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Un simple devoir

Oterashi Yanosa
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Ven 4 Déc 2020 - 13:49
« Descennnnd, j’te dis ! Ou toi et ta donzelle on te découpe façon tranche de lard !!
- P- Pitié, ne faites pas ça, je vous en priie !
- Papaaaa !! »

La dextre puissante de l’un des pillards venait d’empoigner le bras frêle et menu de la jeune femme sans doute âgée de moins de vingt ans. L’homme visiblement crasseux et paré de guenilles, vestiges de vêtements de qualité qui témoignaient de la position sociale de leur ancien propriétaire, traîna la pucelle au sol, attrapant ses cheveux, la faisant crier encore davantage tout en rien à gorge déployée. La crasse, l’alcool, la sueur et la boue envahirent les narines de la jeune femme, telle la sombre promesse d’un avenir sombre et violent.

« Arrêtez !! »

A présent debout sur sa carriole, la colère prit le pas sur la peur chez le menuisier, prêt à bondir pour aller libérer sa douce enfant des griffes de son tortionnaire. Un coup sec adressé par le leader de la troupe à l’aide d manche de sa lance mit fin à son élan, le faisant chuter sur la croupe de l’un des bœufs de trait nerveux, tenus en respect par les armes en acier grossier tendues par les pillards.. Le père rebondit, tomba dans la boue tête la première sous la lourde pluie d’été.

« Voilàààà, c’est mieux comme ça ! Hey Chôzu, tu m’en laisses un morceau hein ?
- Haha, compte là d’ssus !
- J’vous buterai !! J’vous- ! Khuff ! »

A peine relevé que le menuisier se retrouvait à nouveau à terre, plié en deux par le coup de botte dans les côtes, à présent certainement fêlées. Le dénommé Chôzu toujours continuait à traîner la pucelle, qui hurlait et se débattait de plus belle. D’un coup sec, il l’attira à lui.

« Mais ferm’la, putain ! »

Un revers de sa main lourde et grasse frappa le visage de la toute jeune femme seulement retenue par l’emprise du malandrin sur son bras. Elle faillit perdre connaissance : un mal pour un bien, songea-t-elle dans les tréfonds de son âme, car pour toute son innocence, elle se figurait assez bien ce qui l’attendait, et ne tenait pas à en faire la pleine et entière expérience.

Un bruit, un choc vif et humide, l’accrocha cependant à la réalité. Sa vue troublée, elle se sentit redressée, son dos plaqué contre le torse répugnant de Chôzu. Son emprise était ferme mais nerveuse, et elle sentit la froideur de l’acier rencontrer son cou. Tout bourdonnait autours d’elle mais bientôt, ses yeux firent le point, lui donnant à voir le corps écroulé de celui qui avait violenté son père, ce dernier rampant vers la lance de celui-ci pour s’en emparer dans un effort à la fois désespéré et plein d’un espoir retrouvé. Et lorsque son regard dériva sur le côté, incrédule, il ne rencontra que les contours informes d’une ombre mouvante, insaisissable en plein jour, plus fluide que le vent sous le barrage de gouttes de pluie.

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Dernière édition par Oterashi Yanosa le Ven 4 Déc 2020 - 22:42, édité 1 fois
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Ven 4 Déc 2020 - 22:41
Bénéficier de l’effet de surprise contre des brutes sans cervelle comme celles-ci rendait les choses presque trop faciles. Quand la vie de citoyens Tsuchijins était dans la balance, cependant, réduire les risques au minimum n’était pas un choix à faire, mais un devoir à part entière. Le balayage arien exécuté avec son tibia à destination de la tempe du premier larron était certainement un déploiement de force un tantinet excessif compte tenu de la situation, mais il suivait en tout cas cette philosophie, fermant la porte à toutes représailles en causant certainement un trauma cânien mortel. Cette entrée en matière bouclée, devant l’incrédulité de la demie-douzaine de pillards encore présents, le guerrier calciné recouvert de bandages sombres n’eut aucun mal à fermer les distances, pénétrant la garde des lanciers, se glissant jusqu’à eux jusqu’à pouvoir empaler simultanément deux d’entre eux sur des pieux extrudés de son corps.

Le sang gicla, des cris retentirent. Un sabre de piètre qualité fendit l’air en direction de son visage : sa poigne implacable agrippa la main qui maniait l’arme, la fit ployer, tandis que de sa main libre était expédié un coup de poing rocheux qui sembla annihiler le visage tout entier du pillard, ce dernier transformé en masse sanguinolente et chuintante. Le Tellurique souleva le corps que la vie était en train de quitter, l’envoyant s’embrocher sur l’attaque hasardeuse du dernier criminel à proximité avant de contourner ce dernier. Sa main le frappa deux fois : le premier coup, au foie, s’avéra totalement superflu et dispensable, provoquant simplement douleur, peur et impuissance. Le second, lui, toucha sèchement et brutalement la nuque, mettant fin à toutes ces sensations et émotions.

Ne restait dès lors plus qu’un détail à régler, un détail sur lequel le Chûnin braqua un regard de braise aussi froid que la mort elle-même.

« R-Recule !! Barre-toi, ou j’la bute ! T’as compris !? Casse-toi, bordel !! »

La jeune femme plaquée de force contre lui, un tanto sur la gorge, nageait dans les limbes de sa torpeur et de son désarroi. Chôzu, lui, était visiblement et légitimement très nerveux, d’aucun dirait habité d’une peur panique. Le shinobi, lui, resta de marbre, immobile au milieu des corps. Attiré par eux comme par un aimant, le regard du pillard passa frénétiquement des dépouilles à celui qui venait de les engendrer. Il ne fallut pas plus à ce dernier : son bras se dressa d’une traite, projetant deux formes sombres et pointues de sa paume, l’une pour le poignet de Chôzu, l’autre pour sa tête. Le craquement sec de la boîte crânienne transpercée retentit, succédé par un cri, celui de la jeune femme, qui venait vraisemblablement de recouvrer au moins en partie ses esprits. Tandis qu’elle se ruait vers son père, qui se soutenait péniblement à l’aide de la lance, Yanosa jeta un coup d’oeil autour de lui.

« Merci...Merci mon Dieu…, finit par souffler le menuisier.
- ...Dieu n’a rien à voir là-dedans. Vous êtes blessé ?
- N-Non, je...Hhsshhh !
- ...Vos côtes, elles ont trinqué.
- Aidez-le ! S’il vous plaît, vous…
- Je ne peux rien pour ça, je suis pas médecin. Allongez-le dans la carriole, il doit éviter de bouger.
- Vous… vous êtes d’Iwa ? » demanda le père avec une soudaine pointe de défiance dans la voix.

En guise de réponse, l’Oterashi retourna simplement la plaque qu’il gardait dissimulée à son ceinturon, donnant à voir le symbole de la Roche. Le menuisier l’oeilla un instant, essayant visiblement de se convaincre que cette plaque et la confiance qu’elle véhiculait prévalait sur l’apparence terrifiante, presque repoussante de son sauveur.

« Installez-le. Je vais dégager le sentier. Votre destination ?
- ...Toori. Nous allons à Toori. »

Le guerrier calciné hocha la tête, faisant signe à la jeune fille de s’exécuter. Pendant qu’elle installait au mieux son géniteur au milieu de leur cargaison, Yanosa fit le tri, récupérant les rares objets d’intérêt en possession des feu bandits avant de les ensevelir tous ensembles et sans ménagement sous un monticule de terre de son cru en marge du chemin. Il sauta ensuite sans se poser de question sur la carriole, attrapant les rennes des deux bœufs de trait, et fut bientôt rejoint par la jeune femme qui écarquilla les yeux en le voyant ainsi installé.

« Que...Qu’est-ce que vous faites ?
- ...Quoi, vous imaginez que je vais vous laisser faire le voyage sans escorte ? Dans votre état ? Je fais mon devoir… Vous, allez vous reposer. »

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Mar 8 Déc 2020 - 13:24
Les yeux plongés dans le lointain, le guerrier tellurique anticipait déjà les prochaines heures. Il connaissait bien la région et se souvenait d’un emplacement idéal pour les escales de convois en tout genre. Leur position y serait aisément défendable et, si un ou plusieurs décérébrés avaient encore la bonne idée de s’attaquer à une cargaison aussi modeste, il saurait leur faire amèrement regretter. Dans son dos, le drapé de la carriole s’écarta sur le passage de la fille du menuisier, qui vint s’asseoir à ses côtés. Dans sa périphérie, il la vit attendre, gênée, comme si elle s’était attendue à ce qu’il fasse la conversation. Bien vite, elle comprit que cet espoir resterait éternellement contrarié tant qu’elle ne ferait pas elle-même le premier pas. Ce qu’elle finit par faire.

« Moi c’est Shizure...Et mon papa, il s’appelle Kôtai. Vous…. Vous appelez comment ? »

Il expira longuement par le nez avant de répondre.

« Yanosa. »

Un grand silence s’ensuivit, durant lequel la jeune Shizure ne sut trop quoi dire. A son corps défendant, il la fascinait, suscitait en elle autant de peur que d’admiration, et quitte à trébucher sur quelques maladresses, elle semblait prête à forcer les choses pour faire naître une vraie conversation.

« Vous, euhm… faites ça depuis longtemps ?… Shinobi ? »

Il lui accorda une oeillade avant de fixer à nouveau son attention sur le sentier escarpé emprunté par les bœufs.

« ...J’ai été à l’école militaire. Puis quand Rokkusu est devenue Iwa, je me suis enrôlé.
- Et ces… euhm… bandages, c’est… pour…
- … Le fruit d’une mauvaise rencontre, rien de plus.
- Oh, euhm, désolée, c’était...Hmmm. Oui… je… vais retourner voir papa. »

Shizure se retourna, faisant mine de retourner dans la carriole, mise en échec par le caractère renfermé du Chûnin. La voix de ce dernier coupa cependant court à son mouvement.

« Vous avez peur de nous ? »

Elle se figea d’abord, avant de finalement revenir s’asseoir en douceur comme pour éviter de déranger un fauve endormi.

« Je...mh. Il y a cette fille, dans mon village… Je la connais pas très bien, mais on connaît tous son hisoitre, là bas. Elle a été sauvée, un jour, par un shinobi, et puis… il l’a… forcée. »

Yanosa laissa s’écouler le silence, songeur, sans quitter la route des yeux.

« Enfin, tout ça pour dire, quand un shinobi veut quelque chose, n’importe quoi… c’est difficile de refuser et… Oui, ça me fait peur.
- ...Vous avez le nom de ce shinobi ?
- N-Non, mais… cette fille, peut-être.. P-Pourquoi ?
- … Le vice prend bien des formes en ce monde, autant chez les puissants que chez le tout venant. Notre travail à nous, shinobi, consiste à le combattre, même si il se trouve être dans nos rangs. Vous me donnerez le nom de votre village. »

Un peu abasourdie, Shizure peina à répondre, surprise par la tournure de la conversation qui s’était finalement lancée.

« ...Ozan. Nous habitons à Ozan.
- Bien, je connais. Certains mêlent le pouvoir avec la liberté de l’utiliser comme bon leur semble : pour celui là, un petit rappel s’impose. »

Le voyage se poursuivit jusqu’à la fin de la journée et le guerrier calciné aida à installer le bivouac. Confiant, il prépara même un feu sous le surplomb naturel qui leur servait d’abri, permettant au père et à sa fille de se réchauffer. Les échanges s’en tinrent au strict minimum, jusqu’à ce que tous soient rassemblés autour de la flambée et de leur pitance.

« Un voyage pareil, seuls tous les deux… Les affaires doivent être rudes en ce moment, je me trompe ?
- Hn… ! Pas la peine d’être condescendant avec nous comme ça, mon garçon. On fait ce qu’il faut, et on le fait sans chakra, nous…
- Papa ! »

Yanosa arqua un bref sourire, davantage résigné que vraiment malicieux.

« Vous faites ce qu’il faut… ? Vous faites surtout ce que vous pouvez, avec tout le respect.
- Vos airs supérieurs…. Vous pouvez vous les garder. Quand ce Tôsen aura réussi, quand il aura fait disparaître le chakra, on verra ce que vous vaudrez à ce moment là... »

Impassible, le Tellurique laissa son regard braqué sur le menuisier, dont les yeux semblaient le fuir en dépit de ses mots incisifs.

« … C’est le chakra, qui a failli violer votre fille ?
- P-Pardon !?
- C’est le chakra… qui vous aurait battu à mort dans la boue, qui aurait fait de Shizure une esclave sexuelle asservie et suppliciée jusqu’à son trépas ?
- Je… Je ne vous..
- La violence est partout, Kôtai, en chacun de nous, et ceux qui sont prêts à autant s’abaisser ne disparaîtront pas avec le chakra, loin de là. Vous voulez supporter Tôsen et ses idées ? Grand bien vous fasse, allez-y. Donnez donc votre soutien à celui qui a engendré tant de morts et de désolation, chez nous et ailleurs. Mais si c’est la justice que vous cherchez, autant vous le dire tout de suite, vous ne la trouverez pas au bout de ce chemin. »

Un silence de plomb s’abattit autour du feu, le menuisier incapable de rétorquer sur le sujet d’événements et de problématiques qui le dépassaient. Fier, et sous le regard gêné de sa fille, il ne put malgré tout en rester là.

« Et vos idées à vous, elles nous mènent où, hn ?
- … Vers l’équilibre, répondit-il, soudainement pensif. Le monde parfait comme vous devez certainement l’imaginer ne peut pas exister. Notre travail… n’a jamais eu vocation à bâtir une utopie. Révéler le meilleur en chacun de nous, voilà… ce qui doit nous porter. »

Même si ce « meilleur », songea-t-il, revêtait certainement des aspects bien plus diversifiés que ce que le menuisier pouvait imaginer.

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