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[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan

Yamanaka Kiyon
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Mer 18 Nov 2020 - 19:14
Trafic dangereuxUne drogue mystérieuse a fait son apparition, dans une petite ville de Mizu. Cette drogue provoque des hallucinations chez ceux qui en usent, leur faisant imaginer des choses heureuses, et les rendant euphoriques. Néanmoins, l’addiction à ce produit arrive très vite chez les consommateurs, qui ne peuvent plus s’en passer et en viennent à tout faire pour s’en procurer, comme par exemple vendre tous leurs biens précieux, mais aussi accepter des tâches criminelles pour obtenir de cette drogue en échange. Il faut remonter la filière, et démanteler le groupe à l’origine de cette drogue, avant qu’elle ne grandisse trop et ne devienne ingérable. Le village en question est celui de Okobore, vous le trouverez en prenant la direction sud-est à la sortie de Kiri, à environ une journée de marche.

Trouver des informations sur le réseau de drogue.
Découvrir qui est à l’origine de sa conception, et où elle est produite.
Faire preuve d’une grande discrétion tout au long de la mission.
Faire un rapport au Mizukage qui enverra une unité du Kyoi pour démanteler le réseau, une fois les informations reçues.



Après avoir passé une nuit mouvementée, Yamanaka Kiyon quittait son appartement du centre de la Brume. Il arborait sa combinaison civile : un kimono d'été d'un vert délavé digne des céramiques d'un Empire central des plus anciens, cheveux attachés vers le bas et geta qui résonnaient particulièrement sur les marches en pierre. Uniforme kirijin au placard car ce matin une mission d'infiltration lui avait été assignée. La plus grande discrétion, donc, était exigée. Et apparemment les instances ne se moquaient pas de lui, car il ne mènerait pas cet exercice seul. Une grande pointure serait à ses côtés : Yasei Reikan. Jonin reconnue du Village et Cheffe du clan Yasei. Rien que ça. Si il devait la comparer au Ninja de Classe Supérieure qui lui a servi d'enseignant; Yuki Yuta, la Sauvage était clairement au-dessus. Elle faisait partie de ce lot de shinobis incontournables et qui dessinaient les contours du visage de la Nation de l'Eau. Il souriait. Ces années passées sous le grade de moyenne-classe commençaient à payer.

L'Ordre de Mission faisait état de l'émergence d'un nouveau trafic. Une cellule clandestine de plus. Il y avait à Kiri des choses qui ne changeraient jamais. Au moins, il pouvait témoigner d'une expérience dans le domaine. Armé de ses arcanes claniques et avec une des sentinelles les plus proéminentes de la Nation à ses côtés, nul doute que ces malfrats ne saurait refuser de ployer le genou face à la force de frappe mobilisée par le village. À moins que ? Devoir s'infiltrer au sein d'un réseau prospère laisse beaucoup de places aux imprévus. Ce n'était pas les premiers qu'affronterait Kiyon, mais peut-être pouvaient-ils avoir raison de lui cette fois ? De plus, les temps ont changé. Nous ne sommes plus en 201. La Pègre connaît bien les shinobis à présent. Qui sait ce que cette cellule avait comme cartes en main pour se défendre des instances kirijines fouineuses, pour éliminer précisément ce qu'envoie à l'instant le Mizukage pour les défaire. Quoi que devra affronter l'Unité, elle avait tout intérêt à être prête.

La destination avait été fixée sur le Village d'Okobore. Bien plus petit que la Cité de la Brume, l'endroit ne resplendissait pas spécialement. Pas bien riche, pas bien pauvre, pas bien grand, une ségrégation marquée et une culture agricole. Le parfait petit village moyen, sans Histoire. En soi, la discrétion servie sur un plateau. Le lieu idéal pour rester sous les radars. Mais pas assez pour échapper aux services secrets de la Nation, apparemment. Puisque c'est bel et bien dans ce bourg sans remous qu'avait été localisé le groupuscule à l'origine du nouvel Elixir de la Discorde qui remuait de son onde la rivière tranquille qu'était redevenu le Pays de l'Eau. À pied, une journée de marche les attendait pour rejoindre Okobore. Mais une caravane unique faisait la liaison entre les deux villages une fois par jour, raccourcissant ainsi le trajet à une après-midi seulement. L'Unité Spéciale opta pour cette option mais avant ils devaient d'abord se rencontrer, faire connaissance, parler des termes de la mission. Sur le papier reçu, le lieu de rendez-vous avait été établi avait été établi à l'arrière de la Maison de bouche du Paradis des Chats, au Nord du Port. Ainsi, tout préparé, c'est derrière le bâtiment que se rendit premièrement le Chunin en espérant y croiser sa partenaire pour une journée :

- "Yasei Reikan ? Je suis Yamanaka Kiyon. Enchanté."

L'Homme en question n'avait pas l'air particulièrement enjoué. Yeux tombants, lèvres stoïques, il ne semblait pas rayonner de chaleur ou de compassion. Pourtant il fit le premier pas, en lui tendant sa main dans l'espoir de serrer la sienne.


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Yasei Reikan
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Lun 11 Jan 2021 - 16:04
[invisible_edit]L'être humain était d'une faiblesse innommable, parfois. Pour résister à une réalité trop amère, pour échapper à un quotidien trop pesant ou pour venir faire taire l'addiction malgré soi et ses volontés, il savait ployer les genous devant bien des vices, bien des échappatoires qui pouvaient néanmoins lui faire frôler le trépas à l'ombre de chaque instant. De telles drogues, ces substances capables d'altérer certaines activités neuronales et de faire de leur hôte un véritable insane-rêveur sur pattes, faisaient partie de toutes ces tentations auxquelles tant d'âmes, jeunes ou âgées, avaient succombé. Prisonniers d'un désir devenu vital avec le temps, ils cherchaient en ce nouveau loisir un moyen de combler un vide abyssal qui siégeait en roi dans leur cœur, dont la trace indélébile demeurait impossible à estomper et savait rendre fou celui qui ne pouvait y remédier. Pour Yasei Reikan, c'était là un corolaire de la maladie de l'or. Et celle qui supportait même les responsabilités d'autrui ne pouvait pas tolérer ceux qui tentaient de les rejeter par paresse, même par égoïsme. Cet état qui hantait les sens et déversait de l'ivresse en abondance, l'enfant des Bêtes n'appréciait pas l'avoir à sa table. Et entre les murs de son village adoptif, encore moins. De la désespérance pouvait naître une carence, elle-même mère de la dépendance ; voilà quel était la credo de la plupart des individus qui s'adonnaient à ce plaisir ou facilitaient son accès. Tu parles. À ses yeux à elle, il ne s'agissait là que d'un minable subterfuge utilisé dans le seul but de fuir une existence indésirée, insatisfaisante.

Une existence que les victimes de ces remèdes mortels n'arrivaient pas à affronter en face.

Étrangère à tout ce monde souvent incompris, la Tigresse blanche avait toutefois appris la manière de fonctionner des enfants des Hommes. Car si elle ne connaissait que peu les plaisirs humains, son envie de les remettre sur le chemin de la vertu et aussi de la rigueur ne manquait jamais de la titiller – par son éducation qui l'avait forgée comme un vrai produit d'efforts, loin de tout besoin factice. Aujourd'hui, comme pour toutes ses autres missions relatives à la sécurité du Brouillard, il lui fallait affronter son aversion pour de telles pratiques. Et elle ne manquait pas d'armes pour engager ce combat, à l'image de ceux qu'elle avait déjà mené. Que ce soit pour une tâche de repérage visant à analyser le réseau ou de démantèlement destinée à en punir directement les maîtres, Yasei Reikan entendait bien répondre à l'appel de la Cité Brumeuse. Et lui faire honneur, comme à son habitude. Vêtue de son haut de kimono au dos duquel trônait son emblème du Tigre blanc, ainsi que de ses voiles orientaux, elle se rendit au Neko no Rakuen* après s'être imprégnée de la missive reçue et préparée à la remplir. En passant près de la devanture de la maison de restauration, le bruit de ses pas sur les pavés fut interrompu par l'intervention d'un chat dodu et blanc porté par une canne.

kumogiko*:

« RRRrrrrrRrreiiiiikaaaan-nēsan!! Tu pars en mission si tôôôt?
Kumogiko. Cela me fait plaisir de te voir. Je passerai bientôt, pour te partager une requête. Ton aide me serait précieuse pour aider à l'établissement des métamorphes, à Kiri.
Oooh, Rrruiuiuii!! Fais attention à toi hein, heiiin! »

D'un hochement de tête, Yasei Reikan acquiesça avant de reprendre sa route et de se détacher de cette artère mercantile principale afin de rejoindre le calme de ces petites ruelles, derrière la boutique. Se retrouvant nez à nez avec son camarade du jour, elle adressa un discret regard sur l'intégralité de sa silhouette avant d'observer la main qui lui restait tendue. Un tantinet étranges, comme entrée en la matière et comme attitude. Mais l'importance qu'il paraissait rattacher à la valeur même du respect n'était pas passée inaperçue aux yeux de l'Héroïne de l'Eau. Elle pencha la tête sur le côté et laissa cliqueter ses boucles d'oreilles griffues dans le vide. Et finalement, sa main dominante se leva pour aller empoigner celle de son coéquipier de la Brume. Une poigne délicate mais mystérieusement ferme, pour une jeune femme de sa taille et de sa corpulence.

« C'est réciproque. Je ne t'ai jamais croisé à Kiri, auparavant. Cela fait-il... longtemps que tu as intégré nos rangs afin de participer à ces missions? À ce sujet, j'ai pris soin de rassembler certaines informations sur le village où nous comptons nous rendre pour celle dont on a la charge. Si nous ne voulons pas rater le passage de la caravane du jour qui y mène, nous devrions d'ailleurs nous mettre en marche. »

Ni une ni deux, la Fille du Lion sortit de ses plis de vêtements quelques papiers où bataillaient une carte et certaines données à l'égard de la population et des infrastructures d'Okobore. Puis, après l'avoir regardé droit dans les yeux, sa paume se délia de la sienne et ses pas la firent quitter cette petite veine de Kiri la Grande. Dès lors, la Yasei à la peau dorée par le soleil du Désert prit la route conduisant à une sortie au Sud-Est de la Capitale du mystique Archipel. Sur le chemin, elle resta parfaitement de marbre. Mais après quelques minutes, en embarquant dans la caravane qui reliait le repaire de l'Ombre de l'Eau à ce hameau, les traits de son visage bestial couvert d'éphélides se révélait plus ouvert à la discussion et potentielles questions qui pouvaient naître dans le firmament psychique du Yamanaka.

« Nous avons une petite poignée d'heures devant nous, avant d'y arriver. Si tu as des interrogations ou des points à soulever sur cette mission ou sur autre chose, c'est le moment. »

*Kumogiko (小麦粉, litt: Farine de blé)
*Neko no Rakuen (猫の楽園, litt: Paradis des chats)

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Dernière édition par Yasei Reikan le Dim 20 Juin 2021 - 2:23, édité 9 fois
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Mer 20 Jan 2021 - 12:21
Yasei Reikan. Ainsi donc c'est aux côtés de la Tigresse Blanche qu'il accomplirait sa Mission. Le Yamanaka était un gradé mais lorsqu'on comparait le duo, face à elle c'était un Aspirant à peine sorti du Complexe Shinobi. La carte de leurs haut-faits était dans deux dimensions clairement différentes. Cela ne voulait pas dire qu'il allait être un poids pour la suite des choses. Qu'importe l'historique, Kiyon devra peser par ses actes ce soir, hors de question de se laisser submerger ou de devenir le subalterne servant de décoration à sa partenaire. Elle vint tout de même lui serrer la main en réponse, scellant ainsi le premier contact entre les deux êtres. Extension de son Âme, la fermeté du coup de main de la Dame des Sables n'eut rien à envier aux plus gros colosses d'Asosan sans pour autant douloureusement s'imposer à celui à qui elle échangeait cette poignée. D'un air pas si anodin, la Féline l'interrogea sur sa présence au sein de l'armée du Pays de l'Eau. Kiyon a partcipé à la construction du Village, faisant partie des premiers à s'être déclarés "Kirijins". Une personne avec plus d'ego que lui aurait pu prendre cette question comme une attaque personnelle. Il était peut-être temps de s'illustrer plus ouvertement et d'enclencher la vitesse supérieure de sa carrière militaire :

- J'ai rejoint le Pays de l'Eau quand Kiri n'était encore qu'en construction. J'ai posé les briques de nos murailles et j'ai rejoint les rangs quand le Village a été construit. déclara t-il de son habituelle voix monotone, absente de toute variation voire, parfois d'émotions. Allons-y.

Sur ces mots, la paire se mit en direction de la Caravane. Traversant les rues de la Ville, l'Unité formait un duo Lune et Soleil lorsque de dos leur crinière se balançait. La partie Ombre serait attribuée à l'ébène qui vibrait dans les cheveux de la Nomade ainsi qu'à la teinte de ses atours. Tandis que la Lumière, elle, était illustrée par la brillance du soleil reflétée par la pâleur des traits de l'Épouvantail, sertis du jaune stellaire de sa coiffure. À l'intérieur pourtant, les rôles étaient inversés. Pour ceux qui connaissaient la Cheffe de Clan, ils la savaient caractérisée par la flamme de la Justice et de la volonté qui brûlait en elle. Une personne active, volontaire et gardant toujours ce regard alerte et prêt à agir. Un art martial vif qui se démarquait par sa vitesse d’exécution et son aspect ostentatoire, sans camouflage, sans secrets. Si son apparence était lunaire, son for intérieur, lui, brûlait avec la même puissance que l'Astre solaire. L'inversion ne faisait pas exception pour Kiyon. Si les couleurs de son corps étaient proches de la lumière et du domaine de la pureté et de l'immaculé, sa conscience était tachetée. D'une Histoire faite de trahisons, le jeune homme a appris malgré lui à garder un silence d'outre-tombe comme pourrait en témoigner sa voix dont les vibrations passeraient parfois pour celles d'un Damné. Réprouvé parmi les Vivants, la chaleur de ses couleurs est écrasée par le froid mordant qui paralyse son visage de toute expression pouvant lui prêter un semblant d'humanité. Jusque dans son surnom, l'Épouvantail ne représente que le souterrain, le caché, l'obscur et le silence. Mais enfin ce duo interchangeable rejoignait la Caravane tant attendue. Instrument mobile qui les amènerait sur les lieux où leur capacité d'enquête serait mise à rude épreuve, il était peut-être temps pour la paire qui n'avait pas muté mot depuis les présentations de faire connaissance.

- Je pense qu'avant tout nous devrions être au point sur les capacités de chacun, afin d'établir le meilleur plan. Depuis que vous avez enclenché l'exil de votre clan dans la Brume, tout le monde connaît le nom de "Yasei". Mais avez-vous entendu parler du clan Yamanaka ?

Assis face à elle, l'homme qui jusque-là regardait l'horizon fixa ses œillades sur la céleste pupille de sa camarade pour appuyer sa dernière phrase tout en gardant un oeil sur d'éventuelles oreilles indiscrètes de passagers alentours.

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Lun 1 Fév 2021 - 18:04
[invisible_edit]Puissante, Yasei Reikan avait appris à le devenir au gré des saisons écoulées sur l'Archipel, depuis l'abandon de son père. Mais elle savait aussi se faire discrète, fidèle à sa nature d'enfant des Bêtes et à son passé de vagabonde sur les routes de pierre, de gadoue ou encore de sel du Yuukan. Car pendant une partie de sa vie, la bestiale n'avait eu d'autre choix que de se plier à un apprentissage de sa métamorphose et de tous les instincts qui en découlaient dans la plus splendide des fatalités. Comme un chasseur pouvait dresser ses canidés, la Tigresse blanche avait dompté ses intuitions, ses forces et ses faiblesses. En terrain aride ou surplombé de neige, il avait été important pour elle de cultiver tout ce qui pouvait être à son avantage et de se servir des désavantages de sa mutation, à laquelle il avait été impossible de ne pas se réduire, comme un tremplin. Grandie par l'empreinte de la nature et de ses désirs les plus simplets, elle se servait de son carcan de femme comme de prédateur en vue d'avancer sans ne jamais régresser. Embellie par ses prouesses et la ténacité de ses griffes, force était de constater que la guerrière n'entendait pas, un seul jour, mettre de côté un seul des atouts qui collaient tant à sa peau qu'à sa fourrure. Au profit du Brouillard, tout était bon à mettre aux yeux de l'Héroïne de l'Eau.

Que le trône de la mission demeure aux mains de la force ou la discrétion, elle savait quoi en faire.

Voilà pourquoi elle ne trouva pas la moindre question à poser à son camarade du jour, au départ de la caravane sur le sentier de sortie du village. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'elle l'entendit de sa bouche mettre sur la table le sujet de ce mystérieux clan? Du haut de son grade secret d'Éclair de la Brume, l'occasion lui avait été offerte de pouvoir s'intéresser à toute heure les éléments du dossier de ce shinobi de la Cité Brumeuse. Pourtant, elle ne s'en était pas inquiétée, pour une fois. C'était la raison pour laquelle sa curiosité avait été piquée par la question de Kiyon, sans prévenir, sans prévoir. Du plus lointain souvenir qu'elle détenait du Pays du Feu, la Fille du Vent n'en savait qu'assez peu sur ceux qui savaient tordre les pensées d'autrui pour leurs intérêts ; quelle aubaine était-ce à cet instant précis que de se trouver en compagnie d'un d'eux, avec des heures à perdre dans les pattes. Dans la course de son passé, en quête d'informations pertinentes, la crinière de jais plissa les paupières et laissa leur myosotis s'intensifier sous le joug de sa réflexion. Finalement, elle s'autorisa à planter son regard dans celui de cet homme, qui contrairement à elle avait participé à la gloire de Kiri la Grande dès ses premiers jours, aussi funestes avaient-ils pu être.

Empreinte de franchise, elle répondit d'une voix limpide et sans bafouiller.

« Là où j'ai vu le jour, l'on dit que les membres de ce clan sont des démons. Non pas des dévoreurs de chair comme certains des métamorphes mais d'esprit. Je n'ai quasiment jamais eu l'occasion d'en côtoyer un, à vrai dire. Mais j'imagine que cette rareté n'est en aucun cas un légitime témoin de leur dangerosité pour les Hommes. Longtemps, les miens ont vécu cachés. Toutefois en ma présence, je n'ai jamais entendu dire que leur puissance était déchue. Le titre de Tigresse blanche suffit à faire naître en toi un soupçon vrai à l'égard de mes capacités bestiales. Hormis cela, je maîtrise le Vent et la Terre. Et quant à toi... je pense que tu as saisi que je manquais cruellement d'informations sur le clan auquel tu es affilié. Saurais-tu y remédier, pour la poignée d'heures qui s'apprête à s'écouler? »

Le bras surélevé par son accoudoir et le menton légèrement soutenu par le dos de sa dextre, notre combattante aux épaulières dorées adopta une posture un peu moins rigoureuse sans pour autant en sembler moins noble que d'habitude. Ses pupilles céruléennes rivées sur cette figure macabre de son vis-à-vis, elles trahirent en un rien de temps le profond intérêt qui semblait faire gronder son sang à ce moment-là. Celle qui aimait découvrir le monde et ceux qui l'entouraient s'attendait à en apprendre davantage sur les capacités mystiques d'un clan encore meurtri par l'obscurité de cette réalité, tout comme l'avait été le sien pendant de si nombreuses années. Il était temps d'en savoir un peu plus sur Yamanaka Kiyon, que tout le monde s'amusait à voir comme un cadavre en avance sur son temps.

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Dernière édition par Yasei Reikan le Dim 20 Juin 2021 - 2:25, édité 5 fois
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Yamanaka Kiyon
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Dim 7 Fév 2021 - 2:28
La caravane entamait son bout de chemin jusqu'au village d'Okobore. À mesure que le temps avançait, une bulle commençait à se former entre Reikan et Kiyon et se resserrait. Au final, au lieu de parler de la mission comme il l'avait prévu, l'Épouvantail finit par parler de lui-même. Ce dernier avait demandé à la Tigresse Blanche si le nom de "Yamanaka" avait déjà traversé son pavillon. À cette requête il entendit des récits qu'il n'avait plus entendu depuis longtemps. En contexte de guerre civile au Pays du Feu, les tensions et les oppositions exacerbaient les discours d'exclusion et les rumeurs bancales, mais depuis qu'il avait embrassé l'épaisse brume du Pays de l'Eau, ces remarques s'étaient épuisées justifié par l'ignorance plus vaste de l'existence du clan en ces nouvelles contrées. Mais on peut s'attendre à ce qu'une lignée continentale de nomades tels que les Yasei eurent récoltés quelques mythes et contes sur leur trajet. La cheffe de clan n'avait pas sélectionné le récit le moins antagonisant, mais Kiyon n'avait pas d'atteintes sur la propagation des rumeurs même les plus malvenues. En avait-il, d'ailleurs, seulement cure ?

- Vous n'êtes pas si éloignée de la vérité. Basiquement, nous avons la capacité d'éjecter notre propre âme de notre corps. Si dans son trajet cette dernière rencontre un autre corps, alors nous sommes capables de nous approprier cette enveloppe. À partir de ce moment, on pourrait penser que l'Âme de la cible serait éjectée ou en quelque sorte endormie. Il n'en est rien. Elle se retrouve obligée d'assister à la perte de contrôle du vaisseau qui marque son identité et son individualité. On peut imaginer que c'est à partir de ce don que le surnom que vous nous prêtez puise son origine.

Le jeune homme tint cependant à rappeler que la Transposition n'avait rien de mystique. Il ne s'agissait pas de sorcellerie ou de tour de magie. Pas plus que se transformer en Seigneur blanc rayé. C'est une utilisation pure et simple de son chakra, du ninjutsu. Pour recentrer son propos, il s'inclina un peu plus en avant, faisant trôner ses coudes sur ses cuisses et repris la parole :

- Cet état n'est pas éternel dans la mesure où il nécessite de dépenser du chakra pour le maintenir. Il ne s'agit donc pas d'une magie diabolique mais du ninjutsu à part entière. Voici donc la technique phare de notre clan, celle qui nous a rendu célèbres et, dans une certaine mesure, craints. Le mythe originel qui a servi de fondation au récit populaire que vous m'avez conté, un discours ostracisant. Mais jusqu'à preuve du contraire, nous ne contrôlons pas le monde dans les ombres. Bien que cela ne nous serait pas impossible si nous mettions en œuvre une entente en ce but. Cela ne nous intéresse juste pas. Du moins, de ce que je sais. Les choses ont peut-être changé depuis mon enfance au Pays du Feu.

Elles avaient forcément changé. Entre temps le Soshikidan s'était élevé et l'Empire du Feu avait émergé, se solidifiant une position stable. Ou en tout cas stable à l'échelle de ce que le Pays du Feu avait précédemment connu. L'image du Clan était liée de manière inhérente au Teikoku tant que ce dernier fut porté par son premier dirigeant : Yamanaka Rei. Ce nom était apparu pour la première fois à Kiyon dans la Gazette, jamais ce personnage ne s'était fait connaître du temps de son enfance. Mais de ce que l'Épouvantail savait, l'Empereur ne portait pas le reste du clan derrière lui. Ni chef ni Représentant, l'image de sa famille restait toujours obscure. Puissent les agissements de cet homme avoir au moins embelli le regard du peuple sur les Maîtres de l'Esprit. La technique qui leur portait le plus préjudice, la Transposition, était d'ailleurs injustement dressée comme Totem de leurs péchés. Dans les faits, ce jutsu était assez rarement utilisé en combat de par sa difficulté de mise en place. Peut-être, cela dit, qu'historiquement le clan a gravi les échelons à l'aide de cet art. Après tout, c'est bien ce qu'ont fait les parents de Kiyon :

- Si nous sommes capables de prendre le contrôle du corps d'autrui, le dénominateur commun de nos arcanes n'est pas un phénomène, la prise de contrôle, mais un objet : l'Âme. à ces mots, le Blond leva sa main gauche à hauteur de son propre visage puis ferma son poing à l'exception du majeur et de l'index, qu'il laissait dressés, exécutant un signe incantatoire. Le reste de ses mots trouveront leur place directement dans l'esprit de son interlocutrice, sans que ses lèvres n'eurent à se mouvoir. Nous sommes capables d'établir une communication réciproque dans l'esprit d'autrui sans passer par le Genjutsu, ce qui fait de nous de bons atouts de communication aux yeux des Villages Cachés. De plus, notre lien avec les Âmes fait de nous de bons interrogateurs - certains diront tortionnaires -, étant aptes à accéder à l'esprit d'une cible dans sa pureté, nous mentir devient compliqué voire inenvisageable. Et lorsque l'éthique n'est pas un obstacle, nous pouvons également avoir accès aux souvenirs d'autrui. Avec ou sans son consentement.

Il abaissa sa main et son mûdra et ses lèvres se remirent à bouger. Peut-être que Reikan avait trouvé cette expérience désagréable. Kiyon l'ignorait. Il avait estimé bon d'apporter un peu de concret à ses propos. Quoi qu'il puisse en être, sa présentation n'était pas terminée. Les capacités du clan Yamanaka faisaient partie de l'essentiel de l'éventail de techniques de ce dernier, mais pas forcément dans toute leur pureté. À vrai dire, il ne se transposait que très peu et les interrogatoires restaient des situations exceptionnelles et, la plupart du temps, convoquées officiellement. En situation réelle, ses arcanes servaient plutôt à sublimer son domaine de prédilection majeur : les arts illusoires.

- Pour certains, ces techniques spirituelles nous donnent également de plus grandes dispositions dans d'autres domaines précis. Il peut s'agir de la Sensorialité ou, dans mon cas, le Genjutsu. L'objet est similaire : l'Âme. Mais la méthode ainsi que l'usage diffèrent. Mon ascendance clanique et mon répertoire illusoire font en sorte que mes techniques peuvent facilement trouver leur place dans des enchaînements avec des partenaires. Mais j'ai mis un point d'honneur à rester compétitif en affrontement solitaire. Je me suis suffisamment entraîné dans les arts affinitaires du vent pour que ma survie n'ait pas à dépendre d'autrui. Je peux défendre tout comme je peux être létal.

Hors de question pour Kiyon d'être rangé dans la simple case de "Soutien". Peu de gens pouvaient lui faire concurrence dans ce domaine, certes, mais il ne lui était pas envisageable de ne devoir se contenter de supporter sans avoir le pouvoir d'agir en solitaire. Se démarquer ne voulait pas forcément dire être solitaire ou individualiste, si votre survie dépend d'autrui comment voulez-vous, vous, assurer celle de ce même autrui ? L'Épouvantail n'avait rien à envier aux autres Chunin dans son potentiel offensif. Il avait mérité son rang. Il n'avait d'autres informations à apporter à son interlocutrice quant à ses capacités. Peut-être, si Reikan n'avait d'autres questions, pourraient-ils passer au tracé d'un début de plan ou peut-être attendront-ils de d'abord poser pied sur le lieu de leur mission.

Spoiler:

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Mer 17 Fév 2021 - 20:43
[invisible_edit]Les enfants des Bêtes étaient mystifiés, dans l'inconscient collectif du monde entier. Mais ils n'étaient visiblement pas les seuls à souffrir des conséquences d'une réputation si nébuleuse, que certains estimaient comme une barrière aux secrets les plus fous, les plus attrayants. Nés au cœur même du Pays du Feu, les enfants de l'Esprit restaient dorés de ce même rang de grignotés par le mystère, redoutés pour cette capacité d'analyse et parfois même, de persuasion forcée. Avec eux, l'âme aussi bien que le psyché n'incarnaient qu'un autre membre, une autre extension du carcan de chair que l'on cherchait tant à défendre pour assurer sa survie. Si contre n'importe qui, il se trouvait à l'abri derrière cette enveloppe de chairs et d'os, il n'en était rien devant un Yamanaka armé de ses redoutables techniques claniques. Loin d'être à l'aise sur un champ de bataille où tout pouvait aller si vite, surtout en l'absence d'alliés, ils excellaient dans l'espionnage, la récupération d'informations et même le domaine des interrogatoires ou des tortures. Sous leur joug, le corps n'était pas l'unique jouet en vue de faire céder une volonté trop forte et dévouée. À vrai dire, cette frontière physique ne trouvait même plus raison d'exister dans leur monde de spiritualité, où les esprits se détachaient de leurs cuirasses et s'y rattachaient par leur bon vouloir, sans la moindre intervention de la mort. Et pour ces villages cachés qui ne comptaient pas de manipulateurs de l'esprit, le manque de cette arme si indispensable les poussait souvent à s'en mordre les doigts.

Mais pour Yasei Reikan, c'était là un potentiel fascinant avant d'en apparaître utile.

Une fascination difficile à cacher et mise de côté pour la fin de la besogne.

Sans fourcher sa langue d'un quelconque mot, la Tigresse blanche s'imprégna de toutes les vastes informations que l'Épouvantail voulait bien lui délivrer en vue d'assurer la réussite de leur alliance. Au point qu'elle ne laissait pas une miette de sa confidence aux oubliettes. Quelle ne fut d'ailleurs pas son cher étonnement, à l'instant même où la féline entrevit son coéquipier du jour maintenir le mudrā du Tigre... et qu'elle entendit cette voix ricocher par remous à l'intérieur de sa tête? Comme témoins de sa surprise, ses paupières s'étaient écarquillées sans retenue ; mais elle ne se détacha pas moins de son discours, auquel elle attribuait une féroce attention. Longtemps, d'aucuns avaient douté de l'existence miraculeuse d'un tel lien télépathique au sein de cette réalité. Mais la Fille du Lion, elle, n'avait pas pris crainte devant une telle révélation. Médusée, cette dernière demeurait pourtant bien rôdée en ce qu'il s'agissait des modes de communication à part entière, en marge du langage des Hommes. Parce qu'en sa qualité de changeuse de peau, aux sens plus développés que nul en ce monde, la bestiale s'était déjà faite une raison sur les limites parfois diaboliquement coriaces à cerner du chakra. Contre toute attente, l'essai du Yamanaka sur son psyché ne lui laissa pas mauvaise empreinte. Et elle le lui fit comprendre.

« Une guerrière douée en métamorphose, un autre dans la manipulation de l'esprit. L'Ombre de l'Eau n'a pas fait son choix en dehors de toutes connaissances de cause, visiblement. Ce n'est qu'un soulagement pour moi que de savoir mon camarade apte à se rendre autonome, notamment au sujet de sa défense personnelle. Malgré tout, si j'ai bien compris, pendant ce laps de temps où tu investis un esprit ennemi, c'est ton corps qui se trouve sans protection. Si jamais cela devait arriver, sache que je saurai me tenir à l'affût pour qu'il ne lui arrive rien et que tu puisses y revenir en sécurité. À ma discrétion et à ta force de persuasion, j'ose douter que notre mission puisse se solder par un échec. Du moins, tant que l'on ne prend pas ce trafic et ses esclaves à la légère. »

aoisan:

Sitôt, la Yasei aux éphélides sortit de sa tenue de haute gradée deux plans. L'un présentant l'île-mère dans sa globalité et l'autre, ce fameux village d'Okobore qui siégeait à l'Est de cette dernière. Empruntés au Quartier Général de la Main de la Justice, ceux-ci semblaient parfaitement détailler les routes même de fortune, les habitations civiles et les places-fortes de ce hameau qui constituait un axe charnier entre la Cité Brumeuse et les étendues salines qui traversaient le cœur des terres de l'Archipel. Pendant quelques secondes, notre changeforme riva son attention sur cette proximité à travers les marais de sel, l'utilisation mercantile que l'on en faisait et la naissance d'une machinerie peu scrupuleuse liée à une dangereuse panacée. Puis ses yeux éthérés, prédateurs de curiosité et d'indices, cherchèrent à savoir si le Yamanaka se révélait doté de la même perspicacité qu'elle. En même temps, son index s'affaira à illustrer ses prochains propos en se déplaçant sur les cartes, témoin des différents infrastructures douteuses qui pourraient servir à repérer la tête du réseau.

« Entre Okobore et Kiri la Grande, un tel commerce du sel a toujours été un précieux atout tant pour les réserves que les échanges vers les territoires continentaux. Mais ce serait aussi un puissant avantage destiné à faire circuler des produits illégaux, si j'étais à la place de quelqu'un qui souhaiterait s'enrichir sur le dos d'une drogue qui est encore jeune. Il ne faudrait pas non plus tourner le dos à ces mines qui ont été désaffectées depuis les inondations causées par Sanbi au pied de l'Aoisan*, car elles pourraient constituer un entrepôt idéal pour mettre hors d'atteinte des autorités une marchandise véreuse. Nous n'avons pas encore posé une patte ici, mais voilà nos premières pistes.
Nous n'allons pas tarder à arriver à Okobore, visiteurs. »

Un hennissement accompagna l'annonce du cocher, poussant notre métamorphe à hocher la tête devant Kiyon afin de s'assurer qu'il ait bien écouté ses propos et soit prêt pour la suite. Ensuite, sa main droite s'en alla ranger les cartographies dans les plis de ses vêtements pendant que sa main gauche balayait légèrement le mur-tissu de la caravane en vue d'en observer l'extérieur. Malgré le brouillard, il était possible de remarquer les ombres des bâtisses cerclées par d'importants terrains vagues où sommeillaient certainement des cultures salantes. Le transport eut vite fait de stopper sa progression, à l'entrée même de ce hameau d'Okobore qui était sa destination finale. Et aussitôt, la combattante aux épaulières de lions dorées s'enquit d'emprunter l'unique marche pour en sortir et rejoindre le sol bercé par la brumaille du midi.

*Aoisan (葵山, litt: Mont mauve)


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Yamanaka Kiyon
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Jeu 4 Mar 2021 - 22:23
La Métamorphe répondit de tout son entrain. Il semblait que la paire s'associait avec facilité. Cette mission serait peut-être la naissance d'une suite de collaborations, pourquoi pas encore plus larges si le résultat de leur travail s'en trouvait favorable. Reikan avait eu l'amusant réflexe de qualifier les clients de ce trafic narcotique d' « esclaves ». Voilà qui en disait long sur sa manière d'aborder la problématique de la dépendance. Qu'en pensait Kiyon, dans tout cela ? Pour lui, il n'existait pas qu'une seule addiction mais bien des addictions. Il n'y a pas plus grand discours d'une culture que sa manière de classifier les choses et de se les représenter. Ainsi, ce que quelques peuples pouvaient qualifier de « drogues », d'autres leur donneraient le nom d' « instrument rituel », de « médicament », ou encore d'autres choses. En ce sens, les différentes utilisations d'une substance identique à travers le monde semblaient démontrer de manière criante que le problème n'était jamais l'élément utilisé en soi, mais l'expression de sa manipulation par les hommes. C'est l'usage qui définit le danger. Est-ce que la pratique changeait entre « la drogue » et « l'instrument rituel », « le médicament » ? Parfois oui, parfois non. Alors comment avancer, à partir de là, si tout était relatif ?

Dans cette zone grise de porosité, un instrument permettait au Yamanaka de se positionner clairement : la Morale. S'il aurait encore fallut définir ce qu'était la morale et à quel point cette notion était elle aussi teintée de relativisme, cette même subjectivité lui permettait justement d'agir selon sa morale, et ainsi d'avancer sans continuer à être paralysé de considérations philosophiques, soyons honnêtes, peu utiles. C'est cette morale et sa manifestation dans l'usage différencié d'un même élément qui lui permettait de distinguer le mal du bien ou, plus vulgairement, ce qu'il n'approuvait de ce qu'il n'approuvait pas. Ainsi, si l'addiction à de telles substances ne lui paraissait pas être un problème en soi, l'exploitation de l'accoutumance à des fins mercantiles concentrées sur le peu d'emprise qu'ont les affectés sur ce paramètre lui paraissait profondément immorale. Loin, pour autant, d'innocenter entièrement le consommateur, il considère également ce dernier coupable lorsque sa toxicomanie porte atteinte à autrui, que cela soit physiquement, mentalement, dans la réalisation de projets vertueux ou dans son épanouissement. En résumé, Kiyon n'est pas contre la production et l'utilisation de substances accoutumantes, mais trouve immorale l'exploitation commerciale de l'addiction des consommateurs et pense dangereuse la toxicomanie à partir du moment où elle impacte négativement autrui.

Outre ces quelques considérations, Reikan semblait confiante en l'harmonie de leur duo et donc, par extension, du succès de leur entreprise. Kiyon était moins catégorique, mais tout aussi enthousiaste. L'imprévu avait toujours été des choses qui préoccupaient son esprit surtout depuis qu'il se soit retrouvé seul contre tous, dans son adolescence, et cette mission ne faisait pas exception.

- Je n'en espère pas moins.

Cela ne l'empêchait d'être positif quant à son estimation de l'issue de leur collaboration, comme le démontrait la légère esquisse de ses lèvres en guise de réponse. Objectivement, le Yamanaka était un élément dont l'éventail de techniques se conjuguait volontiers au travail d'équipe et qui, de base, avait un répertoire prédisposé à l'infiltration. Et lorsque le travail d'équipe concernait un atout aussi performant que Shiroitora, il y avait de quoi être diablement efficaces. De sa poche, la Farouche dévoilait deux cartes avant de les dérouler. Elle lui indiquait les éléments soulevés par son discours, rendant concrètes ses suspicions et autres arguments, aidant son partenaire à appréhender clairement sa pensée et sa vision. Son raisonnement avait du poids ; l'histoire des flux entre Kiri et Okobore aurait pu justifier le choix de cette bourgade comme haut-lieu de production de cet hallucinogène. Son visage s’éclaircit d'un instant de clarté au moment où sa partenaire fit mention des mines d'Aoisan :

- Cette piste me paraît clairvoyante. On devrait peut-être aller les inspecter en premier lieu, qu'en penses-tu ?

Comme tout récemment annoncé par le cocher de cette carriole, le mouvement des roues s'interrompit pour laisser les voyageurs débarquer sur leur destination finale. Mais apparemment, un peu de marche attendait encore le duo s'il souhaitait se rendre aux mines désaffectés en contrebas du Mont Mauve. L’Épouvantail réajusta sa tenue un instant et réaffirma la poigne de ses getas sur ses pieds avant d'emboîter le pas aux côtés de Shiroitora :

- La mission commence, Yasei Reikan. En avant.

En entamant la traversée du hameau, le Blond s'arrêta un instant au détour d'une échoppe pour acheter un chapeau de paille conique et l'enfiler. Il n'avait pas correctement prit la mesure de la frénésie du soleil en campagne sous cette chaleur d'été. Ayant emprunté l'axe principal du village en faisant l'effort de paraître le plus anecdotique possible pour ne pas se faire remarquer et ensuite arriver aux marais salins qui séparait la bourgade du Mont, il décrocha du sol une tige qu'il posa entre ses dents pour la faire dépasser de sa bouche.

- Destination : Aoisan.

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Yasei Reikan
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Sam 6 Mar 2021 - 19:05
[invisible_edit]Cet entrain magnifique, avec lequel la Tigresse blanche s'investissait dans ses missions, demeurait particulièrement communicatif, à la manière d'un rire qui avait la tendance de se propager chez les personnes les plus réceptives et même celles qui avaient moins une habitude de l'être. Yamanaka Kiyon fit d'ailleurs emporter par tant d'enthousiasme ainsi que de confiance à l'égard de la réussite avec sa collaboratrice du jour, si bien qu'il prit même la peine de complimenter ses remarques et de prendre les devants de leur parcours en vue d'essayer de se greffer une place de choix au sein de l'estime de sa camarade qui, pourtant, se comptait déjà parmi les figures les plus incontournables de la Cité Brumeuse. D'un simple hochement de tête, la métamorphe lui avait intimé son accord afin d'établir le point de démarrage de leurs recherches au pied de ce Mont mauve, qui se dressait au milieu de ces tels champs salins allongés à perte de vue sur l'île-mère de l'Archipel. En l'entrevoyant jouir de toute son assurance à l'arrivée au hameau d'Okobore, Yasei Reikan ne put s'empêcher de retenir un léger rictus au coin de ses lèvres. L'Épouvantail pouvait dorénavant caresser son joli chapeau et mâchouiller sa brindille, mais force était de constater qu'ils devaient demeurer à l'affût.

Car il ne leur fallait pas offrir le dos aux corbeaux qui les attendaient, à l'ombre des rues pleinement ensoleillées de ce petit village commercial.

D'ailleurs, la Jōnin du Brouillard avait pris ses plus méticuleuses dispositions avant de descendre de la caravane. Ses épaulières dorées de combattante nomade, elle les avait dissimulées sous les bandoulières de son sac-à-dos et de son satin étranger. Son bandeau d'habitude frontal, lui, n'avait eu d'autre choix que de se ranger auprès de son équipement, dans le ventre de sa sacoche ninja. Reikan avait même entrepris le soin de défaire sa crinière de jais de certaines de ses parures, pour ne plus attirer l'attention dont une ordinaire voyageuse et civile aurait été épargnée au cours de son périple. Tous ces minimes détails, ingénieusement emboîtés les uns aux autres, lui permirent de ne pas nourrir la méfiance qui pouvait trôner dans la démarche de certains continuant timidement leur train de vie, au coin de toute cette myriade de ruelles. Commerçants, clients habitués ou venus de l'autre bout du monde, travailleurs, habitants à plein temps, la population de cette partie des marais salins prouvait à quel point la vie s'avérait diversifiée, à Okobore. Il s'agissait ici d'un panier de choix, dans lequel notre chère Shiroitora devait embourber l'une de ses pattes avec pour but de tenter de pêcher leur gros poisson. Pendant plusieurs secondes, la jeune femme devint silencieuse à souhait et attarda le regard avide d'informations sur les parcelles et stands mercantiles, en quête de la personne qui saurait satisfaire les prémices de leur enquête.

Une part de cette tenue satinée redressée sur le haut de sa tête, comme aurait pu le faire l'un des typiques voiles nés du soleil de plomb du Désert, la changeforme en profita pour métamorphoser en toute discrétion ses oreilles de Tigre blanc, parmi les mèches d'ébène de sa chevelure. Sans se faire remarquer ni instaurer petit temps de pause à leur marche, la Yasei aux éphélides se permit d'écouter la plupart des conversations environnantes qui grouillaient et piaillaient tout autour de leur trajet, au beau milieu de cette artère riche en échanges. Le regard perdu sur l'horizon courbé par le galbe de l'Aoisan, elle s'obligea à filtrer tout ce qui lui passait par les oreilles. Avant de retrouver, peut-être, sur le premier élément concret de leur piste dont les voix hurlaient aux soupçons.

technique utilisée:

Parasitée par tous les bruits de la petite cheminée humaine dans laquelle l'alliance des guerriers de la Brume s'embourbait, l'enfant des Bêtes chercha tant bien que mal à focaliser son attention sur la conversation.

« Quelle... temps. Allez mon vieux, ne nous... ça. Tu sais très bien que même à une heure d'ici, il... ce que tu fais. Et surtout, tout ce que tu dis.
Paie-nous Tokei, puis... filera. Tu nous... danger, surtout... autorités de Kiri... nos portes.
Je n'ai pas eu... tout écouler...
Les gars, je crois... oublié qui avait permis à ce village d'échapper... famine. Peut-être qu'il serait utile... rappel à l'ordre des... »

Le cap du duo venait de changer, sous le joug de Yasei Reikan qui ne prévint pas son coéquipier mais fit un bref mouvement volte-face pour l'en avertir, lui qui devait suivre la cadence s'il ne voulait pas se retrouver à la traîne. Le visage de l'Héroïne de l'Eau avait changé, rendu bien plus doux et aimable qu'en temps normal. Ainsi approchée de ce modeste vendeur de sel, qui affichait une mine déconfite à son entourage d'hommes de mauvais goûts vestimentaires comme de manières, la changeuse de peau fit disparaître toute trace de bestialité au niveau de ses oreilles animales, qui se cachèrent d'elles-mêmes sous sa chevelure. D'un tendre geste de la main, elle baissa le voile de satin obscur au bas de sa nuque pour dévoiler son minois bordé d'innocence et de bienveillance, teinté de cet espoir de faire affaire avec un tel commerçant dont les pieds demeuraient recouverts par les sacs bondés de cette épice minérale blanche comme les nuages. Sans prendre part à leur discussion précédente, la féline fit comme si de rien n'était et s'imposa avec autant de fermeté que de douceur féminine.

« Mes excuses, messieurs. Mais si vous n'échangez pas au sujet de la marchandise, je compte bien le faire. Pourrais-je avoir une maigre quantité de votre sel, marchand? Au vu de ce voyage qui nous attend, mon compagnon et moi, notre permission reste hélas celle du goût.
...
Je ne peux malheureusement pas m'encombrer d'une plus grande partie, au grand dam de nos réserves. Mais découvrir votre produit m'intéresse.
Je comprends, mademoiselle. Auriez-vous une idée de quel calibre de sel pourrait vous satisfaire?
Fin et blanc sont mes premiers critères.
Permettez quelques instants, dans ce cas. »

Sitôt, ce Tokei se releva afin d'aller emprunter une spatule et servir sa cliente. Les autres individus, ils se regroupèrent et échangèrent nombre d'œillades, avant d'échouer des regards méprisants sur celle qui gardait ses yeux céruléens rivés sur les bagages salins au sol. Ils lui tournèrent finalement le dos après quelques instants, résignés à ne pas faire trop parler d'eux devant une inconnue pour ne pas attirer une curiosité probablement mal placée sur la nature de leurs affaires. Et derechef, la métamorphe tourna la tête vers le Yamanaka pour lui esquisser un sourire franc et sincère, pendant que son pied droit s'avançait en douce près d'une besace en vue, d'un coup de griffes apparues en un clin d'œil, de venir l'amputer de sa solidité et lui infliger une coupure, l'obligeant à déverser une part de son sel sur le plancher. Au retour du saunier, la kunoichi lui redonna son attention pendant qu'il s'affairait à répondre à cette demande. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il empoigna l'un de ses sacs et découvrit sa fuite à même le sol? Le faciès de la métamorphe se tordit de gêne, comme s'il n'était même plus le levier de ses véritables émotions et que son marbre habituel se façonnait au gré de ses seules envies.

« Mince. Ce doit être le seul abîmé, pas d'inquiétude. Je vais en prendre un autre.
Navrée de demander cela, mais pourriez-vous plutôt voir à l'arrière au cas où vous auriez une marchandise vierge d'atteinte? En votre absence je me suis permise de vérifier et... j'ose même espérer que vous déteniez un sel plus fin, plus blanc encore que celui sur vos étales. Pardonnez l'exigence, mais entendez que nous venons de très loin...
...Ne vous en faites pas, je comprends. Attendez-moi ici.
Naturellement. »

Quelques secondes s'écoulèrent, durant lesquelles le groupuscule peina à l'attente. Si bien qu'au bout d'un moment, ils décidèrent de quitter le stand, non sans manquer d'adresser leur méfiance visuelle à cette jeune femme et cette échoppe salante, où leurs obligations les rappelleraient tôt ou tard. Et ainsi, l'ombre du marchand se détacha à nouveau de la pénombre de son magasin intérieur épargné par la lumière du midi, avec un autre sac en main. De celui-ci, il fit s'en écouler une petite quantité dans l'espace d'une fiole avant de la tendre à l'acheteuse, qui lui délivra en retour ses ryōs.

« Voici. J'espère que votre palais n'en sera que plus friand.
Je vous remercie pour votre temps et votre sel, marchand. Puisse les étoiles de l'Eau vous protéger. »

La Tigresse blanche lui rendit son sourire, avant de lui tourner son dos et retourner dans l'armada humaine avec son équipier. Point mot n'osa s'extirper d'entre ses lèvres charnues avant au moins quelques pas et regards discrets, alors que la fiole de sel trônait toujours entre les fins doigts de sa main droite. Yasei Reikan attendit même que les maisons vendeuses et les visiteurs se fassent plus rares, au point de tenir la main à cette route qui les mènerait au Mont mauve. Face à telle forêt d'arbres, qui tranchait délibérément avec tous ces marais gorgés de sel, la féline s'arrêta et accorda un coup d'œil à leurs arrières, vides d'une autre présence. D'abord muette, l'ancienne vagabonde humidifia le bout de son index droit entre ses lèvres, avant d'ouvrir la fiole pour en verser un peu de son contenu sur celui-ci, afin qu'il s'y accroche par l'effet d'humectation. Son autre main vint tendre le contenant à son camarade, pendant qu'elle dressait son doigt à la lueur du jour. Sur celui-ci, l'on pouvait clairement y distinguer la présence de cristaux de sel et d'une poudre blanche, mêlés l'un à l'autre. Ce mélange était fait certes avec assez de modération pour passer inaperçu au sein d'une grosse quantité, mais une fois pris à part, cette sobriété demeurait cruellement insuffisante.

« On voulait une piste, mais on a en réalité un champ de mines. Okobore ne semble pas épargné dans la moindre de ses parcelles par ce commerce. Saurais-tu mettre un nom sur cette poudre ou penses-tu qu'il s'agirait bien de notre jeune drogue déjà en tendance dans cette région? »


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Dernière édition par Yasei Reikan le Lun 28 Juin 2021 - 12:13, édité 3 fois
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Yamanaka Kiyon
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Jeu 18 Mar 2021 - 21:21
Okobore avait tout de ce qu'on pouvait attendre d'un village marchand. Une large allée piétonne qui la coupait du Sud au Nord et une effervescence de râteliers et de petites rues aux échoppes fournies tout le long du chemin. Cette recrudescence de petits chemins sombres devait être du pain béni pour les affaires les plus louches. Pègre, violence, criminalité et pourtant, la bourgade ne semblait pas si corrompue que cela. Les habitants et les enfants jouaient librement, l'insécurité ne semblait être la préoccupation de personne. La ville était vivante. Au final, c'était peut-être ça qui était le plus étrange, car tout prédestinait Okobore à être un haut-lieu de la pègre ; qu'il s'agisse de la position du village dans le pays, son activité marchande ou sa géographie urbaine. L'esprit de Kiyon s'ouvrit donc à une conclusion. Il n'affirmerait pas qu'il en était forcément ainsi, mais si affaires gangrenées il y avait, celles-ci avaient forcément lieu en sous-terrain, à l'abri du regard des passants. Le Village avait beau ne pas avoir l'air entre les mains d'un dictateur, cela ne l'empêchait pas d'éventuellement être, dans les coulisses, gangrené.

Sous son chapeau et les mains jointes couvertes par l'union des manches de son kimono, le Yamanaka avançait aux côtés de la Tigresse, tige en bouche et regard baladeur. Il profitait de l'ombre projetée sur ses yeux pour épier les alentours de manière discrète, sans mouvement de tête. Rien de bien concret ne lui apparut à part une activité urbaine notable, hors de toute anomalie. Apparemment, les informations collectées différaient de celles de Yasei Reikan. Une piste devait avoir été trouvée pour que soudain elle lui intime de changer de cap. Eux qui jusque-là parcouraient la rue principale qui incarnait l'artère du village effectueraient un petit virage vers une boutique précise. Un commerce salin comme tant d'autres dans cette terre qui en a fait son ivoire. L'Épouvantail suivait les pas de l'Enfant des Dunes. Venue du désert, elle était plongée en ce jour au cœur des sables blancs, quelle ironie.

Quelques loubards s'étaient attroupés autour du commerce. Au vu de la position de leur corps, ils étaient occupés avec son tenancier avant que que l'alliance ne fasse irruption. Et pas pour des achats, puisqu'ils interrompirent leurs affaires lorsque le couple d'indiscrets s'invita. Tandis que la Féline vaquait à son observation flottante, l'Épouvantail profita de la couverture de ses manches pour former un signe incantatoire unique sans élever les suspicions. Sous cette action, il opéra un Transfert Spirituel avec une des armoires à glace aux alentours, lui permettant d'accéder aux pensées de l'individu :

Technique utilisée:

"Elle est bien chiante la capricieuse, qu'est-ce qu'elle veut ?"

La communication engendrée par Je'wa Laeba n'était pas unilatérale. Les pensées de Kiyon étaient incluses dans ce canal spirituel. Il devait donc opérer à un jeu d'activation et de désactivation de sa technique à un rythme suffisamment pointu pour ne pas transmettre son discours interne, auquel cas il risquerait d'alerter sa cible. Cette connexion saccadée était loin d'être ergonomique mais personne, pas même un Yamanaka, ne pouvait faire taire ses pensées. Si la première phrase put être obtenue dans son intégralité, le reste devra être récolté par intermittences basées sur un rythme « 1 sur 2 » :

"Qu'elle ... à ... son ... Plus ... est ... plus ... concentration ... Poudre ... importante... comme ... et ... vas ... devenir ... cliente ... Hé ..., merci ... pour ... coffres ... brunette... a ... petit ... sympa ..., la ...!"

Il n'y avait pas besoin d'être un Spectre du Kyoi pour remarquer que la présence des deux intrus dérangeait les balourds. Kiyon échappait providentiellement à leur regard, mais il se faisait lourd derrière les épaules de la membre du groupe d'intervention éclair. Était-ce à cause de sa condition de femme ? À cause du pinaillage de ses requêtes ? Ou parce que sa prestance l'emmenait irrémédiablement à se démarquer de la foule ? Qui sait ?

"On ...beau ..., la ...fait ...miracles. ...retour ...investissement ...phénoménal. ...nous ...puissance, ... Le ...achètera ...ascension ...jusqu'à ...Seigneurie. ...là, ...Pays ...mangera ...la ..."

Toujours était-il que les emplettes prenaient leur fin et qu'il fallait à présent faire demi-tour et reprendre la route en direction du Mont Mauve. Aucun mot ne fut échangé entre les deux estafettes durant leur trajet. Du moins, en apparence. Car une fois de plus, les manches du kirijin lui furent bien pratiques. Un autre mûdra fut composé en leur couverture :

Technique utilisée:

''J'ai pu obtenir une piste. On en reparle quand on aura quitté le village, il faudrait pas qu'on se rende suspect en ayant l'air ailleurs.''

Sans laisser sa partenaire répondre, il coupa court au canal et aucune parole ne fut émise jusqu'à ce qu'ils aient atteint une relative isolation. C'est ainsi qu'en s’assurant que leurs arrières étaient vierges de toute oreille ou regard que Reikan ouvrit la fiole après avoir atteint son doigt avec sa langue et l'y plongea sur quelques cristaux, les examinant de toute leur transparence face à la lumière du soleil d'été.

- Je n'ai pas de nom à t'apporter. Cela dit, je peux confirmer tes soupçons. C'est la piste dont je te parlais tout-à-l'heure.

Son menton s'inclina en biais pour que son visage soit tourné vers la Bestiale à son côté droit et un peu plus petite que lui.

- De ce que j'ai pu récolter plus tôt du flux de conscience d'un des hommes autour de notre boutique de sel, le sel est coupé à une substance addictive qui est censée fidéliser le client. Je suppose que c'est à ce sujet qu'ils s'entretenaient avant que notre arrivée ne les interrompe. Je suppose aussi que c'était la piste que tu cherchais à étayer en rendant le sel le plus fin possible?

Son regard se porta ensuite sur la silhouette du Mont Mauve qui était, face à eux, de plus en plus évidente à discerner :

- Je n'ai rien obtenu qui puisse mener la piste jusqu'à Aoisan. Mais quelque chose me dit que cette colline n'est pas tout à fait innocente, l'instinct, peut-être. C'est peut-être ça ma part animale, l'intuition ? Qu'en penses-tu, Cheffe des Bêtes?

Il esquissa un léger sourire en coin, volontairement complice.

- Cela dit, j'ai pu intercepter une mention faite de la "Seigneurie". J'ignore si le Daimyô est complice de cette affaire ou menacé par celle-ci, mais on tient peut-être un objectif. Il faut bien financer une carrière pour monter en politique, non?

L'Épouvantail savait de quoi il parlait. Au Pays du Feu, il avait été élevé par des parents ambitieux qui usaient de leurs talents pour couvrir une ascension en politique. Jusqu'à ce que leurs méthodes se retournent contre eux, ou plutôt, contre Kiyon.

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Lun 19 Avr 2021 - 21:38
[invisible_edit]Lentement, les paupières de jais de Yasei Reikan se plissèrent au fur et à mesure que les réponses de Yamanaka Kiyon parvenaient à ses oreilles. Parce que sans s'poser plus de questions que cela lorsque le silence avait dû se faire d'or, au moment même où elle avait dérivé de leur route afin de se rendre auprès d'autrui sans l'ombre d'un mot ou d'une indication, il avait nourri une même exacte ambition qu'elle en s'attachant au flux de pensées de leurs proies pendant qu'elle se fixait sur leurs propos et leurs réactions corporelles, pour ne pas perdre de vue le but de la mission de sentinelles et d'éclaireurs avant l'aube de l'action. Le son, l'odeur et la pensée ; presque tout venait de faire défauts à ces hommes qui, aux abords d'un marchand de fortune qui se produisait dans un point fabuleusement stratégique du hameau ne s'étaient peut-être pas inquiétés une seule seconde de l'attache combattante entretenue par tels visiteurs. Et ainsi, s'étaient laissés aller sans remords, tant par leurs langues que par leurs réflexions intestines dont l'enfant des Bêtes et l'enfant de l'Esprit se voulaient pourtant les maîtres à travers ces dons que les sangs et le chakra leur avait offert ; seuls conscients des trésors qui se cachaient à travers les silhouettes de ces individus, les guerriers de la Brume tenaient une solide piste qui pourrait les guider vers l'origine de ces négoces trop clandestines pour être honnêtes. Un instant, la métamorphe frotta ses fins doigts entre eux afin de mieux séparer une telle poudre de cristaux, avant d'approcher ces petits résidus du bout de son nez pour les renifler discrètement et laisser leurs traces odorantes investir complètement ses narines.

Puis avec douceur, ses pupilles s'en allèrent trouver le visage de Kiyon.

Un franc sourire naquit ainsi sur ses lèvres charnues, à la remarque sur la part animale qui pouvait sommeiller en lui.

« Qui sait? L'instinct des enfants des Bêtes est bien vaste. Rendons-nous au pied de cette montagne, je suis certaine qu'on apprendra plus d'elle que de la bouche de ces Hommes. »

Après avoir humé une telle substance et retenu cette effluve au bras de sa mémoire olfactive, Yasei Reikan effrita l'une contre l'autre les deux matières sur son épiderme hâlé par le soleil du Pays du Vent pour mieux les estomper, au gré de la brise estivale qui parcourait la sortie du quartier. Ainsi, la féline s'attela à reprendre une marche sur un chemin non plus de pavés mais de terre, qui serpentait entre les rares résineux présents dans ce territoire salin et plat. Les mains contre les bandoulières de son sac, ses yeux ne purent s'empêcher de contempler l'environnement mêlant le blanc du sel à une châtaigne de l'écorce de tels arbres qui, malgré leur pénurie, en profitaient pour habiller ce paysages de formes et d'ombres, en l'honneur du flanc d'Aoisan qui se voulait être seul à transgresser un terrain si insipide par sa déclivité. Mais puisqu'il leur fallut bien plusieurs minutes avant de pouvoir l'atteindre, la Yasei aux éphélides se permit d'amputer le silence entre l'enfant de l'Esprit et elle, sans pour autant refermer la distance qui les séparait sur cette route terrestre. Seule sa tête se permit une mimique physique particulièrement notable et presque singulière, puisqu'elle dodelina sur le côté à la manière d'un félin et imputa une jolie mélodie à leur progression ; celle de ses boucles d'oreilles griffues, seuls bijoux à qui elle avait autorisé d'embellir encore sa crinière de jais, pendant cette intervention à Okobore.

« Dis-moi, Kiyon. Il est vrai qu'à Kiri et dans notre Pays de l'Eau tout entier, tout le monde connait le nom du clan Yasei désormais. Mais si celui que tu portes n'en fait pas autant, pourquoi alors porter le bandeau de ce Brouillard? Que trouves-tu donc à la Brume et que tous les autres n'ont pas? »

En ses perles d'éther, une lueur de curiosité semblait s'être allumée sans crier garde, envenimée par l'envie toujours plus croissante de notre changeforme d'en savoir plus sur ceux qui l'entouraient et ce qu'autrui pouvait porter en son cœur, à ses côtés. Celle qui avait entrevu son premier jour sur les dunes du Désert et expiré son premier souffle sur leur sable se révélait sûrement être la mieux placée pour exprimer ce sentiment incompréhensible et inévitable qui l'avait poussée à ne plus se détacher de la Cité Brumeuse pour une autre, une fois en son sein. Malgré l'envie irrépressible de parcourir le monde et ses contrées, qui parfois lui déchirait les entrailles et les idées, Yasei Reikan avait trouvé en cet Archipel un lieu de refuge, un berceau qui pouvait peut-être accueillir la germe d'une paix derrière ses vagues. Non pas que grâce à son climat rendu favorable pour les membres de son clan, à travers ses diverses et foisonnantes îles, et pour la culture qu'il entretenait vis-à-vis de ses enfants, de ses combattants. Plus encore à ce jour, sous la sage égide du Cavalier de Feu, la guerrière aux épaulières d'or ne voyait sa maison nulle part ailleurs qu'à Kiri. Mais était-ce propre à son caractère et ses ambitions, qui la poussaient à porter sur le monde un regard sans haine, ou bien le Yamanaka avait-il lui aussi partagé une telle attraction que peu de mots sauraient expliquer? Sans vouloir se rendre trop intrusive, elle attendit une réponse de sa part pour éclairer cette part de nébulosité. Du moins, jusqu'à ce que les premiers stigmates telluriques lui rappellent à quel point ils s'étaient rendus proches d'Aoisan, en ne pouvant même plus entrevoir la cime volée par la mer de nuages.

Toujours assez esseulés, la Tigresse blanche se permit de balayer encore une fois du regard leurs arrières avant de faire face au pan montagnard. Et alors que ses membranes internes se muaient sous le joug de sa volonté bestiale, à l'abri des yeux du monde extérieur, elle se rappela de l'odeur de cette poudre addictive et chercha, à même l'air, une potentielle trace olfactive. Sans arrêter leur avancée, la changeuse de peau se concentra sur son don sensoriel et filtra ces différentes odeurs présentes pour repérer la seule et l'unique qui mériterait de déployer toute son utilité. Plusieurs fois, la Jōnin de la Brume s'arrêta sur place, se tourna, se mit à ralentir avant de reprendre le rythme de ses pas ; et aucun arrêt ne fut mis à l'honneur, pas tant que son nez n'eut trouvé satisfaction à l'air environnant. Voyageurs, grues, rongeurs, fumée de kiseru*, résine à bois et violettes ; les senteurs de bien des éléments sur ce pan de l'île-mère remontaient à son nez. Et enfin, l'odeur aromatique qu'elle traquait lui vint aux narines. Et sitôt la changeforme suivit ce fumet invisible mais néanmoins parfaitement discernable par son odorat surdéveloppé, imprimé dans la cartographie sensorielle de son esprit. Si bien que pendant un petit moment, Reikan prit les devants et amena son camarade à contourner une partie de ce mont, sans quitter l'allée terreuse.[invisible_edit]

technique utilisée:

*Kiseru (煙管, litt: Pipe traditionnelle japonaise, faite de bambou ou de métal)

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Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

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Mar 20 Avr 2021 - 23:18
Curieuse chose qu'était l'instinct. On se plaisait à le ranger du côté de l'animalité, part indéfectible de la condition naturelle de l'Homme et pourtant on ne saurait s'en targuer trop ardemment. Véritable conscience sauvage, l'instinct était de ces choses pour lesquelles l'Homme se considérait trop haut pour ne pas le dresser en opposition au domaine de la raison. Et pourtant, pourquoi se donner tant de mal à refuser autant de crédit à l'intuition ? Mais s'il y avait bien une chose sur laquelle Yasei Reikan avait raison, c'était sur le caractère étendu de ce qu'on pouvait ranger sous le parapluie de la notion «d'instinct». Entre vanité humaine de se distinguer de tout ce qui était trop animal pour lui et intuition salvatrice jusqu'au simple sens de l'orientation, on pouvait tout faire entrer dans cette valise à tiroirs. D'un air amusé, il acquiesçait donc silencieusement à ses propos sans rien avoir à ajouter à la direction indiquée par celle qui était son supérieur hiérarchique. Le chemin jusqu'au Mont Mauve amenait la paire à emprunter une route plus terreuse, laissant quelques traces de leur pas et, ultimement, de leur passage au rythme de leur course. Le menton droit devant lui , il relevait ce paramètre en cours de chemin :

- On laisse des empreintes sur ce chemin. Je n'aime pas trop ça ...

Il n'insistait pas plus que de raison. Que pouvaient-ils y faire ? Voler ? Se camoufler ne changeait pas non plus grand chose aux traces qu'ils pouvaient laisser. Emprunter des chemins de traverse ? Face au manque de relief des marais salins, il n'y avait pas vraiment ce genre de routes secrètes. Ils allaient devoir faire avec ce paramètre et, en résumé, prier. Continuant leur petit bout de chemin en restant aux aguets, un certain silence traduisant leur concentration s'était installé durant le voyage. Scrutant les environs en tentant de garder des mouvements de corps naturels, le duo faisait peu attention l'un à l'autre. Un strict professionnalisme semblait ainsi, en l'instant, régir le rapport qu'entretenaient l'Épouvantail et la Tigresse Blanche. Peut-être en serait-il autrement une fois cette mission menée à bien. Et pourtant.

Et pourtant, oui, Kiyon fut pris au dépourvu par la curiosité de Reikan. De nulle part, la question des origines du jeune homme fut soulevée. On pouvait comprendre, lorsqu'on connaissait la Nomade, que ce paramètre avait de quoi l'intéresser. En plus d'adosser de temps à autre la responsabilité de qui pouvait et ne pouvait pas entrer parmi les frontières dressées par les vagues de l'Océan de Mizu, l'histoire de la Farouche criait l'importance de ses racines. Elle aussi venait de loin. Elle aussi portait une ancestralité millénaire dans son sang. Elle aussi portait un nom peu étranger à son lot de rumeurs et de mysticisme. Mais si cette dernière avait l'habitude de jeter un regard par-dessus l'épaule pour garder un oeil sur le passé de temps à autre, Kiyon lui ne pouvait plus que regarder en face de lui. D'abord vers le présent puis depuis récemment de plus en plus vers l'avenir.

- La Brume m'apporte qui je suis. Yamanaka Kiyon n'a pas de sens ailleurs qu'à Kiri, c'est ici que je me suis constuit. Ou plutôt reconstruit. Veux-tu que je te raconte tout en toute honnêteté ?

Ne détournant pas un seul instant son regard d'Aoisan qui personnifiait leur direction ainsi que leur objectif de mission, le Maître-Esprit laissait un instant au silence pour permettre à sa camarade de pondérer quelques considérations que pouvaient ou non impliquer sa question, avant de reprendre :

- Comme on peut le penser de n'importe quel Yamanaka j'ai vu le jour dans le Pays du Feu. Dans les contreforts de quelques monts au Nord-Ouest, pour être précis. La Guerre civile y faisait toujours rage, le Teikoku et le Soshikidan ne voulaient encore rien dire. Si certains ont vécu un enfer des fautes de l'instabilité politique, ce ne fut pas mon cas. Au contraire, ma famille était plutôt de ceux qui y prospéraient. Sur le front et dans les petits papiers de la noblesse seigneuriale, j'ai été élevé comme instrument de l'ambition de mes parents.

Le rythme de ses pas se firent plus lents et l'attention portée à son entourage un peu amoindrie tandis que son regard restait figé sur la figure du massif rocheux qui les attendait. Sa vision se transformait peu à peu en un couloir qui le reliait à ce Mont, de plus en plus étroit.

- Je n'ai pas souffert de cette éducation. Si la pédagogie qui m'a été apportée était plus intéressée et stratégique que portée par l'amour, je n'ai pas à dire que j'ai souffert de coups ou de maltraitance. Je mangeais bien, les embrassades étaient rares mais personne ne le vivait mal. Surtout en pleine guerre civile où je pouvais clairement bénir le privilège qui m'était fait. Mais cette proximité avec le pouvoir seigneurial est monté à la tête des mes parents. Ils se sont intéressés à la politique, au pouvoir. C'est une thématique qui a toujours entouré les histoires autour de notre nom. Alors forcément, nos arcanes étaient bien utiles pour servir leurs intérêts.

Sentant qu'il apportait déjà plus de détails que ce qui lui avait été demandé, Kiyon accélérait le rythme de ses mots et multipliait les raccourcis dans le chemin de son histoire :

- C'est pour servir leurs objectifs qu'on m'a appris à devenir Maître-Esprit. Il aurait été trop risqué pour mes parents de se salir les mains ou de se faire prendre dans leur complot, alors c'était moi qu'on envoyait pour se transposer, mentir, manipuler, transformer les souvenirs, les discours et parfois assassiner, jusqu'à ce que ça se retourne contre eux ou plutôt contre moi. Ils avaient réussi à tirer une place confortable mais la phase finale de leur plan qui avait pour vocation de leur ouvrir la dernière porte leur demandait de viser un poisson trop gros pour eux, pour moi. Le castelet était bien gardé, je me suis fait prendre. Je fus jeté en geôles jusqu'à mon procès. Mes parents furent innocentés grâce à un témoignage bricolé par leurs soins et qui m'incriminait entièrement tout en les dédouanant. Ils m'ont fait passer pour celui qui avait de trop grandes ambitions et la sentence fut prononcée : l'exil. Déchu de ma nationalité, apatride, je me retrouvais confronté à la guerre civile au même titre que les autres hijins. Plus aucun privilège pour moi cette fois. Plus de petite bourgeoisie.

Enfin, il arrivait au coeur de la question qui lui avait été posée. Pourquoi Kiri ?

- J'ai été élevé en outil. J'ai eu une fonction avant d'avoir une identité. J'avais un prénom, bien entendu, mais qui étais-je ? Je n'avais jamais appris à exprimer mon individualité. J'étais personne, j'étais quelque chose. C'est à cette période que dans les terres les plus à l'Ouest du Pays du Feu, en 196, on murmurait des nouvelles de l'Archipel caché dans la Brume. Le Pays connaissait un renouveau, se débarrassait de sa gangrène et s'érigeait. C'est exactement ce dont j'avais besoin, d'une renaissance. Alors en même temps que les premières pierres de la Cité Militaire, les fondations de qui Yamanaka Kiyon commencèrent à se poser. Mon identité, qui je suis, mon individualité, tout ça est intrinsèquement lié à Kiri car c'est ensemble que nous nous sommes construits. Si elle n'a pas besoin de moi pour perdurer, moi si. C'est en aidant à la Purge et à la construction que je fis partie du premier lot de ceux qui en reçurent le bandeau frappé de son insigne.

Profondément fier, le menton de l'Épouvantail s'élevait, faisant quitter son regard du Mont Mauve pour rejoindre le bleu du Ciel en cette journée d'été sans nuage. Un sourire léger se dessinait à mesure que ses paupières s'étendaient, un air profondément apaisé marquait son visage.

- Voilà ce que je trouve dans la Brume et que tous les autres n'ont pas : moi. C'est pour ça que je suis relativement indifférent aux événements qui pourraient toucher le Continent aujourd'hui. Kiyon a vu le jour là-bas mais est né sur l'Archipel. Je n'étais personne avant si ce n'est peut-être quelqu'un d'autre. Quelque chose d'autre en tout cas. Pour autant, aucune rancœur ne marque mon coeur. Me venger n'aurait aucun sens. Venger qui ? Ce Kiyon n'existe plus et je n'ai pas pour vocation de le retrouver. Ainsi, le sort de mes parents m'importe peu.

Sur ces mots se conclut son histoire. Il avait mobilisé beaucoup du temps de parole que leur accordait la durée de leur trajet mais ce n'était pas tant sa faute s'il n'était pas atterri du jour au lendemain dans l'Archipel. Peut-être aurait-il pu raccourcir son propos mais son aversion pour les malentendus nourrissait en lui une obsession pour la contextualisation qui avait parfois cette longueur de conte en guise d'effet indésirable. Mais s'il n'était pas spécialement fier de son passé, il était fier de là où ce passé l'avait amené. Fier du présent.

- Et toi Reikan, toi non plus tu ne viens pas d'ici ? Si j'ai pu entendre des contes avec ton nom, j'aimerais beaucoup savoir ce que tu as à dire, ce qui peut venir de toi. Puis toi seule détient cette vérité après tout.

Après être passé du mauve de la montagne au bleu du ciel, son regard touchait maintenant l'opale de celui de la Tigresse tout en gardant le même sourire apaisé. Depuis qu'ils avaient quitté les portes du village d'Okobore, le menton de Kiyon avait été tenu droit devant lui, mais cette fois-ci il était tourné vers Reikan. En tout cas jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin au pied d'Aoisan.

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Lun 24 Mai 2021 - 20:05
[invisible_edit]Lui, était un enfant brisé par le mal de la félonie. Elle, une autre bigornée par celui de la violence. Et quelque part, dans un passé plus lointain et nébuleux que nos esprits nous permettraient souvent d'entrevoir, Yasei Reikan se ressentit proche de ce petit garçon, maître des pensées en devenir, qui avait bien voulu se dévoiler sous le pinceau de son imaginaire guidé par cette réponse diffuse mais intense. Si sa marche, son flair ne s'étaient pas autorisés la moindre amputation, son âme bestiale mais pure voulait bien tendre une main vers ce chef d'œuvre spirituel et coagulant de fluidité, qui se dessinait au fur et à mesure des mots du Yamanaka qui sonnaient comme une véritable confidence à ses oreilles. Si les poings d'une sévérité n'avaient pas martelé son épiderme jusqu'à lui en briser le squelette afin de mieux l'endurcir, les poignards de la trahison avaient voulu se glisser entre ses côtes pour se frayer un chemin jusqu'à son cœur et ainsi, briser tout l'affect avec son ascendance. Mais, où Reikan avait été la martyre par le corps et Kiyon celui par l'esprit, demeurait une navrante brèche où tous les deux pouvaient se tenir la main et se reconnaître ; celle de la qualité d'arme plus que d'enfant, que d'être humain. Une bien basse condition qui, au bras de l'une ou de l'autre, avait fait plus que les balafrer d'invisibles cicatrices ; elle les avait forgés dans le moule du guerrier à qui nulle ambition ne paraissait ni trop grande, ni trop éloignée pour être atteinte. Car là où les autres, d'en bas, voyaient comme froides les étoiles du soir agrafées sur l'étoffe satinée de nuit noire, les deux combattants de la Brume eux, s'affairaient à dresser les marches de leur escalade en gardant la tête droite, au lieu de la laisser en l'air pour seulement rêver.

Tous les deux avaient souffert de l'erreur ou de la vilénie de leurs aînés.

Mais, Kiri avait été cette lueur d'espoir, parmi ces ténèbres qui avaient souhaité les envoûter. Pour l'un, la Brume s'était rendue échappatoire aux fantômes d'une vie passée. Et pour l'autre, elle avait été la promesse d'un nouveau berceau pour les siens et peut-être, d'une graine de la durable paix qu'elle choyait tant derrière les barreaux de ses éphélides. Car au plus profond de son cœur tressé de convictions et de mystères, l'Héroïne de l'Eau n'avait jamais osé regretter ce choix, comme elle ne voulait pas revenir en arrière pour apaiser la cruauté de son éducation. C'était cette inhumanité, mère de son nid d'enfance et de son envol d'adolescence, qui avait fait d'elle la Tigresse blanche que le Yuukan connaissait aujourd'hui. Car pour rien en ce monde, elle ne voudrait remuer le passé au point d'en altérer l'irréfragable impact. Parce que si la perfidie des actes seulement tournés vers d'égoïstes intérêts pouvait justifier les fêlures et l'éclat de tout un affect, même envers un parent, la fureur de son père à elle n'avait pas su la pousser de la sorte au pied du mur. Malgré toute l'atrocité qui avait pu mûrir ses traits pour muer sa progéniture en vraie machine d'ahans, la férocité de ce dernier s'était mise à la botte d'un clan tout entier, au lieu d'un seul homme. Cette brutalité, l'enfant des Bêtes ne l'avait jamais oubliée ; telle une empreinte jusqu'en ses lointains souvenirs, jusqu'en ses plus vieux os pour le restant de sa vie. Force est de constater qu'elle l'avait acceptée, comme les épaulières de lions qui vêtaient ses clavicules et illustraient ses responsabilités depuis le jeune âge. Et si d'aucuns pouvaient penser que la rébellion n'appartenait plus aux griffes ni crocs de son caractère, ils s'y trompaient et refusaient de voir toute une maturité qui avait imbibé cette petite fille haute comme trois pommes face au périple qui l'attendait, loin de toute ombre de lâcheté.

Voilà donc pourquoi Yasei Reikan se sentit si proche de Yamanaka Kiyon, l'espace d'un instant.

Et qu'elle lui répondit sans marquer plus de détours ni affadir son odorat.

« Je ne saurais proférer l'insulte de t'afficher une peine qui ne servirait à rien, à toi et ton courage pour t'être battu avec tant de ferveur afin de renaître loin de tout ce que tu as connu. Les Hommes tiennent aux toits qui se dresse au-dessus de leurs têtes, bien plus qu'aux principes ou aux idéaux qui grouillent à l'intérieur de ces dernières. Toutefois, je pense que tu es digne de ma franchise au point que je puisse pointer du doigt la manière dont tu te méprends, en osant arguer du fait que notre Brouillard n'a pas besoin de toi pour perdurer. Certes, légions sont les combattants qui portent ce pont vers l'espoir qu'incarne Kiri la Grande au beau milieu d'un monde ravagé par les affres de l'humanité. Mais il suffit souvent qu'un seul grain de sable ne s'en détache pour que le château ne finisse par s'effondrer sur lui-même à travers le temps. Toi et moi, nous sommes des guerriers utiles à la prospérité de l'île-mère de l'Archipel de l'Eau. Face aux batailles intestines ou aux hargnes venant d'au-delà de ses mers, ce n'est qu'au travers de chacune de nos volontés que la Cité Brumeuse peut perdurer et personne d'autre en notre nom, à notre place. Tu avoues avec fierté la force de ton attache envers elle, mais ne te bride pas d'œillères pour la pareille que tu mérites de sa part rien qu'en portant son bandeau. Du civil au Genin, jusqu'aux hauts gradés de notre village, Kiri est cette machine faite de sorte à ce que la grippe d'un seul de ses rouages, petits ou vastes, faibles ou solides, puisse l'alarmer et menacer sa stabilité. L'esprit de communauté et d'entraide, voici ce qui l'a toujours différenciée des autres villages, à mes yeux. Plus encore, depuis qu'elle et son peuple excentré ont accepté de devenir la terre d'accueil de mon clan, pendant que d'autres lui avaient tourné le dos des années durant. »

En ses iris éthérées se baladèrent les silhouettes de rares arbres résineux, avant que ne s'y reflète le visage de Kiyon. À son tour elle eut la possibilité de mettre un point d'honneur sur ses origines et ce qui l'avait forgée, le temps d'une parenthèse, d'une bulle au creux de leur mission de sentinelles. Et comme si c'était hier, cette mémoire lui rapporta les souvenirs enfouis en son carcan de chair et d'âme de ses premiers balbutiements, premiers pas au Pays du Vent. Tout doucement, son minois se détacha des ombres de jais et son regard se porta au flanc d'Aoisan, rendu immaculé et violacé de contours doux et marbrés, enlacé d'une légendaire brume argentée. Cet endroit, s'il pouvait lui paraître paisible et de bonne augure, se trouvait bien à mille lieues des terreurs qui rôdaient dans le Désert qui l'avait vue naître. Néanmoins, même séparé d'elle par le temps et l'espace, il ne l'avait jamais quittée. De ses éphélides à son teint doré par un jour brûlant, de ses voiles orientaux jusqu'à ses parures les plus exotiques et folkloriques, la mysticité des dunes avait envahi l'être entier de la dénommée Yasei Reikan. Car même si Kiri avait frappé de son insigne son bandeau ninja, la mer de grains avait, elle, laissé bien d'autres empreintes sur l'apparence de sa guerrière venue de loin, d'un monde où la vie était moins un cadeau qu'un poison.

« Moi non plus, je ne viens pas d'ici. Loin des mers abondantes de l'Eau et des forêts verdoyantes du Feu, je suis née et ai grandi dans le creuset de ces ergs désertiques du Vent, sous la morsure d'un soleil immaculé de véhémence. Les premières années de mon existence, le Désert les a bercées en me montrant cette âpreté avec laquelle il malmenait ses enfants en refusant d'offrir d'aussi bonnes conditions de vie que ses voisins. Aussi bien les Bêtes que les Hommes et aussi bien les miséreux que les cousus d'or, le courroux de sa colère n'avait de cesse d'en faire perdre la tête à ses habitants et ses visiteurs par ses creux, ses courbes et ses tempêtes immenses de démesure et d'infinité. Là-bas, tous nourrissaient la crainte de finir par se perdre, se faire avaler par le Désert ou grignoter par ses vents torrides. Car sous sa couette de sable, la menace d'une divinité en sommeil faisait pleuvoir la peur à outrance sur sa surface. »

Yasei Reikan rabaissa son visage, perdant son éther dans la châtaigne du sol qu'elle foulait.

« Malgré toute sa rudesse, j'aime encore repenser à cette étendue fébrile qui m'avait offert cette infinie beauté en me grapillant toutes mes certitudes. Mais nul se révélait l'espoir de trouver des ancres à notre cheminement, dans cette étendue cuprifère et mouvante. Ce fut une raison pour laquelle, à l'aube de mon sixième printemps, Yasei Ragna a fait le choix de tourner le dos à l'enfer de grains et de nous pousser sur les chemins du monde. Dirigeant de notre famille et, fut un temps, de notre clan encore meurtri par la grande séparation, il est aussi le père qui m'a montrée comment faire de mon sang d'enfant des Bêtes ma plus grande fierté. Plus que de m'enseigner l'art du combat, il m'a appris la rigueur et donné en legs le goût de l'effort. Pour que des années plus tard, je puisse en devenir la Tigresse blanche et porter sur mes épaules toutes les responsabilités pour lesquelles il m'avait préparée. De native du Désert à vagabonde du Yuukan, je suis ainsi passée de cette prison des steppes du néant à la liberté d'un globe tout entier. Et Kiri, elle, a fini par m'accueillir entre ses murs sans manquer de geler cette fervente ardeur avec laquelle je me liais à mon paternel. Je ne l'ai plus revu, depuis que j'ai dû me séparer de notre horde pour me renforcer en tant que combattante de la Brume sous son impulsion. Mais cela ne m'a pas empêchée de prendre moi-même les rennes du clan Yasei en revenant sur les traces du premier berceau des changeurs de peau à qui il avait tourné le dos des années durant. Là où les racines des métamorphes grouillaient de vie en dépit du sable mais également de souffrance par les meurtrissures et brèches subies par sa faute. Là où j'ai dû mener bataille pour destituer la tyrannie qui avait pris place et endolori les miens bien trop longtemps, avant de ne trouver de meilleure solution que de réaliser l'exode du clan Yasei vers l'Archipel. »

Voilà quel était donc le socle qui faisait tenir Yasei Reikan, la Tigresse blanche.

Une gloire pour un clan tout entier, à l'ombre de laquelle se terrait une enfance pétrie de douleurs et d'ahans monstrueux. Car pourtant fragiles d'apparence, ses épaules se révélaient tout aussi fortes que l'impénétrable secret de sa dure éducation. Son passé demeurait lourd et empreint de marques qui jamais ne disparaîtront, malgré toute la beauté de la fleur qu'elle était devenue. Mais son avenir, lui, se fit bien plus silencieux et n'eut pas cette audace de s'aventurer au-delà de ses lèvres pour se partager aux oreilles de son camarade de mission, malgré toute l'envie qui la tenaillait de se défaire un peu de son poids. Bien plus qu'une histoire de temps, il fallait que la Jōnin de la Brume reprenne le cap de ses responsabilités et guide leur discrétion d'une main de maître plutôt que d'une main de conteuse. Surtout lorsqu'à l'aurée de leur discussion en déclin, des voix de marchands se glissaient à travers un tel chemin sinueux qui se dressait encore bien devant eux. Aussitôt la changeforme remonta sa sombre capuche sur le haut de son visage et continua à marcher, jusqu'à ce que ses pupilles n'aient en leur miroir l'avancée de ces deux hommes modestement vêtus et accompagnés d'une brouette de bois au contenu dérobé sous un tissu beige. Sa marche ne trouva pas la moindre entorse, au même titre que son nez qui n'avait pas arrêté de pétrir les odeurs environnantes pour maintenir la chasse de celle de cette fine poudre blanche. Et au moment où les deux paires eurent un moment de proximité avant de se rendre vers des directions contraires, elle put ainsi aisément conclure à quel point ces deux-là se voulaient bien imprégnés de cette effluve particulière qui ne profitait qu'aux Hommes. Dès lors, Yasei Reikan attendit de s'en éloigner avant de transmettre cette information à Yamanaka Kiyon, un index baissé sur les traces de pas et de roues qui sillonnaient la route.

« Ces hommes, ils portaient une marchandise qui ressemble en tout point à celle que nous recherchons. Au cas où je venais à en perdre son odeur, ces empreintes nous seront d'une grande utilité. Qui plus est... le Mont Aoisan ne sera pas si éternel. Nous ferions mieux de nous attendre à atterrir dans l'une de ses crevasses. »

technique utilisée:

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Mer 26 Mai 2021 - 18:54
- Tes intentions et tes attentions sont louables, Reikan. Mais ne nous méprenons pas.

La Tigresse blanche avait tenté de toucher quelques mots à Kiyon afin de le corriger sur son importance au sein du Village. Si cela se trouvait, elle pensait sincèrement ce qu'elle avançait. Mais de son côté et même si cette dernière avait affirmé ne pas être mue par la pitié, le Yamanaka n'y vit qu'une tentative de le rassurer, aux frontières de l'infantilisation. Il fallait être honnête, si la disparition du chunin pouvait avoir des conséquences sur la suite des événements qui se dérouleraient au sein de Kiri ainsi que leur issue, en aucun cas cela signifierait que la Citadelle s'effondrerait. Alors que l'inverse, lui, était avéré.

- Je suis bien conscient de faire partie de ce mécanisme qui fait tourner les engrenages de la Cité de la Brume, mais cette dynamique est bien plus grande que je ne le suis. C'est un fait, je ne cherche pas à être indispensable au Village, je ne le suis pas et c'est normal. Je reconnais pouvoir avoir une influence sur l'Histoire du Village et la direction qu'il prendra, mais les fondations de ces murs se verraient insensibles à ma disparition. Alors que si Kiri venait à s'éteindre, Yamanaka Kiyon s'éteindrait également. Mon cœur ne s'arrêtera peut-être pas de battre, mais ma construction, mes propres fondations n'auraient plus aucun sens. Il me faudrait en bâtir de nouvelles. Vois-tu ce que je cherche à expliquer ? Je peux être important pour Kiri, mais Kiri l'est inconditionnellement pour moi. Le château ne s'effondrera pas si on en retire le grain de sable Kiyon. Allez, disons que par une suite de catastrophes vraiment fortuites il pourrait s'effondrer en retirant ce grain de sable, mais ce n'est qu'une possibilité quelque peu incongrue, pas une condition intrinsèque.

L'Épouvantail n'avait pas de problème avec cette idée, ça relevait du bon sens. Comment pouvait-il espérer que sur sa seule existence ne repose la stabilité du village ? Même la mort de Nobuatsu Saji ne saurait suffire à faire s'effondrer le château à elle seule. Même la Septième Ombre de l'Eau pouvait être remplacée par une huitième. Il reconnaissait la bienveillance de Reikan, mais il n'acceptait pas sa présence en cet instant. Ou du moins, c'est ce qu'il interpréta comme étant de la bienveillance. Peut-être que les convictions de la Métamorphe étaient bien réelles.

Quoi qu'il puisse en être, si l'expression de leurs sentiments différaient lors de cet échange, il était une chose sur laquelle ils se rejoignirent aussitôt : le passé. Lorsque deux personnes parlaient de leur enfance, un jeu malsain avait tendance à s'installer. Une sorte de compétition de qui avait le plus souffert. Pour Reikan et Kiyon, il n'en était rien. Là où d'autres marquaient leur essence à travers leur récit et faisaient montre de leur différence, les histoires des deux shinobis ne firent que les unir. Des lignes communes se dessinèrent et ne tardèrent à trouver leur chemin pour qu'un trait droit n'unisse l'esprit de ces deux meurtris venus d'ailleurs. Les Fantômes du passé ou la Tyrannie, l'Espoir avait motivé leur exil. Un espoir personnifié par leur destination. Un espoir porté par Kiri. Une Lumière enfouie dans le creux sombre de l'étreinte de la Brume.

L'une des seules différences dans leur récit en fut la finalité. Si la Tigresse avait finalement trouvé sa résolution dans l'intérêt du plus grand nombre et finit entourée par ceux de son clan, l'Épouvantail s'épanouissait dorénavant dans l'expression de ses couleurs. Non pas dans le collectif mais dans l'individuel. Bien sûr, il n'était pas question d'égoïsme mais plutôt de définition et connaissance de soi. Mais qui sait ? Peut-être que ce qu'il pensait être la finalité de son récit se trouvait en fait n'en être que le début ? Les choses se terminaient-elles vraiment en se trouvant soi-même ou, au contraire, commençaient-elles ? L'Histoire de Reikan, il ne saurait le nier, dessinait dans son esprit l'image de son clan dispersé dans le Continent. La situation des Yasei était-elle transposable à celle du clan Yamanaka ? Le rassemblement avait-il tant de sens pour eux ? Kiyon ignorait les réponses, mais il était sûr que ces nouvelles questions prendraient dorénavant une place plus importante dans son esprit, considérations implantées par le voyage de vie de la Tigresse Blanche.

Ayant consommé les mots de sa partenaire comme un puits asséché s'abreuvait des premières gouttes de pluie de la saison, le Yamanaka fit part de ses impressions et considérations à celle dont l'éphélide marquait le regard :

- Et bien, Reikan. La vie ne t'a rien donné. Toi aussi tu as dû te bâtir et te battre pour faire naître Yasei Reikan. J'appréciais déjà ta compagnie, mais savoir que la sagesse dont t'a empli ton chemin se tient à mes côtés me rendrait presque fier. Je pense que nous aurions beaucoup à apprendre l'un de l'autre ... dit-il en regardant le Mont Mauve avant de compléter : ... un jour. se rappelant que la paire était en Mission et avait donc autre chose à faire que de s'échanger des récits de vie.

En ce sens et maintenant qu'ils étaient à proximité d'Aoisan, un convoi dont la Tigresse avait, dans une certaine mesure, pressenti l'arrivée fit son irruption au loin. Il quittait les Mines dont dépendait Okobore et d'après la Jonin il contenait une certaine quantité de cette poudre qui faisait l'objet de leur enquête.

- Je te propose que nous nous enfoncions dans la galerie dont ils proviennent, toi et moi. Cependant, leur destination est aussi une piste qui peut s'avérer précieuse. Pendant que nous avançons au cœur du Mont Mauve, je te propose que nous envoyions chacun un clone prendre en filature cette brouette, qu'en penses-tu ?

Origine et destination, voilà les deux éléments clés dont la détermination permettrait aux deux shinobis de remplir comme convenu l'ordre de leur mission. Bien entendu, Kiyon n'avait la prétention de déterminer à lui seul la suite des événements alors il attendit l'aval de sa partenaire, ou au contraire sa désapprobation. L'insubordination ne faisait pas partie de ses traits, ni l'impatience.

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Sam 5 Juin 2021 - 20:13
[invisible_edit]Bien sagement, Yasei Reikan maintint l'armée de son silence aux aguets face à celle des mots de Yamanaka Kiyon. Si son cœur croyait dur comme fer en ce qu'elle venait tout juste de lui dévoiler, elle ne trouva pourtant pas le temps de creuser dans l'écarlate sillon de son âme pour en dénicher le meilleur – ou le pire. Car au creux de sa timide parole, de son timbre d'une voix en perdition, ne tarda pas à se forger un chaleureux sourire donné à l'entière attention de son camarade de la Cité Brumeuse. Plus qu'elle n'aurait pu le faire par des propos ou des gestes, elle parvint à retranscrire à la perfection les pensées qui l'animaient rien que par son rictus forgé à même son marbre recouvert d'éphélides, qui ne faisait que particulariser son visage déjà bien assez exotique ; et au-delà de la fierté qui la couronnait de tout son être, ses poumons se tressaient au rythme de cette joie d'avoir découvert une autre de ces braves âmes qui, tout comme elle, voulait voir Kiri prospérer et fleurir, un peu plus chaque nouveau matin, de plus belle. Ce village qui avait tendu sa main à la Tigresse blanche n'en méritait pas moins, depuis qu'il n'avait eu de cesse de bonifier la qualité de ses rangs sans permettre une amputation à cette règle par et pour les dirigeants. Ses dernières tares, qui se nourrissaient encore des restes de son sanguinaire passé, pouvaient déjà sentir l'air au-dessus de l'abîme du trépas, s'ils n'étaient pas déjà passés de l'autre côté. De tous les villages combattants, Kiri demeurait un havre de paix qui avait su séduire un tel farouche esprit de l'enfant des Bêtes et retenir une partie de son amour, entre ses murailles et ses légendaires vagues.

Voilà une folle rencontre, qu'elle ne s'autorisait à amoindrir que pour les beaux yeux de la mission.

Sitôt, la féline s'enquit à n'effectuer son mudrā que d'une seule main.

technique utilisée:

Pour mieux laisser se dresser une seule de ses fidèles copies à ses côtés, dans le petit et discret pouf d'une écharpe de fumée immaculée. Après avoir échangé un espiègle regard avec sa sœur, la changeforme appelée en renfort se mit à attendre que le doppelgänger de son partenaire soit aussi prêt à remplir son rôle qu'elle, avant de suivre des traces de pas à même la terre qui allaient leur permettre de surveiller, de près comme de loin, cette paire d'ouvriers que le doute n'avait hélas pas épargné et que l'odeur avait trahi au détour de la Meneuse du clan Yasei. Puis, lorsque ses pupilles myosotis s'abattirent sur l'enfant de l'Esprit, sa risette se rendit plus légère mais pas moins franche ni moins confiante pour autant. Ses pas reprirent du service pendant quelques secondes sur le sentier de châtaigne, afin de mieux s'en défaire sans le moindre mot et de longer les murs de roche pourpre à souhait et les rideaux de lichen mêlant blancheur et verdoyance, qui faisaient d'Aoisan une montagne unique en son genre, loin de ces ternes monts qui osaient s'élever au bout du monde. Quelques minutes durant, la métamorphe entretint le mystère en l'enrobant par ses actes encore inexpliqués, levant parfois quelques-uns de ses fins doigts à l'encontre de telles matières pour les tâter du bout de ses ongles tout en marchant à leurs côtés. Et bien que la route voulait se rendre un peu plus sinueuse et moins praticable que sur la route dressée par les Hommes, elle ne tourna pas si souvent la tête sur le côté pour jeter un œil à ses arrières et ainsi veiller à ce que son confrère du Brouillard ne s'égare pas. Qu'importe les réactions de Kiyon, la Yasei au teint hâlé par le soleil du Pays du Vent ne fit pas une quelconque entorse à cette longue progression, qui voyait ce dernier astre se prélasser à l'horizon et marquer le déclin de cette journée en perdition. Dos au jour, la féline avança sans se soucier de la tombée de la nuit et guida son coéquipier sans mots.

Jusqu'à ce que l'obscurité ne laisse danser sous leurs yeux des lueurs humaines, qui dessinaient une entrée minière dans la roche, où les rails de petites caisses de transport ne grinçaient presque plus au fil du travail des ouvriers. Ses yeux traversèrent un instant le contenu vide des brouettes de bois restantes. Celle que nous avons aperçu, dans les mains de ces deux hommes, devait être la dernière de la journée. Mais cela ne veut pas dire que la mine est restée sans défenses. Derrière la falaise qui surplombait ce point stratégique de récoltes, l'Éclair de la Brume attendit afin de mieux se rendre compte que l'entrée demeurait vide de présences. Avec un trafic si rentable, cette option n'est pas bonne à envisager. Ses paupières de jais se plissèrent, avant que son visage dessiné à même un tableau d'éphélides issu des dunes ne daigne se retourner vers le flanc du mont. Et ainsi retournée, l'ancienne vagabonde referma la proximité avec la paroi rocheuse pour presque y coller l'une de ses oreilles et ses paumes. Tout d'abord concentrée sur les bruits de pierre et de végétaux, happée par les fracas internes de la terre en elle-même, l'enfant des Bêtes altéra son organe auditif et se mit à grapiller plus de sons qu'un humain n'aurait jamais pu le faire. ...Des voix. Impossible de comprendre ce qu'elles se disent, mais... elles sont bien là. Après avoir vénéré son inertie, elle se sépara de cet état et retourna son attention vers la seule entrée sur laquelle ils venaient de tomber. Sa voix se fit douce pour ne pas blesser le mutisme du lieu, respectant ainsi leur discrète approche.

technique utilisée:

« Voilà la vraisemblable entrée vers les mines d'Aoisan. Si l'on peut se méprendre à croire qu'elle est inoccupée, il en est autrement derrière tout ce roc. »

Yasei Reikan tourna la tête vers Yamanaka Kiyon, les traits nourris de confiance.

« Rester à l'air libre de la sorte, en se contentant d'observer les seuls allers-retours de ces ouvriers, ne nous mènera à rien. Il va falloir nous enfoncer dans les entrailles même de ce commerce, si nous entendons bien récupérer assez d'informations pour l'Ombre de l'Eau. Mais une fois sous terre, nous n'aurons pas le droit à l'erreur ni à la panique, en cas de pépin ; c'est pourquoi nous ne séparerons pas. Profitons que la nuit puisse couvrir notre infiltration, maintenant. »

Avant de se redresser, la Fille du Vent s'assura que son coéquipier lui fasse part de son accord et de sa confiance pour aller plus loin et entamer leur approche à cet accès minier. Une poignée de regards autour de la caverne faite par les Hommes lui permit de ne pas détecter la moindre filature avant de s'y engouffrer, empruntant toujours le chemin de terre au lieu de celui de fer pour ne pas trahir leur avancée. Dès le départ, le tunnel se révéla large pour laisser passer plusieurs personnes en même temps et creux à plusieurs endroits, propice à leur accorder un endroit de noirceur en cas d'urgence ou de pause. Suffisamment illuminée par des lampes à huile, une telle descente vers les profondeurs d'Aoisan leur permit d'avancer sans encombres. Mais les petites pluies de terre, elles, ne s'en rendaient pas moins rares ; elles qui, malgré le silence qui naviguait dans les couloirs de la montagne de sel, témoignaient encore du travail de certains Hommes et de leurs pioches en son sein.

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Dernière édition par Yasei Reikan le Lun 28 Juin 2021 - 12:10, édité 4 fois
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Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

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Jeu 10 Juin 2021 - 0:17
Ainsi l'Unité prit la décision de se séparer en deux paires jumelles. Ou, plus que se séparer, de se multiplier. Kiyon n'avait pas pour habitude de lésiner sur le nombre de pistes à explorer. Vous ne le surprendrez pas, non plus, à diviser l'attention portée à chacune de ses pistes. Et il semblait que tel était le cas pour Reikan également. Le métier de shinobi pouvait impliquer bien plus que la simple vie du concerné. On ne pouvait donc se permettre de passer outre la rigueur et le pragmatisme dans la mesure où une action bien menée pouvait sauver la vie d'une personne. Alors si toute sa carrière pouvait mener à la sauvegarde d'une seule personne, l'Épouvantail serait bien heureux de travailler toute une vie avec ardeur.

Pouvait-on, ici, parler d'un tel enjeu ? Des vies étaient-elles impliquées outre celle des shinobis en expédition ? On ne pouvait l'affirmer, mais on ne pouvait non plus ignorer le fait que leur ordre de mission gravitait autour d'une affaire de stupéfiants et de mafia. Deux paramètres qui, lorsqu'on en jouait trop, peuvent coûter la vie de bien des gens. Il n'était pas question de devenir un super héros ou un paladin se dressant en égide de la veuve et de l'orphelin, mais de disposer d'un pouvoir d'action non négligeable et de se comporter avec morale.

Ainsi, armé de toutes ces implications sous-jacentes auxquelles il réfléchissait, le Yamanaka n'hésitait pas à apporter son soutien au projet de sa partenaire; s'enfoncer dans les mines. De toute manière, ils allaient finir par le devoir. Ils avaient une enquête à mener et n'avaient cessé de tourner autour de l'objectif sans réellement s'y lancer.

Tandis que Reikan et Kiyon serpentaient à travers les cavernes, les duplicata continuaient de prendre en chasse la dernière caravane qui reliait la mine au village. Ne disposant pas dans son répertoire de techniques permettant de le camoufler et agissant au milieu d'un terrain plane ne permettant pas la couverture visuelle, le clone optait pour une transformation par Henge qui lui fit prendre les traits d'un petit rongeur, bénéficiant de sa petite taille et du fait relativement anodin de sa présence pour suivre en toute tranquillité et discrétion l'objet de leur traque. Passant les portes d'Okobore, si la féline trouvait ses propres méthodes de prise en chasse, le Mickey-Kiyon se faufilait derrière la fermeture de ces dernières pour remonter le chemin de la brouette qui, dans la plus grande des surprises, finit son trajet devant le bâtiment le plus officiel du Village, celui qui représentait la Seigneurie, entre autre.

Un homme patibulaire en compagnie d'un vénérable au visage caché derrière un éventail de papier semblaient attendre patiemment la cargaison. Voilà donc des commanditaires de ladite poudre. Reste à savoir quels sont les intentions de ses clients. Consommation, utilisation, empoisonnement, ou enquête au même titre que Reikan et Kiyon ? Encore fallait-il, d'ailleurs, savoir qui étaient ces personnes. La piste était donc trouvée, il n'y avait plus qu'à la creuser.

Du côté des galeries montagneuses, la féline et l'Épouvantail avançaient doucement. Profitant de la relative pénombre et de la fin des travaux pour se frayer un chemin non sans nécessiter une certaine vigilance, la paire avait parcouru assez de couloirs pour arriver au sein d'un grand hall creusé qui accueillait quelques bâtisses. Nul doute qu'il s'agissait là des bureaux des divers ingénieurs, chefs de projet, et autres dignitaires qui ne maniaient pas la pioche. Ces constructions trônaient sur les étages de divers échafauds mais l'un d'eux, plus central, bénéficiait du privilège de la garde de deux soldats maigrement vêtus. Leurs armes, par contre, n'étaient pas à plaindre, aiguisées jusqu'à en faire presque briller la lame qui pointait au dessus de la garde de leur hallebarde.

Sentant la nécessité d'infiltrer le lieu, le Maître-Esprit fit quelques signes à l'éphélide. Entre mouvements pointés de la main et signaux utilisant une succession de signes formulés par le pli de doigts, le Chunin fit comprendre à sa supérieure qu'il se chargeait d'un des gardes tandis qu'il lui laissait l'autre. S'enquérant de son accord, il réunit ensuite ses mains pour donner naissance à quelques mudras et terminer sur le rassemblement en un cercle de ses deux mains, le signe de la Transposition.



Tapi dans l'ombre, la conscience du shinobi quittait son enveloppe. Qui sait à quels dangers il s'était exposé en laissant son corps ainsi sans défense ? Peut-être que quelqu'un les avait traqué en silence, assimilé dans la roche des cavernes, et qui faisait maintenant face au moment opportun pour agir et assassiner Kiyon ? Quoi qu'il puisse en être, pour le moment, un des gardes se retrouvait dépourvu de tout contrôle de son corps.

- Que le spectacle commence.

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Yasei Reikan
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Mer 30 Juin 2021 - 21:30
[invisible_edit]Les signes de l'enfant de l'Esprit, Yasei Reikan s'en imprégna sans le moindre mal. Arrêtée derrière la paroi, aidée par les courbes rocheuses qui forgeaient les intestins du Mont Aoisan, notre guerrière aux épaulières dorées s'apprêtait tout juste à accompagner les pensées vagabondes de son camarade de la Brume pour aller le soutenir sur le terrain, en vue d'aller prendre de court l'autre garde qu'il n'allait pas avoir sous le joug de ses machineries psychédéliques. Mais le bruit d'un caillou, lui, allait bien refaire du neuf dans la pyramide de ses priorités. Car à peine eut-elle le temps d'empêcher à l'enveloppe charnelle de Yamanaka Kiyon de tomber trop brusquement sur la rocaille que déjà, une ombre s'élevait parmi le peu de lumière comptée par les profondeurs de sel. Quelqu'un nous a suivi! Sitôt, l'avancée stridente d'une arme longue et aiguisée se mit à l'avertir du défaut de leur discrétion, qui s'était avérée suffisante pour ne pas alerter les troupes des mines mais pas assez en vue de passer inaperçue sous cette âme chasseresse, qui avait guetté l'entrée de la zone minière depuis la tombée du jour et assurait, sous les avances de la Seigneurie, son bon fonctionnement comme sa bonne sécurité. Des gardes à cette poursuivante ombrage, la métamorphe ne perdit pas plus de temps pour réaliser son choix et refuser de laisser à l'abandon le corps de son coéquipier. Ainsi allait-il devoir se débrouiller seul, dans les entrailles et face à la méfiance des autres qu'il essayait d'investir en silence.

Pendant que Shiroitora allait devenir son égide, sous le glas de la menace.

La nuit des cavernes, elle fut scindée en deux par l'apparition d'un sabre blanc qui cherchait à cisailler le seul corps sans défense. Mais très tôt, sa course se rendit incapable d'offrir satisfaction à son maître lorsqu'elle fut confrontée aux griffes aiguisées de la métamorphe. Tantôt femme aux parures exotiques, tantôt tigresse au pelage hypnotique, Yasei Reikan venait de faire de ses bras le berceau de toute sa bestialité pour retenir l'ardeur inhumaine qui essayait de trancher, de tuer pour les beaux yeux de cette seule poudre blanche, avant de chercher à parler. Arrière, lâche. Avec aisance, les ongles grandis et renforcés de la prédatrice se mirent à relâcher des étincelles rougeoyantes au contact du métal, du fait des agiles mouvantes permises par la silhouette de l'Héroïne de l'Eau. Sans plus tarder, l'une de ses épaisses pattes avants chercha à cogner de toute sa splendeur le pommeau du poursuivant, pour le forcer à la relâcher. Et sa queue féline, qui s'amusait à danser dans son dos, elle se précipita pour enlacer ses mains dorénavant vides de dangers, son cou plein de menaces. Une partie de son humanité retrouvée à bras-le-corps, la Fille du Vent prit soin de raffermir ses fins doigts sur les lèvres de son opposant pendant qu'elle tenait à l'étouffer jusqu'à l'inconscience dans le creux de sa fourrure, qu'elle restreignait sa voix jusqu'à la somnolence sous la pression de son épiderme. Sous son joug, sa proie perdit la force de ses jambes et s'écroula en douceur pour se laisser bercer par l'étreinte d'un apaisant sommeil.

Avec précaution, la changeforme s'assura qu'il n'allait pas directement rouvrir les paupières.

Avant de se tourner vers les deux gardes, qui le rejoignaient par leur imprudence.

Dans l'immédiat, la Yasei au teint hâlé par le soleil du Pays du Vent se retourna vers les chairs de son ami. Ses mains qui voulaient se faire discrètes et s'éloigner de la brusquerie dont elles venaient de se teindre, elles se déposèrent délicatement contre ses épaules. Même prévenue par son art clanique, l'enfant des Bêtes n'avait jamais été confrontée à une telle perte de connaissance de la part d'un allié. Rendue inquiète par le retour tardif de l'Épouvantail au creux de son si cher carcan de chair, elle se mit à plisser les paupières et à le secouer, pour essayer de le faire revenir à lui le plus vite possible. La pénombre, elle les avait enveloppés. Mais les murmures, eux, savaient toujours se faire petits même dans la plus grande des noirceurs.

Tracassée par son état, elle se mit à le prendre dans ses bras.

« Kiyon? Kiyon! Réveille-toi, il va falloir envisager de déguerpir. Nous avons déjà assez d'informations. Il serait d'ailleurs judicieux de récupérer les souvenirs de cet homme et de les lui enlever, si nous ne voulons pas lever les soupçons des mines. »

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Yamanaka Kiyon
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Mar 6 Juil 2021 - 20:57
La Transposition. Ce trajet dans les méandres de la conscience avait toujours quelque chose de déstabilisant même pour son utilisateur. Plus que le fait de se trouver dans ce nouveau corps, c'est l'instant de transition du voyage d'un corps jusqu'à l'autre qui provoquait véritablement de quoi décontenancer celui qui en opérait. Ce moment était un entre-deux qui n'avait pas pour vocation de durer voire d'exister. Un instant où rien ne va, où rien n'est mais tout est. Un corps sans enveloppe, une âme sans domaine, conscience endormie mais qui pourtant court. Si un jour cet état intermédiaire venait à subsister, il y aurait situation de crise, une problématique contre-nature. L'ordre des choses serait bouleversé.

Voilà à quoi se résumait le processus intermédiaire de la Transposition, un instant délicat, une situation renversée, une transgression subreptice de l'Interdit et temps de tous les risques. Heureusement pour l'Épouvantail, ce transfert s'était bien passé. Mais le danger n'était jamais loin. À son réveil dans le corps d'un autre, il put voir de ses propres yeux son corps endormi et sa comparse Yasei Reikan aux armes avec un traqueur qui avait, semblait-il, suivi leur trace. Il n'en fallut pas plus pour attirer l'attention du Garde qui se tenait aux côtés du nouveau Palais de Kiyon.

- Hé ! Halte-là ! s'écriait le Garde.

Tenant sa nouvelle arme d'hast reluisante, le Transposé saisit l'opportunité et vint porter le manche de cette arme contre la gorge de son faux acolyte qui s'était avancé de quelques pas pour aller interpeller le duo de shinobis repérés.

- Qu'est-ce que ... ?

En harmonie, la Tigresse Blanche et le Maître-Esprit épuisaient le souffle de leur victime qui tombèrent en même temps dans les limbes d'une conscience volée. Attendri par le spectacle que lui offrait sa camarade, l'Épouvantail dans son nouveau corps de mastodonte interpella sa collègue pour la rassurer :

- Reikan ! Je suis là. Malheureusement, transposé je ne peux pas utiliser mon éventail de techniques dans le corps d'un autre. Il va falloir que tu m'étouffes, et une fois que cette enveloppe frôlera les frontières de l'inconscience, je regagnerai mon ancien réceptacle pour exploiter leurs souvenirs et modifier celui de notre présence. Ok ?

Étonnamment souriant pour quelqu'un qui demandait à se faire étrangler, l'Illusionniste portait ses deux mains à ses hanches. On pourrait croire à un mensonge qui servait les intérêts d'un pervers ou du jeu d'acteur élaboré de la cible d'une Transposition ratée, qui sait ? Mais Kiyon espérait qu'à ce stade la Tigresse lui fasse suffisamment confiance. Elle finit par enrouler sa gorge, et presser.

- Ne te retiens pas.

« Non ! Je vous en supplie ! Laissez-moi ! Je fuirai ! Je me tairai ! Ne me tuez pas ! »

Intérieurement, la voix du Garde bombardait la conscience de Kiyon. Il ne fit transparaître ce détail à sa camarade, mais il était encore spectateur de ce que son corps avait à subir. Et en cet instant, il devait faire face à la scène de sa suffocation sans le moindre effort de luttes. Même s'il n'avait pas pour projet de faire s'écourter le souffle de la vie de ce cher Monsieur, on pouvait comprendre la cruauté d'un tel spectacle. Mais au lieu de tiquer, d'être peiné, de faire part de cette donnée à Reikan ou encore de se moquer, de jouer avec le piégé, de le faire souffrir, Kiyon ne dit rien. Pas un mot. Ni pour lui, ni pour elle. Il se contentait de fermer les yeux pour se concentrer sur l'instant où l'inconscience serait sur le point de venir le cueillir et aussi, également, éviter la possible gêne d'un croisement de regard lorsque la Cheffe de clan tenterait de lui soutirer tout son souffle ainsi que l'image rémanente de ses membres sur son cou.

« Non ! Arrêtez ! Je vous promets votre secret restera gardé ! »

Que cela s'avère être la vérité ou non, le Chunin refusait de se permettre le moindre risque. Il se rassurait en se disant qu'il réécrirait la mémoire de cet homme, lui sauvant tout traumatisme et qu'il ne jouait pas de ce spectacle pour torturer sa cible. Quelle cruauté demeurait malgré tout. Ne pas tenir l'Égide du Shiden de ce paramètre était-il également acte de cruauté ? Qu'adviendrait-il si elle venait à apprendre ce fait ? Ces quelques considérations accompagnaient le jeune homme alors que, les paupières pourtant fermées, son paysage devint de plus en plus noir, sombre, restreint ...

- K ... Kai !

D'un dernier souffle, il invoqua ce mantra pour briser le sort qu'il maintenait sur le Garde et le laisser sombrer alors que l'enveloppe originelle du Yamanaka se réveillait en absorbant sa plus grosse brise d'air depuis bien longtemps, comme s'il venait d'échapper à une apnée meurtrière ce qui, en soi, était le cas. Revenu à lui, il laissait transparaitre un sourire embarrassé vers sa partenaire de mission. La paire venait de traverser une épreuve ensemble en faisant affront à ce contre-espionnage. Assis en prenant appui sur ses deux bras en arrière, il finit par se relever pour mettre à exploitation la seconde partie du plan : l'extraction des souvenirs de chacune des parties présentes dans cette pièce. Hormis eux, bien entendu.

Commençant par l'embusqué, L'Épouvantail formulait quelques signes avant de pose sa paume sur le crâne de celui qui avait attenté à son corps inconscient. Concentré, il navigua dans les méandres de la tapisserie que tissait l'étendue des expériences et des observations de cet homme. En tant que sentinelle de cette galerie, les abysses de ce soldat représentaient une mine pour les deux kirijins. Attentif, le jeune homme sélectionnait les quelques scènes à sa portée :

- Je n'ai pas grand chose de neuf, mais tout semble confirmer nos pistes. Je vois un personnage récurrent mais je suis incapable de l'identifier, je ne le reconnais pas. Il est bien habillé en tout cas. Par réflexe j'aurais tendance à dire que c'est le commanditaire au vu de sa posture, de son ton, de sa tenue mais bon, les habits, le moine, tout ça. Ça peut très bien être le subordonné de quelqu'un de plus grand, aussi. déclara t-il avant de lâcher sa main, et continuer. J'arrête ici. Il me faut du chakra si je dois fouiller les autres aussi.

D'autres signes, il renouvela le contact sur la même personne dans le but de modifier ces quelques souvenirs afin de donner des justifications plausibles à la trace de strangulation laissée par Reikan ainsi que son inconscience au sein de la galerie. Kiyon parcourut ensuite la salle pour répéter le processus chez chacun des endormis. Fouille, puis réécriture. À la fin de ses petits entretiens individuels, il coupla les informations obtenues afin de construire le récit de ce qu'il avait cueilli, récit qu'il conta en ces quelques mots à Yasei Reikan :

- Tu te souviens du personnage récurrent ? Il s'agirait du commanditaire de tout ce trafic, en toute amicalité avec quelques bandits et gens malintentionnés et pas assez puissants, bien entendu. Mais le "big boss", c'est lui. Kotoku Kita, le Magistrat en charge de l’administration d'Okobore au nom du Seigneur du Pays de l'Eau qu'il tente de détrôner en finançant sa campagne et un éventuel assassinat avec ce commerce ma foi bien fructueux. Je crois que nous tenons les informations que nous recherchions, à moins que tu ne souhaites approfondir l'enquête pour croiser les versions ?

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[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Wcl1
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Yasei Reikan
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Mer 18 Aoû 2021 - 18:48
Son premier réflexe, ce fut de s'écarter d'une violente glissade en arrière en traînant avec elle le corps du Yamanaka qui l'accompagnait. Alertée par ce garde dont ni les contours ni les couleurs ne lui offraient quelque chose de familier, Yasei Reikan avait d'abord prévu de se rendre bien plus prévoyante que d'habitude. Mais à l'écart de cette voix qui lui demeurait bien inconnue et peu rassurante, la métamorphe chercha à retrouver le ton et les mots qu'elle avait déjà connu entre les lèvres de son acolyte du jour. Les sourcils froncés, les doigts étonnamment froissés contre l'habit du réceptacle de chairs de son ami abandonné par son esprit, elle abandonna ses perles d'éther sur cette silhouette étrangère loin d'être creuse et stoïque. Est-ce vraiment lui? Voilà quelle fut la première pensée d'une guerrière qui n'avait jamais fait face aux dons des enfants de l'Esprit. Empoisonnée par le doute, ses traits trouvèrent toutefois une raison de se détendre à l'aube de la nouvelle posture qu'avait adopté l'inconnu qui n'en demeurait un plus qu'à travers son carcan de muscles et d'organes. L'étouffer, alors qu'il se trouve toujours dans ce corps? Mais ne vais-je pas également le...? Assaillie par les pétales de sa réticence, l'Éclair de la Brume chercha d'abord un autre moyen pour se sortir de ce dilemme. Mais entreprenant comme il était, Yamanaka Kiyon ne lui laissait plus le temps d'opter pour une voie moins inconfortable pour leur départ sans crainte de ces mines. Ainsi, l'Épouvantail avait convaincu la Tigresse blanche d'en venir aux mains.

Et presque aux pattes, tant la pression de ses phalanges les faisait pâlir de blancheur sous le poids de son sang bestial pour stopper celui un peu plus humain, qui s'écoulait face à elle avant de s'évanouir dans les méandres de l'inconscience.

Cet homme qui ne lui disait rien, il s'évanouit contre la roche.

Pendant que celui qui lui disait tout, se mit à se séparer d'elle.

Aussitôt, le visage de la changeforme se décrispa à la vue de son camarade qui se remettait de sa transposition spirituelle. Si bien que les tiraillements de ses doigts, qui hurlaient au calme après avoir été tamponnés par la férocité de ses gênes, ne tardèrent plus à se pâmer dans l'oubli de cette scène épineuse mais nécessaire. Appelé auprès des souvenirs à effacer de leurs victimes, l'Héroïne de l'Eau laissa son coéquipier de mission remplir sa fonction de gommeur de mémoires. Pendant qu'elle, plus habile avec ses mains qu'avec les pensées, s'attelait à désarmer leurs poursuivants et leurs obstacles humains pour retarder leur réveil et leur laisser bien plus ample temps pour rebrousser chemin. Puis, demandée par la lune qui luttait contre les nuages à l'extérieur, elle suivit l'avaleur d'idées pour s'assurer que la perte d'énergie ne lui fasse pas défaut sur leur retour. Parce qu'une fois à la sortie des mines, aux aguets, la féline prit d'abord soin de vérifier les alentours avant de lui tendre la main pour en sortir et répondre finalement à sa demande.

« Notre travail est terminé. La croisade de ces versions, ce sera pour une prochaine fois. Désormais, Kiri a déjà bien assez d'éléments en main pour creuser encore plus loin. Si la Seigneurie du Pays de l'Eau est vraiment en cause, elle n'entendra d'ailleurs pas à tarder pour agir, alors rentrons auprès d'elle. »

Yasei Reikan abandonna, à la berceuse du vide, la main de Yamanaka Kiyon.

Et elle lui tourna le dos.

« Navrée si je t'ai blessé, même dans un autre corps que le tien. En ton absence, je ne pense pas que j'aurais pu récupérer autant d'informations sans avoir à m'en prendre à ces hommes des mines. Ta manipulation des esprits... je n'ose pas imaginer à quel point elle sait délier les langues, mieux que le poids des poings. »

Avant que ses pas, éclairés par la lumière lunaire, ne finissent pas la ramener à l'orée de ces sentiers tantôt empruntés par eux. La fin de cette nuit, le Yamanaka et la Yasei eurent vite fait de profiter d'elle et de son épais voile d'obscurité bien arrangeant afin de parcourir le sel de ces marais sans éveiller les soupçons. Même au sein d'Okobore, où la poudre blanche encore nouvelle terrorisait déjà les valeurs de ses habitants, la féline se permit de remonter son capuchon pour passer le plus inaperçue possible à travers les âmes les plus tardives. D'un regard sur le côté et d'une indication de la main, elle s'accorda même le luxe de montrer à son ami qu'ils n'attendraient pas la venue de la prochaine caravane, à la première heure du matin. Non, ils marcheraient en direction de la Cité Brumeuse avant d'y embarquer en plein chemin, afin de ne plus attiser la curiosité des plus indiscrets.

Et une fois attrapés sur sa route, lors des premières lueurs de ce nouveau jour plus fructueux encore pour le Brouillard, Shiroitora usa d'un crayon de bois et d'une note creusée dans un luxueux papier d'ambre pour ancrer hors de ses songes un rapport digne de ce nom, ainsi que les traits d'un dessin guidé par les mots bas de l'Illusionniste.

à l'attention des hautes instances de kiri


Nobuatsu Saji,

Comme exigé dans le rapport de mission, nous nous sommes tout d'abord rendus aux portes du village d'Okobore afin d'enquêter sur les rumeurs de stupéfiants qui circulaient sur cette partie de l'île-mère. Au cœur de ses artères mercantiles, à la limite même des ouvroirs commerçants, il nous a été possible de retrouver la présence de cette poudre blanche suspecte au creux de certaines marchandises, notamment celles de sacs de sel qui se font légions dans cette région où les marais salins sont seigneurs. En s'en emparant sous les chapeaux de pauvres visiteurs venus de loin, nous avons ainsi entrepris de quitter le secteur civil pour suivre la trace de cette substance et remonter sa plus proche source.

Menés près du Mont Aoisan, au pied duquel dormaient des galeries souterraines creusées et entretenues par les Hommes du coin, il nous a été utile d'attendre la tombée de la nuit pour en emprunter la profondeur et se faufiler au plus près de ce nid de production. Pour ne pas nous faire remarquer après avoir fait face aux caissons gorgés de ce stupéfiant, nous avons également pris le luxe d'effacer, en toute discrétion, la mémoire du peu de gardes qui ont pu croiser notre route. Nous en avons également profité pour récupérer certains de leurs souvenirs, liés de près comme de loin à un individu qui semble gérer ce trafic encore naissant mais qui s'avère plus connu que nous le pensions. Kotoku Kita, un Magistrat à la tête de l'administration d'Okobore à la botte de la Seigneurie du pays. Selon les informations tirées de ses subordonnés, il souhaiterait commanditer un coup monté contre le Seigneur de l'Eau à travers le financement de sa campagne. Il se pourrait qu'une tentative d'assassinat veuille certainement se cacher derrière la fructuosité de ce commerce égorgé de principes.

Voici, avec toutes ces informations obtenues, le dessin de cet homme dont les traits, j'espère, sauront vous aiguiller pour l'avenir.


yasei reikan — yamanaka kiyon

Fin de la mission.


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