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Sous le regard d'un arbre millénaire [Ft. Yasei Zeref]

Sendai Mayumi
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Mer 29 Juil 2020 - 7:25
Sous le regard
d'un arbre millénaire

Ft. @Yasei Zeref

         
 
La tiède brise printanière caressait avec tendresse la chevelure de la belle solitaire aux prunelles rosées adossée au pied d'un arbre majestueux, digne, imposant le respect à quiconque  posait le regard sur son impressionnante silhouette, de par sa longévité millénaire et sa résistance à l'usure des éléments.  Les mèches blanches de la jeune femme virevoltaient au gré du vent chargé en humidité, au doux parfum rappelant vaguement la mer,  au même rythme que le bruissement du feuillage verdoyant solidement suspendu aux branches qui se berçaient elles aussi selon les aléas d'un climat tantôt capricieux. 

Tournant délicatement les pages asséchées d'un ancien bouquin traitant de ce que les shinobis appelaient aujourd'hui "chakra", Mayumi s'était déconnectée du monde extérieur, comme emprisonnée dans cette intime bulle propre aux lecteurs, l'esprit entièrement dédié aux écrits fascinants que renfermait ce trésor de savoir. Ses yeux à la teinte églantine balayaient à tour de rôle chaque paragraphe, chaque ligne, chaque phrase et chaque mot, en quête, non pas du plaisir de l'immersion qu'offraient habituellement les contes et récits fantastiques des légendes du passé, mais bien de connaissance. Oui, la connaissance. Car, s'il était vrai que l'ancienne yukijine adorait se divertir par moment - et même parfois un peu trop - elle raffolait tout autant de ce qui lui permettait d'apprendre et d'acquérir des compétences nouvelles et plus pointues qu'auparavant. La force, la vraie, ne se résumait pas, à son avis, qu'à la puissance brute et aux techniques meurtrières de combattants aguerris. Non. Taper avec force ne suffisait point. Aiguiser son cerveau, faire travailler ses méninges, pouvait se révéler d'autant plus crucial face à un adversaire qu'entretenir avec soin le fil de la lame de son katana. 

Dans le cas de Mayumi, cet ennemi d'une sournoiserie sans commune mesure provenait, en réalité, d'abord de ses propres faiblesses génétiques - pensait-elle - plutôt que d'une quelconque faction étrangère, bien qu'elle se méfiait aussi de ces dernières. En effet, la véritable bataille qui importait, au moment présent, pour la demoiselle, l'opposait à un mal mystérieux qui rongeait son corps morceau par morceau depuis maintenant quelques années, ayant surgit tout juste après le départ forcé de son pays natal. Son père, Masashi, avait malencontreusement été la première victime de cette soi-disant maladie évolutive, un souvenir douloureux qui, bien malgré elle, la forca à écraser une unique larme qui s'écoulait du coin de sa paupière droite. Le bouquin, et tous les autres qu'elle avait consulté et qu'elle consulterait à l'avenir, représentait sa seule chance de survie, à long terme, face à l'adversaire de taille qui la dominait encore de par sa puissance indomptable. 

Lâchant un long soupir de découragement, l'un des rares qu'elle avait laissé échapper dernièrement, Mayumi referma le livre avec délicatesse, puis, le posant à ses côtés, porta le regard vers le ciel partiellement encombré par les branches du vénérable arbre. Comment celui-ci avait-il pu survivre tant bien que mal au passage des années et ce, tout en composant avec les affections, parasites et autres malheurs qu'avait dû lui apporter la vie ? Qu'est-ce qui, au fond, la différenciait réellement de cet être tout de bois composé? Ce qu'elle aurait voulu pouvoir contempler l'univers de ce point de vue et comprendre, comprendre le secret qui faisait de cette entité un véritable survivant...

Se surprenant à continuer de rêvasser ainsi tout en donnant un semblant de vie à de mignonnes créatures de chakra pur qu'elle manipulait à distance d'une main habile, la jeune genin fut rapidement interrompu  par l'arrivée imminente d'un inconnu silencieux, dont les bruits de pas s'étouffaient au contact avec le tapis d'herbes et de plantes diversifiées. D'un bond instinctif, la Sendai réprima le désir de quitter aussitôt, avant d'être surprise par une douloureuse quinte de toux qui laissa, dans le creux de la paume de sa main, une quantité de liquide sanguin ne manquant pas d'attirer l'effroi sur son visage. D'un revers de la main, elle essuya ensuite le rebord de ses lèvres humidifiées par la substance écarlate et un peu de salive, puis, plaçant le membre souillé derrière son dos, elle ajusta son foulard bleuté - cadeau de sa mère - avant de poser une seule et unique question à l'homme qu'elle n'avait de toute évidence jamais vu à Kiri.

« Qui êtes-vous, monsieur ? » 


  

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Yasei Zeref
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Lun 3 Aoû 2020 - 17:57
La terre rompt sous mes pieds, alors que je me déplace de façon linéaire au cœur des terres de l’Eau. Ma mission commençait bien, et je m’apprêtais à prendre en chasse ma cible, quand ce fossé vit le jour, me faisant tomber d’une façon dramatique, avant de me heurter à un sol écailleux et dur comme le fer. Ce n’est pas un sol, et vu l’emplacement, je me rends vite compte que mes pires craintes sont en train de se réaliser. La tortue la plus meurtrière du Yuukan, l’immense créature scellé quelques mois auparavant par nos meilleurs spécialistes en Fuinjutsu, semble reprendre son droit sur le monde. Sa gueule béante se dirige vers le ciel, et une boule semble absorber de plus en plus du chakra de celui que l’on nomme « Dieu de l’eau ». Personne ne pourra protéger Kiri, cette fois… Alors qu’il arme son tire, je me dirige droit dessus pour m’interposer. Mon corps ne fera pas long feu, et deviendra poussière à peine une seconde avant que le village ne sombre dans l’oubli…

C’est au moment de partir en fumée que je me réveille, le souffle court, en sueur, et le cœur battant la chamade. Assis sur mon lit, sous ma couette, vêtu du short et du t-shirt, tous deux gris foncé, qui me protègent de la nudité durant mon sommeil, je prends le temps de calmer mon organisme, avant de m’affaler sur mes oreillers. Je fixe le plafond quelques longues minutes en tenant d’apaiser mon esprit, me répétant que le sceau ne cédera pas. Une fois la sérénité revenue, je tourne la tête vers ma table de chevet. Une pile de livres sur le chakra et ses usages, les possibilités du Katon et la façon de l’utiliser ou de le maîtriser… Aujourd’hui, hors de question que je lise, il est temps de pratiquer. Je m’extirpe donc de ce paradis des songes pour prendre une douche et m’habiller, tout en noir, à croire que ma vie entière n’est qu’une succession d’enterrements, avant de quitter ce nid pas si douillet.

Dans la rue, tout est aussi agité que tous les autres jours. Les marchands vendent, les passants se baladent, parfois achètent, parfois s’embrouillent avec d’autres personnes… Une journée normale à Kiri, et pas d’ombre menaçante d’une torture géante à l’horizon. Le rêve restera dans le monde où il a été créé et ne refera probablement jamais surface. Déambulant parmi les artères les plus fines et les moins peuplées du village, je fais au mieux pour ne pas croiser de regards, ni déclencher de conversations que je devrais écourter, à défaut de vouloir parler à quiconque. Ma destination est simple, mais s’y rendre par des routes détournées rallonge un peu le tout. C’est à peu près à mi-chemin que je suis finalement tombé sur un lieu que j’ai fréquenté dans une autre vie, celle où je passais plus de temps à m’évader qu’à m’assurer du bien-être de mes proches, que je l’ai vue. Mes pas n’étant pas discrets, elle m’a sans aucun doute entendu, et sa question n’est pas si étonnante, tant ce lieu n’est pas si simple d’accès.

Les deux rubis qui me servent d’yeux détaillent l’intégralité de son être, commençant par sa formidable chevelure, son doux visage, doté de prunelles d’une teinte assez inhabituelles, avant de rapidement descendre jusqu’à s’arrêter au niveau de ses bras. L’un d’eux semblent caché, et je me demande bien pour quelle raison. Usant de mon odorant, j’essaie de deviner ce qui peut bien être caché, n’hésitant pas à tricher grâce à mes talents de Yasei… Outre l’enivrante odeur de parfum émanant de la jeune femme, il y a autre chose qui attire mon attention. Du sang.

« Je prenais la direction du complexe shinobi… Et ce passage me permet d’éviter les regards. Enfin, il semble que j’ai échoué à ne pas engager de conversation… »

Je marque une pause avant de pointer le bras caché de la jolie demoiselle :

« Vous êtes-vous blessée par ma faute ? Mon arrivée inopinée vous aura peut-être surprise au milieu d’une lecture intéressante, à l’abri des regards ? »

N’ayant pas connaissance de l’origine du sang que je sens, je ne peux que m’assurer n’être pas responsable de sa blessure. Il est évident que l’odeur provient de la main qu’elle cache, même si, au coin de sa lèvre, je peux aisément deviner une tentative ratée de camoufler une coulée d’un liquide similaire. Aux dernières nouvelles, cracher ou baver du sang n’est pas une bonne chose, mais je ne connais pas cette femme, et son état de santé n’est pas pour me préoccuper spécialement. Et pourtant, son apparence n’est pas sans me rappeler Kaelia, en certains points, notamment par cette douceur ingénue qui émane de ses traits. Mais elle n’est pas cette Yuki qui a pu conquérir mon cœur puis le briser par le passé, et je ne suis plus le loup en recherche d’affection que j’étais…



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Mar 4 Aoû 2020 - 16:26
         



Un mouvement de recul emporta le corps frêle de la jeune églantine. Rapide, et probablement exagéré. C'est que celui-ci relevait de l'instinct le plus primaire; animal, ou encore préhistorique, pourrait-on aussi le qualifier. Surgissant des tréfonds d'une demoiselle seule en proie à la frayeur, il s'agissait là du meilleur atout que la jeune femme possédait face à la bête aux yeux de sang qui approchait insidieusement, guettant l'instant où la kirijine ferait preuve d'une malheureuse seconde d'inattention pour oser, oui, oser la dévorer toute entière. Le pelage de la créature, d'un noir de jais, coïncidait parfaitement aux habits tout aussi ténébreux qui lui couvrait le corps de la tête aux pieds, ajoutant par le fait même une impression de vide, de froid, à un ensemble déjà lugubre. Était-ce, au fond, la Grande Faucheuse qui venait récolter son dû ? La maladie l'avait-elle emportée sur l'organisme fragilisé de la belle aux cheveux argentés ? Elle avait donc poussé son dernier souffle lors de cette ultime quinte de toux, fallait-il croire. Ou alors… 

« Êtes-vous un kami, ou l'une de ces âmes ou divinités issues des éléments de la nature ? Ou alors vous n'êtes qu'un simple passant, n'est-ce pas, monsieur ? Je croyais que personne ne fréquentait ce coin, personne sauf moi. » dit-elle, plus pour elle-même que pour le jeune homme, avant d'être soulagée de quelques-unes des questions qui lui brûlaient les lèvres, de la bouche même de son interlocuteur. « Si vous vous rendiez au complexe shinobi, j'en conclus que vous en êtes un, shinobi, je me trompe ? J'en suis moi aussi une, une genin pour être précise. Sendai, Sendai Mayumi. C'est mon nom. Et Vous ?» 

L'ancienne yukijine s'arrêta une demie-seconde, assez pour que l'étranger puisse répondre à son tour. Elle espérait peu, pour être honnête, car l'homme ne lui semblait pas être des plus bavards. Et puis, ce ne serait pas pour la décevoir, au fond, car elle pourrait ensuite reprendre la lecture du bouquin qui l'attendait sagement, reposant au pied de l'arbre millénaire où elle se trouvait quelques instants plus tôt, le dos accoté contre le tronc du titan de bois. 

« Si vous cherchiez à éviter les regards ou les conversations… Je crois que c'est un échec. Pardon d'en avoir été la cause, d'ailleurs. Je lisais sous l'arbre et, voilà, vous m'avez un peu… surprise. Oui, exactement, comme vous le dites si bien. Une lecture sur les origines nébuleuses du chakra, mais vous ne vous intéressez pas à ce genre de détails, j'imagine. » 

Quelque peu hésitante, la genin n'osa pas élaborer davantage sur le sujet. Elle restait après tout un minimum méfiante à l'égard de ceux dont elle ne connaissait pas le nom, et d'autant plus envers une personne qui paraissait avoir découvert ce qu'elle tentait tant bien que mal de dissimuler dans le creux de son dos : un main couverte du liquide biologique carmin qu'elle avait expectoré  lors d'une récente et violente quinte de toux.

« Ne vous inquiétez pas pour ça. Ce… ce n'est rien. Rien de grave. Rien dont vous ne soyez la cause, monsieur. » affirma-t-elle alors qu'un sourire faussement rassurant déformait les traits délicats de son visage fin. Pourquoi générer de l'angoisse chez un individu qu'elle ne connaîtrait que pour quelques minutes à peine ? Elle ne cherchait de toute façon ni la pitié, ni l'attention sur sa personne, et encore moins si cette attention devait se fixer sur la maladie qui la rongeait. « Si ça ne vous dérange pas, je retourne de ce pas à ma... »

Jamais le dernier mot ne se fit entendre. La toux, vicieuse comme tout, reprenait du service, avec toute la force et la ténacité qu'il lui fallait pour abattre sa cible pour de bon. Aussitôt, l'hémoptysie reprit, faisant se crisper au passage tous les muscles d'un corps qui allait, de toute évidence, bientôt céder sous la tension du moment. Portant la main initialement cachée jusqu'à sa bouche pour contenir - sans succès - le projections sanguines, et la seconde, au niveau de la gorge, l'églantine suffoqua. Et alors que le néant semblait peu à peu gagner la Sendai en manque d'oxygène, deux rubis attirèrent son attention. Des rubis d'une rare beauté, capables de transpercer les ténèbres de par leur splendide éclat lumineux. Deux rubis qu'elle se jura de posséder, un jour. Peu importe le prix à payer pour les acquérir.
  

 


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Dernière édition par Sendai Mayumi le Sam 8 Aoû 2020 - 3:52, édité 1 fois
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Mar 4 Aoû 2020 - 19:28
Les propos de la jeune femme me paraissent étranges, au premier abord. Un kami ? Comment pourrait-on me confondre avec une quelconque divinité, alors que je ne suis qu’un humain banal, à l’allure morne et au teint terne, presque blafard. La seule divinité avec laquelle on pourrait me confondre serait la Mort elle-même, ne serait-ce que pour mon manque d’expression faciale. Néanmoins, cette rencontre que j’espère brève ne se termine pas aussi vite qu’escompté, et la demoiselle aux prunelles hypnotisantes amorce une conversation bien malgré moi. Je remarque une certaine intelligence, dans son raisonnement, et une logique à toute épreuve. Ce détail peut paraître insignifiant, mais à mes yeux, il ne l’est pas.

« Yasei Zeref… Oui, je suis un Chûnin de la Brume. J’avais l’habitude de me poser ici, dans une autre vie… Mais cela fait bien longtemps que ce n’est plus arrivé. »

Je laisse volontairement ses premiers mots de côté, ne sachant que répondre et me faisant à l’idée qu’il ne s’agissait que d’une question rhétorique, après tout. Ce qui me surprend, nonobstant, c’est son nom. Si je connais tous les clans du Yuukan, au moins de nom, pour avoir beaucoup cherché d’informations à leur sujet, pour diverses raisons, il en est qui sort du lot. Les Sendai, peuple de manipulateur de chakra pur. Tout ce que l’on sait d’eux, c’est que l’on ne sait pas grand-chose à leur sujet. Il ne s’agit pas d’un clan à proprement parler, et à l’exception de quelques cas spécifiques, ils ne sont même pas liés par le sang, la plupart du temps. Il est possible, bien entendu, qu’un « Ancien » transmette ses dons à sa descendance, mais ce n’est pas aussi commun que pour d’autres lignées.

Passant ce détail « à la trappe », n’étant pas d’un naturel curieux avec les inconnus, je laisse la douce jeune femme reprendre la parole, en espérant réponse à ma seule question, pour enfin prendre congé d’elle. Mon faciès, jusqu’alors uni dans l’indifférence – comme toujours – change l’espace d’un instant, avant de revenir à son état d’origine. Sa lecture est sans doute la seule chose qui retienne mon attention, passé son apparence physique qui ne laisse pas indifférent, même pour un être tel que moi. Y répondre reviendrait à déclencher un véritable dialogue, et cela fait longtemps que je ne me fais plus piéger dans ces situations pouvant mener à de l’intérêt, de l’affection ou pire… de l’amour. Enfin, ce dernier point, je le nomme plutôt « de la souffrance inutile ».

« Vous me voyez ravi de ne pas être responsable de vos maux. »

Je constate la tentative de faux semblant que Mayumi effectue, mais ne me laisse pas attendrir. Si je ne suis pas responsable, alors ce sang peut venir de quelque maladie, mortelle ou non, dont serait atteinte la belle immaculée. Cela ne regarde qu’elle, je ne suis ni médecin, ni ami. J’amorce une marche pour reprendre ma route, lorsque la lectrice donne l’air de me dire au revoir, mais elle ne termine pas sa phrase. Sentant son cœur changer de rythme, sa respiration également, et voyant cette toux peut alléchante se dérouler devant mes yeux, je ne tarde pas à changer de forme pour amortir sa chute de mon pelage, en un mouvement souple et rapide. Son corps ne reçoit aucune blessure, et le seul sang présent sur son corps est dû à la maladie qui la ronge, chose dont je suis désormais certain. J’aurais pu la porter à un hôpital, l’aider en lui faisant rencontrer un médecin, mais mon instinct me dicte plutôt de m’assurer qu’elle n’ait pas changé d’endroit à son réveil… De la protéger jusqu’à ce qu’elle puisse le faire de nouveau. Elle n’est pas un louveteau sans défenses que je me dois de couver. Je ne sais rien d’elle, et cela ne me ressemble pas de m’inquiéter de la santé d’une inconnue… D’un autre côté, la laisse s’effondrer et heurter les racines saillantes de cet arbre millénaire, aurait été un acte d’une grande ignominie. Ainsi, je reste immobile, le corps de la Sendai assoupi contre mon pelage, en attendant qu’elle ne revienne à elle.




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Mar 4 Aoû 2020 - 22:40
         

Le royaume des ombres s'étendait à perte de vue, tapissant le moindre recoin d'une conscience broyée par les assauts de souffrances intolérables et de douleurs répétées. Véritable terre gaste, la nature verdoyante et colorée avait depuis fort longtemps abandonnée ces contrées maudites, empestant la mort. Il n'y avait là rien de beau, de joyeux, d'enivrant, sinon la chair en perpétuellement en décomposition provenant des cadavres grouillant d'asticots, les silhouettes difformes de monstruosités ou d'entités démoniaques déambulant en quête d'âmes égarées parmi les forêts de souches desséchées, meurtries par les flammes aussi ténébreuses que la terre fracturée d'où elles provenaient. 

Rien ni personne n'aurait pu - ou voulu - y poser pied. Pourtant, perdue dans les méandres de cet univers flou, aux contours déformés par le délire issu d'une oxygénation déficiente, distordue par les échos d'une douce musicalité lointaine, inaccessible, une jeune femme aux prunelles églantines contrastait en solitaire avec la vision d'horreur qu'offrait les alentours. Esseulée, effrayée, elle représentait malgré tout l'unique source de vie en ces lieux, l'ultime lumière, l'espoir d'un monde assombri par le malheur et les cauchemars, fatigué,  éteint. La jeune femme n'était pas décédée, cependant, alors que faisait-elle ici ? Aux dernières nouvelles, Mayumi se trouvait toujours en compagnie d'un jeune homme à l'apparence morne, à la personnalité aussi terne que ces contrées, mais aux pupilles surprenantes, magnifiques, d'une beauté qu'elle souhaitait s'accaparer entièrement. 

Et, c'est d'ailleurs ces deux rubis qu'elle cru remarquer, non loin, perçant la brume épaisse qui tendait à s'installer entre la genin et le paysage dévasté - ou, du moins, ce qu'il en restait - pour se rapprocher d'elle, sans un bruit, sans un grognement menaçant. Se dessina rapidement la forme d'une bête aux crocs et aux griffes acérées, tranchantes comme des lames de rasoirs, couverte d'une étoffe luxuriante, dont la couleur rivalisait fièrement avec celle des ombres de ce pays.

Elle s'approcha, silencieuse, fixant encore et toujours la kirijine de ses pupilles contractées, intéressées, puis, d'un coup, sans prévenir, saisit la jeune aux cheveux platines par la manche en y plantant avec force ses canines pour la tirer, l'attirer, la guider à l'écart de ce royaume infini délaissé par les dieux. L'instant d'après, la forçant à embarquer sur son dos pour une dernière chevauchée, ils quittèrent tous deux l'étendue de sol noirâtre, dévalant à toute vitesse jusqu'à se confondre, loin, très loin, avec l'horizon…

La lumière surgit, vive, agressante, aveuglant de toutes parts la femme allongée qui s'éveillait enfin. Un gémissement plus tard, une vilaine grimace déformant ses traits délicats, fragiles, elle s'agrippa à ce qui lui parut être un tapis plutôt douillet, confortable et toussota deux ou trois coups sous l'effet d'un répugnant goût ferreux, métallique, omniprésent dans sa cavité buccale. Portant un doigt tremblotant à ses lèvres, elle y distingua la présence d'un tiède mélange, composé de salive, de mucus et de sang. Rien pour la surprendre; elle connaissait bien cette mixture de par les nombreuses crises qu'elle avait subies par le passé. 

Se relevant péniblement, toute courbaturée, les muscles endoloris, elle manqua de hurler lorsqu'elle vit ce sur quoi elle avait reposée : un énorme loup, d'apparence identique à celui l'ayant porté sur son dos à travers cet étrange rêve. La beauté de son regard, ses rubis, ne laissa place à aucun doute. Il s'agissait effectivement de cette bête fantomatique, son sauveteur. Que faisait-elle ici ? Et où était le dénommé Yasei Zeref, qui aurait dû se trouver ici, à ses côtés ? Se pouvait-il que… Non, impossible. Jamais n'avait-elle entendue parler de pareille capacité. Et, pourtant, leurs iris lui paraissaient identiques… 

Elle garda un moment le silence, puis, prenant son courage à deux mains, osa, enfin, poser la question qui lui démangeait la langue. Elle se devait de tenter de confirmer - ou d'infirmer - l'hypothèse saugrenue auquelle elle était confrontée. Cela était dans sa nature, voilà tout. Ainsi, d'une voix à peine audible, Mayumi formula-t-elle les mots nécessaires pour prendre parole, oubliant au passage de vouvoyer son supérieur hiérarchique :

« Euh… Je… Serais-tu… Cet homme ? Zeref, Yasei Zeref ? Le chûnin qui passait ici, en direction du complexe shinobi ? » Elle se tut, en attente d'une réponse, puis poursuivis, avec la tendresse qui la caractérisait si bien, une fois la façade qu'elle s'était construite  fracassée.« Tu es resté ici, alors que tu n'y étais pas obligé… Pourquoi ? Enfin, je veux dire, merci… Merci beaucoup. Ça me touche. Oui, sincèrement.» 

Ses prunelles églantines s'étaient plongées dans celles, sanguines, du loup, qui l'observait aussi. Son coeur palpita un bref instant, puis, sentant la chaleur gagner ses joues qui, déjà, prenaient une teinte rosée, la genin ne put s'empêcher de détourner la tête, rompant l'intime contact visuel jusque-là établi. Elle reprit aussitôt la discussion, histoire d'éviter le malaise qui la dominait à présent. 

« J'ai… eu peur. Réellement peur. Tu sais, à chacune de ces crises, à chaque respiration difficile, la pensée me vient qu'il pourrait s'agir de la dernière, que mon heure soit venue. La maladie qui m'habite évolue sans cesse. Un jour ou l'autre, sans doute dans un avenir rapproché, elle m'emportera dans la tombe avec elle. Le livre que je lis en ce moment, et tous ceux que j'ai pu lire ou que je lirai… tout cela n'est que pour atteindre un but unique : survivre; éliminer le mal, ou, minimalement, le repousser. J'ai une tonne d'autres rêves… Mais, actuellement, ma soif de connaissances va intégralement en ce sens, car les rêves ne seraient rien sans une vie pour les réaliser. »

Remarquant qu'elle s'était, une fois de plus, emportée dans un discours sans fin et qui devait être peu intéressant pour son vis-à-vis, elle s'arrêta, enfin, non sans s'excuser, encore et encore, pour ses jacassements  incessants. Un vilain défaut, qui, visiblement, même aux portes de la mort, semblait particulièrement tenace chez elle. Oui, tenace. Cela la fit bêtement sourire...
  

 


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Mer 5 Aoû 2020 - 19:22
La situation est plutôt anormale, je devrais avoir quitté les lieux depuis quelques secondes maintenant, mais je ne parviens pas à laisser une personne sans défense, car inconsciente, dans un endroit où elle pourrait ne jamais être retrouvée. Je doute que cet arbre soit aussi difficilement trouvable que cela, cependant, dans le doute, je dois m’assurer de son réveil en bonne santé avant de prendre congé d’elle. Je ne fais aucun mouvement superflu, durant les quelques minutes d’absence de Mayumi, et à son réveil, sa réaction est assez logique. Elle semble étonnée de ne plus voir l’humain qu’elle vient de rencontrer, pour voir un loup qui semble l’avoir empêchée de faire une mauvaise chute, et, aussi étonnant que cela puisse paraître, ce loup la surveillait durant son sommeil.

Lorsque les mots parviennent à ses lèvres, la Sendai parle d’une façon moins froide qu’avant. Sa déduction est bonne, mais l’assortiment des couleurs y aide beaucoup. Mes yeux ne changent pas vraiment, entre ma forme lupine et ma forme humaine, et mon pelage est aussi noir que ma chevelure. Ce qu’elle dit ensuite me surprend, avant de me mettre mal à l’aise. Je n’ai rien fait qui nécessite de remerciements, ni qui devrait la toucher. N’importe qui aurait fait la même chose, à ma place, à savoir ne pas laisser une personne s’étendre de tout son long sur le sol… Cela n’a rien à voir avec le fait que son nom, son apparence ou ses problèmes de santé aient déclenché un quelconque intérêt chez moi. Reprenant forme humaine, je recule d’un pas, laissant le loisir de respirer librement à la jeune femme.

« Ce n’est rien… Je m’assurais seulement de ton bien-être. »

Je me rends compte, en les prononçant, que ces mots peuvent avoir un double-sens terrible, et mon poing droit se serre de lui-même, comme pour montrer mon agacement envers moi-même. Mon visage ne change pas, cependant, et j’écoute le récit de la jolie demoiselle, qui ne laisse rien ressortir, au fond de moi. Du moins, rien qui n’apparaisse physiquement. Néanmoins, une voix – ou plutôt des pensées confuses – semble vouloir s’exprimer. Si je ne risque pas de dire des mots que je trouve absurdes, l’idée est là : « Non, ne pars pas, je peux t’aider, j’en suis sûr. ». Lorsqu’elle achève son récit, je plante mes prunelles dans les siennes, comme pour m’assurer que je n’ai pas prononcé de mots aussi gênants. Non, je ne suis pas tombé si bas…

« Cette maladie doit être terrible. Je… ne peux pas t’aider malheureusement, je ne suis pas médecin. Je pourrais te présenter à l’un d’eux, néanmoins… Il est sans doute le plus doué au sein de Kiri. Mais… »

Je ne sais quoi rajouter. Je me moque de paraître froid ou désintéressé, pourtant, le loup, lui, ne s’en moque pas. Il a l’air de voir quelque chose en elle que je ne perçois pas directement. J’ai déjà assez de personnes malades à gérer, ne serait-ce que Saeko. Sa faiblesse n’est pas ce qui m’attire. Peut-être sont-ce ses yeux ? Ses cheveux ? Son corps ? Ses lèvres ? Son histoire ? Voici une énigme à résoudre, mais cela nécessite-t-il de créer une relation spécifique entre nous, pour la côtoyer assez longtemps et découvrir les raisons ?

« Si tu as besoin d’aide, en tant que Kunoichi… Je peux t’aider. Enfin, je doute que tes capacités de ninja soient en première ligne alors que tu pourrais ne pas avoir de lendemain. »

Mes yeux s’ouvrent en grand, et constatant ma gaffe, je saisis sa main, d’une façon douce et légère, sans savoir quoi faire de plus.

« Pardonne-moi, je n’aurais pas dû dire cela si facilement… »

Pourquoi est-ce que je m’inquiète de ses sentiments ? Elle m’aura oublié demain, comme toutes les personnes que j’ai croisées et à qui j’ai parlé quelques instants. Et si je veux me rapprocher d’elle alors qu’elle pourrait disparaître dans un jour, un mois, ou une année, n’est-ce pas une volonté suicidaire ? Une envie irrépressible de souffrir ? Je relâche sa main, ne souhaitant pas la restreindre, même un petit peu, et je tente de m’éloigner d’un nouveau pas, pour ne plus être assez proche d’elle au point de tenter des mouvements irréfléchis et incompréhensibles.



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Sam 8 Aoû 2020 - 0:55



Un coup de vent soudain, mais puissant, fit s'envoler quelques mèches des cheveux argentés de la jeune églantine, emportant dans son sillage la silhouette de l'imposante créature aux yeux rubis. Le regard ébahi de la belle ne manqua pas une seule seconde de cette scène en apparence surréelle. Sous le choc de voir son hypothèse, aussi saugrenue pouvait-elle avoir été, prendre vie et s'ancrer dans la réalité, elle ne dit d'abord mot, préférant laisser le change-peau briser la lourdeur du silence qui régnait à présent entre eux. Pourtant, ce qui parvint aux oreilles de la jeune femme lui déplut fortement. Minimiser pareille intervention, ou encore son impact sur l'autre, voilà qui relevait de l'absurde. Celle qui avait toujours vécu avec le fil d'une épée au dessus du crâne, menaçant à tout moment de mettre fin à ses jours, savait à quel point un simple battement d'ailes de papillons, un geste à priori banal, pouvait avoir de lourdes conséquences, en bout de course, sur l'avenir. Ou alors changer du tout au tout la vision d'une autre personne sur le monde. Elle en avait fait l'expérience, et plus d'une fois, parfois à son grand regret. Aussi voulut-elle, comme éprise d'une irrésistible envie, de le faire remarquer à son interlocuteur :

« S'assurer du bien-être d'une autre personne… Ce n'est pas rien, Zeref. Surtout lorsque celle-ci est dans son état le plus… vulnérable. Tu aurais pu m'abandonner ici, seule, ou alors dans un hôpital, ou encore aller chercher de l'aide pour te débarrasser du problème. Pourtant, tu as pris sur toi la responsabilité de veiller à ma sécurité et à mon confort alors que je ne le pouvais pas. Tu es resté. C'est peut-être banal, en effet, pour toi. Pour moi, par contre, cela a une signification bien plus importante. Encore une fois, ce n'est pas rien, et, à mes yeux, ça signifie beaucoup. Merci Zeref. » lui dit-elle, ébranlée par le geste que le chûnin avait posé à son endroit. « Au fond, sous tes airs sombre et distant, imperturbable même, tu… tu as un grand cœur, n'est-ce pas, Zeref ? Tu me rappelles quelqu'un. Ça me rassure de savoir qu'il y a d'autres êtres comme ça, de par le monde. Oh et, ta forme lupine est impressionnante, magnifique. Je devais te le dire. Je ne l'oublierai jamais. »

Cette dernière, à vrai dire, l'avait marquée à jamais. À travers les étendues brumeuses et dévastées du territoire des ombres, celui qui l'avait guidée dans les travers d'une conscience meurtrie avait su laisser sa trace dans le cœur de la condamnée. Et, jamais elle ne s'effacerait. Du moins, pas de sitôt. Sans doute emporterait-elle, dans la tombe, ce trésor, le souvenir que le jeune Yasei avait, bien malgré lui, enterré dans les tréfonds de sa mémoire. Avec un peu de chance, d’ailleurs, elle retrouverait peut-être ce loup fantomatique une ultime fois, avant de s’éteindre à jamais. Oui, Mayumi l’espérait réellement.

Mais l’heure n’était point à ces funestes ruminations, à ces morbides projections, non, et la survivante s’en doutait bien. Pas question de périr aussi facilement, sans avoir combattu de toutes ses forces contre cet inéluctable destin. Elle vivrait, et un jour, mourrait. Comme tout le monde, au fond. Elle en était assurée. Combien de jours possédait-elle, cependant ? Visiblement moins que le commun de mortels, de base. Pourtant, au gré de ses rencontres, ici, à Kiri, plusieurs individus avaient manifesté le désir ardent d’aider l’églantine dans sa quête de réponses, d’un remède, faisant naître l’espoir d’une longévité… minimalement convenable, pour une kunoichi lambda. Le Yasei, à sa manière, faisait d’ailleurs partie du lot. Surprise de l’offre qu’il venait de lui faire, la Sendai resta un moment bouche-bée, incapable de former la moindre parole ou de mettre de l’ordre dans ses idées. Son cœur palpitait légèrement et, ses joues délicates, teintes d’un rosé nouveau, évocateur de ce qui l’habitait à l’instant, communiquèrent davantage qu’un millier de mots combinés. D’un bref hochement de tête, elle acquiesça aussitôt, les yeux gagnés par une rivière de larmes. Pourquoi tant de gens désiraient-ils autant la voir en vie, elle, une étrangère, une inconnue ? Sans doute ne le comprendrait-elle jamais…

« M… Merci… » murmura-t-elle, de peine et de misère, tout juste avant que le chûnin ne propose de l’aider autrement, au niveau de ses capacités de shinobi. La maladresse dont le ténébreux fit preuve, sur le coup, et sa réaction toute aussi surprenante - pour une personne si peu expressive, du moins - fit s’esclaffer la jeune femme, qui ne put s’empêcher de rigoler de bon coeur, amusée. Ce rire, pur, doux, ne se voulait aucunement moqueur, mais plutôt rassurant à l’endroit de Zeref. Ne désirant pas allonger le supplice du jeune homme, la kirijine s’empressa de le rassurer, presque rayonnante. Ses pupilles, alors fixées sur le point de contact entre sa main et celle du Yasei, prirent enfin la direction des rubis du change-peau dont la genin admirait profondément la couleur.

« Zeref, ne t’en fais pas pour si peu, bon sang… Tu n’as rien fait de mal, sinon dire la vérité. En effet, je ne sais pas ce qui m’attend, demain. Je pourrais mourir dans la prochaine heure, ou encore dans mon sommeil, cette nuit. Je sais que mon temps est compté… tout comme le tien, au fond. Personne ne sait quand la mort frappera. Cela vaut pour moi, bien sûr, mais aussi pour toi et tous les individus dans ce monde. La nature est ainsi faite. Ne le crois-tu pas ? Pour ma part, tout ce que je sais, c’est qu’elle me tombera sur la tête de cette manière, à travers la maladie. Oui, je veux vivre, et dépasser les frontières que m’imposent ce mal, mais il n’est pas question de repousser éternellement le trépas. Je veux juste… un peu plus de temps, pour accomplir mes rêves et devenir une kunoichi digne de ce nom. Pour moi-même, bien entendu, pour mes proches disparus, pour mon défunt père, pour ma mère, pour le village… et pour toi aussi, à quelque part. » sourit-elle chaleureusement, tout en matérialisant un minuscule papillon dans la paume de sa main refermée. Puis, desserrant un doigt à la fois sa poigne, elle en laissa s’échapper la créature de chakra, qui s’envola tranquillement sur un mètre ou deux, se balançant selon les aléas de la brise printanière, avant de s’évaporer lentement et de se combiner à celle-ci. Le spectacle terminé, l'ancienne yukijine poursuivit : « Je ne saurais dire pourquoi, mais je t’apprécie bien. Ce serait un honneur de recevoir ton aide et de me développer avec toi, en ta compagnie. Le peu de temps qu’il me reste, j’aimerais le passer à apprendre à tes côtés. Enfin, si c’est de cela dont il était question... » rigola-t-elle.


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Sam 8 Aoû 2020 - 17:07
Après m’être excusé pour ma gaffe, et même si je ne l’ai pas mentionné, pour mon intrusion dans sa vie en proposant de l’aider alors que celle-ci ne m’a rien demandé, je m’apprête à partir une fois sa réponse entendue. A aucun moment, je ne me serais douté que Mayumi puisse prendre mes mots à la rigolade. Beaucoup de personnes souffrant de maladies ou de handicaps de placent en victimes, et n’acceptent pas les mots déplacés, qu’ils soient volontaires ou non. Ceux qui peuvent en rire sont respectables, et c’est signe d’une grande force mentale. La Sendai commence par remettre à leur « juste place » mes actes, en m’assurant que ce que je n’ai fait n’a rien de normal. Ses remerciements me touchent, étrangement, mais j’émets quelques doutes. Si ce n’est pas rien, et que je me suis mis à le penser, alors effectivement, une part de moi a voulu me faire passer un message que je ne saisis toujours pas. Ses autres propos me mettent mal à l’aise, et tout en détournant le visage, pour ne pas fixer ses prunelles envoûtantes, je me contente d’un :

« Je ne sais pas si mon cœur est grand, mais les choses ont fait que je ne cherche plus à le remplir. Et je t’en prie, cela ne m’a pas dérangé de … te protéger. »

Je rougis très légèrement, à tel point que c’en est difficilement perceptible. Par ailleurs, mon visage reste impassible, aucune émotion ne transparaît, à l’exception de ces subtiles rougeurs, qui sont nées des deux derniers mots prononcés. Protéger… En tant que shinobi, sur un champ de bataille, je ne rechigne jamais à protéger, mais dans le cas présent, comme le dit si bien cette belle jeune femme, j’aurais pu me débarrasser de son cas. Contre ma volonté propre, j’ai donc choisi de la protéger, alors même que je ne la connais aucunement. La dernière chose qui me secoue, ce sont les derniers mots de l’immaculée. « Je ne l’oublierai jamais. »… Alors même que je pensais qu’elle m’aurait oublié le lendemain, il a fallu qu’elle dise cela.

Mais tout ne se passera pas bien, aujourd’hui. Dans le registre de l’étrange et de l’incompréhensible, il y a cette pointe d’amertume que je ressens lorsque la Genin réplique, suite à mes excuses. Lorsque celle-ci mentionne sa mort, quelque chose en moi s’insurge, refuse cette vérité. Je serre les dents, et pour la première fois, mon visage exprime quelque chose. De la colère. Cela ne dure qu’un bref instant, mais est moins subtile que ma gêne précédente. Me calmant, incapable de comprendre ma colère, je la laisse donc terminer. Lorsque, finalement, elle accepte ma demande alambiquée, je soupire de soulagement. Me rendant compte de ce léger moment d’égarement, je me racle la gorge et lui répond :

« Ce serait un… plaisir, de t’aider. Comme tu le dis si bien, je pourrais disparaître demain également, avec ou sans maladie. En attendant, je peux m’assurer que tu ne sois pas emportée par un possible adversaire, en mission ou autre. Tes créations de chakra sont sublimes, mais passé ce côté esthétique, je suis certain que tu peux créer des choses formidablement puissantes. Je t’y aiderai, et si je peux faire plus pour toi, alors je le ferai… Maintenant que je t’ai… protégée, cela veut dire que tu … comptes pour moi. Tu es Genin, et moi Chûnin, si tu l’acceptes, je pourrais te prendre sous mon aile, et t’aider quand tu en as besoin. Cela dit, je n’ai jamais eu à gérer une équipe, et… je ne veux pas mal faire, ou te décevoir, alors si cela te paraît être trop, n’hésite pas à le dire. »

Ce monologue a pour effet de me faire rougir pour de bon. J’ai toujours eu du mal à dire le fond de ma pensée de manière nette, et mes mots peuvent bien souvent être tendancieux. Le problème est que je ne m’en rends compte qu’en les prononçant. Une chose est certaine, si j’ai abandonné l’idée de lutter contre mon instinct depuis de longs mois, j’ai aussi beaucoup de mal à ouvrir mon cœur, depuis qu’on me l’a brisé. Si ces deux gages s’opposent, je me demande ce qui en ressortira. Néanmoins, une promesse est une promesse, et si Mayumi l’accepte, alors je me devrai d’être présent pour elle, au moins en tant que professeur… et ami.



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Lun 10 Aoû 2020 - 9:25


Souffrance. Les mots du change-peau résonèrent instantanément en Mayumi, comme si, de par leur sens réel, ils avaient su trouver écho dans l’un des recoins les plus profonds et les plus sombres de sa conscience tourmentée par la maladie déchirant son enveloppe charnelle. Un éclat d’âme brisé, perdu, s’était sans doute détaché, là, quelque part au fond d’elle, surgissant des abysses de sa propre psyché pour apparaître clairement, par des manifestations physiques évidentes, un ressenti inévitable. Tel un coup de poing en plein coeur, les paroles du loup, leur signification, avaient ébranlé une part fondamentale du voile mystérieux entourant la jeune femme et sa personnalité actuelle. Elle en grimaça, d’ailleurs, transformant son sourire en une mine bien plus grise qu’auparavant, puis, détournant le regard pour éviter qu’il ne permette au chûnin de lire davantage en elle, porta ses prunelles rosées sur l’arbre millénaire et le livre posé au pied de son imposant tronc. Une déformation soudaine, imprévue, évidemment visible aux yeux de tous et qui affichait, à n’en pas douter, la souffrance qui l’habitait désormais. Une douleur lancinante résultant d’une connexion brève, mais puissante, avec ce que ressentait le Yasei. Oui. La Sendai comprenait, non, elle partageait le sentiment de ce jeune homme solitaire.

Elle avait tant perdu au cours de son existence, tant de proches cruellement arrachés d’entre ses bras, et la vie elle-même, vilaine cleptomane, détestable sadique, se plaisait maintenant à tenter de lui dérober l’une des dernières choses qu’elle possédait, qu’elle chérissait : son avenir. De ce fait, la kirijine ne désirait plus, ou très peu, former de nouvelles amitiés, développer des sentiments pour quiconque, ou remplir, comme l’avait si bien prononcé le ténébreux, son coeur. Elle ne le désirait pas, ou plutôt, elle en craignait les conséquences et souhaitait éviter de causer du mal. La maladie, un jour, bientôt peut-être, l’entraînerait dans la tombe. Sa mort engendrerait incompréhension, crainte, colère, tristesse et, bien entendu, un deuil, chez tous ceux et celles avec qui elle aurait formé un lien, lien duquel son coeur se serait avidement abreuvé. Jamais, au grand jamais, elle ne désirait infliger pareille souffrance à des proches. Mayumi l’avait connue, et à de multiples reprises. Malheur. Elle ne désirait aucunement la faire connaître aux autres. Plutôt mourir seule.

Et, pourtant, elle avait acceptée, presque spontanément, la proposition de ce Zeref. Sa nature profonde, son désir de survie, entraient-ils, au fond, en contradiction avec ses craintes et les traumatismes de son passé sanglant au sein des contrées enneigées de Yuki no kuni ? À cette question, un frisson la parcourut, du haut de sa colonne vertébrale, là où naissait le crâne, jusqu’à la pointe de son coccyx. Instinctivement, la main droite de l’églantine vint aussitôt saisir le bras opposé. Une manière de se ressaisir, probablement, ou alors un geste inconscient, désespéré, de trouver ne serait-ce qu’un peu de réconfort à travers cette étrange caresse. Les mille-et-unes pensées et questions qui assaillaient à présent l’églantine lui donnèrent envie de vomir. L’ancienne yukijine resta muette, cependant, bien trop occupée à ne pas éclater en morceaux pour songer à formuler correctement les paroles nécessaires. Inspirant un grand coup, néanmoins, elle arriva, de peine et de misère, à relancer la discussion, sa voix craquelée, dénuée de musicalité, dévoilant possiblement plus qu’elle ne l’aurait voulu. Son ton, précédemment joyeux et empreint d’espoir, de volonté, céda la place à la noirceur qu’elle dissimulait d’ordinaire sous un masque de méfiance, de rigolade ou de fausse bonne humeur.

« Zeref... Tu cherches à me prendre sous ton aile, sachant pertinemment que, quoique tu fasses - ou ne fasses pas, un lien se créera entre nous. Qu’il soit purement hiérarchique, académique, ou encore... amical, le lien saura naître, il existera et des sentiments en surgiront, inévitablement. Ton coeur, il s’en emplira, c’est certain, que tu le souhaites ou non. Pourtant, tu sais où tout cela aboutira, n’est-ce pas ? J’ai accepté, donc loin de moi l’idée de te rejeter ou de revenir sur ma parole, mais ne crois-tu pas que cela relève du masochisme ? » dit-elle, visiblement troublée par ses propres mots. Au bord des larmes, malgré tout, la jeune femme poursuivit aussitôt :

« Je… ne veux pas te faire du mal. Je… J’accepte toujours ta proposition, car, comme j’ai pu le dire, je tiens à avancer sur la voie des shinobis en ta compagnie, malgré la lame qui menace de me fendre en deux à tout moment. Peut-être trouverai-je solution à ma… malédiction, mais je crains que ce ne soit pas aussi… simple, malheureusement. » Elle souffla un peu, puis continua, fixant cette fois-ci le Yasei directement dans les yeux. « Je te demanderai donc une chose, en fait, une promesse : si tu sens que cela devient insupportable ou douloureux pour toi, abandonne-moi, dissous l’équipe. Tu as su me protéger une fois, c’est vrai, et peut-être le feras-tu encore, en mission ou ailleurs, comme tu le dis si bien. Me protéger d’une condamnation presque certaine, par contre, est différent. Je ne veux pas que ça te détruise en cours de route. Tu me sembles avoir déjà assez subi, même si je ne sais pratiquement rien de toi. Moi aussi, tu sais, j’ai envie de protéger mon… » Mayumi hésita une seconde, son regard brillant comme rarement dans sa vie. Enfin, elle lança, un pâle sourire se dessinant sur son visage : « Mon Senseï. Après tout, tu... comptes aussi, maintenant, pour moi. Oh, et, sur une note un peu plus… légère... » allait-elle affirmer, tentant de conclure sur une tonalité un brin plus lumineuse, constrastant moins fortement avec son ancien discours : « Avec le temps, je crois que tu seras un excellent professeur. Et, si ça peut te rassurer sur un point : pour moi aussi, c’est la première fois. Je veux dire… intégrer une équipe. » rigola-t-elle faussement, un goût amer en bouche.

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Lun 17 Aoû 2020 - 15:08
Brisant toutes les règles que je me suis instaurées, ces derniers mois, je discute de manière plutôt franche et ouverte avec Mayumi, prenant même l’engagement de faire d’elle mon élève, ce qui n’est pas si anodin. Je ne suis jamais allé jusqu’à prendre une personne, quelle qu’elle soit, sous mon aile auparavant. Alors il est normal que je sois incertain sur la façon de le présenter, de l’annoncer. Par ailleurs, ce que je ressens vis-à-vis de son histoire est confus, dans mon esprit. Ai-je pitié, ou bien suis-je triste ? Peut-être ni l’un ni l’autre. Ressentir la peine et la douleur des autres n’a jamais été mon fort, et à moins d’en être très proche, peu sont ceux pour qui cette empathie me pousse à agir de façon inconsidérée.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : proposer à une personne ayant déjà accepté qu’elle pourrait ne pas se réveiller le lendemain, de l’aider à avoir un meilleur futur, c’est à la fois puéril et idiot. Les mots de la Sendai confirment ma pensée, et il serait normal venant d’un être aussi asocial que moi d’en profiter pour prendre la tangente. Le hic se situe sur ce point précis, ceci dit. Me dédouaner et la laisser ne serait pas un problème, mais le faire après m’être proposé comme professeur reviendrait à l’abandonner après avoir éprouvé de l’intérêt à son égard. Dès lors, Mayumi n’est plus une inconnue, et je ne peux m’en détourner. Je l’écoute faire part de ses doutes, et à mesure qu’elle tente de me dissuader, je deviens de plus en plus sûr de ce que je veux. Mes yeux viennent se planter dans les siens, un regard froid qui en dit long sur ce que je suis, depuis la perte de ma famille, mais aussi sur ce que je pense de son monologue.

« Si je deviens ton professeur, et sache que tes mots n’ont fait que me convaincre de le faire, alors tu n’auras pas à t’inquiéter de mes sentiments. Je n’ai jamais eu ce genre de relation avec quelqu’un. Du moins pas dans ce sens-là, mais celle qui était ma Senseï occupe une place des plus importantes dans mon cœur. Je ne sais pas pourquoi je te raconte ça, mais… Je suis d’accord avec toi. Un lien naîtra forcément, et il a déjà commencé à se créer lorsque tu as raconté cette partie de ton histoire. Dès lors que je me suis senti concerné par ce qu’il t’arrive, il était déjà trop tard pour faire marche arrière. »

Je balaie sa tentative de protection à mon égard d’un revers de la main, par mes derniers mots, avant de continuer.

« Je ne sais pas comment sera demain. Ce village a déjà été attaqué par des mercenaires, une tortue géante, un Daimyô fou, des fanatiques malades, et même par les habitants de Yuki… La plupart de ces événements, j’y ai participé et j’aurais pu en mourir, alors… ta maladie pourrait t’emporter, comme ces choses auraient pu m’emporter. Je ne vais pas m’inquiéter de nouer des liens qui pourraient se briser et me briser un peu plus : l’important est de profiter de l’instant présent, et de ceux qui représentent quelque chose pour nous. Je ne dis pas que t’avoir parlé quelques minutes me suffit à te considérer comme importante, mais si je te prends sous mon aile, tu le deviendras indéniablement. Que tu vives un an ou quarante années de plus, je ne romprai pas cet engagement, je te rendrai forte pour qu’une fois que ta maladie sera vaincue, tu ne craignes pas de mourir de la main de quelqu’un. »

Mes mots se sont enchaînés à une vitesse qui me fait légèrement tourner la tête, peu habitué à être si bavard. Un détail n’aura sans doute pas échappé à la belle immaculée : durant ce discours, mes prunelles se sont emplies, par moment, de flammes depuis longtemps éteintes. Si cela n’a pas persisté, c’est à cause de mon esprit rationnel qui m’a vite fait redescendre sur terre, loin de cette fantaisie que m’inspire la fille au chakra pur. Oui, elle me rappelle Kaelia, sur certains aspects…

« Deviens mon élève, Mayumi. Je ferai mon possible pour t’aider de toutes les manières possibles. Devenir forte, bien entendu, mais aussi et surtout à trouver un remède à ta maladie. Ensuite, je te ferai découvrir le monde… Nous irons le découvrir ensemble… »

Je détourne le regard un bref instant. Je n’ai jamais fait ce genre de promesse à personne, pas même à celle que j’ai aimée par le passé. En réalité, Reikan m’avait fait la même proposition, de professeur à élève… De Yasei à Yasei… Deux choses qui nous ont fortement lié l’un à l’autre. Mais le lien qui se dessine très doucement avec la jeune femme aux prunelles églantines me paraît différent. Est-ce parce que je suis le professeur et elle l’élève, ou y a-t-il une autre raison… ?




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Ven 21 Aoû 2020 - 23:24
   

Sous le regard d’un arbre millénaire, le destin semblait enfin réunir le loup ténébreux et la belle églantine. Pourtant récalcitrante, craignant d’écorcher malgré elle l’animal au pelage de jais, la rose sauvage avait redressé les épines disséminées ici et là de par ses longues et fragiles tiges vertes, avertissant, non, hurlant ainsi à la téméraire créature que jamais elle ne sortirait indemne d’une rencontre entre leurs deux êtres. Son envoûtante beauté, sa nature même, hélas, relevait plutôt de la malédiction que d’un céleste cadeau. Si rien ni personne ne possédait l’audace de rester indifférent face à la présence éthérée de la mignonnette fleur solitaire, les malheureux ne se doutant guère du piège les attendant auprès de l’églantine, verraient en bout de course l’objet de leur désir leur être arraché, déraciné, piétiné, asséché, brûlé, enterré par l’ultime défi auquel la condamnée était confronté. Le lien tissé, peu importe sa forme ou son importance... s’évaporerait cruellement, ne laissant que tristesse et douleur dans son sillage, brisant les coeurs et les espoirs des innocents ayant cru un peu trop en leur capacité à manipuler le destin. Cependant, faisant fi des avertissements pourtant nombreux de la belle, la bête aux yeux de sang, armée de crocs et de griffes acérées capables de pulvériser l’épineuse armure, s’était épris de la jeune rosacée dès les premiers instants de leur rencontre, désirant rien de moins que de lui faire découvrir l’immensité d'un monde emplit de mystères à élucider. Cette ténacité légendaire put, en fin de compte, venir à bout des craintes et de la résistance de l’immaculée, qui, cédant aux charmes du loup ténébreux, perçue en sa venue, sa persistance, la sécurité et l’espoir qu’elle nécessitait pour grandir, encore et encore, et, enfin, chasser le mal qui l'accablait...

Ainsi, d’un mouvement rapide, instinctif, fendant l’air tel un sabre tranchant le corps de son ennemi, l’églantine se précipita sur son interlocuteur. Une impulsion soudaine dont la Sendai ne comprit pas tout de suite l’origine réelle, profonde. Une réaction dont elle fut, pour ainsi dire, à peine consciente. D’un bond, en l’espace d’une seconde tout au plus, la jeune femme aux prunelles cristallines combla l’espace qui la séparait du ténébreux, entourant de ses bras fins le cou de celui n’ayant point reculé devant la tentative désespérée de dissuasion d’une condamnée en proie à ses pires démons. L’enlaçant comme peu en avait eu l’honneur - sinon les défunts membres de sa famille, la douce peau de la demoiselle, rappelant le velour, effleura brièvement la joue du Yasei, bientôt chatouillée par quelques mèches platines au parfum floral s’ajoutant à cet improbable contact. La poitrine pesant fermement contre le thorax de son nouveau professeur, la kirijine, de nature habituellement réservée, ne porta point attention à l'effet que pouvait avoir pareille position et, émue, prononça ce qui lui brûlait à présent les lèvres :

« Merci… Je… J'ai honte. Je me suis laissée emporter par l’angoisse et la crainte de te faire du mal… Pardon, Zeref. J'accepte. Je veux être ton élève… Senseï. » dit-elle, tout en mettant fin à son étreinte.

Constatant la naïveté de son geste, Mayumi détourna les yeux, les joues désormais empourprées.  Embarrassée par l’aspect intime de ce contact soudain et, histoire d'éviter l'ampleur du malaise les menaçant  tous deux, l'ancienne yukijine se précipita au pied de l'arbre solitaire et y récupéra le livre sur les origines du chakra qui y reposait toujours, au calme, avant de faire demi-tour en direction du change-peau.  Dorénavant intimidée, elle retrouva néanmoins un brin d'assurance de par la présence de son objet fétiche entre les mains. Assez, du moins, pour permettre à la Sendai de poser ses timides prunelles églantines dans les rubis du chûnin.

« Je… Si j'ai pu me montrer aussi vulnérable devant toi, c'est bien car je me sens en sécurité, protégée, tu sais. À mes yeux, les gestes comptent davantage que les paroles, et par ce que tu as fait sous ta… forme lupine… aujourd'hui, j'ai compris que je pouvais avoir confiance en toi. Tu dois être très protecteur, de nature, sous ton air distant. Je me trompe ? Dans tous les cas, ça me plaît… beaucoup. Tu… m'intrigues, Zeref. C'est sans doute la raison pour laquelle j'accepte toujours d'être ton élève. Ces éléments, chez toi, me rejoignent en tant que shinobi. Peu importe le sort que me réserve l'avenir, que la maladie m'emporte plus tôt que prévu ou pas, j'aimerais me développer en ce sens : être en mesure de me défendre, oui, mais surtout de protéger les autres, mes proches, le village... et toi, Senseï. » avoua-t-elle, non sans ressentir les palpitations d'un coeur emballé.

« Je veux découvrir le monde avec toi. Je ne le connais que très peu, si l'on exclut Yuki no Kuni. Et puis, comme en témoigne ce livre… Je suis avide de savoir, surtout concernant le chakra et ses multiples facettes. Vois-tu, j'aimerais en percer le mystère, découvrir les origines de cette puissance et, peut-être, en apprendre davantage sur ceux que l'on surnomme les Anciens, les autres Sendaï, comme moi ou mon père décédé. Rapporter, enfin, l'ensemble de mes connaissances ici, à Kiri, et les offrir au village sous forme de livres, c'est… un autre de mes objectifs. Si je veux l'accomplir, cependant, il me faudra trouver un moyen de prolonger ma vie, ne serait-ce que de quelques années. Voyager devra donc attendre, j'en ai peur, sauf si le voyage a pour but de concevoir un remède, un médicament, ou je-ne-sais-quoi capable de stopper cette… malédiction. Néanmoins, j'ai confiance. Avec toi, aussi protecteur, en tant que guide, je me dis qu'il y a sans doute une chance de m'en libérer... »

Cette fois-ci, une lueur d'espoir, dansant librement dans les tréfonds des pupilles de Mayumi, avait remplacé les larmes. L'espoir qu'auprès de ce guide, qu'auprès du loup, l'églantine arriverait finalement à façonner son propre destin. Un destin lumineux, prometteur. Un avenir heureux. Un avenir, point.

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Yasei Zeref
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Lun 31 Aoû 2020 - 11:50
Je pense avoir prononcé les bons mots, vis-à-vis de ma façon de voir les choses, suite à la réplique de Mayumi. Refuser d’être mon élève pour une raison aussi absurde que la peur de me faire souffrir… Si une personne doit s’en préoccuper, c’est bien moi, et je n’ai jamais eu peur de souffrir, même si je m’en passerais bien, évidemment. Je ne sais ce que répondra la Sendai à mes dires, mais si sa seule crainte est celle-ci, alors elle n’a aucune raison de refuser, désormais. Néanmoins, sa réaction m’étonne, me surprend… me fige sur place. Lorsque son corps bien se placer tout contre le mien, dans une étreinte inattendue, je ne sais comment réagir. Je l’écoute sans broncher, jusqu’à ce que l’étreinte cesse, et que je cache les rougeurs sur mes joues en détournant le regard un instant. Durant ces quelques secondes, mon cœur a battu à un rythme particulier, comme cela n’était plus arrivé depuis bien longtemps. Les choses reviennent peu à peu à la normale avec le temps, et je me laisse bercer par les mots de la jeune femme aux gestes étranges, qui me fait face.

Les pensées qui se mélangent, dans mon esprit, m’empêchent de me concentrer pleinement sur les mots de la possible condamnée, qui subit le courroux de la maladie présente dans ses gênes. J’en retiens l’essentiel, et ne peux réprimer une petite pointe au cœur lorsqu’elle mentionne de nouveau les années qui lui restent, qui pourraient aussi n’être que des mois, au fond. Nul ne le sait. Voici une sensation encore jamais ressentie vis-à-vis de son discours. Pour ce qui est de son envie de voyager, je l’associe à un point commun avec moi, car j’en ai toujours eu envie, depuis mon désir de quitter Kiri, qui à l’époque n’était en rien un village pour moi, ses habitants ne me correspondant pas. Désormais, j’aime ce pays, ce village, même si j’ai toujours le souhait de découvrir le Yuukan, et même des terres encore inconnues au-delà du continent qu’est le nôtre.

« Nous voyagerons. Et nous vivrons. Je ferai tout pour t’aider à guérir de ta maladie, et en échange, tu feras tout pour devenir une Kunoichi capable de se défendre de tous ses ennemis. Désormais, tu es mon élève, et il en va de ma responsabilité et de ma réputation de te protéger, par ma force, et en t’apprenant à te protéger toi-même. S’il t’arrive quoi que ce soit, peu importe la cause, j’en serai responsable, et dans cette optique, je t’aiderai dans un premier temps à trouver un médecin compétent, capable de découvrir les raisons du mal qui te ronge, et de le soigner durablement. »

Je la regarde dans les yeux, en disant cela, tout comme elle m’a regardé dans les yeux en prononçant son long monologue. Si cette jeune femme doit être mon élève, alors sa vie est désormais ma responsabilité… Je suppose que mes pensées confuses sont liées à cette seule idée, et non à autre chose de plus… saugrenu.

« Je pense que tu devrais aller te reposer… Cet endroit est agréable, mais un arbre n’est pas le meilleur lieu pour que ton corps puisse récupérer. Auras-tu besoin d’aide pour retourner chez toi, ou puis-je te laisser… ? »

J’attends sa réponse avant de quitter les lieux, avec ou sans elle. Découvrir où sont élève réside n’est pas une nécessité, pour un Senseï, mais cela ne me dérangerait pas de la raccompagner…




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Sendai Mayumi
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Ven 4 Sep 2020 - 8:51


Les paroles du jeune loup avaient profondément touché Mayumi, qui, une fois de plus, avait déversé de discrètes larmes, caressant la peau soyeuse de ses joues dans leur chute tout en laissant une traînée humide et tiède là où la gravité les avait guidées. Rougissant sous l'effet pervers d'émotions impossibles à contenir dorénavant, la kunoichi détourna le regard et dissimula son empourprement sous l’épaisse protection que représentait son écharpe aux accents bleutés, rompant ainsi le contact avec les rubis du ténébreux. Quelque chose d’insidieux… une pointe de nostalgie, sans doute, avait surgie de nulle part, entre les mots prononcés par le Yasei et l’assurance dont il semblait faire preuve, faisant renaître, l'espace d'un bref instant, le souvenir d'un certain Sendai Masashi, défunt père de la belle églantine. Premier et dernier professeur de la demoiselle, celui-ci avait autrefois enseigné les bases du ninjutsu et de la manipulation du chakra pur à sa fille aînée, qui s’était révélée par un heureux hasard porteuse du même don que lui. La Sendai esseulée aurait d’ailleurs tout donné pour que son paternel soit encore à ses côtés, celui-ci malheureusement décédé des suites d’une maladie en tout point identique à celle tourmentant à présent son enfant. Aujourd’hui, cependant, Masashi renaissait, en quelque sorte, sous l’apparence d’un Yasei, comme si le destin daignait finalement apporter un peu d’espoir à l’ancienne yukijine, au pied de cette immensité millénaire… Un espoir que la condamnée espérait réel, sur lequel elle voulait s’accrocher.

« Survivre… Tu m'en fais la promesse, n'est-ce pas, Zeref-Senseï? Toi et moi, nous survivrons, hein ? J'ai peur de voir d'autres… proches… mourir. L’entièreté de ma famille, de ma tribu, à Yuki no Kuni, a été anéantie, vois-tu ? Et plusieurs assassinés sous mes yeux. Mes frères et soeurs, mon père… Il ne me reste que ma mère, que je vois très peu, d’ailleurs, étant restée au hameau qui nous avait accueilli autrefois, alors que nous n’étions que de vulgaires réfugiées. Tu sais, j’ai été chassée de ma terre natale, forcée de fuir la queue entre les jambes, incapable de protéger quiconque du fait de ma propre faiblesse. Cet… échange... que tu me proposes, je l'accepte, Senseï, mais je ne veux pas gagner en force uniquement dans le but de me défendre. Je veux combler cette faiblesse, dans le but de protéger la vie des êtres qui me sont chers, des plus vulnérables de ce monde, de tous. Bien que je ne me sois pas complètement intégrée à ce village encore, je veux en défendre les habitants, leur venir en aide et ce, au meilleur de mes capacités. À mon arrivée au Pays de l’Eau, je me suis jurée de protéger la vie, qu’elle fusse amie… ou ennemie. Éviter les bains de sang tels que ceux qui tintèrent mon enfance. J’imagine que je suis naïve de penser cela, et qu’en gagnant en expérience, ma vision s’en trouvera changée… Mais... Je ne sais pas, c'est ce qui m'anime. Qu’en penses-tu ? » demanda la Sendai, le regard vibrant d’une lueur inédite, reflétant à la fois l’angoisse et la détermination qui l’animaient désormais.

Peut-être en avait-elle trop dit, en cette première rencontre, pensa la genin. Craintive, elle ne voulait aucunement effrayer son interlocuteur, ou alors paraître lourde. Il était cependant important, à ses yeux, que celui qui devenait son Senseï comprenne d’où elle venait, où elle désirait se rendre. Établir un lien fort, comprendre les aspirations de chacun, assurerait sans doute une meilleure cohésion et développerait, au fond, une base de confiance, au sein de cette équipe naissante. Bien que cela puisse rendre anxieuse la jeune femme au passé trouble, ce passage lui parut nécessaire, et la discussion, inévitable.

« Je me questionne aussi, à vrai dire. N’ayant jamais fait partie d’une équipe, j’aimerais te demander une chose : Qu’attends-tu de moi, concrètement, comme élève, outre gagner en force ou apprendre sous ta gouverne ? Si plusieurs responsabilités t’incombent en tant que professeur et mentor, il en va de même pour moi, j’imagine, non ? Respecter la hiérarchie, suivre les ordres, participer à des entraînements ou des missions… ce genre de choses ? Personnellement, j’aimerais aussi être en mesure d’apporter davantage au village, d’une manière ou d’une autre. Si d’aventure tu avais des suggestions à me proposer, ce serait un plaisir de les recevoir. » dit-elle, le sourire aux lèvres, une douceur et une musicalité berçant sa voix sibylline, quoiqu’un brin affectée par sa précédente crise. « Concernant le mal qui me ronge... Tu m’avais mentionné un certain médecin du village, particulièrement doué, c’est cela ? Qui est-ce ? Pourrais-tu me le présenter bientôt ? Cela me rassurerait que tu sois présent, d’ailleurs. Seule, je ne sais pas si j’en aurai le courage. J’ai… peur… de recevoir de mauvaises nouvelles. » conclut-elle, ses prunelles rosées s’assombrissant brièvement.

Sentant alors la fatigue gagner son corps meurtri par les assauts répétés de la maladie, celle qui arborait une splendide chevelure argentée ne repoussa point l’invitation - ou l’ordre ? - de son nouveau Senseï. Celui-ci disait vrai, après tout : le confort relatif de son appartement serait mieux adapté à la récupération que l’imposant tronc d’un arbre vieux de plusieurs siècles, bien que Mayumi appréciât la compagnie du feuillu et de la nature en général. Aussi acquiesça-t-elle aussitôt aux propos de Zeref, l’invitant au passage à l’accompagner jusqu’au lieu de son domicile.

« Est-ce un premier ordre de la part de mon Senseï ? Vous revêtez rapidement le costume, monsieur Yasei... » fit-elle, taquine, en tirant légèrement la langue. « Plus sérieusement, tu as sans doute raison, Zeref, je vais rentrer et me reposer. » soupira-t-elle, en massant délicatement son épaule gauche, tendue. « Je ne refuserais pas d’être raccompagnée… Si une nouvelle crise devait survenir au beau milieu de la rue, je… Voilà. Oui, j’aimerais que tu viennes avec moi… » souffla la Sendai, gênée. « J’habite dans les quartiers populaires de Kiri, non loin d'ici. Les logements y sont plus abordables. Ce n’est pas particulièrement luxueux, mais c’est tout ce que je peux me payer, en ce moment. J’aurais quelque chose à… t’offrir, une fois sur place, si tu le veux bien. Rien de méchant, je te rassure. »

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Mer 7 Oct 2020 - 22:15
J’écoute les craintes de Mayumi avec beaucoup d’attention. Je ne sais comment être un professeur, mais je sais comment être présent pour autrui, car je l’ai déjà été, par le passé. Des personnes de confiance, et pour qui j’éprouve respect et amour, il n’en reste presque plus aujourd’hui, du moins pas dans le monde des vivants, mais il y a seulement un an, peut-être même moins, ma situation était différente, et j’étais presque « normal ». Lorsque la Sendai me demande de ne pas mourir, mon réflexe est de vouloir le lui promettre, mais une partie de moi n’aime pas cette idée de promettre sans certitudes. Le Yuukan est un endroit dangereux, et même au sein des murs de Kiri, la mort n’est pas impossible. Des monstres tels que l’Homme au Chapeau et ses sbires existent bel et bien, et j’ai déjà failli perdre la vie une fois à cause d’eux. Je hoche la tête, ne prononçant aucun mot que je pourrais regretter, et elle également.

Suite à cette demande, mon élève me raconte une partie de son histoire, et je suis captivé – aussi malsain cela puisse paraître – par les terribles événements qu’elle a vécus. Elle achève son récit en dévoilant son idéal. Aussi étonnant que cela puisse paraître, je souris en l’entendant hésiter.

« Mon avis sur la question n’a aucun intérêt. Si tel est ton idéal, alors il en est ainsi. Pour tout te dire, de mon côté, sauver la vie de mes amis et alliés m’importe plus que sauver celles de mes ennemis. Pour autant, je n’aime pas tuer si une autre solution se présente à moi. Si tu m’avais dit que ton souhait était l’opposé, à savoir tuer des gens sans raisons particulières, j’aurais dû t’en dissuader en tant que membre de la Kenpei, bien entendu. »

Lui adressant un sourire aussi chaleureux que faire se peut, je songe à l’ironie de ce qu’est la justice. Tuer est mal, et il faut empêcher les gens de le faire s’ils n’ont pas de « bonnes raisons ». Un idéal basé sur cela fait d’une personne un sociopathe, ou un psychopathe. A l’inverse, un idéal bienveillant, même s’il paraît stupide, sera toujours bien vu et jamais l’on n’essayera d’empêcher quelqu’un de vouloir sauver des vies. Je n’avais jamais réfléchi au sujet, néanmoins, Mayumi me fait remarquer involontairement que mon raisonnement n’est pas purement cohérent. « Si c’est ton idéal, alors il en est ainsi »… Sauf si tu souhaites faire le mal. Je laisse cette aberration de côté, et j’écoute de nouveau la belle églantine.

« En tant qu’élève, je ne te demanderai pas une obéissance aveugle. Bien sûr, au moins en présence d’autres personnes, tu me devras une certaine forme de… respect. Mis à part cela, j’attends de toi que tu me fasses confiance, et j’en ferai de même. Pour que je puisse t’aider, aussi bien en tant que ninja, qu’en tant que personne, il me faut savoir si quelque chose ne va pas. Mais cela ne représente en rien une obligation, bien sûr. C’est à toi de voir si, et quand tu as besoin de mon aide. »

Je me rends compte en prononçant ces mots qu’une part de moi – autre que le professeur autoproclamé – a voulu s’exprimer. Mes mots sont justes, mais d’autres raisons se cachent derrière cet intérêt pour l’état de la jeune femme.

« Pour ce qui est du médecin, nous pourrions aller le voir dans les prochains jours, oui. Je t’accompagnerai si tel est ton souhait. »

Une nouvelle fois, mes mots ne me semblent pas cohérents. Pourquoi un professeur accompagnerait-il son élève à un entretien médical ? C’est absurde. Alors que Mayumi accepte de rentrer, avouant sa fatigue, sa taquinerie me met mal à l’aise et me fait légèrement rougir. Alors que je m’apprête à lui dire qu’elle se trompe, elle annonce que c’est une blague, et je m’évite ainsi de me ridiculiser. Je me dirige vers la ruelle menant à la rue adjacente, avant de m’arrêter un instant, hésitant.

« Si tu en as besoin, n’hésite pas à t’appuyer sur … moi. Je ne voudrais pas que tu te fasses mal en cas de nouvelle chute… »

Qu’elle l’accepte ou non, le chemin jusqu’à sa demeure débute, et j’ignore pour quelles raisons, mais la présence de la Sendai n’est plus si anodine pour moi.





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