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les deux pies du désert; Raizen

Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Mer 25 Déc 2019 - 21:37
les deux pies du désert;


Kaze, an 202, pendant le tournoi international.

L’incessant bruit des gens qui passent. La foule qui remue, accueille de plus en plus de monde, de tous les horizons. Une rumeur grimpante, grondante, qui ne laisse de répit à aucun habitant du pays. Ah, les tournois. C’est intéressant, il s’y passe toujours plein de choses. La plupart des gens vous diront que ça sert à créer des liens, à établir des hiérarchies entre chaque pays. Pour Midori, ce n’est qu’une vaste mascarade de plus. Personne n’est là pour nouer des relations diplomatiques, si ? Ils foulent le sol de Kaze no Kuni sans savoir ce qu’ils vont y trouver. Oh, si. Ils y verront le désert et puis … Rien de plus. Parce qu’ils ne savent pas où regarder.

Assise sur son perchoir, l’albinos observe la foule se déplacer, toujours dans le même sens. Une danse inlassable, qui se répète depuis déjà plusieurs jours. Les habitants, les voyageurs, tous sont au moins unis autour d’une même envie : voir les gens combattre. Une scène cathartique qui leur offre à la fois la joie de voir des échanges de coups, mais aussi la possibilité d’expier leurs propres envies de violence. Plutôt intéressant, comme concept.

Mais pas assez rentable. Du moins, pas pour elle.

Les pieds dans le vide, Midori fait jouer ses jambes d’avant en arrière. Un balancier répétitif, qui lui permet de passer l’ennui. Voir toutes ces poules sans tête abonder dans le même sens commence à lui taper sur le système. N’y a-t-il rien d’intéressant à faire, à part le tournoi ? Kaze est une mine d’or, pourquoi se limitent-ils tous à courir après la bagarre ? Est-ce que la bagarre ramène de l’argent ? Un trésor ? Quelque chose qui scintille quand on le met au Soleil ?

Intriguée, l’adolescente décide d’aller se renseigner un peu. Les natifs du pays ont tous les droits par rapport au tournoi, ils peuvent être spectateurs et même acteurs. Tout le monde est invité à se battre. Elle y serait allée, si ça ne lui prenait pas plus la tête qu’autre chose. Midori ne se jette pas dans une aussi grande baston s’il n’y a rien à en tirer. Et là …

Ça ne brille pas. Et quand ça ne brille pas, l’albinos n’y est pas. C’est aussi simple que ça.

Les grandes portes s’ouvrent et dévoilent une salle gigantesque. Ils y ont mis les moyens, dis donc … Un soupir. Ils s’occupent davantage de leur image de marque que de leur pays. Si le quart de l’argent dépensé pour cet événement partait dans la milice locale, combien de criminels seraient arrêtés ? On pourra dire ce qu’on veut, Kaze est miné par cette lèpre dégoûtante qui le rend bien moins beau. Un pays laid, à la merci de tous les bandits du monde. Enfin, ça l’arrange, d’une part, parce qu’elle peut continuer à fouler le sable en cherchant ses plus belles récompenses, mais … Peut-être que s’ils étaient moins nombreux à zigouiller les riches, il y aurait encore plus de trésors à disposition !

Un pas après l’autre, Midori tombe sur les récompenses possibles, mais aussi sur la liste des participants. Ses yeux s’arrêtent sur un nom qui ravive de nombreux souvenirs dans sa mémoire : « Meikyû Raizen ». Bien qu’elle ne savait pas son appartenance au clan Meikyû, l’albinos se souvient très bien de ce jeune homme. S’il n’y avait qu’un seul mot pour le décrire ? « Pipelette », sans aucune hésitation. Sa culture déborde, c’est le moins qu’on puisse dire … Et sa langue pend. Un sourire étire les lèvres de la binoclarde. Faut-il s’y intéresser ? Faut-il laisser couler ? Parce qu’au fond, ce qui est certain, c’est que s’ils se croisent, ça risque d’être … une longue rencontre.

Hésitation.

Haussement d’épaules résigné. Midori décide d’aller à sa recherche. Ce n’est pas tous les jours qu’elle croise les ombres de son passé. Et puis, il y a bien longtemps qu’ils ne se sont pas vus : il aura forcément des histoires à lui raconter. Peut-être quelques informations à lui donner sur les trésors du Yûkan, aussi. On ne sait jamais.

Ses pas la mènent jusqu’à la tente dans laquelle le Meikyû est supposé se trouver. Elle tire sur le tissu fermé pour en dévoiler l’intérieur.

« Raizen ? »

Sa petite voix fluette brise un silence relatif. Midori réajuste ses lunettes sur son nez. Une boule s’est formée au creux de son estomac. Décision incertaine, qui la mène dans une situation à laquelle elle ne peut plus échapper. Préparée aux longues discussions typiques du jeune homme, l’albinos pense sincèrement être capable de tout encaisser.

Mais on ne sait jamais à quoi s’attendre, quand on retrouve quelqu’un après sept ans d’absence.
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Meikyû Raizen
Meikyû Raizen

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Ven 27 Déc 2019 - 6:15

S’étirant calmement, le Meikyû venait de se lever après s’être fait craquer la totalité du corps. Si les tournois n’étaient pas les événements les plus dangereux, il ne pouvait s’empêcher de vouloir s’assurer qu’il n’avait rien de cassé. Après tout, parer et bloquer de nombreuses attaques pouvait mener au blocage de certaines régions ou vertèbres touchées. Après avoir affronté la hurlante, il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il devrait aussi vérifier son ouïe. Était-ce une raison supplémentaire d’aller voir Sazuka ou réellement un besoin qu’il exprimait ? Même s’il aurait voulu répondre un peu des deux, il eut rapidement la confirmation qu’il allait très bien.

En effet, une voix venait de l’interpeler. Peu accoutumé à l’entendre, il se souvenait toutefois l’avoir déjà entendue par le passé. Qui était-ce pensa-t’il ? Son esprit lui jouait-il des tours ?

Finissant ses étirements, il bailla un long coup avant de finalement se retourner. Quelle ne fut sa surprise de constater une amie de longue date.

-À quoi dois-je cet honneur ?

Sur cette brève parole, un bruyant craquement de cou eut lieu, signe qu’il venait de remettre en place la totalité de ses vertèbres. Souriant, il s’approcha calmement de Midori avant de venir poser sa main sur sa tête. Si on veut, c’était l’art de savoir profiter de sa grandeur afin de réaliser l’objet de son choix. Dans le cas échéant, il s’en servait pour pouvoir calmement poser sa main sur le crâne d’autrui, comme si c’était quelque chose de tout à fait normal.

-Quoi de nouveau depuis le temps ?

Profitant de cette délicate attention, sans qu’elle s’en soit probablement rendu compte, le Meikyû s’était permis de relâcher un sceau dans sa chevelure. Celui-ci était inoffensif, du moins, s’il ne provoquait pas indirectement une crise cardiaque.

-Ah d’ailleurs, tu as quelques choses dans les cheveux.

Raizen avait toujours une petite pensée pour ses connaissances, surtout pour celle qui occupait une place particulière dans sa mémoire. Ainsi, il venait d’offrir à l’Hideaki un petit souvenir qu’il avait ramené de Kumo qui lui plairait possiblement.

Présenté dans un sac brun, le tout risquait de dévoiler une substance verdâtre et cristallisée qui n’était nulle autre que des feuilles de thé sous une forme fine de shoton. À l’époque, une jeune kumojine de même nom s’était lancé dans cette niche, se créant une clientèle qui devint rapidement dépendante jusqu’à ce qu’elle finisse par disparaître. Ayant été un des rares à tempérer sa consommation de thé cristallisé, s’il en avait encore aujourd’hui, c’était bel et bien parce qu’il s’était dit que cette Midori aimerait beaucoup en voir…et peut-être même en boire...

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Hideaki Midori
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Dim 29 Déc 2019 - 17:40
les deux pies du désert;


Les nombreux craquements de vertèbres la font grimacer. Il en a craqué combien, depuis tout à l’heure, déjà ? Bien que le corps humain soit composé d’une infinité de subtilités que la demoiselle ne comprend pas toutes, elle doit avouer que celle-ci la laisse perplexe. Peut-il craquer encore plus de trucs dans son corps ? Vu sa taille, ce ne serait pas étonnant, mais tout de même. Il doit d’ailleurs y avoir une bonne vingtaine de centimètres qui les séparent, si ce n’est plus. Un très grand homme. Trop grand homme ?

Il s’approche, pose une main sur sa tête. Une caresse minimisante pour certaines personnes, alors qu’il s’agit en réalité d’une simple marque de son affection. Raizen a toujours été un être gentil. Même s’il parle beaucoup, Midori se souvient de son comportement avenant. Il est un peu comme elle, au fond : s’il peut obtenir des informations, quelles qu’elles soient, il mettra tout en œuvre. Pour l’albinos, c’est presque pareil, bien qu’elle soit orientée vers les trésors plus que les simples données. Elle hausse les épaules.

« Beaucoup trop de choses, tu sais. »

Un sourire. Il se métamorphose en moue dubitative quand il lui indique avoir quelque chose dans les cheveux. Ce ne serait pas étonnant, au fond, mais tout de même. Sa crinière blanche est parsemée d’une chevelure bien trop fine pour que ce genre de détails puissent passer inaperçus. Elle penche la tête. Naturellement, sa main vient chercher ce qui peut s’y trouver. Du sable ? Des cailloux ? Des petites bêtes ? Midori ne sait pas trop. Et elle ne trouve rien, à vrai dire.

Jusqu’à ce qu’il tende la main, avec un petit sac rempli de cristaux verdoyants. L’odeur saute au nez de l’albinos, qui comprend rapidement de quoi il s’agit.

« Du thé ? En cristal ? »

Ses prunelles incarnates se parent de petites étoiles.

« C’est tellement ingénieux ! »

Un trésor comme un autre, portable, qui permet de se ressourcer. Cette information donne à Midori une folle envie d’aller découvrir l’ancienne Shitaderu, devenue Kumo. Elle prend le petit sachet, qu’elle inspecte longuement. Son attention reste portée dessus pendant un instant, alors que ses yeux balayent chaque détail à leur portée.

« Merci, Raizen ! Merci beaucoup ! »

L’euphorie naît au creux de son cœur, comme pour une enfant. Elle sourit de toutes ses dents. C’est un présent d’une valeur presque inestimable, le brun ne s’en rend probablement pas compte. Midori contourne le jeune homme pour s’installer sur un des fauteuils disposés là.

« Je propose un test ! Et puis, cela nous permettra de discuter un peu de ce que nous avons vu, ou vécu, ces dernières années. »

L’albinos ne peut retenir toute l’excitation qui l’habite. C’est un thé inconnu, dans une forme inhabituelle, qui n’attend que d’être goûté. Alors pourquoi le laisser seul, dans son petit sachet ? Autant lui donner sa chance d’être le trésor qu’il est, de briller de tout son éclat ! Elle hoche la tête pour elle-même, toute contente.

Ses prunelles se relèvent et se déposent sur cette connaissance de longue date.

« Alors, ‘quoi de nouveau depuis le temps’, hein ? Eh bien … Kaze est resté Kaze, ses criminels, ses vols, mais aussi ses grandes chasses aux trésors et ses surprises inestimables. Je m’amuse toujours autant ici, à chercher les plus belles pierres précieuses, et encore tant d’autres choses. Ça m’a forcée à devenir plus forte. Je suis ce qu’on appelle une ‘ninja’ dans les autres contrées, je ne suis juste pas associée à une armée. Libre comme l’air ! »

Midori croise les jambes.

« Et toi, alors ? Raconte-moi comment est le monde, en-dehors de notre désert ! »

Des histoires, encore des histoires, toujours des histoires. Le monde, visualisé à travers les mots d’un autre.
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Meikyû Raizen
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Lun 30 Déc 2019 - 23:03

Volontiers pensa-t-il. Après tout, il n’avait rien à perdre sachant qu’il devait laisser le temps s’écouler puisqu’il n’avait rien à faire entre ses différents combats. Son corps lui demandait du repos, mais ce n’était pas pour autant que son esprit était sur la même longueur d’onde. Au contraire, celui-ci semblait plutôt d’avis qu’il était l’heure d’assouvir sa curiosité. Si seulement ce n’était pas le cas de manière constante, ce serait idéal, mais on ne pouvait tout avoir non ?

Se tirant une chaise, il observa la jeune femme se positionner sur le coussin. Prenant ses aises, elle avait bien changé depuis le temps. Ses traits étaient beaucoup plus mature et sa chevelure plus longue que dans ses souvenirs. Pourtant, elle dégageait toujours cette même aura. Une aura semi-hautaine, mais riche en mystère. Ne pouvant vraiment mettre le doigt sur ce que c’était, cette facette d’elle l’avait toujours amusé. Neutre, bon ou mauvais ? Celle-ci était changeante, et c’est ce qui faisait toute sa splendeur dans un sens. Tout pointait toujours dans la même et unique direction, la liberté.

Terminant son constat au même moment qu’elle annonça son allégeance à nulle autre qu’elle même, il se tourna avant de déposer une théière sur une table basse. Se positionnant à son tour sur un coussin pour être à niveau égal à celle-ci, le Meikyû prenait le temps de préparer ce merveilleux thé avec aise, comme si c’était une seconde nature :

-Tant d’autres choses hein... ?

Relevant un regard rempli de mystère, mais surtout de questionnement, il doutait fortement qu’elle en soit encore aux pierres précieuses. Au contraire, elle devait fort probablement convoiter des objets beaucoup plus inestimables que cela...

-J’imagine que le chaos provoqué par le Dieu du désert a dû plus ou moins briser les structures hiérarchiques et ouvert la porte aux crimes, mais aussi à la prise de possession de riches antiquités qui appartenaient au premier cercle...

Ce n’était qu’une brève supposition, mais vu le nombre de mensonges qu’ils avaient plus ou moins employé, Raizen se doutait fortement qu’ils possédaient plus d’information sur un peu tout qu’ils le laissaient entendre. Autrement, ce serait beaucoup trop facile...

-Tu sais, les autres contrées ne sont pas bien différentes de celle-ci. Pour le moment, je me suis surtout aventuré à Iwa et à Kumo là où je vie.

Terminant sa préparation, il ouvrit le haut de la théière, laissant ainsi un effluve riche en saveur envahir la tente pendant quelques secondes. Refermant ainsi le haut de la théière, il leva celle-ci en angle de manière à verser calmement le liquide dans les deux coupes servant à trinquer à cette rencontre inattendue.

-Mais en résumé, chaque nation a plus ou moins ses richesses personnelles. Kumo est riche dans sa science et dans ses connaissances. Mes parents ont donc bien fait de m’y envoyer puisque je m’y plais forcément... Ensuite, peu importe la région, j’ai remarqué que les gens au pouvoir prennent différentes formes. Si à Kaze, le Premier Cercle était un peu le courant populaire et dominant, à Kumo tout comme Iwa, le pouvoir est beaucoup plus décentralisé. Bien qu’il y souvent une personne à la tête, les gens dans l’entourage des Kages , notamment les familles importantes sont presque aussi importantes que le chef en lui-même...

Souriant légèrement, elle devait forcément se demander où il voulait en venir :

-Si tu ne l’as pas deviné, je suis pour le moment un peu sur une voie diplomatique qui m’aide à comprendre chaque nation, mais surtout ce qui gouverne le Yuukan.

C’était plus ou moins son but depuis très jeune et peu à peu, il voyait le fruit de ses efforts à portée de main.

-Par contre, es-tu uniquement à la recherche de pierre précieuse ? J’ai peut-être quelque chose d’intéressant à te proposer, mais pour cela, il faudrait que je sois certain que ça tombe vraiment dans ton cadre de recherche...

Changeant plus ou moins l’angle de la conversation, c’était un moyen subtil de faire deux pierres d’un coup. Avoir plus d’information tout en lui envoyant une balle à vitesse changeante...

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Hideaki Midori
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Dim 12 Jan 2020 - 16:21
les deux pies du désert;


Raizen, enfant du désert au même titre que Midori. Enfant qui a subi les caprices du premier cercle, a vécu les catastrophes du pays, comme tous les autres. Il vient de là. Il a été porté par le sable, lui aussi. Par les chaleurs de plomb, qui font fuir tous les autres. Un sourire étire les lèvres de l’albinos. Il a raison, au fond. C’est triste, mais il est on ne peut plus clairvoyant. Le taux de criminalité a augmenté quand la hiérarchie s’est écroulée : il n’y a plus eu ni chef, ni maître, simplement des âmes égarées livrées à leurs propres lois. Il faut désormais survivre dans un univers où les requins règnent en maître. Esquiver les plus dangereux, les moins recommandables, pour se faire sa propre voie dans un désert sans pitié. Si Midori fait partie de ces requins, elle considère être membre des moins dangereux. Techniquement, ses activités ne coûtent la vie qu’à des personnes mal-intentionnées, pas aux innocents. Ce n’est pas bien, parce qu’elle pille, mais ce n’est pas mal, parce qu’elle ne fait de tort à personne. Les trésors sans propriétaire ne manqueront à personne, si ?

L’attention de l’albinos repart sur le grand brun, qui prépare tranquillement le thé et lui explique où ses aventures l’ont mené. Iwa, Kumo. Deux endroits dont elle ne connaît pas grand chose. Son savoir s’appuie majoritairement sur des connaissances livresques, qui ne sont jamais exactes et qu’on peut toujours contredire. Les envolées lyriques des voyageurs ne sont plus à expliquer, tout le monde est au courant qu’ils adorent rajouter toujours un peu de fiction dans leurs histoires. Il faut vendre, après tout. Et on ne peut pas vendre un livre qui ne raconte que des faits objectifs. Pas à Kaze, là où les gens ont besoin d’évasion, d’aventure. Midori observe Raizen avec une grande attention. Le conteur, ses mains sur la théière, qu’il ouvre pour laisser une odeur savoureuse caresser les narines de l’albinos. Du thé en cristal, tout de même. Voilà un trésor qu’elle n’aurait jamais cru voir un jour.

Alors qu’il sert deux coupes, le brun continue son histoire. Le fonctionnement politique des autres contrées n’est clairement pas le même que le leur. Une seule personne à la tête d’un village, qui domine et centralise tout. Le terme « Kage » rappelle à Midori ce qu’on lit dans les livres : c’est au moins une réalité sur laquelle tout le monde s’accorde. Les Ombres, ces êtres surpuissants qui dominent les villages et sont aux commandes. Ils sont entourés, évidemment, par des familles parfois aussi importantes qu’eux. Midori hoche la tête. Elle aimerait beaucoup découvrir ces endroits, en apprendre davantage à leur sujet. Comprendre comment se façonne la politique au-delà du sable de son désert.

Le jeune homme enchaîne sur sa qualité de diplomate, celle qui lui permet de voguer un peu partout pour comprendre le Yûkan. C’est une perspective intéressante, à laquelle l’albinos s’intéresse, indéniablement. Conclure des pactes, créer des alliances, pourquoi pas, après tout ? Contre trésors, évidemment. On n’a rien sans rien, c’est une des seules lois immuables de ce monde. Néanmoins, est-ce que cela fonctionne réellement ? Est-ce que c’est pareil partout ?

Midori trempe les lèvres dans la coupe. La forme surprenante dans laquelle se présente le thé n’enlève rien au goût, au contraire. Il y a un petit quelque chose de plus dans la confection, quelque part, qui rend le tout réellement agréable. Raizen pique son attention à vif, plus que jamais. Une proposition ? Un sourire complice étire les lèvres de l’albinos.

« Voyons, Raizen. Mon cadre de recherches est vraiment vaste. Je chasse toutes les richesses de ce monde. Le matériel comme l’immatériel. J’attends simplement qu’il s’agisse d’une ‘richesse’ à proprement parler. Je ne vais pas chercher à attraper quelque chose qui n’aura aucun intérêt réel, à court terme comme à long terme. »

La crinière blanche repose sa coupe sur la table. Ses prunelles incarnates se greffent aux yeux de tigre, qu’ils ne lâchent pas une seule seconde. Des paillettes animent les rubis, leur donnant un éclat supplémentaire. S’il ne l’avait pas remarqué, il peut désormais percevoir à quel point il intrigue l’albinos.

« Je suis toute ouïe, qu’as-tu pour moi, Raizen ? »

L’appât du gain, encore, toujours. Comme s’il n’existait que ça, dans leur monde. Comme s’il n’y avait jamais eu que ça.
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Meikyû Raizen
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Dim 12 Jan 2020 - 19:06

Observant avec beaucoup d’attention Midori, le Meikyû savait pertinemment qu’il avait piqué son attention depuis le début. Toujours riche en mystère, Raizen savait pertinemment qu’elle était beaucoup plus curieuse que la normale. Probablement plus curieuse que lui, les iris de celle-ci miroitaient d’un rouge suffisamment vif pour se rapprocher de la passion, signe pertinent qu’elle mettait beaucoup d’amour dans la découverte de ce qui captait le fruit de son attention. Si on veut, Raizen partageait un désir aussi ardent, mais concentré sur la connaissance, un dérivé des richesses, moins éclatant, mais tout aussi intéressant à examiner de long en large.

-Je cherche des livres particuliers sur les ancêtres, mais surtout et avant tout sur les pratiques liées à la mort, l’âme ou plutôt la résurrection.

Souriant calmement, c’était la première fois qu’il manifestait son intérêt pour ce type d’objets. Toutefois, il savait pertinemment que ce genre de relique existait. Fort probablement caché dans des ruines préalablement bien gardées, il voulait simplement qu’elle garde l’œil fortement ouvert au cours de ses prochaines expéditions sachant qu’elle avait plus ou moins le don de trouver ce qu’elle cherchait.

-Il y a certaines informations que le clan Meikyû n’osera jamais me révéler sauf si je viens à joindre le cercle de direction ou que je deviens chef du clan, ce qui est très peu probable sachant qu’ils mettent beaucoup d’accent sur la tradition et que je suis beaucoup trop jeune pour prétendre à un tel rôle sans oublier les précédents liés à mon père. Même si j’ai encore des preuves à faire, ça ne m’empêchera pas d’enquêter sur le côté pour comprendre un peu plus ce genre de mécanismes et les limites du possible...Si tu trouves quoique ce soit sur les Dieux, je suis tout aussi preneur...

Ayant eu quelques discussions à ce sujet remontant à plusieurs mois en compagnie de Sazuka, de nombreuses interrogations avaient parcouru son esprit, questions dont il n’avait pas les réponses. C’est donc, pour cette raison qu’il osait demander des livres à ce sujet à Midori qui saurait possiblement les trouver mieux que lui.

-En échange, je pourrais soit te devoir une faveur ou... plutôt partir à la recherche d’une quête pour toi...

Haussant les épaules, le Meikyû n’avait aucun problème à se compromettre en négociation. C’était une discussion suffisamment amicale pour qu’il démontre sa bonne volonté. Or, était-ce vraiment de la bonne volonté ou une tactique pour la mettre en confiance ? Pas vraiment. Connaissant Midori, ses aptitudes en négociation devaient fort probablement exceller les siennes puisqu’elle ne lâchait jamais du regard ce sur quoi elle avait posé l’œil.

-Et si tu te demandes quel intérêt je pose sur cela, sache que ça pourrait me permettre de repousser les limites de mes sceaux, mais aussi de comprendre beaucoup de choses...

Souriant, il sirota calmement son thé alors qu’il posait ses coudes sur la table en signe d’attention et d’implication.

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Hideaki Midori
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Mer 15 Jan 2020 - 23:00
les deux pies du désert;


Des livres sur les ancêtres ? L’idée fait son chemin dans l’esprit de Midori. Il y a bien des mythes que les gens explorent, des histoires qu’ils entendent, enregistrent, avant de les répéter à qui veut bien les entendre. Il y a ces récits, dont on ne parle qu’à demi-mot, parce qu’on n’est jamais sûrs de ce qu’ils signifient, mais dont on veut quand même tout savoir. Une curiosité malsaine qui mène parfois à faire des découvertes terrifiantes, qui ne laissent plus jamais la place à l’innocence. Une noirceur grandissante, dévorante, qui absorbe tout sur son passage. En apprenant les intentions du brun, Midori arque un sourcil. Elle se recule légèrement, alors que son index vient se poser sur son menton. L’albinos hésite : peut-elle réellement être l’outil qui mènera Raizen sur une aussi sombre voie ? Au fond, ne s’agit-il pas de sa volonté, uniquement de la sienne ? Personne ne l’y a poussé, la demande qui lui est adressée est totalement personnelle. L’adolescente laisse à son ami le loisir de lui expliquer plus précisément l’objet de sa quête.

Raizen s’enfonce un peu plus dans son histoire, laisse à Midori la possibilité d’entrevoir ses ambitions, ses objectifs. Un sourire amusé étire ses lèvres. Venir d’un clan comme le sien ne doit pas toujours être facile. Les traditions, les habitudes, toutes ces choses dont on ne se débarrasse jamais, qui empêchent de vivre à sa manière, un jour ou l’autre. Coincé au bas de la hiérarchie, malgré ses capacités et sa renommée, Raizen est victime de sa famille proche, puis de son clan. Il ne pourra pas gravir les échelons comme il le souhaite. Ainsi, il n’obtiendra pas les informations dont il a besoin. C’est là que Midori entre en scène. La chasseuse de trésors à la recherche de reliques divines, ou d’œuvres anciennes sur la mort. Kaze regorge de richesses en tous genres, il n’est pas impossible qu’elle trouve un livre de ce style, quelque part, au fin fond d’une pyramide ou d’une grotte. Ou chez un de ses riches préférés. Ces gros lardons ont toujours quelque chose de particulier dans leurs baraques.

Midori hoche doucement la tête. Elle comprend. Elle reste dubitative sur la récompense qu’il lui propose, mais l’entreprise qu’il lui propose là l’intrigue grandement. Même si l’albinos n’a pas grand chose à en tirer, au moins sur le coup, elle ne peut nier que ces histoires l’intéressent réellement. Qu’y a-t-il à trouver, une fois qu’on dépasse les portes de la mort ? Que se passe-t-il, dans cette branche complexe de la réalité ? Celle qui n’est ni présente, ni absente, plutôt existante dans une sorte de dimension parallèle qu’on ne fait que repousser. Son sourire s’affirme. Elle opine de la tête une nouvelle fois. Pour la science, qu’ils disaient, pour la science.

« Mmh, je n’ai pas besoin de plus amples informations sur ta quête, Raizen. »

Midori revient vers la table pour atteindre sa coupe, qu’elle porte à ses lèvres. Ses papilles ne s’habituent toujours pas à la profondeur du goût de ce thé, à quel point il est appréciable. C’est une réelle surprise, à chaque fois qu’elle en prend une lampée. Délicatement, l’albinos repose la coupe sur la table, avant d’y poser les mains.

« Je veux bien te prêter main forte. Les reliques un peu étranges, les œuvres et autres babioles liées soit aux Divinités, soit à la mort, je te les mettrai de côté. Ça ne me pose aucun souci. Par contre ! » Elle lève un doigt en l’air. « Je veux en apprendre autant que toi ! Le partage de connaissances est une pratique plus qu’appréciable, surtout pour une chasseuse de trésors. Plus j’en sais, mieux je me défends. Et plus ma curiosité est satisfaite, mais ce n’est qu’un détail. »

Clin d’œil complice. Malgré son langage très poli, à la limite du pompeux, Midori adopte une attitude plus familière, qui indique son affection pour le brun face à elle. Un instant plus tard, l’albinos penche la tête. Son sourire est redevenu carnassier, ses yeux pétillent de nouveau de cette énergie sombre, presque de la cupidité. Un appétit illimité pour les trésors, les connaissances, les richesses. Et surtout, pour les juteuses récompenses lors des marchés qui lui sont proposés.

« Qu’entends-tu par ‘partir à la recherche d’une quête pour moi’ ? Et puis, me devoir une faveur, Raizen, c’est quand même complexe. Mais je suis toujours toute ouïe, à quoi penses-tu ? »

Marchander avec une ancienne « arnaqueuse », comme disent certains Kazejin, c’est dangereux. Mais il semble que son interlocuteur n’ait peur de rien ou, qu’au contraire, il n’en ait rien à faire. Il a l’air prêt à se mouiller pour obtenir ce qu’il veut. Mais jusqu’à quel point ?
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