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L'éveil [LIBRE]

Sakkaku Haise
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Jeu 17 Sep 2020 - 5:34
À l'infirmerie

Venant tout juste prendre conscience après le carnage qui venait d’avoir lieu, le Sakkaku leva brièvement les yeux vers ce qui semblait être une lumière. Douce lueur lui rappelant la triste réalité, l’espace d’un instant, il se demanda si tout ce qu’il avait vécu n’était qu’un rêve, qu’une douce euphorie. Pourtant, les entailles au niveau de ses bras lui rappelaient avec violence ce qu’il venait tout juste de traverser.

Haise avait perdu ce combat, mais ce n’était pas l’aspect qui le faisait souffrir le plus. Au-delà du fait d’en sortir victorieux ou non résidait une fierté à conserver son honneur coûte que coûte. Pourtant, il avait tout perdu contre le pire ennemi qui soit : lui-même.

Devant une illusion relativement perturbante et irréaliste, il avait cédé à ses plus grands vices, à commencer par le regret et la tristesse pour se finir par la haine et la colère. Aux yeux de tous, l’être de lumière était sorti de son ombre, un antipode bien sombre qui avait dévoilé des couleurs tout aussi tristes.

Bercées par les quelques larmes l’ayant emporté vers le monde du repos, les douces plumes l’ayant endormie avaient servi de réconfort soudain et temporaire. Ainsi, il ne put en aucun cas retenir quelques larmes qui peu à peu s'essuyaient pour laisser place à un corps vide, mais songeur.

Si on avait pu différencier le corps d’une âme, le réceptacle inanimé du genin était laissé à l’abandon tandis qu’il se demandait pourquoi il avait eu à traverser tout cela.

Ayant suivi son intuition de base, il savait mieux que quiconque qu’il aurait dû les pousser à abandonner plus tôt. Pourtant, ils avaient tous souffert dans ce combat qui n’avait pour gagnant que la dissonance persistante qui vivait et demeurait. Que ce soit Yume et son compagnon ailé, Liuqin et son cerf brûlé ou Haise… tous avaient souffert. Or, dans cette ultime et dernière conclusion, une seule chose résidait : il était constamment seul.

Devant se faire à l’idée qu’il ne pouvait continuer de fuir ses démons, il acceptait pour la première fois l’importance de la souffrance que pouvait représenter l’acceptation de la douleur et de la défaite. Rongé par de nombreuses émotions négatives, il était tout ce qui avait attrait à un vase trop plein. Certes, aux yeux de tous, il manipulait les illusions, donnant une façade comme quoi la réalité n’était qu'un jeu pour lui. Pourtant, celui qui avait le plus été marqué d’insouciance face à ses supercheries n’était nul autre que sa propre personne.

Ainsi, le nouveau Sergent n’était pas mieux que celle à qui il avait reproché une multitude de choses. L’ayant critiqué pour son désir d’aller trop loin dans un simple tournoi, ne l’avait-il pas fait à son tour ? Qui plus est, pourquoi devaient-ils réellement s’affronter dans un tel tournoi ? Qu’essayaient-ils de prouver ?

Serrant les dents, un mince filet de sang perça sa bouche. Il était rare de voir Haise éprouver des émotions, pourtant, il les vivait comme il ne les avait jamais vécus par le passé.

Par chance, graduellement, il avait commencé un cheminement l’amenant peu à peu à voir les choses différemment. Lui qui de nature préférait rester à l’ombre pour éviter les regards rieurs et jaloux des autres s’était-il joué des tours à lui-même ? À force de cacher son potentiel, s’était-il caché de lui-même, de ses réelles ambitions ? Avait-il adapté ses réelles aptitudes pour mieux cadrer dans ce monde et pour mieux plaire ? À qui cherchait-il à plaire sachant que sa meilleure amie n’était que la solitude ? Pourquoi s’était-il caché de ses réels désirs ? Avait-il cru atteindre une quelconque sorte de paix sous cette forme ou se mentait-il à lui-même depuis si longtemps ?

Tant de questions parcouraient son esprit et pourtant seule la douleur voyait sa connotation prendre différentes teintes. Tantôt sous forme de larmes, plus tard sous forme de haine, le bleu de ses iris était plus sombre que jamais, voire même éteint.

Malgré tout, il vivait quelque chose de relativement étrange. Aussi particulier soit cette situation, dans cette pièce dont il n’était le seul acteur, il ne s’était jamais senti aussi vivant, comme s’ils apprenaient pour la première fois à cultiver ses émotions…

L’être qui avait appris à maîtriser la flamme en y canalisant sa colère saurait-il canaliser sa tristesse dans une forme différente ?

Dès lors, il entendit des pas venir dans sa direction. Était-ce la police qui se présentait sur les lieux pour le destituer de ses fonctions? Après tout, il avait déjà eu un avertissement par le passé non ? Peut-être était-ce les nombreuses personnes autour de lui qui l'observait ? Après tout, il était à l'infirmerie, comme tous les rescapés.

Levant son regard, quelle que soit la personne, il ne s’attendait à rien, comme s’il s’était fait à l’idée qu’il devrait traverser tout cela seul. Du moins, c’était peut-être là sa première erreur.

Pourtant, il venait de marquer les premiers pas vers sa première décision : regarder de l’avant et ne plus jamais perdre de vue ses objectifs…et surtout sa personne.

Ainsi, dans le bleu de ses iris se lisait un fleuve perturbé aux allures décidées.

Du sommeil au réveil, de la tristesse à la colère, le volcan venait de jaillir, fracassant la fresque trop fragile pour préserver sa réelle nature.

Ainsi, dans la défaite se trouvait l’éveil : la naissance de la force tranquille.


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Hyōsho Shironome
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Dim 20 Sep 2020 - 17:57







L'Éveil

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Printemps 204, alentours du centre d’Ue, Infirmerie temporaire.

Au sein d’un linceul immaculé, une silhouette frêle se tenait recroquevillée entre les draps de fortune d’un lit d’infirmerie, dont seul le souffle qui s’échappait avec régularité de ses poumons forgeait la frontière entre le monde des morts et ceux des vivants. Ses respirations, entrecoupées de longs soupirs, caressaient sur leur passage les mèches nivéennes parant son visage et trahissaient, petit à petit, l’éveil des orbes azurées dissimulées sous ses paupières.

Bercé au creux des bras de Morphée, ses sourcils s’agitaient sous le joug de pensées abstraites, de réminiscences qui, autrefois, avaient été ravies à sa mémoire. Des brides de son passé dont il faiblissait à trouver la cause ou le sens, longeant son esprit tel un écho illusoire dont il ne pouvait se défaire, désormais.

Laissez-le. Il est déjà mort.

Lentement, ses paupières vacillèrent à l'aube où la réalité et les rêves se mueraient les uns aux autres, tandis qu'une lumière tamisée s'installait sur ses traits reposés, évoquant la présence de bien d'autres âmes autour de lui. Et lorsque son regard éthéré s’ouvrit enfin au monde, bordé du flou de l’éveil, elles n’en furent que plus persistantes, plus réelles. Elles lui rappelaient, à chaque instant où la vie demeurait insufflée en lui, le poids de leur présence et de leur signification qu’il en pouvait expliquer.

Les Hyōsa n’ont que faire d’un bâtard à notre clan.
Tu me demande de laisser mon frère parmi les morts ?!
Ton demi-frère ! Cet enfant n'est pas l'un des nôtres !

Sa silhouette se recroquevilla davantage lorsque le choc de ces deux voix masculines qu’il ne connaissait que trop bien, désormais, revint hanter ses pensées, et infliger le prix de la vérité à cet être qui ne pouvait la comprendre ; pas encore. Ses mains froissèrent les draps qui l’entouraient dans l’espoir de les chasser, pour l’heure. Il était incapable de savoir si ces paroles qu’il entendait se réverbérer dans son esprit furent un jour les siennes… ou si elles lui étaient adressées.

Et lorsque l’enfant des neiges ferma à nouveau ses yeux, délaissant le joug de son passé aux mains de Morphée, ces voix devinrent sa berceuse. Elles s'embourbèrent au même titre que son esprit dans les dédales du sommeil, afin de laisser place aux uniques paroles qui forgeaient son existence, juste ici.

Les échos d'une femme dont il ne connaissait ni le nom, ni la silhouette ; seule une voix qui, malgré le dédain qui l'imprégnait, ravivait un peu de chaleur dans ce torse meurtri.

Tu deviendras un enfant de mon Dieu, toi aussi.

[...]

Bien plus tard, à l'aune d'une après-midi gorgée de la fraîcheur naturelle de la Brume, cette silhouette nivéenne dardait son regard sur l'esplanade qui lui faisait face, portant en elle l'égide d'une nouvelle arène. Le choc des combats s'était arrêté depuis peu, sonnant par leur absence le glas de cette troisième épreuve. Ses pupilles éthérées vinrent se loger sur ses paumes, relevées devant lui dans un intense désir de retrouver la familiarité de la glace qui paraît son corps. Et comme pour répondre au désir sourd de son esprit, ce don qu'il ne maîtrisait pas tout à fait encore glissa ses caresses de givre le long de ses doigts, allant jusqu'à éveiller ses flocons sur les revers de son kimono, bien trop épais pour la saison. Un fin sourire se nicha sur ses lèvres tandis que sa peau réagissait à la présence de cette neige ; un frisson, qui parcouru son échine comme une tendre amie. Le visage de Kan s'imposa à son esprit, à cette pensée. Il aurait voulu le retrouver avant l'épreuve finale ; mais le temps ne lui offrirait point ce cadeau.

Alors, doucement, ses talons revirèrent la course qu'ils lui avaient autrefois imposé pour retrouver le chemin des tentes de cette infirmerie improvisée, conscient qu'une once de repos serait loin d'être de trop après tant d'efforts : et bien que le givre eût disparu de son corps, ses rémanences demeurèrent encore un instant sur l'onde du tissu couvrant ses muscles.

Et tandis que son regard revint trouver la courbe de l'horizon, ses iris azurées s'écarquillèrent avec légèreté sous la surprise. Une nouvelle silhouette s'était jointe à elle, le temps de son absence ; celle d'un genin qu'il avait entrevu, à l'heure où tous signaient les décharges les dépossédant de leur vie. Il ne fallut pas longtemps à cette âme torturée par son passé pour reconnaître en son vis-à-vis la familiarité d'un tel sentiment.

Et bien que l'écho des réminiscences d'autrefois demeuraient tout aussi vivaces, trahissant une ascendance dont il avait été dépossédé dans leurs paroles... Shironome s'accorda à les laisser reposer au plus profond des silences que pouvaient forger ses pensées. Le temps d'un instant, elles pouvaient retourner à l'aune de leur naissance : une époque révolue.

Doucement, ses pas guidèrent sa silhouette près du lit où il fut autrefois allongé, faisant face à celui qui semblait être en tout point son aîné, étrangement. Pourtant, cela ne le dérangeait pas.

« C'est toujours difficile de se réveiller d'un songe, n'est-ce pas ? », glissa-t-il dans un murmure tandis qu'il s'asseyait sur les draps défaits, le regard perdu dans le vide qui les entourait.


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Sakkaku Haise
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Mar 22 Sep 2020 - 22:38


Entendant une voix le ramener vers la triste et froide réalité , il se rappela aussitôt qu’il devrait tôt ou tard faire face à la musique, répondant de ses actions, mais aussi de ses démons et de ses plus profonds vices.

Ayant le regard noir sans pour autant être totalement assombri par ses songes, le Sakkaku était coincé entre deux mondes relativement différents. Nourrissant ainsi l’éclectisme de ses états d’âmes, le retour à la réalité était beaucoup plus vif que les moindres blessures physiques qu’il avait eu à subir.

À ce niveau, elles étaient presque éphémères, voire anecdotiques. Pourtant, pourquoi ressentait-il autant de douleurs ? La souffrance mentale était-elle aussi lourde à porter ou était-il simplement trop sensible ou fragile ?

Après tant de temps à fuir ou plutôt se prémunir des effets de la souffrance physique, il en avait oublié ce qu’il devait réellement protéger, son coeur, son âme et son esprit.

Ainsi, lorsque les paroles de l’étranger percutèrent sa bulle, il n’eut même pas la force nécessaire de l’ignorer ou de faire preuve de nonchalance. Légèrement à vif, il réagit instinctivement, comme un animal décidé qui était pourtant toujours victime de sa situation.

Laissant ainsi un regard mi-perdu, mi-perturbé se confronter au calme glacial que le genin dégageait, il avait soudainement la vive impression de déjà-vu. Étant pourtant inapte à préciser où il l’avait déjà vu, il devait lui aussi s’être rendu en finale.

Avait-il souffert la douce conséquence de la défaite tout comme lui ? Fort possible. Dans tous les cas, il semblait nettement plus serein mentalement que son opposant, comme s’il était à un niveau d’épanouissement mental et d’acceptation beaucoup plus élevé.

Ne pouvant décrire comment, le fait d’avoir un élément sur lequel se concentrer pour cesser d’être confiné dans le gouffre de ses pensées était un premier pas qui saurait l’aider. Or, têtu comme il pouvait l’être, il n'était pas à l'abri que sa lueur d'espoir fuit pour se rendre dans le même gouffre qui le caractérisait.

-J’imagine que c’est encore pire de se réveiller d’un songe pour se retrouver dans un cauchemar réel.

Regardant de manière légère le jeune homme, le Sakkaku se recroquevilla étrangement sur lui-même, posant calmement sa tête sur ses genoux pour ne rendre visible que son regard d’un bleu électrique.

-Désolé, j’ai encore du mal à digérer le fait d’avoir perdu contre moi-même, pas que je te demande de compatir, mais…

Faisant preuve d’étrangement moins de filtre que d’habitude, ses traits se crispèrent, lui faisant ressentir l’inconfort dans lequel il se mettait pour se prémunir de risques auxquels il n’était pas prêt…

-Qu’est qui t'amènes ici ? Aurais-tu perdu aussi un duel mental ? Tu ne m’as pas l’air si mal en point…

Ne réalisant pas qu’il trahissait certaines paroles pour ramener toujours le sujet à lui-même et à son état, le bris de sa défense mentale avait laissé des séquelles beaucoup plus importantes qui le poussaient à verbaliser sa souffrance plus qu’il ne le désirait vraiment. Or, à force de se voir dans un tel état, il risquait de finir par se refermer sur lui-même. Ainsi, pour le moment, il se contentait de reporter son attention sur autrui, observant par le fait même le jeune homme qui ne semblait pas vraiment en mauvais état physiquement...



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