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Grain de malice [HIDEAKI M.]

Ozuki Rei
Ozuki Rei

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Dim 15 Déc 2019 - 18:46
Il y'a des événements que l'on balaye de sa mémoire comme on balaye devant sa porte. Des secrets que l'on enferme au plus profond de son cœur, comme des personnes que l'on oublie parce qu'on le doit, et non parce qu'on le voudrait. C'est le cas de Midori, une de ses personnes qu'il a rencontré une fois, qui l'a marqué, mais dont il fait mine de nier l'existence, ou tout du moins de ne l'avoir jamais connu.

C'était il y'a dix ans. Il était un petit bout de chou de six ans, ses cheveux était tressés, ses yeux n'avaient pas encore perdue de leur éclats, ni gagné cet aspect usé et terne qui le caractériserait aujourd'hui. Sa voix avait encore des intonations, et il avait un espèce d'accent chantant, qui lui donnait un air charmeur en toute situation.

- Rei, donne moi la main, tu ne connais pas les lieux et c'est dangereux ici. Fit une dame dans la force de l'âge, avec une énorme poitrine, et des bras couvert de cicatrices. C'était sa nourrice, une ancien ninja qui s'était rangé des charrettes. Obéissant, le petit garçon qui se font dans la masse avec son teint halé, insère sa petite main dans celle de la femme sans broncher. Il y'avait deux raisons à son obéissance : D'abords il était toujours sage. Secondo, il faisait confiance à la jeune femme pour le mener sur le bon chemin.

Depuis le temps qu'elle s'occupait de lui à la place de ses parents, ils avaient noué une relation de confiance, une relation quasi-familiale, pas du sang, mais du cœur. Elle le mena à travers le dédale de rue ensablées qui composaient la cité principale de Kaze no Kuni. Les murs étaient blancs, afin de prévenir l'intérieur de la chaleurs extérieur.

Ils passèrent dans le marché aux puces, pleins de couleurs et de saveurs, quand la nourrice commença à se sentir mal. Elle suait grosses gouttes et semblait fébrile. Sa vision se troublait. Le petit garçon lui, ne remarquait rien du manège, et il continuait à admirer les environs, et tout ce qu'il ne connaissait pas dans ce pays étrange.

Replaçons le contexte : La famille Ozuki est une branche d'un clan officieux, d'assassins ultra violents et efficaces, qui usent de leur chakra pour satisfaire leur besoins meurtriers. Il y'a quelques temps, la famille fut envoyé à Kumo comme des pionniers dont la mission était d'agrandir l'influence du clan dans le pays de la foudre. A l'époque elle s’appelait encore Shitaderu. Une ville au sombre passé, et au devenir plus sombre encore, qui corrompit l'âme du paternel de Rei, qui monta une petite affaire clandestine, annexe au clan, pour l'appât du gain d'abords, et par intérêt ensuite.

Le pouvoir peut tourner n'importe quel esprit à faire n'importe quel connerie. Et il se retrouvait à présent convoqué avec toute sa famille au siège principal du clan, à Kaze no Kuni. Il ne se doutait pas de ce qu'il adviendrait par la suite.

- Regarde comment c'est beau, Akio ! On dirait une rose faite de tissus, sauf qu'elle brille ! Fit-il en observant un artisan usé du Shoton pour créer des roses plus vraies que nature. A sa droite, une petite fille à peine plus grand que lui semblait aussi intriguée que lui.

Le choc des culture commencent parfois simplement par un simple contact, comme un enfant qui te souris alors que tu tourne la tête vers lui, et te propose de te donner sa rose, parce que tu le mérite.

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 15 Déc 2019 - 19:35
grain de malice;

Le grand marché aux puces de Kaze. Du monde, du monde, du monde. Des gens qui défilent, marchent lentement entre les étals. Ils prennent le temps de regarder, parfois ils se laissent tenter. Dans cet univers féerique, égayé par toutes ces couleurs et ces lumières, plusieurs requins s’éveillent. Prunelles incarnates scintillant dans les ténèbres. Ils sont là, ils approchent. Chacun, derrière son stand, attend avec impatience que les paires d’yeux viennent les chercher. Midori n’échappe à la règle. Du haut de ses huit années, elle connaît déjà chaque rouage de cette petite affaire, comment ça fonctionne, quelles sont les bases, le meilleur comportement à adopter. Une arnaqueuse dans l’âme. Paisiblement installée sur un tabouret inconfortable, l’albinos guette chaque client qui passe, prête à happer le premier qui tombera dans son filet.

Arnaqueur, arnaqueur. Tout le monde fait confiance aux vendeurs. Personne ne se doute jamais qu’ils ne sont là que pour faire cracher du blé à toutes leurs victimes. Achetez, achetez encore. La barbarie d’un monde en apparence merveilleux. Oh, oui, c’est beau, c’est bien, tout le monde aime venir ici. Mais toutes les stratégies sont réunies pour pousser à la surconsommation. Midori ne connaît pas encore tous ces mots, tous ces concepts complexes qui la dépassent. Ils sont là, ils sont mentionnés, parfois papa en parle avec maman, mais elle n’y comprend rien. Pour elle, un seul mot d’ordre : sourire. Sourire encore, sourire toujours. Cette mimique de façade, qui ne veut plus rien dire, mais qui pousse le client à venir vers eux.

Après tout, qui ne fondrait pas pour un aussi adorable bout de chou ?

Ses deux couettes blanches tombent dans son dos et remuent doucement quand elle secoue la tête. Ce n’est qu’un instrument de plus pour vendre, vendre, vendre. Mais Midori n’en a rien à faire. Au contraire, elle sait très bien qu’ici, elle est l’outil principal. C’est son sourire qui attire. C’est son sourire qui fait acheter. C’est son sourire qui fait son salaire. L’esclavage moderne, un véritable fléau pour certains, une manière de s’enrichir pour d’autres. Enfin, elle n’est pas non plus à plaindre, ses parents sont relativement riches, donc elle gagne une grande partie des ventes qu’elle fait toute seule. Mais combien diront que c’est illégal ? Combien diront que c’est dégueulasse ? Combien se heurteront à ce comportement qui met en lumière des enfants, les utilise pour parvenir à ses fins ?

Ils ont raison, oui.
Mais Midori préfère leur donner tort.

Quand une femme plutôt âgée apparaît avec un enfant, l’albinos sait que c’est le moment. L’opportunité idéale. Elle n’en a rien à faire, de ce que disent les gens, Mido. Elle sait que pour avoir plein d’autres joyaux qui brillent, plein d’autres livres, elle doit être au meilleur de sa forme. C’est pourquoi, avant que qui que ce soit ne remue le petit doigt, l’enfant se saisit de la rose confectionnée par son père, pour la tendre au petit garçon. Plus jeune qu’elle, perdu, mais fasciné. Le parfait client.

« On appelle ça du cristal ! »

Son sourire grandit, mu à la fois par la nécessité de tenir son petit manège, mais aussi par une réelle envie de sourire. Il est mignon, innocent. Il ne connaît pas les beautés de ce monde. Candide créature perdue au milieu des vautours. Faut-il le protéger, ou le manger ?

Pauvre petit.

« Tiens, je te la donne. »

Midori tend la main, pour offrir la rose à l’enfant qui lui fait face. Ils ne se connaissent de nulle part, ne se sont jamais parlé, ne se sont jamais croisés. Pourtant il est là, au cœur des arnaqueurs. Dommage pour les autres vendeurs, l’albinos est passée la première. À voir si la vieille est prête à cracher le pognon, maintenant. L’enfant décide de s’en assurer. Elle joint ses paumes l’une contre l’autre, comme pour récolter quelque chose. D’une lueur scintillante apparaît une autre structure en cristal, beaucoup plus petite, mais d’un éclat supérieur à celui de la rose. Midori la montre à l’inconnu.

Sourire fier, qui cache son âme de vautour, planque le requin derrière d’adorables faux-semblants. Mademoiselle Hideaki est partie, lancée à pleine vitesse sur la grande route de la vente. Dépensera, dépensera pas ?

« Je m’appelle Midori. Enchantée ! »

Elle fera tout pour, en tout cas.
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Ozuki Rei
Ozuki Rei

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Mar 17 Déc 2019 - 11:28
Elle avait le sourire tapageur, et les cheveux jolie-coeur, juste au bord des yeux ; Roses. Elle était comme un bonbon, habillée comme une jeune fille en pâmoison pour son premier rendez vous. Elle semblait resplendir au yeux du petit garçon, dont le coeur rata un battement et dont les sensations furent perturbés à jamais par une petite main qui y glissait dans la sienne un cadeau. On dit qu'en règle général, les premières fois sont difficiles. Mais pas là, non, c'était d'une simplicité remarquable et limpide pour Rei. Ce sentiment qu'il ne connaissait pas ne l'angoissais pas, ça le rendait heureux. Oui, c'était cette vague de dopamine dans son cerveaux, mais s'il ne le savait pas encore, ne tarderait-il pas à l'apprendre par la suite.

L'amour, ce n'est que de la chimie complexe des sentiments, et le physique en était le premier vecteur. Si le courant passait entre Rei et Midori, ce ne serait pas à cause d'une élévation de l'âme ou bien la tournure d'un destin facétieux, non. Ce serait simplement la conséquence d'un signal électrique envoyé dans leur cerveau, un signal électrique qui servait aussi bien à discerner les couleurs, que le saveurs et les textures.

Mais tout ça, ce n'était pas de l'amour non. C'était du commerce.

- M .. M..Merci beaucoup ! Bégaya-t-il en admirant la magnifique roses cristallisées, qui lui rappelait ces bonbons à base de sucre filé. Il avait presque envie d'y mettre à la bouche, tellement cela ressemblait à une sucrerie. Il se sentait un peu honteux de dépouiller l'artisan si qualifié qui avait mit beaucoup de temps et d’énergie à concevoir pareil beauté -parle-t-on encore de la fleur ? Aussi tira-t-il sur la manche de l'adulte responsable comme pour quémander quelque chose.

Finalement, la jeune fille lui parla. Et Rei fut effrayé d'un contact aussi direct, aussi se planqua-t-il derrière Akio sans autre formes de procès, tout en fermant les yeux comme si cela pouvait le faire disparaître de sa vue. Finalement la curiosité fut plus forte que tout, et il se décala -toujours les yeux fermés, d'un pas sur la droite réapparaître devant la jeune fille.

-Du cristal ? On dirait le verre qu'on utilise pour boire à table ... Fit-il, tout timide, la fleur toujours dans les mains. Il n'avait jamais entendu parler de pareil matériau. Qui brillait autant, et qui était aussi lisse au touché. On eut dit du verre, mais en beaucoup plus raffiné.

- Tu me la donne ?
Répéta-t-il bêtement, toujours ébahis par tant de générosité, de gentillesse, et de grâce réunie dans une seule personne. Il ne se doutait pas que derrière ce masque, se cachait un machiavélisme poussé à l'extrême par des parents peu scrupuleux, et qui vendrait père et mère pour un peu plus de Ryô. C'était la première fois qu'une inconnue lui offrait quelque chose, ça lui faisait de l'effet mine de rien ; Il rougit. Mais avec sa couleur de peau cela ne semblait être qu'un simple coup de chaud provoqué par les températures élevé en ce mois d'août.

- Moi ... C'est Rei. Je ... très content de te rencontrer Midori finit-il par réussir à lâcher, toujours dans le flous. Il montra la petite fleur mignonne qu'il tenait dans la main et lui posa la question qui lui brûlait les lèvres : C'est toi qui l'a faite ?

C'est ce moment là que choisit Akio pour s’effondrer sur le comptoir, en renversant quelques produits qui ne cassèrent même pas par terre ; Ca c'était du solide.

L'artisan pouvait être fier de sa création.

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Mar 24 Déc 2019 - 0:54
grain de malice;


Une première victoire. Taper dans l’œil de l’enfant, le nourrir d’une générosité candide en apparence, malveillante en réalité. Il est si doux. Beaucoup se diraient qu’il faut le préserver, en prendre soin, car il n’en reste plus beaucoup de cet acabit. En comparaison avec Midori, l’enfant au teint basané est d’une innocence sans pareille. Il se ferait réellement happer par tous les vendeurs du coin. Aucun d’entre eux n’en laisserait une miette. C’est doux, ça caresse la peau comme une brise fraîche au milieu du désert. Mais personne n’est dupe : toute personne qui met les pieds ici est un client. Un client consomme. C’est la loi de la jungle, c’est tout.

Alors au diable la douceur, au diable la candeur. Midori sort les mâchoires sans aucune pudeur : à la guerre comme à la guerre.

Ses lèvres s’arquent en un adorable sourire lorsqu’il la remercie. Il n’a pas l’air de trop savoir de quoi il s’agit, mais ses prunelles qui se perdent sur la sculpture assurent à l’albinos qu’elle a fait mouche. Bien qu’il soit particulièrement intimidé, comme le témoigne sa tendance à se cacher derrière la vieille qui l’accompagne, il a tout de même l’air de vouloir savoir. Découvrir. La curiosité enfantine à l’épreuve de cette peur mordante qui l’empêche d’agir. Il sort la truffe de sa tanière malgré tout, se heurte à l’inconnue. Il pose des questions, teste la matière. Il se fascine pour cette matière étrangère.

Midori hoche doucement la tête, entre avec habileté dans le grand manège de la vente. Encore, toujours, alors que tourne le carrousel, incessamment.

« On peut faire des verres en cristal, oui. Ils sont plus chers que les autres verres qu’on trouve un peu partout, mais il paraît que les collectionneurs les adorent. »

Elle hausse les épaules.

« Apparemment c’est un signe de richesse ! »

Un hochement de tête, comme pour affirmer plus encore ce qu’elle lui dit. La conviction de la petite fille, diluée dans un grand verre de manipulation. Il récupère la rose, reste ébahi par le fait qu’elle lui ait donnée et non vendue. À tous les coups, le train est en marche, il suffira juste d’ouvrir les vannes et d’accélérer un peu pour que la vieille crache tout son pognon, absolument tout. Et ce sera une journée de vente exceptionnelle, avec une prime fantastique pour Midori ! Ses yeux se transformeraient en ryôs si c’était possible.

Mais au lieu de ça, alors que les présentations se font, la vieille part dans un univers parallèle. Vlan, elle s’étale sur le comptoir, fait tomber le cristal tout autour. La marchandise ?! Même si rien ne casse, quand même ! Midori hésite un instant : la vieille ? Le cristal ? Quand elle voit son père se précipiter pour ramasser les créations, elle sait qu’il faut s’occuper de la nounou. Ce n’est pas le plus fun, mais c’est ce qui fidélisera le plus le client.

« Madame ?! »

L’albinos enjambe le bazar sous ses pieds, prend le môme par la main pour le rapprocher de l’inconnue et s’assurer de ne pas le perdre.

« Quel est son nom ? Tu sais ce qui a pu lui arriver ? »

Une fois à portée, Midori se désintéresse totalement du gamin pour établir l’état rapide de la vieille. Elle pose une main sur le front brûlant de l’inconnue, puis sur le sien, pour comparer. Il y a une différence de température qui lui fait lâcher un « Ah ! » surpris, qu’elle ne peut pas contenir.

« Elle a beaucoup de fièvre … Et son cœur bat très lentement. »

Les petits « boum » irréguliers contre son doigt, posé dans le cou de la vieille, lui indiquent que ce ne sera pas aujourd’hui qu’elle va vendre. Au contraire, il va falloir faire plus que penser comme un requin, même si cette perspective ne lui plaît pas le moins du monde.

« La sueur … Elle est malade, ta grand-mère, Rei ? »

Midori se tourne un instant, pose d’abord son regard sur l’enfant, puis sur son propre père.

« Fais venir un médecin, papa. On a un problème. »

Un constat froid, bien au-delà de la maturité attendue d’une petite fille. Pourtant, si l’albinos sait quand il est l’heure de vendre, elle a aussi appris que, dans ce pays, nombreux sont ceux qui s’écroulent, parfois sans raison. Il faut toujours être prêt à tout, notamment aux premiers secours. Parce qu’on n’a jamais aucune idée de ce qui va nous tomber dessus. Elle inspire profondément, récupère une sculpture en cristal dans laquelle elle met de l’eau fraîche.

« Tiens, essaye de la faire boire, je vais humidifier sa peau. Ça va aller, d’accord ? »

Mais au fond, Midori n’a aucune idée de ce qui va se passer. Peut-être que ça n’ira pas du tout, finalement.
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Ozuki Rei
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Ven 27 Déc 2019 - 0:40
Il hochait de la tête en retenant les informations aussi bien que s'il les notait sur un bloc note. Il avait cette capacité à mémoriser énormément d'informations d'un seul coup, sans jamais saturé. Il savait parfaitement le nombre de marche qu'il montait pour aller à l'académie, et il savait également le nombres de mètres qu'il y'avait entre chez lui, et Kaze no kuni. Il savait quel était le nom du seigneur en place, et tout un tas de truc d'adulte qu'il entendait. C'était une vraie mine de science, en faite, il ne faisait que bien le cacher à cause d'un surplus d'innocence.

Mais la magie de leur rencontre fut bien vite brisé par sa nourrice, qui s'effondrait là net, tandis que la jeune fille la prenait en charge, l'entraînement qu'avait subit Rei remonta à la surface, et il se mit à observer tout autours de lui s'il n'y avait pas de silhouette suspecte, ou de visages connus. Cela pouvait être l'un des nombreux test tordu de son paternel, qui s'amusait à toujours le soumettre à de vils examens à des moments où il s'y attendait le moins.

Mais aujourd'hui était différent, ce n'était plus un test. C'était la réalité.

- Elle s'appelle Akio, je ne sais pas, peut être que quelqu'un l'a drogué à son insu, peut être qu'elle est malade, peut être qu'elle voulait admirer de plus près les bijoux ... Fit-il en regardant ailleurs, ayant totalement changé d'attitude. Le danger avait cet effet sur lui, que d'allumer tout ses instincts, et de la mettre sur un qui vive impressionnant. Sa capacité de concentration était carrément digne d'un adulte, alors qu'il n'avait que six ans.

Son oeil agguéris par des heures d'entraînement repéra trois hommes qu'il avait déjà entraperçut sur la route, et tandis qu'il sortait un kunaï, il se pencha vers les deux femmes pour répondre aux questions.

- Elle a toujours eu une santé de fer, je ne l'ai jamais vu tomber malade, même en sortant malgré les pires tempête de Kumo ... Voilà ce qui lui semblait le plus louche. Habituellement, la vitalité de sa nourrice était tel que même lui avait du mal à suivre le rythme. Alors qu'il était un enfant ! Alors croyez le, quand on vous dit que quelque chose de pas clair se jouait à présent. Rei avait été à bonne école, depuis qu'il avait environ quatre ans, on lui enseignait tout un tas de truc pour survivre à ce genre de situations. Et si son père avait suivit expressément,et plus particulièrement, l'enseignement du petit dernier, c'était qu'il avait du potentiel... Malgré sa candeur, il rôdait un prédateur sous cette toison de mouton.

Un louveteau, reste un loup malgré tout.

- Tu n'as pas des herbes pour purger un système sanguin et digestif ? Du genre de la calendula, ou bien de l'astragate serait plutôt indiqué dans cette situation ... Il se remémorait ses cours sur les plantes et leurs différentes utilisations, mais confondait tout. Il n'était pas un expert, et ne le serait jamais. Lui, son truc, c'était plus les racines et les troncs.



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Hideaki Midori
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Dim 29 Déc 2019 - 17:13
grain de malice;


Akio. Une victime de plus sur un tableau de chasse. Juste un nom qui s’efface, marque certaines mémoires, mais ne suscite rien chez d’autres. Akio, juste une nourrice, ou une grand-mère. Quelqu’un pour quelqu’un, mais personne pour certains. Elle était là, paisible, à balader son petit, jusqu’à ce qu’une étrange maladie l’emporte. Elle est tombée, son poids s’écrasant intégralement sur l’étal de bijoux. Midori observe, tente de comprendre. Qu’est-ce qui a bien pu lui couper les jambes de cette manière ? Qui se trouve derrière cette cohue ? Pourquoi les gens font-ils ça ? Qu’a fait cette grand-mère pour être la victime de bandits ?

Et surtout, surtout.
Qui a osé mettre en péril les ventes du jour ?

L’albinos relève la tête, retrousse les narines. Un mélange de colère et de stupeur s’est emparé de son être, suffisamment pour faire naviguer l’adrénaline, pas assez pour lui permettre de rester maîtresse de ses émotions. Elle a envie de tout faire voler, de trouver l’auteur de cette vilenie pour lui coller trois baffes dans la figure.
Pour l’heure, il faut pourtant s’occuper de la vieille. Le garçon a donné des hypothèses : une drogue, un empoisonnement, une maladie. Admirer les bijoux de plus près, ça n’aurait pas eu cet effet, ou alors cette famille a un sérieux problème de brutalité. Elle doute que ce soit cette dernière possibilité. Les autres, par contre …

Midori continue d’inspecter partout. Les doigts sur le poignet de la vieille, elle inspecte son pouls. Irrégulier. Il bat beaucoup trop vite pour que rien ne lui soit arrivé. Le père de l’albinos, déjà en quête d’un médecin, est probablement leur dernier espoir. Parce que, selon ce que lui dit l’enfant, cette femme n’est pas sujette aux maladies. Au contraire : elle est sûrement plus résistante que tous les Kazejin ici présents. Une santé de fer, qui tient tête aux pires tempêtes de son pays. Ce n’est définitivement pas normal.

L’inspection se poursuit aussi vite que possible, la gamine faisant de son mieux pour mettre en application les conseils qui lui ont été prodigués, ainsi que son grand savoir théorique. Malheureusement, elle n’est pas médecin : difficile pour elle de déterminer les réelles causes d’une telle réaction sans pouvoir l’examiner complètement. Elle se contente alors d’écouter attentivement Rei : peut-être qu’à deux ils auront une chance d’inverser la balance ? Au moins jusqu’à ce que son père ne revienne …

Midori hoche la tête. Calendula, astragate, voilà deux mots qu’elle n’a jamais entendus. Néanmoins, les connexions nerveuses se font à pleine vitesse : elle sait où l’envoyer, à qui l’adresser. Elle tend la main en direction d’un vendeur, au loin, qui n’a rien manqué de la scène : un autre requin, qui n’attend qu’un signe pour prendre place dans le manège … Et s’en mettre plein les fouilles. À la guerre, comme à la guerre.

« Lui, là-bas. C’est le meilleur herboriste du pays. Dis-lui de ramener tout son matériel, je pense que tu trouveras ce qu’il te faut. »

Un premier ordre, venu du fond du cœur. Le côté leader de Midori ressort naturellement, alors qu’elle crève d’envie de tout envoyer en l’air pour reprendre son commerce. C’est jour de marché, normalement ça se passe toujours bien ! Les caisses se remplissent à en vomir leur contenu, les gens sont heureux et souriants … Ils ne tombent pas sur les étals en passant à deux doigts de la mort ! Et encore, ça, c’est s’ils parviennent à la maintenir en vie ! Et ce n’est clairement pas une certitude !

Midori soupire de nouveau. Au loin, son père revient en courant, accompagné d’une silhouette familière à l’albinos. Le médecin de famille. Un grand homme, aux cheveux blancs comme la neige, avec un sourire éclatant. Ses prunelles céruléennes percent l’âme et atteignent le cœur. Il se met au chevet de la vieille et commence son travail. Midori se relève et part à la suite de Rei, qu’elle suit comme un bon soldat.

« Les vendeurs du coin ont tendance à moins arnaquer leurs collègues. Ils savent qu’on connaît les ficelles. »

Un haussement d’épaules plus tard, un sourire candide étire les lèvres de Midori. Une candeur étonnante, compte tenu de leur situation.

« Ne t’imagine pas que les gens ici font ce qu’ils font de gaieté de cœur. Tu n’es qu’une proie dans un monde de requins. »

Elle dépose une main délicate sur son épaule.

« Allez, viens, faisons de notre mieux pour aider Akio ! »

Étonnant paradoxe : la princesse squale, glissée au milieu de tous les autres prédateurs, qui vole au secours de la plus belle bourse ambulante du jour. Qui l’aurait cru ?
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Ozuki Rei
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Dim 5 Jan 2020 - 22:41
Apparemment pas le seul à se démarquer en situation de crise, Rei était impressionné par le sang froid, et les talents de la jeune vendeuse. S'il n'avait pas vu à travers son jeu, il discernait tout à présent, comme un aveugle à qui on a rendu la vue. Toute trace de candeur disparu dans le comportement de Midori, elle se révéla d'une aide plus que précieuse. Elle semblait sûre d'elle, et surtout, sans malice à son égard. Cela était réconfortant, bien que ses yeux d'enfants ne discernaient pas la différence, en y repensant quelques années plus tard -avant de bannir cet épisode de sa mémoire pour le bien de tous, il saura à quel point elle lui avait fait un cadeau ce jour là.

- Très bien Midori, je m'en occupe ! Fit-il avec un triste sourire sur le visage, essayant de voir le positif dans tout ça. Il faisait la rencontre d'une jolie jeune fille qui avait le coeur sur la main, il allait pouvoir briller aux yeux de tous en sauvant sa nourrice, et enfin être respecté à sa juste valeur dans sa famille. En effet, à cet époque rude et barbare de notre histoire, la force était la seule clé qui permettait d'ouvrir toutes les serrures. Il suffisait de savoir appliquer toute sa puissance au bon endroit, et au bon moment, voilà tout.

Pendant ce temps, il en remarqua pas le reste de l'action qui se déroulait sous leur yeux, le médecin qui arrivait avec le père de la jeune fille, les passants qui s'agitaient, les commerçant qui pestaient dans leur barbe, dans leur coin. C'était mauvais pour le commerce cette histoire, on allait dire qu'elle avait mangé quelque chose de périmé au stand de poulet, ou bien que c'était à cause d'une épidémie se rependant dans la ville comme les rumeurs, c'est à dire à la manière d'une traînée de poudre. Et puis même, cela monopolisait l'attention des passants plus que les riches étales qui se déployaient dans toutes les rues alentours.

- M'arnaquer, dans cette situation, mais ce serait franchement pas jojo non ?! Fit-il toujours incrédule devant le monde qui l'entourait, et ses bassesses. Il semblait encore si innocent, si fragile, et pourtant il se dégageait une certaine force de son regard, comme celle des bambous face au vent ; Qui plient pour ne jamais se briser.

Il suivit la jeune femme jusqu'au stand d'herboristerie, absorbé par sa tâche autant que par la main de la jeune fille dans la sienne, qui le tirait vers l'avant, vers l'avenir, vers le meilleur herboriste du pays. Ils arrivèrent en quelques instants sur place, et tandis que la jeune fille faisait les courses, et négocier les meilleurs tarifs possible -son sens aiguë des affaires aidant beaucoup, il se contenta de surveiller la ruelle et les toits alentours. Il ne fallait pas que son instinct s’émoussât un jour, car il avait déjà un certain flair pour les embrouilles.

- Arigato, monsieur le marchand, nous devons nous dépêcher mais je m'en souviendrais ... Fit-il en portant son petit poing potelé à son coeur. Il s'inclina puis fit le chemin inverse jusqu'au médecin et Akio. Il remarqua seulement alors qu'il était suivit par deux silhouettes encapuchonnées et qui semblaient animé d'intentions malfaisante à son égard.

- Midori, ne te retourne pas, mais nous sommes suivis. Je propose que nous déposions le sachet en passant, sans nous arrêter et que nous continuions notre chemin jusqu'au prochain croisement. C'est moi qu'ils veulent, mais ils n'hésiteront pas à te tuer s'il le faut. Il savait pertinemment quelles étaient les vraies activités de sa famille, intimidation, meurtre sur demande .... Tout un package de chose qui amenait à être en danger constant. C'était sa première leçon de l'année. Toujours savoir où se mettre en sûreté en cas de coups dure.

En arrivant, on entendait ce discours de la part du médécin : Cela dépasse mes compétences, Tensai. Je ne suis pas capable de soigner ce genre de blessure, c'est comme si les tissus eux même essayaient de s'autodétruire, je n'ai jamais vu cela ... Il faut la transporter à l'hôpital d'urgence...

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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 12 Jan 2020 - 16:45
grain de malice;


L’innocence-même. La faiblesse de la candeur dans un univers de monstre. Il est là, si doux, à ne rien attendre du monde, à ne rien lui demander à part être heureux. Vivre confortablement sans qu’il ne lui arrive rien. Mais voilà, il est victime des travers de sa famille, ou du monde lui-même. Midori ne saurait expliquer ce qui se passe, pourquoi il se retrouve là, ni ce qui va arriver par la suite. Mais ils se trouvent indéniablement dans une situation inextricable. Si les herbes ne fonctionnent pas ? Si le poison est trop fort ? Est-ce réellement du poison ? Peuvent-ils y faire quelque chose ? Que penser si le médecin ne famille ne peut pas faire plus que les deux enfants ? Que va-t-il advenir de Rei, s’il arrive quelque chose à Akio ?

Et pourtant, malgré toutes ces questions sans réponse, le voilà, à évoluer avec ses yeux d’enfants. Il fait un pas en avant, puis un autre. Il ne se doute pas une seule seconde que tous ici seraient prêts à les vendre, lui et sa vieille, si ça leur rapportait un peu plus d’argent que les autres jours. Il a l’air surpris par tout ce qu’il entend, il ne se rend pas compte à quel point Kaze est une gigantesque jungle. Ici, personne n’a de cœur, personne n’en a jamais eu et personne n’en a jamais. Mais comment pourrait-il le savoir ? En plus d’être un étranger, c’est un enfant. Un enfant venu d’ailleurs, qui n’a pas eu la même formation que Midori.

C’est pourquoi l’enfant choisit de prendre les devants. Elle s’occupe de chaque transaction, fait chuter drastiquement chaque prix qui lui est proposé, à grands coups de sourires et de petites phrases toutes faites. Manipulatrice dans la vente comme dans l’achat, qui ne se laisse jamais faire et n’accepte de prendre la marchandise que lorsque le prix lui convient. Difficile en affaires, comme son père le lui a toujours enseigné. Midori récupère le petit sac d’herbes et repart, la main toujours fermement enfoncée dans celle de Rei. Un partage de chaleur qui lui permet de le rassurer, d’abord, mais aussi de se rassurer elle-même lorsqu’il lui indique ce qui se trame derrière eux.

Ils sont suivis. Des gens mal-intentionnés, probablement, qui veulent s’en prendre à sa famille. C’est donc ça. Mais ils n’hésiteraient pas à tomber sur Midori aussi. Elle n’a rien à voir avec cette histoire, pourtant. Ce n’est pas normal. Elle hésite. Sourcils arqués, l’albinos ne se retourne pas, se contente de suivre les indications qui lui sont données. Contrairement à la situation précédente, la princesse squale se retrouve comme la proie de deux êtres inconnus, à la puissance qui dépasse la sienne de très loin. Ils seraient capables de l’épingler, elle aussi, au milieu de tous les autres cadavres qu’ils laisseraient. Une enfant. Ses prunelles effleurent Rei. Un enfant, lui aussi. Victime des travers de sa propre famille.

Arrivés à hauteur du médecin de famille et de Hideaki Tensai, marchand principal de la boutique familiale, joaillier de renom, ils surprennent une conversation. Elle n’a rien de bon, elle non plus. Cette journée va de mal en pis. Comme s’il n’existait aucune bonne nouvelle. Midori tend le sachet d’herbes à son père, un sourire sur les lèvres. Le sourire d’alarme, celui que seul Tensai comprend.

« Tiens, papa. Faîtes de votre mieux. Emmenez-la s’il le faut. Je vous fais confiance. »

Une conversation basique, comme si l’albinos n’avait aucune idée de ce qu’il se passe. Son sourire paraît des plus naturels, mais il y a dans l’étirement de ses lèvres une cassure, un détail minuscule et invisible qui pourtant signifie tout. Son père hoche la tête vivement, la remercie très rapidement alors que les deux enfants s’en vont. L’albinos serre la petite main dans la sienne, plus fort encore. Elle a l’impression de sentir son cœur battre dans sa paume, tout contre celui de Rei. Des pulsations rapides, paniquées, pourtant refoulées au plus profond de leurs esprits pour se donner une chance de survie.

« Suis-moi, nous allons faire en sorte de les semer. »

Ses doigts s’emmêlent autour de ceux de l’étranger, pour le tenir plus près encore. Une manière illusoire de dissiper la panique. Il n’y a rien qui puisse les sauver, rien à part la fuite. Ils ne peuvent pas se battre, pas encore. Ou alors, ils peuvent tenter, mais à quel prix ? Perdre l’un ou l’autre n’est pas une option. Midori tire doucement Rei sur la gauche, dans une ruelle planquée par d’innombrables caisses. Le prolongement de la rue les mènera directement sur une autre aile du marché, plus bondée encore que la précédente. Serrée contre l’enfant, elle pose une main sur sa bouche pour lui indiquer de garder le silence.

Son cœur s’accélère, encore, toujours. Un rythme insoutenable, qui n’a pas l’air de pouvoir décélérer. Il faut attendre, attendre, attendre. Que les minutes s’égrènent et disparaissent. Que les hommes les dépassent sans les voir. Des bruits de pas, au loin, se font de plus en plus proches. Quatre pieds qui martèlent le sol à pleine vitesse et ne s’arrêtent pas devant eux. Midori attend, encore un peu, pour être certaine qu’ils ne se soient pas arrêtés. Une fois qu’ils lui semblent assez loin, elle fait signe à Rei de la suivre, pour l’emmener encore ailleurs.

« Nous ne devons pas nous arrêter de bouger, jusqu’à ce qu’ils lâchent prise. Il faut faire en sorte de pouvoir les voir, sans qu’ils ne nous voient. Tant qu’on sait où ils sont, on ne risque rien. »

La main posée sur la bouche de l’enfant glisse pour rattraper sa propre menotte, que l’albinos tient fermement au creux de la sienne.

« Tu sais pourquoi ils te suivent ? Et pourquoi ils veulent te tuer ? »

Sombres questions, pour une enfant. Mais il y a bien longtemps que Midori a oublié ce que signifie la « sécurité ». Vivre dans un monde de requins apprend à y survivre, certes, mais c’est aussi une malédiction pour l’innocence.
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Ozuki Rei
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Mer 15 Jan 2020 - 23:12
Parfois savent se cacher les pires travers, sous une couche d'innocence pure et de la plus claire bonhomie au monde. C'était ce que ne cessait de prouver au monde la cité de Kaze, qui pullulaient de ses charlatans capables de vendre père et mère sous prétexte qu'il faut bien vivre. Il y'a des causes qui nécessitent, il y'a des usages qui forcent. Il y'a toujours une excuse qui prédomine chez ses êtres sans coeur, sans foi, ni loi. Il n'y a qu'une seule règle, celle de gagner de l'argent, le plus possible, en amasser toujours plus. En faire un petit tas et se le carrer dans le ... Coffre fort. Une fois toutes ses pièces amassées, il vous faudra les dépenser afin de les protéger, de les faire fructifier, et d'en garder pour votre descendance.

Un but unique. Une vie de mouton. Fais pas ci, fais pas ça. Comme si on pouvait vous dicter à votre place, la vie dont vous rêvez depuis votre plus tendre enfance. Comme si les choses simples de la vie, comme une main dans la votre dans une situation de crise, n'avait point d'importance. Ou pire encore, qu'elle valaient quelque chose. Comme si l'amour pouvait être marchandé, la mort acheté, le temps assassiné.

Il y'a des choses que l'on tient pour vraies, mais qui ne reposent que sur des dogmes erronées et des valeurs fortuites. L'être humain est inconsistant, à quoi bon compter sur lui ? Par maque de choix ? Ou bien simplement parce que l'on aime à se faire du mal ?

Il suivit d'un air hagard sa nouvelle tutrice, qui lui rendait au moins deux années, et savait déjà tout faire comme une grande. Il admirait sa force de caractère, elle ne semblait pas paniqué. Peut être qu'il rougissait un peu d'avoir autant d'intimité avec elle, mais aucune pensées particulièrement sulfureuses ne traversaient cet esprit bambin, et surtout frappé par la chute de sa nourrice. Il ne songeait qu'au reste de sa famille, sans doute visée elle aussi de toute part par ses barbares.

Une société secrète, des poisons malicieux, une petite fille au cheveux d'albâtre. Ils se ressemblaient. Elle avait été formée toute jeune à ne jamais faiblir à la tâche du marchandage, et des petites concessions. Il enleva son écharpe et ses gants de voyages, dévoilant des cicatrices à la base de son coupe et de sa nuque, mais aussi des bandages sur ses mains. Lui avait été elevé pour donner et échapper à la mort.

- Je pense que nous devrions passer par les toits, nous gagnerons ainsi en visibilité, qu'en penses tu ? Et puis nous pourrions traverser le marché en diagonale en quelques instants, nous ne pesons pas bien lourd n'est-ce pas ? Il savait qu'en faisaint cela, ils étaient également repérable, mais primo, c'était la seule idée qu'il avait, et secundo il préférait voir arriver le danger plutôt qu'il ne lui tombât dessus sans crier gare, enfin tercio il souhaitait aussi accomplir des prouesses pour impressionner l'Hideaki.

Il profita quelques instants de la chaleur bienfaisante qui pulsait dans la main de Midori, et lui répondit en la regardant droit dans les yeux : Je crois pas que j'ai le droit de te le dire, mais ma famille est spéciale à Shitaderu ... Nous avons un double métier .... Je sais juste qu'on m'entraîne à me battre toute la journée, j'en sais pas plus ...

Il n'avait jamais été d'un naturel très curieux sur les sombres secrets de sa famille.

- Ils sont ici, je les vois !

Ils n'avaient plus trop le choix, c'était fuir ou se faire prendre. Et le petit albinos savait que la première règle, c'était que cela ne se fasse pas vivant. Il connaissait certains clans qui même à travers la mort, recelaient de si beaux mystère, qu'on apposait un sceau d'auto-destruction sur leur dojutsu pour priver l'ennemi d'un atout supplémentaire.

- Viens, montons, ils ne pourront pas nous suivre ! Fit-il en pointan du doigt une pile de caisse qui montait le long d'une échoppe.
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