Soutenez le forum !
1234
Partagez

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan

Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Mer 18 Nov 2020 - 19:14
Trafic dangereuxUne drogue mystérieuse a fait son apparition, dans une petite ville de Mizu. Cette drogue provoque des hallucinations chez ceux qui en usent, leur faisant imaginer des choses heureuses, et les rendant euphoriques. Néanmoins, l’addiction à ce produit arrive très vite chez les consommateurs, qui ne peuvent plus s’en passer et en viennent à tout faire pour s’en procurer, comme par exemple vendre tous leurs biens précieux, mais aussi accepter des tâches criminelles pour obtenir de cette drogue en échange. Il faut remonter la filière, et démanteler le groupe à l’origine de cette drogue, avant qu’elle ne grandisse trop et ne devienne ingérable. Le village en question est celui de Okobore, vous le trouverez en prenant la direction sud-est à la sortie de Kiri, à environ une journée de marche.

Trouver des informations sur le réseau de drogue.
Découvrir qui est à l’origine de sa conception, et où elle est produite.
Faire preuve d’une grande discrétion tout au long de la mission.
Faire un rapport au Mizukage qui enverra une unité du Kyoi pour démanteler le réseau, une fois les informations reçues.



Après avoir passé une nuit mouvementée, Yamanaka Kiyon quittait son appartement du centre de la Brume. Il arborait sa combinaison civile : un kimono d'été d'un vert délavé digne des céramiques d'un Empire central des plus anciens, cheveux attachés vers le bas et geta qui résonnaient particulièrement sur les marches en pierre. Uniforme kirijin au placard car ce matin une mission d'infiltration lui avait été assignée. La plus grande discrétion, donc, était exigée. Et apparemment les instances ne se moquaient pas de lui, car il ne mènerait pas cet exercice seul. Une grande pointure serait à ses côtés : Yasei Reikan. Jonin reconnue du Village et Cheffe du clan Yasei. Rien que ça. Si il devait la comparer au Ninja de Classe Supérieure qui lui a servi d'enseignant; Yuki Yuta, la Sauvage était clairement au-dessus. Elle faisait partie de ce lot de shinobis incontournables et qui dessinaient les contours du visage de la Nation de l'Eau. Il souriait. Ces années passées sous le grade de moyenne-classe commençaient à payer.

L'Ordre de Mission faisait état de l'émergence d'un nouveau trafic. Une cellule clandestine de plus. Il y avait à Kiri des choses qui ne changeraient jamais. Au moins, il pouvait témoigner d'une expérience dans le domaine. Armé de ses arcanes claniques et avec une des sentinelles les plus proéminentes de la Nation à ses côtés, nul doute que ces malfrats ne saurait refuser de ployer le genou face à la force de frappe mobilisée par le village. À moins que ? Devoir s'infiltrer au sein d'un réseau prospère laisse beaucoup de places aux imprévus. Ce n'était pas les premiers qu'affronterait Kiyon, mais peut-être pouvaient-ils avoir raison de lui cette fois ? De plus, les temps ont changé. Nous ne sommes plus en 201. La Pègre connaît bien les shinobis à présent. Qui sait ce que cette cellule avait comme cartes en main pour se défendre des instances kirijines fouineuses, pour éliminer précisément ce qu'envoie à l'instant le Mizukage pour les défaire. Quoi que devra affronter l'Unité, elle avait tout intérêt à être prête.

La destination avait été fixée sur le Village d'Okobore. Bien plus petit que la Cité de la Brume, l'endroit ne resplendissait pas spécialement. Pas bien riche, pas bien pauvre, pas bien grand, une ségrégation marquée et une culture agricole. Le parfait petit village moyen, sans Histoire. En soi, la discrétion servie sur un plateau. Le lieu idéal pour rester sous les radars. Mais pas assez pour échapper aux services secrets de la Nation, apparemment. Puisque c'est bel et bien dans ce bourg sans remous qu'avait été localisé le groupuscule à l'origine du nouvel Elixir de la Discorde qui remuait de son onde la rivière tranquille qu'était redevenu le Pays de l'Eau. À pied, une journée de marche les attendait pour rejoindre Okobore. Mais une caravane unique faisait la liaison entre les deux villages une fois par jour, raccourcissant ainsi le trajet à une après-midi seulement. L'Unité Spéciale opta pour cette option mais avant ils devaient d'abord se rencontrer, faire connaissance, parler des termes de la mission. Sur le papier reçu, le lieu de rendez-vous avait été établi avait été établi à l'arrière de la Maison de bouche du Paradis des Chats, au Nord du Port. Ainsi, tout préparé, c'est derrière le bâtiment que se rendit premièrement le Chunin en espérant y croiser sa partenaire pour une journée :

- "Yasei Reikan ? Je suis Yamanaka Kiyon. Enchanté."

L'Homme en question n'avait pas l'air particulièrement enjoué. Yeux tombants, lèvres stoïques, il ne semblait pas rayonner de chaleur ou de compassion. Pourtant il fit le premier pas, en lui tendant sa main dans l'espoir de serrer la sienne.


_________________
[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Wcl1
- #4a836c
Signature © Aditya
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t10917-yamanaka-kiyon-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t10957-yamanaka-kiyon-carnet#94051 https://www.ascentofshinobi.com/t11777-shinrin-songshu-terminee#102548
Yasei Reikan
Yasei Reikan

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Lun 11 Jan 2021 - 16:04
L'être humain était d'une faiblesse innommable, parfois. Pour résister à une réalité trop amère, pour échapper à un quotidien trop pesant ou pour venir faire taire l'addiction malgré soi et ses volontés, il savait ployer les genous devant bien des vices, bien des échappatoires qui pouvaient néanmoins lui faire frôler le trépas à chaque instant. Les drogues, ces substances capables d'altérer certaines activités neuronales et de faire de leur hôte un véritable insane-rêveur sur pattes, faisaient partie de toutes ces tentations auxquelles tant d'âmes, jeunes ou âgées, avaient succombé. Prisonniers d'un désir devenu vital avec le temps, ils cherchaient en ce nouveau loisir un moyen de combler un vide abyssal qui siégeait en roi dans leur cœur, dont la trace indélébile demeurait impossible à estomper et savait rendre fou celui qui ne pouvait y remédier. Pour Yasei Reikan, c'était là un corolaire de la maladie de l'or. Et celle qui supportait même les responsabilités d'autrui ne pouvait pas tolérer ceux qui tentaient de les rejeter par paresse, par égoïsme. Cet état qui hantait les sens et déversait de l'ivresse en abondance, l'enfant des Bêtes n'appréciait pas l'avoir à sa table. Et entre les murs de son village adoptif, encore moins. De la désespérance pouvait naître une carence, elle-même mère de la dépendance ; voilà quel était la credo de la plupart des individus qui s'adonnaient à ce plaisir ou facilitaient son accès. Tu parles. À ses yeux à elle, il ne s'agissait là que d'un minable subterfuge utilisé dans le seul but de fuir une existence indésirée, insatisfaisante.

Une existence que les victimes de ces remèdes mortels n'arrivaient pas à affronter en face.

Étrangère à tout ce monde souvent incompris, la Tigresse blanche avait toutefois appris la manière de fonctionner des enfants des Hommes. Car si elle ne connaissait que peu les plaisirs humains, son envie de les remettre sur le chemin de la vertu et de la rigueur ne manquait jamais de la titiller – par son éducation qui l'avait forgée comme un vrai produit d'efforts, loin de tout besoin factice. Aujourd'hui, comme pour toutes ses autres missions relatives à la sécurité du Brouillard, il lui fallait affronter son aversion pour de telles pratiques. Et elle ne manquait pas d'armes pour engager ce combat, à l'image de ceux qu'elle avait déjà mené. Que ce soit pour une tâche de repérage visant à analyser le réseau ou de démantèlement destinée à en punir directement les maîtres, Yasei Reikan entendait bien répondre à l'appel de la Cité Brumeuse. Et lui faire honneur, comme à son habitude. Vêtue de son haut de kimono au dos duquel trônait son emblème du Tigre blanc, ainsi que de ses voiles orientaux, elle se rendit au Neko no Rakuen* après s'être imprégnée de la missive reçue et préparée à la remplir. En passant près de la devanture de la maison de restauration, le bruit de ses pas sur les pavés fut interrompu par l'intervention d'un chat dodu et blanc porté par une canne.

kumogiko*:
 

« RRRrrrrrRrreiiiiikaaaan-nēsan!! Tu pars en mission si tôôôt?
Kumogiko. Cela me fait plaisir de te voir. Je passerai bientôt, pour te partager une requête. Ton aide me serait précieuse pour aider à l'établissement des métamorphes, à Kiri.
Oooh, Rrruiuiuii!! Fais attention à toi hein, heiiin! »

D'un hochement de tête, Yasei Reikan acquiesça avant de reprendre sa route et de se détacher de cette artère mercantile principale afin de rejoindre le calme des petites ruelles, derrière la boutique. Se retrouvant nez à nez avec son camarade du jour, elle adressa un petit regard sur l'intégralité de sa silhouette avant d'observer la main qui lui était tendue. Un tantinet étranges, comme entrée en la matière et comme attitude. Mais l'importance qu'il paraissait rattacher à la valeur même du respect n'était pas passée inaperçue aux yeux de l'Héroïne de l'Eau. Elle pencha la tête sur le côté et laissa cliqueter ses boucles d'oreilles griffues dans le vide. Et finalement, sa main dominante se leva pour aller empoigner celle de son coéquipier de la Brume. Une poigne délicate mais mystérieusement ferme, pour une jeune femme de sa taille et de sa corpulence.

« C'est réciproque. Je ne t'ai jamais croisé à Kiri, auparavant. Cela fait-il... longtemps que tu as intégré nos rangs pour participer aux missions? À ce sujet, j'ai pris soin de rassembler certaines informations sur le village où nous comptons nous rendre pour celle dont on a la charge. Si nous ne voulons pas rater le passage de la caravane du jour qui y mène, nous devrions d'ailleurs nous mettre en marche. »

Ni une ni deux, la Fille du Lion sortit de ses plis de vêtements quelques papiers où bataillaient une carte et certaines données à l'égard de la population et des infrastructures d'Okobore. Puis, après l'avoir regardé droit dans les yeux, sa paume se délia de la sienne et ses pas la firent quitter cette petite veine de Kiri la Grande. Dès lors, la Yasei à la peau dorée par le soleil du Désert prit la route conduisant à une sortie au Sud-Est de la Capitale du mystique Archipel. Sur le chemin, elle resta parfaitement de marbre. Mais après quelques minutes, en embarquant dans la caravane qui reliait le repaire de l'Ombre de l'Eau à ce hameau, les traits de son visage bestial couvert d'éphélides se révélait plus ouvert à la discussion et potentielles questions qui pouvaient naître dans le firmament psychique du Yamanaka.

« Nous avons une petite poignée d'heures devant nous, avant d'arriver. Si tu as des interrogations ou des points à soulever sur cette mission ou sur autre chose, c'est le moment. »

*Kumogiko (小麦粉, litt: Farine de blé)
*Neko no Rakuen (猫の楽園, litt: Paradis des chats)

_________________



Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t11624-kiri-equipe-07-kintsukuroi#101073 https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route
Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Mer 20 Jan 2021 - 12:21
Yasei Reikan. Ainsi donc c'est aux côtés de la Tigresse Blanche qu'il accomplirait sa Mission. Le Yamanaka était un gradé mais lorsqu'on comparait le duo, face à elle c'était un Aspirant à peine sorti du Complexe Shinobi. La carte de leurs haut-faits était dans deux dimensions clairement différentes. Cela ne voulait pas dire qu'il allait être un poids pour la suite des choses. Qu'importe l'historique, Kiyon devra peser par ses actes ce soir, hors de question de se laisser submerger ou de devenir le subalterne servant de décoration à sa partenaire. Elle vint tout de même lui serrer la main en réponse, scellant ainsi le premier contact entre les deux êtres. Extension de son Âme, la fermeté du coup de main de la Dame des Sables n'eut rien à envier aux plus gros colosses d'Asosan sans pour autant douloureusement s'imposer à celui à qui elle échangeait cette poignée. D'un air pas si anodin, la Féline l'interrogea sur sa présence au sein de l'armée du Pays de l'Eau. Kiyon a partcipé à la construction du Village, faisant partie des premiers à s'être déclarés "Kirijins". Une personne avec plus d'ego que lui aurait pu prendre cette question comme une attaque personnelle. Il était peut-être temps de s'illustrer plus ouvertement et d'enclencher la vitesse supérieure de sa carrière militaire :

- J'ai rejoint le Pays de l'Eau quand Kiri n'était encore qu'en construction. J'ai posé les briques de nos murailles et j'ai rejoint les rangs quand le Village a été construit. déclara t-il de son habituelle voix monotone, absente de toute variation voire, parfois d'émotions. Allons-y.

Sur ces mots, la paire se mit en direction de la Caravane. Traversant les rues de la Ville, l'Unité formait un duo Lune et Soleil lorsque de dos leur crinière se balançait. La partie Ombre serait attribuée à l'ébène qui vibrait dans les cheveux de la Nomade ainsi qu'à la teinte de ses atours. Tandis que la Lumière, elle, était illustrée par la brillance du soleil reflétée par la pâleur des traits de l'Épouvantail, sertis du jaune stellaire de sa coiffure. À l'intérieur pourtant, les rôles étaient inversés. Pour ceux qui connaissaient la Cheffe de Clan, ils la savaient caractérisée par la flamme de la Justice et de la volonté qui brûlait en elle. Une personne active, volontaire et gardant toujours ce regard alerte et prêt à agir. Un art martial vif qui se démarquait par sa vitesse d’exécution et son aspect ostentatoire, sans camouflage, sans secrets. Si son apparence était lunaire, son for intérieur, lui, brûlait avec la même puissance que l'Astre solaire. L'inversion ne faisait pas exception pour Kiyon. Si les couleurs de son corps étaient proches de la lumière et du domaine de la pureté et de l'immaculé, sa conscience était tachetée. D'une Histoire faite de trahisons, le jeune homme a appris malgré lui à garder un silence d'outre-tombe comme pourrait en témoigner sa voix dont les vibrations passeraient parfois pour celles d'un Damné. Réprouvé parmi les Vivants, la chaleur de ses couleurs est écrasée par le froid mordant qui paralyse son visage de toute expression pouvant lui prêter un semblant d'humanité. Jusque dans son surnom, l'Épouvantail ne représente que le souterrain, le caché, l'obscur et le silence. Mais enfin ce duo interchangeable rejoignait la Caravane tant attendue. Instrument mobile qui les amènerait sur les lieux où leur capacité d'enquête serait mise à rude épreuve, il était peut-être temps pour la paire qui n'avait pas muté mot depuis les présentations de faire connaissance.

- Je pense qu'avant tout nous devrions être au point sur les capacités de chacun, afin d'établir le meilleur plan. Depuis que vous avez enclenché l'exil de votre clan dans la Brume, tout le monde connaît le nom de "Yasei". Mais avez-vous entendu parler du clan Yamanaka ?

Assis face à elle, l'homme qui jusque-là regardait l'horizon fixa ses œillades sur la céleste pupille de sa camarade pour appuyer sa dernière phrase tout en gardant un oeil sur d'éventuelles oreilles indiscrètes de passagers alentours.

_________________
[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Wcl1
- #4a836c
Signature © Aditya
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t10917-yamanaka-kiyon-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t10957-yamanaka-kiyon-carnet#94051 https://www.ascentofshinobi.com/t11777-shinrin-songshu-terminee#102548
Yasei Reikan
Yasei Reikan

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Lun 1 Fév 2021 - 18:04
Puissante, Yasei Reikan avait appris à le devenir au gré des saisons écoulées sur l'Archipel, depuis l'abandon de son père. Mais elle savait aussi se faire discrète, fidèle à sa nature d'enfant des Bêtes et à son passé de vagabonde sur les routes de pierre, de gadoue ou encore de sel du Yuukan. Car pendant une partie de sa vie, la bestiale n'avait eu d'autre choix que de se plier à un apprentissage de sa métamorphose et de tous les instincts qui en découlaient dans la plus splendide des fatalités. Comme un chasseur pouvait dresser ses canidés, la Tigresse blanche avait dompté ses intuitions, ses forces et ses faiblesses. En terrain aride ou surplombé de neige, il avait été important pour elle de cultiver tout ce qui pouvait être à son avantage et de se servir des désavantages de sa mutation, à laquelle il avait été impossible de ne pas se réduire, comme un tremplin. Grandie par l'empreinte de la nature et de ses désirs les plus simplets, elle se servait de son carcan de femme comme de prédateur en vue d'avancer sans ne jamais régresser. Embellie par ses prouesses et la ténacité de ses griffes, force était de constater que la guerrière n'entendait pas, un seul jour, mettre de côté un seul des atouts qui collaient tant à sa peau qu'à sa fourrure. Au profit du Brouillard, tout était bon à mettre aux yeux de l'Héroïne de l'Eau.

Que le trône de la mission demeure aux mains de la force ou la discrétion, elle savait quoi en faire.

Voilà pourquoi elle ne trouva pas la moindre question à poser à son camarade du jour, au départ de la caravane sur le sentier de sortie du village. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'elle l'entendit de sa bouche mettre sur la table le sujet de ce mystérieux clan? Du haut de son grade secret d'Éclair de la Brume, l'occasion lui avait été offerte de pouvoir s'intéresser à toute heure les éléments du dossier de ce shinobi de la Cité Brumeuse. Pourtant, elle ne s'en était pas inquiétée, pour une fois. C'était la raison pour laquelle sa curiosité avait été piquée par la question de Kiyon, sans prévenir, sans prévoir. Du plus lointain souvenir qu'elle détenait du Pays du Feu, la Fille du Vent n'en savait qu'assez peu sur ceux qui savaient tordre les pensées d'autrui pour leurs intérêts ; quelle aubaine était-ce à cet instant précis que de se trouver en compagnie d'un d'eux, avec des heures à perdre dans les pattes. Dans la course de son passé, en quête d'informations pertinentes, la crinière de jais plissa les paupières et laissa leur myosotis s'intensifier sous le joug de sa réflexion. Finalement, elle s'autorisa à planter son regard dans celui de cet homme, qui contrairement à elle avait participé à la gloire de Kiri la Grande dès ses premiers jours, aussi funestes avaient-ils pu être.

Empreinte de franchise, elle répondit d'une voix limpide et sans bafouiller.

« Là où j'ai vu le jour, l'on dit que les membres de ce clan sont des démons. Non pas des démons dévoreurs de chair comme certains métamorphes, mais d'esprit. Je n'ai quasiment jamais eu l'occasion d'en côtoyer un, à vrai dire. Mais j'imagine que cette rareté n'est en aucun cas un légitime témoin de leur dangerosité pour les Hommes. Longtemps, les miens ont vécu cachés. Mais en ma présence, je n'ai jamais entendu dire que leur puissance était déchue. Le titre de Tigresse blanche suffit à faire naître en toi un soupçon vrai à l'égard de mes capacités bestiales. Hormis cela, je maîtrise le Vent et la Terre. Quant à toi... je pense que tu as saisi que je manquais cruellement d'informations sur le clan auquel tu es affilié. Saurais-tu y remédier, pour la poignée d'heures qui s'apprête à s'écouler? »

Le bras surélevé par un accoudoir et le menton légèrement soutenu par le dos de sa dextre, notre combattante aux épaulières dorées adopta une posture un peu moins rigoureuse sans pour autant en sembler moins noble que d'habitude. Ses pupilles céruléennes rivées sur cette figure macabre de son vis-à-vis, elles trahirent en un rien de temps le profond intérêt qui semblait faire gronder son sang à ce moment-là. Celle qui aimait découvrir le monde et ceux qui l'entouraient s'attendait à en apprendre davantage sur les capacités mystiques d'un clan encore meurtri par l'obscurité de cette réalité, tout comme l'avait été le sien pendant de si nombreuses années. Il était temps d'en savoir un peu plus sur Yamanaka Kiyon, que tout le monde s'amusait à voir comme un cadavre en avance sur son temps.

_________________



Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t11624-kiri-equipe-07-kintsukuroi#101073 https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route
Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Dim 7 Fév 2021 - 2:28
La caravane entamait son bout de chemin jusqu'au village d'Okobore. À mesure que le temps avançait, une bulle commençait à se former entre Reikan et Kiyon et se resserrait. Au final, au lieu de parler de la mission comme il l'avait prévu, l'Épouvantail finit par parler de lui-même. Ce dernier avait demandé à la Tigresse Blanche si le nom de "Yamanaka" avait déjà traversé son pavillon. À cette requête il entendit des récits qu'il n'avait plus entendu depuis longtemps. En contexte de guerre civile au Pays du Feu, les tensions et les oppositions exacerbaient les discours d'exclusion et les rumeurs bancales, mais depuis qu'il avait embrassé l'épaisse brume du Pays de l'Eau, ces remarques s'étaient épuisées justifié par l'ignorance plus vaste de l'existence du clan en ces nouvelles contrées. Mais on peut s'attendre à ce qu'une lignée continentale de nomades tels que les Yasei eurent récoltés quelques mythes et contes sur leur trajet. La cheffe de clan n'avait pas sélectionné le récit le moins antagonisant, mais Kiyon n'avait pas d'atteintes sur la propagation des rumeurs même les plus malvenues. En avait-il, d'ailleurs, seulement cure ?

- Vous n'êtes pas si éloignée de la vérité. Basiquement, nous avons la capacité d'éjecter notre propre âme de notre corps. Si dans son trajet cette dernière rencontre un autre corps, alors nous sommes capables de nous approprier cette enveloppe. À partir de ce moment, on pourrait penser que l'Âme de la cible serait éjectée ou en quelque sorte endormie. Il n'en est rien. Elle se retrouve obligée d'assister à la perte de contrôle du vaisseau qui marque son identité et son individualité. On peut imaginer que c'est à partir de ce don que le surnom que vous nous prêtez puise son origine.

Le jeune homme tint cependant à rappeler que la Transposition n'avait rien de mystique. Il ne s'agissait pas de sorcellerie ou de tour de magie. Pas plus que se transformer en Seigneur blanc rayé. C'est une utilisation pure et simple de son chakra, du ninjutsu. Pour recentrer son propos, il s'inclina un peu plus en avant, faisant trôner ses coudes sur ses cuisses et repris la parole :

- Cet état n'est pas éternel dans la mesure où il nécessite de dépenser du chakra pour le maintenir. Il ne s'agit donc pas d'une magie diabolique mais du ninjutsu à part entière. Voici donc la technique phare de notre clan, celle qui nous a rendu célèbres et, dans une certaine mesure, craints. Le mythe originel qui a servi de fondation au récit populaire que vous m'avez conté, un discours ostracisant. Mais jusqu'à preuve du contraire, nous ne contrôlons pas le monde dans les ombres. Bien que cela ne nous serait pas impossible si nous mettions en œuvre une entente en ce but. Cela ne nous intéresse juste pas. Du moins, de ce que je sais. Les choses ont peut-être changé depuis mon enfance au Pays du Feu.

Elles avaient forcément changé. Entre temps le Soshikidan s'était élevé et l'Empire du Feu avait émergé, se solidifiant une position stable. Ou en tout cas stable à l'échelle de ce que le Pays du Feu avait précédemment connu. L'image du Clan était liée de manière inhérente au Teikoku tant que ce dernier fut porté par son premier dirigeant : Yamanaka Rei. Ce nom était apparu pour la première fois à Kiyon dans la Gazette, jamais ce personnage ne s'était fait connaître du temps de son enfance. Mais de ce que l'Épouvantail savait, l'Empereur ne portait pas le reste du clan derrière lui. Ni chef ni Représentant, l'image de sa famille restait toujours obscure. Puissent les agissements de cet homme avoir au moins embelli le regard du peuple sur les Maîtres de l'Esprit. La technique qui leur portait le plus préjudice, la Transposition, était d'ailleurs injustement dressée comme Totem de leurs péchés. Dans les faits, ce jutsu était assez rarement utilisé en combat de par sa difficulté de mise en place. Peut-être, cela dit, qu'historiquement le clan a gravi les échelons à l'aide de cet art. Après tout, c'est bien ce qu'ont fait les parents de Kiyon :

- Si nous sommes capables de prendre le contrôle du corps d'autrui, le dénominateur commun de nos arcanes n'est pas un phénomène, la prise de contrôle, mais un objet : l'Âme. à ces mots, le Blond leva sa main gauche à hauteur de son propre visage puis ferma son poing à l'exception du majeur et de l'index, qu'il laissait dressés, exécutant un signe incantatoire. Le reste de ses mots trouveront leur place directement dans l'esprit de son interlocutrice, sans que ses lèvres n'eurent à se mouvoir. Nous sommes capables d'établir une communication réciproque dans l'esprit d'autrui sans passer par le Genjutsu, ce qui fait de nous de bons atouts de communication aux yeux des Villages Cachés. De plus, notre lien avec les Âmes fait de nous de bons interrogateurs - certains diront tortionnaires -, étant aptes à accéder à l'esprit d'une cible dans sa pureté, nous mentir devient compliqué voire inenvisageable. Et lorsque l'éthique n'est pas un obstacle, nous pouvons également avoir accès aux souvenirs d'autrui. Avec ou sans son consentement.

Il abaissa sa main et son mûdra et ses lèvres se remirent à bouger. Peut-être que Reikan avait trouvé cette expérience désagréable. Kiyon l'ignorait. Il avait estimé bon d'apporter un peu de concret à ses propos. Quoi qu'il puisse en être, sa présentation n'était pas terminée. Les capacités du clan Yamanaka faisaient partie de l'essentiel de l'éventail de techniques de ce dernier, mais pas forcément dans toute leur pureté. À vrai dire, il ne se transposait que très peu et les interrogatoires restaient des situations exceptionnelles et, la plupart du temps, convoquées officiellement. En situation réelle, ses arcanes servaient plutôt à sublimer son domaine de prédilection majeur : les arts illusoires.

- Pour certains, ces techniques spirituelles nous donnent également de plus grandes dispositions dans d'autres domaines précis. Il peut s'agir de la Sensorialité ou, dans mon cas, le Genjutsu. L'objet est similaire : l'Âme. Mais la méthode ainsi que l'usage diffèrent. Mon ascendance clanique et mon répertoire illusoire font en sorte que mes techniques peuvent facilement trouver leur place dans des enchaînements avec des partenaires. Mais j'ai mis un point d'honneur à rester compétitif en affrontement solitaire. Je me suis suffisamment entraîné dans les arts affinitaires du vent pour que ma survie n'ait pas à dépendre d'autrui. Je peux défendre tout comme je peux être létal.

Hors de question pour Kiyon d'être rangé dans la simple case de "Soutien". Peu de gens pouvaient lui faire concurrence dans ce domaine, certes, mais il ne lui était pas envisageable de ne devoir se contenter de supporter sans avoir le pouvoir d'agir en solitaire. Se démarquer ne voulait pas forcément dire être solitaire ou individualiste, si votre survie dépend d'autrui comment voulez-vous, vous, assurer celle de ce même autrui ? L'Épouvantail n'avait rien à envier aux autres Chunin dans son potentiel offensif. Il avait mérité son rang. Il n'avait d'autres informations à apporter à son interlocutrice quant à ses capacités. Peut-être, si Reikan n'avait d'autres questions, pourraient-ils passer au tracé d'un début de plan ou peut-être attendront-ils de d'abord poser pied sur le lieu de leur mission.

Spoiler:
 

_________________
[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Wcl1
- #4a836c
Signature © Aditya
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t10917-yamanaka-kiyon-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t10957-yamanaka-kiyon-carnet#94051 https://www.ascentofshinobi.com/t11777-shinrin-songshu-terminee#102548
Yasei Reikan
Yasei Reikan

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Mer 17 Fév 2021 - 20:43
Les enfants des Bêtes demeuraient mystifiés, dans l'inconscient collectif du monde entier. Mais ils n'étaient visiblement pas les seuls à souffrir des conséquences d'une réputation si nébuleuse, que certains estimaient comme une barrière aux secrets les plus fous, les plus attrayants. Nés au cœur même du Pays du Feu, les enfants de l'Esprit restaient dorés de ce même rang de mordus par le mystère, redoutés pour cette capacité d'analyse et parfois même, de persuasion forcée. Avec eux, l'âme aussi bien que le psyché n'incarnaient qu'un autre membre, une autre extension du carcan de chair que l'on cherchait tant à défendre pour assurer sa survie. Si contre n'importe qui, il se trouvait à l'abri derrière cette enveloppe de chair et d'os, il n'en était rien face à un Yamanaka armé de ses redoutables techniques claniques. Loin d'être à l'aise sur un champ de bataille où tout pouvait aller si vite, surtout en l'absence d'alliés, ils excellaient dans l'espionnage, la récupération d'informations et même le domaine des interrogatoires ou des tortures. Sous leur joug, le corps n'était pas l'unique jouet en vue de faire céder une volonté trop forte et dévouée. À vrai dire, cette frontière physique ne trouvait même plus raison d'exister dans leur monde de spiritualité, où les esprits se détachaient de leurs cuirasses et s'y rattachaient par leur bon vouloir, sans la moindre intervention de la mort. Et pour ces villages cachés qui ne comptaient pas de manipulateurs de l'esprit, le manque de cette arme si indispensable les poussait souvent à s'en mordre les doigts.

Mais pour Yasei Reikan, c'était là un potentiel fascinant avant d'en apparaître utile.

Une fascination difficile à cacher et mise de côté pour la fin de la besogne.

Sans fourcher sa langue d'un quelconque mot, la Tigresse blanche s'imprégna de toutes les vastes informations que l'Épouvantail voulait bien lui délivrer en vue d'assurer la réussite de leur alliance. Au point qu'elle ne laissait pas une miette de sa confidence aux oubliettes. Quelle ne fut d'ailleurs pas son cher étonnement, à l'instant même où la féline entrevit son coéquipier du jour maintenir le mudrā du Tigre... et qu'elle entendit cette voix ricocher par remous à l'intérieur de sa tête? Comme témoins de sa surprise, ses paupières s'étaient écarquillées sans retenue ; mais elle ne se détacha pas moins de son discours, auquel elle attribuait une féroce attention. Longtemps, d'aucuns avaient douté de l'existence miraculeuse d'un tel lien télépathique au sein de cette réalité. Mais la Fille du Lion, elle, n'avait pas pris crainte devant une telle révélation. Médusée, cette dernière demeurait pourtant bien rôdée en ce qu'il s'agissait des modes de communication à part entière, en marge du langage des Hommes. Parce qu'en sa qualité de changeuse de peau, aux sens plus développés que nul en ce monde, la bestiale s'était déjà faite une raison sur les limites parfois diaboliquement coriaces à cerner du chakra. Contre toute attente, l'essai du Yamanaka sur son psyché ne lui laissa pas une mauvaise empreinte. Et elle le lui fit comprendre.

« Une guerrière douée en métamorphose, un autre dans la manipulation de l'esprit. L'Ombre de l'Eau n'a pas fait son choix en dehors de toute connaissance de cause, visiblement. Ce n'est qu'un soulagement pour moi que de savoir mon camarade apte à se rendre autonome, notamment au sujet de sa défense personnelle. Malgré tout, si j'ai bien compris, pendant ce laps de temps où tu investis un esprit ennemi, c'est ton corps qui se trouve sans protection. Si jamais cela devait arriver, sache que je saurai me tenir à l'affût pour qu'il ne lui arrive rien et que tu puisses y revenir en sécurité. À ma discrétion et à ta force de persuasion, j'ose douter que notre mission puisse se solder par un échec. Du moins, tant que l'on ne prend pas ce trafic et ses esclaves à la légère. »

aoisan:
 

Sitôt, la Yasei aux éphélides sortit de sa tenue de haute gradée deux plans. L'un présentant l'île-mère dans sa globalité et l'autre, ce fameux village d'Okobore qui siégeait à l'Est de cette dernière. Empruntés au Quartier Général de la Main de la Justice, ceux-ci semblaient parfaitement détailler les routes même de fortune, les habitations civiles et les places-fortes de ce hameau qui constituait un axe charnier entre la Cité Brumeuse et les étendues salines qui traversaient le cœur des terres de l'Archipel. Pendant quelques secondes, notre changeforme riva son attention sur cette proximité évidente à travers les marais de sel, l'utilisation mercantile que l'on en faisait et la naissance d'une machinerie peu scrupuleuse liée à une dangereuse panacée. Puis ses yeux éthérés, prédateurs de curiosité et d'indices, cherchèrent à savoir si le Yamanaka se révélait doté de la même perspicacité qu'elle. En même temps, son index s'affaira à illustrer ses prochains propos en se déplaçant sur les cartes, comme témoin des différents infrastructures douteuses qui pourraient servir à repérer la tête du réseau.

« Entre Okobore et Kiri la Grande, un tel commerce du sel a toujours été un précieux atout tant pour les réserves que les échanges vers les territoires continentaux. Mais ce serait aussi un puissant avantage destiné à faire circuler des produits illégaux, si j'étais à la place de quelqu'un qui souhaiterait s'enrichir sur le dos d'une drogue qui est encore jeune. Il ne faudrait pas non plus tourner le dos à ces mines qui ont été désaffectées depuis les inondations causées par Sanbi au pied de l'Aoisan*, car elles pourraient constituer un entrepôt idéal pour mettre hors d'atteinte des autorités une marchandise véreuse. Nous n'avons pas encore posé une patte dans ce village, mais voilà nos premières pistes.
Nous n'allons pas tarder à arriver à Okobore, visiteurs. »

Un hennissement accompagna l'annonce du cocher, poussant notre métamorphe à hocher la tête devant Kiyon afin de s'assurer qu'il ait bien écouté ses propos et soit prêt pour la suite. Ensuite, sa main droite s'en alla ranger les cartographies dans les plis de ses vêtements pendant que sa main gauche balayait légèrement le mur-tissu de la caravane en vue d'en observer l'extérieur. Malgré le brouillard, il était possible de remarquer les ombres des bâtisses cerclées par d'importants terrains vagues où sommeillaient certainement des cultures salantes. Le transport eut vite fait de stopper sa progression, à l'entrée même de ce hameau d'Okobore qui était sa destination finale. Et aussitôt, la combattante aux épaulières de lions dorées s'enquit d'emprunter l'unique marche pour en sortir et rejoindre le sol bercé par la brumaille du midi.

*Aoisan (葵山, litt: Mont mauve)


_________________



Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t11624-kiri-equipe-07-kintsukuroi#101073 https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route
Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Jeu 4 Mar 2021 - 22:23
La Métamorphe répondit de tout son entrain. Il semblait que la paire s'associait avec facilité. Cette mission serait peut-être la naissance d'une suite de collaborations, pourquoi pas encore plus larges si le résultat de leur travail s'en trouvait favorable. Reikan avait eu l'amusant réflexe de qualifier les clients de ce trafic narcotique d' « esclaves ». Voilà qui en disait long sur sa manière d'aborder la problématique de la dépendance. Qu'en pensait Kiyon, dans tout cela ? Pour lui, il n'existait pas qu'une seule addiction mais bien des addictions. Il n'y a pas plus grand discours d'une culture que sa manière de classifier les choses et de se les représenter. Ainsi, ce que quelques peuples pouvaient qualifier de « drogues », d'autres leur donneraient le nom d' « instrument rituel », de « médicament », ou encore d'autres choses. En ce sens, les différentes utilisations d'une substance identique à travers le monde semblaient démontrer de manière criante que le problème n'était jamais l'élément utilisé en soi, mais l'expression de sa manipulation par les hommes. C'est l'usage qui définit le danger. Est-ce que la pratique changeait entre « la drogue » et « l'instrument rituel », « le médicament » ? Parfois oui, parfois non. Alors comment avancer, à partir de là, si tout était relatif ?

Dans cette zone grise de porosité, un instrument permettait au Yamanaka de se positionner clairement : la Morale. S'il aurait encore fallut définir ce qu'était la morale et à quel point cette notion était elle aussi teintée de relativisme, cette même subjectivité lui permettait justement d'agir selon sa morale, et ainsi d'avancer sans continuer à être paralysé de considérations philosophiques, soyons honnêtes, peu utiles. C'est cette morale et sa manifestation dans l'usage différencié d'un même élément qui lui permettait de distinguer le mal du bien ou, plus vulgairement, ce qu'il n'approuvait de ce qu'il n'approuvait pas. Ainsi, si l'addiction à de telles substances ne lui paraissait pas être un problème en soi, l'exploitation de l'accoutumance à des fins mercantiles concentrées sur le peu d'emprise qu'ont les affectés sur ce paramètre lui paraissait profondément immorale. Loin, pour autant, d'innocenter entièrement le consommateur, il considère également ce dernier coupable lorsque sa toxicomanie porte atteinte à autrui, que cela soit physiquement, mentalement, dans la réalisation de projets vertueux ou dans son épanouissement. En résumé, Kiyon n'est pas contre la production et l'utilisation de substances accoutumantes, mais trouve immorale l'exploitation commerciale de l'addiction des consommateurs et pense dangereuse la toxicomanie à partir du moment où elle impacte négativement autrui.

Outre ces quelques considérations, Reikan semblait confiante en l'harmonie de leur duo et donc, par extension, du succès de leur entreprise. Kiyon était moins catégorique, mais tout aussi enthousiaste. L'imprévu avait toujours été des choses qui préoccupaient son esprit surtout depuis qu'il se soit retrouvé seul contre tous, dans son adolescence, et cette mission ne faisait pas exception.

- Je n'en espère pas moins.

Cela ne l'empêchait d'être positif quant à son estimation de l'issue de leur collaboration, comme le démontrait la légère esquisse de ses lèvres en guise de réponse. Objectivement, le Yamanaka était un élément dont l'éventail de techniques se conjuguait volontiers au travail d'équipe et qui, de base, avait un répertoire prédisposé à l'infiltration. Et lorsque le travail d'équipe concernait un atout aussi performant que Shiroitora, il y avait de quoi être diablement efficaces. De sa poche, la Farouche dévoilait deux cartes avant de les dérouler. Elle lui indiquait les éléments soulevés par son discours, rendant concrètes ses suspicions et autres arguments, aidant son partenaire à appréhender clairement sa pensée et sa vision. Son raisonnement avait du poids ; l'histoire des flux entre Kiri et Okobore aurait pu justifier le choix de cette bourgade comme haut-lieu de production de cet hallucinogène. Son visage s’éclaircit d'un instant de clarté au moment où sa partenaire fit mention des mines d'Aoisan :

- Cette piste me paraît clairvoyante. On devrait peut-être aller les inspecter en premier lieu, qu'en penses-tu ?

Comme tout récemment annoncé par le cocher de cette carriole, le mouvement des roues s'interrompit pour laisser les voyageurs débarquer sur leur destination finale. Mais apparemment, un peu de marche attendait encore le duo s'il souhaitait se rendre aux mines désaffectés en contrebas du Mont Mauve. L’Épouvantail réajusta sa tenue un instant et réaffirma la poigne de ses getas sur ses pieds avant d'emboîter le pas aux côtés de Shiroitora :

- La mission commence, Yasei Reikan. En avant.

En entamant la traversée du hameau, le Blond s'arrêta un instant au détour d'une échoppe pour acheter un chapeau de paille conique et l'enfiler. Il n'avait pas correctement prit la mesure de la frénésie du soleil en campagne sous cette chaleur d'été. Ayant emprunté l'axe principal du village en faisant l'effort de paraître le plus anecdotique possible pour ne pas se faire remarquer et ensuite arriver aux marais salins qui séparait la bourgade du Mont, il décrocha du sol une tige qu'il posa entre ses dents pour la faire dépasser de sa bouche.

- Destination : Aoisan.

_________________
[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Wcl1
- #4a836c
Signature © Aditya
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t10917-yamanaka-kiyon-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t10957-yamanaka-kiyon-carnet#94051 https://www.ascentofshinobi.com/t11777-shinrin-songshu-terminee#102548
Yasei Reikan
Yasei Reikan

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Sam 6 Mar 2021 - 19:05
Cet entrain magnifique, avec lequel la Tigresse blanche s'investissait dans ses missions, demeurait particulièrement communicatif, à la manière d'un rire qui avait la tendance de se propager chez les personnes les plus réceptives et même celles qui avaient moins une habitude de l'être. Yamanaka Kiyon fit d'ailleurs emporter par tant d'enthousiasme et de confiance à l'égard de la réussite avec sa collaboratrice du jour, si bien qu'il prit même la peine de complimenter ses remarques et de prendre les devants de leur parcours en vue d'essayer de se greffer une place de choix au sein de l'estime de sa camarade qui, pourtant, se comptait déjà parmi les figures les plus incontournables de la Cité Brumeuse. D'un simple hochement de tête, la métamorphe lui avait intimé son accord afin d'établir le point de démarrage de leurs recherches au pied de ce Mont mauve, qui se dressait au milieu de ces tels champs salins allongés à perte de vue sur l'île-mère de l'Archipel. En l'entrevoyant jouir de toute son assurance à l'arrivée au hameau d'Okobore, Yasei Reikan ne put s'empêcher de retenir un léger rictus au coin de ses lèvres. L'Épouvantail pouvait dorénavant caresser son joli chapeau et mâchouiller sa brindille, mais force était de constater qu'ils devaient demeurer à l'affût.

Car il ne leur fallait pas offrir le dos aux corbeaux qui les attendaient, à l'ombre des rues pleinement ensoleillées de ce petit village commercial.

D'ailleurs, la Jōnin du Brouillard avait pris ses plus méticuleuses dispositions avant de descendre de la caravane. Ses épaulières dorées de combattante nomade, elle les avait dissimulées sous les bandoulières de son sac-à-dos et de son satin étranger. Son bandeau d'habitude frontal, lui, n'avait eu d'autre choix que de se ranger auprès de son équipement, dans le ventre de sa sacoche ninja. Reikan avait même entrepris le soin de défaire sa crinière de jais de certaines de ses parures, pour ne plus attirer l'attention dont une ordinaire voyageuse et civile aurait été épargnée au cours de son périple. Tous ces minimes détails, ingénieusement emboîtés les uns aux autres, lui permirent de ne pas nourrir la méfiance qui pouvait trôner dans la démarche de certains continuant timidement leur train de vie, au coin de plusieurs ruelles. Commerçants, clients habitués ou venus de l'autre bout du monde, travailleurs, habitants à plein temps, la population de cette partie des marais salins prouvait à quel point la vie s'avérait diversifiée, à Okobore. Il s'agissait ici d'un panier de choix, dans lequel notre chère Shiroitora devait embourber l'une de ses pattes avec pour but de tenter de pêcher leur gros poisson. Pendant plusieurs secondes, la jeune femme devint silencieuse à souhait et attarda le regard avide d'informations sur les parcelles et stands mercantiles, en quête de la personne qui saurait satisfaire les prémices de leur enquête.

Une part de cette tenue satinée redressée sur le haut de sa tête, comme aurait pu le faire l'un des typiques voiles nés du soleil de plomb du Désert, la changeforme en profita pour métamorphoser en toute discrétion ses oreilles de Tigre blanc, parmi les mèches d'ébène de sa chevelure. Sans se faire remarquer ni instaurer petit temps de pause à leur marche, la Yasei aux éphélides se permit d'écouter la plupart des conversations environnantes qui grouillaient et piaillaient tout autour de leur trajet, au beau milieu de cette artère riche en échanges. Le regard perdu sur l'horizon courbé par le galbe de l'Aoisan, elle s'obligea à filtrer tout ce qui lui passait par les oreilles. Avant de retrouver, peut-être, sur le premier élément concret de leur piste dont les voix hurlaient aux soupçons.

technique utilisée:
 

Parasitée par tous les bruits de la petite cheminée humaine dans laquelle l'alliance des guerriers de la Brume s'embourbait, l'enfant des Bêtes chercha tant bien que mal à focaliser son attention sur la conversation.

« Quelle... temps. Allez mon vieux, ne nous... ça. Tu sais très bien que même à une heure d'ici, il... ce que tu fais. Et surtout, tout ce que tu dis.
Paie-nous Tokei, puis... filera. Tu nous... danger, surtout... autorités de Kiri... nos portes.
Je n'ai pas eu... tout écouler...
Les gars, je crois... oublié qui avait permis à ce village d'échapper... famine. Peut-être qu'il serait utile... rappel à l'ordre des... »

Le cap du duo venait de changer, sous le joug de Yasei Reikan qui ne prévint pas son coéquipier mais fit un bref mouvement volte-face pour l'en avertir, lui qui devait suivre la cadence s'il ne voulait pas se retrouver à la traîne. Le visage de l'Héroïne de l'Eau avait changé, rendu bien plus doux et aimable qu'en temps normal. Ainsi approchée de ce modeste vendeur de sel, qui affichait une mine déconfite à son entourage d'hommes de mauvais goûts vestimentaires et manières, la changeuse de peau fit disparaître toute trace de bestialité au niveau de ses oreilles animales, qui se cachèrent d'elles-mêmes sous sa chevelure. D'un tendre geste de la main, elle baissa le voile de satin obscur au bas de sa nuque pour dévoiler son minois bordé d'innocence et de bienveillance, teinté de cet espoir de faire affaire avec un tel commerçant dont les pieds demeuraient recouverts par les sacs bondés de cette épice minérale blanche comme les nuages. Sans prendre part à leur discussion précédente, la féline fit comme si de rien n'était et s'imposa avec autant de fermeté que de douceur féminine.

« Mes excuses, messieurs. Mais si vous n'échangez pas au sujet de la marchandise, je compte bien le faire. Pourrais-je avoir une maigre quantité de votre sel, marchand? Au vu de ce voyage qui nous attend, mon compagnon et moi, notre permission reste hélas celle du goût.
...
Je ne peux malheureusement pas m'encombrer d'une plus grande partie, au grand dam de nos réserves. Mais découvrir votre produit m'intéresse.
Je comprends, mademoiselle. Auriez-vous une idée de quel calibre de sel pourrait vous satisfaire?
Fin et blanc sont mes premiers critères.
Permettez quelques instants, dans ce cas. »

Sitôt, ce Tokei se releva afin d'aller emprunter une spatule et servir sa cliente. Les autres individus, ils se regroupèrent et échangèrent nombre d'œillades, avant d'échouer des regards méprisants sur celle qui gardait ses yeux céruléens rivés sur les bagages salins au sol. Ils lui tournèrent finalement le dos après quelques instants, résignés à ne pas faire trop parler d'eux devant une inconnue pour ne pas attirer une curiosité probablement mal placée sur la nature de leurs affaires. Et derechef, la métamorphe tourna la tête vers le Yamanaka pour lui esquisser un sourire franc et sincère, pendant que son pied droit s'avançait en douce près d'une besace en vue, d'un coup de griffes apparues en un clin d'œil, de venir l'amputer de sa solidité et lui infliger une coupure, l'obligeant à déverser une part de son sel sur le plancher. Au retour du saunier, la kunoichi lui redonna son attention pendant qu'il s'affairait à répondre à cette demande. Quelle ne fut pas sa surprise, lorsqu'il empoigna l'un de ses sacs et découvrit sa fuite à même le sol? Le faciès de la métamorphe se tordit de gêne, comme s'il n'était même plus le levier de ses véritables émotions et que son marbre habituel se façonnait au gré de ses seules envies.

« Mince. Ce doit être le seul abîmé, pas d'inquiétude. Je vais en prendre un autre.
Navrée de demander cela, mais pourriez-vous plutôt voir à l'arrière au cas où vous auriez une marchandise vierge d'atteinte? En votre absence je me suis permise de vérifier et... j'ose même espérer que vous déteniez un sel plus fin, plus blanc encore que celui sur vos étales. Pardonnez l'exigence, mais entendez que nous venons de très loin...
...Ne vous en faites pas, je comprends. Attendez-moi ici.
Naturellement. »

Quelques secondes s'écoulèrent, durant lesquelles le groupuscule peina à l'attente. Si bien qu'au bout d'un moment, ils décidèrent de quitter le stand, non sans manquer d'adresser leur méfiance visuelle à cette jeune femme et cette échoppe salante, où leurs obligations les rappelleraient tôt ou tard. Et ainsi, l'ombre du marchand se détacha à nouveau de la pénombre de son magasin intérieur épargné par la lumière du midi, avec un autre sac en main. De celui-ci, il fit s'en écouler une petite quantité dans l'espace d'une fiole avant de la tendre à l'acheteuse, qui lui délivra en retour ses ryōs.

« Voici. J'espère que votre palais n'en sera que plus friand.
Je vous remercie pour votre temps et votre sel, marchand. Puisse les étoiles de l'Eau vous protéger. »

La Tigresse blanche lui rendit son sourire, avant de lui tourner son dos et retourner dans l'armada humaine avec son équipier. Point mot n'osa s'extirper d'entre ses lèvres charnues avant au moins quelques pas et regards discrets, alors que la fiole de sel trônait toujours entre les fins doigts de sa main droite. Yasei Reikan attendit même que les maisons vendeuses et les visiteurs se fassent plus rares, au point de tenir la main à cette route qui les mènerait au Mont mauve. Face à telle forêt d'arbres, qui tranchait délibérément avec tous ces marais gorgés de sel, la féline s'arrêta et accorda un coup d'œil à leurs arrières, vides d'une autre présence. D'abord muette, l'ancienne vagabonde humidifia le bout de son index droit entre ses lèvres, avant d'ouvrir la fiole pour en verser un peu de son contenu sur celui-ci, afin qu'il s'y accroche par l'effet d'humectation. Son autre main vint tendre le contenant à son camarade, pendant qu'elle dressait son doigt à la lueur du jour. Sur celui-ci, l'on pouvait clairement y distinguer la présence de cristaux de sel et d'une poudre blanche, mêlés l'un à l'autre. Ce mélange était fait certes avec assez de modération pour passer inaperçu au sein d'une grosse quantité, mais une fois pris à part, cette sobriété demeurait cruellement insuffisante.

« On voulait une piste, mais on a en réalité un champ de mines. Okobore ne semble pas épargné dans la moindre de ses parcelles par ce commerce. Saurais-tu mettre un nom sur cette poudre ou penses-tu qu'il s'agirait bien de notre jeune drogue déjà en tendance dans cette région? »


_________________



Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t11624-kiri-equipe-07-kintsukuroi#101073 https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route
Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Jeu 18 Mar 2021 - 21:21
Okobore avait tout de ce qu'on pouvait attendre d'un village marchand. Une large allée piétonne qui la coupait du Sud au Nord et une effervescence de râteliers et de petites rues aux échoppes fournies tout le long du chemin. Cette recrudescence de petits chemins sombres devait être du pain béni pour les affaires les plus louches. Pègre, violence, criminalité et pourtant, la bourgade ne semblait pas si corrompue que cela. Les habitants et les enfants jouaient librement, l'insécurité ne semblait être la préoccupation de personne. La ville était vivante. Au final, c'était peut-être ça qui était le plus étrange, car tout prédestinait Okobore à être un haut-lieu de la pègre ; qu'il s'agisse de la position du village dans le pays, son activité marchande ou sa géographie urbaine. L'esprit de Kiyon s'ouvrit donc à une conclusion. Il n'affirmerait pas qu'il en était forcément ainsi, mais si affaires gangrenées il y avait, celles-ci avaient forcément lieu en sous-terrain, à l'abri du regard des passants. Le Village avait beau ne pas avoir l'air entre les mains d'un dictateur, cela ne l'empêchait pas d'éventuellement être, dans les coulisses, gangrené.

Sous son chapeau et les mains jointes couvertes par l'union des manches de son kimono, le Yamanaka avançait aux côtés de la Tigresse, tige en bouche et regard baladeur. Il profitait de l'ombre projetée sur ses yeux pour épier les alentours de manière discrète, sans mouvement de tête. Rien de bien concret ne lui apparut à part une activité urbaine notable, hors de toute anomalie. Apparemment, les informations collectées différaient de celles de Yasei Reikan. Une piste devait avoir été trouvée pour que soudain elle lui intime de changer de cap. Eux qui jusque-là parcouraient la rue principale qui incarnait l'artère du village effectueraient un petit virage vers une boutique précise. Un commerce salin comme tant d'autres dans cette terre qui en a fait son ivoire. L'Épouvantail suivait les pas de l'Enfant des Dunes. Venue du désert, elle était plongée en ce jour au cœur des sables blancs, quelle ironie.

Quelques loubards s'étaient attroupés autour du commerce. Au vu de la position de leur corps, ils étaient occupés avec son tenancier avant que que l'alliance ne fasse irruption. Et pas pour des achats, puisqu'ils interrompirent leurs affaires lorsque le couple d'indiscrets s'invita. Tandis que la Féline vaquait à son observation flottante, l'Épouvantail profita de la couverture de ses manches pour former un signe incantatoire unique sans élever les suspicions. Sous cette action, il opéra un Transfert Spirituel avec une des armoires à glace aux alentours, lui permettant d'accéder aux pensées de l'individu :

Technique utilisée:
 

"Elle est bien chiante la capricieuse, qu'est-ce qu'elle veut ?"

La communication engendrée par Je'wa Laeba n'était pas unilatérale. Les pensées de Kiyon étaient incluses dans ce canal spirituel. Il devait donc opérer à un jeu d'activation et de désactivation de sa technique à un rythme suffisamment pointu pour ne pas transmettre son discours interne, auquel cas il risquerait d'alerter sa cible. Cette connexion saccadée était loin d'être ergonomique mais personne, pas même un Yamanaka, ne pouvait faire taire ses pensées. Si la première phrase put être obtenue dans son intégralité, le reste devra être récolté par intermittences basées sur un rythme « 1 sur 2 » :

"Qu'elle ... à ... son ... Plus ... est ... plus ... concentration ... Poudre ... importante... comme ... et ... vas ... devenir ... cliente ... Hé ..., merci ... pour ... coffres ... brunette... a ... petit ... sympa ..., la ...!"

Il n'y avait pas besoin d'être un Spectre du Kyoi pour remarquer que la présence des deux intrus dérangeait les balourds. Kiyon échappait providentiellement à leur regard, mais il se faisait lourd derrière les épaules de la membre du groupe d'intervention éclair. Était-ce à cause de sa condition de femme ? À cause du pinaillage de ses requêtes ? Ou parce que sa prestance l'emmenait irrémédiablement à se démarquer de la foule ? Qui sait ?

"On ...beau ..., la ...fait ...miracles. ...retour ...investissement ...phénoménal. ...nous ...puissance, ... Le ...achètera ...ascension ...jusqu'à ...Seigneurie. ...là, ...Pays ...mangera ...la ..."

Toujours était-il que les emplettes prenaient leur fin et qu'il fallait à présent faire demi-tour et reprendre la route en direction du Mont Mauve. Aucun mot ne fut échangé entre les deux estafettes durant leur trajet. Du moins, en apparence. Car une fois de plus, les manches du kirijin lui furent bien pratiques. Un autre mûdra fut composé en leur couverture :

Technique utilisée:
 

''J'ai pu obtenir une piste. On en reparle quand on aura quitté le village, il faudrait pas qu'on se rende suspect en ayant l'air ailleurs.''

Sans laisser sa partenaire répondre, il coupa court au canal et aucune parole ne fut émise jusqu'à ce qu'ils aient atteint une relative isolation. C'est ainsi qu'en s’assurant que leurs arrières étaient vierges de toute oreille ou regard que Reikan ouvrit la fiole après avoir atteint son doigt avec sa langue et l'y plongea sur quelques cristaux, les examinant de toute leur transparence face à la lumière du soleil d'été.

- Je n'ai pas de nom à t'apporter. Cela dit, je peux confirmer tes soupçons. C'est la piste dont je te parlais tout-à-l'heure.

Son menton s'inclina en biais pour que son visage soit tourné vers la Bestiale à son côté droit et un peu plus petite que lui.

- De ce que j'ai pu récolter plus tôt du flux de conscience d'un des hommes autour de notre boutique de sel, le sel est coupé à une substance addictive qui est censée fidéliser le client. Je suppose que c'est à ce sujet qu'ils s'entretenaient avant que notre arrivée ne les interrompe. Je suppose aussi que c'était la piste que tu cherchais à étayer en rendant le sel le plus fin possible?

Son regard se porta ensuite sur la silhouette du Mont Mauve qui était, face à eux, de plus en plus évidente à discerner :

- Je n'ai rien obtenu qui puisse mener la piste jusqu'à Aoisan. Mais quelque chose me dit que cette colline n'est pas tout à fait innocente, l'instinct, peut-être. C'est peut-être ça ma part animale, l'intuition ? Qu'en penses-tu, Cheffe des Bêtes?

Il esquissa un léger sourire en coin, volontairement complice.

- Cela dit, j'ai pu intercepter une mention faite de la "Seigneurie". J'ignore si le Daimyô est complice de cette affaire ou menacé par celle-ci, mais on tient peut-être un objectif. Il faut bien financer une carrière pour monter en politique, non?

L'Épouvantail savait de quoi il parlait. Au Pays du Feu, il avait été élevé par des parents ambitieux qui usaient de leurs talents pour couvrir une ascension en politique. Jusqu'à ce que leurs méthodes se retournent contre eux, ou plutôt, contre Kiyon.

_________________
[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Wcl1
- #4a836c
Signature © Aditya
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t10917-yamanaka-kiyon-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t10957-yamanaka-kiyon-carnet#94051 https://www.ascentofshinobi.com/t11777-shinrin-songshu-terminee#102548
Yasei Reikan
Yasei Reikan

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Lun 19 Avr 2021 - 21:38
Lentement, les paupières de jais de Yasei Reikan se plissèrent au fur et à mesure que les réponses de Yamanaka Kiyon parvenaient à ses oreilles. Parce que sans s'poser plus de questions que cela lorsque le silence avait dû se faire d'or, au moment même où elle avait dérivé de leur route afin de se rendre auprès d'autrui sans l'ombre d'un mot ou d'une indication, il avait nourri une même exacte ambition qu'elle en s'attachant au flux de pensées de leurs proies pendant qu'elle se fixait sur leurs propos et leurs réactions corporelles, pour ne pas perdre de vue l'objectif de la discrète mission de sentinelles et d'éclaireurs avant l'aube de l'action. Le son, l'odeur et la pensée ; presque tout venait de faire défauts à ces hommes qui, aux abords d'un marchand de fortune qui se produisait dans un point pourtant fabuleusement stratégique du hameau ne s'étaient peut-être pas inquiétés une seule seconde de l'attache combattante entretenue par tels visiteurs. Et ainsi, s'étaient laissés aller sans remords, tant par leurs langues que par leurs réflexions intestines dont l'enfant des Bêtes et l'enfant de l'Esprit se voulaient pourtant les maîtres à travers ces dons que les sangs et le chakra leur avait offert ; seuls conscients des trésors qui se cachaient à travers les silhouettes de ces individus, les guerriers de la Brume tenaient une solide piste qui pourrait les guider vers l'origine de ces négoces trop clandestines pour être honnêtes. Un instant, la métamorphe frotta ses fins doigts entre eux afin de mieux séparer la poudre des cristaux, avant d'approcher ces petits résidus du bout de son nez pour les renifler discrètement et laisser leurs traces odorantes investir complètement ses narines.

Puis avec douceur, ses pupilles s'en allèrent trouver le visage de Kiyon.

Un franc sourire naquit ainsi sur ses lèvres charnues, à la remarque sur la part animale qui pouvait sommeiller en lui.

« Qui sait? L'instinct des enfants des Bêtes est bien vaste. Rendons-nous au pied de cette montagne, je suis certaine qu'on apprendra plus d'elle que de la bouche de ces Hommes. »

Après avoir humé une telle substance et retenu cette effluve au bras de sa mémoire olfactive, Yasei Reikan effrita l'une contre l'autre les deux matières sur son épiderme hâlé par le soleil du Pays du Vent pour mieux les estomper, au gré de la brise estivale qui parcourait la sortie du quartier. Ainsi, la féline s'attela à reprendre une marche sur un chemin non plus de pavés mais désormais de terre, qui serpentait entre les rares résineux présents dans ce territoire salin et plat. Les mains contre les bandoulières de son sac, ses yeux ne purent s'empêcher de contempler l'environnement mêlant le blanc du sel à une châtaigne de l'écorce de tels arbres qui, malgré leur pénurie, en profitaient pour habiller ce paysages de formes et d'ombres, en l'honneur du flanc d'Aoisan qui se voulait être seul à transgresser un terrain si insipide par sa déclivité. Mais puisqu'il leur fallut bien plusieurs minutes avant de pouvoir l'atteindre, la Yasei aux éphélides se permit d'amputer le silence entre l'enfant de l'Esprit et elle, sans pour autant refermer la distance qui les séparait sur cette route terrestre. Seule sa tête se permit une mimique physique particulièrement notable et presque singulière, puisqu'elle dodelina sur le côté à la manière d'un félin et imputa une jolie mélodie à leur progression ; celle de ses boucles d'oreilles griffues, seuls bijoux à qui elle avait autorisé d'embellir encore sa crinière de jais, pendant cette intervention à Okobore.

« Dis-moi, Kiyon. Il est vrai qu'à Kiri et dans notre Pays de l'Eau tout entier, tout le monde connait le nom du clan Yasei désormais. Mais si celui que tu portes n'en fait pas autant, pourquoi alors porter le bandeau de ce Brouillard? Que trouves-tu donc à la Brume et que tous les autres n'ont pas? »

En ses perles d'éther, une lueur de curiosité semblait s'être allumée sans crier garde, envenimée par l'envie toujours plus croissante de notre changeforme d'en savoir plus sur ceux qui l'entouraient et ce qu'autrui pouvait porter en son cœur, à ses côtés. Celle qui avait entrevu son premier jour sur les dunes du Désert et expiré son premier souffle sur leur sable se révélait sûrement être la mieux placée pour exprimer ce sentiment incompréhensible et inévitable qui l'avait poussée à ne plus se détacher de la Cité Brumeuse pour une autre, une fois en son sein. Malgré l'envie irrépressible de parcourir le monde et ses contrées, qui parfois lui déchirait les entrailles et les idées, Yasei Reikan avait trouvé en cet Archipel un lieu de refuge, un berceau qui pouvait peut-être accueillir la germe d'une paix derrière ses vagues. Non pas que grâce à son climat rendu favorable pour les membres de son clan, à travers ses diverses et foisonnantes îles, mais aussi pour la culture qu'il entretenait vis-à-vis de ses enfants, de ses combattants. Plus encore à ce jour, sous la sage égide du Cavalier de Feu, la guerrière aux épaulières d'or ne voyait sa maison nulle part ailleurs qu'à Kiri. Mais était-ce propre à son caractère et ses ambitions, qui la poussaient à porter sur le monde un regard sans haine, ou bien le Yamanaka avait-il lui aussi partagé une telle attraction que peu de mots sauraient expliquer? Sans vouloir se rendre trop intrusive, elle attendit une réponse de sa part pour éclairer cette part de nébulosité. Du moins, jusqu'à ce que les premiers stigmates telluriques lui rappellent à quel point ils s'étaient rendus proches d'Aoisan, en ne pouvant même plus entrevoir la cime volée par la mer de nuages.

Toujours assez esseulés, la Tigresse blanche se permit de balayer encore une fois du regard leurs arrières avant de faire face au pan montagnard. Et alors que ses membranes internes se muaient sous le joug de sa volonté bestiale, à l'abri des yeux du monde extérieur, elle se rappela de l'odeur de cette poudre addictive et chercha, à même l'air, une potentielle trace olfactive. Sans arrêter leur avancée, la changeuse de peau se concentra sur son don sensoriel et filtra ces différentes odeurs présentes pour repérer la seule et l'unique qui mériterait de déployer toute son utilité. Plusieurs fois, la Jōnin de la Brume s'arrêta sur place, se tourna, se mit à ralentir avant de reprendre le rythme de ses pas ; et aucun arrêt ne fut mis à l'honneur, pas tant que son nez n'eut trouvé satisfaction à l'air environnant. Voyageurs, grues, rongeurs, fumée de kiseru*, résine à bois et violettes ; les senteurs de bien des éléments sur ce pan de l'île-mère remontaient à son nez. Et enfin, l'odeur aromatique qu'elle traquait lui vint aux narines. Et sitôt la changeforme suivit ce fumet invisible mais néanmoins parfaitement discernable par son odorat surdéveloppé, imprimé dans la cartographie sensorielle de son esprit. Si bien que pendant un petit moment, Reikan prit les devants et amena son camarade à contourner une partie de ce mont, sans quitter l'allée terreuse.[invisible_edit]

technique utilisée:
 

*Kiseru (煙管, litt: Pipe traditionnelle japonaise, faite de bambou ou de métal)

_________________





Dernière édition par Yasei Reikan le Mar 27 Avr 2021 - 16:52, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t5305-yasei-reikan https://www.ascentofshinobi.com/t11624-kiri-equipe-07-kintsukuroi#101073 https://www.ascentofshinobi.com/t5407-yasei-reikan-carnet-de-route
Yamanaka Kiyon
Yamanaka Kiyon

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Empty
Mar 20 Avr 2021 - 23:18
Curieuse chose qu'était l'instinct. On se plaisait à le ranger du côté de l'animalité, part indéfectible de la condition naturelle de l'Homme et pourtant on ne saurait s'en targuer trop ardemment. Véritable conscience sauvage, l'instinct était de ces choses pour lesquelles l'Homme se considérait trop haut pour ne pas le dresser en opposition au domaine de la raison. Et pourtant, pourquoi se donner tant de mal à refuser autant de crédit à l'intuition ? Mais s'il y avait bien une chose sur laquelle Yasei Reikan avait raison, c'était sur le caractère étendu de ce qu'on pouvait ranger sous le parapluie de la notion «d'instinct». Entre vanité humaine de se distinguer de tout ce qui était trop animal pour lui et intuition salvatrice jusqu'au simple sens de l'orientation, on pouvait tout faire entrer dans cette valise à tiroirs. D'un air amusé, il acquiesçait donc silencieusement à ses propos sans rien avoir à ajouter à la direction indiquée par celle qui était son supérieur hiérarchique. Le chemin jusqu'au Mont Mauve amenait la paire à emprunter une route plus terreuse, laissant quelques traces de leur pas et, ultimement, de leur passage au rythme de leur course. Le menton droit devant lui , il relevait ce paramètre en cours de chemin :

- On laisse des empreintes sur ce chemin. Je n'aime pas trop ça ...

Il n'insistait pas plus que de raison. Que pouvaient-ils y faire ? Voler ? Se camoufler ne changeait pas non plus grand chose aux traces qu'ils pouvaient laisser. Emprunter des chemins de traverse ? Face au manque de relief des marais salins, il n'y avait pas vraiment ce genre de routes secrètes. Ils allaient devoir faire avec ce paramètre et, en résumé, prier. Continuant leur petit bout de chemin en restant aux aguets, un certain silence traduisant leur concentration s'était installé durant le voyage. Scrutant les environs en tentant de garder des mouvements de corps naturels, le duo faisait peu attention l'un à l'autre. Un strict professionnalisme semblait ainsi, en l'instant, régir le rapport qu'entretenaient l'Épouvantail et la Tigresse Blanche. Peut-être en serait-il autrement une fois cette mission menée à bien. Et pourtant.

Et pourtant, oui, Kiyon fut pris au dépourvu par la curiosité de Reikan. De nulle part, la question des origines du jeune homme fut soulevée. On pouvait comprendre, lorsqu'on connaissait la Nomade, que ce paramètre avait de quoi l'intéresser. En plus d'adosser de temps à autre la responsabilité de qui pouvait et ne pouvait pas entrer parmi les frontières dressées par les vagues de l'Océan de Mizu, l'histoire de la Farouche criait l'importance de ses racines. Elle aussi venait de loin. Elle aussi portait une ancestralité millénaire dans son sang. Elle aussi portait un nom peu étranger à son lot de rumeurs et de mysticisme. Mais si cette dernière avait l'habitude de jeter un regard par-dessus l'épaule pour garder un oeil sur le passé de temps à autre, Kiyon lui ne pouvait plus que regarder en face de lui. D'abord vers le présent puis depuis récemment de plus en plus vers l'avenir.

- La Brume m'apporte qui je suis. Yamanaka Kiyon n'a pas de sens ailleurs qu'à Kiri, c'est ici que je me suis constuit. Ou plutôt reconstruit. Veux-tu que je te raconte tout en toute honnêteté ?

Ne détournant pas un seul instant son regard d'Aoisan qui personnifiait leur direction ainsi que leur objectif de mission, le Maître-Esprit laissait un instant au silence pour permettre à sa camarade de pondérer quelques considérations que pouvaient ou non impliquer sa question, avant de reprendre :

- Comme on peut le penser de n'importe quel Yamanaka j'ai vu le jour dans le Pays du Feu. Dans les contreforts de quelques monts au Nord-Ouest, pour être précis. La Guerre civile y faisait toujours rage, le Teikoku et le Soshikidan ne voulaient encore rien dire. Si certains ont vécu un enfer des fautes de l'instabilité politique, ce ne fut pas mon cas. Au contraire, ma famille était plutôt de ceux qui y prospéraient. Sur le front et dans les petits papiers de la noblesse seigneuriale, j'ai été élevé comme instrument de l'ambition de mes parents.

Le rythme de ses pas se firent plus lents et l'attention portée à son entourage un peu amoindrie tandis que son regard restait figé sur la figure du massif rocheux qui les attendait. Sa vision se transformait peu à peu en un couloir qui le reliait à ce Mont, de plus en plus étroit.

- Je n'ai pas souffert de cette éducation. Si la pédagogie qui m'a été apportée était plus intéressée et stratégique que portée par l'amour, je n'ai pas à dire que j'ai souffert de coups ou de maltraitance. Je mangeais bien, les embrassades étaient rares mais personne ne le vivait mal. Surtout en pleine guerre civile où je pouvais clairement bénir le privilège qui m'était fait. Mais cette proximité avec le pouvoir seigneurial est monté à la tête des mes parents. Ils se sont intéressés à la politique, au pouvoir. C'est une thématique qui a toujours entouré les histoires autour de notre nom. Alors forcément, nos arcanes étaient bien utiles pour servir leurs intérêts.

Sentant qu'il apportait déjà plus de détails que ce qui lui avait été demandé, Kiyon accélérait le rythme de ses mots et multipliait les raccourcis dans le chemin de son histoire :

- C'est pour servir leurs objectifs qu'on m'a appris à devenir Maître-Esprit. Il aurait été trop risqué pour mes parents de se salir les mains ou de se faire prendre dans leur complot, alors c'était moi qu'on envoyait pour se transposer, mentir, manipuler, transformer les souvenirs, les discours et parfois assassiner, jusqu'à ce que ça se retourne contre eux ou plutôt contre moi. Ils avaient réussi à tirer une place confortable mais la phase finale de leur plan qui avait pour vocation de leur ouvrir la dernière porte leur demandait de viser un poisson trop gros pour eux, pour moi. Le castelet était bien gardé, je me suis fait prendre. Je fus jeté en geôles jusqu'à mon procès. Mes parents furent innocentés grâce à un témoignage bricolé par leurs soins et qui m'incriminait entièrement tout en les dédouanant. Ils m'ont fait passer pour celui qui avait de trop grandes ambitions et la sentence fut prononcée : l'exil. Déchu de ma nationalité, apatride, je me retrouvais confronté à la guerre civile au même titre que les autres hijins. Plus aucun privilège pour moi cette fois. Plus de petite bourgeoisie.

Enfin, il arrivait au coeur de la question qui lui avait été posée. Pourquoi Kiri ?

- J'ai été élevé en outil. J'ai eu une fonction avant d'avoir une identité. J'avais un prénom, bien entendu, mais qui étais-je ? Je n'avais jamais appris à exprimer mon individualité. J'étais personne, j'étais quelque chose. C'est à cette période que dans les terres les plus à l'Ouest du Pays du Feu, en 196, on murmurait des nouvelles de l'Archipel caché dans la Brume. Le Pays connaissait un renouveau, se débarrassait de sa gangrène et s'érigeait. C'est exactement ce dont j'avais besoin, d'une renaissance. Alors en même temps que les premières pierres de la Cité Militaire, les fondations de qui Yamanaka Kiyon commencèrent à se poser. Mon identité, qui je suis, mon individualité, tout ça est intrinsèquement lié à Kiri car c'est ensemble que nous nous sommes construits. Si elle n'a pas besoin de moi pour perdurer, moi si. C'est en aidant à la Purge et à la construction que je fis partie du premier lot de ceux qui en reçurent le bandeau frappé de son insigne.

Profondément fier, le menton de l'Épouvantail s'élevait, faisant quitter son regard du Mont Mauve pour rejoindre le bleu du Ciel en cette journée d'été sans nuage. Un sourire léger se dessinait à mesure que ses paupières s'étendaient, un air profondément apaisé marquait son visage.

- Voilà ce que je trouve dans la Brume et que tous les autres n'ont pas : moi. C'est pour ça que je suis relativement indifférent aux événements qui pourraient toucher le Continent aujourd'hui. Kiyon a vu le jour là-bas mais est né sur l'Archipel. Je n'étais personne avant si ce n'est peut-être quelqu'un d'autre. Quelque chose d'autre en tout cas. Pour autant, aucune rancœur ne marque mon coeur. Me venger n'aurait aucun sens. Venger qui ? Ce Kiyon n'existe plus et je n'ai pas pour vocation de le retrouver. Ainsi, le sort de mes parents m'importe peu.

Sur ces mots se conclut son histoire. Il avait mobilisé beaucoup du temps de parole que leur accordait la durée de leur trajet mais ce n'était pas tant sa faute s'il n'était pas atterri du jour au lendemain dans l'Archipel. Peut-être aurait-il pu raccourcir son propos mais son aversion pour les malentendus nourrissait en lui une obsession pour la contextualisation qui avait parfois cette longueur de conte en guise d'effet indésirable. Mais s'il n'était pas spécialement fier de son passé, il était fier de là où ce passé l'avait amené. Fier du présent.

- Et toi Reikan, toi non plus tu ne viens pas d'ici ? Si j'ai pu entendre des contes avec ton nom, j'aimerais beaucoup savoir ce que tu as à dire, ce qui peut venir de toi. Puis toi seule détient cette vérité après tout.

Après être passé du mauve de la montagne au bleu du ciel, son regard touchait maintenant l'opale de celui de la Tigresse tout en gardant le même sourire apaisé. Depuis qu'ils avaient quitté les portes du village d'Okobore, le menton de Kiyon avait été tenu droit devant lui, mais cette fois-ci il était tourné vers Reikan. En tout cas jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin au pied d'Aoisan.

_________________
[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan Wcl1
- #4a836c
Signature © Aditya
Revenir en haut Aller en bas
https://www.ascentofshinobi.com/t10917-yamanaka-kiyon-terminee https://www.ascentofshinobi.com/t10957-yamanaka-kiyon-carnet#94051 https://www.ascentofshinobi.com/t11777-shinrin-songshu-terminee#102548

[Mission B] Trafic Dangereux - Yasei Reikan

Page 1 sur 1

Ascent of Shinobi :: Territoires de l'Eau :: Mizu no Kuni, Pays de l'Eau
Sauter vers: