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philosophie guerrière (saji)

Kagemori Nahoko
Kagemori Nahoko

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Mar 14 Juil 2020 - 18:41
Depuis l'aurore, ses doutes persistaient. Le questionnement intense et interminable d'une jeune combattante à l'aube-même de sa croissance. Elle n'avait commencé à s'entraîner qu'il y a quelques années, et n'était pas présente à Kiri depuis si longtemps que ça—son carnet d'adresse était presque vierge, à l'instar de son rideau de compétences. S'il ne s'agissait que tenir une épée comme une statue à l'abandon, elle aurait probablement excellé dans cet art, encore qu'entretenir le silence l'aurait sûrement rendue folle ; mais un combat, à mesure qu'elle se voyait agir avec une déprimante maladresse, lui semblait impensable. Pourtant, si Nahoko n'était pas vraiment douée, le goût de l'effort suffisait à combler de pareilles lacunes—du moins, elle continuait de l'espérer au fil des semaines.

Des semaines.
Des mois, jusqu'aux années, alors que son niveau stagnait.
Depuis que son père avait mit fin à son entraînement, alors qu'elle avait maîtrisé les bases de l'art enseigné, elle se questionnait sur son propre avenir jusqu'à démocratiser cet injuste scepticisme. Pour elle qui s'était gorgée d'espoirs, pour elle que la motivation submergeait, quel avenir ? Pour elle qui n'était que Genin, pour celle dont la main tremblait, une fois la manche d'une lame saisie, face à la stagnation d'une force à laquelle elle voulait tant donner sens ; fallait-il vraiment y croire ? La fulgurante ascension de certains la réjouissait autant qu'en naissait l'envie ; et si ces exponentielles progressions la faisaient parfois rêver, son esprit s'en voyait tourmenté.

Indigne d'héritage, de porter le poids de sa propre détermination,
Lâche incapable, désireuse de retourner à sa vie tant choyée.

D'un sang-froid exemplaire dont elle ne perdait rarement la mesure, Nahoko se sentait éloignée ; et à quelques pas seulement du Grand Dojo dont elle mesurait, comme chaque jour, l'impressionnante immensité, elle marqua une brève pause. Ne te crispe pas, détends tes doigts lui disait son père—d'élégance comme de souplesse, les techniques samouraï n'allaient pas de paire avec une poigne trop rigide. Ses fins doigts, comme la frêle silhouette d'une demoiselle en pleine croissance, s'y prêtaient parfaitement. Avec sa corpulence, certains doutaient de la force qu'elle pouvait bien déployer, d'autres la pensaient incapable de la moindre performance physique. En dépit de tels préjugés, Nahoko n'était pas faible : sa confiance vacillait, à l'occasion de quelques sombres jours, mais elle se savait incapable d'abandonner ses principes.

La voie du sabre. La voie empruntée par son père.
La voie qui, désormais, serait la sienne.

Il n'était pas question de s'arrêter, car tout ne faisait que commencer.

D'un pas autrement plus décidé, le regard limpide, exempte des doutes qui en parasitaient l'allure quelques instants plus tôt, Nahoko franchit le seuil du Grand Dojo. Son corps détendu par le coup d'état de ses immuables certitudes, régissant son état d'esprit actuel vers un indéfectible optimisme, ses pas la guidèrent vers l'espace plus tranquille où elle avait l'habitude d'entraîner ses enchaînements. Lunaire, jusqu'à laisser son attention se détourner des alentours, elle ne remarqua que tardivement la silhouette dont elle s'était imprudemment approchée, marquant un vif pas en arrière pour s'en écarter. Quelle idiote. D'embarras, ses yeux se détournèrent aux quatre vents, cherchant un point d'accroche qui la soustraite au malaise qu'elle était certaine d'avoir installé—cette personne, après tout, n'était pas n'importe qui.

Mizukage-sama. Que...l honneur de vous voir ici.

Non, décidément, que faites-vous ici n'était pas la question à poser. Lâchement tourné vers ses chaussures, son regard osa enfin—non sans une brève courbette—croiser celui de l'homme dont elle admira silencieusement la prestance. Des plus puissants guerriers du monde, la force savait se reconnaître d'un regard : Nobuatsu Sanji était de ceux-là. Parallèlement à cette fonction, il coupait le poste de chef d'un clan qui, elle devait l'admettre, captait son intérêt. Les sabreurs étaient tous redoutables, et la singularité de leurs armes n'avait d'égal que leur adresse—si l'un d'eux couplait pareille dextérité aux arts samouraï, Nahoko n'osait imaginer le résultat final.

J'aurais souhaité vous préparer un thé, mais je crains de n'emporter que ce sabre lorsque je viens au dojo !

Un sourire marqua le terme de cette brève tirade, imprégnée d'un humour léger : si elle ne manquait pas d'aise avec autrui, le chef de village n'était pas quelqu'un avec qui la familiarité semblait naturelle—et elle passait d'un pied à l'autre, incapable de pousser sa réflexion plus loin que quelques plaisanteries. Perdue, intimidée, l'entraînement lui manquait déjà ; mais en un sens, elle avait le sentiment d'une discussion avec une telle pointure serait encore plus bénéfique à son apprentissage.
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Nobuatsu Saji
Nobuatsu Saji

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Sam 1 Aoû 2020 - 11:37
Le Grand Dojo était le sanctuaire où l’on cultivait autant le corps que l’esprit. Le maître des lieux avait dispensé sa philosophie à l’école des Sabreurs, où des apprentis venaient chaque jour recevoir les enseignements des techniques ancestrales du kenjutsu de la Brume, le Kiri-Ryû. Parmi les principes à retenir, l’oisiveté et la complaisance étaient les pires écueils de l’épéiste. Il s’efforçait chaque jour et chaque nuit à s’instruire en lisant des poèmes philosophiques sur la voie de l’épée, mais aussi des traités de vertu édifiés par les samouraïs de Tetsu. Les arbres en fleurs de la cour extérieure du domaine des Sabreurs balançaient sous l’effet du zéphyr d’été, il n’était pas de moment meilleur pour méditer en contemplant la nature.

Des visages nouveaux, des visages familiers. Le chef de clan salua d’un hochement de tête les disciples de son domaine, où il était considéré comme le plus vénérable, alors qu’à l’intérieur tant qu’à l’extérieur il maintenant une attitude impénétrable, ni d’humilité ni de suffisance, il acceptait le rôle qui lui était donné et jouait la partition qu’on lui avait confiée. Ses pas foulèrent le corridor donnant sur les salles d’entraînement du bâtiment principal, où souvent il pouvait croiser des personnes pratiquant leurs katas sur des mannequins de bois ou bien se livrant à des simulations de combat. Son détour fut tantôt arrêté lorsque dans l’angle du couloir où une silhouette d’une bretteuse — à en juger l’épée qu’elle portait à la ceinture, se trouvant sur le passage.

Celle-ci semblait gênée de cette rencontre fortuite, il la voit faire un pas en arrière puis avec une voix incertaine et une révérence pour respecter l’étiquette, elle exprime oralement son honneur de se retrouver en la présence du Mizukage. Ce dernier se hâta de lui demander de se relever, s’interrogeant sur l’identité de cette genin qu’il pensait rencontrer pour la première fois. A moins qu’il ne se souvienne pas d’avoir épluché son dossier.

Il vaut mieux cela que d’oublier ton épée à l’entraînement, n’est-ce pas? Un épéiste sans son épée n’est pas plus dangereux qu’un homme sans entraînement. C’est pour cela que le désarmement fait partie des techniques que l’on enseigne, afin de neutraliser rapidement un adversaire armé.

Son oeil entraîné à reconnaître l’artisanat derrière chaque épée lui permit de déduire que l’arme à la ceinture de son interlocutrice n’était pas de l’Archipel mais d’ailleurs. En tant que fils de forgeron, il avait une certaine expertise des nihonto et pouvait parfois désarçonner par sa capacité à discerner avec acuité les épées en dépit de leur apparente similitude. Mais il était toujours possible d’admettre une marge d’erreur et que sa perception des lames ne se soit érodée avec le temps, son temps à travailler derrière son bureau de chef de village au lieu de se consacrer à l’entraînement.

Tu n’es pas de Mizu, n’est-ce pas? Comme tous les autres épéistes, tu viens à Kiri dans l’optique de devenir un Sabreur, ou de te mesurer à eux?

Les raisons les plus évidentes pour venir s’entraîner au Grand Dojo, au point qu’elles en sont devenu des lieux communs. Peut-être que celle-ci était différente.

Spoiler:
 

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