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L'héritage des siens — ft. Yasei Reikan

Aditya
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Dim 14 Mar 2021 - 20:21
L'héritage des siens

ft. Yasei Reikan


Été 204, village d'Ensō 円相, Hayashi no Kuni.

Lentement, les pas d’une silhouette bercée par l’air sylvestre qui imprégnait les lieux venaient tracer leur chemin au-travers des feuilles échouées sur le sol par endroits, préparant la venue de l’automne dans toute leur magnificence. Les poumons emplis d’un souffle nouveau, ce visage semblait s’offrir tout entier aux éclats solaires qui dominaient la cime des arbres, et dont les maigres détours transparaissant à travers les feuillages se reflétaient sur ses traits tel un prisme, courant sur ses joues, sur l’arête de son nez, jusqu’aux creux de son cou. Bien assez tôt, ce fut au tour de ces perles céruléennes de se dévoiler sous l’égide des paupières qui les maintenaient absoutes à la réalité, afin d’enfin s’abreuver de la beauté de la nature, dans toute l’intensité de la couleur de leurs iris.

L’attention de cette pauvre âme s’échoua sur chacun des détails de vie qui s’offrait à elle, tandis que, suivant le tracé d’un chemin illusoire, sa marche renouait avec les pas qu’elle avait imprégné dans ces lieux bien des années plus tôt, et à plusieurs reprises. Aux abords d’un village dissimulé aux yeux du monde, les bosquets tels que celui-ci avaient accueilli au fil des décennies bien des frimousses infantiles, pour qui la sureté de la forêt était une croyance enseignée depuis l’enfance. Ce sentiment que, de toujours, elle leur épargnerait les affres de la vie, et guiderait leurs pas pressés par la curiosité auprès des leurs, si d’aventure ils venaient à perdre leur chemin.

Un sourire mélancolique se glissa sur les lèvres du blond, dont les mèches d’or suivirent le mouvement de son visage qui s’était dérobé à la chaleureuse caresse des rayons solaires ; et glissant sur ses épaules, elles faisaient frémir sa peau sur leur passage, imprégnées de la fraicheur de l’air.

Bien des fois, il lui était arrivé de quitter les détours de ce village pour se dédier à l’observation du monde et des êtres qui le composaient et le rendaient si… intensément intrigant. Les jours demeurés hors de ces sentiers, hors de la présence rassurante de ces troncs majestueux, n’avaient pas été rares – et c’est pour cela qu’à chaque instant où il pouvait revenir sur leurs sillages, et retrouver la compagnie des âmes qui pavaient ces terres marquées par les premières années de sa vie, l’attachement qu’il portait à ce modeste village se ravivait davantage dans sa mémoire. Mais jamais, peut-être, l’enfant du bois n’avait eu l’impression que tant de choses s’étaient écoulées dans cette vie depuis son dernier passage, non, depuis le jour où, pressé par la curiosité envers l’Eau, il s’était laissé guidé au-delà des mers. Divinités et temps s’étaient mêlés à la course du monde, le révélant sous ses reflets les plus déchéants.

Et pourtant… pourtant… à chaque instant où il laissait ses pieds fouler l’humus couvrant le sol de la forêt, ce fut comme si ce monde-là n’existait plus, hors du temps. Comme si au creux de ses feuillages trônaient les miroirs de l’enfance et de la nostalgie qu’elle incrustait au creux de ses chairs, au plus profond de ses yeux qui, jamais, n’avaient quitté l’horizon pour mieux s’en abreuver. Un soupir s’échappa de ses lèvres, comme pour chasser le poids qui s’était installé sur sa poitrine pour gonfler à nouveau ses poumons de cet air boisé aux milles senteurs.

Le bruissement des feuilles tamisant le sol fit écho dans les sens du blond, dont l’attention vint se loger sur les détours des racines des arbres ; et dans l’éclat d’un instant, il lui sembla avoir perçu l’ombre d’une silhouette reptilienne darder sa présence, d’une familiarité étrange.

Mais lorsqu’il vit dans l’ombre de son regard les reflets de mèches d’ébènes, il se ravisa tout à fait. Les parures qui couvraient cette soie noire n’avaient nul égal, ni dans ses souvenirs, ni en nul autre place.

« Je ne t’avais pas vu arriver. », murmura-t-il en accueillant sa plus chère amie d’un regard réanimé de vie, par le bois qui l’entourait.

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Yasei Reikan
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Sam 20 Mar 2021 - 18:10
[invisible_edit]Été de l'An 204, Pays du Bois

Loin des pavés de la Cité Brumeuse, le Pays de Bois se hérissait de forêts de rois majestueux, mis à nus malgré leurs manteaux d'écorces et de lichens. Si par le passé, l'enfant des Bêtes avait peut-être foulé un tel chemin sous un tapis ivoirin, bordé de coton pris par les glaces, ses pas profitaient aujourd'hui de cette prenante mais calme tempête de jade qui harcelait le moindre de ses sens. Ici, rien ni personne n'osait perturber la nature qui ne cessait de se redresser encore et encore contre chaque épreuve, se colorer envers chaque traumatisme encaissé. Et si la cruauté emplissait parfois bien trop le cœur des Hommes à son égard, si bien qu'elle les avait poussé à redoubler d'efforts pour essayer de s'approprier des abris dignes de ce nom, sa mystique beauté la dépassait sur bien des plans. Par les courbes de ses ramures, par les pétales de ses plus jolies fleurs, ce microcosme d'émeraude offrait à ses enfants l'un des plus beaux trésors jamais portés dans cet univers. Mais à ce jour, très peu parvenaient à se rendre compte de l'or vert qui sommeillait sous leurs pieds. Yasei Reikan, elle, en avait parfaitement consciente ; non pas seulement à travers son état d'enfant des Bêtes qui la rapprochait de ses instincts les plus bestiaux, mais aussi en l'honneur d'une éducation plus terre à terre que portée vers des astres trop lointains.

Sa foi à elle se trouvait à même le sol et ce qui s'élevait de lui, faune comme flore.

Parce que si son épiderme hâlé se recouvrait souvent de son grandiose pelage, certaines bestioles profitaient d'intrigantes écailles qui se voulaient légions pour être à la hauteur d'un corps aussi froid. Moindre de ses pas et ses mouvances restaient de velours, en dépit d'une végétation que d'aucuns auraient considéré comme étouffante et intrusive. Doucement, elle avait emprunté la douance de son odorat à sa profonde bestialité en vue d'être en mesure de suivre les traces de son camarade à travers la forêt qui retenait cette jolie bruine et la rendait plus fine, sous son plafond de branches gangrénées par la verdure. Et alors que les voiles orientaux glissaient contre sa peau dorée par le soleil du Pays du Vent, ses semelles l'amenaient jusqu'à la position du Gardien Sylvestre en vue de le retrouver. À travers les feuillages, notre chère Tigresse blanche s'adonna à l'observation la plus pure et vierge de tout mal à l'égard de son ami, qui approchait l'un de ces petits reptiles innocents mais qui avaient tendance à se rendre particulièrement curieux envers les visiteurs de leur habitat. Lentement, elle releva ce rideau végétal afin de se livrer à la vue entière de l'animal miniature et transmettre sa venue au blondinet, qui n'allait plus lui tourner le dos pour longtemps. D'un sourire rassurant, la métamorphe se rendit auprès de l'enfant du Bois pour approcher, elle aussi, le minime saurien qui se cramponnait aux veines de son tronc et essayait de s'y fondre par le miracle de son écaillure.

Les boucles d'oreilles griffues de Reikan terminèrent leur mélodie, pendant que sa dextre s'élevait devant ce drôle de spécimen.

« Les miens... ils ont toujours retrouvé la fourrure de ces félins rassurante et symbole de puissance. Moi aussi, quelque part. Mais je ne peux m'empêcher d'être fascinée par de telles créatures, alors que bien des gens ne supportent pas leur vue à cause de la peur. Toi, en as-tu peur? »

L'Héroïne de Mizu tourna son regard myosotis dans celui de son intime, alors que le gecko sentait ses fins doigts et s'apprêtait à monter sur leur dos. Une fois que ce fut chose faite, la changeforme lui tendit son oreille pendant quelques secondes avant de le tendre vers Aditya, dans un geste bercé de douceur et d'attention.

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