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Cousine et cousine [Mairu]

Metaru Hideko
Metaru Hideko

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Sam 16 Jan 2021 - 19:13

Les journées s’enchaînaient et se ressemblaient. Le matin Hideko se réveillait à l’aube, le corps endolori, les jambes meurtries. Elle devait attendre que l’on vienne l’aider à se lever et à se laver, puis elle petit-déjeunait et attendait ensuite le déjeuner. Dans l’après-midi, on l’amenait en fauteuil roulant jusqu’à la salle de rééducation. Pendant une heure trente elle réalisait des exercices pour solliciter les nerfs et les muscles de ses jambes.
Ses terminaisons nerveuses furent restaurées, sa moelle épinière guérie, mais elle dû réapprendre à marcher. Chaque exercice était souffrance, tant physique que psychologique. Chaque pas réussi lui provoquait une douleur aiguë trouvant source dans le bas de son dos et se diffusant jusqu’à la pointe de ses pieds. Chaque pas raté la heurtait à sa propre faiblesse. Le désespoir de sa position de survivante s’était peu à peu muée en colère, puis en rage avant de finalement osciller entre lassitude et épuisement. Hideko n’était cependant pas du genre à abandonner. Ou plutôt, toute sa vie n’ayant été qu’abandon et résignation, aujourd’hui Hideko ne voulait plus de cela. Bien qu’elle l’aurait ardemment désiré de tout son être, cet abandon, baisser les bras et se laisser mourir, la jeune femme ne pouvait gâcher cette nouvelle chance qui lui avait été accordée. Quand bien même cette nouvelle chance devait se saisir dans la souffrance. Jamais elle n’avait eu le courage de se battre, de s’opposer à son père. Son père n’était maintenant plus de ce monde. Pour survivre, elle dû trouver au fond d’elle les ressources pour y parvenir. Hideko savait maintenant ce dont elle était capable.


Les couloirs blancs et froids de l’hôpital s’enchaînaient tel un dédale jusqu’à mener à la salle de rééducation. Là, un membre du personnel médical la positionnait sur une table pour la masser. Ses muscles atrophiés devaient au préalable être chauffés et entretenus pour qu’elle puisse s’en servir pour la suite. Elle réalisait des étirements et de petits exercices sollicitant les différents muscles de ses jambes. Enfin Hideko devait s’entraîner à marcher au milieu de deux barres horizontales qui lui servaient d’appui. La jeune femme au teint blafard se positionna puis pris une profonde respiration. Sa crinière blanche tombante débordait de chaque côté de son visage. Ébouriffée, abîmée, sa chevelure dont elle était si fière était aujourd’hui synonyme de son épuisement. Cependant, quelles que soient les difficultés, quels que soient les sacrifices, elle continuait.
Hideko se concentra sur son objectif, faisant abstraction de la douleur. Elle s’élança. Sa hanche répondit à son impulsion et entraîna avec elle une partie de la jambe. Son visage se crispa de douleur. Elle laissa échapper un gémissement. Une deuxième impulsion fut nécessaire pour placer correctement sa jambe, puis elle avança son bras, se balançant tel un singe. Hideko recommença avec sa jambe opposée. Jambe droite. Jambe gauche. Jambe droite. Jambe gauche. Son souffle se fit court et rauque. Elle parvint à l’extrémité des barres. Veillant à ses appuis, elle fit demi-tour sur elle-même et se prépara à repartir.
Son regarda s’arrêta sur la silhouette qui apparut au fond de la pièce. Une silhouette qu’elle connaissait bien puisqu’il s’agissait de celle de Mairu. @Metaru Mairu, une jeune femme qu’elle ne connaissait pas aussi bien qu’elle l’aurait désiré. Mairu était l’une des rares personnes qui lui rendait visite. Exceptée Mairu, seule l’une de ses tantes, qu’elle a connue toute petite, prenait cette peine à son égard. Hideko s’arrêta un instant puis reprit sa marche jusqu’à parvenir au bout de son exercice. Là elle fit signe à la jeune femme d’approcher. Debout, tenue par ses bras, luttant contre un déséquilibre perpétuel, Hideko esquissa un sourire.


- « Bonjour Mairu. Tu as pu voir ma petite-sœur avant de venir ici ? »

Sa petite sœur était elle aussi soignée à l’hôpital pour son état fragile et sa psychée instable. Elle non plus ne pouvait bénéficier du luxe d’une famille ou d’amis venant la voir pour l’aider à se rétablir. Hideko prenait soin d’aller la voir tous les jours, roulant d’une chambre médicalisée à l’autre. Toutes les deux devaient maintenant se soutenir. Il ne restait qu’elles. Bien que Hideko n’en fut jamais proche, les événements qui avaient mené jusqu’à leurs retrouvailles avaient eu raison des conflits de l’époque. Leurs cicatrices respectives avaient soudé leur relation à jamais.



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Metaru Mairu
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Mar 26 Jan 2021 - 22:47
Cousine et Cousine

feat. @Metaru Hideko

C'était devenu une routine qui marquait la fin de la journée de la Directrice de la Forge.

Depuis l'admission des deux sœurs à l'hôpital de Kumo, suite au drame qui avait fait d'elles aujourd'hui des orphelines, Mairu leur rendait visite presque quotidiennement. Si ses premières visites étaient surtout pour prendre connaissance de leur rétablissement, rapidement celles-ci s'étaient transformées en des visites de soutien moral.

Bien que la Metaru à la peau hâlée ne fût pas au courant de l'existence des deux sœurs avant leur admission à l'hôpital de Kumo, elle avait réussi en quelques jours seulement à se lier avec les deux infortunées. Son dévouement pour son clan avait grandement facilité les choses. La grande importance que la Heidan aux yeux dorés accordait au lien qui liait les Metaru lui avait permis d'ouvrir facilement son cœur aux deux sœurs qui portaient le même nom qu'elle. Et, à sa grande satisfaction, ces dernières s'étaient ouvertes à elle sans la moindre retenue. Sans doute avaient-elles ressenti la sincérité de son affection ou peut-être avaient-elles tout seulement besoin de se sentir accompagner dans leur douleur. Peu importait la raison, Mairu était dans tous les cas satisfaite du résultat.

Ayant un emploi de temps bien chargé, bien qu'elle pût venir régulièrement, la Directrice de la Raffinerie ne pouvait jamais rester longtemps. En effet, ne pouvant se libérer qu'après sa journée de labeur que son rang et son poste lui imposaient, elle avait à peine une heure avant la fermeture de l'établissement médical aux visiteurs. Mais, aujourd'hui, c'était son premier jour de repos depuis l'hospitalisation des deux sœurs alors elle allait pouvoir rester plus longtemps. Au lieu de venir en fin de journée comme à la coutume, la Heidan était arrivée dans la matinée et avec deux bouquets de fleurs de saison et un planning bien précis des activités à faire avec les deux sœurs en tête.

La Metaru aux cheveux violacés avait fait en sorte de ne pas venir trop tôt, afin d'accorder aux deux sœurs d'avoir leurs rituels matinaux quotidiens. Cependant, quand elle se présenta auprès de la grande sœur, cette dernière était encore en train d'effectuer son exercice de rééducation.

« - Bonjour Hideko-chan. Non, je suis venue te voir directement. J'aimerais que nous allions la voir ensemble. »

Tout en parlant, Mairu avait reposé les bouquets dans un coin avant de se rapprocher de la Metaru aux cheveux clairs.

« - Est-ce que je peux t'aider dans ton exercice ? J'aurais bien aimé pouvoir t'aider les autres fois mais, malheureusement, les devoirs m'empêchent de disposer de mon temps comme je le souhaiterais. Mais aujourd'hui je suis de repos. Ma journée est donc à toi et ta sœur. Dès que ton exercice sera terminé, j'aimerais que tu me laisses prendre soin de toi avant qu'on aille voir ta petite sœur. »

Aujourd'hui la Dame de Fer comptait nouer à tout jamais la corde qui la liait à ses deux cousines. Elles faisaient désormais partie de sa famille et elle comptait bien leur faire comprendre …

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Ven 29 Jan 2021 - 11:17

Mairu salua Hideko et lui annonça qu’elle n’était pas encore allée voir Aya. Elle lui proposa à la place d’aller la voir ensemble. Toutes les trois seraient ainsi réunies pour la première fois. Bien que Mairu rende visite presque tous les jours aux deux sœurs depuis leur arrivée au village, Hideko n’en savait que peu à son sujet, tant les discussions se concentraient sur le banal plus que sur le fond. Tout ce qu’elle savait c’était que Mairu était quelqu'un d'important, portant de grandes responsabilités. Hideko ne voulait pas se confier à une femme qu’elle ne connaissait pas ; bien que si gentille. Elle semblait très occupée et n’avait sûrement pas que ça à faire. Hideko ne voulait pas déranger Mairu et lui peser plus que ce n’était déjà le cas.
Son mal-être était palpable. Ses traits tirées et son visage pâle assombrissait son visage. Si elle ne bougeait pas, on pourrait confondre Hideko avec une morte tant son teint était cadavérique.
Mairu avait apporté un bouquet pour Hideko, bouquet qu’elle posa sur une table dans un coin, faute de pouvoir l’installer dans la chambre.


Elle proposa à Hideko de l’aider dans ses exercices de rééducations. Contrairement à d’habitude, elle disposait de tout son temps puisqu’elle était de repos. Elle était donc exemptée des devoirs qui la pesaient tant quotidiennement. Ainsi les chefs pouvaient même se payer le luxe de prendre du repos ? Hideko n’avait jamais profité de jours de repos. La semaine elle travaillait sur le stand familial pour faire la vendeuse auprès des clients. Le week-end elle travaillait avec son père dans l’atelier ou à la forge pour créer armes et outils qu’elle proposait à la vente la semaine suivante. Seuls les voyages entre les différents villages apportaient du changement à cette mécanique bien huilée.
Mairu voulait profiter de ce jour pour prendre soin de Hideko. La jeune femme ignorait ce que voulait dire prendre soin de quelqu’un. Jamais on avait prit soin d’elle, tout du moins avec bonté et amour. Son père l’avait prit sous son aile très jeune et n’acceptait pas que sa mère interférait avec ses directives. Mairu voulait-elle passer du temps avec Hideko ? Ce devait être cela. Elle comprenait, intellectuellement ce qu’elle voulait dire, mais la compréhension émotionnelle ne suivait pas.
Hideko prit le temps de réfléchir à sa proposition de l’aider dans ses exercices. Elle jeta d’abord un regard vers l’infirmier qui s’occupait d’elle. Celui-ci ne fit aucun signe de refus. Il en dépendait donc d’elle. Hideko se sentait si faible. Elle était si fatiguée. L’image qu’elle avait d’elle-même était encore plus pitoyable que celle qu’elle renvoyait réellement. Son corps ne se tenait plus. Ses jambes refusaient de lui obéir et malgré les mois qui passaient, elle n’avait fait que peu de progrès. Les médecins l’avaient prévenue, en lui disant qu’il était normal que cela prenne du temps, mais Hideko ne pouvait l’accepter. Elle se battait tous les jours pour avancer ; ce combat puisait tant dans ses ressources que son moral était au plus bas. Le peu d’énergie qui lui restait, elle le consacrait à sa petite-sœur.
Hideko ne pouvait pas l’abandonner. Toute sa vie elle avait abandonnée. Depuis qu’Aya était née, elle ne s’était jamais intéressée à elle. Elle, cette petite fille qui recevait l’amour de leur mère tandis que Hideko devait subir la domination de leur père. Tout ce qu’elle avait toujours ressentie envers Aya n’était que jalousie. La culpabilité de penser ainsi, de ressentir cela envers sa petite sœur l’avait toujours rongée. Cependant, jamais elle n’avait fait l’effort de passer outre sa jalousie. Elle s’était contentée de rester faible, de subir et de se venger sur elle.
Elle avait envie de refuser. Elle voulait refuser de toute ses forces mais n’avait même plus la volonté suffisante de s’opposer à une telle proposition.

- « Si tu veux oui. »

Ses mots sortirent de sa bouche comme si elle s’avouait vaincue. A quoi bon refuser.


L’infirmier s’approcha de Mairu et lui expliqua la procédure à suivre. Après avoir fini ses séries de marche, Hideko devait réaliser des exercices pour détendre ses muscles afin qu’elle ne souffre pas trop durant la nuit. Mairu devait l’aider à réaliser ces exercices, en poussant et tirant les divers membres de son corps. Ainsi ses muscles travailleraient et pourraient se détendre. Pendant que Hideko finissait ses longueurs, l’infirmier détailla à Mairu les gestes à suivre. Quand hideko eut finie, elle vint s’installer sur un lit et Mairu s’approcha d’elle.
Hideko n’avait pas la force de soutenir son regard, pas en ce jour. Elle détourna les yeux et, pour nouer son inconfort, engagea la conversation.

- « Je te remercie de me consacrer autant de temps... Je veux dire à moi et à Aya. Mais tu sais, tu n’as pas à venir tous les jours comme ça. Tu dois être surchargée de travail... »

Le cœur n’y était pas. Ses mots, trahissaient toute sa détresse. Bien que bienveillante, Hideko ne voulait pas que Mairu vienne moins souvent. Sans ce soutien indéfectible qu’elle lui apportait, Hideko craquerait. Elle le savait.

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Dim 7 Fév 2021 - 1:20
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feat. @Metaru Hideko

Par son simple expression, Mairu comprit sans mal que ses initiatives, bien que bienveillantes, étaient plutôt mal accueillies par Hideko. Et pourtant, la Metaru aux cheveux violacés ne comptait pas abandonner. Sa nouvelle cousine la prenait certainement pour une personne bien collante mais, à moins que la Metaru aux cheveux dorés ne lui exprimât clairement et avec conviction qu'elle ne désirait pas son aide alors Mairu continuerait de l'assister. De même, si Hideko ne désirait plus la voir, alors elle allait devoir le lui formuler avec franchise et sans la moindre hésitation. Tant qu'elle percevra de l'incertitude dans les propos ou à travers les gestes d'Hideko alors Mairu demeurera à ses côtés car ainsi était-elle. De nature altruiste, la Metaru à la peau hâlée était du genre à se dévouer corps et âme à ceux à qui elle tenait. Et, elle considérait Hideko et sa petite sœur comme des membres à part entière de sa grande famille qui était les Metaru.

Alors qu'elles se retrouvaient dans la chambre où séjournait Hideko, Mairu créa un vase entièrement métallique qu'elle alla remplir d'eau pour y placer ensuite un des bouquets qu'elle avait amené. Elle posa ensuite le tout sur la table de chevet de la chambre avant de partir en quête d'une brosse à cheveux, tout en écoutant sa cousine des oreilles attentives. Puis, l'objet trouvé, elle retourna auprès d'Hideko dont elle défit les cheveux sans demander l'autorisation à leur propriétaire.

« - Si je viens c'est parce que cela me fait plaisir. Mairu commença à brosser tout doucement les cheveux de sa cousine. Je suis au courant pour ton père et je conçois si tu nous détestes aujourd'hui mais j'aimerais que tu comprennes que ce qui s'était passé n'a rien avoir avec moi, ni avec les autres Metaru. C'est ton père qui avait décidé de tourner le dos au clan ... Et s'il était revenu, même des années plus tard, nous vous aurons accueillis avec plaisir mais il s'était entêté et vous a éloigné de nous avec lui. »

Hideko n'allait probablement pas apprécier le discours de Mairu qui accusait son paternel mais telle était la vérité. Si elle devait à en vouloir à quelqu'un c'était à son père seul. En tout cas, c'était ainsi que la Heidan voyait les choses mais elle n'était pas à la place d'Hideko. Elle n'avait pas vécu ses misères alors ne pouvait pas se mettre à sa place mais elle tenait à lui ouvrir les yeux sur ce qu'elle pensait être la vérité. Pour Mairu, les Metaru étaient très solidaires entre eux. Ceux qui vivaient ensemble au sien du quartier qui leurs était attribué s'entraidaient mutuellement. C'était animé de cette solidarité clanique à laquelle elle croyait dur comme fer que la Directrice de la Forge venait presque quotidiennement à cet endroit qu'elle n'aimait pas pourtant fréquenter.

« - Sache que si je viens vous voir toi et Aya, ce n'est pas par pitié, ni pour quémander votre pardon mais juste parce que je tiens à vous deux autant que je tiens aux autres Metaru. Pour moi, Aya et toi vous faites partie de cette grande famille que forment les Metaru. Ma famille. Ce que je fais pour vous aujourd'hui, je le ferais pour n'importe quel autre Metaru. »

La Dame de Fer marqua un bref silence.

« - Hideko-chan, voudrais-tu me raconter votre passé s'il te plaît ? J'aimerais vous connaître mieux toi et Aya. » …

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Lun 8 Fév 2021 - 10:13

Mairu, après avoir suivi les directives de l’infirmier, aida Hideko à réaliser les exercices d’étirements et d’échauffements. Ses muscles avaient besoin d’être manipulés et utilisés afin qu’elle puisse redévelopper une musculature suffisante pour pouvoir marcher et se déplacer confortablement. Ces longs mois d’alitement et les divers opérations qu’elle avait subi lui avaient fait perdre beaucoup de poids.
Hideko ne s’était pas vue dans un miroir depuis son arrivée à l’hôpital, elle refusait de voir son visage qu’elle imaginait sans difficulté, tiré et affaibli. Bien que ne mesurant qu’un mètre cinquante, le poids de la jeune femme avait atteint les quarante kilos. Toutes ces épreuves, ces exercices et le combat pour la survie : tout cela l’épuisait. Jamais elle n’avait mené telle bataille, jamais elle n’avait payé le prix du libre arbitre.


Une fois les exercices terminés, Mairu raccompagna Hideko dans sa chambre. Hideko ne pouvait marcher et devait effectuer tous ses déplacement en fauteuil roulant. Aussi, elle refusa que son amie ne la pousse, préférant que l’infirmier s’en occupe.
Arrivés dans la chambre, l’infirmier la replaça dans son lit et s’en alla. Mairu forma un vase en métal à l’aide de sa maîtrise, le remplit d’eau et y plaça le bouquet qu’elle avait apporté. Posé sur sa table de chevet, elle alla dans la salle d’eau et en revint munie d’une brosse à cheveux.

- « Ne te dérange pas avec ça… Je peux le faire. »

Mais Mairu en l’écouta pas et commença à la coiffer. Hideko ne pouvait pas se coiffer seule, ou plutôt, cela lui faisait tellement mal à l’épaule où elle avait reçue la flèche qu’elle préférait ne pas le faire. Les infirmiers s’en chargeaient quand elle leur demandait. Ces derniers temps, l’état de ses cheveux s’était dégradé. Elle, qui prenait toujours grand soin de ces derniers, les avait peu à peu délaissée. Mal à l’aise face à l’insistance de Mairu, elle ne protesta cependant pas.
Ce geste fit ressortir des souvenirs enfouis tout au fond de son être. Avant que son père ne la prenne totalement sous son aile, sa mère avait l’habitude de la coiffer tous les jours. C’était leur petit moment intime, entre mère et fille. Mais face au temps que cela prenait, Hideko eut tôt fait d’apprendre à se coiffer et à se préparer seule afin de ne pas subir les plaintes et remontrances de son paternel.
Mairu ne devait pas être bien plus âgée que Hideko. Aussi, elle ne voyait en elle pas une mère de substitution, mais l’amie et la confidente qu’elle n’avait eu. Pour autant, bien que son cœur la pousse à s’en rapprocher, Hideko refusait de céder. Son esprit, marqué par toutes ces années de souffrances, s’était habituée à la solitude. Les déceptions n’aidant pas, elle refusait de se laisser à nouveau prendre au piège, de céder à la facilité.


Sa bienfaitrice lui expliqua qu’elle agissait ainsi car cela lui faisait plaisir. Hideko ne comprenait pas comment aller rendre visite à une femme alitée qu’elle venait à peine de rencontrer pouvait lui faire plaisir.
Ses gestes étaient doux, la brosse passant délicatement dans ses cheveux, les dénouant sans les arracher.
Mairu plaida ensuite la cause de son clan et la sienne par la même occasion. Elle tenta d’expliquer que c’était la faute du père de Hideko, Metaru Ken, si elle n’avait jamais eu de contact avec eux. Lui seul avait tourné le dos au clan, refusant de les fréquenter, privant par la même occasion sa femme et ses enfants de leur famille agrandie. Selon elle, le clan les auraient accueillies à bras ouverts si elles étaient revenues, mais Hideko n’en crut pas un mot.
Au fond d’elle, la jeune femme savait. Elle savait que Mairu avait raison mais elle ne pouvait apaiser le brasier qui brûlait en elle. Elle ne pouvait calmer sa colère, toute cette colère qui la faisait aujourd’hui avancer. Sans cette colère, nourrie par des années de souffrances, Hideko craignait de s’éteindre pour de bon.
Elle ne pouvait pas accepter cette réalité. Le clan aussi était fautif. Les anciens auraient pu les recontacter, chercher à les joindre ou à minima à approcher Hideko quand elle eut atteint l’âge de la majorité. Il n’en fut rien. Hideko était restée seule tout ce temps face à ses démons... son démon. Ce clan plein de valeurs n’était qu’une coquille vide de sens.
Hideko se terra dans le silence, comme elle l’avait toujours fait. Elle ne désirait pas contre attaquer à ce qu’elle ressentait comme une agression.
Mairu ne s’attarda pas plus sur ce sujet très épineux. Elle lui expliqua que c’était par amitié sincère qu’elle venait rendre visite à Hideko et à Aya. Toutes deux étaient les membres de sa famille, au même titre que le reste de son clan. Elle désirait que Hideko se confit à elle, mais comment pourrait elle se confier à une femme qui lui mentait aussi honteusement ? Hideko ne put se retenir plus longtemps.

- « Tu aimerais nous connaître ? Mais pourquoi tu n’as pas essayé de nous connaître avant alors ? Pourquoi aucun des membres de ton chère clan, de ta chère famille n’est venu vers nous ?! »

Elle bouillonnait, tant de colère que de tristesse.

« Vous saviez très bien comment était notre père. Vous le connaissiez parfaitement puisque c’est lui qui vient du clan. Vous saviez ce qu’il nous faisait subir et vous avez laissé faire. Vous l’avez laissé nous faire du mal. Vous auriez pu éviter tout ça ! »

Hideko se retourna violemment vers Mairu. Son visage, métamorphosé par la haine, non pas à l’égard du clan mais à celle de son père, fixait celui de son interlocutrice. Sa main frappa celle de Mairu afin d’éloigner la brosse à cheveux. Le contact la répugnait.

« Tu savais et tu sais très bien ce qu’on a vécu ! Alors pourquoi tu me demandes d’en parler ! Tu veux que je te raconte quoi ?! Les coups de ceintures ?! Les humiliation ?! Les journées sans repos à travailler du matin au soir ! La solitude ! Hein ? Quoi ! »

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Lun 1 Mar 2021 - 12:18
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feat. @Metaru Hideko

Observatrice, Mairu avait remarqué sans mal qu’Hideko refusait de s’ouvrir entièrement à elle. La Dorée acceptait avec une rancœur qu’elle avait bien du mal à dissimiler les actes de la Violacée. Cette dernière n’était pas du genre à s’imposer dans la vie d’autrui mais, comprenant qu’elle devait insister un minimum afin de forcer sa cousine à l’accepter, elle demeurait donc aux côtés d’Hideko et pas qu’en tant que simple présence mais comme un proche disposer à l’aider, à la soutenir dans ses douloureuses épreuves.

Bien que déterminée, la Heidan finit par se demander si elle s’y prenait mal, si elle n’en avait pas trop fait ou trop dit, lorsque la Dorée s’emporta soudain. La Mataru à la peau hâlée ne s’attendait guère à ce que sa nouvelle cousine l’accepterait aisément - au vu de ce qu’elle avait vécu - mais les accusations de celle-ci surpris Mairu qui suspendit son geste alors qu’elle s’attelait toujours à brosser les cheveux d’Hideko.

Comprenant la colère de sa cousine, la Metaru aux yeux dorés parvint à garder son calme même lorsqu’Hideko vint taper la brosse qu’elle tenait. La Heidan laissa sa cousine exprimer sa rage tout en la fixant droit dans les yeux sans se dérober.

« - Nous les Metaru avons pour habitude de ne jamais se mêler des affaires de ceux qui ont décidé de vivre en dehors du clan. C’est une façon de respecter leur choix de vie, leur liberté. Mais, votre cas était différent alors les Anciens ont décidé de surveiller ton père mais bien qu’il fût un homme sans cœur il n’était pas un idiot. Il se déplaçait sans cesse, rendant ainsi la filature difficile. Puis un jour, le clan a complètement perdu votre trace. Bien sûr, le clan aurait pu continuer à vous chercher mais celui-ci avait d’autres problèmes à gérer. Des difficultés internes au clan mais aussi liées à Kumo et au pays. »

Mairu marqua un silence avant de poursuivre après s’être assurée qu’Hideko la fixait droit dans les yeux.

« - Tu pourrais nous accuser d’avoir fait passer l’intérêt de Kumo ou de Kaminari avant vous mais tu as tort de dire que nous n’avons rien fait pour vous. Et puis, Hideko-san, pourquoi n’as-tu jamais essayer de revenir par toi-même ? Vous, vous étiez devenus introuvables mais vous saviez parfaitement où se trouvait le clan Metaru. Et, ne viens pas me dire que tu n’as jamais trouvé la moindre occasion de t’échapper des griffes de ton père depuis tout ce temps !? Je pense que tu aurais pu très bien t’échapper, seule ou avec ta sœur, à un moment ou un autre, mais tu étais bien trop lâche pour le faire. Tu as préféré souffrir dans ton coin et de rejeter la faute sur nous car c’était bien plus facile que de reconnaître et d’affronter ta faiblesse. Chose que tu continues de faire en ce moment même. Est-ce que je me trompe ? »

Bien que les propos de la Heidan étaient certainement durs à entendre, son timbre n’était cependant aucunement agressif. Après tout, la Dame de Fer ne cherchait pas à culpabiliser Hideko mais juste à la pousser à reconnaître qu’elle avait aussi une part de responsabilité, et pas de moindre, dans sa propre infortune. Qu’elle aurait pu très bien, de sa propre initiative, mettre un terme plutôt à sa souffrance et celle de sœur et, peut-être même éviter qu’elles soient aujourd’hui des orphelines. Un seul pas, un seul acte de bravoure suffisait parfois à chambouler sa destinée. Mairu était de ceux qui croyaient que rien n’était tracé d’avance. Que chacun était libre de tracer son propre chemin. Seulement, il fallait souvent du courage pour dévier de la voie la plus facile à emprunter même si ce n’était pas la plus satisfaisante. Celle que les autres traçaient souvent pour soi.

Après un nouveau silence, Mairu reprit d’une voix plus douce.

« - Et si tu essayais de te montrer forte aujourd’hui, Hideko-san ? Je sais que tu en es capable. Si tu ne veux pas le faire pour toi alors fais-le pour ta sœur. Emprunte la nouvelle voie qui s’offre à vous deux aujourd’hui. Va de l’avant au lieu de ressasser le passé douloureux. Je ne te demande pas d’oublier ce que tu as vécu ni de nous pardonner mais de consentir à tourner la page et de recommencer une nouvelle vie avec ta sœur ... Personne ne vous obligera à vivre au sein du clan. Je peux vous trouver une maison dans Kumo si vous ne souhaitez pas vivre parmi les autres Metaru. Le choix t’appartient mais je te demanderai juste d’accepter la volonté de ta sœur si jamais elle différait de la tienne. »

Comme pour faire comprendre à sa cousine qu’à partir de maintenant elle ne désirait plus rien lui imposer, Mairu reposa délicatement la brosse qu’elle avait gardé en main jusque-là. Elle était cependant disposée à poursuivre le coiffage si Hideko lui demandait ; tout comme elle était prête à partir si sa couine le sollicitait.

La Violacée avait placé les cartes entre les mains de la Dorée …

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Mar 2 Mar 2021 - 11:54

Les coups de ceintures n’étaient que la partie immergée de l’iceberg : la seule dont Hideko acceptait de parler. Les châtiments corporels que son père pouvait lui faire subir allaient jusqu’aux coup de martinets et aux brûlures infligés par des barres métalliques incandescentes. Son dos et ses flans en étaient recouverts. De fait, Hideko ne s’était jamais montrée nue, à personne , trop traumatisées par toutes ces marques. Ce passé, elle le portait à même le corps et elle le porterait toute sa vie .


Les dents serrées, ses veines apparurent, gonflées par le sang, sur tout son visage.
Mairu lui dévoila que contrairement aux habitudes du clan de ne pas interférer avec les membres qui souhaitaient s’en éloigner, les anciens avaient décidé de placer Ken et sa famille sous surveillance ; mais à cause de leurs déménagements fréquents, ils avait perdu leur trace. Le patriarche était-il au courant de cette surveillance ? Mairu le pensait et ils ne cherchèrent pas à les retrouver, trop occupés à gérer d’autres affaires plus importantes.
Des affaires plus importantes qu’une petite famille souffrant d’un père brutal : cela Hideko ne pouvait pas l’entendre, car cette famille c’était la sienne. Ses yeux toujours fixés sur ceux de Mairu, Hideko se forçait à l’écouter, à ne pas la rejeter. La peur d’être laissée tombée ou abandonnée par cette âme bienveillante qui la soutenait était intense et profonde : elle ne la quittait jamais ; mais les propos qui suivirent la mirent dans une rage plus grande encore.
Hideko pouvait comprendre que le clan ait eu des affaires plus importantes à gérer, le patriarche ayant sciemment déménagé pour empêcher leur filature. Cependant, la jeune femme ne comprenait pas pourquoi Mairu l’accusait de lâcheté. Si jamais elle avait fui avec sa petite sœur, toutes deux se serraient retrouvées dans la misère, loin du clan, loin de toute famille. Si Hideko avait déjà pu envisager une telle solution pour elle-même, jamais elle ne l’avait fait pour Aya. A l’époque, elle en voulait trop à la petite de recevoir toute l’affection de sa mère. Aya ne recevait pas de punitions trop sévères, trop petite pour pouvoir commettre des fautes qui le méritaient. Hideko était toute seule fasse à ce démon, prisonnière de ses griffes, de cette vie. La jeune femme ne pouvait accepter de tels propos de la part de Mairu, une telle indifférence à toutes les souffrances qu’elle avait subi.


Un silence pesant s’installa. Hideko ne savait pas quoi répondre : elle avait envie d’exploser, mais sa peur la retenait. Encore une fois elle se laissait abattre, encore une fois elle baissait les bras. La gorge nouée, les larmes lui montèrent aux yeux. Elle avait envie de crier, frapper, exploser ; mais elle n’y arrivait pas. Hideko n’avait pas cette force, face à ces accusations qui pleuvaient à nouveau sur elle.
Cependant, au fond d’elle une voix s’éleva, illuminant ces abysses dans lesquelles elle était plongée.
Mairu reprit la parole : elle lui demandait de se battre pour elle, sinon pour sa sœur et de ne plus vivre dans l’ombre du passé. Aussi, elle lui proposa de lui trouver un logement au sein du village, si Hideko refusait de revenir parmi les siens. Mairu voulait aussi que Hideko accepte le choix de sa petite-sœur s’il était autre que le sien : elle devait pouvoir revenir dans le clan si elle le désirait.
Pour la jeune femme, se serait comme l’abandonner à ces hommes et ces femmes qui l’avaient elle-même abandonné : c’était inconcevable. Depuis sa naissance Hideko avait abandonnée Aya. Le patriarche n’avait même pas eu la décence de lui porter de la fierté et des espoirs : Aya aurait du être un garçon, puisqu’elle ne l’était pas elle lui était inutile. Aya n’était aimée et désirée que de leur mère, elle même qui avait en échange délaissée Hideko.
Des larmes perlèrent sur ses joues. Colère et tristesse s’entremêlaient , dans un torrent de sentiment qui la surpassaient. Tant de fois déjà elle avait baissé les bras, tant de fois elle s’était laissée contrôler par un autre. Hideko n’en pouvait plus : elle ne le permettrait plus. Elle allait se montrer forte : elle se l’était promise depuis son réveil à l’hôpital, mais elle le ferait selon ses propres règles.

─ Me montrer forte ? Oui, ça oui, je vais me montrer forte, mais pas comme tu l’entends, ni comme personne ne l’entend. Je ferai les choses à ma façon et je refuse de vous laisser Aya ! Et je ne veux pas non plus de ce logement, je ne veux plus que personne n’interfère dans ma vie, mes choix.

Hideko criait, sa voix tremblante raisonnant dans la pièce.

« Et en plus tu oses dire que je suis faible car je ne me suis pas libérée des griffes de ce monstre ? Tu penses qu’il aurait peut-être mieux valu que je vende mon corps pour payer ma liberté ? Vendre mon âme au diable ou vendre mon corps, quel choix de reine ! »

C’étaient là les seules options que Hideko avait toujours imaginée. Son monde était si contrôlé, si bouclé, toute autonomie sévèrement réprimée, que l’étranger, l’extérieur lui causaient une peur intense et malsaine.

« Je ne veux pas de votre pitié, je ne veux de la pitié de personne ! Dès que je serai remise sur pied, j’entrerai dans l’armée et je gagnerai ma liberté, quoi qu’il en coûte. »

Son choix était fait, il était fait depuis qu’elle était arrivée à Kumo. Cette idée avait germée dans son esprit dès son réveil, emplissant tout son être comme la seule solution possible pour enfin gagner sa liberté.
Hideko désirait mener sa vie comme elle l’entendait et l’armée le lui permettrait. A travers les rangs des shinobis, elle gagnerait puissance et argent, elle pourrait prétendre à un logement et ses frais médicaux seraient pris en charge. A travers les années et les sacrifices, elle s’émancipera de toutes ces chaînes et plus jamais elle ne se montrera désarmée face à la mort. Plus jamais elle ne se laissera contrôler, sa vie dictée par quelqu’un d’autre qu’elle.

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Cousine et cousine [Mairu]

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