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Grain de malice [HIDEAKI M.]

Ozuki Rei
Ozuki Rei

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Dim 15 Déc 2019 - 18:46
Il y'a des événements que l'on balaye de sa mémoire comme on balaye devant sa porte. Des secrets que l'on enferme au plus profond de son cœur, comme des personnes que l'on oublie parce qu'on le doit, et non parce qu'on le voudrait. C'est le cas de Midori, une de ses personnes qu'il a rencontré une fois, qui l'a marqué, mais dont il fait mine de nier l'existence, ou tout du moins de ne l'avoir jamais connu.

C'était il y'a dix ans. Il était un petit bout de chou de six ans, ses cheveux était tressés, ses yeux n'avaient pas encore perdue de leur éclats, ni gagné cet aspect usé et terne qui le caractériserait aujourd'hui. Sa voix avait encore des intonations, et il avait un espèce d'accent chantant, qui lui donnait un air charmeur en toute situation.

- Rei, donne moi la main, tu ne connais pas les lieux et c'est dangereux ici. Fit une dame dans la force de l'âge, avec une énorme poitrine, et des bras couvert de cicatrices. C'était sa nourrice, une ancien ninja qui s'était rangé des charrettes. Obéissant, le petit garçon qui se font dans la masse avec son teint halé, insère sa petite main dans celle de la femme sans broncher. Il y'avait deux raisons à son obéissance : D'abords il était toujours sage. Secondo, il faisait confiance à la jeune femme pour le mener sur le bon chemin.

Depuis le temps qu'elle s'occupait de lui à la place de ses parents, ils avaient noué une relation de confiance, une relation quasi-familiale, pas du sang, mais du cœur. Elle le mena à travers le dédale de rue ensablées qui composaient la cité principale de Kaze no Kuni. Les murs étaient blancs, afin de prévenir l'intérieur de la chaleurs extérieur.

Ils passèrent dans le marché aux puces, pleins de couleurs et de saveurs, quand la nourrice commença à se sentir mal. Elle suait grosses gouttes et semblait fébrile. Sa vision se troublait. Le petit garçon lui, ne remarquait rien du manège, et il continuait à admirer les environs, et tout ce qu'il ne connaissait pas dans ce pays étrange.

Replaçons le contexte : La famille Ozuki est une branche d'un clan officieux, d'assassins ultra violents et efficaces, qui usent de leur chakra pour satisfaire leur besoins meurtriers. Il y'a quelques temps, la famille fut envoyé à Kumo comme des pionniers dont la mission était d'agrandir l'influence du clan dans le pays de la foudre. A l'époque elle s’appelait encore Shitaderu. Une ville au sombre passé, et au devenir plus sombre encore, qui corrompit l'âme du paternel de Rei, qui monta une petite affaire clandestine, annexe au clan, pour l'appât du gain d'abords, et par intérêt ensuite.

Le pouvoir peut tourner n'importe quel esprit à faire n'importe quel connerie. Et il se retrouvait à présent convoqué avec toute sa famille au siège principal du clan, à Kaze no Kuni. Il ne se doutait pas de ce qu'il adviendrait par la suite.

- Regarde comment c'est beau, Akio ! On dirait une rose faite de tissus, sauf qu'elle brille ! Fit-il en observant un artisan usé du Shoton pour créer des roses plus vraies que nature. A sa droite, une petite fille à peine plus grand que lui semblait aussi intriguée que lui.

Le choc des culture commencent parfois simplement par un simple contact, comme un enfant qui te souris alors que tu tourne la tête vers lui, et te propose de te donner sa rose, parce que tu le mérite.

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 15 Déc 2019 - 19:35
grain de malice;

Le grand marché aux puces de Kaze. Du monde, du monde, du monde. Des gens qui défilent, marchent lentement entre les étals. Ils prennent le temps de regarder, parfois ils se laissent tenter. Dans cet univers féerique, égayé par toutes ces couleurs et ces lumières, plusieurs requins s’éveillent. Prunelles incarnates scintillant dans les ténèbres. Ils sont là, ils approchent. Chacun, derrière son stand, attend avec impatience que les paires d’yeux viennent les chercher. Midori n’échappe à la règle. Du haut de ses huit années, elle connaît déjà chaque rouage de cette petite affaire, comment ça fonctionne, quelles sont les bases, le meilleur comportement à adopter. Une arnaqueuse dans l’âme. Paisiblement installée sur un tabouret inconfortable, l’albinos guette chaque client qui passe, prête à happer le premier qui tombera dans son filet.

Arnaqueur, arnaqueur. Tout le monde fait confiance aux vendeurs. Personne ne se doute jamais qu’ils ne sont là que pour faire cracher du blé à toutes leurs victimes. Achetez, achetez encore. La barbarie d’un monde en apparence merveilleux. Oh, oui, c’est beau, c’est bien, tout le monde aime venir ici. Mais toutes les stratégies sont réunies pour pousser à la surconsommation. Midori ne connaît pas encore tous ces mots, tous ces concepts complexes qui la dépassent. Ils sont là, ils sont mentionnés, parfois papa en parle avec maman, mais elle n’y comprend rien. Pour elle, un seul mot d’ordre : sourire. Sourire encore, sourire toujours. Cette mimique de façade, qui ne veut plus rien dire, mais qui pousse le client à venir vers eux.

Après tout, qui ne fondrait pas pour un aussi adorable bout de chou ?

Ses deux couettes blanches tombent dans son dos et remuent doucement quand elle secoue la tête. Ce n’est qu’un instrument de plus pour vendre, vendre, vendre. Mais Midori n’en a rien à faire. Au contraire, elle sait très bien qu’ici, elle est l’outil principal. C’est son sourire qui attire. C’est son sourire qui fait acheter. C’est son sourire qui fait son salaire. L’esclavage moderne, un véritable fléau pour certains, une manière de s’enrichir pour d’autres. Enfin, elle n’est pas non plus à plaindre, ses parents sont relativement riches, donc elle gagne une grande partie des ventes qu’elle fait toute seule. Mais combien diront que c’est illégal ? Combien diront que c’est dégueulasse ? Combien se heurteront à ce comportement qui met en lumière des enfants, les utilise pour parvenir à ses fins ?

Ils ont raison, oui.
Mais Midori préfère leur donner tort.

Quand une femme plutôt âgée apparaît avec un enfant, l’albinos sait que c’est le moment. L’opportunité idéale. Elle n’en a rien à faire, de ce que disent les gens, Mido. Elle sait que pour avoir plein d’autres joyaux qui brillent, plein d’autres livres, elle doit être au meilleur de sa forme. C’est pourquoi, avant que qui que ce soit ne remue le petit doigt, l’enfant se saisit de la rose confectionnée par son père, pour la tendre au petit garçon. Plus jeune qu’elle, perdu, mais fasciné. Le parfait client.

« On appelle ça du cristal ! »

Son sourire grandit, mu à la fois par la nécessité de tenir son petit manège, mais aussi par une réelle envie de sourire. Il est mignon, innocent. Il ne connaît pas les beautés de ce monde. Candide créature perdue au milieu des vautours. Faut-il le protéger, ou le manger ?

Pauvre petit.

« Tiens, je te la donne. »

Midori tend la main, pour offrir la rose à l’enfant qui lui fait face. Ils ne se connaissent de nulle part, ne se sont jamais parlé, ne se sont jamais croisés. Pourtant il est là, au cœur des arnaqueurs. Dommage pour les autres vendeurs, l’albinos est passée la première. À voir si la vieille est prête à cracher le pognon, maintenant. L’enfant décide de s’en assurer. Elle joint ses paumes l’une contre l’autre, comme pour récolter quelque chose. D’une lueur scintillante apparaît une autre structure en cristal, beaucoup plus petite, mais d’un éclat supérieur à celui de la rose. Midori la montre à l’inconnu.

Sourire fier, qui cache son âme de vautour, planque le requin derrière d’adorables faux-semblants. Mademoiselle Hideaki est partie, lancée à pleine vitesse sur la grande route de la vente. Dépensera, dépensera pas ?

« Je m’appelle Midori. Enchantée ! »

Elle fera tout pour, en tout cas.
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Ozuki Rei
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Mar 17 Déc 2019 - 11:28
Elle avait le sourire tapageur, et les cheveux jolie-coeur, juste au bord des yeux ; Roses. Elle était comme un bonbon, habillée comme une jeune fille en pâmoison pour son premier rendez vous. Elle semblait resplendir au yeux du petit garçon, dont le coeur rata un battement et dont les sensations furent perturbés à jamais par une petite main qui y glissait dans la sienne un cadeau. On dit qu'en règle général, les premières fois sont difficiles. Mais pas là, non, c'était d'une simplicité remarquable et limpide pour Rei. Ce sentiment qu'il ne connaissait pas ne l'angoissais pas, ça le rendait heureux. Oui, c'était cette vague de dopamine dans son cerveaux, mais s'il ne le savait pas encore, ne tarderait-il pas à l'apprendre par la suite.

L'amour, ce n'est que de la chimie complexe des sentiments, et le physique en était le premier vecteur. Si le courant passait entre Rei et Midori, ce ne serait pas à cause d'une élévation de l'âme ou bien la tournure d'un destin facétieux, non. Ce serait simplement la conséquence d'un signal électrique envoyé dans leur cerveau, un signal électrique qui servait aussi bien à discerner les couleurs, que le saveurs et les textures.

Mais tout ça, ce n'était pas de l'amour non. C'était du commerce.

- M .. M..Merci beaucoup ! Bégaya-t-il en admirant la magnifique roses cristallisées, qui lui rappelait ces bonbons à base de sucre filé. Il avait presque envie d'y mettre à la bouche, tellement cela ressemblait à une sucrerie. Il se sentait un peu honteux de dépouiller l'artisan si qualifié qui avait mit beaucoup de temps et d’énergie à concevoir pareil beauté -parle-t-on encore de la fleur ? Aussi tira-t-il sur la manche de l'adulte responsable comme pour quémander quelque chose.

Finalement, la jeune fille lui parla. Et Rei fut effrayé d'un contact aussi direct, aussi se planqua-t-il derrière Akio sans autre formes de procès, tout en fermant les yeux comme si cela pouvait le faire disparaître de sa vue. Finalement la curiosité fut plus forte que tout, et il se décala -toujours les yeux fermés, d'un pas sur la droite réapparaître devant la jeune fille.

-Du cristal ? On dirait le verre qu'on utilise pour boire à table ... Fit-il, tout timide, la fleur toujours dans les mains. Il n'avait jamais entendu parler de pareil matériau. Qui brillait autant, et qui était aussi lisse au touché. On eut dit du verre, mais en beaucoup plus raffiné.

- Tu me la donne ?
Répéta-t-il bêtement, toujours ébahis par tant de générosité, de gentillesse, et de grâce réunie dans une seule personne. Il ne se doutait pas que derrière ce masque, se cachait un machiavélisme poussé à l'extrême par des parents peu scrupuleux, et qui vendrait père et mère pour un peu plus de Ryô. C'était la première fois qu'une inconnue lui offrait quelque chose, ça lui faisait de l'effet mine de rien ; Il rougit. Mais avec sa couleur de peau cela ne semblait être qu'un simple coup de chaud provoqué par les températures élevé en ce mois d'août.

- Moi ... C'est Rei. Je ... très content de te rencontrer Midori finit-il par réussir à lâcher, toujours dans le flous. Il montra la petite fleur mignonne qu'il tenait dans la main et lui posa la question qui lui brûlait les lèvres : C'est toi qui l'a faite ?

C'est ce moment là que choisit Akio pour s’effondrer sur le comptoir, en renversant quelques produits qui ne cassèrent même pas par terre ; Ca c'était du solide.

L'artisan pouvait être fier de sa création.

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Mar 24 Déc 2019 - 0:54
grain de malice;


Une première victoire. Taper dans l’œil de l’enfant, le nourrir d’une générosité candide en apparence, malveillante en réalité. Il est si doux. Beaucoup se diraient qu’il faut le préserver, en prendre soin, car il n’en reste plus beaucoup de cet acabit. En comparaison avec Midori, l’enfant au teint basané est d’une innocence sans pareille. Il se ferait réellement happer par tous les vendeurs du coin. Aucun d’entre eux n’en laisserait une miette. C’est doux, ça caresse la peau comme une brise fraîche au milieu du désert. Mais personne n’est dupe : toute personne qui met les pieds ici est un client. Un client consomme. C’est la loi de la jungle, c’est tout.

Alors au diable la douceur, au diable la candeur. Midori sort les mâchoires sans aucune pudeur : à la guerre comme à la guerre.

Ses lèvres s’arquent en un adorable sourire lorsqu’il la remercie. Il n’a pas l’air de trop savoir de quoi il s’agit, mais ses prunelles qui se perdent sur la sculpture assurent à l’albinos qu’elle a fait mouche. Bien qu’il soit particulièrement intimidé, comme le témoigne sa tendance à se cacher derrière la vieille qui l’accompagne, il a tout de même l’air de vouloir savoir. Découvrir. La curiosité enfantine à l’épreuve de cette peur mordante qui l’empêche d’agir. Il sort la truffe de sa tanière malgré tout, se heurte à l’inconnue. Il pose des questions, teste la matière. Il se fascine pour cette matière étrangère.

Midori hoche doucement la tête, entre avec habileté dans le grand manège de la vente. Encore, toujours, alors que tourne le carrousel, incessamment.

« On peut faire des verres en cristal, oui. Ils sont plus chers que les autres verres qu’on trouve un peu partout, mais il paraît que les collectionneurs les adorent. »

Elle hausse les épaules.

« Apparemment c’est un signe de richesse ! »

Un hochement de tête, comme pour affirmer plus encore ce qu’elle lui dit. La conviction de la petite fille, diluée dans un grand verre de manipulation. Il récupère la rose, reste ébahi par le fait qu’elle lui ait donnée et non vendue. À tous les coups, le train est en marche, il suffira juste d’ouvrir les vannes et d’accélérer un peu pour que la vieille crache tout son pognon, absolument tout. Et ce sera une journée de vente exceptionnelle, avec une prime fantastique pour Midori ! Ses yeux se transformeraient en ryôs si c’était possible.

Mais au lieu de ça, alors que les présentations se font, la vieille part dans un univers parallèle. Vlan, elle s’étale sur le comptoir, fait tomber le cristal tout autour. La marchandise ?! Même si rien ne casse, quand même ! Midori hésite un instant : la vieille ? Le cristal ? Quand elle voit son père se précipiter pour ramasser les créations, elle sait qu’il faut s’occuper de la nounou. Ce n’est pas le plus fun, mais c’est ce qui fidélisera le plus le client.

« Madame ?! »

L’albinos enjambe le bazar sous ses pieds, prend le môme par la main pour le rapprocher de l’inconnue et s’assurer de ne pas le perdre.

« Quel est son nom ? Tu sais ce qui a pu lui arriver ? »

Une fois à portée, Midori se désintéresse totalement du gamin pour établir l’état rapide de la vieille. Elle pose une main sur le front brûlant de l’inconnue, puis sur le sien, pour comparer. Il y a une différence de température qui lui fait lâcher un « Ah ! » surpris, qu’elle ne peut pas contenir.

« Elle a beaucoup de fièvre … Et son cœur bat très lentement. »

Les petits « boum » irréguliers contre son doigt, posé dans le cou de la vieille, lui indiquent que ce ne sera pas aujourd’hui qu’elle va vendre. Au contraire, il va falloir faire plus que penser comme un requin, même si cette perspective ne lui plaît pas le moins du monde.

« La sueur … Elle est malade, ta grand-mère, Rei ? »

Midori se tourne un instant, pose d’abord son regard sur l’enfant, puis sur son propre père.

« Fais venir un médecin, papa. On a un problème. »

Un constat froid, bien au-delà de la maturité attendue d’une petite fille. Pourtant, si l’albinos sait quand il est l’heure de vendre, elle a aussi appris que, dans ce pays, nombreux sont ceux qui s’écroulent, parfois sans raison. Il faut toujours être prêt à tout, notamment aux premiers secours. Parce qu’on n’a jamais aucune idée de ce qui va nous tomber dessus. Elle inspire profondément, récupère une sculpture en cristal dans laquelle elle met de l’eau fraîche.

« Tiens, essaye de la faire boire, je vais humidifier sa peau. Ça va aller, d’accord ? »

Mais au fond, Midori n’a aucune idée de ce qui va se passer. Peut-être que ça n’ira pas du tout, finalement.
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Ozuki Rei
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Ven 27 Déc 2019 - 0:40
Il hochait de la tête en retenant les informations aussi bien que s'il les notait sur un bloc note. Il avait cette capacité à mémoriser énormément d'informations d'un seul coup, sans jamais saturé. Il savait parfaitement le nombre de marche qu'il montait pour aller à l'académie, et il savait également le nombres de mètres qu'il y'avait entre chez lui, et Kaze no kuni. Il savait quel était le nom du seigneur en place, et tout un tas de truc d'adulte qu'il entendait. C'était une vraie mine de science, en faite, il ne faisait que bien le cacher à cause d'un surplus d'innocence.

Mais la magie de leur rencontre fut bien vite brisé par sa nourrice, qui s'effondrait là net, tandis que la jeune fille la prenait en charge, l'entraînement qu'avait subit Rei remonta à la surface, et il se mit à observer tout autours de lui s'il n'y avait pas de silhouette suspecte, ou de visages connus. Cela pouvait être l'un des nombreux test tordu de son paternel, qui s'amusait à toujours le soumettre à de vils examens à des moments où il s'y attendait le moins.

Mais aujourd'hui était différent, ce n'était plus un test. C'était la réalité.

- Elle s'appelle Akio, je ne sais pas, peut être que quelqu'un l'a drogué à son insu, peut être qu'elle est malade, peut être qu'elle voulait admirer de plus près les bijoux ... Fit-il en regardant ailleurs, ayant totalement changé d'attitude. Le danger avait cet effet sur lui, que d'allumer tout ses instincts, et de la mettre sur un qui vive impressionnant. Sa capacité de concentration était carrément digne d'un adulte, alors qu'il n'avait que six ans.

Son oeil agguéris par des heures d'entraînement repéra trois hommes qu'il avait déjà entraperçut sur la route, et tandis qu'il sortait un kunaï, il se pencha vers les deux femmes pour répondre aux questions.

- Elle a toujours eu une santé de fer, je ne l'ai jamais vu tomber malade, même en sortant malgré les pires tempête de Kumo ... Voilà ce qui lui semblait le plus louche. Habituellement, la vitalité de sa nourrice était tel que même lui avait du mal à suivre le rythme. Alors qu'il était un enfant ! Alors croyez le, quand on vous dit que quelque chose de pas clair se jouait à présent. Rei avait été à bonne école, depuis qu'il avait environ quatre ans, on lui enseignait tout un tas de truc pour survivre à ce genre de situations. Et si son père avait suivit expressément,et plus particulièrement, l'enseignement du petit dernier, c'était qu'il avait du potentiel... Malgré sa candeur, il rôdait un prédateur sous cette toison de mouton.

Un louveteau, reste un loup malgré tout.

- Tu n'as pas des herbes pour purger un système sanguin et digestif ? Du genre de la calendula, ou bien de l'astragate serait plutôt indiqué dans cette situation ... Il se remémorait ses cours sur les plantes et leurs différentes utilisations, mais confondait tout. Il n'était pas un expert, et ne le serait jamais. Lui, son truc, c'était plus les racines et les troncs.



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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 29 Déc 2019 - 17:13
grain de malice;


Akio. Une victime de plus sur un tableau de chasse. Juste un nom qui s’efface, marque certaines mémoires, mais ne suscite rien chez d’autres. Akio, juste une nourrice, ou une grand-mère. Quelqu’un pour quelqu’un, mais personne pour certains. Elle était là, paisible, à balader son petit, jusqu’à ce qu’une étrange maladie l’emporte. Elle est tombée, son poids s’écrasant intégralement sur l’étal de bijoux. Midori observe, tente de comprendre. Qu’est-ce qui a bien pu lui couper les jambes de cette manière ? Qui se trouve derrière cette cohue ? Pourquoi les gens font-ils ça ? Qu’a fait cette grand-mère pour être la victime de bandits ?

Et surtout, surtout.
Qui a osé mettre en péril les ventes du jour ?

L’albinos relève la tête, retrousse les narines. Un mélange de colère et de stupeur s’est emparé de son être, suffisamment pour faire naviguer l’adrénaline, pas assez pour lui permettre de rester maîtresse de ses émotions. Elle a envie de tout faire voler, de trouver l’auteur de cette vilenie pour lui coller trois baffes dans la figure.
Pour l’heure, il faut pourtant s’occuper de la vieille. Le garçon a donné des hypothèses : une drogue, un empoisonnement, une maladie. Admirer les bijoux de plus près, ça n’aurait pas eu cet effet, ou alors cette famille a un sérieux problème de brutalité. Elle doute que ce soit cette dernière possibilité. Les autres, par contre …

Midori continue d’inspecter partout. Les doigts sur le poignet de la vieille, elle inspecte son pouls. Irrégulier. Il bat beaucoup trop vite pour que rien ne lui soit arrivé. Le père de l’albinos, déjà en quête d’un médecin, est probablement leur dernier espoir. Parce que, selon ce que lui dit l’enfant, cette femme n’est pas sujette aux maladies. Au contraire : elle est sûrement plus résistante que tous les Kazejin ici présents. Une santé de fer, qui tient tête aux pires tempêtes de son pays. Ce n’est définitivement pas normal.

L’inspection se poursuit aussi vite que possible, la gamine faisant de son mieux pour mettre en application les conseils qui lui ont été prodigués, ainsi que son grand savoir théorique. Malheureusement, elle n’est pas médecin : difficile pour elle de déterminer les réelles causes d’une telle réaction sans pouvoir l’examiner complètement. Elle se contente alors d’écouter attentivement Rei : peut-être qu’à deux ils auront une chance d’inverser la balance ? Au moins jusqu’à ce que son père ne revienne …

Midori hoche la tête. Calendula, astragate, voilà deux mots qu’elle n’a jamais entendus. Néanmoins, les connexions nerveuses se font à pleine vitesse : elle sait où l’envoyer, à qui l’adresser. Elle tend la main en direction d’un vendeur, au loin, qui n’a rien manqué de la scène : un autre requin, qui n’attend qu’un signe pour prendre place dans le manège … Et s’en mettre plein les fouilles. À la guerre, comme à la guerre.

« Lui, là-bas. C’est le meilleur herboriste du pays. Dis-lui de ramener tout son matériel, je pense que tu trouveras ce qu’il te faut. »

Un premier ordre, venu du fond du cœur. Le côté leader de Midori ressort naturellement, alors qu’elle crève d’envie de tout envoyer en l’air pour reprendre son commerce. C’est jour de marché, normalement ça se passe toujours bien ! Les caisses se remplissent à en vomir leur contenu, les gens sont heureux et souriants … Ils ne tombent pas sur les étals en passant à deux doigts de la mort ! Et encore, ça, c’est s’ils parviennent à la maintenir en vie ! Et ce n’est clairement pas une certitude !

Midori soupire de nouveau. Au loin, son père revient en courant, accompagné d’une silhouette familière à l’albinos. Le médecin de famille. Un grand homme, aux cheveux blancs comme la neige, avec un sourire éclatant. Ses prunelles céruléennes percent l’âme et atteignent le cœur. Il se met au chevet de la vieille et commence son travail. Midori se relève et part à la suite de Rei, qu’elle suit comme un bon soldat.

« Les vendeurs du coin ont tendance à moins arnaquer leurs collègues. Ils savent qu’on connaît les ficelles. »

Un haussement d’épaules plus tard, un sourire candide étire les lèvres de Midori. Une candeur étonnante, compte tenu de leur situation.

« Ne t’imagine pas que les gens ici font ce qu’ils font de gaieté de cœur. Tu n’es qu’une proie dans un monde de requins. »

Elle dépose une main délicate sur son épaule.

« Allez, viens, faisons de notre mieux pour aider Akio ! »

Étonnant paradoxe : la princesse squale, glissée au milieu de tous les autres prédateurs, qui vole au secours de la plus belle bourse ambulante du jour. Qui l’aurait cru ?
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Ozuki Rei
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Dim 5 Jan 2020 - 22:41
Apparemment pas le seul à se démarquer en situation de crise, Rei était impressionné par le sang froid, et les talents de la jeune vendeuse. S'il n'avait pas vu à travers son jeu, il discernait tout à présent, comme un aveugle à qui on a rendu la vue. Toute trace de candeur disparu dans le comportement de Midori, elle se révéla d'une aide plus que précieuse. Elle semblait sûre d'elle, et surtout, sans malice à son égard. Cela était réconfortant, bien que ses yeux d'enfants ne discernaient pas la différence, en y repensant quelques années plus tard -avant de bannir cet épisode de sa mémoire pour le bien de tous, il saura à quel point elle lui avait fait un cadeau ce jour là.

- Très bien Midori, je m'en occupe ! Fit-il avec un triste sourire sur le visage, essayant de voir le positif dans tout ça. Il faisait la rencontre d'une jolie jeune fille qui avait le coeur sur la main, il allait pouvoir briller aux yeux de tous en sauvant sa nourrice, et enfin être respecté à sa juste valeur dans sa famille. En effet, à cet époque rude et barbare de notre histoire, la force était la seule clé qui permettait d'ouvrir toutes les serrures. Il suffisait de savoir appliquer toute sa puissance au bon endroit, et au bon moment, voilà tout.

Pendant ce temps, il en remarqua pas le reste de l'action qui se déroulait sous leur yeux, le médecin qui arrivait avec le père de la jeune fille, les passants qui s'agitaient, les commerçant qui pestaient dans leur barbe, dans leur coin. C'était mauvais pour le commerce cette histoire, on allait dire qu'elle avait mangé quelque chose de périmé au stand de poulet, ou bien que c'était à cause d'une épidémie se rependant dans la ville comme les rumeurs, c'est à dire à la manière d'une traînée de poudre. Et puis même, cela monopolisait l'attention des passants plus que les riches étales qui se déployaient dans toutes les rues alentours.

- M'arnaquer, dans cette situation, mais ce serait franchement pas jojo non ?! Fit-il toujours incrédule devant le monde qui l'entourait, et ses bassesses. Il semblait encore si innocent, si fragile, et pourtant il se dégageait une certaine force de son regard, comme celle des bambous face au vent ; Qui plient pour ne jamais se briser.

Il suivit la jeune femme jusqu'au stand d'herboristerie, absorbé par sa tâche autant que par la main de la jeune fille dans la sienne, qui le tirait vers l'avant, vers l'avenir, vers le meilleur herboriste du pays. Ils arrivèrent en quelques instants sur place, et tandis que la jeune fille faisait les courses, et négocier les meilleurs tarifs possible -son sens aiguë des affaires aidant beaucoup, il se contenta de surveiller la ruelle et les toits alentours. Il ne fallait pas que son instinct s’émoussât un jour, car il avait déjà un certain flair pour les embrouilles.

- Arigato, monsieur le marchand, nous devons nous dépêcher mais je m'en souviendrais ... Fit-il en portant son petit poing potelé à son coeur. Il s'inclina puis fit le chemin inverse jusqu'au médecin et Akio. Il remarqua seulement alors qu'il était suivit par deux silhouettes encapuchonnées et qui semblaient animé d'intentions malfaisante à son égard.

- Midori, ne te retourne pas, mais nous sommes suivis. Je propose que nous déposions le sachet en passant, sans nous arrêter et que nous continuions notre chemin jusqu'au prochain croisement. C'est moi qu'ils veulent, mais ils n'hésiteront pas à te tuer s'il le faut. Il savait pertinemment quelles étaient les vraies activités de sa famille, intimidation, meurtre sur demande .... Tout un package de chose qui amenait à être en danger constant. C'était sa première leçon de l'année. Toujours savoir où se mettre en sûreté en cas de coups dure.

En arrivant, on entendait ce discours de la part du médécin : Cela dépasse mes compétences, Tensai. Je ne suis pas capable de soigner ce genre de blessure, c'est comme si les tissus eux même essayaient de s'autodétruire, je n'ai jamais vu cela ... Il faut la transporter à l'hôpital d'urgence...

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 12 Jan 2020 - 16:45
grain de malice;


L’innocence-même. La faiblesse de la candeur dans un univers de monstre. Il est là, si doux, à ne rien attendre du monde, à ne rien lui demander à part être heureux. Vivre confortablement sans qu’il ne lui arrive rien. Mais voilà, il est victime des travers de sa famille, ou du monde lui-même. Midori ne saurait expliquer ce qui se passe, pourquoi il se retrouve là, ni ce qui va arriver par la suite. Mais ils se trouvent indéniablement dans une situation inextricable. Si les herbes ne fonctionnent pas ? Si le poison est trop fort ? Est-ce réellement du poison ? Peuvent-ils y faire quelque chose ? Que penser si le médecin ne famille ne peut pas faire plus que les deux enfants ? Que va-t-il advenir de Rei, s’il arrive quelque chose à Akio ?

Et pourtant, malgré toutes ces questions sans réponse, le voilà, à évoluer avec ses yeux d’enfants. Il fait un pas en avant, puis un autre. Il ne se doute pas une seule seconde que tous ici seraient prêts à les vendre, lui et sa vieille, si ça leur rapportait un peu plus d’argent que les autres jours. Il a l’air surpris par tout ce qu’il entend, il ne se rend pas compte à quel point Kaze est une gigantesque jungle. Ici, personne n’a de cœur, personne n’en a jamais eu et personne n’en a jamais. Mais comment pourrait-il le savoir ? En plus d’être un étranger, c’est un enfant. Un enfant venu d’ailleurs, qui n’a pas eu la même formation que Midori.

C’est pourquoi l’enfant choisit de prendre les devants. Elle s’occupe de chaque transaction, fait chuter drastiquement chaque prix qui lui est proposé, à grands coups de sourires et de petites phrases toutes faites. Manipulatrice dans la vente comme dans l’achat, qui ne se laisse jamais faire et n’accepte de prendre la marchandise que lorsque le prix lui convient. Difficile en affaires, comme son père le lui a toujours enseigné. Midori récupère le petit sac d’herbes et repart, la main toujours fermement enfoncée dans celle de Rei. Un partage de chaleur qui lui permet de le rassurer, d’abord, mais aussi de se rassurer elle-même lorsqu’il lui indique ce qui se trame derrière eux.

Ils sont suivis. Des gens mal-intentionnés, probablement, qui veulent s’en prendre à sa famille. C’est donc ça. Mais ils n’hésiteraient pas à tomber sur Midori aussi. Elle n’a rien à voir avec cette histoire, pourtant. Ce n’est pas normal. Elle hésite. Sourcils arqués, l’albinos ne se retourne pas, se contente de suivre les indications qui lui sont données. Contrairement à la situation précédente, la princesse squale se retrouve comme la proie de deux êtres inconnus, à la puissance qui dépasse la sienne de très loin. Ils seraient capables de l’épingler, elle aussi, au milieu de tous les autres cadavres qu’ils laisseraient. Une enfant. Ses prunelles effleurent Rei. Un enfant, lui aussi. Victime des travers de sa propre famille.

Arrivés à hauteur du médecin de famille et de Hideaki Tensai, marchand principal de la boutique familiale, joaillier de renom, ils surprennent une conversation. Elle n’a rien de bon, elle non plus. Cette journée va de mal en pis. Comme s’il n’existait aucune bonne nouvelle. Midori tend le sachet d’herbes à son père, un sourire sur les lèvres. Le sourire d’alarme, celui que seul Tensai comprend.

« Tiens, papa. Faîtes de votre mieux. Emmenez-la s’il le faut. Je vous fais confiance. »

Une conversation basique, comme si l’albinos n’avait aucune idée de ce qu’il se passe. Son sourire paraît des plus naturels, mais il y a dans l’étirement de ses lèvres une cassure, un détail minuscule et invisible qui pourtant signifie tout. Son père hoche la tête vivement, la remercie très rapidement alors que les deux enfants s’en vont. L’albinos serre la petite main dans la sienne, plus fort encore. Elle a l’impression de sentir son cœur battre dans sa paume, tout contre celui de Rei. Des pulsations rapides, paniquées, pourtant refoulées au plus profond de leurs esprits pour se donner une chance de survie.

« Suis-moi, nous allons faire en sorte de les semer. »

Ses doigts s’emmêlent autour de ceux de l’étranger, pour le tenir plus près encore. Une manière illusoire de dissiper la panique. Il n’y a rien qui puisse les sauver, rien à part la fuite. Ils ne peuvent pas se battre, pas encore. Ou alors, ils peuvent tenter, mais à quel prix ? Perdre l’un ou l’autre n’est pas une option. Midori tire doucement Rei sur la gauche, dans une ruelle planquée par d’innombrables caisses. Le prolongement de la rue les mènera directement sur une autre aile du marché, plus bondée encore que la précédente. Serrée contre l’enfant, elle pose une main sur sa bouche pour lui indiquer de garder le silence.

Son cœur s’accélère, encore, toujours. Un rythme insoutenable, qui n’a pas l’air de pouvoir décélérer. Il faut attendre, attendre, attendre. Que les minutes s’égrènent et disparaissent. Que les hommes les dépassent sans les voir. Des bruits de pas, au loin, se font de plus en plus proches. Quatre pieds qui martèlent le sol à pleine vitesse et ne s’arrêtent pas devant eux. Midori attend, encore un peu, pour être certaine qu’ils ne se soient pas arrêtés. Une fois qu’ils lui semblent assez loin, elle fait signe à Rei de la suivre, pour l’emmener encore ailleurs.

« Nous ne devons pas nous arrêter de bouger, jusqu’à ce qu’ils lâchent prise. Il faut faire en sorte de pouvoir les voir, sans qu’ils ne nous voient. Tant qu’on sait où ils sont, on ne risque rien. »

La main posée sur la bouche de l’enfant glisse pour rattraper sa propre menotte, que l’albinos tient fermement au creux de la sienne.

« Tu sais pourquoi ils te suivent ? Et pourquoi ils veulent te tuer ? »

Sombres questions, pour une enfant. Mais il y a bien longtemps que Midori a oublié ce que signifie la « sécurité ». Vivre dans un monde de requins apprend à y survivre, certes, mais c’est aussi une malédiction pour l’innocence.
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Ozuki Rei
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Mer 15 Jan 2020 - 23:12
Parfois savent se cacher les pires travers, sous une couche d'innocence pure et de la plus claire bonhomie au monde. C'était ce que ne cessait de prouver au monde la cité de Kaze, qui pullulaient de ses charlatans capables de vendre père et mère sous prétexte qu'il faut bien vivre. Il y'a des causes qui nécessitent, il y'a des usages qui forcent. Il y'a toujours une excuse qui prédomine chez ses êtres sans coeur, sans foi, ni loi. Il n'y a qu'une seule règle, celle de gagner de l'argent, le plus possible, en amasser toujours plus. En faire un petit tas et se le carrer dans le ... Coffre fort. Une fois toutes ses pièces amassées, il vous faudra les dépenser afin de les protéger, de les faire fructifier, et d'en garder pour votre descendance.

Un but unique. Une vie de mouton. Fais pas ci, fais pas ça. Comme si on pouvait vous dicter à votre place, la vie dont vous rêvez depuis votre plus tendre enfance. Comme si les choses simples de la vie, comme une main dans la votre dans une situation de crise, n'avait point d'importance. Ou pire encore, qu'elle valaient quelque chose. Comme si l'amour pouvait être marchandé, la mort acheté, le temps assassiné.

Il y'a des choses que l'on tient pour vraies, mais qui ne reposent que sur des dogmes erronées et des valeurs fortuites. L'être humain est inconsistant, à quoi bon compter sur lui ? Par maque de choix ? Ou bien simplement parce que l'on aime à se faire du mal ?

Il suivit d'un air hagard sa nouvelle tutrice, qui lui rendait au moins deux années, et savait déjà tout faire comme une grande. Il admirait sa force de caractère, elle ne semblait pas paniqué. Peut être qu'il rougissait un peu d'avoir autant d'intimité avec elle, mais aucune pensées particulièrement sulfureuses ne traversaient cet esprit bambin, et surtout frappé par la chute de sa nourrice. Il ne songeait qu'au reste de sa famille, sans doute visée elle aussi de toute part par ses barbares.

Une société secrète, des poisons malicieux, une petite fille au cheveux d'albâtre. Ils se ressemblaient. Elle avait été formée toute jeune à ne jamais faiblir à la tâche du marchandage, et des petites concessions. Il enleva son écharpe et ses gants de voyages, dévoilant des cicatrices à la base de son coupe et de sa nuque, mais aussi des bandages sur ses mains. Lui avait été elevé pour donner et échapper à la mort.

- Je pense que nous devrions passer par les toits, nous gagnerons ainsi en visibilité, qu'en penses tu ? Et puis nous pourrions traverser le marché en diagonale en quelques instants, nous ne pesons pas bien lourd n'est-ce pas ? Il savait qu'en faisaint cela, ils étaient également repérable, mais primo, c'était la seule idée qu'il avait, et secundo il préférait voir arriver le danger plutôt qu'il ne lui tombât dessus sans crier gare, enfin tercio il souhaitait aussi accomplir des prouesses pour impressionner l'Hideaki.

Il profita quelques instants de la chaleur bienfaisante qui pulsait dans la main de Midori, et lui répondit en la regardant droit dans les yeux : Je crois pas que j'ai le droit de te le dire, mais ma famille est spéciale à Shitaderu ... Nous avons un double métier .... Je sais juste qu'on m'entraîne à me battre toute la journée, j'en sais pas plus ...

Il n'avait jamais été d'un naturel très curieux sur les sombres secrets de sa famille.

- Ils sont ici, je les vois !

Ils n'avaient plus trop le choix, c'était fuir ou se faire prendre. Et le petit albinos savait que la première règle, c'était que cela ne se fasse pas vivant. Il connaissait certains clans qui même à travers la mort, recelaient de si beaux mystère, qu'on apposait un sceau d'auto-destruction sur leur dojutsu pour priver l'ennemi d'un atout supplémentaire.

- Viens, montons, ils ne pourront pas nous suivre ! Fit-il en pointan du doigt une pile de caisse qui montait le long d'une échoppe.
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Hideaki Midori
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Dim 19 Jan 2020 - 16:41
grain de malice;


La marchande et le guerrier ? Le masque tombe, les gants disparaissent. Les cicatrices sautent aux yeux de la gamine. Comment peut-on déjà être tant amoché, à son âge ? Pourquoi n’y a-t-il pas de possibilité de vivre une existence candide, au moins jusqu’aux grandes années ? Midori soupire. Rei est victime du Yûkan, victime de ce grand monde qui ne pardonne rien. Il engloutit tout, en particulier la candeur des enfants. Par réflexe, l’enfant serre un peu moins fort sur la main bandée, alors qu’elle aimerait la garder au creux de la sienne. Lui rappeler que le monde n’est pas si laid. Qu’il existe encore bien des histoires, de belles histoires à raconter. Des trésors merveilleux à trouver. Le monde n’est pas qu’un immense champ de bataille, c’est aussi un vaste terrain de jeu. Il suffit simplement d’y grandir, d’y devenir fort et de le regarder sous le bon angle. Midori soupire. Ce n’est pas gagné, mais ce n’est pas encore perdu.

L’idée de passer par les toits est bonne, il n’a pas tort. Ils sont petits, légers, ils pourront courir partout sans risquer de se faire attraper. Certes, ils sont grands et entraînés, mais il n’est pas impossible qu’ils s’écroulent à cause de leur propre poids. L’albinos hoche la tête. Ils passeront par-là, c’est décidé. Ce n’est pas la meilleure des solutions, mais elle ne parvient pas à en trouver une autre. Peut-être se feront-ils attraper. Peut-être se feront-ils attaquer. Peut-être verront-ils la mort arriver, fondre sur eux comme une bête féroce. Mais en aucun cas, jamais, ils ne laisseront ce scénario arriver sans s’être défendus avec toute leur âme.

Midori observe, sans trop savoir ce qui va leur arriver. Pourquoi est-il ainsi menacé ? Qu’est-ce qui lui court après ? Comment un enfant peut-il ainsi se trouver sous les projecteurs ? D’abord, Akio, maintenant, lui. Et elle, dans le même temps. Parce qu’elle a osé être plus que la petite marchande. Prendre les devants, une bien mauvaise idée pour sa survie. Mais un tel délice, quand on sent l’adrénaline qui pulse dans ses veines. Elle ne s’en rendra compte que plus tard, mais le danger la fait vibrer plus qu’elle n’ose l’avouer. Et là, Midori a choisi la bonne personne. Une famille « spéciale » à Shitaderu. Un rôle suffisamment important pour qu’un gamin soit entraîné à se battre à longueur de journée. Ce n’est qu’un enfant. Pourtant, il est là, balafré de partout, les mains bandées, à fuir une menace dont il ne sait pas grand chose.

L’humanité est un fléau, les adultes en sont l’héritage. Un héritage qui dure, s’ancre, s’inscrit dans la réalité et emporte tout avec lui. Midori serre un peu plus la main de Rei.

« D’accord. Aujourd’hui encore, tu vas devoir te battre, j’en suis désolée. »

L’albinos s’approche doucement. Battement de cœur qui s’échappe. Elle n’est pas sûre de ce qu’elle fait, mais dans cette situation, la réaction lui paraît être la plus naturelle. Arrivée à quelques infimes centimètres du visage de l’enfant, la crinière blanche penche la tête et dépose un innocent bisou sur sa joue. Un contact fugace, qui ne dure qu’une fraction de secondes. Suffisamment pour que ses joues soient parées d’un rouge tomate lorsqu’elle lui fait de nouveau face.

« Je sais seulement que tu ne seras pas seul, cette fois. »

Une promesse à demi-mots, glissée entre deux réflexions incohérentes. La panique, inhibée par l’adrénaline, rattrapée par toutes ces idées qui se heurtent dans son esprit. Monter sur les toits. Fuir. Courir. Se battre ? Aller au devant du danger, pour le supprimer une bonne fois pour toutes. Vaincre le mal par le mal. Mais en sont-ils capables ?

Pas le temps de réfléchir, les deux mecs arrivent. Ils sortent de nulle part, les découvrent et se mettent à leur poursuite. Ni une, ni deux, Midori impulse le mouvement. Elle suit les conseils de Rei et s’élance à pleine vitesse en direction des caisses. Les battements de son cœur semblent cogner jusque dans ses mains, si fort, si fort. Comment s’est-elle retrouvée dans cette situation ? Pourquoi n’a-t-elle pas simplement fui ? Laissé la mort faire son travail ? Il s’agissait d’avoir l’instinct de survie, pas celui de mort. Midori se mord doucement la lèvre inférieure, avant de forcer sur ses petits bras. Arrivée sur le toit, elle regarde en bas. Ils vont galérer à les suivre, certes, mais il ne faut pas leur donner l’opportunité de les attraper.

Une fois Rei arrivé à sa hauteur, Midori l’embarque dans une nouvelle fuite. Mais, au fond, l’albinos a parfaitement conscience que leur endurance ne leur permettra pas de les semer pour de bon. Ils reviendront. Ils ne lâcheront rien. Ils sont les chasseurs de deux proies faibles, qui n’ont pas le quart de leur entraînement. Ils pourront les poursuivre pendant des heures sans montrer de signe de fatigue. L’albinos n’a pas le choix. Ça lui brise le cœur de devoir penser ça, mais c’est sûrement la seule solution.

« Il faut qu’on les arrête, Rei. »

Leur course ne cesse pas. Les mots tombent comme un couperet, lourds de sens, douloureux. De crainte qu’il ne comprenne pas très bien où elle souhaite en venir, l’albinos profite de l’avance qu’ils ont sur leurs poursuivants pour s’arrêter. Ils sont sur un toit éloigné de tout, suffisamment visibles pour que leurs attaquants sachent exactement où aller. Contrairement à habituellement, Midori profite de cette réalité. Elle a besoin d’être vue. Elle pose sa main sur l’épaule de Rei.

« Il faut qu’on les tue. Ils sont plus entraînés, plus endurants que nous. Si nous ne faisons rien, ils nous auront à l’usure. Ils ne se lasseront pas, surtout si c’est parce qu’ils en ont après ta famille. Alors … »

La crinière blanche déglutit. Son innocence, balayée par les réalités du Yûkan. L’humanité est un fléau, les adultes en sont l’héritage, les enfants en sont les victimes. Mais elle décide, aujourd’hui, d’être plus que ça.

« Nous devons les tuer. Si l’Homme est un loup pour l’Homme, alors je serai le loup. »

Midori d’être celle qui renverse le cercle vicieux.

Tell us why, given life, we are meant to die, helpless in our cries ?
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Ozuki Rei
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Mar 21 Jan 2020 - 11:49
Trois, deux, un ... Contact. Sa lèvre embrassait sa joue, prémices d'une découverte, celle de la gente féminine. C'était doux et chaud. C'était bon et pourtant ... Il repoussa tout instinct de mâle qui aurait pû naitre dans son esprit. Toute cette bassesse des sentiments humains, ce bon vieux instinct, cette bonne vieille et stupide libido qui tiraillait si souvent les adultes, n'avait de prise sur son innocence d'enfant, qui ne voyait dans ce geste qu'un simple encouragement.

Elle participait à sa mesure. C'était si louable de sa part, que cela donna de l'espoir à Rei. Il se dit que le monde n'était ni tout blanc, ni tout noir, et qu'il y'avait tout un monde entre les commerçant rapaces et les jeune fille comme Midori. Espérance, seule émotion capable de détruire comme de construire un homme. C'était bien de la destruction, dont nous étions témoin ce jour là. Il ne se relèverait jamais vraiment de cette épreuve, bien que accompagné d'une amie sincère et louable.

- Tu n'y es pour rien là dedans, je te serais redevable pour au moins trois vies, de ton aide précieuse.
Il lui fit un sourire, ce genre de sourire craquant sur un enfant de six ans, mais qui devient niais sur la bouche des adultes. Seulement, ce discours plein de candeur, de rêve et de gentillesse, avait fait fondre toutes les carapaces secrètes qu'il s'était construit avec le temps.

Elle était désarmante, et complètement renversante...

Il la suivit sur les toits comme son ombre, fouillant dans sa sacoche-banane, accrochée sur le côté droit de sa hanche. Il y'avait le cadeaux de Midori, mais également un kunaï aiguisé, glissé "en cas de besoin" par sa mère, toujours prévenante avec le petit dernier. Il la remercia intérieurement pour ce cadeau, et il avança sur les tentures comme s'il était un artiste de cirque rompu aux cascades et pirouettes de toute genre, et surtout avide de sensation forte. Il avait veillé à renverser une des caisses qu'ils avaient emprunté, de manière à ne pouvoir être suivis aisément.

- Tu as sans doute raison... J'en ai marre, je vais me battre moi aussi, fit-il en montrant son arme, qui paraissait démesurément grande dans sa toute petite main d'enfant. Parfois il y'a des événements qui vous pousse à grandir plus vite que la normal, de travers et sans possibilité d'avoir un tuteur. Pourtant, s'il était une mauvaise graine à l'égard de ses deux hommes, il savait que si on essayait de l'enterrer, il pousserait comme un arbre fort et solide. Il avait cette sensation au creux de son estomac, qu'il était capable de grande choses, et que son destin ne s'arrêterait pas sur un toit, ou dans une ruelle sordide de Kaze no Kuni. C'était impossible.

- De toute façon il ne nous laisse pas le choix, ils sont plus grand, plus fort et sans doute plus déterminé que la moyenne des hommes. S'ils sont de ma famille, comme j'en ai peur, alors nous allons avoir du pain sur la planche. Fit-il avec un air sombre, frottant ses mains balafrées l'une contre l'autre, chauffant ses paumes comme s'il allait apposer ses mains pour un soin métaphysique. Il proposa :

- Descendons, je ne pense pas que nous aurons l'avantage en hauteur. Il désigna un tas de paille dans une charrette, qui occupait l'espace derrière l’échoppe sur laquelle ils étaient perchés. Il sauta, les bras ouvert comme pour accueillir le sol comme un vieil ami. Il termina par faire une sorte de roulade, présentant son dos à la paille qui réceptionna sa chute.

Il leva la tête vers Midori, et lui fit signe de venir, et assez rapidement si possible. Il sentit un mouvement dans son dos, et se retrouva avec les deux bouts de la venelles que créait les tentures des marchands bloqués par les deux individus qui les suivait depuis bientôt une demie heure. Il resserra sa prise sur le kunaï, et attendit sagement que son amie descende, pour sauter dans l'une des deux direction, conscient que plus ils attendaient, plus ils risquaient leur vies.
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Hideaki Midori
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Mar 21 Jan 2020 - 20:19
grain de malice;

here we come
hello my world
every nightmare call on me

Un battement de cœur affolé. Il acquiesce, affirme. Ils n’ont plus le choix, ils doivent se battre. Midori le sait, mais c’est le couteau dans la main de son partenaire qui lui rappelle à quel point c’est réel. Ce n’est pas juste une bagarre de rue, une petite bousculade et on n’en parle plus. Là, c’est du sang, des vies arrachées. Une existence qu’on arrache au monde, au risque de se faire arracher la sienne. L’albinos inspire, expire. Elle regarde Rei, peu confiante. Est-elle seulement capable de vaincre quelqu’un de cette manière ? A-t-elle le courage de prendre une vie humaine ? En a-t-elle le droit ?

Tuer, ou être tué.

Un adage qui résonne dans son esprit comme une douloureuse vérité. C’est comme ça, c’est immuable. Soit ils prennent une vie, soit ils perdent la leur. Peu importe son opinion, au final, peu importe comment elle le perçoit. Ils sont dos au mur, dans une situation qui ne leur permet pas d’y réfléchir. Ils doivent vaincre, ils doivent survivre. L’instinct de survie qui s’impose à son esprit, lui rappelle dans quelle réalité elle vit. Le Yûkan n’est pas un cadeau. Ce n’est pas juste de la vente, de l’arnaque ou quelques petites blagues faites aux clients. C’est aussi ça. C’est aussi être un instrument mortel, quoi qu’on en pense.
in this night
human after all

Midori attend que son ami plonge dans la paille pour le suivre. Une fois qu’il a atterri correctement, l’albinos crée une petite sphère au creux de sa main, qui lui servira par la suite. Rei y est. La bataille commence. C’est son cœur qui s’emporte, qui lui rappelle la dangerosité de la situation, mais aussi toute son importance. Elle n’a plus le choix, elle n’a plus le droit de réfléchir. C’est tuer, ou être tuée. C’est prendre une vie pour préserver la sienne. C’est s’accrocher à cette réalité pour ne pas perdre son humanité.

Alors, Midori saute, parce que c’est tout ce qu’il lui reste.

Elle atterrit difficilement dans le tas de paille, mais en ressort très rapidement. Les deux hommes sont déjà là, prêts à en découdre. Si l’albinos n’est pas très douée pour le combat au corps-à-corps, elle est suffisamment maligne pour les tenir à distance. Suffisamment forte pour les blesser comme ça. Elle colle son épaule contre celle de Rei, comme pour se rassurer. À deux, on est plus forts, toujours.

« Je prends celui de gauche. », murmure-t-elle simplement.

Un sourire, un clin d’œil. Deux marques d’affection et de courage qui n’ont aucune véracité. Midori ne les pense pas une seconde, mais elle les force, au moins pour donner de la force à son compagnon. Une fois au beau milieu du terrain, l’albinos prend sa plus grosse voix, pour être certaine d’être entendue.

« Hey, toi, là ! L’asperge pourrie ! Viens par ici, que je te montre lequel de nous deux est le meilleur ! »

Il tique, arque un sourcil. Qu’est-ce qu’elle veut, la naine ? Une fois qu’elle est certaine d’avoir obtenu son attention, Midori brandit la petite sphère en cristal préalablement façonnée. Scintillante sous l’effet de la lumière, elle la met droit dans les rayons de soleil. Le reflet attire le regard de l’asperge, comme elle l’a si bien dit.

Et c’est là que tout commence.

Le visage du bonhomme se décompose. Un instant de flottement. Le silence. L’attente. L’impatience. La peur. Tout se mêle, lui donnant l’impression de vivre une longue et douloureuse agonie. C’est désagréable, c’est insupportable.

Mais ça finit par porter ses fruits.

L’adulte pousse un long hurlement avant de porter ses mains à sa tête. Il tombe les deux genoux au sol, incapable de bouger. Midori maintient la sphère droite dans la trajectoire du soleil. Tant qu’elle sera là, il y en aura au moins un au tapis. Et c’est déjà ça de pris.

in this world
human after all.

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Spoiler:
 
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Ozuki Rei
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Mar 21 Jan 2020 - 23:33
- Alors concentrons nos efforts sur celui de gauche. Nous devons conjuguer nos forces, et je suis sûr que tu en as à revendre... Fit-il avec un écho dans sa voix qui semblait ne point douter que Midori était une complice parfaite pour ce coup ci. La survie. Parfois elle ne tient qu'à un fil d'Ariane, un cheveux qui tenait la mort éloignée d'eux. Il pria quelque instant le dieu de la foudre, le Raijin, de lui donner la vitesse des ouragans, et la puissance des éclairs. Après, il se concentra, se contentant de barrer la route devant Midori en croisant son chemin, alors qu'elle s'apprêtait à lancer sa technique, il courut, prit appuis sur une poutre retenant les tissus d'une échoppe, et adapta son plan à la situation.

Il avait bien vu que l'un d'entre eux n'était plus capable de les poursuivre. Mais devait-il ne pas le neutraliser quand même, par sécurité ? Dans tout les cas il n'était plus une menace pour personne dans cet état, pour l'heure. Alors il fit une roulade, et se précipita au pied de son adversaire dans un fracas de tout les diable, tenant fermement son kunaï à la main. Il se réceptionna sur ses pieds, et poussa de toute ses forces, lançant son corps à pleine vitesse en visant la poitrine de l'homme bourru qui lui barrait la route.

- Petit c** commença-t-il avant d'heurter le sol et de faire un roulé boulé dans la poussière de Kaze no kuni, comme un moins que rien qui se couchait pour faire la sieste. Il venait de se prendre trente cinq kilos lancé à pleine allure dans la poitrine, aussi avait-il le souffle coupée, mais il réussit à articuler un "Mais c'est quoi ses gosses de nos jours ...." Avant d'attraper le petit homme à la chevelure d'opale par la nuque, et de le lancer plus loin, le faisant revenir à côté de Midori. Il n'avait pas sa puissance, et n'avait que ses méninges pour réussir l'impossible : Battre un soldat de l'armée de la famille, beaucoup plus expérimenté que lui.

Il concentra ses efforts sur la feinte, la seule échappatoire qu'il lui restait dans son pauvre arsenal, qui lui permettrait peut être de vaincre. Il y'avait tant d'incertitudes, tant de paramètres qu'il n'avait pas prit en compte. Aujourd'hui, il se rend compte à quel point il a frolé la mort ce jour là. Fort heureusement, il ne s'est jamais souvenu à quel point elle aussi, et à quelle point cela lui avait donné cette force de démon.

Il sauta sur le type, façon je retrousse ma manche et je te colle un pain, version shinobi. Ses pieds restèrent collé au sol, tandis qu'il se penchait en avant tout en poussant sur ses voûtes plantaires. Arrivé tout proche de son adversaire, il fit sauter son kunaï d'une main à l'autre à toute vitesse, laissant le tueur professionnelle avec des étoiles dans les yeux, tellement il avait le tournis.

- Pour Akio... Siffla-t-il dans son menton glabre.

Et il fit siffler le kunaï dans les airs à toute vitesse, penchant son corps sur le côté et balayant l'espace en faisant une sorte de virgule, son arme formant une ellipse étudiée pour toucher la jugulaire. Malheureusement, le poursuivant en avait sous le coude, ou du moins en avait, car il fit barrière de son avant bras, laissant planter là l'arme du jeune enfant.

Il voulut le frapper au visage, et réussit à l'envoyer valser tout près de Midori. Il avait peur, il avait mal, et pourtant il trouva la détermination de se relever après avoir mordu la poussière. Cet air complice, ce regard inquiet, cette âme synchrone, il devait ne pas la décevoir.

La gueule cassé, la bouche en sang, il se mit entre la jeune fille et l'adversaire, les bras grands ouverts en signe d’invitation ou de provocation, à le frapper.

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Sam 25 Jan 2020 - 1:25
grain de malice;


Ça va très vite. Vraiment très vite. Beaucoup trop vite.

Le souffle haletant, la peur au ventre, Midori observe. Son compagnon de bagarre a l’air de bien s’en sortir, au départ. Il court, saute, cogne. Ça se passe plutôt bien, jusqu’à ce qu’ils réalisent tous les deux que ce n’est pas un jeu. Ce n’est pas juste deux petits coups de poing dans la mâchoire. Ce n’est pas juste cette querelle qu’on arrête en attrapant le premier par le colbac et le deuxième par le bras. Ce n’est pas ça. Ça n’a jamais été ça. Et c’est maintenant, seulement maintenant que Midori le comprend. Elle déglutit.

Le môme aux cheveux blancs vole aux côtés de l’albinos. Il repart aussi sec, mais il revient tout aussi vite. L’enjeu n’a jamais été aussi élevé. Il n’y a plus d’histoire de rigolade. La crinière blanche sent un frisson courir le long de son échine. Elle ne sait pas quoi faire. Comment vaincre une personne qui fait deux fois sa taille ? Comment venir à bout de quelqu’un qui peut la pulvériser avec un seul coup de poing ? Une simple claque et c’en est fini d’eux. Midori ne le sait que trop bien. Pourtant, quand Rei s’écrase une nouvelle fois à ses côtés, elle ne sait plus quoi faire. Quelle stratégie adopter. L’albinos ne s’est jamais battue contre un adulte. Elle n’a jamais échangé de coup de poing sérieux. Alors, forcément, quand tout accélère, elle est la première à prendre peur.

Mais il y a l’adrénaline. Il y a cette force sourde qui s’éveille, croît dans chacun de ses membres.
Il y a Rei, aussi. L’impossibilité de le laisser tomber. Le refus de le laisser mourir.
Il y a ces voix dans sa tête qui lui hurlent qu’elle est trop jeune pour s’en aller. Qu’elle n’a pas encore fait le tour du monde. Qu’elle n’a encore rien vu, rien connu.
Il y a cette colère qui gronde en elle, une colère furieuse, sombre, comme elle n’en a jamais connu.
Et puis il y a la haine. Cette première expérience, insatisfaisante, terrifiante, qui lui donne pourtant le courage de se battre.
Puis il y a sa voix, au-delà du carnage, au-delà de la terreur, au-delà de tout.

« Crève ! »

Juste un mot, rien qu’un mot. Quelques petites lettres mises côte-à-côté, qui signifient toute la rage qui monte en elle. Cette force surhumaine qui lui donnerait le courage de le briser à mains nues. Mais Midori se contente de pousser doucement Rei, en le prenant par l’épaule. Ça pourrait être plus doux, ça pourrait être plus gentil, mais ce n’est pas comme ça que ça se passe. Ce n’est pas lui qui décide. Ce n’est pas lui qui meurt.

Personne ne meurt, sauf les méchants.

L’albinos brandit une nouvelle fois la sphère de cristal, qu’elle plante bien dans le champ de vision de l’autre. Le scintillement fait son effet, la tête de leur bourreau se met à tourner. Il a les pieds qui flanchent, ses jambes se dérobent. Midori le regarde tomber, un air sombre sur le visage. Des yeux noirs de haine.

Dans son autre main, elle fait apparaître un long pic de cristal, qu’elle tient fermement, bien décidée à lui en mettre plein les dents. Elle le serre, fort, au point que sa propre arme lui cause des coupures dans la paume. Inspirer, expirer. Elle s’apprête à prendre une vie. Est-ce comme ça que ça se passe, dans la vraie vie ? On s’approche, on tend la main, puis on tranche tout ce qui bouge ? On coupe les veines et on attend ? On perfore ?

Terrible envie de vomir. Pourquoi l’Homme s’adonne-t-il à de telles horreurs ?

Arrivée derrière l’homme hébété, moment d’hésitation. Elle ne le fera pas. Elle n’en a pas la force. Midori ne peut pas tuer quelqu’un. Pas en âme et conscience. Pas même s’il s’agit de tuer ou d’être tué. Elle ne peut pas arracher une vie. Alors, plutôt que de le tuer, l’albinos décide de le punir.

Elle brandit son arme et tranche, encore et encore. Les coudes, les jambes. Les hurlements de l’homme sont significatifs, ils lui arrachent même une larme. Mais elle n’a pas le choix. S’il pouvait bouger, il les surpprimerait tous les deux. Midori tient l’arme pleine de sang entre ses mains. Elle se redresse difficilement, regarde l’homme tomber sans pouvoir bouger. Ses bras sont ouverts, tout comme ses jambes. Le sang coule à flot.

Sans lui adresser un regard, les joues mouillées par les perles salées, Midori s’en va. Elle quitte ce champ de bataille. Le premier est à terre, en train de vomir ses tripes, le deuxième a les tendons complètement détruits. Il ne se relèvera probablement jamais. Il mourra peut-être dans son sang, aussi, nul ne saurait le dire.

L’albinos flanque le cristal ensanglanté dans sa poche. Arrivée à la hauteur de Rei, elle ne le regarde pas non plus. Il y a un vide. Un creux dans sa poitrine qu’elle ne peut pas expliquer, qu’elle a peur de ne pas combler.

« Il leur faut un médecin. Nous, on rentre. On doit voir comment va Akio. »

L’albinos passe devant lui sans rien dire de plus, la main dans sa poche. Dans le silence de son traumatisme, elle explose le cristal dans sa poche. Interdiction d’en garder le souvenir concret. Mettre tout ça dans un coin de sa tête, continuer sa vie.

Elle s’essuie le visage avec le revers de sa manche.

Il paraît que, quoi qu’il arrive, la vie continue. Midori n’y croit pas trop, mais c’est la seule lumière à laquelle elle peut s’accrocher, pour le moment.

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Ozuki Rei
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Lun 27 Jan 2020 - 13:25
La douleur. Infligée ou reçue, elle est source du chaos et du trouble qui soufflait sur le coeur du jeune enfant. Il connaissait cette sensation, ce sentiment de révolte qui pouvait parfois animer un homme face à l'injustice de la souffrance. La colère grondait comme des nuages noirs dans le ciel, menaçant d'exploser comme les orages violents qui s'abattaient parfois sur Kumogakure no Sato. Il voulait protéger son amie, Midori, de la violence que pouvait déchaîner le vilain homme qui leur faisait face. Il voulait, mais le pouvait-il vraiment ? Il se releva une nouvelle fois, et ce fut la fois de trop pour la jeune albinos.

Elle tonna d'une voix autoritaire un ordre, et sa boule de cristal tinta au côté de Rei, qui se surprit à frissonner devant les pouvoirs singulier de sa comparse : D'un seule regard sur l'étrange objet de cristal qu'elle portait, presque un bijou tant il était beau, l'adversaire fut prit d'une convulsion et vomit à ses pieds en s'écroulant.

Le reste de la scène fut floue dans son esprit, il vit au ralentit mais ne pouvait bouger un seule de ses muscles ; Peut être qu'il était prit dans la toile de Midori, comme l'autre. Peut être que la haine de la jeune fille, qui se dégageait d'elle en une sorte d'aura malsaine, le bloquait encore plus. Il ne s'étonna pas, dans le monde qu'il connaissait et dans lequel il vivait depuis plus de six ans, de voir du sang gicler et des os blanc poindre des plaies qu'avait provoquer la jeune fille. Il était juste surpris que la personne si douce qu'il connaissait depuis quelques heures, était capable de pareil mouvement.

Après tout, ils vivaient dans le Yuukan. Dans un monde capable de tout. Dans un monde où presque tout les êtres humains sortaient du commun, et où certains élues était capable d'une véritable magie : user de chakra. Que ce soit un arbre dont les fruits avaient donnés ce genre de féerie, ou bien que ce soit des dieux moqueurs qui les ont doté de pareilles capacités, cela ne changeait rien au fait que l'on ne devait plus se surprendre de rien. Que ce soit d'actes, ou bien d'idées. De plus, il savait ce que signifiait cette attaque sur sa personne : Sa famille étai visée par une organisation adversaire, qui souhaitait leur mort à tous pour ne point se lancer dans la vendetta.

On lui avait fait quelques confidences lorsqu'il avait commencé le rude entraînement qui l'attendait, comme tout les autres Ozuki : Sa famille pratiquait l'art de l'assassina depuis des années, depuis sa création même. Dans l'ombre, ils avaient influencer l'histoire par quelques morts célèbres, tout en sachant rester discret sur leur identité. Depuis, on faisait souvent appelle à leur service pour continuer de forger une destinée macabre à des dignitaires véreux, ou bien de riches concurrents très bien protégé, et dont l'on souhaitait une élimination discrète.
Depuis ce jour, conscient que le destin est facétieux, et le forcera tôt ou tard à enlever une vie de ce monde, il s'était préparé à vivre le pire.

Il y'avait quelque chose qui s'était cassé chez elle. Il le sentait, malgré son jeune âge. Elle avait été là pour lui, elle s'était sali l'âme et les mains pour le sauver. Il se devait de faire quelque chose pour elle, il s'en sentait autant le devoir que l'envie.

- Midori, pourquoi tu me caches tes larmes, tu peux compter sur moi tu sais. Fit-il avec une expression contrit. Il lui attrapa la main, diffusant une douce chaleur comme elle avant lui. Il serra fort, pour lui montrer qu'elle pouvait avoir confiance en sa force, dans les moments difficiles. Il planta ses yeux noirs dans ceux de l'albinos, et il essaya d'y mettre autant de compassion, que de confiance en l'avenir que possible.

Et pourtant dans le fond, c'était peut être lui qui ressortirait le plus brisé par cette affaire. Peut être même qu'il ne reviendrait jamais vraiment de ce voyage, du côté sombre de l'humanité et de ce monde peuplé de guerrier, d'assassins et de ninjas. Il suivit Midori sans lâcher sa main, bien qu'elle accepta le contact il sentait une sorte de barrière entre eux, quelque chose qui n'existait pas une demie heure plus tôt, où leur proximité dans l'épreuve avait été exemplaire. C'était comme ça qu'ils s'en étaient sortis. C'était la seule manière de faire un exploit, se réunir en une solide équipe capable de tout affronter.

Arrivé devant le stand, le père de Midori vint les aborder, presque affolé, entourée d'agent de sécurité du marché. Pendant qu'elle discutait avec son père, Rei interpella le médecin de famille portant un chapeau singulier, et des petites lunettes à monture noire.

- Monsieur, avez-vous des nouvelle de ma nourrice ?
- Ecoute mon petit, je suis désolé, mais elle n'a pas survécut à ses blessures, elle est décédée sur le chemin vers l'hôpital.

Boom, boom. Son coeur rata un battement. Une larme se créa sur le bord de ses yeux, et descendit le long de ses joues. Une seule et unique larme. Et le reste de sa famille alors ? Il se devait de prendre de leur nouvelle, de savoir s'il avait été le seul à se faire attaquer. Grandir trop vite était parfois le lot quotidien de tout les enfants du Yuukan. C'était toujours une déchirure, comme une rupture, comme un adieu. On disait au revoir aux belles années d'insouciance, et l'on se retrouvait plonger dans le monde des adultes.

Son cœur criait vengeance.

- Midori ...
Son coeur était meurtris, et ses lèvres ne donnait pas l'impression de vouloir s'arrêter de trembler ... Elle est morte. Qu'il lâcha du haut de ses six ans, comme une épée de Damoclès s'abattant sur sa vie. Il faut que je retrouve ma famille, m'aiderais-tu encore une fois s'il te plait ?

Il n'avait plus qu'elle finalement, il ne le savait juste pas encore.
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Hideaki Midori
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Jeu 30 Jan 2020 - 20:01
grain de malice;


Non. Un seul mot, qui résonne dans sa tête en boucle. Il n’y a plus que ça. Non, il n’est pas là. Il ne peut pas l’être. Peu importe ce qu’il fait, peu importe ce qu’il fera, il ne pourra pas la sauver. C’est triste, mais elle s’est enfoncée trop loin sous la surface, là où la lumière ne filtre plus. Là où les hurlements poussés par sa victime cognent chaque recoin de sa tête sans jamais s’arrêter. Là où le sang gicle toujours sur sa figure, où les lacérations découvrent les os. C’est bien trop bas pour quelqu’un puisse venir la récupérer. Personne ne pourrait la sauver, pour le moment. Personne ne saurait ramener cette enfant dans son univers. Elle s’est perdue, ailleurs, loin de toute cette agitation, de ces sourires rassurants qui font de Midori ce qu’elle est.

L’albinos ne serre pas la main qui retient la sienne, pas plus qu’elle ne répond. Un silence pesant, terriblement lour quand on sait ce qu’ils viennent de vivre. Mais aucun mot ne parvient à dépasser ses lèvres. Aucun mot ne se forme dans ses pensées, à part cet incessant « non », qui va, qui vient et recommence. Une litanie douloureuse, qui achève de la plonger dans les ténèbres. Elle avance, obnubilée par sa destination. La vieille, la vieille, la vieille. Qu’en est-il de la vieille ?

Il n’en est rien.

La vieille n’est plus qu’un souvenir. Tout ce qu’ils ont vécu, là, cette chasse à l’homme, cette course-poursuite, toute cette violence, tout ça pour … ça ? Midori observe la crinière blanche qui revient vers lui. Il tremble. On dirait qu’il va tomber, qu’il ne lui manque qu’une petite tape sur la tête pour qu’il s’écroule entièrement. L’albinos déglutit. Elle l’observe longuement, sans savoir quoi dire.

Hideaki Tensai, le patriarche, dépose sa main sur l’épaule de son enfant. Il la serre, doucement. L’immaculée est parcourue d’un long frisson, sa seule réaction possible quant à tout ce qui s’est passé. Elle s’anime un instant, s’éteint aussitôt. Ses prunelles sont rivées sur Rei, mais elles ne lui permettent pas de le voir. Il n’y a rien, à part cet étonnant voile noir qui lui brouille la vue. Midori ne s’en rend même pas compte, à vrai dire. Ses émotions sont évanouies, englouties par quelque chose de bien trop grand. Il n’existe plus rien dans son monde. Pas même une petite lueur d’espoir.

La main se resserre doucement, pour tenter quelque chose. Au-delà de son esprit, là où Midori n’atteint plus rien, la voix de son père s’élève.

« Que vous est-il arrivé, mon garçon ? »

L’albinos ne réagit toujours pas, perdue dans les limbes de ses actes. Sans s’en rendre compte, elle a tenu la perle de cristal dans sa main, jusqu’à maintenant. Un réflexe lui fait lâcher prise. Le petit objet tombe par terre. Il a perdu tout son effet de catalyseur, pour n’être plus qu’un simple bijou.

Comme un déclic, tout se remet en place. Les pièces du puzzle s’assemblent.
Nul ne sait ce qu’il adviendra des deux soldats lancés à leur poursuite.
La vieille ne reviendra plus.
Midori est un assassin.

Elle arque un sourcil, déglutit.

Midori est un assassin.

L’information fait le tour de son esprit. Que faire, face à ça ? L’est-elle vraiment ? Faut-il l’accepter, ne rien en dire ? Continuer sur cette voie, alors qu’elle risque d’y perdre son innocence pour de bon ? L’albinos inspire, expire. Sa tête tourne, ou peut-être que c’est le monde. Peut-être les deux. Elle ne sait pas. Ses sens se remettent en marche, son esprit reprend du service.

Midori est un assassin.

Ça cogne, ça se répète. Ça fait mal à la tête.
Mais elle ne parvient pas à le contredire. Pour le moment, il n’y a que ça qui se fraye un chemin dans son esprit. Une affirmation douloureuse, pour une enfant de neuf ans. À peine capable de tenir bien droite sur ses jambes, de parler correctement, la voilà confrontée au fait d’être une meurtrière. Nouvelle inspiration, plus profonde. Expiration. Mais toujours aucun mot.

Les iris incandescents se déposent sur Rei. Il a perdu sa grand-mère. Il est tout seul ici. Peut-être n’a-t-il plus personne ? Non, non, ce n’est pas ça. Il cherche le reste de sa famille. Dans Kaze ? Elle penche la tête.

« Pourquoi ? »

Il apparaît, là. Il fend le silence comme un éclair briserait les nuages. Elle a tout lâché, s’est défaite de l’emprise de son père. Seule, face à ses démons. Face à la réalité qu’elle s’est créée. Midori ne comprend pas. Pourquoi aurait-il besoin d’elle ? Ses parents, ils sont où ? Elle ne comprend pas.

Mouvement de recul. Une manière comme une autre de se sauver. Prendre de la distance pour se sentir moins oppressée. Espérer se sentir mieux. Mais Midori est un assassin, non ? Alors peu importe ce qu’elle fait, sa situation ne changera pas. Rien ne s’améliorera.

Ou peut-être.

Tensai pose une main paternelle sur la tête de Rei, qu’il ne connaît pas tellement, mais qui a l’air plus que mal en point. Il en fait de même avec sa fille. Il ne sait rien de ce qu’il s’est passé, pourtant, il leur témoigne une foi débordante. Il a confiance en eux.

« Tu sais où sont tes parents, mon petit ? »

Midori lève les yeux jusqu’à son père. Elle l’observe. Il lui offre son plus beau sourire. Le plus beau de tous. Celui d’un père qui observe son rayon de soleil.

Midori n’est peut-être pas un assassin.

Au loin, des furieux bruits de pas arrivent, à une vitesse phénoménale. La garde du village, avec des soldats qui portent deux brancards. Ils ne sont pas morts, Midori peut le voir. L’un d’eux ne pourra plus jamais bouger, dit l’un des soldats. L’autre est intact, même s’il semble terrassé par une gastro-entérite fulgurante. Ils vivront, tous les deux. Pas forcément dans le meilleur des états, mais ils vivront.

Midori n’est pas un assassin.

Son visage reprend quelques couleurs.

Peu après, un autre troupeau arrive.

« Nous cherchons Ozuki Rei. »

Et lui, il est moins rassurant, déjà.

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Ozuki Rei
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Sam 1 Fév 2020 - 1:17
C'était quand tout devenait émotionnel, que l'on voyait pointer les problèmes ; Il en était persuadé comme le soleil se levait à l'est pour se coucher à l'ouest, comme les marées se faisait plus puissante en fonction de la position de la lune, comme le fort mangeait le faible dans ce monde dont la folie, était de croire que l'on pouvait tout faire, sans jamais en assumer les conséquences néfastes. Il savait lui, maintenant, que toute action entraîne une réaction de même valeur et de même puissance. Que ce soit par la main de l'homme, ou le simple fait du Karma, cela ne changeait rien à l'affaire. Il n'avait en tout les cas pas le luxe d'analyser ses sentiments, il n'avait guère le temps pour respirer alors pouvait-il vraiment faire fonctionner ses méninges dans un moment pareil ?

Le corps à des automatismes que ne possédait pas l'esprit, bien que certains grands cerveaux de ce monde étaient capable de réfléchir par une simple construction mentale préalable. L'espace spirituel de Rei était occupé par des préoccupation bien trop terre à terre pour lui permettre de savoir où il en était. Partout dans son esprit, les danger semblait présent, chaque ombre formant un adversaire nouveau, chaque personne en éventuel tortionnaire, chaque mouvement une menace. Il s'était replié sur lui même, tout recroquevillé dans sa coquille comme un poussin avant sa naissance, prit dans une sorte de coma doucereux, comme un autiste coincé dans sa bulle.

Une voix l'interpelle, calme et rassurante, c'était celle du père de Midori. Il faisait probablement référence à l'état dans lequel il s'était fichu pendant la bataille rangé contre les deux hommes. Rei avait les joues gonflées, des bosses cabossant son front et du sang coulant de certaines plaies comme son arcade sourcilière qui avait craqué sous le poing de l'homme à moitié mort qui gisait dans son sang à présent.

Il fallait pas chercher Hideaki Midori. C'était à peu près tout ce dont son cerveau était capable sur le moment présent, et il le prouva en répondant au paternel par un simple : J'ai glissé en courant chercher des herbes, m'sieur... Il avait une larme dans l'oeil, sans bien comprendre pourquoi elle coulait le long de sa joue, mais à mesure de sa progression le long de son visage, il sentait ses émotions se distorde, s'allonger, pour finir par se briser définitivement.

C'était lui qui était brisé.

- Parce que tu es la seule en qui j'ai confiance maintenant... Lâcha-t-il, perdu dans ses pensées, bien qu'essayant à tout prix de ne pas réfléchir plus loin que le bout de son nez. Rei avait besoin de Midori, tout simplement, dans son esprit il ne pouvait concevoir de perdre de vue sa sauveuse, qui faisait partie de son cercle à présent qu'elle l'avait sauvé d'une mort certaine. Les choses avaient commencés avec elle, ils devaient se finir avec elle. Il ne pouvait en être autrement dans sa conception de la vie. Le grand arbre à chakra, qui les avaient nourrit de ses bienfaits, les avaient aussi maudit en même temps. Mais il ne pouvait pas en vouloir à mère nature, la femme du grand dieu de la foudre, d'être d'une nature subversive.

La mort faisait partie du cycle de la vie, c'était bien ce qu'on lui avait apprit depuis sa naissance.

Finalement, nous sommes tous que le produit de notre environnement immédiat.

- Nous avons un protocole en cas de problème, une maison dans le centre ville... Peut être que j'y trouverais quelqu'un qui saura où trouver mon père ...

Il passa devant la troupe qui le cherchait, complètement effrayé, la sueur à la tempe et le curseur danger à son maximum. Qui pouvait bien le chercher dans un moment pareille, si ce n'était encore plus d'ennemis. Il se heurta à un homme à l'air patibulaire, fit demi tour en passant devant Midori et continua son chemin comme un fantôme incohérent qui hanterait le marché de sa présence.

- Je n'arrive plus à respirer ... Je ... Au secours ... Il porta la main à son poitrail en ayant du mal à avancer. Des points rouges, bleus et jaunes dansèrent devant ses yeux. Le monde devenait progressivement noir à mesure qu'il avançait. Il avait chaud et sa langue devenait rappeuse.

Y'a-t-il un médecin dans l'assistance ?

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Hideaki Midori
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Lun 3 Fév 2020 - 18:41
grain de malice;


L’infini mis hors de portée de la main de l’Homme. Tout aurait pu être beaucoup plus simple. Ils auraient pu simplement se rencontrer, parler. Elle l’aurait arnaqué, comme tous les autres, il serait rentré chez lui et tout se serait bien terminé. Enfin, plus ou moins.

Mais non. Parce que les « si » refont le monde et que ça ne se passe jamais comme on l’aimerait. Il y a toujours un élément perturbateur, ou deux, ou plus encore. Suffisamment de péripéties pour y laisser quelques plumes, ou les deux ailes.

On pourrait dire que ça s’améliore. Que c’est plus simple. Qu’on en sort toujours. Et, au fond, c’est vrai, on en sort toujours. La lumière s’illumine toujours au bout du chemin. Mais quand les ténèbres s’abattent à répétition sur la même personne, sur la même tête, encore et encore, comment ça se passe ? Est-ce qu’on en sort ? Est-ce qu’on y survit ?

Est-ce que l’Homme peut toujours atteindre l’infini, quand on lui coupe les ailes ?

Midori observe Rei. Il n’a qu’elle. Aujourd’hui, maintenant, l’albinos devient le monde du jeune garçon. Six ans, déjà arrivé à une telle extrémité dans sa propre vie. Elle se mordille la lèvre. Comment faire ? Comment sauve-t-on une âme brisée aussi tôt ?

Inspirer, expirer. Retrouver son esprit, reprendre le contrôle. Savoir où on est, savoir où on va. Mieux se resituer pour repartir.

La crinière blanche suit Rei. Lorsqu’il s’effondre, elle le ramasse, le serre contre elle. Le médecin, qui était au loin, est alerté par les vendeurs, qui ne comprennent pas ce qui se passe. L’albinos n’en sait pas plus.
Lorsqu’il arrive, le constat est sans appel : il fait une crise de panique. Sa poitrine se serre, l’air lui manque. Il ne sait plus où il est. Le médecin le laisse dans les bras de la petite fille, alors qu’il l’ausculte et lui répète les quelques mots salvateurs dans ces cas-là. Inspirer longuement, bloquer, puis expirer. S’assurer que l’oxygène arrive au cerveau, pour que le système se remette en marche. Baisser le rythme cardiaque, puis attendre. Il ne souffre d’aucun mal, simplement cette panique douloureuse qui lui emprisonne la poitrine.

Alors que le médecin s’affaire, Midori attrape la main de l’enfant, la serre au creux de la sienne. Dans un murmure, elle tente de le ramener à lui.

« Rei, Rei. Je suis là. »

Alertés par la mention de son nom, un des messieurs du troupeau se détache. Il vient vers eux. Un homme bien habillé, propre sur lui, dont il émane une odeur forte. Un parfum du désert. Beaucoup d’hommes en portent un comme ça, ici. S’il vient de ce pays, c’est que l’histoire est remontée plus haut. Les autorités du désert ne viennent jamais sans raison.

« Ozuki Rei ? »

Midori lève la tête, observe l’homme qui la domine de toute sa hauteur. Il doit bien atteindre les deux mètres, c’est impressionnant.

« Nous sommes sincèrement désolés, il semble que vos parents soient décédés dans une grave embuscade. Dans leurs affaires, nous avons trouvé une lettre scellée à votre nom. »

Il s’approche, tend la main. Il y tient un papier couleur sable, plutôt épais, sur lequel est inscrit le nom de l’enfant dans les bras de l’albinos. Elle la récupère et la colle contre le cœur du garçonnet.

« Tiens. Je suis désolée. »

Le médecin s’assure que tout aille bien. Mais peut-il vraiment aller bien ? Qu’est-ce qui se trouve dans cette missive ?

Une fois que l’Homme n’est plus à portée de l’infini, peut-il toujours le rejoindre ?

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Ozuki Rei
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Lun 17 Fév 2020 - 23:57
On aurait pû croire que tout allait s'arranger, que tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes ; Qu'il rentrerait chez lui, soulagé, d'entendre sa mère crier sur son frère, qui n'arrêtait pas d'embêter celui du milieu. Que tout ceci n'était qu'une mascarade, u jeu, une tromperie, une fourberie, tout ce que vous voulez, sauf la vérité. Seulement, on a pas toujours de la chance au tirage, ni au grattage, et l'on doit faire avec les carte que la vie nous mettait entre les mains. Même si c'était un mauvais jeu, il fallait au moins essayer de jouer la partie.

Cassé, brisé, anéantis, il regardait le monde qui l'entourait comme s'il le voyait pour la première fois ; Et les larmes ne cessaient de couler le long de ses joues, tandis qu'il saisissait toute l'horreur de la situation comme une réalité. Comme sa réalité. Ce serait son quotidien pour le reste de sa vie : Regretter les moments passés, en la compagnie de la douceur d'une mère, de la chaleur d'un père, de la complicité d'une fratrie. Ce serait ça, les cauchemars la nuit, les regrets le jour. On pense toujours aux choses que l'on aurait du faire, mais jamais assez au choses que l'on aurait dût rater.

- Non non ... Ce n'est pas vrais, ils mentent ... C'est une blague pas vrais ? On rigole de moi c'est obligé, tout ceci n'est qu'une méprise ... Mais au fond de lui il savait. Il le savait bien que cela allait finir mal. Un enfant sent ce genre de choses, mais ne s'en rend compte qu'après coup ; Qu'il aurait pu éviter tout ça. S'il avait été plus vieux, plus fort, plus intelligent, il aurait pû tous les sauver.

Et c'était cette pensée, uniquement celle là, qui le rongeait, le détruisait de l'intérieur et anéantissait toute forme de sentiments en lui. Il n'était plus que colère, haine, ressentiment unies dans un unique écrin, le petit garçon. Il avait les mains qui tremblaient, de la sueur perlait à son front -et ce n'était pas à cause de la chaleur, il avait la gorge sèche. Il se tourna vers son amie, la seule qui pouvait le soutenir dans une pareille épreuve, et se vit dévasté dans ses yeux, les larmes parcourant ses joues. Cela le dégouttât. D'être aussi faible, seulement capable de pleurer et de subir.

Il ne voulait plus jamais subir, sans pouvoir répliquer.

- Laissez moi seul pour lire cette lettre. lâcha-t-il avec un air d'une froideur terrible sur le visage. Alors ce qu'il avait entendu ce jours là de la bouche de ses parents, tout ça, était vrais ? Que son père s'était mit dans une position délicate par un coup audacieux ? Et qu'ils en payaient tous le prix aujourd'hui, le prix du sang ? C'était aini que l'on mourrait, quand on vivait par la lame.

Le sang des assassins coulait dans ses veines. Le sang des meurtriers pulsait à son front, et lui sommait de détruire le nid de serpents, qui avait osé s'attaquer à sa famille. Il ne voyait plus que cette solution à l'épineux problème que lui posait la vie : Comment se relever après la mort de ta famille ?

- Les tuer tous.

La lettre glissa de sa main, et tomba sur le sol tandis qu'il se retenait de crier.

La lettre:
 

Ce n'était ni son écriture, ni sa façon de parler. En plus, jamais son père n'aurait emmener sa famille dans la mort, peu importât le prix de ses péchés, c'était obligé. Tout ceci n'était qu'un coup monté, un scénario imaginé par un esprit retors, qui justifiait de la mort de toute la famille de Rei.

- Il faut tous les tuer.

Ses yeux écarquillés et perdus dans le vide, n'annonçaient que le calme avant la tempête.
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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 23 Fév 2020 - 4:11
grain de malice;

what will become of us now, at the end of time ?
we’ll be fine, you and I.

Il se relève. Machinalement, il entre dans la plus grande crise de sa vie. La fin de son monde, la construction d’un nouveau. Soit il s’effondre avec le reste, soit il fait le choix de se relever. Ce qui se déroule aujourd’hui est déterminant. Les décisions prises à ce stade détermineront l’intégralité de sa vie future.

Midori l’observe. Il se relève, reste seul avec cette lettre. C’est tout ce qu’il lui reste. C’est tout ce qu’il a entre les mains pour avancer. Elle n’a aucune idée de ce qui y est écrit, elle sait simplement que les mots dessus lui sont directement adressés.

Alors qu’il ne revient pas, l’albinos comprend que quelque chose cloche. C’est fini. L’enfance de ce bonhomme est terminée. La peine dans le cœur de la Kazejin n’atteindra jamais la sienne. Sa petite voix ne percera plus jamais sa bulle.

Il est entré dans les ténèbres les plus profondes de toute une existence.

L’albinos inspire profondément, sans savoir quoi faire. Sans savoir quoi dire. Faut-il y aller ? Faut-il le laisser ?
Son père apparaît, la prend par la main. Il serre doucement la menotte enfantine au creux de la sienne. Sa fille en a trop vu pour aujourd’hui. Elle ne devrait pas être témoin de ce type d’histoires. Trop jeune pour porter le fardeau d’un autre. Mais il peut l’y aider, au moins un peu. Pour ne pas laisser cet enfant seul avec lui-même.

Tensai tire doucement sur le bras de sa fille pour impulser le mouvement. En revenant sur ses pas, il prend le soin d’envoyer une unité médicale en direction de Rei, pour le surveiller un instant. Garder un œil sur lui, pour ne pas qu’il explose. Mais Midori ne doit plus s’en approcher, jamais. Cet enfant est une bombe à retardement.

Seul face à l’adversité, Rei devra trouver le courage de devenir plus fort. De devenir meilleur. Choisir sa voie, sans empoisonner celle de son l’albinos. Les difficiles choix d’un père.

Sans comprendre, la crinière blanche observe les pas la séparer de ce nouvel ami. De cet être particulier avec qui elle aura vécu l’aventure la plus surprenante de sa vie. La bulle autour de son esprit se referme, la propulse loin de ce monde brutal, violent, où les enfants perdent parfois leurs parents. Midori s’enfonce dans les limbes, dans le silence. Parce que c’est sûrement sa meilleure défense.

Pendant qu’ils s’éloignent toujours un peu plus de la scène, toute une équipe médicale vole au secours de Rei. Lui seront-ils d’une quelconque utilité ? Rien n’est sûr. Mais ils seront là jusqu’à ce que leur expertise ne soit plus assez. Jusqu’à ce qu’ils trouvent quelqu’un à qui le confier.

Des efforts qui seront peut-être vains, ils n’en savent rien. Mais des efforts qu’ils sont obligés de faire, car telle est la vie de médecin. Telle est l’existence qu’ils ont choisi de mener.

what will become of us all at the end of the line ?
will we live ? will we die ?

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Grain de malice [HIDEAKI M.]

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