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Lecture Ethnologique [Hotaru]

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Hokazuka Liuqin
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Ven 27 Déc 2019 - 18:43
Une contrée dangereuse dont les habitants sont aussi sauvages que leurs terres, et dont le manque d'informations présentes entre les mains du Yuukan continental était personnifié par le brouillard entourant l'archipel. Cette brume elle-même était d'ailleurs chargée de ses propres mythes. Tantôt à l'origine de mirages, tantôt constituée du sang de ses ennemis, voici comment on parlait de l'ombre encerclant Kiri, à l'étranger. Même si Liuqin a passé l'ensemble de son voyage la tête chargée de ces histoires, la gorge de plus en plus sèche à mesure que la brume lointaine s'approchait de lui pour finir parcouru d'une sueur froide lorsque les premières perles humides vinrent se déposer sur son visage, ses craintes furent effacées très rapidement.

En posant le pied sur le Port Naragasa, entouré de son drap marron clair, c'est le spectacle d'une ville active qui se déroulait devant ses yeux. Contrairement aux récits déformés, Kiri la Grande n'avait rien d'archaïque. Son architecture était semblable à celle d'autres grands villages. Un oeil avisé et expert aurait pu remarquer dans les bâtiments quelques traces de reconstruction et de réutilisation de fondations. Mais heureusement, l'oeil de l'Hokazuka n'était pas un oeil expert. La population semblait en effervescence. Beaucoup de citadins discutaient et un afflux de caisses incessant faisait le transit entre les docks et le reste de la ville. Au détour de quelques jetées d'oreilles indiscrètes, Liuqin put entendre la mention d'un Festival d'Automne. Ce village barbare semblait bien candide, finalement.

À présent sur les Îles depuis plusieurs jours et ayant rempli toutes les formalités nécessaires auprès de l'administration locale, le jeune brun séjournait dans sa chambre d'auberge. La présence d'un animal long de deux mètres a bien sûr posé quelques tribulations pour trouver un couchage volontaire. Après tout, au bout de deux sièges étrangers, loger un pérégrin devient de moins en moins recommandable. Alors accompagné d'une bête puante et bruyante, les complications sont doublées. Mais Liuqin ne connaissait pas l'histoire de la défense kirijine face aux étrangers envieux. Mais il a malgré tout réussi à trouver un endroit où loger, une auberge modeste avec peu de lits et reculée du centre. Après avoir vécu dans la forêt ce n'est pas vraiment un lit qui allait déranger l'Homme-cerf. Non, il s'inquiétait davantage pour son partenaire, de peur qu'il n'étouffe dans cet espace mitoyen.

Souci supplémentaire, le budget du jeune homme était limité. Il ne saurait camper éternellement dans cette cambuse même s'il le souhaitait. Sans oublier que les propriétaires n'eurent de scrupule à alourdir la facture du séjour du fait de la présence de l'animal dans la chambre. À tort ou à raison, Liuqin n'était pas là pour en juger. Mais les faits sont les faits, la situation ne pouvait pas durer. Il lui fallait gagner de l'argent. S'il souhaitait travailler pour Kiri, il devrait d'abord connaître Kiri. En ce sens, sa première idée a été de se diriger vers la bibliothèque locale et dévorer le moindre codex relatant de l'histoire de la nation, ancienne ou contemporaine. Il prit donc son cerf, ses affaires, régla sa facture quotidienne puis se dirigea de son hospice éloigné au centre névralgique de la Cité. De là, il put trouver son chemin jusqu'à une bibliothèque quelconque, son animal tenu à ses côtés et non le dos sous son fessier. Bien sûr, la première pensée face à ce bâtiment fut relative à son compagnon; devra t-il le laisser à l'extérieur ou lui sera t-il possible de l'accompagner ? Les deux n'étaient pas inséparables, Otsuno n'était pas un doudou. Mais il préférait malgré tout passer le plus de temps possible avec lui.

En même temps que lui vint cette pensée, Liuqin aperçut un homme habillé en tenue ample mais courte. De dos, il ne put détailler son visage mais sa chevelure semi-courte brune restera dans sa mémoire. S'approchant de lui pour quérir son aide, il lui tint à peu près ces mots :

"Mes excuses. Sauriez-vous si je dois laisser mon animal pour rentrer ou est-ce qu'il peut rentrer avec moi ?"



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Ven 27 Déc 2019 - 21:53

Une journée de plus à la bibliothèque. Cette fois, Hotaru ramenait la grosse pile de volumes que Madame Enso - la bibliothécaire - lui avait donnée à emporter lors de sa première venue. Il les avait tous lus - ou presque - et en avait retenu l'essentiel, qu'il avait compilé sur quelques cahiers soigneusement entreposés chez lui - il se sentait une âme d'archiviste de plus en plus poussée. Et maintenant, il vagabondait dans les rues de Kiri, légèrement titubant sous le poids des énormes poches de livres qu'il portait, mais un sourire un peu béat aux lèvres. Il était plus que content d'avoir acquis les bases théoriques que lui avaient offert ces ouvrages, et maintenant il n'avait plus envie que de passer à la pratique. Mais ça, c'était une autre affaire, et ce ne serait pas à la bibliothèque qu'il s'y adonnerait.

"Ah, c'est toi ! Alors, fini de lire ?

-Presque. J'ai lu l'essentiel, en tout cas, et ça me suffit pour l'instant. Donc je vous rapporte tout ça ..."

Madame Enso sourit. Un sourire qui avait l'air étrangement triomphal, aux yeux de Hotaru.

"Tu as un esprit de synthèse, c'est une bonne chose. Et de la curiosité. Tu n'as jamais songé à devenir bibliothécaire ?"

Cette fois, ce fut Hotaru qui sourit. Il était flatté.

"Il n'y avait pas de bibliothèque dans mon village natal, je ne les connais pas assez bien pour prétendre y travailler.

-Ca s'apprend. Je pourrais t'apprendre, si tu veux. Les tâches basiques ne sont pas si compliquées. Et pour le reste, tu n'es pas obligé de chercher à le faire tout de suite.

-C'est gentil, mais pour l'instant mon travail de shinobi me suffit, et occupe suffisamment mon temps.

-Apparemment pas, si tu as encore l'occasion de lire."

Ils s'échangèrent des regards malicieux, et Hotaru confia à la bibliothécaire l'énorme pile de livres. Lorsqu'il la vit s'éloigner, les bras chargés, il se dit qu'elle était tout de même étonnante par certains aspects. Son "Chut no Jutsu" de sa première visite lui revint en mémoire, et il se demanda si elle-même n'avait pas un passé de soldat. Etait-ce une reconversion envisageable pour un shinobi, que la carrière de bibliothécaire ? Ce ne serait pas si mal ...

Il y réfléchissait en sortant de la bibliothèque. Il ne comptait pas y retourner tout de suite, préférant essayer de se créer une porte d'entrée à l'hôpital, mais il fut interpellé par un inconnu. Il se retourna, et vit d'abord l'homme. Puis la bête. Il ne répondit pas tout de suite, un peu interloqué par cette situation somme toute assez inhabituelle (même à Kiri, c'est dire).

"Euh, eh bien ... C'est que ..."

Il se redonna une contenance en se raclant la gorge, et remit ses idées en place.

"Je pense qu'il vaut mieux le laisser dehors. La bibliothécaire a un petit côté autoritaire, et je doute que cela lui plairait de voir votre animal s'introduire dans son domaine ..."

Il considéra l'animal un peu plus avant. C'était un cerf. Il était beau. Pas très différent de son propriétaire, physiquement.

"Il est joli, votre cerf. C'est la première fois que j'en vois un de si près. Il a un p'tit nom ?"

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Sam 28 Déc 2019 - 3:23
La réponse de son interlocuteur ne fut pas positive. Bien naturellement, un brin de déception saisit l'Hokazuka, mais rien de bien insurmontable. L'autre brun, cela dit, fut désarçonné par l'approche de Liuqin. Peut-être aurait-il dû travailler son introduction ? Qu'importe, le mal est fait, avançons. De plus, le kirijin est vraisemblablement passé à autre chose lui aussi, affirmant sa réponse. Apparemment la femme en charge de ce lieu n'était pas commode. C'était un trait de caractère partagé par beaucoup de femmes de son état, exténuées par la difficulté de devoir tenir en laisse tant de monde dans un même espace. Ces notions et images classiques n'étaient pas étrangères au jeune homme. Malgré une vie à Hayashi, il a également grandi au Pays du Feu avant l'exil de son peuple, une nation urbanisée. Il fut plutôt surpris du fait que Kiri, une nation en autarcie, connaisse les mêmes personnages que le reste du Yuukan. Comprendre la Cité de la Brume pourrait bien ne pas s'avérer si ardu qu'il ne le pensait. Mais d'où peuvent bien venir toutes ces fabulations sur Kiri la Sanglante ? Est-ce réellement une déformation ou une image à la peau dure née des actes d'anciens habitants ? Par moment, il lui arrivait même de se demander s'il ne s'était pas trompé de destination tant les récits diffèrent des faits. Mais qu'importe la réalité, ses réponses se trouveront dans ce bâtiment.

L'Hokazuka remarquait cependant que son interlocuteur référait son partenaire par un "votre animal". Son cerveau s'en rendit compte, mais ses mots ne revinrent pas sur ce fait. En effet, malgré toute relation symbiotique entretenue par les deux et fruit non-anodin de divers entraînement, il arrivait encore à Liuqin de parler de "son animal" au lieu de son compagnon. Les mots avaient peu d'importance dans ces moments-là. Il connaissait la réalité des faits et de leur relation. Il ne saurait reprocher à un étranger à ses arcanes de considérer Otsuno comme un animal de compagnie. Qui saurait soupçonner l'inverse, d'ailleurs ? Quoi qu'il en soit, la remarque du côté autoritaire de la bibliothécaire causa de manière presque inévitable l'image d'une parodie de vieille femme aigrie dans l'esprit du brun aux cheveux longs, sachant lui arracher l'esquisse d'un sourire amusé qui à juste titre ou non pourrait se faire traduire par de la compréhension pour quiconque ne loge pas dans son esprit.

L'homme en face de lui, cependant, prit un petit temps pour toiser la bête. Liuqin en conclut que les cerfs n'étaient pas communs au sein de l'archipel. À moins que cela ne soit le cas que pour la Kiri urbaine. Qu'importe, il le saura bien assez tôt, mais dans tous les cas le cerf n'était pas un animal emblématique de la région. Après un compliment glissé, le kirijin n'oublia cependant pas de mentionner avoir déjà vu cet animal avant, seulement pas aussi proche de lui. L'espèce n'est donc peut-être pas absente des îles. À moins que ce dernier soit également un étranger ? Rah, assez de questionnements. Certes, l'Hayashijin en était rempli car découvrant tout, mais même pour lui c'était trop. Avançons dans cette bibliothèque et finissons-en.

L'Hokazuka ne put s'empêcher de s'arrêter sur le choix des mots de son interlocuteur; "Il est joli", "C'est la première fois", "Il a un p'tit nom ?". Des mots si simples, une notion de découverte, de nouveauté. Quelque chose de pur se dégageait de cet homme, voire d'innocent. Liuqin s'est d'ailleurs surpris à se demander si l'Homme des Brumes n'était pas plus jeune que lui. On ne saurait dire s'il avait trouvé cette pureté "séduisante", mais dans tous les cas, cela forçait l'affection. Et ce, en si peu de mots. Liuqin faisait grand cas des gens bons.

"C'est bien gentil de votre part. Il s'appelle Otsuno. Vous pouvez le caresser, si tu veux. Il n'est pas bien farouche, quoi qu'un peu paniqué par tant de monde autour de lui."

Cette confusion dans les pronoms n'échappa pas au jeune homme. Mais il a toujours cru que si une erreur était commise, il ne devait pas y réagir au risque de la rendre évidente. Avec un peu de chance, son indicateur ne le remarquera pas ou au pire, n'y accordera pas bien grande importance. Laissant le temps à ce dernier d'agir en réaction aux mots de l'Homme des Bois, celui-ci en vint à sa requête principale :

"Le rayon historique du bâtiment est bien fourni ? J'ai soif d'en apprendre sur Kiri, voyez-vous."

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Hotaru
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Sam 28 Déc 2019 - 12:19

Otsuno ? C'était un nom avec une petite consonance curieuse. Peut être un étranger ? Sans doute, même. Au vu de ses questions, il n'était pas du coin. Ce n'était en aucun cas un reproche. Après tout, Hotaru était toujours, lui aussi, une sorte d'étranger à Kiri. Ou plutôt, un néophyte. Il se faisait un plaisir, cependant, d'aider son prochain, surtout quand celui-ci était dans la même galère que lui. Il se crée une sorte de solidarité quand deux être rament dans la même direction, inévitablement. C'était un peu de cela que Hotaru avait voulu transmettre à ses nouveaux collègues de promotion, lors de la réunion organisée par leurs supérieurs. Ce n'était qu'en se serrant les coudes qu'ils arriveraient à quelque chose.

"C'est un joli nom, ça."

Hotaru sourit en direction du cerf. Il savait bien que le geste en lui-même n'avait aucune signification à l'égard d'un animal, mais c'était la sympathie et la bienveillance qui émanaient de lui qui importaient. Il tendit la main vers la tête de l'animal, l'arrêtant à une distance suffisante pour ne pas l'effaroucher.

"Bonjour toi."

Il se laissa humer, et lécher le bout des doigts. Il ne s'y connaissait pas beaucoup avec les bêtes, mais il avait certains principes de base. Ne pas les forcer. Les laisser venir à soi, à son rythme. Les laisser nous apprivoiser avant de chercher à le faire. Un peu comme les humains, en fait.

Il caressa un peu la fourrure du cerf, avant de reporter son attention sur l'inconnu.

"Il n'est pas trop mal. La bibliothèque n'est pas consacré à ce genre de sciences en premier lieu, alors ce n'est pas le rayon le plus fourni de tous, mais on peut y trouver satisfaction pour les bases de l'histoire du village."

Cet homme l'intriguait. Les gens s'intéressant à l'histoire étaient rares, surtout dans les murs du Complexe. Et concernant cette discipline, Hotaru n'était pas le dernier intéressé. L'histoire des différents clans qui peuplaient le village, et le Yuukan dans son entièreté, d'ailleurs, l'intéressait particulièrement.

"Ce n'est pas commun de rencontrer des nouveaux arrivants à Kiri à la bibliothèque. D'où venez-vous, tous les deux ?"

Il incluait bien évidemment le cerf dans le duo, puisque les deux êtres semblaient liés assez inévitablement.

"Désolé si la question vous importune, je suis juste curieux ..."

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Sam 28 Déc 2019 - 19:39
La bête se laissait faire sans pour autant s'approcher du jeune homme. Certes il vint renifler la main et la lécher lorsque celle-ci se présenta, mais il procédait sans regarder le mizujin. L'animal, quoi qu'habitué à la présence de l'être humain, restait un cerf. Une bête pragmatique et fière, peu affective. Mais le petit homme ne le dérangeait pas, pour l'instant. Otsuno avait pour habitude de regarder dans une autre direction, torse bombé, lorsque quelqu'un lui parlait. Et si cette personne essayait de déplacer son visage pour faire face au sien, il se déplacerait également en réponse tel deux aimants s'expulsant.

Une fois ce rapide interlude affectif animal passé, Liuqin eut les réponses à ses questions. S'il cherchait des approfondissements c'est ailleurs que sa recherche devrait se porter. Heureusement, même si toute la bonne volonté du Yuukan l'incarnait à l'instant, c'est d'une introduction dont l'homme-cerf avait besoin. Cela suffirait, pour l'instant. Un sourire satisfait servit de réponse pour son interlocuteur accompagné d'une rapide inclinaison du visage en guise de remerciement.

La discussion prit ensuite un tournant plus personnel. Les deux garçons auraient pu faire cesser leur conversation ainsi. Après tout, Liuqin avait eu les réponses qu'il désirait et son collègue n'avait plus à être importuné. Mais le choix a été fait de continuer. Très bien. La question des origines de l'Hokazuka fut abordée. Que devait-il répondre ? Il a certes déjà fait face à cette question lors de ses récents déboires administratifs, mais le flou laissé dans son esprit par cette demande était toujours aussi épais que la Brume l'ayant accueilli à son arrivée sur ses terres. D'où venait-il ? À force de vivre en clan, cette question ne lui était pas souvent posée. Mais à présent que lui fallait-il répondre ? Il était né au sein des Inuzukas du Pays du Feu, pour ensuite devenir un Hokazuka apatride et se sent à présent Irmagreba d'Hayashi à défaut d'être un p'irvilebi pur sang. Une question si anodine en révéla une autre bien plus générale. Qui était-il ? Pourra t-il un jour répondre "kirijin" ? Est-ce seulement un objectif ? L'ensemble de ses réflexions se déroulèrent en un fragment de seconde exprimé par une légère absence dans son regard pendant cette même fraction.

"Je viens du Pays du Bois, Hayashi. Une contrée coincée entre le désert de Kaze et les hautes montagnes de Tsuchi, si vous ne connaissiez pas."

Très vite, il se rendit compte de la teneur de sa description.

"Bon, dit comme ça le Pays du Bois semble désolé mais je vous assure qu'il s'agit d'une large forêt luxuriante bien à l'abri des éventuelles ambitions de ses voisins"

Essayant de rendre l'atmosphère plus amicale et apporter une réponse favorable à la curiosité sympathique de son camarade, Liuqin ajoutait un sourire chaleureux à sa phrase. Il ne releva pas les excuses de son compère, d'ailleurs, préférant simplement rire en montrant ses mains, signe que tout allait bien.

"À vous entendre, j'en déduis que vous n'êtes pas aussi étranger que moi à cette terre. Kiri accueille souvent des nouveaux venus ?"

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Dim 29 Déc 2019 - 10:45

Un étranger venu de Hayashi, donc ? Ca, ce n'était pas banal. Logique qu'il veuille se renseigner sur l'histoire de Kiri. Ce n'était pas exactement la porte à côté quand on venait du continent, et encore moins quand on venait de Hayashi. Hotaru situait vaguement le pays sur une carte. Il s'étonnait qu'on puisse faire un si long voyage simplement pour rejoindre un village duquel on ne connaissait pas grande chose. Ou plutôt, il en était admiratif. Entreprendre un tel périple avait dû demander une bonne dose de courage. Ou d'être poussé par des événements ... Dans les deux cas, de toute façon, le visiteur méritait la meilleure hospitalité possible. S'il était venu trouver un foyer à Kiri, alors il était du devoir des Kirijins de ne pas le décevoir.

Hotaru eut un léger sourire à la réflexion de l'inconnu. Il était ravi de pouvoir passer pour un natif, même si ce n'était pas tout à fait la vérité.

"Je ne suis pas aussi étranger que vous, c'est vrai, mais je ne suis pas non plus un natif de Kiri. Il y en a très peu, d'ailleurs. En fait, je suis arrivé très récemment au village moi aussi, pour y prendre le bandeau."

Il désigna le bout d'étoffe bardé de métal enroulé autour de son bras gauche.

"De ce que j'en sais, un bon nombre des effectifs dans les rangs des shinobis sont des nouveaux venus. On s'est réunis, il n'y a pas si longtemps, pour créer une sorte d'esprit de corps. Après pour les civils, je ne pourrais pas trop vous dire."

Hotaru considéra plus attentivement l'étranger. Pourquoi était-il venu à Kiri, et dans quel état ? Comme simple civil, ou se destinait-il à une carrière militaire ? Hotaru n'était pas en mesure de déterminer s'il possédait quelque pouvoir secret que ce soit, mais il devait bien y avoir pléthore de gens comme ça dans les lointaines terres de Hayashi. Peut être que son animal, qui n'avait pas l'air banal, avait quelque chose à voir avec des possibles capacités hors-norme ?

"En tout cas, si vous avez besoin d'un guide, n'hésitez pas. Je ne connais pas complètement le village, mais ce serait un plaisir de continuer à l'explorer en bonne compagnie."

Et il ponctua sa phrase d'un de ses habituels sourires bienveillants. Ca, c'était de l'accueil kirijin.

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Dim 29 Déc 2019 - 19:58
Les sourires ne cessaient de s'échanger. Et il semblait que cet afflux n'était pas prêt de connaître une interruption. D'aucuns seraient d'accord pour dire que de telles pratiques donnent un aspect superficiel à une conversation. Mais après tout on ne saurait demander autre chose à ses deux hommes. Aucun des deux ne connaissait le nom de l'autre. Liuqin avait conscience de ça, et malgré le séjour en surface du niveau de l'échange il se satisfaisait de la sympathie du kirijin.

Le kirijin devint L'Étranger. Il n'était pas de cette terre. Et d'après les dires de ce dernier son cas était majoritaire au sein de la Cité. D'où venait-il alors ? Face à cette remarque, le Cervalier tint un regard inspecteur sur ses alentours. Le village était si actif. Sa démographie n'était pas au niveau des rumeurs qui lui sont parvenus sur la population de la capitale de l'Empire du Feu mais la Brume n'avait pas non plus à rougir. Non pas qu'elle le fasse, d'ailleurs. Cela dit, ce fait surprit l'hayashijin. Tant de gens entre ces murs mais si peu sont nés ici. Il n'avait jamais entendu parler de l'archipel comme un haut-lieu de migration. Jamais n'avait-il eu vent d'un cousin ou d'un ami de la famille installé là-bas. À moins que ce flux soit nouveau et inscrit dans une chronologie parallèle à l'exil de son peuple vers une terre où les nouvelles du monde se font plus rares. Qui sait ? Une autre hypothèse était envisageable, ce mouvement était dû à une politique du Pays centralisée sur sa capitale donnant lieu à une migration interne. Dans tous les cas, Liuqin ne serait pas la cible étrangère au milieu de chauvins refermés sur eux-même. Il n'était pas là pour juger du regard que porte Kiri la Grande sur ses étrangers, mais cela l'arrangeait.

"Prendre le bandeau". Cette tournure de phrase transporta l'Hokazuka vers un temps où il était encore l'Inuzuka. Un temps où des crocs rouges sertissaient ses joues. Un temps où on l'avait destiné à lui aussi prendre le bandeau. Bien que né à une époque où son pays n'avait pas encore institutionnalisé la question shinobi, le contexte spatial, lui, fait qu'il fut élevé au sein d'un clan guerrier. Loin d'être belliqueux, ils étaient quand même les protecteurs d'arcanes martiaux. À 10 ans, il ne lui restait que deux ans avant de suivre un enseignement plus rigoureux porté par son père quant aux questions relatives au chakra et son utilisation. Puis survint le Génocide. Un balayage du visage vint faire cesser la roue de ses souvenirs avant que celle-ci ne le porte jusqu'à des images plus profondes. Le temps n'était pas à la perdition. Sans exprimer tout ce qui venait de traverser sa tête, Liuqin se contentait d'acquiescer tout en observant l'étoffe de son guide. S'il devait porter ce même tissu, où l'arborerait-il ?

La suite de la discussion prit ensuite des aspects de choix. Deux virages se déroulaient face au sentier sur lequel marchait les deux compères. Soit Liuqin remerciait son bienfaiteur et accomplissait ce qu'il était venu faire à la bibliothèque. Soit il prolongeait sa compagnie en même temps que sa connaissance du Village. Il ne saurait dire s'il s'agissait de la manifestation de ses désirs ou un simple retour sympathique de don, mais la seconde option fut celle que le Cervalier choisit.

"Je ne suis pas contre une exploration des lieux. Après tout, les milieux urbains me sont encore à appréhender." dit-il d'un sourire se voulant calme.

"Pour tout vous dire, mon innocence quant aux océans aurait pu rendre mon voyage catastrophique. Pourrions-nous voir la mer ?"

Après une telle demande, Liuqin s'inquiéta de son influence sur la suite des événements. Tout dépendrait de la réponse de son camarade, mais l'Hokazuka venait en quelque sorte d'imposer un programme à ce dernier. L'Hayashijin ne souhaitait pas écraser la volonté du Mizujin ou risquer de lui imposer des sacrifices. En retour, il essaya d'être plus avenant et appréciable, façon involontaire de s'excuser de sa maladresse :

"Mais avant tout dîtes-moi, comment vous appelez-vous ?" demanda le brun une main vers Otsuno pour le récupérer et l'autre tendue vers son guide et bienfaiteur afin de la lui serrer.

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Lun 30 Déc 2019 - 22:57

Hotaru sourit - encore. Il était content d'aller marcher en compagnie de ce nouveau venu. Ils avaient l'esprit encore frais, et semblable au sien, qui ignorait encore la corruption de la ville. Il se plaisait à la compagnie de gens au coeur pur, et aux histoires lointaines. Il y avait un monde, par-delà les vagues et les îles, qu'il ne demandait qu'à explorer. Les livres étaient le premier bateau qui pouvait l'y conduire. Les récits des voyageurs, récoltés de vive voix, étaient le second vaisseau. Il espérait bien, cependant, pouvoir un jour s'embarquer dans un véritable navire et aller voir de ses propres yeux les merveilles et les laideurs des terres du continent.

"C'est très bien. Partons maintenant, dans ce cas. Ainsi, vous n'aurez pas à vous séparer de votre cher animal."

Il devinait bien que le lien qui unissait un humain à un animal comme celui qui unissait Otsuno et Liuqin ne pouvait être de l'ordre du simple naturel. Il ne savait quoi, mais quelque chose se cachait derrière cette proximité. Ca ne le fascinait pas vraiment. Simplement, il s'émerveillait de la simplicité de la chose, comme si c'était une évidence.

"Je m'appelle Hotaru. Tout simplement, Hotaru."

Et, tout en souriant, il replia son bandeau de shinobi qu'il cacha dans une des poches de son pantalon.

"Vous vous rendrez bien vite compte que l'on est bien plus tranquille à Kiri quand on ne porte pas ce genre d'accessoire. Si jamais l'idée vous passait par la tête de vous en procurer un, bien sûr ..."

Il ne faisait de toute façon aucun doute que Liuqin et son compagnon animal n'auraient aucun mal à attirer l'attention, si jamais c'était bien leur intention. Leur duo était pour le moins atypique, même pour les ruelles de Kiri. Hotaru frappa dans les mains, comme pour se donner de l'énergie.

"BON ! Vous voulez voir la mer ? Pas de problème ! Ce n'est pas ce qui manque à Mizu, et, franchement, vous ne pourriez jamais vous intégrer dans ce pays si vous ne la connaissiez pas un peu. Ah, la mer ..."

De la main, il fit un geste un peu ridicule, mais lyrique.

"C'est quelque chose quand même."

Et il ouvrit la marche, guilleret. Il ne savait pas trop pourquoi, mais cette rencontre impromptue lui avait donné une certaine énergie. Le hasard des jours, sans doute, ou quelque chose comme ça ...

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Mar 31 Déc 2019 - 2:12
Tout se déroulait si facilement avec Hotaru. Liuqin demandait, et les voici en direction de la mer. C'était reposant pour l'Hayashijin. Il y a moins d'une semaine il avait traversé contrées et contrées à pied puis supporté les espaces restreints de transports maritimes pour enfin arriver jusqu'à Kaminari et traverser cette nation sans réellement dormir car ne supportant pas de rester dans un pays subissant l'empreinte du Teikoku pour ensuite reprendre un bateau étriqué puis subir le poids d'interrogatoires douaniers puis la charge de procédures administratives et jusqu'à encore cette nuit il logeait dans une auberge miteuse. Et tout ça, seul. Sans le soutien de personne sauf le regard d'Otsuno qui apportait plus de culpabilité dans le coeur de Liuqin que d'espoir. Il ne s'était pas reposé. Et face à toutes ces épreuves, un beau jour, tout semblait s'écouler comme s'il suivait le long d'un ruisseau. Des sourires s'échangeaient et pour la première fois depuis des mois, l'Hokazuka ressentait de la chaleur, un peu d'humanité. En repensant à tout ça, il ne put s'empêcher de ressentir une certaine reconnaissance et espérer un jour qu'il puisse appeler cet homme son ami.

Était-ce un piège ? Tout se déroulait si bien aujourd'hui. Si c'en était un, le brun aux cheveux longs n'avait pas la force de le combattre, Il ne l'avait plus. Après cette réflexion, l'oeil du jeune homme se tourna vers son compagnon de toujours. Malgré toute la culpabilité qui l'alourdissait du fait d'avoir privé son ami de son environnement naturel, il se sentait quand même reconnaissant que ce dernier le suive en toute circonstance.

"Quel horrible partenaire je fais. Je te remercie d'être aussi borné et d'accepter mes caprices, de me supporter et de m'aider à maintenir cette union indivisible. Merci." pensait-il.

Quoi qu'il en soit, Liuqin avait maintenant un prénom à mettre sur ce visage : Hotaru. Il saurait le garder en mémoire. L'absence de nom de famille devrait faciliter cette opération. Est-ce normal et répandu pour les gens de ce pays de ne pas avoir un autre nom ? Cela se mérite t-il ? Ou est-ce réservé à une élite aristocratique ? Pas besoin de demander. L'Hokazuka obtiendra la réponse à cette question au fil de son temps passé dans la nation, bien assez tôt croyait-il.

Le sujet de la discussion revint sur le port du bandeau de shinobi. Hotaru avait l'air de prendre cet objet pour un poids, un fardeau. Liuqin interprétait-il mal son propos ? Ou les shinobis sont-ils ici tous mus par ce même sentiment pesant ? C'était une façon noble de voir la chose et qui donnait une certaine esthétique tragique à la chose. Après tout, un militaire se sait prêt à mourir pour la protection de sa patrie, n'est-ce pas là le faîte du tragique ? Mais la pensée du jeune homme était à relativiser. Les plaintes du mizujin étaient bien loins d'atteindre le registre de l'effroyable. Juste d'un peu trop d'attention. Mais cette élégie ne fut pas développée. Qu'entendait-il par "plus tranquille sans" ? Très vite, l'esprit du Cervalier l'amenait à des images de persécutions de shinobis et de martyrs. Se mettait-il en danger en s'exposant avec cet homme ? Après toutes ces épreuves Liuqin était forcé d'être sur la défensive et ce, sans même s'en rendre compte. Mais il n'avait plus la force de l'être. Alors danger ou non, il se laisserait porter par le flot du ruisseau aujourd'hui.

Malgré l'incessant torrent de questions et le tourment tourbillonnant dans cette tourbière mentale qu'était la trogne de Liuqin, ce même visage n'exprimait qu'un sourire chaleureux vers son bienfaiteur. Le jeune homme a toujours eu du mal à percer la coquille qui séparait son intériorité de son expression. Non pas qu'il mente en déployant un large sourire, mais il ne se livrait assurément pas entièrement. L'avait-il seulement déjà fait ? En avait-il la nécessité, dans l'immédiat, d'ailleurs ? En plus de se sentir réconforté par l'amabilité de son guide, il fut amusé par ses manières. Sans aucune moquerie, le Cervalier laissait échapper un rire lorsque celui-ci se perdit en une déclaration d'amour pour l'horizon azur qui encerclait sa nation. Hotaru était rafraichissant. L'Hayashijin ignorait l'existence d'un être à la fois chaleureux et rafraichissant. Rêvait-il ? Il se sentait si détendu.

Les trois compères finirent par emboîter le pas et après avoir constaté la fin de la tirade du Mizujin, son homologue des Bois se rappelait avoir demandé le nom de ce dernier mais ne pas avoir reçu de demande du sien. Il n'était pas déçu ni vexé, un Homme ne pouvait penser à tout. Puis demander mécaniquement "et toi?" pouvait parfois être un réflexe robotique. Alors il prit l'initiative de le donner de lui-même dès lors que le groupe fit ses premiers pas.

"Je m'appelle Liuqin. Pas tout simplement, Hokazuka Liuqin." déclarait le Cervalier tout en souriant pour souligner le caractère (prétendu) humoristique de sa reprise du précédent "Tout simplement, Hotaru.".

L'Irmagreba espérait sincèrement passer pour quelqu'un d'agréable. Il était si reconnaissant de la bonté de son guide et il n'avait trouvé que ça pour la lui repayer. Mais une autre idée traversait sa tête au cours de leur marche.

"Vous voulez monter sur Otsuno ? Pas la peine de vous inquiéter pour les indications, dîtes-moi simplement où tourner. Il supportera votre poids, également, il est spécialement entraîné en tant que monture."

Ledit cerf ne semblait pas ravi de l'offre, mais Liuqin saurait le faire céder à ses demandes. Même si, nous ne mentirons pas, la bête s'était déjà suffisamment sacrifiée au cours des derniers mois.

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Hotaru
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Mer 1 Jan 2020 - 21:12

Hokazuka ... un patronyme qui ne disait rien à Hotaru. Ce n'était pas étonnant. C'était même prévisible: il n'était pas très informé des clans de Kiri et de Mizu, déjà, alors ceux du continent ... Il retint cependant ce nom, et se promit de faire quelques recherches dessus s'il en avait jamais l'occasion. Surtout, il s'efforça de garder dans un coin de son esprit le prénom de son vis-à-vis, puisque c'était sans doute l'information la plus importante dans l'immédiat. Là encore, la sonorité était musicale, comme étrangère - et étrangère, elle l'était évidemment. Hotaru sourit. L'étranger ne lui déplaisait pas. Il aimait le cosmopolitisme.

La proposition de faire le trajet sur le dos du cerf, et de devenir ainsi, l'espace d'un instant, le Cervalier, prit Hotaru au dépourvu. Il n'était jamais monté à cheval, et encore moins à dos de cerf.

"Eh bien, c'est-à-dire que ..."

Il n'était pas certain de le vouloir. Le risque de se faire mal était assez élevé, disait-on, lorsque l'on pratiquait l'équitation. Et peut être l'animal n'avait-il pas très envie de le recevoir sur son dos ? Pourtant, quelque chose d'indescriptible le poussait à accepter cette proposition.

"T ... Très bien."

Il se posta devant le flanc d'Otsuno, et caressa son poil

"Pas de bêtise ..."

Il n'était pas vraiment rassuré. Monter sur le dos de l'animal fut assez laborieux, et, à vrai dire, cela ne se fit pas avec une grande dignité. Il fut assez content que personne dans le Complexe ne l'ait vu dans cette situation à ce moment-là. Mais rester juché sur le dos d'Otsuno une fois la marche entamée ne demanda pas moins de concentration. Hotaru n'arrêtait pas de faire des sortes de bonds, ce qui était parfaitement désagréable. Et la sensation était plutôt inquiétante. En plus, il n'avait pas l'impression que le cerf était franchement emballé par la situation ...

C'est néanmoins avec l'allure d'un triomphateur au triomphe modéré qu'il passa les portes du Complexe pour en sortir, en direction de la mer. Les gens le regardaient avec des yeux ronds. Pour la discrétion, c'était gagné. Tant qu'à faire, il aurait pu remettre son bandeau de shinobi, on ne l'aurait pas moins vu. Il n'était pas vraiment à l'aise, et sa légèreté avait disparu.

"A ... Alors, qu'est-ce qui vous amène à Kiri tous les deux ?"

Il avait demandé ça sur le ton de la conversation, et à vrai dire plus pour penser à autre chose qu'à sa monture que par véritable inquiétude. La réponse l'intéressait, cependant. Peut être glanerait-il quelques informations sur les Hokazuka, au passage.

Une brise marine, venue du port, les frappa de face. Hotaru sentit l'odeur rassurante de l'iode, les embruns, et tout le caractère de la mer qui avaient bercé sa vie. Il ne s'imaginait pas une existence sans cela. Mais c'était sans doute cela, le charme de l'étranger: un regard différent. Une perspective simplement autre.

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Jeu 2 Jan 2020 - 18:31
Hotaru avait accepté. Tant mieux, Liuqin se serait vu bien gêné si ce dernier avait refusé. Il se tournait vers son cerf en même temps que le Mizujin s'installait. Il lançait un regard suppliant à son partenaire. Il ressentait de la culpabilité à lui infliger une charge supplémentaire, encore une fois. Cette situation ne pouvait pas durer, Otsuno ne pouvait pas se reposer. Il allait devoir trouver une alternative sous peu. La tension du Cervalier augmentait à cette pensée et il la chassa avec un balayage de la main. Aujourd'hui, c'était repos, peu importe comment.

Son guide n'étant pas Irmagreba, Liuqin dut l'assister pour l'installer et le faire monter. Des mains se sont posées sur ses hanches mais ce contact ne fut en aucun cas exploité. Comment aurait-il pu l'aider différemment ? Surtout que la selle et les rênes qui accompagnent d'habitude l'animal sont restés à l'auberge. L'Homme du Bois n'avait pas prévu de demander à Otsuno de faire la monture aujourd'hui. Le cerf, d'ailleurs, rechigna doucement en bougeant ses sabots arrières lorsque l'Homme des Eaux fut installé mais rien de révoltant. Son partenaire fut forcé d'insister plus fermement pour le faire tourner mais aucun accident ne fut provoqué. Hotaru n'avait pas non plus l'air serein, ce que Liuqin pouvait comprendre. Le fait qu'il n'ait pas vécu la totalité de sa vie ancré dans les traditions p'irvilebii faisait qu'il comprenait le point de vue des gens étrangers à son art. Tandis que certains qui n'auraient connu qu'une vie tournant autour de la montée à cerf auraient pu désigner le Mizujin par des qualificatifs réducteurs ou revoir leur jugement sur l'entièreté de ce qui fait d'Hotaru une personne à la baisse. Cela n'empêchait pas le jeune homme d'être amusé et de laisser échapper un rire taquin, soyons honnêtes. Mais l'esclaffement n'avait rien de mesquin. Un ego fragile pouvait certes se sentir offensé, et Liuqin n'avait aucune idée de si c'était le cas de son camarade ou pas. Mais quand une situation était amusante, il ne se retenait pas de rire. Aux dépens des autres mais aussi de lui-même lorsque la bêtise venait de lui.

En ce sens, plusieurs regards amusés furent lancés à son bienfaiteur pendant son voyage. Mais au lieu de simplement se moquer il rajoutait des conseils après ses rires. L'ambiance était détendue. Ses rires étaient des moqueries, oui, gratuites, oui. Mais toujours dans la bienveillance. L'Hokazuka avait des airs de festivalier, promenant un client sur son âne servant d'attraction. Mais son amusement et la situation générale l'enfermaient dans une bulle apaisée qui l'empêchait de se soucier du regard extérieur. Liuqin était heureux, assurément. Sur le chemin, une aiguille innocente vint percer cette bulle : "Qu'est-ce qui vous amène à Kiri tous les deux ?"

Ce n'était pas la première fois qu'on lui posait la question, mais avait-il le temps de déployer tout ce qui était relatif à son départ ? Était-il prêt à parler du Génocide de 196 ? Un étranger comprendrait-il, seulement ? Avait-il besoin de comprendre ? Même pour l'Hayashijin, il était trop tôt pour en parler. En sera t-il seulement un jour autrement ? Le jeune homme répondit sans aucune déformation de son intonation. Son ton était le même que depuis leur rencontre. Il ne paniquait pas face à la question. Il n'avait pas de raison de paniquer. Malgré tout, il ne put faire autre chose que regarder face à soi plutôt que vers son interlocuteur.

"Nous ne voyageons pas. Nous sommes venus nous installer ici."

La réponse n'était pas satisfaisante. Un "Pourquoi Kiri ?" était à prévoir.

"J'ai été missionné par mon peuple pour trouver des alliés dans le Yukan. Un ami a été envoyé à Iwa, les autres dans d'autres villages, et moi à Kiri."

C'était presque un mensonge. Pour son peuple aussi, Liuqin est parti à Kiri pour s'en faire des alliés. Il n'a pas été missionné par celui-ci, il est lui-même à l'origine de la procédure et de sa désignation. Cependant, aucune autre personne n'a été envoyée ailleurs. Et ce prétexte diplomatique n'était qu'une excuse pour fuir la menace du voisin impérialiste Teikoku. L'Hokazuka fut transpercé de toutes parts lorsque la nouvelle d'un Empire conquérant ses voisins lui fut parvenue. Tourmenté par les images de ceux qu'il a vu mourir en 196 de la main du Feu, il ne vit qu'anxiété et répétition inévitable d'un passé lointain dans un futur proche. Alors il a fui. Mais il ne pouvait pas dire ça à un inconnu aussi sympathique soit-il. Il ne pouvait déjà pas se le dire à lui-même. Maintenant que le sujet avait été abordé il devait trouver une transition.

"Et vous ? Vous m'aviez dit être Étranger. D'où venez-vous et pourquoi Kiri ?"

À ces mots, le vent marin vint rappeler au petit groupe l'origine de leur trajet dans les ruelles de la Cité de la Brume. La mer, la Belle, la voici.

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Hotaru
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Jeu 2 Jan 2020 - 23:01

Oui, elle était là, la mer. Immense, infinie, en fait. Comme toujours. Des milliers d'yeux l'avaient déjà vue, et des milliers d'autres la verraient encore. Mais elle était toujours aussi belle. Et on vivait, auprès d'elle. Kiri vivait, en tout cas, au même rythme que les vagues. C'étaient des bateaux qui caressaient de leur coque le dos rond des marées, des pêcheurs qui laissaient le hasard mettre dans leurs filets quelques prises, des enfants qui jouaient dans l'eau. C'était un éternel remous des flots, un murmure de ressac qui emplissait l'air, une mélodie océane qui faisait rêver éveillé. C'était une brise iodée, un vent salé, un parfum d'abysses qui envahissait les sens et rendait ivre. C'était tout cela à la fois, et éternellement.

Hotaru n'avait rien répondu à Liuqin quand il lui avait exposé les raisons de son voyage. Mais il était décidé à rester. Et sa résolution semblait assez fermement ancrée dans son esprit. Si Hotaru devinait qu'il devait y avoir quelque raison à ce qu'il ait laissé son peuple pour se trouver des alliés, il ne les demanda pas. La conversation se serait orientée nécessairement vers des sujets plus graves, du genre de ceux qui motivent la recherche d'un allié, et la légèreté de la discussion jusqu'à présent lui plaisait trop pour qu'il veuille la rompre. Bien sûr, dans son idée, elle n'avait pas encore été rompue. Mais il ne pouvait pas lire dans les pensées de Liuqin ...

A présent, Hotaru était certain d'être mal à l'aise sur le dos du cervidé. Et, de toute évidence, le cerf avait aussi hâte d'être libéré de son passager.

"Il vaut mieux pour tout le monde que je descende, je crois."

Il eut bien besoin d'un peu d'aide, mais il réussit à retrouver la terre ferme sans trop de mal - et par miracle, sans même s'écraser sur le pavé, ce qui n'était pas garanti d'office. Il remercia le cerf d'un simple toucher sur le flanc. Mais il avait l'impression que lui non plus n'avait pas particulièrement apprécié le voyage ...

"Voilà la mer. Elle est belle, n'est-ce pas ?"

Il guida leur petit groupe jusqu'à la berge. Là, il s'assit, laissant ses jambes pendre dans le vide, léchées par les vagues. Il n'avait pas oublié la question de Liuqin. Simplement, il savourait l'instant.

"Je ne suis pas d'un pays lointain. En fait, je suis né à Mizu. Mais sur une île différente, voilà tout. Quant aux raisons de mon départ, eh bien ..."

Elles étaient variées, et pour le moins assez peu réjouissantes. Une version édulcorée ne gâcherait sans doute rien ... Et tant pis s'il passais sous silence quelques détails. Comme lui, par exemple.

"Je suis né dans un village reculé, et aux moeurs somme toute assez étriquées. Parce que je possède certains pouvoirs, j'ai été en quelque sorte tenu à l'écart de la vie normale. Après un incident, je suis parti. Kiri me semblait être la destination naturelle. Plus de monde, plus d'opportunités, moins de regards insistants."

Il sourit. Finalement, voilà un résumé de sa vie qui la rendait presque plus triste que ce qu'il voulait. En somme, il n'avait pas été si malheureux que ça. Mais pourquoi pouvait-il le sembler, à la lumière de ces quelques mots ? Sans doute parce qu'il manquait l'élément clef, qui avait été à la fois le ciment de ses jours et la cause de son départ. Lui ...

"Vous verrez. Kiri est un peu effrayante, au premier abord. Tout ce monde, tout ce bruit ... C'est unique, en un sens. Mais je crois qu'on s'y fait. Après tout, c'est un peu une terre de liberté."

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Ven 3 Jan 2020 - 20:00
La Mer. Ce n'était pas sa première rencontre. Il suffirait de parler de son voyage jusqu'au pays de l'Eau, déjà, qui l'a forcé à emprunter des voies maritimes. Mais au-delà de ça, Liuqin avait connu la mer avant d'être un Hokazuka. Il lui est arrivé deux ou trois étés de partir sur les côtes du Pays du Feu avec ses parents lorsqu'il était plus petit. Autant dire qu'il n'a pas un lourd passé avec la mer, mais il ne la découvrait pas non plus. Celle de Kiri, par contre, était différente. À Hi aussi le paysage s'étendait comme si l'océan marquait la fin du monde mais la séparation entre la Nation du Feu et les Eaux était claire. Ici, la frontière était plus poreuse. L'Océan était une extension du Village de la Brume. En regardant l'horizon, on ne saurait dire où s'arrêterait le monde, où s'arrêterait Kiri. Pour être honnête, les eaux qui s'étendaient jusqu'à perte de vue donnaient l'impression qu'on pouvait dire "Le Monde, c'est Kiri". Cette impression de grandeur, parfois de vertiges quand on fixait l'horizon fascinait Liuqin. Il se tuait à se dire que pourtant si on rapportait sur une carte ce qu'il fixait en ce moment-même avec ses yeux un tout petit point d'encre suffirait. Et ce décalage le fascinait encore plus. Le Monde le fascinait.

Une fois arrivés, il fallut faire descendre Hotaru. Il avait l'air pressé, d'ailleurs. On est jamais confortable la première fois, rien de bien surprenant ou d'anormal. Maintenant que l'Homme des Îles était déposé, son homologue des Bois pouvait remercier son compagnon, Otsuno pour ses loyaux services. La bête devait se reposer et ce fait se répétait dans la tête du jeune homme. Pour améliorer un peu cette situation, Liuqin laissa son partenaire là où il était. Il pouvait bien vadrouiller s'il le souhaitait, ils se retrouveraient. Et le Cerf savait très bien se défendre tout seul si par hasard il faisait la rencontre d'urbains trop ambitieux. Une fois libre, Otsuno s'enfonça donc de lui-même dans une ruelle plus sombre dans la direction opposé aux deux humains. L'Hokazuka n'avait pas besoin de lui dire qu'il pouvait se balader, il le comprenait. Ils se comprenaient. Pour un étranger tel que le Mizujin, par contre, il est possible que la fluidité de leur relation soit difficile à cerner.

Ils commencèrent à un cerf et un humain, puis un cerf et deux humains et maintenant ne restaient que ces deux derniers se dirigeant vers la mer. Était-elle belle ? L'Hayashijin ne savait pas vraiment si il pouvait dire cela. Ça ressemblait plus à une pensée acquise, apprise, comme si la mer était forcément belle. Liuqin ne la trouvait pas belle. Ni laide, non plus. Elle était Là. Mais elle était fascinante, il ne pouvait le nier. Elle mettait la curiosité de l'Étranger à vif. La Mer. C'était cet endroit flou, est-ce terre, est-ce eau ? C'est un lieu de transition, parfois un lieu de frontière, de différenciation, un monde face à un autre. Mais Kiri ne connaissait qu'un monde, le sien, qui s'étendait jusqu'à l'horizon. Cette frontière entre terre et mer n'existait pas. La limite de Kiri c'était son horizon. Cette pensée excitait le jeune homme. Lorsqu'on avance vers le lointain, est-ce qu'on se rapproche des limites ou s'éloignent-elles avec l'horizon qui se déplace un peu plus loin à chaque pas ? Le Cervalier avait presque envie de courir pour le savoir. Depuis qu'il était à Kiri, certes, les quotidien était devenu plus laborieux, mais ce n'était qu'une question de temps, d'adaptation. Il avait l'impression que l'horizon s'offrait à lui. Il verrait. Kiri est un peu effrayante, au premier abord. Tout ce monde, tout ce bruit ... C'est unique, en un sens. Mais il croit qu'on s'y fait. Après tout, c'est un peu une terre de liberté.

Hotaru s'inscrivait dans le contexte de ces terres, dans cette façon de voir le monde. Il était né sur une des îles de l'archipel. L'Homme du Continent se demandait quelles étaient les conséquences évolutionnaires de la séparation d'un même peuple en plusieurs îles. C'était aussi ça la mer. Que Kiri le veuille ou non chaque île de l'archipel évoluait différemment et connaissait ses spécificités car séparées les unes des autres par l'océan. Était-ce une mauvaise chose ? Y a t-il seulement de "bonnes choses" ? Ce genre de cas créaient des situations comme celles d'Hotaru. Cet homme était de la même nation que tous ceux vivant entre ces murs avec lui, mais malgré tout c'est un étranger. Il a vécu différemment, ailleurs et pourtant au même endroit. Kiri, cette terre d'entre-deux. Mer et Terre. Pareils mais différents. Ça ouvrait des horizons... Et dans ces entre-deux se situait ce même mizujin. Un homme qui souriait volontiers et qui pourtant ne semblait pas satisfait de ce qu'il vivait. Était-il heureux ? Il en avait l'air. Était-il malheureux ? Il en avait l'air.

"À le regarder on dirait qu'il... lui manque quelque chose. Il n'est pas complet." pensait l'Irmagreba.

Lorsqu'il regardait son camarade parler, il ne pouvait s'empêcher de se dire que cet homme souriant était en fait une coquille vide. Non pas que ses sourires soient mensongers, mais il lui manquait quelque chose. Comme si une part de lui était conservée, ailleurs. Mais il ne s'agissait pas des affaires de Liuqin. Il se sentirait tel un intrus s'il soulignait ce fait à son bienfaiteur. Ce n'est pas son rôle, ce n'est pas sa vie. Quoi qu'il en soit Hotaru était détenteur de pouvoirs particuliers et un accident est survenu, sûrement relatif à ce même pouvoir. C'est tout ce qu'il fallait retenir. Voilà de quoi effrayer les plus impressionnables. Ce jeune homme serait-il une menace ?

" Kiri Terre de Liberté ... ? "

Il prit un instant pour réfléchir, fixant l'horizon.

" ... Ouais. Sûrement. Kiri est Grande. Quand on regarde au loin on a un peu l'impression qu'elle ne s'arrête jamais."

Et si Liuqin restait ici ? Et puis, lui aussi avait des pouvoirs particuliers. Que pouvait-il faire d'autre pour rester à Kiri de toute manière. Il n'était pas qualifié professionnellement. Bien sûr il était fort de textes anciens gravés sur bois de là d'où il vient mais il doute que ça le mène quelque part, ici.

" Pourquoi être devenu shinobi ? Vous avez eu le choix, Hotaru ? "

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Ven 3 Jan 2020 - 20:28

Pourquoi être devenu shinobi ? Bonne question. Hotaru n'aurait su y répondre sans y réfléchir un peu, de peur de paraître complètement superficiel en se laissant aller à improviser. Son regard se perdit dans la mer. Ce n'était certainement pas un appel de la justice qui l'avait poussé à embrasser une carrière militaire. Il n'avait pas le coeur assez bon, ni assez volontaire, pour se laisser guider par de tels élans. Ce n'était pas non plus l'appétit de pouvoir qui le motivait. Du pouvoir, il en avait suffisamment dans son seul être. Qu'est-ce qu'il pouvait demander de plus que de se changer en lave ? L'ambition ... Il en avait un peu, mais pas assez sans doute pour enfermer sa vie dans une carrière de shinobi en son seul nom. Alors quoi ?

"Oui j'ai eu le choix. On a toujours le choix de devenir shinobi, je pense. On le devrait, en tout cas."

Il sentait dans sa poche l'étoffe, et le métal froid. Qu'est-ce qui l'avait poussé à en faire son emblème ?

"Je pense ... Je pense que j'ai choisi de devenir shinobi parce que c'était une façon de rendre mes pouvoirs utiles."

C'était vrai. Pas seulement des paroles balancées comme ça. Il y avait un fond de vérité, en tout cas. Après, il essayait peut être de se convaincre lui-même que c'était bien ça ...

"Si on m'a repoussé dans mon village natal, c'est parce que mes pouvoirs sont très destructeurs. Ils font peur, par nature, et par conséquent je fais peur. C'est naturel. Après tout, ils me font peur à moi aussi ... En portant le bandeau de Kiri, je fais au moins en sorte qu'ils servent à quelque chose de bien."

Il ne s'était pas départi de son sourire. Pourtant, il ne lui avait jamais semblé aussi faux qu'en cet instant.

"Je dois passer pour un aveugle ... Je ne dis pas que tout ce qu'on pourra m'ordonner de faire sera nécessairement bien. Je n'ai pas complètement renoncé à mon libre arbitre. Mais peut être que je servirai à quelque chose de bien, en servant Kiri."

Il inspira une longue bouffée d'air marin, qui chassa de lugubres pensées de son esprit.

"Et puis, un shinobi de Kiri peut profiter de quelques avantages sympathiques ! La bibliothèque du Complexe est très fournie, vous verrez. Et on peut voir du pays, un peu ! C'est une bonne situation."

Mais après tout, peut être qu'il n'y avait pas de bonne ou de mauvaise situation. La vie n'était-elle pas faite avant tout de rencontres ?

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Ven 3 Jan 2020 - 22:57
Liuqin, en si peu de temps, s'était persuadé qu'Hotaru n'était qu'un grand rayon de soleil. Il s'y reprendra désormais à deux fois avant de juger ce qui fait l'essence d'une personne. Après un peu de temps passé ensemble, le Mizujin lui apparaît maintenant comme étant plein de fractures et de fissures. S'il devait donner une image à ce que cet homme représente ce serait très certainement un vase. L'objet serait d'une couleur pétante, un jaune clair, et il illuminerait de son teint la pièce qu'il sertit. De telle sorte qu'en ouvrant la porte de cette pièce, un brin de fraîcheur vient nous illuminer le visage. Puis on peut faire le choix de refermer la porte, passant le reste de la journée avec une éclaircie apportée par la lumière de vase étincelant. Ou alors on peut préférer s'intéresser au vase et commencer à s'en approcher pour en constater le détail. Bien sûr, le reflet des rayons du soleil sur la peinture de l'amphore pourrait aveugler dans un premier temps, jusqu'à devenir éblouissant, aveuglant, désagréable. Mais une fois ce détail de façade passé l'inspection devient possible. Et en toisant la structure du baquet on pourrait alors constater qu'il fuit. Que ce vase est fissuré et constitué de morceaux recollés et scotchés. Mais ça, on ne le voit que si on accepte de passer outre sa scintillante couleur, que si on accepte de ne pas voir le beau, que si on s'y intéresse.

Le Cervalier ne pouvait prétendre connaître l'Élémentaire. Mais au moins, il pouvait avec assurance dire que cet homme était sensible et bon. Et lui, était-il bon ? Il s'efforçait de l'être, il essayait. Mais il refusait de se dire lui-même bon de peur de choir dans une spirale d'égocentrisme. Il considérait qu'un être bon ne se dira jamais bon. Mais au final ne pas se dire bon c'est se dire bon, du coup ? A vouloir éviter une spirale, il s'emprisonnait dans une autre. Un torrent de questions. Parmi tous ces tourments sans réponses, il trouvait une certitude. C'était un fait, le Mizujin se leurrait. Non pas que ses réponses furent des mensonges ( Quoique. Qu'en savait Liuqin ? Rien ne lui garantissait la cueillette de toute l'honnêteté de son interlocuteur. Après tout, l'Hayashijin avait déjà menti au cours de cet échange. Nul doute que son partenaire également. Mais pour éviter la paranoïa, il évitait de se poser la question. Il évitait Teikoku. Il évitait de se dire bon. Il évitait l'égocentrisme. Il évitait la paranoïa. Savait-il faire autre chose qu'éviter ? ) , mais tous ses propos étaient à nuancer. Cette fois-ci, Liuqin ne garderait pas ses réflexions pour lui :

" Vous pensez vraiment qu'on choisit qui on devient ?"

Il laissa un petit temps pour que la remarque puisse s'installer dans le flux de pensée de son interlocuteur

" En aucun cas je sais comment les choses se sont déroulées pour vous. Mais on naît dans un cadre précis, avec des parents, un entourage, une situation, des attentes... On attend de nous qu'on réagisse de telle manière face à telle situation, nous avons des interdits que d'autres n'ont pas. Et même ces interdits s'inscrivent dans des protocoles bien spécifiques. "

Sa réponse avait été apportée alors qu'il regardait l'horizon. À présent c'est vers son interlocuteur que son regard se dirigeait :

" Vous ne pensez pas ? "

Il sourit.

" Je veux dire... Vous avez choisi de vous tourner vers Kiri, oui. Mais quelles étaient vos options ? Vous avez fait un choix parmi ce qu'on vous a offert, mais l'ensemble de ses options était déterminé par un contexte, non ? "

Sa main se déposa derrière son crâne, pour le gratter d'un air gêné

" Pardon, je ne voudrais pas avoir l'air pesant ou embêtant, oubliez. "

La suite du discours d'Hotaru ne fut pas relevé. Liuqin retint toutes ces informations ; son camarade possède un pouvoir apparemment dangereux. Mais l'Hokazuka ne craignait rien. Le Mizujin craignait son propre pouvoir. Il se sentait en sécurité de se savoir accompagné de quelqu'un qui considérait ainsi ses capacités. C'était sage, et chacun devrait craindre sa propre puissance. Mais il ne releva pas. S'il avait bien compris, cet aspect de sa personne était source de souffrances chez le jeune homme. Liuqin ne pouvait pas aborder le sujet sans remuer le couteau dans la plaie, pas encore.

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Sam 4 Jan 2020 - 0:37

Curieuse façon de penser que celle de Liuqin. Hotaru l'écouta bien attentivement, pendant qu'il remettait en question ce qu'il avait affirmé. Et tandis qu'il écoutait, il ne put s'empêcher de frémir de fébrilité, d'enthousiasme. Liuqin était de ces hommes qui réfléchissent en oubliant les présupposés, en faisant s'écrouler les bases mêmes du raisonnement pour mieux les reconstruire, et après une analyse minutieuse. Il était un homme de raison, qui savait que chaque chose n'est qu'acquise, et que sa vraie connaissance commence par l'examen de ce que l'on considère comme évident dans ces choses. Un philosophe, au sens le plus pur du mot. Pour Hotaru, en tout cas. Exactement la façon dont lui-même s'efforçait de penser. Voilà la raison de son sourire.

"Vous êtes assez surprenant, vous savez ?"

C'était vrai. Il trouvait Liuqin surprenant. Surprenant parce que, le matin même, il n'avait aucune idée de ce qu'allait être sa journée, ni aucune intention particulière de rencontrer de nouvelles personnes. Et pourtant, il avait croisé par hasard la route d'un étranger, nouveau venu à Kiri. Et parce qu'il était surprenant - ou était-ce cela qui le rendait surprenant ? - il était toujours en sa compagnie. L'air du village avait sur Hotaru des effets insoupçonnés. Jamais dans son patelin natal ne se serait-il imaginé dans une telle situation. Mais ce n'était pas désagréable.

"Vous avez raison de remettre en question ce que je dis. J'ai parlé un peu trop vite, et bêtement. Je n'ai pensé qu'à mon propre cas, et je ne l'ai même pas analysé correctement. Il est naturel que vous me corrigiez si vous pensez que c'est nécessaire."

Qu'on ne s'excuse pas devant lui d'avoir donné son opinion. Il ne voulait pas être un homme devant lequel on n'ose pas s'exprimer, de peur de voir ses convictions battues en brèche. Il voulait toutes les entendre, et se faire sa propre idée. Expliquer aux autres. Enrichir ses opinions de celles qu'il condamnait.

"Bien sûr, nous ne sommes pas totalement libres. Tout nous détermine, de notre société d'origine jusqu'à notre nom, avec mille étapes entre les deux. Et nos choix et opportunités sont restreints nécessairement par tout ça. Difficile d'être n'importe qui, partant de là. Difficile même, parfois, d'être qui on veut."

Et il en savait quelque chose.

"Mais je maintiens quand même ce que j'ai dit, dans une certaine mesure. Je pense qu'à Kiri, on a plus d'opportunités que dans certains autres endroits. Beaucoup plus. Alors, à tout prendre, je préfère encore être ici."

Il sourit à Liuqin.

"Vous verrez, ce n'est pas si désagréable."

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Dim 5 Jan 2020 - 4:03
Une esquisse se glissa dessinant un sourire simplet sur la face du Cervalier. Surprenant. C'est la première fois qu'il recevait ce compliment. Plusieurs fois ses anciens ont pu lui dire qu'il était intelligent, ou en avance. Mais surprenant, c'était bien plus rare. Liuqin n'était pas d'accord avec ses aînés lorsqu'ils le félicitaient. Il n'était plus intelligent qu'un autre et l'idée d'être "en avance" supposait une notion d'intelligence en flèche droite, par palier ou évolutive qui le faisait vomir. L'Hayashijin ne se considérait pas intelligent, il savait juste (pour ce qu'il sait) que ses points forts se situaient dans des domaines qu'on associait communément à "l'intelligence", des arcanes plus académiques. Mais tout le monde avait tout autant de points forts que lui, parfois plus. Chacun avait juste distribué ses points autre part. Confiez une boîte à outil à Liuqin et vous assisterez à un merveilleux désastre. Confiez-lui une Histoire du Monde en trois volumes et vous assisterez à une terrible aubaine. L'intelligence était relative. Il avait juste la chance d'être tombé dans un monde où on associait ses talents à une réussite.

Qu'on le félicite, il avait l'habitude. Mais surprenant ? Qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ? Est-ce seulement un compliment ? Ou est-ce littéralement surprenant que l'Homme des Bois puisse faire un effort de réflexion ? Si encore une fois le jeune homme se laissait piéger dans le flot de ses pensées il n'en ressortirait pas. Autant ne pas s'attarder sur tant de détails. Avancer lui serait impossible.

Mais voici qu'Hotaru pensait avoir parlé trop vite et bêtement. Deux qualificatifs qui mettaient Liuqin dans l'embarras. Son dernier vœu serait que ses propres mots fassent baisser l'estime de son interlocuteur. Il agrandit l'espace entre ses lèvres un instant dans le but de prendre la parole et rectifier son mouvement. Mais il interrompit son élan. Hotaru avait bien parlé trop vite. Il n'avait pensé qu'à son propre cas sans l'analyser correctement. C'était vrai. Et en y réfléchissant, le mizujin ne semblait pas se maudire dans ses mots. C'était un grand garçon. Il n'avait pas besoin de Liuqin pour lui taper sur l'épaule et lui dire que tout allait bien. Alors il se contenta de sourire. Malgré tout, il ne put se résoudre à rester silencieux :

" En aucun cas je ne souhaiterais que vous pensiez que mes paroles sonnent comme une correction. Si je me suis mal exprimé, je m'en excuse. Mais mon intention ne sera jamais de corriger la moindre de vos paroles. Je ne suis personne pour invalider votre façon de pensée, ni moi ni qui que ce soit. Si vous n'aviez pas dit ça, nous ne serions pas arrivés à ce stade de notre discussion, à une autre pensée. J'ignore si je réussis à bien m'exprimer mais je veux dire que vos mots ne sont pas à corriger puisqu'ils nous ont mené ici. Autant que les miens."

Une chaleur s'empara du visage de Liuqin après sa prise de parole. De la gêne. Il avait précédemment dit ne pas vouloir devenir pesant mais le voici en train de vomir tout le poids de sa bouillie mentale sans fil conducteur. L'envie de s'excuser le reprit, mais il supposait que cela alourdirait encore plus l'ambiance.

Mais la discussion reprit. Et à entendre Hotaru, il n'y avait rien de compliqué à ce qu'avait précédemment dit le Cervalier. Et c'était vrai. Il enfonçait des portes ouvertes. Mais loin de lui la volonté de vouloir retourner le monde. Donc cela ne le dérangeait pas. Mais si son homologue des Îles fut capable de développer sa pensée sur ce sujet, cela signifiait que lui aussi avait réfléchi à la question. Cette idée fit briller un petite lueur chaleureuse dans Liuqin. Il s'est toujours senti un peu seul dans ses réflexions. Son père était un homme qui se targuait de penser de manière conséquente. Mais à grandir avec lui, il put faire le constat que ce dernier n'était qu'un amas d'idées se contredisant et changeant en fonction de la situation, selon ce qui l'arrange à l'instant présent. Il ne put donc trouver compagnie nul part, au final. Il lui a fallu traverser des pays et des océans pour se sentir moins seul. Qui l'aurait cru ?

"Pas si désagréable, oui."

Il sourit. Il trouvait l'ajout du "si" par son bienfaiteur et guide amusant.

"Vous cherchez les opportunités ? Alors pourquoi être resté à Mizu alors ?"

C'est ironique. Ou en tout cas Liuqin trouvait ça ironique. Si c'était les opportunités qui mouvaient Hotaru alors pourquoi s'arrêter à Kiri ?

"Demain le monde ?"

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Dim 5 Jan 2020 - 14:39

Kiri pouvait sembler petite pour celui qui venait d'y arriver, et qui avait connu le reste du monde avant. Mais pour Hotaru, c'était déjà tout un monde de nouveautés qui s'ouvrait à lui. Il y allait peut être étape par étape ... A vrai dire, il ne s'était jamais posé toutes ces questions pourtant évidentes que Liuqin lui renvoyait au visage. Et il se rendait compte à présent de son manque de lucidité. Ces interrogations étaient fondamentales, pourtant. Comment avait-il fait pour ne pas se demande ce qui l'avait conduit à tel ou tel endroit ? Comment avait-il pu se laisser porter à ce point ? Il s'en étonnait, et d'un côté s'en émerveillait. Il ne se croyait pas capable de se laisser vivre ainsi.

"Mizu c'est déjà pas si mal. C'est grand, et varié. Chaque île a sa petite histoire, ses cultures, ses habitudes ... C'est une sorte de microcosme, déjà."

Il parlait comme s'il se cherchait des excuses pour ne pas avoir cherché à explorer au-delà des frontières de son pays natal les possibilités qu'offrait un monde pourtant vaste. Il s'en rendit compte, et ne poursuivit pas dans cette veine. Il avait une raison qui l'avait motivé à rester à Mizu, cependant. Une très bonne raison.

"Et puis, j'ai des attaches à Mizu. Pas ma famille, ou mon village natal. Mais il y a un homme dont je veux retrouver la trace. Un homme très important. Et la dernière fois que je l'ai vu, il était à Mizu. Alors, c'est ma meilleure piste pour le trouver ... Mais à l'heure qu'il est, il peut être n'importe où. Ca fait longtemps, maintenant ..."

Des années, qu'il avait cessé de compter. On ne pouvait pas dire que ses recherches avaient été intensives. Et pour cause: il était à la fois hâtif et effrayé par cet homme. Hachi. Que ferait-il si jamais il le retrouvait ? Essaierait-il de le raisonner ? Parviendrait-il à lui pardonner ? Ou devrait-il l'affronter, et le tuer ? La réponse était évidente, mais il aimait à croire qu'il y avait toujours une porte de sortie, un échappatoire. Après tout, son exil l'avait peut être amené à se repentir.

"Ce n'est pas facile de quitter son pays natal, en plus. Vous devez en savoir quelque chose ... Kiri me convient bien, pour l'instant. C'est un bon foyer, je pense, et je n'ai pas envie de le quitter tout de suite. Pas définitivement, en tout cas. Si on m'envoyait en mission à l'étranger, j'irais tout de suite, et sans hésiter. Mais partir pour de bon ..."

Il sourit à Liuqin. Cet homme-là était bien plus courageux que lui.

"J'en serais ma foi bien incapable."

Une brise marine vint les caresser. La journée avançait, mine de rien. Bientôt, les marchands du soir ouvriraient leurs échoppes, on allumerait les lampions rouges et le Kiri de la nuit et des plaisirs se dévoilerait dans toute sa magnificence. Le soleil tombé, le village revêtait son masque de joie et de fête, tout taché de vices en tous genres. Mais c'était un beau masque.

"Comment vous débrouillez-vous pour vous loger, et vous nourrir ? Vous venez de loin, et vous n'avez pas de travail, alors je me ferais un plaisir de vous aider un peu, si je le peux."

C'était proposé comme un service à ami, pas comme une offrande à un mendiant.

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Lun 6 Jan 2020 - 20:26
Un Homme. C'était un homme qui retenait Hotaru ici. Liuqin n'aurait jamais pensé en apprendre autant sur ce mizujin lorsqu'il l'a premièrement abordé. Par réflexe, le cerveau de l'Hayashijin cherchait à faire des raccourcis. Il ne savait s'il avait mal interprété ses mots ou non, mais il semblerait que l'Élémentaire n'avait pas de famille ou en tout cas pas d'attache avec elle. Cet homme qui le retient serait-il lié à l'absence de sa famille ? L'a t-il tué ? Est-ce la traque de cet homme qui le retient ? Le Cervalier approfondirait la question... un jour. Pas aujourd'hui, il en avait appris déjà beaucoup et était reconnaissant de la sympathie de son bienfaiteur. Mais en demander encore plus risquerait de faire naître une dichotomie observateur-observé entre les deux jeunes hommes. Autant éviter un malaise. Dans tous les cas, cet élément avait tout particulièrement piqué l'intérêt de l'Irmagreba. Les éléments relatifs à l'attachement à la terre natale et la famille s'inscrivaient dans un petit tiroir du cerveau du jeune brun qui s'efforcerait de rouvrir ce tiroir lors d'une discussion ultérieure. Au vu de l'enchaînement des mots d'Hotaru, il ne fait nul doute que l'homme de sa traque est lié à son village et sa famille. Il y avait un lien, quelque chose de plus profond et qui avait marqué le mizujin. Voilà de quoi intéresser Liuqin. Non pas qu'il développait une obsession malsaine pour son guide mais il avait une réelle envie de connaître les gens, de savoir comment étaient-il arrivé là où ils en étaient actuellement.

L'Homme des Bois venait à peine d'arriver à Kiri, mais ça faisait longtemps qu'il avait quitté sa Terre, plusieurs mois. Pouvait-il dire, lui, qu'il était attaché à son village ? Et sa famille ? C'est un point paradoxal du personnage qu'était Liuqin. Il considère la vie de ses parents comme une chance, un cadeau et malgré tout il les abandonne. Il a été en tête de ligne de l'étude menée sur le peuple redécouvert des P'irvilebii et malgré tout il les abandonne. Ses questionnements pouvaient tous deux être répondus par "oui" et par "non". Du moins, tant que la culpabilité le rongeait. Car la réalité des faits était telle qu'il était destiné à revenir sur ses terres, un jour. Mais ça, il ne le savait pas encore.

Quitter son foyer n'était pas facile, bien évidemment, il ne pouvait qu’acquiescer face à cette affirmation. Et l'Hokazuka a dû traverser cette épreuve à deux reprises : pour Hi puis pour Hayashi. C'est peut-être cette expérience du départ qui l'a rendu capable de s'exiler encore une fois, qui sait ? Ou peut-être n'a t-il pas la même affection pour Hayashi vu qu'il n'y aurait passé que sept ans. Il avait malgré tout la sincère impression d'aimer le Pays du Bois. Mais Hotaru, lui, n'avait pas envie de quitter tout de suite son foyer. Était-il un opportuniste ? Un parasite qui aspire tous les bienfaits qu'il pouvait obtenir avant de quitter ce champ à présent en jachère que deviendrait Kiri après la succion de la sangsue Hotaru ? Liuqin ne pouvait croire une telle chose, mais ce serait mentir que de dire que la pensée ne lui avait pas traversé l'esprit et qu'elle était à présent installé dans un petit coin sombre de sa pièce mentale, cachée. Si cela était vrai, pouvait-on le reprocher à l'Homme des Îles ? N'est-ce pas profondément humain que d'agir comme ça ? Le Yukan n'a t-il pas été peuplé au fur et à mesure des déplacements nomades de l'Homme une fois que sa précédente terre n'avait plus rien de satisfaisant à offrir ? Cette idée restait bien discrète dans l'esprit de Liuqin. En aucun cas il pensera que son bienfaiteur ne se limitait qu'à ça. De plus, une étincelle curieuse dans le regard du jeune homme était observable lorsqu'il parlait de l'étranger, de missions sur le continent. Hotaru était plein de matières à exploiter, propices à l'évolution. Et il avait l'air de n'attendre que ça, et de le savoir. On ne saurait reprocher à ce dernier l'incapacité de quitter sa terre. Pourquoi faire ?

"Je ne vous souhaite pas de quitter votre peuple. Un voyage c'est bien, bien sûr. Mais je ne souhaite à personne d'avoir à faire ses adieux à sa patrie."

Il prit un petit temps pour lui,

"Personne. C'est même plutôt bon signe que vous vous en sentiez incapable, Hotaru."

Le soleil réchauffait ses couleurs, il était encore clairement distinguable dans les cieux de Kiri, mais sa couleur commençait indéniablement à tendre vers l'orange, voire le rouge. Il commençait à se coucher. Bientôt, Liuqin devrait rejoindre son auberge. Au final, il n'aura pas eu le temps d'en apprendre plus sur Kiri. Ce fut une occasion pour lui de se reposer, de prendre du temps pour lui. Mais pouvait-il seulement se le permettre ? Il vivait sur une falaise et chaque jour passant signifiait un pas de plus vers l'avant, vers la chute. Son budget était limité et il n'avait pas encore de quoi le renouveler. D'ailleurs, il ne se souvenait pas avoir abordé le sujet de son chômage avec Hotaru :

"Haha, cela se voit tant que ça que je ne travaille pas?"

Il souriait en pointant son propre visage avec son index. Puis, il rouvrit ses yeux fermés par sa précédente esquisse.

"Je loge dans une auberge, pour l'instant, non loin des remparts de la ville. Pour la nourriture je... je fais comme je peux. Voler est hors de question, alors je me limite à un repas par jour afin d'avoir une réserve de nourriture qui me dure quelques temps. Pour Otsuno c'est facile, il me suffit de me perdre dans des zones plus herbues. L'extérieur de Kiri m'est accessible donc je réussis à me débrouiller pour ça."

Comment Hotaru pouvait seulement l'aider ? Être hébergé lui retirerait une énorme épine du pied. Mais est-ce seulement concevable ? Liuqin avait aussi un cerf avec lui. Et même si l'espace nécessaire était présent pour son accueil, la fierté de Liuqin lui permettrait-il de se faire héberger ? N'aurait-il pas trop peur de déranger ? Et puis, il se sentirait redevable. Non, décidément ce n'était pas envisageable pour lui.

"Mais il faut que je trouve une source de revenus. Je ne voudrais pas avoir à vous déranger et imposer ma présence chez quelqu'un. Il faut que la suite vienne de moi. C'est pour ça que je voulais en apprendre plus sur l'Histoire de Kiri. C'était dans le but de mieux la comprendre pour y trouver un emploi."

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Lun 6 Jan 2020 - 23:41

Hotaru comprit bien que son offre gênait un peu Liuqin. Mais il était tout aussi embarrassé à l'idée de le laisser démuni, et à son unique repas par jour. L'idée seule lui paraissait aberrante, même s'il aurait probablement fait la même chose s'il s'était trouvé dans la situation de l'Hayashijin. Il n'était pas particulièrement fier de l'éducation que lui avaient donnée ses parents, et considérait qu'il s'était autant forgé par lui-même que par leurs enseignements. Mais au moins, ils lui avaient appris à ne jamais laisser son prochain dans le besoin. Et puis Liuqin avait une conversation sympathique. Hotaru l'aimait bien. Il se sentait une certaine connivence avec lui. Ils pensaient de la même façon, et c'était suffisamment rare pour qu'il ne veuille pas abandonner là cette trouvaille.

Il se releva, et s'épousseta le pantalon.

"Sans vouloir vous vexer, si vous aviez eu un travail, vous ne seriez pas allé flâner à la bibliothèque du Complexe en pleine après-midi."

Il lança un sourire espiègle à l'adresse de Liuqin. Pas besoin d'être un génie pour arriver à cette déduction. Il venait d'arriver au village, semblait encore complètement perdu ... Sa première priorité n'avait sans doute pas été de trouver un travail, et ça se comprenait très bien. Il fallait bien prendre ses marques, au début.

"Je ne peux pas vous offrir de travail, à part celui de soldat dans les rangs de Kiri. Et si vous refusez mon hospitalité pour une nuit, laissez-moi au moins vous offrir un bon repas ce soir. Je le fais de bon coeur, et je vous préviens, je serais très vexé si vous refusiez."

Son sourire, d'enfantin était passé à doux, et invitant. Il n'était pas contre un peu de compagnie lui-même. Son appartement lui paraissait parfois bien vide. Non pas qu'il fût habitué aux grandes tablées et aux pléthores de camarades - il avait très vite appris la solitude, et s'y était fait. Mais il était accoutumé à une certaine amitié. Il avait eu un ami. Le meilleur que l'on puisse imaginer. Et le lien qui les unissait était le plus doux. La disparition de cet ami - qui s'était changé en quoi, ennemi, criminel, il ne pouvait le dire - avait mine de rien creusé comme un vide dans sa vie. La formule peut paraître bête, et fade tellement elle a été usée, mais il faut reconnaître qu'elle a un fond de vérité ...

"Votre Otsuno pourra aller faire son repas dans mon quartier, ou profiter de sa soirée en liberté. Et si vous n'êtes toujours pas convaincu, dites-vous que vous me rendrez autant service que moi à vous."

Il commença à marcher, et, se retournant une dernière fois vers Liuqin, lui lança:

"Alors, qu'est-ce que vous attendez ?"

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Mar 7 Jan 2020 - 3:26
Avec un emploi, on ne saurait être responsable et aller visiter la bibliothèque en pleine après-midi.

"Alors qu'y faisiez-vous, vous aussi, dans ce cas ?"

Liuqin sourit. Hotaru n'était pas le seul à savoir faire montre d'espièglerie. Pour être tout à fait honnête l'Hayashijin était extrêmement taquin. C'était un homme qu'on voyait parfois comme étant un petit blagueur. Il exprimait souvent son affection pour ses amis par des remarques désobligeantes et des piques. Mais ceux proches de lui savaient que le moindre de ses mots venaient d'un lieu interne d'amour et que justement sans cette affection ces boutades ne verraient pas le jour. Mais à Kiri il n'avait pas encore eu l'occasion de montrer cette facette-ci de sa personne. Il n'avait personne avec qui être authentique pour l'instant. Et l'anxiété relative à sa situation l'empêchait d'être à l'aise, de toute manière. Mais cet instant taquin entre les deux hommes venait d'être ce qui était le plus proche d'un aperçu de qui était Liuqin depuis son arrivée dans les Îles. Serait-il un jour dans la Cité tel qu'il l'a toujours été chez lui, dans son pays ? Peut-être que ce nouveau départ était aussi une occasion pour lui de devenir une nouvelle personne. Le temps le dira.

Une fois ce vif instant de complicité passé, une proposition vint retentir dans l'esprit du Cervalier. Devenir un soldat dans les rangs de Kiri. Était-ce une bonne situation ? Y a t-il vraiment de bonne ou de mauvaise situation ? Dans tous les cas, il s'agissait d'une très bonne façon de repayer son hospitalité à Kiri. En plus de permettre à Liuqin d'obtenir un salaire et une situation. Argument supplémentaire, c'était bien là que les talents du jeune homme seraient les mieux exploités. À peu de choses près, c'était le poste d'éleveur qui convenait le mieux à ses talents, pour être honnête. Mais cela gênerait l'accomplissement de sa mission : devenir plus fort pour son peuple. Relativement à sa communauté, être un shinobi soulevait un autre problème. Si le Teikoku lançait une attaque sur Hayashi, obtiendrait-il l'autorisation de partir au front ? Il supposait que non. De plus, le temps du voyage... il serait sûrement trop long. Rentrer dans les rangs. Une solution ou un obstacle ? Dans le pire des scénarios, Kiri pourrait s'allier à l'Empire du Feu. Ce serait la fin pour l'Hayashijin dans ce cas. Il devrait quitter Kiri. Cette question demandera une longue réflexion avant d'arriver à une quelconque réponse.

Mais l'évocation d'une possible entrée dans l'armée régulière de la Brume n'était pas l'élément principal de la déclaration d'Hotaru. La déclaration était une invitation, plutôt. Liuqin ne pensait pas que ce dernier l'avait réellement invité à être hébergé par le mizujin. Il avait compris qu'il souhaitait l'aider mais de là à l'héberger, même "juste" pour une nuit ? C'était vraiment bon de sa part. Quel débonnaire. Aussi grande qu'était la fierté du Cervalier, son amour de la nourriture était plus grand. C'était un homme fin donc ce détail surprenait souvent mais l'Hayashijin appréciait énormément la bonne nourriture et jouissait d'un bon appétit, mangeant plus que l'estomac moyen sans pour autant descendre le double de leurs assiettes. Il était également béni d'un métabolisme l'empêchant de prendre du poids, ce qui lui permettait d'embrasser son amour de la nourriture. Alors profiter d'un bon repas ce soir, et en si bonne compagnie qui plus est ? Hotaru savait vraiment tirer les bons arguments.

Il laissa un petit espace vide dans la discussion pour ne pas donner l'impression qu'il sautait sur l'occasion, mais intérieurement il avait déjà fait son choix :

"Et bien... pourquoi pas ?"

Il sourit timidement, sa peau blafarde teintée d'une rosée sur ses joues, flatté. Il était un peu gêné, quoi qu'on en dise. Non pas que l'invitation du jeune homme mettait en branle son cœur, il était juste purement et innocemment touché par l'expression de la gentillesse de son ami, c'était tout. En se relevant il se débarrassait en quelques mouvements du peu de sable qui s'était infiltré dans ses affaires et les deux se redirigèrent vers l'intérieur du village. Au détour d'un virage, Otsuno les rejoint et reprit sa place aux côtés de son partenaire.

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Mer 8 Jan 2020 - 18:50

Leur chemin à travers le dédale des rues de Kiri se fit sans encombre, bien sûr. Ils étaient plutôt dissuasifs, en même temps, escortés qu'ils étaient par Otsuno. Mais de toute façon, les rues de Kiri n'étaient pas assez malfamées pour qu'ils risquent véritablement quelque chose. Et puis, si jamais quelqu'un s'était sauvagement jeté sur eux, Hotaru n'aurait eu aucun mal à le repousser. Il avait déjà eu affaire aux petites frappes qui hantaient les rues de Kiri, passée une certaine heure. Ce n'était pas exactement le genre de criminels le plus dangereux. Ils étaient même très faciles à dissuader. Il suffisait souvent d'un peu de démonstration des pouvoirs de Hotaru, et ... Plus d'une fois, il en avait vu certains prendre leurs jambes à leur cou aux premières lueurs rougeoyantes qui émanaient de son corps. La pègre n'était plus un problème, quand on avait des capacités comme les siennes.

Ils ne tardèrent pas à arriver devant le petit appartement de Hotaru. La porte ne présentait, étrangement, pas de serrure. Simplement une poignée, marquée d'un sceau. Hotaru dit à l'adresse de son invité, sur un ton d'excuse:

"C'est plus pratique que d'avoir une clef. Et sans doute plus sûr."

Il ferma les yeux, et passa lentement la main sur le scellé. Sous ses doigts, les signes disparurent, et il y eut un cliquetis. Il ouvrit la porte, ouvrant la voie à Liuqin. Otsuno resterait dehors. Il n'aurait sans doute pas trop de mal à trouver quelque espace vert, terrain en friche ou aménagé, dans lequel il pourrait paître un peu, et se reposer. Kiri était en perpétuelle construction et reconstruction. Les terrains où il n'y avait pas de bâtiments n'étaient pas rares. Et certains, laissés à l'abandon, avaient fini par se couvrir d'un duvet verdoyant.

"Soyez le bienvenu chez moi."

L'appartement de Hotaru était assez modeste. La porte d'entrée donnait sur la pièce principale. Elle n'était pas énorme, mais assez grande pour être confortable. Elle avait pour tout mobilier une table basse, encombrée d'une pile de livres sur la médecine, et deux coussins. Contre un mur, il y avait tout le nécessaire de cuisine. Une porte donnait sur une chambre et une salle de bain. Les deux fenêtres de la pièce principale donnaient, elles, sur la rue, peu fréquentée. C'était tout ce que Hotaru avait à offrir en guise de palace, mais c'était largement suffisant pour lui. Il aimait son petit chez lui, le confort qu'il lui prodiguait, et sa tranquillité. Il n'en demandait pas plus.

"Mettez-vous à l'aise. Je vais commencer à préparer quelque chose."

Il désigna la table basse et les coussins qui la ceignaient à Liuqin, et se dirigea lui vers sa kitchenette. Il alluma un feu, et mit tout de suite une poêle à chauffer. Dans un bol, il cassa trois oeufs, qu'il commença à battre avec énergie.

"Je ne vous promets pas un festin, je m'en excuse. J'ai l'habitude de manger très simplement, mais j'espère que ça vous satisfera. Et puis, de toute façon, on dit que le meilleur repas est une bonne conversation, non ? Enfin, ce n'est pas une excuse pour pallier à ma cuisine ..."

Il versa ses oeufs maintenant bien battus et mousseux dans la poêle chaude. Il y eut un grésillement, et il posa un couvercle sur la poêle. Pendant que les oeufs cuisaient, il découvrit une grosse marmite de fonte, libérant un panache de fumée blanche. Avec une cuillère, il remplit deux bols de porcelaine blanche d'une généreuse quantité de riz tout chaud, et referma la marmite. Il en ouvrit une seconde, et remplit deux autres bols d'une égale quantité de soupe claire, mais parfumée. Enfin, il découvrit la poêle, et laissa glisser sur une assiette une superbe omelette gonflée, parfaitement dorée. Il porta le tout sur la table basse, qu'il débarrassa en hâte des piles d'ouvrages qui la recouvraient, et s'assit.

"J'espère que ma cuisine sera à votre goût. Merci de partager ce repas avec moi."

Il sourit, et tendit une paire de baguettes de bois laqué à son invité.

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Hokazuka Liuqin
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Ven 10 Jan 2020 - 17:28
Le voyage s'était bien passé. Liuqin imaginait les rues des villes comme étant des endroits mal famés lorsque la nuit s'élevait. Il n'en était pas grand chose à Kiri. Pour l'instant. Peut-être que l'Étranger n'a tout simplement pas encore eu l'occasion de tomber sur des ruffians de la Brume. Ou peut-être n'était-il pas encore assez tard ? Qui sait ? Au détour de plusieurs croisements, le trio arrivait enfin là où l'Hotaru logeait. Un appartement, modeste. L'Hayashijin n'était pas de la ville, et même du temps de son enfance au Pays du Feu son clan était réputé pour être les maîtres insaisissables de la Forêt dense, bien loin des villes, donc. En ce sens, la modestie du logement n'avait pas de quoi le gêner. Pour être honnête, le plus somptueux des appartements ne valait pas la plus moyenne des maisons creusées dans les troncs d'arbres centenaires. C'étaient ces maisons qu'il avait connu au Pays du Bois qui étaient pour lui l'expression du raffinement architectural. Il considérait les P'irvilebii comme des Maîtres. Des Patrons des Arts, des Prodiges du Combat, des Prédicateurs d'une Spiritualité Nouvelle alors qu'Éteinte.

Mais hors de toute modestie ou petitesse, ce qui faisait la particularité de l'appartement d'Hotaru était sa serrure. Il n'y en avait pas. Pas de quoi surprendre l'Homme des Bois, une nouvelle fois. Les serrures n'étaient pas bien répandus, là d'où il venait. Bien idiot soit celui qui associerait cette autre façon de vivre à une "non"-serrure, qui la qualifierait par une absence de quelque chose et qui, par extension, considérerait que son peuple vit de manière arriérée. Les Hokazuka p'irvilebii seraient totalement capables de produire des serrures. Mais ils n'en auraient aucune utilité. Si le manque de serrure pourrait être considéré comme une "absence du progrès" par certains, on pourrait rétorquer que la présence de serrures dans les villes pourrait être considéré comme une "absence de confiance" par d'autres.

On pourrait penser donc que Liuqin ne remarquerait pas cette absence sur la porte du Mizujin. Mais son temps dans Kiri et son voyage l'ont familiarisé avec ce détail habituellement présent, donc oui, il comprenait que quelque chose n'était pas là. Ce qu'il ignorait, par contre, c'était comment le shinobi avait déverrouillé son entrée. L'Homme des Bois pouvait mobiliser son chakra, c'était un Irmagreba, il savait se battre et malaxer ses fluides. Mais il n'était pas shinobi, pas encore. Alors certaines subtilités lui échappaient. Ainsi, il ne put saisir le fonctionnement derrière ce système de sécurité. Il fallait être demeuré pour ne pas comprendre qu'il y avait un rapport avec le sceau présent sur la poignée et un peu de chakra, mais les subtilités de l'opération lui échappaient et c'était la première fois qu'il assistait à un tel procédé. Il fut interloqué, certes, mais pas terrifié et ne demanda pas plus de détails. Il faisait confiance à Hotaru, déjà.

L'intérieur du logis était aussi simple que l'extérieur. Pas bien grand, pas bien petit. Mais à côté de sa petite chambre d'auberge, le lieu était immense. Liuqin se sentait donc à l'aise dans les lieux et le sens qu'il avait acquis de la valeur des choses en ville -sens forgé par son expérience, donc faillible- plaçait la valeur du lieu autour d'une échelle qu'on pourrait appeler "moyen bon".

Comme le jeune homme l'avait demandé, le Cervalier se mit à ses aises et s'installa. À partir de là il n'avait plus grand chose d'autre à faire qu'attendre, balayant l'appartement de son regard pour passer l'attente. Hotaru commençait par s'excuser. Ce que Liuqin rectifia immédiatement, quitte à parler en même temps que son bienfaiteur :

"Non non ! Ne vous excusez pas !" qu'il précipita d'un ton rapide afin de minimiser l'impact de son discours sur celui de son camarade. Pour éviter de le couper, en somme.

Puis la suite du dialogue vint. N'ayant vécu seul que depuis très peu de temps, L'Hayashijin ne comprenait pas encore la simplicité d'un repas lorsqu'on ne le partage pas. Bien évidemment, ses repas à lui aussi étaient simples, mais il mettait cela sous le compte de sa situation irrégulière et fragile. Mais la vérité était que bien souvent lorsqu'on mange seul, on mange la plupart du temps bien simplement. Liuqin, cependant, remarquait encore un autre virage pris par Hotaru, encore une excuse. Ce n'était pas sa première de la journée. Et il reconnaissait qu'il s'agissait d'une excuse, encore une fois. C'était un schéma qui avait l'air de se répéter chez lui, apparemment. Le Cervalier pouvait maintenant commencer à distinguer les signaux spécifiques qui construisaient Hotaru en tant que personne, qu'individu unique. Il tentait de ne pas porter de jugement à cette information. Aucun être n'est parfait, chacun a ses troubles. Certes, son bienfaiteur avait un penchant pour la justification, mais il ne lui en tenait pas compte. Il n'y réfléchit pas, ni ne chercha à trouver des points positifs à ce défaut, comme par exemple le fait qu'il le reconnaissait. Il n'y portait aucun jugement, ni bon ni mauvais. Ou du moins il s'y efforçait.

"Aucun problème, j'aime un peu tout. Puis je ne suis pas bien exigeant."

Il sourit de manière radieuse. Quoi qu'en disent ces mots, Liuqin était heureux. Le meilleur moyen de le séduire était de lui proposer et lui offrir de la nourriture. Et la séduction, ça ne se limite pas aux intérêts romantiques. Telle une ponctuation à son sourire, son estomac se mit à résonner pour le plus grand plaisir des oreilles alors présentes sur place. Il rit en étant légèrement gêné.

"Prenez tout votre temps, ne vous inquiétez pas."

Après ces mots et à l'heure de la cuisson, il en profita pour s'éclipser au cabinet. C'était un être humain après tout (surprenant, n'est-ce pas ?), fait de besoins à satisfaire. Le jeune homme se lavait ensuite les mains et en profitait pour se regarder dans le miroir. Il avait perdu du poids, il le savait et il le voyait. Avec un peu de chance, ce repas lui permettrait de rééquilibrer la balance. Le temps qu'il revienne, du riz était en cuisson. Cela le rassurait un peu. Trop gentil pour l'admettre, il avait eu peur qu'une simple omelette ne lui suffise. De plus, il adorait le riz et ce, avec le plus de beurre possible. Ou alors en Onigiri. Mais il n'était pas capricieux. Qu'importe la manière dont le riz sera servi par Hotaru, il serait heureux.

Il reprit sa place une ou deux minutes avant que son Bienfaiteur ne le rejoigne, prêts à manger.

"C'est moi qui vous remercie." dit-il en souriant, le regard dans celui d'Hotaru, l'index et le pouce saisissant les baguettes que l'homme lui tendait.

La première bouchée arrivait. Soucieux de l'estime de son partenaire, il s'assurait de donner l'impression d'apprécier son repas. Même si le premier goût dû demander une infime pincée de talent d'acteur vu qu'il n'avait pas encore eu le temps d'évaluer le repas, le reste des bouchées n'eurent besoin d'aucun jeu. Le repas était bon. Pas somptueux, bien évidemment, mais aucune plainte n'était à formuler. Après trois bouchées, le jeune homme tint à garder une conversation active afin de ne pas se retrouver coincé dans une ambiance plate. Il marqua un :

"C'est délicieux."

Plus poli qu'autre chose, avant de très rapidement effectuer une transition sur :

"Et donc... Depuis combien de temps vous êtes à Kiri ? En d'autre mots... Vous êtes dans les rangs depuis longtemps ?"

Il avait bien sûr fait attention à finir sa bouche avant de parler.

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Hotaru
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Ven 10 Jan 2020 - 19:02

Hotaru regarda manger son invité avec un certain amusement. Il n'avait pas fait de bon repas depuis un moment, c'était visible. Et même s'il n'avait pas la prétention de dire que ce qu'il venait de cuisiner était un bon repas au sens gastronomique du terme, il estimait néanmoins que la quantité était suffisante pour rassasier un homme, qui plus est s'il n'avait pas mangé à sa faim depuis un moment. Il mangeait aussi, peut être plus lentement que Liuqin. C'était le genre de repas typique qu'il se préparait. Quelque chose fait vite, mais bon, et relativement équilibré. Il n'en demandait pas plus, et son alimentation ne variait pas beaucoup, à vrai dire.

"Merci."

Ce seul mot s'accompagna d'un sourire en retour à Liuqin. Faire plaisir à quelqu'un et voir que cette personne se régalait, c'était déjà un remerciement suffisant pour Hotaru. Il aimait être bienveillant. C'était un sentiment beaucoup plus satisfaisant que d'autres. Alors, pourquoi s'en priver ? En plus de cela, la compagnie de l'Hokazuka n'était pas désagréable.

"Oh, ça ne fait vraiment pas longtemps. A peine quelques semaines. Mais le temps passe très vite. Je suis assez occupé, comme vous pouvez vous en douter ..."

D'un geste du menton, il désigna la pile de livres qu'il avait dégagée de la table.

"J'étudie la médecine. J'aimerais compléter mes capacités en étant utile, même en-dehors des combats. Et je dois dire que la bibliothèque du Complexe est parfaite pour ça."

Il reprit une bouchée. Il commençait à avoir quelques bases théoriques, maintenant, mais ce n'était pas encore suffisant. Il lui fallait les approfondir, et notamment par de la pratique. Mais ça, il ne pouvait pas s'en débrouiller tout seul. Il lui faudrait le patronage d'un Irounin qualifié pour avoir accès à ce champ-là des arts médicaux.

"Et puis de toute façon, l'entraînement et les missions demandent aussi du temps. On est constamment mobilisé, d'une certaine manière. Mais c'est plutôt plaisant. Intense, mais plaisant. Je suis jeune, de toute façon. Si je ne vis pas comme ça maintenant, j'imagine que je n'en aurai jamais vraiment l'occasion."

C'était le genre de phrases un peu réchauffées qu'il n'aimait pas vraiment, mais il devait admettre s'être fait ce constat, dernièrement. Il menait un train de vie assez effréné. Il ne pourrait pas le maintenir indéfiniment. Mais pour l'instant, il en était assez heureux. Ca lui permettait de se faire une place au sein du village, et d'explorer ces fameux horizons nouveaux pour lesquels il était venu à Kiri. En somme, il avait tout ce qu'il voulait. Presque tout, en tout cas.

"Au risque de me répéter, vous pourriez trouver de quoi vous intéresser dans la carrière militaire. J'imagine que comme je suis encore un bleu, je ne suis pas le mieux placé pour en parler, mais bon ... C'est un bon moyen de s'assurer une certaine situation. Et on rencontre des gens biens. Je vous en présenterai, si vous voulez."

Et sur ces mots, il vida d'un trait son bol de soupe.

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Sam 11 Jan 2020 - 14:49
Le Cervalier prenait quelque bouchées pendant que son camarade parlait, sans l'interrompre. La plupart du temps il acquiesçait ou dessinait quelques sourires tout en soufflant du nez, amusé, comme lorsque son hôte lui montrait ses livres de médecine, par exemple. Parfois, ne mentons pas, il amenait son attention hors de la conversation. C'est ainsi qu'il réalisa qu'à l'instant T il était heureux. Il mangeait, avait une bonne conversation, il n'avait rien d'autre à faire que d'être heureux. Ça le fit sourire. Mais ces moments d'inattention étaient brefs, le fil de la discussion ne lui échappait pas des mains pour autant. En ce sens, il était capable de réagir aux éléments importants du dialogue. Par exemple, il leva ses deux sourcils dans une expression d'intérêt lorsqu'Hotaru déclarait poursuivre des études de médecine. Liuqin n'avait jamais entendu parler de shinobi médecins. Il se demandait si l'un devait abandonner une de ses professions pour pouvoir exercer l'autre. Non, ça n'avait pas de sens, sinon le Mizujin aurait directement commencé par la Médecine avant d'être ninja. Puis son discours semblait bien faire état d'une double activité. Et après tout, on a tous besoin d'avoir son propre archiatre au front. Encore mieux si celui-ci peut se défendre seul.

Et de manière inévitable, le sujet revint sur un éventuel engagement de l'Hayashijin. Il l'avait bien cherché. C'était lui qui avait rouvert la discussion sur l'armée. Mais le fait qu'on lui suggère de s'engager, c'était un thème récurrent. Ça lui tournait autour depuis qu'il était arrivé à Kiri. La Cité possédait-elle une obsession militaire ? Ou cette orbite ne concernait-elle que le Cervalier ? C'était une sorte de militaire après tout, chez lui. Mais à cette même question était de manière inhérente attaché le même dilemme. Que faire si son peuple se retrouve en guerre ? Kiri le laisserait-il défendre Hayashi ? Rejoindre l'armée était certes le meilleur moyen que le jeune homme avait à disposition pour devenir plus fort et ainsi accomplir sa quête mais toute montagne comporte une montée puis une descente, un avantage et un inconvénient. Et bien des gens se sont retrouvés au sol après avoir tenté d'atteindre le soleil avec des ailes de cire. La force serait-elle son soleil et Kiri ses ailes de cire ? Il avait peur.

Et s'il se servait de Kiri ? Il n'était pas obligé de se soumettre. Il pouvait être intelligent et rentrer dans l'armée. Obéir lorsque la Cité nous interdit de la quitter peut sembler anodin mais qu'est-ce qui empêcherait Liuqin de partir à Hayashi même si on le lui interdit ? Non, ce ne serait pas moral. Mais accepter de laisser son peuple mourir faute d'avoir obtenu l'autorisation de les défendre, n'est-ce pas encore moins moral ? Tout n'était pas noir, rien n'était blanc. Quelles que soient les actions qui marqueront le parcours du Cervalier il serait le fidèle serviteur d'un camp et le traître de l'autre et il en finirait tourmenté. Il le savait à présent, grâce à Hotaru, grâce à la réflexion qu'ils avaient déclenché tous les deux.

"Je devrais peut-être rentrer dans les rangs, oui. Mes talents ne sauraient être utiles autrement à Kiri, pour l'instant."

Il prit un instant pour se plonger dans une vive réflexion

"Ça me fait peur, je ne vais pas mentir. J'ai des obligations envers mon peuple, ma famille, je suis loin d'eux. Ce serait dommage que Kiri les remplace, je ne voudrais pas arriver à cette échéance."

Alors qu'il parlait, il tenait son dernier morceau d'omelette dans les airs avec ses baguettes, ayant mis en pause sa consommation pour pouvoir parler. À la fin de son discours, son morceau s'échappait de son emprise, tombant dans son bol de soupe.

"Mince !"

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