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Un coeur qui se meurt [ Yanosa ]

Byakuren Yume
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Lun 9 Nov 2020 - 17:11

Un cœur qui se meurt


Quand ton regard s'éveille sur un plafond dénué de chaleur, aussi opalin que ta peau laiteuse, il peine à s'ajuster à la lumière ambiante. Un rayon de soleil était comme une dague qu'on t'enfonçait directement dans le crâne, en passant par la rétine. Migraineuse, en souffrance ; tu sens ton esprit se raviver avec les douleurs qui refaisaient surface.

Quelque chose dans ton souffle avait changé ; saccadé, bruyant. Loin de la discrète et gracieuse héritière dont le passage n'était qu'à peine audible. Un râle permanent perforait ta trachée et remontait de tes tripes jusqu'aux narines. Comme si la mort te rappelait constamment à elle ; comme si ton réveil n'était en fait qu'une transition difforme entre la réalité et la fin de celle-ci.

Ton buste semblait peser triple, et tu te sentais incapable de te redresser. Seules tes mains bougeaient sans être entravées par ce poids irréel. Étant totalement couchée, tu pouvais presque penser qu'il ne te restait plus que ton visage pour t'élever, que tout le reste avait disparu, avalé par la justice des choses.

Nulle panique n'oppresse ton cœur ;
Au fond... N'était-ce pas une fin logique ?

Source du trépas et des rancœurs de l'homme le plus craint du Yuukan ; que méritais-tu de plus que sombrer peu à peu vers un sommeil éternel.

Tes paupières se referment, lasses, vaincues.

►►►

Le second réveil se fait dans l'horreur, avec un cri de détresse et cette horrible impression d'étouffer. Pourtant, la nuit est calme et il n'y a nulles mains qui tentent d'étrangler ton cou. Tu n'as plus non plus de visions, d'images éphémères et de cauchemars comme à l'époque. Seule l'obscurité règne... Et elle est bien plus effrayante que n'importe quel imaginaire, même monstrueux.

Ta conscience s'évapore à nouveau.

►►►

L'air te manque également pour la troisième fois, et cette apnée t'éveilles en une crise quasi hérétique de panique. A chaque fois, tu sens les plaies sur ton corps qui gonflent en rythme avec cette explosion interne. Et cette macabre impression qu'elles finiront par céder, s'ouvrir, et répandre de toutes parts ce qu'il reste de toi.

La paralysie te rend folle, le manque de souffle aussi. Tu comprends que ton buste a été tranché en deux sans même pouvoir le vérifier par toi même. L'heure est tardive, les services sont réduits, occupés par les cas instables. Tu es seule dans ce marécage de peur.

Tu tentes en vain de forcer sur tes avant-bras, de te redresser une bonne fois pour toutes, mais la force te manque, et la douleur l'emporte. Tu n'as que tes yeux pour pleurer, que ton souffle pour exister.

Tout ça... Aurait du s'achever à Tsume.

Ce surplus, cette extension de vie... N'avait aucun sens.



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Mar 10 Nov 2020 - 0:20
La destruction était, de l’avis du grand brûlé qui déambulait dans les couloirs de l’hôpital tel un fantôme, la condition sine qua non à la création et au renouveau. Sans elle, dans le cycle de la vie qui se perpétuait sous les yeux de l’Homme et des animaux depuis des temps immémoriaux, le monde se serait dors et déjà trouvé coincé dans une antichambre purulente d’inéluctable décomposition, une lente descente vers un état toujours plus vain et affligeant que le précédent. La destruction était le berceau de l’évolution et de l’avenir, et en cela Yanosa pouvait aisément tenter de comprendre et d’assimiler bien des exactions entreprises par les plus fous d’entre les Hommes qui peuplaient le Yuukan, à l’image des desseins formulés par Tôsen. La nature même des êtres humains, cependant, bouffis de leur orgueil, de leur égo et de leurs prétentions, avachis dans leur faiblesse et leur inconstance, empêchait parfois la destruction pure et simple de faire son œuvre.

C’était suivant ce raisonnement, ainsi que le duel qu’il avait mené et perdu contre la Godaime, que le guerrier brûlé s’était décidé à annuler purement et simplement ce qui aurait dans les faits pris la forme d’un attentat sur le palais du Daimiyô, fusse-t-il vidé de ses occupants. Le « message », peut-être aurait-il pu être entendu, mais l’Oterashi était bien décidé à ne pas sombrer dans une forme de maniaquerie fanatique et dénuée de raison. Car au-delà du penseur brutal qu’il était, il demeurait un soldat. Un soldat aux appétits difficilement rassasiés en matière de combats et de batailles, mais un soldat tout de même, et si il y avait bien une chose qui avait pu se frayer un chemin dans son cortex au fil des années passées à Iwa, c’était la discipline. Cette même discipline, au beau milieu de la nuit, qui lui permettait de simplement arpenter les couloirs du centre de soin enrubanné dans les bandages cicatriciels, tandis qu’un torrent de souffrances et de supplices lui vrillaient les nerfs et embrasaient jusqu’au moindre de ses orteils.

Quelle pitié de se voir ainsi réduit à l’état de momie de chair, en un sens. De visu, il ne pouvait plus inspirer que la répulsion, la peur, la méfiance. Ces réactions, il pouvait les utiliser à son avantage, bien sûr… Mais cela n’en altérait pas moins la réalité. Aussi puissant qu’il pouvait être à présent, aussi loin que pouvait aller le processus de guérison, il ne se départirait plus jamais de cette forme inhumaine, de ce simulacre de corps ravagé qui lui servait de vaisseau. Une pitié… et une chance à la fois. Car là où se trouvait semée la destruction, guettait également le renouveau.

Des gémissements, plaintifs et chargés de douleurs, lui parvinrent aux oreilles. D’un coup d’oeil rapide, il identifia aisément le couloir d’où provenait le bruit, et avança en direction de la chambre sans un bruit de ses pieds nus recouverts de bandages à demi défaits. Sa tête passant dans l’ouverture, l’Oterashi comprit alors de qui et de quoi il s’agissait : la fille Byakuren, au coeur de la nuit et de sa pénombre d’une neutralité angoissante, traversait un épisode traumatique intense. Cela faisait plusieurs jours, maintenant, que le guerrier tellurique l’avait amené des Crocs jusqu’ici. Sa réapparition avait soulevé son lot de question dans son esprit, et sans vraiment laisser trop l’impression que son sort l’intéressait plus que celui d’un autre, il avait malgré tout pris soin de se renseigner sur son état. Et la raison à cela, comme souvent lorsqu’il s’agissait de Yanosa, trouvait ses racines dans une réflexion purement pragmatique et utilitaire. Car si la pure destruction ne pouvait pas nécessairement l’aider à mettre en branle les changements qu’il souhaitait voir arriver à Tsuchi… d’autres moyens, plus détournés, le pouvaient.

Il s’approcha, figure grisâtre dans un fond noir.

« Du calme » lança-t-il simplement de sa voix rauque marquée par les flammes.

Il brisa la distance le séparant du lit où la jeune femme semblait lutter contre la raison même de sa survie. Une énergie invisible se canalisa entre ses doigts, au creux de sa paume, et lorsqu’il arriva auprès de la Byakuren, il la posa simplement sur ton torse. Le chakra qui l’inonda alors eut de quoi la plaquer envers et contre tous ses efforts sur le matelas, mais alors qu’elle pouvait alors exprimer encore plus de difficultés à respirer, à se calmer comme il le lui avait si sobrement intimé un instant plus tôt, le Tellurique inversa le processus sur le temps d’une respiration. Au lieu de s’enfoncer dans les draps, la princesse s’en éleva alors, la paume seule de l’Oterashi sur son torse l’empêchant de rejoindre le plafond.

« Inspire... »

Il l’alourdit à nouveau, moins fort que la fois précédente et de façon graduelle pour que son corps rejoigne le lit en douceur

« ...Expire... »

Il répéta la manœuvre deux fois, faisant lentement et délicatement léviter la jeune Yume dans les airs, avant de finalement la laisser en proie à son poids naturel.

« Ça ne sert à rien de se battre contre la douleur, princesse. Elle ne fait que revenir… C’est à toi qu’il revient de l’accepter, de la nourrir même… pour la faire tienne. »

Il fit quelques pas en arrière, s’adossant à un mur au fond de la chambre et croisant les bras en observant la fille Byakuren.

« ... »

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Ven 20 Nov 2020 - 15:30

Un cœur qui se meurt


Alors qu'un pieu invisible semblait t'avoir lié au centre de la terre par une force brute ; une main avait rajouté une nouvelle douleur éphémère au niveau de ton thorax. Tes yeux cherchent à décrire le néant obscur qui te fait face, mais tu ne décèles qu'un semblant de silhouette. Deux yeux scintillent dans la pénombre, mais le reste de ses traits sont inexistants, se fondant à l'ombre comme s'il n'en était qu'une personnalisation chimérique. De son visage, tu ne voyais que les contours et les perles carmins.

L'Ombre appelait au calme. Sa main était pourtant bien tangible et, avant que tu n'aies ne serait-ce l'envie d'ouvrir la bouche, avait répandu comme un sort sur tout ton être. Petit à petit, le poids du monde s'évaporait et délivrait ton corps de son emprise. Tu sens alors tes muscles endoloris s'élever, flotter comme une plume le ferait à l'aide d'une brise matinale. L’anxiété se transforme alors en doux réconfort, libérateur des douleurs et de leurs emprises psychiques.

Inspire.
Expire.

En docile petit pantin, ou simplement en être de chair qui profite d'une condition nouvelle, tu l'écoutes, et gonfle des poumons comme s'il respiraient pour la première fois. L'action réveille des douleurs, mais différemment. Tu comprends alors petit à petit que chaque centimètre de ton corps a été brisé, retravaillé, recomposé au mieux. La plus évidente des blessures est celle qui maintien ton corps au lit, l'entaille sur une poitrine compressée, un cœur qui se mourrait.

Ce que tu pensais être un ultime rêve métaphorique te rappelle peu à peu à la réalité. L'envol s'achève progressivement, te rappelant à quel point les tissus charnels pouvaient être lourds. Puis le jeu recommence, termine, se réveille, te relâche. Jusqu'à que tu comprennes finalement ta propre condition : Ce poids était là, le reste n'était que magie.

Cette conscience acquise te fait fixer l'Ombre, s’éloignant pour se reposer contre un mur, larmes naissantes au coin de l’œil. Étrangement, tu n'avais que faire de son identité, de son apparence qui n'avait pas plus de sens que ton monde actuel. Il te donnait des conseils comme s'il savait que ton âme en avait cruellement besoin. Malheureusement pour lui, tes douleurs externes étaient loin d'être celles qui torturaient ton esprit.

- Mais...

Cette fois-ci, l'humidité de tes yeux explose et déborde en ruisseaux singuliers qui repeignaient tes joues.

- Que faire contre les douleurs que l'on a créé ?

Cet appel est désespéré, dénué de barrières ; tu regrettais tout de tes choix et de leurs conséquences, jusqu'à en croire que ta condition n'était même pas une résultante suffisante. Un monde sans toi aurait évolué tellement différemment, vers une voie qui aurait épargné les plus justes et ceux qui avaient aveuglément péri en ton nom. La silhouette née de la nuit avait joué avec ton corps comme s'il n'était qu'un reste de marionnette à raccommoder. Mais tu voulais qu'il le fasse pour ton cœur, celui qui ne battait plus qu'à demie mesure. Tu mourrais pour qu'il plonge sa main dans ton buste et l'arrache, qu'il finisse un travail inaccompli, qu'il tourne pour toi une page volée, arrachée à d'autres livres bien plus méritants que toi. Ton histoire était une malédiction que tu ne savais contrôler, dont les répercutions allaient jusqu'à causer la naissance de factions idéologiques, aux peines immenses qui faisaient chavirer les esprits vers les abysses. Ces eaux sombres ne devaient appartenir qu'à toi, mais tu les répandais sur un monde troublé. La culpabilité, ce rongeur malsain, avait déjà passé trop de temps à tes côtés.



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Sam 21 Nov 2020 - 1:09
Le soulagement. Un espoir de rémission, de guérison, de voir la douleur s’envoler. Ce qu’il lui avait apporté en l’aidant à reprendre son souffle n’était, finalement, qu’un cadeau empoisonné, une fenêtre ouverte puis aussitôt refermée sur un horizon un peu plus clément que l’océan de douleurs dans lequel elle avait semblé se noyer. Cruel, sans doute, mais aussi nécessaire, pour que la jeune femme ne suffoque pas sous l’étreinte de ses propres spasmes. Adossé au mur du fond, l’ombre enrubannée qu’était l’Oterashi resta impassible, plongé dans ses réflexions. Passer outre la souffrance n’était pas une faculté que beaucoup pouvaient posséder, même au sein des forces shinobis : même si il connaissait personnellement plusieurs kunoichis particulièrement dur au mal, il ne pouvait donc pas tenir rigueur à la Byakuren de se trouver ainsi en proie à ses maux physiques.

Mais alors qu’il songeait à la meilleure façon d’aborder le sujet qui lui brûlait les lèvres, ce qui aurait pu s’apparenter à une explosion retentit dans le lit devant lui. Un déversement incontrôlable de larmes, un déluge de chagrin, qui semblait s’être emparé de Yume comme l’aurait fait un Yokai pernicieux appâté par la douleur, tandis qu’elle se questionnait sur ses actes.

Il fronça les sourcils, restant un petit moment perplexe. Ces larmes, songea-t-il, n’avaient rien à voir avec les épreuves que son corps était en train de lui faire traverser. La princesse, dont la respiration s’était quelque peu normalisée, ne se noyait pas dans la douleur, mais dans la peine, la tristesse,… le remord. Longuement, le guerrier calciné expira. Son dos se décolla du mur dans un élan bref et nerveux, ses pas commençant dès lors à le mener vers la sortie. Peu lui importaient ses traumatismes, ses sentiments, son chagrin : si il ne pouvait pas échanger avec la Byakuren maintenant, il le ferait à une autre occasion, plus propice. Mais alors que la porte ne se trouvait plus qu’à une enjambée de là, il s’arrêta net, ses yeux de braise se retournant en direction de la jeune femme dont les contours se dessinaient timidement dans la pénombre. Il l’écouta un instant haleter, se questionna malgré lui sur ce qui pouvait se cacher derrière ce rideau de larmes, cette culpabilité, et se mit à réfléchir.

« En toute compréhension réside une forme de pouvoir ». Ces mots, à l’origine tirés d’un tome de réflexions sur la politique aborigène de Tsuchi, il les avait mit à profit dans sa quête de puissance en tant que shinobi. Il se retourna tout à fait en direction de Yume : même si la tâche était complexe, il pouvait à présent tenter de le faire aussi dans un tout autre domaine.

« ...Shinobis ou pas… nous perdons tous tôt ou tard quelque chose qui nous est cher. Parfois… c’est même une part de nous-même qui nous échappe, sans qu’on puisse y faire quoi que ce soit... »

Il se rapprocha du lit, ombre mouvante faussement menaçante et à la voix éraillée étrangement apaisante.

« ...L’évolution. Qu’elle soit pour nous même, ou le monde autours de nous, qu’on la subisse… ou qu’on la provoque. Elle sera toujours synonyme de douleurs. Si tu penses pouvoir agir contre la douleur… tu te fourvoies, autant que tu te trompes de combat. »

Il se rapprocha encore, toisant cette fois tout à fait la jeune Byakuren, droit comme un i au côté de son lit d’hôpital.

« Comprendre. Maîtriser, apprivoiser. Accepter, d'abord, cette violence qu’on porte tous dans notre âme. Je doute que tu sois poussée par le vice et l’égoïsme… alors… pourquoi t’apitoyer ainsi sur tes actes, hm ? Tu penses que laisser la morale des autres juger la tienne… peut être la solution ? Nous faisons tous des erreurs… mais c’est en les admettant et surtout, en les rectifiant… que nous prouvons notre vraie force.

Alors, Yume, dis moi… Sauras-tu être forte… évoluer… ou bien te laisseras-tu pourrir dans ta propre indifférence et celle de tous ceux qui t’entourent... comme l’a fait ton père ? 
»

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Ven 27 Nov 2020 - 13:25

Un cœur qui se meurt


La silhouette avait une voix grave qui était partiellement entravée par la distance.. Et peut-être autre chose que ni tes yeux ni ton cœur ne percevait actuellement. Sa condition l'assimilait à une chimère sans visage, que tu confondais entre conscience interne et envoyé céleste (ou plus obscur). Si tu pensais que l'heure de ton jugement était venu, lui, clamait haut et fort que la douleur n'était pas un combat, ou bien qu'il était perdu d'avance. Alors quoi. Fallait-il s'abandonner à elle ? La laisser régner sur tout le rester ? Si l’argument valait pour tes propres mœurs, il te semblait loin d'être une solution pour ce que tu avais créé.

Corriger ses erreurs. Un rêve que tu voyais s'éloigner depuis bien trop longtemps. Tes larmes passées s'étaient transformées en d'humides traînées, faisant reluire des morceaux de joues aux brillances d'une lune pourtant discrète.

- Mais si nos erreurs ne sont plus corrigibles ? Si la mort en est le fléau ? Que faire contre le vide que l'on a créé ?

Pour toi, certains faits étaient définitifs, voués à te laisser dans la culpabilité et non pas la rédemption. L'autre monde, celui où les âmes s'envolaient peut-être, était trop loin de ta portée, et pourtant, tout les êtres chers à ton cœur s'y rendaient irrémédiablement, t'isolant dans une terre des enfers qui te devenait étrangère.

En perdant des liens, des amis, des cœurs ; tu perdais tes repères, ton identité ; ta vérité.

La dernière phrase de l'Ombre eut raison de ton instant d'égarement ; une attaque bien ciblée, personnelle. Peut-être trop. Un commentaire embrasé à l'égard de ton père, jugé indifférent à la situation de sa nation. Ton visage retourne s'isoler vers un plafond sans lumière, faisant fuir ton regard du sien. De ce monde, tu étais celle qui pensait le mieux connaître Masato, avec ses qualités, comme ses travers. Mais tu étais sûre d'une chose, indifférent, il ne l'était point. Incapable de franchir ses propres limites.. oui.

- Jamais Père n'a été indifférent aux mœurs de son peuple, mais il se garde de le dire, de le montrer ; d'en être l'objet.

Tu n'en revenais pas. Pour la première fois depuis des années, tes mots allaient en son sens alors qu'il y avait tant de choses qui t'avaient poussée à t'éloigner de son emprise.

- J'étais... Furieuse contre cette idéologie

Tes prunelles azurées s'éclairent par des souvenirs antérieurs à tes maux actuels.

- Furieuse que l'on me forge, qu'on me sculpte à l'image de l'héritière idéale pour un trône noble. Furieuse de manquer ce qu'un enfant sans titre avait, la simplicité, une caresse aimante, des regards complices. Père a des principes qui écartent tout sentiment de la raison, car ils influencent les choix, les rendent instables. Alors qu'au contraire, je pensais qu'il manquait à la noblesse ce que seul le cœur pouvait apporter. Et cette dualité m'a rongée, poussée à saisir grossièrement une situation pour m'extirper sans honte de cette hiérarchie.

Faisant référence au drame de Wasure, et de l'implication évidente d'un père criblés de secrets, tu ne peux t'empêcher de regretter tout ce qui pouvait y faire référence. La guerre ouverte contre des ex bannis, sa conséquence d'y perdre des êtres chers, et la vision de ces terres maudites, laissées à elles mêmes, alors que tout ce qui s'y passait était du fait d'autres pays.

- Je pensais avoir raison... Je pensais pouvoir lui prouver que l'on pouvait améliorer les choses en s'investissant différemment. Mais sa mise en garde de l'époque sonne comme une boule amère maintenant que j'y repense. Il disait qu'un héritier qui prenait les armes sèmerait le néant et la désolation sur son passage. Et aujourd'hui. Tout cela est vrai.

Devant tes prunelles ; ces mêmes visions qui dilapident peu à peu ton âme en la torturant de remords. Des visages, éphémères, qui apparaissent et disparaissent aussitôt, te rappelant le nombre incalculable de personnes mortes pour toi. Qui te protégeaient malgré ton titre déchu, malgré ton incapacité à leur rendre la pareille. Tu vois aussi ceux qui partent par ricochet, à cette cruelle démence que tu avais créé en faisant tuer une femme aimante par son bien aimé, malgré toi. En courant après Sakaze Tosen depuis des années, tu avais simplement confirmé que tu étais l'origine même de ses hantises.

- Ils sont morts. Tous morts... En voulant protéger, j'ai jeté des âmes précieuses aux enfers. Et j'ai créé la tristesse qui a engendré la plus dangereuse des identités que le Yuukan aie pu connaître.




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Sam 28 Nov 2020 - 16:04
Si le guerrier tellurique avait certainement attendu une réaction de la part de la jeune femme en évoquant ainsi en des termes aussi tranchés son paternel et sa passivité patenté, il ne fut ni déçu ni véritablement surpris par celle qu’il obtint, même si il aurait aisément pu s’attendre à un autre genre de réaction venant de l’héritière du trône de Tsuchi. Les pleurs se tarirent, son regard se fixa dans le plafond. Dans le peu de signaux qu’elle pouvait envoyer depuis son corps meurtri, tout en elle véhiculait le refus, la recherche de solitude, la paix. Mais, plutôt que de le congédier, comme il lui aurait été si facile de le faire surtout quand on considérait les habitudes qui avaient pu lui être transmises par Masato dans sa jeunesse… elle lui répondit. Yanosa croisa les bras sur son torse : il y avait à fortiori bien des moyens de percevoir les actions et positions du Daimiyo, des angles flatteurs propres à enjoliver sa façon de diriger son pays, au moins autant que d’angles sous lesquels il pouvait paraître aussi inefficace qu’un roturier catapulté à sa position et incapable de prendre les décisions évidentes.

Yume, plongée dans sa tristesse, entouré de son désespoir, avait cependant décidé en cet instant de voir le meilleur, de se rappeler de l’homme de principe, du dirigeant éclairé que son père pouvait être. Peut-être sans s’en rendre vraiment compte… elle s’accrochait à quelque chose, à des valeurs. Immobile d’abord, l’Oterashi ne put s’empêcher de tisser des parallèles entre la jeunesse de la princesse et la sienne. Lui aussi, avait contrarié sa famille par ses passions inadéquates, avait pris le contre-pied de tout ce qu’on avait voulu lui imposer. Lui aussi, était né dans un milieu qui lui semblait toujours aussi aliénant encore aujourd’hui. A la différence de Yume, cependant, même en ressassant le passé sous tous les angles possibles, il demeurait impossible pour le Tellurique de cautionner ou de légitimer ce qu’étaient ses parents, ce qu’ils lui avaient imposé. Il leur devait en grande partie l’homme qu’il était aujourd’hui, et si il se targuait de posséder une grande lucidité, son obtention s’était faite dans des douleurs et des violences indicibles. Une violence qui s’était à présent logé au plus profond de son coeur à tout jamais.

Il se retourna en faisant quelques pas, s’adossant à un autre mur avant de se laisser y glisser pour finir sur son séant, les bras autours des genoux, embrassant la douleur de ses plaies qui lui vrillèrent tout le dos.

« ...Même une horloge cassée donne l’heure juste deux fois par jours. Tu as fait des erreurs, ça, je n’en doute pas… Nous en faisons tous. Crois-tu que ton père s’est improvisé prophète en « prévoyant » les tiennes ? Aurais-tu vraiment préféré mener une vie au service de son idéologie plutôt que de vivre la tienne comme tu l’as fait ?

Soyons francs, Yume, si Masato a effectivement toujours eu à coeur le bien être de ses sujets… ça ne l’a jamais empêché d’ignorer les sacrifices que nous, shinobis, devons faire tous les jours pour protéger ces mêmes citoyens… Jamais empêché de maintenir en place l’opulence maladive et dégoûtante que la noblesse pense devoir entretenir de bon droit pour elle-même au détriment de ceux qui créent la vraie richesse, qui maintiennent la sécurité… Tu as bel et bien raison, princesse : il est toujours possible de faire changer les choses en s’investissant corps et âme. Comme je te l’ai dit, il ne faut cependant jamais oublié que tout changement… a un prix. 
»

Peu étonnant, dans sa position tant mentale que physique, que la jeune femme se fasse ainsi submerger par tous les aspects négatifs de son passé ou de ses choix. Mais si une chose apparaissait de plus en plus clairement au guerrier calciné à mesure qu’il parvenait à converser avec la fille Byakuren, c’était bien que celle-ci possédait peut-être tout juste ce qu’il fallait de force de caractère pour emprunter la voie qui s’offrait à elle. Une voie que l’Oterashi devrait peut-être, le moment venue, lui montrer sans trop le laisser paraître, mais tandis qu’il songeait à ces avenirs possibles, les derniers propos de la princesse lui comprimèrent lentement mais sûrement la poitrine. Ses bras s’écartèrent lentement de ses genoux, son dos se décolla du mur, et il se pencha en avant pour se rapprocher de Yume.

« ...Tôsen… ? Tu parles de l’Homme au Chapeau ? Qui est mort, Yume… Comment pourrais-tu avoir causé… ? »

Sa question mourut dans la pièce, tandis que ses pensées s’affolaient pour tenter de comprendre et de mettre un sens précis sur les paroles de la jeune femme. Elle avait suffoqué, elle avait pleuré abondamment, laissé son chagrin sortir de sa poitrine comme un barrage brisé. Mais à présent, se dit-il, à présent… elle était lucide. Factuelle. Sakaze Tôsen. Parlait-elle bien de lui ? Le seul homme, dans tout le Yuukan connu, à pouvoir manipuler le temps à sa guise ? Les hypothèses fusaient, les pensées s’entrechoquaient, mais une chose était sûre : Yanosa, assis sur le sol de la chambre d’hôpital, était pendu aux lèvres de la princesse.

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Sam 28 Nov 2020 - 16:50

Un cœur qui se meurt


Le plafond était un piètre soutien à ton regard, mais il te confortait à l'idée d'être protégée d'une sentence invisible ; Le jugement d'autrui. L'Ombre avait un franc parler qui savait te rassurer, mais ton cœur était trop blessé pour être consolé. Il pardonnait les erreurs, les opposant au passage avec les choix de Masato. Il mélange richesse et opulence, confond certaines choses et accable ton père sans vraiment oser le faire. Tu sais d'ores et déjà que son avis est défini, irrémédiable. Il n'a pas la noblesse dans son cœur ; tu ne peux comprendre exactement pourquoi, car bien loin de son passé et des ses ressentis. Mais tu pouvais l'entendre, le rapport au pouvoir Seigneurial était biaisé depuis toujours ; la raison appelait à la justice. Pourquoi un nom vaudrait-il plus qu'un autre par sa simple naissance ? Le sang bleu n'existait que dans les contes, le tien avait bien prouvé à maintes reprises que son carmin faisait écho à celui d'un autre, quel qu'il soit.

Ironiquement, entendre ces reproches ne te fait ni chaud ni froid : tu es habituée à entendre le pouvoir féodal contesté, et tu l'entends d'une oreille ouverte, l'ayant toi même abandonné pour des raisons jadis proches. Ton cœur était aujourd'hui bien plus apeuré d'entendre le nom de Tôsen ressurgir comme un démon prêt à te happer à la volée. Cet aveu en disait long, mais l'assumer entièrement était une épreuve de plus. Poser des mots sur tes crimes, des noms aux visages que tu as maudit, des émotions à ce passé maintenant si lourd à porter.

-Non... Père n'a rien d'un prophète....

Ton visage bascule de nouveau. Tes poings se serrent avec toute la force qu'ils détiennent (c'est à dire si peu) sur des draps immaculés.

-… Mais Tôsen oui

La conscience ébranlée, tu sais qu'en osant appeler son nom ; tu avoues aussi ton passé qui lui est lié.

-Depuis le début il savait ce que je causerai en restant en vie. Pourtant, depuis le début il me laisse courir après lui comme pour me laisser croire que je suis née pour être ce fardeau. C'était...

Tu te met à tousser, l'air saccade dans tes poumons endoloris. L'anxiété rend également la prise de parole encore plus difficile.

-C'était sa fiancée

L'homme le plus craint du Yuukan avait perdu son seul amour ; et par la même occasion, sa raison. Tu n'oses dire plus, laissant un long silence s'installer, empli d'intrigue compte tenu du peu d'informations que tu révélais. Ni le contexte, ni l'erreur, ni cette course effrénée entre Wasure, la Coalition, Tsume, qui te menèrent à causer le poids immoral d'une mort cruelle.

-Tout est allé si vite ; j'ai voulu protéger un allié, inverser les sens d'un jeune amoureux qui voulait porter secours à sa bien aimée. En voulant protéger ; je l'ai poussé à tuer … A la tuer elle. Et puis, c'est le néant. Tosen avoue qu'il vit cette scène pour la seconde fois ; qu'il est l'Amoureux en peine. Je m'y perds ; tout explose, un démon naît et puis... plus rien.

Plus que cette chambre d’hôpital.


Une confession hâtive, encore ébranlée par l'incertitude et la culpabilité. Tu ne comprenais pas tout à cette histoire de jeunesse réincarnée, ni au passé qui devient présent, mais les pouvoirs de Tôsen lui donnaient le droit de contester ce que vous pensiez impossible.




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Oterashi Yanosa
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Lun 30 Nov 2020 - 13:45
Le chagrin laissa peu à peu la place à l’anxiété, et dans la voix frêle et abîmée de la princesse s’invita dès lors une lucidité que l’Oterashi n’aurait pas osé espérer de sa part il y avait de cela encore quelques instants. Avachi sur le sol, le guerrier tellurique enrubanné s’était penché encore davantage en avant, comme si les mots qui allaient se frayer un chemin hors de la bouche de la Byakuren pouvaient s’évaporer dans l’air entre le lit et lui. Pendant un moment qui sembla se suspendre dans le temps, laissant presque à croire que Tôsen lui-même était présent dans la pièce, il attendit, écouta, tenta de comprendre ce que Yume avait bien pu vouloir dire. Ses premiers mots, bien que cryptiques, laissèrent percer malgré tout quelques traits de lumière pour éclaircir le mystère. Puis, dans un élan chargé de fatigue et de regrets, ouvrant soudainement en grand la porte derrière laquelle s’étaient jusque là terrés ses souvenirs, la princesse lâcha prise.

Dans le caractère épuré du phrasé de la jeune femme, Yanosa trouva une clarté salvatrice, une pureté qui lui permettait de comprendre au-delà des préconceptions de rigueur qui se trouvaient souvent bafouées par l’Homme au Chapeau et ses facultés hors normes. De ses hypothèses et pensées diverses qui s’étaient entrechoquées auparavant, seule une poignée subsista d’emblée, restreignant les possibles, les polarisant autours de deux extrêmes qui semblaient aussi improbables et invraisemblables l’un que l’autre. Le regard embrasé du Tellurique parcourut le sol obscur et indéfini de la chambre, son corps soudain relâché comme après un effort physique intense. De deux choses l’une, songea-t-il si fort que les derniers mots lui échappèrent : soit la fille Byakuren avait complètement perdu l’esprit, soit…

« ...Il vient du futur... »

Dans un sursaut nerveux, l’Oterashi se releva d’une traite, osant un pas sur le côté, puis un second. Subitement, il tourna la tête vers Yume : loin de la juger ou de la condamner, il comprenait sans doute plus que jamais ses tourments. Les siens… et ceux de Tôsen. Sa conclusion, son grand plan, demeurait aux yeux du guerrier calciné irrémédiablement faussée, mais si il avait pu avoir des doutes sur la pureté de sa conviction, ceux-ci venaient de s’envoler.

« ...Il n’a pas hésité… à subir une nouvelle fois la perte de sa femme, pour s’assurer de devenir celui qu’il est aujourd’hui… qu’il est voué à devenir… C’est admirable, et aussi… incroyablement hypocrite. »

Il marqua une pause, un sourire désabusé sur le visage.

« Tôsen aurait pu sauver tellement de vies. Eviter tellement de drames, pour lui-même, pour le Yuukan… Il reconnaît l’inéluctabilité de la douleur, de la souffrance et de la violence. Et pourtant, du haut de toute sa sagacité… il reste animé par cette simple rancoeur... »

Raisonnant à haute voix, l’Oterashi avait bien été obligé de reléguer au second plan ses manigances teintées de politique face à l’ampleur d’une telle révélation. Pour autant, il n’en perdit pas le fil de ses pensées.

« ...Hm. Pas étonnant dans ces conditions, que tu doutes de ta capacité à changer quoi que ce soit. L’avenir… doit te sembler aussi inaltérable que le passé, après que ton histoire ait croisé celle d’un être aussi singulier, plus encore que ce qu’on imaginait… Pourtant… ce n’était que ça : un croisement. Et maintenant que tu es de retour chez toi, la question demeure… Que vas-tu faire, Yume ? Embrasser ses idéaux ? Redonner une chance à ceux de ton père ? … Ou bien… forger les tiens. »

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Mer 23 Déc 2020 - 16:53

Un cœur qui se meurt


- Son temps est détaché du notre

Ton regard divague dans le sien comme pour chercher à y trouver un quelconque refuge. De tes aveux ; il n'en avait jugé aucun, allant même plus loin dans les théories que tu osais à peine imaginer. Sa présence était comme un fatidique jugement qui déposerai ton âme aux crocs du cerbère ou dans les bras des célestes. Pesant ton âme et ton histoire, t'induisant à la réflexion alors que le désespoir entachait tes pensées.

Que faire maintenant ?

Une question bien cruelle et pourtant la meilleure de toutes : Elle t'obligeait à passer outre le passé, à t'en détacher, tout en redoutant le futur. Le présent était un temps compliqué, dont le terme faisait penser à un cadeau éphémère ; Pourtant, tu avais cessé de vivre au jour le jour depuis bien longtemps, et les ultimes événements n'avaient fait que t'en détacher un peu plus.

- C'est une question qui aura toujours plusieurs réponse...

Un souffle long et las vient vider tes poumons qui menaçaient d'exploser à chaque nouvelle bouffée d'air.

- J'ai l'impression d'être un rat en cage, qu'on oriente vers des desseins en lui donnant l'illusion qu'ils sont les siens. Tout ce que j'ai voulu, que j'ai pu faire, tout avait été comme dessiné par lui. Il a dessiné des murs invisibles pour me faire courir en rond, m'a piégée dans cette idée que quoi qu'il advienne ; il en aura été le décisionnaire.

Cette image d'une bête coincée dans un labyrinthe amovible te hantait ; à la clef... Rien du tout, seulement un rire juge et moqueur de ta situation.

- Des choses à faire, des chemins à prendre. Il y en a tant. Mais que faire s'ils mènent tous à son jeu maudit ?

Tu n'avais plus confiance en rien ; et savais désormais que quoi que ton cœur désire ardemment, il serait une clef pour rendre Tôsen encore plus puissant et proche de son but. La passivité aurait-elle était une solution dès le début ? Ou la situation aurait-elle quand même évolué en son sens. Impossible pour toi de le déterminer ; mais tu étais aujourd'hui usée de voir toute ton ambition se transformer en monstre à la solde du chapelier.


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Jeu 24 Déc 2020 - 17:18
Même si il n’en donnait pas nécessairement l’impression, surtout ainsi plongé dans l’obscurité, l’Oterashi peinait à garder ses pensées concentrées et sous contrôle. Il n’avait pas pensé ça possible, mais l’Homme au Chapeau, Tôsen, s’avérait être en réalité une personne encore plus singulière et unique qu’il ne l’avait pensé jusque là. Ses motifs, ses ambitions, découlaient d’une vie passée qui l’avait mené à des décennies de leur présent, celui dans lequel Yanosa se sentait tout à coup bloqué et étriqué. La vie avait acquis un sens pour cet homme qui sans doute lui échappait, à lui simple shinobi, mais en son for intérieur, il ne pouvait malgré tout combattre cette certitude selon laquelle du haut de tout ce pouvoir et de tout ce savoir, le Sakaze s’était perdu dans les limbes d’une solution aussi unique qu’illusoire.

Dans les propos de la princesse, le guerrier de pierre entendit en tout cas une nouvelle lucidité, plus surprenante celle-là. Pendant un instant, il crut même avoir été pour ainsi dire démasqué, dans son approche et les desseins qu’elle accompagnait, mais si la finalité restait la même vis à vis de l’état d’esprit de la Byakuren, il n’en était rien en fin de compte. Car le seul homme à accaparer les pensées de l’héritière du trône de Tsuchi, c’était bien évidemment lui, et personne d’autre : Tôsen.

« ...Une boucle infinie, la plus belle et la plus perverse qui soit, dit-il en faisant quelques pas sur le côté, glissant comme une ombre. Mais si tu crois que Tôsen songeait à ce point à ta petite personne en mûrissant ses plans, tu te méprends lourdement princesse. »

Il faisait là état d’un fait qu’il tenait pour acquis, ne cherchant par là même aucunement à manipuler la Byakuren ou à l’amener là où il aurait aimé qu’elle soit. C’était sans doute là que son plan à lui disposait du plus de force : dans les pans de vérité et de pragmatisme objectif qu’il pouvait se targuer de mettre en avant.

« Penser comme tu le fais revient à abandonner. Et on ne me fera pas croire qu’une fille de Tsuchi, une kunoichi de notre cité, puisse se rabaisser à ça, surtout après tout ce qu’elle a traversé. Réveille-toi et lève-toi, Princesse. Nous avons une cité à rebâtir, un pays à protéger. »

Il en avait assez fait, assez dit : prononçant ces mots, il fit demi-tour et se dirigea vers la sortie de la chambre, laissant la Byakuren à ses songes et à ses pensées. Sous peu, il la reverrait, pour faire état des graines qu’il avait réussi ou non à semer. Mais pour l’heure...


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