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Oterashi Yanosa
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Dim 27 Sep 2020 - 23:56
Inaltérables, les hauts plateaux se tenaient toujours autours de la cité, lovés dans les montagnes comme autant de gardien silencieux. Quand on songeait au nombre incalculable d’heures d’entraînement cumulées entre leurs bras rocheux immuables par les soldats de la Roche, la comparaison était d’autant plus forte : sans eux, sans leur soutien indéfectible, jamais ils n’auraient pu en réchapper. Mais si les plateaux étaient restés inchangés, il en allait tout autrement pour la cité qu’ils couvaient, et dont on pouvait observer la plus grande partie depuis leurs hauteurs.

Planté là, au seuil d’un précipice impressionnant, méconnaissable recouvert d’un large et ample drapé marron, Yanosa détaillait l’ampleur des dégâts, souffrant au rythme du village, endurant une transformation forcée qui n’était pas sans rappeler la balafre magmatique laissée par Yonbi. La cité se remémorerait certainement à jamais de ce jour où la bête millénaire avait fait irruption en soi de son sein. Mais si de son vivant l’Oterashi n’était pas non plus près d’oublier cette journée fatidique, il était toutefois bien décidé à ne pas la laisser changer ce qu’il était. Balayant un flot de poussière en se détournant du précipice, il s’avança vers le centre du plateau et, juste avant de s’y immobiliser, rejeta en arrière le drapé à capuche sous lequel il se cachait pour l’envoyer s’étaler au sol.

La sensation de la brise sur son corps presque nu, cette plaie béante qui servait de vaisseau à son esprit, lui évoqua tout ce qu’il y avait de pire quant à sa condition d’être humain. Ephémère, fragile, inconséquent : il aurait pu se dissoudre en poussière et se faire disséminer au gré du vent que le Yuukan en serait resté inchangé. Ce sentiment réducteur, cependant, eut tôt fait de susciter en lui un flot contraire : ce qu’il était revêtait évidemment son importance, mais pas autant que ce qu’il faisait, et pour mater le chakra parasite qui lui rongeait les veines, Yanosa était justement bien décidé à agir. Depuis son réveil, il n’avait cessé de la sentir, de la subir : comme un astre solaire aveuglant, l’énergie de Yonbi pulsait sans cesse, apparemment déterminée à acong moment,hever la conquête de son être tout entier.

Un long moment, le guerrier consumé mira ses deux mains, hésitant. Commandant finalement à son chakra comme il l’avait fait tant de fois auparavant, il sentit distinctement les douleurs sur ses mains et ses bras disparaître… Mais, en lieu et place de la roche qu’il avait coutume de trouver à leur place, un mélange bâtard et instable de magma et de mélasse terreuse se forma. Il grimaça, serrant tout autant les dents que ses poings, ces derniers incapables de conserver une forme finie et distincte. De toutes ses forces, de toute sa volonté, le Chûnin consumé par le désarroi se focalisa sur ses mains, y diffusant toujours plus d’énergie pour tenter de les solidifier et de récupérer le contrôle qu’il avait coutume de maintenir à chaque instant sur son pouvoir. Pendant un bref instant, il crut y parvenir. Ce fut toutefois sans compter sur la douleur indicible qui se mit soudain lui noyer les bras. Dans un râle contenu, Yanosa tomba à genoux : c’était comme se briser tous les os, encore et encore, et en dépit de toute son endurance, le guerrier calciné ne put retenir de longs gémissements en se pliant sous le poids de la souffrance jusqu’à ce que finalement, son front ne finisse par s’écraser au sol.

Haletant, il mit un terme à sa transformation, laissant le calvaire se dissiper lentement dans le reste de son corps. Cette bête… Cette créature d’un autre temps avait perverti son essence, l’avait contaminé et infecté jusque dans son coeur. Mais il était loin, très loin d’avoir dit son dernier mot.
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Dim 27 Sep 2020 - 23:57
« Ghyyooooaaaaaaaaarrrh !! »

Il ne lui semblait pas avoir déjà autant souffert à un moment ou un autre de sa vie, pas même alors qu’il avait brûlé vif au sortir des entrailles de Yonbi. Son corps tout entier transformé en un amalgame informe de magma dégoulinant et de roche mêlés, ses pieds immergés jusqu’aux chevilles dans une mare de lave qui avait suinté de ses pores sédimenteux, Yanosa avait l’impression de mourir dans une boucle infinie de souffrances. Son approche, aussi frontale qu’elle était déterminée, n’avait pas encore porté le moindre fruit, mais le soldat de la Roche avait déjà plongé trop profondément pour envisager de faire machine arrière, et c’était doué d’une obstination noyée dans la douleur qu’il continua donc ainsi.

Seul au milieu du plateau, l’Oterashi n’en finissait plus d’emplir toute la zone du magma bâtard qui dégoulinait de son corps et de ses hurlements inhumains, tentant envers et contre tout de se purger du parasite qui s’était invité en lui. Minute après minute, son chakra se déversait, prenant la forme d’un flot sirupeux et mortel bien loin de l’aspect qu’il voulait lui donner, et ce fut finalement dans une fulgurante explosion accompagnée d’un cri perçant et saisissant que son corps se disloqua de tout côté. De petits éclats qu’on aurait pu confondre avec des météorites retombèrent aux alentours. Après plusieurs minutes de silence retrouvé sur le plateau, l’un des morceaux incandescents se mit à s’agiter, parcouru de brefs soubresauts qui le menèrent hors de la mare de lave. Il s’étendit peu à peu, arborant progressivement une forme humaine qui se stabilisa en révélant à nouveau le corps meurtri et douloureux de l’Oterashi.

Si il n’avait pas eu tant de luttes à mener, de combats à livrer, si cette quête transcendantale de la violence parfaite, de l’aboutissement de son essence ne l’avaient pas habité, sans doute aurait-il abdiqué, sans doute aurait-il abandonné. Là, sur la roche chauffée par le soleil, sans doute se serait-il bien vu mourir. Mais de cela pour le guerrier supplicié, il n’en était pas question. Se purger. Malgré son obstination, il devait bien se rendre à l’évidence : cette méthode ne fonctionnait pas. A plat ventre dans la poussière, sous la chape de plomb que faisait s’abattre sur lui le soleil d’été, Yanosa réfléchit aussi bien qu’il le put, accablé de douleurs, respirant l’odeur de sa propre chair meurtrie. Ses doigts brunis et craquelés effleurèrent le sol, éprouvant avec réconfort sa dureté, sa composition millénaire, sentant vibrer à travers lui la force de mille montagnes. La clé, se dit-il alors, se trouvait peut-être là, quelque part.

Plutôt que de tenter vainement de se délester de l’influence imprimée par Yonbi, peut-être la solution résidait-elle dans la domination de la Terre sur la lave ? Réprimer cette énergie étrangère… Cela pouvait-il cependant suffire à lui faire regagner le plein contrôle de ses pouvoirs ? Se retournant mollement sur le dos, Yanosa se laissa aller à la contemplation de cette idée. Teruo retenait dans ses entrailles toute la puissance entière et démesuré de la bête à quatre queues : il ne serait pas dit que lui n’était pas en mesure de mettre en laisse une fraction infime de son chakra.
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Dim 27 Sep 2020 - 23:59
Voir ainsi le dojo qu’il avait largement contribué à bâtir aurait eu de quoi lui fendre le coeur, si il n’avait pas été si peu matérialise. Le bâtiment doté d’une structure particulièrement robuste n’avait pour autant pas échappé aux ravages provoqué par Yonbi : une aile entière avait été littéralement balayée, tandis qu’à différents endroits les projections de roche magmatique avaient laissé derrière elles des trous béants aux contours noircie dans les plafonds, sans parler des retombées et différents effondrements qu’elles avaient entraîné. Le calme plat régnait à l’intérieur, propageant tout à la fois une atmosphère morbide et une sérénité absolue.

Foulant du pied quelques gravas dans l’un des principaux corridors, Yanosa se prit à ressentir un certain soulagement en constatant que l’arbre géant qui trônait dans l’atrium à ciel ouvert était resté intact. Sa joie s’étiola cependant très vite, engloutie dans les marécages de ses pensées, à mesure qu’il progressa vers l’antichambre souterraine qu’il avait jadis pratiqué dans les sous-sols. Du bout des doigts, en effleurant les parois froides et stoïques, il ressentit le besoin impérieux et brûlant de reconstruire, de réparer, de redonner sa superbe non seulement au dojo mais aussi à la cité toute entière. Une ambition qu’il savait pour le moment irréalisable, tant qu’il n’aurait pas réglé le menu souci qui lui labourait les entrailles.

Avec une détermination qui n’avait d’égale que son appréhension à se heurter à un nouvel échec, l’Oterashi s’enfonça donc dans l’antichambre, laissant derrière lui les échos des couloirs vides, et s’installa dans le coeur de pierre sans porter aucune attention à son confort. Dans ces tréfonds, rien ne subsistait d’autre que les ténèbres et le silence. Un silence toutefois tout relatif car, pour ceux sachant écouter, un tel endroit pouvait se faire le relais d’événements sismiques et telluriques localisés à des milliers de kilomètres de là, et si Yanosa ne nourrissait pas cette envie en particulier aujourd’hui, il savait qu’il devrait s’en montrer à nouveau capable pour triompher de son épreuve. Affalé contre une paroi irrégulière dont les aspérités lui rentraient douloureusement dans la peau, il inspira et expira longuement pour se laisser submerger par les sensations qui lui parvenaient. Son lien avec la Terre, avec les fondations du monde, était loin d’être coupé : ce qui était tout aussi certain, cependant, c’était qu’il se trouvait profondément altéré par l’énergie que le Yonbi avait imprimé de force en lui.

Là où se seraient normalement recueillis les échos de la Terre dans son esprit était en tain de naître et de croître une confusion chaotique, un mélange de sa propre colère de laquelle il était si familier et d’un autre sentiment. Une haine, travestie en agneau, une culpabilité qu’il n’aurait pas du ressentir, des émotions parasites qu’il aurait, dans le pier des cas, du être capable de réprimer. Bouffi de frustrations, Yanosa se rappela alors de ses enseignements passés. Il se remémora, pas à pas, comment il était parvenu là où il en était, comment il était parvenu à progresser. Sa prise d’initiative et sa propension à s’affranchir des règles avaient joué un rôle… mais pas aussi important, se rappela-t-il, que sa quête de discipline et de sérénité, qu’il avait poursuivie pour tempérer ses inclinations. Lentement mais sûrement, le guerrier méconnaissable s’embourba donc calmement et volontairement dans les intrications de ses pensées et de ses sentiments, retrouvant peu à peu l’homme qu’il était devenu… et celui qu’il aspirait à être.
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Lun 28 Sep 2020 - 0:02
Il pensait avoir atteint le point le plus profond de sa transe lorsqu’il sentit distinctement son coeur s’emballer sans raison apparente. Cette chose au fond de lui semblait bien décidée à faire se dérober la quiétude qu’il cherchait à retrouver, et ce fut alors tout le corps du guerrier consumé qui se tendit de toutes parts. Lové dans la roche, il ignorait combien de temps il avait déjà passé là, à restaurer petit à petit sa connexion avec la Terre, à y diffuser par petites touches inconséquentes des bribes de son chakra pou réparer ce lien qui lui était si précieux, plus précieux à y réfléchir que toutes les interactions envisageables avec d’autres êtres humains. Tout aussi sûrement que ses progrès lui étaient perceptibles, un obstacle insurmontable demeurait entre lui et la pleine préhension de ses pouvoirs. Ces mêmes pouvoirs… que désirait lui enlever le Chapelier.

Une hérésie. Un non-sens, ni plus ni moins. Yanosa ignorait à quel point l’homme qui s’était finalement présenté comme Sakaze Tôsen se fourvoyait, ou quelle part d’hypocrisie se cachait derrière ses propos, mais il était inconcevable pour l’Oterashi de pouvoir ainsi faire une croix sur ce qui était à présent ni plus ni moins que son identité. Ce qui était parfois réduit, par déformation professionnelles, à de simples capacités ninjas, transcendaient en réalité pour sa part largement les carcans dans lesquels on cloisonnait le plus souvent la manipulation du chakra. Il ne se transformait pour son cas pas simplement en roche : il devenait, la roche, se faisait son prolongement, et accédait à un niveau de conscience et d’existence qui allait bien au-delà de la simple humanité. Ce n’était pas tant lui qu ponctionnait ou empruntait les forces des entrailles de la Terre, mais plutôt la Terre elle-même… qui lui octroyait ses dons.

Habité par ces pensées, tout fit soudainement sens dans l’esprit du guerrier maintes fois brisé : dans ce combat, il n’était pas seul. Il n’avait jamais, été seul, et ne le serait jamais. Pas tant que Tôsen et ses sbires ne seraient pas arrivés à leurs fins. Bravant la peur qui avait voulu s’insinuer insidieusement en lui, Yanosa en appela donc à la roche tout autour de lui, transformant son corps en faisant ployer le chakra du Yonbi sous toute la puissance pangéenne des profondeurs qu’il parvenait à faire transiter en lui. Plus lentement qu’à l’accoutumée, sa chair et ses os se changèrent en pierre, et lorsque son changement de forme s’acheva enfin, le Tellurique se risqua à ouvrir les yeux. Dans l’obscurité, une douce lueur orangée pulsait depuis son buste, dans lequel subsistaient de larges sillons incandescents.

Un petit élan de colère et de panique tenta d’envahir son esprit, mais il ne le laissa pas faire : sans fléchir ni faillir, mettant à profit non seulement ses ressources mais aussi celles que lui conférait la Terre elle-même, il se visualisa, écrasant la bête, la réduisant encore et encore, la muselant sans rage ni haine, laissant simplement le poids millénaire des montagnes et des substrats invisibles et éternels réprimer ses ardeurs bouillonnantes. Un long moment, il resta ainsi dans l’antichambre, noyé dans le silence. Et lorsqu’il rouvrit finalement les yeux, seul un mince filet de lumière, plus ténu que le rougeoiement de la dernière braise d’un feu de camp, accueillit son regard. Quelques injures bien senties à l’encontre de l’entité simiesque affluèrent dans son esprit, mais il se ravisa. Le travail continuait.
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