torture interminable.

Yoshi lui, de part son attitude légèrement hautaine, venait d’engager la réelle confrontation. Le paternel n’avait toujours pas dit un mot juste avant son intervention. Son regard était suffisant pour comprendre à quel point il jugeait ses enfants un par un. Mais il faut dire que Chôgen ne pouvait pas donner tort à son ainé. Aucun des enfants de la famille ne connaissait la raison de cette réunion de l’enfer. « Mon cher frère à raison sur ce point, je ne peux dire le contraire. Quand vous organisez une réunion comme celle-ci, Otōsan, prenez au moins la peine de nous expliquer pourquoi. Ca commence à devenir long pour pas-grand-chose. »

Il venait juste de terminer sa phrase et le regard perçant d’Hideyoshi venait de quitter l’iris de Yoshitsune pour venir s’ancrer dans le regard de Chôgen. Juste en voyant l’embrasement dans ses yeux, il n’était pas difficile de comprendre qu’il commençait vraiment à s’énerver. « Comment oses-tu me parler ainsi, Gaki ! Vais-je encore devoir me lever pour te rappeler que tu me dois le respect dans cette pièce ?! »

Aussi étrange que cela puisse paraître, juste après avoir entendu cette phrase, c’est son fils qui se leva brusquement de sa chaise, la poussant en arrière, qui tomba sur le sol dans un fracas de bois et de pierre. Son poing venait de frapper d’un coup sec sur la table, son visage regardant le sol et se relevant brusquement pour regarder le père. « Le respect ? Avez-vous seulement une seule fois respecté un de vos enfants, au moins une fois dans votre vie ? Entendre ce mot sortir de votre bouche ne peut que me faire sourire. L’hypocrisie qui vous hante est vraiment détestable. Mais puisque vous parlez de respect, savez vous seulement à qui vous osez parler ainsi ? Vous avez peut-être le pouvoir dans cette maison, mais en dehors, je suis bien au-dessus de vous ! »


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雷切 -Raikiri no Chôgen
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Dim 13 Aoû 2017 - 20:05
Regardant la langue rosée que sa sœur lui adressait avec amusement, il ignora un temps l'ambiance maussade qui allait emplir jusqu'aux poutres apparentes de la pièce pourtant vaste qu'ils occupaient. L'obédience pieuse était une qualité qu'aucun des quatre présents ne partageait, spécialement quand elle se devait de se diriger vers le patriarche. Si les liens du sang ne forçaient pas le quatuor à s'exercer à la contorsion morale, déviant de leurs idées premières, sûrement que la tête d'Hideyoshi aurait finie au bout d'une pique dans le quart d'heure suivant, au moins pour deux d'entre eux.

Sous-estimer le chef du clan n'était pour aucun un fait, et cela aidait au fait qu'il fut malgré ses frasques toujours là à donner ses commandements dont Kôga se réservait comme souvent sur ces derniers le droit de l'ignorance la plus totale. Parfois, il lui fallut en endurer les répercussions, chose dont le manieur de la Fossoyeuse avait pris l'habitude, la douleur et les remontrances n'ayant plus aucun effet sur sa psyché.

« Je pense que les raisons pour le mettre en colère ne vont pas tarder à arriver, que mes talons foulent la table ou le sol, Yoshi'. » Vêtu de son sourire narquois, il garda cette attitude désinvolte se balançant dans un crissement dérangeant des pieds de la chaise contre la pierre poncée. À l'écoute de leur discussion, il ne reçut comme réprimande qu'un regard noir et c'est alors qu'il s'apprêtait à lever la voix sur le cadet qu'il fut coupé dans son élan par la prose de l'homme à la longue chevelure.

Il soulevait un point intéressant quant au pourquoi de la réunion exigeant la petite troupe de Jônin. Kôga s'était présenté dans le seul but de voir ces têtes si communes et pourtant si rarement toutes présentes au même endroit, faisant fi de la réelle raison et il ne chercherait pas à la connaître si elle n'était pas mise sur la table, au contraire. Et visiblement, ce qui allait suivre empêcherait toute tentative d'écoute paisible, à son grand plaisir.

[…]

Comme une fresque qu'il avait parcouru des milliers de fois, l'issue ne tarda pas à se dépeindre de cette si commune façon aux regroupements familiaux. C'est les poings de Chôgen qui firent sortir le plus jeune samuraï de sa torpeur, le membre du Triumvirat se levant de sa chaise en manquant par la surprise provoquée de le faire dégringoler à son tour, sa seule agilité encore garante qu'il tienne dans cet équilibre précaire.

Pour être tout à fait honnête, il écouta à moitié les propos de celui qui se posait en adversaire direct à Hideyoshi, se doutant que bientôt il aurait le soutien du plus ancien des trois frères. Il se contenta d'admirer le travail d'orfèvre pratiqué sur la poignée de la Pompe Funèbre, le noir nuit de ses pupilles courant sur celle-ci avec insistance.

« Vous comptez vous battre ou discuter ? Lever la main sur un membre du Triumvirat, voilà qui est inconsidéré père... Mais bien digne de vous. » Toujours plus taquin que sérieux, que cela puisse dégénérer en rixe lui semblait presque impossible, mais il n'était pas privé d'espérer. De tous ici, il était celui dont le calme étrangement olympien détonné avec le reste du tableau dépeint, bien que la réaction de Shiro se faisait attendre.
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Mer 30 Aoû 2017 - 4:13
Assis en ces lieux où le destin fut pris de l’envie de tous les réunir. Sa respiration, paisible, à la fois lente et rythmé. Son regard meurtrier n’a de cesse d’assaillir celui de son géniteur comme pour tenter de l’assujettir.

Mais qu'y avait-il de plus désagréable que cet air impassible sur le visage de son paternel ? Cette expression, il la prenait avec tout le monde. A partir du moment où ce dernier s’était mis en tête de faire quelque chose et qu'il était décidé à rester sur cette décision, c'était systématiquement ces traits méprisants qui revenaient. « Et combien de personnes devront encore perdre la vie pour vous prouver votre égoïsme vieil homme ? » renchérit-il. Il soupira, regardant ses frères pendant quelques secondes, comme pour enfin endosser ce rôle qu’était sien avant de reposer les yeux sur le patriarche. Yoshitsune n'aimait foncièrement pas les conflits, il les fuyait comme la peste, préférant de loin laisser débattre sa lame. Hideyoshi était l'un des rares qui avaient la "chance" de pouvoir se disputer parfois avec lui, si c’était une chance. Et encore, le mot est fort. « Il est grand temps que vous réalisiez... L’emprise du passé et la peur que vous nous inspiriez vont finir par se retourner contre vous à l’image d’une nuée de lames si vous poursuivez sur de tels chemins.. » Sans doute n’allait-il en faire qu’à sa tête comme à son habitude. En même temps à quoi s’attendait là notre jeune protagoniste ? Un changement de la part de celui, qui eut tenté de le monter contre son propre sang des années plus tôt ? Tentative futile. Il avait bien fallu se rendre à l'évidence qu’il avait toujours agi de la sorte et jamais il ne changerait. Yoshitsune l’observa un instant - dans le blanc des yeux puis balaya l'atmosphère pesant d'un geste de la main dans le vide, comme pour se débarrasser de ces vils espoirs qui trottaient dans ses pensées. Tandis que la cadette réagit avec une rapidité étourdissante.

« Comment oses-tu ? Comment osez-vous tous les trois ? » s’exclama la jeune Kunoichi

Elle fit volte-face et, sans la moindre hésitation, gifla Yoshitsune à la volée. Le bruit de la claque résonnant dans le silence des lieux. Le jeune éphèbe ne broncha pas, ne porta pas même la main à sa joue rougie.

« Je suis désolé, Shiro.. » prononça celui-ci, laissant tomber son verre contre le sol. « Mais je ne suis nullement venu me réjouir de cette douce mascarade que sont nos tristes retrouvailles. Je ne sais pas ce à quoi je m’attendais de toute façon. Il marqua imperceptible temps d’arrêt, mais ce fut tout. Je ne suis d’ailleurs pas déçu qu’un homme de votre attirail, Hideyoshi ne prétende pas vouloir féliciter la promotion de mon très cher frère. »

A l’ouïe de ses paroles, les chaînes qui retenaient le quatuor, paraissaient comme se détériorer ; libérant déjà trois des cavaliers de l’apocalypse : Conquête, dont la soif intarissable de pouvoir ne connaissait nul limite, tant il était fier de tenir tête à son paternel ; Guerre, qui attendait patiemment que le vase déborde pour enfin pouvoir s’abreuver du sang qui emplirait les lieux ; et Mort, a qui la vieillesse avait épargné bien des maux.

« Toutefois… » insista farouchement Yoshitsune. « Si je suis venu, c’est plutôt pour contempler de mes propres yeux l’empire dont mon prédécesseur exultait tant les mérites s’écrouler. Et à vrai dire, je ne suis pas déçu. Il faut dire que je ne m’attendais pas à grand-chose de ce piètre momento. Autant votre empire que votre réputation n’est rien d’autre que le vestige du joug que notre grand-père exerçait sur vous tous. Cela en est d’autant plus décevant, quand on sait qu’il a légué à vous, vulgaire cloporte doublé d’une hypocrisie sans mesure. »

Courageux ? Non. Folie passagère ? Plausible mais non. Il y avait comme un diable qui rampait sous sa peau, des rides de fatigue qui saignent son regard ; les élans d’adrénaline secouent sa carcasse d'ivoire, métastases rampantes, frénétiques et nauséabondes, hurlements latents, dévorent et inondent. La houle se presse, les méandres se dressent, œuvre despote d’un homme sans état d’âme, apôtre d'un colosse livide qui des braises de ses iris transperce d'une dévotion sans pareille.

Mâchoires scellées de clameurs impies, L’aîné de la fratrie maudite sait se faire silence : peut-être est-ce la peur qui le hante ; alors ainsi soit-il, pourtant jamais plus il ne veut faire partie des hommes qui dès lors rampent à aux pieds des puissants, sourires figés de paroles désormais fanées.

« Il est sûr que vous devez fulminer de rage, mais hélas tous que j’ai dit n’est que pure vérité. Vous ne serez bientôt plus que les véhicules d’une ère lointaine… » s'éfforca t-il de parler avec tact avant de sourire faiblement « D’ailleurs j’ose espéré ne pas être présent, la prochaine fois que vous manquerez de respect à l’un des représentants de notre village… Ou alors vous tâterez cette lame que vous avez vous même aiguisé. »


Aux premières caresses du vide, lorsque l'écho des lamentations, des argumentations a laissé place au silence cinglant, le rythme se brise, encore. Réminiscences de ces esquisses clémentes, douceurs sincères et croyances ferventes ; crépuscule d'un beau matin qui à jamais s'est éteint. Sanglants sont les étendards du rejet de la dévotion, fleuves vermeils d'interdits soudains, engeances de la rébellion dont les tempêtes furieuses naissent des douleurs aux teintes carmin, de ces couteaux baignés de savoirs enfantins.

Effréné, il exerce sa poigne, doigts puissants qui creusent la pâleur de sa peau, coupant les fleuves noirâtres de ses veines arquées, et pointe sa lame vers son géniteur à l'image d'un justicier rendant sentence. Il y a des rancœurs ardentes qui plongent leurs serres dans la foi asséchée d'une humanité bouleversée, mausolées brisés de guides oniriques et de penseurs empiriques. Bellone exalte, protectrice assouvie ; la révolte taille dans ses veines les évangiles d'une passion profane, meurtrie.


Raahahahahahaha... Vous trois, vous semblez avoir oublié qui je suis.

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Sam 2 Sep 2017 - 11:54


RETOUR A LA MAISON
— Fratrie Nagamasa


La tension était palpable autour de cette table, dans la famille Nagamasa. Une tension qui était de plus en plus présente, que les enfants du grand Hideyoshi n’arrêtaient pas de faire augmenter. Il suffisait de voir les propos que venait de tenir les deux frères de Chôgen pour comprendre. Même le plus jeune d’entre eux comprenait que c’était l’une des pires idée de s’en prendre à un membre du triumvirat. Malheureusement, cela ne semblait pas du tout atteindre leur père, qui du haut de sa tour d’ivoire se sentait tout-puissant, gardant ce contrôle sur sa famille comme il l’a toujours fait.

Mais ce contrôle en question, allait bientôt disparaître, car à force de jouer avec le feu, n’importe qui se brulera, Hideyoshi n’étant pas exclu dans ce cas là. Comme dans son habitude, avec son allure nonchalante, Yoshi s’amusait à lui faire monter les nerfs. Mais peut être un peu trop ce coup-ci. Les mots qu’il venait de dire n’avaient du tout fait rire l’unique fille de la famille, qui venait d’envoyer sa main a la rencontre du visage de l’ainé. « Shiro... » venait de dire Chôgen, sur un ton légèrement surpris, ne sachant pas quoi dire de plus, ne comprenant pas du tout le geste de sa sœur.

Toujours en écoutant ce que son frère avait à dire, un peu comme s’il voulait vider son sac, dire toutes ses pensées, concernant cette famille, concernant Hideyoshi ainsi que la piètre image qu’il renvoyait. Le clan Nagamasa avait perdu de son honneur, son nom n’était plus aussi puissant et craint qu’avant, tout cela à cause d’une unique personne. « Je ne peux que rejoindre mon frère et son avis. Qu’avez-vous fait pour cette famille ? Tous vos choix, vos actions, tout cela, c’est uniquement pour votre propre bien, votre réputation. Est-ce que ça vous arrive, de temps à autre, de penser à vos enfants, père, ou même pour ça vous n’avez pas le temps ? »

Tout cela ne plaisait pas du tout au père de famille, qui semblait bouillir intérieurement. Le Gunjiteki lui, restait sur ses gardes, car il connaît très bien la colère de son paternel, capable de démarrer au quart de tour, de faire du mal même a ses enfants, sans même lâcher une larme. « Et vous, alors ? Vous avez sûrement oublié que nous, vos enfants, nous sommes fait du même bois que vous. Nous avons suivi votre enseignement, votre entraînement. Aujourd’hui, cette emprise que vous pensez exercer sur nous n’est plus que poussière. Est-ce donc cela qui vous fait tant peur ? Le fait que vos propres enfants ne vous voit plus comme quelqu’un de supérieur, mais uniquement le monstre que vous êtes ? »

Ceci était peut-être la phrase de trop. La tension venait de devenir haine. La frustration se changeait en colère. « Je n’arrive plus à vous reconnaître... Je pensais toujours pouvoir te faire confiance Chôgen, mais regarde ce que tu fais aujourd’hui, qu’est-ce qui te prend ? » D’un côté, Shiro n’avait pas tout à fait tord. Pourquoi aujourd’hui, pourquoi maintenant ? Ils avaient déjà eu mainte occasion pour avoir cette discussion avec Hideyoshi, mais ils avaient choisi de faire ça aujourd’hui, pendant les retrouvailles familiales.

Mais Hideyoshi lui, n’avait pas du tout apprécié que sa fille parle à sa place. Il n’avait pas besoin d’une gamine pour prendre sa défense, surtout pour dire des choses comme ça. Le geste venait alors de partir. Une gifle sur le visage pur de l’unique fille Nagamasa. Aucune honte de son côté, il était même presque fier d’avoir fait ça. « Je ne t’ai rien demandé à toi ! Comment osez-vous me manquer de respect comme ça ?! Avez-vous besoin que je vous remette à votre place pour vous faire comprendre qui dirige dans ce clan ? »


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Dim 3 Sep 2017 - 15:38
Dans ce cataclysme de mots et d'actions, le plus jeune de tous était bizarrement le moins impétueux, le plus isolé de ces mots qui semblaient lames, poignards ; armes blanches toutes immaculées qui venaient menacer la respiration du patriarche de leurs tranchants sans que la cible en soit effarouchée de quelque façon que ce soit. On pouvait reprocher bien des choses à Hideyoshi, mais ressentir la peur et en être la victime tétanisée n'en faisait pas partie. Kõga avait hérité du trait prépondérant de son paternel, bien qu'il n'eut à ce moment aucune raison de s'inquiéter. Ni quand Chôgen leva la voix, ni quand Yoshitsune le suivit dans un récital qui voulait accabler ; démontrer. C'est ce que l'âiné présent autour de cette table illustrait toujours le mieux. Cette envie irrépressible et ce besoin tenace de tenir en joug les menaces et les erreurs ; ce contrôle d'acier qui ne s’embarrassait pas d'un gant de velours. Il respectait cette facette de sa personnalité mais n'avait cure de ces querelles familiales courantes, qui dans le cas précis commençait doucement à déborder de l'habituel vidage de sac pour se transfigurer en règlement de comptes pur et dur. Et dieu savait que Kõga avait des choses à dire, à faire valoir. Comme ses frères, il avait vécu la dureté de l'entraînement, les quolibets et la torture psychologique ; les journées dans le froid à se croire abandonner. Il avait senti son cuir se tanner, son sang ruisseler sur ses cotes apparentes ; il avait subit l'épreuve de la quinzaine dépassée.

Mais tout cela avait fait de lui cette machine, cet apôtre de courage et de mutisme, rien qui pouvait étonner ensuite quand dans cette joute, il ne prit parti, se contentant dans le premier temps d'administrer à ses rivaux fraternels des regards à l'instar de ses yeux d'un terne sans vie. C'est pourtant à lui que s'adressa la kunoïchi magnétique en même temps qu'aux deux autres Bushi quand elle brima ces pulsions propres aux mâles du clan de vouloir clarifier une situation qui dépassait la décade par nombres d'années. Il se contenta d'ignorer et ne prit pas peine de répondre quoi que ce soit, roula des yeux puis les fixa dans ceux de sa chair et son sang ; on pouvait y lire toute la pitié qu'il avait pour celle qui se tenait entre ses êtres chers, tampon qui n'allait pas pouvoir encaisser le choc qui glissait vers eux.

Et le choc s'imprima dans cette réalité vive et incolore en la paume de la blanche sabreuse qui vint heurter le plus vieux de la confrérie après leur père. Il reçut le châtiment sans broncher d'un centimètre, ce qui décrocha un rictus au cadet qui s'amusait réellement, ses émotions se mêlant sans qu'il cherche à les appréhender ou les dompter. Tout ce qui importait maintenant la suite, sorti de sa torpeur par les poings du Gujinteki et maintenant curieux de la tournure prise.

Le venin de Yoshi était corrosif, un cap avait clairement été franchi. Il s'était permit de rabaisser le patriarche d'une façon assassine, le crochet du droit verbal venant sûrement heurter le renard qu'il était sans que de prime abord il en décrivit les signes, ce qui n'allait pas tarder. Il venait de le qualifier de passé, ce qui en soit était un fait établi ; le futur Nagamasa se tenait là, dans ce quatuor détonnant, dont chaque individu imposait par ses différences une vision totalitaire et commune où régnait les Lames à l'Ouroboros.

Un rire sardonique glissa hors de la gorge du père. Il cachait derrière celui-ci la justesse des frappes de son fils.

Son égoïsme fut ensuite mis en valeur par Chôgen, ainsi que le fait que le vieux faisait péricliter la maison Nagamasa, ce qui se tenait aussi. Avec un autre aux rênes, qui savait ce que pouvait accomplir les natifs de Tetsu.

Alors que tous se dressaient contre la figure paternelle, c'est sa fille qui s'éleva encore entre eux et vint blâmer le possesseur de Purgatoire, chose pour laquelle elle fut récompensée. Ô quelle récompense. D'une main il heurta le faciès laiteux de sa progéniture. Kõga tressaillit alors, et il vint presque à contester son geste, s'il n'avait pas été le résultat de son opposition à ses plus proches.

Dans tout ça, le Jônin se contenta de se redresser un peu sur sa chaise, retrouvant une sérénité étrange au sein de l’œil du cyclone, comme s'il se complaisait de mœurs si tranchantes ; comme le serpent qui siffle venait de trouver un nid d’œufs à contempler. Il était le fils prodigue mais prendre la défense du vieux semblait inutile, et d'un désintérêt le plus total tant les mots étaient vrais, pensés et macérés depuis longtemps dans le crâne de ses deux frères. « Vous devriez savoir plus que personne qu'un clan n'est qu'un amas de membres. La tête de l'hydre pense, le corps agit. Si on sectionne ces deux parties, alors... » Ce furent ses seuls mots, impassible et balançant toujours sur sa chaise avec allégresse, décomplexé.

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« Take me down to the river bend
Take me down to the fighting end
Wash the poison from off my skin
Show me how to be whole again
. »
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Dim 3 Sep 2017 - 19:07
Juste l’espace d’un bref instant, Le fervent bushido en oublia même de respirer. Les yeux fixés sur l’autre homme, sur l’éminence qu’était Hideyoshi. Les paroles de celui-ci résonnaient amèrement aux oreilles de Yoshitsune. Comment un être ayant servi avec tant d’instance pouvait s'opposer à lui si aigrement ? Un silence en suspension nappa la pièce. Yoshi demeura muet un instant, son regard fixant le visage âpre du “régent”. Le sien fut soudainement tiré dans un rictus d'exécration primale, fielleux. Habituellement, il ne laissait nullement droit à ses émotions singulières de son âme vernir ses iris. Pourtant là, Yoshitsune le laissait quérir des réponses dans le gouffre de ses pupilles, y décelant des promesses non dites, quelque chose à désirer à nouveau, un objectif, un but. Un phénix dont les ailes incandescentes avaient bordé les terres de Tsuchi no kuni, quartier général d'un conte lascif.

Après un rire aux éclats plutôt long, c'est avec son flegme habituel que le successeur d’Hideyoshi, attendait, anxieux, une réaction qui tardait trop à son goût. C’était à peine si on pouvait remarquer une véritable réaction de la part du Père Hideyoshi, confirmant piteusement que son rang aussi illustre soit-il ne comptait plus - que son nom ne valait rien de plus qu’un nominatif sur une boîte aux lettres, entendu héler dans la rue, en Taki ou ailleurs. Personne ne se tendait à un souvenir aussi anodin. Personne ne se rappelait d’une bêtise pareille, du reste. La digression l’amuserait presque s’il n’était pas aussi nerveux à l’idée de découvrir ce qui allait suivre – nerveux, mais aussi rempli d’une haine viscérale.

Pourtant, cet espoir, il s’effondra d’un seul coup quand le paternel, dont le regard s’était fait féroce pendant une poignée de seconde, brisa le silence pesant pour lâcher les circonstances de son effervescence. Le karma changeant à l’image de la roue de la fortune. Son cœur se serra à l’idée que sa seule famille ait été fauchée par Hideyoshi, mais son vis-à-vis ne lui laissait guère le loisir de s’apitoyer sur son sort.

P-Père ? s'étonna Shiro

Le patriarche se fit violence avant d’envoyer ondoyer son bras, se saisissant de la chair de sa chair par la gorge. Soulevant son enveloppe charnelle à l’image d’une feuille qui s’envole. Comme dit plutôt, elle aurait dû méfier de cet homme se distinguant du lot de par l'obscurité de l'aura qu'il dégageait. L'atmosphère autour de lui était toujours radicalement différente de celle alentours, comme si un halo spirituel enveloppait perpétuellement son être dans un périmètre défini, imposant une sensation oppressante à quiconque venait à y pénétrer. Il était loin d'être sociable et pas vraiment des plus engageant ; il le savait et se confortait dans cette situation, préférant le calme et le silence de la solitude à l'agitation et au bruit de la compagnie. Nonobstant, en cet instant, un rictus se dessina sur ses lippes lorsque leurs iris se croisèrent à nouveaux et que les teintes hétéroclites se heurtèrent à celles d'un océan glacé.

ㅡ « Tu sembles constamment désireuse d'empiéter là où les autres dominent. Te serais-tu égaré mon enfant ? »

D'un mouvement vif, il repositionna son visage en face de cette cible. La encore, Hideyoshi comptait bien remplir ses fonctions de mâle dominant - imposant sa version des choses. Ses pupilles rougeâtres éclataient d'une nitescence immaculée, après que ses paupières se soient fermées un instant pour laisser découvrir un regard exprimant à souhait toute la volonté de son propriétaire. La lueur incandescente de sa détermination donnait un éclat coruscant à ses pupilles de rubis. Un panache blanc se formait à son souffle échappé, s'envolant dans les airs avant de s'évanouir en l'espace d'un instant. Chacun de ses muscles était tendu, optimisant sa capacité et sa vitesse de réaction face à cet opposant. Cette discussion s'annonçait on ne peut plus âpre ; Yoshitsune devait être sur ses gardes et ne pas offrir la moindre faille à son vis-à-vis. Figé dans la position de garde qui lui avait été inculquée par celui qui lui avait enseigné jadis les arcanes d'une défense parfaite, il serait prêt à réagir au quart de tour lorsque son paternel tenterait d’agire, offrant ainsi le signal de départ de cette lutte dantesque. Ils demeuraient là, tous les deux, à se regarder comme de grands fauves, chacun attendant patiemment que l'autre ouvre le bal le premier, et commette le premier pas.

Ses veines s'embrasèrent. Son être tout entier s'ancra dans ses instincts primitifs. Sa prestance gonfla, lugubre augure de carnage. Son désir de destruction, son appétit pour la violence, ne fit que croître, lui nouant les entrailles. Sa rage viscérale paralysa sa langue, alors que son être tout entier semblait se rétracter. Ses muscles s'enchâssaient les uns dans les autres, formant une mécanique parfaite et absurde. Ses iris devinrent acérées. Sur son front jaillissaient les vaisseaux sanguins. L'apogée de sa colère. Yoshitsune était hors de lui.

Ses yeux le jaugeaient avec une animosité inquiétante, une attention que même les membres de son clan ne lui eût jamais accordée. Tant elle l’amusait, tant elle le fascinait. Son visage ayant perdu quelques couleurs, s’enfonçant un peu plus dans sa rage. Il avait les yeux grands ouverts, écarquillés, morts de frousse, les lèvres bleues à force de les serrer l’une contre l’autre. Il brûlait de demander si c’était un châtiment à son égard, mais il y avait tellement de rage contenue dans ce regard qu’il n’osa demander ce qui aurait pu être pris pour une provocation. Il connaissait tellement ce regard - celui qui voulait dire que son jouet ne l'amusait plus qu'il en était terrifié.

« Quand bien même elle a pu te paraître insolente, pardonne-là ! Ils n’ont rien à voir là dedans, Hideyoshi » vociefera t-il comme implorant la pitié de son paternel

Il l’avait craché d’un seul souffle, d’un ton empli de rancœur et de rage qui ne masquait que partiellement son appréhension. Sa main s’était crispée sur le manche de son katana pour ne pas trembler, mais il tremblait quand même. Ses yeux apeurés fixaient l’autre, inquiet de sa réaction.

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