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Hideaki Midori
Hideaki Midori

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Dim 15 Mar 2020 - 20:08
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Midori traîne la patte dans Iwa. Ils ont été habilités à se balader un peu partout, à l’exception de certains endroits sensibles, tant qu’ils ne commettent pas d’acte répréhensible. Autant dire qu’une fois lâchée dans la nature, l’albinos n’a pas attendu bien longtemps avant de prendre connaissance des lieux. Oh, Iwa, la belle Iwa. Ses rochers partout, ses commerces, sa vie active. Ça change de Kaze, avec son sable et ses brigands. C’est sûrement ça, la prospérité dont ils parlent tous. C’est doux, comme du coton. Mais ça doit être long, à force. Ils ne s’ennuient jamais, à Iwa ? Quelles sont les menaces ? L’extérieur du monde, seulement ? Non, ça ne fait pas sens. Hum.

L’albinos prend une autre embouchure, change de rue. Ici, tout est plus grand, les structures bien plus propres. L’anarchie Kazejin ne semble pas exister, malgré le passé compliqué du village. Ils ont essuyé une attaque, mais ils s’en tirent plutôt bien. D’autres n’auraient peut-être pas pu en dire autant.

Midori continue sa marche, jusqu’à arriver au sommet des hauts plateaux, comme lors de leur arrivée. C’est l’endroit que la crinière blanche a le mieux retenu, notamment grâce à la vue imprenable qui y est offerte. De là-haut, difficile de manquer quoi que ce soit sur ce village. Un endroit idéal pour se poser et réfléchir. Que se passera-t-il, une fois leur mission pour le Fukkatsu accomplie ? Comment va Kakusareta, qui gambade actuellement loin, dans les contrées de la foudre ? Comment se déroule leur propre mission ? Comment tout ça va-t-il évoluer ?

La Kazejin grimpe sur un rocher, pour s’y asseoir en tailleur. Elle laisse ses prunelles se balader sur les bâtisses qu’elle surplombe. On pourra dire ce qu’on veut, ce village est d’une beauté époustouflante. La vie qui y grouille lui donnerait presque envie de s’y installer. Ou de s’installer dans une structure du genre. Mais ce serait renoncer à sa liberté, ses chasses aux trésors. Devoir rendre des comptes à quelqu’un. Berk, l’horreur. Midori grimace. Non, en fait, sa vie de ninja indépendante lui convient bien mieux. Ses choix n’appartiennent qu’à elle, n’engagent personne d’autre. Bon, Kaku’, parfois, mais c’est encore autre chose.

L’albinos soupire. Les gens de ce village vont donc être un poids important – ou non – pour l’avenir de cette organisation ? Quelle vie on mène, tout de même, quand on tente de reprendre sa patrie. Encore quelque chose que la Kazejin ne veut jamais vivre.

Elle s’étire doucement, les bras tendus vers le ciel. Iwa, Iwa, Iwa. Quelles autres surprises recèle ce village ? Quelles autres personnes intéressantes ? Comment connaître un peu plus son histoire, s’ils ne peuvent pas se rendre dans les bibliothèques, ou autres endroits intéressants ? À croire qu’ils ont la peste. Bah ! Peu importe. Elle trouvera une autre manière de s’y prendre.

Venir en touriste, ce n’est pas facile tous les jours.

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Fujioka Yukari
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Dim 15 Mar 2020 - 23:27
Yukari arpentait les couloirs de sa résidence, longeant les murs pour éviter que l’interpelle. Cette fois-ci encore, on l’avait malgré elle invitée à assister à un énième rendez-vous avec une personne qu’elle n’avait jamais vu auparavant. Malgré la correction que la jeune femme avait infligée à son paternel, ce dernier ne pouvait décidément pas s’empêcher de succomber à l’appel de ses vieux démons et cherchait toujours un moyen fourbe pour essayer de caser sa fille. Cependant, Yukari connaissait que trop bien les combines de son père et avait déjà prévu plusieurs coups à l’avance. Après plusieurs minutes passées à éviter le personnel de la famille Fujioka, la jeune genin grimpa jusqu’au grenier dont elle s’échappa au moyen d’une fenêtre à bascule. Quelques pas sur la corniche, suivi de quelques pirouettes et voilà que Yukari se retrouvait à l’air libre sans que personne ne se soit rendu compte de son absence.

Cette petite escapade donnait également l’avantage à la jeune fille de se soustraire à ses programmes d’entraînements imposés et dont elle ne tirait aucun plaisir à réaliser. Depuis la découverte de son talent soi-disant « spécial », Yukari était vue comme une sorte d’atout que l’on devait absolument préserver. Refusant de devenir un outil au service des siens, la jeune héritière se soustrayait régulièrement à ses entrainements, repoussant sans cesse des responsabilités qu’elle n’avait jamais décidé d’endosser. La quête de pouvoir ne l’avait jamais intéressé et jusqu’à maintenant, Yukari n’avait jamais vraiment combattu de manière sérieuse et encore moins lorsqu’il s’agissait d’entrainements. Tant que cela n’attentait pas à sa vie, elle accordait volontiers la victoire à son adversaire si cela lui permettait de ne pas se fatiguer inutilement. Plutôt que de travailler ses muscles, Yukari préférait cultiver son cerveau et même si cela avait peu d’utilité sur le terrain, la jeune genin préférait mourir érudite que vivre sotte.

Afin de trouver un peu de répit, Yukari se dirigea vers la bibliothèque, seul endroit où la jeune fille pouvait à peu près s’épanouir. Se plonger dans des bouquins ne lui apportait à priori aucun avantage vis-à-vis de sa formation de kunoichi mais dans l’absolu, Yukari s’en fichait un peu. Il y avait suffisamment de gens désireux de se taper les uns sur les autres pour qu’elle doive s’occuper de cela elle-même. La jeune fille s’était parfois demandé si elle était même patriote de son village mais plus elle y réfléchissait et moins Yukari y portait de l’intérêt. Son statut actuel ne lui permettait pas de le quitter sans éveiller de soupçons et sans doute que le monde extérieur regorgeait d’obstacles qu’elle ne pourrait probablement jamais franchir. Ce faisant, Yukari en était arrivée à la conclusion que le jour où elle verrait l’extérieur des murs du pays de la Terre était encore bien loin d’elle.

Se promenant entre les rayons, Yukari se saisit d’un bouquin avant de se diriger vers le comptoir pour l’emprunter. La jeune genin était fascinée par les mécaniques de l’anatomie humaine et sans doute que si elle avait été un tant soi peu intéressée par les arts ninja, Yukari se serait probablement lancée dans l’apprentissage de l’iroujutsu. Ainsi, la jeune fille avait accumulé des connaissances qui, de prime abord, étaient bien inutiles dans la vie que devrait mener une petite genin de sa trempe mais qui étaient peut-être les seules choses que Yukari se plaisait à faire spontanément. Aujourd’hui encore, elle avait rencontré peu de personnes ayant les mêmes centres d’intérêts et quand bien même Yukari en trouvait, ces dernières bifurquaient bien souvent sur des sujets qui lui donnaient l’envie de piquer du nez. Malgré tout, la jeune fille était toujours ouverte au dialogue et essayait toujours d’au minimum comprendre le point de vue de son interlocuteur sans pour autant y adhérer.

Yukari avait volontairement choisi un livre aussi généraliste dans le but de ne pas se faire réprimander si par « mégarde » certains ouvrages contenant les « grands » secrets d’iwa tombaient entre les mains de « méchants » étrangers. Ces mesures drastiques la faisaient bien rire d’autant plus que si quelqu’un voulait vraiment leur nuire, il ne viserait pas la bibliothèque en premier lieu. A moins que les hautes autorités soient suffisamment stupides pour entreposer des documents aussi sensibles dans un lieu dont tout le monde à accès.

De bonne humeur, Yukari s’éloigna quelque peu du centre-ville et chercha un coin pour savourer ssa lecture. La jeune genin décida de prendre un peu de hauteurs et d’aller s’installer sur les plateaux afin d’y sentir la douce brise lui caresser la peau. Des personnes venaient parfois s’y entraîner mais, à cette heure-ci, tout le monde devrait être en train de savourer son repas dans une quelconque taverne du village, une occasion rêvée pour la jeune fille d’avoir un peu de tranquillité.


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Hideaki Midori
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Mar 17 Mar 2020 - 4:01
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Au loin, l’activité Iwajin semble reprendre. Les habitants apparaissent d’un peu partout, sortent des bâtisses, de ruelles, pour se masser dans d’autres bâtiments, parfois plus grands, parfois plus modestes. Probablement l’heure de manger. Midori lève la tête, observe le soleil. Selon sa position actuelle, il est entre midi et treize heures. Plutôt treize heures, d’ailleurs. C’est probablement l’heure de la pause déjeuner pour chacun. Un moment béni de la plupart des gens.

La Kazejin croise les jambes, toujours installée sur son rocher. Elle continue d’observer au loin, dans le silence de son perchoir. En bas résonnent les nombreux bruits de la vie quotidienne. Une mélodie qui lui est familière, bien que transposée dans un environnement sensiblement différent. Tsuchi n’est pas Kaze, Kaze n’est pas Tsuchi. Mais c’est quand même agréable, au fond. Si la vie change un peu, certaines habitudes semblent inhérentes à l’Homme.

Un bruit, une sorte de froissement, attire son attention. Ça vient de son dos. Quelqu’un ? À cette heure ? Midori arque un sourcil. Il existe d’autres âmes qui mangent à des heures plus que douteuses ? Ou peut-être des âmes qui mangent, oui, mais pas en compagnie d’autres gens. Des personnes plus réservées, qui profitent d’une solitude parfois salvatrice. Mmh.

L’albinos se tourne, pour trouver la personne qui s’est aventurée jusque-là. Après un petit instant passé à sonder l’endroit, ses prunelles se déposent sur une demoiselle particulièrement jolie. Une demoiselle avec des atouts particulièrement prononcés, d’ailleurs. Impossible de déterminer son âge de cette manière. Midori s’y tromperait forcément.
Ses yeux descendent un peu, se déposent sur le livre qu’elle tient dans les mains. Une érudite ? Qui dit érudite, dit personne qui connaît les coutumes, non ? Quelqu’un qui connaît le folklore ! Les histoires ! Un puits de science ! Oh bon dieu !

Midori se redresse, étire ses jambes et se dirige vers elle. Cette brunette est arrivée à point nommé ! Reste à savoir comment l’aborder sans la déranger. Ça, c’est encore autre chose.

Un pas après l’autre, la Kazejin arrive à la hauteur de l’inconnue. Ici, c’est elle, l’étrangère. Et ça lui fait sacrément bizarre. Elle inspire, prend son plus beau sourire.

« Ce n’est pas tous les jours qu’on voit quelqu’un déserter l’heure du déjeuner. »

L’albinos penche la tête.

« Midori. Je ne suis pas d’ici, mais j’ai l’impression que tes compatriotes ont des priorités bien différentes des tiennes. »

En même temps, qui laisserait tomber la bouffe pour un bouquin ? Qui ?

« L’auteur de ton livre m’est inconnu, comme s’il n’existait qu’à Tsuchi ou, au moins, pas à Kaze. Peut-être que les œuvres ne s’exportent pas encore assez vite ? »

Midori tente sa chance. Fonctionnera, fonctionnera pas ? Elle a de sérieux doutes. Pour dissiper le malaise, elle prend du recul et décide de se jeter à l’eau une bonne fois pour toutes.

« Pardon, j’imagine que tu n’es pas venue ici pour discuter littérature, mais pour lire. Je ne voudrais pas te déranger. »

Ce n’est pas tout à fait vrai. Mais les règles de bonne conduite indiquent qu’on n’entre pas dans la vie de quelqu’un à l’arrache, encore moins pour lui tirer des informations. Tâter le terrain, grappiller un maximum de miettes pour construire quelque chose. Voilà comment on gagne quelque chose.
Voilà comment on chasse les trésors.

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Fujioka Yukari
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Mar 17 Mar 2020 - 12:41
Il ne fallut guère plus de quelques minutes avant que Yukari ne soit coupée dans sa lecture. Au sein de la capitale du pays de la Terre, il n’était pas nécessaire d’être méfiant et la jeune genin ne prêtait finalement que peu d’intérêt à son entourage. Cela dit, Yukari daigna tout de même lever la tête à l’approche de la silhouette inconnue. En effet, il ne semblait pas à priori que cette personne était Iwajin et les soupçons de la jeune fille furent confirmés lorsque son interlocutrice l’annonça elle-même.

« Yukari. Enchantée de te rencontrer Midori. »

Elle ponctua sa phrase d’un sourire Il était assez rare de voir des personnes présentes ici à ce moment de la journée et Yukari avait fait exprès de calculer son coup pour ne pas avoir à se coltiner tous ses petits camarades en quête de puissance. D’autant plus que, après le déjeuner, bon nombre de personnes iraient sûrement faire une sieste pour digérer.

« Justement, je profite de ce moment où tout le monde est en train de se remplir la panse pour profiter d’un petit moment de calme loin de la cacophonie habituelle du village. Disons, cela me détend et me permet de me ressourcer. »

Yukari désigna une place à côté d’elle. La jeune noble ne s’encombra pas d’essayer de savoir d’où venait Midori ni même ce qu’elle était venue trouver ici car la brune partait du principe que tout ceci viendrait naturellement au cours de leur conservation. Beaucoup se méfieraient qu’un étranger vienne les aborder mais Yukari préférait utiliser le principe de parcimonie et de privilégier l’hypothèse suffisante la plus simple possible.

« Quant à ta question, c’est juste un bouquin de médecine assez généraliste. Idéal, quand on ne sait pas par où commencer. Pendant que mes petits camarades s’occupent à se taper dessus, je préfère cultiver mon esprit en élargissant mon sens des connaissances. Je conçois que ce n’est pas très utile d’un point de vue pratique mais au moins, c’est quelque chose que j’apprécie faire et que beaucoup de gens délaissent de nos jours. Néanmoins, on y apprend des choses très intéressantes sur pas mal de sujets. »

En guise de bonne foi, Yukari contempla un instant l’étrangère. La jeune genin jugea bon de lui montrer, par l’exemple, le bien fondé de ce qu’elle venait tout juste de raconter. Le physique de Midori présentait quelques particularités comme la couleur de ses cheveux ou la couleur de ses yeux. Une pathologie génétique bien rare dont on peinait encore à en saisir tous les rouages. Cependant, Yukari osait espérer qu’elle pourrait donner quelques éléments de réponses qui susciteraient l’attention de Midori. Après tout, si cette dernière s’était approchée de la riche héritière, c’était qu’elle était quelque peu intéressée par l’intérêt que portait Yukari à la lecture.

« Par exemple, à en juger par la couleur de ta chevelure et de tes yeux, j’en déduis que tu es une albinos. D’après les récentes recherches, c’est une maladie génétique récessive qui se transmet indépendamment du sexe de l’enfant, ce qui signifie que tes parents étaient albinos eux-mêmes ou alors qu’ils étaient des porteurs sains. La décoloration s’explique par l’absence d’un pigment et selon les personnes, certaines peuvent développer une sorte de photophobie chronique. »

Yukari leva les yeux au ciel un instant. Le zénith était passé depuis pratiquement une heure mais le soleil était encore assez haut. La jeune genin savait que les personnes atteintes de ce genre de pathologie étaient particulièrement fragiles mais Midori ne semblait pas avoir ce genre de soucis ou du moins, cela ne se remarquait pas extérieurement.

« Enfin, voilà le genre de choses auxquels je m’intéresse. En soi, je pourrais passer des heures à étaler ma science mais cela deviendrait très vite rébarbatif. Cela dit, si tu souhaites en savoir plus, je serais ravi de satisfaire ta curiosité. »

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Hideaki Midori
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Jeu 19 Mar 2020 - 5:12
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Yukari. Un nom aussi doux que son visage. Sa voix est cristalline, plutôt plaisante à entendre. Il n’y a pas d’intonation plus haute que l’autre dans ses paroles, tout est dit de la même manière. Une femme bien élevée, ou simplement quelqu’un de très posé. Les deux, probablement. Un sourire apparaît sur les lèvres de l’albinos. Elle ne s’attendait pas à tomber sur quelqu’un d’aussi calme en guise de première rencontre dans le village de la roche. À vrai dire, elle est aussi surprise que satisfaite.

Cette demoiselle sort du lot. Aux antipodes de tous ces êtres qui n’ont d’yeux que pour la puissance et les contacts humains, elle se retranche ici pour profiter du calme, loin de tous les autres. Elle ne veut pas se mêler à la foule bruyante, qui ne l’intéresse probablement pas. Une érudite. Midori a eu tout bon dès le premier regard. C’est encore mieux que ce qu’elle imaginait.

Elle s’installe à côté de la brune, intriguée par la suite des événements. L’étrangère ne l’a pas repoussée, au contraire. Après un instant, elle embraye aussitôt sur le livre dans ses mains. Un ouvrage sur la médecine, qui permet d’en apprendre les bases. Les bases … de la médecine, hein ? Sachant qu’ils ont un grand hôpital ici, savoir que certaines personnes s’intéressent à cet art intrigue d’autant plus l’albinos. Elle pourrait probablement obtenir des informations plus utiles encore que le folklore Iwajin. Bon, c’est toujours au goût du jour, mais si Yukari ne lui parle que de médecine, alors, elle ne la forcera pas. Ce sera déjà pas mal.

Midori dodeline de la tête, signe qu’elle comprend son point de vue. Son esprit développé lui apportera probablement des compétences non-négligeables en cas de combat réel. Plutôt que taper bêtement, elle prendra sûrement le temps de réfléchir, trouver une solution soit pour fuir – ce qui n’est pas honorable, mais là n’est pas le propos – soit pour vaincre à moindre perte. Autant dire que, pour la chasseuse de trésors, Yukari fait partie de ces potentiels à surveiller et, surtout, à ne pas forcer. Il faut la laisser vivre à sa façon, se développer tranquillement … Jusqu’à prendre son envol.

Le sourire sur les lèvres de Midori s’élargit. L’albinisme. Voilà bien la première personne qui lui parle de sa condition avec autant de précision. Quelqu’un qui s’y connaît, à n’en pas douter. La Kazejin émet un petit rire, sincèrement amusée. Cette demoiselle tombe à point nommé. Il n’y avait pas meilleure rencontre à faire pour une première. Elle penche la tête, réellement intriguée.

« Tu as raison d’en parler. D’ailleurs, tu as également raison de continuer à t’intéresser à toutes ces choses. Ton savoir te sera d’une grande utilité dans le futur. »

La bienveillance dans ses paroles provient d’un intérêt non-dissimulé pour cette Iwajin. Si elles sont toutes comme ça, Midori va avoir bien de la peine à repartir. Il y a tant à apprendre, ici ! La liste ne cesse de s’allonger !

« Quant à moi, je ne sais pas pourquoi je ne souffre pas du soleil. J’ai vécu dans le désert toute ma vie, peut-être que c’est pour cette raison ? Je suis la seule de ma famille dans ce cas, aussi. Mes parents ont des traits tout à fait normaux. Enfin, si on peut dire que je suis anormale, évidemment. »

L’albinos rit de bon cœur, une nouvelle fois. Être le phénomène de foire n’a rien de surprenant pour elle. Une crinière blanche et une peau d’albâtre, à Kaze, ça ne passe que rarement inaperçu. C’est son trait particulier, un de ceux qui font sa notoriété dans le désert.

« Contrairement à toi, je n’ai que peu de notions en médecine, voire aucune. Je sais cautériser une plaie, le reste est hors de ma portée. Alors, si tu as d’autres petites informations comme celles-ci que tu souhaites partager, je suis toute ouïe. »

Midori hausse les épaules. Oui, cette fille est une perle. Ce village a tout intérêt à bien veiller sur elle.

« Après tout, ne dit-on pas qu’on en apprend tous les jours ? Quitte à voyager aussi loin de ma patrie, autant en profiter pour découvrir un maximum de choses, non ? »

Oh, oui. Un maximum.

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Fujioka Yukari
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Jeu 19 Mar 2020 - 12:46
Yukari avait assez vite brisé la glace avec Midori. Il fallait dire qu’avec l’éducation qu’on lui avait inculquée, il était essentiel d’avoir une éloquence suffisante pour ne pas se faire des dévorer par les gens de sa caste. Jusqu’à maintenant, la jeune genin s’était peu mêlée aux gens, la plupart d’entre nourrissant des rêves qu’elle ne partageait pas. Ses centres d’intérêt devinrent bien vite très restreints et il ne lui fallut pas longtemps pour s’écarter du circuit habituellement suivi par les jeunes pousses de sa génération, au grand dam de ses professeurs. Oui, Yukari avait fait le strict minimum pour sauver les apparences et sans doute que si son père ne l’avait pas inscrite à l’académie, elle ne se serait probablement jamais élevée au rang de genin.

Cela dit, cette journée semblait être une aubaine pour elle et la jeune iwajin avait, pour une fois, trouvé quelqu’un qui s’intéressait sincèrement à ce qu’elle faisait. Le fait que Midori vienne d’ailleurs ne la dérangeait absolument pas, n’adhérant de toute manière pas au nationalisme excessif dont font preuve certains de ses compatriotes. Midori était intéressante tout simplement et Yukari était désireuse d’en apprendre un peu plus sur elle. D’ailleurs, la Kazejin n’hésita pas à l’encourager dans la voie que Yukari avait prise, ce qui réchauffa le cœur de cette dernière. Les quelques informations que Midori lui révéla par rapport à sa pathologie renforça encore davantage la curiosité de la jeune genin Elle se plongea un instant dans le bouquin feuilletant les pages, à la recherche d’un point particulier. Après quelques minutes de mutisme, Yukari se tourna vers son interlocutrice, toujours le sourire aux lèvres.

« La médecine, de même que toutes les autres sciences, n’est pas immuable. Elle est dynamique et évolue en fonction des nouvelles découvertes. Ce que je t’ai dit par rapport à ton mal n’est pas forcément gravé dans le marbre et le déterminisme génétique n’est pas la seule chose qui définit ce que nous sommes. Pour faire simple, disons que ton exposition prolongée au Soleil a peut-être altéré ton métabolisme et, ce faisant, pendant ta croissance, ton corps s’est adapté à son environnement. Tu sais Midori, il y a plein de choses que l’on ne peut expliquer encore et qui se situent encore bien au-delà de notre champ de connaissances. »

Yukari referma son livre un instant, toujours face à sa compagne de fortune.

« C’est pour cela que l’on doit être sans cesse en quête de nouvelles connaissances car, même si notre savoir croit de façon linéaire, l’inconnu, lui, croît de façon exponentielle. Autrement dit, trouver la réponse à une question peut en soulever plusieurs autres. Je peux effectivement t’apprendre plusieurs choses mais j’ignore si elles te serviront un jour mais puisque tu as l’air de bonne foi, je veux bien m’essayer à ce genre d’exercice. »

Yukari sourit à nouveau, réfléchissant à quelque chose qui serait utile à Midori et qui permettrait à la jeune genin de ne pas se perdre dans des explications imbuvables. Elle rouvrit son livre à une page présentant un croquis du corps humain dont plusieurs endroits étaient pointés par des flèches. La plupart d’entre elles étaient dans la couleur du texte mais certaines étaient rouges afin d’attirer l’attention.

« Commençons par cela. Ce dessin illustre la majorité des points vitaux que possèdent l’être humain. Certains sont plus fragiles que d’autres et difficiles à atteindre en situation réelle. L’on peut les utiliser pour déstabiliser l’adversaire, le faire tomber ou bien pire encore. Les retenir tous est bien trop fastidieux et généralement, on ne possède que peu de temps pour agir lors d’un combat. Cependant, si tu frappes suffisamment précisément à la base du cou, il est possible de plier le combat sans trop d’efforts…tu permets ? »

Yukari posa son index sur le cou de l’albinos et appliqua une légère pression. La carotide était une artère qui se séparait en deux parties distinctes appelées respectivement l’artère carotide gauche et l’artère carotide droite. La jeune genin pouvait sentir aisément la pulsation de son cœur. Sondant celle-ci avec minutie, la jeune genin remonta doucement cette artère jusqu’à trouver un petit embranchement à peine perceptible si l’on ne s’y connaissait pas.

« Voilà. Observe bien, si tu essaies de frapper ici avec plus ou moins de force, tu provoqueras une baisse de pression soudaine dans le corps de ton adversaire. Cela entraine une désoxygénation brusque du cerveau et l’on tombe fatalement dans l’inconscience. Cependant, cela ne fonctionne que si l’on arrive à atteindre son adversaire au corps à corps et cela fonctionne beaucoup moins bien si on y est préparé. Cela reste malgré tout utile pour une attaque surprise lorsqu’on ne veut pas forcément tuer. »

La jeune genin retira sa main et incita son interlocutrice à faire de même si elle le désirait. En principe, Yukari avait horreur d’être touchée mais dans ce cas-ci, si cela permettait à Midori de mieux comprendre, elle était prête à faire l’impasse là-dessus.

« Pour en revenir à ce que tu disais, je t’avouerais que j’ai bien envie de voyager aussi. Mais à part sauver le petit chat de grand-mère ou escorter un marchand au coin de la rue, les opportunités de voir du pays sont bien restreintes pour les personnes de mon grade. Aux yeux de tous, je ne suis encore qu’une enfant, « l’avenir » du village comme les aînés aiment nous appeler alors il faut nous préserver. Honnêtement, je m’ennuie un peu à tourner en rond au sein d’Iwa. La désertion est évidemment un non-choix puisqu’elle impliquerait bien plus que ma petite personne et cela serait relativement ingrat envers mes parents. Reste-il encore les concours officiels qui donnent l’opportunité de monter en grade mais rien que l’annonce des épreuves suffit à me donner des nausées. Et quand bien même les organisateurs essaient de renouveler les épreuves sans cesse, la finalité de celles-ci récompenseront bien souvent ceux qui auront été capables de frapper plus fort que leurs camarades. »

Yukari marqua une pause où elle soupira longuement. Cependant, la jeune genin relativisa bien vite en retrouvant sa bonne humeur habituelle.

« Enfin, il serait bien égoïste de ma part de me plaindre de la vie que je mène. Je vis de manière aisée, mes parents sont aimants et je ne manque de rien alors je me contente de ce que la vie m’offre. Et puis, si je peux rencontrer des personnes aussi intéressantes que toi et qui peuvent susciter un peu mon intérêt alors cela me va parfaitement ! »
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Hideaki Midori
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Dim 22 Mar 2020 - 3:22
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À l’écouter parler, cette demoiselle est plus âgée, voire plus expérimentée encore que Midori. Impressionnée, l’albinos se contente de l’observer, d’absorber toutes les informations qu’elle lui donne. Il y a tant de justesse dans ses paroles, tellement de faits inconnus pour la chasseuse de trésors, qu’elle se sent comme au Paradis. Il faut croire que, dans Iwa, pour trouver des personnes intéressantes, il faut chercher celles qui s’isolent à l’heure du repas.

Midori hoche la tête de temps à autres, son regard oscillant entre le livre et la brune. Son esprit fait en sorte de garder tout ce qui lui est donné, en triant les informations par importance. Il y en a beaucoup, beaucoup, beaucoup. Suffisamment pour la tenir occupée pendant au moins une semaine. L’avantage, c’est que Yukari poursuit tranquillement, elle donne même des exemples et n’hésite pas à illustrer ses propos.

Peu gênée, notamment parce que Yukari est une femme et semble totalement dénuée de mauvaises intentions, elle se laisse facilement faire. Le point qui lui est montré la laisse perplexe. Il faudra qu’elle apprenne cela à ses loups : cette information ne lui est d’aucune utilité. Midori n’est pas capable de se battre au corps-à-corps, ça ne fait pas partie de ses domaines de prédilection. Ni d’une manière de se battre qui l’intéresse, à vrai dire. Elle préfère rester loin, ce qui lui permet d’être plus à l’aise.

La Kazejin est incitée à essayer, tout de même. Précautionneuse, elle se remémore le point indiqué par la brunette sur sa peau, pour ensuite toucher la sienne. Elle y va à tâtons, par peur de la déranger, d’abord, mais aussi pour être sûre de ne pas se tromper. Lorsque Midori pense avoir touché dans le mille, elle penche la tête. Sa main revient naturellement sur son cou, pour comparer.

« Oh. D’accord, oui. Dommage que je ne sois pas une combattante qui aille au corps-à-corps, alors ! Mais cette information me sera très utile, j’en suis certaine. »

L’albinos récupère sa main et hoche vivement la tête. Tout ce qui lui est dit ici sera réutilisé, elle ne sait pas encore comment ni quand, mais elle accorde une importance majeure aux enseignements de Yukari. Ils sont dispensés si gentiment, avec une bienveillance qui la dépasse. Cette Iwajin est d’une douceur qui lui réchauffe le cœur.

La brune rebondit finalement sur son propre ressenti, sa propre expérience. Un sourire délicat éclot sur le visage de Midori. Voilà une autre victime du système shinobi. La hiérarchie qui hache ceux qui entrent dans son sein, ne laisse rien à part des miettes. Formatés pour devenir l’élite de leur village, ils finissent par y laisser des plumes, quand ils n’y perdent pas toute forme d’humanité. Même si Yukari reprend rapidement du poil de la bête, l’albinos ne peut s’empêcher de penser que c’est une façade. Qu’elle se rassérène en faisant état de ses possessions, mais qu’elle aimerait peut-être plus. Midori émet un léger soupir.

« Les voyages, c’est ce qu’il y a de mieux, je pense. Découvrir d’autres personnalités, des paysages, mais aussi des informations comme celles-ci, c’est toujours un réel plaisir. Je comprends que tu sois cantonnée ici pour le moment, ils considèrent probablement que vous êtes trop fragiles pour vous lancer dans le monde extérieur. »

La Kazejin détourne le regard, laisse ses prunelles vagabonder sur le livre. Elle hausse les épaules, avant de revenir sur Yukari.

« Malheureusement, je pense qu’ils n’ont pas tout à fait tort. Je suis une chasseuse de trésors, je vagabonde dans tout Kaze depuis de nombreuses années maintenant et … Je n’ai pas vu que de belles personnes. J’ai d’ailleurs été confrontée à beaucoup de malfrats qui n’hésiteraient pas à se déchaîner sur des demoiselles. »

Elle soupire. L’humanité dans toute sa splendeur.

« Néanmoins, j’ai l’impression que tu te sens bloquée, ici, parce que tu ne corresponds pas au système qui t’est imposé. Je suis d’accord pour dire que la désertion n’est pas une solution, non parce que tu as une famille, mais parce que la peine infligée aux déserteurs est la mort. Qu’est-ce que la liberté, quand on l’obtient au prix d’une fuite permanente ? »

Un sourire mélancolique efface toutes les émotions qui se trouvaient sur son visage.

« Je pense que tu devrais t’intéresser aux autres moyens qui pourraient te permettre de progresser. Je ne suis pas experte en systèmes militaires, ni en villages cachés, mais je suis certaine que tu pourrais trouver ta voie autrement qu’en mettant des baffes aux autres. Tu as pensé à te tourner vers les hôpitaux ? Avec tes connaissances médicales, tu pourrais être extrêmement utile à ton village et, ce, sans avoir besoin de frapper qui que ce soit ! De la même manière, ton éloquence te permettrait parfaitement de te lancer dans une carrière de diplomate. Ce serait peut-être plus dangereux que la médecine, et encore, mais tu pourrais peut-être t’y épanouir ? Je veux dire, cela me surprendrait, tout de même, qu’un village caché n’ait pas son pôle de diplomatie. Et je sais de source sûre que vous avez un hôpital fonctionnel, ici. »

Elle hausse une nouvelle fois les épaules.

« Merci, pour le compliment, d’ailleurs. Tu es toute aussi intéressante que moi, si tu veux tout savoir ! Et si tu as des questions, sur mes voyages, ma propre expérience ou n’importe quoi, n’hésite surtout pas. De la même manière que, si tu as des informations supplémentaires, ou simplement quelque chose à partager, je t’écouterais avec grand plaisir. »

L’albinos penche la tête. Son sourire s’agrandit.

« Par contre, je t’interdis de te mettre des barrières. Que ta vie soit belle et te convienne, d’accord, mais si tu ne t’épanouis pas dans un domaine, ne t’en contente pas. Vise plus haut. Parce que tu peux atteindre des sommets, Yukari. »

Le plus perturbant, dans cette histoire ? Pour la première fois depuis des lustres, Midori est complètement sincère avec une étrangère. Et ça la rassure un peu plus sur la nature humaine. Elle n’est peut-être pas uniquement viciée, il lui reste peut-être d’autres perles, dispersées un peu partout dans le monde.
D’autres trésors, plus uniques, plus rares encore que tous les autres.

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Dim 22 Mar 2020 - 10:34
En toute franchise, Yukari s’attendait à ce que Midori la sermonne sur sa façon de penser ou lui dire qu’il valait mieux rentrer dans les rangs plutôt que d’essayer de s’émanciper du système établi par son village. Au lieu de cela, la Kazejin lui proposait même des alternatives d’évolution au sein de la société tout en lui affirmant qu’elle pourrait être de bon conseil si la jeune iwajin éprouvait le besoin d’en demander. A défaut de pouvoir sortir du village, Yukari pourrait au moins voyager dans son imagination. Cependant, cette dernière idée ne ferait que lui rappeler encore plus à quel point elle était confinée dans son village et cela n’aurait comme effet que de lui mettre davantage l’eau à la bouche.

« C’est gentil, tes compliments me vont droit au cœur Midori. Cependant, je ne pense pas que me raconter tes voyages serait bénéfique car, à part t’envier, je ne vois pas vraiment ce que cela m’apporterait. Je suis quelqu’un de très rationnel et malheureusement, je ne laisse que très peu de place à l’imagination alors, si je ne peux pas voir les choses de mes propres yeux, j’ai du mal à me les représenter. »

La voyageuse avait néanmoins pointé du doigt un point important. Yukari ne savait pas vraiment de quoi serait fait son avenir ni vers quoi elle voulait se tourner. Jusqu’à maintenant, la jeune genin ne faisait que vivre simplement au fil des jours en s’efforçant de faire ce qui lui plaisait. La jeune fille avait du trouver un compromis entre feindre son intérêt pour les arts ninjas et travailler sur ce qui l’intéressait vraiment. Les alternatives que lui proposait Midori étaient alléchantes mais elles n’éveillèrent pas le moindre éclat d’intérêt dans les yeux de Yukari.

« Honnêtement, je ne que faire du système politique d’Iwa et je dirais que je m’en secoue bien les ovaires. »

Yukari ne put s’empêcher de sourire à l’écoute de sa propre expression et elle se demandait même si son interlocutrice avait compris la boutade.

« Les ovaires sont des cellules de formes arrondies chez les femmes et qui, accouplés à celles des hommes, forment une sorte d’œuf duquel se développe l’enfant. Mais bref, je digresse. Ce que je voulais dire c’est que la politique m’ennuie beaucoup et je ne ressens aucun plaisir en imaginant me tourner vers cette voie. Il n’y a pas de Tsuchikage en ce moment au village et nous sommes gouvernés par une intendante. Enfin, pour moi cela reste juste une fillette de quinze ans mais j’imagine qu’on doit feindre le respect en la croisant. »

Elle haussa les épaules d’un air détaché.

« Ah oui, parfois il y a une femme enceinte aussi qui prend les directives…une sorte d’adjointe peut-être, je ne sais plus. Mais enfin, je ne m’intéresse pas plus que cela aux personnalités de notre village. J’ai bien assez à faire avec ma propre personne de toute façon. Tu te demandes sûrement pourquoi je révèle ce genre d’informations à une étrangère ? La réponse est que je m’en contrefiche tout simplement. Regarde… »

Yukari balaya ensuite le village de son regard jusqu’à localiser la bibliothèque et la pointa du doigt afin d’attirer le regard de son interlocutrice vers celle-ci.

« Le village caché a été attaqué à deux reprises donc tous les étrangers sont interdits de rentrer dans les lieux publics y compris la bibliothèque. C’est pour cela que je sors. Pour espérer rencontrer une personne qui me parle d’autre chose que de sa journée d’entrainement, l’apprentissage d’une nouvelle technique ou tout ce qui touche de près ou de loin aux arts ninjas. Franchement Midori, si cela ne tenait qu’à moi, je m’installerais dans un petit village civil loin de tout ce monde et je coulerai mes jours paisiblement. Franchement, si quelqu’un voulait vraiment nuire au village ce ne sont pas des mesures comme celles-ci qui l’en empêcherait. »

Yukari tourna ensuite son regard vers le complexe hospitalier. C’était sans doute le meilleur compromis que la jeune genin pouvait faire. Cependant, elle savait que l’apprentissage de l’iroujutsu était lui aussi gangréné par les arts ninjas. Pourrait-elle prendre que ce qui la satisfaisait et jeter tout le reste sans que la juge ? Au fond d’elle, Yukari en doutait. C’est pour cela que la jeune genin n’avait pas rejoint d’équipe. Elle aurait eu des obligations, des choses à accomplir et surtout devoir collaborer avec des gens qu’elle n’aimerait probablement pas car si tous les genins étaient de la même trempe que ceux avec qui Yukari avait été diplômée alors il y avait très peu de chance qu’elle s’entende avec l’un ou l’autre.

« Pour l’instant, je n’ai que des connaissances théoriques sur le sujet mais je te promets que je réfléchirais à ta proposition. Il faut d’abord que je me renseigne sur les modalités d’enseignement pour être sûre dans quoi je m’embarque. Et puis cela sera mieux que de subir les connards qui viennent par vagues pour demander ma main. »

Yukari s’était un peu emportée mais à raison. C’était à cause d’eux qu’elle portait tous ces stigmates sur son corps. Et son père aussi…mais cela, c’était une autre affaire. La jeune genin retroussa sa manche pour révéler son bras droit couvert de cicatrices.

« Tu parlais de prix à payer pour avoir la liberté ? Voilà ce que j’ai du payer pour ne serait-ce que m’émanciper de mes parents. Et encore, ce n’est que la partie immergée de l’iceberg. J’en ai sur tout le corps de ces cicatrices. Comment réagir quand ton propre père te frappe pour tuer ? Le déshonneur ? Le prestige ? Tous ces concepts ne sont que foutaises et la plupart des gens ne pensent qu’à leurs propres intérêts. Voyant que je ne lui apporterai rien, mon vieux paternel a voulu me jeter en pâture au premier goujat venu. Mais je lui ai brûlé le visage suffisamment pour lui faire comprendre qu’il n’aura pas indéfiniment d’emprise sur ma vie. Voilà, la réelle vérité Midori…Mais malgré cela, je n’éprouve aucune haine envers lui. Seulement de la compassion envers quelqu’un qui s’est laissé aveugler par le profit au point de vouloir céder sa propre fille. Aujourd’hui, de l’eau a coulé sous les ponts et nous ne nourrissons aucun grief l’un envers l’autre. »

Yukari souriait malgré tout. Cette fâcheuse expérience lui avait au moins appris à quel point la nature humaine pouvait être perverse mais surtout que cela pouvait venir de n’importe où, y compris des êtres les plus chers.

« En tout cas, je te remercie de passer un peu de temps avec moi. Honnêtement, cela me change de mon quotidien et j’ai même du m’éclipser de chez moi pour avoir un peu d’air. Cela fait vraiment du bien de parler à quelqu’un de compréhensif et pour une fois, je sens que je ne me fais pas juger pour mes pensées marginales. »
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Hideaki Midori
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Ven 27 Mar 2020 - 3:45
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Terre-à-terre, c’est le moins qu’elle puisse en dire. Midori hoche doucement la tête. Yukari est un être qui vit dans la réalité. S’imaginer ce que la Kazejin pourrait lui raconter semble plutôt difficile. Rêver n’est pas censé être une tâche, c’est pourquoi l’albinos décide de laisser couler cette première tentative.

Néanmoins, si elle ne veut pas voyager à travers les récits de l’étrangère, Yukari lui raconte volontiers son savoir, lui donne son avis à propos de tout ce qui l’entoure. Ce n’est pas Midori qui va s’en plaindre, au contraire. Elle apprend toutes les histoires qui peuvent servir son intérêt, sans même demander à les entendre. C’est étonnant, d’un côté, car on s’attendrait à un peu de patriotisme de la part des Iwajin. D’un autre côté, ce n’est pas une surprise : Yukari n’a pas l’air de s’épanouir ici. Elle vit dans un monde parallèle au leur, dans lequel les arts ninjas sont une corvée, non une manière de se cultiver ou de devenir meilleur.

Yukari va même au-delà : le système politique d’Iwa, elle s’en secoue les ovaires. L’albinos arque un sourcil. Les ovaires ? C’est un autre type de trésor ?
Les explications la font reculer un peu. C’est, euh. Ce qui sert à faire les enfants. C’est noté. Elle hoche doucement la tête, perturbée.
Heureusement, la brune revient rapidement au cœur du sujet : la politique ne lui plaît pas. Ce n’est pas un domaine qui l’intéresse d’une manière ou d’une autre. Et puis, comble du problème, ils sont ici gouvernés par une gamine de quinze ans. Elle ne parle pas de la respecter, mais bien de feindre le respect. Midori arque l’autre sourcil, perplexe. Les puissances ninjas mettent à leur tête des enfants ? Peut-être que cette Hyûga Toph, dont elle a vaguement entendu parler, est une personne puissante ? Quelqu’un qui a une forme de légitimité ? Midori reste silencieuse.

Yukari enchaîne, mentionne ensuite une femme enceinte à leur tête. Une femme, d’accord, jusque-là, l’albinos ne va pas contredire. Mais une femme enceinte ? Une femme dont la faiblesse est exposée aux yeux de tous ? Une femme qui peut emporter une vie en plus de la sienne ? Et cette même personne est nommée au pouvoir ? Par Toph, probablement ? N’est-ce pas la plus inconsciente des décisions ? N’existe-t-il pas quelqu’un d’aussi puissant, qui soit en mesure de diriger le village en son absence ? Midori reste bouche-bée. Tous les villages fonctionnent-ils de cette façon ? Elle ne se souvient pas avoir entendu Sazuka parler de cette manière, ni même Raizen. Peut-être est-ce parce que c’est une enfant qui gouverne ? Non, non, impossible. Elle ne peut pas trouver ça normal. Il y a trop de détails qui la choquent.

La question la plus importante finit par tomber, prononcée par Yukari elle-même : pourquoi dire tout ça à Midori ? Pourquoi accepter de lui confier ces informations, alors qu’elle ne la connaît que depuis un court instant ?
Eh bien, c’est simple. La brune n’a aucun esprit patriotique. Elle ne ressent aucune attache à ce village. Rien. Elle s’en fiche. L’albinos cligne vivement des paupières. Au fond, c’est compréhensible, mais … Est-ce qu’ils sont nombreux à se sentir ainsi, dans ce village ? Bloqués ? Désabusés ? Midori en reste songeuse.

La Genin – l’albinos le suppose ainsi – poursuit sur sa lancée, cette fois en expliquant pourquoi ils se sont trouvés aussi bloqués dans le village. Un sourire amusé étire ses lèvres quand Yukari en vient aux faits. Le village a vécu deux attaques, probablement en peu de temps. De fait, ils ont fermé leurs lieux publics aux étrangers. La brune les fuit, pour ne pas tomber sur quelqu’un qui va lui raconter toutes ses histoires de super ninja, alors qu’elle n’en a cure. Jusque-là, Midori comprend. Pour le reste, elle ne peut qu’être d’accord : empêcher les possibles intrusions dans les lieux publics ne protège rien, en réalité. Il s’agit de mesures appliquées en demi-teinte, qui ne sauveront et ne protégeront personne au final, mais qui est la Kazejin pour se prononcer à ce sujet ? Elle ne dirige pas un village. Même si, apparemment, même les enfants de quinze ans en sont capables, de nos jours.

Midori hoche doucement la tête, dans un soupir. Décidément, les problématiques des villages sont des casse-têtes sans nom. Elle est bien contente de ne pas y être mêlée.

Yukari change de sujet, revient cette fois sur l’idée de travailler à l’hôpital. Pour la première fois, elle semble plus optimiste. Tout s’écroule brusquement quand sa propre vie revient sur le tapis. Ça ne s’arrête donc jamais ? Midori l’observe longuement. Un juron, au milieu d’une si belle éloquence. Elle doit en avoir gros sur le cœur, pour se laisser aller à de telles attaques. Hum. Elle retrousse sa manche, dévoile nombre de marques qui recouvrent sa peau. Des cicatrices. L’albinos penche la tête.

Voilà d’où vient la rationalité de Yukari. D’un seul coup, tout fait sens. Sa famille est particulière, baigne dans des coutumes qui ne conviennent pas à Midori, mais qui n’ont pas l’air d’avoir totalement détruit la brune. Elle l’a vécu, admet l’avoir vécu, mais elle ne ressent aucune colère à l’égard de son père. C’est étonnant. La crinière blanche n’est pas du genre à accepter ce genre de choses, mais chacun vit son histoire à sa manière. Encore une fois, elle n’est personne pour juger – même si elle ne s’en privera probablement pas.

Malgré tout, un sourire délicat étire son doux visage. Cette demoiselle est impressionnante. Il y a plus de force en elle que dans la plupart des ninjas, souvent bêtes et méchants. Cette fille a un potentiel non-négligeable, qu’il faut étudier pour le faire éclore. Yukari est le bourgeon d’une fleur merveilleuse.

Des rougeurs naissent sur les joues de Midori quand viennent les remerciements. La brune est beaucoup trop douce pour l’albinos. Elle lui sourit de toutes ses dents, touchée.

« Eh bien ! Je suis contente d’apporter un peu de joie dans ta vie. D’ailleurs, c’est moi qui te remercie de ton honnêteté. Même si tu te fiches de ce village, de sa politique ou de ses histoires, tu pourrais ne rien m’en dire et te refermer. Ce ne serait pas si surprenant. Alors, vraiment, merci. »

L’albinos s’étire longuement. Elle regarde le complexe hospitalier, que Yukari observait quelques instants plus tôt.

« Tu n’aimes pas le village, la manière dont il est géré, ou c’est un tout ? J’ai l’impression que même si tu prends le tout avec beaucoup de neutralité, tu ne te sens pas bien, ici. Je sais que c’est compliqué, pour une Genin, de choisir sa voie et de s’illustrer, mais j’ai peur que tu te sentes plus muselée qu’autre chose. »

Elle soupire.

« J’ai cru comprendre que tu pouvais brûler ? Tu manipules le Katon ? Ou c’est encore autre chose ? »

Relancer sur les questions utiles, intéressantes.

« Est-ce que tu penses que, si tu orientais ton style sur autre chose, comme les illusions, tu trouverais cela plus intéressant ? Ou c’est un rejet total du combat ? » Elle réfléchit. « Si c’est un rejet total du combat, il me semble que tu peux totalement délaisser la voie martiale de la médecine, pour te concentrer sur le reste. Même si tes connaissances sont encore à perfectionner, rien ne t’empêche de suivre une voie où tu peux être utile pour l’autre, même si ça met à mal tes compétences au combat. »[/b]

Midori lève les yeux au ciel.

« Après tout, n’existe-t-il que des ninjas combattants, partout dans le monde ? Je n’aime pas spécialement me battre et je chasse les trésors, tu te doutes bien que je ne suis pas trop versée dans cet univers. Mes loups sont mes principaux combattants, c’est … plus simple. Et plus amusant. »

Ses prunelles redescendent sur Yukari, à qui elle sourit.

« Ne te limite pas au jugement des autres. Ta vie t’appartient, personne n’a le droit de te dicter comment tu dois la mener. Si tu souhaites être une ninja médecin, éloignée des champs de bataille, personne ne pourra te dire l’inverse. »

L’être humain vient au monde doté d’un libre-arbitre, qu’il utilise pour faire de nombreux choix. Personne ne peut décider à sa place, jamais. Parce que chaque vie est unique. Et chaque vie appartient à son détenteur.

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Ven 27 Mar 2020 - 17:00
Yukari admirait la franchise de Midori. Malgré ses pensées basées sur la rationnalité, l’albinos s’efforçait de continuer à lui donner des alternatives. La jeune genin fut drôlement amusée de la voir rougir, ne se doutant pas que de simples compliments suffisaient à provoquer ce genre d’effet sur autrui. Décidément, le corps humain était fascinant et même si il lui brûlait l’envie de détailler ce phénomène, la jeune fille se ravisa, estimant avoir donné assez de grain à moudre à son interlocutrice pour l’instant. Sa dernière explication suscita d’ailleurs un air interrogateur chez Midori, ce qui confirma l’hypothèse de Yukari sur le fait que la plupart des consciences devaient encore être éduqués. Chasser l’ésotérisme pour le remplacer par des faits vérifiables pourrait constituer une sorte d’objectif pour Yukari mais elle ignorait vraiment si elle avait les épaules pour un tel travail et elle se demandait également si ce genre de pratiques ne lui attireraient pas les foudres du peuple.

Décidant de remettre cette interrogation à plus tard, Yukari se reconcentra sur le discours constructif de l’albinos. En soi, la jeune fille ne se sentait pas vraiment muselée et se satisfaisait vraiment de sa vie actuelle. Ce qu’elle reprochait surtout, c’était cette attitude des gens à ne vouloir jamais décoller leur regard du sol et à sans cesse vouloir reproduire ce que leurs ancêtres ont toujours fait. Cela donnait un goût amer à la vie et conduisait à une sorte d’homogénéité malsaine où tout le monde faisait ce qu’on leur avait appris sans jamais vraiment se poser de questions. Après tout, les ninjas étaient des sortes de soldats qui obéissaient aux ordres de leurs supérieurs en faisant le plus souvent taire leur libre arbitre ou du moins, c’est comme cela que la jeune genin les définissait. Yukari refusait d’être l’énième chaînon de cette chaîne interminable.

« Honnêtement, je pense que si on mettait une poule à la tête du village, cela ne me ferait ni chaud ni froid. Tant que je peux vivre ma vie tranquillement, je pense que je m’en fiche pas mal de qui dirige le village. Que ce soit la personne la plus bienveillante ou le pire malfrat, de toute façon, dans le dernier cas, je n’aurais ni l’envie ni les moyens d’agir là-dessus. Je n’irais pas jusqu’à dire que je ne me sens pas bien ici mais il est vrai que je m’ennuie beaucoup. Si il n’y avait pas autant de savoir à accumuler, je t’avoue que je ne sais pas ce que j’aurais fait de mes journées. »

Yukari lui retourna son sourire et embraya sur sa prochaine interrogation. La jeune genin n’avait jamais répondu à aucun appel lui demandant d’intégrer une équipe. Là où la plupart des gens y voyaient une bonne opportunité de se faire des sous, pour Yukari, ce facteur était un non-problème depuis sa naissance. Elle n’avait jamais eu vraiment de Sensei à proprement parler et les rares fois où elle s’essaya à ce genre d’entraînement, il ne lui fallut pas plus que quelques échanges pour lui donner la nausée.

« C’est exactement cela Midori, je déteste me battre. Si je pouvais éviter les combats toute ma vie, je le combats toute ma vie, je le ferais volontiers. Ton idée a l’air bien amusante même si elle ne suffit pas à susciter mon intérêt. Je t’avoue que je n’ai jamais eu de professeur…enfin, pas au-delà d’une durée de quelques heures je dirais. La dernière fois que j’ai essayé de m’ouvrir à l’apprentissage, je me suis attiré les foudres de quelques professeurs de l’académie. Ils tenaient absolument à apprendre selon leurs règles, prétextant ne pas enseigner leur savoir à n’importe qui. Finalement, tout le monde me récite les mêmes lignes d’un texte bien trop souvent usité. Et quand je leur annonce que je ne peux rien promettre, que je n’ai pas envie de m’écraser sous prétexte qu’eux aussi ont du commencer tout en bas et gravir les échelons, ils perdent patience en me disant qu’il valait mieux que je retourne à ma vie luxueuse où je continuerai de prendre les gens de haut. »

Yukari leva les yeux au ciel en se remémorant ses actions passées. La jeune genin avait sans doute un destin glorieux et un immense potentiel mais elle n’était absolument pas motivée à l’exploiter. Les gens lui reprochaient souvent de manquer de folie mais la jeune genin pensait au contraire que ce manque était justement ce qui lui permettait de ne pas se mêler à la masse.

« Le plus sage serait encore de suivre mon propre chemin et de voir où cela me mènera. En soi, il n’y a suffisamment de personnes motivées pour servir les intérêts du village. Iwa peut bien se passer de moi et je me passe volontiers d’elle alors, tant que cela ne m’amène pas de problèmes, je pourrais continuer à raconter mes petites anecdotes à qui veut bien l’entendre. A bien y réfléchir, la voie la plus probable qui se dessine devant moi serait que je devienne une sorte d’érudite qui s’efforcerait de transmettre son savoir aux générations futures dans l’espoir qu’au sein de celles-ci, il émerge quelqu’un qui puisse perpétrer mes connaissances. »

Sur une note moins négative, Midori décida de bifurquer sur le don de Yukari. Cette dernière fut prise un peu de court et souvint seulement de l’avoir évoqué vaguement au détour d’une de ses tirades. La genin était loin de s’imaginer que cela puisse intriguer Midori mais après réflexion, la jeune fille se dit simplement que ses compétences pourraient intéresser bien des personnes si elle avait eu la motivation de les développer. Bougeant légèrement les lèvres, Yukari laissa échapper un léger nuage de vapeur totalement inoffensif.

« Voilà…c’est à peu près tout ce que je sais faire avec mon pouvoir de manière contrôlée. Il semblerait que je sois capable de maitriser la vapeur et même de moduler son potentiel Hydrogène. »

Yukari se gratta la tête en essayant de trouver une explication facile à comprendre pour Midori. La jeune genin brassait tellement de bouquins au quotidien qu’elle en oubliait parfois que ce qui lui paraissait comme une évidence était souvent incompréhensible pour le reste de la population.

« Disons simplement que c’est juste une mesure qui permet de rendre compte de l’acidité de la vapeur que j’éjecte. Plus le chiffre est bas, plus la vapeur est acide et vice versa. Cela est du à la quantité de petits éléments présents dans toute matière et que l’on nomme atomes. Le plus petit d’entre eux, l’hydrogène, est une sorte d’indicateur d’acidité. Plus il y en a et plus la vapeur sera corrosive. Bon ce n’est peut-être pas très clair mais je prendrais le temps de t’expliquer cela en détail un jour si cela t’intéresse. Pour en revenir au sujet, ce que tu vois là, est à peu près le maximum de ce que je peux en tirer actuellement. Lors du combat contre mon père, j’ai pu produire un jet de vapeur extrêmement puissant mais j’étais sous la contrainte de mourir alors ce n’était pas vraiment conscient. Je serais d’ailleurs bien incapable de le reproduire maintenant. Sans doute que cette capacité pourrait être très utile si je pouvais la pousser à son paroxysme mais honnêtement, je n’éprouve aucune envie de le faire et sans doute que si cela était possible, j’en ferais don à quelqu’un qui voudrait en faire usage. »

La jeune genin se sentait un peu coupable de balayer toutes les suggestions que Midori lui exposait. Son père avait fini par conclure qu’il ne tirerait rien de sa fille par la force et qu’il valait mieux la laisser aller là où Yukari en avait envie sans essayer de lui imposer quoi que ce soit. Que ce soit la menace, la force ou tout autre moyen dissuasif, plus on essayait d’imposer des choses à la jeune genin et moins elle avait envie de les réaliser si bien que, peu importe le jugement que l’on portait vis-à-vis de Yukari, cette dernière s’en fichait royalement.

« Je suis bien d’accord seulement, on ne fait pas toujours ce que l’on veut dans la vie. L’espoir n’est qu’une illusion que les gens utilisent pour se donner l’impression qu’ils avancent jusqu’à ce que les faits viennent les ramener à la dure réalité. Franchement, je ne suis même pas sûre moi-même de ce que je veux faire vraiment mais je suis au moins sûre d’une chose, c’est que j’aimerais bien continuer à faire ce dont j’ai envie même si les autres n’y voient pas grand intérêt. En tout cas, j’admire beaucoup les gens qui ont de l’ambition et des objectifs à accomplir et je me surprends parfois à vouloir les aider dans leur tâche. Je suis contente que tu aies pu trouver un style qui te sied. Si cela m’est possible, je pense que beaucoup de gens bénéficieront de mon altruisme si je pouvais trouver une méthode efficace de le mettre en forme. »

Yukari haussa les épaules. La question ne nécessitait pas de réponse urgente de toute façon. Midori ne devait pas être la seule personne aussi intéressante et la jeune genin se promettait de faire un peu plus attention à son entourage à l’avenir même si dans les faits, elle ne nourrissait que très peu d’espoir quant aux opportunités évolutives que lui offrait le système shinobi. Tant qu’elle resterait campée sur ses positions, elle n’avait que peu d’espoir de quitter le village sauf exception. Peu importe comment elle retournait la question, la jeune genin arrivait toujours à la même conclusion et cela n’était pas près de changer et ce, pas avant de très nombreuses années. Heureusement, Yukari était dotée d'une patience qui n'avait d'égal que le nombre de cicatrices qu'elle possédait sur son corps et petite déjà, la jeune fille avait appris très vite à se contenter de ce qu'on voulait bien lui donner sans jamais en demander plus.
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