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Mar 29 Déc 2020 - 16:09
Dire que le guerrier tellurique avait eu matière à réfléchir ces dernières semaines était l’un des plus grand euphémisme de l’Histoire. Les pensées dans sa tête se bousculaient, les tâches s’amoncelaient, s’enchaînaient, de même que les nouvelles souvent peu réjouissantes et sources de nouvelles réflexions sur la façon de résoudre mille et un problèmes. Iwa reprenait pied, petit à petit, et redeviendrait bientôt avec le concours de tous ses corps de métier et de sa force armée une place forte et capable de se projeter vers l’extérieur, mais aussi fort qu’il était devenu, aussi ferme qu’était sa volonté pour surmonter les supplices que lui faisaient endurer son corps au moins aussi meurtri que la cité elle-même, Yanosa ne pouvait cesser de se demander si lui, serait prêt.

Tenzin n’était plus, et c’était avec lui l’un des piliers du village, l’un des fondements de sa force qui s’en était allé. Etait-il de son devoir de le remplacer, d’atteindre sans aucune forme de compromis le même niveau qu’avait possédé le Juunin afin de garantir que la Roche reste aussi immuable qu’il ne le visionnait pour l’avenir ? La question en réalité n’en était pas une, et il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser qu’il était non seulement impératif qu’il s’améliore encore, mais que c’était là tout le credo qui faisait d’Iwa une cité dédiée à la perfection du combat, à la connaissance aussi académique que pratique de la violence qui se perpétuait de façon naturelle et inévitable à travers le monde. Les générations se succédaient, s’amélioraient à chaque itération, et lui-même se trouvait en ce jour à un carrefour empreint de destinée qu’il lui appartenait de traverser.

Il était, officiellement, chargé de garder le lit et de laisser son corps se reposer et se réparer suite aux diverses interventions de suivi et opérations qu’il avait eu à subir jusque là. Aimi s’en arrachait probablement déjà les cheveux, à constater le manque de considération de l’Oterashi pour sa propre intégrité physique, mais tandis qu’il rassemblait le strict nécessaire de voyage dans un sac à dos compact, celui-ci se fit la réflexion qu’elle n’était pas au bout de ses peines. Muramasa, quelques jours plus tôt, et certainement sans vraiment s’en rendre compte, lui avait confié les clés des arcanes qui lui avaient jusque là fait défaut, celles-là même dans lesquelles l’éolien et la Godaime avaient su puiser tant de force. Ces deux jours de repos forcé, de facto, allaient donc se transformer en escapade sauvage dans les recoins les plus reculés de Tsuchi, et grâce aux informations que lui avait communiqué le Borukan versé dans les arts de la médecine, Yanosa savait déjà par où commencer ses recherches.

Recouvert d’un large drapé ample et usé, le Chûnin au corps calciné quitta donc la cité, bien décidé à en retrouver très rapidement les contours au terme de sa quête, et partit à vive allure vers les terres nord-est du pays, où se trouvait d’après Muramasa la première étape de son périple : un petit village en bordure d’une large et dense forêt, où une certaine Ayako serait certainement en mesure de le guider vers ceux qu’il avait gracieusement baptisé les « Dragons ».

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Mer 30 Déc 2020 - 1:11
Si le guerrier de la Roche avait une connaissance très poussée du territoire de Tsuchi, jamais il ne s’était approché spécifiquement et en personne de la zone qu’il s’apprêtait à explorer. Il n’y avait, pour ainsi dire, rien de notoire dans la région, ou du moins, il n’y avait rien eu jusque là qui ait pu éveiller son attention de quelque façon que ce soit ces dernières années. Fait qui allait indubitablement changer, dès lors que c’était bien sur ces terres boisées et mystérieuses que se trouvaient les Dragons dont lui avait parlé Muramasa, ceux-là même qu’il avait pour ambition de compter bientôt parmi ses indéfectibles alliés. Usant sans se priver de ses talents désormais très développés dans l’art du Mitsudo, Yanosa couvrit rapidement et aisément les distances, coupant par la voie des airs sitôt que le terrain arborait un relief trop chronophage à arpenter et enjambant pour ainsi dire presque les monts et vallées. Dans la journée même de son départ, en début de soirée, il arriva donc sur place, en périphérie du petit village mentionné par le Borukan médecin.

Il remit vivement son capuchon en place au-dessus de sa tête, peu enclin à laisser son apparence au mieux repoussante effaroucher ses éventuels contacts avec les autochtones. De visu, l’endroit ressemblait à n’importe quel autre village frontalier, à ceci prêt bien sûr qu’aucune frontière ne se trouvait à proximité, si ce n’était celle, intangible et ésotérique, de la forêt elle-même. Le guerrier de pierre sans hésiter fila à travers l’avenue principale, à peine assez bien pavée pour faciliter le transport des marchandises qui devaient arriver jusque là, et poussa la porte de la taverne où se retrouvaient, en ce début de soirée, une part non négligeable des locaux. Sa carrure et son accoutrement, immédiatement, attirèrent l’attention : les voyageurs isolés, déduisit-il rapidement, devaient être rares dans les environs. Encore plus rares devaient être ceux qui disposaient de ses mensurations, qui hurlaient presque au monde entier que sous ce drapé de voyage se cachait un corps entraîné et rompu au combat. D’un geste de la main, il en appela à l’attention du tenancier, qui dut bon gré mal gré laisser ses habitués à leurs boissons pour venir le voir.

« ...Je vous sers quelque chose ?
- Non. Je cherche une certaine Ayako. Jeune, a servi de guide à un shinobi, il y a plusieurs années de ça. »

En entendant le son de sa voix pour la première fois, le tenancier marqua un instant de recul, avant de réaliser qu’il n’avait finalement, à fortiori, rien à craindre de l’ombre encapuchonnée qu’il avait en face de lui. Un lueur, dans ses yeux, capta toutefois l’attention de l’Oterashi, qui fronça les sourcils dans l’ombrage de son par-dessus.

« Euhm… Oui, je vois très bien qui c’est… Mais… vous arrivez quelques jours trop tard, j’en ai peur… Elle... »

Le regard du tenancier se perdit un instant vers ses habitués, qui baissèrent leurs yeux dans une démonstration de honte assez éloquente. Non sans peine, il ramena son attention vers le Chûnin d’Iwa.

« ...Elle et son père s’étaient installés sur la colline au nord, après ce fameux job. Ils ont fait construire… la grande vie, qu’ils menaient, ça oui, mais-
- Vous pouvez en venir au fait ?
- ...Le… fait est que, y a trois jours de ça… Shigure, son père, est arrivé en hurlant comme un fou au village… Il nous a dit… que les sauvages l’avaient prise. Avaient enlevé Ayako... »

Yanosa recula perceptiblement son buste, mettant quelques centimètres de distance entre lui et le comptoir, avant de jeter une oeillade inquisitrice et pleine de jugement vers les hommes qui se trouvaient là. Leur condition physique à tous ne semblait certes pas extraordinaire, mais aucune infirmité apparente chez le moindre d’entre eux n’était à noter. Ses yeux de braise, cachés par l’ombrage de sa capuche, revinrent alors se braquer sur le tenancier.

« ...Et l’émoi s’est emparé de tout le village, à ce que je vois. Vous l’avez laissé repartir seul ?
- Écoutez… On a beau habiter à côté de cette forêt… on apprend bien à nos gosses qu’il faut jamais y foutre les pieds. C’est pas que les sauvages, le problème, c’est-
- La colline au nord, vous m’avez dit.
- O-Oui, mais- »

D’un geste assez brusque pour faire sursauter le patron, le Tellurique fit alors volte face en bousculant légèrement un tabouret, qui grinça contre le parquet usé, et sortit aussi sec de l’établissement.

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Mer 30 Déc 2020 - 15:30
La colline où s’étaient installés Ayako et son père ne fut pas difficile à trouver : la maison, quoi que constituée de matériaux rudimentaires, inspirait un sentiment d’opulence et de bon vivant, une large pergola s’étendant du côté sud et servant de refuge à une quantité incroyable de bibelots et de plantes diverses. Avant même d’arriver jusqu’à l’habitation à proprement parler, Yanosa sut qu’il n’y trouverait personne : en effet, pas le moindre chakra humain n’était repérable à la ronde, et comme il l’avait pressenti plus tôt, il était plus que probable que l’homme était parti en hâte vers la forêt, épaisse et imperméable au royaume des humains, après avoir simplement rassemblé quelques affaires de première nécessité. Rapidement, le guerrier tellurique toujours drapé dans son par-dessus de voyage sombre fit le tour de la coquette propriété, prêtant attention aux détails qui auraient pu l’aider plus tard à se repérer dans le dédale végétal. Repérant un mur en pierre, il s’y fondit avec le naturel propre à un Assimilateur aguerri pour arriver de l’autre côté, à l’intérieur de la maison, et continua ses recherches.

Soudain, il la vit, simplement accrochée au mur au-dessus d’un bureau encombré où semblait régner une sorte d’ordre chaotique. Une carte, abîmée et certainement corrigée maintes et maintes fois, où les traits de crayon et de fusain se chevauchaient pour tenter de former un tout cohérent. Lentement, Yanosa passa ses doigts sur le parchemin épinglé telle une pièce maîtresse. C’était le fruit d’années d’étude, à n’en pas douter, de même qu’il était plus qu’évident que c’était bien la forêt mystérieuse qui s’étendait au nord-est qui y était représentée avec une précision toute relative. Avec précaution, l’Oterashi décrocha la carte et la roula sur elle-même pour pouvoir aisément la porter à son ceinturon utilitaire et ressortit de la maison en observant les hautes tours de bois et d’écorce qui s’étendaient à moins de deux-cent mètres de là. Lentement, il expira. Ce n’était pas vraiment comme ça qu’il avait imaginé que se déroulerait sa quête des Dragons, et si deux civils de Tsuchi se trouvaient en danger, il allait bien devoir se faire une raison de leur porter assistance si cela était en son pouvoir. Ce qui, à fortiori, ne faisait aucun doute. Résigné, il s’élança, pénétrant dans les épaisses couches de feuillage en faisant fi de la nuit qui s’annonçait dans son dos, où dardaient les ultimes rayons de soleil estivaux. Sa quête, se dit-il, ne souffrirait pas l’attente du matin suivant, de même que la vie d’Ayako et de celle de son père.

Ces circonvolutions ne l’étonnaient finalement qu’assez peu : les informations que lui avait fourni Muramasa avaient en effet auguré d’une quête presque trop simple, trop directe. Rendu à trouver par lui-même la trace de ce peuple de la forêt, pour la découverte duquel le Borukan avait du faire appel à un guide, le Tellurique s’enfonça profondément dans les étendues vertes, chaudes et humides de la forêt, étendant au maximum ses perceptions des entités aux alentours en tâchant de filtrer toutes les signatures qui appartenaient nécessairement à des êtres bien trop petits ou, au contraire, bien trop gros pour être humains. Plusieurs fois, au coeur d’une nuit sans étoile qui s’annonçait plus sombre que l’abysse, l’Oterashi stoppa sa course, illuminant la carte récupérée dans la demeure d’Ayako à l’aide de brindilles enflammées grâce au choc sec et précis de silex de sa confection. Le père de la jeune femme, semblait-il, avait voulu tenter de cartographier la forêt, mais dans quel but ? Lui comme Ayako, après tout, connaissaient déjà la position relative du peuple de la forêt dont lui avait parlé Muramasa, alors… quel secret avait-il pu chercher à déterrer, au coeur de ces zones encore vierges du parchemin ?

Coutumier des traques en tout genre, Yanosa ne s’épargna aucun effort en dépit de ses cicatrices encore fraîches pour couvrir le plus de terrain possible, écoutant la Terre et ses échos, profitant du calme nocturne de la forêt pour aller chercher les remous les plus lointains transmis par le sol et réverbérés par les racines des arbres millénaires. Plusieurs heures après son départ, il finit ainsi par faire mouche, et pas qu’un peu, car ce n’était pas moins d’une quinzaine de signatures distinctes, au bas mot, qu’il finit par déceler plus loin encore dans l’enfer vert. L’Oterashi n’était pas certain de comprendre quelles dynamiques pouvaient dicter les relations entre le peuple de la forêt, les Dragons et les gens venus de l’extérieur, mais une chose était sûr : si il ne mettait pas les pieds dans le plat, il ne risquait pas de l’apprendre de sitôt.

Il accéléra, bientôt guidé par la lueur ténue de torches tenues au loin par une procession ténébreuse et silencieuse et, sans s’annoncer, déboula en trombe au devant de celle-ci, laissant une secousse sismique se propager depuis ses pieds pour bien faire comprendre à ses futurs interlocuteurs que discussion il y aurait. Qu’ils le veuillent ou non.

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Mar 5 Jan 2021 - 13:58
Non seulement la procession s’arrêta net, mais un mouvement de recul désorganisé s’empara de ses membres. A la seule lueur des torches, difficile pour l’Oterashi de discerner précisément les traits des personnes qu’il avait en face de lui, mais leur accoutrement laissait peu de place au doute.

« ...Voici donc le fameux peuple de la forêt. »

Il les détailla du regard, faisant peu de cas de leur affolement apparent, en tâchant de repérer la présence éventuelle d’Ayako parmi eux. Aucun signe d’elle.

« V-Vous ! Démon, repartez ! Ha ! Haaaa ! » fit le plus farouche d’entre les autochtones en agitant sa lance à la face du Tellurique.

Passablement agacé, ce dernier saisit promptement la pointe de la lance d’une main changée en roche et la maintint là, inamovible, coincée entre ses phalanges d’obsidienne.

« ...Je ne viens pas vous faire du mal, alors ne m’y forcez pas.
- ...Q-Qu’est-ce que tu veux !?… Etranger !
- Deux choses. Rencontrer votre chaman, celui qui a permis à l’un des miens d’entrer en contact avec les Dragons. La seconde : retrouver Ayako et son père, pour m’assurer qu’ils rentrent chez eux en un seul morceau.
- Il… il parle du vieil homme ? Questionna tout bas une femme en retrait.
- Chhht ! Tais-toi !
- Au contraire, intervint Yanosa. Laissez-la parler, je ne suis pas d’un naturel très patient.
- … On l’a aperçu dans une fosse… une trappe de chasse, à une lieue à l’ouest… Il… ne semblait plus bouger…
- … Quels voisins attentionnés vous faites. Et Ayako ?
- La fille est à nous ! Reprit soudainement avec aplomb celui dont la lance restait désespérément figée dans la poigne du guerrier de pierre. Son sacrifice apaisera les anciens… et nous protégera de leur grand courroux !
- Oh. Je vois. »

Il lâcha la lance, laissant son porteur perdre maladroitement l’équilibre en arrière, et oeilla de façon sinistre la femme qui avait parlé plus tôt.

« Voilà ce qu’on va faire : tu, vas venir avec moi, me guider jusqu’au vieil homme, dit-il en pointant la femme du doigt. Tous les autres : retournez auprès des vôtres. Vous garderez Ayako en vie jusqu’à mon arrivée… Echouez à le faire, et ce ne sera plus le courroux des anciens qu’il faudra craindre… mais le mien.
- ...Non… ! On te laissera pas l’emmener ! »

L’autochtone, tout intimidé qu’il était face à la figure encapuchonnée, tenta malgré tout sa chance avec une estocade. Yanosa pivota sur place, sans effort apparent, et lui décocha un coup de coude dans les gencives qui l’envoya paître au loin.

« Je ne vous demande pas votre avis. Coopérez, et votre peuple en ressortira indemne. Je n’ai aucune envie de vous faire du mal, mais je le ferai si vous me barrez la route. En avant », fit-il d’un signe de tête dans la direction de la jeune femme.

Et ils coopérèrent, pour autant qu’il puisse en juger. Une grosse demie-heure de marche plus tard, évoluant dans les sous-bois épais et plongés dans le noir de la nuit, le guerrier tellurique arriva en compagnie de l’autochtone auprès de la fosse où se trouvait d’après elle le père d’Ayako.

«  », dit-elle en tendant sa torche pour tenter d’éclairer le fond du piège.

Non sans mal, l’Oterashi l’aperçut, et se hâta de l’extraire du trou grâce à un appendice de terre allongé pour l’amener près de lui.

« ...Son pouls est faible, mais il est vivant. »

Sans doute assommé par la chute, le vieil homme aux cheveux blancs hirsutes semblait délirer, piégé dans l’inconscience. Expirant lourdement, Yanosa joignit les mains et créa deux bunshins de l’ombre. Le premier chargea l’homme sur ses épaules, tandis que le second s’occupait de couvrir ses arrières en vue de le rapatrier jusqu’au village. Sans un mot de plus, le trio s’enfonça dans la nuit, laissant seuls Yanosa et la jeune femme.

« ...Bien, allons voir si les tiens ont tenu parole. Je te suis. »

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Mer 6 Jan 2021 - 15:40
Trop intimidée sans doute pour ne serait-ce qu’avoir l’idée de tenter quoi que ce soit, la jeune femme du peuple sylvestre guida sans un mot le guerrier brûlé à travers la forêt. Peut-être était-ce le fruit de son imagination, du fait de l’obscurité impénétrable qui les entourait, mais l’Oterashi avait la sensation que la végétation se faisait toujours un peu plus dense à mesure qu’ils progressaient, et il avait beau ne pas être claustrophobe pour un sou, il percevait distinctement l’oppression naturelle exercée par la nature tout autours d’eux, prête à les dévorer. Bientôt, les dénivelés se firent plus sinueux et resserrés, et après à peine plus d’une heure de marche énergique, Yanosa finit par percevoir sans difficulté une concentration d’énergies aisément dissociables des formes de vie qui fourmillaient dans ce biome à part entière.

Sans crier gare, le Tellurique força la cadence, dépassant la jeune femme dont l’utilité venait de péricliter d’un seul coup, et termina de se guider lui-même vers ce qui semblait être le village du peuple de la forêt. Et à en juger par l’agitation qui animait les lieux, peu de chances qu’il se soit trompé : la pure végétation fit progressivement place à d’imposantes structures en pierre, qui projetaient leur ombre via les torches et autres braseros disséminés un peu partout, et une assemblée étonnamment dense et éveillée pour cette heure se trouvait manifestement au coeur d’un houleux débat. Peu enclin à forcer sur sa voix pour tâcher de se faire entendre au-dessus du brouhaha ambiant, le guerrier tellurique fit vibrer le sol et les colonnades tout autours de lui, provoquant immédiatement le volte-face de tous les autochtones qui se figèrent un instant dans le silence.

« C’est lui ! » susurra un homme dans la foule, celui que Yanosa avait du frapper un peu plus tôt, reconnut-il.

Ombre encapuchonnée, sinistre et entouré des vives lueurs des braseros, le guerrier calciné chercha du regard celui qui d’après les informations de Muramasa devait être le chef. Et en quelques secondes à peine, il le trouva en effet, fendant sans peine la foule immobile, tandis que la jeune femme qui avait guidé le Chûnin le dépassait en hâte sur le côté pour rejoindre les siens.

« Un autre Shinobi vient à nous… en ces temps troublés et incertains.
- Où est Ayako.
- ...Son sort… n’est plus entre nos mains, j’en ai peur. L’on m’a dit… que son père avait rencontré sa ruine au coeur de la forêt ? Demanda-t-il calmement en s’appuyant sr son bâton orné de décorations tribales.
- … Il vivra. Mais vous n’avez pas répondu à ma question. »

Un moment de silence, tendu et prolongé, s’imposa sur l’assemblée nocturne.

« … Venez avec moi, s’il vous plaît. », finit par dire le chaman en s’écartant de la foule interdite.

Yanosa le suivit, ses sens aux aguets, à travers ce qui ressemblait à d’antiques temples en ruines où des bas reliefs évoquaient avec vivacité les croyances du peuple de la forêt. Le chef spirituel s’arrêta au centre de ce qui avait certainement été un grand hall, à présent à ciel ouvert et envahi par la végétation, et l’Oterashi fit de même quelques pas en arrière.

« … Notre lien avec les ancêtres est menacé. Les Dragons… sont sortis de leur sommeil éternel. Ils engloutiront la forêt, étranger, lança-t-il d’un air grave en se tournant de trois quart vers le guerrier tellurique, comme ils ont englouti le premier monde il y a des âges de cela. Seul un éclat de pureté, offert selon nos rites… pourra les faire retourner à leur hibernation.
- Et cet éclat c’est Ayako, n’est-ce pas ? Vous espérez quoi en me racontant ça, que j’attende sagement que la petite se fasse gober pour pouvoir passer le rite à mon tour ?
- En fait… tout le contraire, Shinobi. »

L’Oterashi fronça les sourcils, devant bien s’avouer incapable de comprendre ce que ce chaman illuminé pouvait bien avoir dans la tête tandis qu’il se retournait cette fois tout à fait face à lui. Son visage plongé dans l’ombre projetée par une torche murale, il reprit alors.

« Nos dogmes ont failli. La fin du chakra, des anciens, annoncé par ce Tôsen, nous a divisé… nos préceptes sont en déroute, et je me vois incapable d’ouvrir les yeux aux miens, face à la ruine qui nous guette. Pour la prévenir, ce n’est pas d’une solution ésotérique dont nous avons besoin… mais d’une action tangible et concrète. La vie de cette fille pourrait bien être gâchée pour rien, et nous… serions les prochains.
- ...Si je comprends bien, pas de fumées hallucinogènes pour moi, alors, fit Yanosa presque avec ironie.
- Vous n’en aurez effectivement pas besoin : il est déjà là. Yurlungur… est déjà là. »

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Jeu 7 Jan 2021 - 21:11
Pendant quelques minutes encore, dans la discrétion des ruines antiques, l’Oterashi et le chaman échangèrent. Curieux paradoxe, ne put s’empêcher de penser le Chûnin, que ce soit au final celui d’entre eux qui avait la charge de la spiritualité de toute une communauté sylvestre qui s’avère le plus terre à terre au sein de ladite communauté. D’après ses dires, l’agitation et les secousses qui avaient parcouru l’épaisse et mystérieuse forêt interdite avaient débuté le jour même où le discours du Sakaze avait pénétré tous les esprits du Yuukan, et si aucun des autochtones n’avait pu être témoin directement e l’arrivée des Dragons, certaines traces laissées dans les recoins les plus sombre et reculés de la forêt avaient depuis éveillé bien davantage que des soupçons.

Secourir Ayako et entrer en contact avec les créatures au sang froid allait donc, finalement, s’avérer deux entreprises parfaitement conciliables, et alors que les timides lueurs de l’aube commençaient à poindre à travers la végétation luxuriante, Yanosa s’enfonçait donc de plus belle en son sein, dans cet enfer vert qui abritait le berceau des serpents primordiaux à la recherche desquels il s’était lancé. Sur les indications du chaman, il fila à toute allure en direction de l’esplanade sacrificielle, ultime frontière que même le peuple local n’osait franchir, et au sommet de laquelle avait été amenée Ayako. Et tandis qu’il tâchait de se repérer au mieux dans le clair-obscur de cette nouvelle journée naissante, il entendit distinctement l’écho d’un cri lointain. Fronçant les sourcils, il força le rythme, intensifiant l’usage de son Mitudo pour donner à chacun de ses appuis davantage d’impact.

Au loin, les prémisses des vieilles structures antiques se dessinèrent, mais pas seulement : autours d’elles en effet semblait également se dessiner un large sillon au creux duquel la végétation avait été violemment déchirée, aplatie. Levant les yeux, l’Oterashi remarqua l’usure anormale, haut sur l’écorce des arbres, qui témoignait du passage en force d’un animal aux proportions gigantesques. En quatrième vitesse, il se propulsa droit vers le sommet de l’esplanade, dont le plateau tutoyait et dépassait même par endroit celui des arbres millénaires. Débouchant au-dessus de la canopée d’un bond puissant, le guerrier de roche aperçut directement la stèle mentionnée par le chaman, sur une avancée de l’esplanade qui semblait s’offrir au vide. Ligotée à la stèle, une silhouette frêle se trouvait là, à se débattre contre ses liens en laissant manifestement la panique s’emparer d’elle. Ayako, sans l’ombre d’un doute. Sans attendre, Yanosa se rua vers elle, la faisant sursauter sur le coup en lui imposant sa sinistre stature.

« Vous !! Qui… !
- Je vais vous sortir de là, calmez-vous.
- Il- Il est là, je l’ai vu !! Ooooh mon Dieu, pitié je veux pas mourir… ! »

Il dégaina un kunai, entreprenant de couper en vitesse les lianes épaisses que les autochtones avaient utilisé pour la ligoter. Mais alors qu’il terminait de trancher un premier point de serrage, il écarquilla soudainement les yeux, un frisson d’avertissement lui parcourant l’échine tandis qu’une énergie massive apparaissait subitement dans son dos. Il tenta de faire volte face, mais une secousse assourdissante ébranla ses appuis : sous ses pieds, des fissures zébrèrent la roche antique, et des craquements sinistres retentirent de toute part. Cogitant à toute vitesse et percevant distinctement la gravité qui s’emparait de toute l’esplanade, une seule conclusion s’imposa. * Pas le temps. * Il agrippa la stèle, l’inondant de chakra Mitsudo et força sur ses jambes à les en rompre. In extremis, la manœuvre réussit : la stèle, avec Ayako encore attachée à elle, se détacha et l’Oterashi fila en diagonal vers la cime toute proche d’un arbre gigantesque, où il parvint à les faire atterrir de façon peu orthodoxe. Le bois des branche craqua, mais tint bon sous leur poids combiné. Et si la jeune femme était saine et sauve, le caractère strident des cris qui sortaient de sa gorge ne trahissait que trop bien la peur panique et l’inconfort qui l’habitaient.

« Calmez-vous, bon sang… ! »

Le Tellurique observa aux alentours, et ne mit pas longtemps à repérer le mouvement qui agitait la forêt en contrebas., où une forme cuivrée ondulait en écartant la végétation sur son passage. Le plus calmement qu’il lui était possible de le faire, rebattant son capuchon vers l’arrière pour se dévoiler, il avança alors minutieusement vers l’extrémité d’une longue et solide branche pour se repositionner. De l’esplanade, il ne demeurait que la moitié de sa surface, le reste se retrouvant à présent écroulé en tas de gravas grisâtres au coeur des bois. Ces dégâts matériels étaient toutefois loin de focaliser l’attention de l’Oterashi, et ce fut d’autant plus vrai lorsqu’une masse colorée finit par poindre sous la canopée. Il lutta contre son instinct, demeurant immobile sur son haut perchoir plutôt que de se retirer, et observa de bout en bout l’apparition de la créature, dont l’énorme tête se hissa peu à peu jusqu’à sa hauteur. Les yeux fendus d’un jaune profond se figèrent sur lui, et le silence relatif de la forêt interdite fut à nouveau rompu par un sifflement caverneux qui résonna aux oreilles du guerrier de pierre.

« ...Yurlungur, je présume. »


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Jeu 7 Jan 2021 - 21:47
Pendant ce qui lui sembla une éternité, Yanosa soutint le regard froid et impassible du grand reptile, dont le corps sinueux disparaissait en contrebas dans l’épaisse forêt. Ses écailles cuivrées arboraient des motifs changeant, des dégradés de couleur subtiles donnant par endroit à son corps musculeux des allure d’arc-en-ciel. Pour un peu, le guerrier tellurique aurait pu se perdre dans la contemplation de l’animal, immense et majestueux, mais un détail crucial l’en empêcha. Un mouvement, lent et presque imperceptible, celui de la tête du grand serpent qui semblait prendre du recul. L’Oterashi ouvrit la bouche, mais n’eut pas le temps de prononcer le moindre mot : dans une attaque éclaire fulgurante, Yurlungur fondit en effet sur lui, la gueule grande ouverte, mettant fin à une discussion qui n’avait pas encore pu commencer.

Le pugiliste enrubanné serra les dents : par pur réflexe, il expulsa une masse de pierre dense et solide vers la gueule béante, se propulsant dans le même temps vers la cime d’un autre arbre sur le côté. Si il voulait avoir une chance de sauver Ayako, sa meilleure option consistait encore à attirer l’attention du serpent autre part que sur la stèle : tandis que Yurlungur broyait péniblement la pierre expédiée dans son gosier, il expédia donc une volée de projectiles rocheux en direction de la mâchoire du reptile.

« Je croyais pourtant avoir à faire à un animal au sang froid. » lança-t-il pour le provoquer davantage.

La manœuvre réussit, même peut-être un peu trop : la créature fit pivoter vivement sa tête, siffla de colère et fonça de plus belle vers l’Oterashi à vitesse redoublée, manquant cette fois de peu de le gober tout à fait. A présent changé intégralement en pierre, le guerrier calciné tenait à bout de bras la gueule du grand serpent ouverte forçant sur ses jambes sur la partie inférieure de la mâchoire.

« Ha… C’est… tout c’que t’as, vermisseau ? »

Si il ne fut pas en mesure de voir les pupilles de Yurlungur se dilater de rage, Yanosa éprouva malgré tout toute la puissance de sa gueule, lorsqu’elle fut déployée entièrement et brisa son corps en morceaux. Tout en se reconstituant, le Tellurique se sentit peu à peu oppressé et acheminé le long des parois stomacales de la bête. Mais ce tour là, on le lui avait déjà fait, et en bien pire. Le calme à l’extérieur dura une poignée de secondes, durant lesquelles seuls résonnèrent les cris d’Ayako toujours ligotée et perchée en haut d’un arbre. Puis le corps long et gigantesque de Yurlungur s’arqua de douleur, un sifflement enragé jaillissant de sa gorge, et une stalactite aux proportions humaines sortit subitement dans une gerbe de sang reptilien, transperçant la peau écailleuse de l’intérieur plusieurs mètres sous le niveau de la tête du serpent géant.

Retrouvant une forme humanoïde, l’Oterashi se réceptionna sur le sol humide de la forêt et fit rapidement volte face pour garder le titan en vue et éviter de se faire surprendre à nouveau, non que l’idée de l’avaler devait encore paraître très intéressante à Yurlungur.

« ...On peut parler ? »

Un nouveau cri bestial lui répondit, tandis que du mouvement se faisait sentir au loin entre les arbres millénaires.

« ...Tu vas rien lâcher, hein... »

La queue cuivrée aux reflets iridescents apparut rapidement, frappant lourdement la position du pugiliste qui venait de promptement s’élancer sur le côté. Son corps de pierre inondé de chakra Mitsudo, l’Oterashi zigzagua à toute vitesse dans la forêt, saturant l’attention de l’immense reptile en sautant d’un tronc à l’autre. Plusieurs d’entre eux firent les frais du courroux de Yurlungur, mais l’affrontement soudainement rencontra une fin abrupte lorsque le guerrier tellurique parvint à exécuter un plongeon droit vers la tête du colosse à écailles. Sa main plaquée sur sa peau froide, l’énergie du Mitsudo se déploya comme un torrent et au terme d’une chute impressionnante, le corps tout entier du serpent cuivré tomba au sol, tétanisé par son propre poids décuplé. Perché et agrippé à la tête de Yurlungur, reprenant son souffle, Yanosa se pencha sur le côté.

« Ha….Ha…. Rapide… pour un ver géant... »

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Ven 8 Jan 2021 - 0:54
« ...Kozô... »

La voix grave et impérieuse retentit dans la forêt, et l’Oterashi se demanda un bref instant d’où elle pouvait provenir avant de finalement se rendre à l’évidence : en dépit de sa mâchoire bloquée, le serpent géant parvenait à projeter ses pensées sous la forme de sons bel et bien audibles. Une caractéristique surprenante des créatures de son genre, songea Yanosa, qui côtoyait pour la première fois personnellement l’une d’entre elles.

« ...Je te conseille d’arrêter tes provocations. Toi comme moi savons… que les humains sont de petites choses fragiles. Tu as beau te débrouiller… l’étendue pitoyable de ton chakra sera ta perte.
- … Effectivement, merci de me le rappeler. Je vais donc t’achever tout de suite, pour ne pas prendre de risques. »

L’énergie Mitsudo se fit plus intense encore au bout des doigt du guerrier pour l’instant triomphant, menaçant de faire broyer les organes du reptile sous le poids de son propre corps.

« Sssssssssh ! Siffla-t-il de dépit et de mépris. ...Qu’es-tu venu faire ici, Shinobi…
- Je suis venu voir de mes propres yeux… ce dont sont capables les « Dragons » dont on m’a tant parlé. Je dois savoir… si ils seront capables de m’aider dans ma tâche.
- Kshshshshsh… Encore un Homme… un petit garçon… qui cherche à nous utiliser pour poursuivre ses petites ambitions… pathétique.
- Pour quelques minutes encore, le petit garçon a ta vie entre ses mains. Je me sais orgueilleux, mais toi… tu bats tous les records.
- Ksssssssh…. Continue donc de parler, kozô… je sens tes forces te quitter, inexorablement...
- ...Yurlungur. Tu impressionnes peut-être le peuple de la forêt en venant jusqu’ici, à la croisée des mondes, mais tu ne me duperas pas. Ton existence… comme celle de tous tes semblables, ainsi que celle des Shinobis, est en péril. Et il n’y a rien que tu puisses faire… pour l’empêcher. »

Il marqua une pause, rassemblant ses forces, s’assurant d’être prêt à parer à toute éventualité pour ce qui allait suivre… et sauta de la tête du serpent géant, se réceptionnant à quelques mètres de là en arborant la posture la plus neutre et déterminée qui soit. Face à lui, Yurlungur était à nouveau libre de tous ses mouvements : il releva prestement la tête, se hissant à plusieurs mètres de hauteur avec une lueur assassine dans la fente de ses yeux.

« … Il y a de ça des années, un Shinobi d’Iwa a parcouru ces forêts, a communié avec vous pour se lier d’un pacte de sang avec ton peuple. Lie-toi à moi, Yurlungur, dit-il en faisant porter haut et fort sa voix rauque et abîmée, tout en tendant une main ouverte qu’il serra aussitôt en un poing dur comme le roc. Avec ton aide, nos chances à tous les deux de réussir augmentent. Nos chances… de vaincre Tôsen et de contrecarrer ses plans. »

L’Homme et le Serpent se fixèrent pendant ce qui parut une éternité. Cette fois, cependant, point d’assaut fulgurant de la part du reptile géant, qui éructa à la façon typique de son espèce en se penchant lentement en avant. La vue était en soit rassurante, mais demeurait extrêmement impressionnante à contempler du point de vue d’un humain. Sa large tête presque revenue au niveau du sol, le colosse reptilien ouvrit alors sa gueule, d’où sortit dans un bruit chuintant et humide un large rouleau qui se déroula au sol de lui-même.

« ...Ne me déçois pas, humain, ou je saurais te le faire regretter. »

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Ven 8 Jan 2021 - 13:52
Yanosa oeilla tour à tour le grand serpent et le rouleau qu’il venait de régurgiter, expirant longuement en silence sous le regard froid et inexpressif du reptile. Progressivement, le corps du guerrier brûlé reprit sa forme de chair et d’os, renvoyant immédiatement à celui-ci la quantité invraisemblable de signaux nerveux qui auraient fait se tordre de douleur n’importe quel humain normal. Le pacte exigeait du sang : cela tombait bien, car l’une de ses cicatrice s’était justement rouverte, propageant le fluide carmin sur ses épais bandages sombres. Serrant la mâchoire, l’Oterashi porta la main à sa blessure, recouvrant ses phalanges de son propre sang.

« Si jeune… et ton corps est déjà une telle épave. Tu mourras avant d’avoir accompli quoi que ce soit.
- ...Non. Ça ne m’arrêtera pas. Rien ne m’arrêtera. »

De sa main, il décrivit alors des courbes sur le large parchemin déployé, annotant son nom au côté de celui de Muramasa pour sceller son alliance avec le peuple des Serpents primordiaux.

« Oterashi...Yanosa. Un sang noble pulse dans tes artères.
- Peut-être est-ce pour ça… que j’aime tant le faire couler.
- Huh ! A très bientôt, Kozô…
- Une question : le peuple de la forêt pense qu’il va finir englouti par les tiens, après l’agitation que tu as provoqué…
- Ooh, quel être attentionné tu fais, tout à coup. »

La tête de Yurlungur se tourna ver un morceau de ses chairs, arraché par le passage du Tellurique dans ses entrailles.

« Apporte-leur donc ça : ces fous sauront bien quoi en faire pour justifier le calme retrouvé de leur précieuse forêt. »

Sans plus de cérémonie, le serpent géant ravala le rouleau des signataires du pacte et, faisant retrouver le sol à l’ensemble de son corps noueux, rampa et slaloma entre les grands arbres, s’enfonçant en direction des territoires interdits où demeurait son peuple. Pour la première fois, Yanosa prit toute la mesure de l’amplitude réelle de la créature, dont il eu l’impression qu’il lui fallut plusieurs minutes pour faire disparaître les derniers tronçons de son corps dans la végétation. L’Oterashi resta immobile un instant. Puis, il se rappela d’Ayako. Puisant dans ses réserves, il rejoignit la cime où se trouvait la stèle à laquelle elle était ligotée et, constatant qu’elle s’était évanouie, entreprit de la libérer dans un silence appréciable.

Le soleil à présent faisait darder ses rayons à travers la forêt luxuriante, et le guerrier tellurique épuisé fut en mesure de retrouver le village des autochtones sans difficulté. En dépit du sang séché qui avait imprégné ses bandages, il s’y présenta avec un calme olympien, Ayako sur les épaules, et il ne fallut pas longtemps avant que ne se créé un rassemblement sur la place centrale. Sans un mot, Yanosa jeta alors au sol le gros morceau de chair surplombé d’écailles, laissant les croyants les plus fervents de la communauté tirer leurs propres conclusions.

« Vous ne craignez plus rien, précisa-t-il pour le plus grand nombre. Priez donc vos ancêtres : je retourne me battre pour le Chakra. »

Au loin, il aperçut le chaman lui adresser un hochement de la tête, qu’il lui rendit sobrement. Puis il partit, rebroussant chemin des heures durant, ployant peu à peu sous l fatigue, et rapatria au terme d’un long périple la jeune femme jusqu’à son foyer. Sur place, une petite troupe discutait à l’extérieur : leur visage d’un coup s’illuminèrent en apercevant Ayako sur les épaules de l’Oterashi, et ce dernier fut bien content de pouvoir se décharger de son poids pour les laisser s’occuper d’elle.

« Elle aura juste… besoin de repos. Son père ?
- Il- Il va bien, il se repose à l’intérieur ! Ce vieux fou a voulu repartir avant le petit matin, on a du le droguer pour le faire tenir en place.
- … Bien, Il y a des chambres libres dans votre auberge ?
- O-Oui, bien sûr !
- Donnez m’en une...Faites enlever les draps et… amenez-moi votre apothicaire. Je vais aussi avoir besoin de me reposer... »

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