Soutenez le forum !
1234
Partagez

Nous réussirons [Ningen]

Rei
Rei

Nous réussirons [Ningen] Empty
Sam 14 Nov 2020 - 19:50
La Place de l’Espérance se remplit petit à petit. Quelques jours ont passé, depuis le discours projeté dans le monde entier par l’homme qui – s’il ne l’était pas déjà – est désormais sur toutes les lèvres et dans tous les esprits. L’ennemi des Shinobis, non pas pour qui ils sont, mais bien ce qu’ils sont. Quelques jours après son premier véritable combat, qui aura donné son nom à un petit village en ruines. Des ruines qui, peut-être plus que l’Homme au Chapeau lui-même, représentent parfaitement Tsume no Kuni, le Pays des Griffes. Vieux, calciné par les conflits passés, délaissé de ses voisins… mais toujours en vie.

C’est une véritable déclaration de guerre que Sakaze Tôsen a envoyé aux ninjas du Grand Continent et de ses Archipels. Si le conflit entre ces derniers et lui était déjà installé, il avait sans nul doute pris la première place des préoccupations internationales. Et à l’heure où chaque puissance tirait les leçons des récents événements, tous réfléchissaient déjà à comment avancer leurs pions. L’Ennemi des Shinobis ne ferait pas exception. Et en ayant vu le futur plus de mille fois, il savait comment faire.

Mais au-delà de la confirmation de son opposition au système shinobi et aux villages cachés, le monde entier avait enfin découvert, voire compris, l’objectif de l’Homme au Chapeau. Et par-dessus ses ennemis qui seraient sans doute plus nombreux qu’hier, le vieil homme compte déjà plus d’alliés que jamais. Car oui, son discours et sa philosophie ont fait écho.

Aujourd’hui, sur la Place de l’Espérance, quelques dizaines de personnes sont venues chercher un Refuge parmi ce monde qu’ils veulent voir changer. Et si les rumeurs annoncent depuis la veille qu’un discours va avoir lieu, bon nombre se trompent de croire que c’est Sakaze Tôsen, qui leur avait déjà parlé plusieurs jours auparavant, qui va l’énoncer.

Devant eux, c’est son plus fidèle guerrier, son ami d’enfance… Yamanaka Rei, qui se montre.

***


La veille…

« Tu es sûr ? »

Le vieil homme n’hésita pas un seul instant.

« Oui. Je te l’ai dit : je nous ai vu perdre. Pour la première fois. »

Yamanaka Rei n’en revenait toujours pas. Mais qui était-il pour remettre en cause les paroles de l’homme le plus puissant et le plus craint du monde shinobi, lorsque ce dernier lui-même désignait sa propre défaite ?

« Mais qui pourrait te vaincre ?
Il ne s’agit pas de me vaincre, mais de faire échouer mon plan. Je dois améliorer ce dernier… pour à nouveau l’emporter. C’est pour cela que pendant ce temps, tu dirigeras les nôtres. »

L’ex-Empereur du Teikoku ne s’était pas attendu à une telle décision de la part de son vieil ami. Et il ne désirait pas une telle place. Mais il ne pouvait pas refuser. Et les deux hommes le savaient probablement tous les deux.

L’Homme au Chapeau s’approcha de son premier Lieutenant. Il lui attrapa l’épaule comme pour lui passer le neuf flambeau de l’espoir qu’il avait donné au monde entier.

« Tu as vu autant de victoires que de défaites, tu as vu la cruauté des shinobis autant que tu as tenté de trouver des alternatives, tu as été solitaire et Empereur. Ceux à qui nous avons donné l’espoir d’un monde plus juste voient en moi un guide, mais tout comme moi ils verront en toi… »

Sakaze Tôsen n’hésita pas.

« … un frère. Car c’est le principe même de l’humanité que de se considérer toutes et tous comme frères et sœurs. Ainsi, ce n’est pas une simple armée que tu guideras demain mais le… »

***


« Ningen ! »

Le cri du Balafré surplombe les quelques discussions qui avaient lieu dans les rangs désordonnés des âmes égarées qui ne regardent alors plus que dans une seule direction. Celle de celui que beaucoup connaissent comme le premier et, à date, seul Empereur du Teikoku. D’autres savent qu’il est le plus fidèle Lieutenant de l’homme dont la voie est celle qu’ils avaient choisi de suivre.

« C’est ce nom, Foyer de l’Humanité, que nous portons tous aujourd’hui. Une bannière sous laquelle nous sommes tous rassemblés parce que le monde shinobi nous a malheureusement davantage pris que donné. »

Comment ne peut-il pas, en ce instant précis, repenser à la mort de sa chère sœur, feu Yamanaka Ema. Qu’avait-elle fait, hormis prendre la tête d’un pays qui avait trop souffert et continuer fièrement de s’opposer à des puissances ninja qui avaient souillé ses terres ? Comment ne peut-il pas repenser à Araho Daiki, dont il avait emprunté le masque, pour faire perdurer l’héritage d’un Seigneur mort pour avoir demandé à des étrangers de repartir chez eux après les avoir remerciés ?

« Sakaze Tôsen, que certains appellent l’Homme au Chapeau, n’est pas simplement mon chef. C’est à la fois un frère d’armes et un ami. Et c’est ce que nous sommes tous, car nous souhaitons vivre dans un monde où plus que dans la puissance, c’est dans le droit et la liberté que nous serions également égaux. »

Il se tourna vers une autre partie de son public. Il voulait que son discours sonne en plein cœur de tout un chacun.

« C’est pourquoi je ne serai pas votre chef, mais votre ami et votre allié. J’ai été mercenaire suffisamment longtemps pour savoir que la solitude n’amène à rien. J’ai été Empereur pour m’apercevoir qu’un chef ne peut être l’ami de ses frères dans le même temps. Je ne vous dirigerai pas, nous nous dirigerons nous-mêmes, ensemble. Et c’est aussi ensemble que nous nous guiderons vers le jour où enfin, le Chakra disparaîtra de ce monde et où nous serons tous des Hommes, à nouveau. »

Yamanaka Rei s’approcha d’une vieille dame. Et ce n’était pas par hasard.

« Nous croyons qu’une fois tous redevenus des Hommes, les conflits se feront moins nombreux, moins dangereux et plus justes. Il s’agit de l’espoir que nous formons ici, sur cette Place de l’Espérance ! Et ainsi, je ne forcerai personne à combattre. Que ceux qui souhaitent rejoindre le Ningen pour vivre loin du monde shinobi et être à l’abri des conflits voient ces terres comme un refuge de paix. Nous accueillerons tous celles et ceux qui le souhaitent… »

Tandis qu’elle esquissait un sourire d’apaisement, la vieille femme vit Rei regagner le centre du public. Il regardait ailleurs, vers ceux dont le chakra, la colère ou la posture étaient plus présents.

« … mais je sais que nombre d’entre vous sont venus pour rejoindre l’armée libre ! Je sais que certains veulent participer activement aux travaux et conflits à venir pour que notre objectif réussisse ! A ceux-là, je propose un pacte ! »

Yamanaka Rei leva le poing droit. La manche de son habit tomba lors de son mouvement et dévoila un symbole sur son poignet : 人. Le symbole du Ningen, du Foyer de l’Humanité. Mais ce n’était pas un simple tatouage, il s’agissait plutôt…

« Un sceau, pour représenter et afficher fièrement notre engagement envers et à tous ! Et plus qu’un symbole de l’appartenance à l’armée libre, il sera également celui d’une promesse, celle que cet engagement disparaîtra aussitôt que nous aurons ramené l’équilibre entre les Hommes. Car lorsqu’il n’y aura plus de chakra, ce sceau s’effacera. »

C’était tout un symbole, et même plus. Rabaissant son bras, Yamanaka Rei tentait de jeter son regard sur le plus grand nombre.

« Par-delà les frontières, ils seront nombreux à s’attacher à leurs pouvoirs. Nous serons haïs pour notre envie d’un monde meilleur et plus égalitaire. Mais que notre souhait, notre objectif, nous permette de dépasser leur incompréhension. Convainquons les indécis, rassemblons ceux dans le besoin, cherchons ensemble le Dieu Renard et défendons-nous de ceux qui oserons nous attaquer. »

Le discours transcendait certains et en convainquait d’autres. Mais est-ce que tous les spectateurs d’aujourd’hui se mueraient-ils en acteurs du Ningen ? Yamanaka Rei ne semblait pas s’en préoccuper, et préférait plutôt achever sa première tâche en tant que tête d’affiche de cette armée libre.

« Que ceux qui veulent agir et combattre viennent me voir pour que je leur appose notre sceau ! Quant à ceux qui souhaitent se réfugier ici, qu’ils se reposent et se rassurent… »

Il leva à nouveau le poing, révélant une nouvelle fois la marque du Ningen sur son poignet.

« … car nous réussirons ! »

Important:
 
Revenir en haut Aller en bas
Kaguya Sesshū
Kaguya Sesshū

Nous réussirons [Ningen] Empty
Dim 15 Nov 2020 - 20:09

Nous réussirons


L’annonce du discours de l’Homme au Chapeau embrasa les esprits perdus du Refuge de l’Humanité comme une trainée de poudre. Après tous ces mystères, toutes ces explications, toutes ces promesses, Sakaze Tôsen avait enfin décidé de se montrer au grand jour, face à ses plus chers partisans, pour concrétiser le coup de maître qu’il avait accompli lors de la bataille contre le Dieu du Ciel. La foule s’épaississait à vue d’œil, tandis que des silhouettes de tout horizon resquillaient leurs places aux premières loges, jouant des épaules, bousculant parfois l’enfant de l’os d’une manœuvre trop serrée.

Kaguya Sesshū avait attendu ce moment avec impatience. Lors de la déclaration publique de l’Homme au Chapeau, l’augure avait été piqué à vif par ces mots justes, et pourtant si amères, au point de lui donner envie d’en apprendre plus sur cette utopie à portée de bras. Alors, il avait emboité son pas. Jusqu’à rejoindre le Refuge de l’Humanité...

... et poser ses propres yeux sur la déchéance du pays.

Jamais le maître du Shikotsumyaku n'avait daigné offrir une pensée à ces autochtones d'outremer, dont la souffrance ne s'effaçait jamais. Son cœur n'avait de place que pour l'archipel, et son peuple de Mizujin formidables. Son rôle de guerrier-né, de protecteur, lui avait tracé une voie au-devant du danger, et il était convaincu d'accomplir sa destinée en sacrifiant un jour sa vie pour sauver celle d'un frère ou d'une sœur de l'os. Au fil des années, il avait développé ce devoir ultime jusqu'à englober les citoyens de Kiri la Grande, son foyer. À force de missions au-delà de la cité militaire, il s'était peu à peu imaginé une vie de martyr, sur les routes de l'archipel, voguant entre les différentes îles qui la composent, afin de rendre meilleure la vie de ses voisins de l'Eau. Mais jamais il n'avait considéré de prendre en compte celle des étrangers du continent.

Jusqu'à sa rencontre avec l'antagoniste de toute une culture.

Où devait s'arrêter le Bien lors de Sa lutte contre la criminalité ? La Purge de Mizu avait fait des merveilles, et il suffisait de traverser la Mer Blanche pour contempler les effets néfastes de son absence sur le froid paysage de Yuki no Kuni. Hors de contrôle, la violence avait mis le pays à feu et à sang, le plongeant dans une guerre civile éternelle, au relent de chakra.

Plus la misère irriguait l'esprit borné du Prédicateur, plus il se sentait pousser des ailes, au point d'en effleurer les nuages. Se contenter de protéger sa moitié, son Domaine, sa cité, lui paraissait égoïste. Il lui fallait étendre ses horizons. Jurer protection à davantage de pupilles. Car le monde avait besoin de protecteurs – comme le clan Kaguya en façonnait de si bons.


Lorsque le feu empereur Yamanaka Rei grimpa sur les planches à la place de Sakaze Tôsen, Sesshū n'en retint aucune rigueur. Seul le message tant attendu l'intéressait – et l'enfant de l'os était pendu aux lèvres de l'orateur tel l'élève modèle qu'il avait très tôt appris à être, du refait de sa relation avec son maître Kaguya Hiroko. Et quel message. Un condensé d'espoir, d'amour, de fraternité, créant mille écho dans la dépendance sociale du Kaguya. Le point faible d'un homme ayant grandi avec les siens, au point de souffrir de l'absence de ses frères et sœurs restés au Domaine.

Ensemble. Fratrie. Amitié.
Espérance. Refuge. Paix.
Humanité. Solitude. Égalité.


Le tourbillon de valeurs souleva la conscience de l'augure au-dessus de la foule. Un violent haut-le-cœur le frappa de plein fouet, telle la détonation d'un volcan en éruption. Le destin avait choisi d'isoler une maigre poignée de Kaguya pour composer sa famille de sang. Le Prédicateur décidait enfin de prendre sa vie en main pour s'apprêter à devenir un enfant du monde.

« L'Humanité a besoin de nous... »

Les lèvres de l'augure se détachèrent l'une de l'autre d'elles-mêmes pour maugréer à voix basse, relâchant au monde ce que les songes de l'homme s'entêtaient à répéter, encore et encore. Plus la phrase rebondissait dans l'esprit du guerrier-né, plus elle gagnait en ampleur, jusqu'à devenir une évidence. Tout ce huit-clos au cœur de l'archipel de Mizu n'avait été que temps gaspillé. Vingt-neuf années d'ermitage pour que la chrysalide de la cécité rompt, et laisse entrevoir les ailes du progrès.

Seul le Ningen pourra arrêter le cycle de la démesure. Les erreurs humaines ne pourront plus semer de cataclysme dans leur sillage. Ce nouveau monde profane demandera davantage de sacrifices pour accomplir ses desseins.


La myriade de shinobi mugirent de concert pour répondre à l'ode de Yamanaka Rei. Cette horde d'élus, de « Justes », d'anomalies de la nature, de traîtres à leurs nations, s'alliaient sous une toute nouvelle bannière pour dérouler le plan ultime de l'Humanité – celui allant décider de son sort dans un futur très proche, une fois le Dieu Renard déniché.

Pendant un bref moment, l'enfant de l'os resta de marbre, figé à sa position initiale, les pulsions en émoi, le corps transi par la puissance écrasante de l'instinct grégaire. Des soldats de toute expérience rejoignaient le héraut du Ningen pour réclamer leur nouvelle identité, sous la forme d'un sceau ordinaire, aussi exaltant qu'inquiétant : 人. Mais que pouvait bien se cacher derrière cette marque ? Le mot circulait déjà de bouche à oreille, causant une cacophonie dans la foule hétérogène, shinobi et mortels se dévisageant. Allaient-ils devoir vendre leur âme à l'Homme au Chapeau pour sauver le Yuukan ? Était-ce là le prix à payer ? Ou, au contraire, ce saut de l'ange permettait-il à Yamanaka Rei de trier le bon grain de l'ivraie ?

Ça n'était plus important. Sesshū avait déjà décidé de son sort. Car il était déjà trop tard pour faire demi-tour et rentrer au bercail. Trop tard pour affronter la déception de ses frères et sœurs. Trop tard pour se soumettre de nouveau au Palais de la Brume. Trop tard pour récupérer ce grossier anneau d'ivoire, le regard embué de larmes. Son ancienne existence ne lui appartenait plus. Seul l'avenir de l'Humanité pesait un quelconque poids sur la balance des conséquences, désormais.

Devant l'augure se dressait la seule opportunité pour changer la donne. Alors, il s'approcha lentement. Attendit son tour derrière les zélotes du Refuge. Rejoignit l'Empereur du Feu. Et croisa enfin ce regard ayant vécu mille mésaventures.

« Moi, Kaguya Sesshū, Prédicateur, dévoue ma vie, et la prochaine, au salut de l'Humanité. »

L'enfant de l'os offrit son poignet droit, et retroussa sa manche. Il avait enfin trouvé sa Voie.

« Nous réussirons. »

_________________

Nous réussirons [Ningen] 1200px-Aries.svg
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5395-kaguya-sesshu-termine https://www.ascentofshinobi.com/t8088-kiri-equipe-01-onkochishin-lecon-du-passe-fermee https://www.ascentofshinobi.com/t5408-kaguya-sesshu#42969

Nous réussirons [Ningen]

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Humanité :: Ningen, Refuge de l'Humanité :: Place de l'espérance
Sauter vers: