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The Last Dance - L'Héritage

Meikyû Raizen
Meikyû Raizen

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Lun 27 Juil 2020 - 5:24

Venant tout juste d’être tenu au courant qu’il allait devoir aller à Kaze, Raizen eut un léger rire en coin. On lui avait reproché d’avoir passé toute sa vie à l’étranger et voilà qu’il répétait ses actions de nouveau. Retournant à ses mauvaises habitudes, le poids des décisions n’était pas toujours facile à assumer. Derrière la face héroïque que certains percevaient se trouvait un individu ayant ses forces, ses faiblesses, mais aussi ses limites. Ne pouvant s’empêcher de vouloir contribuer et aider là où il le pouvait, il se retrouvait de nouveau dans ce genre de situations ou son corps transportait sa personne, son âme et son esprit.

Parcourant la forêt en étant accompagné de d’autres Kumojines, il menait la charge, sortant de son village pour la première fois dans son rôle de Kage. Pourtant, il avait pris certaines précautions…

En effet, une nuit alors qu’il avait du mal à dormir, il s’était surpris à réfléchir à son parcours. Se souvenant son ascension jusqu’au fameux rôle de Héros de Kaze, il se remémorait l’ivresse qui avait traversé ses sens lorsqu’il avait frôlé la mort pour la première fois. N’ayant rien à perdre, il n’avait jamais reculé devant le danger. À aucun moment, il n’avait courbé la tête, compensant sa faiblesse notable par quelque chose de plus intangible, mais de tout aussi utile : son intellect. Si plusieurs lui reprochaient de trop penser, d’être relativement complexe, pas assez précis, pas assez direct, c’était pourtant la base même de son code génétique. C’était ce qui avait formé sa personne.

Ainsi, alors que d’autres s’étaient occupés d'affaiblir Mamushi, il s’était donné la peine de collecter des renseignements pour mieux comprendre. Tranquillement, il avait cumulé de nombreuses informations, récupérant les nombreuses pièces d’un casse-tête qui expliquait la complexité de ce monde.

Particulier par sa logique assez illogique, Raizen en avait conclu que le Yuukan était manifestement très intéressant… Imprévisible grâce aux nombreux habitants qui y vivaient, c’était ce qui faisait le charme de l’endroit, mais aussi ce qui le rendait relativement aussi dangereux que stupide.

Devant un tel chaos, les chances qui s’offraient à lui étaient relativement minimes, voire même particulières. Il pouvait accepter d’éviter le chaos , de le combattre ou tout simplement de s’en protéger. Or, contrairement aux attentes, il avait constamment décidé de plonger tête première. C’était ce que son intellect, son coeur et sa raison lui avaient toujours dicté.

Fonctionnant toutes à un rythme et une cadence particulière, les vibrations qui connotaient sa personne étaient relativement alignées. Pourtant, quelque chose clochait, comme s’il inhibait sa propre personne, son propre potentiel…

L’électron libre ou plutôt l’être égoïste qu’il était était-il réellement fait pour voir son champ d’action être limité par une structure ou une hiérarchie précise ? En assumant son rôle, il savait pertinemment dans quoi il s’embarquait. Il connaissait le poids que représentait le fait de porter l’emblème d’une nation. Du moins, c'est ce qu'il croyait. Ayant jadis terrassé l’adversité et dominée par sa force, Kumo avait su s’établir, mais avait aussi commis des erreurs. Représentant dorénavant une pâle copie de leur force d’antan, la pente était élevée et elle ne venait pas sans obstacle.

Qu’il le veuille ou non, à travers ce que plusieurs avaient catégorisé d’utopie, il avait compris plusieurs choses. Posant dès lors le constat que rien ni personne n’éprouvait la moindre compassion par rapport à la faiblesse, il se surprenait à comprendre de plus en plus Metaru Reiko, celle qu’il avait jadis maudite de tout son coeur au point de développer une série de technique ayant pour objectif de mettre un terme à sa vie…

Force de conviction, plus il y pensait, plus il avait l’impression étrange qu’il n’avait jamais connu le personnage. Ceci dit, rien n’excusait ses erreurs et la gravité des actions qu’elle avait posées. Pourtant, derrière cette façade, était-elle réellement celle sur qui nombreux avaient déposés un certain blâme ? Avait-elle compris avant lui qu’en négociation il était plus pertinent de se reposer sur sa force et d’intimider qu’être l’intimidé… ?

Songeant aux nombreuses discussions qu’il avait eues sur le sujet, Reiko était connue et perçue comme étant une véritable stratège de guerre. Était-ce donc pour cela qu’elle n’avait en aucun cas hésité à menacer d’autres pays quitte à étaler l’envergure de sa puissance aux yeux de tous… ?

Songeur, Raizen remettait plusieurs éléments en question et voyait possiblement ce que Sazuka avait vu chez Reiko. D’une certaine manière, les deux femmes étaient dotées d’une fougue et d’une force d’esprit qui imposait le respect quitte à en rendre certains rigides. Quant à lui, il se situait sur un axe charismatique complètement différent. Divergeant sous de multiples angles, bien qu’il était perçu comme un diplomate, il était avant tout un visionnaire. C’était probablement là d’où venait toute la différence. Bien qu’il pouvait faire suivre ses actions, personne n’avait le temps de peser les pour et les contres. Au final, l’attention était souvent attribuée à ce qui plaisait véritablement aux gens, ce qui arrangeait leurs propres schèmes de pensées.

Bien que visionnaire, il n’était pas suffisamment utopiste pour croire que les gens remettaient en cause et considération leurs schèmes de pensées et c’était là toute la problématique. Dans ce chaos absolu, tous se donnaient le droit de croire et de penser certaines choses. Pourtant, ce qui faisait plier ou pencher la balance d’un sens plutôt que de l’autre était la force, les éléments tangibles qui du jour au lendemain pouvaient faire pencher la balance…

Au regard de ces nombreux constats était-ce ce qui lui mettait une pression soudaine ? Le fait d’occuper un tel rôle allait-il le forcer à devoir changer pour protéger sa philosophie et sa vision des choses ? Était-ce ce portrait que déployaient les autres têtes dirigeantes , des façades qui masquaient autre chose ? À bien y penser, ce n’était surement pas le cas au regard de leurs profils respectifs…

Pourtant, même en l’absence de conclusions, il ne pouvait s’empêcher de ressentir un certain poids sur ses épaules, comprenant de plus en plus Sazuka… Devant ce que plusieurs avaient perçu comme de l’incertitude se cachaient de réels questionnements. Or, personne ne s’amusait à remettre en question le fonctionnement de sa personne ou des choses. Du moins, personne ne le faisait publiquement. Autrement, c’était perçu comme une faille, quelque chose qui serait plus tard pointé du doigt, encore et encore…

L’acharnement ne connaissant aucune limite, aucune barrière. Bien qu’elle lui laissait un goût fortement amer, elle servait probablement à nourrir le cycle vicieux qui nourrissait les racines même de ce monde. En l’absence d’un cadre, les plus forts chantaient, dansaient tandis que les plus faibles peinaient à se sortir de leur situation. Bien qu’ils se démarquaient généralement d’une manière ou d’une autre, en dehors d’un concours de circonstances, le cycle se poursuivait jusqu’à ce qu’un événement brise ce cycle et vienne redistribuer les cartes. Dès lors, l’intimidé devenait l’oppresseur et l’inverse n’était que plus réel ce qui contribuait à nourrir cette nuisance qui alimentait la nature des gens...

Était-ce pour ce genre de motifs que cet homme désirait porter une sentence sur ce monde ? Le côté permissif que certains se donnaient la peine de porter au regard de leur situation collective ?

À bien s’entendre penser, il ne serait pas surpris de voir sa vision être drastiquement radicalisée dans les mois voire jours à venir. Comme si la force du cercle vicieux dans lequel ils étaient tous coincés avait un impact allant au-delà de son écosystème. C'était comme si elle trouvait constamment un moyen de véhiculer et d’imposer son idéologie à travers des normes silencieuses qui abritaient l’esprit de plusieurs. Au final, se radicaliser ferait-il de lui un simple mouton au même titre que ceux qui ne remettaient rien en question ? Alors qu'il se croyait si différent, n'était-il pas un mouton noir qui croyait révolutionner les choses alors qu’il suivait simplement un courant divergent créant une certaine dissonance par rapport à la société ?

Faisant graviter ses réflexions sur un autre axe, Raizen en était même à se demander si la force accordait le pouvoir ou si c’était plutôt le pouvoir qui accordait la force. Qu’en était-il de l’influence dans tout cela? L’influence pouvait-elle acheter le pouvoir ou la force ou dépendait-elle justement de ces autres variables ?

Marquant une pause, il s’arrêta dans ses pensées alors qu’il surprenait son corps à réagir de manière plus agitée qu’accoutumée… Sentant qu’il était sur une longueur d’onde distincte qu’en temps normal, il comprenait dorénavant un peu mieux l’ancêtre de la guerre qui résidait en lui, comme si tout cela avait allumé une flamme qui était éteinte. Silencieuse et sinistre, il lui arrivait de manifester ce trait de temps à autre, lorsque l’occasion s’y prêtait. Pourtant, il avait la sensation qu’elle le nourrissait plus que d’habitude…

Ainsi, pour une fois, il décida de cesser de réfléchir. Après tout, Raizen avait pris le temps d’écrire ses dernières volontés, scellées calmement dans son bureau si jamais quelque chose lui arrivait, car au final, il connaissait déjà les réponses à ses questions et voulait s'assurer que Kumo n'ait aucun problème pour la suite.

Ainsi, pour savoir, il n’y avait qu’un seul moyen de le découvrir : accepter les risques qu’encombrait la découverte. Si c’était ce qui lui permettait d’évoluer, alors il espérait que les résultats soient fructueux. Dans tous les cas, il repartirait la conscience tranquille, un peu comme son père qui avait jadis sacrifié sa vie pour propulser son idéologie à son maximum…

Pendant un certain temps, il s’était permis de parler d’art, de déconstruction, de reconstruction voire même d’évolution. Pourtant, tout cela était bien plus simple… Au final, tout ce monde et son fonctionnement n’étaient qu’une grosse pièce de théâtre, une grosse ânerie.

Qui du loup ou du mouton serait-il ?

Erreur…

Qui des loups et des moutons seront-ils ? Après tout, pour le meilleur ou pour le pire, il portait dorénavant l’héritage d’un village entier et de ses ancêtres. Il avait passé toute sa vie à peaufiner sa maîtrise des sceaux et il comprenait maintenant leur sens réel. Lui qui n’était pourtant pas patriotique réalisait de plus en plus ce qu’était ce phénomène…

Ainsi, parmi les loups et les moutons, le seul point qui les liait était bel et bien la mort et cette ultime possibilité de léguer quelque chose, un héritage. Ainsi, Raizen faisait partie aussi du cycle, comme tout le monde à la seule différence près qu’il en avait maintenant conscience. Il était un peu comme les opportunistes, qui surfaient la vague de ce qui pouvait leur faire plaisir, au détriment de ce que les autres pensaient et de toutes logiques. Ces individus se fondaient dans la masse, tantôt comme des loups, tantôt comme des moutons. À vrai dire, on pouvait même les catégoriser de véritables loups. Simplement, ils avaient un pelage qui s'adaptait à leur contexte. C'est notamment ce qui faisait d'eux des créatures dangereuses, mais aussi abominables. Moyennant le fait d'être prêt à sacrifier un minimum de leur humanité , tout était possible pour eux. C’était d’ailleurs là qu’il divergeait grâce à leur ruse.

Du pouvoir à la pensée, il pouvait donc conclure avoir une vision complète sur ce phénomène qu’était l’héritage et ce qu’il voulait léguer. Le reste lui importait peu.

Maintenant, il devait savoir ce qu’il ferait de ce don qui avait tout d’une épée de Damoclès. Cadeau empoisonné , il allait se faire un plaisir de rouler une nouvelle fois les dés du danger.

High Risk, High Return

Quoiqu’il arrive, il finirait gagnant, que ce soit en avançant ou en quittant ce monde en essayant, après tout, il existerait toujours à travers ce qu'il comptait léguer...

-Raizen...

En dehors des méditations, c'était la première fois qu'il l'entendait... et pourtant, il ne pouvait prendre le temps d'être réellement surpris ou satisfait.

-Je sais...

Shambles, les dés étaient jetés.


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Merci Aimi o/

Kumo - Assemble:
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