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sibyllins vestiges ((pv yamanaka tokage))

Takahashi Miya
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Jeu 15 Oct 2020 - 19:57
Kiri vivait une nouvelle fois une période de réadaptation, les pertes matérielles étaient nombreuses, des rues entières avaient été la cible de la montée des eaux. Le dispensaire dans lequel ta famille et toi vivaient ne faisait guère exception. Les meubles du rez-de-chaussée, consacré essentiellement à l’accueil des malades et aux repas quotidiens, avaient été balayés par le courroux du divin. Des commodes de linge propre furent renversées, perdirent leur teinte immaculée pour l’effroyable humidité. Des étagères portant les remèdes et matériaux de premier secours tombèrent pour déverser leur contenu dans le liquide ascendant. Par chance, les fioles les plus toxiques ne se mêlèrent au fluide, votre précaution qui avait évité des complications supplémentaires. Les lits, eux, avaient gardé leur place mais les matelas – déjà anciens – devraient être changés. Des pertes qui auraient pu être encore plus importantes. Certaines fondations avaient été fragilisées par ce chaos, des familles entières devaient quitter leur maison de peur qu’elle ne s’écroule. D’autres avaient été blessés, faisaient face à la catastrophe et acceptaient les séquelles que cette dernière avaient laissées sur le corps ou sur le mental. Ta grand-mère maternelle s’était tordue la cheville en se précipitant pour aider les médecins à l’hôpital. Lieu de travail qu’elle ne verrait pas de sitôt puisqu’elle n’avait l’autorisation d’y aller que pour ses séances de rééducation. Tous les autres se portaient bien. Tout comme toi, tant que tu occultais de ton esprit les images du monstre enragé qui avait été sous tes yeux. Il n’y avait que cela. Du moins, c’est ce que tu croyais.

Alors que toute l’attention était portée sur le futur du village, une découverte te coupa de ce même élan pour une vision rétrograde. Un des coffres où se trouvaient la literie de vos invités renfermait un double fond. Une planche qui, à cause des secousses, s’était légèrement délogée du reste. Un détail qui ne t’était pas passé inaperçu puisque tu la soulevas aussitôt, curieuse à l’idée de savoir ce qu’elle pouvait bien cacher. Des papiers, des rouleaux de parchemin. A en juger par leur teinte cuivrée, ces derniers avaient déjà vu un certain nombre d’années. Si tu ne savais ce qu’il pouvait bien refermer, le visage pétrifiée lorsque tu déroulas le premier. Un manuscrit qui datait d’avant l’aube de Kiri, lorsque le banditisme régnait encore et que les bains de sang marquaient le sol du Pays de l’Eau. La description d’un mercenaire, la plume tremblante qui devenait de plus en plus trouble au fur et à mesure que tu essayais de la comprendre. Les eaux avaient atteint son contenu et sans que tu puisses l’expliquer, tu te précipitas dans ta chambre, des morceaux de fil que tu plaças entre les murs. Étendoir de fortune pour sauver ces écrits dont tu ne connaissais l’existence, que tu n’étais censée découvrir.

Tu descendis les marches, en prenant soin de ne pas te faire remarquer, pour retrouver le trésor. Pourquoi personne ne t’en avait parlé ? Et tu te souvenais des récits que tes parents avaient écrit à cette même époque, un journal de bord qui retraçait les soins réalisés avant que vous ne veniez ici. Une trace écrite qui, soumise au secret, avait pour but de détailler les remèdes qui avaient fonctionné et au contraire ceux qui n’avaient pas été fructueux. Puis, l’image d’un souvenir, d’un pressentiment qui agitait ton palpitant. Tu sursautas lorsque la porte s’entrouvrit. Dans la précipitation, tu rangeas les papiers restants pour te retourner. Un jeune homme que tu rejoins après avoir dépoussiéré tes vêtements.

Bonjour. Je peux vous aider ?

Après tout, même si le dispensaire avait eu quelques dégâts, vous n'aviez pas pour autant fermé vos portes. L'altruisme comme racine de vos valeurs et qui ne risquait pas de disparaître. Peu importe les difficultés auxquelles vous vous confrontiez.
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Yamanaka Tokage
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Mer 21 Oct 2020 - 19:12

Si c’était pour avoir les pieds dans la flotte, il aurait tout aussi bien pu rester chez lui et patauger dans sa baignoire.

Voilà plusieurs jours à présent que Sanbi avait libéré les flots sur Kiri. Pourtant, le village entier continuait de baigner – assez littéralement – dans les vestiges de la catastrophes. Une couche non négligeable d’eau recouvrait toujours les rues, et où qu’on aille, dans quelque maison que ce soit, le rez-de-chaussée avait invariablement été inondé, sinon saccagé dans certains cas. Quand ce n’était pas le bâtiment tout entier qui s’était carrément effondré, trop fragilisé par le courant. Bref, une fois de plus, Kiri était dans un sale état.

Mais chacun, résigné, avait vite ressorti truelle et burin de derrière les fagots. Et déjà, de nouvelles habitations s’élevaient sur les ruines de celles qui s’étaient écroulées. Les parquets noyés étaient remplacés, les poutres mouillées renforcées. Il était étonnant que, même après d’innombrables tentatives de destruction, irrémédiablement suivies de travaux de réparation, le village ne soit pas encore totalement immunisé à tous les types d’attaques et de cataclysmes que la nature ou les hommes pouvaient imaginer pour l’atteindre. Car, chaque fois que Kiri réparait son enveloppe, c’était pour se rendre plus solide. Plus dure. Plus forte.

 « Eh merde. »

Manque d’attention. Il avait foutu le pied en plein dans une flaque particulièrement profonde, et s’était enfoncé dans l’eau jusqu’au genou.

« Saloperie de pute d’eau de mes deux ... »

Il s’extirpa tant bien que mal du lac – on ne pouvait décemment plus parler de flaque, à la réflexion – et sautilla dans l’eau un moment avant de trouver un perchoir qui lui assurât d’avoir les pieds au sec, au moins un instant.

Il dégoulina sur le porche d’une maison un moment, contemplant, désolé, l’état de son pantalon trempé. Typiquement le genre de douille qui n’arrivait qu’à lui. Enfin, pas si sûr : à sa grande joie, une vieille dame reproduisit son exploit, avec plus d’éclat que lui encore. Car, non seulement la vieille plongea jusqu’à la taille dans le trou d’eau, mais en plus elle y laissa sa culotte, trop grande sans doute, qui flotta au loin comme une méduse d’un autre temps. Tokage réprima un fou rire d’une violence rare derrière un air désolé. La vieille dut prendre ses larmes pour de la pitié, car elle lui adressa un regard plein de bienveillance, et d'une gratitude muette.

A vrai dire, ce porche était un endroit parfait. Surplombant légèrement la couche d’eau qui hantait Kiri, il assurait un abri aux errants, un refuge aux plus mouillés. Une sauveté.

Et à bien y regarder, Tokage l’avait déjà vu, ce porche. De même que la maison qui l’encadrait, dis donc. Il avait le sentiment que ça avait quelque chose à voir avec des souvenirs trèèèèèèès lointains. Quelque chose comme avant Kiri. Un vague lien avec ses parents … Sans qu’il puisse mettre précisément le doigt dessus.

Il hésita un instant. Oserait-il ? Oserait-il pas ? La tentation était grande. Mais était-il vraiment devenu ce genre d’aventuriers du quotidien qui, sur un coup de tête, partaient à la rencontre de l’inconnu – ou du presque pas connu, puisqu’il avait l’impression de connaître les lieux – simplement pour assouvir un désir éphémère de se souvenir ? Il se mordit la lèvre inférieure. Roh, après tout. Pourquoi pas ? Qu’est-ce qu’il risquait, hm ? De tomber sur le repaire de l’Homme au Chapeau ? Soyons réaliste. L’Homme au Chapeau n’aurait jamais soigneusement disposé un bouquet de fleurs devant sa porte. Encore que. C'était un gars plein de surprises, apparemment.

Il poussa la porte, et passa la tête par l’entrebâillement. Calme total à l’intérieur. Et rien à signaler, si ce n’est une silhouette de jeune fille, visiblement empressée. Mais aimable. Une qualité rare chez les jeunes. De son temps … Bref. Tokage sourit.

« Salut. »

Et il entra complètement - pas juste sa tête - dans la maison. Visiblement, il y avait eu du dégât ici aussi. Il jeta un coup d’oeil autour de lui, essayant d’attraper ça et là des bribes d’informations qui auraient pu lui indiquer où il se trouvait. Mais rien ne lui venait à l’esprit. Le désordre ambiant ne devait pas aider. Il devinait que, d’habitude, tout devait être un peu mieux rangé.

 « Dis, c’est quoi cette baraque exactement ? »

Droit au but.

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Takahashi Miya
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Mar 10 Nov 2020 - 17:04
Les dégâts matériels qu’avait provoqués le déluge divin vous aviez ralenti dans vos activités, du moins, celles que vous aviez en dehors de l’hôpital. La demeure familiale qui recevait les malades du quotidien avait réduit sa capacité, les pertes mettant à mal votre efficacité. Une situation particulièrement frustrante pour vous, vous qui étiez attachés à votre travail, au fait qu’il soit réalisé dans les meilleures conditions. Et pour continuer sur ce principe, il fallait que vous fassiez des sacrifices. Des lits inutilisables, des morceaux à changer. Des bandages souillés, des linges maculés. Des éléments à substituer mais qui ne vous empêcheraient pas d’assurer un minimum vos tâches auprès de la population. Le village de Kiri qui marquait un nouveau départ, des civils et des shinobis qui comptaient sur vous et que vous ne deviez pas décevoir. Et c’était un jeune homme qui entra, le premier depuis la fameuse catastrophe. La majorité des blessés avaient été admis à l’hôpital où vous étiez réquisitionnés, délaissant un temps votre maison. Une occasion pour te remettre dans le bain. Tu fixas la silhouette du garçon, premier coup d’œil sur son état de santé. Analyse avortée par la question de ton nouvel interlocuteur.

Oh…

Tu passas doucement devant lui, maintenant la porte ouverte pour regarder le mur à l’entrée. L’enseigne en bois qui décrivait les lieux, d’habitude visible par tous ses visiteurs, n’était plus à sa place. Sûrement emportée par la même tempête. Tu fermas derrière toi, un soupir qui s’échappa de tes lippes. Il s’agissait certes d’un détail, mais un nouvel élément à remplacer s’ajouta à la liste. Tes iris bronzes retrouvèrent l’homme, ton sourire habituelle sous ce toit.

C’est le dispensaire tenu par ma famille. On y accueille les blessés qui ne peuvent ou ne veulent pas se rendre à l’hôpital. Normalement, on se divise entre l’hôpital et ici, mais avec les derniers événements, ils sont presque tous là-bas.

Avec ta grand-mère en convalescence, vous étiez les seules à gérer la maison, le temps que la situation s’améliore. Une responsabilité que tu attendais depuis quelques temps maintenant. Tu t’approchas d’un coffre, le même où tu avais trouvé les parchemins secrets. Fait qui te figea quelques secondes, ouvrant le meuble pour y sortir une serviette propre. Tu avais remarqué l’humidité sur les vêtements du garçon. Lui tendant le tissu, tu baladas de nouveau des mains dans un autre coffre, cette fois sans absence, pour y sortir des vêtements secs.

Tu devrais te changer avant d’attraper froid.

Un sourire qui accompagna ton geste, tu lui indiquas un paravent dans un coin de la pièce derrière lequel il pourrait ôter son pantalon mouillé. Tu posas les vêtements entre tes mains sur l’armature métallique, t’éloignant légèrement. Tu profitas de l’instant pour ranger quelques affaires dans des tiroirs, des placards.

As-tu besoin de soin ?

Question que tu prononças alors que tu avais des pansements entre les doigts. Tu aurais aimé que tout soit en ordre mais il fallait parfois passer l’altruisme en priorité. Et des personnes allaient avoir besoin de tes talents de guérisseuses, qu’il y ait du désordre ou non.
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Yamanaka Tokage
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Sam 14 Nov 2020 - 11:03

Un dispensaire, hm ? Tout devenait plus clair. Sa première impression devait être la bonne. Il y avait fort à parier qu’il avait visité les lieux quand ses parents et lui parcouraient l’archipel en quête du crime, dans ce grand effort national d’éradication de l’illégalité. C’était un autre temps. Une époque différente, et à bien des égards. Souvenirs, souvenirs …

Il se cacha sans rien dire derrière le paravent, et commença à se déshabiller. Sans qu’il sache vraiment trop pourquoi, il obéissait sans poser de questions. Il était plongé dans une sorte de réflexion profonde, de renfermement soudain. Pourtant, d’aucuns l’ayant déjà rencontré auraient pu attester que le renfermement, ce n’était pas son genre. Mais cet afflux du passé semblait l’avoir calmé. Il était revenu, au moins en pensées, à ce temps où il était encore innocent de bien des choses. La première d’entre elles étant l’amour, et le deuil.

La question de la jeune fille le tira de ses pensées dans un sursaut.

« Des soins ? »

Il hésita, en plein enfilage de pantalon.

« Euh … En règle générale ou … ? »

Bien sûr que non, pas en règle général, tocard. Il sortit de derrière le paravent, finissant de se rhabiller. Sa longue crinière de cheveux encore trempée dégoulinait dans son dos. Il attrapa la serviette, et entreprit de les sécher.

« Je suis pas blessé, t’inquiète. Mais c’est gentil, merci. Pour ça aussi d’ailleurs. »

Il désigna d’un regard les vêtements secs dans lesquels il s’était enveloppé.

Puis, ses yeux basculèrent sur la pièce autour de lui, alors que ses mains s’activaient toujours à essayer de rendre secs à nouveau ses cheveux. Il y avait bel et bien eu du dégât ici aussi. Ce n’était pas étonnant, à vrai dire. Tout Kiri avait eu son lot d’inondation. D’un côté, c’était un moindre mal. Il n’y aurait pas de quartier entier à reconstruire, cette fois. D’un autre côté … Ca mettait pas mal de foyers dans la panade.

« Vous avez pas été épargnés, dis donc. Et tes parents t’ont laissée toute seule pour gérer la maison ? Eh beh. Soit ils en ont rien à foutre de toi, soit ils ont sacrément confiance. »

Excellente première approche avec une inconnue. Comme toujours, Tokage déployait un tact à l'image des plus grands.

« Mais en fait, j’crois que je t’ai déjà rencontrée, toi. »

Il lui adressa un sourire. Loin d’être creepy – comme aurait pu le laisser suggérer sa dernière phrase, digne des pires violeurs – c’était un sourire bienveillant, et plutôt amusé, même.

« Tu devais pas être bien vieille à l’époque, et pas plus grande que ça. »

Il plaça sa main au niveau de son nombril.

« Mes parents et moi, on a combattu à travers l’archipel, pendant un moment, pour chasser les criminels. Tu sais, tout l’effort de pacification de Mizu, tout ça tout ça … Et je crois bien qu’on a fait quelques visites au dispensaire de ta famille. En tout cas … »

Il se rapprocha d’un des murs, et leva la main vers la poutre qui le soutenait. En laissant couler ses doigts le long du bois, il avait l’impression de remonter le temps. De rappeler à son esprit des souvenirs qui lui paraissaient être vieux de plusieurs siècles.

« Je suis déjà venu ici, j’en suis sûr. »

Ah, sentimentalisme, quand tu nous tiens.

Anyway.

« C’est curieux que vous ayez pas plus de blessés ici. J’croyais pourtant que les inondations avaient fait du dégât. Y compris ici, d’ailleurs, on dirait. »

Son regard se posa à nouveau sur le plancher pourri, les matelas moisis et une pile de produits perdus.

« J’m’appelle Tokage au fait. »

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Takahashi Miya
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Lun 16 Nov 2020 - 21:31
Les conditions climatiques à Kiri laissaient place aux accidents et par conséquent, aux blessures. Les jours de forte pluie étaient synonyme de dures journées de travail, les civils se bousculant à votre porte. Heureusement pour lui, ce n’était pas le cas de ton nouvel interlocuteur. Le laissant changer ses vêtements, tu pus apercevoir le rendu après son passage derrière le paravent. Des anciens habits de ton père qui, au lieu de les garder dans ses armoires, les laissaient à la disposition des blessés et des nécessiteux. Levant un pouce pour approuver la nouvelle tenue, tu rangeas les quelques pansements entre tes mains dans un tiroir, le garçon n’en ayant pas besoin. Tu fermas les yeux, les pommettes rosirent aux dires de l’étranger. L’humilité qui croisa sa reconnaissance, une réaction habituelle lorsqu’on te remerciait pour ton travail. Tu fermas la case, ton dos prenant appui sur la grande armoire qui faisait face aux lits. Une vision de l’espace autour de vous, il fallait encore plusieurs efforts pour que le dispensaire retrouve son état originel. Un soupire, la fatigue qui ne devait pas se sentir.

Suis-je une hôte si désagréable que ça ?

Un sourire amusé, tu fixas ton interlocuteur du coin des prunelles. Tu n’osais pas imaginer la honte de ta famille si un jour tu ne démontrais pas l’altruisme et l’amabilité qui vous étiez tant caractéristiques. Des attributs qui étaient rentrés dans votre culture, une tradition indispensable dans vos occupations du quotidien.

Je ne suis pas seule. Ma grand-mère est dans sa chambre, elle a été blessée lors de l’inondation et doit donc se reposer.

Les conséquences auraient pu être bien plus graves. Sa blessure n’était pas très grave, elle pourrait être rapidement sur place. Le dispensaire avait encore ses murs. Il n’y avait que des pertes matérielles à déplorer, des objets que vous pourriez remplacer avec du temps. Vous n’aviez pas de quoi vous plaindre, du moins sur ce point-ci.

J’aurais préféré être avec eux, crois-moi… Tu rouvris tes paupières, reprenant aussitôt pour éviter les mauvaises interprétations, maladroite. Enfin, ne le prend pas pour toi. C’est juste que j’aurais préféré aider à l’hôpital plutôt que faire du rangement ici.

Tu avais besoin d’être dans l’action, te sentir utile. Tu l’étais d’une certaine manière en restant au dispensaire. Tu faisais le tri entre ce qui était récupérable et ce qui ne l’était pas. Tu surveillais ta grand-mère et l’aidais au maximum. Mais cela n’était en rien lié à ta condition de guérisseuse. Tu étais simplement maîtresse de maison. Tu écarquillas légèrement tes iris bronzes aux paroles du jeune homme, affichant une mine incompréhensive au premier abord, qui se déclinait progressivement en clarté au fur et à mesure de ses phrases.

Oh, donc toi et ta famille deviez avoir vu notre ancienne maison, un peu plus recluse dans le pays. C’est vrai que nous avons gardé la majorité des meubles et l’architecture est très similaire.

Un grand sourire qui se dressa sur ton visage, si un petit cercle de votre ancienne patientèle avait aussi choisi de s’installer au village, il était assez rare de recroiser des personnes que vous aviez aidées il y a de ça quelques années. Toutefois, certains de ces mots te firent écho. L’effort de pacification de Mizu. Et si les écrits que tu venais de découvrir étaient liés à ça, justement…

La majorité ont, sans doute, préféré se rendre à l’hôpital. On a tout juste rouvert le dispensaire, avec les dégâts, personne ne pouvait être accueilli convenablement ici.

Tu acquiesças, beaucoup d’emplacements avaient été dévastés par la montrée des eaux. Heureusement pour vous, la ruelle où se trouvait votre maison était l’une des moins touchées. Mais dans d’autres conditions, les conséquences auraient pu être encore plus catastrophiques.

Miya, enchantée. Par contre, j’ai bien peur que ma mémoire ne soit pas aussi précise que la tienne… Vous étiez venus nous voir pour des soins ? Ou peut-être pour autre chose ?

Tu accusais ton jeune âge, bien qu’avec ces nouveaux éléments, notamment sa chevelure te paraissait familière. Tu restais vague mais cette rencontre fortuite risquerait de t’en apprendre plus que tu ne le croyais.
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Yamanaka Tokage
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Ven 20 Nov 2020 - 22:16

« Pourquoi on était venus … ? »

Tokage se rapprocha de la fenêtre. Qu’est-ce qui les avait amenés, ses parents et lui, des années auparavant, à visiter la maison de Miya ?

« On était venus … voyons ... »

Son regard s’était perdu sur la rue inondée, mais ses yeux étaient plutôt tournés vers ses souvenirs. Et il commença ainsi son récit.

C’était une nuit. Pas vraiment différente des autres, et même très banale, à bien y réfléchir. On avait combattu une p’tite bande dans la journée. Rien de bien méchant, ils faisaient clairement pas le poids, mais mon papa avait été blessé un peu trop pour que les premier soins que maman pouvait lui donner suffisent. On s’était dit qu’il valait mieux demander les conseils d’experts.

C’était pas vraiment dans nos habitudes. Mes parents ont été élevés à la dure, comme de vrais assassins. Comme des gens qui doivent savoir se débrouiller même dans les pires des situations, c’est-à-dire même sans aucun soutien, et dans les milieux les plus hostiles qui soient. Mais, bien sûr, la Mizu de l’époque, c’était pas l’équivalent de la guerre civile à Hi. Alors, pour une fois, ils ont fait une entorse à leurs principes. A raison, d’ailleurs.

Votre maison était plutôt connue des gens comme nous, qui chassions le bandit. Et elle avait bonne réputation. On savait qu’on pouvait y être en sécurité, et bien soigné pour pas trop cher. Enfin, l’argent était pas vraiment un problème, de toute façon. Donc on a débarqué chez vous.

Je crois que c’est ta mère qui s’est occupée de mon papa. Je faisais pas vraiment attention, à vrai dire. Ma maman et moi, on montait la garde devant la maison. On avait pris nos précautions pour pas être suivis, mais on est jamais trop prudent. Au moins une bonne leçon que j’ai retirée de ces années à ratisser le pays, tiens. On avait prévu de rester la nuit, puis de repartir le matin. Rester plus longtemps, ç’aurait été vous mettre en danger inutilement.

Faut comprendre qu’à l’époque, on avait pas beaucoup d’amis dans l’archipel. Mes parents étaient des shinobis assez hors norme, des assassins comme on en trouve pas beaucoup. On avait débusqué pas mal de criminels que plein d’autres avaient jamais réussi à trouver. On en avait éliminé la plupart. Ceux qui étaient restés en vie, et les proches de ceux qu’on avait tués, nous portaient donc pas vraiment dans leur coeur … C’est marrant de voir comme un pays entier peut devenir petit, quand les mauvaises personnes sont en colère contre toi. Tu t’aperçois vite que rester caché sert à rien. La meilleure solution, c’est juste de courir, sans jamais s’arrêter. Ca, la fuite, on pouvait dire que c’était notre spécialité pour le coup.

Bref, cette nuit-là, quand on montait la garde avec ma maman, une bande s’est ramenée chez vous. Des copains de ceux qu’on avait dézingués plus tôt dans la journée. Ils avaient des comptes à nous rendre. On était deux, ils étaient une dizaine. Et il était hors de question de vous impliquer, ta famille et toi, dans cette affaire. Ca regardait que nous, après tout. Alors, on s’en est occupés. A deux.

Je crois qu’on les aurait tués, sans l’intervention de tes parents. Faut nous comprendre : quand on se donne pour mission de pacifier le pays, comme plein d’autres mercenaires dans notre genre à l’époque, on fait pas de demi-mesure. Pour être vraiment sûr qu’un condamné récidive pas, la meilleure solution est encore de le mettre à mort. C’est pas forcément rigolo, mais c’est un fait. Mais tes parents à toi, ils tenaient la vie en plus haute estime que nous. Ils nous ont arrêtés, ma mère et moi. On pouvait pas vraiment faire autrement que de les écouter. Quelque part, on avait une dette envers eux, parce qu’on avait attiré le danger sur ta famille. Alors on les a laissés faire. Ils ont transporté nos victimes à l’intérieur, et ils ont commencé à les soigner …

« Voilà. C’est comme ça que je suis venu chez toi, la première fois. Et j’y suis pas retourné depuis. Pas avant aujourd’hui, en tout cas ... »

Il se retourna vers Miya, et lui sourit légèrement.

« Ils étaient chouettes, tes parents. J’espère qu’ils ont pas trop changé. C’est précieux des gens comme ça. »

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Takahashi Miya
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Lun 28 Déc 2020 - 14:16
Tu écoutais le récit du garçon avec attention, prêtant importance au moindre détail qu’il pouvait apporter. Un récit qui, au-delà du ton léger et des commentaires de ton interlocuteur, te transportait immédiatement dans tes souvenirs, la représentation de votre dernier dispensaire. Si tu ne pouvais imaginer les protagonistes de l’histoire – du fait certainement de ton jeune âge –, tu étais néanmoins en mesure de reconnaître la sagesse de ta famille. Tokage et ses parents, la purge de Mizu dans leurs motivations, s’étaient rendus chez toi. Sauf qu’ils n’étaient pas venus seuls puisqu’un groupe de bandits les avaient suivis dans leur route. Bandits qui auraient péri si les idéaux familiaux n’avaient pas arrêtés ces nouvelles rencontres. Là encore, tu retrouvais les principes de tes ancêtres, ceux qu’ils t’avaient inculqués et ceux que tu appliquais encore aujourd’hui. La véracité de son discours n’était donc pas à remettre en doute. Rangeant quelques affaires alors qu’il concluait, tu pris de nouveau la parole, reconnaissante.

Merci de nous avoir sauvés, tes parents et toi. Même si cette issue devait être étrange pour vous.

Beaucoup avaient condamné votre attitude vis-à-vis des bandits qui autrefois avaient terrorisé des familles entières, jusqu’à la destruction. Les jugements, tu avais eu du mal à les supporter durant ta jeunesse mais l’expérience avait forgé ton caractère et surtout ton sang-froid. Vous ne faisiez pas ça pour eux, vous faisiez ce qui était juste pour vous, juste à ce moment précis. Vous croyiez qu’il était nécessaire de donner l’opportunité à ces criminels d’apprendre de leurs blessures, de se repentir. Si tu respectais encore cette vision des choses, tu te demandais si elle n’était pas devenue obsolète, incompatible à ta nouvelle condition de kunoichi. Des ordres de mission qui explicitaient clairement l’élimination de la menace.

Je ne crois pas qu’ils aient tant changé que ça, si ce n’est les rides et les cheveux blancs. Un sourire amusé, tu repris. S’ils ne sont pas ici, ils se trouvent généralement à l’hôpital. Peut-être qu’eux se souviendraient de cette nuit là.

A la différence de toi. La précision des souvenirs de ton interlocuteur t’impressionnait, surtout qu’il devait être jeune lors de votre première rencontre… Et puis tu croyais au destin. Les parchemins que tu avais découverts et Tokage qui apparaissait. Cela ne pouvait pas être le hasard.

Il faut que je te montre quelque chose, tu me suis ?

Tournant tes talons, tu t’éloignas progressivement du paravent et des lignes de lits qui occupaient l’espace. Un sourire aux lèvres, tu t’arrêtas devant l’escalier qui surplombait l’entrée, un regard au dessus de ton épaule. Tu montas les marches deux à deux, fleur qui prenait de l’altitude. Une pincée de secondes te suffit pour faire face à la porte de ta chambre, que tu ouvras rapidement. Tu fis entrer Tokage, le laissant voir toute ton œuvre de la matinée. Des morceaux de parchemin suspendus par des fils, papier ordonné pour sauver les écrits qu’il renfermait.

Ce sont des rouleaux que j’ai découverts ce matin. Je reconnais l’écriture de mes parents et puisqu’ils étaient dans un double fond, je pense qu’ils ne voulaient pas que je les trouve… J’ai cru voir des portraits et des descriptions anatomiques qui se rapportent à des comptes-rendus médicaux. Je pense que ce sont des patients de mes parents, grands-parents et peut-être des ascendants plus éloignés. Et j’imagine que ce ne sont pas des cas ‘normaux’…

Tu te souvenais de cette armoire où étaient répertoriés les rouleaux de chaque patient, trace écrite qui gardait les soins et les pathologies des personnes qui se présentaient à vous. Armoire à laquelle tu avais accès et que tu alimentais depuis tes débuts. Dans ce cas, pourquoi t’avoir caché ces rouleaux-ci ? Tu pensais à des malades graves, des patients qui auraient reçu des soins risqués, sujets à des expérimentations. Des choses auxquelles ils ne te croyaient pas capables, qui pourraient heurter ta jeune éthique. Et puis tu pensais à ces mêmes bandits que tes parents avaient soignés, après leur affrontement avec la famille de Tokage.

Est-ce que tu reconnais des noms ou même des visages ?

Peut-être que le garçon pouvait t’aider à comprendre toute cette histoire. Tu te plaças à ses côtés, analysant de plus prêt les écrits, espérant que les inondations ne les avaient pas trop endommagés.
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Yamanaka Tokage
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Lun 28 Déc 2020 - 18:02

Tokage suivit Miya en haut des escaliers. Il était bien curieux de ce qu’elle pourrait avoir à lui montrer, là-haut. Il avait l’étrange impression de s’être attiré la confiance de la jeune femme, sans vraiment savoir pourquoi. Les gens ne lui faisaient pas confiance, d’habitude. Mais il devait admettre ne pas avoir été exactement comme à son habitude, pour l’instant … Sans doute quelque chose à voir avec les souvenirs, tout ça. Il ne se trouvait pas spécialement nostalgique. Pas de la période où il sillonnait le pays pour débusquer le crime jusque dans ses plus sombres recoins, en tout cas.

Il ne s’attendait pas à grand-chose. Il fut quand même un peu déçu de voir que Miya n’avait que des vieux papiers à lui montrer. Au moins, cette installation avait quelque chose d’artistique, d’un certain côté. Les explications attisèrent son intérêt, cependant.

Il se prit alors à vaquer entre les fils tendus, se baissant et levant les pieds pour ne rien déranger, le regard fixé sur les portraits. Parfois, il décochait une grimace à la vue d’un dessin anatomique particulièrement réussi. Parfois, ses sourcils se fronçaient.

« Si tes parents voulaient pas que tu voies ça, c’est qu’ils devaient avoir une bonne raison. »

Son ton était plutôt dur. Mais il passa la tête derrière le papier où il s’était caché, et décocha un sourire malicieux.

« Mais t’inquiète, moi non plus j’ai pas écouté mes parents. »

Il revint vers Miya.

« J’reconnais quelques visages. Pas beaucoup, ceci dit. Mais j’suis à peu près sûr que c’est des criminels. Des gens que mes parents et moi on a combattus, en tout cas. Ils ont dû atterrir dans le dispensaire de tes parents avant d’être mis en prison, j’imagine. S’ils sont pas morts avant bien sûr. »

Il avait dit ça sur un ton parfaitement serein. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Tuer avait été son gagne-pain. Ca l’était encore, d’un certain côté. Un shinobi était avant tout un assassin, après tout. Même si la tendance ces dernières années avait plutôt été à l’adoucissement des mœurs, c’est vrai … Mais lui avait connu la Brume sanglante des premières heures. Et celle-là ne s’encombrait pas de discussions pour éliminer des éléments gênants. A tel point que l’assassinat devenait une habitude, une routine. Quelque chose de déshumanisé, et sans poids sur l’âme. De là à dire que c’était normal …

Son regard se posa sur une feuille, un peu par hasard, un peu guidé par le destin. Et il sentit qu’il ratait un battement de coeur. Il la pointa du doigt.

« Ca … C’est mon papa, ça. »

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Takahashi Miya
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Sam 9 Jan 2021 - 19:16
Ta chambre était, d’habitude, une pièce de la maison très calme où régnait une atmosphère tranquille, sereine. L’endroit privilégié dans lequel tu te réfugiais après une journée épuisante. Lieu de repos et de rêve, mais aussi lieu de réflexions et de prises de conscience. Un repère essentiel, pièce qui connaissait aussi bien ta joie rayonnante que tes peines. Pourtant, ce cadre éthéré fut déranger par ta nouvelle trouvaille, les parchemins cachés de ta famille. Et tu avais un mauvais pressentiment, sentiment d’inquiétude que tu retrouvais à chaque fois que tu pensais à ces moments. Les mercenaires, les bandits, les meurtriers qui pénétraient chez vous. La peur qui se mêlait à votre altruisme lorsque ces derniers demandaient des soins. Cette intuition que tu retrouvais dans chaque écrit sous tes yeux. Et si c’était de cela que tes parents voulaient te protéger ? De tes propres angoisses ? Fleur délicate dans un monde redoutable, tes parents qui souhaitaient te préserver, certainement.

Oui, j’imagine. Mais ce n’est pas commun entre nous, les secrets…

La transparence comme un principe chef des Takahashi, tu n’appréciais pas que l’on te cache des choses, encore moins lorsque cela venait de tes parents. C’était eux qui, dans un effort de transmission, t’avaient tout appris et la sincérité en faisait partie. D’une certaine manière, tu semblais déçue. Car même s’ils avaient très probablement des bonnes raisons pour t’occulter l’existence de ces parchemins, tu te demandais s’ils ne te cachaient pas d’autres choses désormais. Une idée préoccupante, à l’opposé de celles que tu pouvais normalement avoir ici. Après une vision globale des écrits sous vos yeux, Tokage émit son bilan, que tu écoutais attentivement. Certains visages lui étaient familier et aussi étrange que cela puisse paraître, tu semblais soulagée. Il s’agissait pour lui de criminels mais tu avais au moins la sensation d’avoir avancé dans cette histoire.

Je vois… Mais pourquoi avoir gardé ces écrits s’ils sont morts ? Même s’ils sont en prison actuellement, ils auraient eu tout intérêt de donner ces documents au village plutôt que les garder. A moins que…

… ils soient compromettants, que ce soit pour le village ou pour l’image de votre dispensaire. Dans ces deux cas, tes ancêtres auraient pu les détruire. Mais vous étiez aussi une famille de chercheurs, la trace écrite permettait d’aider vos études du moment comme celles des prochains années voire celles des prochaines générations. Si tu comprenais cela, la raison de cacher ces papiers en particulier te paraissait toujours aussi flou. Vision qui fut aussitôt tournée vers le parchemin auquel le garçon faisait face, l’étonnement au visage.

Oh. Mais pourquoi son dossier est ici, au milieu de ceux de criminels ?

Aux dires de Tokage, son géniteur avait lui aussi participé à la purge de Kiri. Tu ne comprenais donc pas pourquoi son parchemin ne se trouvait pas dans l’armoire à l’étage, meuble où vous rangiez habituellement ce genre de documents. Peut-être qu’il se trouvait là par inadvertance. Peut-être que tes parents l’avaient glissé par erreur, en voulant ranger celui du bandit que la famille venait d’arrêter. Tu te tournas vers le garçon puis la feuille qu’il regardait avec insistance.

Est-ce que… tu veux la lire ? Je ne veux pas que tu te sentes forcé, en aucun cas.

Après tout, il se trouvait ici par ta faute. Et malgré l’hypothèse d’une erreur venant de tes parents, le risque qu’il apprenne des choses importantes sur l’état de santé de son père était présent. Un rapide coup d’œil au niveau de la longueur du texte te permettait de déduire qu’il ne s’agissait pas d’une simple blessure. A moins qu’il soit déjà au courant.
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Yamanaka Tokage
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Lun 18 Jan 2021 - 16:07

Le regard de Tokage était resté figé sur ces quelques lignes tracées à la va-vite, d’une écriture empressée de scientifique. Ces quelques lignes qui portaient le nom de son père.

Tiens ? Sa vue se troubla. Et ses pensées aussi, par la même occasion. Ca ressemblait à s’y méprendre à une analepse.

« Ah tudieu … Ca sent le souvenir d’enfance ou j’m’y connais pas. »

Et il s’y connaissait.

Il se revoyait, perché sur une branche épaisse dans une forêt noyée dans l’ombre. Les hautes cimes et la canopée dense filtraient la plupart des rayons du soleil. C’était le grand jour, là-haut, au-dessus des plus hautes feuilles. Mais là, sous l’ombrelle de la jungle, c’était le royaume de la pénombre, de l’obscurité, des secrets.

Perché sur une autre branche, il était là. Son pôpa. Ils se ressemblaient beaucoup. La même belle gueule. Mais peut être son père avait-il quelque chose de moins … Enfin, de plus … Il avait l’air moins demeuré, quoi. Le sourire figé sur son visage, loin de ressembler à celui de benêt qui ornait la face de son fils, était celui des gens de pouvoir, conscients de leurs propres capacités, et sur lesquels on peut se reposer sans crainte. Car, après tout, qu’est-ce qui pourrait arriver de mal quand on est avec son papa ?

Voilà qu’une tierce ombre se faufilait sur la terre ferme, sous leurs pieds. Ils s’échangèrent un regard. Et fondirent tous les deux dessus, d’un même mouvement. La proie s’écrasa dans un gémissement qui semblait humain, alors que ses bras étaient broyés sous le poids de ses deux prédateurs. Tokage leva alors le regard vers son père, qui se mit à rire d’un bon rire franc.

« HAHAHA ! Bien joué, mon-cher-et-formidable-fils-qui-ne-rate-rien-et-qui-est-décidément-très-capable-de-se-débrouiller-tout-seul ! »

Retour au présent.

Tokage fronça les sourcils. Il n’était pas exclu que son cerveau ait fait quelques modifications de dernière minute dans son souvenir. Il ne se rappelait pas avoir jamais entendu son père parler comme un robot en fin de vie.

Il reporta son attention vers Miya. Il mit quelques secondes à comprendre sa question, tout plongé qu’il était encore dans son souvenir. Finalement, il regarda à nouveau le papier. Hésita encore un peu. Puis finit par fermer les yeux, en secouant la tête.

« Nan. J’m’en fiche. Si mon paternel a des soucis, j’en entendrai parler. Et s’il va bien, tant mieux pour lui. Tout le reste, ça le regarde, comme c’que je fais à Kiri me regarde à moi. »

Il se détourna, et marcha vers une autre série de pages. Il ne pouvait pas totalement ignorer la pointe d’inquiétude qui était venue se nicher au creux de sa poitrine. Il n’avait plus vu ses parents depuis … Ouh ! Une bonne éternité, à peu près. Depuis qu’il était venu à Kiri, en fait. Autant dire une vie. Peut être eux le croyaient-ils mort, d’ailleurs. Et peut être l’étaient-ils eux mêmes. Ils n’avaient pas exactement le genre d’activité particulièrement conseillé quand on voulait rester en vie. Et comme ils avaient toujours refusé catégoriquement de se joindre à un village comme Kiri … Ils n’étaient pas près de s’arrêter dans leur chasse à la prime, sans doute. A Mizu ou ailleurs.

Peu importait.

Il les chassa de ses pensées d’un nouveau dodelinement de la tête.

« N’en parlons plus ! »

Il se retourna vers Miya. Son sourire était revenu se coller à ses lèvres comme un aimant sur la porte d’un frigo.

« Ce qui est vraiment intéressant, c’est de savoir pourquoi tes parents à toi t’ont caché toutes ces infos. Ca doit avoir une valeur médicale, j’imagine. J’serais bien infoutu de savoir ce qu’y a de vraiment intéressant là-d’dans, ceci dit. L’experte, dans le domaine, c’est toi. Enfin … »

Une étincelle de malice passa dans son regard, tandis qu’il ménageait son effet théâtral avec une pause oratoire digne des pires rhéteurs.

« Ca, c’est si t’as vraiment envie de savoir ce que tout ça veut dire, bien sûr ... »

Et petit sourire mystérieux pour parachever le tout.

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Takahashi Miya
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Dim 24 Jan 2021 - 19:01
Tu regardais le garçon, certainement plongé dans ses pensées. Tu te demandais comment tu réagirais si tu trouvais, parmi les dossiers médicaux de criminels, celui d’un membre de ta famille. Si la piste de l’erreur te semblait la plus probable, quelles pouvaient être les autres raisons de ce constat ? Cette crainte se rajouta à tes nombreuses interrogations et, dans un énième élan de curiosité, tu t’éloignas un instant pour refaire un tour. Cette fois-ci, tu t’immisças entre les parchemins en analysant précisément les noms qui y figuraient. Tu cherchais un patronyme familier, voire même une identité que tu connaissais très bien, ou plutôt, tu espérais ne pas en trouver. Tes prunelles bronzes se baladèrent sur les entêtes, te déplaçant rapidement sans changer ton champ de vision. Tu reconnaissais des noms, des familles qui maintenant vous sollicitiez au dispensaire. Au vu des prénoms différents, tu pensais simplement qu’il s’agissait des ancêtres de ceux que tu avais l’habitude de croiser aujourd’hui. Tu retournas auprès de ton interlocuteur, sa réflexion ayant porté ses fruits. Il ne voulait pas en savoir plus, chose que tu pouvais tout à fait comprendre. Tu attrapas la feuille entre tes doigts, la détachant de son morceau de fil. Son dernier aveu fit néanmoins germer une idée, lui qui dévoilait un aspect de sa vie.

Il n’est pas donc pas au village avec toi ?

Comme pour demander confirmation, tu ne demeurais pas moins attristée par ce constat. Tu ne le connaissais pas mais le savoir loin de son paternel empoignait ton cœur, ton empathie qui dirigeait un peu trop tes réactions. Tu ne pouvais t’imaginer à Kiri sans tes parents, eux qui t’avaient accompagnée et qui t’avaient tout appris. Tu te tournas vers Tokage, ayant finalement retrouvé un brin de lucidité, pour lui faire part de ta théorie.

Et si ces dossiers étaient ceux de patients qui ne sont pas à Kiri au moment où nous parlons ?

Si cette éventualité s’avérait vraie, tu n’en saurais pas plus quant aux raisons de les cacher. Il te fallait des réponses, immédiatement. Tu rassemblas tous les dossiers ensemble pour former une pile.

Je reviens tout de suite.

Tu quittas ta chambre très rapidement pour traverser le couloir, passant devant les marches qui le délimitait du rez-de-chaussée. Il fallait que tu confrontes ta famille pour qu’il t’explique tout cela. Et, avec la majorité d’entre eux à l’hôpital, il ne te restait plus que ta grand-mère en convalescence.

(…)

Après quelques minutes, tu revins dans ta pièce, le visage libéré de toute tension. Tu avais reçu des éléments de réponses, pas dans leur entièreté du fait de la mémoire imprécise de grand-mère. Il faudrait que tu aies aussi une discussion avec tes géniteurs mais, tu savais les grandes lignes. Tu n’avais plus qu’à annoncer la nouvelle à ton nouvel acolyte de recherche.

J’ai demandé à quoi correspondaient ces écrits à ma grand-mère. Et si d’abord elle les dévisagea, elle a fini par tout me dire. En tout cas, tout ce qu’elle savait.

Tu t’approchas de ton bureau, posant le paquet de feuilles sur la surface bien organisée. Tu marquas une pause, un sourire se dessinant sur ton visage.

Lorsque nous vivions encore dans notre ancien dispensaire, mes parents s’étaient entretenus – et s’entretiennent peut-être toujours – avec des scientifiques du Pays de la Foudre. Au fur et à mesure des lettres, des projets communs se mirent en place. Mes parents devaient fournir des données médicales à cette unité de recherche et en échange, ils pourraient utiliser leur technologie très poussée. Grâce à cela, ils ont pu analyser le génome de patients choisis aléatoirement. Et parmi ces derniers, ils ont découvert l’existence de mutations qui seraient responsables de résistance vis-à-vis de certaines maladies. Ces criminels et donc ton père semblent en faire partie.

Ton esprit scientifique qui s’éveilla, tu attendais avec impatience de pouvoir discuter de cela avec tes parents. Quelle était leur conclusion, s’il y en avait une ? Peut-être que l’environnement de Kiri y était pour quelque chose, peut-être que l’histoire du Pays de l’Eau avait conduit à cette adaptation des hommes. La crainte laissait place à l’effervescence des progrès technologiques et les promesses dans le domaine médicale.

Et il est possible que tu y aies hérité.

Les lois de la génétique qui pouvaient parfois révéler des aspects positifs, bénéfiques.
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Yamanaka Tokage
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Lun 25 Jan 2021 - 17:11

Tokage s’était assis sur la surface du bureau de Miya, en attendant qu’elle revienne. Les jambes pendant dans le vide, il balayait du regard l’étrange décoration de la pièce, essayant de coller un sens à toutes ces données récoltées au fil des ans. Sans doute des trucs de médecin, auxquels il ne pouvait rien comprendre. Mais tout de même, ça piquait sa curiosité. Ces gens-là, les parents de Miya, ils devaient pas être n’importe qui. Ils avaient l’amour de leur fonction, pour sûr. Mais peut être que leur consciencieuse méthodologie de prise de notes cachait des desseins obscurs …

Il allait s’imaginer les pires atrocités commises par la famille quand Miya revint dans sa chambre. Tokage ne bougea pas lorsqu’elle étala les papiers sur le bureau, à côté de lui. Et il resta impassible pendant qu’elle lui faisait le récit de ce qu’elle avait pu extirper de la mémoire de mamie. Finalement, quand elle se fut arrêtée de parler, il hocha légèrement la tête, plusieurs fois.

A vrai dire, il avait pas tout compris. Mais bon, il donnerait le change.

« J’me disais bien que c’était chelou que j’aie jamais vu mon paternel enrhumé. »

C’était dit sur le ton de la blague, mais à la réflexion c’était plutôt vrai. Il n’avait aucun souvenir de son enfance où son père avait été malade. Ca pouvait paraître anodin, mais, ayant vécu en perpétuel voyage avec ses parents, il se serait rappelé d’un tel épisode, qui les aurait forcé à faire halte le temps que le convalescent reprenne des forces. La preuve : il se souvenait de moments de faiblesse dans le genre de la part de sa mère.

Et à vrai dire … Lui-même n’était pas malade très souvent. Il l’était même plutôt rarement. Voire très rarement. La plupart des maux qui l’accablaient, il se les infligeait sans attendre qu’un virus ou un microbe fasse le boulot à sa place. C’étaient ses lendemains de nuits d’ivresse, ses veillées à n’en plus finir qui minaient son sommeil ou ses autres excès divers. Mais pour ce qui était des maladies envoyées par mère Nature … Il devait reconnaître qu’il avait toujours été épargné.

Il n’en toucha mot à Miya, cependant. Il y avait quelque chose de pas rassurant dans la perspective de devenir, peut être, un cobaye. En même temps, s’il avait hérité de si précieuses qualités, il aurait été bien ingrat de ne pas les partager avec ses petits camarades, c’est-à-dire avec le reste de la communauté des humains du Yuukan, ou en tout cas de Kiri. Dilemme.

« Qu’est-ce qu’on fait alors ? Tu veux reprendre les expériences de tes parents ? »

Il avait un peu l’impression de se jeter dans la gueule du loup, mais le sentiment n’était pas tout à fait le même s’il y allait de lui-même. Il se portait volontaire. Il faisait montre d’un altruisme de saint. C’était tout de même bien différent que d’avoir simplement accepté qu’on fasse des expériences sur son corps. Là, il était grand. Là, il était magnanime. Là, il était illustre.

« Si tu veux me prélever du sang, ou j’sais pas quoi, vas-y, hein. J’me doute bien que ça peut aider à sauver des gens, même si j’ai aucune foutue idée de comment. Mais bon. T’as pas l’air méchante, et j’pense que ta famille l’est pas non plus. Alors si tu veux ... »

Il retroussa sa manche droite, jusqu’à l’épaule, et tendit le bras, paume vers le plafond, comme s’il offrait déjà son sang à la postérité.

Un saint homme.

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Takahashi Miya
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Mer 27 Jan 2021 - 22:57
Si tu avais toujours suivi le parcours médical de tes parents, tu ne t’étais jamais réellement intéressée à leur activité de recherche. Tu demandais par quels moyens ils étaient en mesure de mettre au point des études, sachant qu’ils avaient déjà beaucoup de travail avec le dispensaire à cette époque. Les situations d’urgence dans un climat menaçant tout comme les moments de calme qui faisaient que vous deviez puiser dans vos économies. Aussi loin que tu t’en souviennes, tu n’avais jamais vu tes géniteurs s’investir dans autre chose que le soin des passants et la gestion du dispensaire. Et pourtant, ils avaient trouvé du temps pour s’entretenir avec des scientifiques et collaborer avec ces derniers. Des passionnés qui vivaient pour leur art, celui du présent comme du futur. Tu demeurais donc particulièrement surprise, tout aussi bien par leurs initiatives que par les ressources employées. Si tu avais connaissance des technologies que pouvaient avoir le Pays de la Foudre, espérer les approcher restait impossible. En tout cas, pour le moment, du fait de ta condition de Genin. Tu souris à la réaction de ton interlocuteur, après tout loin de toi l’idée de lui annoncer une mauvaise nouvelle. Lui pointant les feuilles que tu avais posé à côté de lui, tu lui fis par de tes interrogations, encore bien présentes.

Mais ça n’explique toujours pas pourquoi ils voulaient les cacher… Mais j’ai peut-être mon idée là-dessus.

Tu ne croyais pas en une crainte de se faire voler son travail. Vous n’étiez en concurrence avec personne – du moins à ce que tu saches – et peu devait être au courant de cela. Même toi, leur propre fille, ils n’avaient jamais daigné t’en parler. Une certaine déception se fit sentir, malgré la confiance que tu avais en eux.

Je pense qu’en arrivant à Kiri, mes parents ont voulu enterrer leurs travaux pour éviter que ça ne leur retombe dessus. Certains nous voyaient d’un mauvais œil, justement parce que nous ne faisions pas la différence entre bon et mauvais lorsque quelqu’un avait besoin de soin, comme pour ce bandit dans ton souvenir. Si en plus ces gens-là savaient qu’ils travaillaient avec des scientifiques d’un autre pays, nous nous serions fait accuser de trahison ou d’espionnage.

Être une kunoichi t’avais permis de développer tes capacités d’analyse, que le problème soit actuel ou qu’il vienne du passé. Tu fixas quelques instants Tokage, peut-être que son avis pourrait t’aider dans ta réflexion. De toute manière, tu ne voulais pas laisser tomber cette affaire. Et tu n’allais pas la laisser tomber tant que tu n’aurais pas trouvé des éléments de réponse. Tes lippes qui se dressaient lorsque tu vis le garçon te présenter sa veine, prêt à jouer le cobaye. Posant délicatement tes paumes sur son bras pour qu’il retrouve l’alignement de son corps, tu repris.

C’est gentil mais je ne sais pas de quoi ces études traitent exactement, il faut que j’en parle à mes parents. Et puis, pour que ça serve à quelque chose, il faudrait que nous allions au Pays de la Foudre pour leur technologie, et je doute qu’on nous laisse faire.

Un sourire amusée, tu te voyais mal demander au village que l’on t’accompagne à Kumo pour continuer les anciens travaux de tes parents, travaux qu’ils avaient jusqu’ici occultés.

J’ai mes propres projets, surtout. Et toi ?

Tes prunelles se focalisèrent sur les papiers que tu tentais de mettre en ordre avant de croiser celles de ton interlocuteur. Curieuse, l’attention que tu partageais volontiers.
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Yamanaka Tokage
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Mar 2 Fév 2021 - 21:06

Tokage laissa retomber sa manche sur son bras, un peu déçu. Il n’aurait pas été contre la réalisation d’un exploit héroïque qui aurait pu sauver des milliers, des millions de vie à travers le pays. Il se voyait bien en statue de bronze, pourquoi pas, trônant sur la place la plus prestigieuse du village. Une statue qui aurait brillé d’un éclat particulier, alors qu’elle tendait son bras vers le passant, offrant sa chair de métal à la postérité, faisant le sacrifice de son sang au monde. Quelle belle vision ç’aurait été … Son effigie aurait ainsi surplombé les masses pendant des années, des siècles même, laissant au futur l’image d’un grand homme dont tout les défauts auraient été lavés par le temps, et l’oubli. Aaaaaaaaaaah … C’est beau de rêver.

Mais bon, tant pis pour la statue.

« Ah … Bon. »

Tokage ne savait rien de rien en terme de médecine ninja, ni de médecine tout court d’ailleurs. Il ne connaissait pas l’état des connaissances, des techniques. Tout ce qu’il avait jamais vu de médecine, c’était les rafistolages rapides qu’on lui avait fait quand il revenait de la bataille avec quelques estafilades, qu’un shinobi aguerri avait tôt fait de lui réparer. A part cette fois-là, bien sûr, où il avait fini dans une condition un peu plus … Bref. Il savait pas ce qu’on pouvait ou ne pouvait pas faire en terme de médecine. Les sciences, quelles qu’elles soient, avaient toujours flotté pour lui dans ces sortes de nimbes floues où tout était à moitié réalisable, à moitié impossible. Cependant, il lui semblait bien avoir entendu dire que Kumo était plus avancé que les autres villages … Bah. Du détail, ça. Ca ne les empêchait pas de se faire envahir par le Teikoku, après tout.

Surtout, il ne savait pas à quoi pouvaient ressembler des projets de médecine. Qu’est-ce qu’on pouvait faire d’autre, à part de la recherche ? Sans doute pas grand-chose. Il se garda bien de demander ce que cherchait Miya. Il aurait probablement rien pigé, et il avait pas spécialement envie de passer pour un demeuré. Même s’il avait pas besoin de ça, évidemment.

« Moi … ? »

La question le prenait de court. Qu’est-ce qu’il avait comme projets, exactement ? Rien ne lui venait à l’esprit.

Il fallait dire que, depuis un certain moment, il n’avait plus aucun projet du tout. Depuis qu’il s’était retrouvé tout seul, en fait. Presque machinalement, sa main droite se porta à son bras gauche, autour duquel étaient entrelacés ses deux bandeaux frappés aux armes de la Brume. Oh bien sûr, avant ça, il n’était pas non plus du genre à formuler des projets, mais au moins il sentait qu’il ne s’y lancerait pas seul. A présent …

« Rien de prévu. Mais j’imagine que les autorités ont leurs plans pour moi, donc bon. On finira bien par m’envoyer quelque part, à surveiller un trou paumé ou à chercher une aiguille dans une botte de foin, j’en sais rien … »

C’aurait, à vrai dire, été totalement mérité. Tokage n’avait pas exactement eu la bonne attitude pour se faire aimer de ses supérieurs, jusque-là. Mais de toute façon, aurait-ce été si désagréable d’être exilé dans un coin perdu de Mizu ? Il y aurait probablement suivi le même train de vie qu’à Kiri, avec simplement un choix un peu plus limité de camarades de jeu. Mais après … On ne pouvait pas dire que sa vie de soldat était le point d’ancrage de son existence.

La conversation avait tourné sur un terrain qui ne lui plaisait pas trop. Il se sentit soudain un peu mal à l’aise. Les relents de souvenirs qui l’avaient agité lavaient la couche superficielle de son insouciance naturelle et lui rappelaient des douleurs qu’il avait enfouies.

« Il est tard non ?»

Il ne devait pas être plus de midi.

« Faudrait que j’y aille je pense … Et puis tes parents vont pas tarder à rentrer en plus. »

Il se levait déjà du bureau, sur lequel il était resté assis tout ce temps.

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Takahashi Miya
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Sam 13 Fév 2021 - 18:03
Des projets, tu en avais plein la tête. Ton quotidien à l’hôpital et au dispensaire te permettait de faire face aux nouveaux enjeux médicaux, de pointer les limites de tes pratiques. Et dans cet élan constant de dépassement de soi, tu usais de ton temps libre pour développer ta réflexion et pourquoi pas, la mettre en pratique. Pour le moment, tu n’avais que des idées, des éléments théoriques qui, dans ta tête, pouvaient fonctionner. Dans la réalité, tu ne savais pas si cela était possible mais pour le coup, tu étais motivée. Des concepts qui germaient au fur et à mesure que tu te plongeais dans les livres, un travail que tu faisais seule. Car on était jamais mieux servi que par soi-même et dans la recherche, tu ne faisais confiance en personne. Tu n’étais pas à l’abri de faux informateurs ou même de voleurs. Et ton travail était précieux. La pile de notes que tu rangeas soigneusement dans le compartiment de ton bureau, faisant taire toute curiosité.

Il n’y a rien que tu aies envie de faire, personnellement ? Les autorités ont certes des plans pour tous les shinobis du village, mais rien n’empêche d’avoir des projets à côté, voire même de combiner les deux.

Par exemple, tu aimerais que Kiri t’envoie ailleurs, tu pourrais à la fois accomplir ton devoir de kunoichi et satisfaire tes envies de voyage. L’opportunité pratique qui te permettrait d’avancer aussi bien en rang que dans ta vie personnelle. Aux paroles de ton interlocuteur, il ne t’en fallait pas plus pour comprendre qu’il aimerait s’en aller. A vrai dire, tu n’avais même pas mesuré le temps qu’il avait pris rien que pour t’aider. Tu te tournas vers lui, quittant le bureau de ta chambre pour atteindre la porte qui la séparait du couloir de l’étage.

D’accord, je te raccompagne. Merci pour ton aide, en tout cas.

Lui ouvrant la porte, tu attendis qu’il passe avant de le suivre et ce, jusqu’à retourner dans la pièce principale du dispensaire. Il n’y avait toujours pas plus de monde. Tu attrapas ses vêtements encore un peu humide pour les placer dans un linge. Tu lui tendis le sac de fortune, accompagné d’un grand sourire.

Tu pourras revenir un autre jour, pour rendre les vêtements que tu portes ou même pour revoir mes parents. Si tu en as envie.

Vous ne fermiez la porte du dispensaire à personne, que les personnes soient blessées ou non. Un code que vous suiviez depuis des années et qui n’était pas prêt de changer. Tu te dirigeas vers l’entrée principale, ouvrant la porte qui vous menait à l’extérieur. A l’encadrement, tu lui adressas quelques mots, un geste de la main en guise de salut.

Au revoir, Tokage. J’espère qu’on se reverra, ici ou à un autre endroit du village.

Un dernier sourire avant de fermer la porte, tu semblais sereine. A l’arrivée du garçon, tu étais soucieuse, la concentration absorbée par des écrits dont tu ne comprenais pas le sens. Grâce à lui, tu pus avoir des premiers éléments de réponse, un aperçu des recherches que tes parents avaient entreprises alors que tu n’étais qu’une enfant. Et maintenant, tu avais hâte de pouvoir leur en parler. Pour en apprendre plus, pour connaître toute l’histoire.
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