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Les Trois Dragons [Equipe #8] (PV: Naenda Kaïn & Hyûga Hiroko & Sōryū Kanon)


Ven 11 Aoû 2017 - 21:30
Kanon était à son bureau, situé au cœur commerçant du village caché. C'était là la couverture parfaite pour sa mission de Shinobi spécialisé dans les affres des affaires liées au commerce principalement. Bien sûr, il avait du acquérir le bâtiment lui même et monter sa propre affaire. S'étant vu le refus catégorique du luxe d'un repaire de la part des bureaucrates chargés de la gestion des comptes de la nation. Comment osaient-ils refuser à leur plus fidèle, mais surtout fanatique, patriote, le moindre traitement de faveur?  N'étais-ce pas hérésie? Quand bien même, cela n’arrêterais pas Kanon dans sa sainte quête et sa folie des grandeurs. Il n'hésitait pas une seconde à piocher dans les richesses de son clan et sa fortune personnelle pour acquérir les outils nécessaires à ses activités. Ce n’était pas avec la faible rémunération qu'il recevait de part son poste de Shinobi gradé qu'il aurait pu survivre en ce monde sans pitié. Les forts mangent les faibles. Les riches mangent les pauvres. Connaitre les bases de l'économie était une de ses qualités. Transformer un ryo en un million sans se faire arnaquer était un art tout autant que celui de cracher une immense boule de feu pour incinérer un adversaire  menaçant votre vie.

Faisant d'une pierre, deux coup, le commerce reposait sur une denrée provenant d'une spécialité propre à son clan. Et en même temps, l'affaire servait de couverture pour surveiller le cœur commerçant. Ainsi que de repaire bien entendu. Obtenir les autorisations nécessaires ne fut pas une partie de plaisir, mais un tentacule est tenace et têtu. Être le médiateur entre la branche si fermée et conservatrice du Clan Sōryū et la branche si progressiste ayant migré vers Iwa était un très bon argument. De plus, amener les spécialités ancestrales de son clan  dans le commerce du village caché était toujours bon pour l'économie. Notamment le célèbre alcool de melon si fruité était l'ambroisie des Dieux eux même. Graisser la patte de quelques bureaucrates avec une ou deux bouteilles de ce gouleyant breuvage finit rapidement de mettre tout le monde d'accord. Des fois , il faut fermer les yeux sur un peu d'hérésie afin de mieux la trancher plus tard. Triste monde tragique.

Le commerce prenait place dans un fort joli bâtiment. L'architecture était on ne peu plus élégante, restant traditionelle. Normal pour un établissement vendant certainement l'un des plus réputés, coûteux mais surtout rarissime alcool de tout le Pays de la Terre. L’édifice n'était pas plus démesuré que de raison, restant de superficie honorable. Les ventes se faisaient quasiment toutes sur invitation et aux enchères, en petit comité fermé. Ce n'était pas de la pisse de cheval qu'on pouvait trouver dans la première auberge venue. Aucunement. Il s'agissait d'un véritable trésor.

Bien sûr, le Shinobi déléguait à du personnel la plupart des taches incombant à ce commerce. Se concentrant sur ses devoirs envers la nation. Il n'avait pas le temps de niaiser. D'ailleurs, il finissait d'écrire son rapport sur les agissements hérétiques d'un commerçant violant les saintes lois. Le bougre avait mandaté des brigands afin de mettre à mal le commerce de l'un de ses principaux concurrents connaissant plus d'essor. Cette concurrence déloyale allait être mise à jour et punie comme il se doit.

Terminant les quelques mots d'usages, formules de politesses, se trouvant à la fin de toute missive à l'intention de ses supérieurs, quelqu'un vint toquer à la porte de l'antre.

"Entrez!"
-Enroulant le rouleau et le fermant d'un sceau officiel-

Il s'agissait du messager bossu. Le fameux intermédiaire entre le Shinobi et ses supérieurs.

"Tu arrives au bon moment. J'ai une missive à transmettre à notre miséricordieux Triumvirat."
-lui tendant le message-

L'homme au visage défiguré de par sa laideur lui tendit en échange un rouleau qu'il sortit de sa manche.

"Je suis Busaiku, la fripouille, à vot'service."

"Je sais qui tu es..."
-restant perplexe-

Le manque d'élégance et de manières de ce messager n'étaient rien comparé à sa sottise. Mais au moins, il avait le mérite de toujours délivrer les commissions comme il se devait. Avec discrétion. Et sa fidélité à la cause d'Iwa était on ne peut plus sûre.

"Le Triumvirat Veille."

"Le Triumvirat Veil'."

Le monstre disposa, s'éclipsant par la où il était venu.

Kanon soupira. Si au moins il avait pu avoir une messagère sexy. Cela aurait été un plaisir plutôt qu'un insoutenable moment à passer à chaque fois qu'il recevait ses ordres de mission. Triste monde tragique.

Sans plus attendre, le Shinobi s'assura de l'authenticité des documents, examinant le sceau qui était bel et bien officiel et encore scellé. De nature impatiente, il ouvrit rapidement l'objet et lu d'une traite le contenu apposé sur le rouleau.

Il s'agissait enfin du document concernant la formation de l'équipe qui avait été décidée par les bureaucrates. Une équipe chargée du Commerce. Deux genins allaient être mis sous le commandement implacable du Shinobi. Espérant se retrouver avec de belles et sensuelles Kunoichis, le Jonin fut vite désabusé. Deux prénoms, un plus que masculin! Et un autre illisible en partie! Laissant planer le doute! Enfer et damnation! Serrant ses poings, il froissa le papier pourtant officiel.

Reprenant son calme, il se fit une raison. Au moins, il y avait peu de chances qu'ils soient aussi désagréables que la fripouille. Du moins, c'était son seul souhait. Il examina rapidement les différentes informations concernant les membres de l'équipe. Cela restait un peu flou à son goût. Naenda Kaïn, Hyûga Hir***... Étaient-ils de vrais patriotes? Prêt à donner leurs cœurs à Iwa?! La réponse serait vite fixée. Nul ne trompe l’œil d'un fidèle Iwajjin. Débusquer l'hérésie où qu'elle se terre étant sa vocation primordiale.

Perdu dans ses pensées, Kanon n'entendit pas tout de suite sa secrétaire personnelle qui frappait à la porte. Finalement au bout d'un moment, après que l'intensité des coups augmentent, il finit par redescendre sur terre.

"ENTREZ!"

Une superbe jeune femme, habillée de manière traditionnelle apparut. Une peau blanche comme le lait, une lisse chevelure noire comme l’ébène, une paire de melons outrageusement fournie contrastant avec sa fine silhouette.

"Qu'y a t'il Saya? Ne vois tu pas que je suis occupé?"
-affichant un air d'agacement-

"Mes excuses, Sōryū-sama... C'est que... Deux individus très louches insistent pour avoir un entretien avec vous. Je leur ai dit de partir mais ils insistent en déblatérant des paroles qui n'ont aucun sens..."

Kanon réfléchit une seconde. Des individus louches? Alors que personne n’était censé connaitre sa présence en ces lieux? Encore un coup des bureaucrates chargés des ressources humaines. Ils les avaient envoyés ici! L'organisation n'était pas leur fort, mais que ne comprenaient-ils pas dans l'expression "repère secret"? Croyez le, certains allaient se faire remonter les bretelles à grands coups de tentacules dans un futur proche! Parole de Pieuvre!

"Faites les entrer immédiatement."
-tentant de rattraper le coup-

Heureusement, à cette heure si matinale, il n'y avait personne aux alentours du commerce. L'emplacement était prévu pour ne pas être un lieu de passage trop exposé à la populace.

La "secrétaire" sortit du bureau, hâtant le pas. Une fois arrivé dans la pièce principale accueillant les clients, elle s'adressa aux deux invités.

"Mes excuses, le maître va vous recevoir, suivez moi je vous prie."

Invitant les deux inconnus à la suivre, elle les mena au bureau du Shinobi.


Dernière édition par Sōryū Kanon le Mar 22 Aoû 2017 - 17:03, édité 2 fois
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Sam 12 Aoû 2017 - 2:30

- Mais je sais pas qui c'est moi ! J'ai pas envie de me trimballer toute la journée avec des inconnus !

La missive qu'un oiseau, déjà reparti au loin, venait de m'apporter en traversant ma fenêtre, était encore entrouverte sur ma table. La lettre qu'elle enfermait était dans mes mains qui la torturait de nervosité. Non pas que j'étais énervé par la nouvelle mais j'avais peur. Elle n'annonçait rien de très positif et surtout rien qui ne promettait d'améliorer mes conditions de vie à Iwa. Oui, un simple bout de papier et quelques mots avaient réussi à me perturber pour un bon moment.

- Sōryū Kanon ? C'est quoi comme animal ça ?

Déjà que je le sentais pas, mais en lisant son nom je le sens encore moins. Je ne le connais pas mais il ne m'inspire pas confiance. Comme une étrange sensation que la personne cachée derrière ce nom ne m'aidera pas beaucoup à atteindre mes objectifs. Le seul maître dont j'ai besoin pour progresser, c'est Borukan-sensei. Je ne sais même pas ce qu'il peut bien valoir ce Kanon. Si ça se trouve il ne vaut pas un copec en combat et il ne pourra rien m'apprendre. Là j'extrapole un peu trop, je ne connais que son nom après tout.

- Et faut que je me bouge en plus ? Jusqu'au cœur ? J'en ait au moins pour 20 minutes de marche...

Ce n'était pas la marche qui me faisait peur pour être honnête. C'était simplement qu'à Iwa, tout le monde me regarde étrangement dans les rues. Et là, je devais me rendre dans le quartier des commerces. Autrement dit, le plus gros rassemblement de population de tout Iwa. Et ça, pour le coup, c'était vraiment une très mauvaise nouvelle. J'allais devoir tracer tout droit à travers la ville, pour arriver au point de rendez-vous qu'on m'avait fixé. Drôle d'endroit pour rencontrer un chef d'équipe au passage. Si j'avais correctement lu, nous avions rendez-vous dans une échoppe, avec ce fameux Jônin. Que faisait un Jônin dans une échoppe ? Et pourquoi avions nous rendez-vous là bas et pas auprès d'un membre du Triumvirat. Je croyais que c'était un peu cérémonial la constitution d'équipes ninja. Apparemment pas. Si ça se trouve cet endroit est un bar et mon sensei imposé sera juste un pervers ivre mort du soir au matin.

Mouais. Ça fait beaucoup de questions et toujours pas de réponses. Bon, c'est pas en restant immobile dans ma maison que ça va changer. Il est temps de bouger, je risque d'être en retard. J'ai peut-être pas du tout envie d'y aller mais je n'ai pas le choix. J'ai lu dans un bouquin tout ce qui concerne les hiérarchies ninja. Si je désobéis à une missive officielle, je deviendrais un criminel. Ce qui serait dommage.

Je me suis dépêché de m'habiller, enfilant en dernier lieu ce bandeau que j'aimais mais qui m'imposait aujourd'hui un exercice difficile. Le symbole d'Iwa, le symbole des ninjas. En l'honneur de mon clan, que je représentais à moi seul, je me devais d'assumer mes responsabilités. Alors que je descendais les escaliers pour sortir, mon esprit s'embrouillait toujours plus. Des questions, des doutes. J'étais en panique. Ma peur du public et ma timidité maladive entrainaient mon cerveau sur des chemins dangereux. J'étais tout simplement en train de me perdre dans mes pensées et il n'existe pas de labyrinthe plus complexe à vaincre.

- Ah merde ! Connerie de marche !

Comme pour les sorts d'illusion, c'était la douleur qui m'avait sorti des griffes de mon inconscient. Escalier contre orteil. L'escalier avait gagné la partie de très loin. Sous le coup de pied qui suivit, les scores furent égalisés, alors que la marche déjà brisée s'envolait éclater contre le mur, subissant alors la défaite, au sifflet de l'arbitre. Mais son adversaire du jour garderait un moment les séquelles de cet affrontement. C'est en boitant légèrement que j'ouvrais la porte. Comme si j'étais pas déjà assez remarquable avec ma couleur de peau, maintenant j'ai la démarche d'un estropié. Et ça rate pas. Même pas 10 mètres dans la rue et déjà un regard se pose sur moi, avec stupeur et une petite lueur de dérangement. Sale type. Je rabaisse encore ma capuche, l'utilisant comme une barrière pour me cacher au jugement de tous.

La route a été longue. Et si je racontais tous les travers par lesquels est passé mon esprit, je crois que je n'aurais pas assez d'une journée de conte. C'est en sueur que je suis arrivé devant la fameuse échoppe, seul. Oui, l'endroit était dégagé, à l'écart des éclats de voix et des grands gestes des Iwajins. Idéal pour moi. Subitement ma température corporelle se mit à redescendre, jusqu'à ce que même mes battements de cœur retrouvent leur rythme de croisière. J'avais surmonté cette épreuve une nouvelle fois. Il n'y avait plus qu'à attendre. Je tends la main et frappe contre la porte. Une ombre arrive derrière moi. M'avait-il parlé ? Ou elle? Peu importe, s'il a quelque chose d'important à me dire, il le fera clairement. J'ignore la femme, puisque son parfum l'indique aisément, bien qu'elle ne soit pas décidée à partir. Une kunoichi apparemment. C'était un rassemblement ? Ou alors toutes les équipes de ninja se créaient secrètement dans cette échoppe de liqueurs.

Une magnifique femme tira alors la porte, nous offrant la vue éblouissante de son corps dans une tenue traditionnelle des plus parfaites. Si c'était elle mon nouveau Sensei, je retirais tout ce que j'avais pu dire auparavant. Son regard était posé sur nous deux, puisque ma nouvelle camarade ne semblait pas décidé à s'en aller. Elle était méfiante. Elle ne me jugeait pas, mais elle ne savait pas quoi penser de nous apparemment. D'une voix douce et chaude, elle nous demanda ce qui nous amenait ici.

- Bonjour ! J'ai rendez-vous avec le dénommé Sōryū Kanon. Est-ce vous ?
- Le maître n'accorde pas de rendez-vous, je vais vous demander de partir.
- C'est le Triumvirat en personne qui m'a envoyé cette missive, avec un rendez-vous. Vous pouvez aller chercher votre maître s'il vous plaît, je n'en ait pas envie mais on me force à suivre son enseignement. D'après mon manuel des relations publiques en société civilisée, j'ai employé la politesse appropriée dans ma phrase, le résultat devrait donc être une action de votre part allant dans mon sens.

Elle me jeta un regard inquiet et très incompréhensif. Elle referma la porte d'un coup sec, provoquant la surprise de mon côté. Je me retournais alors vers la jeune femme, haussant des épaules.

- Le monde civilisé est bien compliqué quand même. J'ai dit ''s'il vous plaît'', elle était censé nous faire entrer.

Oh que oui, le monde réel était vraiment très complexe. Les codes sociaux qui régissaient l'équilibre de la population m'échappaient encore totalement. Comprenez alors ma stupéfaction quand, alors que tout espoir semblait perdu, la magnifique dame ouvrit à nouveau la porte, un sourire de convenance affiché sur son visage, nous invitant à entrer. Même moi, je voyais qu'il était forcé ce sourire. Tss. Foutus commerçants et leurs visage de plastique. Cette femme qui m'était apparue splendide, n'avait plus maintenant que des airs de statue, ressemblant comme deux gouttes d'eau à toutes les bourgeoises figées en une expression que j'aide tous les jours. Osant espérer que notre sensei ne sera pas pareil.

À peine entrés dans la salle, devant cet homme bien habillé, des cheveux noirs encadrant son visage de craie à la manière d'une œuvre d'art, simplement illuminée de ces yeux verdoyants, signature de l'auteur. Intéressant. Il ne correspond pas à ce que j'avais imaginé. Je ne peux pas encore le préciser, mais une drôle d'impression m'emplit les méridiens. J'ai l'impression de pouvoir sentir son chakra. Ce n'est certainement pas un ninja de seconde zone. Ma main passe devant mon ventre, avant que je ne m'incline respectueusement.

- Naenda Kaïn, genin. J'ai été convoqué par le Triumvirat du village caché d'Iwa no Kuni pour rejoindre votre commandement. Sachez que c'est un plaisir de travailler sous les ordres d'un Jônin, qui représentent l'élite de notre village et notre plus grande force.

Bla, bla et bla. Encore des mots convenus. J'avais tout dit comme le précisait mes livres. Je n'avais pas connu d'erreurs cette fois, du moins j'en étais certain. Mais le monde réel est cruel parfois...

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" Du Feu naît la Lumière. De l'Eau naît la Vie. Du Vent naît le Chaos. De la Foudre naît la Mort."



"Mais de la Terre naissent les Hommes."


Clan Naenda, version corrigée de leur devise.


Dernière édition par Naenda Kaïn le Dim 10 Sep 2017 - 0:30, édité 1 fois
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Mer 30 Aoû 2017 - 0:06
Hiroko se trouvait aujourd’hui bien entourée. A en croire ses yeux, tout l’arbre généalogique s’était réuni en ce jour pour la punir. Qu’est-ce qu’Isamu leur avait rapporté ? Déconcertée, elle adressa un regard interrogatif à ce dernier, mais son hochement d’épaule lui signala qu’il n’en savait rien lui-même. Dans l’attente du jugement, Hiroko se faisait crispée. Elle n’aimait pas ces silences cérémonieux et l’aurait bien terni si elle avait su de quoi on l’accusait. Hiroko n’appréciait pas non plus sa tenue. Elle enfournait sans grâce sa main dans son kimono afin de se soulager des démangeaisons qu’elle lui procurait. Elle recueillit d’ailleurs au passage quelques plaintes et soupirs dans l’assemblée, signe que quelque chose d’important se préparait.

Hiroko fut d’ailleurs étonné de voir la présence de sieur Roki, le chef du clan Hyûga, ses parents craignant d’ordinaire qu’elle offense même le plus petit invité. D’une curiosité indiscrète, elle l’observa un temps ; mais affamée par le manque d’animation, elle préféra très vite se tourner vers la servante qui servait le thé. Après que tous les convives furent servis, on vint poser une boite devant l’irrespectueuse. Hiroko hésita alors à l’ouvrir, mais après un hochement de tête entendus de Roki, elle s’y aventura. Elle put alors entendre le discours de celui-ci alors qu’elle découvrait dans l’étui son bandeau de genin.

- « C’est un grand jour pour la Sôke ; Hyûga Hiroko rejoint officiellement les rangs des ninjas d’Iwa »

Roki leva alors sa tasse et la porta à ses lèvres, invitant chacun à en faire de même. Hiroko accueillit la nouvelle sans grande joie. Pas déçue, mais pas ravie non plus ; comme une enfant qui aurait davantage travaillé à répondre aux espoirs de sa famille qu’aux siens. Au moins, il n’était pas question de représailles. Expirant, elle attacha son bandeau à la manière d’un brassard. Ceci fait, elle dévisagea à nouveau Roki ; ce qu’il attendait visiblement pour reprendre son discours.

- « Tu seras placée sous le commandement de Soryu Kanon. Nous avons fermement négocié pour que tu sois sous la tutelle d’un Jounin d’expérience. Sache en tirer le meilleur et te montrer à la hauteur de ton nom »

Hiroko plissa les sourcils, s’interrogeant sur l’éventuelle nécessité de les remercier, mais elle n’était pas d’humeur au sarcasme aujourd’hui ; sans doute l’inconfort du kimono. Elle se contenta d’acquiescer. Roki sortit alors une lettre de sa manche et la lui tendit.

- « Tu es attendu dans le quartier des commerces. L’adresse est inscrite sur ce document. Le sceau est là pour témoigner du caractère officiel de ta visite. Il te suffira de le montrer. Nous ne te retenons pas davantage. Il s’agit de ne pas te mettre en retard »

Hiroko n’écoutait déjà plus ses ainés. Lettre en main, elle avait pris connaissance du contenu et s’était émancipé dans l’instant. Elle avait toutes les informations pour prendre en charge seule la suite des événements. Nez dans son document, elle s’était levée devant cette assemblée encore assise en seiza et avait quitté la pièce sans leur porter un égard si ce n’est un salut de la main qu’elle n’appuya du regard, trop absorbée qu’elle était par le document. Elle ne fit pas même attention aux échos irrités de son nom alors qu’elle s’éloignait de la salle de réception.

Avant de parcourir le village, Hiroko prit bien entendu le temps de se changer. Une tenue dont elle avait l’habitude, identifiable par l’arc dans son dos, le carquois à sa taille et l’épaule gauche volontairement dénudée afin de mieux arquer ses flèches. Sur le chemin, elle avança d’un pas peu pressé, s’appuyant sur la position du soleil pour réguler son avance. Hiroko n’aimait guère arriver trop tôt. Ça ne l’empêcha pas d’arriver à l’heure. A la porte, un homme la devançait. C’était plutôt réjouissant. Elle s’était glissée dans son dos, visiblement ravie de pouvoir échapper aux mondanités. Le géant lui faisait même la faveur de l’ignorer. Elle n’en fut pas moins ingrate quand une femme se présenta et qu’il s’exprima. Hiroko dénigrait son relationnel ; et ce n’était pas peu dire venant de sa part. Elle-même s’étonnait d’avoir de la condescendance sur ce terrain-là. Quand il s’adressa à elle, une pique lui échappa.

- « Le monde civilisé est bien compliqué quand même. J'ai dit ''s'il vous plaît'', elle était censée nous faire entrer »

- « La prochaine fois essaye d’ajouter ''Votre Altesse'' ; sait-on jamais »

Elle regretta presque aussitôt ses mots, puis se fit la réflexion qu’habile comme il était, le jeune homme ne se rendrait probablement pas compte du ton sarcastique de son phrasé. Elle se força tout de même un sourire pour mieux le faire passer. Heureusement, la secrétaire revint accaparer son attention et Hiroko put rependre la posture neutre et complètement apathique qui la relaxait.

On les fit ensuite tous deux entrer dans la salle. Hiroko y découvrit la présence de son futur maître. A nouveau, son camarade lui facilita les présentations. Ainsi une fois qu’il eut fini de se présenter, elle enchaîna en ajoutant simplement.

- « Hyûga Hiroko. Idem. Même plaisir »

Contrairement à son camarade, elle ne se laissa pas subjuguer par l’apparence du jounin. Il pourrait tout aussi bien être un expert en genjutsu, rodé dans l’art de dissimuler son gras et sa mauvaise hygiène. De savoir son grade, d’une certaine manière, elle s’en persuadait et le contemplait d’un air un peu rebuté.
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Jeu 31 Aoû 2017 - 5:36
Un long silence plana dans le bureau du Jonin. Semblant durer bien plus longtemps que la réalité. Il se demandait en son fort intérieur si ses futurs élèves en valaient la peine. Avoir le privilège de suivre les enseignements de l'élite parmi les Shinobis. Cela constituait un honneur dont bien peu de Genins pouvaient se targuer. L’inquiétude se ressentait dans son esprit. Les bureaucrates se chargeant d'attribuer la répartition de la bleusaille dans les équipes ne lui inspiraient aucune once de confiance. Ils avaient cette fâcheuse habitude de toujours faire des maladresses tenant du risible.

Entendant le bruit des pas se rapprochant dans les escaliers menant au couloir, et donc à la porte de son bureau, le Jonin passa sa main dans ses cheveux noirs de jais. Puis de son autre main, il déposa la lettre froissée sur l'un des cotés du bureau se trouvant devant lui. Restant assis derrière l'imposante et luxueuse stèle de bois, il prit une pose des plus classieuse et impériale.

Fixant de ses yeux, aussi mortifères et démoniaques que les enfers eux mêmes, l'entrée menant à l'intérieur de son antre. Il était prêt à accueillir les inconscients qui osaient profaner son repaire.

Un jeune homme d'une taille assez grande pour se cogner aisément par mégarde la tête sur le montant de porte entra. Une peau bronzée, synonyme de son appartenance à des contrées situées dans une région aride. De plus, ce dernier boitait en traînant sa jambe avec difficulté. Depuis quand on recrutait des Genins ayant des difficultés motrices ?

Puis, une jeune fille, haute comme trois pomme et affichant des yeux ternes et mornes, dignes de poisson mort, pénétra à son tour dans l'enceinte des murs. On remarquait immédiatement son appartenance au fameux clan aux Pupilles Blanches. Elle affichait un air assez désabusé et hautain. Caractéristique de bon nombre de ces membres porteurs de yeux incolores.

Neuro les regarda fixement, en restant assis dans son fauteuil. De manière mégalomane, les analysant de la tête aux pieds, tout en écoutant leur présentation.

Le garçon parlait bizarrement. Faisant un peu trop d'éloges à son Sensei. Trahissant un stress évident. La demoiselle quand à elle fit au plus simple. Manquant de respect à la Calamité des Cieux. Arborant un air des plus stoïques.

Au moins, cela était clair. Les deux zigotos n'allaient pas rire bien longtemps. Kanon se leva, affichant un air sérieux, puis s’avança vers eux tout en déclarant sa sentence.

« Sōryū Kanon. Dorénavant, vous êtes sous ma supervision. Croyez moi, je vais vous faire cracher du sang et vous allez m’aimer pour ça. Un entraînement dur et implacable, mais juste, vous attends. » -s’avançant-

Puis prenant place en face des deux hurluberlus. Il continua son discours.

« Si vous comptiez feignasser, vous êtes mal tombés » -fixant tout d'abord le jeune homme estropié-
« Je vais vous forger et faire de vous de véritables Shinobis. J’espère que vous êtes prêts à donner votre cœur à Iwa » -regardant la Kunoichi aux regard immaculé-

Faisant cours, Kanon plissa les yeux malicieusement, renforçant son regard déjà dérangeant d'autant plus.

« Des questions avant que l’entraînement ne commence ? »

Peut être que l'un des deux allait dire quelque chose. Le Professeur n'attendait que ça. Comment allaient-ils réagir ? Mater les élèves récalcitrants était primordial. Briser leur esprit et leur corps était la première étape nécessaire pour les ériger ensuite en de vaillants et mortels Shinobis.

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Merci Sora-chan!
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Dim 10 Sep 2017 - 0:53
Il existe dans le monde une chose que je ne m'explique toujours pas. Pourquoi des notions simples ne sont-elles pas comprises et partagées de la même façon entre tous. Puisque ces règles semblent élémentaires, au point qu'on enregistre leur bonne utilisation dans des livres, alors pourquoi chacun choisit la façon dont il les respecte ? Incompréhensible.

Prenez le respect par exemple. Dans la situation que je vivais actuellement. J'avais choisi la première option. Conventionnel, dans le rang, scolaire. J'avais décidé de suivre à la lettre les instructions en m'adressant à mon supérieur avec respect et soumission. Ce qui correspondait à ce que les écrits racontaient. Puis vint celle qui s'appelait Hiroko. Elle refusa en bloc toutes les règles de bienséance en vigueur en présence d'un supérieur hiérarchique. Elle l'exprima à sa manière en se présentant avec négligence et légèreté. Une autre façon de faire qui n'entraîna pas sa décapitation immédiate. Fallait-il en comprendre que c'était également une option gagnante ? Mais le maître prit une option encore bien différente. L'agression. Il tenta immédiatement de nous intimider et, si je n'avais pas eu à affronter les cobras du désert auparavant, il aurait sûrement réussi dans son entreprise. Mais encore une fois, sa notion de respect lui était propre et semblait être valable aussi.

Chacun écrit-il ses propres règles alors ? Peut-être est-ce là le secret de la civilisation que j'ai tant de mal à percer.

Des questions ? J'en ait des milliers des questions, qui me traversent l'esprit à chaque seconde. Beaucoup plus que je ne peux en supporter et très peu auxquelles je peux apporter une réponse. Alors bien sûr que j'ai des questions, en voilà une drôle de supposition. Quant à trouver des questions pertinentes avec le sujet, là c'était encore autre chose. Un certain tri était nécessaire, ce que je n'avais absolument pas l'habitude de faire. D'ordinaire, mes questions se révélaient utiles ou disparaissaient simplement. Ah. J'en avais une !

- Hm ! En quoi va consister notre entr....

ZBAM !

J'avais été brusquement interrompu par le bruit d'une porte claquée avec puissance. Me retournant, les lèvres encore suspendues dans l'attente de finir ma phrase, je vis la magnifique secrétaire de notre sensei, patientant devant la porte. Elle soufflait fortement et semblait suer à grosses gouttes. Ses joues rougissantes n'atténuant en rien son charme et son sérieux naturel, elle amena ce qu'elle tenait dans la main à Kanon.

- Tenez Soryu-sama ! J'étais parti faire quelques courses pour vous et j'ai croisé un messager en route. Il m'a demandé de vous remettre cette missive en urgence.

Et la missive fut transmise. Et lue. Sans un mot, le regard toujours aussi froid, celui qui devait devenir mon maître me passa le papier. C'était quelque chose qui me concernait, apparemment. Mes yeux s'écarquillèrent presque aussi largement que le décolleté de la secrétaire. Je ne comprenais rien à ce qui était raconté.

Pour faire simple, je venais d'être désaffecté. On m'avait tout simplement supprimé de cette équipe. Sans dire un mot de plus, sentant à l'ambiance que ce ne serait d'aucune utilité, je tournais les talons, m'inclinant légèrement par politesse, avant de m'éclipser par cette porte que je venais à peine de franchir. J'avais donc traversé toute la ville et sa foule pour en arriver à ça ? Un voyage à vide, sans rien ? Encore une opportunité gâchée, finalement...

Un jour, peut-être, un avenir radieux s'offrira à moi. Et je pourrais alors ouvrir mes ailes, tel le papillon, à peine sorti de sa chrysalide.

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