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La niche de l'horreur

Aburame Ruhan
Aburame Ruhan

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Ven 25 Déc 2020 - 16:32


V


La nef tanguait sur les eaux avec ses voiles décousues et ses grands mâts de bois souillés par le sel de mer. Au dehors, la tempête faisait rage et déchaînait des vents tumultueux qui secouaient le navire et la houle, se soulevant à tout azimut, menaçait constamment de s’étendre sur le pavillon et d’emporter avec elle les matelots occupés à évacuer le trop-plein des eaux s’insinuant sous leurs pieds. Déjà des tonneaux de vivres avaient été avalés par les abysses, tandis que les cordes crissaient comme si elles hurlaient de douleur en tentant de résister à la furie des éléments.

Ruhan, bravant la tempête et côtoyant l’hypothèse d’un engloutissement sous les profondeurs lui promettant la mort, tenait d’une main un noeud pour empêcher l’un des mâts de pivoter sur lui-même. La voile, fouettée par les rafales, ne demandait qu’à tourner et cela n’avait bel et bien qu’une seule conclusion possible : le renversement. Les autres s’affairaient à faire de même mais en dépit de leur courage, l’Aburame sentît bien arriver le moment où tous les espoirs s’éplucheraient comme la coquille d’un oeuf déjà brisé. Une nouvelle rafale vint le rapprocher de cette option. La voile tenue par un autre groupe céda et, au lieu de pivoter, se fissura. Les marins hurlèrent d’horreur. Le mât en tombant brisa la rambarde du flanc droit de la coque ; les eaux, aussitôt, envahirent le pavillon. Les hommes se retrouvèrent submergés ; certains s’envolèrent avec les noeuds qu’ils avaient entre les mains et suspendus dans les airs au bout de ces cordages dansant. Ruhan vit alors, cauchemar des cauchemars, la tempête dépecer ces être promis au supplice : leurs corps fut coupé de part en part et la puissance des impacts incisa leurs cottes, écarta les deux pans de leur diaphragme pour ouvrir largement leur thorax duquel se dégorgèrent leurs organes et leurs entrailles. D’autres eurent littéralement la tête retournée en tentant de résistant au choc d’une sorte de coup de fouet infligé aux cordages qui valsaient dans l'atmosphère.

La mer se mit à devenir rouge et le corps de Ruhan devint humide de sang et d’eau salé.


« Réveille-toi, bâtard. »

Le corsaire écarquilla les yeux en poussant un cri de stupeur. Devant lui se tenait le démon qui l’avait terrassé avant que sa conscience ne s’éteigne : il ne se souvenait que des vents qui l’avaient accablé et qui s’étaient occupé de lui ôter toute possibilité de combattre, avant de le plonger dans l’inertie d’un comas de plusieurs heures. Son corps dégoulinait d’eau et de traces de sang, et face à lui son tortionnaire paraissait tenir le sot qui lui avait servi à renverser de l’eau froide sur sa gueule. Froide était toutefois un euphémisme : cette eau-là était au moins aussi glaciale que le regard que lui portait l’être de ténèbres auquel il semblait être encore confronté.

Le prisonnier tenta de se mouvoir mais il se rendit bien vite compte que cela n’était pas possible. Son corps criblé de plaies et d’entailles était suspendu à des cordages nouées si fort qu’ils empêchaient presque, semblables à des garrots, la circulation de son sang. Il accusa avec lourdeur toutes les courbatures et les lancinantes douleurs d’un corps meurtri, encore blessé et accroché à ce qui devaient être des crochets métalliques qu’on avait inséré sous son épidermes : dix pointes de métal étaient réparties par paires, respectivement sous chacun de ses omoplates, à droite et à gauche de ses vertèbres les plus basses, à l’intérieur même de ses deux cuisses et enfin, les quatre dernières perçaient littéralement ses chevilles et ses poignets. Le corps torturé du corsaire était donc suspendu tant par les cordages que par ces crochets insérés dans sa chair, dans un spectacle de martyr épouvantable. Incliné vers l’avant, Ruhan eut peine à se voir lui-même, eut presque un vertige en constatant qu’il était à deux bons mètres du sol. Mais pire encore fut la vision de son thorax. Débarrassé de son harnois et de son casque, que son tortionnaire avait dû découper au scalpel pour les détacher de sa peau (car la ruche de cette armure argileuse naissant de ses propres pores), il découvrit sous sa chevelure noire tombant devant ses yeux quel genre d’expérience morbide avait animé les couteaux de son persécuteur : son plexus avait été percé, et son diaphragme avait été incisé pour être ouvert en deux afin d’en sortir la Nymphe qui l’habitait. Pour la première fois, il vit cette petite créature qu’il avait depuis toujours couvé à l’intérieur de lui-même : une sorte de bestiole hideuse, pâle comme un diadème de Lune, à moitié larve, à moitié guêpe, aussi grosse d’une orange, vivotait là, en dehors de sa chair. Ses yeux, deux énormes sphères globuleuses toutes blanches elles aussi, dardaient l’ennemi. Son corps non abouti paraissait flasque, et en même temps que cette chose paraissait hideuse, elle semblait parfaitement pure et candide : la Reine-Mère n’était pas encore tout à fait Reine, même en ayant enfanté une armée d’hyménoptères. Le stade larvaire n’était pas encore tout à fait passé ; heureusement pour son hôte, car pour devenir une véritable guêpe, il fallait qu’elle le dévore. Elle dépassait de son poitrail comme un pustule répugnant, sorte de cloque immaculée se mouvant sous la forme d’une immonde larve se remuant avec lenteur.

Sur sa nuque, un parasite était en train de pomper toute son énergie, l’immobilisant de fait, et l’empêchant de pondre. Autour, d’autres kikaichus encerclaient le royal insecte, tenant en garde la précieuse Nymphe. Le martyr qui était son maître détacha son regard de son héritière. Son corps attaché le torturait tant qu’il dût fermer les paupières et serrer les dents pour s’empêcher d’hurler. Dans cette position incommodante, il peinait même à retrouver son souffle. Le fait qu’il était nu comme un vers le rendait encore plus sensible à sa peine : on l’avait réduit à ce qu’il y avait de plus humiliant pour un être vivant.

Il était dépouillé de sa force, de son prestige, de sa Nymphe ; violé dans son intimité ; souillé par l’ignominie de cette méthode.

« Je te connais Ruhan. Mes insectes ont rapidement reconnu ta signature chakratique. A l’époque où tu étais encore des nôtres, je n’étais qu’un gosse. Mais je me souviens, oh oui, je me souviens. Je me souviens de celui que tu étais. Tu étais cruel. Tu n’avais pas de limite. Je t’ai vu tuer des gosses, assassiner des vieux, torturer des honnêtes gens pour semer la terreur lorsque la guerre civile faisait rage. Tu as fait partie de ceux qui, dans le lot, ne l’ont pas vraiment subi, cette guerre. Je me souviens d’un homme mauvais comme le diable, d’un être qui ne se laissait guider que par sa soif d’être supérieur à tous les autres. Tu es de ceux qui écrasent les autres pour se faire sa place parmi les puissants. Combien comme toi ont-ils profité de tous ces tourments pour se placer parmi les élites ? »

L’homme en question rendait à Ruhan des yeux plus sinistres encore que ceux du corsaire. Il n’y avait là nulle miséricorde.

« La pomme ne tombe jamais loin de l’arbre. Ton fils a rejoint l’Homme au Chapeau car il y a vu l’opportunité de faire partie des grands. Et toi, tu oses revenir sur ta terre natale en fine fleur, comme si tout te serait pardonné. Mais je vais te dire une chose, Ruhan… »

Il se dirigea vers une table de bois massif, et dégagea sa main des voilures sombres de sa large robe. Ses doigts étaient frêles et crochus, comme ceux d’un sorcier. Ils s’emparèrent d’une pince qui traînait là, au milieu d’autres ustensiles d’horreur et de torture.

« … nos fautes nous rattrapent toujours. »
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Aburame Ruhan
Aburame Ruhan

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Sam 2 Jan 2021 - 19:43


VI

Aux quatre coins de la caverne crépitaient des torches bruyantes encerclant la sonne tel des sentinelles protégeant le sacrifice des ombres qui pouvaient l’atteindre. Leurs flammes provoquaient le craquement du bois ébène qui se fracturait en poussant de petits gémissements d’agonie au milieu d’un silence morbide. Parfois, une froide rafale de vent venait secouer les langues dorées du bout de ces flammes voraces et lumineuses. Aucune aide du dehors n’était attendue cependant. Le suspendu, au pinacle de son supplice, était accroché aux chaînes incisives d’une mort promise, face à une sorte de sorcier machiavélique qui paraissait vouloir le défigurer même au-delà de la mort. Les froides pointes qui avaient hameçonné sa peau tiraient sur ses muscles comme des crocs de glace tentant de le déchiqueter, d’ouvrir son épiderme pour aller le dévorer de l’intérieur, semblable à une meute de loups tournant leurs museaux dans un gibier abattu.

Le corsaire déglutît de douleur. Sa souffrance était profonde, réelle, lancinante. La crainte qui germait dans son esprit se montrait de plus en plus invasive et dominante. Son voile de désespoir n’enfantait que la fin des jours dans les visions de son esprit en proie à l’incertitude du demain. Abhorrant cette impasse, Ruhan tenta de contracter tous ses muscles, mais sentît que le resserrement des myofibrilles risquaient d’autant plus d’ouvrir son diaphragme ; autant que la situation lui semblait catastrophique, il crut que son coeur pouvait tomber de son corps disséqué et tiré à quatre épingles.

Horreur.

Plus bas, avec la chance d’avoir ses deux pieds à terre et sa liberté de mouvement, le tortionnaire flânait en triant ses ustensiles de torture. Ses doigts spectraux caressaient langoureusement pinces, marteaux, scalpels et pointes ; s’arrêtaient tantôt sur l’un, tantôt sur l’autre.

Soudain, Ruhan entendît un étrange vacarme dans le monde endoscopique. Un chant d’insecte pluriel, composé d’une multitudes de mandibules se contractant, et accompagné de la pose de centaines et de centaines de petites pattes se déplaçant avec vélocité. Tout ce brouhaha fit corps, comme une seule musique composée de sons brouillés, s’harmonisant dans l’ensemble dans un unisson de frottements. Il tourna les yeux. L’avantage d’avoir une ouïe extrêmement fine fut alors l’un de ses supplices : il vit descendre des cordes et des chaînes qui le suspendaient dans les airs toute une armée d’araignées se dirigeant vers lui, passant les fibres et les mailles métalliques, accélérant en se bousculant les unes les autres pour atteindre leur cible. Ruhan et son tortionnaire savaient ce que cela voulait dire. Le corsaire en particulier comprit ce qui l’attendait, et des sueurs froides se mirent à envahir son front.

Ces charognardes n’étaient pas invitées. Elles avaient flairé la mort.

« Pas encore, mes tendres. Pas encore. Vous nettoierez cette pièce plus tard. »

Les petites charognardes étaient connus pour leur voracité et si elles n’avaient jusque-là jamais chassées du domaine Aburame, c’était pour la stricte raison de leur intérêt : en bonnes dévoreuses de tout ce qui se putréfiait, elles avaient un rôle de recyclage important. Leurs petites mandibules nettoyaient tout ce qui périssait et nul ne pouvait ignorer le nombre d’insectes et de petits gibiers qui pouvaient décéder dans ces grottes. Ce comportement instinctif enlevait une épine du pied au clan Aburame, mar l’invis possédait toutefois un défaut certain : il arrivait que parfois, flairant la mort, elles s’en prennent aux vivants.

Le maléfique ne s’offusqua pas de leur présence et resta impassible. Lentement, il leva sa dextre sans même prendre le temps d’observeasion de ces bouffeuses de maladies et de membres décharnés. De ses manches se débusquèrent des bataillons entiers de coléoptères qui chargèrent sur les intruses. Les soldates ailées de cette armada se déposèrent sur toutes les chaines et les cordes qui retenaient le captif au crochet de sa débauche, et firent front contre les charognardes. Leurs rangs envahirent chaque position et leurs bouches crachèrent des acides qui repoussèrent les lignes de charognardes. Craintives, les bestioles sonnèrent un repli tactique et retournèrent se terrer dans les ombres des petites cavités naturelles qui pouvaient se former dans la caverne. Là, elles se fondirent dans les ténèbres comme si elles en étaient la parfaite extension ; mais leurs yeux continuèrent de guetter la mort attendue de ce gibier de jouvence.

« Ce n’est qu’un report de leur festin. Quoique… j’aime l’idée que tu puisses t’accrocher à la vie. Ton désespoir n’en sera que plus grand. Proportionnel à la punition que tu mérites. »

Une pince entre les mains, il fit revenir à lui ses armées de kikaïchus. Les soldates s’élevèrent en vibrant des cordages et des chaînes, puis vinrent former une épaisse sphère autour des membres camouflées sous la cape noire de ce spectre de l’ombre. Usant de la force centrifuge provoqué par leur nombre et leur vol, se relayant sans cesse autour des jambes de leur Maître, les insectes parvinrent à le hisser du sol, semblable à une armée de fourmis portant un roc entier.

Le sorcier se laisser porter jusqu’à faire face à face avec Ruhan, puis se laissa descendre pour aller poser son regard sur l’étrange créature qui dépassait de son thorax. La Nymphe maudite.

« Le Paradoxe de la Nymphe est une chose incroyable et tragique qui n’atteint que ceux qui n’ont pas su trouver la symbiose avec leurs insectes. Il arrive que les enfants, au lieu de devenir l’hôte de leurs insectes, en deviennent le futur festin. Les insectes, au lieu de s’y établir et d’y faire niche, y pondent leurs larves dans l’espoir que celles-ci, un jour, dévorent celui qui les abrite. C’est une chose courant dans le monde des insectes. Je comprends pourquoi tu abrites des hyménoptères : les guêpes fonctionnent de cette façon, paralysent leurs proies vivantes et y pondent leurs oeufs afin que leur larve, en éclosant, fassent festin de la carcasse dans laquelle elles sont pondues. Être dévoré vivant et immobilisé… une chose fantastiquement atroce. »

Il continua de reluquer cette excroissance affreuse et presque inconsistante, pâle comme l’astre lunaire. Surveillée de près par une dizaine de kikaïchus, la Nymphe tentait encore de se débattre des fils de soie qui la retenaient prisonnières ; elle était otage comme l’était son maître.

« La suite est tout aussi odieuse. A l’intérieur du corps de l’enfant, les larves se déchaînent. Elles commencent par s’attaquer aux parois organiques de son tube digestif, puis se livrent une guerre sans merci pour une bonne raison : elles veulent défendre leur territoire et interdire les autres de s’autoriser à profiter du buffet qui leur a été offert. Pour l’enfant en question, c’est un supplice épouvantable. Non seulement son corps devient le lieu d’un pugilat anarchique qui le grignote de l’intérieur en lui infligeant des douleurs insoutenables, mais en plus il se retrouve incapable d’être en symbiose avec ses insectes : il devient la risée de son peuple et est accablé de honte. »

Il afficha une mine faussement triste.

« C’est ce qu’il t’est arrivé, Ruhan, n’est-il pas ? Tu as toujours vécu dans la honte de ceux qui n’ont pas de symbiose. Et en prime, tu étais torturé de l’intérieur par toute cette colonie de parasites. Ta félonie… c’est parce que tu n’as jamais été un vrai Aburame, estimé et prestigieux comme tes semblables pouvaient l’être. Inutile de me répondre. Je sais que j’ai raison. Ta cruauté est une vengeance. »

Il eut alors un air plus grave.

« Une vengeance que je ne te laisserais pas assouvir. »

Ruhan, alors, parvint à rassembler ses forces. Ses membres se contractèrent pour l’aider à se soulever légèrement, lui permettant de reprendre une grande bouffée d’oxygène. En partie requinquée par ce bol d’air frais, il se laissa doucement descendre en expirant sa réponse dans un souffle douloureux.

« Si tu crois que je viens pour me venger, tu n’es qu’un abruti. Alors ferme ton claque-merde et libère-moi d’ici, sombre merde ! »

La réponse cinglante du corsaire suscita l’animosité de son tortionnaire. Les insectes présents autour de ses membres inférieurs s’agitèrent en volant bien plus vite, et leur bourdonnement trop dense aida à déplacer en vitesse leur maître sur les flancs du torturé. Atteignant la positon où était suspendue sa main gauche, il empoigna les phalanges de Ruhan et, grâce à sa pince, inséra une extrémité de l’instrument sous l’un de ses ongles avant de fermer et faire levier.

En forçant, il arracha un premier ongle tandis que Ruhan hurlait de douleur.

[...]

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Aburame Ruhan
Aburame Ruhan

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Sam 2 Jan 2021 - 20:51


VII

Il pendait encore sinistrement au bout de ces chaînes accrochées au plafond et incisées dans sa peau. Ses doigts ensanglantés ne possédaient plus d’ongles, car ces derniers avaient été arrachés un à un par un tortionnaire d’un sadisme sans borne. De la pointe de ses phalanges s’écoulaient des gouttes d’hémoglobines tel des sanglots d’un corps souffrant. Au loin, plus bas, le tortionnaire s’amusait à jouer avec les chaînes et les cordages pour faire bouger sa victime comme une marionnette : grâce à un système de poulie, il fit danser Ruhan tel un vulgaire pantin, s’amusa à écarter ses jambes et à faire applaudir ses bras, testa, en mettant sa tête le plus en extension possible, de lui rompre la nuque à la seule force de ses liens. Mais le corsaire tint le coup, résolu à survivre : en lui demeurait la battement de la vie, et son esprit s’imprégnait d’un courage qu’il avait acquis au cours de ses aventures épiques par-delà les océans.

Le tortionnaire finît enfin par relâcher la pression et se laisser emporter de nouveau par son essaim pour venir plâner à la hauteur de son sujet. Ruhan affichait un air éprouvé, et bien que téméraire les signes de fatigues qui étaient les siens laissaient augurer une possible mort par surmenage : plus il persistait à rester éveillé, et plus son esprit s’enfonçait vers les limbes de la mort.

« Et si je laissais tes entrailles se déverser sur le sol ? »

Les minutes passaient comme des heures, et plus le supplice tardait, plus le corsaire se languissait d’en finir. Son antagoniste, parfaitement au fait de ce calvaire, continuait pernicieusement de lui faire miroiter la fin du supplice, et se délectait d’autant plus de l’impatience de sa victime. Il dosait les choses avec une subtilité si impressionnante qu’il était impossible pour Ruhan d’entrevoir une quelconque solution : il agoniserait plus de mille ans avant d’obtenir enfin, par usure, la mort.

Sans même se préoccuper de la réaction de l’agonisant, le tortionnaire utilisa un scalpel pour poursuivre l’entaille déjà fait et qui avait servi à ouvrir son diaphragme. Il descendit en coupant dans la chair comme dans une feuille de papier et s’arrêter dès qu’il sentît la paroi de l’estomac du forcené, qui poussa un nouveau râle de douleur en sentant le métal froid de la lame lui ouvrir le ventre.

Pourtant, il refusa d’implorer la pitié de son persécuteur.

« Ta ténacité est impressionnante, mon cher Ruhan. Alors, où en étions-nous ? »

Son regard vitreux se fixa sur celui qui lui adressait le corsaire.

« Ah, oui ! Le Paradoxe de la Nymphe ! La guerre larvaire est une période très troublante pour l’enfant Aburame rejeté par ses pairs. Généralement, on devine bien assez vite le problème qui est le sien en constatant ses périodes de souffrance intestinale et en déployant des sentinelles à l’intérieur de son organisme. Le problème, c’est que ce processus engendre des séquelles encore plus terribles pour celui-ci car la particularité des larves parasitaires est leur tendance à fuir tout ce qui peut ressembler à leurs prédateurs : elles grignotent encore plus vite les chairs pour aller s’abriter et se cacher dans des cavités organiques et menacent tout simplement de précipiter leur hôte vers une mort expéditive. Au bout du compte, il semble presque impossible pour le quidam d’échapper à son supplice. Dans les temps anciens, de nombreux enfants Aburame sont morts dévorés vifs de l’intérieur. Mais depuis, le clan a compris ce qu’était la guerre larvaire et nous avons trouvé l’unique solution nous permettant de stabiliser ces rejetons condamnés à mort... »

Il s’arrêta un instant, tentant de songer aux éphèbes dévorés par leurs parasites. Mais son esprit retourna bien vite à son attention principale : la torture de Ruhan. Lui ressasser son passé en faisait partie.

« Pour mettre fin à l’insurrection, il faut lui trouver un Roi. Ou plutôt, une Reine. »

Il lorgna sur la Nymphe qui dépassait du sternum de Ruhan.

« Lorsque l’on a compris la race de la larve en question, on insère depuis l’une des narines de l’enfant un mâle adulte qui s’enfonce dans le corps de son nouvel hôte. Sa quête, par son instinct naturel, est de trouver une larve fertile qu’il partira directement féconder, à condition d’en trouver une. Bien entendu, c’est souvent dans le tube digestif qu’il trouvera sa douce : c’est là que les larves trouvent le plus de nourriture. Mais l’aventure est périlleuse, car lorsqu’elles se trouvent en surnombre... »

La Nymphe continuait de gigoter.

« ... les larves, cannibales, s’attaquent à ce mâle. »

Il eut un rictus en imaginant le défi lancé à ces bestioles précipitées dans un monde inconnu dans le seul but d’enfanter un parasite au stade larvaire.

« Mais voilà que l’une de ces larves, quelques jours plus tard, se met à dégager certaines phéromones anormales qui vont contaminer tout le corps de l’hôte. Toutes les autres larves cessent alors leur festin et se rassemblent pour aller obéir à celle qui devient la Reine-Mère. Elles se figent autour d’elle alors qu’elle se positionne près du coeur de son hôte, plus particulièrement au-dessus du plexus, en plein milieu de son diaphragme. Elle devient une Nymphe là où ses sujettes s'immobilisent en rayon autour d’elle en chrysalides pour plusieurs jours, accélérant leur processus de croissance… avant d’éclore vers leur forme adulte. »

La Reine-Mère avait donc cette spécificité : dès qu’elle était fécondée, elle devenait différente. Sa souveraineté naissait avec cette différence. Mais son évolution n’était alors pas la même.

« Mais la Nymphe, comme son nom l’indique, ne passe pas par l’étape de la chrysalide. Elle conserve son apparence larvaire en prenant progressivement sa forme adulte, et commence à pondre alors qu’elle n’a pas atteint sa pleine maturité. Et c’est ici que le clan intervient, dans un délai très court mais primordial : le diaphragme de l’enfant est incisé, la Nymphe en est à peine extirpé avant d’être scellée par un sort qui l’empêche d’évoluer. Résultat : la Nymphe reste Nymphe. La Reine-Mère obtient une jeunesse éternelle. Mais pourquoi cette stratégie ? »

Il eut un nouveau sourire emprunté de ses plus malveillantes intentions en lorgnant sur la Nymphe de Ruhan.

« Car la Nymphe, pour passer au stade adulte, doit dévorer une quantité anormale de viande. Et cette viande, c’est son hôte qui lui la donne. Oui… la Nymphe n’a, au fond, qu’un seul et unique objectif, le même depuis toujours : dévorer celui qui la porte. En dépit de sa progression, en dépit de sa souveraineté sur ses pairs, elle est à jamais cela : un parasite. »

Ruhan étouffa un râle.

« C’est ici que s’éveille le Paradoxe : pour empêcher de faire évoluer la Nymphe vers sa forme adulte, le sceau aspire le chakra de l’hôte et la nourrit en permanence d’énergie sans lui apporter les nutriments nécessaires à sa croissance. Ainsi, elle reste Nymphe à jamais et obéit à celui qui la porte, ce qui permet à son hôte de pouvoir commander ses armées. Mais que l’hôte ne puisse plus la nourrir en chakra, et la voilà qui trouverait pitance autrement : en le dévorant de l’intérieur, tout simplement. Cette fatalité condamne les porteurs de Nymphe à ne jamais être à court de chakra, au risque d’être tués par ces dernières.Comble de misère, tu dois nourrir celle qui veut te tuer... »

Ruhan commença à céder. Ce récit le torturait psychologiquement, et il sentît de plus en plus l’envie pernicieuse de son opposant de faire évoluer sa Nymphe vers sa forme finale.

« Mais il existe un autre danger, tout aussi important : celui que la Nymphe meurt. Car sans Reine-Mère, toutes ses larves s’insurgent et renouvellent leurs instincts primaires, retrouvant leur comportement parasitaire : elles dévorent leur hôte de l’intérieur encore plus rapidement qu’elle ne le faisait que lorsqu’il était enfant. Éliminer la colonie toute entière ne servirait à rien par ailleurs : les oeufs pondus et camouflés dans le corps de l’hôte écloront tôt ou tard, et feront le travail par la suite. Terrible, n’est-ce pas ? Pour survivre, celui qui porte une Nymphe doit espérer... »

Les kikaïchus du tortionnaire se mirent en position d’attaque, prêtes à tuer la Reine-Mère.

« … qu’elle soit Immortelle. »
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Aburame Ruhan
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Sam 2 Jan 2021 - 22:58


VIII

Au milieu d’une scène de chair retournée et à vif, les pattes empêtrées dans des veines découpées et du sang s’émaillant des artères, les ailes repliées par des filaments de soie, la Nymphe, seule au milieu de ses geôliers, tournait la tête à droite et à gauche en scrutant chacun de ses ennemis. D’une attitude extrêmement agressive, elle agitait ses mandibules et se contractait sur ses membres en voûtant son dos, abaissant sa tête comme pour charger ; puis changeait d’orientation, encore et encore, de sorte à garder ses adversaires à distance. Tel un lion piégé par une meute de hyène et conscient de n’avoir aucune chance de les tuer toutes, elle se barricadait derrière de vives menaces alors même que ses extrémités pendaient dans des capillaires qu’elle rendait élastiques en les piétinant ; infligeant encore plus de douleur à son hôte, suspendu dans les airs et faisant front avec le faciès ombrageux de son ennemi.

Le sorcier n’en avait pas terminé. Après avoir étalé toute sa connaissance sur le Paradoxe de la Nymphe, il avait fait prendre conscience à sa victime qu’il connaissait mille moyens de la tuer et de lui infliger les plus interminables souffrances. Il possédait littéralement Ruhan, tel qu’il pouvait en faire ce qu’il voulait ; même, s’il le désirait, son objet sexuel. Pourtant, son âme paraissait bien plus intéressée par la possibilité de découvrir tous les secrets que cet homme pouvait lui cacher ; et aussi loin qu’il poussait son calvaire, il n’ignorait guère les limites de la supportabilité de son sort. Aussi, fin tacticien, il s’arrangeait pour ne pas achever sa chose ; aussi vrai qu’il se délectait de voir une Nymphe, réelle, s’agiter sous ses yeux contemplatifs.

« Mais je parle trop, Ruhan, et je ne t’entends pas. Alors raconte-moi tout : où es-tu parti, et pourquoi nous reviens-tu, misérable ? Comment as-tu osé croire que nous pourrions t’accueillir tel un enfant prodigue revenu au bercail avec le remède de tous nos maux ? »

Ruhan avait les paupières à moitié closes. Sa fatigue était lourde. En dépit de sa persévérance, la torture commençait à avoir des incidences sur son éveil et, succombant à la douleur et l’inconfort de sa position, ses réflexes de survie diminuaient ; tout comme le faisait son courage, après que chacun de ses ongles eussent été retournés puis arrachés. Il plongea, dolent, les yeux sur la Nymphe qui continuait de tenir en haleine ses assaillantes : il songea que c’était une débâcle sans fin, et qu’elle aurait tôt fait d’exploser en pleine ascension.

Alors, avec dépit, il remonta ses yeux vers son antagoniste, puis fixa le teint gris de celui qui le soumettait à la question (au sens de la torture). Son supplice était trop lourd ; trop lourd pour que sa fierté ne s’écrase pas comme une météorite sur la planète des dinosaures.

« Je ne suis guère votre enfant prodigue. »

Puis, tout à coup, Ruhan se tût. Parler lui faisait trop de mal ; il sentit son souffle se faire de plus en plus pesant. A travers l’entaille sur son diaphragme, son antagoniste put voir ses poumons se gonfler et se dégonfler de façon beaucoup plus large, mais plus lente aussi.

Il mourrait.

L’Aburame qui tentait de sonde l’esprit de Ruhan commença à envisager de soulager, de façon éphémère, son supplice. Mais il n’eut pas le temps d’exécuter ce faux geste de miséricorde qu’une voix commençât à retentir dans sa tête. Il reconnut la texture patinée de Ruhan, avec son voile de rouille qui résonnait à l’intérieur de lui. Le son, devenu spirituel, s’insinua directement dans son cerveau : il parlait à son âme sans avoir besoin d’ouvrir la bouche. Ébahi, l’Aburame écouta avec une ferveur inattendue.

« Je ne suis rien de plus qu’un traître qui s’est éloigné des siens. Je confirme tout ce que tu peux penser de moi, sombre merde. Tout ce que tu as pu craindre, tout ce que tu as pu détester, toutes les médisances que tu as pu entendre, tout est vrai, je l’incarne. Je ne me cache pas de la noirceur qui tapisse le fond de mon coeur ; mais comme tu t’en doutes, il n’y a pas de fumée sans feu. Je ne suis pas ici, cependant, pour refaire l’histoire de mon existence avec un assassin. A moins que tu veuilles m’apporter le repentir, ce dont je doute. »

Pire que sa voix, le regard de Ruhan plongeait dans celui de son vis-à-vis : le sorcier y vît quelque chose de profondément barbare et sauvage. Il n’y avait dans ces yeux vitreux nulle once de pitié, nulle trace d’humanité : cette créature était née des enfers pour les répandre. A cet instant, il se rendit à l’évidence que Ruhan était pire que ce que l’on prétendait de lui.

Loin d’être un simple barbare, il était un véritable démon.

« J’ai toujours tué soit pour l’argent, soit pour le prestige, soit pour le plaisir. Après tout, celui qui arpente la voie du shinobi se tourne tout entier vers la guerre, et en dépit de toutes les idéologies qu’on peut avoir sur le bien et le mal, il n’y a pas d’autre vérité que celle que je te concède : nous existons pour faire le mal, et même en voulant combattre le mal, nous utilisons les armes de ce dernier. Tu ne me reprocheras pas ce que je ne sais déjà que trop bien. Tous les choix que j’ai pu faire jadis ont été faits avec la conscience du mal que je pouvais faire aux autres. Et je n’ai jamais reculé devant l’atrocité de ce que j’ai pu faire. Alors mets-toi bien cela en tête : je n’ai jamais commis de fautes. Je n’ai commis que des crimes. »

Le sorcier commença à déshabiller la manche de sa main pour diriger ses doigts vers la gorge de Ruhan. Il ne pouvait tolérer plus longtemps ce que ce monstre était en train de lui révéler sur lui. Il vit, dans cet être, toute la profondeur machiavélique qui pouvait habiter un homme. S’il s’était cru supérieur, l’espace d’une seconde, en sadisme, il se retrouva bien vite comme aux temps candides de l’enfance ; comme un petit frère regardant les exploits du plus grand. Il ne s’était guère attendu à pareil tournant : espérant voir un homme déboussolé regretter son passé, il découvrit un diable fier de sa personne et de sa scélératesse. En face du spadassin, son fiel diminua proportionnellement à sa surprise : pourquoi Ruhan ne mentait-il pas ?

« J’entends ta surprise au changement de rythme de ton coeur. J’entends tes doutes à ta pomme d’adam que tu viens de remonter en avalant ta salive. J’entends toutes tes petites bêtes qui sifflent sous ta jupe en sentant les phéromones du danger car ils ressentent ce que tu dégages comme signaux d’alertes. J’entends tout ce qui se passe à l’intérieur de toi aussi clairement que tu peux entendre ma voix car oui, il s’avère que je n’ai jamais été un Aburame tel qu’on se le figure ; et c’est encore plus vrai depuis la Résonnance. Vois-tu, la plus grosse erreur que tu as commise, gamin... »

Ruhan se mit alors à élargir son visage d’un sourire carnassier.

« … c’est d’avoir cru qu’ici, j’étais la proie et toi le prédateur. »

En un éclair, l’Aburame disparut et se planta sur l’un des flancs du corsaire. Sans qu’il n’eut le temps de se mouvoir, il lui brisa d’un coup puissant le coude gauche, puis renouvela l’opération de l’autre côté afin de fracturer les deux membres supérieurs de celui qui parlait à l’intérieur de sa tête, conscient du danger que pouvait à présent incarner Ruhan.

« Sors de ma tête ! »
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Aburame Ruhan
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Dim 3 Jan 2021 - 1:04


IX

« Sors de ma tête ! »

Ruhan se plût à voir l’agitation de son tortionnaire dont le visage s’était fendu d’une grimace de mécontentement et d’horreur, le tout incarné dans une expression de furie qui ne laissait planer aucun doute sur l’inconfort de se sentir habité par un autre esprit que le sien ; il ne s’agissait rien d’autre, cependant, que d’une facétie, d’un petit coup de théâtre que le corsaire avait gardé sous la manche pour ce genre de situations précises. Rien qui ne l’empêchait de sortir de cette épouvantable souffrance d’avoir les deux bras brisés, les ongles arrachés, le dos percé par des crochets métalliques et le diaphragme ouvert en deux, ses tripes prêtes à se déverser sur le sol, son corps immobilisé dans les airs de cette sombre caverne. Mais au-delà du martyr, il devait reconquérir sa liberté et sentît, à ce moment précis, que son adversaire était fébrile, peut-être enclin à changer de cap.

« Je ne viens pas ici pour le clan, pauvre niais. Ni pour la vengeance. Je viens ici pour l’honneur de ma famille. Seul m’attire mon devoir de patriarche. Je dois rétablir ce qui nous souille, quitte à assassiner mon propre fils. Je dois retrouver ma femme et mon deuxième enfant, afin de les remettre sous la tutelle d’un clan qui sera sans doute meilleur paternel que je ne l’ai jamais été ; au moins pour ce deuxième fils. Je ne te parle pas de tous les bâtards que j’ai engendré au-delà des mers ; je te parle de ce fils qui est le mien, tel que je l’ai voulu, avec la femme que j’ai voulu. »

Le sorcier s’immobilisa en gravant sur le film cristallin de sa rétine l’image de ce corsaire mis presque aux bans de la vie, et qui continuait pourtant de le darder comme un chien affamé au corps squelettique prêt à se jeter sur lui en dépit de l’ombre de la mort flottant au-dessus de sa gueule. Il y cerna les fantômes d’un diabolisme invraisemblable qui dépassait sans doute tout ce qu’il avait jamais connu. Ruhan était fait de cette matière indomptable et souillée par les blessures, à tel point qu’il ne les craignait plus. Il résistait, ardemment, courageusement à tout ce qui lui était infligé, et continuait de se battre en assumant de n’être plus que charogne ; même en sachant que les petites charognardes le convoitaient depuis leurs petites cavités perchées dans le plafond creux.

« N’attends pas que je te pardonne ce que tu m’as infligé ; à ta place, j’aurais fait bien pire. Je n’ai cependant nulle raison de me venger, pour autant que tu te rattrapes. Mène-moi jusqu’à notre Capitale. J’irais rencontrer notre Chef. Je viens ici pour une seule et unique raison... »

Il observa cet homme qui, malgré ses bras brisés, se souleva une dernière fois en rassemblant ses dernières bribes d’énergie pour contracter ses muscles et se hisser à la seule force de sa volonté. Il expira, cette fois, à voix haute.

« … servir le Teikoku et construire ma légende sur la terre ferme, désormais. »

Le tortionnaire continua de scruter Ruhan en écarquillant les yeux. Comment un homme pouvait-il, à ce point, endurer son supplice et s’affirmer avec autant de poids ? Il l’ignorait, mais découvrait en réalité à quel point celui-là pouvait être déterminé à conserver sa fierté même au-delà de tout ce qu’il pouvait y avoir de supportable. Il comprit qu’il pourrait bien continuer à le destituer de son énergie vitale : obstiné comme il pouvait l’être, il pourrait même succomber avant qu’il ne s’en charge lui-même. L’opportunité lui parut fort intéressante.

« Qu’est-ce qui me garantit que tu dis vrai, Ruhan ? Et pour quel motif devrais-je te garder en vie, hein ? Tu pénètres mon esprit, tu piétines ma terre, tu fais confession de ta nature… mauvaise, sans montrer la moindre forme d’impunité. Veux-tu que je te dise ce que je pense ? Tu n’es rien d’autre qu’une raclure, qu’un opportuniste, un mouton noir, un charognard qui a flairé la bonne opportunité d’apparaître au moment d’une nouvelle crise. Dis-moi, bouffeur de rats, pourquoi tu mériterais de vivre après tout ce que tu as fait, toi qui ne cherche pas le pardon ?! »

Quelque chose de religieux habitait désormais le regard du sorcier. Ruhan sentît bien ce changement d’attitude et s’imprégna de chaque secousse cardiaque de son adversaire pour tenter d’en ressentir la colère. Le corsaire sut, à cet instant, ce qu’il devait dire.

« Parce que je ne suis pas revenu pour mourir, mais pour me battre. Parce que le clan qui est le tien, auquel j’ai confié ma famille, n’a pas su protéger mon fils du chemin qu’il a emprunté vers notre ennemi commun. Parce que je dois réparer certaines choses. Parce que je dois protéger la nation qui abrite le reste de ma famille. Voici mes intentions, inconnu. A présent, fais-moi descendre d’ici, et que l’Empire l’emporte. »


FIN
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