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Gone with the wind [Yasei Reikan]

Yamanaka Tokage
Yamanaka Tokage

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Mer 14 Oct 2020 - 21:34

« VOUS NOUS AUREZ JAMAIS, ENCULES ! »

De la grande poésie, toujours.

« Ils … Vont … Nous … Rattraper … !

-Parle moins et cours plus ! Si t’avais un peu plus la forme on serait déjà loin devant ! »

Et vlan, vas-y que j’te balance une poignée de makibishis par-dessus l’épaule. Et de l’autre main, j’t’attrape machin par le col et j’te le tire dans une ruelle.

 « On peut souffler cinq secondes.

-C … Cinq ?! Tu t’fous de moi ? J’ai ... les poumons … qui vont ex- … exploser !

-Pas mon problème. T’avais qu’à être plus endurant.

-T’avais dit … Qu’on en reparlerait pas !

-J’te parle pas de cette endurance, triple couille. »

Tokage scruta l’autre bout de la ruelle. Désert comme un désert. Il attrapa son acolyte par le col, et le tira derrière lui. Au passage, il sema sur ses pas les quelques derniers makibishis qui lui restaient en poche. De quoi retarder un peu leurs poursuivants, ou leur donner mal aux pattes.

 « Ils sont là chef ! »

Il se retourna d’un coup d’un seul. Ils étaient à l’autre bout de la ruelle.

 « Peste ! »

Il reprit sa course, tirant d’abord l’autre à bout de bras.

« Bouge ton p’tit cul, ou j’te jure que j’le laisse là, et toi avec !

-N … Non ! »

Il se décida enfin à se remuer, et remit ses jambes en mouvement. Tous deux déboulèrent alors dans une allée plus large, plus exposée, mais bien vide de passants. Ils la remontèrent au pas de charge, Tokage jetant par instants quelques regards derrière lui pour surveiller l’avancée de leur « escorte ». Apparemment, les petits pièges qu’il avait laissé à leur attention ne les avaient pas vraiment émus. Ils galopaient encore comme des chevaux fougueux, ceux-là. Diable. C’est qu’elle était bien entrâinée, la police de Kiri.

Il tourna à un angle. Et ils se retrouvèrent face à un mur. Littéralement.

Le cliquetis des armes ne tarda pas à les rattraper, et bientôt ils firent face à une brigade d’une demi-douzaine d’hommes qui les menaçaient de leurs kunaïs. Tokage leva aussitôt les mains, et fut imité par son coreligionnaire immédiatement.

« Hop, hop ! Pas d’affolement messieurs ! On n’est pas armés, regardez !

-Toi tu la fermes ou j’t’en colle une. »

Pas bien aimable le roquet dis donc. Tokage prit un air offensé, et pinça les lèvres.

 « Vous allez nous suivre bien gentiment, et nous expliquer ce que vous avez fait autour d’une table. Allez-y les gars, attachez-les. »

Tokage réagit alors au quart de tour. On ne pouvait pas dire qu’il avait tout prévu, mais il y pensait sérieusement depuis un p’tit moment.

« Commencez par lui ! »

Et il donna une grande tape dans le dos de son acolyte. Celui-ci, n’y comprenant rien, tomba la tête la première dans la mêlée des soldats. Tokage, lui, avait déjà bondi avec l’agilité d’un chat sur le sommet du mur qui bloquait l’impasse, et de là sur un toit voisin.

 « A … ARRÊTEZ-LE !

-Bon baisers de mon cul, GROS NAZES ! »

Et avec un geste du doigt bien senti, il fila sur la cime urbaine, son rire narquois raisonnant dans la nuit comme le cri d’un hibou hystérique.

Il se balada ainsi pendant cinq bonnes minutes, jusqu’à ce qu’il soit sûr de ne pas avoir été suivi. Alors, il ralentit, et finit par s’arrêter complètement sur un toit orné d’une charmante tourelle, vide à une heure si avancée. Il s’adossa à la tourelle, et se laissa glisser contre ses pierres, jusqu’à être assis à même les tuiles. Là il put reprendre sa respiration. Il avait la lune face à lui, et l’immensité liquide de la mer.

 « On se sent vivant putain ... »

D’une poche de son pantalon, il tira deux morceaux de tissu, qu’il enroula autour de son bras gauche, en brassard. Deux bandeaux frappés aux armes de Kiri. Exactement le genre de chose qu’il ne pouvait pas se permettre d’exhiber en pleine course poursuite. Surtout quand c’était lui qu’on poursuivait. Et surtout quand c’était la police de Kiri qui le poursuivait. Du reste, il n’avait aucun scrupule à avoir abandonné son complice de ce soir. C’était un idiot, qui l’avait lassé de toute façon. Il trouverait bien de quoi le remplacer tôt ou tard (et sans doute plutôt tôt que tard).

Il poussa un long soupir. L’adrénaline commençait à retomber un peu. Son coeur dansait toujours la java, cela dit.

Une brise passa …

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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Hier à 14:56
➜ Été de l'An 204, Village de Kiri

« Yasei Rrreikan dans mon rrestaurant tout frrais, quel doux rrêve qui se rrréalise!! »

Au lendemain de la tempête de déités, Kiri continuait d'abriter repos et félicité. Et notre Fille du Lion avait ouvert cet avenir paradisiaque à bon nombre de changeformes, habitués à l'âpreté du Désert et ses tourments, qui s'étaient empressées d'apporter leur harmonieuse folie animale à la vie de la Cité Brumeuse pour tourner la page et mieux s'intégrer. C'était le cas de Kumogiko*, propriétaire de la naissante maison de bouche Neko no Rakuen* élevée à juste une poignée de pas des vagues abritées par la zone portuaire de Kiri. À l'aube de ce nouveau départ pour le maître culinaire, quelle ne fut donc pas sa surprise lorsqu'il entrevit la significative silhouette de sa cheffe de clan et de son héroïne, au détour de son coin aux mille délices? Si émoustillé par sa présence, le Yasei aux pâles atours de félin se tordit autour de sa canne et grommela de plaisir, face à la jeune femme qui avait marqué un arrêt au milieu de la ruelle de pavés.

kumogiko (oui j'ai pris maître karin):
 

« Bonsoir, Kumogiko. Tu as l'air de te plaire, ici.
Mrrohhhh que oui!! Il y a du poisson frais à seulement deux pas de l'enseigne, te rends-tu compte? »

Les traits de la fascinante métamorphe à la peau satinée par le soleil du Vent s'apaisèrent, à la vue de l'intérieur de restauration en plein essor. Embellie par la quiétude après toute la violence criblée sur le champ de bataille, Reikan fit preuve d'une sérénité à outrance, presque contagieuse ; car voir l'un des siens s'épanouir aussi vite au creux de son village adoptif ne pouvait la laisser indifférente. L'enfant des Bêtes espérait montrer Kiri sous son plus beau jour ‒ même pluvieux et embrumé ‒ à ses pairs, avec l'espoir qu'ils puissent apprendre à l'aimer comme elle l'avait fait avec le temps. Les pupilles d'azur de la prédatrice s'enlisèrent sur le minois du chat au pelage farinacé, tandis que son dos se courbait avec élégance afin de rejoindre une telle petitesse. Bien des mèches de sa crinière de jais tombèrent pour encadrer son visage d'ange aux éphélides, en même temps que la dague de cristal pendante à son cou qui se balançait de droite à gauche dans le vide.

Un sourire ambitieux s'accrocha à ses lèvres charnues, éclairées par les lanternes de papier rouge.

« Dis RrrRreikan-nēsan tu sais, tu peux venirrr manger quand tu veux!
Ah oui? Eh bien... pourquoi p-...
Capitaine! »

La colonne arquée de l'Éclair de la Brume retrouva sa droiture et ses yeux céruléens, leur rigueur. La tête tournée sur le côté afin de jeter un œil à ses arrières, elle décrypta la silhouette éreintée et essoufflée du soldat de la Main de la Justice venu jusqu'à elle, que les paumes avaient supplié de prendre appui sur ses genoux après une telle course. Sous des perles ébahies du chat farineux, le jeune homme s'obligea à imposer une marque de respect pour sa supérieure hiérarchique avant de daigner se redresser entièrement à son encontre, pour lui faire part de son appel à l'aide. Mais en plongeant son regard dans celui de la féline, il fut la proie d'une maigre hésitation qu'il s'empressa de chasser, afin de s'exprimer correctement.

« Reikan-sama, mes excuses pour vous avoir dérangé pendant un tel moment mais je crains que la Police de Kiri requière votre patte... ou plutôt votre nez.
Je passerai plus tard, Kumogiko. En attendant, montre à la Brume à quel point tu peux sublimer ses produits.
Alorrrs ça! Tu peux en être sûrrRRre! »

Reikan tourna les talons et s'éloigna du lieu de repos, s'approchant du soldat qui souriait à l'idée de recevoir son aide. Malgré son ahanement, la Fille du Lion tint à s'entretenir avec lui dès le premier d'une série de bonds enchainés entre les bâtiments, dans le but d'obtenir les informations sur la situation pour laquelle ses talents avaient été rendus nécessaires et de caresser du bout des griffes l'efficacité maladive. Après s'en être imprégnée, elle remercia son camarade et lui intima l'ordre de lui laisser prendre le relais. Ni une ni deux, la Fille du Désert décolla vers les hauteurs et rejoignit les toits de Kiri, desquels elle put entrevoir et atteindre les quelques soldats mis en recherche du fuyard. Grâce à la présence de l'individu laissé sur place et l'odeur qu'il portait de son acolyte, ce fut un jeu d'enfant pour la prédatrice de le retrouver ; si bien qu'il ne lui fallut qu'un pauvre moment afin de retracer sa piste et le suivre. Avalée par l'ombre d'une charpente, elle l'observa reprendre son souffle, fixer l'immensité marine et s'habiller de la marque de la Brume comme si de rien n'était.

Au moment où la brise agressa les tuiles, les yeux de la changeforme se plissèrent.

Et ses pieds, comme si faits de velours, l'aidèrent à bondir discrètement sur la tourelle de guet.

« À ton avis, c'est enfreindre les règles qui te fait te sentir aussi vivant ou bien l'idée qu'à n'importe quel instant tu puisses trépasser du haut de ces toits, sans qu'aucune brise ne puisse t'aider? »

*Kumogiko (小麦粉, litt: Farine de blé)
*Neko no Rakuen (猫の楽園, litt: Paradis des chats)

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