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Une forge sous la neige [Solo]

Hashimono Hidemi
Hashimono Hidemi

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Mer 25 Déc 2019 - 13:48
Décembre 156


C’était un jour spécial, la mère du petit Zhenzi était partie voire sa famille dans le nord en laissant son fils de son mari derrière, comme chaque année. Cela pouvait sembler un peu ‘méchant’ selon certains mais les deux laissés pour compte savaient bien que la branche maternelle ne les supportait que peu, pour avoir ‘enlever’ leur fille à la maisonnée. Est-ce triste en plus d’être méchant ? Pas vraiment. De son air impassible et faussement noble habituel, la dame avait juste avouer que les hommes avaient parfois besoin de temps entre eux, et que son propre anniversaire était une bonne excuse, un cadeau, qu’elle pouvait leur faire. De son côté, Zhenzi comprenait bien que c’était un évènement à passer en famille, et surtout avec les parents, donc il se contentait de saluer sa mère qui partait sur les routes pour rejoindre les siens, avant d’aller rejoindre son père qui s’appliquait à faire chauffer la forge presque au-delà de ses limites pour que leur campement reste dans une ambiance agréable malgré la neige, tout en ayant nettoyé quelques barres de métal qu’il disposait près du foyer pour les faire presque rougir, afin d’y faire cuire quelques biscuits faits mains. L’apparence n’était peut-être pas délicate, mais l’odeur donnait l’eau à la bouche et ferait partie des souvenirs pressions que le futur Hidemi pourrait garder avec son odorat développé.

« - Allez. On mange ça et on retourne au boulot ! »

C’était toujours curieux pour l’enfant d’entendre son paternel dire ça à ce moment, mais il le faisait chaque année comme un rituel, délaissant sa sieste de l’après-midi pour battre le fer quand sa femme n’était pas là. A croire que derrière son visage glacial, la Dame Hokkyoku était humaine malgré tout.

Encore des souvenirs. Pour éviter une quelconque attaque, le père d’Hidemi présentait toujours son dos à la porte une fois qu’ils étaient à table, bloquant dans un même temps les courants d’air qui passaient par les planches de cette limite entre le dehors et le dedans, sans les subir à cause de son imposante barbe. Sa carrure était telle que pour le gamin qu’il avait engendré, la moitié de la pièce unique de leur chez eux semblait être composée de ce gros bonhomme, les flammes de la forge projetant l’ombre du propriétaire comme pour le grandir encore un peu plus. De son côté, lui avait du lait et ses biscuits, et le corps tout réchauffé par ce qui n’allait devenir que des braises, diffusant une chaleur pour douce qui lui tannerait la peau, mais pas comme les autres jours. Une petite différence qui rendrait le moment un peu plus particulier encore.



La neige avait changée de couleur et malgré son jeune âge, Hidemi ne réagissait pas, regardant juste la scène avec un calme et une flegme apparemment commune aux membres du clan Qiáo. Comme quasi tous les ans, quelques brigands étaient venus, attirés par la fumée épaisse de cette petite manufacture, et son père leur avait proposé d’y loger le temps que le temps d’une nuit ou deux, pour éviter le conflit. Comme quasi tous les ans, quelques brigands étaient venus, attirés par un père qu’on disait trop vieux et son fils qu’on disait trop jeune, pour tenter de s’emparer des gains d’une année entière. Comme quasi tous les ans, ils échouaient, l’enfant s’étant entraîné à l’épée pour vérifier la qualité de la production car l’homme avait l’impression de jouer avec des brindilles, à cause de la hauteur de son corps, et ce dernier avait brisé comme des brindilles ceux qui n’auront pas eu le temps d’être des voleurs.

C’était quelque part une tradition, où les deux se rassuraient en se disant que rien n’avait changé et rien ne changerait. Mais, pas comme quasi tous les ans, il y avait quand même un biscuit qui avait su éviter le regard vigilant des deux forgerons et après le fracas et la constation, ils trouvaient cet ultime brigand en train de dormir dans un coin sombre de leur sanctuaire, bien au chaud. Un chat, tout petit, qui ne fuyait même pas en sentant la main du gamin se perdre dans son pelage, mais qui lui bondissait au visage pour le lacérer alors que le gros forgeron l’attrapait par l’encolure pour juste le soulever et le laisser lui mordre les doigts. Visiblement, la bête était blessée, donc il s’en occuperait, sans trop de difficulté car que voulez-vous qu’une boule de poil si minuscule face contre des doigts qu’elle peinait à enlacer de ses deux petites pattes ?

« - Heureusement que m’man n’est pas là. C’tout sale ces bestioles.
- Les chats sont plutôt propres, tu serais surpris, parfois plus que nous, surtout après une bonne journée de travail, Zhen. Et je te vois dire avec tes yeux, ce n’est pas un voleur mais un fier chasseur.
- … Pff. Il est vachement p’tit, ce chasseur ... 
- Et si j’ai réussi à t’éduquer, je ne vois pas pourquoi on ne parviendrait pas à en faire un vaillant gardien pour la maison. Nos réserves vont être en danger quand il fera plus chaud, avec les mulots.
- Parce que ce ne sont pas des chasseurs, eux ? »


Le père essayait d’offrir des leçons à son gamin mais ils avaient parfois ce genre de différent et Hidemi savait qu’il avait déjà dépassé une limite, une limite facilement franchie avec le forgeron têtu qui était autant un professeur, qu’un ami et qu’un père, ce dernier se redressant avec le chaton en mains, bien plus calme en ayant senti la différence entre eux deux et s’étant soumis directement. Du côté du gamin, il se sentait tout petit, plus que d’habitude, alors que son père caressait l’animal avec tendresse, son regard brûlant d’une certaine colère imposant le silence tout autour de lui.

Cette sensation que le cœur s’arrête, que le souffle manque, que l’air devient plus lourd, sans être chaud ou froid, mais presque absent, et que l’enfant sente la peau lui piquer. Quasiment cinquante ans plus tard, Hidemi savait que c’était un mélange de peur et d’admiration, qu’il ne comprendrait jamais. Il était aussi frêle que le chat que son paternel lui mettait dans les bras en s’éloignant, pour aller battre du fer, regardant le dos de son géniteur en sentant aussi de la peur et de l’admiration, mais cette fois du vieil homme envers son fils. Ils étaient tous les deux têtus, c’était peut-être pour ça qu’ils se disputaient par moment, mais surtout qu’ils se comprenaient.

« - Trouve un nom à ce chat, maman devra faire avec, tu dois devenir un peu plus responsable. »

Lui dire ça en abandonnant un animal blessé dans les bras d’Hidemi qui savait à peine comment le tenir. C’était l’un des paradoxes logiques avec lequel ils vivaient tous les jours, et peut-être pourquoi la seule femme de la maison sentait parfois le besoin de prendre des vacances.

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