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Le saké réchauffe, parait-il ! [ft. Inuzuka Fujin]


Ven 4 Aoû 2017 - 20:07
Dans le froid montagneux de Kumo auquel Deadra ne s’habituait pas, un soir plus froid qu’il n’en avait jamais vu sous ses trois couches de vêtements, le ninja récemment diplômé Genin ne trouvait rien à faire. Se remuant les pouces inlassablement, il passait le temps en essayant de reproduire avec son argile les visages qu’il voyait passer depuis la fenêtre de son studio de 7m². Il avait déjà vidé toutes ses réserves de chakra à créer des centaines de répliques de ces visages. Si quelqu’un rentrait à cet instant dans son appartement, il jurerait qu’on le prendrait pour un fou. En plus, à l’évidence, il préférait s’entraîner à répliquer des visages féminins. Il tentait depuis une heure de se motiver à aller acheter quelques pots de peinture pour s’y entrainer mais tout ce qu’il avait réussi à faire était d’enlever ses chaussures. La fainéantise des Nara avait dû le contaminer. Mais le vent dehors était trop fort et trop froid pour son fragile métabolisme. S’il sortait maintenant, il attraperait toutes les maladies qui trainent sur cette maudite montagne. Il remarqua un défaut de taillage sur la dernière tête qu’il avait faite, ce qui le motiva à se relever de son lit de mort. Prenant une petite lame, il rattrapa son erreur à la main et souffla : il n’avait à nouveau plus rien à faire. Il regarda par la fenêtre ; un nuage passait juste au-dessus. Après une profonde inspiration, il revêtit ses chaussures et enfila une cinquième couche, un long manteau à capuche beige.

- Yosh ! On se motive ! se dit-il comme s’il essayait de se convaincre.

Un pas, deux pas, trois pas, esquiver les quelques visages d’argile qui trainaient par terre, et voilà que Daedra se retrouvait en face de sa porte. Il attrapa un des masques qu’il gardait en réserve à côté de la porte puis sortit finalement. La résidence était aussi propre que d’habitude, mais les couloirs étaient également toujours aussi blancs, lui rappelant furieusement les murs d’un hôpital. Bientôt peut-être recevrait-il sa première mission, pensait-il alors qu’il arrivait enfin dehors. Le vent le frigorifia instantanément. Il en jouait un peu, mais la sensation de froid n’était vraiment pas quelque chose qu’il affectionnait particulièrement. Dans la rue, à cette heure, la plupart des magasins fermaient. Sur toute une rue, il ne trouva d’ouvert qu’un stand de saké. Mais son magasin favori ne se trouvait qu’une rue plus loin, et d’habitude, il ne fermait qu’une demi-heure plus tard. Il affronta le vent de face encore quelques mètres, jusqu’à pouvoir tourner et enfin se retrouver devant le magasin dévoué à l’art, son magasin fétiche. À son grand désarroi, il le trouva fermé, avec une note d’excuse, presque directement dédiée à lui : « Désolé, les vendeurs aussi peuvent tomber malades, revenez plus tard. »

- Hm… Comme par hasard… dit-il avant d’éternuer dans son masque.

Dans un dégout palpable, il arracha son masque et le jeta dans une poubelle qui n’attendait que d’être utilisée, quelques mètres plus loin. Déçu, Daedra fit demi-tour. Cette fois, le vent lui taperait dans le dos, pensa-t-il. Mais comme un fier guerrier de Kumo, il prit son courage à deux mains et enjamba le pas pour rentrer à la maison. Il repassa devant tous ces magasins fermés, les regarda uns à uns ; il aimait beaucoup faire les magasins. Il s’arrêta finalement devant ce stand de saké, et ne voulant pas être sortit pour rien, souleva le bout de tissu qui portait le nom du stand, et s’assit à l’un des trois tabourets qui étaient disponibles. Retirant sa capuche et ses gants, il commanda un petit pichet de saké. Après s’en être servi un premier shooter, il l’avala pour s’en servir un nouveau.

- Dure journée ? commença le vendeur.
- Oh, pas spécialement, le vent est froid, voilà tout, lui répondit-il d’un sourire.
- Ah si ce n’est que ça alors ! Oh, bienvenue !

Avait-il l’air triste ? Fatigué ? Oh fatigué il l’était, essentiellement par le froid, et peut-être aussi un peu à cause des centaines de visages d’argile qui dormaient dans son studio, qui avaient vidées sa réserve de chakra. Mais le vendeur avait dit bienvenue, et quelqu’un était entré à son tour. C’était un autre ninja de Kumo qui s’assit à son tour. Daedra se servit à nouveau du saké puis l’avala. Voir des gens, c’est tout ce qu’il voulait. Mais il n’avait jamais vraiment su comment aborder quelqu’un. Mine de rien, il releva pourtant la tête et (certainement que le saké réchauffant l’intérieur de son corps n’y était pas pour rien) s’adressa au nouveau venu.

- Bonsoir ! Je vous offre de mon pichet ?

Bon, après avoir tourné la tête en la direction du ninja, il remarqua finalement que c’était un homme. Non pas que cela lui donnait envie de revenir sur sa proposition, mais il aurait tout de même préféré voir apparaître une jolie femme ; avec de jolies courbes.


Dernière édition par Chôkoku Daedra le Sam 5 Aoû 2017 - 14:38, édité 1 fois
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Sam 5 Aoû 2017 - 14:22

"Putain de froid ..."

Fujin fit surgir de son briquet une petite flamme vacillante, et alluma la cigarette qu'il avait coincée entre ses lèvres. Avec le vent désagréablement zélé qui parcourait les venelles de Kumo, se promener dehors n'était pas une activité particulièrement plaisante. Mais elle était nécessaire. Kong détestait rester enfermé toute une journée sans pouvoir aérer sa truffe. Et comme Fujin craignait pour la sécurité de son ninken depuis qu'il avait fait la connaissance de Kira, qui n'avait pas tari de menaces de mort, il ne laissait plus Kong sortir seul, quand bien même il portait un bandeau de Shinobi semblable à celui de son maître autour du cou. Le froid semblait nettement moins déranger Kong que Fujin, cependant. Parce qu'il était recouvert d'une épaisse fourrure parfaitement adaptée à ces températures, il pouvait sans mal supporter le vent et les accalmies. A l'inverse, Fujin avait du relever le col de sa veste. Et il regrettait sa coiffure, qui ne lui tenait chaud que sur le milieu du crâne ...

Les deux comparses marchaient à quelques mètres de distance. Fujin pestait intérieurement contre les températures, regrettant le climat beaucoup plus clément, même dans les hivers les plus rigoureux, de Hi no Kuni. Kong sautillait joyeusement sur les pavés. La nuit commençait à tomber sérieusement. Les rues étaient vides, de toute façon. Pas un bon jour pour les commerçants, sans doute. Quelques étoiles pointaient déjà le bout de leurs rais dans le ciel. Fujin souffla un nuage de fumée qui se perdit dans l'air. Il avait furieusement besoin de se réchauffer les entrailles, à commencer par le gosier. Et, comme répondant à sa prière tacite, il aperçut dans une rue adjacente une échoppe encore toutes lumières allumées.

"Attends-moi dehors, hm ? Et t'éloigne pas trop."

Il laissa ainsi Kong devant la boutique, et y entra lui-même, soulevant les tissus devant lui. Il y avait un autre client. Fujin prit place sur un tabouret, et regarda avec curiosité cet inconnu qui lui proposait d'emblée de partager sa boisson. Est-ce qu'il était saoul ? Il détourna finalement le regard, pour le diriger vers le patron.

"Donnez-moi un pichet, si'ouplaît."

Une fois servi, il but d'emblée une bonne gorgée de la boisson, qui ne tarda pas à lui réchauffer les tripes. Il se sentit tout de suite beaucoup mieux, et plus à l'aise. Il oubliait le froid, l'espace d'un moment, et remarquait le bandeau que portait son camarade de buvette.

"Z'êtes un Shinobi aussi ? Les temps sont plutôt calme, en ce moment, vous trouvez pas ? J'suis Inuzuka Fujin, un Genin qui trouve le temps long et froid. Vous ?"


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Sam 5 Aoû 2017 - 15:03
Le nouvel arrivant s’était détourné de Daedra pour commander son propre pichet de saké. Non pas que Daedra en était blessé, mais ça devait bien être la première fois qu’il tentait une approche par lui-même, et elle lui était refusée. Le grand bonhomme portait une fière iroquoise rouge, ou peut-être bordeaux, et avait comme des crocs rouges, dessinés sur ses joues. À la vue de son visage, Daedra lui donnait la trentaine, pas plus, pas moins. Puis le ninja se présenta : Inuzuka Fujin ; Daedra n’avait jamais entendu ce nom. S’il s’agissait d’un clan, il venait probablement d’un pays étranger. Son visage était marqué par la guerre, son regard par la mort. Puis, l’Inuzuka indiqua qu’il était un Genin. Quelle ne fut pas la surprise de Daedra d’apprendre qu’un homme de trente ans était au même rang que lui. C’est à cet instant qu’il remit en question l’âge de son nouvel interlocuteur. Un genin qui trouve le temps long et froid, ah, il lui avait piqué sa réplique. Il n’y avait pas de Genin qui trouvait le temps plus long et plus froid que Daedra. Pas un seul.

- Hm, oui, j’ai été diplômé Genin quelque chose comme hier, dit-il en avalant une nouvelle gorgée de saké. Moi c’est Chôkoku Daedra ! Vous êtes un Genin ? Mais vous avez quel âge ? Je pensais que vous étiez un Junin, au moins.

Daedra remarqua le chien qui était resté en dehors de l’échoppe, mais il n’en dit pas mot. C’était une belle bête, en tout cas. Le Chôkoku de Kumo attrapa son pichet et le balança de gauche à droite, remarquant avec désespoir qu’il était vide.

- Un deuxième s’il vous plaît, commanda-t-il avant de se retourner vers le shinobi qu’il venait de rencontrer. Vous avez déjà fait des missions ? J’ai entendu parler d’équipes, mais je ne sais pas comment ça se passe…
- Voilà un deuxième pichet ! servit le propriétaire de l’échoppe, toujours tout sourire.

Mais Daedra ne cessait de dévisager gentiment son nouveau collègue, Inuzuka Fujin. Il avait un regard que Daedra connaissait. Ce genre de regard qui, si l’on n’y fait pas réellement attention, apparait comme mauvais, mais qui finalement est empli d’histoires.

- C’est marrant, on croirait que vous êtes dépassé par le monde… pardon, je vous pose une question et je ne vous laisse même pas répondre, excusez-moi, conclut-il en buvant encore une gorgée de saké, les joues déjà rougies par l'alcool.
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Sam 5 Aoû 2017 - 15:59

Fujin considéra un instant ce jeune homme qui se tenait assis à côté de lui. Chôkoku ? Un nom qui ne faisait que vaguement écho dans son esprit à quelque chose qu'il avait du lire à la bibliothèque, certainement. En tout cas, ça n'était certainement pas un nom typique de Kumo. Peut être qu'il était originaire d'une contrée étrangère, lui aussi ? Allez savoir, peut être que ces Chôkoku formaient un clan réputé dans leur pays, et qu'ils avaient des capacités terrifiantes de puissance. Toujours est-il que celui-ci avait la parlotte. Il faut dire que Fujin l'avait bien lancé. Mais, s'il avait été enjoué par la soudaine chaleur procurée par l'alcool, il était maintenant refroidi à nouveau par les derniers mots de son comparse.

Il laissa son doigt parcourir un instant le bord de sa coupe encore à moitié pleine. Il était soudainement devenu songeur. Puis, comme s'il revenait à lui, il répondit d'un bloc au flot de paroles déversé par le Chôkoku, mais d'une voix nettement moins chaleureuse qu'avant, une voix grave et presque emprunte de mélancolie.

"Félicitations pour votre diplôme. Vous verrez, c'est pas si mal comme vie. Oui, je suis un Genin, et je n'ai que vingt ans. Rien d'inhabituel, quoi. Dans la norme, tout pile. Rien de franchement excitant non plus. Pour les missions, c'est calme en ce moment. Et les équipes, on vous contactera, j'imagine."

Et il se replongea dans un mutisme aussi soudain que pesant. Ses yeux étaient plongés dans le vide. Le museau de Kong passa au travers des tissus qui barraient l'entrée de l'échoppe. Le ninken avait senti le changement d'humeur soudain de son maître. Sans doute la relation privilégiée que les Inuzuka entretenaient avec leur ninken, et qui était à double-sens, n'était pas étrangère à l'espèce de synergie qui s'était mise en place il y a longtemps, maintenant, entre Fujin et Kong. Le ninken donna un léger coup de museau sur la main de son maître, qui lui répondit d'une caresse machinale.

"Dépassé par le monde ... Oui, c'est peut être le mot."

Sa voix était devenue plus rauque encore qu'avant. Les yeux toujours fichés sur le fond de sa coupe, il continua de parler, comme pour lui-même. Pourtant, il était certainement conscient que le Chôkoku et le patron de l'échoppe étaient réceptifs à ses mots.

"Je suis né à Hi no Kuni. J'ai vécu toute mon enfance dans le sang et les larmes. Mon clan était dispersé dans tout le pays, et avait perdu son unité d'antan qui faisait qu'il était craint et respecté. Les Inuzuka étaient devenus une proie comme une autre pour les soldats zélés qui se déchiraient le pays. Mes parents sont morts, et on s'est réfugiés, Kong et moi, à Kumo. Pourtant, c'est un poids énorme qui pèse sur mes épaules. Terrible, certainement."

Il but une longue gorgée de saké. L'alcool n'avait plus maintenant le même effet vivifiant qui lui avait été si agréable quelques instants seulement auparavant. C'était tout juste s'il parvenait à lui embrouiller légèrement les pensées.

"Savez-vous seulement ce que ça fait d'être l'un des derniers des siens ? Si jamais je dois mourir, qu'est-ce qui me dit que toute la culture de mon clan ne va pas disparaître ? Des siècles de coutumes, de pensées, d'us qui se perdront ... Et par-dessus tout, des années qu'il me reste à vivre dans la solitude. Un cousin, c'est tout ce qu'il me reste. Alors, oui, je suis plutôt dépassé par le monde. Ou plutôt, j'ai arrêté de lui courir après depuis longtemps."


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Sam 5 Aoû 2017 - 16:43
Daedra ne pensait à rien de mal lorsqu’il mentionna comme le regard de Fujin en disait long sur lui. La vérité, c’est qu’il trouvait qu’ils se ressemblaient sur ce point. Mais il comprit vite combien l’Inuzuka avait une blessure très profonde qu’il n’avait su qu’entrevoir. Son timbre de voix changea si soudainement, et son regard se figea si rapidement que Daedra se retrouvait dépassé par ce qu’il avait lui-même dis quelques secondes auparavant. Inuzuka Fujin semblait plus triste que jamais, et c’était la faute de Daedra. Alors ce dernier mit la main dans sa réserve d’argile et en pris un peu, suffisamment pour faire une œuvre d’environ dix centimètres de hauteur. Il mâchouilla l’argile de sa main droite en tentant de montrer un sourire désolé à Fujin.

- Je suis navré, c’est sorti si naturellement… Je ne suis pas du genre à avoir de filtres, faut-il croire. Vous savez, tout ce que je connais de mes origines, c’est cette étrange capacité qu’ils m’ont laissé. Je dirai que j’en ai bien moins bavé que vous, puisque je n’ai aucun souvenir de tout cela, mais je n’ai jamais connu mon clan et je ne porte leur nom que parce que l’on ne me laisse pas porter le nom de ma famille adoptive, les Nara. Je serai certainement devenu un ninja d’Iwa, si les choses s’étaient déroulées autrement… Mais voilà, mon père adoptif est la personne qui a tué mes parents. Si un jour les ordres sont d’attaquer Iwa, alors il est très probable que je tue des cousins, des cousines, des oncles ou des tantes… J’ai le cul entre deux chaises, vraiment… Ah, voilà, c’est prêt.

Il laissa sortir de sa main une petite statuette qu’il avait faite à l’effigie du chien de cet homme, puis lui tendis avec un sourire désolé encore plus expressif.

- Vous n’êtes pas seul. Il y a cette belle bête, qui semble vous affectionner particulièrement, et puis il y a ce village qui vous a laissé rejoindre cette grande famille qu’il représente, en tout cas à mes yeux. Ah, et désolé pour la statuette, au départ j’étais sorti acheter de la peinture, alors j’aurai pu la perfectionner. J’espère qu’elle vous plait comme ça. Ne vous inquiétez pas, je n’y ai pas mis de mon chakra, elle n’explosera pas, conclut-il en souriant également avec sa main droite, puis, l’observant, fit une remarque : C’est dingue, je ne m’y habituerai jamais, ça a vraiment quelque chose de dégoutant, haha.

Le patron de l’échoppe mit une assiette entre Fujin et Daedra ; remplie de lamelles de porc grillé.

- Tenez, offerts par la maison ! dit-il avant de se rasseoir.

Remerciant la gentillesse de l’homme, Daedra attrapa l’une des lamelles de porc grillé et la mangea avant de boire une nouvelle coupelle de saké.

- Vous savez, j’ai tenté de m’enfuir d’ici une fois, je voulais retrouver mon clan. Mais j’ai changé d’avis –pas tout seul évidemment-, pourquoi courir après le passé, lorsqu’on peut se construire un futur heureux ? C’est ce que j’ai décidé de faire, à ma manière ; je défendrai le clan qui m’a donné un foyer lorsqu’il aurait pu m’abandonner, bambin, sur le champ de bataille… Je défendrai, jusqu’à la mort, le village qui m’a accepté comme l’un des siens alors que j’étais la progéniture d’un ennemi… Tel est mon but, aujourd’hui.

Se resservant une coupelle, Daedra la tendit vers Fujin, attendant de pouvoir trinquer avec lui.
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Dim 6 Aoû 2017 - 14:38

Un seul regard à la statuette d'argile que lui tendait le Chôkoku suffit à Fujin pour comprendre qu'il n'était pas un mauvais gars. Il sourit légèrement, et prit l'effigie miniature de Kong dans ses mains, la maniant avec précaution. Le ninken avait remarqué la figurine, et la regardait lui aussi avec curiosité. C'était une représentation assez fidèle du canidé, encore qu'il fût certainement représenté d'une façon un peu idéalisée. Fujin imaginait mal son fidèle compagnon dans une pose aussi glorieuse. Mais il appréciait l'attention, en tout cas. Aussi étrange cet argile fut-il, d'ailleurs, car il avait remarqué que la statuette était sortie de la main, ornée d'une bouche, du Chôkoku et que celui-ci avait mentionné qu'elle ne risquait pas d'exploser. Des paroles bien étranges, auxquelles Fujin se contenta de répondre par une sorte de grimace.

"Je suis désolé de vous faire sentir obligés de me remonter le moral, vous deux. Et je vous paierai pour le porc, bien sûr. Je ne suis pas venu pour me faire nourrir en vous payant de mon chagrin, et je me sentirais mal d'accepter un cadeau que je n'ai certainement pas mérité."

Il s'exécuta, d'ailleurs, et tendit au patron de quoi payer ses consommations ainsi que celles du Chôkoku, de même que les lamelles de porc que le commerçant venait de leur mettre sous le nez. Celles-ci avaient l'air particulièrement appétissantes. Fujin en tendit une à Kong, qui, joyeux, en fit son affaire à l'extérieur de l'échoppe, et il en saisit lui-même une entre deux baguettes.

"Faut pas vous excuser. Vous avez rien fait de mal, à vrai dire. J'suis certainement juste trop sensible à ce genre de sujet, voilà tout. La faute m'en incombe à moi seul. Et puis, votre histoire a l'air pas mal gratinée, aussi. Z'êtes même dans une situation pire que la mienne, et j'espère pour vous que Kumo n'aura jamais de comptes à rendre à Iwa. Sinon, vous seriez certainement dans une sale situation. M'enfin ..."

Et sur ces mots, il avala la tranche de porc, qui renouvela en lui cette chaleur qu'il avait tant appréciée en buvant une première gorgée de saké. Les soirées fraîches avaient ça de bon qu'elles permettaient de déguster mieux encore les petits plaisirs à côté desquels on passait trop à côté, sans doute.

"Dites-m'en un peu plus sur votre capacité, là. Ca m'intéresse. C'est un truc d'un clan d'Iwa de fabriquer des statuettes en argile ? Vos bouches, là, sur les mains ... Vous pouvez manger avec ?"

Une question certes un peu décalée, mais qui avait néanmoins le mérite d'être claire et de poser les vraies problématiques: les Chôkoku pouvaient-ils se nourrir avec les bouches qu'ils possédaient sur chaque main ? Si le niveau de la conversation n'était pas remonté, l'ambiance était au moins plus chaleureuse qu'un instant auparavant. Et déjà, les souvenirs de Hi no Kuni semblaient loin dans la mémoire de l'Inuzuka, tout absorbé qu'il était à présent par ce compagnon de boisson aux pouvoirs étranges qu'il s'était trouvé.


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Dim 6 Aoû 2017 - 16:12
Inuzuka Fujin prit la statuette d’un léger sourire, certainement gêné, pensait Daedra. Il l’observa un instant, tout comme son compagnon canin, auquel il donna un morceau de porc qu’il paya en s’excusant, ainsi que les commandes de saké de Daedra, qui s’en sentit très gêné. Ce dernier remarqua néanmoins que le Shinobi l’avait écouté, même dans l’état moral qu’il connaissait encore quelques secondes auparavant. Cela réchauffa le cœur de Daedra et confirma l’idée qu’il parlait à quelqu’un de bon et de fort. De plus, le shinobi semblait avoir des principes que Daedra n’avait points; comme ne pas accepter un don facilement, car malgré la gêne occasionnée, Daedra ne rechigna pas beaucoup à l’idée de se faire payer sa consommation. Puis il voulait également laisser Fujin faire ce qu’il avait à faire pour ne se sentir redevable de rien. Daedra but une nouvelle coupelle de saké ; heureusement qu’il n’habitait pas bien loin, dans le cas contraire il aurait eu du mal à rentrer chez lui et aurait probablement couché sur le palier de sa porte, ou la porte de quelqu’un, quoi qu’il en soit.

Finalement, Inuzuka Fujin s’intéressa aux paumes des mains de Daedra, qui présentaient de belles bouches, avec de jolies dents et de longues et fines langues. Daedra les observa un instant. Avoir des bouches aux mains, pouvoir les ouvrir, tirer la langue, faire la grimace, comme avec sa vraie bouche, c’était quelque chose qu’il l’avait toujours laissé perplexe. Mais manger avec ces mains, ça il n’y avait jamais pensé, et pourtant il avait déjà la réponse, comme s’il n’y avait pas pensé car il savait depuis toujours que cela lui était impossible.

- Haha, non, je ne peux pas manger avec, elles ne sont pas reliées à mon estomac, imaginez la catastrophe : vomir par les mains, haha… C’est paraît-il une capacité réservée à un clan d’Iwa, en effet. L’argile n’est pas le seul minerai que je peux utiliser pour faire ces petites statuettes, comme tu dis, mais je trouve l’argile plus adapté, plus facile à travailler et… tout simplement plus esthétique, ça rend un blanc assez pur, après tout. La nature de mon chakra permet de rendre ces œuvres explosives, mais j’aime mieux ne pas les exploser, comme ça je peux profiter de leur beauté aussi longtemps que je le souhaite, ce sont mes œuvres d’art, après tout,
termina-t-il en souriant, le regard porté sur la statuette du canidé.

Daedra attrapa une seconde lamelle de porc grillé et poussa l’assiette vers Fujin, comme pour dire qu’il lui laissait le reste.

- Vous avez deux bouches à nourrir après tout, haha !


Le Chôkoku attrapa ensuite une nouvelle fois sa coupelle, la remplie de saké et la bu, comme un geste programmé. Il ne s'attendait pas à faire une rencontre si agréable, ce soir.
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Lun 7 Aoû 2017 - 18:30

Des bouches sur les mains qui ne servaient donc pas à manger. Dommage, ç'aurait été intéressant à étudier pour quelqu'un qui s'intéressait de près ou de loin à la médecine à ce genre de trucs-là. Mais il fallait avouer que ces deux bouches avaient tout de même quelque chose d'assez ... effrayant. Elles semblaient particulièrement voraces, comme si elles étaient prêtes à dévorer n'importe quel bout d'argile -puisque l'argile semblait être parmi les seules matières dont elles acceptaient de se nourrir- qui passerait à leur portée. Fujin les examinait du coin de l'oeil alors que le Chôkoku parlait. Il se demandait bien comment un clan pouvait en venir à développer une capacité qui lui faisait apparaître des bouches sur les mains. Pour les Inuzuka, il était facile de deviner que leurs sens aiguisés leur venait de leur lien avec la nature. Quel ressort de l'évolution faisait apparaître des bouches sur les mains des individus ?

Fujin accepta avec un sourire l'assiette qu'on lui tendait, et jeta deux lamelles de porc à l'attention de Kong, dont le museau commençait à poindre à nouveau entre les tissus qui barraient l'entrée de l'échoppe, comme s'il réclamait la suite de son repas. Puis il attrapa lui-même sa part en mâchant lentement. Il passait un bon moment, finalement. Même s'il avait eu un coup de mou, les choses s'étaient bien arrangées. Sans doute devait-il ce revirement de situation à la bonhomie du Chôkoku et du tenancier de l'échoppe. Celui-ci, d'ailleurs, semblait en savoir un peu plus sur le monde des Shinobis qu'il ne souhaitait le montrer. La preuve en était qu'il n'avait pas particulièrement réagi en voyant les bouches supplémentaires de Daedra, de même que lorsqu'ils avaient évoqué à tour de rôle, Fujin et lui, leur passé.

"Dites, ça fait combien de temps que vous tenez cette échoppe ? Z'avez pas toujours été commerçant, j'me trompe ?"

Fujin crut déceler un léger sourire sous la moustache épaisse du marchand, alors que celui-ci essuyait un verre.

"Non, c'est vrai. J'ai racheté cette boutique il y a quelques années -peut être cinq ou six ?- à un vieillard fatigué de son travail. Mais avant ça, j'étais comme vous, un Shinobi. Et pas un trop mauvais, pour être tout à fait honnête."

Fujin avait un peu de mal à s'imaginer cet homme, d'un certain âge, un peu bedonnant, aux allures de civil ayant toujours vécu dans un monde de paix et ayant une tête à ne pas faire de mal à une mouche, dans une tenue de Shinobi, se battant comme un furieux pour défendre les intérêts de son village et des siens.

"Sans blague ? Z'avez participé à des missions importantes ?

-Oh, pas vraiment. Mais j'ai été envoyé dans des escouades pour protéger certaines populations, démanteler des camps de voleurs ou de hors-la-loi ... On ne s'ennuie pas avec un métier comme ça.

Fujin garda pour lui sa réflexion sur le fait qu'il n'avait pas été envoyé en mission depuis un petit moment.

"Qu'est-ce qui vous a poussé à renoncer à ça ?

-Le danger, certainement. J'ai vu des camarades mourir sous mes yeux. Ca n'est jamais une expérience agréable, et on serait bien fou de croire qu'on s'y habitue. Et puis, je doute de toute façon que l'armée de Kumo ait encore besoin de moi."

Il rit doucement à ses propres propos. Voilà donc ce que pouvait penser un ancien soldat sur la carrière de militaire. Fujin sirota le saké qui restait dans sa coupe. Deviendrait-il jamais comme ça ? Serait-il jamais poussé à renoncer à son métier par peur de la mort ? Pour l'instant, il ne l'envisageait même pas. Mais peut être le temps aurait-il raison de son dynamisme et de sa détermination ...


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Lun 7 Aoû 2017 - 20:38
Le saké commençait à monter à la tête de Chôkoku Daedra, qui posa son coude sur le comptoir et reposa finalement sa tête contre sa main ; Cela ne l’empêchant évidemment pas de se resservir une coupelle de saké. Il bailla un instant avant de refermer la bouche sur un sourire satisfait et d’essuyer des larmes de fatigue, puis bu sa coupelle. Les joues rougies, il écouta la conversation, qui semblait tourner maintenant autour du propriétaire de l’échoppe. Inuzuka Fujin avait vu juste, semblait-il, sur le passé enterré du tenancier de l’échoppe. Daedra fut forcé de reconnaître qu’il avait un sens de la déduction ou de l’analyse plutôt aiguisé. Ainsi, celui qui les écoutait depuis tout à l’heure et leur servait du bon saké avait lui-même endossé le rôle de Shinobi avant de prendre une retraite paisible à servir les assoiffés. Daedra l’observa un peu plus attentivement. Sa tête : Une toque cachant probablement une calvitie prononcée, un teint mat, de petits yeux noirs, une moustache soignée comme Daedra n’en n’avait jamais vue. C’est là qu’il remarqua une grande cicatrice dissimulée sous sa veste, qui laissait pourtant voir le bout de son nez au bas de son cou. Daedra écouta jusqu’au bout sans interrompre la conversation, au point qu’ils auraient pu croire que l’alcool l’avait couché. De sa main encore libre, comme pour prouver qu’il était encore là, Daedra se servit une nouvelle coupelle, vidant son pichet.

Il tendit alors son pichet vide pour que le commerçant le lui remplisse. Mais le commerçant refusa avec un sourire.

- Désolé, je ne sers plus, ce sera bientôt l’heure pour moi de fermer, s’excusa-t-il.

Daedra se redressa alors sur son tabouret.

- Tant pis, qu’importe. Je me suis bien rincé le gosier déjà, haha. J’imagine que vous pouvez vous estimer heureux d’avoir pu atteindre la retraite. Je veux dire, beaucoup de ninjas n’ont pas la chance d’atteindre votre âge.

- Hm, oui, j’espère que les choses iront mieux avec les villages cachés. La guerre, les jeunes, ça laisse des traces. Mais bon, ça appartient au passé tout ça pour moi, j’espère que vous aurez l’occasion d’en faire autant, lorsque vous arriverez à mon âge, conclut-il en essuyant son établi.

- Dites, lorsque vous dites que vous doutez que l’armée de Kumo ait encore besoin de vous, vous faites référence à nous, la nouvelle génération ? Héhé, s’exclama difficilement Daedra en se grattant le bout du nez.

- Oh je ne doute pas qu’avec des shinobis aussi frais, notre village et notre pays seront bien protégés, oui, sourit-il.

Daedra lui rendit un grand sourire avant de tapoter l’épaule de l’Inuzuka.

- Vous inquiétez pas, avec Fujin, les autres, et moi, vous pourrez profiter de votre retraite bien méritée encore longtemps, hi ! Pas vrai ?

L’alcool rendait Daedra vraiment très enfantin, mais il le pensait du fond cœur, et s’il avait connu Gai-sensei, il aurait probablement sorti la pose du mec cool lors de cette réplique. Soudainement, il eut un éclair de génie.

- Mais attends, c’est avec le chien que tu te bats ? s’exclama-t-il naïvement.

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Dernière édition par Chôkoku Daedra le Mar 8 Aoû 2017 - 17:52, édité 1 fois
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Mar 8 Aoû 2017 - 16:12

Daedra était pour le moins réactif à l'alcool. Enfin, il avait déjà la parlote avant de commencer à boire, mais maintenant qu'il finissait son pichet, il avait la langue de plus en plus déliée. Il n'en était pas venu aux déclarations d'amour soudaines, ceci dit, et Fujin avait bon espoir qu'il s'arrête avant d'en arriver là. Il était simplement un peu gris, voilà tout. Pas de quoi s'alarmer, mais au contraire plutôt de quoi s'amuser de la candeur de ce jeune homme, pourtant plus vieux que Fujin, mais qui paraissait, en cet instant précis, beaucoup plus enfantin. L'Inuzuka sourit légèrement. Les paroles du Chôkoku l'amusaient, tout comme celles du tenancier de l'échoppe qui lui répondait avec une gentillesse bienveillante. Etait-ce ça ce que certains appelaient l'esprit qui animait le village de Kumo ?

"Bien sûr que nous ferons en sorte que vous profitiez de votre retraite."

Un instant, Fujin ficha son regard dans celui du marchand. C'étaient les yeux d'un homme fatigué qu'il voyait là, mais heureux. Sans doute la place qu'il s'était trouvée, maintenant, lui convenait-elle tout autant que celle de soldat. Si quelques traces de souci et d'anxiété persistaient sur son visage, elles devaient simplement être le résidu de ses combats d'antan. Qui sait quelles horreurs avaient défilé devant ces pupilles ? Combien d'hommes étaient tombés dans ces bras, combien de sang avait coulé sur ces mains maintenant flétries et fanées par l'âge. Etait-ce donc ça le destin d'un soldat ? Oublier ses peines et ses exploits dans le réconfort d'une vie de civil ordinaire ... Une perspective plus inquiétant qu'autre chose, finalement. Pouvait-on vraiment faire l'impasse sur tout un vécu, quitte à passer sous silence des mémoires qui étaient vouées à l'oubli ? Quand bien même il s'agissait de celui de l'ennemi, le souvenir d'un adversaire ou d'un camarade était précieux et sacré. Tous ces souvenirs-là, continuaient-ils à graviter dans l'esprit de ce commerçant ?

"On va vous laisser ferme boutique, dans ce cas."

Il finit d'un trait sa coupe de saké, et déposa encore quelques pièces sur le comptoir. L'ancien Shinobi s'apprêtait à le refuser, mais Fujin coupa net à ses protestations.

"N'essayez même pas de refuser. Disons que c'est pour la qualité du service, hm ?"

Puis il se leva de son tabouret, et jeta un oeil à Daedra.

"Ca va aller ? T'as l'air d'avoir déjà un coup dans le nez ... Bon. On va te raccompagner chez toi, avec Kong."

Il avait complètement oublié la question que le Chôkoku lui avait posée. Il était trop plongé dans ses pensées, alors, pour prêter une véritable attention à ce qui commençait à ressembler à des paroles de buveur avancé. Kong était prêt au départ, de l'autre côté des tentures. Il faisait toujours aussi froid dans les rues de Kumo. Mais le ninken ne semblait pas être particulièrement préoccupé par la température. Sans doute son épaisse fourrure jouait-elle bien son rôle d'isolant naturel.

"Bon. T'habites dans quelle direction ? On va essayer de pas trop s'éterniser dehors, si ça t'emmerde pas."


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Mar 8 Aoû 2017 - 19:00
Inuzuka s’était levé de son tabouret et proposait à Daedra de l’aider à rentrer. D’un oui de la tête, Daedra accepta, avant de tenter de remettre son long manteau à capuche. La première manche rentra toute seule, parfait, s’était-il dit, je vais bien, en avait-il conclu. Mais la seconde manche eut bien plus de mal ; une première tentative qui se révéla un échec. Une deuxième, idem. La troisième tentative fut lente, mais néanmoins la bonne. Vacillant, Daedra fit un signe de la main au propriétaire de l’échoppe puis sortit de celle-ci.

- Il fait froid… J’ai froid... Je veux aller me réchauffer chez moi… Euh, dit-il en relevant la tête pour regarder autour de lui. Ah ! Là ! Au bout de la rue, le bâtiment sur la gauche.

Daedra ne mit jamais autant de temps pour rentrer chez lui, ou en tout cas le ressenti ne fut jamais aussi long. Ne pas s’éterniser dehors hein… Le Chôkoku avait l’impression d’avoir perdu six ou sept doigts de pieds en seulement quelques secondes. Comme promis, Inuzuka Fujin le raccompagna ; après tout Daedra n’habitait pas vraiment très loin. Daedra se calma un instant, marchant dans le silence, avant de reprendre avec un ton sérieux et bon en même temps.

- T’es quelqu’un de bien, Fujin. Je ne regrette pas de t’avoir fait cette statuette.

Après cela, plus rien ne sorti de sa bouche. Il observa un instant le fameux Kong : Maintenant qu’il le voyait sous cet angle, il se disait qu’il aurait pu parfaire encore plus la statuette. Mais une œuvre est unique, et la refaire retirerait tout son charme à la première. Le vent frappait encore très fort, mais surtout très froid. Toutes les fenêtres de la rue étaient désormais éteintes. Daedra jeta un œil derrière eux : l’échoppe était fermée. Ils arrivèrent finalement à la porte de l’appartement de Daedra.

- C’est là. Merci beaucoup. Je suis très content de t’avoir rencontré, bonne nuit.

Chôkoku Daedra salua Inuzuka Fujin d’un geste de la main en montant les premières marches de l’escalier ; l’autre main tenait le mur. Il arriva deux bonnes minutes plus tard dans son appartement. Se dirigeant vers son frigo, il n’y trouva rien d’autre que de l’eau, ça tombait bien, c’était ce qu’il lui fallait. Il avala une bouteille d’une traite et se dirigea en vitesse aux toilettes ; la pause pipi était inévitable.

Ensuite, il retira ses habits, s’allongea dans son lit. Il n’y avait rien à faire, il n’arriverait pas à dormir. Il attrapa son bandeau de ninja et alluma sa lampe de chevet. Caressant du bout des doigts la plaque métallique du bandeau, les rayures taillées dans le métal, qui formaient le symbole de Kumo : Un nuage. Il repensa à tout ce qui s’était dit ce soir, tout ce que son cerveau avait inconsciemment rejeté.

« J’ai vu des camarades mourir sous mes yeux. Ça n’est jamais une expérience agréable, et on serait bien fou de croire qu’on s’y habitue. »

La voix du vieux tenancier résonnait à présent dans sa tête.
HRP:
 

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Le saké réchauffe, parait-il ! [ft. Inuzuka Fujin]

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