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[MISSION/B/MIZU] Qu'éclose la fleur de l'équinoxe

Aditya
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Mer 14 Oct 2020 - 21:15
Qu'éclose la fleur de l'équinoxe

ft. Naragasa Otsuge & Yamanaka Tokage


Été 204, Temple du lycoris, village de Kiri.


À l’aube d’un nouveau jour gage de promesses, le regard d’Aditya arpentait les dédales ombrageux que l’horizon lui offrait, au travers de la Brume enchanteresse qui paraît de tout temps l’égide de ces bâtiments. Le passage du vent révolta une vague de frisson sur sa peau laissée découverte pas l’étoffe de son sari en tout point équivoque à ceux portés par les autres habitants des temples, à l’exception de sa blancheur qui n’indiquait suivre aucun ordre monastique, et qu’il avait préféré en cette heure à l’ordinaire tenue que lui incombait son rang.

Les yeux clos – le temps d’un instant – ses poumons s’emplirent d’un air renouvelé par la fraîcheur de l’aurore, tandis que ses pensées s’envolaient vers la missive encrée il y a quelques jours, à l’intention de deux autres enfants de l’Eau qui siégeraient aujourd’hui à ses côtés. L’un, issu de cette famille jugée royale par bien d’entre eux – celle-là même avec laquelle les habitants du temple du lycoris éprouvaient du remord. L’autre, récent membre de son équipe et dont le caractère plus qu’équivoque sur son refus de prendre ses responsabilités avait tâché de mettre à l’épreuve le sang froid de l’ascèse. Il espérait, néanmoins, qu’il délaisserait son immaturité évidente au profit de cette heure où il lui faudrait faire tâche d’altruisme.

Et lorsque leurs silhouettes se présentèrent à lui, au cœur de cette cité, il fut en partie rassuré, pensant que l’autrefois Yamanaka aurait préféré se résoudre à faire parler son absence pour lui-même. Ses yeux se posèrent sur le visage du brun, dont il n’avait pas encore croisé le chemin, mais dont le futur tâcherait bien de régler cela.

« Enchanté, Otsuge. Je te remercie de te joindre à nous pour cette mission, d’autant plus étant donné les circonstances. », murmura-t-il en se gardant bien d’évoquer la mort de son cousin de vive voix.

Il n’accorda qu’un hochement de tête respectueux à Tokage, conscient que quoi qu’il arrive, ce dernier n’était jamais très loquace en sa compagnie qu’il s’efforçait à haïr, vraisemblablement, pour une raison qu’il ignorait encore. Alors, sans un mot de plus qu’une salutation, le blond détourna les talons, afin de mener cette présente équipe jusqu’aux abords du sanctuaire qui détenait à ses yeux tant d’importance et d’appréhension ; et si interrogations il demeurait quant à cette mission, mieux vaudrait pour eux de les poser avant leur arrivée.


[…]


Longeant les détours de cette esplanade nouvelle, la silhouette de l'ascèse épousa l'ombre délaissée par l'un des nombreux torii guidant le chemin de chaque âme souhaitant se rendre au sein du bâtiment qu'ils laissaient entrevoir, et se substituant l'un à l'autre jusqu'à l'aube de l'arrivée. Son attention longea les colonnes de pierres érigées sur son passage, trahissant, d'une certaine façon, les pierres tombales que beaucoup d'autres sanctuaires avaient préféré offrir à un endroit éloigné des regards, mais que la honte de celui-ci poussait à prôner, afin qu'elle ne sombre point dans l'oubli des décennies à venir.

Son regard traça les contours des nombreux lycoris tranchant la banalité morne de cette allée de leur pétale rougeoyantes, et dont les tiges ne cessaient de s'élever au-delà du sol où leurs racines étaient ancrées ; comme pour crier leur existence, mêlée à celle des défunts. D'un coup d'œil glissé par-dessus son épaule, le blond s'assura de la compagnie de ses comparses avant de poursuivre son chemin, et de glisser, dans le sillage de leur avancée, quelques mots à leur encontre.

« Bien que les moines de ce temple aient décidé de porter leur déshonneur, il serait biienvenu d'éviter de le mentionner davantage s'ils n'abordent pas le sujet d'eux mêmes. Bon nombre d'entre eux détiennent toujours la fierté laissée par leurs prédécesseurs, sans compter le respect qui leur est dû malgré tout. », déclara-t-il en laissant ses pas trouver l'écho de sa venue sur les dalles pavées de pierres. « Si nous parvenons à trouver un terrain d'entente pour parvenir à panser les blessures des enfants de la Brume, peut-être pourrons nous effacer les leurs. »

Son attention s'appuya davantage sur Tokage, dont il se méfiait du comportement ; bien que cette mission porte le joug de la bienveillance, et n'aie d'autres but que de décider de l'emplacement d'une unité pouvant bénéficier tant aux habitants de ce village qu'à ses membres, l'ascèse redoutait son comportement. Plus d'une fois, il lui avait prouvé sa désinvolture, lors de leur escale à Ue. Il espérait simplement qu'il demeurait en lui assez de respect pour ses pairs pour ne pas saboter ce qui pourrait, à terme, maintenir un souffle de vie dans tant d'âmes qu'ils ne pourraient en accueillir.

Et tandis qu'il s'approchait du revers de l'une des portes boisées du temple Hirabanga, Aditya laissa ses doigts refermés frapper de deux coups l'annonce de leur présence, toujours portés par cette douce retenue que le silence imposait à ses gestes.






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Dernière édition par Aditya le Lun 19 Oct 2020 - 14:57, édité 1 fois
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Yamanaka Tokage
Yamanaka Tokage

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Jeu 15 Oct 2020 - 21:46

Nouveau matin. Nouveau rai de lumière à travers les volets. Un doigt de soleil, juste assez pour découvrir les couvertures encore emmêlées. Quelques éclats de chairs enlacées, parfois. Un nimbe de cheveux sombres. Le tout dans l’atmosphère légère d’un jour naissant d’automne. L’air embaumait le musc. Les amours endormies. Les soupirs de la veille …

On frappa à la porte du petit appartement. Pas de réponse. On frappa encore. Cette fois, un grognement émergea des draps. Puis bientôt une silhouette nue, qui s’enveloppa de la couverture comme d’une toge et traîna ses contours jusqu’à la porte. Une main jaillit du tissu, et glissa contre le bois, effaçant sous ses doigts la marque d’un sceau. La porte s’ouvrit.

« Un ordre de mission. »

Il distinguait mal le visage de cet étranger dans la pénombre de l’appartement. Il se contenta de lui proférer quelques menaces bien senties, qui restèrent sans doute au fond de sa gorge à l’état de râle, et de saisir mollement le rouleau qu’on lui tendait. Il ferma la porte. Recréa d’un geste distrait le sceau qui la barricadait.

Puis il se dirigea vers la fenêtre. L’ouvrit lentement. Elle grinça. Il ouvrit un volet. Une bouffée d’air frais et de soleil entra dans la chambre ensuquée. Toujours emmitouflé dans la couverture, il s’appuya au mur et déroula le parchemin, dans un bâillement de grand fauve.

« Il est tôt …

-Rendors-toi. J’dois partir. Tu peux rester ce matin, si tu veux. Je te laisserai la porte déverrouillée.

-Mgn ... »

Il avait déjà sombré, à nouveau. Tokage soupira. Il jeta un dernier regard au corps nu de son amant de la veille. Puis il se prépara.

L’air du matin lui fouettait le visage, cette fois. Il courait de tuile en tuile, quelques mètres au-dessus du commun des Kirijins. Semblant parfaitement indifférent. Comme si c’était un mode de transport parfaitement banal. Comme s’il avait toujours eu l’habitude, finalement, de se déplacer comme ça. Il l'avait eue cette habitude, à vrai dire. A une certaine époque. Mais voilà quelques temps déjà qu’il ne s’adonnait plus à la course favorite des shinobis.

Avec la légèreté du chat, il atterrit sur le pavé, faisant s’envoler un troupeau de pigeons. Un peu plus et il aurait presque eu l’air d’un super-héros. Presque, hein. C’étaient des pigeons qui s’étaient envolés, pas des colombes.

Un homme prenait la même route que lui. Un homme qu’il ne connaissait pas, mais au physique suffisamment excentrique – et il était bien placé pour en juger – pour être un soldat de Kiri. Pas besoin d’être Sherlock, partant de là, pour deviner son identité. Il s’approcha de lui.

 « Hep ! »

Il se manifesta d’un signe de la main, et d'un sourire aimable. C’était Naragasa Otsuge.

 « Je suis Tokage. J’te préviens d’avance : t’étonne pas si Aditya est chelou. »

Il n’eut pas le temps d’en dire plus que la mère de toutes les blondes s’avançait déjà vers eux. Il salua poliment Otsuge. Et rien pour Tokage.

« Eh dis donc, je pue ou quoi ? »

Une bien commode ellipse épargna à Aditya le souci de répondre.

Ils s’étaient avancés plus profondément dans le temple. Typiquement le genre d’endroit où Tokage ne foutait jamais les pieds. C’était pas vraiment son univers. Et il avait du mal avec les moines, aussi. Ils le lui rendaient bien, d’ailleurs. Les quelques rares entrevues qu’il avait eues avec des religieux ne s’étaient pas vraiment bien finies. Encore que, son souvenir n’était pas des plus limpides.

Et le petit discours moralisateur qui allait bien. Oh, Tokage voyait parfaitement où Aditya voulait en venir ! Il cherchait à le faire culpabiliser. A lui faire comprendre que ce qu’il faisait, et ben c’était pas bien, et qu’il était méchant, na. Ce n’était la preuve que d’une chose : il n'avait rien compris du tout. Tokage ne voulait aucun mal aux habitants de ce pays, ni même à ses camarades shinobis. C’était à vrai dire plutôt l’inverse. La seule personne dont il cherchait à briser les noix, c’était Aditya. Alors oui, bon, l’efficacité de la mission pouvait en pâtir. Mais au final, il lui semblait bien qu’il arrivait assez bien à son but. Encore quelques excursions du genre, et il avait bon espoir de ne plus faire partie de cette maudite équipe …

« Pas d’inquiétude boss, j’ferai pas de boulettes. Au fait, les moines c’est bien les gogols avec le crâne rasé comme mon cul qui se baladent un peu partout en chantonnant, c’est ça ? »

Le ton était délibérément provocateur. Les paroles aussi, d’ailleurs, parce qu’on ne pouvait pas dire que c’était le top du top en matière de vanne. Mais c’était le matin, il fallait bien qu’il se réveille. Il tira la langue et adressa un clin d’oeil moqueur à son senseï. Il allait le mettre un peu à cran, tiens.

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Naragasa Otsuge
Naragasa Otsuge

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Dim 18 Oct 2020 - 16:08
L’aube se présentait timidement, un rayon de soleil à la fois au travers les lattes abimées de l’arrière boutique délabrée, au coeur des quartiers inondés, où notre protagoniste avait érigé sa modeste demeure. La pénombre était toujours bien présente malgré le matin naissant et les flammes des bougies sur l’autel dansaient. À leur lueur, Otsuge était agenouillé, sabre sur les genoux.

¬ …, Jin, Sakura, Sazake, Ichimaru, Susui, Eiichiro, Akinobu, … murmurait-il dans le silence du matin.

Machinalement, ses fins doigts parcouraient les gravures incrustées sur la lame de son épée, tout en invoquant les noms des esprits qu’il contenait, à la manière d’une prière ou encore d’une incantation. Ce rituel matinal lui permettait de les apaiser, et de les remercier, et le jeune homme s’y adonnait tous les matins, sans exception. Les pouvoirs occultes de Shusui avait longtemps hanté son esprit et amené aux bords d’une folle abysse infernal. Ce n’est qu’en faisant la paix avec les esprits emprisonnés qu’il avait pu prendre le dessus sur cette folie et les voix omniprésentes : il en était émergé le Gardien des mes.

Les esprits apaisés pour la journée, Otsuge quitta sa modeste demeure pour rejoindre le lieux de rendez-vous au sud du village : le temple du lycoris. La convocation était tombé quelques jours plus tôt, on lui demandait d’assister un major de la Kenpei dans l’établissement d’un quartier général pour une nouvelle unité spéciale du village, axé sur les arts médicaux. Pourquoi lui qui ne connaissait pourtant rien à la médecine ou aux sciences de la vie? Le Genin ne le savait pas explicitement, même s’il avait une petite idée sur la question. Le temple du lycoris était habité par des moines-guerriers au passé trouble, ayant eu plusieurs accrochages avec la Seigneurie auparavant. Otsuge se doutait donc bien qu’il avait été sélectionné, à son plus grand regret, à cause du blason qu’il portait, le nom qu’il maudissait tant : Naragasa.

Alors qu’Otsuge gravissait la route en direction du lieu de rendez-vous, un premier homme le rejoint et se mit à marcher à ses côtés tout en se présentant comme étant son partenaire de mission : Yamanaka Tokage. Le Sabreur se contenta de la saluer poliment d’un geste conjoint de la tête et de la main, avant qu’un deuxième homme, le Gardien Sylvestre, ne les rejoigne et ne l’interpelle directement.

¬ Aditya-san. répondit-il simplement. Merci.

Le jeune homme se doutait bien de quel circonstance le blondinet évoquait. Mais Otsuge n’était pas particulièrement proche de son cousin récemment décédé lors de l’attaque du village. S’il s’était déjà plutôt bien entendu avec lui à une époque, lors de sa jeunesse au palais seigneurial, il ne l’avait plus côtoyé depuis son départ, si ce n’est qu’au détour d’une rue ou d’un couloir pour échanger quelques politesses. Sa mort ne faisait donc ni chaud ni froid au Nécromancien.

Le petit groupe continua son ascension vers le sanctuaire, parcourant une allée de majestueux torii sous les rayons naissants du soleil et de l’aube. Tout juste avant d’arriver, le chef du trio leur laissa ses dernières directives avant de toquer à la porte du temple.

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