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sibyllins vestiges ((pv yamanaka tokage))

Takahashi Miya
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Jeu 15 Oct 2020 - 19:57
Kiri vivait une nouvelle fois une période de réadaptation, les pertes matérielles étaient nombreuses, des rues entières avaient été la cible de la montée des eaux. Le dispensaire dans lequel ta famille et toi vivaient ne faisait guère exception. Les meubles du rez-de-chaussée, consacré essentiellement à l’accueil des malades et aux repas quotidiens, avaient été balayés par le courroux du divin. Des commodes de linge propre furent renversées, perdirent leur teinte immaculée pour l’effroyable humidité. Des étagères portant les remèdes et matériaux de premier secours tombèrent pour déverser leur contenu dans le liquide ascendant. Par chance, les fioles les plus toxiques ne se mêlèrent au fluide, votre précaution qui avait évité des complications supplémentaires. Les lits, eux, avaient gardé leur place mais les matelas – déjà anciens – devraient être changés. Des pertes qui auraient pu être encore plus importantes. Certaines fondations avaient été fragilisées par ce chaos, des familles entières devaient quitter leur maison de peur qu’elle ne s’écroule. D’autres avaient été blessés, faisaient face à la catastrophe et acceptaient les séquelles que cette dernière avaient laissées sur le corps ou sur le mental. Ta grand-mère maternelle s’était tordue la cheville en se précipitant pour aider les médecins à l’hôpital. Lieu de travail qu’elle ne verrait pas de sitôt puisqu’elle n’avait l’autorisation d’y aller que pour ses séances de rééducation. Tous les autres se portaient bien. Tout comme toi, tant que tu occultais de ton esprit les images du monstre enragé qui avait été sous tes yeux. Il n’y avait que cela. Du moins, c’est ce que tu croyais.

Alors que toute l’attention était portée sur le futur du village, une découverte te coupa de ce même élan pour une vision rétrograde. Un des coffres où se trouvaient la literie de vos invités renfermait un double fond. Une planche qui, à cause des secousses, s’était légèrement délogée du reste. Un détail qui ne t’était pas passé inaperçu puisque tu la soulevas aussitôt, curieuse à l’idée de savoir ce qu’elle pouvait bien cacher. Des papiers, des rouleaux de parchemin. A en juger par leur teinte cuivrée, ces derniers avaient déjà vu un certain nombre d’années. Si tu ne savais ce qu’il pouvait bien refermer, le visage pétrifiée lorsque tu déroulas le premier. Un manuscrit qui datait d’avant l’aube de Kiri, lorsque le banditisme régnait encore et que les bains de sang marquaient le sol du Pays de l’Eau. La description d’un mercenaire, la plume tremblante qui devenait de plus en plus trouble au fur et à mesure que tu essayais de la comprendre. Les eaux avaient atteint son contenu et sans que tu puisses l’expliquer, tu te précipitas dans ta chambre, des morceaux de fil que tu plaças entre les murs. Étendoir de fortune pour sauver ces écrits dont tu ne connaissais l’existence, que tu n’étais censée découvrir.

Tu descendis les marches, en prenant soin de ne pas te faire remarquer, pour retrouver le trésor. Pourquoi personne ne t’en avait parlé ? Et tu te souvenais des récits que tes parents avaient écrit à cette même époque, un journal de bord qui retraçait les soins réalisés avant que vous ne veniez ici. Une trace écrite qui, soumise au secret, avait pour but de détailler les remèdes qui avaient fonctionné et au contraire ceux qui n’avaient pas été fructueux. Puis, l’image d’un souvenir, d’un pressentiment qui agitait ton palpitant. Tu sursautas lorsque la porte s’entrouvrit. Dans la précipitation, tu rangeas les papiers restants pour te retourner. Un jeune homme que tu rejoins après avoir dépoussiéré tes vêtements.

Bonjour. Je peux vous aider ?

Après tout, même si le dispensaire avait eu quelques dégâts, vous n'aviez pas pour autant fermé vos portes. L'altruisme comme racine de vos valeurs et qui ne risquait pas de disparaître. Peu importe les difficultés auxquelles vous vous confrontiez.
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Yamanaka Tokage
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Mer 21 Oct 2020 - 19:12

Si c’était pour avoir les pieds dans la flotte, il aurait tout aussi bien pu rester chez lui et patauger dans sa baignoire.

Voilà plusieurs jours à présent que Sanbi avait libéré les flots sur Kiri. Pourtant, le village entier continuait de baigner – assez littéralement – dans les vestiges de la catastrophes. Une couche non négligeable d’eau recouvrait toujours les rues, et où qu’on aille, dans quelque maison que ce soit, le rez-de-chaussée avait invariablement été inondé, sinon saccagé dans certains cas. Quand ce n’était pas le bâtiment tout entier qui s’était carrément effondré, trop fragilisé par le courant. Bref, une fois de plus, Kiri était dans un sale état.

Mais chacun, résigné, avait vite ressorti truelle et burin de derrière les fagots. Et déjà, de nouvelles habitations s’élevaient sur les ruines de celles qui s’étaient écroulées. Les parquets noyés étaient remplacés, les poutres mouillées renforcées. Il était étonnant que, même après d’innombrables tentatives de destruction, irrémédiablement suivies de travaux de réparation, le village ne soit pas encore totalement immunisé à tous les types d’attaques et de cataclysmes que la nature ou les hommes pouvaient imaginer pour l’atteindre. Car, chaque fois que Kiri réparait son enveloppe, c’était pour se rendre plus solide. Plus dure. Plus forte.

 « Eh merde. »

Manque d’attention. Il avait foutu le pied en plein dans une flaque particulièrement profonde, et s’était enfoncé dans l’eau jusqu’au genou.

« Saloperie de pute d’eau de mes deux ... »

Il s’extirpa tant bien que mal du lac – on ne pouvait décemment plus parler de flaque, à la réflexion – et sautilla dans l’eau un moment avant de trouver un perchoir qui lui assurât d’avoir les pieds au sec, au moins un instant.

Il dégoulina sur le porche d’une maison un moment, contemplant, désolé, l’état de son pantalon trempé. Typiquement le genre de douille qui n’arrivait qu’à lui. Enfin, pas si sûr : à sa grande joie, une vieille dame reproduisit son exploit, avec plus d’éclat que lui encore. Car, non seulement la vieille plongea jusqu’à la taille dans le trou d’eau, mais en plus elle y laissa sa culotte, trop grande sans doute, qui flotta au loin comme une méduse d’un autre temps. Tokage réprima un fou rire d’une violence rare derrière un air désolé. La vieille dut prendre ses larmes pour de la pitié, car elle lui adressa un regard plein de bienveillance, et d'une gratitude muette.

A vrai dire, ce porche était un endroit parfait. Surplombant légèrement la couche d’eau qui hantait Kiri, il assurait un abri aux errants, un refuge aux plus mouillés. Une sauveté.

Et à bien y regarder, Tokage l’avait déjà vu, ce porche. De même que la maison qui l’encadrait, dis donc. Il avait le sentiment que ça avait quelque chose à voir avec des souvenirs trèèèèèèès lointains. Quelque chose comme avant Kiri. Un vague lien avec ses parents … Sans qu’il puisse mettre précisément le doigt dessus.

Il hésita un instant. Oserait-il ? Oserait-il pas ? La tentation était grande. Mais était-il vraiment devenu ce genre d’aventuriers du quotidien qui, sur un coup de tête, partaient à la rencontre de l’inconnu – ou du presque pas connu, puisqu’il avait l’impression de connaître les lieux – simplement pour assouvir un désir éphémère de se souvenir ? Il se mordit la lèvre inférieure. Roh, après tout. Pourquoi pas ? Qu’est-ce qu’il risquait, hm ? De tomber sur le repaire de l’Homme au Chapeau ? Soyons réaliste. L’Homme au Chapeau n’aurait jamais soigneusement disposé un bouquet de fleurs devant sa porte. Encore que. C'était un gars plein de surprises, apparemment.

Il poussa la porte, et passa la tête par l’entrebâillement. Calme total à l’intérieur. Et rien à signaler, si ce n’est une silhouette de jeune fille, visiblement empressée. Mais aimable. Une qualité rare chez les jeunes. De son temps … Bref. Tokage sourit.

« Salut. »

Et il entra complètement - pas juste sa tête - dans la maison. Visiblement, il y avait eu du dégât ici aussi. Il jeta un coup d’oeil autour de lui, essayant d’attraper ça et là des bribes d’informations qui auraient pu lui indiquer où il se trouvait. Mais rien ne lui venait à l’esprit. Le désordre ambiant ne devait pas aider. Il devinait que, d’habitude, tout devait être un peu mieux rangé.

 « Dis, c’est quoi cette baraque exactement ? »

Droit au but.

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