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les deux pies du désert; Raizen

Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Mer 25 Déc 2019 - 21:37
les deux pies du désert;


Kaze, an 202, pendant le tournoi international.

L’incessant bruit des gens qui passent. La foule qui remue, accueille de plus en plus de monde, de tous les horizons. Une rumeur grimpante, grondante, qui ne laisse de répit à aucun habitant du pays. Ah, les tournois. C’est intéressant, il s’y passe toujours plein de choses. La plupart des gens vous diront que ça sert à créer des liens, à établir des hiérarchies entre chaque pays. Pour Midori, ce n’est qu’une vaste mascarade de plus. Personne n’est là pour nouer des relations diplomatiques, si ? Ils foulent le sol de Kaze no Kuni sans savoir ce qu’ils vont y trouver. Oh, si. Ils y verront le désert et puis … Rien de plus. Parce qu’ils ne savent pas où regarder.

Assise sur son perchoir, l’albinos observe la foule se déplacer, toujours dans le même sens. Une danse inlassable, qui se répète depuis déjà plusieurs jours. Les habitants, les voyageurs, tous sont au moins unis autour d’une même envie : voir les gens combattre. Une scène cathartique qui leur offre à la fois la joie de voir des échanges de coups, mais aussi la possibilité d’expier leurs propres envies de violence. Plutôt intéressant, comme concept.

Mais pas assez rentable. Du moins, pas pour elle.

Les pieds dans le vide, Midori fait jouer ses jambes d’avant en arrière. Un balancier répétitif, qui lui permet de passer l’ennui. Voir toutes ces poules sans tête abonder dans le même sens commence à lui taper sur le système. N’y a-t-il rien d’intéressant à faire, à part le tournoi ? Kaze est une mine d’or, pourquoi se limitent-ils tous à courir après la bagarre ? Est-ce que la bagarre ramène de l’argent ? Un trésor ? Quelque chose qui scintille quand on le met au Soleil ?

Intriguée, l’adolescente décide d’aller se renseigner un peu. Les natifs du pays ont tous les droits par rapport au tournoi, ils peuvent être spectateurs et même acteurs. Tout le monde est invité à se battre. Elle y serait allée, si ça ne lui prenait pas plus la tête qu’autre chose. Midori ne se jette pas dans une aussi grande baston s’il n’y a rien à en tirer. Et là …

Ça ne brille pas. Et quand ça ne brille pas, l’albinos n’y est pas. C’est aussi simple que ça.

Les grandes portes s’ouvrent et dévoilent une salle gigantesque. Ils y ont mis les moyens, dis donc … Un soupir. Ils s’occupent davantage de leur image de marque que de leur pays. Si le quart de l’argent dépensé pour cet événement partait dans la milice locale, combien de criminels seraient arrêtés ? On pourra dire ce qu’on veut, Kaze est miné par cette lèpre dégoûtante qui le rend bien moins beau. Un pays laid, à la merci de tous les bandits du monde. Enfin, ça l’arrange, d’une part, parce qu’elle peut continuer à fouler le sable en cherchant ses plus belles récompenses, mais … Peut-être que s’ils étaient moins nombreux à zigouiller les riches, il y aurait encore plus de trésors à disposition !

Un pas après l’autre, Midori tombe sur les récompenses possibles, mais aussi sur la liste des participants. Ses yeux s’arrêtent sur un nom qui ravive de nombreux souvenirs dans sa mémoire : « Meikyû Raizen ». Bien qu’elle ne savait pas son appartenance au clan Meikyû, l’albinos se souvient très bien de ce jeune homme. S’il n’y avait qu’un seul mot pour le décrire ? « Pipelette », sans aucune hésitation. Sa culture déborde, c’est le moins qu’on puisse dire … Et sa langue pend. Un sourire étire les lèvres de la binoclarde. Faut-il s’y intéresser ? Faut-il laisser couler ? Parce qu’au fond, ce qui est certain, c’est que s’ils se croisent, ça risque d’être … une longue rencontre.

Hésitation.

Haussement d’épaules résigné. Midori décide d’aller à sa recherche. Ce n’est pas tous les jours qu’elle croise les ombres de son passé. Et puis, il y a bien longtemps qu’ils ne se sont pas vus : il aura forcément des histoires à lui raconter. Peut-être quelques informations à lui donner sur les trésors du Yûkan, aussi. On ne sait jamais.

Ses pas la mènent jusqu’à la tente dans laquelle le Meikyû est supposé se trouver. Elle tire sur le tissu fermé pour en dévoiler l’intérieur.

« Raizen ? »

Sa petite voix fluette brise un silence relatif. Midori réajuste ses lunettes sur son nez. Une boule s’est formée au creux de son estomac. Décision incertaine, qui la mène dans une situation à laquelle elle ne peut plus échapper. Préparée aux longues discussions typiques du jeune homme, l’albinos pense sincèrement être capable de tout encaisser.

Mais on ne sait jamais à quoi s’attendre, quand on retrouve quelqu’un après sept ans d’absence.
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Meikyû Raizen
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Ven 27 Déc 2019 - 6:15

S’étirant calmement, le Meikyû venait de se lever après s’être fait craquer la totalité du corps. Si les tournois n’étaient pas les événements les plus dangereux, il ne pouvait s’empêcher de vouloir s’assurer qu’il n’avait rien de cassé. Après tout, parer et bloquer de nombreuses attaques pouvait mener au blocage de certaines régions ou vertèbres touchées. Après avoir affronté la hurlante, il ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il devrait aussi vérifier son ouïe. Était-ce une raison supplémentaire d’aller voir Sazuka ou réellement un besoin qu’il exprimait ? Même s’il aurait voulu répondre un peu des deux, il eut rapidement la confirmation qu’il allait très bien.

En effet, une voix venait de l’interpeler. Peu accoutumé à l’entendre, il se souvenait toutefois l’avoir déjà entendue par le passé. Qui était-ce pensa-t’il ? Son esprit lui jouait-il des tours ?

Finissant ses étirements, il bailla un long coup avant de finalement se retourner. Quelle ne fut sa surprise de constater une amie de longue date.

-À quoi dois-je cet honneur ?

Sur cette brève parole, un bruyant craquement de cou eut lieu, signe qu’il venait de remettre en place la totalité de ses vertèbres. Souriant, il s’approcha calmement de Midori avant de venir poser sa main sur sa tête. Si on veut, c’était l’art de savoir profiter de sa grandeur afin de réaliser l’objet de son choix. Dans le cas échéant, il s’en servait pour pouvoir calmement poser sa main sur le crâne d’autrui, comme si c’était quelque chose de tout à fait normal.

-Quoi de nouveau depuis le temps ?

Profitant de cette délicate attention, sans qu’elle s’en soit probablement rendu compte, le Meikyû s’était permis de relâcher un sceau dans sa chevelure. Celui-ci était inoffensif, du moins, s’il ne provoquait pas indirectement une crise cardiaque.

-Ah d’ailleurs, tu as quelques choses dans les cheveux.

Raizen avait toujours une petite pensée pour ses connaissances, surtout pour celle qui occupait une place particulière dans sa mémoire. Ainsi, il venait d’offrir à l’Hideaki un petit souvenir qu’il avait ramené de Kumo qui lui plairait possiblement.

Présenté dans un sac brun, le tout risquait de dévoiler une substance verdâtre et cristallisée qui n’était nulle autre que des feuilles de thé sous une forme fine de shoton. À l’époque, une jeune kumojine de même nom s’était lancé dans cette niche, se créant une clientèle qui devint rapidement dépendante jusqu’à ce qu’elle finisse par disparaître. Ayant été un des rares à tempérer sa consommation de thé cristallisé, s’il en avait encore aujourd’hui, c’était bel et bien parce qu’il s’était dit que cette Midori aimerait beaucoup en voir…et peut-être même en boire...


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Hideaki Midori
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Dim 29 Déc 2019 - 17:40
les deux pies du désert;


Les nombreux craquements de vertèbres la font grimacer. Il en a craqué combien, depuis tout à l’heure, déjà ? Bien que le corps humain soit composé d’une infinité de subtilités que la demoiselle ne comprend pas toutes, elle doit avouer que celle-ci la laisse perplexe. Peut-il craquer encore plus de trucs dans son corps ? Vu sa taille, ce ne serait pas étonnant, mais tout de même. Il doit d’ailleurs y avoir une bonne vingtaine de centimètres qui les séparent, si ce n’est plus. Un très grand homme. Trop grand homme ?

Il s’approche, pose une main sur sa tête. Une caresse minimisante pour certaines personnes, alors qu’il s’agit en réalité d’une simple marque de son affection. Raizen a toujours été un être gentil. Même s’il parle beaucoup, Midori se souvient de son comportement avenant. Il est un peu comme elle, au fond : s’il peut obtenir des informations, quelles qu’elles soient, il mettra tout en œuvre. Pour l’albinos, c’est presque pareil, bien qu’elle soit orientée vers les trésors plus que les simples données. Elle hausse les épaules.

« Beaucoup trop de choses, tu sais. »

Un sourire. Il se métamorphose en moue dubitative quand il lui indique avoir quelque chose dans les cheveux. Ce ne serait pas étonnant, au fond, mais tout de même. Sa crinière blanche est parsemée d’une chevelure bien trop fine pour que ce genre de détails puissent passer inaperçus. Elle penche la tête. Naturellement, sa main vient chercher ce qui peut s’y trouver. Du sable ? Des cailloux ? Des petites bêtes ? Midori ne sait pas trop. Et elle ne trouve rien, à vrai dire.

Jusqu’à ce qu’il tende la main, avec un petit sac rempli de cristaux verdoyants. L’odeur saute au nez de l’albinos, qui comprend rapidement de quoi il s’agit.

« Du thé ? En cristal ? »

Ses prunelles incarnates se parent de petites étoiles.

« C’est tellement ingénieux ! »

Un trésor comme un autre, portable, qui permet de se ressourcer. Cette information donne à Midori une folle envie d’aller découvrir l’ancienne Shitaderu, devenue Kumo. Elle prend le petit sachet, qu’elle inspecte longuement. Son attention reste portée dessus pendant un instant, alors que ses yeux balayent chaque détail à leur portée.

« Merci, Raizen ! Merci beaucoup ! »

L’euphorie naît au creux de son cœur, comme pour une enfant. Elle sourit de toutes ses dents. C’est un présent d’une valeur presque inestimable, le brun ne s’en rend probablement pas compte. Midori contourne le jeune homme pour s’installer sur un des fauteuils disposés là.

« Je propose un test ! Et puis, cela nous permettra de discuter un peu de ce que nous avons vu, ou vécu, ces dernières années. »

L’albinos ne peut retenir toute l’excitation qui l’habite. C’est un thé inconnu, dans une forme inhabituelle, qui n’attend que d’être goûté. Alors pourquoi le laisser seul, dans son petit sachet ? Autant lui donner sa chance d’être le trésor qu’il est, de briller de tout son éclat ! Elle hoche la tête pour elle-même, toute contente.

Ses prunelles se relèvent et se déposent sur cette connaissance de longue date.

« Alors, ‘quoi de nouveau depuis le temps’, hein ? Eh bien … Kaze est resté Kaze, ses criminels, ses vols, mais aussi ses grandes chasses aux trésors et ses surprises inestimables. Je m’amuse toujours autant ici, à chercher les plus belles pierres précieuses, et encore tant d’autres choses. Ça m’a forcée à devenir plus forte. Je suis ce qu’on appelle une ‘ninja’ dans les autres contrées, je ne suis juste pas associée à une armée. Libre comme l’air ! »

Midori croise les jambes.

« Et toi, alors ? Raconte-moi comment est le monde, en-dehors de notre désert ! »

Des histoires, encore des histoires, toujours des histoires. Le monde, visualisé à travers les mots d’un autre.
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Meikyû Raizen
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Lun 30 Déc 2019 - 23:03

Volontiers pensa-t-il. Après tout, il n’avait rien à perdre sachant qu’il devait laisser le temps s’écouler puisqu’il n’avait rien à faire entre ses différents combats. Son corps lui demandait du repos, mais ce n’était pas pour autant que son esprit était sur la même longueur d’onde. Au contraire, celui-ci semblait plutôt d’avis qu’il était l’heure d’assouvir sa curiosité. Si seulement ce n’était pas le cas de manière constante, ce serait idéal, mais on ne pouvait tout avoir non ?

Se tirant une chaise, il observa la jeune femme se positionner sur le coussin. Prenant ses aises, elle avait bien changé depuis le temps. Ses traits étaient beaucoup plus mature et sa chevelure plus longue que dans ses souvenirs. Pourtant, elle dégageait toujours cette même aura. Une aura semi-hautaine, mais riche en mystère. Ne pouvant vraiment mettre le doigt sur ce que c’était, cette facette d’elle l’avait toujours amusé. Neutre, bon ou mauvais ? Celle-ci était changeante, et c’est ce qui faisait toute sa splendeur dans un sens. Tout pointait toujours dans la même et unique direction, la liberté.

Terminant son constat au même moment qu’elle annonça son allégeance à nulle autre qu’elle même, il se tourna avant de déposer une théière sur une table basse. Se positionnant à son tour sur un coussin pour être à niveau égal à celle-ci, le Meikyû prenait le temps de préparer ce merveilleux thé avec aise, comme si c’était une seconde nature :

-Tant d’autres choses hein... ?

Relevant un regard rempli de mystère, mais surtout de questionnement, il doutait fortement qu’elle en soit encore aux pierres précieuses. Au contraire, elle devait fort probablement convoiter des objets beaucoup plus inestimables que cela...

-J’imagine que le chaos provoqué par le Dieu du désert a dû plus ou moins briser les structures hiérarchiques et ouvert la porte aux crimes, mais aussi à la prise de possession de riches antiquités qui appartenaient au premier cercle...

Ce n’était qu’une brève supposition, mais vu le nombre de mensonges qu’ils avaient plus ou moins employé, Raizen se doutait fortement qu’ils possédaient plus d’information sur un peu tout qu’ils le laissaient entendre. Autrement, ce serait beaucoup trop facile...

-Tu sais, les autres contrées ne sont pas bien différentes de celle-ci. Pour le moment, je me suis surtout aventuré à Iwa et à Kumo là où je vie.

Terminant sa préparation, il ouvrit le haut de la théière, laissant ainsi un effluve riche en saveur envahir la tente pendant quelques secondes. Refermant ainsi le haut de la théière, il leva celle-ci en angle de manière à verser calmement le liquide dans les deux coupes servant à trinquer à cette rencontre inattendue.

-Mais en résumé, chaque nation a plus ou moins ses richesses personnelles. Kumo est riche dans sa science et dans ses connaissances. Mes parents ont donc bien fait de m’y envoyer puisque je m’y plais forcément... Ensuite, peu importe la région, j’ai remarqué que les gens au pouvoir prennent différentes formes. Si à Kaze, le Premier Cercle était un peu le courant populaire et dominant, à Kumo tout comme Iwa, le pouvoir est beaucoup plus décentralisé. Bien qu’il y souvent une personne à la tête, les gens dans l’entourage des Kages , notamment les familles importantes sont presque aussi importantes que le chef en lui-même...

Souriant légèrement, elle devait forcément se demander où il voulait en venir :

-Si tu ne l’as pas deviné, je suis pour le moment un peu sur une voie diplomatique qui m’aide à comprendre chaque nation, mais surtout ce qui gouverne le Yuukan.

C’était plus ou moins son but depuis très jeune et peu à peu, il voyait le fruit de ses efforts à portée de main.

-Par contre, es-tu uniquement à la recherche de pierre précieuse ? J’ai peut-être quelque chose d’intéressant à te proposer, mais pour cela, il faudrait que je sois certain que ça tombe vraiment dans ton cadre de recherche...

Changeant plus ou moins l’angle de la conversation, c’était un moyen subtil de faire deux pierres d’un coup. Avoir plus d’information tout en lui envoyant une balle à vitesse changeante...

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Hideaki Midori
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Dim 12 Jan 2020 - 16:21
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Raizen, enfant du désert au même titre que Midori. Enfant qui a subi les caprices du premier cercle, a vécu les catastrophes du pays, comme tous les autres. Il vient de là. Il a été porté par le sable, lui aussi. Par les chaleurs de plomb, qui font fuir tous les autres. Un sourire étire les lèvres de l’albinos. Il a raison, au fond. C’est triste, mais il est on ne peut plus clairvoyant. Le taux de criminalité a augmenté quand la hiérarchie s’est écroulée : il n’y a plus eu ni chef, ni maître, simplement des âmes égarées livrées à leurs propres lois. Il faut désormais survivre dans un univers où les requins règnent en maître. Esquiver les plus dangereux, les moins recommandables, pour se faire sa propre voie dans un désert sans pitié. Si Midori fait partie de ces requins, elle considère être membre des moins dangereux. Techniquement, ses activités ne coûtent la vie qu’à des personnes mal-intentionnées, pas aux innocents. Ce n’est pas bien, parce qu’elle pille, mais ce n’est pas mal, parce qu’elle ne fait de tort à personne. Les trésors sans propriétaire ne manqueront à personne, si ?

L’attention de l’albinos repart sur le grand brun, qui prépare tranquillement le thé et lui explique où ses aventures l’ont mené. Iwa, Kumo. Deux endroits dont elle ne connaît pas grand chose. Son savoir s’appuie majoritairement sur des connaissances livresques, qui ne sont jamais exactes et qu’on peut toujours contredire. Les envolées lyriques des voyageurs ne sont plus à expliquer, tout le monde est au courant qu’ils adorent rajouter toujours un peu de fiction dans leurs histoires. Il faut vendre, après tout. Et on ne peut pas vendre un livre qui ne raconte que des faits objectifs. Pas à Kaze, là où les gens ont besoin d’évasion, d’aventure. Midori observe Raizen avec une grande attention. Le conteur, ses mains sur la théière, qu’il ouvre pour laisser une odeur savoureuse caresser les narines de l’albinos. Du thé en cristal, tout de même. Voilà un trésor qu’elle n’aurait jamais cru voir un jour.

Alors qu’il sert deux coupes, le brun continue son histoire. Le fonctionnement politique des autres contrées n’est clairement pas le même que le leur. Une seule personne à la tête d’un village, qui domine et centralise tout. Le terme « Kage » rappelle à Midori ce qu’on lit dans les livres : c’est au moins une réalité sur laquelle tout le monde s’accorde. Les Ombres, ces êtres surpuissants qui dominent les villages et sont aux commandes. Ils sont entourés, évidemment, par des familles parfois aussi importantes qu’eux. Midori hoche la tête. Elle aimerait beaucoup découvrir ces endroits, en apprendre davantage à leur sujet. Comprendre comment se façonne la politique au-delà du sable de son désert.

Le jeune homme enchaîne sur sa qualité de diplomate, celle qui lui permet de voguer un peu partout pour comprendre le Yûkan. C’est une perspective intéressante, à laquelle l’albinos s’intéresse, indéniablement. Conclure des pactes, créer des alliances, pourquoi pas, après tout ? Contre trésors, évidemment. On n’a rien sans rien, c’est une des seules lois immuables de ce monde. Néanmoins, est-ce que cela fonctionne réellement ? Est-ce que c’est pareil partout ?

Midori trempe les lèvres dans la coupe. La forme surprenante dans laquelle se présente le thé n’enlève rien au goût, au contraire. Il y a un petit quelque chose de plus dans la confection, quelque part, qui rend le tout réellement agréable. Raizen pique son attention à vif, plus que jamais. Une proposition ? Un sourire complice étire les lèvres de l’albinos.

« Voyons, Raizen. Mon cadre de recherches est vraiment vaste. Je chasse toutes les richesses de ce monde. Le matériel comme l’immatériel. J’attends simplement qu’il s’agisse d’une ‘richesse’ à proprement parler. Je ne vais pas chercher à attraper quelque chose qui n’aura aucun intérêt réel, à court terme comme à long terme. »

La crinière blanche repose sa coupe sur la table. Ses prunelles incarnates se greffent aux yeux de tigre, qu’ils ne lâchent pas une seule seconde. Des paillettes animent les rubis, leur donnant un éclat supplémentaire. S’il ne l’avait pas remarqué, il peut désormais percevoir à quel point il intrigue l’albinos.

« Je suis toute ouïe, qu’as-tu pour moi, Raizen ? »

L’appât du gain, encore, toujours. Comme s’il n’existait que ça, dans leur monde. Comme s’il n’y avait jamais eu que ça.
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Meikyû Raizen
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Dim 12 Jan 2020 - 19:06

Observant avec beaucoup d’attention Midori, le Meikyû savait pertinemment qu’il avait piqué son attention depuis le début. Toujours riche en mystère, Raizen savait pertinemment qu’elle était beaucoup plus curieuse que la normale. Probablement plus curieuse que lui, les iris de celle-ci miroitaient d’un rouge suffisamment vif pour se rapprocher de la passion, signe pertinent qu’elle mettait beaucoup d’amour dans la découverte de ce qui captait le fruit de son attention. Si on veut, Raizen partageait un désir aussi ardent, mais concentré sur la connaissance, un dérivé des richesses, moins éclatant, mais tout aussi intéressant à examiner de long en large.

-Je cherche des livres particuliers sur les ancêtres, mais surtout et avant tout sur les pratiques liées à la mort, l’âme ou plutôt la résurrection.

Souriant calmement, c’était la première fois qu’il manifestait son intérêt pour ce type d’objets. Toutefois, il savait pertinemment que ce genre de relique existait. Fort probablement caché dans des ruines préalablement bien gardées, il voulait simplement qu’elle garde l’œil fortement ouvert au cours de ses prochaines expéditions sachant qu’elle avait plus ou moins le don de trouver ce qu’elle cherchait.

-Il y a certaines informations que le clan Meikyû n’osera jamais me révéler sauf si je viens à joindre le cercle de direction ou que je deviens chef du clan, ce qui est très peu probable sachant qu’ils mettent beaucoup d’accent sur la tradition et que je suis beaucoup trop jeune pour prétendre à un tel rôle sans oublier les précédents liés à mon père. Même si j’ai encore des preuves à faire, ça ne m’empêchera pas d’enquêter sur le côté pour comprendre un peu plus ce genre de mécanismes et les limites du possible...Si tu trouves quoique ce soit sur les Dieux, je suis tout aussi preneur...

Ayant eu quelques discussions à ce sujet remontant à plusieurs mois en compagnie de Sazuka, de nombreuses interrogations avaient parcouru son esprit, questions dont il n’avait pas les réponses. C’est donc, pour cette raison qu’il osait demander des livres à ce sujet à Midori qui saurait possiblement les trouver mieux que lui.

-En échange, je pourrais soit te devoir une faveur ou... plutôt partir à la recherche d’une quête pour toi...

Haussant les épaules, le Meikyû n’avait aucun problème à se compromettre en négociation. C’était une discussion suffisamment amicale pour qu’il démontre sa bonne volonté. Or, était-ce vraiment de la bonne volonté ou une tactique pour la mettre en confiance ? Pas vraiment. Connaissant Midori, ses aptitudes en négociation devaient fort probablement exceller les siennes puisqu’elle ne lâchait jamais du regard ce sur quoi elle avait posé l’œil.

-Et si tu te demandes quel intérêt je pose sur cela, sache que ça pourrait me permettre de repousser les limites de mes sceaux, mais aussi de comprendre beaucoup de choses...

Souriant, il sirota calmement son thé alors qu’il posait ses coudes sur la table en signe d’attention et d’implication.


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Hideaki Midori
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Mer 15 Jan 2020 - 23:00
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Des livres sur les ancêtres ? L’idée fait son chemin dans l’esprit de Midori. Il y a bien des mythes que les gens explorent, des histoires qu’ils entendent, enregistrent, avant de les répéter à qui veut bien les entendre. Il y a ces récits, dont on ne parle qu’à demi-mot, parce qu’on n’est jamais sûrs de ce qu’ils signifient, mais dont on veut quand même tout savoir. Une curiosité malsaine qui mène parfois à faire des découvertes terrifiantes, qui ne laissent plus jamais la place à l’innocence. Une noirceur grandissante, dévorante, qui absorbe tout sur son passage. En apprenant les intentions du brun, Midori arque un sourcil. Elle se recule légèrement, alors que son index vient se poser sur son menton. L’albinos hésite : peut-elle réellement être l’outil qui mènera Raizen sur une aussi sombre voie ? Au fond, ne s’agit-il pas de sa volonté, uniquement de la sienne ? Personne ne l’y a poussé, la demande qui lui est adressée est totalement personnelle. L’adolescente laisse à son ami le loisir de lui expliquer plus précisément l’objet de sa quête.

Raizen s’enfonce un peu plus dans son histoire, laisse à Midori la possibilité d’entrevoir ses ambitions, ses objectifs. Un sourire amusé étire ses lèvres. Venir d’un clan comme le sien ne doit pas toujours être facile. Les traditions, les habitudes, toutes ces choses dont on ne se débarrasse jamais, qui empêchent de vivre à sa manière, un jour ou l’autre. Coincé au bas de la hiérarchie, malgré ses capacités et sa renommée, Raizen est victime de sa famille proche, puis de son clan. Il ne pourra pas gravir les échelons comme il le souhaite. Ainsi, il n’obtiendra pas les informations dont il a besoin. C’est là que Midori entre en scène. La chasseuse de trésors à la recherche de reliques divines, ou d’œuvres anciennes sur la mort. Kaze regorge de richesses en tous genres, il n’est pas impossible qu’elle trouve un livre de ce style, quelque part, au fin fond d’une pyramide ou d’une grotte. Ou chez un de ses riches préférés. Ces gros lardons ont toujours quelque chose de particulier dans leurs baraques.

Midori hoche doucement la tête. Elle comprend. Elle reste dubitative sur la récompense qu’il lui propose, mais l’entreprise qu’il lui propose là l’intrigue grandement. Même si l’albinos n’a pas grand chose à en tirer, au moins sur le coup, elle ne peut nier que ces histoires l’intéressent réellement. Qu’y a-t-il à trouver, une fois qu’on dépasse les portes de la mort ? Que se passe-t-il, dans cette branche complexe de la réalité ? Celle qui n’est ni présente, ni absente, plutôt existante dans une sorte de dimension parallèle qu’on ne fait que repousser. Son sourire s’affirme. Elle opine de la tête une nouvelle fois. Pour la science, qu’ils disaient, pour la science.

« Mmh, je n’ai pas besoin de plus amples informations sur ta quête, Raizen. »

Midori revient vers la table pour atteindre sa coupe, qu’elle porte à ses lèvres. Ses papilles ne s’habituent toujours pas à la profondeur du goût de ce thé, à quel point il est appréciable. C’est une réelle surprise, à chaque fois qu’elle en prend une lampée. Délicatement, l’albinos repose la coupe sur la table, avant d’y poser les mains.

« Je veux bien te prêter main forte. Les reliques un peu étranges, les œuvres et autres babioles liées soit aux Divinités, soit à la mort, je te les mettrai de côté. Ça ne me pose aucun souci. Par contre ! » Elle lève un doigt en l’air. « Je veux en apprendre autant que toi ! Le partage de connaissances est une pratique plus qu’appréciable, surtout pour une chasseuse de trésors. Plus j’en sais, mieux je me défends. Et plus ma curiosité est satisfaite, mais ce n’est qu’un détail. »

Clin d’œil complice. Malgré son langage très poli, à la limite du pompeux, Midori adopte une attitude plus familière, qui indique son affection pour le brun face à elle. Un instant plus tard, l’albinos penche la tête. Son sourire est redevenu carnassier, ses yeux pétillent de nouveau de cette énergie sombre, presque de la cupidité. Un appétit illimité pour les trésors, les connaissances, les richesses. Et surtout, pour les juteuses récompenses lors des marchés qui lui sont proposés.

« Qu’entends-tu par ‘partir à la recherche d’une quête pour moi’ ? Et puis, me devoir une faveur, Raizen, c’est quand même complexe. Mais je suis toujours toute ouïe, à quoi penses-tu ? »

Marchander avec une ancienne « arnaqueuse », comme disent certains Kazejin, c’est dangereux. Mais il semble que son interlocuteur n’ait peur de rien ou, qu’au contraire, il n’en ait rien à faire. Il a l’air prêt à se mouiller pour obtenir ce qu’il veut. Mais jusqu’à quel point ?
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Meikyû Raizen
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Sam 18 Jan 2020 - 20:40

Pour utiliser constamment l’art du clin d’œil, il savait pertinemment que le regard de Midori n’indiquait rien de bon. Fin dans l’art de la négociation, le Meikyû avait dévoilé la plupart de ses cartes, optant dès lors pour un échange à l’amiable qui risquait possiblement de se retourner contre lui.

Observant quelque peu celle-ci tandis qu’elle paraissait excessivement intéressée par sa proposition des plus vagues, le Meikyû s’avança, symbolisant définitivement qu’il était fortement engagé, impliqué et qu’il ne cherchait à fuir cette négociation. Dans des circonstances normales, il ne se serait jamais engagé dans une situation comme celle-ci. Après tout, c’était le moyen idéal d’entrer dans quelque chose de trop gros pour soi. Pourtant, son affection pour cette jeune femme était telle qu’il n’avait pas froid aux yeux, sachant au plus profond de lui qu’il pouvait lui faire confiance.

-Je te connais suffisamment pour savoir que te devoir une faveur serait particulier et possiblement désavantageux pour toute autre personne, mais pas pour moi...

Souriant légèrement tandis qu’il lui retournait un clin d’œil, il ne bougea pas, amenant sa coupe à ses lèvres tandis qu’il maintenait cette courte distance et son regard perçant dans ses iris miroitants la richesse.

-Donc, je te propose la possibilité de faire appel à mon aide puisque viendra forcément un moment durant lequel la personne que je suis pourra t’aider à obtenir quelque chose que tu désires et je sais que tu sauras m’utiliser de manière adéquate...

Haussant les épaules calmement, il ricana légèrement :

-Ensuite, je pourrais aussi te dire que je vais gagner ce tournoi et t’offrir le prix offert au gagnant qui risque d’être rare. Ça pourrait être avantageux, mais je préfère que tu songes à quelque chose de très significatif pour toi Midori...

Détournant son regard quelques secondes, il revint à la charge, démontrant patiemment qu’il n’était pas en situation de panique.

-À moins que tu aies déjà une idée de ce sur quoi tu cherches à mettre la main... Qui sait, on pourrait aussi décider d’avoir un partenariat libre ...

Tournant de cette pseudonégociation, Raizen voyait du potentiel dans un partenariat libre plutôt qu’un simple échange.


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Hideaki Midori
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Dim 19 Jan 2020 - 20:53
les deux pies du désert;


Des négociations au sommet. Une tension palpable, qui électriserait n’importe qui passant à portée. Midori laisse l’esquisse d’un sourire carnassier se dessiner sur ses lèvres. Raizen a l’air sûr de lui. Il dit connaître l’albinos, comme s’il savait réellement où il met les pieds. La délicieuse sensation de se sentir protégé, d’avoir accès aux réelles pensées de la demoiselle, quand il s’agit d’un coup de poker. Comment pourrait-il la connaître ? Comment pourrait-il savoir où il met les pieds ? Il ne l’a rencontrée qu’une fois, il y a de nombreuses années. Et il a déjà eu l’occasion de voir les compétences de Midori. Il a pu se rendre compte de toute la noirceur en elle, de sa capacité à manipuler n’importe qui, n’importe quoi, sans montrer le moindre scrupule. Pourtant, Raizen met les deux pieds dans le plat, sûr de lui. Une assurance qui amuse l’albinos, énormément.

Le clin d’œil qui suit la touche en plein cœur. Il est sincère. De bout en bout, il sait ce qu’il dit. Il est certain de tout ce qu’il amène, alors qu’il n’a aucune idée de ce dans quoi il s’embarque. Il affirme, sait, pose les bases. Midori se penche, attentive. La proximité entre eux est grisante, renforce cette impressionnante sensation électrique qui fuse dans la tente. L’albinos garde le silence, le laisse manœuvrer avec habileté dans le cocon qu’ils se sont créé. Il est là, il avance. Il y va progressivement, à sa manière, à son rythme.

Et, bon dieu, il est sûr de lui.

Il rit, puis il continue. Il émane de Raizen une force, une certitude qui fait tourner la tête de l’albinos. Il a l’air invincible. Il peut vaincre n’importe qui, n’importe quoi. C’est peut-être une illusion. C’est peut-être vrai. Mais c’est quelque chose qu’il affirme sans aucun détour, sans nuance. C’est dit, c’est acté. Midori penche la tête, ne cesse pas de l’observer. Il pourrait mettre le monde à ses pieds, avec ce regard, ses mots, cette prestance. C’est peut-être ce qui fait de lui un bon diplomate, finalement.

Mais cela fait-il de lui un bon négociateur ?

Il pose la dernière pierre. Celle qui fait tenir le piédestal de sa suprématie. Midori ploie l’échine pour le moment. Elle l’observe, bouche-bée. Un partenariat libre ? La possibilité de miroiter bien des récompenses ? Parce qu’il pourrait lui offrir de nombreuses récompenses, de nombreuses pierres, ou encore connaissances. Il pourrait être cette autre personne, celle qui agit dans l’ombre, qui lui permet d’avoir un œil sur le monde, sur les découvertes du Yûkan. Il pourrait être tout.

Mais il pourrait n’être rien.

Midori relève une main, qu’elle amène jusqu’au visage de Raizen. Son index se pose sous son menton, tandis que son pouce va dessus, pour l’attraper et le tirer vers elle. Les yeux dans les yeux, l’albinos maintient la proximité pendant un instant. Leurs souffles se mêlent. L’atmosphère devient brûlante. Le cœur de Midori accélère, alors que la jeune femme se délecte de cette situation. Un duel au sommet, entre le diplomate et l’arnaqueuse. Lequel des deux fera tomber l’autre en premier ?

« Tu penses que ça fait de toi le vainqueur, Raizen ? »

Elle penche la tête, caresse du bout du pouce la peau rugueuse, recouverte de poils. Une attraction étonnante, qui fait vibrer chacun de ses membres. Midori veut le pousser à bout, voir de quoi il est capable. S’assurer de ses capacités de négociateur.

« Il suffirait de promettre monts et merveilles à la chasseuse, lui offrir un peu de thé … et ça suffirait à devenir son partenaire ? Ça suffirait à la faire partir à la chasse pour soi ? »

La crinière blanche lâche sa prise sur son menton, pour amener la main entière sur sa joue. De la même manière, du bout des doigts, Midori caresse sa peau. On pourrait l’imaginer froide, rêche ou encore sèche, à l’image du personnage. Pourtant, en plus de la chaleur qui les rapproche un peu plus, sa peau est d’une douceur agréable au toucher. L’albinos attire son visage vers le sien.

« Un partenariat libre, hein ? Alors tu veux qu’on fonctionne comme une équipe ? »

Midori se mordille doucement la lèvre inférieure, symbole suprême de la provocation qui se joue entre eux. L’assaut des prunelles incarnates reprend de plus belle. Une joute interminable, brûlante, qui fait battre son cœur dans sa poitrine. Si fort, si vite. C’est étrange, mais tellement grisant. Jusqu’où ira-t-il pour obtenir ce qu’il veut ? Comment s’y prendra-t-il pour que Midori accepte de lui léguer ses services ?

« Qu’est-ce qui te fait dire que j’aurai besoin de toi, un jour, Raizen ? À quel point penses-tu être un élu ? »

Midori émet un léger rire.

« Tu sais très bien que le prix de ce tournoi ne m’intéresse pas, je m’y serais déjà aventurée, sinon. Et tu sais aussi … Que les promesses abstraites ne fonctionnent jamais pour les chasseurs de trésors. Il leur faut plus … »

Elle penche la tête. Son regard brûle d’une lueur où toutes les émotions se mêlent. La malice, le jeu, la taquinerie, la provocation, mais aussi l’impatience, l’excitation. Cet incontrôlable désir de savoir, découvrir jusqu’où ira Raizen pour obtenir les services de l’albinos.

« Donne m’en plus, Raizen. »
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Meikyû Raizen
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Dim 19 Jan 2020 - 22:13

Quel avait réellement été le tournant de cette discussion ? À quel moment avaient-ils franchi la ligne mince où la négociation entrait sur un territoire personnel ? Il n’était plus question d’un simple échange. Au contraire, c’était un duel entre deux égos, beaucoup trop fusionnel pour s’opposer de la sorte. Frémissant sous la délicatesse de son geste calculé, perturbateur, mais pourtant rempli de folie, sa peau frôlait l’hystérie, le forçant à faire appel à tout son courage pour rester dans la partie.

En marchant dans son territoire, il lui avait donné cette possibilité, celle de se retrouver dans une situation qui était plus grande que ce qu’il croyait. Cette vulnérabilité sur laquelle elle semblait capitaliser pour dévoiler calmement ses cartes le mettait dans une posture aussi confortable que difficile. Or, trop de passion pouvait vite mener à la déchéance de l’esprit qui en oubliait rapidement ses priorités...

Or, était-ce vraiment ce qui se produisait ou était-elle celle qui avait mis les pieds dans son territoire ? Quoi qu’il en soit, à se fier à la vitesse de son rythme cardiaque, Raizen était plus ou moins captiver par cette provocation silencieuse.

Respirant calmement, le partage et la coexistence étaient de mise tandis qu’elle attirait calmement son regard vers ses lippes qui en disait plus long que ce qui percutait son esprit. Sous un timbre beaucoup plus sournois, mais tout de même vif, elle lui demandait en quoi il était suffisamment méritant pour oser profaner sa couverture de la sorte. Révélant ainsi une facette d’elle beaucoup plus provocatrice et égoïste, elle questionnait Raizen sur ses ambitions, sur sa valeur et sa capacité à lui faire croire qu’il était l’heureux élu. Pourtant, c’était aussi simple que complexe, aussi faux que réel.

La perturbatrice perturbée était-elle sous la défensive ou était-ce un mécanisme d’autodéfense qu’elle manifestait pour lutter contre sa propre faute ?

-Les chasseurs de trésor ont beaucoup trop l’habitude que tout tourne dans le plat de leur main. Ils ont bien souvent l’habitude de poser un regard plein de jugement, observant de quelle manière l’objet de leur convoitise peut venir remplir leurs iris étoilés. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples pour autant.

Amenant tranquillement sa main pour venir calmement prendre la sienne, le diplomate l’amenait dorénavant à réaliser sur quel territoire elle était, son lieu de prédilection. En profitant ainsi pour avoir une meilleure idée de la douceur de son derme, il porta cette main jusqu’à la partie gauche de son torse, l’invitant à prendre conscience du rythme auquel leur confrontation créait des échos.

Tantôt rapide, bientôt inconstant, il n’avait aucunement peur de dévoiler ses failles, ses faiblesses et aussi l’ensemble de l’effet que ses paroles aussi délicates qu’inquisitrices provoquaient en lui. Pourtant, au fur et à mesure que les secondes s’écoulaient, le rythme semblait soudainement se ralentir, prenant une tournure beaucoup plus calme, mais tout aussi intense.

Mêlant toujours sa respiration à la sienne, une légère prise de souffle annonça le début de ses intentions, comme s’il s’apprêtait à prononcer l’objet de son désir. Pourtant, le fruit de ses paroles était beaucoup moins mûr, prenant ainsi le temps de fleurir dans son esprit avant d’être manifesté sous sa forme réelle.

-Et si...

Osant, le diplomate provocateur se donna la peine de lâcher un petit sourire, suffisamment bruyant pour que son souffle frôle sa peau aussi douce qu’attirante. Cherchant dès lors le contact, son regard vint se noyer distraitement dans ses iris scintillants une myriade d’intentions. Pourtant, il n’en fit rien, laissant ses lèvres diverger de leur chemin de prédilection pour venir s’accrocher à autre chose. Frôlant dès lors le lobe de son oreille de sa présence, cette attention était beaucoup trop subtile pour qu’elle soit réellement perçue. Pourtant, la totalité de l’effet y était, comme s’il s’amusait à naviguer entre l’appréhension et les réflexes naturels de son cerveau, de son corps, mais aussi de ses désirs.

-Et si...

Relançant de nouveau cette répétition, le timbre de sa voix était beaucoup plus expressif, impliqué et marqué. Au même moment, son rythme cardiaque ralentissait, peu à peu, comme si sa main apportait calmement l’objet initial de sa recherche.

-On tournait la question dans l’autre sens...

Puis plus rien, un long silence plana tandis que son souffle continuait de perturber sa réflexion.

-Est-ce vraiment le chasseur qui part à la quête au trésor ou plutôt la quête qui vient rejoindre le chasseur ?

Jouant sur l’incertitude de la situation, l’expérience multisensorielle appelait à la totalité de ses sens. Allant du touché à son ouïe, il semait le doute, brisant les fondations et prémisses sur lesquelles le chasseur était toujours le chasseur. Pourtant, était-ce une réalité universelle ?

-Le cas échéant, qui a vraiment quelque chose à prouver à l’autre et qu’est, qui me dit que tu es la meilleure chasseuse, pour atteindre l’objet de tes désirs ?

Freinant soudainement son geste, il se mordit la lèvre, laissant la brève sonorité du geste stimuler l’imagination de la provocatrice.

-Comment réagirais-tu si tu n’étais pas la chasseuse, mais plutôt celle qui était chassée Midori...

Inversant soudainement les pendules et le rythme effréné qu’elle avait créé, comment réagirait-elle ? Était-elle prête à abandonner tout ce qu’elle savait pour s’aventurer dans une histoire qui ne graviterait pas forcément dans la paume de sa main ?

-Serais-tu prête à prendre un tel risque...?

Alternant calmement la sonorité de sa voix, même dans le contrôle, il existait des écarts, signe qu’il n’était pas si infaillible et impassible au regard de celle qui s’aventurait sur un terrain tout aussi sinueux pour les deux partis.

-ou la possible chute était-elle trop abrupte...

Le moment actuel était une lutte au sommet qui pouvait basculer dans un sens comme de l’autre. Pourtant, était-ce réellement l’objectif final ?

-Si abstrait, mais pourtant si réel...n’est-ce pas...

Délaissant calmement son oreille après y avoir glissé ses intentions, il affronta calmement du regard Midori tandis qu’il se demandait si elle convoitait vraiment les richesses ou plutôt le risque qui y était associé...

De ses lèvres à ses iris se lisait l’ultimatum entre le risque et le désir, deux éléments qui pouvaient justifier son comportement, mais deux manières d’être qui pouvaient générer des étincelles différentes...

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Hideaki Midori
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Dim 19 Jan 2020 - 23:14
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Les chasseurs, d’éternels insatisfaits, capricieux, qui ont l’habitude que tout leur tombe tout rond dans le bec. Au fond, il n’a pas tout à fait tort. Ils vivent de leurs chasses, de leurs prouesses et de leurs talents, alors que tout le monde les observe et tente de s’offrir leurs compétences. Mais Raizen … Raizen n’est pas de ceux-là. Il est de ceux qui ont conscience de la réalité. De ce qui se trouve derrière le masque. Derrière cet immense rideau que personne n’ose jamais tirer. Et c’est parce qu’il sait, parce qu’il a conscience de ce qui se déroule dans les coulisses qu’il peut ainsi déplacer ses pions. Un inconnu, un piètre joueur n’aurait pas pu faire ça. Il n’aurait pas pu autant renverser la table.

Mais voilà. Les cartes sont posées, n’attendent que d’être retournées. Et Raizen n’est pas qu’un diplomate. Stratège hors-pair, il décide de mettre sa propre stratégie à exécution. À son tour de prendre les choses en main. La menotte de Midori est emmenée dans celle du grand brun. Ses doigts, plus longs, plus larges que les siens, lui rappellent à quel point ce n’est qu’une petite chose, une créature fragile dans un manège bien trop dangereux. Mais l’albinos ne craint rien. Au contraire. Les deux pieds dans le danger, elle décide d’aller plus loin encore, de suivre le mouvement. Où qu’il aille, quoi qu’il fasse, la crinière blanche se défendra. Impassible, imperturbable.

Ou presque.

« Et si … » Battements de cœur à l’unisson, qui pourraient se heurter l’un l’autre à cause de leur proximité. Deux rythmes cardiaques qui se suivent, s’affolent ensemble. Le monde pourrait s’écrouler, ils n’en auraient rien à faire, trop absorbés qu’ils sont par cette nouvelle joute. « Et si … » La proximité qui se réduit. Plus proches, encore plus proches, toujours plus proches. Un baiser ? Les palpitations de Midori se font plus brutales, plus vives encore. Sa cage thoracique menace d’exploser sous la puissance des coups qui lui sont assénés. « Et si … » Mais il dérive. Il glisse, à côté, tout près de son oreille. Son souffle danse contre sa peau, hérisse ses poils. Un frisson court le long de son échine, se niche au creux de ses reins. Midori se raidit, perturbée. Il est là, si près. La situation s’est retournée. Alors qu’elle menait le jeu avec brio, l’albinos se trouve renvoyée à la case départ. Ses pions se font dévorer un à un, par un roi impitoyable.

Inspirer.
Expirer.
Ne jamais lâcher prise. Écouter. Donner une place au négociateur. Mais ne jamais céder. Jamais. Quel qu’en soit le prix, quelle que soit la torture.

La main de Midori resserre son emprise sur le cœur de Raizen. Une manière comme une autre de s’accrocher à quelque chose, pour ne pas défaillir. Qu’il alterne le jeu, qu’il retourne la question, peu importe. Le chasseur reste le chasseur. Quoi qu’on en dise, quoi qu’on en pense. Il sera toujours en position de faiblesse, il faut simplement lui rappeler à quel point. Ce n’est qu’une question de manipulation, encore, toujours. Mais cette fois, dans un autre cadre.

Parce que cette fois, tout est différent. L’enjeu n’est plus le même. S’agit-il d’obtenir une belle récompense, ou d’asseoir sa domination ?

Midori serre un peu plus fort alors que Raizen se mord la lèvre. Un geste hautement provocateur, qui pousse les instincts de l’albinos au bord de la rupture. Que faire, lorsque le chasseur devient la proie ? Que faire, lorsque celui qu’on pensait maintenir jusque-là reprend sa place, lorsqu’il exerce une réelle pression sur soi ? Faut-il le laisser faire ? Lui offrir un peu de terrain, pour mieux le reprendre ?

Raizen recule. Il l’a titillée, là, jusqu’à ses limites. Mais, alors qu’on pourrait s’attendre à une hésitation croissante, au doute, Midori relève des prunelles encore plus brûlantes. Les rubis scintillent, brillants d’une énergie complexe, inexplicable.

Elle veut le dévorer. Lui rappeler qui est le maître, qui a le pouvoir. Son sourire est plus carnassier que jamais. Son adversaire est la proie la plus intéressante qui soit, qui oppose une réelle résistance, qui, enfin, est capable de faire plier ses convictions, pour la forcer à aller plus loin, beaucoup plus loin dans la réflexion. Midori serre un peu plus avec sa main sur le torse du brun, avant de la déposer à plat, paume contre son cœur. Elle s’approche légèrement, ses lèvres frôlant celles de Raizen avec insolence.

« Voyons, Raizen … »

Midori remonte la tête, mettant un délicat coup avec son nez contre celui de son adversaire. Elle recule un peu, uniquement pour que ses yeux puissent voguer dans les siens à loisir. Les rubis contre les yeux de tigre. Rebelles, inarrêtables. Assoiffés d’une nouvelle bataille.

« Si je n’étais pas la meilleure, tu ne prendrais pas le temps de me demander. Si tu ne me faisais pas confiance pour ce travail, tu n’en parlerais pas. »

Sa main remonte progressivement, une ascension lente jusqu’à son épaule, son cou, sa joue.

« Si tu ne voulais pas que je sois ton chasseur de trésors, tu demanderais ailleurs. »

L’albinos s’approche, sa deuxième main installée sur la table pour ne pas tomber, alors que son corps la surplombe entièrement. À son tour, elle décide de s’approcher de son oreille, non sans y laisser une attention. Du bout des lèvres, Midori effleure le lobe de son oreille. Un contact fugace, qui ne dure pas assez longtemps pour parler complètement d’un contact, mais suffisant pour que son propre corps s’éveille de nouveau. Elle fait monter sa main dans ses cheveux.

« Si tu ne voulais pas réellement de mes services, tu ne te compromettrais pas, je me trompe … ? »

Midori sourit, une de ces mimiques nées dans un léger rire et qui ne s’efface que plus tard, lorsque l’instant qui lui a donné naissance disparaît. Elle tire doucement sur une mèche de cheveux de Raizen pour faire basculer sa tête en arrière. Lentement, sa tête redescend, cette fois pour se nicher au creux de son cou, près duquel elle reste un instant, sans jamais le toucher pour de bon. Une danse sulfureuse, dans laquelle l’albinos n’a pas peur de se perdre. Parce que quelle que soit son issue, ils y gagneront quelque chose. Tous les deux.

« Alors … »

Elle fait exprès de laisser le moment s’étendre. Les minutes s’égrènent alors que sa respiration se heurte contre sa peau. Midori sent la chaleur de son souffle, les battements chaotiques de son cœur. Une sensation inconnue, qui pourtant comporte bien trop de signes qu’elle ne pourrait ignorer. Elle se redresse, les yeux rivés à ceux de Raizen, désormais debout pour le dominer entièrement. Une main sur son torse, l’autre restée bloquée dans sa crinière.

« Qui de nous deux est le chasseur, Raizen ? »

Un sourire. Il naît aussi vite qu’il meurt, remplacé par une expression beaucoup, beaucoup moins innocente. Celle du prédateur qui pense avoir saisi sa proie.

« Celui qui a déjà fait ses preuves, ou celui qui ne peut que promettre ? »

Midori libère la tignasse brune, pour se poser sur son menton et lui lever la tête. Les yeux dans les yeux, le temps s’arrête. Il n’existe plus rien autour d’eux. Il n’y a plus que cette bataille.

« Je te l’ai dit, pourtant. Je veux plus que des promesses. »

Elle ne bouge plus, malgré les frissons dans son dos, son rythme cardiaque infernal et la chaleur qui irradie tout son corps. Il n’y a plus que lui. Après tout, il pourrait être tout, il pourrait n’être rien. Mais, pour le moment, il est tout ce qui existe dans son monde. La seule branche à faire plier. Le seul être suffisamment rebelle pour éveiller tous ses instincts et lui donner envie de se battre.

« Je veux du concret. Une assurance. »

Midori s’approche, des centimètres gagnés qui la font lutter pour ne pas succomber à la tentation d’emprisonner ses lèvres, de se laisser aller à plus que cette joute presque platonique. Une bataille incessante, excitante, terrifiante. Mais une bataille qu’elle n’abandonnera pas.

« Si tu me la donnes, j’accepte ton partenariat. Je serai ton chasseur. »

Puis, dans un murmure provocateur :

« Et peut-être seras-tu le mien. »
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Meikyû Raizen
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Dim 26 Jan 2020 - 0:45

Avalant calmement sa salive, le Meikyû se surprenait à sourire devant cette tentative de provocation nullement dissimulée. Naviguant dans ses iris enflammés et motivés, il constatait aisément le changement de tournure. Alors qu’il avait calmement signifié son désir de remettre en considération la nature des choses, voilà qu’elle le ramènait sur terre, lui démontrant concrètement qu’il ne fallait pas déstabiliser mère nature au risque de s’y frotter dans toute sa splendeur.

Tandis qu’elle posait délicatement sa main sur son torse, son rythme pourtant contrôlé dérivait, tombant à la renverse. Avant même qu’il puisse se ressaisir, voilà qu’elle pianotait une délicate mélodie. De ses lèvres à son nez, le tout perturbait la totalité de son être, transcendant ainsi d’un vif courant électrique ce qu’il savait. Allant totalement aux antipodes de ce qu’il connaissait, il se laissait bercer par cette tentation, vibrant ainsi lors du calme avant la tempête.

Aussi douce que délicate, elle semblait cogner à de nombreuses portes, prenant au sérieux le fait qu’il soit possiblement digne d’intérêt pour qu’elle le laisse réciproquer ce jeu.

Ne reculant devant rien, elle cherchait une faille, testant avec dextérité et expérience la totalité de ses défauts. Torturée entre la réalité, l’appréhension, mais aussi le désir, elle lui faisait goûter à sa propre médecine. N’osant toutefois pas sceller le fruit du poison qu’elle venait d’injecter dans ses veines, elle préférait le laisser mariner, comme s’il fallait atteindre que le fruit soit mûr pour le cueillir.

Laissant dès lors un niveau rictus traverser ses lèvres insolentes, alors qu’elle s’immisçait dans sa bulle pour le provoquer sur son territoire, le jeune homme décida de faire honneur à ses racines. Oeuvrant dans le but de conquérir la situation, elle le questionnait de nouveau, comme si elle voulait semer le doute et le perturber autant qu’elle-même l’était.

Décidant alors de reprendre contrôle de la danse, le Meikyû scella une de ses mains dans la sienne. L’attirant dès lors vers lui pour briser la distance, il la testait, se demandant à quel point briser cette distance sécuritaire, mais symbolique pouvait affecter le tournant de ce conflit ouvert. Représentant l’incertitude incarnée par ce geste, il tentait de changer le rythme et le dynamisme qu’elle essayait d’imposer. Flirtant ainsi sur la longueur d’onde à laquelle ils vibraient respectivement, il n’ajoutait aucun effort à son geste, la laissant venir à lui par défaut tandis qu’il reste assis.

Aucunement déstabilisé par son regard de haut, il percevait tout le contraire, se sentant étrangement encouragé à la faire descendre de son piédestal. Pourtant, ses paroles arrivaient tout de même à avoir un effet aussi inexplicable qu’euphorique.

Ne pouvant mettre le doigt sur ce qu’il ressentait, il se contenta d’agir, comme s’il tentait indirectement de lui transmettre l’étendue de ce qu’elle lui faisait vivre.

Brisant dès lors toute la stature qu’elle déployait en se tenant debout, il scella les dernières secondes de doute qui planait entre eux, l’invitant ainsi à danser sur le même rythme que lui.

-Se compromettre est un bien grand mot...

Personnifiant d’action ses paroles, cette invitation rendait tout beaucoup plus compliqué tandis qu’il rejetait son dévolu à son tour sur son cou. L’ayant laissé naviguer à ses aises dans cette rythmique infinie, Raizen mettait un frein à cette temporalité qui pourrait continuer à l’infini. Déposant dès lors une marque d’affection qui témoignait de son implication, son baiser se transforma soigneusement en morsure quasi passionnelle alors qu’il répétait son précédent chemin. Cette fois beaucoup plus proche et avec beaucoup moins de contrôle, la proximité qu’ils avaient stimulait un niveau de résistance beaucoup plus inconstant et mystérieux. L’un contre l’autre, il était de plus en plus difficile de se résister. Pourtant, c’est ce qu’il cherchait, un terrain commun brisant tout mythe et mystère pour venir satisfaire sa curiosité de tout ce qu’il n’arrivait pas à saisir.

Tandis qu’une de ses mains s’était glissée dans sa chevelure, il vint jouer un contretemps en ouvrant finalement ses lippes pour influencer cette joute. N’étant pas du genre à être silencieux, il fallait prendre l’absence de ses paroles comme des paroles en elle-même.

-Et faire ses preuves est toujours relatif...

Soupirant tandis qu’il reproduisait le même geste sur le lobe de son oreille, il s’arrêta subitement pour y glisser un soupir qui en disait long sur son état d’esprit.

-J’espère que tu sauras me suivre au-delà ce duel ...Midori...

Se détachant du lobe de son oreille pour tracer un chemin calme, mais maîtrisé vers sa nuque puis ses lèvres, il plongea son regard une dernière fois dans le sien pour lui véhiculer l’étendue de cette assurance.

-Puisque ce n’est plus du tout une chasse...

Frôlant l’hystérie, il n’était plus question de savoir à quel point elle allait tenir. Lui-même tenant sur une ligne mince, le jeune homme préférait l’admettre plutôt que de prétendre être infaillible. Savoir qui allait poser le premier geste était pourtant une inconnue qu’il pouvait guider tout comme il pouvait décider de la suivre. Or, pour une fois, il acceptait de déroger à sa règle.

-mais plutôt une guerre...non ?

Gardant l’étendue de ce qu’il voulait dire pour lui-même, il mêla quelques secondes son souffle au sien, prolongeant de nouveau le désir pour le rendre interminable, insupportable. Se complaisant dans cette souffrance quasi masochiste, il appréciait l’attente, la montée en émotion qui perturbait tout rythme qu’ils essayaient mutuellement de s’imposer. Représentant un territoire neutre, c’était le seul moment durant lequel ils pouvaient s’observer et se respecter mutuellement alors que leurs failles respectives étaient exposées à leur regard ambitieux. Longeant loin du jugement, mais flirtant plutôt avec la brise glaciale du platonisme, le Meikyû annonça officiellement le début des hostilités.

Brisant la glace de son désir ardent, il captura sa lèvre inférieure d’une délicatesse synonyme d’union. Prolongeant quelque peu ce moment avant de se détacher de celle-ci, seule une microseconde fut nécessaire pour qu’il frôle de nouveau ses lèvres officialisant brièvement ses intentions. Pourtant, il faisait éternellement durer l’attente, la sondant d’un nouveau regard mi-engagé, mi-clos. Lui donnant officiellement une porte de sortie avant qu’ils ne scellent cette déclaration de guerre, si céder pouvait être perçu comme une faille, ce n’était pas le cas.

La guerre était un art particulier. Riche en phases, il y avait des moments pour lancer les hostilités, d’autres pour les calmer. Parfois, il fallait savoir quand retraiter ou quand résister. Dans le cas suivant, aucune de ses options ne semblait mise sur table, comme si toutes les cartes étaient brouillées par la synergie entre deux opposés.

De cet éclectisme naissait une fièvre électrique qui hérissait la totalité du derme fin de sa peau. Accompagné de ses mains qui se refermaient au niveau du bas de son dos, il signifiait de nouveau l’engagement qu’il osait lui faire, seul un doute demeurait dans son esprit :

À quel point réaliserait-elle que la guerre n’était pas qu’une partie de chasse ? Mieux encore, était-ce un piège ou prétendait-il que c’était le cas ?

L’inconnu était au goût du jour et pourtant, le meilleur restait à venir...


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Lun 27 Jan 2020 - 3:42
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Une attraction brûlante. L’éveil de chacun de ses sens, à la même hauteur que son esprit. Tout en elle est en ébullition, plus rien ne semble contrôlable. La main de Raizen attrape la sienne, l’attire jusqu’à lui, pour la faire asseoir sur ses jambes. Brusquement, la provocation semble n’être plus qu’un souvenir, comme si tout, maintenant, tendait à ce que cette joute se transforme en quelque chose de plus. Quelque chose de sulfureux, qui gronde dans chacun de ses membres, qui lui donne l’impression que, s’ils s’arrêtent, tout s’effondre.

Midori observe Raizen, curieuse de savoir quel chemin il va décider de suivre, maintenant qu’ils sont aussi proches l’un de l’autre. Va-t-il être la proie, ou le prédateur ? Va-t-il aller au bout des choses ? Prendre la responsabilité de chasser la chasseuse ?

Ses lèvres à l’assaut de son cou semblent répondre que oui. Dans cette ascension pour savoir lequel est le plus fort, ils se sont perdus. Ou plutôt, ils se sont trouvés. Midori bascule la tête sur le côté. Son souffle s’accélère, sa main serre celle de Raizen. Un flot de sensations incompréhensibles, nouvelles et terriblement agréables lui arrachent un soupir. Il y a tant à en dire, tant à découvrir. Tellement de choses qu’elle ne sait pas, mais qu’elle ne veut pas laisser passer. La pression sur sa main se referme, toujours un peu plus. Il s’amuse. À son tour, il découvre la peau de Midori, y laisse des marques. Il referme son piège sur l’albinos, qui choisit de ne pas fuir. Au contraire. S’il faut se battre, alors ici commence leur guerre.

De sa main libre, la Kazejin vient chercher la crinière brune, qu’elle serre doucement. Son propre corps lui demande plus, toujours plus. Elle a l’impression que son esprit et sa chair, à l’unisson, lui hurlent de plonger droit dans le conflit, de ne lui laisser aucune chance. De rendre ce qu’il lui donne. Lutter, encore et encore, pour qu’il comprenne qui commande, ici. Qui a le pouvoir sur l’autre.

Mais l’a-t-elle vraiment, ce pouvoir ? Le désire-t-elle tant ?

Lorsque Raizen saisit le lobe de son oreille avec ses lèvres, puis avec ses dents, Midori comprend que oui. Elle réalise que c’est l’appât de la victoire, qui la tient tant en haleine. L’envie de l’écraser, de lui montrer qu’elle peut se défendre, qu’ils sont deux à jouer. Il y a toutes ces émotions qui se mêlent, tous ces signes qui lui commandent d’en faire davantage, de ne pas lui laisser trop de terrain, pour qu’elle puisse revenir à l’assaut. C’est la chaleur qui grimpe, encore, toujours un peu plus, à en devenir haletante, presque étouffante. Pourtant, contre cette avalanche de sensations, il n’y a qu’un ordre qui résonne dans sa tête, le même, encore et encore :

Bats-toi.

Il cogne chaque recoin de son esprit, sans jamais discontinuer, dans un tintamarre infernal. Impossible à esquiver, impossible à repousser. Il est là, il est furieux, il est incontrôlable.

Contre l’assaut de ses lèvres sur ta peau, bats-toi.
Quand tu as la sensation de défaillir, de trembler, d’être plus faible, bats-toi.
Lutte, encore et encore. Montre lui à quel point tu es forte.
Bats-toi, Midori.
Parce qu’au fond, cette guerre, vous êtes deux à vous l’être déclarée.
Et il n’existe pas de guerre sans vainqueur.


Ses lèvres sur les siennes font exploser son cœur dans sa poitrine. Ses mains la libèrent, pourtant, il l’emprisonne. De la plus douce des manières, il referme son piège sur Midori. Il la tient, là. Il lui suffit de serrer un peu plus pour qu’elle ne s’en aille plus jamais. Pour qu’elle ne puisse plus s’en aller. C’est un contact fugace, insuffisant, qui revient un peu plus tard, dans une caresse. Qui fait vriller son esprit, qui lui donne l’impression que tout va très vite mais pourtant trop lentement.

Si c’est maintenant qu’il faut choisir entre fuir ou se battre, alors l’albinos a déjà trouvé sa voie. Elle sait déjà ce qu’il faut faire. La marche à suivre dans cette nouvelle bataille. Un large sourire carnassier étire ses lèvres. Ses prunelles incandescentes viennent chercher celles de Raizen. Un contact prolongé, qu’elle fait durer longtemps. Son souffle se mêle au sien, tous deux plus brûlants que jamais.

« Si cette guerre me permet de voir de quoi tu es capable … »

Midori caresse son nez avec le sien, en prenant soin d’effleurer ses lèvres.

« Alors, nous sommes en guerre. »

Elle recule un instant, pour s’adonner à une contemplation presque innocente. Raizen. Là. Sous ses jambes, sous son poids. En ce moment, il n’est qu’à elle. Il n’existe plus qu’eux. Il n’y a rien d’autre. Juste cette tension brûlante qui fait battre son cœur. Son sourire s’affirme.

« Et que le meilleur gagne. »

Sans prévenir, Midori revient à l’assaut, cette fois en faisant éclater chacune de ses barrières. Il n’y a plus de pitié, plus de douceur. Si Raizen veut la guerre, il obtiendra la guerre. Mais elle sera sans pitié.

L’albinos pose ses mains dans les cheveux du brun, sur lesquels elle exerce une légère pression pour faire basculer sa tête en arrière. Elle prend appui sur ses genoux pour le surplomber, le prendre de haut. Elle a le pouvoir, elle seule. Celui de le priver de ses mots, celui de le faire disparaître entre désir et ego, là où se joue une bataille de haut-niveau. Midori emprisonne les lèvres de Raizen avec les siennes, dans un contact plus sulfureux que jamais. Cette fois, c’est à son tour de se compromettre. C’est elle qui lâche prise. C’est elle qui se jette à corps perdu dans la mêlée, sans plus jamais craindre quoi que ce soit. Parce que c’est exactement ce qu’il lui faut. C’est ce qu’elle veut.

Doucement, la crinière blanche s’appuie sur le Kazejin. Elle relâche le contact. Le sourire sur ses lèvres en dit long sur tout ce qui se déroule dans son esprit. Sur tout ce qu’elle veut. Mais pas un mot. Pas un seul mot vient perturber l’offensive de la chasseuse. Elle laisse une seconde s’écouler, peut-être une seconde de trop, mais une seconde suffisante pour faire grandir l’envie qui la dévore. Elle revient, dépose ses lèvres sur celles de Raizen, cette fois pour en avoir plus. Sa langue se fraye un chemin, vient débuter un ballet sulfureux avec sa comparse. L’albinos lâche les cheveux bruns, laisse une de ses mains revenir sur la joue du jeune homme alors que l’autre se pose sur son torse. Pour le moment, aucune animosité, comme une trêve de la part de la Kazejin.

Elle rompt le contact, recule. Elle est de nouveau assise sur ses jambes, les yeux dans les yeux. Il lui a déclaré la guerre. Il lui a demandé de voir si elle pouvait le suivre. Midori pose son front sur celui de Raizen.

« Je ne te suivrai pas, à vrai dire. Je te dépasserai. »

Elle dépose un fugace baiser sur ses lèvres, presque une simple caresse, qui le touche sans le toucher.

« Et je volerai ton trésor. »

Midori pose ses mains sur son torse et l’embrasse une nouvelle fois. Plus bas, là où personne ne regarde, son bassin s’agite. Dans un souffle, il cogne contre le sien, juste une fois. Une première attaque, discrète, délicieuse. Celle qui scelle leurs destins à tous les deux. Qui signifie tout. Et les emporte dans une guerre violente, où la clémence n’existe pas. Où seule règne la fièvre de leur désir.

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Meikyû Raizen
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Dim 2 Fév 2020 - 1:57

Suivant le courant de la pente glissante qui se présentait devant eux, tout commençait soudainement à déraper alors que son souffle se mêlait au sien. Lentement, mais surement, Raizen se laissait aller, délaissant le côté calculateur qui le personnifiait pour se fier plus à ses instincts qui hurlaient vouloir davantage. En parfaite symbiose avec l’hymne perturbateur que Midori tentait d’imposer, ses réponses se faisaient toutes les plus coopératives les unes que les autres. Témoignant parfois de son léger côté rebelle, ils en revenaient à cette case de départ, celle où elle le surplombait, le prenant toujours de haut alors qu’elle croyait avoir mis la main sur l’objet de son désir.

Laissant dès lors ses sens suivre la rythmique de son corps, le Meikyû n’avait qu’un seul désir, aller au bout de cette provocation et de ce conflit. Ayant du mal à préserver son souffle, il se contentait de noyer son regard dans le sien, comme s’ils venaient tout juste de signer une alliance qui allait les mener à leur perte respective.

Cherchant en elle ce qu’elle cherchait possiblement en lui, il vint caresser soigneusement sa joue tandis qu’il réinitiait la passion qu’ils avaient tant combattue. Ne désirant soudainement plus combattre aux yeux de tous, il en faisait un cas privé, s’isolant de toutes distractions pour mieux saisir la passion soudaine qui naissait entre les deux chasseurs. À la fois prédateurs et à la fois cible, ils se complaisaient dans la découverte soudaine de leurs failles respectives.

Répétant dès lors le baiser langoureux qu’elle initia précédemment sous un hymne différent, il lui faisait à son tour voir le rythme sur lequel il évoluait tandis que son souffle s’affolait peu à peu.

Délaissant dès lors les jumelles magnétisantes qui avaient initié ce conflit, il laissa son souffle glisser le long de son visage alors qu’il traçait un sentier particulièrement riche en danger. De son cou à son buste, il prenait le temps de laisser ses lèvres et son souffle composer un rythme tout aussi intense qu’imprévu. Laissant dès lors place à la surprise, il s’amusait à découvrir les moindres réponses que lui offrait sa complice de duel. Au même moment, ses mains rendaient soudainement cette scène beaucoup plus réelle, beaucoup plus fatale et concrète alors que son haut cédait soudainement une épaule sous une manipulation habile de son emprise sur elle.

Laissant ainsi une brise glaciale venir caresser le derme de sa peau bouillante, l’éclectisme entre les deux mondes témoignait l’isolement dans lequel tous deux étaient soudainement confinés alors que son épaule témoignait d’une fragilité quelconque.

Embrasant littéralement le moindre signe de faiblesse de son adversaire, il freina son aventure momentanément pour la confronter d’un regard silencieusement calculé. Laissant transparaître ses intentions alors qu’il s’amusait dorénavant à déposer soigneusement ses lèvres sur son épaule dénudée, il prenait plaisir dans ce geste, tirant indirectement une satisfaction dans le chaos qu’il provoquait.

Partageant ce moment à deux, il alternait et calculait tranquillement son geste, délaissant ainsi le derme de son épaule, le temps que l’atmosphère lui offre une morsure d’impatience. Passant ainsi de la promesse à la réalisation, il ne tardait aucunement à venir compenser ce froid par la chaleur de ses lippes. S’adonnant même au plaisir de concrétiser la sensation en réalité par la douce, mais intense pression de ses lèvres.

Jouant sur l’éclectisme du moment, il vint de nouveau la défier du regard tandis que l’insolence en lui délaissait soudainement tout ce qu’il avait construit. Se contentant de prendre du recul sur la chaise, il vint se saisir de sa main avant de l’amener sur son torse tandis qu’il laissait l’absence de réponse nourrir une anticipation beaucoup trop intense pour être saine pour quiconque.

-Accroche-toi...

Soufflant ses paroles sur un rictus arrogant, mais intense, il laissa leur magnétisme réinitier leur éclat précédent.

Or, contre toute attente, Raizen décida d’amener leur conflit sur un autre terrain.

Lui faisant vivre une situation similaire à celle qu’elle lui avait précédemment imposée, c’était à son tour de la regarder de haut tandis qu’il s’était levé en la soutenant. Retournant la table tant au sens abstrait que littéral, il en profitait pour l’amener là où bon lui semblait.

Se plaisant à la faire redescendre de son piédestal alors qu’elle n’avait pas le choix de s’agripper à lui pendant ce moment, il l’amena calmement sur la table sur laquelle il la déposa sans pour autant briser la distance qui les séparait.

Au contraire, son front était toujours contre le sien alors qu’il s’amusait calmement à désarmer bouton par bouton Midori jusqu’à ce qu’il s’arrête soudainement. Déposant alors ses mains sur l’extérieur de ses cuisses, il n’avait aucun mal à témoigner qu’il serait toujours plusieurs pas en avance.

Verbalisant cette confiance en s’approchant de son oreille il poursuivit :

-On m’a toujours dit qu’il n’y avait rien de plus concret que de voir un trésor nous glisser entre les doigts...

Clairement, malgré son intensité et son degré d’implication, Raizen arrivait à manœuvrer dans ce genre de moment. Dévoilant ainsi une personnalité aussi passionnée que calculée, il entrait au plein cœur de la guerre pour mieux la contrôler.

C’était un jeu susceptible de le mettre dans de mauvaises situations, mais aussi une arme à double tranchant dont il assumait la quasi-totalité des risques.

Quoiqu’il arrive, il savait mieux que quiconque qu’il venait d’allumer une flamme qui risquait de le brûler tôt ou tard. Qu’il arrive à l’éteindre ou pas, ce n’était qu’une question de temps avant qu’il n’y ait un retour de flamme...

Celle-ci serait-elle explosive ou toujours aussi douce et passionnelle ? C’était une question à laquelle il n’avait pas la réponse, pour le moment.

Sur l’instant présent, il préférait nourrir cette intensité afin de prendre l’ascendant...

-Es-tu convaincue Midori ... ?

Un piège ou plutôt un début dont il avait retourné la situation ? Un peu des deux, mais dans les deux cas, il ne voyait pas un scénario dans lequel elle s’en sortirait sans réellement admettre que ce qu’il avait mentionné était plus que concret...

L’échiquier prenait maintenant une tournure très intéressante alors que la reine était confrontée à son roi dans un contexte bien différemment de la tradition...

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Hideaki Midori
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Mar 4 Fév 2020 - 1:11
les deux pies du désert;

fire
born of the flames of desire
this fire
give in to the hunger

Battements de cœur chaotiques. Plus rien n’a de sens. Toutes les sensations se succèdent, chacun de ses membres est parcouru d’une énergie nouvelle et incompréhensible. C’est la course, la course à l’extase, la course au plaisir. Si elle pouvait lui dire, si elle pouvait se laisser attraper, Midori lui demanderait de mettre fin à ses souffrances. Elle lui demanderait de l’emmener avec lui, aux portes de cet autre monde dont les livres parlent si bien. Qu’il la prenne par la main et lui fasse découvrir un univers nouveau, différent. Cette dimension interdite où les passions se mêlent, les âmes se dévorent. Cet endroit incroyable qu’on n’oublie jamais, où les baisers scellent cette union dévorante. Où le brasier qui consume le corps donne l’impression d’être vivant.

Il l’observe, découvre sa peau du bout des lèvres. Les caresses lui arrachent des frissons qu’elle ne réprime plus. Encore, encore, encore. Une mélodie délicieuse, qui la perd un peu plus dans les limbes d’un plaisir attendu, frustrant, qui ne vient jamais. Un plaisir qui se fait désirer, de plus en plus, à mesure que Raizen et Midori croisent le fer.

Lequel des deux succombera en premier ?
Lequel abandonnera les armes pour combler son désir ?
Lequel des deux acceptera d’être le perdant ?

L’albinos penche la tête, laisse de l’espace aux lippes malicieuses qui la dévorent. Une éternelle recherche du plus, du contact supplémentaire qui la fera chavirer. Celui qui la forcera à admettre sa défaite. Une recherche autant qu’une fuite, alors qu’elle sourit aux attaques incessantes sur sa peau. Elle pourrait abandonner, là, maintenant, accepter que les négociations soient terminées, lui donner ce qu’il recherche s’il lui offre ce qu’elle désire. Mais Midori est une chasseuse de trésors, elle ne veut pas qu’on lui donne par pitié. C’est une chasse, une guerre. C’est cette sensation dévorante qui part du creux de son ventre et se diffuse dans tout son corps. C’est le besoin de vaincre, le besoin d’asseoir sur sa domination sur le brun qui se pense plus fort.

Il la porte, la déplace. Elle atterrit sur la table, sans trop comprendre. Mais elle comprend la morsure qui s’éveille, là où les yeux ne se posent jamais. Ses prunelles viennent chercher celles de Raizen, alors qu’il s’approche un peu plus, se perd près de son oreille. Les mains sur ses cuisses, le souffle contre son oreille, tous ces signes entremêlés qui lui rappellent qu’elle n’est pas la seule joueuse. Dans cet interminable manège, ils sont entrés tous les deux.

Un sourire étire les lèvres de Midori. Un trésor qui lui échappe, hein ? Alors qu’il est si près, à portée de ses mains. Juste là. Il lui suffit de lever le bras pour le toucher, pour l’emmener. Ça paraît si facile, dit comme ça. Mais le bougre ne se laisse pas faire. Lui aussi veut vaincre, lui aussi veut prouver à la négociatrice qu’il a des arguments. Midori exhale un long soupir, entre frustration et satisfaction. Elle n’aurait jamais cru que ce serait si amusant, tout en étant presque énervant.

Un dernier soupir, une dernière question. « Es-tu convaincue ? » Sourire malicieux. « Es-tu convaincue ? » Puissant battement de cœur, pourtant rendu imperceptible par l’interrogation qui cogne dans son esprit. « Es-tu convaincue ? » Non, hurle l’âme rebelle au fond d’elle. Ce n’est pas aussi simple de la convaincre. Il en faut plus, tellement plus, toujours plus. « Es-tu convaincue ? » Comme si c’était si facile. Comme s’il s’agissait uniquement de ça. Comme s’il n’y avait rien de plus. Alors, à la question « Es-tu convaincue, Midori ? », la réponse est …

« Non. »

Simplement pour le déstabiliser, lui enlever la joie de sa victoire. Lui reprendre cette insolente fierté qui lui donne envie de le posséder. Elle relève les yeux, pose une main sur sa joue. Leurs souffles se mêlent, se caressent, comme si le contact de l’impalpable suffisait à tout relancer. Une tension brûlante, grisante, qui la pousse dans ses derniers retranchements.

Joue, joue avec moi, Raizen.

Un appel à la provocation, à davantage. Un grondement venu de ses entrailles martelées par le désir. Son sourire s’élargit.

« Tu sais pourquoi ? »



give in to the hunger,
cast off your inhibition,
let passion run wild.

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Meikyû Raizen
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Mar 11 Fév 2020 - 2:30

Planant dorénavant sur une toute nouvelle ligne directrice, la tonalité de leur symphonie semblait changeante et naviguait soudainement sur une linéarité beaucoup plus calme que prévu. Jouant sur un temps totalement différent de celui qu’ils partageaient initialement, Midori semblait s’y adapter, un peu trop à son goût. Renversant même la tension qui semblait se cumuler en sa faveur, elle s’adaptait, progressait et évoluait au fur et à mesure de leurs joutes.

Flirtant du regard avec celle-ci alors qu’elle démontrait de nombreux signes d’affection, Raizen se laissait de plus en plus emporter par ce mouvement provocateur. Cédant indirectement aux multiples signes de confrontation, il se complaisait un peu trop à jouer avec le feu.

Participant au dialogue, elle renchérissait beaucoup trop naturellement pour être une débutante à ce genre de jeu. Navigant en territoire inconnu comme s’ils lui appartenaient, elle marquait son territoire avec aise, laissant ainsi ces lèvres parcourir la totalité de son derme avant de lui infliger une morsure témoignant du fait qu’elle ne succomberait pas sans l’emporter avec elle.

Laissant un sourire briser son expression calculatrice, plus les secondes s’écoulaient, et plus Raizen réalisait qu’il s’était brûlé en voulant danser avec les flammes. Dorénavant, il était clair qu’elle comptait bel et bien dominer son territoire. Elle lui faisait d’ailleurs savoir, sans une seule once de gêne, comme si ce stade n’avait jamais existé.

Coup maladroit ou plutôt provocation explicite, il avait du mal à en jauger l’intention qui était pourtant très claire. Prête à céder ce sur quoi elle s’accrochait depuis le début, elle optait pour une déclaration imprévue, brisant ainsi tout avantage sur lequel Raizen avait construit ses pourparlers.

Similaire à une négociation, il était acculé contre le mur, enfermé entre les bras d’une femme aussi sensuelle qu’ingénieuse. Représentant la parfaite synergie entre l’intellect et l’émotionnel, ses tentatives se faisaient de plus en plus respecté par l’objet de son désir qui démontrait un certain signe d’hésitation.

L’espace d’une seconde, Raizen s’arrêta, freinant tout pour prendre le temps de se satisfaire de ce moment beaucoup trop intense pour ne pas être savouré. Noyé dans ses iris, il était charmé, perturbé, mais pourtant trop fier pour l’admettre...

Ayant atteint son objectif, il ne comprenait pas pourquoi il se sentait ainsi maintenant qu’elle avait admis être convaincue. Qu'en était-il de son cas ? Était-il vraiment convaincu ou s’était-il fait prendre au jeu de sa propre nature curieuse...

Laissant un silence planer tandis qu’il se faisait violence, la situation bascula au même moment où leur corps respectif chavira sur une tout autre histoire. Faisant taire toute réflexion, il laissa ses instincts guider le reste, comme s’il n’y avait plus aucune plateforme pour la moindre once de raisonnement. La notion du raisonnable n’était plus, plongeant la totalité de sa personne dans une expérience aussi chaotique qu’électrique.

Backed against the wall,
Thou shall explore the realm of fire & desire
Who shall not discover how to apprehend the flames
May burn by their own fears and inhibitions
Who shall embrace the flames
May be deemed conqueror of their own sins

Réengageant dès lors les hostilités comme pour signifier son désir de participer à cette pente fatale, il ne se déroba aucunement du contact physique. Au contraire, il le cherchait à travers chacune de ses respirations et chacun de ses gestes, comme s’il était magnétisé par celle qui s’accrochait à l’espoir qu’il succombe. Dorénavant, ils étaient adversaires, partenaires de crime tout aussi complice qu’un duo éclectique. Surfant sur des vagues contraires, leurs lèvres élaboraient la représentation typique de la relation qui s’installait entre eux. Œuvrant sur les thèmes de la haine porteuse d’attraction, ils s’aventuraient dans un monde où ils étaient les deux seuls créateurs.



How long until you realize what chaos is
How long until you realize the choice is not yours nor ours
How long until you realize chaos is something
That. Cannot. Be. Controlled
How long until you realize that we’re already falling
Right in the infinite cycle, where no rules apply
Also known as


Chaos.

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Mar 18 Fév 2020 - 3:21
les deux pies du désert;

there’s no regretting anymore,
it’s worth the wait even so far away,
I’m making the night mine until the day I die

Se croire toute puissante. S’élancer vers le ciel. S’attaquer aux plus grands esprits de ce monde. Conquérir. Il n’y a que ça qui l’anime. Le désir de vaincre, d’obtenir ce pour quoi elle se bat. Un caprice, ça ne pourrait être qu’un caprice.

Mais c’est une crise. C’est ce hurlement dans sa poitrine, cette morsure dans son bas-ventre. Ces sensations incontrôlables, qui la dévorent toute entière. Elle a envie de demander plus. De quémander plus. De briser les barrières que forment ses lèvres pour succomber. Accepter la tentation de plus en plus douloureuse, pour en obtenir un peu plus, juste un peu plus.

Ne serait-ce pas lui céder la victoire, cependant ? Admettre qu’il est meilleur. Le laisser prendre l’ascendant.
Ployer l’échine sous cette force indécente. Sous cette domination subtile, qu’il parvient à appliquer par des gestes, mais aussi des regards, parfois des mots … Bien qu’il soit étonnamment silencieux, pour une fois.

Une lutte incessante, dans laquelle Midori ne sait plus pour quelle raison elle se bat. À plonger aussi loin dans l’abysse, elle en a perdu toutes les notions élémentaires. Il ne reste plus rien de sa conscience, à part les lointains soupirs, les murmures qui traversent ses pensées pour réclamer, encore et encore.

Elle bascule la tête en arrière.

C’est la chute, la fin d’un monde, la fin d’un tout. Sa peau frémissante, son épiderme qui picote. Ses mains se posent sur la table, creusent le bois, alors que ses jambes lâchent prise. Et alors que Midori a l’impression de perdre pieds, elle comprend. Ce n’était pas qu’une négociation, ce n’était pas qu’une discussion pour savoir lequel des deux allait gagner. Depuis le départ, c’était une interminable guerre pour savoir lequel des deux avait le pouvoir. Lequel des deux n’avait pas besoin d’asseoir sa domination, car elle était déjà là, maintenue en sommeil pour suivre le principe de bienséance.

Mais que devient-elle, une fois qu’on l’a piétinée ? Une fois qu’on l’a laissée tomber ?

come on make me feel until the pain don’t matter
every second here makes my heart beat faster


come on make me feel alive.

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Jeu 27 Fév 2020 - 4:01

L’hymne du chaos était tout aussi particulier que bouleversant. Se jouant à deux comme une arme à double tranchant, le glaive de la passion stimulait autant d’excitation que de crainte. Illustrant la crainte à travers les nombreux frissons qui s’emparaient de son derme, la passion venait aussitôt rattraper le fruit de ses plus vives pensées d’un baume de chaleur.

Ayant pour enjeu bien plus qu’une victoire ou une défaite, tous deux se confrontaient dans leur monde respectif. Sondant la possibilité pour autrui d’y trouver une place, le temps d’un moment, d’une année ou d’une éternité.

Flirtant sur une frise du temps qui ne connaissait que pour suite le fruit de leur imagination, le Meikyû prenait le temps de subir les moindres assauts de son opposante. Aussi passionnée qu’intense, elle ne semblait pas dire son dernier mot, tentant constamment de changer la tournure des événements pour les dicter. Bien qu’elle se faisait habile dans ce jeu, ce n’était pas pour autant qu’il comptait la laisser reprendre les rênes de cette dérive effrénée.

Reine de sa passion et inquisitrice des terres étrangères qu’il représentait, il ne pouvait s’empêcher de se noyer dans son regard, comme s’il s’accrochait désespérément à l’espoir d’une pensée qui n’était plus. Délaissant totalement la possibilité d’en ressortir vainqueur, il acceptait de tout risquer pour poursuivre cette chute aussi inconnue qu’unique.

Comprenant sans appel qu’il était impossible d’en sortir vainqueur, il abandonna tout ce qu’il pensait pour laisser ses instincts prendre le dessus. Plus dangereux que l’être calculateur résidait l’être imprévisible, né de passion et de l’éclectisme qui naissait entre tous ses mécanismes de défense. Se voyant pourtant priver peu à peu des moindres menottes naturelles qui le maintenaient dans sa zone de confort, il amorçait son voyage avec une approche nouvelle.



Si Raizen s’était fait joueur au début, il avait dorénavant choisi son combat et sa lutte. La victoire n’existait plus. Tout dépendait maintenant de la hauteur à laquelle ils tomberaient... Qui lâcherait prise en premier ?

Parce que si l’un venait à chuter, il entrainerait l’autre dans sa défaite...

What if I told you being alive and feeling alive meant two different things?
What if I told you feeling alive is not even real?
What if I told you we’ve been dreaming all along?
Would you wake up or request to keep dreaming?
Would you keep going despite the risks?
Would you keep falling with me?
Even if it meant defeat ?
Even if it meant forgetting?
What if I told you,
Chaos is only the results of our action
The Continuity of our two worlds colliding
The Honors of two leaders falling
The Authority of two Governors breaking apart
The Oasis of two deep characters
And the Supernatural circumstances in which all of those elements are crumbling

What if I told you this story? Would you frame it with me even if there may be no tomorrow?

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Sam 29 Fév 2020 - 5:34
les deux pies du désert;

cage me like an animal,
a crown with gems and gold
eat me like a cannibal
chase the neon throne

Une chute progressive. Le sol se dérobe, dévoré par les flammes d’un désir de plus en plus difficile à contenir. L’instabilité de ce jeu, poussé à son paroxysme, porté à des extrémités qu’ils n’auraient pas imaginées. Mais le voilà. Le conflit entre leurs âmes joueuses, la collision entre ces deux êtres livrés à leurs pulsions.

Une course contre la montre, contre la dévorante envie de lui dire qu’il n’ira nulle part, qu’il n’a pas le pouvoir. Que ses actions sont futiles, qu’elle se défendra. Qu’elle parviendra à reprendre le contrôle. Qu’elle le vaincra. Mais toutes ces idées s’effacent de plus en plus, grignotées par la passion qui l’emprisonne. Ses forces s’amenuisent, toutes ses barrières disparaissent.

Il n’y a plus de victoire, plus de défaite. Juste une chute imprévisible, qui devient de plus en plus dangereuse. Une attraction surpuissante, qui finira par leur brûler les ailes.

Mais c’est un risque à prendre. C’est ce qu’elle veut. Ici et maintenant, il n’y a plus rien. Rien de plus qu’eux. Rien de plus que cette ascension. Rien de plus que le temps qui s’arrête.

Rien de plus que Raizen.

if I lose control
I feed the beast within


Qu’il ne la lâche pas, pas cette fois, pas les prochaines. Qu’il scelle le temps dans cet instant, qu’il l’emmène jusqu’à l’éternité. C’est une demande, c’est une plainte.

C’est le hurlement de son corps tout entier.

« Brûle-moi les ailes. »

C’est la fin de sa lutte.

cage me like an animal
a crown with gems and gold
eat me like a cannibal
chase the neon throne
if I could only let go.

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Meikyû Raizen
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Lun 9 Mar 2020 - 3:37

Alors que la conquête se faisait des plus palpable, Raizen se heurtait à un rythme beaucoup trop docile pour être réel. Tandis qu’il s’appropriait une réalité qui était la leur, la fluidité à laquelle il modifiait les pages de la destinée semblait irréaliste. Ayant vaguement l’impression d’être plongée dans une réalité connexe, une partie de lui se complaisait de cette finalité tandis que l’autre semblait se rebeller.

Synonyme d’anarchie, en pleine chute, il commençait à tout remettre en question, comme si quelque chose lui manquait. Sentant dès lors son cœur quitter l'axe synchronisation qu'il entretenait avec le reste son corps, il poursuivit calmement son œuvre.

En contrôle malgré l’étendue des enjeux, la facilité ne faisait pas partie de son rythme de réflexion. Déviant sur de la méfiance aux allures de crainte, son attitude changea soudainement. Ressentant une certaine dissonance entre les événements actuels et là où son subconscient l’amenait, il cherchait indirectement à se complaire dans cette linéarité.

Pourtant direct, plus il redécouvrait son art et plus il réalisait qu’il ne l’approchait probablement pas de la réelle manière. Observant le cadre qu’il avait posé de manière aussi fine qu’astucieuse, il fut forcé de prendre un moment de recul. Émergeant dès lors d’une fausse tranquillité pour être ramené par la douce braise de ses lèvres.

Ressentant immédiatement une montée d’adrénaline, on aurait dit qu’elle avait incendié quelque chose en lui. Pourtant, cette même déconnexion se faisait toujours sentir. De plus en plus vive, l’urgence de la situation atteignait un stade aussi critique que mystérieux.



The gossip & whispers, all carried your name
The passive aggression, deception relate
Now I guess that I'm paying for playin' my part,
You emptied me out when you hit it hard

S’il lui avait brûlé les ailes, elle avait su capter son attention.
Si elle avait abandonné, elle l’influençait tout autant à chuter avec elle. Désir brûlant, émotion ardente et moment tout aussi bouillant, les échos de leur moment créaient un conflit aux répercussions chaotique. Dès le début, il s’en était rendu compte. À leur premier échange, leur premier regard, leur première provocation, il l’avait vu venir...

And I could tell by the contact,
You've made up your mind
Thoughtless I want this to burn, less I'm willing
To take salt type

Et il était trop tard.

Nothing will grow, here, now
No, no nothing will grow, here, now
No no no no
Nothing will grow, here, now
Nothing will grow, here, now

Telle était l’issue de leur oeuvre.



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Hideaki Midori
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Jeu 19 Mar 2020 - 3:47
les deux pies du désert;


La chute. Brutale, intense, mémorable. Cette balle tirée en plein dans ses ailes, pour la laisser au sol. Il l’a vaincue. Quoi qu’elle en dise, quoi qu’elle raconte, cette bataille se solde par un échec.
Leur échec.

Emporté par l’albinos, le brun s’écrase à son tour, s’écroule progressivement. Si c’était la guerre, qu’ils menaient, alors il n’existe plus ni oppresseur, ni oppressé. À vrai dire, il ne reste plus rien. Et c’est probablement pour le mieux.

Son rythme cardiaque chaotique l’emporte petit à petit, lui rappelle à quel point son corps est fébrile. À force de lutter l’un contre l’autre, ils se sont brûlé les ailes. Deux Icare, inexorablement attirés par le Soleil, qui s’en sont approchés, encore et encore, jusqu’au point de non-retour.

Si c’était à refaire, Midori y laisserait plus que les ailes.

Make a wish and I’ll count to three,
Press the button and we’ll both be happy.



On ignore souvent à quel point on perd, à quel point on gagne, quand on se jette toute entière dans l’aventure. Mais on n’oublie jamais le prix, ni la récompense.

Icare chute, s’écroule, vaincu. Vaincu, mais heureux. Heureux, parce qu’il n’a pas fait que tomber. Dans sa chute, il a emporté le plus redoutable de ses ennemis. Le plus puissant.
Dans sa défaite, Icare a emporté le Soleil.

Pour la plus sulfureuse de toutes les danses. Un ballet inoubliable, où le plus aguerri des négociateurs finit aussi par lâcher prise.

What we do when the power’s out ?
What do we do when the lights go down ?
What we do when the power’s out ?
What do we do when the lights go
Down, down, down, down, down.

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