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Darker than black [Solo]

Yasei Zeref
Yasei ZerefEn ligne

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Mar 17 Déc 2019 - 1:18
Mon rapport au Mizukage étant terminé, je peux enfin me diriger vers la librairie Kurayami, ce foyer dans lequel je vis depuis aussi longtemps que ma mémoire me permet de me souvenir. Là-bas m’attendent mon père adoptif et ma sœur, Saeko, deux des rares personnes auxquelles j’ai décidé de m’ouvrir. Cela fait une bonne journée que je suis parti, et la fatigue commence à m’assaillir, j’ai hâte de raconter ma journée à cette sœur que j’adore avant de m’endormir sous son regard protecteur. Elle est d’ailleurs la seule devant qui je me permets de montrer des signes de faiblesse, depuis le départ de Kaelia. Sur le chemin, je repense à Fuu, que j’ai rencontrée à peine deux jours auparavant, qui doit encore être entre ces murs, et qui, je l’espère, va bien. J’étais censé assurer la sécurité du trio de Kaze, mais une mission plus importante m’a appelé et le temps de m’en occuper, un autre soldat de la Kenpei s’en est chargé. Ce soir-là, en repartant, je n’ai même pas remarqué l’ombre qui me guettait, et je ne le sais pas encore, pourtant, cette erreur va me coûter énormément.

Au loin, dans la direction que je prends, une fumée s’élève. Des personnes âgées s’éloignent, les enfants aussi. Un incendie de grande ampleur semble avoir pris, et la distance me fait frissonner, car cela pourrait correspondre en tous points à ma demeure. Une voix dans mon dos m’alerte, d’ailleurs, car c’est celle d’une vieille dame qui semble me reconnaître.

« Ce n’est pas le petit Zeref, là ? Oh mon dieu… j’espère qu’ils vont bien… »

La phrase pourrait paraître banale, mais en prononçant mon nom, j’ai pu dénoter dans son ton une légère hésitation, et une pointe accentuée de peine. C’est alors que je m’engage dans une charge spectaculaire, et que j’en réalise une autre juste après. Peu importe si quelqu’un se trouve dans le chemin, car à mesure que je me rapproche du feu, je comprends que l’odeur que je sens est celle des livres. Mais je m’en moque, tout cela n’est que matériel. Devant la librairie, quelques personnes sont attroupées, et sur les toits, des shinobis manipulant sans doute le Suiton commencent à arriver. Je scrute les alentours, mais ni mon père, ni ma sœur ne sont là. Alors que je suis sur le point de foncer dans les flammes, au diable les risques, j’entends un craquement, et un homme en feu sort, courant jusqu’au milieu de la rue. Un premier utilisateur de Suiton surgit et utilise un jutsu à faible pression pour éteindre les flammes sur le tenant de la librairie. Il est déjà trop tard, et s’il a survécu aussi longtemps, c’est pour ce qui se trouve sous sa couverture, son trésor, une personne qui compte plus que sa vie elle-même. Je récupère Saeko, son corps encore chaud – peut-être un peu trop – s’écrase entre mes bras, et j’essaie de m’assurer qu’elle est bien vivante. Un ninja médecin vient alors à mes côtés, et vérifie mieux que moi ce qui m’intéresse, tout en essayant de ne pas trop brusquer la petite.

« Elle est vivante, mais elle a inhalé énormément de fumée… Je suis désolé monsieur, je ne sais pas si nous pourrons la sauver, et même si c’est le cas… »

Je ne peux que les laisser faire, je sais que je les rejoindrai après. Mais avant cela, je m’approche du corps de mon défunt père. Les larmes coulent, car il est le deuxième et dernier parent que je perds, en très peu de temps. Son corps est calciné, il est bien trop tard pour lui, car toute vie l’a quitté depuis quelques minutes. Mais mon œil se porte alors sur le bâtiment, qui commence à s’éteindre grâce au travail étonnant des spécialistes en présence. Comment est-ce arrivé ? Je n’ai jamais vu une seule flamme approcher ce lieu, à l’exception de l’éclairage. Il n’y a rien dans la cuisine qui utilise le feu, et pour des raisons évidentes, les lampes sont très sécurisées. Laissant la dépouille de côté, tentant de comprendre pourquoi l’on m’enlève encore tant, j’aperçois quelque chose, par terre. Je m’abaisse pour l’atteindre, me brûlant la surface des doigts, et l’approche de mes yeux.

« De… l’argile. Blanche ? »

Mon visage change, et de la tristesse logique, il passe à la colère. Un homme, un seul, aurait pu me vouloir du mal. J’étais persuadé que la perte de son bras l’aurait tué, mais il semble que non. Je me retourne, changeant subtilement mon nez pour adopter le flair du loup. Je connais son odeur, s’il est dans les environs, je le trouverai. La trace est faible, mais il semblerait qu’il soit dans les parages. Je me dirige alors vers cette piste, et s’ensuit une longue traque au travers des rues du village. Je laisse derrière moi ma demeure détruite, ce lieu n’étant plus qu’un vestige de ce qu’il était. Il me reste que Saeko, et lorsqu’elle reviendra à elle, nous deux, les derniers Kurayami, pourront tenter de recommencer à vivre. Mais d’abord, Chôjuro doit mourir. Un agent de la Kenpei comme moi devrait favoriser la capture, mais mon corps tout entier rejette cette idée. Il mourra, et tout ceux qui tenteront de le protéger avec lui.

Le bâtiment où me conduit l’odeur est grand. Il est éclairé aussi, et une première analyse me laisse comprendre où je suis : la plus grande et la plus en vue des arènes de combats de coqs. Alors tout ceci me mène à cela. Une dernière enquête ? Non, il n’y en aura pas. En quelques sauts, je me retrouve sur le toit. Je me déplace au niveau des points que je pense cruciaux pour le maintien de la structure de ce qui me sert de sol, et y place des parchemins explosifs. Ensuite, je saute sur un toit voisin. Je m’apprête à activer mes parchemins et à tuer toutes les personnes se trouvant en dessous, mon Némésis y compris, lorsque sa voix se fait entendre dans mon dos. Je me retourne directement pour lui faire face.

« Monsieur Zeref ! Comment va votre famille ? Ahah, dire que je vous ai suivi depuis chez cette petite, à l’auberge, et que vous ne m’avez même pas remarqué. Le vilain loup noir et héros de Mizu se laisserait-il attendrir par des enfants ? Pitoyable. »

Son sourire forcé est remplacé par le faciès de la haine pure et dure. Même si je n’ai pas été capable de le battre, l’autre fois, je suis responsable du déclin de ses activités. Il a perdu un bras à cause de mes agissements, et il semble que sa carrière touche à sa fin. Cependant, sa force réside dans sa perfidie, et la dernière fois, j’ai foncé tête baissée et suis presque mort pour l’avoir fait. Mon esprit, à l’heure qu’il est, ne me permet aucunement de réfléchir. Lorsque je le fais, je vois le doux visage de Saeko, fermé, dans un état qui ne laisse pas penser à une possible survie. Même si c’est le cas, quel sera son état ? Pourra-t-elle continuer de sourire, de vivre paisiblement ? Un malade a détruit sa demeure, tué son père, il lui a tout pris. Mon visage, de nature si impassible, affiche une colère monstrueuse.

« Chôjuro, tu vas mourir aujourd’hui. Je me contrefous de tes combats de coqs, c’est toi que je veux. Un membre de la Kenpei ne devrait pas agir pour une vengeance personnelle, mais je vais faire une petite exception te concernant. »

Sa réaction est inattendue. Je regarde autour de moi, lorsqu’il effectue son mûdra préféré, mais je ne vois d’argile nulle part. « KATSU », c’est tout ce que j’entends, mais je ne me sens pas exploser. Une détonation monumentale retentit alors dans mon dos. Je me retourne, et je vois mes parchemins exploser, mais le souffle n’est pas dû qu’à mes explosifs. Le toit tout entier s’effondre, et les cris de terreur à l’intérieur ne durent que quelques secondes. Je regarde alors mon ennemi juré, de nouveau. Il affiche un sourire satisfait.

« Tu es le suivant, héros de Mizu. Mes activités dans le domaine des combats de coqs est devenu peu rentable, par ta faute, alors mes supérieurs m’ont demandé d’y mettre un terme. Ils m’ont aussi dit de tuer le fauteur de trouble avant qu’il ne s’intéresse aux affaires de la pègre de Kiri, ce que je vais faire dès maintenant. »

Il dévoile sa paume, qui est en fait une mâchoire avec une langue au milieu, de laquelle surgissent des sortes de torpilles d’argile me prenant pour cible. D’une impulsion éclair, je m’écarte vers la gauche pour que l’explosion ne m’atteigne pas. Lorsque le mot est prononcé, le fracas retentit de nouveau. Des tuiles volent en éclat à l’endroit où j’étais, à peine quelques secondes auparavant. Un shinobi comme lui est moins désavantagé avec un bras en moins que ceux qui ont besoin de réaliser des mudras. Cependant, je ne sais pas vraiment quelles sont les limites et les proportions de son pouvoir. Malgré ma colère profonde, je décide de ne pas foncer tête baissée, et commence à prendre la fuite, en me transformant en loup. Par le biais de mon ouïe, je sais qu’il me suit, et je l’emmène alors droit vers le port Naragasa, qui se trouve à une faible distance. Arrivé là, je ne m’arrête pas, et me rends sur l’eau, usant de mon chakra pour ne pas couler. A une bonne centaine de mètres du rivage, je reprends forme humaine, et je me retourne pour lui faire face.

« Tu veux limiter les pertes civiles ? Je pensais que je t’avais suffisamment énervé pour que rien d’autre que ma mort ne t’intéresse. Tu es vraiment étrange, le clebs ! »

D’un mûdra, il fait apparaître une bombe d’argile en forme d’oiseau de taille imposante, sur lequel il monte. Il prend alors de l’altitude, me rendant incapable de l’atteindre. J’ai peut-être fait une grosse erreur en l’emmenant ici, l’eau n’étant pas mon élément de prédilection, la terre étant mon plus fidèle allié. Du ciel tombent des centaines de petites bombes d’argile, recouvrant une zone immensément large autour de moi, et m’interdisant de m’échapper. Je regarde au-dessus de moi, et prends une impulsion ahurissante pour tenter d’atteindre l’oiseau. Sur mon chemin, les bombes explosent, guidées par mon ennemi juré, et l’armure de terre que je fais apparaître est à peine suffisante pour m’empêcher de prendre des dégâts importants. Je parviens à me saisir d’une patte de l’oiseau, et d’un mouvement de bascule, je me retrouve sur l’aile du faux animal. Un mètre devant moi, il y a Chôjuro, et ma vue se trouble à cause de mon propre sang qui coule d’une légère plaie au niveau de mon front. Mon bras gauche est également blessé, et je ressens une vive douleur dans l’abdomen. En contrebas, vers le port, des dizaines, peut-être même des centaines, de passants assistent au spectacle. Même si j’échoue, il ne pourra pas s’en sortir vivant, et c’est tout ce qui me réjouit.

« Tu as perdu, foutu criminel, quoi que tu fasses, tu es mort. »

Son visage montre une haine certaine. Un petit ninja de seconde zone a réussi à le pousser dans ses retranchements, et sa fin est proche. Il attrape alors sa poche qui contient sans doute son argile, et y plonge sa main, tout en arrachant son manteau, dévoilant son torse nu et une autre… bouche ? Il y engouffre alors tout l’argile qu’il peut. Son corps commence alors à se décomposer.

« Tu vas assister à quelque chose de fou ! Je n’emporterai pas ce port avec moi, mais pour toi, c’est déjà fini ! Que ça soit ta petite sœur, ou cette Kazejine, ou même la sauvage d’Urumi, ou encore ta cousine Yasei… Tu ne reverras aucun d’entre eux, échec et mat ! AHAHAH »

Je plonge directement dans l’eau, alors que son corps semble disparaître et briller de plus en plus. Une fois en bas, je regarde le rivage, qui est bien trop loin pour que je ne l’atteigne en une fois. La forme que prend Chôjuro est assez étrange, et grandit jusqu’à faire au moins cinq fois sa taille. J’effectue une série de mudras avant de poser ma main sur la surface de l’eau. Je n’ai jamais utilisé cette technique en combat avant, mais il est temps d’emprunter la force des canidés pour que ma vie puisse continuer. Alors qu’une couche de terre énorme commence à m’entourer, j’énonce le nom de la technique :

« Défense de l’Alpha. »

Mon dôme, qui possède une tête de loup en guise d’ornement, reste en place quelques secondes. Puis une détonation vient faire trembler la paroi, puis la faire se fissurer, jusqu’à ce qu’elle lâche totalement. Lorsque le spectacle s’offre à moi, je suis soufflé à une dizaine de mètres, ce qui a pour effet de me plonger dans l’inconscience… Mort ? Vif ? L’obscurité qui m’entoure m’empêche de le savoir. Quoi qu’il en soit, grièvement blessé et en train de sombrer dans l’eau, mes secondes sont comptées…

Les ténèbres m’entourent, mais je ne suis plus maître de mon corps pour m’extirper des eaux très froides de la baie de Kiri. Mon erreur a été de ne pas pourchasser ce criminel, et je vais en payer le prix fort, que je survive ou non d’ailleurs. C’est le calme plat, comme si je m’endormais, comme si ma vie m’était retiré d’une manière très douce, très subtile, en opposition totale avec mon état d’à peine un instant auparavant. Mon réveil est aussi doux que ma perte de connaissance. Je ne suis pas mort, mais dans un lit d’hôpital, et je sens à peine les blessures qui m’ont affecté. Les plaies, quand elles ne sont pas accompagnées d’os cassés, sont souvent simples à faire disparaître avec la médecine shinobi, et je ne sais pas combien de temps j’ai dormi, peut-être plusieurs jours. Mon état est plus que correct, et je parviens à me lever sans trop de mal. Je sors, dans ma tenue de patient, pour arpenter les couloirs. Ma seule crainte et tout ce que je veux savoir, c’est comment se porte Saeko. J’avance, regardant dans les chambres si je ne la vois pas, jusqu’à ce qu’une infirmière m’arrête.

« Monsieur, vous ne devriez pas sortir de votre chambre, cela fait deux jours que vous étiez inconscient. »

Deux jours, cela explique que je ne ressente presque pas de douleurs de mes blessures, et que je commence à avoir le tournis. Je n’y avais pas songé, mais mon état n’est pas si parfait.

« Je veux voir ma sœur, une petite fille de huit ans, elle s’appelle Saeko… »

La femme me dévisage avec de la peine que je ne lui ai jamais demandé. Au diable sa compassion, qu’elle m’emmène la voir. Elle me fait signe de la suivre, et après quelques couloirs passés, un escalier descendu, je me retrouve devant elle. Elle dort paisiblement, tel un ange, et est bien vivante.

« Je suis désolé monsieur Kurayami, mais votre sœur est dans le coma. Les médecins ne peuvent pas statuer sur un probable réveil ou non, elle a inhalé beaucoup de fumée, et son cerveau a manqué d’oxygène pendant un long moment. Qu’elle ait survécu est un miracle. »

Je la repousse calmement de la main, lui faisant comprendre que je veux être seul avec ma sœur. Elle quitte la pièce, et je m’approche du lit. Je la contemple, dans toute sa beauté, dans toute sa pureté, et dans toute son innocence. J’ai échoué en tant que grand frère, mais aussi en tant que protecteur. Je m’étais juré que les miens ne craindraient plus rien, pourtant j’ai laissé mon père mourir, et j’ai condamné ma sœur à cet état végétatif. Je caresse sa main avant de la saisir et de m’assoir. Je ne parviens pas à dire le moindre mot, ma gorge se comprime, se noue, je n’ai aucune excuse valable pour tout cela, et aucune promesse à lui faire. Je me lève et prends la direction de la porte :

« Lorsque tu ouvriras les yeux de nouveau, j’aurais éliminé toute la vermine de Kiri, ou je serai mort en essayant. Je ne peux plus accepter ce nom que j’ai trahi, je ne suis plus un Kurayami. Tu es la dernière de notre famille, alors s’il te plaît, reviens à la vie, et fais-lui un meilleur honneur que moi. »

Je quitte la pièce, plein d’une haine sans limites. J’ai tenté de rester le plus impassible dans ma vie, de m’ouvrir, d’être compréhensif, de donner des secondes chances. Me voici désormais dos au mur. Mes ennemis mourront, il n’y aura plus de seconde chance. Ma colère parlera en mon nom, et ce nom est…

« Merci pour votre aide, madame. Ah, je ne m’appelle pas Kurayami, mais Yasei… Yasei Zeref. »

Abandonnant mon nom, je choisis de me diriger vers la seule famille que je n’ai pas encore déçue, la dernière qu’il me reste. Et il n’est pas question de faire marche arrière, ma main deviendra celle d’un meurtrier pour le bien du plus grand nombre.




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