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La chute des feuilles d'or [PV Chogen]


Mar 15 Aoû 2017 - 18:10

LA CHUTE DES FEUILLES D'OR

PV CHOGEN

    Un vase qui glisse, siffle et se brise. Des éclats de terre émaillée qui luisent comme des lucioles le temps d’une seconde. Les fragments signent un bouquet de lumière, éphémère et ruisselant. Ils stoppent finalement leur spectacle sur un sol noueux, un bois d’allure centenaire qui collectionnait la poussière et les vestiges d’un passage fréquent.

    La servante cachait son menton affalé derrière un kimono de soie –bien trop large pour elle – En face d’elle, Naiem trottait fièrement avant de poser son arrière train au sol. Tu le savais content de lui, il aimait se jouer des gens, mais leur faire peur était devenu un besoin plus qu’une habitude. Il n’avait pas spécialement de tactique, ni de faux semblants, tout ce qu’il avait à faire était d’être lui-même : Un colosse canin assez espiègle pour n’avoir qu’à apparaître ou disparaître au bon moment.

    Tes prunelles devinrent inquisitrices, assez pour que Naiem baisse les siennes une demi-seconde, avant qu’elles ne se retournent vers la scène qui l’amusait tant.

    « Excusez-moi, j’aurais peut-être du prévenir que j’étais accompagnée d’un… - « cancre » aurais-tu aimé avouer, mais la fierté de Naiem n’aurait qu’empiré la situation – compagnon canin… »

    Ton buste s’était plié, tes mains agitaient le sol, récoltant les débris avec délicatesse, comme s’ils avaient ou pourraient avoir encore une certaine valeur. La femme te jaugea avec un mince dégoût, elle trouvait probablement cette douceur apparente un peu sur jouée. Son vissage affichait clairement « Ce qui est cassé est cassé » mais ses lèvres se contentèrent d’un hypocrite « Ne vous embêtez pas, je vais le faire » … « Je suis là pour ça » murmura une fois de plus son expression, les yeux roulants de lassitude.

    Gênée à la fois par sa politesse et le manque d’honnêteté qui y était lié, tu préféras reculer, laissant la jeune femme à sa tâche. On sentait l’habitude et la redondance de ce genre d’évènement au travers de son dos courbé, de ses mains habiles qui flottent et vrillent dans les airs sans générer un seul son.

    « J’ai..J’ai une lettre d’invitation de la part de Nagamasa Chogen »

    Tu brandis la lettre cachetée comme excuse au dérangement généré. Elle y appose un regard lointain avant de claquer ses mains l’une contre l’autre.

    « Ayame ? » Sa voix tinte légèrement mais avec fermeté dans les couloirs de jais. « Ayame ! » Une pointe d’impatience s’y glisse « AYAME ! » Une fillette accourt au loin, ses pas martèlent la sylve de manière ingrate et désordonnée. Une ultime accélération fait terminer sa course en une glissade rattrapée de justesse.

    Son nez vint saluer le sol. Elle n’était plus vraiment en train de vous accueillir mais d’implorer un pardon silencieux de sa référente.

    « Mène mademoiselle et … son loup aux jardins privés du maître »

    Elle avait hésité quant à l’évocation de l’animal, incertaine d’avoir à l’annoncer ou non. La gamine s’exécuta et mit fin à son étreinte terrestre pour vous présenter la direction à suivre de ses mains tremblantes.

    Des escaliers à n’en plus finir, des dédales qui s’alignent et s’éteignent au fur et à mesure de la progression. Un tourbillon de carreaux et de pierres, une roue infinie qui donnait accès à des pavillons perdus dans la nature. Faune et flore se juxtaposaient, créant un hybride sauvage et raffiné. Le jardin principal jouait des 4 éléments, en bon terrain traditionnel.

    Une courbure en guise de remerciement et la demoiselle s’était éclipsée de la même manière qu’elle était arrivée ; empressée. Une fois ses foulées éteintes, tu redécouvres le lieu, comme si ton regard était plus clairvoyant une fois seule.

    Naiem faisait de même, il avançait en solitaire au milieu des herbes plus ou moins sauvages. Certaines effluves étaient nouvelles, des plantes rares, précieuses. Assez pour que le loup plonge son museau dans l’une d’elle, ne manquant pas de la rompre dans son élan de curiosité.
    Naiem ! Craches-tu dans un murmure hurlé.

    Las, ton corps s’affaisse sur le premier banc venu. Ton visage bascule vers la nappe bleutée. Elle est en partie dissimulée par les feuilles dansantes d’un Gingko Biloba, l’arbre aux 40 écus. Son nom se justifiait de lui-même, la saison permettait de révéler son secret ; A l’automne, les feuilles se teintent d’un jaune si puissant qu’il en est presque assimilable à la couleur de l’or. A contre-jour, les rayons solaires venaient leur donner la dernière touche manquante pour briller à la manière du minerai.

    Soupir.

    Cette beauté est éphémère. Les feuilles tombent en quelques jours à peine. Alors, l’or du ciel vient joncher le sol, une semaine durant. Une période si courte que nombre de personne ignorent même que cet arbre peut s’illuminer à la manière de l’astre de vie.

    Tu t’estimes heureuse de l’admirer. Toi en dessous, le Gingko en roi. Tu fermes les yeux, l’hypnotique des feuilles d’or t’ayant rendue somnolente. L’évasion commence.

    ○○○○

    Souffle, latence, épuisement. Un corps s’écroule dans la roche et dans les herbes folles. Il se relève, relance sa cadence, l’améliore. Le bruit de la peau qui jette, qui reçoit. Un coup deux coups trois coups. L’un se penche l’autre se lève. Il saute et elle plonge. Des piaillements, quelques rires, l’eau qui intercepte une cavale.

    Deux amis qui s’entrainent, ni plus ni moins.

    Une nouvelle silhouette se dresse. Elle est plus voûtée plus courbée. Une vieille dame qui sermonne ses petits-enfants. La boue, toujours la boue, elle n’en peut plus de rattraper leur linge, ça lui casse le dos encore plus qu’il ne l’est déjà, et pourtant, elle ne peut empêcher un sourire de venir décrédibiliser ses avertissements.

    Voilà qu’un chien s’agite, coursé de près par une petite fille. Les nattes blondes, les yeux rêveurs. Son père la suit de loin, avec nonchalance, il n’a besoin que d’un pas pour en rattraper six de sa fille. A ses côté une femme qui avance avec crainte, elle se repose presque de moitié sur le bras de son homme. Elle ne voit pas.

    Derrière il y a cette femme seule, dans la fleur de l’âge. Elle lit et porte ses rêves sur ses joues rosies. Elle attend que quelqu’un vienne.

    Et puis il y a ce colosse, barbu et magistral, il porte le bois par la souche et le coupe comme un maître. Dans ses yeux, il y a la patience et la passion. Il deviendrait le meilleur ébéniste du village.

    Il aurait dû.

    Il est le dernier que tu arrives à voir.

    La seconde d’après, ils gisent tous, tous sauf l’aveugle. Elle hurle et hurle encore. Elle ne peut voir mais elle sent. Et a senti la lame qui perçait le cœur de son époux, la main qui tordait le coup de sa fille. Elle a entendu le feu qui a emporté le chien, la grand-mère et ses petits-enfants. Elle a humé l’odeur de la littéraire qui gît au milieu des débris du marché, son livre ouvert sur son visage en guise de linceul. Elle a espéré, que le colosse d’à côté soulève les agresseurs comme il l’aurait fait avec le bois.

    Elle ne voyait pas, mais désormais, elle ne pouvait plus ni sentir, ni entendre ni espérer.

    ○○○

    Un poids se pose sur ton front. Tu ouvres à mi-clos les yeux. Une feuille de Ginko, la première, venait de tomber. Et avec elle, une larme qui s’effondre vers le sol, comme à chaque réveil qui suit ce rêve. Ils avaient des noms, des visages, un avenir. Une erreur, une seule erreur de ta part, et tu leur avais tout enlevé.



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Ven 25 Aoû 2017 - 18:15


LA CHUTE DES FEUILLES D'OR
— Meian & Chôgen


Un moment d’hésitation, un léger frisson qui vient alors parcourir le dos sculpté de l’homme qui est maître de ces lieux. C’est étrange, cette sensation. La charité. C’est quelque chose que l’alpha Nagamasa n’ose pas utiliser. Ce n’est pas dans sa nature, dans sa façon d’être. Il ne veut pas montrer ses faiblesses, ses sentiments. Les habitants du village caché dans la roche compte beaucoup sur cet homme, représentant aujourd’hui la figure militaire des shinobis d’Iwa. Difficile de devoir porter ce masque sans arrêt, montrer aux autres cette carcasse sans sentiment, sans peur.

Mais le plus étrange dans tout ça, doit être le fait qu’il y a depuis peu de temps, une personne au sein du village, avec qui il ne veut plus jouer. Le masque doit tomber, laissant apparaître le samouraï sous son vrai visage. Lui-même ne pourrait pas l’expliquer. Depuis qu’il l’a rencontré, il ressent comme un besoin irassasiable, une envie de l’aider, elle qui semble en avoir bavé depuis déjà un bon moment.

Peut-être qu’il arrive à la comprendre. Après tout, elle aussi, il n’y a encore pas si longtemps, était avec sa famille, son clan. Pourquoi avoir décidé de rejoindre Iwagakure, c’était encore un mystère pour Chôgen. Des Inuzuka, il n’y en a que très peu au sein des shinobi de la terre, Meian étant la seule qu’il connaît un peu. Beaucoup de questions qu’il souhaite lui poser. Mais ce n’est pas vraiment la raison principale qui fait qu’aujourd’hui, cette jeune femme est venu voir le Nagamasa, au sein de sa demeure et sur sa demande.

Il n’y avait qu’une personne qui arrivait à mettre Chôgen à nu. Cette jeune femme avec sa longue chevelure incolore, sœur de part son clan, mais encore plus dans son cœur. Depuis sa disparition, qu’il n’a plus de nouvelle d’elle, ce n’était plus le même homme. Voyait-il en la jeune Inuzuka comme une nouvelle personne avec qui il pourrait discuter sans honte, sans tabou. C’était encore trop tôt pour le dire. Peut-être qu’elle, de son côté, ne veut rien venant du Gunjiteki.

Assis en tailleur, dans la pièce principale de la demeure, dans un amas de coussins et autres poufs étant amassé devant une petit table rasant le sol, le Nagamasa ne trouvait nulle autre occupation que de boire un thé vert tout en consommant de l’herbe provenant de Kusa no Kuni, en attendant l’arrivé de la kunoichi qu’il doit voir en ce jour.

C’est alors qu’il venait de voir Ayame, une de ses jeunes servantes, passer juste devant lui, en courant de toutes ses forces, d’une grande vitesse, si bien qu’elle traversa la grande pièce sans même faire attention à Chôgen qui était installé juste sur sa gauche. Quelqu’un, au loin, était en train de hurler le nom de cette jeune femme, sûrement pour la faire venir au plus vite. Une hâte qu’il n’arrivait pas à comprendre.

Au final, la jeune Ayame, que Chôgen connaît depuis maintenant de nombreuses années, vu que sa mère avant elle était aussi une servante du clan Nagamasa quand ils étaient installés à Tetsu no Kuni, venait de revenir dans cette grande pièce. Elle se me à genoux devant celui qu’elle jura de servir, comme par politesse, mais aussi pour s’excuser de tout ce vacarme qui venait d’être créé en l’espace de quelques minutes. Elle n’osait pas parler, étant un peu tremblante, il la sentait presque un peu gêné. « Qu’est-ce qui se passe, Ayame-chan ? Tu n’as pas besoin d’être si formelle, tu sais. » Elle leva alors la tête pour le regarder dans les yeux et rétorqua d’une voix un peu hésitante. « Votre... Désolé, oui... La jeune femme que vous vouliez voir aujourd’hui... Elle est ici avec son... loup. » Le Nagamasa regarda la tasse de thé juste en face de lui, qu’il n’avait même pas encore touché. Il se leva de sa position dans les coussins, arriva juste à côté d’elle et lui posa la main sur ses cheveux, en haut de son crâne et approcha la tasse à son niveau de la table. « Tu dois apprendre à te détendre un peu Ayame, tu es bien trop stressé, je trouve. Bois donc cette tasse de thé pendant que je vais recevoir notre invité. »

Il quitta alors la pièce laissant derrière lui la jeune fille qui venait de s’asseoir au bord de la table et prendre la tasse encore chaud entre ses deux mains. Traversant en grande partie cette immense demeure, il arriva finalement au niveau de la grande porte coulissante, rappelant un peu ces temples et dojos anciens. Il remarque la jeune Inuzuka qui était installé non loin de cet arbre qui est une fierté pour le samouraï, sous lequel il adore se prélasser et passer du temps pour réfléchir.

En s’approchant un peu plus d’elle, il remarque des yeux laissant tomber quelques larmes. Il ne voulait pas vraiment la déranger, ni lui demander pourquoi elle était en train de laisser tomber cette larme. Il décida plutôt d’user de politesse pour l’accueillir comme il se doit. « Ohayô Meian-chan. Je suis content de te revoir ! » Chôgen venait de tendre sa main vers elle, comme pour l’aider à se relever, mais aussi pour l’inviter à le suivre. « Tu dois te demander pourquoi je t’ai fait venir ici aujourd’hui. Si tu veux bien me suivre, je pense que nous allons être mieux installés à l’intérieur. » Il posa alors les yeux sur Naiem et commença à sourire suite au petit grognement qu’il venait de faire. « Tu peux venir toi aussi, mon tout beau, je dois bien avoir quelque chose à manger pour toi qui vas te faire plaisir. »


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« The glories of our blood and state, are shadows, not substantial things. There is no armour against fate, death lays his icy hand on kings. But i'm not a king, and my shadow will bring a new hope for Iwagakure no Sato... »
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Sam 26 Aoû 2017 - 10:50

LA CHUTE DES FEUILLES D'OR

PV CHOGEN


    La chute d’une feuille d’or. Elle s’accompagne d’une goutte cristalline. L’une frappe le sol en premier, disparaît, l’autre se pose en délicatesse. Le réveil est traître, le rêve laisse ses traces. Impossible d’oublier, impossible de s’échapper. Ce cycle sera éternel, te voilà maudite par ta propre conscience.

    Une voix –qu’on peut juger de familière- résonne, t’accueillant aussi chaleureusement qu’elle le pouvait. Masculine dans la tonalité, féminine dans sa douceur, un hybride de mots et de sens. Un revers de manche suffit à écarter toute preuve d’un passage aqueux sur ta joue. La fierté prime sur le cœur, au moins pour le moment.

    Tu ignorais presque tout de l’homme qui s’approchait à pas de félin dans ses propres terres. Un voile danse autour de lui, accompagne sa démarche, un kimono de soie et de lin, brillant et rêche à la fois. Il te jugeait sans juger, un regard ni perçant ni détaché, ce qui avait le don de te déstabiliser. Tout le monde prend parti, qui ne le faisait pas ?

    Ton corps s’était dressé derechef, comme surpris dans un acte néfaste. Le buste qui se penche, une salutation aux normes, ou une excuse dissimulée. Le sol au plus près, attirant inlassablement ton visage vers lui. Quelques bonnes secondes suffirent à rappeler ta silhouette vers le haut. Se relever était toujours le plus dur, même dans une révérence traditionnelle.

    « Chogen-san »

    L’argent qui lui servait de chevelure frémit à la caresse d’un vent du Nord.

    Il savait que tu ne savais pas, mais ton odorat était assez fin pour sentir les choses venir. L’invitation était soudaine, mais le timing, pas anodin. Vous aviez « combattu » ensemble un ennemi qui s’était révélé insaisissable. Tu avais frôlé la mort, là où cet homme et un autre avaient décidé de te pousser. Un choc salvateur, des justiciers de vie. Inconsciemment, les deux hommes venaient de créer en toi, une dévotion louable : une dette et un devoir.

    Ce qu’il voulait, tu lui donneras. Ce qu’il cherchait, tu le trouveras. Ses desseins, ses ambitions, ses exigences... seront désormais tiennes sous un seul mot de sa part.

    Il avait proposé de poursuivre la rencontre à l’intérieur. Intérieurement intimidée, ton menton hocha cependant un accord. Naiem avait frémit à l’idée d’un éventuel repas ; il n’était pas aussi compliqué que toi. Sa fierté est grande, mais il est de ceux qui canalisent leurs remords par la vengeance ou le mépris. Son monde est plus petit, il ne se considère pas comme dévoué à la vie, mais lié à une quête à tes côtés. S’il t’a toi, c’est tout ce qui compte.

    Le pavillon est décoré au plus sobre possible. Un repose sabre, des estampes, des murs de papier. La maison traditionnelle qu’on s’imagine, sans fioritures, sans exagération.

    Implicitement, ce monde te met mal à l’aise, toi, habituée aux forêts sans fin et à l’irrégularité, te voilà confinée dans un cercle de civilité.

    Tes genoux tombent au sol devant une table basse, avant de plier complètement pour être en position seiza. C’était la seule chose que tu te sentais capable de faire ; imiter avec maladresse une attitude que pourrait avoir un invité dans la maison mère d’un grand clan de samouraïs.

    « Je suis désolée j’ai… Je suis venue en ignorant la raison de cette invitation… » Une excuse en guise d’introduction, ce qui en disait long sur ton mal-être actuel. « A vrai dire, j’y ai réfléchi toute la nuit durant… » Ton menton plonge, comme s’il voulait cacher l’abject visage qu’il surplombait. « J’ai manqué à mes devoirs lors de cette mission de patrouille. Je me croyais capable, je sais maintenant que j’en suis à l’opposé. »

    Cette fois, ton corps entier aurait dû vriller au sol, implorer un pardon. Mais il ne le fit pas. Il resta figé. Se faire acquitter n’était même pas envisageable, tu étais déjà à la suite logique de tes actes : punir ou servir. Chogen était en droit de décision. Lui qui avait maintenant le pouvoir combatif ET la retranscription de la situation, il était maître de décider pour toi de ton avenir.

    « Je serais en accord avec votre choix, quoi qu’il advienne. »

    Tu ne le mentionnais pas, mais les options étaient vastes. Bannissement, vie de servitude, interdiction d’agir de son propre chef, rétrogradation, peine de mort. D’un extrême à l’autre, les solutions que tu imaginais pouvaient être absolue, déraisonnables, mais tu les accepterais sans faire de scène. « Une vie pour une autre »

    Naiem grogna. Il venait de comprendre. Il remua égoïstement, saccageant l’endroit sans gêne. Il se figea alors, babines retroussées, face à un ennemi invisible : Ta conscience contre la sienne. Toi, rendant les armes, lui les multipliant.


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Sam 26 Aoû 2017 - 22:42


LA CHUTE DES FEUILLES D'OR
— Meian & Chôgen


Juste une signe de tête pour acquiescer la demande du samouraï pour rentrer à l’intérieur. Il venait de tendre le bras, caché en grande partie par ce haori blanc qu’il porte presque toujours, comme pour faire signe à la fille au loup de passer devant. Traversant une moitié de la demeure qui pourrait pourtant semblait immense, ils venaient de revenir ou Chôgen était installé juste avant de venir la chercher.

Il prit place dans ses coussins, enlevant son haori pour s’installer. Son bras s’approchant de la table pour saisir sa pipe, il la tapota plusieurs fois dans une écuelle pleine de cendres, tout en regardant Meian et son fidèle compagnon.

C’est en saisissant son herbe pour remplir sa pipe qu’il trouvait qu’elle avait l’air un peu... bizarre. Pourquoi est-ce que ce malaise venait de s’installer dans la pièce, tout juste entre les deux entités placées face à face autour de cette table. L’Inuzuka semblait ne pas être heureuse de se trouver dans cette pièce, la cause étant tout ces mystères qui planait autour de la convocation qu’elle avait reçu, sans réel motif apparent.

Dans sa voix, on pouvait entendre le doute. Dans sa manière de réagir, l’angoisse. Lui qui, de base, l’avait invité pour quelque chose de plutôt positif, du moins de son point de vue, trouver que Meian ne réagissait pas très bien à la situation. Surement, fallait-il clarifier les choses. Puis un grognement, le loup qui venait à s’énerver sans aucune raison pour le samouraï. Il fut étonné, presque senti agressé, mais posa ses yeux sur le canidé quand il était devant, comme un prédateur voulant attraper sa proie. « Tu devrais respirer un peu, Inu-chan. Si tu es ici aujourd’hui, dans mes appartements, ce n’est pas parce que j’ai un problème avec toi. Au contraire. » Il posa sa pipe et frappa deux fois dans ses mains. « Ayame-chan, tu peux venir s’il te plaît ! Je sais que tu te caches derrière la porte. » Espiègle et sûrement trop curieuse, comme depuis sa plus tendre enfance, la jeune servante se présenta dans la pièce. « Sumimasen Nagamasa-sama ! » dit-elle en s’inclinant, les mains jointent posées au niveau de son abdomen. « C’est rien, mais tu devrais essayer de te débarrasser de cette mauvaise habitude. Pourrais-tu nous apporter deux tasses de thé s’il te plait. » La servante répondit seulement d’un signe de la tête avant de se retourner et quitter la pièce le plus rapidement possible avant d’être complètement dévoré par la honte.

C’est vers Meian que son regard se posa de nouveau pour enfin discuter de cette raison qui l’a poussé à la faire venir. « J’ai comme l’impression que tu as beaucoup de regrets depuis ce jour dans les crocs rocheux. Mais tu ne devrais pas être si dur avec toi-même. Si ce n’était que de ma décision à ce moment-là, je ne t’aurais jamais envoyé toute seule. Mais je n’étais en rien décisionnaire. Sache que je ne regrette pas d’avoir fait face à cet homme et d’être venu t’aider. » Ayame entra dans la pièce, l’interrompant dans sa phrase. Elle portait un plateau avec dessus deux tasses de thé, qu’elle posa devant Chôgen et son invité. « Arigato. Tu peux disposer, mais reste pas trop loin, je vais encore avoir besoin de toi dans pas longtemps. »

Sa main s’approcha de la tasse pour la saisir, apportant cette dernière au niveau de sa bouche. Humant cette douce odeur qu’il affectionne tant, il se délecta d’une gorgée avant de continuer ses explications. « Si je suis aujourd’hui devant toi, c’est que je voudrais te proposer quelque chose. Une chose qui peut sembler simple dit comme ça, mais qui va prendre du temps. Je veux t’aider à ne plus ressentir ce doute en toi. Tu es l’une des seuls de ton clan parmi les Iwajins, je veux faire en sorte que tu surpasses les autres. Je vais t’entraîner, te rendre plus forte, autant physiquement que dans ton mental. Si tu acceptes, tu vivras dans ma demeure à partir de maintenant. Je sais que ça peut paraître déconcertant, mais je tiens vraiment, depuis ce jour où on s’est rencontré, à t’aider pour faire en sorte que tu avances. »


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Dim 27 Aoû 2017 - 12:14

LA CHUTE DES FEUILLES D'OR

PV CHOGEN


    Le loup s’ébrouait en capricieux, jouant de sa carrure pour impressionner et saccager. La scène tira vers la comédie dramatique, ces instants qui vacillent entre la froideur d’un acte et l’absurdité d’un autre. Tu étais la glace, Naiem le brasier.

    Là où ses griffes s’amusaient à tracer l’histoire de son passage, tes mains auraient voulu lisser les défauts, les camoufler. Tu savais qu’aucun de tes mots ne le calmerait, qu’il était l’électron libre, capable de tout comme de rien. Sa danse ignorait la petite servante qui rentrait en toute incompréhension. Sa curiosité lui valut sa rapidité : Elle slaloma avec entrain afin de répondre à la demande de son maître. Le thé fumait, nébuleux, désireux de s’échapper à jamais de sa prison de porcelaine. Seule une infime partie le pourrait.

    La gamine s’enfuit, les joues empourprées par la gêne et la précipitation. Ses poignets pas plus épais que des plumes condamnent des portes tout aussi frêles. Chôgen n’avait pas changé de ton, à ton étonnement. Impossible de cerner quelconque ironie ou sous-entendu. Il était simplement condescendant, le visage bercé par son propre rictus apaisé.

    Naiem change d’humeur à l’ultime résonnance de ton hôte. En un souffle, il arrive à te bercer de l’horreur à la dévotion. Il parlait de douleur, soulevant tes entrailles à la simple évocation de l’échec. Il suggérait ta solitude. Ton nom était devenu fardeau, les Inuzuka savaient quoi en penser. Un village meurtri par ton manque d’attention, un clan décimé par ta dissidence. Une sueur froide, tu te sens mourir de l’intérieur. Une horreur, une putain d’horreur !

    Entraîner, surpasser… La force. Des vertus qu’il suggère délicatement. A l’écouter, tout semble si facile, à la portée de n’importe qui, même toi.

    Pariât et causeuse de mort. Ça l’indiffère. Il veut t’aider, mais ça n’a ni sens, ni espoir. Tu te sens cause vaine, presque désireuse d’être abandonnée. Te voilà en bord de falaise, il n’avait qu’à pousser, souffler pour que tu tombes. Mais au lieu de ça il t’agrippes, d’une main féroce, bien décidée. Ses yeux reflètent l’ambition et l’avenir, tout ce que tu appréhendes.

    Noir et blanc se font face. Naiem range sa hargne, avance docilement. Tu le pensais à tes côtés, fidèle. Mais il longea ta propre paume, ne te laissant que son souvenir en guise de toucher. Son dos devint poitrine : Il te faisait face, avec exactement la même expression que le samouraï.

    Vision double, étrange reflet. Tu rends les armes.

    « Avancer est une chose que je redoute. A chaque pas, je blesse, j’isole. Si seulement j’étais restée à ma place.. Ce sont des dizaines… Des CENTAINES d’âmes qui seraient encore de chair et de sang. »

    Ta voix scindes le silence. Tu penses à ton clan, à tes frères et sœurs. Tu penses à ton village de recueil, à ses civils. Tu penses à reculons, tu voudrais inspirer pour ne plus jamais expirer, comme si les choses pouvaient être rattrapées. Comme si tu pouvais devenir l’aimant des regrets, les attirer et les rompre à jamais.

    « Une vie bordée d’erreurs vaut-elle vraiment la peine qu’on l’encourage... »

    Vous vous fatiguez pour quelque chose de vain, Nagamasa-san. Je ne mérite ni attention ni bonne action, voulais-tu murmurer, mais ta voix est coupée.

    J’ai peur et je tremble. De faillir à nouveau. J’ai ces idées égoïstes, ces volontés qui n’ont pas de sens. Demain à la fois sursis et condamnation. Je peux me lever mais mon cœur l’interdit, par respect des morts qui eux n’ont pas eu d'autres choix que de s’agenouiller devant la Faucheuse.

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Dim 27 Aoû 2017 - 21:07


LA CHUTE DES FEUILLES D'OR
— Meian & Chôgen


C’est vraiment quelque chose de hors du commun de voir un humain, en l'occurrence une humaine, en aussi bonne symbiose avec un animal tel que le loup, redoutable prédateur sauvage. L’art d’un clan qui avait touché la curiosité d’un samouraï. Est-ce que cela était la raison qui lui avait donné envie de l’aider ? Surement, en partie. Mais aussi pour beaucoup d’autres choses.

Après une bref moment d’hystérie, ou le loup venait de ravager, littéralement, cette pièce qui fait office de salon, le silence. Puis cette voix, celle de la dompteuse de loup. Une voix qui n’inspirait pas du tout l’envie d’avancer, l’envie de relever la tête. Du sang sur les mains, c’était la façon imagée qu’elle utilisée pour parler des membres de son clan, qui ne sont plus ici à présent. Lui ne connaissait pas son histoire, du moins dans les détails.

Certains pourraient y voir une cause perdue, d’autres une personne avec de grandes possibilités d’évolution. Et le Nagamasa n’était pas du tout du genre à renoncer. Dans un sens, elle lui rappelait un peu sa sœur, qui dans sa jeunesse lui ressemblait légèrement. Un manque d’assurance que Chôgen est toujours venu combler, l’aider du mieux qu’il pouvait. Scénario qu’il connaissait déjà, qu’il voulait remettre sur le tapis. « Toi, tu es en vie. Tu peux encore changer le cours des choses. » dit-il en se levant, pour s’approcher d’elle.

Il venait de tomber sur les genoux, le fessier sur les talons. Un regard, un brasier qui venait de s’allumer, pour inspirer la confiance, une chose qu’il savait bien faire. Mettre les gens de son côté, en confiance, c’est une habitude. « Je ne te permets pas de baisser les bras. Tu as des choses à te reprocher ? Très bien, lève-toi et arrange ça ! Tu veux devenir plus forte pour éviter de reproduire les mêmes erreurs ? Très bien, lève-toi et arrange ça ! Tu veux retrouver ta place parmi ceux auquelles tu tiens ? Très bien, lève-toi, et arrange ça ! » dit-il tout en insistant à chaque reprise. Forger la confiance en soit, un but primordiale, par lequel il voulait commencer. Si elle ne s’en sentait pas capable, lui arrivera à le faire.

Il se leva et venait de tendre le bras vers l’Inuzuka, pour l’aider à se relever. Il était tant de prendre les choses en main, lui montrer qu’il veut vraiment l’aider, qu’elle en vaut la peine. Une petite balade au sein de la demeure pour finalement arriver devant la porte d’une des chambres. Il venait d’ouvrir la porte et entrer dans la pièce, montrant l’espace de la main à son invitée. « Tu as l’air d’être quelqu’un de bien, Inu-chan. Laisse moi t’aider à devenir encore meilleur. Tu n’as peut-être pas confiance en toi, mais je sais que tu peux réussir. »

Il suffisait de regarder autour d’eux pour comprendre qu’il ne plaisantait pas du tout avec elle. Cette chambre, beaucoup rêveraient dans le village de pouvoir y vivre dedans. Un endroit spacieux, comportant même un bain chaud personnellement dans une petite pièce mitoyenne, uniquement accessible depuis la chambre. En plus de ça, le rêve pour Naiem se trouvait juste devant eux. Un jardin, de la verdure, un arbre laissant l’ombre s’installer. Un endroit de bonheur, calme, inspirant. « Ceci est ta chambre à partir de maintenant. Je ne suis ni ton père, ni ton mari ou quoi que ce soit. Tu peux aller et venir comme bon te semble, fais comme chez-toi. Mais par contre, il y a deux règles que tu vas devoir respecter. Nous allons faire jusqu’à trois entraînements par semaine, que tu sois malade ou alors une trop grosse consommation d’alcool la veille ne marchera pas comme excuse. La deuxième étant plus simple. Je veux juste que tu trouves le moyen d’avoir confiance en moi. Si jamais cela ne te plaît pas, la porte est ouverte et tu es libre de partir. »


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Lun 28 Aoû 2017 - 17:22

LA CHUTE DES FEUILLES D'OR

PV CHOGEN


    La falaise était toujours là, surplombant un puits sans fin. Tu avais sentis sa main saisir le tissu qui t’habilles, tu la pensais décidée à te ramener, avec ou contre ta volonté. Mais elle fut plus maligne, plus astucieuse. La paume n’était pas une emprise, mais un mur. Il devint mobile, forçant contre ton dos sans que celui-ci n’aie le temps de réagir.

    La voilà, ta peur. En face à face avec la chute, les yeux vers le fond, vers ta descente éternelle. Un haut le cœur, la vision d’une fin sans fin. Il venait, en quelques phrases, de te propulser vers l’endroit que tu fuyais, ton horreur et tes angoisses : L’acceptation de tes propres échecs, le pardon que tu ne pouvais t’autoriser. La rédemption.

    Le genou à terre n’est jamais le problème ; le sol l’est. Il soutient, apaise, réconforte. C’est tellement facile de rester vaincue à jamais. Il n’y a plus de notions de temps, d’imprévus, de plongeon. La terre lisse tout, et avale les souvenirs comme les hauteurs, le bon comme le mauvais. Ni fierté ni honneur, ni devoir ni ambition. Toi en bas, eux en haut. Une prison éternelle et méritée. Un confort que tu pensais garder à jamais. Mais le sol tremble et hurle ; il scande un ultimatum « Lève-toi et arrange ça ! »

    Arrachée à ton monde, une main écorche ta vision avec souplesse. Tes yeux se lèvent enfin, sensation nouvelle, depuis combien de temps n’avait-tu pas songé aux cieux de la sorte ? Il te fait face avec toute la douceur ferme qu’il avait. Oxymore humaine, il dessine devant toi la figure d’un chef qui surplombe même sans être au-dessus.

    Et l’envie naît.

    Celle de tout oublier, celle de le suivre, celle de prendre cette main et d’écouter sans remords ses conseils. D’un coup tout est bien plus facile, bien plus chaleureux. Respirer à plein poumons, voir avec dextérité, vivre sans sentir ses viscères se broyer d'eux-mêmes. Une fraction de seconde, une simple, et te voilà emportée par une vague d’espoir et de confiance. Mais la fraction suivante fait l’effet de marée inverse, remontant toute la culpabilité et la gêne en un instant.

    Ta main, qui s’était levée pour s’agripper à celle qu’on te tendait, s’était ravisée et reposée derechef. Naiem souffla, comme un humain aurait soupiré. C’est trop tôt. Il s’avança pour te donner son cou en guise d’atèle. La relevée habituelle, la seule accroche qui te convienne –pour le moment-. Tu laisses la paume du Nagamasa sans réponse, un peu désolée de la situation.

    Quand il vous conduit à la finalité de ses pensées, quelques mètres plus loin, tu crispes tes doigts dans la fourrure opaline du loup, à l’abri de jugement, à l’abri d’engagement. Mais Naiem se détache, pour la deuxième fois consécutive, il rejoint le samouraï dans une démarche nonchalante, te laissant à nu devant des regards qui te prient et te déconcertent. Il t’abandonnerait. Il le portait sur lui, ce ton qui se veut implacable ; Naiem était décidé pour vous deux.

    Tes poings se serrent de nouveau, cette fois sans nulle cachette où se réfugier. Ils devaient le voir, ils devaient le savoir, être conscient du tumulte qui se créait en toi. Accepter d’être en colère, plutôt que de le regretter. Réussir à l’avouer, plutôt que de le garder. Ouvrir un cœur qui venait d’être poignardé.

    La cicatrice est là, béante.

    Ton menton se lève enfin. Il y a sur ton visage, une nouvelle expression, chimérique de peur et de hargne.

    « Je ferais ces entraînements ; je serais disciplinée, je l’ai toujours été. »

    Le combat n’était pas chose effrayante pour toi, tu redoutais bien plus les blessures morales, qu’elles soient d’ordre personnelles ou communautaire. Il te demandait la confiance, une confiance assez forte pour croire en ses capacités de guérisseurs. Chôgen s’était engagé à faire de toi quelqu’un de méritant, quelqu’un de juste.

    « Je crois que… J’aurais surtout besoin de temps.. »

    Pour le reste, pour tout. La sauvage qui s’attache. Le chien qui revient de fugue. Le ciel qui tombe et l’eau qui vole. C’est un monde déconstruit et sans sens. Pourquoi pas. S’il permettait de regarder la mort et d’y voir la vie, alors ton cœur en sortirai soulagé.
    Alors tu t’engages, hochant une ultime fois du visage, ni convainquant, ni convaincu. Juste curieux de voir à quoi ressemble le monde à l’envers.

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Mer 30 Aoû 2017 - 1:36


LA CHUTE DES FEUILLES D'OR
— Meian & Chôgen


L’image d’une feuille morte en automne, tombant de son arbre. C’est l’image qui pourrait parfaitement représenté l’état de Meian au cours de cette discussion. Le samouraï venait de lui proposer une alternative différente. Il voulait l’aider, de tout son possible. Mais de son côté, elle ne semblait pas totalement motivée. Des questions n’auraient fait qu’aggraver la situation, mais il se devait d’être au courant. De savoir pourquoi elle doit supporter ce mal-être intérieur.

Il venait d’avancer pour s’installer sur cette pergola donnant sur le petit jardin. Il regardait l’arbre qui commençait à se laisser mourir avec ce froid omniprésent qui annoncé un hiver rude, ici dans le nord. De son regard, on aurait pu croire qu’il jugeait l'Inuzuka, mais il cherchait seulement une solution pour l’aider. « Je m’attendais à une réaction un peu différente. Peut-être un peu plus de joie, ou de motivation. »

Mais finalement, le temps était sûrement venu de prendre les choses et de les améliorer. De parler du passé pour obtenir un meilleur futur. « Je voudrais discuter avec toi avec le plus de franchise possible. Qu’est-ce qui s’est passé pour que tu sois autant atteint par le malheur ? Je peux le voir sur ton visage, ton corps, même ton cœur, que la noirceur se répand. » Voulait-il la bousculer un peu pour la faire avancer, lui changer les idées ? C’était même sûr.

L’entêtement de vouloir aider, parler, ou toutes ces choses, pourrait ne pas forcement avoir du bon dans ce relation qui commence à se créer. Peut-être allait-elle fuir juste par pudeur, sans vouloir dévoiler son histoire, ses rêves les plus sombres, ses désirs. « Penses-tu réellement que tu es la seule qui souffre ? Tu crois que j’ai, pour ma part, eu une vie tout rose ? Chaque personne présente ici, dans ce village, à son histoire personnel. Mais eux, ils font face, ils essaient de se battre. Pourquoi pas toi ? Pourquoi choisir de ne pas sourire ? »

Ses intentions n’étaient nullement la provocation, il ne voulait pas la blesser, ne pas ouvrir un conflit. Mais de temps à autre, le plus simple est souvent de parler à haute voix de ses problèmes pour mettre comme image sur cette chose qu’il faut combattre. « Je ne pense pas être beaucoup plus vieux que toi. J’ai vécu une enfance horrible, que je ne souhaite à personne d’autres. Mais c’est ce qui fait de moi quelqu'un de fort, qui a fait de moi ce que je susi aujourd’hui. Si au fond de toi, tu ne penses pas être capable de t’améliorer, sache que de mon point de vue, j’en suis sûr. »


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Lun 4 Sep 2017 - 13:25

LA CHUTE DES FEUILLES D'OR

PV CHOGEN


    Des attentes levées, la falaise qui fait place à un colosse de roche ; il te demandait d’escalader un mont millénaire, dépourvu d’accroches ou de pistes. C’est un sanctuaire inviolé, un endroit méconnu : Baser des espoirs sur tes maigres capacités, sur ton destin maudit. Il pose l’ultime question, pourquoi ? Pourquoi l’encre et pas la lumière ? Pourquoi les cauchemars et pas les rêves ? Pourquoi le recul et non l’ambition. Pourquoi le passé joue les voraces avec le futur ? Une habitude, le sombre, la redondance ? Il n’y avait pas de réelle formalité, la vermine s’était installée là depuis un temps, rongeant avec celui-ci le semblant de confiance qu’il te restait. Des jours qui confirment une théorie morbide, la culpabilité d’être là, en face d’un des trois leaders de la puissance d’Iwa. Une place qui se mérite, un atterrissage pour toi. Bercée par les vents, emportée par le hasard, vivante sans l’être vraiment. Deux scènes s’entrecoupent, mêlant l’improbable à la réalité : Tu étais en vie par la bonne grâce, sauvée du destin que tu te supposais réservé. Tantôt la chance coupable, tantôt la protection.

    « J’aurais dû mourir plus d’une fois, c’était décidé. Alors pourquoi suis-je là et pas les autres ? »

    Ta voix sombre sans contrôle, avouant des remous obscurs.

    « Je pensais que le temps comblerait, que je pourrais me racheter, mais les choses se répètent, creusent au lieu de renforcer, décident pour moi en me transformant en une figurante de ma propre vie…. Je n’aurais jamais dû venir ici. »

    Inspiration, les sourcils qui tombent, désespérés d’avoir à avouer ce que ton cœur ne peut dire.

    « J’ai été conviée, intégrée, protégée et choyée.. Pire, j’ai aimé ça. Là où j’aurais juste dû me taire et être isolée. Mon clan avait besoin de moi, besoin de nous. Notre départ était la seule chose qu’attendait cette fichue guerre civile pour passer à l’acte. »

    La force fait pâlir tes propres poings, alliant l’opalin au violacé, oppressant le sang qui s’y faufilait non sans difficulté.

    « En pleine nuit… Même les enfants… »

    Ton regard se détache brusquement vers le sol qui l’appelait inlassablement. Tout devenait brûlant, même le ton de ses lamentations

    « C’est EUX qui auraient dû être ici, pas moi !! »

    Un bras qui balaye la pièce, comme pour désigner les auras invisibles des défunts. Ils étaient tous ici, à te regarder, à te juger ; Inuzuka ou non, de tes erreurs découlaient leurs ectoplasmes, leur errance. Le froid, la pâleur. Les spectres de souvenirs qui glacent chaque parcelle de ton corps. Inaudible, leur douleur, la peur.

    « L’attaque sur Iwa n’a fait que confirmer mes erreurs de jadis. Mes mots sont palabres. Mon cœur n’est plus mien. Ce que je peux ? Ce que je veux ? Rien de tout ça n’importe ! Je devrais vivre comme les spectres que j’ai condamnés. »

    Élan de colère, blâme de l’incompréhension. Tu n’avais pas la prétention de pouvoir tout oublier, de te servir d’une douleur pour en faire une force. Si sourire était rédemption, tu n’en voulais pas. Par respect pour eux, par respect pour tout, quitte à en devenir bête. Des yeux qui se veulent aveugles, une ouïe qui s’efface, le mutisme. Si le néant pouvait t’emporter. Tu t’enfermes dans ta propre prison de fer, ignorant les appels, fustigeant les espoirs. L’homme qui te fait fasse joue avec les clefs, mais il n'arrive pas à trouver la bonne. Une serrure rouillée, une volonté ébréchée ; Plus aucun espoir de crocheter le verrou. Reste alors la dernière solution. La violence, forcer ce porche maudit et le jeter aux oubliettes. Le Nagamasa l’avait peut-être déjà compris, en proposant cette rencontre qui n’était que première approche. Les entraînements n’étaient pas anodins. La physique pouvait faire table rase du psychique. Le samouraï voulait-il trancher cette cage dorée ? Tu serais alors vulnérable, sans murs, peut-être prête à apercevoir ce qui se cachait derrière le fer.

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Ven 29 Sep 2017 - 6:55


LA CHUTE DES FEUILLES D'OR
— Meian & Chôgen


Ce n’était pas difficile de comprendre dans quelle situation la jeune Inuzuka semblait être. Juste avec ses mots, l’intonation de sa voix, sa volonté de trouver des raisons pour reculer, n’importe qui de sain d’esprit aurait pu le savoir. Elle se sent coupable. Pourtant, de ce qu’avait compris le samouraï et par rapport aux informations qu’il détenait avant cette rencontre, il se doutait en partie que ce n’était pas de sa faute.

Certes, son clan fut déchiré en grande partie, la violence des ces actes barbares envers les siens qui se sont déroulé dans le pays du feu son contre nature. Tout cela à cause de la lubie d’un seul homme, sûrement mécontent des choix qu’on put faire les dresseurs de canidé. Mais est-ce une raison suffisante pour commettre une extinction de leur genre comme ceci, de son côté, le Nagamasa pensait que non.

Alors pourquoi est-ce Meian se sentait-elle autant coupable pour tout ceci ? Peut être pensait-elle pouvoir les aider, voir même les sauver, durant ce massacre sans nom. Mais elle se voilait sûrement la face. Personne n’aurait pu arrêter la mort qui est venu frapper dans ce pays, meurtrie par une guerre civile qui n’en finissait plus.

Pourtant, elle, ainsi que quelques-uns de son clan, avaient réussi à quitter Hi no Kuni en vie, mais avec le cœur lourd. Ils étaient maintenant résident du village caché dans la roche, ce qu’il trouvait bien, car au moins, ils avaient la chance de ne pas tous disparaître. Mais cela ne semblait pas du tout la réconforter. « Je ne sais pas tellement ce que tu peux traverser en ce moment même, car je n’ai jamais vécu quelque chose de similaire. »

Il voulait être franc et l’aider mais est-ce que les mots, dans une situation comme celle-ci, étaient vraiment utile ? Sûrement que non. C’est alors qu’il s’approcha d’elle, lentement, et passe ses deux bras dans son dos pour la prendre contre lui, posant son visage sur son torse. Aucun jugement, juste une étreinte pour essayer de la réconforter. Si jamais elle voulait faire couler des perles le long de ses joues elle le pouvait maintenant, il ne dirait rien. Les yeux du samouraï venait de se poser sur le loup de la jeune femme qui lui, ne semblait pas tellement être rassuré par le geste de celui-ci. Il se montrait méfiant que quelqu’un approche sa maîtresse, son amie, de la sorte. « Je vais t’aider à surmonter tout ça, Meian. Et toi, tu vas le faire pour prouver aux autres à quel point tu peux être forte. Si cela n’est pas suffisant à tes yeux, alors fait le pour ceux de ton clan qui ont perdu la vie sans aucune raison, à cause de la folie d’un homme. Ne baisse pas les bras, je t’interdit d’abandonner ! »


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La chute des feuilles d'or [PV Chogen]

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