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Mort, vie, renaissance [Sharrkan]

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Meikyû Raizen
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Dim 4 Oct 2020 - 21:43

Parcourant la nuit de Kaze, le Meikyû était tout juste sorti d’une situation critique qu’il avait pris le temps de se promener au sein de Taiyô pour voir l’état de la population actuelle. Ne pouvant se reposer devant un tel carnage, le décompte des blessés était important, voire violent. Ainsi, devant lui, il pouvait voir les conséquences de leur affrontement contre le divin. Réalisant par le fait même que sans la mort d’Ichibi tout ceci ne se serait passé, le Meikyû maudissait intérieurement le fait qu’ils n’aient pas été plus efficaces que cela. N’étant pas un héros et loin d’être utopiste, survivre au prix de la moitié de la population était certainement un miracle, mais demeurait lourd à supporter. Pourtant, parmi tous les scénarios qu’il avait pris le temps de remuer dans son esprit, celui-ci n’était pas le pire.

Bien au contraire, la situation aurait certainement pu être beaucoup plus critique que cela… Or, qui était-il pour juger ? Il avait certainement perdu des proches et des connaissances à travers cet épisode, mais une bonne partie de sa famille proche avait quitté Kaze il y a de cela assez longtemps. Séparés de ce monde en trouvant le sommeil absolu, seuls quelques membres de son clan et son attachement naturel représentaient son lien avec ce pays. Bien que ses quelques connaissances toujours existantes venaient de décéder, Raizen arrivait à garder la tête haute.

N’ayant pas le choix, il se devait de garder une posture de force pour aider les plus fragiles à traverser ces lourdes épreuves. Après tout, ce pays avait trop souffert pour mériter d’être de nouveau victime d’une grande catastrophe. Sortant du joug des traditions sous le règne de l’impératrice, ils pouvaient dorénavant mettre un terme à un grand chapitre alors que le divin venait jusqu’à preuve du contraire de quitter leur monde.

Donnant ainsi à cette nation l’opportunité de renaître de leurs sables, un bon moment allait être nécessaire avant que cela se fasse. Pour le moment, faire son deuil était le plus important.

Une fois les blessés visités et leur situation stabilisés, le Meikyû utilisa ses aptitudes de détection afin de visiter la dernière personne qu’il n’avait pas vue : Sharrkan.

Frère du Fukkatsu, il savait pertinemment que celui-ci était retourné à Kaze pour renouer les liens avec sa famille. Ainsi, Raizen espérait que ceux-ci n’aient pas trop souffert. Sans quoi, il voulait s’assurer d’être présent pour lui, surtout qu’il avait subi comme plusieurs de nombreuses blessures issues de sa tempête. Portant le fardeau d’avoir blessé ses compères, il espérait tout de même que celui-ci n’était pas dans un mauvais état.

Ainsi, il se dirigea vers la fameuse empreinte qu’il reconnaîtrait parmi tant d’autres. Pour l’avoir côtoyé longtemps, l’ancien Chef du Fukkatsu avait mémorisé son empreinte comme celle de tous les membres. Sous la confiance de Sazuka, il n’avait pu s’empêcher d’affiner ses aptitudes de détection pour pouvoir un jour retrouver le moindre membre disparu si jamais cette situation venait à arriver. Étant de sa responsabilité, bien qu’il ne l’avait jamais réellement montré, il avait toujours considéré chacun des membres de cette organisation comme sa famille.

Ainsi, en constatant que l’empreinte chakratique de Sharrkan était dans un lieu inaccoutumé du désert, il ne put s’empêcher de s’y diriger avec empressement. Désirant fort probablement être seule à un certain degré, la solitude était étrangement une complice apaisante dans les moments difficiles. Toutefois, elle était aussi une arme à double tranchant…

Dès lors, ne préférant rien laisser au destin, il se présenta au beau milieu du désert, là où seule la lune les accompagnait dans un moment tout aussi mystérieux qu’angoissant.

S’approchant ainsi sans masquer sa présence pour ne pas le mettre en état d’alerte, il éleva sa voix :

-Sharrkan.

Poursuivant ainsi ce trajet, il n’eut qu’à faire quelques pas dans le sable pour constater le poids de son approche. Difficile, chaque pas vers l’avant multipliait le poids de ce qu’il appréhendait. Pourtant, il ne rebroussait pas chemin, poursuivant sa route jusqu’à saisir l’épaule du jeune homme :

-Comment te sens-tu ?

Une simple question qui pourtant ouvrait une boîte de pandore. Il n’avait pas encore vu l’expression faciale du jeune homme ni l’état dans lequel il était. Pourtant, il était étrangement soulagé de l’avoir retrouvé en vie et debout après ses blessures. Or, mieux que quiconque, il savait que l’enveloppe n’était qu’éphémère face à l’âme qui l’habitait. Glacial comme le désert en soirée, il libéra sans appel une cape chaude sur les épaules de celui-ci en attente de voir dans quel état il se trouvait. Paré à toute éventualité, Raizen était là.


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Lun 5 Oct 2020 - 2:47
Clignant des yeux plusieurs fois, Sharrkan sortit subitement de l'état semi-conscient dont il était prisonnier depuis un trop long moment. La nuit était bien avancée, il se trouvait en plein milieu du désert et il n'avait aucun souvenir depuis son départ de la Capitale. Peut-être avait-il marché en dormant... Mais il était maintenant bien réveillé. Son regard bien habitué à la pénombre se posa sur ses doigts totalement endoloris, crispés plus que nécessaire sur les affaires de Bogi. Au moins, il n'avait rien perdu en chemin.

Le bruit des pas dans le dos du Kazejin lui rappela ce qui l'avait tiré de son état de transe : entendre son prénom. Et il n'avait pas besoin de se retourner pour savoir à qui appartenait cette voix et cette intonation. Grâce à cette année passée à Joheki, il aurait même pu le reconnaître sans l'entendre ; seulement à sa démarche, comme pour tous les membres du Fukkatsu.

Le manieur de chaleur se figea un moment, ne s'attendant pas à trouver soudainement de la compagnie et encore moins celle de Raizen. Un peu plus alerte qu'avant, il réalisa qu'il devait être dans un état lamentable ; entre ses vêtements, ses blessures, ses yeux injectés de sang et son air certainement hagard, tout indiquait clairement son état. Et il détestait ça. Après ses parents, le Meikyû était probablement la personne l'ayant le plus souvent vu dans des états de faiblesse... ce qui était déjà un fait rare en soi. Contre son gré, ces situations étaient arrivées bien trop souvent à son goût ; ce qui ne rendait pourtant pas la fois suivante plus facile que les précédentes.

C'est en sentant la cape sur ses épaules que Sharrkan se rendit compte à quel point il était glacé. Il devait vraiment être profondément dans un état second pour oublier d'utiliser son Shakuton, qui était pourtant un réflexe presque inconscient. Et si Raizen avait remarqué ça, il serait bien difficile de cacher le reste.

« Paré à toutes les situations... »

Murmura-t-il en se rappelant la première fois qu'il avait fait ce constat ; à Iwa, avec les bûches. C'était étrange de constater que même dans la pire des situations, l'esprit était capable de se souvenir des détails les plus insignifiants. Ne pouvant pas plus retarder l'échéance, Sharrkan fit volte face et comme d'habitude, il afficha un sourire confiant. Ou tenta, car la manœuvre brisa à nouveau la croûte de sang séché qui s'était enfin formée sur la plaie au visage.

« Outch, j'espère que ça ne laissera pas de cicatrice. »

Retrouvant un air plus sérieux, il répondit simplement :

« Raizen. »

Bien sûr, Sharrkan n'avait aucunement envie de répondre à cette question. Comme à chaque fois qu'il la posait, comme s'il connaissait la réponse en avance. Et comme souvent, le manieur de chaleur dévia la conversation avec une blague et cette fois-ci, sa porte de sortie était toute trouvée.

« Ou je devrais plutôt dire, Raikage-sama. Félicitations pour ce poste. Je suis un peu déçu de ne pas avoir reçu de lettre où tu me l'annonces toi-même, mais je suis content qu'ils t'aient choisi. Kumo est entre de bonnes mains. »

Et c'était sincère. En connaissant les résultats du vote, Sharrkan avait un peu regretté d'avoir quitté le village aussi précipitamment. Il aurait voulu être sur place au moment de l'annonce, mais il avait été confronté à un choix et n'avait pas voulu prendre le risque de sacrifier sa liberté.

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Meikyû Raizen
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Lun 12 Oct 2020 - 6:12

Observant calmement Sharrkan, un violent frisson s'empara de son corps alors qu'il venait tout juste de déposer une cape sur les épaules de celui-ci. D'un naturel relativement chaud, dans la nuit pourtant glaciale de Kaze, seule une brise animait le calme du désert. Certes bref, ce léger contact qu'ils eurent fut plus que suffisant pour que Raizen ne ressente pas la chaleur usuelle du manieur de Shakuton. Quelque chose clochait et il le savait.

Sans pour autant vouloir poser un jugement prématuré sur Sharrkan, le Meikyû avait l'impression de voir un Inuzuka sans son chien, le voyant dépourvu d'une parcelle de son âme. Relativement contre-intuitifs comme situation, s'il avait un doute, tous les événements qui suivirent ne firent qu'enfoncer la dague déjà pleinement enfoncée dans une plaie aussi béante qu'évidente.

Comme toujours, le manieur de chaleur utilisait de nombreux subterfuges lorsqu'il se faisait prendre dans un moment inconfortable. Pour l'avoir vu à l'oeuvre à de nombreuses reprises, l'homme d'argent déviait souvent ce qui le gênait. Parfois, il ne pouvait se contenir et se contentait de faire preuve de sarcasme, tentant ainsi de tirer une teinte de négativité chez autrui. Représentant étrangement sa manière de parler sans pourtant s'exprimer sur ses faiblesses et ses blessures, le moment actuel était tout autre. Devant l'opportunité d'annoncer un désir de sortir de sa zone de confort, cette situation était malheureusement tout autre. Pourtant, il n'arrivait pas encore à la qualifier, du moins pas sans son aide.

Ainsi, tels de minces grains de sable au beau milieu de nulle part, le Meikyû en était rapidement venu à oublier le froid qui le persécutait à son tour. Concentré, il n'avait qu'une seule et unique chose en tête : son frère de Kaze.

N'étant pas la personne la plus empathique, il était pourtant particulièrement bon pour lire les gens. Ainsi, si un moment de silence plana, ce n'était pas par incertitude quant à son état, mais bien par rapport à sa réponse. Se demandant de quelle manière il était plus efficace d'aborder les possibles pertes qu'il avait subies, Raizen demeura stoïque. Seul un regard concentré, voire persistant, était dirigé vers Sharrkan. N'exprimant aucune violence, la compassion pouvait se lire dans son faciès. Pourtant sérieux, une facette très peu connue de Raizen surgissait. Tel le crave qu'il était et représentait, lorsqu'il mettait la main sur ce qu'il convoitait, rien ne pouvait le freiner ni même l'arrêter. Ainsi, en ce jour, devant le désarroi évident que subissait l'homme avec qui il avait lentement tissé des liens, il ne pouvait reculer devant cette opportunité de lui prêter main forte.

Dès lors, pour les plus attentifs, on pouvait clairement y voir une intensité qui penchait sur deux angles. Inspirant la crainte, il était clair qu'un côté beaucoup plus tranchant de Raizen surgirait s'il continuait cette mascarade. Pourtant, d'un autre angle il arrivait étrangement à connecter avec cette âme qui n'était pourtant pas sienne. En un an, à travers tout leur vécu, il avait eu la chance dans la malchance d'apprendre à connaitre cet homme comme tous les autres au point d'y cultiver une relation quasi familiale.

Ainsi, gardant une emprise sur son épaule malgré tout, il insista de nouveau, cherchant son regard avant d'initier à nouveau les hostilités...

-Sharrkan...

L'observant, son ton pourtant confiant et tranchant venait de changer de timbre. Beaucoup plus chaleureux et patient, il contrastait le tout avec sa poigne de fer. Suffisamment éclectique pour le désorienter, il était clair qu'il ne serait tiré d'affaire de si tôt. Malgré tout, Raizen était paré à toute éventualité, même une réaction quelque peu violente...

Devant une telle âme en détresse, il se devait d'être présent afin de lui éviter de se perdre encore plus qu'il ne l'était déjà.

Loin d'être dans sa nature, sa réaction était pourtant instinctive, causée par le lien intangible qui les unissait, mais aussi par une possible compréhension d'un tel de moment. S'il avait jadis perdu tous ses repères lors de la chute de Kumo, qu'en serait-il si Sharrkan avait perdu bien plus ?

-Réponds à ma question...

Réitérant sa question, il cogna de nouveau à la porte des émotions de l'acteur d'argent, tentant de nouveau d'ouvrir la boîte dorénavant évidente d'émotions qu'elle gardait enfermée...

-Comment vas-tu ?

Ignorant totalement la moindre mention de sa promotion, Raizen n'avait presque pas entendu la question. Pour le moment, il y avait plus important qu'un titre même si celui-ci prêtait bien au contexte. Après tout, Raizen démontrait clairement qu'il était l'ombre qui ne comptait pas du tout lâcher un frère en détresse. De l'ombre naissait la lumière. Ainsi, s'il lui fallait être présent pour que celui-ci puisse lever le voile sur ses émotions, il le serait. Tel était son rôle, à titre de Chef du Fukkatsu, à titre d'ami, mais surtout et avant tout à titre de frères de Kaze : il était là et cela ne changerait pas.


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Mar 13 Oct 2020 - 3:45
Un silence douloureux s'imposa pendant quelques instants et Sharrkan comprit que ses pauvres tentatives pour changer de sujet étaient vaines. Il avait perdu avant même d'avoir commencé à jouer.

Lâchant un soupir de défaite, l'argenté rassembla tout son courage et fixa son regard sur celui du Meikyû. Une fois de plus, il se sentait comme un gosse en train de faire une bêtise, prit sur le fait par un adulte. Une sensation encore plus désagréable que le reste pour Sharrkan, qui aurait seulement voulu se retrouver sur un pied d'égalité avec Raizen. Pas sur le plan hiérarchique ou toute autre échelle futile, juste sur le plan humain. Mais l'histoire semblait se répéter inlassablement, et tant que le manieur de chaleur ne se décidait pas à changer, il devait simplement accepter que leur relation était ce qu'elle était. Et si ce constat aurait dû l'enrager, dans la situation actuelle, cela renforçait seulement sa tristesse. Ce n'était après tout qu'un de ses nombreux échecs.

En temps normal, il aurait persisté sur la défensive, puis serait passé au sarcasme ; il aurait changé de sujet par tous les moyens et, en cas d'urgence comme la dernière fois, aurait tenté la fuite. Mais là, il n'avait pas l'énergie pour se chamailler avec Raizen. Pas l'envie, non plus. Ce ne serait pas ce soir qu'il tenterait de repousser les limites de sa patience.

Mais Sharrkan ne comprenait pas pourquoi l'homme s'acharnait autant à abattre tous les murs qu'il s'efforçait de bâtir, malgré tous les efforts qu'il faisait pour le repousser. Le Meikyû s'entêtait et le pire était que, la plupart du temps, il réussissait à faire tomber quelques barrières. Mais même si l'intention était certainement louable, ce n'était pas chose aisée que de révéler à une autre personne la partie la plus vulnérable et intime de son être, pas après avoir été habitué à gérer seul ses émotions pendant toute sa vie.

Pour autant, comment pouvait-il garder une façade stoïque lorsque Raizen prononçait son nom de cette manière, en affichant cette expression... ? Sentant le masque se briser et avant de perdre tout contrôle, Sharrkan ferma les yeux et baissa la tête, doucement, jusqu'à ce que son front vienne se heurter à l'épaule qui voudrait bien le soutenir.

« Pourquoi.. ? »

Sa voix s'était brisée sur la dernière syllabe, l'empêchant d'aller plus loin. Une amorce de phrase restée en suspens, un seul mot, qui pourtant pouvait signifier tellement de choses. Pourquoi nous retrouvons-nous toujours dans la même situation ? Pourquoi tout cela est-il arrivé ? Pourquoi ont-ils perdu la vie ? Pourquoi n'ai-je pas été à la hauteur ? Pourquoi ne me laisses-tu pas tranquille ?

Tant de questions, tant d'émotions, tant de plaies à vif, invisibles et paradoxalement flagrantes pour qui était capable de les voir. La fatigue, autant physique que mentale, torturait son esprit et son corps à parts égales. Il aurait seulement fallu que... tout arrête de tourner. Que le monde se fige, que le temps s'arrête.

Se permettant de rester quelques secondes de plus dans cette position de réconfort qu'il était venu lui-même chercher, Sharrkan inspira longuement pour calmer ses nerfs puis enfin, il releva la tête. Sans croiser le regard de Raizen, il fixa un point invisible à l'horizon. Et avec une assurance nouvelle, il décida :

« Rentrons. »

Sans plus d'explications, il entama la marche jusqu'à chez lui, n'osant pas s'arrêter une seconde de peur de voir s'écrouler sa résolution ou de tomber de fatigue. Le Meikyû était libre de le suivre s'il voulait réellement avoir des réponses à ses questions. Et même s'il ne ressentait plus le froid, le manieur de chaleur resserra la cape qu'il avait gardée sur ses épaules, comme un bouclier pour affronter ce qui allait suivre.

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Dim 18 Oct 2020 - 22:42


Dans le désert glacial de Kaze, très peu de mots étaient échangés. Contre-intuitif par rapport à ce qui était connu de Raizen, le corbeau se faisait étrangement calme. Se contentant ainsi d'accueillir la chevelure argentée qui se déposa sur son épaule, il ne dit rien. Laissant ainsi s’exprimer ce long silence, seules les paroles blessées du jeune individu brisaient le ton relativement neutre du moment. Pourtant, sous bien des angles, c’en était déjà trop.

N’étant pas une personne empathique, le corbeau pouvait aisément outrepasser cette condition pour justifier sa compréhension de la situation. Passant ainsi de l’observation à la connexion, contre toute attente, ils se retrouvaient respectivement sur une longueur d’onde similaire. Se synchronisant ainsi sur la peine de Sharrkan, il n’avait besoin de rien faire pour lui témoigner qu’il comprenait la situation.

Revivant temporairement une peine cuisante qui s’était emparée de lui lorsqu’il avait jadis cru tout perdre, le Meikyû ne put s’empêcher de se mordre sa lèvre inférieure sous la gravité de la situation.
Devant les barrières tombées, c’était la première fois qu’il voyait bel et bien cette facette du jeune homme, ce côté tout aussi fragile que sensible. Culpabilité, amertume, colère et tristesses semblaient au rendez-vous. Synonyme de tempêtes dévastatrices, les réactions du jeune homme se faisaient pourtant calmes. Perdu dans un océan dans lequel il ne trouvait aucun repère, aucun mot ne semblait se prêter au contexte. Ainsi, seule la présence de Raizen communiquait le message qu’il tentait de lui véhiculer.

L’acceptant ainsi dans ce moment d’inconfort, de faiblesse, de blessures et de tristesses, celui qui avait bien souvent poussé l’enfant du vent dans ses retranchements se montrait présent en personne et en âme. Tel un grand frère, bien qu’il pouvait parfois être dur, la nature de sa présence n’était jamais malsaine.

N’ayant pourtant aucun mérite pour cela, Raizen n’était que le miroir de ce qu’il percevait. Il était ce regard qui voyait au-delà des murailles et des barrières. Naviguant au-delà de la façade, aucune surprise ne perturba sa conscience tandis qu’une flamme triste se distinguait de sa voix brisée.

Être une ombre n’était jamais réellement facile, pourtant cette caractéristique lui convenait bien. Présente en tout temps et capturant l’essence même de la personne, seul le reflet de celle-ci était perceptible, chose qu’il tentait de communiquer à travers ses gestes et ses paroles.

Relativement similaire, Sharrkan leva la tête, évitant du regard les iris miroitants de Raizen. Pourtant, il était clair qu’il ne pouvait échapper à son ombre. Lui servant de rappel, elle agissait aussi à titre de communicatrice, lui rappelant par le fait même qu’il existait toujours.

Ainsi, Raizen put finalement lâcher prise devant ce constat, marchant aux côtés de son frère d’armes. Ne posant aucun regard sur celui-ci, ce n’était pas pour autant qu’il n’arrivait pas à le lire ni à le comprendre. Au contraire, tous deux marchaient à un rythme complémentaire.

Ne désirant aucunement projeter son propre vécu sur celui-ci, il se faisait patient, attendant qu’ils arrivent dans un lieu de repère dans lequel celui-ci serait prêt à communiquer. Or, Raizen le laissait faire son cheminement, agissant comme une parenté symbolique qui existait au-delà du lien de sang. Inexistants, tous deux n’étaient pas liés biologiquement, comme c’était le cas pour tous les membres du Fukkatsu. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de réitérer le fait que pour lui, ils étaient de la famille.

Bien que lui-même ne le réalisait pas encore, Sharrkan était un peu ce qu’il pouvait considérer comme un petit frère. N’étant pas forcément du genre à être protecteur, Raizen était pourtant là à veiller sur lui de manière assez distante. Ce lien aussi intangible que riche expliquait la raison pour laquelle son intuition lui disait de demeurer silencieux, laissant ainsi la manieur de chaleur se nourrir du moment pour ordonner ses pensées, car une fois posé, beaucoup de courage risquait d’être nécessaire pour qu’il accepte de se confier.

Représentant un réel travail sur soi, il était donc important qu’il l’accompagne dans son cheminement. S’il n’osait projeter son propre vécu sur lui par peur de commettre une erreur, il savait pourtant quand quelqu’un avait besoin de cheminer seul et cette situation n’en était pas une. Ainsi, jusqu’à ce qu’il accepte de parler, une fois arrivé chez son jeune frère, il comptait préparer calmement du thé dans le silence le plus complet, le temps que celui-ci l’invite à discuter au-delà des barrières invisibles qui venaient de tomber.

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Lun 19 Oct 2020 - 3:20
C'était étrange, le silence entre ces deux individus qui cherchaient normalement à avoir le dernier mot. Devant la situation, même Raizen s'était tu. Il n'avait pas essayé d'insister, même si Sharrkan n'avait pas répondu à sa question ; fait étrange. Il n'avait pas demandé la destination, ni quoi que ce soit. Le Meikyû était donc capable de se taire lorsqu'il le fallait...

Pour autant, même s'ils n'y étaient pas habitués, ce silence n'était pas inconfortable : ce stade avait été plus que dépassé quelques minutes auparavant. Et de toute façon, le manieur de chaleur était bien trop préoccupé par ce qu'il allait dire pour faire attention à ce détail. L'esprit un peu plus clair qu'avant, il se rendait bien compte que l'exercice se révélerait périlleux s'il comptait cacher certaines choses à Raizen, qui était beaucoup trop perspicace et observateur pour que Sharrkan puisse se permettre de tout déballer sans réflexion. Dans ce cas-là, ça n'impliquait pas que lui.

Mais malheureusement, le chemin jusqu'à la maison fut bien plus rapide qu'espéré et une fois devant la porte, il n'y avait plus de marche arrière possible. Au moins... il n'était pas seul, mais l'argenté n'aurait pas pensé y revenir de sitôt. Il n'avait rien à faire de cette maison au final et il n'y était resté que parce que Bogi était là aussi. Maintenant que ce n'était plus le cas...

Après une grande inspiration, Sharrkan poussa la porte. Le tout résidait dans l'art de maîtriser ses pensées.

« Fais comme chez toi. Si tu as envie de faire du thé, tu peux sûrement trouver ce qu'il faut en fouillant dans la cuisine... je suppose. »

Car les deux compères s'étaient rarement servis de l'équipement ménager offert par Kuuli, préférant flamber leurs salaires exorbitants en mangeant à l'extérieur la plupart du temps, ce qui allait de pair avec cette maison beaucoup trop grande pour imaginer qu'il l'ait payée de sa poche. Certainement une des questions auxquelles il devrait répondre plus tard. La démarche lourde, Sharrkan se dirigea vers la chambre de son colocataire et sans plus de cérémonie, déposa sur son lit ses dernières affaires qu'il avait ramenées. Il se permettrait certainement de retomber dans la tristesse plus tard ; mais pas maintenant.

Puis, après s'être passé de l'eau sur le visage et avoir enfilé des vêtements plus... décents, Sharrkan retrouva Raizen dans le salon. Et maintenant qu'ils se retrouvaient face-à-face, tout le contrôle de lui-même qu'il avait réussi à regagner semblait se briser à nouveau. Merde, il n'avait même pas réussi à trouver un plan. Et bien... tant pis.

Le manieur de chaleur s'affala sur un des immenses sofas du salon puis après quelques secondes de silence supplémentaires, il se lança.

« Tu veux savoir comment je vais ? Tu veux tout savoir ? Je vais très, très mal. Et comme tu vas sûrement demander pourquoi... »

Outch, c'était encore plus difficile que ce qu'il avait imaginé. Il devait se distancer de ces émotions ; énoncer des faits, comme s'il parlait d'inconnus. Remettre en place le bouclier qui était tombé.

« Un de mes meilleurs amis, qui était aussi mon colocataire, a été tué. La personne que j'étais chargé de protéger a disparu avec, certainement tuée aussi. Son corps a probablement été emporté avec celui de Shima et celui de Yasei Tadao. Une... collaboratrice est entre la vie et la mort, complètement brûlée au point d'être méconnaissable. Un autre a le corps en miettes, tout os brisés. Le dernier s'est fait exploser dans la gueule du Dieu. Et moi... je n'ai rien pu faire. »

Sharrkan se redressa, posant ses coudes sur ses genoux, la tête entre ses mains. Et quand il croisa à nouveau le regard de Raizen, un étrange sourire s'afficha sur son visage.

« J'ai quitté mon poste, je suis venu vers toi parce que je voulais te protéger, j'espérais pouvoir faire une différence. Et au final ? Ha, c'est toi qui a été obligé de me protéger pendant tout le combat. Et à cause de ça, tu as été blessé. A ce moment-là... J'ai même cru que... »

Raconter ça à voix haute ne rendait le tout que plus réel.

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Lun 19 Oct 2020 - 5:31

Alors qu’ils venaient d’entrer dans la majestueuse demeure du prince de la chaleur, le Meikyû prit le temps de lui laisser vaquer à ses occupations routinières, le temps de faire ce qu’il faisait le mieux : préparer le thé.

Bien que pouvant paraître accessoire, c’était le genre d’éléments qui étaient importants pour lui. Si l’alcool avait la faculté de briser certaines barrières en venant détruire tout filtre, le thé avait des propriétés bien différentes. Apte à détendre et relaxer les sens, en boire pouvait aisément se rapprocher d’une méditation sur certains angles.

Pourtant, Raizen n’avait pas encore fini le thé que Sharrkan vint finalement le rejoindre. Revenant les mains vides, un court moment d’inattention força le corbeau à se demander si les vêtements qu’il avait entre les mains avant d’entrer dans cet endroit lui appartenaient. Puis, lorsque celui-ci prit finalement la parole, il put finalement céder à ce qui ressemblait à une confession.

Approchant le tout un peu comme un interrogatoire, Raizen était plus ou moins perplexe de l’approche qu’adoptait le kazejine. Pourtant, son mal demeurait visible. S’éparpillant comme de la fumée en plein air, seule la concentration du Meikyû lui permettait de suivre avec attention les éléments qui le bouleversaient.

Or, il se rendit compte assez rapidement que la situation était beaucoup moins simple que prévu. Devant la mixité des événements perturbateurs, du jour au lendemain, le monde qu’avait connu Sharrkan semblait s’être écroulé. Partant plus ou moins sous le timbre de l’urgence, il glissa rapidement sur la destruction, démontrant à quel point il était perturbé, voire agité… Puis, comme si ce n’était pas suffisant, il céda, glissant une pente fatale jusqu’à introduire finalement la réelle source de sa souffrance et de sa douleur.

L’espace d’un instant, Sharrkan avait cru voir le pire. L’espace d’un instant, il avait cru que si quelque chose lui arrivait, que ce serait obligatoirement de sa faute.

Répétant indirectement certaines réflexions du passé, un mélange délicat de déception, de tristesse perturbait le lot déjà garni qu'il portait sur les épaules.

Au même moment, le thé venait d’atteindre à un certain degré son point d’ébullition, signe qu’il était prêt à réagir.

Interrompant ainsi la montée en pression de l’homme d’argent, Raizen se leva avant de se placer aux côtés de celui-ci. Posant ainsi sa main sur son épaule, il l’invita à s’asseoir de nouveau, signe qu’il était présent.

Lui donnant vaguement l’impression qu’il vivait un cauchemar éveillé, son contact avait un objectif varié. Lui rappelant par le fait même qu’il n’était pas seul, ils allaient devoir démêler ça calmement, ensemble.

-Mes blessures ne concernent que moi Sharrkan, tu n’as pas à t’en soucier surtout qu'elles sont superficielles. Si je devais retourner en arrière et y céder plus que deux simples doigts, je le ferais encore, sans aucune hésitation pour protéger des vies importantes et ce en quoi je crois.

Aucun grade ne le ferait changer d’avis à ce sujet, pas même le fait de devenir un Dieu. Préférant ainsi tasser cet élément des possibles sources de ses tourments il poursuivit :

-Tout comme j’aurais pu fuir à tout moment, je pense que tu oublies aussi que ta présence m’a permis de mettre en perspective la situation, tout comme tu as permis de sauver la vie de plusieurs personnes…

Lui laissant quelque temps pour digérer ses paroles, Raizen savait pertinemment qu’il allait être frustré d’entendre tout cela. Après tout, dans une situation d’impuissance, la rationalité n’avait pas sa place. Or, c’était là tout le rôle qu’il jouait jusqu'à un certain degré...

Ainsi, alors que sa main était posée sur son épaule pour l'épauler, il enchaina :

-Par contre, je me doute que ce n’est pas cela qui te met réellement dans cet état, donc je tiens à m’excuser pour tes pertes…

Mettant des mots certainement douloureux sur ce qu’il vivait, d’un ton apaisant, Raizen évoquait le fait qu’il avait subi de lourdes pertes. Or, ce n’était pas pour autant qu’il devait développer le complexe du survivant. Après tout, personne ne méritait de mourir de la sorte ou de ressentir la culpabilité d’être vivant, surtout lorsqu'il avait fait de son mieux au regard des circonstances.

-Et bien que je n’ai pas connu les gens que tu viens de perdre, je peux comprendre comment tu te sens…alors...pourquoi t’empêches-tu de vivre tes émotions…?

Laissant un nouveau silence planer alors qu’il avait toujours sa main sur son épaule pour l’épauler, une violente douleur s’emparait du Meikyû. Pour une des rares fois, il n’arrivait à mettre de mots sur cette empathie qui le saisissait. S’il était connu pour pouvoir comprendre et vivre en symbiose avec ses ancêtres, cette fois-ci, c’était avec la totalité des émotions de Sharrkan qu’il résonnait. Pourtant, malgré la situation relativement limpide, une part de mystère demeurait, comme si ce n’était que la surface de sa douleur…

-Dis-moi tout Sharrkan…

Il y avait des moments pour combattre et il y en avait d’autres pour vivre des deuils et celui-ci n’y faisait pas exception. Préférant ne lui poser aucune question pour le moment, il l’encourageait à s’ouvrir, car derrière se sourire se cachait quelque chose d’encore plus triste que des larmes…

Étant en complet désaccord avec les émotions qu’il ne vivait pas, le Meikyû était prêt à faire ce cheminement avec lui, le temps qu’il accepte de vivre ses émotions et sa déception…

-Et laisse aller tes émotions…vie les…

Difficile, un pincement au coeur nouait la totalité de sa gorge. Brisant les frontières de l’empathie, Raizen avait droit à tout ce qu’il détestait, quelqu’un qui n’osait pas être réel avec lui-même sans même en prendre conscience. Désirant ainsi qu’il éviter de s'infliger un tel supplice, il l’invitait tranquillement à s’exprimer, en espérant qu’il puisse percer les émotions qu’il retenait encore enfouie en lui. Quoiqu'il communique, au-delà de ce masque, une culpabilité malsaine semblait le forcer à se percevoir comme étant le coupable de tout cela, signe que quelque chose se cachait derrière tout cela…

C’était maintenant ou jamais...et bien que Raizen ne le réalisait pas, une larme singulière, voire sourde, venait de longer sa joue. Représentant une réponse naturelle aux émotions qu’il percevait, mais n’arrivait ni à voir ni à totalement comprendre, seule la douleur de le voir s’emprisonner sur lui-même venait de stimuler un tel élément. Presque illusoire, elle était pourtant chargée d'émotions et de ressentis.

Pourtant, il était trop absorbé par le moment pour le réaliser...espérant ainsi que son frère d’armes s’ouvre finalement...

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Lun 19 Oct 2020 - 18:35
Les nerfs à cran, le désespoir de Sharrkan se teintait légèrement de quelque chose d'autre. Il savait bien qu'à ce moment-là, ce n'était pas contre Raizen que sa colère était dirigée mais quelque chose dans ses paroles l'avait fait tiquer.

« Donc, tu dois tout savoir de mes blessures mais les tiennes ne concernent que toi ? Ce n'est pas juste. »

Si jusqu'à maintenant, l'argenté avait accepté de suivre les règles du corbeau et avait mis son ego de côté pour aller dans sa direction, il n'avait pas fallu beaucoup pour que cet équilibre précaire et ô combien fragile soit brisé. Comme d'habitude, c'était la même dynamique qui ressortait. Et si la main sur son épaule était réconfortante quelques secondes avant, elle se faisait maintenant oppressante.

« Arrête de jouer à ça. Si tu veux connaître mes émotions, mes ressentis et mes faiblesses, je veux connaître les tiennes. Si tu veux t'inquiéter et prendre soin de moi, je veux pouvoir le faire aussi. »

S'il avait répondu ça sans réfléchir, ça restait pourtant ce qu'il pensait. C'était peut-être un peu trop brut, un peu trop honnête, un peu trop dur vu la situation actuelle, mais c'était une remarque qui était valable pour tout ce qu'ils avaient vécu jusqu'à présent, beaucoup plus générale que juste l'instant présent. Même si dans le fond... Sharrkan appréciait le fait d'avoir quelqu'un qui s'inquiète pour lui, d'avoir quelqu'un en qui avoir pleinement confiance. Et d'une certaine façon qu'il n'expliquait pas, il voulait aussi être cette personne pour Raizen.

Néanmoins, le manieur de chaleur était soulagé d'apprendre que les informations rapportées avaient été utiles et prises en considération, alors qu'il avait simplement cru que le Meikyû ne lui avait pas fait confiance. Et s'il lui en avait voulu de ne pas avoir fui, surtout pour son poste de Raikage, il comprenait maintenant que c'était pour cette exacte raison qu'il était resté.

« Je n'empêche rien. Je ne sais pas faire mieux. Mais pour moi, c'est déjà beaucoup. Sois content, même ma mère ne m'a jamais vu dans cet état-là... »

L'humour pour désamorcer une situation tendue faisait partie de ses mécaniques habituelles, preuve que son état s'améliorait. Cela pouvait paraître minime, mais énoncer les faits était déjà un grand pas dans l'acceptation. Peut-être que la présence de Raizen n'était pas juste une coïncidence avec sa lente guérison ; malgré tout, à part sa famille, il était la présence la plus rassurante qu'il pouvait trouver.

« Il n'y a rien de plus à dire. Je crois qu'il faut juste... laisser le temps et apprendre à vivre avec. Mais merci de ton soutien. »

Etant assis côte à côte, Sharrkan n'avait pas pu voir l'expression du corbeau jusqu'à maintenant, se tournant vers lui pour ponctuer sa dernière phrase d'un faible sourire. Mais ce sourire ne trouva jamais la voie jusqu'à ses lèvres... car ce qu'il vit sur le visage de Raizen le figea complètement. Même si c'était ce qu'il avait demandé un peu plus tôt, il n'aurait jamais imaginé le voir. Sans même connaître la cause de cet état, cette expression seule suffisait à lui briser un peu plus le cœur.

« Hey... »

Plus habitué à être consolé que le contraire, l'argenté voyait maintenant à quel point il était difficile de trouver les mots appropriés dans cette situation. Il savait mieux se faire comprendre par les gestes que par la parole, mais ne sachant pas où se situait la limite confortable pour Raizen, il se contenta de poser une main par-dessus celle qui se trouvait sur son épaule.

« Tu es là pour moi et je suis là pour toi. On avance comme ça. D'accord ? Si tu veux me dire... ce qui ne va pas... »

Lui aussi devait certainement faire face à ses propres échecs ; ses propres démons.

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Meikyû Raizen
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Lun 19 Oct 2020 - 22:04

Arquant un sourcil, Raizen ne s’attendait pas à une telle réaction. Il fallait croire que même dans une période où il devait être égoïste, son côté altruiste ressortait. Agissant comme mécanisme d’autodéfense au même titre que son humour et son rire cynique, Sharrkan répondait à tous les critères pour énerver plus ou moins le Meikyû.

Ne comprenant pas pourquoi il en venait à s’oublier à ce stade, Raizen s’arrêta tout de même sur sa conclusion, réalisant que c’était surement une manière d’oublier sa douleur et de ne pas la confronter aussi rapidement… Lui rappelant plus ou moins Asami lors de la découverte de sa nature plus ou moins humaine, Sharrkan était pourtant bien différent. Or, contrairement à la dernière fois, Raizen avait l’impression de mieux comprendre d’où cela venait et surtout, comment gérer une telle situation.

-Entre toi et moi, laisser le temps et vivre avec quelque chose n’est qu'un fardeau, pas une vie ni une décision. Sur le moment, ça te réconforte peut-être , mais au lieu de te soucier de moi, tu devrais surement te demander si tu as réellement envie de vivre avec l’idée que tu acceptes ton sort...au lieu de le confronter pour meux le changer.

Calmement, Raizen prit la théière avant de remplir deux coupes de thé.

-J’ai aussi du mal à comprendre à quel moment un blessé demanderait à la personne qui lui vient en aide si elle ne doit pas guérir ses blessures avant tout, c’est simplement contre-intuitif et incohérent.

Relevant le fait qu’il n’était pas du tout d’accord, il offrit une coupe de thé à son frère d’argent avant de prendre la sienne.

Laissant un délicat silence aérer l’ambiance, il laissa ses nerfs olfactifs prendre le dessus, inspirant le doux et réconfortant arôme qu’émanait les feuilles de Kaze.

-Mais si c’est ce qu’il te faut pour que tu sois à l’aise…

Prenant le temps d’absorber le liquide de manière quasi cérémonielle, il patienta un court moment avant d’en poursuivre le dialogue :

-En ce moment, ce qui m’embête c’est de voir quelqu’un nier ses émotions et les fuir quitte à se laisser dominer par celle-ci. J’ai du mal avec le fait que tu te voiles le visage et pourtant, je n’ai pas l’impression que ça part d’une mauvaise intention. Simplement, je pense que tu oublies que vivre ses émotions n’est pas un signe de faiblesse. Dès la seconde où tu mets la main sur ce qui t’inhibe et te retient, tu en sors déjà triomphant, parce que tu sais pertinemment ce qui te dérange. C’est notamment pour cela que je suis là, parce que je sais que te voir trainer un fardeau au lieu de l’exprimer t’empêchera d’être qui tu es vraiment au risque de venir pourrir tes racines, ton futur et ta croissance…

Augmentant clairement le volume de paroles qu’il communiquait, son corps demeurait tout de même calme :

-Avant de tenter de me venir en aide, j’aimerais plutôt que tu prennes le temps de venir en aide à celui qui en a le plus besoin : ta propre personne !

Visiblement agacé, on pouvait voir que ce n’était pas par colère ni par frustration. Pour une des rares fois, une réelle empathie s’éprenait du Meikyû à travers ses propos et son message. Après tout, si Sharrkan ne le percevait pas, le cri que son âme projetait était pourtant aussi limpide que clair.

-À ce stade, j’en conclus même que toi-même tu ne t’es jamais réellement vu dans cet état et que c’est plutôt ça qui te fait peur…

Raffermissant sa poigne sur la coupe, il poursuivit :

-Si tu veux tout savoir, mes émotions et ce que je ressens me font prendre conscience que voir Kaze subir un tel chaos n’est pas quelque chose que j’apprécie au même degré ou je me dis qu’il était de ma responsabilité de mieux coordonner le scellement. Une part de moi ne peut s’empêcher de croire qu’en ralliant mieux les forces, le Dieu serait encore vivant, scellé, mais que l’autre moitié de Taiyo le serait aussi et pourtant, je me doute que ce qui est arrivé est arrivé pour une raison qui était plus ou moins hors de mon contrôle. Une autre partie se dit que j'aurais dit forcé la décision du Q.G de la coalition à Kaze. Le dénouement en aurait été possiblement complètement différent. Pourtant, il est trop tard pour y penser et bien que ça me fasse mal, le reconnaître est aussi ce qui me permet d’avoir la conviction de prendre les choses en main pour que cela ne se reproduise plus…, mais ce n’est que conditionnel au fait que je sois sincère avec moi-même...et c’est justement cela qui me permet d’être là pour toi en ce moment. Si je devais remettre ces constants au temps et espérer que cela se dissipe, ce serait me mentir à moi-même ou plutôt ne pas prendre en main ma situation, voilà tout. Le temps à de nombreuses qualités, mais personne ne le contrôle, ni toi, ni moi. Ce n'est qu'une constante, rien de plus.

Posant un regard sérieux sur son acolyte, il poursuivit :

-Je ne suis pas la personne la plus empathique. Bien souvent, les gens se demandent si j’ai de réelles émotions ou si je ne suis qu’observation. Pourtant, ils n’ont pas totalement tort. Donc, je pense que tu peux comprendre à quel point j’ai de la difficulté à prendre conscience du fait que je perçois plus le mal que tu caches que tu ne te laisses le percevoir…

Ajoutant d’autres paroles , il précisa :

-Donc, avec tout le respect que je dois à ta parenté, le lien de sang n’est pas un argument justifiable tout comme se contenter ne fait partie des valeurs que je prône, car au-delà des barrières se trouvent quelque chose de beaucoup plus solide et significatif que ce qu’on perçoit aux premiers abords, et c’est justement cela qui importe...ce qui se cache là…

Lâchant son verre pour venir déposer son poing sur la poitrine de l’homme en détresse, d’un bref coup sec, il venait de cogner à la porte qu’il gardait bloquée.

Après tout, si Sharrkan avait su maîtriser son esprit et son corps de manière à faire preuve d’un cynisme quasi théâtral, son coeur ne semblait pas encore être prêt à faire partie du tout. Pourtant, plus que nécessaire, c’était primordial s’il espérait vaincre ses démons un jour et réellement découvrir qui il était vraiment en appréciant ses forces comme ses faiblesses...il devrait accepter cette facette de sa personne.

-Alors dis moi Sharrkan, que cherches-tu réellement à fuir et je ne te demande même pas d'être rationnel en ce moment, mais d'écouter ce que tu vies réellement.


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Mar 20 Oct 2020 - 1:47
La conversation prenait décidément un tournant des plus étranges. Alors qu'ils avaient commencé comme alliés, il semblait que la situation se détériorait doucement pour les rendre ennemis. Car malgré le calme plus ou moins apparent, chacun des deux Kazejins semblait monter en tension, tous les deux bien décidé à faire entendre son point de vue à l'autre.

« Changer mon sort ? De quoi tu parles ? Ils sont morts, qu'est-ce que je peux changer à ça ? »

Comme d'habitude, il utilisait de belles métaphores qui au final, n'avait pas tellement de sens une fois mises en place dans la réalité. Parce que c'était bien ça, la réalité : ses amis et collègues n'étaient plus, et même toute la volonté du monde ne pouvait changer ça. La seule chose qui restait à faire, c'était accepter et faire son deuil. Mais décidément, Raizen n'était pas décidé à le laisser tranquille, réussissant seulement à énerver le manieur de chaleur. Au moins, la colère était toujours plus agréable que la tristesse.

« T'es incroyable, tu sais ça ? Je croyais qu'on partageait quelque chose, mais en fait non : tu me fais seulement la morale, une fois de plus. Je n'ai pas besoin que tu m'apprennes la vie. Maintenant encore moins que d'habitude. »

Mais pour qui se prenait-il, au juste ? Un psychologue ? Une mère poule ? Sharrkan ne voulait ni de l'un, ni de l'autre. Pourtant, le Meikyû se permettait de le juger, comme s'il savait exactement ce qui se passait dans la tête de l'argenté. Comme d'habitude, il se sentait obligé de montrer qu'il se sentait au-dessus des autres. Et pendant que Raizen continuait son monologue moralisateur, Sharrkan tentait de contenir la colère qu'il sentait monter en lui. Mais lorsqu'il se permit de poser son poing sur lui, comme un enfant qu'on gronde avec un doigt accusateur, le peu de résolution qui lui restait s'envola. D'un coup sec, il gifla sa main pour le repousser.

« Arrête d'essayer de m'analyser, merde ! Je crois que tu ne te rends pas compte de l'effort que j'ai dû faire pour te dire tout ça ! Mais à la place de simplement écouter, tu te permets de tirer tes propres conclusions et de m'enfoncer. Tu crois que tu sais mieux que les autres ? Que ta méthode est forcément la meilleure ? Chaque personne gère ses émotions différemment Raizen, ce n'est pas une science exacte. Et effectivement, venant de toi c'est un peu fort. »

S'il avait su que la conversation prendrait un tournant aussi désagréable, il serait certainement resté à marcher dans le désert sans but. Au moins, quand il était dans cet état, il ne ressentait rien. Mais encore une fois, comment avaient-ils pu en arriver là ? Sharrkan prit une profonde inspiration pour laisser la tension redescendre d'un cran avant de continuer.

« J'entends tes conseils, mais je n'ai aucune obligation de les appliquer. Je ne suis ni sous ta responsabilité, ni sous tes ordres. Je sais que tu penses faire au mieux mais tu n'as pas le droit d'essayer de me faire changer en quelque chose qui te plaît plus. »

S'il croyait que l'ancien Fukkatsu lui donnait encore des pouvoirs, il se trompait lourdement. Le Fukkatsu n'existait plus. Et malgré ce que ça laissait paraître, ils étaient ici d'égal à égal ; Raikage ou pas, l'argenté ne comptait pas se laisser intimider.

« Et si tu veux aussi un conseil : tu ne peux pas te permettre d'assouvir ton propre besoin de tout comprendre sans faire attention à ce que ressent la personne en face de toi, sous couvert de vouloir l'aider. Ce n'est pas le cas, c'est tout le contraire. »

Mais cette situation avait déjà duré trop longtemps et sachant qu'aucun des deux n'était prêt à changer de point de vue ou faire de concessions, la seule solution était de s'arrêter là. C'était déjà beaucoup trop tard, et la journée avait connu bien assez de moments difficiles pour s'en rajouter inutilement.

« Maintenant, je n'ai vraiment pas envie de débattre plus longtemps sur ça avec toi. Soit tu acceptes que je ne suis pas encore prêt à partager ça et on change de sujet, soit tu essaies encore de me forcer et je vais simplement aller me coucher. Tu es bien sûr le bienvenue à rester dormir ici si tu en as envie, il y a beaucoup de chambres libres. »

Son regard sévère en disait suffisamment pour faire comprendre à Raizen que ce n'était pas du bluff et qu'il ne comptait absolument pas lui laisser avoir l'ascendant sur cette situation.

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Jeu 22 Oct 2020 - 6:44

Observant calmement Sharrkan, Raizen devait avouer ne pas s’attendre à une telle réponse. Du moins, il ne s’attendait pas à ce qu’elle glisse vers cette prémisse. Si dans sa tête, la rage, la colère, la violence et la tristesse étaient tous des éléments possibles à l’égard des mots qu’il avait employés, ce dangereux mélange entre le contrôle, la colère et la tristesse créait le pire des scénarios possibles : un éclectisme qui se transformait en confrontation.

Se faisant ainsi attentif, il ressentit étrangement un léger pincement au coeur à l’égard des propos que proférait Sharrkan. Était-ce la douleur qu’il perçût chez lui ou plutôt le sentiment d’avoir échoué en tentant de venir en aide à son ami qui le faisait sentir ce genre d’émotions.

Ne pouvant réellement mettre une définition sur sa situation actuelle, il se contenta d’écouter, suivant attentivement les gestes et paroles de Sharrkan. Où s’était-il trompé ? S’était-il trompé ?

Frustrant, le sentiment d’impuissance qui s’emparait de ses membres était suffisant pour animer une colère sincère en lui. Pourtant, il n’en faisait rien, demeurant calme face à l’échec visible qu’il venait de causer. Ainsi, avec toutes les bonnes intentions de la terre, il se heurtait à une barrière aussi solide que rigide.

Bien qu’il pensait avoir approché la situation de la bonne manière, il était possible qu’il se soit complètement trompé. Provoquant ainsi le semblant d’un regret, il ne pouvait s’empêcher d’être déçu de savoir que sa tentative d’aide avait été reçue comme un désir d’analyse, une nouvelle découverte aussi tangible qu’une roche.

Loin de lui le désir de vouloir l’examiner comme une nouvelle source d’étude, le Meikyû était certes curieux, mais il n’était pas pour autant un sociopathe. Le lui rappelant indirectement à travers le désarroi clair qui s’emparait de lui, la mine habituellement solide et inébranlable du Meikyû semblait s’apaiser, comme s’il réalisait ses torts et qu’il comprenait que ses propos n’aient pas eu l’objectif désiré…

Plus il y pensait et plus il constatait l’erreur qu’il avait faite, celle de répondre à sa question sur les motifs pour lesquels il n’allait pas forcément bien. Pourtant, devant une telle situation, il avait jadis su s’en séparer quitte à prendre du recul. Or, cette fois-ci, il était tombé dans un gouffre dont malgré les sorties indiquées, risquait de fragiliser possiblement la suite de leur relation et de leur lien.

Dès lors, il croisa ses mains avant de prendre une posture de réflexion qui témoignait du fait qu’il évaluait le pouls de la situation. Ainsi, de longues minutes de silence remplirent l’ambiance déjà lourde. Pourtant, pendant tout ce temps, son regard était encore posé sur la sévérité du visage du jeune homme.

-Je m’excuse pour mes paroles et pour tes pertes Sharrkan.

Après avoir déposé sa coupe de thé, on aurait presque dit que Raizen avait plus ou moins perdu son orientation dans l’environnement, comme s’il cherchait une réponse dans le vide absolu qu’il venait de créer au niveau de ses pensées.

-Loin de moi l’idée de vouloir t’obliger à quoique ce soit, même en étant sous ma responsabilité ou sous mes ordres, rien n'aurait changé dans mon approche. Mes intentions n’étaient pas mauvaises, loin de là, mais je m’y suis peut-être pris de la mauvaise manière, chose que je compte considérer pour la prochaine fois. Par contre, c’est bel et bien parce que je perçois ta souffrance que j’ai agi ainsi. Je pense par contre avoir été maladroit sur la forme et la manière de m’y prendre et pour cela, je ne peux qu’être désolé pour mon erreur.

Étrangement, c’était indirectement ce qu’il avait cherché non? En voulant le provoquer sur certaines zones douloureuses, il avait possiblement touché une zone beaucoup trop sensible et traumatisée pour être mise en surface. Omettant par le fait même que ce mécanisme d’autodéfense ne pouvait être brisé, mais qu’il devait être contourné ou plutôt forcé par Sharrkan lui-même, c’était là toute l’erreur qu’il avait commise.

-Donc, jusqu’à ce que tu désires en reparler, je compte te laisser le temps qu’il te faut. S’il est vrai que laisser le temps faire son travail n’est pas une solution de longue durée, ma méthode ne l’était pas forcément plus. Sache donc que la porte sera toujours grande ouverte le jour ou tu accepteras de nouveau de me faire confiance avec ce que tu vis ou ressens et j’espère qu’à ce moment être plus apte à t’aider.

Se faisant étrangement calme, le Meikyû qui était pourtant connut pour avoir l’ascendant dans de nombreux dialogues. Pourtant, il venait de changer de posture, signe qu'avoir raison n'était pas son objectif. Si le message qu’il avait voulu livré n’avait pas forcément été bien véhiculé, la nature même de celui-ci , bien que maladroite demeurait la même, il voulait son bien-être et l'aider en lui faisant réaliser qu'il pouvait accepter les émotions qu'il vivait au lieu de les renier....

-Je ne suis pas parfait comme tu le sais Sharrkan, loin de là. Je donne constamment l’impression d’être en train d’analyser les gens et ce n'est pas toujours faux. Pourtant, c’est justement sous cette facette ou j’ai failli à comprendre la portée de tes mots et de ton ouverture…

Et cet échec était justement lié au fait qu’il ne savait pas comment gérer un mal qui n’était pas le sien sous cette forme. L’empathie étant quelque chose de tout nouveau pour lui sur un axe aussi profond, Raizen avait adapté une approche très directe qui lui ressemblait, mais qui ne convenait pas à tous sachant qu’il n’était pas le plus habitué à faire cela ou plutôt ressentir ce genre d’émotions…

-Donc, sache que s’il y a quoique ce soit ou que tu désires parler d’un autre sujet que je compte rester puisque contre toute attente et même si ça n’a pas eu l’effet désiré, mon but reste et demeure d’être là pour te soutenir avant toute chose. Par contre, je vais aller prendre un peu l’air si tu décides d’aller te coucher. Merci de ton hospitalité.

Désamorçant ce qui aurait beaucoup pu se transformer entre une réelle guerre, le Meikyû avait échoué dans son objectif, mais il gardait tout de même la tête haute, au cas ou ne serait-ce que l’espace d’un instant, Sharrkan ait besoin de lui. Quant à sa propre personne, il avait déjà une idée de comment orienter son énergie pour s’assurer de ne pas répéter la même erreur. Bien que possible dans un futur aussi proche que lointain, s’il pouvait éviter de blesser inutilement une des rares personnes qui entretenait une certaine importance, il le ferait.

-Toutes mes condoléances, Sharrkan.


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Ven 23 Oct 2020 - 4:37
Il fallait avouer que... Sharrkan ne s'attendait absolument pas à ça. Pendant les longues secondes où un lourd silence planait et où il réalisait tout ce qu'il venait de dire, le Kazejin avait imaginé plusieurs issues à ce problème. Il pensait recevoir d'autres remarques, une attitude froide, peut-être même voir Raizen partir sans rien ajouter. Mais il ne s'attendait certainement pas à recevoir des excuses.

Comme quoi, peut-être que les jugements hâtifs étaient des deux côtés. Toute la tension étant descendue d'un coup, Sharrkan en venait même à se demander s'il n'avait pas été trop dur avec le Meikyû. Malgré tout, il connaissait ses motifs et se doutait bien qu'il ne lui aurait pas fait de mal volontairement. Tout avait été lâché sur le coup de la colère et s'il reprochait à Raizen son manque de tact, il ne venait pas de faire mieux. Mais s'il en avait dit moins, alors peut-être que la situation aurait tourné différemment ; au moins, l'abcès était crevé.

« Je sais bien que tes intentions ne sont pas mauvaises. Et merci de ton soutien, j'apprécie. Je sais que tu es très porté sur les discours, mais ta présence seule est certainement plus bénéfique que tout ce que tu pourras dire. Je sais que j'ai du mal à mettre des mots sur certaines choses, donc c'est plus simple de cette façon. »

C'était là aussi leur différence : peut-être que Raizen était plus sensible aux mots, mais Sharrkan était définitivement plus touché par les actes. Si le cas était avéré, c'était sûrement là la source de ces divergences d'approche. C'était pour cette raison qu'ils n'avaient pas besoin d'en discuter ; le fait qu'il soit là démontrait suffisamment son soutien. Il n'y avait pas de risque que ce soit mal interprété non plus.

« "Le jour où tu accepteras de nouveau de me faire confiance...", comme si j'avais arrêté. Il faudrait beaucoup plus qu'un peu de... d'agacement, pour que j'arrête de te faire confiance, ne t'inquiète pas. Même si ton approche était maladroite, le problème vient de moi à la base. Mais ce n'est pas grave, n'en parlons plus. »

Le Kazejin esquissa même un sourire lorsqu'il entendit le corbeau parler d'analyse. Même s'il sous-entendait que ce n'était pas toujours le cas, Sharrkan pouvait presque voir les rouages se mettre en place dans son esprit pendant qu'il réfléchissait à la meilleure approche. Il était certainement en train d'analyser toute la situation depuis le début pour retrouver l'erreur, comme une machine. Et même si c'était parfois énervant... c'était aussi ce qui faisait que Raizen était Raizen. Il y avait la façon de fonctionner "Sharrkan" et la façon de fonctionner "Raizen", qui étaient souvent à l'opposée. Et en bon impulsif, le manieur de chaleur ne prit pas vraiment la peine de réfléchir avant de dire ce qu'il pensait.

« Tu es sûrement la personne la plus frustrante que j'ai rencontrée. Lorsque je crois te comprendre, tu me montres que c'est faux. Quand... j'ai l'impression qu'on est proches, tu me tiens finalement à distance. C'est comme si on essayait de se parler à travers une vitre et qu'aucun son ne passait : frustrant. »

D'un air dramatique qu'il lui était propre, l'argenté se laissa tomber en arrière sur la pile de coussins.

« Oh et aussi, tu ne te laisses jamais avoir par ce que je dis. Je n'ai pas l'habitude. »

Mais la position était bien trop confortable et bien vite, il se sentit glisser vers le sommeil. Il se redressa donc en se frottant le visage. Après tout, il n'avait toujours pas touché au thé qui avait eu le temps de refroidir depuis le temps. Il avala sa tasse d'un trait, sans même se soucier du goût.

« Merci. Mes condoléances également, il me semble avoir entendu dire que certains Kumojins avaient disparu. D'ailleurs, parle-moi de Kumo. Quoi de neuf ? Comment tu gères le fait d'être Kage ? Est-ce que Kyohei va bien ? Et Anzu ? »

Le manieur de chaleur changea rapidement de sujet pour ce qu'il espérait être plus léger. Avec autant de questions, il était sûr de tenir le Raikage en haleine pendant un petit moment.

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Dernière édition par Sharrkan le Jeu 29 Oct 2020 - 2:21, édité 1 fois
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Dim 25 Oct 2020 - 20:48

Observant calmement la situation, les iris de Raizen se baladait calmement sur Sharrkan qui témoignait soudainement d’un calme soudain, comme si la tempête venait de laisser place à un soleil rayonnant ou plutôt une pluie importante.

Bâillant après une explication aussi enrichissante qu’intéressante, se pouvait-il qu’une montée d’adrénaline se fût produite chez le jeune homme lorsqu’il avait été épris d’un accès à la colère ? C’était fort possible vu la violence des paroles qu’il avait proférée. Après tout, bien que moins tangibles, les mots restaient plus ou moins une action verbalisée. Banalisées chez de nombreuses personnes, elles avaient beaucoup trop de portée pour que le message ne puisse s’y fier. Or, il ne se fiait bien évidemment pas qu’aux paroles. Apprenant de plus en plus à se fier aux autres signaux comme les signes non verbaux, il arrivait bien souvent qu’il compose un savant mélange des deux pour désigner une interprétation véridique ou fausse dépendant la situation et les biais personnels qu’il avait.

Lâchant un léger soupir de soulagement, il décida soudainement de changer sa posture de manière à se rasseoir afin de poursuivre la nouvelle tournure que semblait avoir prise leur discussion. Légèrement soulagé, il ne le démontrait toutefois pas sachant qu’il était paré au pire au regard de la sensibilité de la situation.

-Tu n’es pas plus simple à comprendre Sharrkan et pourtant je n’ai généralement pas l’habitude de me tromper, mais c’est aussi ce qui nous permet d’apprendre et d’évoluer à titre d’individus non ?

Haussant les épaules en ayant les prémisses d’un mince sourire, il devait avouer être relativement paré par défaut aux moindres remarques du jeune homme. Bien qu’il ne le réalisait possiblement pas, il lui ressemblait un peu sous cet aspect. Simplement, Raizen le manifestait uniquement durant certaines occasions précises…

-Sinon, disons qu’il y a des éléments sur lesquels nous divergeons et d’autres aspects sur lesquels nous nous ressemblons …

Non, il ne parlait pas du fait qu’ils étaient tous les deux des kazejines. Or, il préférait le laisser mariner avec une absence de réponse pour le laisser sur son reste bien qu’il était possible qu’il revienne à la charge assez rapidement pour comprendre.

Rassuré de savoir que sa confiance demeurait et subsistait, le Meikyû put poursuivre la discussion calmement. Après tout, si l’échec n’était pas regrettable, le fait de blesser quelqu’un d’important le demeurait. Sachant mieux que quiconque à quel point ce lien intangible pouvait s’avérer délicat, par respect pour les émotions de celui-ci il avait présagé le pire.

Ainsi, par respect pour son courage, la nouvelle ombre de Kumo décida de s’ouvrir un peu plus en répondant à certaines questions qu’il aurait forcément dévié...comme il l’avait fait plus tôt.

-Effectivement, ce n’est jamais agréable de savoir qu’on vient tout juste de perdre des hommes au combat pour une cause qui n’est techniquement pas la leur au premier regard… Toutefois, leur sacrifice et leur contribution n’auront pas été vains bien que j’appréhende un peu la rencontre avec leurs familles respectives. Bien que cela ne puisse rien changer, je m’assurais qu’ils soient honorés et que les structures soient plus adéquates pour les prochaines fois où nous serons menés à être déployé dans une mission dangereuse.

Tout comme il l’avait vu chez les Meikyûs, Kumo se devait de voir sa puissance croître. Sans quoi, il avait plus ou moins crainte d’y voir une nation crouler sous les enjeux actuels avant de pouvoir représenter ce qu’elle avait vraiment le potentiel de devenir..

-Autrement, être Kage n’a rien changé, mis à part que je prends plus de décisions. Je doute que ça te surprenne tout comme les titres ne sont que des appellations, rien n'a réellement changé par rapport à moi d'où le fait que je ne t’ai pas envoyé une lettre pour te l’annoncer. Que je sois Kage ou non, mon apport aurait été similaire. Pour le moment, une fois de retour sur le territoire, je compte officialiser les refontes des diverses activités du village maintenant qu’il est de nouveau sécuritaire. Un peu comme je l’ai révélé lors des élections, je compte bâtir sur les piliers sur lequel repose ; le savoir, le savoir-faire, mais aussi le savoir-être qui est au coeur de la fierté Kumojine.

Ayant un léger sourire à ce sujet, il se remémorait les paroles du Nidaime qui lui avait jadis reproché de manquer de patriotisme pour avoir toutes les qualités nécessaires pour être l’ombre du village.

-Donc si on veut, j’agis un peu comme une ombre en espérant donner la possibilité à tous de briller par leur potentiel.

Passant sa main dans sa chevelure, il arqua un sourcil :

-Kyohei hein… Il va bien ou un peu mieux je dirais. Il est présentement en mission avec quelques Kumojines dont Anzu. Je te dirais bien que je lui passerais un message de ta part, mais je pense que tu devrais le lui passer toi-même en passant au village ou en lui envoyant une lettre…

Ne pouvant s’empêcher de se demander s’ils avaient fait face à autant de turbulence qu’eux, Raizen préférait chasser ses idées de sa tête pour le moment.

-Et Anzu… se porte bien, je suppose ? Le départ de Sazuka a eu un grand impact sur sa personne et était relativement inattendu… donc je pense qu’elle aura besoin d’un peu de temps pour digérer tout cela…

Repensant à Sazuka temporairement, Raizen n’en fit pas un plat sachant qu’il avait déjà plus ou moins digéré la situation, à sa manière.

-Sinon parle-moi un peu de toi… tu ne m’as toujours pas expliqué sur quoi tu travaillais et parlé de tes projets futurs… Après, je comprendrais que tu ne veuilles pas en parler si jamais c'est pas le bon timing.

Lui tendant une perche au cas où il voulait lui parler de tout cela, il en avait presque oublié les circonstances étranges dans lesquelles il lui avait annoncé tout lui expliquer...une fois que tout serait terminé…

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Jeu 29 Oct 2020 - 2:22

« Pff, frimeur. »

Sharrkan lança un bref sourire au Meikyû. S'il avait besoin d'une autre preuve pour s'assurer que le manieur de chaleur allait un peu mieux, il l'avait. Et puis... s'il avait vraiment l'habitude de ne pas se tromper sur les personnes mais qu'il avait plus de mal à comprendre Sharrkan, alors ce dernier pouvait trouver une petite satisfaction dans le fait d'être un sujet d'étude plus intéressant que les autres.

Haussant les épaules à son tour, il répondit simplement :

« Je suppose que oui. »

Ils n'avaient plus d'obligations de se côtoyer, alors s'ils arrivaient à se retrouver même en plein milieu du désert, c'était probablement que la présence de l'autre ne leur était pas si désagréable. Des points communs, ils en avaient certainement ; et peut-être même plus que ce qu'ils imaginaient.

Le Kazejin écouta Raizen parler de la perte de ses shinobis au combat contre le Dieu et de la responsabilité qu'il avait dedans. Bien qu'il restait en surface, Sharrkan comprenait ce qu'il ressentait ou en tout cas, il se trouvait dans une situation similaire. Même si ce n'était pas lui qui avait donné les ordres au Shidan, de par sa place dans la hiérarchie, il se sentait responsable d'eux. Et dans ce combat, il avait perdu un frère d'armes ; presque deux. Il avait l'impression d'être responsable de sa mort. Mais c'était en tant qu'ami et non en tant que collègue qu'il souhaitait annoncer son décès à sa famille.

Chassant rapidement ces pensées avant de retomber dans un état dépressif, Sharrkan eut même un sourire en coin en entendant Raizen dire que le poste de Kage n'avait rien changé. Il leva les yeux au ciel et soupira.

« Il n'y a vraiment que toi pour trouver que prendre la tête d'un village militaire ne change rien. En tout cas, ça change pour moi. Un autre Kage aurait pu me considérer comme déserteur et décider de me traquer. Enfin... peut-être que tu es là pour ça, qui sait ? »

Le plan aurait été parfait, en théorie ; l'argenté ne se douterait jamais de telles intentions. Mais en pratique, il se doutait bien que c'était impossible que Raizen soit venu ici pour ça. Sinon... ça signifiait aussi traquer Sazuka et Umeka. Et ce n'était certainement pas quelque chose que le Meikyû ferait ou du moins, pas pour leur coller un procès. C'est pourquoi Sharrkan utilisa la théière pour remplir à nouveau les deux tasses, sans sourciller.

« Oui, on s'envoie des lettres quelquefois. C'est d'ailleurs lui qui m'a appris ta nomination. »

Même si c'était difficile d'évaluer l'état de quelqu'un par lettres interposées, le manieur de chaleur avait eu l'impression de remarquer une amélioration dans la santé psychique de Kyohei. L'entendre dire par quelqu'un qui le côtoyait était donc rassurant. Néanmoins, il ne fit aucun commentaire sur Anzu. S'il savait bien que son départ n'avait pas du tout le même impact que celui de Sazuka, d'une certaine manière il l'avait lui aussi... abandonnée. Et même une deuxième fois lorsqu'elle avait demandé son aide contre la menace de l'Homme au Chapeau. Outch, il risquait de recevoir une raclée la prochaine fois qu'il la croiserait.

« Hum... »

Sharrkan nota immédiatement la différence d'approche de Raizen entre sa dernière tentative et celle-ci. Malgré tout... c'était maintenant que la partie compliquée arrivait. Que pouvait-il révéler, que ne pouvait-il pas ? Car oui, il avait envie d'en parler. Il lui avait même promis la dernière fois qu'ils s'étaient vus. Et d'une certaine façon... tout était terminé maintenant. Le Yoake n'était plus, de même qu'Asaara Kuuli.

« Le timing ne pourrait pas être meilleur. Ou pire, selon le point de vue. »

Il prit le temps de boire quelques gorgées de son thé avant de se lancer.

« Je travaille pour la cheffe de clan Asaara. Ou plutôt, "travaillais", car même si personne n'a retrouvé son cadavre pour l'instant, j'ai de nombreuses raisons de croire qu'elle n'est plus en vie. Plutôt ironique, sachant que la protéger faisait partie de mon travail, non ? »

Il frappa son front de la paume de sa main. Haaa... ce plan était stupide depuis le départ. Mais l'Impératrice, dans sa folie fanatique, n'avait pas vu les failles. Et eux, les Shidan, dans leur stupeur, n'avaient pas eu le réflexe de la contredire. Et si Sharrkan avait réagit, peut-être que Bogi serait là en ce moment-même à la place d'être éclaté en milliers de gouttes dans le sable.

« Donc pour mes projets, c'est simple : je n'en ai plus. Peut-être que je vais chercher une occupation normale, pour une fois. Marchand ? Pêcheur ? Hmm, je pourrais ouvrir un bar. »

Il avait bien eu d'autres propositions d'embauche, comme lors de cette fameuse mission... Mais c'était hors de question de remettre les pieds dans ce bordel.


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Dim 1 Nov 2020 - 1:07


Ne pouvant masquer son rire face au naturel déconcertant qu’avait Sharrkan à lui dire ce qu’il pensait sans se soucier des apparences, il appréciait le fait que son rôle et son statut n’aient en aucun cas changé leur lien ni leur rapport. Après tout, il n’y avait rien de plus désagréable que de voir sa tête être possédée par le rôle au lieu de voir un rôle être détenu par un individu. Les deux pouvaient paraître similaires, mais ils étaient complètement différents et symbolisaient respectivement des conséquences tout aussi différentes que divergentes.

Or, alors qu’il s’apprêtait à lui répondre, un élément beaucoup plus important arrivait, ce qui le motiva plus ou moins à demeurer silencieux le temps que Sharrkan exprime ce qu’il avait fait pendant tout ce temps. Lui annonçant par le fait même qu’il travaillait pour la défunte nouvelle cheffe du clan Asaara, le Meikyû comprenait dorénavant beaucoup mieux tout l’aspect secret derrière les gestes de son confrère.

Que ce soit cela ou le manque de projection qu’il avait pour son futur, les iris du Meikyû ne purent s’empêcher de dévoiler une étincelle presque surnaturelle. Appréciant le fait qu’il accepte de lui partager des informations aussi sensibles, d’apparence banale, c’était une toute nouvelle preuve d’ouverture et de confiance, phénomène qu’il appréciait particulièrement tout juste après leur altercation.

-Techniquement, te forcer à être Kumojine ou te chasser après avoir déserté aurait été assez...stupide et incohérent considérant le fait que tu as passé toute une année à militer pour la reprise de Kumo et que techniquement, Kumo n’était pas encore remis sur pied. S’il y avait bien un moment pour déserter , c’était bien à ce moment si tu veux mon avis, mais mon avis sur la désertion est assez particulier je dirais. Dépendant la forme qu’elle prend, le tout peut très bien être toléré… Toutefois, comme toujours, c'est du cas par cas.

Repensant à un sujet sensible, il leva les yeux vers le toit avant de prendre une grande respiration :

-C’est pour cela que je n’enverrais pas des shinobis à la poursuite de Sazuka et la considérait comme étant retraité. Cela va de même pour Umeka pour les mêmes raisons, mais aussi parce que faire partie d’un village n’est pas synonyme d’esclavagisme.

Étant important pour lui de souligner cela, même si le départ de Sazuka et Umeka avait été favorisé par la temporalité du moment, il restait qu’officiellement, le départ était noté comme des retraites dans les registres Kumojines. Le tout n’était pas lié au fait qu’il les appréciait. C’était plutôt une manière de considérer ce qu’ils avaient fait pour Kumo, sachant qu’ils n’étaient pas partis avec de mauvaises intentions envers la nation.

-Après, je suis Raizen qui a un rôle de Kage, pas un Kage qui se nomme Raizen, c’est très important.

Lui faisant un clin d’oeil, il affirmait plus ou moins sa position.

-Laisser mon rôle aller au-delà de mes valeurs ne fait pas partie de la ligne directrice que je compte entreprendre. Par contre, ce n'est pas pour autant que j'ignore les prérequis à maintenir pour être une ombre.

Ne faisant pas le lien réel, seuls les plus attentifs pouvaient dénoter le timing de la transition. Pourtant, par respect, il n’avait rien dit.

-Comment était le travail sous la cheffe de Clan Asaara pour que tu ailles jusqu’à m’embrasser pour ne pas m’en parler ?

Cette question était certes anodine, mais elle se posait au regard du comportement qu’il avait eu. Après tout, Raizen était certes attirant, mais il n’était pas pour autant naïf, surtout que le tout avait possiblement justifié la forte consommation d’alcool qui avait eu lieu durant cette soirée. Malgré tout, sa discussion était très légère bien que son positionnement ne l'était pas forcément.

-Mhmm, il est vrai que tu ferais un bon barman, mais entre toi et moi, je suis certain que quelque chose de plus intéressant t’attend au vu de ton potentiel, donc si tu veux, je peux t’aider à y penser si tu me décris un peu le type d’éléments que tu désires accomplir… Que ce soit à Kumo ou autre, je compte te guider du mieux que je le peux.

Marquant par le fait même le fait qu’il était là pour le soutenir et que l’idée de revenir au village était une possibilité, il voulait avant tout répondre à un besoin chez Sharrkan avant de l’influencer dans une direction qu’il ne voulait pas. Après tout, si Raizen voyait beaucoup de positif au fait d’avoir un homme plein de potentiel comme Sharrkan dans les rangs Kumojines, il fallait s’assurer avant toute chose de répondre à des besoins clés qui allaient au-delà de ses désirs personnels et de faction surtout qu'à la base, il était là pour aider son frère.

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Dim 1 Nov 2020 - 18:48

Peut-être stupide, peut-être incohérent, il en restait toutefois que c'était une possibilité qui aurait dû être envisagée si un autre Raikage avait été élu à la place de Raizen. Ce n'était pas vraiment un sujet à prendre à la légère alors si le pire devait être imaginé pour éviter d'être pris par surprise, autant le faire. C'était d'ailleurs pour cette exacte raison que Sharrkan avait choisi ce moment pour quitter Kumo ; plus tard aurait pu être trop tard. Enfin, toutes ces hypothèses n'avaient plus besoin d'être discutées maintenant.

Le Meikyû confirma la théorie que Sharrkan n'avait pourtant pas formulée à voix haute, même si c'était de toute façon impossible que Sazuka soit considérée comme déserteuse. Retraitée lui allait mieux, effectivement, vu son âge. L'argenté esquissa un sourire.

« Je suis considéré comme retraité, moi aussi ? Je pourrais revenir à Kumo et toucher une pension sans rien faire ? Hmm, intéressant. »

Malgré ce qu'il en disait et ses plaintes récurrentes sur le travail, le Kazejin savait bien que la retraite n'était pas pour lui. Même s'il se retrouvait dans une situation où effectivement, il n'était plus obligé d'avoir un travail pour vivre, il trouverait certainement quelque chose d'autre à faire à côté. Sûrement quelque chose d'illégal, vu ses récentes prises de décision.

« D'esclavagisme, hein... Avant que je parte pour Kumo, avec Midori, on comparait les Shinobis avec des chiens. Enchaînés au Village... Marrant, non ? »

Une pointe de nostalgie réussit à se frayer un chemin jusqu'à sa poitrine, malgré tous les autres sentiments déjà présents. Cette conversation, il s'en souvenait particulièrement bien. Elle avait été la fin de tout... ou le début, au choix. Les deux en même temps, certainement. Cela s'était passé quelques années auparavant seulement et pourtant, il avait l'impression que c'était dans une autre vie.

Sharrkan ne réagit pas au reste des paroles de Raizen. Il n'en avait pas besoin de toute façon, il n'avait absolument pas changé sa façon de se comporter avec lui, même avec son nouveau statut. En fait, l'idée ne lui avait même pas traversé l'esprit. D'un côté, heureusement que le Meikyû n'attachait pas d'importance aux titres. Le contraire aurait été bien chiant.

Et bien entendu, c'était obligé que la conversation dévie sur ce sujet. Le Kazejin s'y attendait et bien qu'il n'ait pas eu le temps de réfléchir, il était serein.

« T'embra- quoi ? Non non, je crois que tu as mal compris. J'ai trébuché et tu m'as mal rattrapé, c'est tout. »

Aussi embarrassant qu'était ce souvenir, c'était plus agréable de plaisanter sur ce genre d'événement que de se rappeler les drames qui s'étaient déroulés le jour-même. En fait, il n'existait pas beaucoup de souvenirs plus douloureux que ceux d'aujourd'hui. A la place, il était mieux de se remémorer les bons. Sharrkan se pencha, un air de conspirateur sur le visage.

« Oh, tu veux vraiment savoir ce que je faisais ? Des tâches dangereuses... et secrètes. »

La charge de travail avait été lourde, épuisante et bien souvent difficile. Souvent, il s'était demandé franchement ce qu'il foutait là. Mais malgré tout, avec le recul, il voyait bien plus facilement tous les bons moments qui étaient arrivés grâce à cette organisation. Les personnes qu'il avait rencontrées, les véritables liens qui s'étaient créés, les plans complètement fous dans lesquels il s'était retrouvé... Même si l'approche était totalement différente de celle du Fukkatsu, il s'était trouvé une place.

Sentant la tristesse l'étrangler à nouveau, il continua en essayant de garder un air nonchalant.

« Comme recruter des troupes, les former et les entraîner, infiltrer la garde de Taiyô sous une fausse identité pour trouver ses faiblesses... Protéger la future dirigeante de Kaze. »

Sans lui laisser le temps de répondre, Sharrkan planta son regard dans celui de Raizen.

« Le but était de prendre la tête de Kaze pour y placer quelqu'un qui aurait réellement agi pour le pays, qui aurait été capable de le protéger, lui et ses habitants... pas comme ceux qui ont pris le pouvoir pour le délaisser totalement juste après, qui ont laissé les Kazejins livrés à eux-mêmes. »

Sachant que ces paroles avaient sûrement une portée particulière pour le Meikyû, l'argenté ne mâcha pourtant pas ses mots. Il soupira, baissant les yeux sur ses doigts écartés, sur leur impuissance.

« Nous étions tout près. Tout se serait déroulé sans effusion de sang, sans guerre. Si nous avions agi plus tôt... Taiyô serait encore debout, comme ses habitants. »

Il fixa à nouveau son regard sur le corbeau, jaugeant sa réaction.

« Parce que je croyais vraiment en elle, Raizen... Autant que je croyais en Sazuka. »

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Lun 2 Nov 2020 - 6:33

Étirant un sourire face à la remarque de Sharrkan, il était loin d’être un retraité et il le savait. Sa chevelure était certes argentée que cela ne faisait pas de lui une personne ayant atteint l’âge d’or physique ou mental pouvant justifiant une telle retraite. Au contraire, les plus belles années de sa vie l’attendaient encore…tout comme son potentiel était tout aussi incroyable.

-Malheureusement, même ta chevelure argentée ne t'accordera pas ce privilège avant longtemps...

Or, alors qu’il ne s’attendait pas forcément à un tel rebondissement, si Raizen avait perçu un côté très secrétif à ses actions, en dehors du fait qu’il n’assumait pas du tout son geste de fuite pour faire taire à jamais leur sujet de discussion passé, il comprenait dorénavant dans quel type d’événements Sharrkan avait été impliqué.

Demeurant silencieux, le Meikyû l’écoutait, commençant peu à peu à comprendre à quel point les événements auxquels il avait participé étaient conflictuels, même pour lui à un certain degré. Constatant par conséquent que les plans pour Kaze étaient bien différents que ce qu’il avait perçu, il se remémorait soudainement certaines réflexions qu’il avait eu, comme quoi Kaze avait besoin d’être renforcé, surtout après la nouvelle du vol au sein de la banque. Malheureusement, il n’avait pas suivi ses instincts. Or, bien que plusieurs des éléments semblaient s’être profilés, jamais il n'aurait pu prédire un tel contexte tout comme le réveil du fameux dieu. Tout aussi inattendu que dangereux, Sanbi avait clairement brassé les cartes du désert aucun il avait jadis donné vie.

-Intéressant…

Or, même si Raizen pouvait s'arrêter à la façade des propos de son compatriote, le fait qu’il comparait l’ancienne Cheffe du Clan Asaara à Sazuka était assez marquant pour lui et Sharrkan devait le savoir. Ayant connu très peu de personnes qui avait le charisme de porter des projets et de mobiliser autant de gens, Sazuka était un mélange de génie, de respect, mais surtout une force tranquille reconnue de tous. Ainsi, l’oreille attentive qu’il représentait ne pouvait s’empêcher d’être très concentrée par la suite de ses paroles et ce qui allait suivre.

-Une nouvelle rébellion donc ?

Relativement perplexe par rapport à ces nouvelles annonces, il était curieux de savoir que les meneurs de la rébellion ayant menée à la Chute de l’impératrice Shima avaient plus ou moins forcé la présence d’un mouvement tout aussi rebel si l’on veut. Ainsi, cela laissait sous-entendre que la diplomatie ne semblait pas forcément faire partie des possibilités et qu’il y avait possiblement présence de collusion. Pourtant, aucun réel chef ne semblait présent mis à part le Yoake… Était-ce justement ce qui oeuvrait en défaveur de Kaze?

-Je dois t’avouer que je me doutais que tu étais impliqué dans des affaires secrètes, mais je ne m’attendais pas à ce que tu aies suivi un nouveau chef, encore moins que celle-ci soit comparable à Sazuka… Je pensais que c'était surtout lié à ta famille. D'ailleurs, ce n’est pas tous les jours qu’une meneuse de ce calibre voit le jour…Je dois t’avouer me demander ce qui la rendait aussi spéciale que Sazuka...

Se permettant de réitérer à nouveau son respect envers Sazuka, Raizen prenait vraiment à coeur ses paroles. Pourtant, le fait qu’il parle d’elle au passé insinuait qu’elle avait péri lors du réveil du Dieu du Désert, comme plusieurs autres. Préférant ainsi ne pas tourner autour de la négativité qu’une telle perte pouvait susciter chez Sharrkan, il posa d’autres questions.

-Sinon, je trouve cela assez particulier qu'une rébellion cachée se préparait pour renverser ceux qui avaient jadis fait la même chose contre l’impératrice Shima…

Se permettant de hausser un sourcil, il précisa de manière innocente :

-Que se passait-il à Kaze pour que la voie diplomatique ou de l'Influence ne soit pas suffisante ? Les Meikyûs ne se mêlant pas de la politique, je dois avouer avoir du mal à voir le Yoake s’opposer à l’établissement d’un gouvernement visant le bien-être Kazejine, surtout qu’ils étaient justement très peu intrusifs…

Plus il parlait et plus Raizen avait l’impression que tout n’était pas aussi positif qu’il l’entendait. Bien que la finalité semblait assez méliorative et pour le bien de Kaze, la détection de faiblesse supposait son exploitation. Partant du postulat qu’il y avait une source quelconque de gêne ou de négativité à éliminer, se pouvait-il que Sharrkan ait traversé la ligne mince des actions grises pour le bien-être collectif ? À bien y réfléchir, pourquoi n'avait-il pas demandé à Raizen d'intercéder en leur faveur sachant qu'il connaissait son lien avec le Yoake ?

Mettant par le fait même sa curiosité pour la nouvelle meneuse du clan Asaara de côté, le fait que Sharrkan soit impliqué dans de telles affaires le rendait encore plus intéressant… Cet homme était définitivement plus populaire qu’il le laissait croire. Était-ce tout cela qui avait éveillé la force naturelle qui s'était incarnée lors de son discours à Kumo ?

Puis contre toute attente, alors qu’il attendait que celui-ci poursuivre la conversation, pour une raison inconnue, son esprit lui murmura une légère question, comme si son subconscient lui parlait :

Il croyait en Sazuka et cette Cheffe du Clan Asaara. Or, au-delà des apparences, croyait-il en lui?

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Lun 2 Nov 2020 - 23:01

Boom, la bombe était larguée. Étrangement, Sharrkan ne sentait pas de quelconque soulagement de partager tout ça ; c'était dit, c'est tout. Sûrement parce qu'il avait épuisé son quota de ressentis jusqu'à la fin de l'année.

« Il faut croire que je me retrouve toujours dans les mêmes plans. »

Lança-t-il alors qu'un sourire narquois passa rapidement sur son visage. Le Fukkatsu, le Suna no Fukaku-Sha... bien que très différents, leurs buts étaient les mêmes. Peut-être que former une rébellion pour renverser le pouvoir en place était ce que Sharrkan savait faire de mieux, mhmm ? Il devrait certainement chercher de ce côté-là pour sa reconversion.

Comme prévu, la comparaison avec Sazuka avait retenu toute l'attention de Raizen. Même si en réalité... ce n'était pas vraiment une comparaison. C'était surtout du ressenti personnel, par rapport à leurs projets respectifs. Le palmarès de l'Uzumaki était connu dans le monde entier, alors que l'Asaara foulait tout juste son propre désert ; ce qui ne rendait ses succès que plus impressionnants.

« Pas vraiment comparables en tant que personnes, mais j'avais foi en l'une et en l'autre. » rectifia-t-il. « Au début, quand j'ai compris que j'avais le choix d'être acteur ou spectateur, je me suis enrôlé pour être au courant et surveiller la situation, pour pouvoir intervenir si je jugeais nécessaire. Et d'ailleurs, c'est exactement pour ça qu'elle m'a engagé : comme je ne faisais pas partie de ses partisans, je devais pouvoir l'arrêter si ses actions allaient à l'encontre de nos valeurs et objectifs. »

Plutôt peu commun pour un leader d'employer quelqu'un pour le descendre en cas de faute, c'était aussi ce qui avait donné envie à Sharrkan de s'investir et de croire au bien-fondé de ses actions ; même si sa motivation première pour s'engager avait été le bon salaire et les avantages, pas besoin de s'en cacher.

« Sa puissance brute est bien loin de celle de Sazuka et pourtant, elle a su rallier et unir des gens très différents pour sa cause : des nomades, des civils, des shinobis issus de clans, des anciens esclaves, des mercenaires, des vagabonds en quête d'un but... Toutes ces personnes qui forment la population hétéroclite de Kaze, Asaara Kuuli a réussi à les réunir sous une même bannière et à les faire travailler ensemble dans un même but. »

C'était ce qui caractérisait le plus cette organisation. Beaucoup étaient là par valeurs, certains par fidélité, d'autres par l'attrait du gain.

« Même moi, je me suis bien plus impliqué que je ne l'aurais cru. »

Son regard se perdit un moment dans le vague. Ils avaient tellement progressé depuis les débuts. Même avec ses collègues Shidan, où la sécurité avait été de mise lors de leur première rencontre. Sharrkan s'était présenté sous un pseudo à la place de son prénom... Et maintenant, il se retrouvait à prier pour la survie d'un de ses confrères.

C'était effectivement ironique que la situation se déroule de cette façon, comme si le futur n'était qu'une infinie projection du passé. Révolte, réveil du Dieu. Révolte, réveil du Dieu. Comme si le désert était coincé dans une spirale ou pire, une boucle.

« Renverser Shima n'était pas suffisant, il fallait prévoir la suite. Laisser un pays sans dirigeant, c'est donner une proie facile aux ennemis. Le Teikoku aurait pu débarquer et prendre Kaze en entier encore plus facilement que Kumo. Le Yoake avait de bonnes idées mais ne les a pas menées jusqu'au bout... Il suffit de voir le Colisée encore debout et actif pour comprendre. »

Si l'esclavagisme avait été presque aboli avec la chute du Premier Cercle, il n'avait pourtant pas été éradiqué. Certains de ses collègues, achetés par Kuuli pour leur rendre leur liberté, en étaient des preuves vivantes.

« Je pense que ce qu'on a vu aujourd'hui règle la question sur la passivité et le silence du Yoake. Cette Marionnettiste avait prévu le coup depuis bien plus longtemps qu'on ne le croit. »

Mais beaucoup de zones d'ombres subsistaient dans cette affaire. Qui avait géré, depuis l'absence de Garyôsen Ryoga et Sendai Ketten ? Que restait-il du Yoake ? Pourquoi est-ce que tout cela était passé sous silence ? Beaucoup de questions, de notions compliquées, qui menaçaient de rajouter une migraine à l'argenté déjà exténué.

« Hmm, je crois que tu sais tout. Alors ? Déçu ? Impressionné ? »

Laissant planer un nouveau moment de silence, Sharrkan leva une nouvelle fois la tasse de thé vers son visage, avant de suspendre son mouvement en l'air. Son attention se reporta sur Raizen.

« Oh et je préfère le dire franchement : si ça s'apprend que je t'ai parlé de tout ça, je suis mort. Donc... ne doute plus jamais de ma confiance. »

Remarque qu'il ponctua d'un sourire ; qui ressemblait en fait plus à une grimace.

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Meikyû Raizen
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Dim 8 Nov 2020 - 18:54

Portant une attention particulière aux mots qui résonnaient de la bouche de Sharrkan, le Meikyû était visiblement intrigué par le fait qu’un chef s’était entouré de gens pouvant l’arrêter. Représentant une arme de Damoclès, cela incarnait une confiance assez intéressante tout comme le tout laissait sous-entendre la possibilité de ne pas prendre conscience lorsque des extrêmes étaient franchis. Si dans les fondements même, le rôle que Sharrkan avait occupé était visiblement celui de conseiller indirect ou d’homme de confiance neutre et externe, Raizen ne pouvait s’empêcher de croire que la fameuse Chef avait fort probablement un tempérament colérique ou impatient, un peu comme Reiko l’avait jadis été.

Ce qui avait toutefois mené à la perte et la chute de Reiko était justement son absence de conseil lors d’un moment clé. Si Hisao avait énormément tempéré celle-ci sur certaines décisions ou autre, cela ne l’avait malheureusement pas empêché de se positionner de manière trop impulsive à Hi.

Ainsi, ce que décrivait Sharrkan lui faisait légèrement penser à cela bien qu’il se trompait probablement.

-Je suis assez d’accord sur le fait que Kaze était et est encore une proie facile de conquête, surtout pour un Empire. Par contre, ce n’est pas le genre de situation devant laquelle l’international serait resté les bras croisés, d’où l’importance de maintenir et de forger des alliances à l’internationale…ce dont Kumo n'a pas bénéficié lorsqu'elle a vécu son injustice.

Souriant devant ce constat, il appréciait le fait que ce phénomène était plus populaire qu’il ne le pensait. Après tout, rallier un peuple sans surcouche politique pour rejoindre un Empire plus ou moins décentralisé était beaucoup trop facile sans opposition.

-Je pense en effet que le Colisée aurait dû abolir l’esclavagisme il y a de cela longtemps pour faire une transition vers des combats incarnant l'art du spectacle de volontaires plutôt que des esclaves. Si le tournoi de Kaze auquel j’ai jadis participé visait fort probablement à servir de test, il est vrai que les actions derrière n’ont pas forcément été mises de l’avant pour pallier au tout.

Et ça, ce n’était pas quelque chose qui se pardonnait. Toutefois, pour qu’un changement passe, il fallait être un agent du changement, mais pas de n’importe quelle manière ni sous n'importe quelle forme.

-Après, pour avoir jadis escorté Katenshedo de Kumo à Kaze pour sa sentence, je peux te garantir qu’elle aurait très bien pu faire ce qu’elle a fait à Kumo, Iwa, voire même Mizu sans aucune gêne. Un peu comme Mamushi, les lieutenants de l’homme au chapeau sont des gens qui peuvent menacer un pays entier sans aucune gêne… Par exemple, Mamushi avait le don de forcer quiconque entendait sa voix à faire ce qu’elle demandait de faire. J'ai eu la chance de l'affronter, mais aussi d'y survivre avant de sceller le Dieu du désert la première fois et elle a fait la même chose à Iwa avant d'être tuée.

Ayant presque été victime de cela, il était primordial pour Raizen de communiquer à quel point cette situation était peu usuelle sachant que les alliés de l’homme au chapeau qu’ils connaissaient étaient simplement d’un tout autre niveau.

-Après, je ne sais pas depuis combien de temps ils étaient morts, mais ce n’est pas important.

Trahissant une certaine étincelle de malice dans ses iris, Raizen pencha la tête sur le côté lorsque Sharrkan lui annonça qu’il serait mort s’il savait que ses paroles avaient été révélées. Ne pouvant s’empêcher de vouloir confirmer une certaine intuition, il précisa :

-Je ne douterais pas de ta confiance, surtout que tu es mauvais menteur, donc je te remercie de me l'accorder. Par contre, blagues-tu lorsque tu évoques être un homme mort si ça se sait ?

Prenant le temps d’expliquer sa question et la raison pour laquelle c’était si important d’en confirmer certains faits, il décida de rebondir sur tout cela :

-Je ne veux pas juger ce que je ne sais pas Sharrkan, mais que comptiez-vous faire exactement pour être les agents du jugement et du changement ? Lorsque j'entends parler de recrutement, d'entrainement, mais d'aucune effusion de sang, cela me rend perplexe.

Laissant sa question en suspend un moment, il précisa la raison pour laquelle il posait cette question :

-Ne pouviez-vous pas simplement rencontrer le Yoake pour faire intervenir du changement à travers des discussions politiques ? À titre de Chef du Clan Asaara, la dénommée Kuuli aurait très bien pu le faire vu son influence et l’aisance à laquelle elle semble avoir rallié plusieurs peuples différents de Kaze. Le Clan Meikyû étant fondamentalement neutre sur beaucoup d’aspects ne se serait fort probablement pas opposé à cela, donc je me le demande :

Amorçant soudainement un questionnement assez lourd de sens, il était important pour lui de comprendre :

-Pour quelle raison n’avez-vous pas pu entretenir cette discussion, était-ce une question de temporalité ?

Partant du principe que la voie diplomatique était fort probablement l’approche la plus riche de tout ce qu’elles pouvaient entreprendre, Raizen pouvait être naïf de le croire, mais il se disait que comme lui, ils devaient avoir songé à prendre cette option en premier sachant qu’elle permettait de forcer un positionnement, d’en apprendre davantage et agissait plus ou moins comme source de validation des autres moyens à entreprendre si nécessaire.

-Le Yoake ne tenait que sur un fil puisque la population les avait jugés de parti neutre avec la chute du premier Cercle. Par contre, le fait de vouloir renverser le pouvoir sans effusion de sang me semble un peu comme une tentative de coup d’État qui aurait surement échoué tout en faisant repartir Kaze sur les bases et fondements mêmes du secret… au lieu de prendre la direction d'une démocratie ?

Ayant trop d’incongruence pour lui, d’un côté, il avait l’impression que ce qu’ils représentaient était au nom du peuple tandis que de l’autre côté , on aurait dit un coup d’État en provenance d’un groupe d'activiste qui aurait littéralement préservé les fondements même de la gouvernance en y allant dans le secret et la possible division qu’un tel scénario pouvait causer. Y avaient-ils des éléments qu’ils ne connaissaient pas ?

-Je suis désolé si tu ne veux pas en parler davantage, je comprendrais sachant que le sujet est assez lourd. Pour tout te dire, je pense que tu as une réelle fibre pour tout ce qui implique les changements et que tu es un réel symbole à cet effet. Par le passé, je t’aurais dit que j’étais impressionné, mais ton potentiel ne semble que s’accroître depuis quelque temps, à commencer par le discours que tu as proclamé à Kumo, qui selon moi était très intéressant…

Soupirant, il ne pouvait toutefois se demander pourquoi :

-C’est notamment lorsque je vois cela que je me demande pourquoi tu as été positionné en espionnage et contrôleur au lieu d’utiliser ta voix pour initier un dialogue avec l’ensemble de la population et les autres acteurs que tu représentais…

Ne pouvant s’empêcher de se demander pourquoi Sharrkan avait été utilisé comme un agent d’infiltration et une possible forme de conseiller, Raizen ne pouvait s’empêcher de se dire qu’il aurait été une très bonne ressource pour initier le dialogue du changement. À deux, Asaara Kuuli et lui-même n’auraient-ils pas pu représenter les intérêts internes et externes de Kaze ? Grâce à son expérience et l’approche qu’ils avaient eues au sein du Fukkatsu, pourquoi avait-il dévié de l’objectif de donner au peuple une parole qui valait beaucoup plus que des infiltrations et espionnages lorsque de nombreux faits étaient exposés aux yeux de tous ?

Bien qu’il ne le laissait transparaître, il n’accusait en aucun cas Sharrkan d’être malhonnête avec lui. Simplement, il lui manquait certaines informations pour en comprendre les moyens qu’ils n’avaient pas utilisés… Étrangement, bien que les reproches de changement étaient cohérents, renverser le Yoake de cette manière aurait déclaré la naissance du Second Cercle, un pouvoir dépendant de l’humeur de sa direction à travers laquelle la population n’aurait pas eu son mot à dire ni la sensation de participer à un tel changement pour en comprendre les implications…

Puis, pourquoi entraîner des gens si ce n’était pas en préparation de certains affrontements… ?

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Mar 10 Nov 2020 - 4:18

Sharrkan fronça les sourcils en entendant Raizen dire que l'international ne serait pas resté les bras croisés, si Kaze avait été attaqué par l'Empire. Pourtant, ils avaient eu bien des exemples prouvant le contraire. Si les autres pays du Yuukan n'y gagnaient rien, ils n'intervenaient pas : c'était aussi simple que cela. Rien n'était fait par altruisme ; le mieux était de se défendre soi-même, sans compter sur une éventuelle aide extérieure qui n'arriverait peut-être jamais. Comme ils avaient fait pour Kumo.

« Je suis un peu étonné que tu en sois aussi sûr. S'il y a bien quelque chose que j'ai compris en tombant dans tout ce bordel, c'est qu'on ne peut pas compter sur les autres pays. Comme tu l'as dit, personne n'est venu nous aider à reprendre Kumo. On a eu quoi de l'international ? Des demi-promesses, au mieux ? Rien qui pouvait réellement les impliquer. Quant aux alliances... La Coalition est un bel exemple. »

Bien sûr, il faisait référence à la lettre du Teikoku, mentionnant une information capitale et demandant aux autres factions de ne pas mettre les Kaminarijins dans la confidence. La raison en elle-même était risible et pitoyable, au mieux une mauvaise excuse pour continuer d'exercer leur vengeance sur Kumo. Encore fallait-il savoir si les autres puissances avaient fait preuve d'un minimum de bon sens ou si elles avaient abandonné toute fierté et s'étaient couchées aux pieds de l'Empire.

« Pour cette histoire de Nécromancien, est-ce qu'un des villages t'a transmis l'information ? »

Sharrkan avait bien une idée, mais peut-être les jugeait-il trop durement. Il ne commenta pas plus la situation du Colisée ; au moins sur ce sujet, ils étaient d'accord. Pour le reste...

« Ce n'est pas de Katenshedo dont il est question, c'est de la protection de Taiyô. Il n'y avait rien de mis en place pour protéger la ville ou évacuer les civils. L'ennemi aurait été quelqu'un d'autre, le résultat aurait été le même. »

L'agacement se faisait à nouveau sentir et ses paroles reprenaient doucement le tranchant qu'elles avaient abandonné quelques minutes plus tôt. Pourquoi est-ce qu'il avait la désagréable impression que... Raizen essayait de diminuer la gravité des faits ? De leur chercher des excuses ? Il pouvait bien user d'euphémismes ou juger que ce n'était "pas important", la réalité ne changeait pas.

Malgré tout, l'argenté voulait éviter d'entrer à nouveau dans un conflit. Il essaya donc de ne pas plus confronter le Meikyû et accepta volontiers le changement de sujet. Revenant sur un terrain qu'il maîtrisait beaucoup plus, Sharrkan reprit son habituel sourire narquois et lui rétorqua :

« Je suis un mauvais menteur, ou je te fais croire que je suis un mauvais menteur ? Et pour ça... »

Le manieur de chaleur se retourna et souleva son haut, révélant la cicatrice qu'il avait récemment acquise. Le résultat de la technique Raiton de Mukuro, qu'il avait pris de plein fouet dans le dos, marbrant sa peau hâlée comme une étrange toile d'araignée. Si la mercenaire devait vraiment crever de ses brûlures, elle avait en tout cas pris soin de lui laisser un cadeau avant de partir.

« J'ai déjà eu un avertissement, je ne compte pas vérifier la théorie. »

Parmi les personnes survivantes du Suna no Fukaku-Sha, il ne voyait personne d'autre que Mukuro être capable de l'abattre pour cette raison. Et vu son état, Sharrkan disposait d'en tout cas quelques semaines de répit. Néanmoins, il resta volontairement mystérieux à ce sujet.

Mais son sourire s'effaça bien vite en entendant la nouvelle série de questions qui sortait du bec du corbeau. Comme s'il pouvait lâcher l'affaire avant d'en connaître tous les moindres détails... Si Sharrkan croyait être tranquille, c'était soit qu'il ne connaissait pas bien Raizen ; ou qu'il était juste très, très fatigué. Cette fois-ci, il ne prit pas du tout la peine de cacher son exaspération.

« Haa, un nouvel interrogatoire. Exactement ce dont j'avais envie, hmm ? Alors pour te répondre simplement : pour ne pas faire les mêmes erreurs que le pouvoir actuellement en place. Imagine : on le renverse, et ensuite quoi ? On attend des mois et des mois avant d'avoir une armée digne de ce nom, des gens formés et de confiance ? Non. Il fallait que tout soit prêt avant, pour pouvoir colmater les failles le plus rapidement possible. C'était un travail de parallèles. »

C'était en tout cas ce qu'on lui avait dit et ce qu'il voulait croire. La population, déjà fragilisée, avait assez souffert ; ils ne devaient absolument pas tomber dans une guerre civile. L'armée ne servirait pas à prendre le pouvoir, c'était pour ça qu'ils s'étaient infiltrés. Mais l'argenté devait bien reconnaître... que quelques détails semblaient étranges. Est-ce que c'était la fatigue, ou avait-il été trop naïf ?

« Je sais seulement que la communication n'a pas été possible. Pour quelles raisons, exactement ? Aucune idée. Et oui, je sais que j'ai été stupide de faire aveuglément confiance sur ce point-là mais honnêtement, j'avais déjà trop de choses à gérer pour prendre en plus le travail d'un autre. »

Le Kazejin soupira. C'est d'une voix relativement teintée de regrets qu'il déclara :

« Je commence tout juste à apprendre les ficelles du métier. Je fais encore des erreurs. »

Bien sûr, Raizen n'aurait jamais laissé de zones d'ombres dans une affaire aussi sérieuse. C'est pourquoi Sharrkan préférait pointer ses propres erreurs, avant que le Meikyû ne le fasse. Ce qui était assez rare ; il n'assumait normalement pas ses tords aussi facilement.

Néanmoins... il ne pouvait pas prétendre que cette avalanche de compliments sortis de nulle part ne lui faisait aucun effet, même si Raizen avait tout balancé avec son habituel ton désinvolte. Il savait que ce n'était pas son genre de lancer des paroles en l'air, ce qui ne donnait que plus d'impact à ce qu'il venait de dire. Légèrement déstabilisé, l'argenté préféra enchaîner directement sur la réponse à sa question.

« Parce que le projet était déjà en place lorsque je l'ai rejoint, je n'avais pas vraiment de pouvoir de décision. Mais aussi parce que j'étais encore avec le Fukkatsu lorsque j'ai commencé à travailler pour eux. »

Il laissa planer un court silence, le temps que l'information s'installe. Même si, avec sa manie de tout analyser de manière constante, le Meikyû l'avait probablement déjà deviné.

« On avait pas encore repris Kumo. Et comme j'avais été potentiellement vu à Iwa... j'ai préféré faire profil bas plutôt que risquer de vous impliquer. Au final, j'ai fait ce pour quoi j'avais été engagé. »

S'il n'était pourtant pas du genre à rester dans le moule, Sharrkan devait avouer que l'importante charge de travail ne lui avait pas vraiment laissé le temps de faire des fantaisies. Le même sourire aux lèvres, il conclut simplement :

« Le même chien, juste un nouveau maître. »


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Dim 15 Nov 2020 - 5:23

Observant Sharrkan, Raizen ne pouvait s’empêcher de comprendre d’où il venait tout comme ce qui pouvait plus ou moins instiguer son scepticisme face à l’international. Toutefois, il semblait avoir mal compris les paroles que Raizen désirait véhiculer.

Ne disant rien pour le moment, il le laissa parler, débitant au fur et à mesure des éléments tout aussi poignants qu’importants. Son moment préféré fut fort probablement lorsqu’il souligna la possibilité de prétendre être un mauvais menteur.

Ne pouvant s’empêcher de l’observer d’un air concentré, sa cicatrice témoignait des nombreux risques qu’il avait entrepris afin de réaliser certaines de ses dernières épreuves. Si elle était bel et bien réelle, elle témoignait aussi du fait qu’il avait du mal à ne pas dire la vérité non ?

Remettant cette question à demain, il voyait clairement que le manieur de chaleur retournait dans une zone d’inconfort, utilisant le cynisme et les remarques pour témoigner de son mécontentement. Fort probablement amplifié par la récence des événements et la frustration, au-delà de sa frustration se voyaient tout de même des réponses qui avaient le mérite d’être assez claires.

Le laissant ainsi cheminer, la cassure dans sa voix annonça soudainement une fragilisation dans ses émotions colériques pour laisser place à du regret devant le constat possible qu’il avait possiblement fait une erreur ou plutôt été incapable de poser certaines questions aux moments adéquats.

Appréciant particulièrement cette évolution notable chez le jeune homme, il n’y avait que quelques heures qui s’étaient écoulés entre les deux discussions qu’il voyait déjà un changement assez significatif, signe qu’il avait le potentiel d’avancer. Représentant possiblement un signe d’orgueil, l’essentiel était qu’il progresse vers l’avant, ni plus, ni moins.

-Je comprends que ce n'est pas facile comme situation Sharrkan.

L’observant avec respect pour l’humilité dont il faisait preuve devant ses torts, il était impressionnant pour Raizen de réaliser qu’il avait lui-même pointé les zones de flous sans qu’autrui ait à le faire pour lui. Lui faisant possiblement croire à la possibilité qu’il l’avait plus ou moins déjà pressenti, le fait d’être noyé sous le travail avait forcément inhibé son aptitude à réfléchir en dehors de son cadre. Ainsi, il avait été utilisé pour accomplir des tâches spécifiques empruntant possiblement ou non son potentiel pour réaliser quelque chose sur lequel il n’avait possiblement pas la plus-value la plus importante : un emploi comme un autre.

-Par contre, on ne s’est pas compris sur une chose. Lorsque j’ai fait mention de l’international, je faisais surtout référence à ce que je contrôle. Ainsi, devant une injustice, je me serais fait un plaisir d’apporter la situation aux oreilles des autres nations pour susciter une réaction pour amorcer un changement ou punir les fautifs en cas de nécessité. Bien que ce ne soit pas arrivé, j’ai tout de même proposé d’installer la Coalition dans un endroit comme Kaze pour justement avoir des gens supplémentaires aptes à veiller sur la stèle du Dieu du désert. Malheureusement, l’intérêt de la collectivité n’a pas été favorable à cette proposition, mais c’est un exemple comme un autre.

Poursuivant il précisa :

-Merci d’ailleurs d’avoir pensé à nous par rapport à ton implication et celle du Fukkatsu, mais aussi d’avoir transmis les informations. Si la Coalition n’était pas partie sur des fondations aussi fragiles, j’aurais été le premier surpris, mais ce genre d’éléments me donnent des éléments afin de forcer les remises en question et pousser aux prises d’action significatives. Mais tu as raison, il est dur de compter sur d’autres pays ou même sur la Coalition dans l'état actuel, car aucun d’entre eux ne désire réellement se mettre en porte-à-faux avec des situations qui ne leur appartiennent pas ou sur lesquels ils n’ont aucun intérêt. Plusieurs d’entre eux préfèrent même en profiter… pour tout te dire.

Soupirant alors qu’il paraissait visiblement mécontent, il tourna finalement la page :

-C’est pour cette raison que les alliances sont importantes. Au final, n’eusse été la mission à Kaze, je ne sais franchement pas comment tout cela se serait terminé.

Simple coïncidence, qui sait ? Toutefois, ils avaient répondu à l’appel . Malgré tout, Raizen se demandait s’il n’aurait pas pu prévenir la chose…

-Les gens prioriseront toujours ce qui est important pour eux. Pour tout te dire, lorsque nous avons fondé le Fukkatsu, je voulais à tout prix retourner à Kaze pour solidifier le sceau du Dieu du désert et la situation à Kumo est devenue ma priorité au détriment de cette situation à Kaze. Au final, j’ai fait un arbitrage qui me fait mal en ce moment, mais sur lequel nous ne pouvons reculer, donc des erreurs, nous en faisons tous puisque personne n’a la science infuse, donc ne soit pas trop difficile avec toi. Une fois que tu auras fait ton deuil en fonction de ce qui t'aidera le plus, à ce moment, tu pourras regarder de l'avant, mais chaque chose en son temps.

Après, il était libre de vivre et de se sentir comme il le voulait.

-Par contre, que l’on soit clair, pour reprendre contrôle d’un territoire, village ou tout ce que tu veux, le combat et la discrétion ne représentent par les seules cordes à l’arc. La récupération de Kumo en est la preuve et sauf preuve du contraire, bien que bien souvent la plus évidente, prendre contrôle d’une région par la force n’est pas tout…

Soupirant, Raizen ne voulait pas s’évertuer davantage sur le sujet vu la sensibilité du moment.

-Que comptes-tu faire maintenant que tu es ‘’libéré’’ de tes chaînes ?

Effectuant des guillemets avec ses doigts afin d’exposer clairement son point de vue là-dessus, à ses yeux, les mêmes chaines qui incarnaient l’allusion du chien et du maître étaient pour le moins fictives. Au final, seul lui décidait ce qu’il voulait faire dorénavant et dépendant ce qu’il avait en tête, Raizen aviserait en conséquence.

Après tout, il avait beau ne pas être en accord avec les moyens et les événements dans lesquels Sharrkan avait participé qu’il en comprenait les motifs derrière. Simplement, comme l’énergie devait être canalisée aux bons endroits, il était important que celui-ci trouve un élément dans lequel il se sentirait à l’aise et confortable.

Ainsi, que ce soit à Kaze, Kumo ou même ailleurs, il devait trouver son prochain chemin quitte à cesser d’être à la merci d’un ‘’maître’’ quelconque.

-Qu'est que ton instinct te dit en ce moment ?


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Dim 15 Nov 2020 - 17:27

« Ce que tu contrôles ? »

Sharrkan fronça les sourcils. Il ne voyait pas vraiment où Raizen voulait en venir, mais une chose était sûre : s'ils devaient faire un concours du plus orgueilleux, le Meikyû gagnait haut la main. Affichant à présent un sourire presque railleur, il continua :

« Ou ce que tu crois contrôler ? »

Le manieur de chaleur ne prétendait pas avoir plus de connaissances que Raizen en tout ce qui touchait la géopolitique et les relations internationales, loin de là ; mais leurs visions bien différentes de la situation l'empêchait de saisir sa façon de penser. De son point de vue actuel, il avait surtout l'impression que c'était l'ego surdimensionné du corbeau qui s'exprimait.

« Qu'est-ce que tu peux vraiment contrôler, quand tu n'es pas le seul à prendre la décision ? Tu peux apporter des arguments, des preuves, essayer d'influencer les autres ; au final, tu n'es pas sûr de la finalité. Mais peut-être que nous n'avons pas la même définition de "contrôle". »

Pour Sharrkan, le contrôle représentait le fait d'avoir pleinement le pouvoir sur une situation. Ainsi, le fait d'avoir proposé un endroit pour le QG de la Coalition sans que celui-ci ne soit retenu illustrait le parfait contraire de sa définition. Il pouvait bien tenter de susciter une réaction comme il le disait, mais la nature de l'action subsistait : une tentative. A partir du moment où la décision dépendait de plus d'une personne, le contrôle était impossible. C'était sa vision, et ce pourquoi il trouvait impossible de compter sur les autres nations.

Il lâcha un soupir sonore. Même si Raizen ne l'avait pas annoncé explicitement, c'était clair que les autres puissances avaient suivi les règles du Teikoku. Mais pour être déçu ou surpris de leur lâcheté, encore aurait-il fallu avoir des attentes ; ce qui n'était pas le cas. Balayant ce fait qui ne méritait pas d'être plus discuté, Sharrkan préféra se rappeler cette fameuse soirée de négociations avec Mukuro, qui avait été plutôt... chaotique. Au moins, elle n'avait pas été inutile.

« Ouais, haha... J'espère que l'informatrice n'a pas écrit trop de conneries, je n'ai pas eu le droit de lire sa lettre. Je lui fais confiance en affaires et donc pour avoir écrit ce qu'elle m'avait promis, mais elle est un peu cinglée. J'ai d'ailleurs dû lui donner quelques informations en échange, comme des détails sur ma vie, le moyen direct pour te contacter, celui d'Anzu... mais vu la gravité des faits, j'estime que c'était un prix nécessaire à payer. »

Et vu l'état de santé actuel de la mercenaire, il y avait très peu de chances qu'elle se serve de ces informations avant un bon moment. De ce qu'il en savait, elle pouvait déjà avoir lâché son dernier soupir à l'hôpital sans qu'il ne soit au courant. Si elle avait gagné son combat contre la marionnettiste... elle était passée tout près de le perdre. C'était une autre lutte qu'elle livrait maintenant, seule.

« Avec ce que tu m'as dit tout à l'heure sur Katenshedo, je ne crois pas que solidifier le sceau aurait changé quelque chose pour elle. »

Même si Sharrkan se servait de son propre argumentaire contre lui, peut-être que cette vision sous un autre angle l'aiderait à alléger sa propre culpabilité. Ou alors, son orgueil le poussait vraiment à croire qu'il aurait pu changer la donne avec sa maîtrise du Fuinjutsu. Ce qui n'était au final, pas impossible... bien qu'ils ne le sauraient jamais.

Un moment de silence passa. Ce qu'il allait faire, hein ? C'était une très bonne question, même s'il n'avait pas encore la réponse.

« Libéré, je ne suis pas sûr. Je suppose que l'idée n'est pas morte avec Kuuli et que tant qu'il y aura des personnes pour porter le projet, je serai encore lié à eux. »

Mais encore une fois, ce n'était pas une situation sur laquelle il avait le contrôle. Il aviserait ses propres actions lorsque les concernés se seraient réunis et auraient décidé de la suite des événements. Pour l'instant, le tout restait en suspens. Mais s'il décidait effectivement de se libérer...

« Mon instinct me dit, "bravo d'avoir survécu !" »

Reposant son visage dans ses mains, Sharrkan se demandait si ce n'était pas déplacé de penser à son futur lorsque les cadavres de ses collègues étaient tout juste froids - pour ceux qui en avaient encore. Mais la vérité était qu'il n'avait pas vraiment la force de réfléchir à ça en ce moment. L'air pensif, il murmura :

« Si je demande par contre à mon esprit et mon cœur, ils me donneront sûrement des réponses à l'opposé l'une de l'autre... »

Réalisant qu'il avait pensé à voix haute, Sharrkan se redressa.

« Enfin, je vais sûrement contempler toutes mes options et peser le pour et le contre de chacune, pour trouver ce qui me correspondrait le mieux. J'ai largement de quoi vivre confortablement pendant un moment, donc j'ai le temps de réfléchir. »

Son salaire généreux lui permettait de ne pas se soucier de l'argent et même si c'était le cas, il comptait de toute façon retourner vivre avec sa famille pendant un moment. Vivre seul dans une grande maison ne lui correspondait pas. Peut-être que cette fois-ci, il pourrait réfléchir et choisir son futur sans y être pressé ou forcé.

« Pourquoi, Raizen ? Je te manque ? Tu voudrais que je revienne à tes côtés ? »

Car cela pouvait aussi être une de ses options...

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Mort, vie, renaissance [Sharrkan] Lo79
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Meikyû Raizen
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Ven 20 Nov 2020 - 7:51

Réalisant qu’il s’était possiblement mal exprimé, Raizen comprenait d’où venait Sharrkan avec de tels propos. Après tout, il avait raison sur toute la ligne sur cet aspect si ce n’était de la nuance particulière que Raizen avait voulu apporter.

Si sa remarque était juste, il ne put s’empêcher d’apprécier la nuance sur la possibilité que Raizen se fasse plutôt contrôlée par l’idée qu’il était en contrôle. Représentant de nouveau le potentiel que cet homme avait dans l’art du dialogue, mais aussi dans la prise de conscience, il était habile pour guider autrui à la remise en question, car si Raizen aurait un moindrement adhéré à la lecture de ses paroles dont critiquait Sharrkan, il se serait mérité le tout de plein fouet.

Bifurquant ensuite sur une thématique beaucoup moins lourde, on aurait dit que le soupir du manieur de chaleur avait eu un effet curatif sur son stresse, une évolution de nouveau intéressante dans laquelle les deux têtes fortes semblaient de plus en plus trouver un terrain d’entente et de discussion mutuelle basé sur le progrès et non la confrontation émotionnelle.

Lui donnant sur le coup l’impression que la montée en pression d’il y a plusieurs minutes ne lui avait pas fait du bien, lui-même se voyait soulager de ne pas forcément voir un tel instant se répéter de manière perpétuelle, pas dans un moment aussi fragile pour lui. Si Raizen n’avait aucunement peur du débat, de la confrontation, même lorsqu’elle blessait, ce n’était pas pour autant qu’il était insensible au mal et à la souffrance que pouvaient vivre ses proches surtout après un tel bouleversement. Une partie de lui se sentait même inconfortable à l'idée de parler du futur alors que le présent ne tenait encore que sur le fil d'un cheveu. Malgré tout, il ne pouvait freiner totalement son esprit visionnaire.

-Tu as raison de dire que je ne contrôle pas tout. Toutefois, ce n’est pas parce qu’après avoir remonté l’information que devant l’inaction possible d’autrui que j’en serais resté les bras croisés. Puis, à la seconde même où une mission a été annoncée en territoire Kazejine, nous n’avons pas hésité même si nous avons pris un risque de laisser le village en pleine reconstruction en absence de plusieurs shinobis, mais je comprends ce que tu veux dire par là, en effet et te remercie d'avoir pris un tel risque. Au final, l'échange s'est assez bien passé puisque j'ai eu des choix allant au-delà de certains choix possiblement conflictuels ou peu usuels? Dans tous les cas, c'était très abordable considérant la qualité de l'information et son poids.

Soupirant légèrement pour chasser tout cela de la discussion, il ne pouvait s’empêcher d’en venir à la même conclusion que tous deux étaient simplement des corbeaux qui partageaient des informations, un peu comme s’ils couvraient respectivement leurs arrières, ce qui lui faisait penser aux autrement du Fukkatsu dans lesquels il s'était amusé à les repousser dans leur limite quitte à ce qu'ils apprennent à s'appuyer les uns sur les autres, un peu comme l'entrainement avec Hoshiyo.

-Mais en effet, solidifier le sceau n’aurait servi à rien, mais aurait possiblement augmenté notre temps d’action qui sait…

Ignorant totalement le fait qu’il ait donné le contact de Anzu à une alliée, le corbeau reporta son attention sur les éléments les plus importants afin de ne pas noyer le poisson.

-Pour tout te dire, en voyant l’état de Kaze, en parlant d’action, l’idée de déclarer Kaze sous la protection Kumojine m’est venue en tête pour m’assurer que personne n’ose profiter de la situation pour tenter de prendre contrôle de Kaze de l'extérieur. Toutefois, faire cela serait similaire à ce que l’Empire a fait en bien différent et ne rendrait en aucun cas justice à la vision et au potentiel que Kaze incarne, un pays libre, en l’absence de tout Daimyo qui représente une puissance économique et qui est le premier pays à s’être affranchi du joug de ses oppresseurs... en abolissant le pouvoir du premier cercle, un pays en construction qui n’attend que la bonne vision pour être souverain dans les fondations tout comme dans son futur.

Après tout, bien que Kaze était libre, il restait de nombreux éléments à éliminer et à abolir comme l’avait indiqué Sharrkan pour faire de ce pays un lieu sain. Toutefois, à ses yeux, le tout ne passait en aucun cas par un Empereur ou une Impératrice.

-Je préfère être présent à titre d’allié pour ma part au regard des circonstances. Kaze n’a pas besoin d’un Empereur, elle a certainement besoin d’une direction ou d’un Conseil incarnant différents partis pour ne pas être dépendante de la vision et l’humeur d’une seule et unique personne, ce que j’espère que les porteurs du projet de la dénommée Kuuli sauront comprendre… surtout que ça leur donnera plus de poids pour démanteler les réseaux d'esclavagisme encore présent dans le pays à tout jamais.

Fermant dès lors la parenthèse sur l’aspect politique, il tapota lentement l’épaule de l’homme d’argent pour faire suite à ses propos concernant ses instincts. N’ayant pas tort, ils s’étaient tous fait cette réflexion, autant ‘’fort’’ que faible, car devant un tel niveau de danger, aucune personne saine n’avait pas vu défiler sa vie devant soi l’espace d’un instant.

-Sinon, me manquer ? Ce n’est pas forcément le type de mots que j’emploierais bien qu'il est vrai que je m’étais habitué à ta présence et tes changements d’humeur du temps où nous étions à Joheki.

Souriant devant cette remarque, Raizen le taquinait sur les nombreux moments dans lesquels il avait vu Sharrkan passer de l’humoriste au colérique, des montagnes russes qui caractérisaient l’intensité et la braise ardente qu’il représentait.

-Toutefois, ce serait mentir de dire que Kumo ne pourrait bénéficier de ton talent pour tout te dire…

L’observant avec sérieux, il soupira légèrement :

- Par contre, ce serait possiblement t’arracher au développement d’un Kaze qui te tient forcément à coeur et auquel tu es plus ou moins rattaché, un peu comme lorsque tu as quitté Kaze pour venir participer à la reprise de Kumo, au final tu avais encore des attaches dont tu devais respecter…

Et c’était là tout l’enjeu de la situation actuelle. Ainsi, même si Raizen désirait lui demander s’il avait envie de revenir au village, le fait qu’il ait une affiliation avec Kaze signifiait qu’il allait possiblement devoir choisir, en quelque sorte dans ce genre de circonstances.

-C’est pour cela que je me demande ce que te dit ton instinct et là ou tu as envie d’aller puisqu’au-delà de penser que tu serais bien à Kumo, le plus profond de moi cherche ton bien-être , mais aussi ton évolution et là ou tu te sentiras le plus utile sachant que cela ne voudra pas forcément dire que nous ne pourrons travailler ensemble même si tu restes à Kaze. Au final, il est important que la décision vienne de toi.

Après tout, Sharrkan pouvait devenir ce pilier Kumojine et Kazejine qui faisait le lien ou plutôt le pont entre une véritable alliance entre les deux régions. Or, il pouvait faire cela dans les deux sens…

-Tu pourrais même être le pont entre Kumo et Kaze et ce dans les deux sens, mais en venant à Kumo, il faudrait que tu acceptes de ne pas pouvoir prendre parti ou action à la moindre situation se produisant à Kaze, un des éléments difficiles avec lequel je survis pour le moment, mais qui n’est pas forcément toujours facile dans un contexte aussi officieux que celui-ci…

Levant la tête vers le plafond, il soupira longuement…. comme s’il se mettait à trop réfléchir…

-Je ne sais pas si c’est la bonne soirée pour cela, mais en tant qu’ami, si tu as besoin d’aide pour peser la balance entre les pour et les contres, n’hésite pas sachant que ton bien-être est ce qui compte dans tout cela et que je sais être impartial...même si par moment ça me rend plutôt froid aux yeux d'autrui.

Se faisant drôlement neutre pour quelqu’un qui voyait beaucoup de talent chez le manieur de chaleur, il voyait en lui une ombre et une lumière qui pouvait se tailler une place à Kumo si elle le désirait et acceptait les implications autant positives que négatives vu qu’ils s’étaient séparés en bon terme. Toutefois, avant toute chose, il voulait le meilleur pour Kumo, Kaze, mais surtout et avant tout Sharrkan, car au-delà de tout cela, son évolution personnelle était en jeu.

-Ma mère disait souvent : dis-moi ce qui te tracasse et je tenterais de te faire voir les deux côtés de la médaille pour t’aider dans les choix difficiles…

Sa mère, une personne dont il ne parlait jamais et qui pourtant avait marqué son existence au même stade que son père...et qui d’ailleurs, continuait de la marquer au regard de ses recherches…

-Donc n’hésite pas…mais sache que la porte n'est pas fermée dans l'état actuel des choses même si elle bouge dans un sens comme de l'autre...

Disant cela alors qu’il sonnait beaucoup trop mature sur le coup, il ne put s’empêcher un léger sourire tandis qu’il se réconfortait à l’idée que les cheveux argentés de Sharrkan rendaient la situation peu plausible. Après tout, s’il fallait décider qui parlait comme un vieux sage à première vue, moyennant une barbe, Sharrkan aurait le profil idéal.
Pour le moment, si celui-ci n'avait commis aucun acte qui pourrait compromettre un possible retour à Kumo s'il le désirait, tout dépendrait de la suite et de ses désirs. Après tout, même s'il pouvait être perçu comme un mercenaire aux yeux de certains, Raizen avait jadis connu une mercenaire qui avait commencé à titre de médecin et qui était rapidement devenue un pilier de Kumo, un potentiel qu'il voyait chez le jeune homme moyennant quelques éléments clés. Or, il était le seul à choisir quelle vie il voulait mener, car dans les deux cas les enjeux étaient intéressants bien qu'ils menaient respectivement vers des futurs divergeant ou convergeant en fonction du futur à venir...

Proposerait-il cela à n'importe quel ancien kumojine ? Pas forcément sachant que c'était du cas par cas et qu'il ne pouvait prétendre avoir cotoyé autrui pendant plus d'un an, participer à des entrainements et les voir évoluer dans un contexte aussi particulier que celui qu'ils avaient vécus tout comme ce n'était pas tous les jours qu'une personne pouvait partagé ce passé, mais aussi un historique commun qui était indirectement lié à Kumo sur certains égards...

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Ven 20 Nov 2020 - 22:20

Il avait eu des choix ? Ne comprenant pas immédiatement ce qu'il voulait dire, Sharrkan fut soudainement prit d'un rire lorsqu'il réalisa ce que ça signifiait. Ainsi donc, Mukuro leur avait fait payer deux fois le prix de l'information... Ce qui était peu étonnant connaissant la mercenaire, assez difficile en affaires. Ce qui expliquait aussi le prix relativement bas que Sharrkan avait payé. Des choix peu usuels, hmm ? Vu de qui ils parlaient et surtout de qui était censé payer, le Kazejin imaginait assez bien les choix qu'elle avait pu proposer à Raizen - surtout en connaissant son obsession dérangeante pour lui... D'ailleurs, cette foutue statuette à l'effigie du Héros de Kaze - qu'il avait dû acheter à cause de Mukuro, oui - devait traîner quelque part dans la maison ; en espérant que ce soit au fond d'un placard, et pas ceux de la cuisine.

Raizen redirigea à nouveau la conversation sur la situation à Kaze. Et même si Sharrkan n'était pas étonné d'entendre qu'il avait envisagé toutes les possibilités, celle-ci laissait un goût particulièrement désagréable. Bien sûr, il valait mieux pour le Pays du Vent d'être sous la protection de Kumo que sous celle du Teikoku, c'était évident. Néanmoins...

« Tu sais que j'aime Kumo, mais je suis bien content qu'on n'en arrive pas à cet extrême. »

Pays de la Liberté ; ou du moins, c'était ce qui était prévu pour le futur du désert. Un nom qui serait bien ironique dans le moment actuel, sachant que le Colisée continuait ses crimes en toute impunité. Mais Sharrkan avait confiance. Il était certain qu'un jour, même dans un futur proche, Kaze serait capable de se défaire des chaînes des esclavagistes. Sous l'appui de quelle sorte de gouvernance cela serait possible... Il n'était plus sûr.

S'il avait fortement cru en celle qui s'était auto-proclamée Impératrice, il avait aussi assisté à sa déchéance ; en tant que seule et unique dirigeante, elle avait décidé seule des ordres lancés aux membres de son organisation, malgré sa perte de contrôle évidente face à l'apparition du Dieu. Ainsi, même si Raizen ne faisait pas directement référence à cet événement, Sharrkan ne pouvait ignorer l'illustration plus que parlante qu'il avait sous les yeux.

« Tu as... sûrement raison. »

Si l'argenté était de toute façon plus laconique que son "frère", il était là bien plus silencieux que d'habitude. Ce n'était pas facile de remettre ses convictions en question. Il avait toujours pensé qu'un conseil à la tête d'un pays ou d'un village n'était pas la bonne solution. Qu'au moment venu, personne ne serait capable de prendre de décision, d'assumer les conséquences : un peu comme le Yoake actuellement. Mais force était de constater qu'un seul dirigeant n'était pas non plus une solution optimale.

Peut-être que la mort de Kuuli n'était pas un hasard et que le destin leur offrait une nouvelle chance d'être plus juste ; d'apprendre de leurs erreurs. Peut-être qu'à la place de réunir tous les profils différents de Kaze no Kuni derrière une seule personne... Peut-être qu'il fallait justement embrasser ces différences à la place d'essayer de les gommer. Une idée qu'il faudrait assurément porter devant ceux qui désiraient poursuivre le projet.

Changeant à nouveau de sujet et sortant donc de ses pensées, c'est d'un air faussement blessé que Sharrkan rétorqua :

« Oh, si je ne te manque pas, je n'ai donc aucune raison de revenir à Kumo. »

Poser une question au Meikyû sans attendre de réponse honnête était sûrement une erreur mais... outch, l'ego en prenait un coup. Même s'il prenait la réponse sur le ton de la plaisanterie, comme le montrait le sourire qu'il affichait sur son visage, le Kazejin ressentait une sorte de... déception. Mais il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même : s'il ne voulait pas de réponse, il n'aurait pas dû poser la question. Et pour ne rien montrer, il afficha comme d'habitude son air sarcastique, sans toutefois déguiser le reproche.

« Oui, je suppose que tu n'aurais pas de problèmes à être impartial, même s'il n'y a pas de mal à être égoïste de temps en temps. »

Même s'il savait que c'était la façon de fonctionner de Raizen et que dans un sens, ça montrait justement qu'il se souciait de lui... c'était frustrant pour Sharrkan. Ce n'était pas vraiment ce qu'il voulait entendre. Si les places avaient été inversées, il n'aurait pas hésité à donner son avis personnel ; il n'aurait pas non plus eu peur d'engager les moyens nécessaires. Mais bon... s'il ne voulait pas faire entrer d'affectif dans cette décision, il n'y avait donc aucun mal à négocier comme n'importe quel contrat, hm ?

« Revenir à Kumo, mais pour quelle raison je devrais choisir ça plutôt qu'une autre voie ? Pour quel grade ? Quel salaire ? Est-ce que je peux négocier des avantages ? Parce que soyons honnêtes : si c'est pour retrouver mon poste de Genin, je préfère encore rejoindre l'Homme au Chapeau. »

Cette fois-ci, il n'y avait pas une trace d'humour dans son expression. S'engager juste par dévotion pour le Village, ça ne fonctionnait plus. Ca n'avait jamais fonctionné, d'ailleurs. Sharrkan avait beau porter Kumo dans son cœur, ce n'était pas au point de foutre toute sa vie en l'air pour ça, sans contrepartie. Son expérience de Genin n'avait pas été des plus agréable et bien effectuée sous la contrainte ; hors de question d'y replonger volontairement.

« Mais pour tout te dire, je ne crois pas avoir envie de rester à Kaze. Peut-être que c'est momentané, peut-être que ça passera, mais actuellement je préférerais être n'importe où plutôt qu'ici. »

Pour être honnête, il l'avait été. Actuellement, même les neiges éternelles de Yuki no Kuni lui semblait être un endroit préférable à son désert natal. Peu importe l'endroit, tant qu'il pouvait oublier ce qui s'était passé le jour-même, ne serait-ce que pour quelques heures.

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Dim 22 Nov 2020 - 5:13
Ne délaissant pas du regard son cher allié, plusieurs éléments prirent le Meikyû par surprise. Que ce soit sa réaction à ses propos et ce qui se rapprochait le plus d’une contre-proposition, il pouvait clairement voir que le jeune homme était plus complexe pour tenter de le cerner. Ainsi, il comptait adopter une nouvelle approche : ne pas l’analyser du tout.

-Entre toi et moi, il est clair que tu ne reviendrais pas à Kumo que pour me voir chaque jour… à moins que mes entrainements surpris datant du Fukkatsu te manquent réellement ?

Affichant un sourire en coin, il ajouta une précision :

-Je ne suis pas la personne la plus expressive de mon attachement ou autre, mais j’apprécie ta présence Sharrkan. Comme toujours, il ne faut pas se fier aux apparences et en cas de doute, n’hésite pas à me poser la question directement.

Tournant dès lors la page sur l’air de fausse déception qu’il avait manifesté, sincère ou non, Raizen faisait ce qu’il pouvait : répondre et aviser en conséquence.

-C’est intéressant, je n’avais pas vu venir la question sur les grades ou le salaire.

Souriant, il fit mine de réfléchir avant de prendre une légère respiration, comme s’il allait se mettre à parler beaucoup :

-En temps normal, je t’aurais retourné la question, mais je vais te répondre. Par contre, si cela peut t’aider, il est important de savoir ce que tu veux et de demander ce que tu veux. Ce n’est qu’en étant proactif que tu pourras réellement atteindre tes vrais objectifs et désirs. Si tu es réactif, tu vas finir par choisir les choix qui te sont offerts alors que la solution ultime est peut-être un élément que tu auras forgé de toute pièce et qui ne te sera pas proposé…

N’ayant aucune prétention derrière ses paroles, s’il désirait jouer sur la négociation, bien que Raizen avait de légers doutes sur la pérennité d’une telle approche, il était important qu’il comprenne la posture dans laquelle le flot d’une discussion pouvait influencer certains éléments du genre.

-Pourquoi Kumo? Je ne peux répondre à cette question avant de connaître tes besoins, autrement, ce serait te proposer quelque chose de générique un moindrement personnalisé pour te proposer quelque chose… tout comme je n’ai pas besoin de te dire ce qu’est Kumo. Tu sais déjà à quoi t’attendre et la grande différence suite au changement de direction est l’accent poussé vers la montée en puissance, le développement, le progrès et la consolidation de nos liens, mais aussi des aptitudes qui font de Kumo le village de la connaissance…

Marquant une légère pause pour le laisser mijoter un peu, il poursuivit :

-Niveau grade et salaire, je ne pensais pas que c’était des éléments qui étaient importants pour toi, mais je ne te juge pas, au contraire, le tout est important.

Il était clair que Raizen n’adhérait avec aucun des deux facteurs. Pourtant, ce n’était pas pour autant qu’il allait se donner le loisir de poser un jugement qui ne lui revenait pas.

-Si tu désires prendre du temps sans influencer ta décision, essaye de voyager un peu en dehors de Kaze et Kumo pour prendre une décision la tête froide, te changer les idées ou autre.

Lui disant cela pour éviter qu'il tente de fuir Kaze pour fuir ses souvenirs pour finalement changer d'idées quelques semaines plus tard, prendre du recul ne lui serait que bénéfique. Posant une main sur son menton, il analysa calmement Sharrkan avant de poursuivre :

-En ce moment, il est clair que tu as ce qu’il faut pour être un chunin qui se rapproche de ce qu’il faut pour être un jonin. Au final, ce qui ferait la différence serait l’apport particulier que tu peux apporter au village et le type de rôle que tu voudrais adopter. Selon moi, tu as un profil intéressant, mais j’aimerais savoir quelque chose Sharrkan.

Marquant une pause en voulant éviter prétendre avoir la science infuse, il préférait lui demander concrètement :

-Qu’est qui te captive par-dessus tout à titre de shinobis et quel est ton atout dont tu es le plus fier qui fait de toi un ninja de classe supérieure ? Bien que je donne l’impression d’analyser constamment les gens, j’aimerais que ça vienne directement de toi.

Même si à première vue, il aurait dit la camaraderie, Raizen se demandait si le portrait qu’il avait de cet homme et de son potentiel était véridique et aligné avec les désirs réels qu'il avait. Plus important encore, il désirait voir le jeune homme manifester ce qui représentait son atout, car l’expérience, il en avait eu beaucoup récemment. Toutefois, tous les Jonins avaient au minimum un rôle clé en lien avec leur expérience. Qu’en était-il de lui ?

-Sinon, de quels types d’avantages parles-tu ? Éclaire ma lanterne à ce sujet…

Arborant un profil possiblement plus dur, si Sharrkan voulait marchander, il allait avoir droit à une opposition digne de Kaze. Après tout, les négociations étaient intéressantes, mais devaient demeurer justes. Toutefois, ce n'était pas pour autant que Raizen allait être désagréable, ce qu'il dévoilait à travers son sourire et son regard mi-joueur mi-inquisiteur.

C'était le temps pour Sharrkan de lui montrer ce qu'il savait faire.

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