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Souviens-toi que tu n’es que poussière — ft. Shinrin Hanzo

Aditya
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Sam 13 Fév 2021 - 17:43
Souviens-toi que tu n’es que poussière

ft. Shinrin Hanzo


Été 204, cœur de la Forêt Millénaire, Hayashi no Kuni.

Sous le couvert des feuillages s'étendant sur ces terres tant de fois arpentées dans l'enfance, la silhouette d'Aditya se frayait un chemin dans ses détours, les poumons gonflés de l'air sylvestre dont ces lieux avaient embaumés la senteur. Ses yeux éthérés s'écrasaient sur l'ombre des branchages et les lignes boisées des arbres majestueux s'étendant au-dessus de lui, dans une familiarité retrouvée chaque fois que ses pas le menaient à nouveau au sein du Bois ayant vu son esprit grandir de toute l'indépendance que cette forêt instiguant dans chacun de ses enfants. Son regard se glissa au-dessus de son épaule, pour trouver l'écho de la présence de la gladiatrice et du Yamanaka demeurés dans son dos et qu'il avait abandonné aux lisières d'Ensō, où ils les savaient en pleine sécurité au cœur de ces esplanades ; après tout, la féline serait seule garante de leurs flancs, et il ne pouvait rêver, en cette vie, de plus grande confiance que celle qu'il lui portait. Et dans le vent soulevé par les cimes, le blond s'enfonça davantage au sein des alentours de ce maigre bosquet, sur les traces de l'écho d'une rivière.


[...]


Révolté par l'égide de son propre corps, le torse de l'ascèse se soulevait au rythme des respirations erratiques que ses foulées avaient élevées en lui par une fougue que seule l'enfance pouvait en retrouver le sens dans ses souvenirs ; de ces airs de libertés qu'Hayashi fomentait à chacun des enfants de la forêt, de cette audace muette dont tous étaient dotés dès que leurs pas ne foulaient le sol sinueux de ces bois. Ses cheveux d'or retombaient le long de son échine qui, doucement, se redressait pour laisser son regard s'abreuver de ce paysage sylvestre qui avait tant manqué à son cœur, et que jamais, la Brume ne pourrait égaler dans sa beauté, aussi accueillante eut-elle toujours été. Et bien qu'une vie se soit construite pour son être au-delà de cet archipel, où tant de liens le retenaient auprès de l'Eau... nul lieu ne pouvait éprouver son âme aussi farouchement que la Forêt Millénaire le pouvait, en ravivant cette sensation de vie à chaque détour de chemin que son existence lui permettait d'arpenter.

Ses épaules se dénouèrent du poids de son souffle, laissées lâches tandis que tant de soupirs sourds s'échappaient de ses lèvres et de ses poumons brûlants ; et ainsi guidé par les reflets solaire d'un astre élevé au-dessus des feuillages, son attention s'échoua sur les berges de tant de troncs délaissés sur le sol mousseux, sur les maigres âmes animales qui se cachaient, parfois, au creux de maisonnées creusées dans leurs reflets sylvestres. L'ombre de leur fourrures rougeoyantes s'ouvraient à ses yeux avides de tant de familiarités, où les faibles détours de la mélancolie venaient s'y bercer.

Mais au creux de ces fragments de vie que cette Forêt berçait de sa chaleur, ses yeux trouvèrent les reflets d'une silhouette leur étant bien différente ; plus humaine, égale à la sienne. Son visage, glissé dans l'ombre d'une capuche, semblait se détourner des cimes pour lui faire face – et lentement, sa respiration trouva une certaine accalmie, laissant l'adrénaline mourir en vestiges dans ses veines.

Et dans un soupir, il l'observait sans un mot, incertain.


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Shinrin Hanzo
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Jeu 18 Fév 2021 - 1:38
Aussi bien mystérieuse, ancestrale, sauvage ou à conquérir, la forêt dans son ensemble le fascine. Bien que coulant dans ses veines, l'énergie sylvestre l'effraie. Ces espaces encore inconnus et étranges demeuraient pour le jeune homme qui y voyait un vide aussi énigmatique et effrayant que le fond marin. La forêt était ce domaine où la raison s'arrête et où l'imagination se libère, c'était là où l'homme se déconstruit pour mieux se laisser embrasser par la nature, s'y abandonner ou… y succomber. Car au combien de vaillants ont foulé ces terres pour y trouver une mort silencieuse et invisible, laissant leur enveloppe charnelle à la merci du grand-vivant qui les accueille dans ses limbes pour les draper de mousse et réorienter leur énergie en ces choses qui compose son tout et ravie les yeux amateurs de la sylve.

Même les démons du Shinrin exilé n'avaient guère de pouvoir ici, eux-mêmes anxieux à l'idée de parcourir les sentiers de la Forêt Millénaire qui représentait un danger même pour ces choses qui ne sont pas de l'ordre du matériel.

Alors il demeurait là, quiet, attentif aux messages du vent, spectateur du tableau unique qui se dressait devant lui. De son linge, seul son nez fin dépassé, lui qui tentait avec insistance de s'accaparer toutes les effluves de limon et de feuillu qui le tenaient au fait de la biodiversité des environs.

Néanmoins, ce récit-là ne pouvait guère être le simple canevas d'un homme seul face à la nature, les dieux semblaient bien trop lassés par une toile si commune qu'ils s'étaient décidés à forcer le destin en aboutant ce qui ne devait jamais être abouté.

Là, une silhouette en fixait une autre.
Là, un regard camouflé en croisait un dévoilé.
Là, le félon notoire se confrontait à l'élu apocryphe.

"Toi… qui es-tu ?" adressait l'exilé à l'oublié.
Car s'il était commun de croiser des faces étrangères dans ce pays où il était lui-même devenu un étranger, il n'était guère attendu par le Shinrin de croiser un être à l'aura si singulière. Il avait en face de lui ce que d'aucuns décriraient comme un éphèbe. La peau légèrement tanné par le soleil, les fibres saillantes, la chevelure dorée, l'allure stoïque, c'était là une véritable exhalation d'harmonie et de magnificence qui contrastait l'allure atrabilaire et abscons du jeune homme dont le capuchon dissimulait grossièrement les traits.

Par prévention ou simple contrariété, sa main de chair vint s'engloutir dans une besace située au niveau de ses reins tandis que sa main de chêne se dévoilait elle au grand jour, légèrement tendue vers le sol comme prête à parer.

Lui qui se voulait d'origine doté d'une bien belle arrogance jusqu'à s'en croire dispensable les basiques manœuvres de défiances avait bien mué depuis l'incident qui avait conduit à sa défection. Il était une enveloppe brisée, une âme blessée qui, perdue en ce monde, tentait péniblement de sortir la tête de l'eau.

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Ven 19 Fév 2021 - 20:25
Le torse de l’ascèse se soulevait légèrement, d’un souffle redevenu sous l’égide d’une régularité habituelle ; et bien que les réminiscences de la chaleur qui avait épris ses poumons demeuraient encore, il ne s’en défit nullement. Bien au contraire, il accueillait cette sensation avec toute la vie qu’elle sous-entendait, et intimait à bien d’autres êtres pensant l’avoir ensevelie sous l’indolence du quotidien.

Mais d’un regard simple échangé avec cet inconnu, le mutisme s’était emparé de ses lèvres. Il se contentait d’aviser son vis-à-vis dans un silence qui avait été sien depuis des années, là où bien d’autres préféraient l’inutilité de paroles déversées dans un flot d’ignorance et de désir de reconnaissance. Son attention s’échoua sur les traits de son visage, dissimulé dans l’ombre du tissu le surplombant ; et dans les reflets rougeoyants des marques s’imprégnant sa peau blanche, il crût reconnaître les détours d’arcanes particulières, que les dunes avaient revêtues comme le diamant de tous leurs arts. Ses sourcils se détendirent aussi vite qu’ils se froncèrent face à cette pensée, lorsque l’écho de la voix de l’inconnu hanta son ouïe le temps d’un instant – le premier de bien d’autres, sans le savoir.

Il avisa d’un coup d’œil le sari qui cernait son cops par habitude, se rendant compte que cela pouvait surprendre, peut-être, avant de l’observer à nouveau. Et s’il vit dans la noirceur de ses vêtements les mouvements bercés par la méfiance de sa senestre, il ne s’en formalisa pas. Bien des âmes infamilières à ces lieux pouvaient les penser gage d’embuscades. Pour le blond, elles ne gardaient que le soupir d’une curiosité et d’une vie enfouie.

« Aditya, bien que je crains de ne pas avoir de nom à t’offrir. », dit-il simplement en croisant l’encre de ses prunelles.

Ses prunelles s'échouèrent sur les détours sylvestres de ce bois, où l'ombre d'écureuils se pressaient sur les branches qui tamisaient la cime des arbres dominant leurs pauvres statures d'hommes ; et de leurs yeux ronds par l'intérêt, ils semblaient darder cet échange d'une pointe de timidité, avant de se cacher à nouveau dans les creux de leurs habitations. Sans savoir que leurs reflets roux trahissaient encore leur présence à quiconque connaissait ces terres.

Un léger sourire s'imposa sur les lèvres de l'ascèse lorsqu'il en fut témoin, jusqu'à ce que son regard forgé par l'éther ne retrouve la silhouette de cet inconnu, dont le nom pourrait ou non lui être révélé en écho au sien. Il ne l'y forcerait pas ; car si, lui, n'avait rien à dissimuler sur son être, le monde était paré de bien de différences le rendant aussi brillant que les lueurs du jour.

« Es-tu perdu ? », questionna-t-il d'un ton détaché, apaisé. « Peu de gens s'approchent de l'Entaille du Monde sans prendre le chemin d'Hikari, davantage lorsque l'on ne connaît pas les détours de cette mer d'arbres. »

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Lun 1 Mar 2021 - 13:24
Ainsi l'éphèbe se dévoilait en un nom et une attitude sereine. Tel un limier le marionnettiste ne désirait guère pour autant se limiter à si peu d'informations, bien démené à percer le mystère qui entourait l'augure mystique de leur rencontre. Car si les trois syllabes qu'il lui avait partagé pouvaient sembler communes et insipides pour quelconque profane, ces dernières résonnaient dans l'esprit du Shinrin tel un écho vrombissant et venaient éveiller en lui un fond de curiosité particulier.
"Le Gardien Sylvestre."
Car oui, pour qui avait l'esgourde tendue vers le monde, l'énonciation d'un tel nom associé à certains traits ne manqueraient pas de révéler une identité bien connue du Yuukan. Alors, bien que tout ne faisait pas encore sens dans l'esprit du jeune homme, il délaissait quelque peu son questionnement antérieur pour s'attardait à un fait de société qui avait pris son clan il y a de cela quelques temps et qui ne tarissait pas d'intérêt.
"Naguère avait-on entendu ce nom de guerre arrivait jusqu'au Pays du feu pour que celui-ci interpelle mon clan d'une manière… truculente dirons-nous. Alors dites-moi, Gardien, par quel artifice avez-vous pu vous octroyer une appellation aussi évocatrice ?"
Car oui, derrière cette simple causerie se cachait un soupçon de contrariété mâtiné d'une lampée de convoitise.
Car oui, comment un indigène de la brume avait le culot de se fagoter d'un titre ne pouvant convenir qu'aux vrais enfants de la forêt ? Ca, le farouche avare comptait bien le découvrir par un discours qui n'était guère fait de voyelles ou de consonnes.

Détaillant depuis son habit un rouleau d'invocation à la manière d'un roublard, après qu'une fine fumée vienne l'embrasser lui et son aura, c'est un quatuor de silhouettes qui faisaient à présent face au Mizujin, toutes identiques les unes aux autres si l'on omettait la plus pansue et notable d'entre elle qui prenait place derrière les autres, les enveloppant de son ombre. Et telle une chorégraphie maîtrisée, chaque copie vint tirer son capuchon, dévoilant à l'assemblé ces faces analogues entichées de tignasses nivéennes.
"Perdu me demandez-vous ?.. Peut-être bien…"
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Le discours de l'Hijin se transformait ainsi en un canon sardonique, sans qu'aucune phonation ne se fasse plus exacerbée que l'autre, laissant ainsi l'impression que toutes les copies se valaient, que chaque silhouette était maîtresse et esclave des autres.
"Hanzo du clan Shinrin, jadis Lieutenant du Teikoku, à présent vagabond de ces terres. J'espère que vous saurez pardonner mon irrévérence gardien, mais à l'orée d'une réflexion fondamentale, je me dois de trouver réponse."
Et ainsi, sans crier gare, la petite armée se mouva. La figure centrale pouvant s'apparenter de sa position à l'original bondit dans les airs se retrouvant ainsi à la verticale de l'éphèbe tandis que ses copies parfaites se dérobaient vers les axes afin de cerner de droite et gauche leur cible. La copie potelée quant à elle restait de marbre, fixant le Gardien tout en entamant une série de mûdras, l'assemblée se retrouvait ainsi tous à équidistance du Mizujin.

Pour peu que l'on pourrait penser qu'il lui veuille du mal, cela ressemblait à un assaut en bonne et due forme.

Résumé:
 

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Lun 1 Mar 2021 - 15:29
Les traits du blond furent révoltés par une légère brise d’étonnement lorsqu’il entendit les paroles de cet inconnu réverbérer les sons d’un titre qui lui avait été confié peu de temps après le nouveau scellement de la divinité de la Brume, il y a bien des mois de cela ; et bien qu’il fût conscient que les efforts que tous avaient déployés pour une telle chose aient pu faire écho dans le reste des terres allant au-delà de l’océan, il ne pouvait avouer véritablement que cela était une chose dont il était friand – car depuis le jour de sa naissance, il s’était évertué à ne jamais se considérer ou se montrer comme supérieur à un autre, ou à encrer l’histoire de sa présence de pauvre âme éphémère.

Semblait-il que malgré tout, cela n’avait pas échapper aux oreilles de son vis-à-vis. Ses sourcils se dénouèrent de l’arche de la surprise, graduellement, en l’observant et plus encore, en écoutant le reste de ses dires qui révélaient les détours d’une nation à laquelle il ne pouvait prétendre être étranger. Celle du Feu, qui, il y a bien des saisons, s’était échouée sur les berges de l’archipel en osant prétendre à ce que la Brume ne rejoigne leurs idéaux d’Empire, en se rebellant contre la seigneurie qui gouvernait ses contours.

Aussi, il lui répondit sur le même ton qu’il avait employé depuis lors ; indifférent, tout en étant teinté de bienveillance.

« L’esprit des hommes est une chose dont je ne peux me tarer de connaître tous les secrets., dit-il d’une façon légèrement amusée par la franchise. Mais je suppose que cela doit avoir quelque chose à voir avec les reliefs du Bois où nous gisons aujourd’hui, dont j’ai contemplé les sommets des cimes depuis l’enfance. Les âmes de l'Eau qui ont émis ce... titre, je suppose, sont loin d'être étrangers à cela. »

Le regard du blond se durcit lorsqu'il perçut l'ombre d'un parchemin se dérouler à sa vue, laissant sa fumée insipide se répandre autour de la silhouette de son adjuvant dont il commençait à douter des motivations. Ses prunelles perçantes vinrent s’échouer sur chacun de ses gestes, comme pour en discerner la volonté qui se dissimulait en eux... jusqu’à ce que leurs dextres ne se referment sur les fibres de la capuche qui avait voilé les traits de son visage depuis lors, pour mieux le révéler à la vue de l’ascèse.

Son attention retraça les contours des marques rougeoyantes parsemant ses traits, longeant les courbes de ses joues, de son menton ou même de son nez ; et sous le linceul de ces souvenirs, elles semblèrent lui rappeler celles gisant sur la peau de bien des adeptes des arts se cachant au creux des hautes dunes du Vent, bien qu'il fût incapable de confirmer cette pensée par son seul savoir.

Ce ne fut véritablement que lorsqu'il se présenta à son tour dans un souffle d'aveu que l'échine de l'héritier du bois ne se raidit tout à fait, la mâchoire serrée par une surprise mêlée de mélancolie. Ses iris éthérées semblèrent s'adoucir, le temps d'un instant lorsqu'il accorda une œillade à chacun des doppelgänger qui se tenaient sur ses flancs, avant d'entendre les derniers murmures de cette âme inconnue.

J'espère que vous saurez pardonner mon irrévérence, gardien., avait-il déclaré avant de laisser les mouvements erratiques de ses créations prendre les devants, pour mieux cerner ses côtés de leurs présences menaçantes. Aditya les suivit du regard sans mouvoir son corps, jaugeant la situation dans un mutisme qui avait depuis toujours, trouvé à son âme des reflets rassurants.

Lorsqu'il avisa à nouveau cet inconnu, ce fut pour darder ses yeux où régnaient une colère sourde sur ses traits, bien qu'emportés par une pointe de... déception, peut-être, là où l'écho du nom de son vis-à-vis ne cessait de se répéter dans ses pensées, sous l'égide d'un clan dont il avait décidé de retrouver les traces.

« J'imagine que tu dois connaître Shinrin Shinpachi, dans ce cas-là. Il fut l'un des trois hommes de l'Empire à accoster sur les berges de la Brume, l'an dernier, à l'aube de l'automne. Cela expliquerait aussi pourquoi tu lies si facilement mon nom à cette appellation, fût-elle récente, étant donné que lui et moi nous sommes rencontrés à cette occasion, en compagnie de l'Ombre de l'Eau. »

Il avisa de nouveau les trois pantins quelques instants avant que cet inconnu portant le sigle de toutes les âmes de la forêt ne s'élève aux côtés de ces mêmes cibles, quittant la sureté du sol en le surplombant de son ombre.

Pourtant, Aditya ne fit rien. Si sa chair se retenait de brûler de déception face à cette seconde rencontre émanant des membres d'un clan dont il n'éprouvait que le seul don dans ses veines, l'ascèse était, au-delà de ce fameux titre, également connu pour le sang froid qui l'habitait perpétuellement. Et en demeurant aussi proche des dédales de la Cité Brisée que ceux de son village natal, où la tigresse et sa compagne se nichaient en sécurité... tout élan de combat se refusait à lui, pour l'instant.

Il ne demeurait qu'une pensée acerbe, à l'idée que toutes ces âmes sylvestres échappant à son savoir ne trouvent en cet individu qu'un miroir de gestes et de paroles.

« Tous les tiens ont-ils le même accueil réservé aux inconnus dont ils croisent le chemin ? », glissa-t-il, les yeux plissés et amers.


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Lun 1 Mar 2021 - 16:55
Ébahi par une telle action d'inaction, le soldat en l'air ne put se résoudre à porter assaut, se contentant de se laisser emporter par sa chute et glisser sur la terre meuble pour se retrouver ainsi à la même position, cette fois-ci dans le dos du Mizujin. Face à la menace, l'apollon s'était laissé allé à l'inertie, démontrant en cela que son attitude était en accord avec son allure majestueuse et royale. Il était ainsi l'incarnation d'une figure qui révulsait le jeune homme, la figure d'un homme sûr de lui.

"Tsss…" fusait-il à son encontre, dépité par une telle tenue qui venait là contrecarrer et mettre à mal son ardente pugnacité. Car quoi de plus désopilant que de désœuvrer le guerrier pour qui chaque pouce de peau et demiard de sang frissonnaient sous la perspective d'une rixe. Il n'y avait ainsi pas pire supplice pour l'agité que de se retrouver face à un tel monument de placidité qui vient de manière insolent contraster son ire et ce, de manière embarrassante.

C'est pourquoi bien qu'en position de force, bien que cernant totalement son antagoniste de la journée, le belligérant marionnettiste se retrouvait à présent désarmé et ébranlé. Il avait beau entrevoir moult farouches manœuvres pour lui faire payer cet affront, son fébrile honneur lui proscrivait d'agir.

Alors de concert, toute la troupe tendait le doigt en direction du Gardien tout en laissant leurs voix se porter dans la scène tel un écho nocif à la sanité de tout être :
"Est-ce une malemort que tu guignes, Gardien ? En ayant posé le pied hors de ton havre tu ne pouvais guère t'attendre à de la docilité en ces terres accueillants aussi bien criminels et opportunistes en tout genre. Je n'ai guère pris l'habitude d'occire un être désarmé, peut-être l'as-tu conjecturé, mais jusqu'où es-tu prêt à éprouver une telle assertion ?"
Plausiblement regretterait-il de n'avoir pas su profiter d'une opportunité pareille. Il était ainsi malencontreux que son âme belliqueuse était entachée d'un orgueil mal placé, certainement là un vestige d'amour-propre qu'il n'a jamais su entériner.

Alors le regard porté vers l'infini bleu du ciel - à l'instar de deux des pantins -, il se résolvait à passer à l'acte, consentant à balayer son égard pour tendre vers un pragmatisme qui se préservait de tout parasite abscons. La troupe prenait alors de nouveau parole.
"Je n'ai guère l'âme à parler de mon frère Shinpachi, je n'ai guère l'âme à tergiverser en ontologie et niaiseries. Si tu ne désires guère livrer combat, je ne peux que t'offrir cette fin que tu sembles tant désirer. "
Les trois pantins identiques armant leurs bras vers le ciel, ils l'abattaient rapidement jusqu'à leur épaule tel un ordre de mise à mort. Conjointement, la silhouette potelée qui demeurait immobile jusque là se portait alors d'un bond en direction de l'éphèbe, lame en main, semblant bien décidée à lui lacérer le lard sans ménagement.

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Lun 1 Mar 2021 - 18:00
Seul un fou s'attendrait à ce que la forêt de ces terres soit calme et tangible. Malgré tout, il ne laissa aucune de ces pensées transparaître au-delà de ses lèvres, se contentant de foudroyer la stature du nivéen qui s'était niché dans son dos, emplit de tant d'émotions contraires qu'il devenait difficile pour cette pauvre âme de les contenir dans cette cage de chair. Lui qui était d'ordinaire si apaisé par la sylve que ce bois dégageait sur sa peau, qui avait embrassé cette nature au rythme de ses foulées quelques instants plus tôt... désormais, elle semblait révulser sa peau de frissons, emplir sa bouche d'un goût amer – celui de la déception, d'attentes qu'il ne s'était pas pris à formuler ou à espérer. De la réalisation que, peut-être, celui qui se tint un jour devant lui aux berges de l'Eau, et celui qui prit sa place aujourd'hui au sein de cette mer d'arbre lui était lié par le sang.

Il n'avait jamais envisagé les rapports humains sous ce prisme. Vécu toute sa vie en âme élevée par une autre, dont les liens avec autrui s'étaient tissés par l'amitié et par l'amour, par le respect et la bienveillance... qu'avait le sang à apporter davantage à cela, si ce n'était complexifier davantage des êtres et des hommes dont il lui semblait ne jamais avoir réussi à comprendre ? Qu'au détour de visages enfouis dans les dunes du Vent, sous les soupirs terreux de la Roche ou même dans les vestiges d'une guerre s'éteignant dans son enfance dans les braises du Feu, leurs joies et leurs peines leurs avaient parues... vaines, inconcevables ? De ces sentiments attisés par une confusion qui régnait au plus profond de son âme, que la tigresse avait apaisé au cours des années où elle l'avait gracié de sa présence ?

Même en se tenant là, devant un homme qui souhaitait porter le fer et la morsure du combat à sa chair, Aditya s'en remettait au néant de l'incompréhension. La colère, la peur, la crainte, la bonté d'une existence vouée à se finir ; il n'avait jamais compris, comment elles, émotions, pouvaient consumer un homme jusqu'à la chair, à creuser sa moelle sous leurs griffes invisibles et étouffer leurs sens jusqu'à l'ignominie. Jusqu'à l'aveuglement plein et total de leur fin approchant à chaque lever de soleil, dans lequel ils réussissaient à trouver un semblant de sens.

Et en se tenant face à cet être sylvestre, ce fut comme si l'ascèse se tenait à nouveau face au Lieutenant de l'Eau, son échine saisie de tant de sentiments et d'instinct susurrant à ses oreilles qu'il ne pouvait les contenir. Comme si la colère qu'il avait ressentie ce jour, lorsqu'il l'avait vu emporter cette féline si chère à son cœur revenait à l'assaut. Elle, et l'amertume d'avoir porté tant d'espoir dans un peuple inconnu.

Alors, lorsque l'un de ces doubles s'élança sur son flanc pour l'assaillir de son avidité, le blond faucha chacun de ses geste, frappant armes et membres du plat de ses paumes ; et malgré l'agacement, son regard d'éther longea les courbes de chacun de ses coups, jusqu'à ce que l'étonnement ne marque ses prunelles le temps d'un instant. Car dissimulées dans le revers du tissu, se cachait des articulations flagrantes – celles-là mêmes sur lesquelles il avait fondé les membres mécaniques offerts à la Brume, sous les conseils d’un marionnettiste.

Sa mâchoire se contracta d’avantage en réalisant que ses instincts ne l’avaient pas trompé, quelques minutes plus tôt ; et tandis que ses yeux se plissèrent et que sa poigne se refermait sur l’un des membres de cette création, sa senestre s’éleva sous le joug d’un mudrā unique…

…avant que des épieux de bois ne viennent pourfendre sa chair artificielle, naissant de l’intérieur même de son buste, là où les doigts de l’ascèse avaient effleuré le vêtement.

Sa silhouette se détacha d’un pas de l’objet, auquel il accorda un regard dans un silence de fer tandis que, peut-être, elle retombait au sol, inerte ; et finalement, son attention se redressa sur la stature de son maître, aussi mordante que les crocs de la Tigresse Blanche.

« Maintenant, je t’aviserai de ne pas ignorer mes paroles, Shinrin Hanzo. Les terres du Bois ont beau avoir été laissées aux mains d’autres âmes que tu nommes brigands, doive-tu être avide de combat, je n'en ai que faire. », feula-t-il d’une colère sourde. Il retint son ton de trahir l'ambre de désespoir qui filtrait dans sa voix par fragments, en pensant avoir suivi la piste d'âmes qu'il pourrait ne pas trouver au bout de son chemin. « Tu n'as parlé de l'Empire que comme un passé laissé derrière toi... mais c'est pourtant là que le clan dont tu portes le nom s'est installé. Es-tu le seul à avoir quitté les terres du Feu, ou t'ont-ils suivi jusqu'aux confins de la Forêt Millénaire ? »

Et par le seul regard qu'il lui lançât, vrillant les orbes d'encre de son vis-à-vis sous le joug de l'agacement, le sylvestre pouvait comprendre à quel point les mots de l'ascèse étaient alourdis par l'ardente attente de réponses.

Des réponses qu'il espérait obtenir, et vite.


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Lun 1 Mar 2021 - 19:26
Souviens-toi que tu n’es que poussière — ft. Shinrin Hanzo Surpri17

Le fracas du bois contre le bois résonnait dans la forêt tandis que le marionnettiste assistait béat à la scène qui se dressait devant lui. Il n'avait adressé aucune riposte à la lacération de sa poupée, se contentant simplement d'observer, oui, observer calmement et froidement à la démonstration des capacités de l'ascèse. Enfin, face aux invectives du guerrier, il se montrait tout autant quiet, comme s'il avait perdu son tranchant, comme s'il n'était plus qu'une lame émoussée en proie au doute et à l'indétermination.

Délaissant son jeu théâtral, il s'avançait seul d'un pas emprunt de bouleversement et de circonspection. Pour autant, ce n'était guère le Mizujin sa cible mais bien son propre pantin qu'il détaillait du regard avec insistance avant de poser genou à terre et venir s'accaparer du bout des doigts un épieu de bois qu'il craquelait pour mieux le désolidariser de sa base. L'ongle de son auriculaire bravant les rainures et nervures de la sylve, il insistait sur les coquecigrues que présentait cette petite branche comme aurait pu faire un être désabusé par la vie qui défiait de manière effarouché la réalité qui se présentait à lui.

Ainsi, le doute s'arrêtait au commencement de la certitude. Lui qui s'était laissé aller à quelques fabulations et s'était enquéri de l'individu au moyen d'une courte rixe voyait ici le bout de ses tergiversations.
""Le clan dont je porte le nom" dis-tu ?" s'interrogeait-il, donnant le dos à l'homme au cuir tanné avant de finalement se dévoiler d'un regard en coin. "Tu parles comme un aubain, comme un étranger ou quelqu'un qui se déroge des liens du sang. Mais ton talent lui ne ment pas, "Oniisan'"."
Paradoxale était ainsi le dénouement de cette fable d'un homme qui, exilé des siens, s'était trouvé un frère à l'orée d'un bois. Sa rétorque n'avait quant à elle nullement l'intention de venir absoudre la maroufle agressivité que le fripon avait eu à l'égard du placide, elle était un simple écho qui mettait à nu son dessein, son intérêt à l'égard du titre énoncé. Elle était cette truculente vérité qui ravivait en son cœur une perspective dûment désirée : celle de ne pas être esseulé. Car oui, belliqueux à souhait qu'il pouvait être, il demeurait une pie en proie à la solitude qui était venu quémander en ces bosquets le simple espoir de se rapprocher des siens.

Mais si le grivois se croyait clairvoyant, dans son amour clanique il en oubliait parfois que ce monde se voulait parfois doté d'une ironie cruelle et implacable. N'en déplaise sa candeur à l'égard de ses germains, tout n'était peut-être pas aussi limpide qu'il voulait bien le croire.

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Aditya
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Mar 2 Mar 2021 - 16:17
Son regard d'éther avait longé, le temps de quelques secondes, les détours de cette marionnette ployant à ses pieds, liées par les arches bleutées qui retenues au doigts de son vis-à-vis. Elles semblaient se refléter enfin à sa vue, comme raffermies par la proximité qu'elles achevaient de franchir avec cette poupée de sylve ; et lorsqu'il le vit ployer l'échine face à cet objet, la poitrine lourde de soupirs, ses yeux se plissèrent finement sans cesser de détailler chacune de ses actions, passées au crible sous le poids de son attention.

Il sentit, plus qu’il ne vit, la fine brise de la Forêt Millénaire venir frôler sa peau de sa douce caresse, et élever les brins d’or qui longeaient son échine dans ses bras illusoires, comme un murmure insouciant lui rappelant sa présence – et comment, au fil des années, elle avait toujours galvanisé son être et animé de tant de grandeur qu’elle n’en arborait toujours, telle une monarque au creux de tant de pays asphyxiés par leur propre ego.

Il fut témoin de ces mains avides, s'enfermant sur les nervures du bois ayant pourfendu le pantin, qui brisèrent l'un de ses épieux entre leurs doigts ; et lorsque le rejeton de l’Empire lui tourna le dos, captivé et fasciné, le blond demeura de marbre, laissant tous les reflets de la prudence qui l’animait se tenir dans son seul regard.

Sa senestre se détendit sous l'indolence imposée à son esprit, dénouant les fibres de son cartilage jusqu'à revenir à la plate lassitude que le calme imprégnait dans chaque fibre de son être, et, lentement, son échine suivit son mirage, abandonnant la rigidité et la tension qui la maintenaient horriblement droite. Il n’avait suffi que d’une chose pour éteindre l'agacement qui avait éprit les traits de cet inconnu, cette révolte, cette envie de le déposséder d'un titre qu'il ne le pensait pas mériter, et dont la provenance autrefois fébrile à sa connaissance s’était dévoilée tout entière, au travers d’une chose qui semblait aussi naturelle à l’ascèse que d’emplir ses poumons de l'air boisé de ses terres ; celle de commander à la faune et à la sylve, qui avaient trouvé dans l'esprit du Shinrin un tout autre écho.

Celui d’un lien qu’il pensait les unir, par l'ascendance ou par le sang, par un nom ou un ouvrage. Un cadeau inné, qui n’était offert qu'aux enfants que la Forêt Millénaire avait vu naître et mourir dans l'ombre de ses feuillages, et dont elle avait incrusté la révérence jusqu'aux plus chers confins de leurs âmes. D'une prouesse dont un clan entier éprouvait la fierté, et qui pour un autre de ces cœurs, avait été le seul héritage qu’il n’avait jamais possédé, sans le savoir. Mais à la place de cet enseignement, de ces injonctions à suivre une voie prédestinée par leur venue au monde, Aditya avait trouvé dans ce don ce qu’aucun d’entre eux ne semblait avoir jamais possédé. La liberté d’exister, au-delà du bois qui régissait ses veines – de l’entrevoir comme une partie de soi, une harmonie, et non pas un trophée dont l’on n'était satisfait de la préciosité que lorsqu’il était observé de mille regards.

Alors, lorsque ces pupilles noires d'encre se plongèrent à nouveau dans leurs consœurs bordées d'éther, Aditya leur offrit toute la noblesse que la nature avait incrusté dans sa peau au fil des années, sans jamais la laisser se substituer à du dédain ou aux graines de l’orgueil – une chose qui, jamais, n’avait éprouvé son cœur de sa présence.

Et bien que les paroles de l'envoyé du Feu résonnassent dans son esprit telles une vérité devenue mantra, une ombre ayant surplombé ses pensées pendant tant de temps, il n’était, et n’avait été, qu’une âme dont les talents ne s’étaient prouvés que sous le prisme de sa seule vie, sans jamais en trouver le reflet dans une autre. Une étoffe laissée aux mains d'un apprenti ignorant à ses propres dons, certains diraient-ils. Mais c’était précisément dans cette bienveillante solitude, cette pensée de n'être autre chose qu'un habitant du monde et de la grandeur de ses trésors, aussi insignifiant dans son temps sur cette terre que dans les actes qu'un humain pouvait accomplir, qu’Aditya trouvait le plus de force, et de sincérité.

Là où un clan ne reflétait que la plus grande fierté de la tigresse, un feu attisant chacun de ses pas en ce monde, pour lui n'avait toujours été qu'accalmie et limpidité à l'image d'un courant dormant. Fût-il l’un d’entre eux… cela ne le définirait jamais.

Alors, dans cette douceur que l'absence de paroles avaient toujours trouvé à ses yeux, il se décida enfin à rompre sa nature pourtant si rassurante et accueillante, à l'image du silence impérial qui régnait toujours au sein de la Forêt Millénaire, afin de lever le voile sur un héritage partagé sous l'égide de ces lieux.

« Pourtant, il semblerait qu'à sa différence, tu décide sciemment d'ignorer mes interrogations. »

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Shinrin Hanzo
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Mar 2 Mar 2021 - 22:23
A la rétorque du pèlerin il se laissait aller à quelques gloussements tandis que sa pogne trouvait refuge dans sa chevelure, relevant les mèches chavirantes, dévoilant à nu son facies aux traits fins. Sur chaque circonvolution de sa chair se dessinaient les affres de l'éreintement. Des cernes violacées et creuses aux gerçures marquées de ses lèvres filiformes, si l'homme ne se remuait pas on aurait pu le confondre en tout point à un de ses pantins grossièrement grimé. Il était tel un épouvantail péniblement animé qui se laissait tout de même aller à quelques sourires et expressions enjouées tant l'ironie de la situation l'amusait.

Légèrement indocile, son index vint tapoter le torse râblé par l'exercice de l'ascèse tandis qu'il le dévisageait d'un air roublard. Bien qu'il était difficilement imaginable que ce soit une aura transpirante de mansuétude qui s'émanait de l'Hijin, il demeurait étrangement serein et paterne à l'encontre de son homologue des îles.
"Est-ce donc là le seul intérêt que tu puisses trouver en croisant la route d'un de tes germains ? Mais soit, si cela peut étancher ta soif…"
Las, il cherchait un maigre confort en venant trouver sur la carcasse épineuse de son pantin un pan libre où poser son bas des reins, laissant le bois mutilé crisser sous son poids. Là, il délaissait tout tonus musculaire pour rompre avec la tension qui lui pesait sur les épaules et se laisser emporter par les effluves de fumet et de pollen que la forêt leur partageait. Et bien que métaphoriquement parlant on aurait pu le situer sur un nuage, c'était hélas dans un enfer sans paix et sans gaieté que son âme s'engouffrait sous les réminiscences de ce jour où la foudre de tout un pays s'était abattu sur lui.
"J'erre en ces terres tel un loup répudié par sa propre meute. Pour anticiper toute interrogation, d'aucuns au pays du feu m'honoreraient du sobriquet de criminel, voir de terroriste, mais sache qu'il n'y a de séditieux en moi que mon appétence pour la rixe et… certaines choses de la vie. Au grand jamais je n'ai porté atteinte aux miens, que ce soit mon clan, mon empire, ma patrie… Toute cette histoire n'est que le fait de certains vilains qui ont cru bon de me traîner dans la boue. Mais j'aurais ma revanche, dans cette vie ou dans l'autre. "
Regard évasif, poing serré, c'était limpide comme de l'eau de roche, le damoiseau en avait gros.
"Mais je m’égare mon frère. Oui, la majorité des Shinrin demeurent au pays des traîtres, mais d'autres résident encore en ces bois sacrées qui restent notre terre de cœur. Ce sont ces indigènes que je m'évertue à rejoindre mais à notre grand malheur, nous avons le don de la ruse et du camouflage."
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Aditya
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Mer 3 Mar 2021 - 17:21
Le regard du blond vint s'échouer sur l'index de son vis-à-vis, pressé contre les détours de son torse avec un air taquin qui semblait être le fait de cet envoyé du Feu, à l'image d'un trait qui ne quittait jamais ses chairs. Il répliqua à son geste par l'ombre d'un fin sourire sur ses lèvres, paré du même fragment de malice qui semblait s'être éprit de l'individu, sans pour autant l'adjoindre d'une quelconque parole ; car dans un souffle éreinté, il venait de ployer l'échine pour retrouver le confort de la terre et son absence d'effort, son séant apposé contre la carcasse de ce patin. Aditya l'observa sans un mot, le temps d'une poignée d'instant, avant de laisser ses épaules se détendre du joug qui les avaient enfermées de son étau lors de leur échange de coups de plus tôt.

Ses bras vinrent se croiser sur son torse, légèrement, tandis qu'il l'écoutait avec une attention qui ne manquait pas de se refléter au creux de ses prunelles d'éther ; et sous l'ombre des feuillages de ces terres, ils semblaient désormais l'égal de deux âmes consœurs s'étant retrouvée à l'orée d'une certaine... familiarité, peut-être, qui était loin de déplaire à l'ascèse. Il préférait de loin cet air de candeur amusée, enrobée d'une malice féline, qui avait épris le visage du Shinrin à la colère sourde de l'ignorance.

« Si ce n’est que cela, je pourrais certainement t’apporter mon aide., soupira-t-il en lui lançant un regard lourd de sous-entendus lorsqu'il mentionna son affection pour le combat. Peut-être aurais-tu pu commencer par l’expliquer, et non chercher à forcer ma main. »

Il adjoignit sa rétorque d'un sourcil haussé à son encontre, comme pour appuyer ses dires d'une fausse sévérité, ironique, afin de raffermir davantage la prison illusoire dans laquelle ils avaient tous deux décidés d'enfermer l'affliction qui avait chargé l'air, plus tôt. Si l'enfant du bois comprenait dans le creux de ses dires tous les soupirs d'exclusion qui s'y glissaient, il ne souhaitait certainement pas raviver davantage ce sentiment d'être considéré comme un paria par sa propre patrie.

Peut-être était-ce pour cela que son vis-à-vis avait éprouvé une réaction si drastique, dès l'instant où son don sylvestre s'était manifesté sur les détours de cette marionnette. L'idée de trouver, hors de ces terres où son nom était devenu synonyme d'un traitre, un de ceux partageant son sang.

Son regard s'adoucit quelque peu lorsqu'il le vit détourner les yeux vers un point invisible, le poing pressé contre sa mâchoire – comme si le spectacle de souvenirs amers se rejouaient sur la scène de ce bosquet. Les traces violacées entourant l'arête de son nez lui apparurent plus claires, sous l'ombre du jour filtrant entre les cimes, les joues creusées et les cils froissés par le manque de sommeil. Il pouvait remarquer ses lèvres sèches, trahissant l'eau qui s'était dérobée à leur présence depuis bien des heures ; et bien qu'il entendît son aveu quant au lieu où demeuraient encore ce clan qu'ils partageaient tous deux, Aditya ne put se résoudre à presser davantage de questions à son esprit pour satisfaire sa seule curiosité.

Au lieu de cela, sa voix s'éleva de nouveau au sein de ce silence sous le prisme d'une pleine bienveillance, pleinement adressée à cette âme se fragmentant sous ses yeux.

« As-tu un endroit où rester ? », murmura-t-il dans un souffle, ses orbes éthérées scrutant chaque parcelle de son visage.

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Shinrin Hanzo
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Mer 3 Mar 2021 - 18:22
Les effluves de gaieté se mêlaient à la légère brise ambiante. Sa connaissance de l'individu avait beau se limiter à quelques instants qu'il s'était rapidement accommodé à sa présence jusqu'à mutualiser quelques rires qui, bien que communs pour les communs, étaient un met pour le jeune homme en ces sombres temps.

En certains il retrouvait en son outrecuidance quelques reflets de feu son fraternel, il se reconnectait ainsi à ces sentiments d'estime, de jalousie et d'inimité. Pour peu qu'il fut sot sur les intentions du Mizujin qu'il aurait amèrement regretté de baisser sa garde ainsi, mais il était tel que toutes les fibres de son corps se muaient d'une conclusion partagée : celle qu'il était bon. Il y a en ce monde des convictions sans caution qui défient l'ordre de la raison et qui prennent la forme d'évidences intemporelles et immatérielles. Le Gardien Sylvestre en était la parfaite représentation.

Dégainant un fin rictus en coin tandis qu'il le dévisageait sous les pénibles rayons du soleil qui précédaient sa figure majestueuse, Hanzo donnait la réplique avec amusement à la question de l'homme cuivré.
"Non, je n'ai pas encore river mon campement en ces terres. Je comptais rejoindre Hikari mais il semble que j'ai mal planifié mon trajet."
Bien que serein, quelque chose le turlupinait. Il avait là le supplice du mystère qui entourait la figure énigmatique d'Aditya.
"Mais dis-moi Gardien, tu ne m'as toujours pas conté les raisons de ta présence en ces terres. Es-tu, comme moi, désireux de rejoindre nos cousins d'Hayashi ?"
Bien que pouvant paraître impersonnelle, son interrogation était loin d'être désintéressée. Sa curiosité se voulait prosaïque et triviale, il voulait en savoir plus sur son germain... pour une fois où il ne s'agissait pas de tirer une bourse.
"... Car quoi que ce soit tes desseins, j'imagine que nous pouvons nous entraider."
Il en revenait comme toujours à la malice et la perfidie. Bien qu'usuellement solitaire, il humait là la douce effluve d'une opportunité dorée et clinquante. Quoi et comment ? Il ne le savait guère et n'en avait cure à bien y réfléchir. Car oui, sa finasserie avait ça de se baser sur une intuition éprouvée et suprême. Et à bien le reluquer sous tous les angles, l'ascèse sentait bon la fortune, qu'elle soit palpable ou non.

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Ven 5 Mar 2021 - 1:04
« Le village où j’ai grandi n’est pas si loin d’ici, si la maigre compagnie de quelques enfants de l’Eau et d’hommes et femmes de vies simples ne te gêne pas., déclara-t-il détaillant son vis-à-vis, comme pour jauger les réactions qui parcourraient son fasciés. Tant que tu ne leur adresse aucune volonté néfaste, je n’y vois aucun inconvénient. Tu y trouverai des compagnons de rixes, parmi les quelques âmes qui m’ont accompagné lors de ce voyage. »

Un sourire amusé prit place sur ses lèvres lors de ces dernières paroles, en pensant aux reflets poudrés du pelage de la Tigresse Blanche qui ne manquerait pas d’éprouver la ténacité de ce Shinrin dont elle n’avait jusqu’ici ni entendu l’écho du nom ou de l’existence – ne serait-ce que pour s’assurer de ses intentions bienveillantes envers le blond et la femme qui l’avait élevée, par le reflet le plus pur de l’être humain à ses yeux : le combat.

« Si j’en crois les murmures que soupirent ton visage, un lourd sommeil te serait le bienvenu. », ajouta-t-il avec une pointe de sollicitude, le sourcil arqué comme pour appuyer son propos, sans pour autant tenter de lui forcer la main en quelque façon que ce soit.

L'ombre passagère de l'étonnement s'épris des traits de l'ascèse lorsqu'il entendit les mots de son vis-à-vis, auxquels, il devait bien l'avouer, il ne s'était point attendu. Depuis les premiers instants où l'existence d'être capables de soumettre la faune et la flore sous leur joug lui étaient parvenus, à l'image d'un clan rattaché à ses racines, ils n'avaient été glissés de concert qu'avec le nom de l'Empire du Feu, et du pays de braises qui les accueillaient en son sein. Il n'aurait jamais pensé qu'au plus profond de la Forêt Millénaire se cacheraient des hommes et des femmes partageant leur ascendant, d'autant plus en ayant grandi si près d'eux.

Bon nombre de contes et de légendes entouraient la vie de ces bois, qui se cachait ou se dévoilait aux curieux. Peut-être les enfants sylvestres étaient l'un d'eux.

« J'ignorais qu'une partie d'entre eux se trouvaient sur ces terres., confia le blond avec franchise. Nous avons pris la mer depuis l'archipel dans le seul objectif de rejoindre les frontières du Feu pour les rencontrer ; si nous avons fait un crochet par Hayashi, ce n'était que pour nous arrêter aux lisières de ce village le temps de quelques jours avant de repartir. Je me prends toujours à y revenir, qu'importe le nombre ou la longueur de mes voyages. »

Le rictus qui avait épris ses lèvres quelques minutes plus tôt se mua peu à peu sous les formes d'un sourire bordé de la chaleur et de la bienveillance qu'il offrait à ces maigres âmes qui peuplaient ce hameau, et, plus particulièrement, celle qui avait imprégné tous les savoirs de la vie en lui au fil des années. S'il éprouvait une infinie reconnaissance envers elle, elle était loin d'égaler l'affection et le respect qu'il lui vouait, qu'importe le temps où il demeurait éloigné du Bois.

Peut-être, à son image, le marionnettiste pourrait s'enivrer de l'accalmie qui trahissait ces terres, là où les plus intenses soucis n'étaient que ceux ayant traits à l'agriculture et ceux que chaque jour élevés par le soleil pouvait créer dans leurs esprits.

Toutefois, il tint à répondre à la proposition à moitié dissimulée de son vis-à-vis, d'un ton équivoque à celui que le Shinrin avait employé ;

« Mais je suppose que si une partie d'entre eux demeurent ici, cela ne couterait rien d'accompagner tes pas. »

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Shinrin Hanzo
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Lun 8 Mar 2021 - 22:42
Les suppôts de l'incertitude se manifestaient en ces temps en de bien sombres manières. Au fur et à mesure que le Mizujin discutait le bout de gras, l'Hijin lui se laissait porter par de plus amples et denses interpellations qui mandaient réponse avec autant d'ardeur que les ténèbres appelaient la lumière. Alors index posé sur le menton, il le criblait du regard de plus belle, insistant d'une grossière manière sur les traits qui façonnaient cet être.

Là, la libération qui se fit tant attendre se dégoupilla dès lors sous la forme d'un fracas retentissant et vibrant dans la psyché du marionnettiste.
"Toi…"
C'était là la découverte soudaine d'un problème qui tracassait le nivéen depuis sa rencontre avec l'éphèbe. Une compréhension qui reconnectait tous les maux et mystères, un affranchissement de ses interrogations qui se voulait aussi prompt et cristallin qu'il ne pouvait l'être. Tout était à présent clair et la vérité se suffisait à elle seule pour convaincre, car qui l'avait décelé ne pouvait plus se prétendre aveugle tant le discernement était implacable.
"Que les dieux me foudroient si je ne m'égare, tout est limpide désormais.." s'écriait-il, sursautant d'un bond vers l'intéressé. "Ta trogne réveillait en moi des remembrances morcelées par le temps. Mais un telle figure, un tel museau… ça ne trompe pas. Tu es le fils de… "
Et tandis qu'il s'apprêtait à s'adonner au partage de l'usufruit de sa curiosité tel un bon germain, une nouvelle découverte prenant racine depuis les méandres de sa mémoire vint le faucher de nouveau, le laissant quelque peu pétrifié par le choc mnésique.
"…mais dans ce cas, c'est toi… oui, c'est toi…"
Et s'il ne partageait guère en son habitude de sympathie à l'égard de ses prochains, sous les ressouvenances d'une histoire aussi noirâtre que la plus sombre des nuits, il se laissait aller à une unique larme de peine portée sous son œil gauche qui vint témoigner là l'empathie enfouie d'un Shinrin qui, lorsqu'il était encore de ce pays avait porté ses esgourdes à l'écoute d'un conte :
"Le rejeton saurien."
Alors médusé, il restait béat et cafardeux comme un être maussade rembruni par l'annonce d'un décès… ou d'une résurrection.

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Dim 14 Mar 2021 - 20:21
Les sourcils du blond se froncèrent lorsqu'en écho à ses dires, les traits du visage de son vis-à-vis semblèrent se raffermir davantage sous le joug d'une réflexion gardée dans les méandres de son esprit, dont ni lui ni les êtres bstiaux de la forêt ne pourraient entendre les murmures à moins qu'ils ne soient prononcés. Mais comme un rappel à cette idée, sa voix s'éleva dans un souffle abstrait, comme s'il n'avait pu l'empêcher de traverser la barrière érigée par ses lèvres ; et quel aveu ce fut, que d'être témoin de brides de paroles encore peintes de l'illusoire des pensées alors que son corps s'élevait d'une seule impulsion jusqu'à lui, ses prunelles peintes de l'avidité de la découverte.

Mais dans le reflet de celles de l'ascèse, elles se trahirent comme éprises d'un sentiment d'une intensité qui ne trouvait son égal que dans l'accalmie qui parait les siennes, incertaines, dardant sa silhouette dans tout son ensemble. Les mèches d'or qui couvraient son front vinrent effleurer l'orée de ses cils lorsqu'il abaissa son attention sur le visage de l'envoyé du Feu, aux dires qui ne semblaient jamais trouver de repos avant d'atteindre cette conclusion finale qui se révélait en lui comme la plus pure des vérités. L'air hagard, consumé, il l'observait avec toute la magnificence d'un chercheur ayant su sonder les mystères d'une âme qui se refusaient à lui, sans savoir que celle-ci-même ignorait l'ascendance et la profondeur de sa naissance.

Aussi, lorsque sa voix s'éleva dans le silence laissé par ses avancées, graveleux, il ne put empêcher ses traits d'être empreint d'une part de mélancolie, à l'idée qu'il se soit fourvoyé sur sa personne – seule explication qu'il put trouver pour épouser la réalité qu'il avait appris à prendre comme vérité.

« Rejeton saurien, tu dis ? », il prit un temps de repos, comme pour rassembler ses réflexions, l'air amer, avant de poursuivre. « Tu dois me confondre avec un autre, Shinrin Hanzo., répondit-il en murmurant d'un ton sourd, comme s'il venait de glisser une pointe d'incertitude dans son esprit. Les seules âmes que j'ai connu dans mon enfance n'étaient que celle de ce village, dont aucun inconnu n'a réussi à trouver le chemin à l'exception de la Tigresse Blanche. Je doute que tu aies pu connaître la femme qui m'a élevé ; peut-être sont-ce simplement mes traits que te rappellent un souvenir. Quant aux reptiles que tu invoques... je crains ne leur devoir aucun lien. »

Ses prunelles éthérées vinrent trouver à nouveau l'encre dissimulé sous les paupières du marionnettiste, avant qu'elles n'avisent le pantin dont le flanc s'était retrouvé fendu, et les deux autres cernant leurs côtes. Il retint un soupir, avant de déclarer ;

« Nous devrions prendre la route., glissa-t-il en laissant ses pupilles céruléennes épouser les reflets orangés qu'arboraient fièrement le ciel, à travers les feuillages. Le crépuscule ne tardera pas. »

Et sans un mot de plus, le regard du Gardien Sylvestre vint trouver les traits du visage de cet enfant du bois, avant que ses pas ne se détournent de sa position dans l'ombre d'une invitation pour tracer le chemin qui les amèneraient au porte d'un hameau dans ces terres, dont seuls les êtres qui l'eurent habité un jour pouvaient reconnaître.

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Ven 19 Mar 2021 - 12:32
Paralysé, il restait encore torpide sous l'effet de ses propres palabres. Mais si le déni était là la seule réponse que son assertion avait provoqué chez son congénère, la conviction qu'il éprouvait à l'égard de cette hypothèse restait-elle intacte. Il entrevoyait les failles d'un être désabusé par la vie, trahi par le destin, rendu à n'être qu'une âme perdue. Il voyait là un reflet de sa propre psyché, un écho de sa propre fatalité, mais à la différence des sombres messes qui enténébraient son propre être, il voyait dans le brouillard du Mizujin une faible lueur, un présage, celui de la rédemption.

Balayant sa larme d'un coup d'ongle, son regard se voulait impétueux, belliqueux, car s'il n'était guère question de guerroyer contre son germain, il était bien question de lutter contre sa dénégation, au demeurant pertinente. Épris d'ardeur, il vint empoigner avec vigueur le bras de l'intéressé ne manquant pas de traduire par cette inconvenance le poids de son assurance et la gravité du sujet.
"Aditya. Au grand jamais n'auras-tu la chance d'être toi-même si tu répudies ton héritage ancestral. L'art sylvestre est une bénédiction des dieux à l'égard des Shinrin, nul guerrier étranger à notre lignée ne saurait s'en faire l'adepte. Je n'ai guère là l'accointance de ceux qui t'ont élevés, mais ton ascendance est une vérité qui se préserve de tout doute."
Sa serre se voulait plus hardie, tel un fer trempé par la force de ses mots.
"La nature s'imite mon frère. Il ne fait nulle doute qu'une bonne terre se soit fait la nourrice de ton être, mais graine pérégrine tu étais, car tu portes en tes traits la griffe de parents qui me sont familiers."
Mais si aucune doute ne ternissait cette certitude, il y en avait bien un qui hantait sa lucidité. Menton abaissé, regard donnant sur le sol, son ardeur s'était envolée.
"… Mais qui suis-je pour me faire le prophète de cette annonciation."

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Aditya
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Lun 22 Mar 2021 - 20:07
Le regard d’Aditya s’écrasa sur la silhouette de son vis-à-vis lorsqu’une poigne ardente se referma sur son bras avec toute la force du désespoir, les sourcils froncés le temps d’un court instant. Lorsqu’il croisa l’air qu’arborait le visage du Shinrin, sa mâchoire se contracta et ses yeux vinrent trouver les détours du sol en écho à ses paroles qui semblaient tenir plus qu’à cœur à l’intéressé – presque vitales. Si la mention de son nom dans la bouche de l’envoyé du Feu avait pu avoir des airs étranges aux oreilles du blond, comme issu d’une proximité tissée dans une rencontre dont les liens remontaient à bien plus loin que ce simple croisement de chemin, il s’en défit bien assez tôt ; car ne s’en suivait que des dires de la même importance, auxquels il devait toute son attention.

Aussi, lorsqu'il pressa ses mots auprès de lui, il stoppa ses pas, détournant ses chevilles vers le nivéen, pour, entre autres, lui permettre de détendre ne serait-ce qu'un peu le bras qui cernait le sien de ses doigts.

« C'est une chose que j'ai compris il y a bien des mois, si je dois être honnête avec toi., avoua-t-il dans un murmure avant de redresser son regard dans celui d'Hanzo.Lorsque l'on m'a confié que ce don sylvestre était le trait d'un clan qui ne faisait aucun écho dans ma mémoire. »

Ses yeux tracèrent la courbe du membre du Shinrin avant de se déposer sur ses doigts qui cernaient encore sa chair, et qu'un soupir ne fende ses lèves. Il apposa sa propre paume sur ses phalanges, comme pour lui signifier qu'il n'y avait aucune hâte à le voir s'enfuir ; il ne faisait que le guider sur le même chemin que lui, pour lui prêter un abri lors de la nuit.

« C'est pour cela que j'ai rejoint ces terres au-delà de l'archipel ; pourquoi mes pas et ceux des âmes qui m'accompagnent se tournent vers Hi. J'ai espoir de les rencontrer, aussi fébriles ou inexistantes soit mes attentes. Elle ne sont pas grandes, ni nombreuses... simplement bercées par la curiosité., il observa les traits de l'envoyé du Feu, avant de poursuivre ; C'est là la seule piste dont je dispose, depuis que Shinpachi et les soldats à ses côtés ont posé un pied sur les terres de Mizu, et que nous les y avons accueillis. »

Un silence prit place entre ces deux âmes, bercé par les bruits et sons que la Forêt Millénaire éveillait à leur attention comme un doux linceul de nature. Les frôlements de l'air sur leurs peaux amenant avec lui la fraîcheur du crépuscule, les bruissements des feuillages tapissés par des présences animales. Un nouveau soupir fendit ses lèvres avant qu'il n'avise le spectacle sylvestre qui se mêlait à eux, sur le ton d'un aveu.

« Ton frère et toi êtes les seuls Shinrin qui m'ont été donné de rencontrer, jusqu'ici. »

Et le silence revint sous des traits de douceur, avorté par ses paroles.

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Shinrin Hanzo
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Mer 24 Mar 2021 - 11:24
Pugnace ou bienveillante ? Acharnée ou désœuvrée ? L'action du jeune exilé n'avait rien de simple et compliquait indubitablement cette nouvelle relation qui le liait avec ce guerrier de l'est. Pour autant et ce, curieusement, il ne pouvait guère se laissait porter par son tempérament égoïste bien connu. Appètent de combat, c'était comme s'il venait d'en trouver un où ses pantins et manœuvres ne représentaient là aucun avantage stratégique. Il était tel un belligérant désœuvré qui, face à une injustice de la vie, présentait ses propres poings nus pour faire face à l'improbité du destin pour le salut de son nouveau frère. Alors quand de ses propres lèvres l'ambré se révéla comme sachant de sa propre origine, le bien pâle vit là une lueur d'espoir qui vint tracer sur son visage quelques fins traits d'optimisme. Et tel un passage dans le creuset de la misère, son âme se fit alors l'écho de cette annonce qui clarifiait bien des points.
"Je n'ai donc pas affaire à un ignorantin comme j'ai pu le supposer. Je te prie d'accepter mes excuses mon frère car dans ta quête j'y ai vu mes propres maux."
Desserrant sa poigne avec autant de paix qu'il dénouait ses nœuds de l'esprit, c'est un jeune homme somme toute placide qui faisait face à présent à l'éphèbe, démontrant par son inclinaison qu'il était prêt à suivre sa marche.
"Allons-y."
Et comme cela il taisait ainsi tout son savoir sur l'identité de son homologue. Comme cela il balayait d'un pas cette sordide équation pour s'abandonnait au destin seul qui se ferait, il espérait, le meilleur instructeur de ses origines. Il n'était guère aisé de se laisser aller au silence tout en portant un tel fardeau, pour autant il savait que cette voie était la meilleure.

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Aditya
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Mer 31 Mar 2021 - 19:33
Le temps d’un cours instant, le blond vit s’installer dans le regard de son vis-à-vis les prémisses d’un apaisement, mêlés aux lueurs significatives d’un brin d’espoir dont il ignorait éperdument le fondement ; et pourtant, il lui sembla clair que dans l'esprit du Shinrin se trouvaient bien plus de sous-entendus et de ressentis en jeux que pour l'enfant du bois. Peut-être demeurait-il ignorant à leur existence, mais les traces de leurs présences, elles, se montraient aussi limpides que l'écho du courant de la rivière qui transparaissait au cœur de ce bosquet.

Aussi, lorsque la prise du sylvain s'allégea autour de sa peau, en y laissant les marques légèrement rougies d'une poigne pressée par l'émotion, il ne dit rien, se contentant de suivre les mouvements de ses doigts dans un mutisme des plus complets. Un souffle discret s'échappa de ses lèvres lorsqu'il reporta le gré de son attention sur cette mer d'arbres et ses dédales d'émeraude, tandis que ses pas, eux, se détournaient déjà du lieu qui avait abrité cette rencontre fortuite afin de les guider auprès des siens.

Pendant de longs instants, Aditya se priva de toute éclat de voix, préférant l'écoute sage et bienveillante des murmures que la Forêt Millénaire guidait à leurs oreilles, entre les bruissements de feuillages ou ceux des ailes d'aigles trônant dans le ciel ; mais malgré cela, il ne pouvait empêcher ses pensées de s'entremêler intensément, guidées par l'ombre d'un sentiment de malaise qui s'était emparé de lui au rythme de ce dernier échange avec l'envoyé du Feu. Les sourcils froncés, le regard rivé sur le sol à leurs pieds sans réellement le voir, il était évident que des mots voulant être adressés à son comparse furent retenus à la barrière de ses lèvres, légèrement pincées.

Et dans un soupir, il lui sembla capituler, relevant la courbe de ses pupilles d'éther vers les rayons mourants du soleil comme pour s'enivrer du peu de chaleur qu'ils leur restait à offrir à qui saurait les accaparer, comme une douce caresse avant que l'anxiété nichée dans son cœur ne soit balayée par le vent de ses paroles.

Et sans adresser une quelconque œillade au nivéen sur son flanc, le blond poursuivit sa marche, en rompant, enfin, ce mutisme demeuré pendant trop longtemps entre eux pour élever cette question criarde qui tambourinait dans ses pensées.

« Comment sont-ils ? »

Ses yeux vinrent trouver ceux d'Hanzo, le temps d'un court instant, avant de s'échapper de nouveau sur les dédales de ce labyrinthe naturel. Peut-être, aurait-il pu y voir les glyphes de l'appréhension qui trônaient dans leurs traits d'azur ; mais cela, il ne pouvait le savoir.

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Shinrin Hanzo
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Lun 12 Avr 2021 - 22:30
De la pensée de quelques sages s'élevait une leçon sur le mutisme instruite à très peu et pourtant dédiée à tous : car si le silence irrite parfois le diable, cette sieste du bruit reste en de nombreux cas un aveu des plus limpides. Ainsi, il tardait au maître-pantin de défaire l'aveu de son confrère et d'enfin ôter cette pellicule de malaise qui lui paralysait légèrement le cœur. Mais à son grand malheur il avait déjà outrepassé la bienséance de leur fraîche relation, s'étant déjà puérilement fait l'interprète d'un rôle qui ne lui était guère attribué.

Alors dans le mutisme il se tairait également, allant même jusqu'à maîtriser le cours de sa respiration pour ne guère perturber celle de la sylve environnante tandis que son pas lui se masquait dans celui de son comparse et que son œil fuyait vers des destinations aux antipodes de la vue du concerné. Il était ainsi tel un sacripant qui s'esbignait de son acte avec un savoir-faire originellement destiné au meurtre et au demeurant bien utile dans cette pénible situation dont il était lui-même la principale victime, le juge et le bourreau.

Mais lorsqu'il se fit témoin du souffle et de la question de l'éphèbe, là son supplice se fit plus léger tandis qu'il prenait un léger temps de réflexion avant de porter la réplique, chose qu'il aurait dû faire bien avant.
"Bien des lunes ont passées depuis la dernière vision que j'ai d'eux. Mais s'il me tarde de les revoir moi-même, en mon esprit se terre la remembrance d'une femme tannée par le soleil et d'un homme à la chevelure aussi fournie que flavescente. Aux yeux du momignard que j'étais, ils étaient ces ainés que l'on rêvait d'avoir comme parents car tout chez eux semblait plus simple, plus gracieux, plus tendre… "
Au fil de ce récit il s'était fait lui-même auditeur de son propre conte qui le berçait de réminiscences toutes droit dénichées depuis un passé où ses démons n'avaient, de souvenir, aucune emprise. Il se voyait alors rebrousser chemin, revenir par un souhait divin à ce temps qui lui permettrait alors de goûter à nouveau à ce confort et se faire par la même occasion le correcteur des aléas de sa propre vie. Mais s'il était délectable que de s'abandonner à ces roses pensées, la culpabilité qu'entretenait le jeune homme avait la fâcheuse habitude de venir le tirer de ses songes et le reconnectait à une réalité qu'il abhorrait de toute son âme. Il était triste de savoir que qui songe à oublier se souvient.

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