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Consultation fortuite sur un lit de mort

Shinrin Shinpachi
Shinrin Shinpachi

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Jeu 29 Oct 2020 - 0:50


Dans un vieux temple, une pièce réservée abritait le convalescent. On avait choisi, pour ne pas que les cris d’agonie du Monarque épouvantent la population, un endroit tranquille, reculé, gardé par deux Soldats sur le qui-vive. A heures irrégulières, les hurlements de douleur de Shinpachi résonnaient entre les murs et faisaient frissonner ces deux hommes de l’Unité Impériale qui éprouvèrent, par une sorte d’empathie involontaire, des sensations de douleurs proportionnelles à l’intensité des ces hurlements d’horreur. La sentence était insoutenable ; et avec la souffrance de Shinpachi, la légende et la Terreur que pouvait susciter la simple prononciation du nom de l’Homme au Chapeau ne faisaient que grandir. S’il avait infligé un tel châtiment à l’un des plus illustres Lieutenants du Teikoku, alors combien pouvait être grand son pouvoir ?

Peu pouvaient en témoigner ; et Shinpachi faisait partie de ceux-là, puisqu’il s’était avec courage directement confronté à la grandeur de cet homme d’un autre temps. Le Maître des Pendules avait ainsi fustigé le prétendant et, après plusieurs techniques expéditives, il apprît à tous à quel point on devait le craindre, pas seulement parce qu’il était fort : mais parce qu’il était invincible.

Des brumes opaques voilaient encore la raison du Monarque des Bois. En plus de la douleur, une sensation constante de fatigue le mettait au plus mal et il ne s’éveillait que par petites périodes, avant de se rendormir. Il paraissait absolument inapte au combat, bien que le chakra continuait de parcourir timidement son corps. Force était d’admettre qu’il devait pouvoir recevoir des soins supérieurs, des soins qu’Urahi n’était pas encore en mesure de donner. Pour cela, il fallait partir ailleurs.

Shinpachi ouvrit les yeux, les idées encore un peu embrumées. Avec le temps, il avait commencé à dompter sa douleur et à faire avec, mais il souffrait encore trop pouvoir l’ignorer. Il en devenait facilement irritable, et se précipitait parfois dans son raisonnement. En entendant des bruits de pas venant dans sa direction, il se mit en alerte.

« Qui va là ? »

Fit-il, vigilant, méfiant envers l’être, quelconque, qui pouvait l’approcher.


@Damahara Kamui
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Damahara Kamui
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Jeu 29 Oct 2020 - 2:22




La nuit était l'enfer du superstitieux et du timoré. Mystique, elle se constituait de ce que l'on y imaginait. Le halo lunaire et la nature s'oeuvraient ensuite à ajouter une touche de concret à l'oeuvre d'épouvante, donnant vie aux ombres difformes. La bise leur prêtait sa voix, et les animaux, leurs bruissements.

À cela s'ajoutèrent, cette fois, les hurlements déchirants d'un homme ; tant et si bien qu'il se retrouvait isolé de tout, laissé à l'agonie sur le sol d'un temple. Une honte, lorsqu'on savait qu'il s'agissait là d'un rescapé. D'un des grands noms de l'Empire.

Un ordre l'avait arraché à la douce torpeur qui l'emportait alors, bercé par le silence de ses quartiers. Pas pour une mission officielle, ni pour une convocation ; non, cette fois, il se devait de veiller sur l'un de ses illustres supérieurs. Sans doute fut-il ainsi sélectionné en l'honneur des facultés sensorielles qui le caractérisaient. Il n'en était pas fait mention, et il ne s'y était point attardé. Il aurait tout le temps d'être fier plus tard.

La large bâtisse s'était dévoilée à lui après quelques longues minutes de course. Sous le voile argenté de l'astre lunaire, elle semblait l'inviter à y prendre refuge. C'était bien évidemment sans compter sur les cris, qu'il avait commencé à percevoir avant même de poser les yeux sur le temple. L'atmosphère était sinistre au possible. Pourtant, le Damahara avançait inexorablement vers la source de cette ode à la souffrance, imperturbable. Il en avait entendu d'autres, des cris. Il avait vu la mort de près, et s'était accommodé de sa froide compagnie. Très vite, les effroyables hurlements se réduiraient à une litanie bien triste pour lui. Il en était sûr.

Avant même d'atteindre le porche de la bâtisse, Kamui leva la main doucement, mettant en évidence le mot qu'il serrait entre l'index et le majeur. Les gardes des lieux appartenant probablement à l'unité du convalescent, il estima plus prudent de se dévoiler sans geste brusque. L'un d'eux se détacha de l'ombre en silence pour s'avancer jusqu'à lui, puis le dépasser sans un mot. Un simple signe de tête lui fut adressé, signe qu'il était dorénavant autorisé à s'approcher du sanctuaire isolé pour prendre son propre tour de garde.

Il ne fit halte que sur le pas de l'une des portes du temple, aux côtés de celui qui serait son collègue le temps d'une nuit. Tacite, il reçut l'accord de l'homme lorsqu'il lui indiqua son envie de pénétrer l'enceinte de l'antique bâtisse. Sa main fit coulisser le fusuma dans son rail, juste assez pour qu'il puisse s'y faufiler, sans refermer - il se savait surveillé, et n'allait point y contrevenir. Religieusement, il s'approcha de la grotesque momie qui reposait là, sur une paillasse, avant d'être hélé.

« Damahara Kamui, humble soldat de l'Empire venu prendre son tour de garde. »

S'étant déclaré, il s'assit en seiza aux côtés du Shinrin devenu méconnaissable. Il l'observa en silence quelques instants, sans ciller. Le dégoût l'habitait, mais n'était point dû aux brûlures qu'il devinait entre certains bandages mal resserrés. Non, c'était un profond sentiment d'injustice qui le saisissait aux tripes.

« Est-ce là le sort qui attend ceux qui entretiennent le feu ? »

Avait-il susurré, sa voix rauque se faisant vectrice de la froide colère qui grondait en lui.

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« En ce monde, nous marchons sur la voûte de l'enfer en contemplant les fleurs. »


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Shinrin Shinpachi
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Jeu 29 Oct 2020 - 9:50


Rares étaient ceux qui pouvaient sans gêne se tenir à côté de lui, supporter la pestilence de ses plaies et de ses cloques, tolérer d’être spectateur d’un être mortifère propulsé aux frontières du non vivant, au ban de la vie. Kamui en toute vraisemblance faisait partie de ceux-là, et parce que Shinpachi ignorait encore à quel point il était devenu immonde, il ne s’attarda pas sur cet état de fait qui aurait pu lui laisser comprendre que son visiteur était un accoutumé de la mort, un ami des charognes putrescentes. Seule la perspective d’un petit bout de conversation le tira de ses doutes, et le réconfort de ne pas être seul lui mit un peu de baume au cœur, l’aida à retrouver l’once d’un maigre espoir, encore fragile. Il tenta, tant bien que mal, de soulever l’un de ses bras ; mais en vain. A la vue de ses bandages, son esprit s’engouffra de nouveau dans le cauchemar perpétuel de la souffrance.

La question que lui posa le Soldat de la mort venu prendre son tour ou admirer l’œuvre d’un autre, selon le point de vue, fit naître en Shinpachi les germes d’une sorte de colère intérieure. Kamui, en la posant, n’ignora peut-être pas qu’il précipitait, par la tournure de ses mots, le Lieutenant dans les abîmes sinistres du ressentiment. A la façon dont il s’était exprimé, le Shinrin accusa l’aura d’un sentiment de solitude brodée d’injustice, de colère intérieure, de désespoir reclus. Les autres qui avaient entretenu le feu avaient choisi, plutôt que de l’accompagner pour faire front face au Seigneur du Temps, de s’acharner sur le sort misérable d’un Dieu laissé pour compte ; il leur en voulait, encore, de n’avoir pas écouté ses paroles. Pourtant, il ne pouvait se défaire de l’idée qu’il était seul responsable de son calvaire : d’abord parce qu’il s’était jeté dans la bataille à cœur perdue, ensuite parce qu’il n’avait pas été assez fort pour vaincre Sakaze Tôsen. Il n’avait pas trouvé la solution adéquate : celle qui lui permettrait de vaincre le Temps.

Il tourna sa tête momifiée vers Kamui, et figea ses iris érubescentes dans ceux de son visiteur. Il eut alors une allure fauve, et dans ce regard insistant figé sur celui qui venait aux nouvelles, une sorte de fièvre de vieux soldats était palpable. Naguère, Shinpachi avait été un grand guerrier : peut-être l’un des rares à avoir su bousculer l’Homme au Chapeau, et à avoir obtenu ses félicitations. Et dans la façon qu’il avait de fixer son interlocuteur, il dégagea une étrange force intérieure : il y avait toujours un guerrier derrière ces bandages.

« Celui qui vit par le feu doit consentir à périr par le feu. »

Il étrangla une nouvelle vague de douleur qui irradia ses membres. En se crispant, il força sur certaines plaies et même sous sa couverture on put deviner la raideur de son squelette.

« Ce n’est pas là une punition, mais une récompense. Bien entendu, j’aurais préféré mourir en combattant l’Homme au Chapeau, surtout au regard du calvaire que je vis actuellement… mais j’ai été jusqu’au bout de ma mission, et je ne peux me dérober à un sentiment de fierté, même dans la défaite. C’est peut-être ça… »

Il s’arrêta un instant, quitta les yeux de son interlocuteur pour les figer sur le plafond, pensif.

« … l’honneur. N’est-ce pas pour cela que tu as juré allégeance à l’Empire du Feu, Damahara Kamui ? »
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Damahara Kamui
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Jeu 29 Oct 2020 - 20:56



Le regard intense du Shinrin était aussi fascinant que paradoxal, au vu de sa condition actuelle. À la merci d'un enfant, son corps mutilé et passablement amaigri n'avait plus rien de celui d'un véritable guerrier. Les sévices qu'il avait subies, inconnues dans leur exactitude au profanateur, avaient de quoi glacer le sang de n'importe lequel des hommes. La puissance de celui qui avait longtemps été connu comme « l'homme au chapeau » - un sobriquet qui faisait doucement sourire Kamui, alors que l'homme lui-même le terrifiait par son apparente invincibilité - était toute étalée, gravée dans les chairs d'un des plus puissants soldats de l'Empire. Pourtant, ces yeux brûlaient d'une ardeur qui n'enviait rien au feu qui avait rongé les chairs du Shinrin.

S'il se sentait intimidé, le Damahara était aussi empreint d'un véritable regain d'espoir.

La maxime suivante était fataliste au mieux. Pourtant, le lieutenant en était la preuve presque vivante. Le regard à peine désolé, Kamui observa en silence la convulsion déchirante de Shinpachi. Ses poings se refermèrent avec vigueur sur le tissu de son pantalon, menaçant de le déchirer. Il ne connaissait l'homme que de nom et de réputation, mais compatissait naturellement à sa tourmente. Il s'en voulut, en cet instant, d'avoir songé l'espace d'une seconde à considérer l'invitation de ce Sakaze.

Tel l'élève face au précepteur, il prêta son oreille au Shinrin sans objecter à nouveau, dès lors qu'il retrouva le contrôle de son être. Les paroles, il ne les bût point. Dussent-t-elles jaillir de la bouche d'un autre, il aurait sans doute considéré son interlocuteur comme un fou, un aliéné. Cette fois, la raison l'en empêchait. De toute évidence, Shinpachi ne faisait pas partie de ces grandes gueules grandiloquentes qui se dégonflaient lorsque l'heure de suivre leurs saintes valeurs sonnait. Même dans le désaccord, il se retrouvait contraint de le respecter.

Il fallut que le grand brûlé le questionne, pour qu'il s'extirpe enfin du mutisme qu'il s'était lui-même infligé.

« Avec tout mon respect, lieutenant, je n'ai que faire de l'honneur. Si je me suis lié à l'Empire du Feu, prêt à le laisser me consumer, c'est pour mon pays avant tout. J'ai vécu les guerres. J'ai vu la vanité et l'orgueil des villages cachés. »

Le regard du bourreau était resté porté sur le visage détourné du Shinrin, immuable. On y devinait une froide détermination, crue et réaliste ; la seule forme de force motrice, pour Kamui, à ce jour. Sa passion était brute et rustique, à l'image d'une pierre précieuse encore inviolée par les outils du joailler.

« Pour moi, la survie est une récompense. Mort, je ne suis plus d'aucune utilité à ma cause ; tandis que vif, je bénéficie d'une seconde chance. »

Un instant de silence s'en suivit, Kamui se replongeant dans son havre de paix intérieur le temps d'une hésitation. Devait-il laisser son coeur s'exprimer sans filtre en présence de l'un de ses supérieurs ? D'autant plus que ce dernier était lié à l'unité qui maintenait l'ordre au sein des forces impériales. Ses paroles seraient-elles perçues comme celles d'un lâche, d'un soldat indigne de confiance ?

Qu'à cela ne tienne, avait-il pensé. Me comporter comme un pion sans âme ne m'apportera jamais rien.

« Je ne vois l'honneur que dans le triomphe. N'y voyez pas là une forme de superficialité : c'est bien ma propre personne que je souhaite satisfaire, et non celle d'autrui. Je n'aspire qu'à mener ma mission à bien, la fin justifiant les moyens. Les morts n'ont pas ce pouvoir que je chéris tant... celui de façonner l'avenir. Me fourvoierais-je, Shinpachi-sama ? »

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Jeu 29 Oct 2020 - 22:11


A l’agonie, Shinpachi ne tarda pourtant pas à rebondir sur la dernière réplique de son interlocuteur.

« Cela dépend de ce que les morts emportent avec eux dans leurs tombes. »

Cette visite le fascinait pour autant que l’homme qui s’était présenté à lui paraissait apparaître de nulle part, comme une sorte de providence semée sur sa route. Il eut presque l’impression, l’espace d’un instant, de baigner dans un nouveau monde. Avait-il comaté plus de dix ans pour rencontrer ce genre de protagoniste ? Ou n’avait-il pas su, jadis, trouver de pareils diamants bruts ? Il l’ignorait mais ses spasmes ne lui permirent pas d’approfondir la question, à laquelle il n’aurait de toute manière su apporter aucune réponse.

En dépit de toutes choses, Kamui était maintenant là, à quelques mètres de lui, à portée de ses paroles qui se voulaient naguère presque corruptrices, ou en tout cas pourvues d’assez de sagacité pour amadouer les esprits les plus nasillards et piéger les penseurs les plus retors, et qui maintenant étaient empruntes de fragilité. Mais là où il aimait souvent se jouer des défauts des autres, il lui sembla qu’il venait de tomber sur un os ; translucide comme un rubis, Kamui lui révéla toute la noirceur de sa psyché, recroquevillée sur elle-même, inébranlable, telle une chrysalide le coupant du reste du monde et ne le nourrissant qu’individuellement ; et lui, le fameux Monarque des Bois, ne pouvait percer la chitine de ce cocon impénétrable.

Du moins, pas tant qu’il n’aurait su le mettre face à son propre ennemi : lui-même.

« Tes paroles ont le mérite d’être transparentes et j’admire ta capacité à admettre cet é-égocentrisme. Je lis à travers ton discours comme d-dans un livre ouvert. A mes yeux, l’homme n’a de grandeur que dans la connaissance qu’il a de sa m-mé… médiocrité : ainsi, ceux qui admettent leurs défauts sont ceux qui me paraissent, en dépit de tous les vices possibles, les plus justes. Kof kof ! »

La toux le prit d’un coup sec, et coupa son flot de paroles. Il grimaçât, avant de reprendre d’un ton plus calme. Il fut particulièrement lent, affrontant la douleur pour pouvoir s’exprimer clairement.

« Nos opinions divergent néanmoins, car nos am-ambitions ne sont pas les mêmes. J’aspire pour ma part à transformer ce monde ; et pour cela, je dois é-étrangler l’Apocalypse promise par l’Homme au Chapeau, tout en faisant de la Coalition une force de frappe majeure. Là est mon unique objectif : la vengeance. La m-mort de ce monstre. M-mais pour cela, il faut consentir au sacrifice ultime, a-avoir une conscience absolue de sa médiocrité, et de la misérabilité de n-nos vies. »

Insister sur la médiocrité du genre des vivants était son argument le plus fort. Après avoir traversé le désert suite à sa défaire contre l’Homme au Chapeau, Shinpachi se voulait être l’étendard de la vanité des mortels. Nul ne pouvait dire, autant que lui, que la vie ne valait rien, somme toute.

« O-oui… t-tu vivras, peut-être en cavale tout le r-reste de ta vie, p-peut-être prisonnier, s-sûrement seul. Car avec cet état d’esprit, tu ne pourras faire p-partie de ceux qu-qui, avec moi, lutteront contre Lui. Car pour v-vaincre l’Homme au Chapeau… »


Là était l’objectif final. Le seul moyen d’atteindre le renom des Dieux, et devenir aussi important qu’eux : vaincre l’Homme au Chapeau, c’était rejoindre l’Olympe.

« … il faut tout sacrifier, jusqu’au dernier morceau de son âme. »
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Jeu 29 Oct 2020 - 23:38



Un livre ouvert, c'est la comparaison qu'avait choisie le Shinrin pour qualifier la prose du profanateur. Il n'avait pas pour habitude d'être ainsi disséqué, lui qui ne partageait en général avec personne ses songes. Cette fois, cependant, il avait eu la sensation qu'il serait écouté à sa juste valeur : celle d'un homme, tout simplement, et plus d'un vague personnage tantôt intimidant, tantôt répugnant. Était-ce dû à la sagacité qui émanait du Shinrin, dont le corps démontrait tristement le vécu de l'âme qui l'animait ? Probablement.

L'entrevue était des plus incongrues. Ils n'auraient probablement jamais eu l'occasion de se croiser, si le destin en avait décidé autrement ; Shinpachi aurait pu mourir contre l'Homme au Chapeau, Kamui aurait pu répudier le chakra et se joindre à cet ennemi public. Ils étaient pourtant là, le profanateur écoutant la toux et les sages paroles du monarque des bois. Ils divergeaient sur le plan des opinions, et pourtant, ils avaient le même objectif final.

Les mots du Shinrin aggravèrent sa mine, lorsqu'il fut question de cavale. Il aurait pu prendre ces mots comme des insultes, insultes qu'il n'aurait jamais oubliées et faites ultimement payer lorsqu'il en aurait eu l'occasion. Là encore, l'identité de l'homme l'en garda : il savait pertinemment de quoi il parlait, et n'avait pas entièrement tort. La fuite n'était pas déshonorable pour le Damahara, tant qu'il était question de pouvoir revenir plus fort. Il n'aurait pas rebondi là-dessus, se contentant d'accepter, si les circonstances étaient différentes.

Le livre ouvert comportait cependant un sous-texte, qui avait échappé au Shinrin : leurs luttes convergeaient invariablement, et la fuite n'y arrangerait rien.

« Je n'ai peut-être pas été assez clair, lieutenant. Certes, je préfère la survie au sacrifice ; mais cet Homme au Chapeau n'est pas l'Ombre d'un village caché, ni le gourou d'une organisation criminelle mondiale. Il s'agit là de la personnification de l'Apocalypse - comme vous le dites si bien -, des conséquences de nos erreurs passées. »

Un léger sourire, presque vicieux, étira les traits du soldat qui avait jusque là maintenu un stoïcisme exemplaire.

« Soyez assuré que j'irai au combat en sachant qu'aucun avenir ne m'attend, dussé-je faillir. Sakaze Tôsen bâtira son monde sans chakra sur ma carcasse, ou ne le fera jamais. »

Sa résolution était claire, et consolidée par ce qu'il avait sous les yeux. Ce n'était pas Shinrin Shinpachi qu'il voyait, à proprement parler, mais bien l'un de ceux qui avaient voulu s'opposer à celui qui imposait sa volonté au monde entier. D'autres avaient péri, souffert ; il n'y avait pas de place pour le Damahara dans un monde aussi chèrement payé, aussi égoïste.

« J'aurai d'autres occasions d'être lâche, ne vous en faites pas. »

Pince-sans-rire, il ne sourcilla pas d'un iota en laissant échapper cet ersatz d'aveu.

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Dim 3 Jan 2021 - 8:11



Sous ses yeux, le corps meurtri de l'un des Valeureux s'agita de quelques énièmes soubresauts. S'il avait des difficultés à s'exprimer, dans son état, sa réponse tarda cette fois à n'en plus finir. Par pur respect, le Damahara demeura lui aussi silencieux, toujours installé en seiza au misérable chevet d'un homme qui méritait, à ses yeux, de plus grands égards.

Pensif, il n'en avait pas fini de ruminer les précédentes paroles de Shinpachi. Pour lui, qui vivait presque par le proverbe qui disait que les boulettes étaient préférables aux fleurs, les discours glorieux suscitant l'abnégation n'étaient que des mots, des outils afin de rallier les plus fervents ; rien qui n'ait de pouvoir sur sa personne. Pourtant, d'une certaine façon, le dévouement du Shinrin l'avait captivé.

Cette carcasse emmaillotée de bandages, qu'un coup de vent pourrait briser, lui avait paradoxalement donné l'envie de se battre contre l'homme le plus dangereux du monde, à ses côtés. La noblesse qui irradiait du monarque des bois avait le don de le galvaniser, en dépit du cuisant échec qui avait altéré son corps tout entier. S'il n'était pas médecin, Kamui était nécromancien ; et lui-même ne savait s'il pouvait faire combattre un corps aussi diminué que celui de Shinpachi. Pourtant, il ne doutait pas.

Aucune réponse ne lui parvint. La lumière ténue de l'astre lunaire, qui filtrait au travers des encarts de papier de riz abîmés ornant les portes de l'endroit, éclairait juste assez la pièce pour que Kamui puisse remarquer les mouvements de respiration plus réguliers du lieutenant. Visiblement, il avait trouvé le repos ; sans doute exténué par ses multiples crises, il s'assoupit pour probablement être réveillé quelques instants plus tard par le retour de sa violente toux.

C'était l'occasion pour le natif des plaines de se retirer, en silence. De toute sa stature, il dominait la silhouette brisée de l'un des plus grands impériaux ; pourtant, pas un instant il ne se sentit supérieur. Sa vulnérabilité ne lui inspirait rien d'autre que l'espoir de pouvoir assister à son retour triomphal d'entre les damnés.

Un coup d'oeil en arrière, et il croisait le regard du garde qui l'observait par l'entrebâillement de la porte qu'il avait empruntée. Il lui adressa un simple signe de tête, avant de quitter la pièce et de refermer derrière lui.

Prenant enfin ses fonctions, le Damahara s'adossa contre l'un des larges piliers de bois soutenant la toiture massive du temple. Mains liées, il exaltait son fidèle sixième sens, afin de surveiller les fluctuations du chakra dans les environs de l'édifice. Sans surprise, il perçut l'énergie vitale de plusieurs gardes, dont certains qu'il n'avait même pas remarqués en s'approchant initialement. D'autres, cachés à son troisième oeil, devaient probablement être embusqués dans les bois environnants. Ce temple, ainsi cerné, semblait inviolable ; nul n'y pénétrerait sans être repéré par les soldats et sensoriels disposés en ces lieux, dont la mission capitale était d'assurer la sécurité de l'un des Valeureux.

Puis, il y avait le chakra de l'intéressé en personne. Une petite flamme vacillante, mais qui refusait pourtant de s'éteindre. Une petite flamme d'espoir, l'une des fleurs qui parsemaient le monde terne qu'arpentait le Damahara.

Pas un instant, il ne se douta que c'était la première et dernière fois qu'il croisait le chemin de Shinrin Shinpachi ; que cette fleur aussi allait faner, avant même qu'il n'ait pu la contempler sous le soleil clément d'un printemps qu'elle ne verrait jamais.


Fin du RP

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