Derniers sujets
Partagez | 

knock knock | pv. Chôgen


Sam 5 Aoû 2017 - 22:16
Après une soirée agitée dont il avait le secret, à le voir dans cet état piteux, la populace n'aurait pu deviner que le pantin désarticulé titubant ainsi était le frère de sang de l'actuel chef militaire de la grande nation de la Pierre. Ayant -peux-être un peu trop- abusé de la boisson, la gente féminine et autres attraits du monde de la nuit, Kōga se dirigeait sans réel but à travers les artères loin d'être noire de monde comme à l'accoutumée. Parfois, un quidam lui jetait un regard interrogateur, les deux fourreaux à sa ceinture et son accoutrement trahissant sa profession, bien que l'homme se faisait un devoir de ne jamais porter son bandeau ninja, choix autant esthétique que significatif de son non-engagement dans la cause.

S'il était arrivé Jōnin, ce n'était pas par zèle mais bel et bien par sa puissance indéniable qui déclassait sans mal les pourvus de grades inférieurs, chose dont il jouait souvent. Bâillant à s'en décrocher la machoire, plus par ennui que par fatigue pure il venait de rentrer d'une mission hors de l'enceinte et se demandait comment finir cette soirée en beauté. Rendre visite à un proche pouvait éventuellement se réveler intéressant, surtout si ce dernier venait d'acquérir une sacrée promotion...

Sûr de lui, il alla donc gaiement vers la résidence qu'avait octroyé les dignitaires à son aîné. Peu sûr de l'exactitude de ses souvenirs quant à l'emplacement de cette dernière, ses sandales frappaient le pavé dans un rythme entrecoupé de soupirs. Après quelques minutes d'errance, le manieur de lame arriva devant un large portail délimitant un jardin qu'on pouvait voir agréablement garni de spécimens en tout genre de par leurs couleurs vives, bien que le soleil se soit caché depuis déjà quelques temps.

Sans se gêner, il poussa d'un coup de paume le portique, qui lui résista. Derrière les langues de métal entrelacées, deux gardes aux visages fermés le jaugeaient maintenant, sans que cela impacte son intérêt à s'introduire dans un endroit, qui selon ses critères, lui appartenait tout autant qu'à Chôgen. Même après qu'un des deux bougres l'interpella, il ne s'empêcha de grimper pour finir par attérir face à eux dans un mouvement qu'on pouvait deviner d'une extrême agilité bien que rendu maladroit par les spiritueux. Quand un des deux serviteurs mit la paume sur le manche de son katana, il apparut une fraction de seconde dans les yeux de Kōga un infini sérieux, qu'il quitta vite pour se redresser, époussetant le haut de son hakama.

« Soyez pas tendus les domestiques. J'suis le frère du proprio', j'vous conseille de rester calme si vous voulez pas finir.. Boh, allez-y finalement. » La menace et la révélation tinrent lieu de commandements, puisqu'à la lumière de la lune, le visage du natif d'Uzu no Kuni leur apparut pour prouver la véracité de ses dires et ils reculèrent d'un pas. Satisfait, il passa entre d'eux, se permettant une petite claque sur le haut de la tête du plus grand.

« YOOOOOOOOO CHÔGEEEEEEEN TU DORS ? CA TE RAMOLLIT D'ÊTRE UN TIERS DE CHEF ENFOIRÉ?! VIENS SALUER TON FRÈRE QUI A MIS SA VIE EN DANGER POUR 'LA GRANDE IWA' ! » lâcha-t-il en criant, crachant les derniers mots comme pour se moquer du patriotisme de l'Ombre, les mains en porte-à-faux autour de ses lèvres, faisant sursauter le duo à quelques mètres derrière lui, brisant le calme de ce début de nuit.

D'un bond félin, il arriva devant les portes en bois de la demeure baroque, qu'il ouvrit d'un chassé sur la serrure, fracas qui aurait réveillé un éventuel dormeur à l'intérieur. Une femme affairée au linge qui traversait le hall lâcha les quelques serviettes blanches qu'elle transportait à ses pieds, figée de stupeur.

« Un problème mademoiselle ? Vous auriez l'amabilité de me faire visiter, peux-être ? » Sa seule réponse fut de baisser la tête et de continuer son chemin, dépitée par tel comportement. « Bon, tant pis. »

Se tenant au milieu de la pièce où sa voix venait de résonner, s'étirant en émettant un bruit guttural, il attendait avec impatience de voir Chôgen débarquer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t763-yaken-koga

Jeu 10 Aoû 2017 - 6:58


KNOCK KNOCK
— Kōga & Chôgen


Il faut dire que le samouraï avait encore, au jour d’aujourd’hui, du mal à se faire à l’idée d’avoir une résidence personnelle de cette taille, de ce luxe. Lui qui, toute sa vie, n’avait pas quitté le dojo familiale, autant à l’époque de Tetsu no Kuni, qu’ici, à Iwa, avait pris un nouveau départ, des plus agréables.

Autant dire la vérité, même si dans son habitude, Chôgen n’était pas du tout du genre à être vénal, loin de là. Depuis toutes ses années, il ne faut pas cacher qu’il a quand même vécu dans une certaine richesse, son clan n’étant vraiment pas à plaindre, mais cette fois-ci, il ne devait rien à son clan, il ne devait rien à son père. Un sentiment de liberté en quelque sorte.

Le côté assez négatif dans tout ça, c’est sûrement que cette situation commençait vraiment à plaire au Nagamasa. Il était en train de développer quelque chose de nouveau en lui. Quelque chose qui petit à petit prenait le contrôle de son esprit. Le goût du pouvoir.

Comme un démon qui n’avait que pour but de devorer son âme petit à petit, cette chose avait pris une part entière dans la vie de Chôgen depuis son élection dans le triumvirat. C’était sans aucun doute quelque chose qui avait déjà commencé à le ronger intérieurement depuis son plus jeune âge. Il faut dire que son père ne l’a élevé presque que pour ça, pour prendre la place de chef de clan. Jusqu’ici, il n’était que le fils d’un puissant chef de clan, réputé pour être un bon combattant de son village, un Jônin. Mais aujourd’hui, c’est diffèrent, aujourd’hui, l’alpha est devenu celui qui dirige l’aspect militaire d’Iwagakure no Sato.

Assis proche de ce petit étang, au sein même de sa nouvelle demeure, dans le jardin devant la bâtisse principale, Chôgen se trouvait en dessous d’un arbre, caché dans l’ombre de la nuit, avec sa pipe à la bouche, profitant des herbes de haute qualité qu’il s’était débrouillé à avoir de part son nouveau poste. La lueur provenant de l’embrasement de l’herbe à pipe venait de temps en temps éclairer son visage, seul chose visible durant ce court instant, en pleine nuit.

C’est alors que dans un vacarme qui aurait même pu réveiller les voisins, son frère, le plus jeune et le plus inconscient de la famille, venait de faire son entrée, en fracassant la porte de cette somptueuse demeure. Les gardes n’avaient même pas tenté de l’arrêter, ce qui, sur le moment, énerva légèrement notre sabreur. Il n’arrêtait pas de hurler, ce n’était pas difficile de voir, juste à sa façon de marcher, qu’il avait encore trop bu, comme à son habitude.

Mais finalement, Chôgen décida d’intervenir au moment ou, pour lui, le cadet venait de dépasser les bornes. Entrer dans cette maison, en hurlant, sans aucun respect, venait de le faire réagir. Il se leva de sous son arbre, avec une grande discrétion. En soit, être discret n’était pas tellement utile, au vu de l’état de son frère.

Il arriva juste derrière lui, son katana à la main, et lui envoya un violent coup de fourreau juste derrière le crâne. Le bruit du choc venait de faire autant de bruit que cet idiot beuglant au palier de la porte. « Baka ! Il me semblait que père t’avait appris un minimum le respect, je me trompe ? » Il reposa son katana au niveau de sa ceinture de tissu, qui attache son yukata. « Est-ce que je vais devoir rattraper tes conneries toute ma vie ou alors au bout d’un moment, tu vas prendre ton rôle de Jônin du village un peu plus au sérieux ? »


_________________
雷切 -Raikiri no Chôgen
« The glories of our blood and state, are shadows, not substantial things. There is no armour against fate, death lays his icy hand on kings. But i'm not a king, and my shadow will bring a new hope for Iwagakure no Sato... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t138-chogen-you-re-gonna-feel-my-blade-into-your-body http://www.ascentofshinobi.com/t972-equipe-1-kamui#4939 http://www.ascentofshinobi.com/t981-nagamasa-chogen-carnet-d-un-samourai#5004 http://www.ascentofshinobi.com/u311

Jeu 10 Aoû 2017 - 10:24
La raison personnifiée de son attente ne fut pas longue à débarquer dans son angle mort, l'odeur reconnaissable de son tabac de haute qualité qu'il faisait venir du pays de l'Herbe titillant ses narines et lui remémorant bien des aventures. Un rictus carnassier déchira la fresque rosée qu'était jusque là ses lèvres, révélant la pulsion animale qui l'avait mené jusque dans cette demeure de pierre et de bois.

Pour se montrer, Chôgen ne trouva rien d'autre de moins extravagant que d'apposer le fourreau de sa lame encore rengainée sur le haut du crâne de son cadet. Un homme normal aurait sans doute sentit une certaine douleur mais familiarisé à ce genre de pratiques, et encore sous l'emprise des grands crus ingérés, il lui parut remonter à son enfance et aux habituelles remontrances de son grand-père et il n'essaya même pas de parer ou d'esquiver.

Sans prendre la peine de retourner la faveur, ses mains loin de s'approcher de ses morceaux d'aciers, il fit face à son assaillant avec toute la prestance dont était capable un samurai ivre, bien que les effluves lui laissaient assez de marge pour agir et réagir à l'accoutumée.

« Tu sembles bien enclin à parler des enseignements de Otoosan alors même que tu t'évertues à les contourner et les fouler de tes pieds dès que l'occasion se présente, ani. » penchant la tête sur le côté de quelques degrés en regardant le sabre de son aîné retourner à sa place habituelle, il lui vint l'idée de dégainer et d'attaquer à cet instant précis, mais l'envie de belligérance fut coupée net par un bâillement qui laissa découvrir sa glotte.

« T'es dur, Chôgen. Plein d'ironie, il afficha un sourire satisfait de sa propre prose hautaine. J'vaux bien plus que tes précieux Jônin, et mes actes l'ont prouvés. Le problème, c'est que tu prends tout ça un peu trop au sérieux. Hideyoshi, le clan, Iwagakure no Satô. J'm'en branle, à la fin de la journée, aucune de ces trois entités ne vient m'border et j'pourrais me passer de chacune d'elles. N'oublie pas qui tu es, avant d'être le troisième choix du Daimyiô pour diriger ce ramassis de bras cassés. Laisse pas ton orgueil et ton amour pour ce village t'empêcher de voir la réalité. »

Il avait laissé la situation s'envenimer, par curiosité moins que parce que le fait que son frère le voit comme un simple quidam seulement capable de commettre des erreurs. Piqué dans son amour propre, Kôga trouvait logique de lui rendre la pareille. Quand il avait mis sur la table son détachement au clan, Chôgen savait bel et bien qu'il ne parlait pas de la fratrie pour laquelle notre sabreur avait une certaine forme d'amour, mais plutôt pour tout le reste et ce que cela impliquait. A ses yeux, c'était eux contre tous.

« Et la prochaine fois que tu lèves ton sabre dans ma direction... » Soudainement, c'est l'aura meurtrière du shinobi qui emplit la pièce d'une pression particulièrement malsaine. Sur les traits de son visage, on pouvait lire la dangerosité et l'envie d'en découdre. « Essaie d'au moins de m'faire une bosse hahaha. » Son sourire blanc cassant cette situation qu'il avait lui-même provoqué, il fit craquer ses doigts en s'approchant de son supérieur. « Tu te ramollis, je me souviens d'une époque où ce n'est pas le fourreau qui m'aurait frappé.. » Comme nostalgique, il soupira bruyamment. « Toi et moi on est fait du même bois, et parfois j'ai l'impression que mon frère se perd dans les méandres de ces jeux politiques. La meute prévaut toujours, non. »

Lâchant ses derniers mots dans un élan d'amertume, avoir bu ne justifiait qu'en partie ses dires. Derrière sa tirade dans son entièreté se cachaient quelques indices sur ce à quoi il pensait vraiment, ce que n'aurait aucun mal à décoder une des personnes qui le connaissait le mieux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t763-yaken-koga

Ven 11 Aoû 2017 - 22:04


KNOCK KNOCK
— Kōga & Chôgen


Les effluves provenant de son cadet suffisaient amplement pour Chôgen, pour comprendre ce qu’il avait fait de sa soirée, dans quel état, il était. De toute façon, c’était pas difficile de le comprendre sans même sentir cette odeur d’alcool émanant de lui. Il suffisait juste de le voir se déplacer ou l’entendre parler pour voir qu’il n’était pas dans son état normal.

Il pensait réellement qu’avec son ébriété, suite à son coup de fourreau sur son crâne, qui venait de créer un bruit de choc, se demandant si c’est le fourreau ou sa tête le plus dur. Mais ce n'’est qu’armé de paroles que Kōga décida de répliquer. Dans ses dires, malgré l’alcool, il faut dire qu’il n’avait pas tort. Le Gunjiteki n’était sûrement pas le mieux placé pour parler de Hideyoshi, lui qui ne le respect même pas, qui ne l’écoute pas. « Tu sais très bien que tu as raison sur ce point-là, Kōga. »

Finalement, il s’installa sur le rebord du perron en bois qui faisait la devanture de sa nouvelle demeure. Il venait de saisir à nouveau sa pipe pour terminer ce doux poison de qualité. Une bouffée de fumée venait de s’envoler dans les cieux, laissant un calme plat revenir. « Je connais très bien ta façon de penser mon frère. C’est bien un point ou nous sommes diffèrent. Bien sûr que la chose qui prime les plus à mes yeux, c’est vous, cela ne changera jamais. » dit-il en faisant allusion à ses frères et soeur. Il posa son dos contre un des piliers de bois, son visage se levant pour poser ses yeux dans la nuit, observant les astres brillants au-dessus de sa tête. « Mais aujourd’hui, j’ai des responsabilités. Otoosan m’a toujours formé pour devenir un homme qui est à son image. Je ne pensais pas, il y a des années en arrière, avoir le goût du pouvoir. Il faut dire qu’il m’avait dégoûté de tout ça et mon rang au sein du village m’était suffisant. C’est différent maintenant. Depuis que je suis à ce poste, j’ai l’impression que ce n’est pas suffisant, qu’il m’en faut plus. »

Mais ce sont surtout les nouvelles paroles provenant de son frère qui venait de le piquer un peu. Des mots qui était maintenant ancré à l’intérieur de son âme. Le pensait-il vraiment si diffèrent de l’homme qu’il était avant ? Est-ce que le samouraï devenait trop laxiste ? « Peut-être que je suis en train de changer, je ne sais pas. Dans notre famille, tu es celui qui me ressemble le plus, sans ce côté idiot. » lui envoya Chôgen en le regardant, juste avec un petit sourire au coin de sa bouche. Ce n’était en rien méchant, plutôt un petit jeu entre eux, depuis qu’ils se côtoient. « Nous ne sommes plus les enfants privilégiées de Tetsu no Kuni. Tu es mon frère et l’une des personnes en qui j’ai le plus confiance dans ce bas monde. Penses-tu réellement que je suis capable de te faire du mal ? La politique, ce n’est pas du tout mon truc, tu sais très bien que je préfère résoudre mes problèmes avec mon sabre plutôt qu’avec des mots, comme je l’ai toujours fait dans notre ancienne vie. »

Un sentiment de nostalgie s’invita dans l’âme de Chôgen, se souvenant de ses vieilles habitudes lorsque son clan était encore résidant du pays de l’acier. Depuis qu’ils sont arrivés à Iwa, il avait changé petit à petit. « Même si ce côté politique commence à s’emparer un peu de moi, tu sais très bien que je pourrais jamais m’abaisser au niveau de ces politiciens véreux. Mais je ne vais pas m’arrêter à ce que je suis en ce jour. J’en veux plus. Tu trouves ça mal ? »


_________________
雷切 -Raikiri no Chôgen
« The glories of our blood and state, are shadows, not substantial things. There is no armour against fate, death lays his icy hand on kings. But i'm not a king, and my shadow will bring a new hope for Iwagakure no Sato... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t138-chogen-you-re-gonna-feel-my-blade-into-your-body http://www.ascentofshinobi.com/t972-equipe-1-kamui#4939 http://www.ascentofshinobi.com/t981-nagamasa-chogen-carnet-d-un-samourai#5004 http://www.ascentofshinobi.com/u311

Ven 11 Aoû 2017 - 23:03
Éludant vite la partie sur leur paternel que Kōga n'envisageait pas comme le faisait son frère sans pour autant lui accorder quelconque amour, substance qui se faisait rare chez les escrimeurs, l'ayant vite remplacé par d'autres sentiments propres aux samurais et plus globalement aux shinobis. Automate, marionnette, beaucoup de termes seyaient aux Nagamasa et les vestiges de cette éducation barbare se transfiguraient chez chacun de ses membres par différents aspects de leurs personnalités. Chôgen était, à son sens, celui qui avait selon ses propres dires hérité de cette caractéristique de leur seul parent commun ; l'omnipotence et son ivresse. Elle commençait à le ronger de la même façon que Kōga, qui lui laissait petit à petit son envie de dominer les champs de bataille prendre pas sur tout le reste. En somme, le brun était loin d'être bien placé pour donner quelconque leçon.

Il regarda son frère s'asseoir à l'entrée et il fit de même à quelques mètres de lui sur la première marche, son dos ballant sans rien contre quoi s'appuyer, songeur. « Tu me fais penser à un requin qui n'a jamais chassé et qui goûte au sang. N'en perd pas pour autant ton sang-froid habituel ou tu finiras par ne plus être le plus gros prédateur dans cette mare. » Sans réelle sagesse émanant de ses mots, il ne faisait qu'énoncer à son aîné ce qu'il savait déjà pour être sûr d'avoir été compris, l'échec n'étant clairement pas une possibilité qu'un des deux hommes sous le clair de lune pouvait se permettre.

« Peux-être que tu ne changes pas et que tu as toujours été cet homme là. De nous deux, je suis certainement pas l'plus clairvoyant, mais je sais voir ce qu'il y a sous mon nez. » Lui rendant son rictus en sortant de sa poche une petite gourde nacrée sur laquelle plusieurs traits avaient été tiré à l'aide d'une lame, il en vida une partie de son contenu directement dans son gosier avant de la jeter à Chôgen sans même le regarder, dans un mouvement déjà arrivé tant de fois.

« J'ai pas peur d'avoir mal. Pas plus que tu me trahisses, ou que moi-même, je manque à mes devoirs de frère. Mais comme tu l'dis, c'pas ton truc et tu t'apprêtes à te jeter dans un bourbier qui va te l'imposer. On sait toi et moi que t'es pas taillé pour la cohabitation avec les autres 'factions' de c'pays. » Dit-il en ricanant à l'annonce de ses derniers mots. Il avait confiance dans la lame de son aîné autant que dans sa Faucheuse elle-même, mais il savait bien qu'il faudrait plus, ce qu'il était lui-même incapable de réaliser.

« Je trouve ça digne de celui que tu veux être, mais l'chemin va être escarpé comme ce putain d'pays. Tu peux compter sur moi, mais j'te le redis, je m'en branle d'Iwagakure. Si t'y tiens, Andāteikā fendra ceux qui s'opposerait à ta vraie ascension, qu'ils soient d'ici de Kumo ou d'je n'sais où. » Marquant une pause, il figea alors ses prunelles ébènes dans celles de Chôgen. Il n'était plus le pitre qui venait de fracturer sa porte. « On va pas se mentir, t'en veux plus tu dis ? Mais j'veux pas savoir le pourquoi du comment, si c'pour offrir un toit à la veuve et l'orphelin. Si c'est pour qu'on devienne la première puissance mondiale. Je mettrais ce pays à nos pieds, à tes pieds, sans que tu prononces un mot. Mais j'veux pas d'hésitation, pas de compromis et plus qu'tu te rabaisses encore une fois à laisser un connard de Daimyô te mettre sur un pied d'équivalence avec des clowns qui n'ont même pas mon grade hiérarchique. » Pour illustrer ses propos, il fit glisser son katana hors de son fourreau assorti à la nuit, le tenant manche vers le ciel et pointe de la lame face au sol, cachant la moitié du faciès de Chôgen pour laisser apparaître le sien dans le reflet de l'acier.

« Ce que je te propose c'est d'agir et de donner à ton petit frère de quoi se satisfaire lui aussi. Ce serait stupide que tu sois le seul à en tirer du plaisir... Rah, c'est un peu trop sérieux ces conneries. Haha »

Un rire sincère s'échappa d'entre ses rangées de dents ivoirines, tandis qu'il lâcha la garde enchevêtrée de ruban pour la passer dans sa nuque, l'épée restant formidablement droite malgré le peu de la lame enfoncée dans le parquet.

Être seul avec Chôgen ainsi lui rappelait son anamnèse et les longs entraînements sous la neige, les repas dans leur manoir de pierre crayeuse et tant d'autres événements qui les avaient assez rapproché pour que malgré la rivalité et leurs différences, ils soient l'allégorie parfaite des deux faces d'une même pièce.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t763-yaken-koga

Lun 14 Aoû 2017 - 8:42


KNOCK KNOCK
— Kōga & Chôgen


Le Gunjiteki n’arrivait même pas à se souvenir de la dernière fois ou les deux frères eurent une conversation aussi sérieuse que celle-ci. C’était quelque chose de très rare, mais que finalement, le samouraï appréciait énormément. Dernier arrivé dans la famille, malgré son côté un peu simplet et je m’en foutisme, il sera toujours là pour le défendre.

Ce goût pour le combat, pour la bataille, il commençait vraiment à voir que son frère en avait plus qu’envie. Il était toujours comme ça de toute façon, cherchant les problèmes où il n’y en a pas. Mais par-dessus tout, le discours qu’il venait de tenir avait redonné à Chôgen cette envie de combattre, sa flamme intérieure était en train de se rallumer, devenant un brasier ardent. « Le Daimyo a pris une décision qu’il pensait sûrement juste, voulait aussi inclure les chefs des clans dans cette histoire. Ta lame commence à avoir faim et ça, je ne peux que le comprendre, car je ressens un peu la même chose qui s’immisce en moi. Tu veux de l’action ? Nous allons en avoir, je te le promets. »

Il posa alors les yeux sur le katana de son frère qu’il tenait droit vers les cieux. La lumière blanchâtre de la lune venait refléter une lueur sur l’acier. Lui aussi, à son tour, Chôgen venait de sortir sa lame, la posant sur ses genoux. « Rengoku aussi, veut de l’action. Et je vais lui en donner. J'espère que tu vas être à mes côtés pour voir ça, mais surtout pour participer. »

Cette conversation, comme Kōga venait de le préciser, commençait vraiment à devenir un peu trop sérieuse. Voulant changer un peu tout ça et passer un bon moment avec son frère, pour se changer les idées et oublier un peu toute cette agitation autour du Triumvirat, du travail qu’il doit faire, il appela une de ses servantes en tapant deux fois dans ses mains. La jeune femme arriva juste derrière Chôgen. « Vous avez besoin de quelque chose, Nagamasa-sama ? » Il tourna le visage sur le côté pour la regarder. « Pouvez vous apporter un pot de saké ainsi que quelques denrées pour distraire notre palet, s’il vous plaît ? »

La femme s’inclina et tourna les talons pour repartir à l’intérieur de la grande demeure. Peu importe l’heure, le temps, ou quoi que ce soit, les serviteurs du clan Nagamasa étaient toujours présent pour leur ‘maître’. Il déposa son sabre juste à côté de lui, puis glissa son regard sur son frère. « J’espère que tu es encore en état de boire un peu, ne me fausse pas compagnie maintenant. Tu peux même rester ici pour dormir ce soir si tu veux. »

Un petit moment passa, puis la servante venait de revenir avec en main un plateau chargé d’amuse-bouche pour les deux samouraïs, ainsi qu’un assez gros pichet de saké avec deux coupelles. « Domo arigato » dit-il en saisissant le saké pour en servir dans les deux coupes. Il tapota sa pipe sur le bord de la planche de bois pour faire sortir le tabac cramé. Sortant de son yukata un petit sac de tissu, contenant les feuilles qu’il consomme depuis un petit moment, il en profita pour rallumer ce doux poison et emplir ses poumons. « Je veux juste te dire une chose qui me tient à cœur, puis on arrête d’être aussi sérieux. Promets moi une chose, Kōga, si je viens à trop changer et devenir une autre personne que le frère que tu connais, ouvre moi les yeux pour me remettre sur le bon chemin. »


_________________
雷切 -Raikiri no Chôgen
« The glories of our blood and state, are shadows, not substantial things. There is no armour against fate, death lays his icy hand on kings. But i'm not a king, and my shadow will bring a new hope for Iwagakure no Sato... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t138-chogen-you-re-gonna-feel-my-blade-into-your-body http://www.ascentofshinobi.com/t972-equipe-1-kamui#4939 http://www.ascentofshinobi.com/t981-nagamasa-chogen-carnet-d-un-samourai#5004 http://www.ascentofshinobi.com/u311

Mar 15 Aoû 2017 - 13:25
« On dirait que je vais devoir te faire confiance, dans ce cas. Tu sais ce que je pense, au moins. » lâchait-il, son frère lui ayant promis quelques instants avant de l'action. L'attaque sur Iwagakure en avait été mais hors des murs à ce moment là, le fait d'avoir été absent rongeait le samurai de regrets quant à ce qu'il aurait pu accomplir. Peu réceptif à l'avis de ses pairs, il aimait toutefois s'illustrer au combat, car il en était sûr, c'est la seule chose qui resterait de façon posthume et presque éternelle, autant dans les esprits que dans les livres.

Comme lui Chôgen dégaina le peu d'héritage concret qu'il avait reçu en la qualité de Rengoku qu'il posa sur ses genoux, la finesse de la lame n'étonnant pas le cadet qui l'avait vu à l'oeuvre à maintes reprises. « Tu me connais, je ne rate jamais une occasion de ce genre. » Son sourire se voulait preuve de l'agitation de son âme, ses frasques à Tetsu comme à Uzu le démarquant beaucoup de ses frères tant il avait besoin d'éprouver le fil de la Fossoyeuse régulièrement. De tout les Nagamasa, il était sans doute le plus féroce et proche de l'idée que leur père se faisait de la progéniture parfaite, la seule composante manquante dans ce puzzle insoluble étant son incapacité à se préoccuper de son prochain et des sphères politiques pour y accéder un jour.

Le propriétaire du baraquement de pierre et de bois appela alors une servante et leur fit apporter des victuailles, sa gourde ne lui suffisant visiblement pas. Grâce à la richesse du clan, ils eurent donc accès à ce qu'il se faisait de mieux en alcool de riz.

« Il en faut plus pour m'faire aller au lit. Tu seras endormi sur le plancher avant moi. » L'accord pour le laisser dormir ici était tacite, et il savait qu'il pouvait compter sur lui s'il était trop ivre ou blessé pour l'héberger. Kôga lâcha un rire moqueur initiant un petit défi.

La demoiselle posa entre eux un large plateau d'osier sur lequel trônait entre autres des accras, des makis et autres spécialités du chef qui travaillait sous ce toit. Il regarda un instant sa propre lame toujours plantée droite, puis attrapa entre ses doigts deux des baguettes posées sur le support en les utilisant pour happer un des amuse-bouche qu'il glissa dans son gosier sans prendre le temps de le savourer.

Son frère se mit à fumer, ce que Kôga trouvait non sain pour des hommes comme eux dont le physique et l'endurance étaient des pièces maîtresses dans leur survie au sein de ce monde. Malgré cela, la fumée ne le dérangeait pas. « Tu peux me faire confiance, mais j'peux pas te promettre que si c'est le cas ce sera indolore.. » Pensant à l'éventualité de cette circonstance et à sa lame qui croisait encore celle de Chôgen, il piqua de la pointe de sa baguette un autre des petits mets.

« Et sinon, qu'est-ce que t'as d'beau à m'raconter ? Tu dois bien avoir des détails amusants ou pas grâce à ton nouveau poste.  J'ai aussi entendu que tu avais combattu l'un des envahisseurs. » Curieux de savoir ce qui se tramait et que les autres shinobis ne pouvaient savoir, il siégeait là, à l'écoute. D'une traite, il descendit le verre servi par son aîné en le remerciant d'un signe de tête.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t763-yaken-koga

Jeu 24 Aoû 2017 - 19:04


KNOCK KNOCK
— Kōga & Chôgen


Le saké était déjà bien entamé, les deux hommes ne se privaient pas une seule seconde du plaisir qu’insuffle cette douce boisson, malgré le fait que Chôgen, lui, comparé à son frère, n’est pas un grand buveur. De son côté, il préfère se laisser emporter par différentes herbes qu’il consomme avec cette pipe, qui ne le quitte plus depuis de nombreuses années maintenant.

Sur le moment, il n’était pas question de se tenir convenablement. L’heure était à la frivolité, se faire plaisir autant que possible durant une soirée sans que pour autant, il s’en souvienne le lendemain. En plus de ça, le Gunjiteki disposait, pour son propre service, l’un des meilleurs cuisinier du village, dans sa cuisine. Un plaisir, c’est certain, il suffisait de voir la tête des deux samouraïs qui n’arrêtaient pas de s’empiffrer tellement que les mets étaient de qualité. En soit, c’était un moment très appréciable pour Chôgen, en compagnie de son jeune frère. « Bah, si je me retrouve sur le plancher en premier, tu pourras être gentil et me porter jusqu’à mon lit hein ? » lui dit-il en ricanant de bon cœur, les yeux levés vers le ciel.

Au moins, y’a des choses que fait Koga sur lesquelles le Gunjiteki est sur de pouvoirs lui faire confiance, comme le remettre en place si jamais le besoin se fait sentir. S’il lui avait demandé ça, ce n’est pas pour rien, au vu de ce démon qui commençait petit à petit à s’insinuer au sein de son fort intérieur. Pourquoi est-ce que ce démon avait fait son apparition, lui-même ne pourrait pas le dire. La seule chose qui est sur, c’est que tout commença le jour où il est tombé en face de ce type, l’utilisateur du doton, qui semblait être l’initiateur de cette attaque sur le village. Le fait de ne pas avoir pu le combattre réellement l’avait transformé en une boule de haine. Alors quand son frère lui demande des informations sur ça, c’est tout de suite cette sensation qui venait de refaire surface et ce n’était pas difficile de comprendre, il suffisait juste de regarder le faciès du Nagamasa pour combattre que c’est pas forcement le sujet qu’il préfère.

Mais après tout, c’est son frère, pas n’importe qui, pas un inconnu qui lui aurait demandé ça dans le village. Quelqu’un à qui il peut s’ouvrir en soit, à qui il peut parler sans pour autant être jugé, comme aime le faire un bon nombre de personnes dans le village depuis un certain temps. « Je pense qu’au sujet de mon nouveau poste, nous avons déjà fait le tour du sujet, tu connais mon opinion ainsi que mes projets quant à ce sujet. » Il posa sa pipe sur le côté, éteinte depuis quelques minutes, tout l’herbe à l’intérieur étant consommé. C’est la coupelle de saké qui attrapa de cette même main, pour la porter à ses lèvres et la descendre d’un seul coup. « L’attaque du village ? J’dois dire que je n’y étais même pas vraiment. C’est sans aucun doute ça qui m’énerve le plus en ce moment. Pendant que les gens subissaient une attaque de grande ampleur dans le cœur même de notre foyer, je me suis retrouvé à devoir sauver une jeune kunoichi du village. En face de moi, j’avais ce mec étrange. Il était sûrement celui qui amena les mercenaires ici. Il n’a rien fait d’autre que d’utiliser ses techniques à base de terre. Puis il a disparu, comme ça, sans laisser de traces. Au final, je n’ai même pas eu un combat digne de ce nom. T’imagines, si jamais ça t’arrives à toi, qui est pire que moi là dessus ? »


_________________
雷切 -Raikiri no Chôgen
« The glories of our blood and state, are shadows, not substantial things. There is no armour against fate, death lays his icy hand on kings. But i'm not a king, and my shadow will bring a new hope for Iwagakure no Sato... »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t138-chogen-you-re-gonna-feel-my-blade-into-your-body http://www.ascentofshinobi.com/t972-equipe-1-kamui#4939 http://www.ascentofshinobi.com/t981-nagamasa-chogen-carnet-d-un-samourai#5004 http://www.ascentofshinobi.com/u311

Ven 25 Aoû 2017 - 6:18
L'alcool commençait à faire son effet sur les deux bougres laissant les langues se délier et la discussion aborder des pans moins sérieux de leurs existences respectives. Les yeux sur le fil de sa Fossoyeuse, il la fit faire un trois-cent-soixante degrés en l'air en frappant le dos de la lame de sa geta en la rattrapant une fois le manche à sa portée, le bras tendu. Le bout de son uchigatana entama le parquet ciré sans qu'il y preta quelconque attention, rengainant sans même faire attention au mouvement tant il était devenu habituel.

« Avec toutes les bonniches que t'as tu vas bien t'en trouver une qui t'emmenera au lit, si ce n'est plus.. » Lâcha-t-il en laissant encore une fois transparaître l'émail de ses dents, l'une des femmes qu'il visait en disant cela passant derrière eux en rougissant à ses propos visiblement gênée.

Chôgen lui parla ensuite de son rôle dans l'attaque du village et du comment il avait sauvé Meian des griffes de Daiki, l'utilisateur mystérieux de Dôton. Engrangeant les informations comme une fourmi le ferait pour des miettes de pain, à l'abri dans un coin de sa psyché, il les retiendraient précieusement, ce genre de données pouvant se montrer utile s'il le croisait à l'avenir.

Curieux de rencontrer un homme capable de tel miracle sous le nez de son propre frère qu'il savait féroce quand il s'agissait de bélligérances. Ne croyant pas si bien dire, il lui demandait maintenant de se mettre à sa place, ce qu'il eut bien du mal à faire, paradoxalement.

« Wakatta... Être en mission pendant ce grabuge est sûrement l'une des choses récentes que je regrette le plus. Pas que je veuille participer à la défense par patriotisme, mais faut avouer qu'ils ont eus des couilles en acier pour attaquer une puissance ninja de la sorte et j'aurais aimé voir de mes yeux ces types. Et pourquoi hein... Se coupant lui-même pour s'interroger vis à vis du pourquoi de cette percée entre leurs lignes qui laissaient visiblement à désirer pour être franchie de la sorte, il porta une autre coupe précédemment remplie à ses lèvres pour être sacrifiée à glisser dans sa trachée. Est-ce que les autres villages ont subis une attaque simultanée ? Ou c'est un cas isolé? Hum ... » Comme s'il avait voulu se répondre à lui-même, il frotta son menton rasé de près.

« Je n'ose y penser, tu sais bien comme j'aime avoir de l'emprise sur les choses, surtout quand cela concerne les périodes où je dégaine. Qui sait, hein. Vaut mieux pas pour moi et ma sanité mentale. » Bien au courage de ses propres défauts, ce genre d'épisodes avaient le don de lui mener la vie dure pendant de longs moments et préférant ne pas penser à ce qui était pire que la défaite, il se resservit.

Le reste de la nuit, à l'image de cette discussion ne détonna pas. Assis là ils burent, discutèrent, profitèrent de la compagnie de l'autre jusqu'à l'aube. Pendant de longues périodes aucun d'eux ne parlait mais comme connectés, les mots étaient un apanage parfois peu utile dans ce genre de relation. Le Jônin et le bras-armé d'Iwagakure no Satô vivraient encore beaucoup d'aventures ensemble, Kôga en était sûr, ce qu'il savait moins et que certaines n'allait pas tarder à faire écho avec la fin de cette discussion...

Résumé:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.ascentofshinobi.com/t763-yaken-koga

knock knock | pv. Chôgen

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de la Terre :: Iwa, village caché de la Roche :: Quartiers résidentiels
Sauter vers: