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Au coeur des Marais Ft. Yuki Eiichiro


Mar 22 Aoû 2017 - 18:22
Un livre d'herborisme. Une démarche gracile s'avançant avec calme à travers la brume. Les pas feutrés du jeune samouraï dissimulent sa présence. Il est plutôt rare d'avoir besoin de se rendre dans les marécages, mais quand rien ne nous retient, que les affaires sont au point mort et que certains arômes viennent à manquer, il est de l'utilité de ce lieu d'être un réservoir naturel pour ceux qui s'y connaissent, ou dans le cas présent, pour un profane armé d'un ouvrage. Le sabre à la taille, le visage silencieux, son regard androgyne lui donnerait presque l'air d'un fantôme hantant les lieux.

On lui avait donné le rang de Genin. En soi, cela ne le gênait pas plus que cela, même s'il s'était retrouvé légèrement gêné quand il avait vu l'âge de certains individus mieux classés que lui dans cette hiérarchie. Cela dit, il n'en s'offusquait pas : sa perméabilité aux arts ninjas devait le pénaliser. Dans ce pays, le souffle du vent ne se faisait pas le plus répandu. L'eau, la pluie, la brume, la neige... Cela lui rappelait que la verdure des plaines et des forêts lui manquait un peu. Mais comme lui dans ce pays, le vent était présent, de manière ténu par rapport aux autres éléments, mais il soufflait tout de même avec autant d'ardeur qu'il lui en était possible dans la danse des éléments naturels.

Pour se protéger de l'humidité, un chapeau n'était pas de trop. Bien qu'il ne pleuvait pas, les gouttes d'eau chutaient de manière cycliques, brisant la perpétuelle agonie du silence des lieux. Il y avait aussi des crapauds et d'autres membres de faune locale, mais ceux-ci se faisait discret. Il fallait être franc : les marécages du pays de l'eau était un lieu particulièrement glauque. Mais il pouvait se fournir en sauge et en verveine. Par contre, les feuilles de thés... Ces arbres poussaient mal dans cette zone du monde. C'était assez triste d'ailleurs, car malgré ses efforts, il n'avait pas vu de véritable progrès dans la croissance de ceux qu'il avait planté dans sa cour. Il faudrait sûrement plus de temps pour que ses pousses de théiers parviennent à lui fournir ce qu'il cherchait. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'à minima, il n'avait pas à s'inquiéter pour ce qui était de l'arrosage.

Cette remarque, qu'il se fit, alors qu'il ramassait d'autres plantes dan un panier tressé, c'était qu'il eut était plutôt intéressant de cultiver du riz. La topographie devait être une limite, cela dit. Ses réflexions furent soudainement interrompues par un bruissement qui n'était pas celui d'un animal sauvage. Laissant son panier à ses pieds, la main sur la garde, le samouraï se mit en garde, les sens en alerte, prêt à se défendre...
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Ven 25 Aoû 2017 - 17:54
Un applaudissement. Un deuxième. L’écho dans la brume. Sortant des fourrés, la tête légèrement baissée pour éviter la branche lourde qui se laissait écraser sous les gouttes de pluies, son sourire, large, était amusé. Manteau bleu, légèrement retroussé jusqu’aux coudes, ouvert pour laisser apercevoir son kimono à la ceinture blanche. Des bottes noires. Silencieux. Il se mouvait avec tranquillité et sérénité. Il ne dégageait aucune aura maléfique, sinon ce sourire quasiment malsain. Et ces applaudissements provocateurs. Il possédait un seul œil, tandis que l’autre était à la fois caché par un cache-œil mais aussi les cheveux tombants. De cet être se dégageait une confiance arrogante. Une confiance aveugle en ses propres capacités. Comme s’il savait déjà. Comme s’il anticipait. Malice. Sournoiserie. Son regard possédait cette vivacité tordue de l’esprit.

Là, dans ces Marécages, il aimait à s’isoler. Il aimait le calme. Il aimait la solitude. Loin du propre de la cité grandissante. Loin des Geôles aux trop nombreux murs. Ses jours entiers, il les passait là, remplissant ses fonctions, dans ces mornes journées. Alors, parfois, il s’échappait, il fuyait cette triste réalité et se rendait ici, là où il embrassait une solitude désirée. Loin du bruit. Loin des responsabilités. Loin des Yuki. Loin de Kiri. Loin. Alors, il s’asseyait là, contre un arbre. Souvent, il se mettait face à une étendue aqueuse et, durant un temps, oubliait le monde. Il se rappelait le passé. Il évoquait son futur. Il oubliait ce présent. Puis, parfois, une ombre passait. Ombre du passé. Ombre du présent. Dans les brumes, un être passait. Comme un fantôme. Un homme, ou une femme. Et, alors qu’il continuait d’applaudir, sortant lui-même des ténèbres, il observait l’inconscient qui s’aventurait là.

« Tu peux baisser ta garde, je ne serai pas ton ennemi. »

Il aurait pu ajouter de nombreuses répliques. Pourtant, il s’était tu. Il avait posé son regard sur cet homme et se questionnait. Il ne lui était pas réellement inconnu sans pouvoir se souvenir exactement à quelle période de sa vie il l’avait déjà vu. Peut-être une de ces ombres lointaines qui revenait hanter son présent, comme un fantôme longtemps mort, trop longtemps endormi. Souriant. Amical. Loin de cette image cruelle que certains pouvaient découvrir dans les couloirs sombres des Geôles, apaisé d’une méditation paisible et isolée, il était finalement sorti de sa cachette. Arrêtant finalement d’applaudir l’inconnu qui se présentait devant lui, il reprit la parole.

« Il t’aura fallu plus de dix minutes pour t’apercevoir de ma présence … Parce que je l’ai bien voulu. »

Car cela faisait plusieurs minutes qu’il suivait cet envahisseur. S’il n’était pas réellement sur son territoire propre, il avait pris l’habitude de se rendre régulièrement dans les Marécages. Il en avait fait un peu son habitat personnel, un endroit où il aimait se recueillir. Il s’éloignait de son existence et s’oubliait pendant plusieurs minutes. Mais l’importun avait fini par arriver. D’un pas nonchalant, il avait observé l’homme de loin. Longtemps. Plusieurs minutes pendant lesquelles l’autre n’avait rien soupçonné de sa présence. Puis, se lassant de cette observation passive, il fit un mouvement. Un autre. Moins silencieux. Forçant l’inconnu à s’interrompre. A mettre une main à sa lame.

« Ton visage ne m’est pas inconnu, sans que je puisse pour autant véritablement le situer à nouveau, étranger. »
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Ven 25 Aoû 2017 - 21:23
Ses doigts caressèrent le bout son pommeau, écoutant les paroles de l'esprit qui hantait les marécages autour de lui. Cette manière de rester dans l'ombre était facilement reconnaissable. A n'en pas douté, il s'agissait d'un fier - peut-être trop ? - shinobi. Probablement du même village que celui pour lequel il travaillait. Mais l'écho de cette voix évoquait en lui quelques souvenirs, fragments du passé. Même s'il n'avait pas encore identifié son propriétaire, ce n'était pas pour autant qu'elle ne lui était pas familière. Cette attitude coïncidait d'ailleurs à l'arrogance d'une personne qui, sous la réunion de l'impertinence et du talent des ombres, était de plus en plus identifiable. Impertinent comme à l'accoutumée, sa tentative de l'irriter ne fonctionna pas. En cela qu'il n'afficha rien d'autre que plus de méfiance. Son visage se fit plus tendu et amusé, mais aucune émotion ne filtra de son expression sibylline.

Sortant des ombres, l'individu confirma une bonne fois pour toute son souvenir. Il connaissait bine cet individu. Après tout, il était membre du clan Yuki. Et pas le plus insignifiant de leur famille. Amusé, le jeune samouraï pris son temps pour répondre à la déclaration de pacifisme de son adversaire. Quelle frayeur m'avez-vous fait là, camarade ! Son sourire et ses yeux en amandes se firent effilé comme l'acier. Il rentrait dans le jeu de l'arrogant ninja. Le mot de camarade était bien évidemment ironique... Tout du moins, le sonnerait-il pour un ninja. Mais pas pour un samouraï. Yuki Eiichiro et Hoshino Watari avaient été camarades, sur le champ de bataille. Pour qu'un shinobi sorte des ombres, quelle honneur. Ce doit véritablement être mon jour de chance. En cela, Eiichiro-sama, vous me voyez honoré. Il se permit un petit ricanement amusé en le gratifiant d'un respectueux hochement de tête.

S'il était effrayé, alors le jeune samouraï ne laissait rien à son interlocuteur pour s'en assurer. Au contraire... Même s'il semblait ne pas être insensible à l'insolence du Jônin, il semblait en tout cas suffisamment brave et capable d'impertinence pour ne pas se laisser intimider et répondre à cet homme qu'il savait pourtant bien plus fort que lui. Dix minutes que vous me suivez dans les ombres ? Peut-être êtes-vous intéressé par mon enseignement en mon dojo ? Auquel cas, cela serait un honneur de recevoir un individu aussi illustre que vous pour apprécier mon art... Il savait pertinemment qu'il risquait de nombreuses répliques à cette phrase qu'il savait déjà être qu'une vaste boutade : les shinobi appréciaient rarement les manieurs de lames... Alors un samouraï ? Mais peut-être était-ce finalement ici tout l'intérêt de ne pas se laisser impressionner. Le marais était mort et le voilà qu'une ombre de glace et de neige et qu'une lame de vent et de liberté semblaient prête à l'enflammer par une conversation étrange, à mi-chemin entre entre la rivalité froide et l'humour que deux vieux amis se permettraient.

Pourtant, amis, ils ne l'étaient pas. Et encore moins rivaux. De par ailleurs, je ne connais très peu de gens qui se targuent d'être résident quotidien de ce marécage. Il prit une pause avant de rajouter : Et peut-être notre vénérée shodaime mizukage, je ne connais personne qui apprécie la moiteur de ce marécage. Mais j'imagine qu'il faut accepter l'erreur. Nouveau silence, alors que sa posture se fait plus ouverte, mais pas moins méfiante. Je ne me formalise pas que vous m'ayez oublié. Les ninja, de mon expérience, ne respecte rarement ceux qui ne sont pas des leurs, de leurs clans, ou plus simplement, ceux qui n'ont pas leur force. Il lui sourit faiblement, avant d'ajouter : Nous avons pourtant lutté tout deux dans la campagne pour rapporter un semblant de paix et de stabilité dans ce pays, Yuki Eiichiro-sama.
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Jeu 31 Aoû 2017 - 17:30
Le visage ne lui était pas inconnu, sans pour autant qu’il puisse réellement retrouver un nom à mettre dessus. Ombre du passé, comme laissait l’entendre le spectre, le Yuki détaillait sa posture. Bien sûr, il avait repéré la lame. Pourtant, ceux-ci étaient tellement nombreux qu’il ne savait ni d’où, ni comment ils se connaissaient. Mais l’autre, lui, le reconnaissait et le connaissait encore. Ou était-ce uniquement sa réputation qui le précédait ? Aussi, d’un soupir, il restait droit, face à cet étranger à l’air, pourtant, familier. Puis, d’un sourire, plongeant la tête en arrière, d’un râle agacé, il passa une main sur son œil valide.

« Tu parles vraiment beaucoup trop. »

Eiichiro avait horreur des gens qui parlaient sans s’arrêter. Il en connaissait plus d’un qui ne pouvait pas s’arrêter. Comme s’il avait besoin d’entendre les profondeurs abyssales de leur esprit. Pourquoi personne n’allait, finalement, à l’essentiel ? Pourquoi fallait-il qu’il parle autant ? Alors qu’il sortait des tapis brumeux, qu’il s’étirait d’être resté si longtemps plié dans les fourrés, il observait l’inconnu.

« Explique-moi un peu pourquoi les manieurs d’épées, lames et outils, comme toi, ne cessent jamais de parler ? »

Il poussait déjà un soupir. D’agacement. Il était épuisé. A croire qu’au cours de sa vie, il ne rencontrait que rarement des gens qui ne savaient pas s’arrêter de parler. Comme si c’était une nécessité de sans parler. Comme s’ils avaient besoin de parler de leur vie. Comme s’il s’intéressait seulement à eux. Comment pouvait-on donc croire cela ? Avait-il donc la tête du confesseur alors qu’il portait son cache-œil ? Inspirait-il une telle confiance que les gens s’ouvrent ainsi à lui ? Ou peut-être étaient-ils seulement stupides.

Alors qu’il réfléchissait à cet étranger qui pénétrait son territoire, le Yuki se questionnait véritablement sur l’identité de son interlocuteur. Ils se connaissaient, selon ses dires. Mais, comme il semblait lui-même le souligner, le Jônin ne l’avait peut-être pas retenu en raison de sa faiblesse, d’autant qu’il ne semblait pas appartenir à un grand Clan, sinon, peut-être les Sabreurs. Pourtant, sa lame ne lui évoquait rien. Qui était-il donc ? Il laissait entendre qu’ils se connaissaient bel et bien et semblait même laisser dire que cela remontait à une époque instable où les Yuki marchèrent pour sécuriser l’Archipel.

« Nombre d’hommes ont lutté avec moi. Certains sont morts dans ces campagnes. Serais-tu l’un d’eux ? »
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Ven 1 Sep 2017 - 16:35
Ayant perdu son attitude provocante, son interlocuteur semblait cependant prêt à adopter de celui qui était atteint d'une vilaine migraine. Il haussa les épaules en entendant les réponses de son interlocuteur et se retint d'aller plus loin dans ses moqueries et donc de lui dire que c'était sûrement pour mieux le hanter. Yuki Eiichiro semblait être venu ici pour se ressourcer et le jeune samouraï n'était pas du genre à vouloir gâcher le besoin de recueillement des autres. Sa seconde question lui fit hausser un sourcil interrogateur. Il ne savait pas pour les autres utilisateurs d'armes de Kiri, mais il ne se pensait pas plus volubile que les autres. Et il ne pensait pas non plus les autres être plus volubiles que nécessaire. Les mots étaient bien plus souvent les stigmates de la paix que de celle des conflits, même si cela n'était pas pour autant une règle immuable, les mots terminaient bien moins souvent les vies que le tranchant d'une arme.

Nouveau soupir de la part de son interlocuteur. Combien en avait-il dénoté ? Ceux-ci semblaient s'accumuler en proportion de la ruine intérieure que lui semblait être le membre du clan du froid. Eh bien, eh bien... Vos mots en disent beaucoup plus sur vous, Eiichiro-sama. Mais quant à répondre à ces autres questions ? Qui sait ? Il se contentait de répondre le strict minimum désormais, mais son sourire se faisait bien plus impertinent encore. Il était étonnant de désirer à la fois le silence et des réponses, mais reconnaissant le caractère du personnage en cette seule contradiction, il savait que quoi qu'il dirait, celui-ci trouverait une solution pour s'en plaindre. A croire qu'il avait beaucoup trop de responsabilité pour ces épaules. Plutôt que de vous rendre au marais, c'est aux sources chaudes que vous auriez dû vous reposer.

Et cette phrase n'était pas sotte. Ce genre d'endroits étaient bien souvent du fait de leur température, des lieux où les gens laissaient partir le poids de leur quotidien tant de leur corps que de leur esprit. Mais j'imagine que pour un membre du clan Yuki, cela est peut être étrange. Des gens manipulant la neige, la glace et le froid, se baignant dans un bain très chaud ? Il se demandait vraiment si cela était quelque chose qui se faisaient, dans leur clan.
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Lun 4 Sep 2017 - 14:38
L’homme avait du répondant. Il devait bien le lui reconnaître, il avait encore de quoi lui répondre et le Yuki savait apprécier une telle personne. Il avait moins parlé, pour le grand plaisir du Jônin qui détestait simplement les longs palabres. Il finissait toujours par décrocher et son attention se perdait alors sur l’une ou l’autre réflexion qui traversait alors son esprit. Alors, il souriait. Non pas de méchanceté. Ni d’une gentillesse feinte. Il savait apprécier l’homme à la valeur de son commentaire. Bien sûr, il se trompait. Il prenait le Clan Yuki pour des hommes froids, incapables de la moindre once de chaleur.

« Le Clan Yuki sait apprécier les sources thermales, l’inconnu. »

Il garde le silence, ne sachant toujours pas situer cet homme au visage à la fois si étranger, mais si familier. Au ton de sa voix, il savait que ce dernier le connaissait d’une manière ou d’une autre. Même, il montrait les preuves d’un certain respect, ne devant pas dater des premières années du jeune homme. Alors, la question était encore plus entière. D’où se connaissaient-ils ? Eiichiro le savait, cela ne pouvait provenir que d’une époque, celle de la Grande Révolution, une époque où il avait mené des troupes, composées tantôt de Yuki, tantôt de Kaguya, tantôt de manieurs de lames en tout genre. Pour autant, il devait aussi le reconnaître, l’homme ne l’avait pas suffisamment marqué pour qu’il s’en souvienne des années plus tard. Peut-être que l’admiration était bel et bien à sens unique, finalement.

Alors qu’il s’avançait lentement vers son interlocuteur, gardant bientôt seulement une distance de trois pas entre eux, il souriait. Amusé. L’homme était étrange. Calme. Il dégageait cette tranquillité que peu d’hommes avaient. Comme s’il ne craignait absolument pas le Yuki. Alors qu’ils se connaissaient du passé, que peut-être même avait-il assisté à sa folie implacable lors d’un Raid, l’homme ne semblait pas le craindre. Bien sûr, il restait sur ses gardes. Mais il ne semblait pas encore prêt à se lancer à la gorge de son interlocuteur. Peut-être était-il un des rares personnages à se garder d’une telle humeur après les premiers mots du Yuki.

« Et que disent donc mes mots ? Que pouvez-vous me dire sur moi, esprit du passé ? »

Curieux, Eiichiro l’était. Alors, plissant son sourcil visible à la vue de l’homme, il vint s’asseoir tranquillement, face à l’eau qui coulait près d’eux. C’était un petit cours, lent, avec quelques poissons qui y vivaient paisiblement. Le plus souvent, il était facile de le traverser pour qui le voulait, sans être pris par un le faible courant. Croisant les jambes, il regrettait soudainement de ne pas avoir emporté quoi que ce soit à boire pour partager le verre avec un tel mystique personnage.

« Vous lisez aussi le vol des oiseaux et le mouvement des feuilles pour prédire votre avenir, Sorcier ? »

Il sourit. Une autre pointe d’ironie. Une autre attaque. Il tentait encore de le faire réagir. Il voulait voir si l’homme finirait par mordre à l’hameçon ou s’il se contenterait encore de cette passivité étrange.
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Mar 5 Sep 2017 - 11:57
Me voilà rassuré, mais toujours intrigué de votre présence en ces lieux. Il sourit, avant d'ajouter : Quant à vos mots et ce qu'ils me disent sur vous, ceux-ci me rappellent les maux de ceux qui sont las de leurs quotidiens au point de s'en exiler en ce lieu égaré, Eiichiro-sama. Le shinobi du clan ninja s'était installé près du cour d'eau à proximité. Il s'amusait beaucoup de l'attitude provocante de celui qui était, il le savait, l'un des plus influents des Yuki. Le silence s'installa doucement alors qu'ils faisaient face à l'étendue d'eau. Le calme qui était le sien et celui de la situation était telle que les oiseaux se permirent de revenir boire devant eux.

L'instant de silence se prolongea, mais le jeune samouraï, désormais en seiza, la lame en son fourreau à sa gauche, demanda alors : Vous ne vous souviendrez pas de moi. Je ne suis pas quelqu'un qui aime se faire remarquer. C'était vrai. Il n'aimait pas la notoriété et en tant que samouraï, il cherchait à s'éloigner autant que possible de la recherche de la gloire. Si celle-ci devait un jour être, tant mieux, mais il ne voulait pas être esclave de ce genre de volonté, qu'elle fusse de pouvoir, de grandeur ou de conquête. L'équilibre dans sa voie de guerrier était quelque chose qu'il cherchait à préserver du mieux qu'il pouvait. La voie du carnage n'était pas étrangère aux guerriers qui se perdaient et il connaissait des individus qui marchaient à cette lisière. Même s'il restait calme, cette pulsion de mort et de destruction l'avait toujours intimidé, aussi s'efforçait-il à ne jamais s'en approcher. Dommage que je n'amène pas de spiritueux lors de mes cueillettes. Nous semblons tout deux d'humeur à la spiritualité. Peut-être même que cela aurait pu vous aider à vous souvenir du passé. Il prit un air goguenard et avait ajouté : Et moi, à être plus avares en mots. Du sake, il en avait chez lui. Mais comme il venait de le dire, il se préservait aussi de l'alcool autant que possible, ne lui réservant une place dans sa vie que pour ce genre de moments de camaraderie. Sorcier, ne suis pas. Au pire, je pense pouvoir lire dans les mots des Hommes, au mieux je ne puis lire que dans les lames et dans les passes d'armes des guerriers.

Subtile manière de dire qu'il était un samouraï. Un sorcier ne possède pas de dojo. D'ailleurs, si un jour vous y passez, peut-être pourrions nous échanger quelques coupes. Je suis parvenu à obtenir quelques réserves du sake de mon pays natal. Un sake de samouraï. Celui-là même qui célébrait les alliances, le respect et les victoires.
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Mar 5 Sep 2017 - 13:36
L’étranger avait peut-être bel et bien le don de comprendre les mots. Car, las, il l’était. Las de Kiri. Las d’un quotidien morne. Las de cette fatigue insidieuse qui se glissait dans ses pensées. Las de la solitude. Las. Parfois, il se sentait même las de vivre. Comme si la vie n’avait plus rien à lui offrir de pétillant. Comme si l’excitation n’existait plus. Comme s’il ne vivrait plus ces frissons palpitants. C’était toujours après ces réflexions qu’il se sentait alors le plus seul. Le plus vide. Il se réfugiait là, loin de l’ambiance urbaine. Dans ces Marécages Brumeux, il se sentait en sécurité. Il se sentait à l’abri de ses noires pensées. Comme si, ici, la vie prenait encore un autre sens. Comme s’il pouvait oublier la morosité. Aussi, sans pour autant l’affirmer hautement de sa voix, il hocha de la tête, un fin sourire se dessinant sur son visage. Peut-être l’étranger avait-il raison.

« Que cherchez-vous, alors ? »

En ce lieu, les deux hommes semblaient d’une humeur mystique. Alors que les brumes s’étalaient encore, que les lieux se recouvraient de ce manteau étrange d’une sérénité dévorante, ils parlaient. Comme s’ils étaient hors du temps. Comme s’ils n’étaient pas en ces lieux. L’un et l’autre n’étaient pas des étrangers. Mais un passé qui se retrouvait. Une rencontre différente. Car l’homme ne réagissait à aucune insulte. Il continuait à parler. Ce qui, parfois, crispait le Yuki. Il détestait parler en réalité. Trop de discours tuaient l’action avant même qu’elle n’arrive à son terme. Alors, les jambes croisées, le dos légèrement voûté en avant, il contemplait la surface aqueuse devant lui.

« Je n’aime pas me souvenir du passé, étranger. Mes nuits me le rappellent déjà bien assez. »

Son ton était sec alors qu’il se remémorait quelques souvenirs de cette époque de la Grande Révolution. Ou, bientôt, son œil laissait se souvenir d’une autre époque où, plus jeune, il pouvait encore jouer. Une autre époque. Un autre souvenir. La charge. L’assaut. Les cris. Les râles. Il se souvenait toujours. Et il était là, l’œil manquant, dans une vie où tous les jours se ressemblaient. Où chaque semaine était identique. Cette vie qu’il avait toujours haï, il la vivait maintenant au quotidien. Parfois, il craignait alors de devenir fou. De perdre la tête. Que cette lassitude lui donne seulement l’envie de mettre fin à ces jours. Comment les gens faisaient pour vivre de ces habitudes ?

« Que ferions-nous de cet échange de coupes ? Vous nous pensez donc ami au point que je me présenterais chez vous autour d’un Saké ? »
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Mar 5 Sep 2017 - 16:18
Ici ? Des herbes sauvages pour concocter mes infusions. Les feuilles de théiers sont compliqués à cultiver à Kiri. Le jeune homme s'interrompit pour faire un petit sourire entendu. Il n'ignorait pas cette question avec un sous-texte bien plus profond et bien moins futile que celui qu'il venait de répondre. Mais il fallait d'abord s'accommoder des futilités pour pouvoir apprécier ce qui n'en était pas. Tout comme il fallait expérimenter l'absence d'un quotidien stable pour apprendre à chérir les jours paisibles. Sinon, à surmonter demain et me dépasser aujourd'hui. Il hocha légèrement de la tête. L'endroit semblait effectivement tendre l'atmosphère à plus de contemplation et de confessions.

Même si en l’occurrence, le jeune samouraï n'avait jamais rien eu à cacher sur ses origines, ses rêves, son passé, son instant présent, les limites de demain ou la course d'hier. Lame d'un homme, homme de lame. En ces marais, c'était d'autant plus vrai. Vivre par la lame était la seule chose qu'on lui ai jamais enseigné et demandé. Encore aujourd'hui, il ne savait pas dépasser cet horizon indépassable dans sa vie. C'était un appel lointain qui ne se satisfaisait pas de l'harmonie et du zen. Le besoin du conflit pour entretenir un brasier et le faire croître. Il ne fallait pas répondre à l'appel de la flamme dévorante. Faire brûler la flamme de sa détermination était une chose. Céder à l'incendie était une voie de passion qui finissait par dévorer les Hommes.

Vos nuits sont troublées ? Certains s'en étonneraient beaucoup. Même si cela ne me surprend pas. A nouveau, il hocha doucement. Depuis qu'ils s'étaient installer, son ton s'était fait plus calme et ténu. Il comprenait que l'homme à ses côtés se contentait du peu de mots et plus la conversation allait, plus il était évident pour le samouraï que son interlocuteur était le réceptacle du trouble et de la perdition. Il l'avait déjà vu se battre. Il savait que pour de nombreuses personnes, il fut l'instigateur d'un décès prompt et sans pitié. Mais de là à croire qu'il le regrettait... Il ne pouvait dire avec certitude l'origine du trouble. Il lui faudrait plus d'informations. Le passé est toujours derrière nous. Nous ne pourrons plus rien faire, car la race des Hommes n'est pas de ceux qui peuvent trancher le fil de la destinée. Une telle lame, si elle eut exister, aurait provoqué une grande éruption d'ambitions. Même lui aurait souhaiter une lame capable de défaire l’œuvre des kamis... Ainsi... Sauf à trouver une manière de trancher l’œuvre de la Providence, nous n'aurons que le choix d'affronter demain. Mais ce qui importe, ce n'est pas cette fatalité, mais la manière dont on perçoit celle-ci.

A nouveau, il laissa le silence s'installer. C'était une manière pour lui de laisser du répit au ninja du clan Yuki. De l'autre, il pouvait prendre le temps qu'il estimait nécessaire pour choisir ses mots. Après tout, il avait raison : étaient-ils amis ? Mais est-ce que cela comptait vraiment ? Pour Watari, les seuls auquel il refusait son hospitalité était ceux qu'il considérait comme sans honneur. Certes, pour lui, les Shinobi n'étaient pas bien nombreux à posséder ce joyau de l'âme que les samouraï passaient leur vie à polir en eux. Mais il respectait au moins cette réalité : leurs valeurs n'étaient pas les mêmes, mais ils se battaient pour celles-ci.

Faut-il une raison ou un certain quantum de temps pour apprécier une coupe de saké avec un autre ? L'important est plutôt de savoir de qui vous appréciez la compagnie et ce que cette compagnie vous apporte. Il lui sourit avec un regard amusé. Son regard perçant se faisait toujours aussi rusé à ces mots. Il se fichait qu'on le considère comme un ami, il proposait juste sa présence et faisait don de celle-ci à ceux dont la compagnie ne lui était pas désagréable. Sur ce point, il était un homme relativement simple.
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Mer 6 Sep 2017 - 9:19
L’inconnu lui paraissait étrange. Comme s’il parlait à une ombre du passé. Comme s’il n’était pas là. Il parlait de façon si mystérieuse que, parfois, le sang tambourinait l’esprit du Yuki. En réalité, il se mettait à le détester. Trop passif. Trop lucide. Peut-être même était-il trop parfait, d’une certaine manière. Comme si rien ne pouvait l’atteindre. Comme si, finalement, il n’était même plus réellement de ce monde. Peut-être était-ce réellement le cas. Peut-être que celui-là, à qui il parlait, n’était que son esprit qui lui jouait ce tour étrange de lui rappeler son passé trop violemment. Balançant légèrement la tête en arrière, l’œil fermé, il repensait encore à cet étrange passé, sans savoir d’où venait l’inconnu qui, finalement, le connaissait. Ou était-ce là le fourbe piège de son esprit ?

« Toutes les nuits sont troubles pour l’homme qui a connu la guerre. »

L’homme parlait mystiquement. Il lui rappelait maintenant les vieux fous. Ceux laissés à l’abandon. Ceux qui, dans la rue, parlaient souvent seuls. Ceux qui, si vous tendiez l’oreille, parlaient exactement comme lui. Pourtant, Eiichiro se faisait la réflexion, il ne semblait pas encore à cet âge où la folie devient votre amie. Peut-être était-ce seulement un errant. Quelqu’un qui s’était perdu dans les Marécages Brumeux si longtemps que les effluves lui étaient montées au cerveau. Peut-être, finalement, avait-il depuis longtemps perdu la tête. Etrangement, ce raisonnement plaisait au Jônin qui se lassait de cette bien étrange compagnie. En réalité, l’homme parlait toujours beaucoup. Trop, même. Et toujours de cette façon si particulière que le Yuki décrochait régulièrement de ses dires. Il ne comprenait pas vraiment ce qu’il disait et, finalement, il oubliait ce qu’il racontait. Sûrement un autre commentaire sur la vie. Ou un autre truc qu’il ne comprendrait de toute façon pas. Il lui rappelait, aussi, ces vieux tuteurs qui parlaient durant des heures. Des personnages qui semblaient avoir la connaissance absolue et aimaient alors l’étaler.

Alors que l’homme avait continué encore à parler, sans réellement remarquer l’inattention de son interlocuteur, ce dernier reprit un peu le fil de ses mots. Où, maintenant, il discutait de la bonne compagnie, de ce qu’elle apporte, lorsque l’on boit une coupe. L’œil fermé, comme s’il était prêt à s’endormir, sans pourtant en montrer les autres signes, Eiichiro laissa entendre un autre de ses soupirs. Juste l’ennui qui le gagnait. Comment un homme pouvait endormir aussi facilement ? Comment pouvait-on réellement se montrer intéressant ? Ne se battait-il jamais ? Ne se vexait-il donc jamais ? Était-il semblable à une coquille vide et sans substance ? Car, parler, il savait le faire. Mais le Yuki n’avait jamais été bon pour les longs discours, les discussions sans fin. Préférant toujours l’action, il cherchait de plus en plus souvent cette unique excitation. Bien loin de la mysticité du personnage qui lui adressait tant la parole. Comme si ce dernier se plaisait dans cette simplicité. Comme s’il ne désirait pas ressentir le grand frisson. Comment pouvait-on se satisfaire de la morosité ?

« Je n’apprécie pas boire en présence d’inconnus. La guerre m’a appris qu’un ennemi est toujours plus proche qu’on ne le pense. »
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Mer 6 Sep 2017 - 14:48
La guerre forge autant qu'elle meurtrie. En l’occurrence, elle vous a meurtrie. Là aussi, ça ne l'étonnait pas réellement. Se battre sans raisons, sans véritable convictions, y avait-il meilleure manière d’ébrécher une lame ? Watari ne regrettait pas une seule bataille, pas un seul combat. Mais leur situation était bien différente : il ne dirigeait jamais les Hommes et n'avait encore jamais eu à le faire. Peut-être serait-il dans cette position si un jour, il avait à diriger une escadre et que celle-ci mourrait à cause d'une faute tactique. Peut-être ne dormirait-il plus... Mais en fait, le jeune homme ne regrettait pratiquement jamais ses actions. Il les faisait au nom de ses valeurs, de son code d'honneur. C'est pourquoi il savait que chaque goutte de sang versé était une goutte de sang qu'il avait jugé nécessaire.

Que souhaitez-vous, aujourd'hui, Eiichiro-sama ?

Pour dire vrai, le jeune samouraï avait une vague idée de ce que son interlocuteur souhaitait. Dévorer par les démons et la méfiance, c'était la paix et le repos auquel l'homme aspirait probablement et ce, à son propre insu. Paix, repos, liberté. Être libéré du poids des conventions et des responsabilités qui semblaient le prostré dans ce qu'il pouvait être de pire.
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Mar 12 Sep 2017 - 16:28
Il avait haussé les épaules à la question de son camarade. Honnêtement, il ne savait plus lui-même ce qu’il voulait. Le temps faisait lentement son œuvre sur le moral du Yuki. Car la jeunesse n’était plus là. Dépassant la trentaine d’années, il savait qu’il ne pouvait plus être considéré comme un jeune homme. Epuisé par les récents événements, il avait surtout l’impression d’en être même dépassé. Comme Hideyoshi avant lui, il comprenait mieux son inaction face aux événements du monde. Alors, il termina par un autre soupir. Encore un. Pour marquer l’ennui qui finissait toujours par le gagner durant ces journées. L’ennui d’un travail qu’il n’aimait pas. L’ennui d’une société qu’il n’aimait pas. L’ennui de vivre une vie qu’il n’aimait pas. Finalement, alors qu’il penchait sa tête en arrière, en pleine réflexion rétrospective, il regardait de son œil le fantôme du passé.

« Je ne sais pas moi-même. Peut-être une autre vie. Celle-ci m’ennuie. Et plus les jours passent, plus la lassitude me gagne. »

Il sourit. Non pas méchamment. Mais d’un sourire apaisé. Comme s’il était déjà « fait » à cette vie. Celle qu’il avait toujours fui. Celle qu’il n’avait jamais voulu vivre. Il la vivait pleinement. Il était ce Chef de Clan qu’il n’avait jamais désiré. Il était ce Directeur qu’il ne voulait pas être. Pourquoi faisait-il tout cela ? Où était son bien-être ? Il s’occupait de son Clan pour eux, et non pour lui. Il s’occupait des Geôles pour Kiri, non pour lui. Il était où ? Fermant l’œil, il regrettait finalement le temps où Kiri n’existait pas. Où la guerre n’existait pas.

« J’aurais aimé un autre monde. »
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Ven 15 Sep 2017 - 0:00
Il contempla les reflets de l'eau. Des libellules volaient doucement et silencieusement dans ce marais. Son camarade de guerre semblait être torturé par des sentiments contraire qu'il retenait, encore et encore. Dans cette lutte insondable qui faisait de lui un être inexpressif, comme glacé de l'intérieur, il savait que la confusion et la perdition régnait en maître. Au contraire de Watari, qui depuis toujours, faisait ce que lui voulait en son for intérieur, il avait l'impression que le chef du clan Yuki était désormais prisonnier de son propre clan, de son propre rôle. Il ne savait plus apprécier ce qui pouvait l'être. Et c'est sûrement pourquoi celui-ci aujourd'hui arborait ce regard ruiné, vidé.

Que feriez-vous alors, dans cet autre monde ? Si vous deviez fermer les yeux, là maintenant, pour l'apercevoir, que voudriez-vous y voir ?

Son camarade de guerre allait-il, en cet instant, se laisser aller à la rêverie? Allait-il baisser cette garde qu'il élevait envers et contre tous, à chaque instant de sa vie ? Il avait fermer les yeux. Peut-être l'apercevrait-il. Pas si éloigné de sa portée. Mais son cœur si froid était-il encore capable d'imaginer le fruit de ses désirs ? Il avait l'impression de retrouver face à lui un cadavre en devenir. Et il souhaitait pourtant de tout son cœur parvenir à le faire partir de cet appel lointain qu'était celui du purgatoire et de la réincarnation, du domaine de la déesse putréfiée parmi les kami.

Si vous parvenez à le voir, alors, peut-être mon ami, je dis bien peut-être... Il est encore temps pour vous de changer votre vie.
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Jeu 21 Sep 2017 - 0:41
Là, dans les marécages, il poussait un doux soupir. Il appréciait la compagnie du jeune homme, aussi étrangement qu’il n’arrivait toujours pas à identifier d’où il le connaissait. Il savait qu’ils venaient d’un passé commun. Cette façon qu’il avait de parler de la guerre. Cette façon de le connaître. Il lui était étrangement familier et pourtant si familièrement étranger. Soupirant, il se relevait lentement, s’appuyant sur ses jambes fatiguées. Fermant un instant le regard comme l’autre lui demandait, il souriait doucement.

« Je vois seulement un autre monde, sans toute cette désolation, sans cette tristesse. »

Haussant les épaules, il se tourna vers le jeune inconnu. Passant une main sur son œil valide, il s’étira lentement mais sûrement.

« J’accepterai votre thé. »

Puis, hochant de la tête, tranquillement, il s’en allait, posant les mains dans ses poches. Encore intrigué du mystérieux personnage. Il devait encore tellement faire sur cette trop courte journée. De trop. Et pas assez de temps. Il détestait cette misérable vie qui, maintenant, le maintenait constamment dans cet état de fatigue. Devait-il seulement abandonner ? Prendre le temps de se poser ? Poussant un soupir, il réfléchissait encore à ce qu’il venait de se dire.
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Ven 22 Sep 2017 - 0:30
Ainsi partait-il, à tout le moins, beaucoup plus calme et moins agressif que quand il l'avait interpellé. Il ne se doutait pas qu'en le laissant partir, des jours viendraient où il redouterait d'avoir laissé cet homme partir seul vers sa damnation, qu'il paierait du prix de la vue. Lui qui venait d'apprendre à fermer son regard pour mieux s'écouter, il n'aurait bientôt plus ce choix. Néanmoins, en cet instant, il savourait de lui avoir fait ressentir un simple sourire.

Et s'il devait lui préparer un thé ou même une infusion, il fallait pour cela encore qu'il poursuive sa tâche d'origine au sein de ce marais, à savoir recueillir tout ce qui pourrait être nécessaire pour pouvoir recevoir ses hôtes, qui, bien qu'il ne le savait pas, seraient de plus en plus nombreux...

Spoiler:
 
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Au coeur des Marais Ft. Yuki Eiichiro

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