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De l'Homme et des Montagnes

Oterashi Yanosa
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Ven 5 Fév 2021 - 13:30
Si il avait dû compter le nombre de personnes capables de véritablement le comprendre, de le toucher au coeur et d’avoir accès à son vrai « lui », l’Oterashi n’aurait certainement eu besoin que des doigts d’une seule main. Il y avait également fort à parier que sur ce triste podium, des places resteraient vacantes, et y prendre place ne voulait pas toujours dire appuyer ou approuver ses idées. Presque jamais, à la vérité. Pour autant, lorsqu’une pensée ou un conseil formulé par l’une de ces personnes prenait racine dans l’esprit du Tellurique, ce dernier prenait le temps de l’examiner, de la considérer, et même parfois de la nourrir.

Dans les tréfonds caverneux du QG troglodyte, Yanosa demeurait là, penché au-dessus de la carte en relief qu’il avait aidé à confectionner, ressassant encore et encore cette idée là. Cette idée qu’il avait lu-même enfanté, négligé, et qui se retrouvait à présent dans les plus hautes strates de sa réflexion grâce, ou à cause, d’un seul homme au verbe agile et direct. Le guerrier sans visage se nourrissait de sa conviction qu’ils pouvaient gagner, qu’ils allaient gagner : mais qu’est-ce qui, par les données et paramètres simples et incontestables à leur disposition, pouvait le garantir ? L’idée de l’échec lui donnait la nausée, mais c’était précisément car cette réflexion était dure à mener pour lui qu’il se devait de le faire jusqu’au bout. Si il mourait demain, ou si le chakra leur était enlevé, que resterait-il de toutes ses ambitions, de ses rêves auxquels il n’osait même pas penser ? Pouvait-il se permettre de laisser Tôsen dicter totalement ce que les générations futures pourraient penser de cette fameuse « ère des shinobis » ?

Ses yeux plongés au coeur des reliefs de la carte, le guerrier tellurique finit par trouver la réponse à ces question, se redressant d’un seul coup en poussant sur ses mains pour s’écarter de la large sculpture topographique. En un seul fil de raisonnement, il avait établi pourquoi, où et comment faire, mais si certains de sees projets avaient déjà pu l’occuper plus d’une journée, celui-ci nécessiterait qu’il se dégage certainement plusieurs jours, peut-être même une semaine de travail en cumulé. L’Oterashi revenait tout juste de deux missions remplies coup sur coup : si il voulait donner le coup d’envoi de ce projet, il fallait le faire maintenant en profitant du repos qui lui était alloué, même si il n’aurait conséquemment de « repos » que le nom.

En hâte, il rédigea une note à l’attention de Tsuyoshi, le nouveau patron du Sazori, lui laissant ainsi savoir où il pourrait le faire mander sur son bref temps libre. Il déposa la note sur le bureau du Hyîuga et sortit rapidement du QG, s’envolant au coeur de la nuit au-dessus des montagnes en profitant du rayonnement lunair epour se guider. Pas question d’être défaitiste, songea-t-il au milieu des cieux, mais il n’attendrait plus pour tenter de réaliser concrètement ses rêves, à plus forte raison lorsqu’il pouvait en être le seul moteur et architecte sans dépendre de qui que ce soit.

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Ven 5 Fév 2021 - 21:38
Dans ses songes sous la lueur des étoiles, Yanosa laissait défiler mentalement toutes les images qui lui arrivaient, se laissant aller aux projections les plus simples comme les plus complexes. De mémoire d’Homme, à l’exception de réalisations telles que le célèbre rempart de Jôheki, jamais une telle entreprise n’avait été tentée. Aucune, en tout cas, dont le Yuukan se souvenait vraiment, mais n’était-ce finalement que pour laisser une empreinte mémorable qu’il se lançait dans ce projet ? Le faisait-il vraiment pour son peuple et son espèce en général, ou bien davantage pour lui-même en tant qu’individu ? Baigné par la lumière lunaire, l’Oterashi décida de ne pas errer sans fin entre les deux réponses à cette question : ce qu’il allait faire, il le ferait, et quelle que pourrait être la motivation qu’on lui prêterait plus tard, elle ne revêtirait aucune espèce d’importance.

Son voyage nocturne, qui lui faisait survoler toutes les routes et les chemins, les ravins et les montagnes, ne s’acheva qu’au petit matin, quelques heures après avoir dépassé le périmètre de l’une des plus grandes métropoles de Tsuchi. Alors seulement il l’aperçut, la merveille sans doute la plus extraordinaire et pénible à la fois de tout le pays, le massif montagneux le plus dangereux à jamais avoir été recensé sur tout le territoire. Cette chaîne de montagne, ce coeur de pierre tendu vers le ciel, avait été baptisé selon les contes par les premiers trappeurs à avoir voulu tenter son ascension et sa traversée, et personne jusque là n’avait trouvé à y redire étant donné le peu d’intérêt que représentait cette région rendue inhospitalière par ses reliefs escarpés, sa faune sans pitié et le temps qu’il fallait pour tenter de la traverser en sécurité.

Aterasu. Yanosa s’y était déjà rendu à plusieurs occasions, pour mettre au point ses techniques les plus dangereuses et s’entraîner en compagnie de Yurlungur, à l’abri de tous les regards possibles et imaginables en dehors de ceux des animaux assez téméraires pour les observer à distance raisonnable. Aujourd’hui, le guerrier tellurique avait enfin franchi le cap de la réalisation : cette chaîne de montagnes, ce défi lancé à l’Homme par la nature millénaire et qui n’avait jamais vraiment pu être dompté, serait le théâtre d’une réalisation hors du commun. La première, il l’espérait bien, d’une série qui ne connaîtrait pas de fin avant sa mort. Au diable la postérité, se dit-il en réalisant plusieurs manœuvres en haute altitude pour prendre plus précisément la mesure des distances. Au diable la noblesse et les jeux de pouvoir, aussi : ce qu’il créerait en ces lieux serait non seulement magnifique, mais pourrait traverser les âges en profitant à toutes les populations de Tsuchi. Une pérennité, toutefois dont il devrait s’assurer en menant un travail méthodique, minutieux et extrêmement précis.

D’abord, il lui fallait établir les deux extrémités de son futur chantier. Un chantier sauvage, sans autorisation particulière, qui passerait certainement inaperçu d’ici à ce qu’il ait pu l’achever et propager la nouvelle de sa complétion. Sans quitter les cieux, il balaya donc à nouveau la région, abaissant son altitude en enroulant sa trajectoire autours du mont le plus au sud de l’Aterasu. Une belle matinée, ensoleillée à souhait, faisait darder sur lui ses doux rayons, et l’Oterashi n’eut aucun mal à identifier le parcours que pourrait suivre la prémisse de sa construction. Mais la possibilité ou non de faire installer celle-ci à cet endroit ne pouvait pas se jouer simplement à une prise e vue aérienne et cela, le Tellurique au lien si particulier avec la Terre en était plus que jamais conscient. Il descendit donc au pied du mont, s’enfonçant dans ses modestes regroupements de résineux, et arpenta consciencieusement le versant en l’inspectant grâce à sa prise sensorielle directe avec le sol. Rien ne pouvait être laissé au hasard… et rien ne le serait.

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Mer 17 Fév 2021 - 14:44
Le plus clair de la matinée, Yanosa le passa à enchaîner les repérages tant aériens qu’au sol. Au pied du mont au sud, il avait rapidement pu identifier le lien qu’il lui serait possible d’opérer avec l’un des plus grands axes de voyage et de transport de la région, mais le créer maintenant aurait été quelque peu prématuré. Des heures durant, le Tellurique se contenta donc de place des balises de son cru, qui prenaient la forme de hauts et fins cylindres de pierre qu’il serait capable de repérer ultérieurement depuis le ciel. Peu à peu, remontant les versants du mont le plus au sud, il balisa ainsi le trajet que pourrait arpenter et dessiner la voie d’accès de façon à permettre même aux convois les plus chargés de pouvoir emprunter le dénivelé, qui cerclait presque entièrement le mont en question.

Ce travail préliminaire, il alla ensuite le réitérer loin, très loin au nord, à l’autre extrémité de l’Aterasu, après s’y être rendu par la voie des airs. De la même façon qu’au sud, il repéra là bas la meilleure façon de rejoindre les voies de circulation qui croisaient dans les zones planes du Pays de la Terre, remontant ensuite progressivement sur le versant du mont le plus proche pour y placer les balises qui lui indiqueraient plus tard exactement le tracé qu’il devrait concrétiser. Les travaux de terrassement prévus ainsi, si ils ne requéraient finalement l’abattage que de très peu de végétation et pourraient ainsi préserver la faune alentours, n’en seraient pas moins colossaux, et lui prendraient surtout du temps. C’était, à n’en pas douter, la ressource dont il avait le plus peur de manquer, à plus forte raison lorsqu’il réalisa que, passés tous ces travaux préparatoires, il allait déjà devoir se mettre en route pour Iwa si il ne voulait pas manquer le début de son quart en fin de journée.

Par dépit, le guerrier tellurique passa cependant brièvement au coeur de la chaîne de montagnes sauvage et dangereuse pour y planter une unique balise, celle qui marquait peu ou proue le point médian entre les deux extrémités du chantier éloignées de plusieurs kilomètres même à vol d’oiseau. Puis, il se fit une raison et rentra, à la vérité aussi impatient d’accomplir son devoir au village que de pouvoir retourner avancer sur les travaux. L’opportunité pour l’Oterashi de le faire se présenta en l’occurrence deux jours plus tard au terme d’une autre mission, une opportunité qu’il saisir sans hésiter en mûrissant les détails de la structure sur le trajet aérien emprunté pour s’y rendre. Le secret de ce chantier, de la réalisation vers laquelle il allait aboutir, ne revêtait pas une importance cruciale en soit : malgré tout et autant que possible, Yanosa voulait réserver la révélation du projet au plus près possible de son parachèvement, aussi décida-t-il de commencer le terrassement du côté nord de l’Aterasu, où la densité de population était la plus faible aux alentours.

Assuré par ses repérages, après avoir créé quatre clones qui allaient être en mesure de l’épauler et de surveiller la périphérie des travaux, il commença alors pour de bon. Suivant son propre balisage, l’architecte aplanit alors un tout nouveau trajet sur le flanc du mont, éjectant du sol avec leurs racines les rares arbres à se trouver sur son passage tout en regarnissant les bases de cette route en devenir pour fermement l’ancrer sur son support millénaire. Désormais passé maître dans cet art, l’Oterashi prit soin de générer et constituer des mélanges adéquats pour chaque partie, poreux et denses sur le dessus, aggloméré et composite en dessous. La machine était lancée, et pour cette journée, sa seule limite serait l’énergie que son corps pourrait fournir.

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Ven 19 Fév 2021 - 13:31
Lorsqu’il atteignit le palier à partir duquel il devrait conserver l’altitude de son grand pont en devenir, l’Oterashi stoppa la manœuvre. Essoufflé, il regagna sa forme humaine en totalité et se retourna pour faire face à la pente, les mains sur les genoux. Autours de lui, ses clones firent de même avant de disparaître un à un, aggravant substantiellement la fatigue qui tentait déjà de s’emparer de lui. A voir ainsi le fruit de son travail qui s’enroulait presque sur tout le pourtour du mont, Yanosa n’était cependant pas prêt à abdiquer et puisa aussitôt dans ses réserves tant physiques que mentales pour se redresser. Il inspira, longtemps et profondément, puis se mit à marcher sur la route qu’il venait de créer en descendant le long du versant.

Récupérer. Il savait que son temps était compté, mais ne pouvait pas se permettre de ne pas laisser son corps recharger un tant soit peu les batteries. Ce qu’il fit, tout en examinant la qualité de son propre travail en avançant à pas mesurés, et le moins que l’ont eut pu dire, c’est que le guerrier tellurique ressentit un ersatz de grande satisfaction. La prémisse était là, elle était faite, et lorsqu’il aurait réalisé sa réciproque à l’extrémité sud de son grand chantier, la réalisation finale de ce pont gigantesque qui pourfendrait l’Aterasu ne serait plus très loin. Tournant à l’économie, ses yeux fixés vers les immensités montagneuses tandis qu’il traversait les vallées de la chaîne de reliefs en lévitant à peine, Yanosa se rendit donc avec une détermination renouvelée au mont le plus au sud où l’attendaient les balises qu’il avait installé la fois précédentes.

Sous ses pieds en contrebas, il sentait la vie fourmiller, les différentes familles animales proliférant à loisir en entretenant les cycles de prédation et de reproduction. Un équilibre tant majestueux que fragile, qu’il pourrait se targuer d’avoir conservé et épargné une fois son œuvre parachevée. Une fois parvenu à destination, le Tellurique alla se positionner au point le plus bas et enorgueilli par son succès précédent, commença d’emblée son terrassement après avoir créé à nouveau plusieurs bunshins. Au coeur du vacarme provoqué par le retournement du sol et la création de matière, une voix perça toutefois et parvint aux oreilles de l’Oterashi, le forçant à stopper et à se retourner vers un sentier plus bas su rle versant.

« Hey, hey ! Mais vous foutez quoi, là !? Vous êtes qui !? »

Yanosa soupira. Ça devait bien arriver, se dit-il tout en descendant le long de la pente pour aller à la rencontre de l’homme qui l’avait interpellé. Ce dernier, qui arborait toutes les caractéristiques extérieures de l’éleveur affublé de son chapeau et de son bâton de marche, portait un regard inquiet et inquisiteur sur le guerrier brûlé. Celui-ci tâcha de désamorcer la tension en s’approchant lentement, paumes ouvertes et apparentes.

« Hey, bonjour. Vous inquiétez pas, c’est un simple chantier, vous ne risquez rien.
- Un chantier… ? Vous êtes un shinobi. Je sais reconnaître un shinobi quand j’en vois un… Et les shinobis ont d’autres choses faire que s’occuper d’un « chantier »…
- C’est vrai. Je fais ça sur mon temps libre. Vous habitez la région ?
- Han, oué, pas loin dans la vallée oué...Mais… c’est quoi l’projet, là… On aurait dit…
- Je construis une route.
- ...En pleine montagne ? Et pour aller où ? Vous êtes un peu timbré non…
- Aaah… Ecoutez, je veux bien vous en dire plus, mais ça ne va pas arranger votre opinion de moi.
- ...Dites toujours. J’suis un gars plutôt ouvert…
- … Je vais créer un pont qui traversera l’Aterasu du nord au sud. »

Bouche bée, l’éleveur resta muet un instant, prenant la mesure de l’ampleur de ce projet que venait de lui révéler l’Oterashi.

«  ...Mais… Vous ? Tout seul, là ? »

Yanosa hocha simplement la tête en guise de réponse.

« ...Un pont ? Non’Dieu... »

Le bonhomme se passa une main sur le front, visiblement abasourdi.

« Et euhm… les pâturages à l’ouest d’ici.. ils risquent rien, hein ?
- Rien du tout, vous avez ma parole.
- ...Bon. Et bah… bon courage, hein… fit-il en commençant à se détourner.
- Je suis Yanosa. Et d’ici quelques semaines, j’ai bon espoir d’avoir terminé ce pont. Parlez-en autours de vous si vous voulez. Un jour ou l’autre, il faudra bien que son existence soit révélée pour qu’il soit emprunté…
- Oui… si vous l’dites. »

L’éleveur s’en alla, laissant l’Oterashi seul face à l’énormité de son labeur et son caractère intrinsèquement irréaliste. Pour un civil peu coutumier du chakra et de ses applications, peu étonnant de réagir ainsi, mais Yanosa savait ce qu’il faisait, et sans prolonger cette pause plus que nécessaire, il se remit immédiatement au travail.

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Mar 9 Mar 2021 - 12:55
Plusieurs jours plus tard…. Tout en complétant son dernier rapport, Yanosa avait grand peine à contenir son excitation à la pensée de ce qui l’attendait une fois qu’il aurait pu retourner à l’Aterasu. Rien ne pouvait se lire sur son visage, au milieu du QG troglodyte du Sazori, tandis qu’il terminait de détailler les dernières données nécessaires à la complétion du rapport, mais cela devait en réalité autant au fait que son visage avait été rendu difficilement cernables par les blessures et bandages qu’au contrôle qu’il était à présent capable d’exercer sur lui-même. Il traça le dernier idéogramme, scella le document et rangea promptement ses affaires pour pouvoir une fois de plus faire le voyage de nuit et arriver sur place suffisamment tôt avant l’aube. De cette façon, il pouvait prendre le temps de souffler avant de s’atteler à la tâche une fois sur site, un rythme auquel il avait commencé à s’habituer à présent.

Réglé comme un métronome, il arriva donc du côté sud de l’Aterasu en temps et en heure et, à pieds au coeur des vallons, commença à y progresser en créant à nouveau des balises. Longs et fins pilier de roches ancrés au sol, ils l’aideraient une fois de plus à se repérer pour son gros œuvre, mais il ne pourrait pas cette fois leur faire entièrement confiance. La distance à couvrir était beaucoup trop grande, les reliefs trop irréguliers, et la trajectoire exacte du pont allait certainement devoir dévier à plusieurs endroits pour traverser d’une seule allure, le guerrier tellurique put toutefois en arriver à une absolue certitude, là, sur le versant sud d’une montagne : il était prêt. Il avait tout passé en revue, tout anticipé, et avec l’emplacement des soutiens ainsi défriché, ne restait décidément plus pour lui qu’à passer à l’action.

L’Oterashi accorda un dernier regard aux environs, propageant ses sens, puis fusionna avec le sol de terre et de roche à flanc de montagne. Profondément, il s’étendit alors, créant des masses de pierre denses et stables dans le sous-sol de la montagne, les fondations du tout premier pilier du grand pont qui traverserait l’Aterasu. Puis petit à petit, toujours relié à ces bases souterraines auxquelles il continuait à ajouter de la matière, Yanosa remonta vers la surface. Il finit par en jaillir sous la forme d’un large pilier qui éventra le sol, poussant vers le haut comme l’aurait fait une plante sur le cours de plusieurs semaines. La pousse de roc ressembla cependant bien vite au tronc d’un arbre millénaire, s’élargissant à sa base tout en allant tutoyer le ciel un peu plus à chaque instant. Il ne se fixa aucune limite, cherchant à éprouver la force des vents qui se faisait plus pressante à chaque nouveau mètre parcouru vers le haut, et ce ne fut que lorsqu’il sentit le point de rupture approcher qu’il cessa de faire croître l’immense obélisque.

A son sommet, il apparut alors, tel le rapace sur son perchoir. L’immensité de la vallée sauvage et indomptée s’étendait à ses pieds, loin, loin en contrebas. Lui pour qui les étendues célestes n’avaient plus de secret, se prit malgré tout à éprouver un début de vertige, immobile au bord du vide. Une sensation de peur et d’excitation mêlées, primaire et ancestrale. Son affinité avec la Terre se chargea presque naturellement de vérifier l’intégrité et la stabilité du pilier : rien à signaler. Tout était… parfait. A ceci près, bien sûr, qu’il lui fallait à présent créer des dizaines de soutiens semblables à travers toute la chaîne de montagne pour concrétiser son projet invraisemblable. Lentement, le corps du guerrier tellurique se pencha au-dessus du vide avant d’y sombre. Une chute vertigineuse, maîtrisée par le Mitsudo, direction le prochain repère.

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Mar 16 Mar 2021 - 9:40
Sous la douce pluie battante qui avait commencé à rafraîchir l’air chaud de l’été, le guerrier recouvert de bandages expirait et inspirait lourdement. A genoux au sommet du huitième obélisque qu’il était parvenu à ériger, des extrémités de tissu cicatriciel pendant de son torse et de ses bras du fait de l’humidité, Yanosa contemplait l’étendue de ses avancées. Huit piliers, gigantesques, qui jalonnaient dès lors le paysage, attendant d’accueillir le pont qui allait reposer sur eux. Epuisé, l’Oterashi prit le temps de la réflexion : aussi impatient qu’il était de voir le chemin aérien se tracer à travers l’Aterasu, si il voulait garantir la qualité et la pérennité de son travail, il ne pouvait pas se permettre de pousser le bouchon trop loin sur une même journée.

Deux jours de plus. Peut-être trois. Il lui faudrait bien ça pour, en définitive, ériger les vingt-sept soutiens qu’il avait estimé nécessaire au total pour couvrir toute la distance de nord au sud. Peut-être aurait-il pu en prévoir moins, miser sur des passerelles plus longues entre chaque pilier, mais ç’aurait été alors prendre le risque que les forces en jeu au centre desdites passerelles ne s’équilibrent pas, causant inévitablement leur destruction à plus ou moins court terme. Et si il y avait bien une chose que l’Assimilateur voulait, c’était que sa création lui survive, à lui et à bien d’autres générations. Des connaissances techniques approfondies étaient d’ordinaire nécessaires pour mener à bien de tels projets même à une échelle plus réduite : ce qui lui faisait défaut dans ce domaine, l’Oterashi le compensait toutefois par son instinct, son bon sens, son expérience et surtout, son lien si étroit avec la Terre, l’élément tant support que constitutif de sa création.

Patiemment en descendant le long de l’obélisque en y adhérant avec son chakra, Yanosa regagna le plancher des vaches en laissant l’eau ruisseler sur son corps, puis arpenta l’étroit sentier à peine discernable dans la végétation abondante pour rejoindre une cavité à flanc de montagne où il pourrait se mettre à l’abri.

Une fois arrivé, il s’échoua au sol, constata l’état déplorable de ses bandages et entreprit de les défaire le plus soigneusement possible. Point de miroir ici pour lui rappeler ce qui se cachait en dessous. Il avala une paire de rations, rinça leur goût quelconque avec beaucoup d’eau, puis scella la cavité d’une plaque de roche de sa création pour s’isoler totalement. Quelques heures, pas plus se dit-il. Ainsi, il pourrait profiter des dernières lueurs du jour pour ériger quelques piliers supplémentaires, avant d’être contraint de se reposer toute la nuit durant. Son prochain quart à Iwa ne débutait que la nuit du jour suivant : il avait le temps. Lové dans son cocon de roche, Yanosa se concentra sur sa récupération, laissant libre cours à ses songes pour l’emmener vers le théâtre de toutes les autres créations qu’il pourrait entreprendre. Un océan de possibilités, sur une terre vaste et qui ne demandait qu’à entrer en symbiose totale avec l’Homme, pourvu que ce dernier embrasse son évolution plutôt que de chercher à la renier.

Au terme de cette journée, ce furent finalement trois autres obélisques géants qui furent créés, et l’Oterashi put s’en satisfaire lorsqu’il s’enterra ce soir là pour entrer dans un profond sommeil réparateur.

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Mer 17 Mar 2021 - 15:41
Lorsqu’il s’était extrait de son abri, quand il avait senti son corps et ses niveaux d’énergie totalement requinqués, le guerrier tellurique avait été surpris de constater deux choses. La première, qu’il faisait encore nuit, et qu’aucun rayon de soleil ne pointait à l’horizon derrière les montagnes. La seconde : qu’il pouvait malgré tout discerner avec une étonnante facilité les détails de son environnement. L’explication de ce phénomène lui avait toutefois vite sauté aux yeux, lorsque la clarté de l’astre lunaire presque plein se détacha dans les cieux entre les feuillages des arbres. Les vents avaient chassé les nuages ainsi que les pluies qu’ils draguaient avec eux, et ne restait donc au-dessus de sa tête qu’un ciel dégagé, lumineux et étoilé.

Se reposer davantage en attendant l’aube. L’idée pouvait sembler alléchante sur le papier, mais Yanosa ne se sentait pas du tout d’humeur : il était frais et dispo, prêt à travailler, et son temps était bien trop précieux pour qu’il puisse se permettre d’en perdre. Doucement, il se mit à léviter au-dessus des arbres et se dirigea vers le prochain site de construction, baigné par les rayonnements de la lune. Dans le malheur de son timing imparfait, la météo clémente allai lui permettre d’avancer malgré tout, jugea-t-il, même si il allait devoir redoubler de prudence. Repérant non sans mal la prochaine balise en scrutant la cime des arbres, il se mit donc au travail au coeur d’un vallon, faisant naître du sol un obélisque particulièrement grand, du fait qu’il trouvait ses fondations plus bas que ses homologues, pour la plupart bâtis sur des flancs de montagne. Dans le calme nocturne de cette région sauvage et indomptée, où seuls les hululements et autres crissements d’animaux rompaient le silence, l’Oterashi y ajouta l’espace de quelques minutes les tremblements souterrains, les secousses provoquées par l’irruption du pilier et la création de sa matière.

Les vérifications d’usage effectuées, le Tellurique se remit en route, repérant avec un certainement contentement les rayons de soleil qui pointaient à l’est. Tout semblait destiné à suivre la même routine que la veille mais bien vite, Yanosa repéra du mouvement sur le sentier tout juste praticable en hauteur sur le versant. Curieux, il vola en cercle au-dessus de la source de l’agitation, et finit par voir un groupe de cinq randonneurs arriver à découvert sur un petit plateau rocheux. Deux d’entre eux pointèrent du doigt au loin, et l’Oterashi n’eut pas besoin de suivre leur vecteur pour savoir ce qu’ils regardaient. Il amorça sa descente, atterrissant doucement dans le dos du petit groupe en prenant leur conversation en route.

« ...peut pas être tombé du ciel, réfléchis ! C’est trop… droit, trop propre, dit une femme à l’arrière.
- Mais c’est quoi, ce délire…
- Un pont », lança-t-il soudainement pour se manifester

Tous sursautèrent en se retournant vers lui, tout sauf rassurés en voyant que la voix appartenait à une momie sombre et solidement bâtie.

« Whow !! C’est quoi ça encore !? »

Certaines mains glissèrent doucement vers des piolets d’escalade, armes de fortune qui en valaient bien d’autres lorsqu’on pensait sa vie en danger.

« Calmez-vous, je ne vous veux aucun mal. »

Sa main gauche glissa à son tour doucement à son ceinturon, où était accroché son bandeau shinobi. Les esprits semblèrent s’apaiser un peu, mais il fallait avouer que l’apparence physique du Tellurique n’invitait pas au relâchement et à la sérénité.

« Ce que vous voyez là bas… est l’un des soutiens du pont qui traversera bientôt l’Aterasu.
- Un pont !? Nan mais attendez, y a pas trois semaines on est descendu vers le sud par ces montagnes et y avait rien, strictement rien, et là-
- Putain Gabu regarde, on en voit un autre là bas à droite du col !
- … Ce pilier-ci, je l’ai érigé il y a quelques minutes. L’autre là bas, je l’ai achevé hier soir. C’est beaucoup de travail… mais avec suffisamment de maîtrise et d’application, nous manieurs de chakra pouvons donner naissance à bien des choses.
- Attendez, susurra presque un membre du groupe qui était jusque là resté silencieux, vous êtes en train de dire que bientôt… on pourra faire le voyage jusqu’au temple sans passer par les cols ? Ou les vallées ?
- C’est… c’est n’importe quoi ! s’insurgea un autre. Le voyage jusqu’au temple est une forme de pélerinage. Tous nos aïeux sont passés par là pendant des générations, et nous on devrait juste accepter de céder à la facilité !?
- Oh, vous traversez ces montagnes pour pratiquer votre foi, alors… Vous pourrez continuer à le faire, personne ne vous obligera à mettre un pied sur ce pont.
- M-Mais…
- Ça va être… plutôt moche. Non ?
- Hmm. Question de point de vue, j’imagine, répondit laconiquement Yanosa sans se montrer offensé le moins du monde. A la mise en œuvre, la contrainte était surtout de ne pas perturber l’écosystème de la région. »

Un silence se fit, le Chûnin s’apprêtant à essuyer de nouvelles critiques.

« … Si vous réussissez, vous êtes conscient que ce sera assez incroyable, hein ? Reprit la jeune femme. Certains pourront trouver ça moche. Moi… je trouverais ça majestueux. »

Les lèvres du guerrier de pierre s’étirèrent. Etait-il possible qu’il s’agisse… d’un sourire ?

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Jeu 18 Mar 2021 - 13:45
Parvenu au sommet de l’avant dernier pilier, Yanosa sut d’emblée que quelque chose clochait, pour la simple et bonne raison que c’était pour ainsi dire encore son corps, transformé en longue et haute masse de roche, qu’il sentait se fissurer en son milieu. Il en avait trop fait. Trop obnubilé par l’idée de gagner du temps, de pouvoir terminer son œuvre au plus vite, il en avait négligé une fondation essentielle, à savoir sa capacité à créer un matériau pur et à la densité irréprochable. Une capacité qui dépendait pour beaucoup de sa concentration et de ses niveaux d’énergie, deux variables qui se trouvaient en l’occurrence à des valeurs bien trop basses pour garantir la qualité de son travail. L’Oterashi eut tout juste le temps de jaillir sous forme humaine au sommet du pilier et de se laisser tomber le long de celui-ci, canalisant un flux Mitsudo qu’il fit se propager dans son corps pour manoeuvrer en l’air et atterrir sans heurt plusieurs dizaines de mètres plus bas.

Son regard braqué vers le soutien qu’il venait de faire sortir de terre, le guerrier tellurique repéra immédiatement la fissure, qui s’étendait déjà en faisant craqueler la surface et l’intérieur du pilier. Un craquement plus lourd retenti, des débris chutant de tout leur poids sur le sol autours de Yanosa. La chute, désormais, était inévitable. Un premier échec, dont il allait devoir absolument gérer les conséquences si il ne voulait pas que les tonnes de pierre qui allaient tomber n’écrasent un pan entier de la forêt et ses occupants avec. La silhouette gigantesque du pilier étendit son ombre à mesure que la moitié brisée se mettait à pencher, engendrant des frictions qui faisaient écho dans la vallée. Yanosa serra les dents. Il lui faudrait se transformer si il ne voulait pas se rompre le dos, mais une assimilation totale lui était impossible dans son état si il voulait pouvoir canaliser suffisamment de chakra Mitsudo pour intercepter la masse de roche.

Tandis que la moitié de pilier entamait sa chute, avant qu’elle n’atteigne une vitesse critique, il changea son dos en pierre et chargea droit vers le haut, mains chargées d’énergie tendues vers le bloc. En l’air, le temps se figea l’espace d’un instant, les forces d’attraction et de répulsion s’entrechoquant en silence alors que le poids du pilier était réduit à une fraction de celui d’origine. La chute reprit malgré tout, le guerrier tellurique préparant ses appuis à l’impact, et lorsqu’il eut finalement lieu, il sentit la tension dans ses jambes atteindre une intensité frisant le point de rupture. L’Oterashi grogna sous la pression, mais ne céda pas, petit être vivant fragile et mortel défiant la masse d’un bloc immense. Mais qu’en faire, à présent ?

Tout en maintenant le flux d’allègement Mitsudo, le Tellurique improvisa une solution. Lentement d’abord, puis de plus en plus vite à mesure qu’il prenait le coup de main, il se mit à absorber la roche constituant la moitié de pilier, lui faisant réintégrer son corps de la même façon qu’elle l’avait quitté. Difficile au début, la manœuvre se simplifia à mesure que le bloc se faisait plus léger, réduisant de taille à vue d’oeil en retournant à l’état d’essence dans son corps. Bien vite, le danger fut écarté… et l’Oterashi s’écroula au sol, inerte mais les yeux ouverts et braqués vers le ciel. Un pilier à réparer, et un dernier à ériger. Voilà tout ce qui lui resterait finalement à faire avant de pouvoir donner sa forme finale au Pont de l’Aterasu en construisant les passerelles, mais avant d’en arriver là, il allait devoir se dépêcher de rentrer au village. De recharger les batteries, et d’assurer son service. Car aussi investi qu’il était par la complétion de son œuvre, le guerrier calciné gardait ses prérogatives à l’esprit. En tout temps, et en tout lieu.

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Ven 19 Mar 2021 - 13:54
« T’es en retard. Tu fichais quoi. »

Les mots qui venaient de pourfendre le silence sur la crête lui étaient parvenus sitôt qu’il avait atterri lestement sur le chemin de ronde dissimulé. Tel un kunai projeté avec une précision assassine pour saisir sa cible au moment où celle-ci ne pouvait plus manoeuvrer pour l’éviter, l’invective frappa le guerrier enrubanné, manquant de peu de l’ébranler tout à fait.

« J’ai dû faire un crochet par l’hôpital pour mes medocs. »

Une demi-vérité, au fond, qu’il ponctua en amenant effectivement à la bouche deux pillules qu’il fit craquer sous ses molaires pour en libérer le contenu. Ce qu’il ne disait pas, c’était que ces fameux médicaments dont il était question n’étaient autre que des mélanges régénérants utilisés pour accélérer la reconstitution du chakra dans le corps humain. Un remontant dont il avait désespérément besoin si il voulait pouvoir assurer correctement son quart.

« Et ? Ça excuse rien. Si tu sais que tu dois prendre du temps pour un détour, tu prévois le coup pour arriver à l’heure, point barre. »

Dans l’obscurité de la nuit noire au ciel chargé de nuages, Yanosa sentit le Juunin se rapprocher de deux pas.

« Lâche-moi un peu Koba. Si mon retard te révolte à ce point, consigne-le en gras dans ton rapport. »

Le Tellurique se détourna de la silhouette qu’il devinait sur le côté, bien décidé à s’atteler à leur tâche routinière, mais se sentit bien obligé de freiner le mouvement en sentant son supérieur se presser derrière lui.

« Trop c’est trop, Yanosa. Tu respectes rien ni personne, tu joues avec nos vies et tu te prends pour ce que t’es pas… Si ça tenait qu’à moi, on t’aurait mis aux fers depuis longtemps. »

Immobile, seulement tourné d’un tiers vers son interlocuteur, l’Oterashi inspira et expira longuement. Il ne s’agissait pas du retard, déduisit-il soudainement. Pas uniquement, en tout cas. Koba était un shinobi consciencieux et haut placé, et avait certainement dû lire tous les dossiers possibles en rapport avec les remous causés par le Chûnin. De là, facile d’en déduire quel avis il s’était forgé à son propos. Le guerrier brûlé se retourna, ses sens tout à coup étendus au sol su rla crête et à travers la montagne.

« … C’est bon, t’as fini ? Ou bien t’as encore besoin de brasser un peu d’air… ? Ma sanction, Koba, c’est d’avoir à suivre les ordre de types comme toi. Crois-moi, c’est plus éprouvant qu’un séjour en taule.
- Teme... »

Le Juunin se rapprocha d’une trait en tendant une main vers le poitrail de Yanosa, réalisant trop tard qu’il ne pourrait y saisir que quelques maigres bandages. Ce qu’il fit, par dépit, les déchirant presque sous la force de sa poigne.

« Tu crois savoir ce que c’est un vrai shinobi… mais t’es un minable. Une honte pour nous tous », acheva-t-il en relâchant sèchement son emprise.

Le guerrier enrubanné ne bougea pas d’un iota, ses appuis fermement ancrés au sol.

« Si je suis une honte… je ne sais pas ce que ça fait de toi. Maintenant, si tu veux bien... »

Il se détourna pour de bon en s’engageant sur le chemin de ronde de haute altitude en laissant glisser sur lui les remarque de son collègue. Pendant un moment, il sentit l’attention de celui-ci braquée dans son dos, mais il fallut bien pour Koba en arriver à l’inévitable conclusion qu’il ne pouvait rien véritablement faire de plus à son encontre. Des gens comme lui, songea Yanosa, il y en avait malheureusement beaucoup au sein du village. Des professionnels aguerris, à la morale et aux codes figés dans le marbre, prompts à le juger et à le cataloguer, à le renier tout en se mettant des œillères quand il s’agissait de voir tout le bien qu’il avait pu apporter. Parvenu à un point culminant de la crête, l’homme sans visage s’accroupit en épiant les alentours.

Toutes ces pertes, qu’il avait subi tant pour lui-même qu’au nom d’Iwa : c’étaient elles qui l’avaient menées à où il en était aujourd’hui. Elles avaient alimenté ses réflexions autant que ses émotions, et il lui était dès lors difficile de remettre en cause ce qui le poussait à présent à se donner corps et âme à l’idéal qu’il entrevoyait pour la Roche. Mais si, finalement… il était le seul ? Non, impossible, se rattrapa-t-il rapidement en contemplant l’immensité nocturne. D’autres comme lui avaient une vision pour laquelle ils étaient prêts à se battre jusqu’au dernier sang, portaient des cicatrices si profondes qu’elles les forçaient à l’abstraction pour ne pas sombrer dans des océans de folie immémoriaux. Mais même en admettant cela, leur village, leur pays, serait-il capable de prendre la bonne mesure de ce qu’ils auraient accompli ? Leur destin était-il invariablement de finir en parias, à supposer qu’ils puissent continuer à exister tout court ?

« Shi no bi », être de mort. Un terme qui revêtait une beauté intrinsèque à laquelle la plupart des gens restait imperméable tant le concept de mortalité les effrayait. Mais ce qu’il possédait de beau, ce mot en recelait autant de limitation quand on considérait tout ce dont étaient capables les manieurs de chakra. Peut-être dans son discours Koba tenait-il finalement une vérité en fin de compte. Peut-être, au fond, Yanosa n’était-il plus un shinobi, ou ne l’avait même jamais été. Un Guerrier… ça, il l’était assurément, et c’était armé de cette unique et puissante certitude que l’Oterashi poursuivit sa surveillance.

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Lun 22 Mar 2021 - 13:33
En se rendant ce jour-là dans la région sud de l’Aterasu, Yanosa n’aurait pas pensé se trouver dans un tel état de calme et de sérénité. Fort de l’expérience accumulée, le guerrier sans visage n’avait fait qu’une bouchée des deux piliers restants, complétant sans mal la lignée de soutiens qui s’étendait dès lors sur des kilomètres à travers la chaîne de montagnes. Il avait traversé bien des états à mesure qu’il avait progressé dans la création de ce pont, allant de l’excitation à la contemplation en passant par la frayeur, mais il ne s’était pas attendu, à l’aube de sa réussite, à avoir l’esprit aussi clair. Tant à lui qu’au reste du pays, au monde, il allait enfin pouvoir prouver que les manieurs de chakra pouvaient endosser le rôle de créateur, et qu’ils étaient loin de devoir se cantonner au rôle réducteur dans lequel l’Histoire voulait les enfermer.

Posté sur le rebord de la route qu’il avait terrassé à flanc de montagne, l’Oterashi observait au loin le pilier qu’il avait érigé un peu plus tôt. Vingt-huit segments. A la lumière des efforts qu’il avait du fournir pour bâtir les éléments précédents du pont, Yanosa doutait être en mesure de tous les faire en une seule journée, mais sa sérénité n’allait pas le quitter pour autant. La raison à cela était simple : il avait deux jours devant lui. Inspirant et expirant longuement et calmement, le Tellurique sentit le moment arriver. Il se changea en pierre, puis se mit à faire circuler une quantité très importante d’énergie Mitsudo dans un corps. Un corps qui, en quelques instants, se mua en masse de roche dense et lisse se propageant rapidement en oblique loin au-dessus du vide. La première passerelle s’éleva ainsi, plusieurs mètres au-dessus du soutien, avant de s’y échouer dans un choc assourdissant qui sembla secouer l’étroit vallon tout entier. Nul doute que sans l’allègement apporté par le Mitsudo, une telle mise en place aurait été fonctionnellement impossible, mais alors qu’il s’extrayait de sa création pour le laisser reposer progressivement de tout son poids sur ses soutiens, Yanosa put constater la nécessité mais surtout l’efficacité de son procédé.

La passerelle, encore brute et dénuée de brises-vent ou de finitions ergonomiques, était d’une stabilité à priori à toute épreuve, et le guerrier de pierre ne put résister à l’envie d’arpenter sa surface, d’y marcher comme pourraient le faire tant d’autres personnes après lui. Et il avait beau tutoyer le ciel de façon routinière, il ne put refouler un frisson. Ce frisson. Un franc sourire, qui n’aurait pour témoins que les montagnes, fendit alors son visage béa. Là, à cet endroit et en cet instant précis, il se savait aux portes d’un nouveau monde, un monde qu’ils étaient capables de bâtir tous ensemble et de dompter sans détour. Sous ses yeux se dessinait la possibilité concrète d’une harmonie qui, loin d’être épurée de toute violence, parvenait à atteindre cet état d’équilibre et de justesse naturelle. Une utopie, son utopie, qu’il savait malheureusement en péril avant même d’avoir une chance de naître.

Plongé dans sa tâche, le Tellurique eut cependant tôt fait de chasser cet élan pessimiste. Il avait du travail, et pas qu’un peu, pour enfin accoucher de ce pont invraisemblable. Les passerelles, une à une, dans un lent ballet aérien, naquirent entre les piliers qui avaient été érigés pour elles. Au fil des heures, la voie continua de se former sous l’impulsion du guerrier de la montagne, slalomant habilement entre les monts, surplombant vallée après vallée pour tendre inexorablement à rejoindre l’extrémité nord du tracé. Et dans un silence magnifique, à la fin du deuxième jour alors qu’il s’apprêtait à retourner à Iwa, Yanosa jeta un dernier regard en arrière, sur le pont qu’il était parvenu à achever. Bien plus que de la fierté, un sentiment qui transcendait tout ce qu’il avait pu ressentir auparavant l’envahir alors. Le sentiment que, peut-être un jour… il pourrait se sentir véritablement complet.

Résumé du RP:
 

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