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Acte I - La Cascade de Namida, Droit d'Audience (PV O'Dui S. Benten)


Dim 6 Aoû 2017 - 19:47
Cela faisait déjà une journée que l'épisode au Grand Dojo, qui avait symboliquement opposé la Confrérie des sabreurs aux mercenaires du Shodaime, était passé. Et s'il s'en était fallu de peu pour voir le village happé par une guerre civile à l'intensité et la durée inconnues. Bien heureusement pour le Pays de l'Eau, qu'il s'agisse d'Hattori Yasuhito ou de Fuji Asura, les deux plus redoutables épéistes de la Brume n'avaient pas cédé à la frénésie. Une marque de noblesse qui n'avait pas empêché la rétrogradation du premier, et sans aucun doute le plus respectable, tandis que l'ancien bandit avait été promu au rang de responsable des opérations à la Cascade Namida.

La plus importante base criminelle, actuellement connue des autorités, de l'Archipel toute entière. Un choix à la fois judicieux et troublant de la part d'O'Dui S. Benten qui courrait alors le risque de mettre en avant un véritable spécialiste en la matière qui en savait beaucoup trop sur son sombre passé. La Confrérie voulait déjà sa tête, et rien ne disait que le Roux se distinguait de ses confrères à ce niveau, alors pourquoi adopter une politique aussi périlleuse ? Une question cruciale que se posait l'escrimeur depuis sa promotion.

Surtout que cette dernière impliquait au moins une entrevue privée avec l'Ombre de l'Eau, l'occasion rêvée de se rapprocher de celle qui avait fait enfermée Shiori et privée le Gardien du Grand Dojo de ses précieuses armes. Tant d'affronts faits à la Confrérie qui à en croire certains, devaient être lavé dans le sang. Des fous, ou au mieux de pauvres inconscients, aux yeux du Roux pour qui la subtilité était alors de rigueur. Et il comptait bien jouer le rôle qu'on lui avait donné jusqu'au bout.

Il ne restait plus qu'à voir comment se déroulerait ce petit rendez-vous avec la sorcière maintenant qu'il était entré dans son antre : le Palais du Mizukage. Un haut-lieu encerclé de soldats envoyés par le Daimyo tandis qu'à l'intérieur, une ribambelle de mercenaires l'attendaient patiemment. Lui qui avait annoncé son arrivée bien à l'avance et qui tombait nez à nez avec le sanglant capitaine de la garde du Mizukage. Il n'eut alors à échanger qu'un regard avec ce dernier pour qu'il comprenne de quoi il en retournait.

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Dim 6 Aoû 2017 - 21:46
Benten était dans son bain. Il avait une température tout à fait agréable – tiède, car une chaleur élevée de l’eau traumatise la peau née avec la mémoire de la précédente, celle qui a fondu dans le brasier et qu’elle remplace dans une version enlaidie. La Mizukage était nue ; ses petits seins pendaient comme deux longues chaussettes déroulées et son bas ventre ourlé dissimulait son antre en l’ensevelissant sous son bourlet. Ce fut dans ce rare, trop rare moment de relaxation que l’Enfant de Benten qui gardait la porte de sa salle d’eau surgit dans l’enceinte, annonçant la venue d’un invité de marque.

Asura était l’un des gros perdants du bain de sang qui devait élire le Mizukage. Un raté total. Un déchet humain qui avait jadis fait des affaires avec les bandits, s’était lié à leurs meutes, puis les avait quittés. Mais il était devenu nécessaire dans les plans de la Dame des Brumes. Et il requérait aujourd’hui une audience – car depuis sa nomination au titre de Responsable en chef du dossier de Hi, il bénéficiait d’un siège temporaire au Conseil élargi, avec droits et privilèges identiques à ses autres membres, dont le droit d’audience.

Le motif de sa demande était pourtant inconnu. Le garde l’ignorait malgré l’insistance énervée de Benten. Elle souhaitait savoir à quel sujet elle était requise. Devoir improviser ses arguments, découvrir le thème d’un événement au pied du mur, ne plus avoir un coup d’avance, lui étaient insupportables. Alors, elle hurla un ordre qui traversa ses appartements jusqu’à l’entrée principale.

-PLUS DE MOUSSE !

Et elle claqua du doigt tandis que des serviteurs versaient des bombonnes d’eau chaude, froide puis un sac de poudre blanchâtre dans le bain d’ivoire et déjà plein de leur maîtresse, au rythme agacé de ses harangues, mi-ordres, mi-grognements. Quatre Enfants de Benten saisirent les hanses de la baignoire incrustée des initiales du Shodaime, suivis des serviteurs – et la petite troupe quitta la salle d’eau pour la salle d’audience, portant Benten nue et mousseuse, qui pataugeait dans l’eau et tentait en vain de noyer des deux mains un canaris en plastique.

Asura attendait au sein d’une pièce mieux décorée et plus officielle que les autres, un lieu de réception où le magistrat du Mizukage validait l’usage de son droit d’audience – quoique manquait le motif, que seul l’Ombre de la Brume était disposé à demander. On disposa la baignoire de Benten face au siège d’Asura, semblable à une bouche écumante de mousse, puis la totalité de la troupe et le magistrat lui-même disparurent, laissant – droit d’audience oblige – le Mizukage seul avec son hôte.

Le visage seul était momifié ; elle se frottait les doigts de pied avec une brosse ; sans jeter un œil sur Asura (car l’aspect grisâtre et écorné de ses ongles au bout jaunissant était une peinture plus esthétique), elle dit :

-J’écoute ?
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Lun 7 Aoû 2017 - 5:00
Noyé dans le luxe de la pièce où il se trouvait, le Roux avait affaires avec le Magistrat du Shodaime qui mettait en ordre la paperasse indispensable s'il voulait assurer la légalité de l'entrevue qui se préparait. A en juger son air blasé, une étape qu'on pouvait croire accessoire aux yeux de l'escrimeur, alors qu'en réalité il ne perdait pas de vue l'importance capitale de cette dernière sur le plan judiciaire. Ce sont de telles dispositions qui l'avaient fait passer du stade de malfaiteur à celui de Jônin de la Brume, et si elles pouvaient changer aussi positivement sa vie, elles avaient aussi le pouvoir d'en faire un véritable enfer.

Cependant il n'y aurait aucune complication à son sujet. Le sujet qui l'amenait était évidemment "grave" , de plus il s'attendait à ce que l'entrevue soit privée puisque son déroulement dépendait du bon vouloir de celle-là même qui avait édictée cette règle. Et enfin cela coulait de source qu'il avait laissé Kusanagi entre les bons soins de la Confrérie tandis qu'une simple épée avait été remise à la garde personnelle de la sorcière. Un titre peu flatteur qui prit tous son sens lorsque la concernée fit son entrée, complètement nue dans son bain alors porté par ceux qu'on nommait : les enfants de Benten.

En effet malgré l'abondante mousse qui dissimulait une bonne partie de sa chair à priori déjà attaquée par les vers, tant le Roux avait du mal à concevoir qu'une peau aussi abimée par le temps puisse appartenir à un être vivant. Il était difficile pour lui de cacher le profond dégoût qu'il ressentait à ce moment. Benten, quant à elle, semblait se complaire dans un faste qui convenait plus à un grand seigneur plutôt qu'à l'Ombre de la Brume. De plus son attitude grossière et ses manières déplacées lui indiquaient qu'elle cherchait à le déstabiliser.

Seulement c'était peine perdue, surtout lorsque l'on se dit qu'apparaitre nue était loin d'être le crime le plus odieux commis par cette sorcière du temps où elle séjournait encore à bord de son chariot itinérant. Et l'ancien bandit le lui fit bien comprendre en arborant un léger sourire en coin qui ne se voulait pas amical puisqu'il n'en avait pas forcement l'air. Cette dernière ne daignant même pas lui adresser un simple bonjour, il ne prit pas non plus cette peine. Au lieu de cela, il entra directement dans le vif du sujet en prononçant ces quelques mots d'une voix forte et distincte.


"La Cascade de Namida !"

La raison précise pour laquelle il était désormais l'égal des plus grands au village caché de la Brume. Un cadeau potentiellement empoisonné qui lui avait été offert par elle.

"L'équipe envoyée sur place n'a fait qu'entrevoir le sommet de l'iceberg."

En effet le rapport mis à sa disposition était en définitive très mince. Le pauvre fruit d'une situation qui avait bien failli coûter la vie des premiers kirijins arrivés sur place en plus de mettre sur le qui-vive l'organisation découverte.

"Il est temps d'en envoyer une deuxième avec pour mission d'infiltrer l'organisation, de l'étudier de l'intérieur sous tous ses aspects, et de m'en faire part en suivant des procédures spéciales dont je les informerai en temps voulu."

Mais pourquoi Asura prenait la peine d'en informer la Mizukage si elle lui avait délégué bon nombre de ses pouvoirs dans la gestion de ce dossier inquiétant ? Et bien tout simplement parce que dans la législation actuelle, il revenait au Maître des opérations d'exposer sa ligne directrice avant d'entamer concrètement un dossier. La sienne étant la subtilité au détriment d'une approche frontale, cet escrimeur montrait à sa supérieur hiérarchique que sa finesse ne s'appliquait pas seulement à son style de combat.

"Mon instinct me dit qu'essayer d'anéantir brutalement la Cascade et ses occupants, sans connaitre les tenants et aboutissants du problème, ne serait pas raisonnable. Et puisque la discrétion est de mise et que nous avons à cœur de prouver notre fidélité, pour commencer c'est ma confrérie qui s'en chargera. Et le plus tôt sera le mieux."

Effectivement Asura n'était pas en train de soumettre son projet, il l'expliquait simplement à sa supérieure hiérarchique en insistant sur l'urgence de la situation. Ainsi s'il obtenait l'accord du Mizukage, la mission débuterait le soir-même.

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Jeu 10 Aoû 2017 - 23:21
Le droit d’audience est validé. Désormais, les protagonistes, désarmés et en privé, négocient une décision qui sera effective au terme de l’échange. Rappel des 3 étapes constitutives du droit d’audience : l’accueil et l’écoute, la reconnaissance de la gravité du sujet, l’aboutissement d’une mesure immédiate. Enfin, « le droit d’audience va au vent » - selon l’adage ; cela signifie que rien, ici, n’est archivé ni officialisé dans un quelconque document.


Tandis qu’Asura parlait, Benten se faisait une barbe en mousse.

Non pas que son discours était inintéressant ou d’une importance moindre pour l’avenir du village – mais tout dossier qui ne touchait pas directement au nindô secret et morbide du Shodaime lui échappait comme un sujet lointain, un spectacle à donner afin de dissimuler ses véritables intentions au poste suprême de la Brume. Aussi semblait-elle d’avantage absorbée par ses jeux d’eau que par la gravité du propos d’Asura. La Cascade Namida ne lui importait d’ailleurs pas particulièrement – si elle n’agissait pas contre les bandits, quelle menace représentaient-ils pour elle ? Certes, ils étaient sans doute des adversaires du village – et ? Ils n’étaient pas les adversaires de Benten, au sens où ils n'avaient pas affiché l'intention de lui nuire. Or, Asura était là pour saisir l'occasion de les écraser à jamais...

La chose était même claire dans l’esprit de la vielle kunoichi : le village n’était qu’un véhicule plus rapide vers l’accomplissement de sa tâche sur terre. Tout le reste n’était qu’un récit tissé pour immobiliser les masses dans un plan plus général, un plan qui les dépassait tous. Aussi, tandis qu’Asura approchait du terme de son propos, Benten ne savait que dire. Elle n’avait rien écouté. Ses pensées l’avaient saisi par la main et forcé à arpenter d’autres lieux de sa mémoire, l’arrachant à son attention initiale. Il y eut même un silence avant que la Mizukage ne sût que son interlocuteur avait bientôt fini, et que sa réponse serait attendue. Lorsqu’elle retrouva ses esprits, il était déjà trop tard.

-[…] (Par tous les kamis que tu es laid) sans connaitre les tenants et aboutissants du problème ne serait pas raisonnable (Est-ce un nez ou un tubercule ?). Et puisque la discrétion est de mise (Oh merde, de quoi parle-t-il ce con… ?) et que nous avons à cœur de prouver notre fidélité (D’accord, voilà un mot clef. Je devrais fonder toute ma réponse sur ce mot, « fidélité », et l’aiguiller pour obtenir des informations au risque qu’il me les ait déjà données), pour commencer c'est ma confrérie qui s'en chargera. Et le plus tôt sera le mieux.

-Et la cascade Namida s’écoulera sur vos tombes. Les sabreurs n’émoussent jamais leur lame, mais ils n’ont pas le même soin pour leur réputation. Vous êtes une petite assemblée de salopards et je vais vous détruire. Votre initiative confirme l’intuition qui m’a fait vous nommer au plus haut rang après moi, car tu ne commandes que pour m’être utile et ton rang est une toile dorée. Vous souhaitez la paix : et nous l’obtiendrons selon les détails qu’en tant que responsable du dossier Namida, vous planifierez. Mais avec ton nom au nombre des victimes.


La chose était trop belle pour être vraie. Tous les sabreurs, engagés dans le dossier le plus dangereux du pays des Brumes. La cascade serait rouge du sang des adversaires de Benten ; de tous ses adversaires : les bandits qui savaient quelles rumeurs noircissaient son passé à leur tête, et les sabreurs que la tradition et l’honneur rendaient incontrôlables – un adjectif synonyme de dangereux dans le vocabulaire amoindri et méfiant de la Mizukage. Au fond de son bain tiède, la vieille femme gesticulait de bonheur à l’idée de voir s’entre-déchirer et nuire les deux factions qui étaient les seuls obstacles à sa maîtrise de la situation. Soudain mille idées jaillirent dans sa tête, et elle observait Asura avec le délice du prédateur qui sent ses griffes se refermer.

Un accident était si vite arrivé…
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Ven 11 Aoû 2017 - 20:32
Est-ce qu'il s'agissait d'une blague ? Le Roux restait perplexe face à la nonchalance de la sorcière dénudée. Non seulement elle lui avait imposé la vue de sa chair peu ragoutante, mais désormais il apparaissait évident qu'elle se fichait bien de lui. Honorer ainsi la Confrérie des sabreurs, si peu de temps après avoir bien failli entrer en guerre avec elle, il n'était pas le genre d'idiot qui avalerait naïvement un tel tas de purins camouflé en paroles délicates. Cette ignoble petite chose, à la fois difforme et sans nul doute mal odorante, méritait d'être passée au fil de son épée.

Et si prendre en charge un tel dossier était dangereux pour la réputation de l'homme qui en n'endosserait les conséquences, qu'elles soient négatives ou positives. Asura se faisait une joie de savoir que cette immondice ne semblait pas s'en préoccuper le moins du monde. Elle qui lui avait déjà donné les pleins pouvoirs, il ne s'attendait pas spécialement à ce qu'elle cautionne la moindre de ses décisions en la matière. N'était-elle pas consciente du réel danger que représentait pour elle la Cascade de Namida ? Peut-être bien que la sénilité l'avait gagné, changeant ce cancrelat en un parasite en sursis.

Mais malgré tout l'escrimeur ne perdait pas pour autant de vue sa dangerosité qu'elle ne devait qu'à ses différentes relations. En effet s'il n'avait eu affaire qu'à elle, il aurait réglé son cas en un rien de temps, il en était certain. Car si sa puissance était réellement digne d'un Mizukage, pourquoi se cacherait-elle depuis sa nomination derrière les troupes du Daimyo et les âmes en perdition qu'on appelait "les enfants de Benten" ? Une véritable armée qu'il se chargerait d'amoindrir considérablement si son plan venait à être un franc succès. Et c'est en pensant à cela, et non aux déclarations de la petite Ombre de l'Eau, qu'il se mit à arborer un franc sourire au moment de reprendre la parole.


"Vos louanges sont un véritable honneur Maître Mizukage. Et si un être avec tant de prestance m'accorde sa confiance, il m'est impossible d'échouer."

Elle comprendrait sans aucun doute qu'il était en train de se payer sa tête, mais dans les faits comment pourrait-elle l'incriminer de quoi que se soit dans de telles conditions.

"Je vous ai exposé un plan qui vous a semblé convenable. Alors maintenant il ne me reste plus qu'à le mettre en oeuvre pour délivrer notre pays de la criminalité qui l'a rongé durant tant d'années."

Et avant de prendre la direction de la sortie pour enfin fuir la saleté de ce lieu clinquant auquel cet adjectif convenait si bien. Le Roux tira sa révérence à la vieille sorcière qui se prenait pour une Reine.

"Nous nous reverrons bientôt."

Un au revoir qui sonnait au premier abord comme une déclaration plaisante. Cependant si on prenait conscience des véritables sentiments d'Asura à l'égard de son aînée, ce dernier résonnait plutôt comme une menace habilement dissimulée.

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Ven 11 Aoû 2017 - 22:21
Benten n’avait pas poussé le bouton d’évacuation des égouts, pourtant le tas d’étrons roux qui avait infecté sa présence disparut après avoir rendu les politesses usuelles. Il n’y avait pas meilleur révélateur rhétorique d’une hostilité que moduler sa voix sur des textes officiels et préconçus : tout le message réside alors dans le ton. Et celui d’Asura avait une pointe de défi, un écho subtile qui trahissait dans ses idées le plan d’une manœuvre inavouée, mais qui planait dans le fond de l’échange ; l’un de ces sujets implicites que deux protagonistes détournent tant qu’ils en circonscrivent le périmètre par leurs allusions.

Les derniers mots d’Asura glacèrent donc quelque peu la Dame des Brumes ; la petite musique de sa voix faussement suave avait retenti dans le palais comme émis d’une lyre adverse et dangereuse, d’une lyre qui étire et attache ses propres cordes dans l’intention de nuire, et de tirer des sons qui étoufferaient la musique harmonieuse et dominante de sa propre vie. Deux orchestres en duel. Deux symphonies divergentes. La silhouette de plus en plus éloignée d’Asura, son dos offert à un kunaï, sa face dirigée vers la sortie, semblaient être une occasion qui ne se présenterait plus…

Son bras un instant glissa vers le fond de la baignoire, où scintillait sous la mousse un kunaï qu’elle avait gardé là – au cas-où ; car cette femme renfermait trop de malice et de ruse pour méjuger que ses semblables n’étaient pas aussi méchants qu’elle, et qu’elle ne devait pas s’attendre de leur part de ce qu’elle aurait accompli à leur place. Elle serra l’arme et commençait à se dresser nue de son bain lorsqu’un instant, sa conscience suspendue au bord du gouffre la rendait interdite à sa première initiative. Sans révéler le kunaï épais hors de son bain, son bras puis son buste et toute sa chair à nouveau soulevèrent des vagues que la baignoire aussitôt bava comme dans un rire étouffé devant l’échec de son hôte.

Lorsqu’Asura vraiment disparut des lieux, Benten sortit de son bain et le vida des quantités d’armes qui y étaient entreposées. Elle avait violé l’un des principes fondateurs du droit d’audience : être désarmé ; et un œil averti aurait pu apercevoir que non seulement le lieu de sa toilette, mais les meubles immédiats et toute la pièce étaient des armureries subtilement apprêtées pour servir au cas où Asura, ou un autre utilisateur du droit d’audience, manquait autant de morale que la Dame des Brumes. Celle-ci, se rinçant, avait violé plus encore le droit d’audience – et jetant un œil vers le mur qui était avant dans son dos, elle y fixa quelque chose comme si un regard ami répondait au sien. Et tel était le cas.

Deux ombres par la suite surgirent, spectateurs ignorés du droit d’audience. La nudité de la Mizukage était embrumée par des volutes de vapeur, la dissimulant aux silhouettes jumelles qui s’approchaient comme pour mieux écouter :

-Vous avez écouté quel était son plan.

-Oui Dame Mizukage.
Le droit d’audience avait été plus que violé : les deux silhouettes avaient tout noté et enregistré, dans un document scellé qu’ils rangèrent dans leur kimono bleu et brodé de toute la signologie des Brumes. Si Asura parvenait à mettre la main sur une telle preuve que le sacro-saint droit d’audience avait été violé…

-Vous devinez donc votre mission. Faites qu’il ne revienne pas de Namida. Lui, ni aucun autre des sabreurs.

L’opération « Fourreaux vidés à jamais », prévue initialement pour répondre à une éventuelle violence au Dôjo, avait été modifiée quelque peu. Mais si les moyens et le séquençage des étapes avaient été adaptés au dossier Namida, avec accès à toutes les données dont Asura pensait être le seul connaisseur, l’objectif était demeuré le même : éliminer les opposants de Benten, à n’importe quel prix.
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Sam 12 Aoû 2017 - 0:02
Dos à son ennemi, le Roux n'était pas pour autant aveugle. Toutes ces années passées à faire de la contrebande parmi les brumes de l'Archipel avaient affûté son ouïe à un tel point qu'elle surpassait celle de tous les shinobis ordinaires. Ainsi lorsque la sorcière commença à racler discrètement son kunaï au fond de sa baignoire, il remarqua immédiatement un léger crissement provenant de sa direction. Et que dire lorsqu'elle se leva subitement en déversant quantité d'eau tout autour d'elle ? Asura aurait peut-être eu plus de mal à repérer une baleine qui tentait de l'écraser tant l'intention chez cette sorcière de lui nuire était palpable.

Et si cette dernière tentait de l'assassiner par dernière, à la fois privé de Kusanagi et de toute autre arme, il aurait sans doute du mal à la vaincre. Alors que dire des dizaines d'aliénés dont il devrait se préoccuper avec le plus grand soin s'il voulait sortir vivant de ce maudit palais. Une triste situation qui le poussa à poursuivre son chemin tout en sachant pertinemment qu'à cette distance, il n'aurait aucun mal à entendre un lancer de projectile, même s'il ne saurait le localiser avec une extrême exactitude. Ce qui paraissait plutôt accessoire au vu des informations qu'il avait déjà en sa possession.

Mais étonnamment la Shodaime ne se décida pas à l'éliminer. Sans doute aurait-elle eu du mal à justifier un tel acte face à un village qui émettait déjà de forts doutes concernant son intégrité. Une occasion qu'elle aurait pourtant dû saisir puisque même s'il venait de disparaitre derrière la porte par où il était entré, il entendit clairement la chute de bon nombre d'objets métalliques sur le sol de la pièce dont il venait de s'extirper. Et il était par conséquent en possession d'une information capitale : le Droit d'audience avait été violé !

En effet Asura n'avait peut-être pas vu de ses propres yeux ces armes, mais il avait déjà entendu ce son un tel nombre de fois dans sa vie qu'il n'y avait aucun doute possible. Une accablante vérité qui l'encouragea à trainer le pas alors qu'il s'éloignait peu à peu sous les regards inquisiteurs des enfants de Benten qui étaient alors parfaitement silencieux. Et bien qu'il n'ait entendu aucun claquement de porte ni même le grincement d'une poignet, l'escrimeur su qu'à aucun moment il n'avait été seul avec son hôte.

En effet une discussion mêlant deux timbres de voix différents se déroulaient en ce moment même dans la pièce ajoutés à un nombre de pas bien trop importants pour correspondre à ceux d'une seule personne. Et bien que son ouïe, si développée soit-elle, ne lui permettait pas de discerner parfaitement les mots prononcés, il était persuadé que les termes "Sabreur" et "Namida" avait été employés. Ainsi ce qu'il redoutait le plus venait d'arriver : malgré sa nonchalance apparente, Benten avait décidé de se mêler au projet qui risquait de la faire destituer.

Et par conséquent plusieurs options s'offraient à l'ancien bandit. Soit il faisait marche arrière en un instant pour prendre au dépourvu l'Ombre de l'Eau ainsi que le risque de ne pas sortir vivant d'ici ; soit il se servait des informations en sa possession pour la discréditer dès à présent devant Kiri tout entier ; soit il feintait l'ignorance en poursuivant son projet initial encore mieux informé qu'il ne l'était précédemment. Son instinct de survivant lui dictant de ne pas choisir la première option, il se résolut à fuir dans le calme. Laissant à Benten l'illusion qu'elle contrôlait parfaitement les évènements alors qu'en réalité elle venait tout juste de se faire un ennemi qui transformerait sa vie en un véritable enfer.


Spoiler:
 

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