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Metaru Hideko
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Mer 7 Avr 2021 - 8:35

Hideko marchait d’un pas las vers l’hôpital, son bras droit bloqué contre son corps grâce à une écharpe enroulée autour et qui était fixée sur son cou. Plus tôt dans la journée, elle s’était entraînée contre Akio, entraînement duquel elle était ressortie avec plusieurs ecchymoses sur tout le haut du corps et un bras complètement hors d’usage.
Malgré la fatigue et la douleur, comme tous les soirs ou presque, elle allait rendre visite à Aya. Ayant déjà failli à cette tâche à plusieurs reprises récemment à cause de ses obligations de shinobis, la culpabilité de la laisser ainsi seule, sans personne pour l’épauler, lui pesait de plus en plus. Que pouvait-elle faire de plus ? Elle avait beau y réfléchir, Hideko ne voyait que deux solutions : forcer l’hôpital à la relâcher pour qu’elle puisse l’accueillir chez elle, ou demander au clan Metaru de le faire. En réalité, une seule solution était réellement envisageable et c’était la première. Comment pourrait-elle confier sa petite-sœur au clan ? A ces mêmes gens qui l’avait abandonnée, elle et toute sa famille ? Il ne pourrait y avoir pire insulte et ce serait bafouer la promesse qu’avait faite Hideko de ne jamais l’abandonner.
Plusieurs mois s’étaient écoulés depuis le sauvetage d’Aya et leurs retrouvailles. Pendant ces longs mois, l’état psychologique de la petite fille ne s’était pas améliorée. Hideko devait donc faire quelque chose ; prendre une décision et en accepter les conséquences.
Arrivée devant l’imposant bâtiment, elle se dirigea directement vers sa chambre, puis toqua deux fois. Une petite voix se fit entendre de derrière la porte, une petite voix qui l’invitait à entrer. Hideko saisit la poignée en métal et la tourna, la boule au ventre.
─ Salut Aya, comment tu vas aujourd’hui ?
─ Grande-sœur ! Tu m’avais manquée. Dit-elle gaiement.
Cette joie apparente cachait une profonde tristesse, Hideko n’était pas dupe, mais contrairement à ses visites habituelles, la petite-fille semblait avoir le moral. Aya était courageuse, plus courageuse qu’elle ne l’aurait été à sa place. En la voyant ainsi, Hideko sut quel choix faire, quel choix était le bon : elle devait la récupérer, coûte que coûte.
La visite se poursuivit, une heure s’écoula jusqu’à ce que la cloche annonçant la fermeture des visites ne se fasse entendre. Hideko étreignit longuement Aya, puis partit sans un mot, le poing serré.


Sa journée n’était pas terminée, loin d’elle l’idée de s’en aller se reposer chez elle, Hideko n’eut à faire que quelques pas pour rejoindre la Grande Bibliothèque. La fatigue, les courbatures et les douleurs la tiraillaient, mais elle savait qu’elle ne parviendrait pas à se reposer si elle décidait de rentrer.
Depuis la veille de la mission avec son chef d’équipe, la jeune femme désirait y retourner. Plus que tout autre chose, même si ses sentiments pour sa sœur étaient encore plus forts, elle désirait continuer ses recherches afin de lever le voile sur les vérités cachées de ce monde. Les quelques découvertes qu’elle avait fait concernant la cabale des Seigneurs et l’arrivée au pouvoir de Yahiko en tant qu’empereur l’avaient bouleversée et éveillait en elle un profond désir ardant d’en apprendre plus, beaucoup plus.
Toute sa vie Hideko avait vécu dans une bulle, conditionnée par la figure paternelle. La dernière rencontre avec Yahiko avait justement mis en lumière cette bulle : c’était à cet instant qu’elle avait compris ce qu’il se passait et dans quelle détresse psychologique elle en était rendue. Cette bulle éclatée, elle avait ressenti une crainte et une peur insondable pour tout ce monde qui l’entourait et qui lui était totalement inconnu, mais au fil des semaines et des mois qui s’écoulèrent, elle avait su trouver le courage d’affronter ses craintes et de se battre. Cette force qui était maintenant sienne l’avait amenée jusqu’à ce lieu de connaissance et de vérités.
La jeune femme salua la personne à l’accueil et présenta son bandeau shinobi pour justifier la raison de sa venue à une heure si tardive ; les ninjas avaient le droit de se servir de la bibliothèque à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit si cela se justifiait. Pour Hideko, cela se justifiait parfaitement.
Déambulant entre les étagères, elle prit tous les journaux parus du Kunaï émoussé, ainsi qu’un livre récapitulant l’histoire Kumojine et d’autres plus divers mais au titre ayant éveillé sa curiosité. Accumulés en une pile qu’elle tenait fermement entre elle et son bras gauche, elle alla se poser à une table en coin, entourée par trois rangées, cherchant un peu de discrétion. La salle était quasiment déserte et ne tarderait pas à l’être totalement , l’heure du dîner approchant à grand pas.
Sa pile déposée à côté d’elle, Hideko l’observa. Don regard se perdit dans le vide. Qu’allait-elle encore découvrir ? Quels sombres secrets étaient inscrits sur ces pages ?


Le premier journal datait de trois ans plus tôt en l’an 201 et était publié depuis le Pays du Rempart, que Hideko ne connaissait que de nom. Les personnes qui l’écrivaient et le publiaient avait déjà une certaine expérience, puisqu’ils le faisait depuis plus de dix ans au Pays de l’Eau. Ambitieux, ils avaient décidé de s’exporter vers le continent afin de transformer leur journal régional en un journal international.
Première guerre entre le Village Caché de la Roche et celui de la Brume, assassinat de Kages, pertes civiles et militaires, les premiers articles comptaient les maux de ce monde et les conflits qui le traversaient. Plus encore que la guerre entre deux villages rivaux, la Brume étant connu pour son attitude belliqueuse, ce fut l’article sur le Pays du Feu et l’organisation qui y sévissait qui attira sa curiosité : le Shoshikidan. A plusieurs reprises déjà elle avait vu ou entendu parler de cette organisation, mais jamais encore elle n’avait prit le temps de s’informer à son sujet.
Hideko se releva et alla chercher des parchemins ou livres portant sur les diverses organisations de ce monde. Parcourant les étagères, qui s’enchaînaient entre elles telles un serpent se mordant la queue, elle parvint enfin à trouver un rouleau relatant de l’histoire et des raisons de cette organisation : un groupe de rebelles qui nourrissaient l’envie de débarrasser leur pays du tyran qui le contrôlait. Tandis qu’ils étaient parvenus à reprendre la capitale pendant que le Daimyo participait à l’Examen international, ils furent annihilés par les ennemis d’avant, Villages Cachés de la Roche et de la Brume, mandatés par ce même Daimyo. Ces mêmes villages placèrent un nouveau Daimyo à la tête du village, du nom de Araho Daiki. Était-ce le fils de Araho Masaho et précédent Seigneur ? Aucune information ne l’indiquait, mais la coïncidence de leur nom commun ne laissait que peu de place au doute.
Ainsi avant de venir l’Empire que tout le monde connaissait sous le nom de Teikoku, aucun Village Caché n’était installé au pays du feu ? Hideko connaissait les trois principaux Villages Cachés, mais pensait aussi que d’autres, plus petits, existaient méconnus ; la vérité était tout autre.
Chaque pays n’avait donc pas d’organisation militaire shinobi, mais tous devaient assurer leur sécurité d’une manière ou d’une autre. Des mercenaires ? Des organisations indépendantes ? Les solutions étaient nombreuses. L’une d’elle était de faire appel aux villages cachés existants.


Hideko reposa le rouleau avec le premier journal du Kunaï émoussé, puis se saisit du second.
Celui-ci était daté de l’année 202 et relatait du Pays du Vent, du Pays de la Pluie et enfin celui de la Foudre.
Le premier pratiquait l’esclavage, un crime sévèrement puni à Kumo mais qui pouvait exister sans réellement en porter le nom. Au pays du Vent cependant, ceci semblait être la norme : tout criminel perdait ses droits et devenait un esclave. Comment étaient-ils traités ? Pouvaient-ils par la suite regagner leur liberté ? Tout cela semblait être entouré de religion, profondément ancré à travers tout le pays et dirigé vers le dieu du sable. Il lui semblait que ce pays là n’avait strictement rien avoir avec le sien. Tout ce que Hideko connaissait du pays du Vent était qu’il se trouvait à l’Ouest et était en grande partie recouvert de sable. Qu’y avait-il au-delà des dunes de sables ? Était-ce la mer ou d’autres pays se succédaient-ils ? Savoir qu’un peuple était ainsi réduit en esclavage la répugnait, car la réalité lui apparaissait clairement : c’était surtout les pauvres qui devaient être traités ainsi, tandis que les riches pouvaient profiter d’une main d’œuvre corvéable à merci.
Le second article comptait la situation du Pays de la Pluie, où se trouvait-il ? Hideko se releva rapidement pour aller chercher une carte du monde connu. Elle la reposa sur son bureau et chercha le dénommé pays de la Pluie. Celui-ci se trouvait entre les trois grandes entités que représentaient le feu, le vent et la terre, une situation complexe qui en avait fait un pays pauvre et faible à la merci des mercenaires et des shinobis renégats. Ces gens là aussi souffraient des dirigeants qu’étaient les leurs et ceux de leurs voisins. Ce n’était que le second journal et déjà plusieurs crises y étaient décrites, toutes prenants sources d’une manière ou d’une autre dans les shinobi et les dirigeants des pays.
Le dernier article décrivait la situation dans le pays de la foudre et le changement de la capitale, qui allait passer à Kumo. Ainsi n’était-ce pas là la norme, qu’un village shinobi fasse office de capitale, mais une exception.


S’en suivit le troisième journal, bien connu de Hideko puisque c’était celui qui avait amorcé tout cela. Hideko le regarda, au sommet de la pile de livres, journaux et rouleaux à sa droite, restant de marbre plusieurs seconde, puis elle l’attrapa et le reposa à côté sans l’ouvrir. Elle avait déjà pu lire tout ce qu’il contenait et ne voulait pas à nouveau s’infliger ça.
Les heures passaient et les lectures s’enchaînaient. La nuit tombée, elle n’était plus éclairée que par une petite lampe à huile devant elle.


Le quatrième journal comptait l’histoire du plus grand cambriolage : celui de la banque de Sabaku, organisation connue de tous, même en des terres aussi lointaines que celle de la Foudre. Cette organisation financière était installée au pays du vent et gérer l’argent de tous les puissants. Un tel méfait ne pouvait qu’attirer les regards et des contrats avaient été émis pour retrouver les criminels ainsi que les biens dérobés. Y étaient-ils parvenus ? Qu’était-il advenu de toutes ces richesses ?
Le Village Caché de la Brume avait subi une rébellion qui s’était conclue par la mort de son chef militaire, le Mizukage. Des actes qui n’étonnèrent pas la jeune femme, tant la réputation belliqueuse et guerrière de ce village caché alimentait tous les ragots. Pour elle qui a avait vécu un temps à Matshu, ville côtière se situant à l’ouest, le pays de l’eau et son village étaient ce qu’elle connaissait de mieux de ce monde. Les navires marchants longeaient la côte du Pays du Rempart pour ensuite remonter jusqu’à la ville côtière, liant ainsi les deux contrées séparées par les eaux. Plus encore que de simples brutes assoiffés de sang, les Kirijins lui semblaient les seuls courageux tentant de prendre possession de leur destin et résistant contre les manipulations des puissants.
Parmi ces mêmes puissants il semblait y avoir quelques exceptions, comme le Seigneur du Pays de la Terre qui avait remis en jeu son titre après les révélations sur la cabale dont il faisait lui aussi partie. Simple jeu politique ou intention réelle, le peuple avait voté en sa faveur, signe de confiance envers le chef suprême. Pour sûr, ce ne serait pas dans celui de la foudre que cela pourrait se produire.

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Mer 7 Avr 2021 - 8:36

Le cinquième journal datait de l’année 204, ce qui signifiait que cette-même année avait été beaucoup prolifique en parution et en événements. Pas moins de six publications avaient donc eu lieu en l’an 204.
Celle-ci, la première, relatait des conséquences de l’augmentation des flux commerciaux entre les différents pays et qui donnaient lieu à la présence de plus en plus forte de marchands itinérants parcourant les terres en quêtes de clients fortunés et désireux d’acheter leur marchandise.
En quelques années à peine, le Village de la Brume en était déjà à son septième chef militaire, dont l’intronisation s’était faite il y a peu. Dénommé Nobuatsu Saji, il avait lancé des travaux de rénovation ainsi que l’établissement d’une filiale de la banque Sabaku. Iwa avançait sur ses recherches médicales, faisant de la concurrence à celles du Village Caché des Nuages, avec pour épicentre les recherches de Chiwa Aimi, Eiseinin d’Iwa.
Ce-même village caché était intervenue dans une guerre de succession de son voisin, le Pays du Fer, intervention qui s’était conclue par la mort du Seigneur à l’origine de cette guerre. Justice avait-été rendue.
Pendant ce temps, le Pays de la Foudre tentait de penser les plaies de sa défaite contre l’Empire et des marques qu’elle avait laissé. Hideko ne connaissait quasiment rien de cette invasion, rien de plus que les histoires qui étaient parvenu jusqu’à son petit village, cela et la haine que les habitants nourrissaient à l’égard de ce puissant ennemi. A l’époque où cet écrit avait été fait, le Village Caché des Nuages venait de perdre sa liberté.
Enfin, le Pays du Vent était en proie à des troubles. Les accusations se penchaient sur des shinobis du Village de la Roche, ou de mercenaires employés par le riche marchand agressé qui tenterait par ce moyen détourné de prendre le pouvoir à la place de l’institution en place, le Yoake. Hideko ne trouva aucune information sur cette organisation ou sur Kaze, signe que les deux pays étaient si éloignés que les informations ne parvenaient que par petits morceaux en ces terres.
La jeune femme expira profondément, puis posa le cinquième journal à sa gauche avec les autres.
Le monde avançait si vite, tant de choses s’étaient déroulées en si peu de temps. Assaillie par toutes ces informations, elle se sentit de plus en plus mal, comme si elle était submergeait pour toutes ces histoires. Qu’avait-elle fait pendant tout ce temps ? Qu’était-elle au fond ? Une simple petite pièce d’un échiquier bien plus grand et important qu’elle, une pièce qui pouvait à tout moment être une victime de toutes les histoires à venir.
La flamme qui brûlait devant elle se mouvait dans une danse hypnotisante. Son regard se posa dessus, absorbé par ses gracieux mouvements. Hideko pensait trouver des réponses, mais plus elle en apprenait, plus elle se posait de questions. Chaque découverte entraînait son lot de questions, des questions qui le plus souvent restaient elles sans réponses.
Plusieurs secondes passèrent, des secondes qui devinrent des minutes. Depuis combien de temps était-elle là à lire ? La nuit semblait bien installée et elle remarqua qu’elle était seule, seule dans cette immense pièce remplit du sol au plafond de morceaux de papiers. Qui savait quels étaient les secrets et les vérités qu’ils dissimulaient à travers leurs lignes ?
Le lendemain la jeune femme avait un cours théorique qui s’enchaînait l’après-midi sur des entraînements. Si elle continuait ainsi sur une nuit blanche, la journée promettait d’être très difficile à passer. Quand bien même, qu’est-ce que cela changerait ? Toutes les journées avaient leurs lots de difficultés, une plus difficile que les autres ne ferait aucune différence. Ce qu’elle tenait devant elle, cela pouvait faire la différence.


Peu importait la fatigue, son désir d’arriver au bout de cet exercice était plus fort.
Hideko prit le sixième journal et l’étendit devant elle pour le lire. Comme tous les autres, il se composait de quatre articles.
Le premier relatait du Pays de la Pluie et du retour d’un prince dénommé Tenshu Kodachi. Ce nom lui était inconnu, l’homme en question semblait essayer de prendre le pouvoir en causant une rébellion. Pour ce petit pays déjà dans une tourmente perpétuelle, cette agitation supplémentaire était-elle une goutte d’eau dans la mer ou un raz-de-marré ?
L’article parlait aussi des rumeurs de formation d’un groupe désirant répondre à un gros contrat. Ces personnes chercheraient aussi avec attention des atouts du côté du Pays du Vent. Quel était donc ce contrat ? Avait-il un lien direct avec la rébellion dans le pays ou une tout autre affaire ?
Le second rapportait les résultats de l’examen chuunin d’Iwa et les performances remarquées de trois nouveaux élus, ainsi que le retour d’un homme devant être connus d’entre eux.
Kiri montait en puissance, comme en témoignait le récit du troisième article qui énonçait les dernières nouvelles concernant les éléments les plus prometteurs du village : une longue liste de nom que Hideko lu avec attention.
Enfin, le dernier article portait sur la résistance Kummojine et le Fukkatsu, organisation parallèle se battant elle aussi pour la libération du village. Suite à l’annexion de ce premier par l’Empire, nombreuses furent les voix qui s’élevèrent pour résister. Lors de sa formation, Hideko put en apprendre beaucoup sur ces événements, tant ses professeurs parlaient avec fierté de comment ils étaient parvenu à arracher leur liberté à l’Empire et les faire fuir. Était-ce vraiment la vérité ? S’il y avait bien une chose que Hideko commençait à comprendre, c’était que le gagnant écrivait l’histoire et qui avait donc contrôle sur elle et peu importait la véracité des faits.
L’Empire semblait avoir tenté d’assouvir son contrôle en donnant du grain à moudre aux troupes Kumojines conquises et en se faisant apprécier des populations du pays, comme en témoignait la mission réalisée par un certain Hikari no Eiichirō, genin du Village des Nuages.


Qu’elle ne fut pas la surprise de Hideko quand elle vit les gros titres du septième journal, dont le premier article titrait la libération de Kumo. Ce qui semblait être, de prime abord, une machination, s’avérait en réalité être une libération pacifique de la part de l’empire, sous la volonté de Kaguya Kôsuke, son porte parole. Celui-là même désirait que le Teikoku puisse retourner à ses principes fondateurs : défendre les plus vulnérables, le peuple, contre les puissances du Grand Continent.
Un souhait auquel Hideko ne pouvait qu’adhérer, mais à ces yeux ces puissances n’étaient autre que les seigneurs et leurs familles, réels maîtres du jeu.
Tout cela semblait s’être déroulé sans l’accord de l’Empereur, ou tout du moins la situation pouvait porter à confusion : plusieurs officiers hauts gradés ainsi que l’Empereur lui-même avaient disparus ou manquaient à l’appel.
Le nouvel Empire, à peine naquit, tremblait-il déjà dans ses fondations ?
Pour Kumo, la réalité était donc autre que ce qu’on avait pu lui apprendre : plus qu’une liberté gagnée dans le sang par la résistance, il s’agit d’une liberté concédée par un homme éclairé et désireux de changer l’ordre des choses.
L’examen chuunin d’Iwa se terminait par la victoire de Jiki Masami, dont le nom de famille ne pouvait que faire penser à celle du pouvoir héréditaire permettant de polariser des corps et des objets pour pouvoir les contrôler.
Cette capacité unique, comme il en existait tant d’autres, ne pouvait qu’éveiller la curiosité de Hideko. Pour elle qui ne connaissait rien de ce monde et de ses possibilités, tout semblait si nouveau, si impressionnant, si effrayant.
Le Pays du Vent semblait être à nouveau troublé par ses propres éléments : l’instabilité de ce pays était flagrante, les jeux de pouvoirs ayant bon train, chacun tentant de prendre la main sur les reines du pays.
Certaines de ces personnes devaient agir pour leur fortune ou le soif de pouvoir, provoquant ainsi souffrance, morts et ruine. A quelle fin ? C’était inévitable, mais plus encore que ces hommes et ces femmes là, il devait y en avoir d’autres qui se battaient pour la stabilité, pour la paix, pour la vie. Ces derniers, eux, combattaient pour de juste raisons, comme avaient pu le faire les Asaara. Cela changeait-il quelque chose ? Quelles que aient été leurs raisons de se battre, les conséquences avaient été les mêmes : souffrances, ruine et mort.
La guerre était moche et la guerre, elle, ne mourrait jamais. Quand bien même elle avait un sens ou non. Chaque pouvoir mis en place agissait en accord avec ses idéaux, puis quand il tombait s’en suivait une période de trouble. Quand il s’agissait d’un pouvoir malhonnête, alors des personnes se soulevaient et se battaient pour une vie meilleure. Quand ils défendaient des objectifs honnêtes, alors la vie les rattrapaient tôt ou tard et s’en suivait une période de trouble. Était-ce inévitable ?


Le huitième journal titrait l’examen international qui se déroulait au Village de la Brume ainsi que des réussites de certains de ses candidats ou de membres du village, telle Yasei Reikan, cheffe du clan Yasei.
Le Village Caché de la Foudre pensait ses plaies. Uzumaki Sazuka, ancienne Raikage et cheffe du Fukkatsu avait décidée de prendre sa retraite, une décision absurde pour quelqu’un qui s’était si ardemment battue pour libérer le village : celui-ci était loin d’être tiré d’affaire et il souffrirait inévitablement de sa décision. Sans un phare pour le guider, il fallait en retrouver un, au risque de ne pas en trouver ou pire encore, d’en trouver un qui illumine du mauvais côté.
A cause de sa décision, des élections furent décidés par le Daimyô de la Foudre, Kojima Kaemon, celui-là même qui avait participé à la cabale de Wasure. Meikyû Raizen semblait être l’homme pressenti pour être le prochain Raikage et l’histoire lui en donna raison. L’article parlait aussi de certaines recrues prometteuse : Kappa Tengoku et Ji-ongu Atorasu, deux membres du village qu’il pourrait-être intéressant de se souvenir.
Au Village Caché de la Roche, l’histoire semblait suive son fil. Ce village l’impressionnait par sa stabilité. A quoi était-ce due ? Ses éléments ? Sa Tsuchikage ? Son Daimyo? Probablement un peu de tout cela, une concordance des faits qui n’avait, lui semblait-il, pas de points communs ailleurs dans le monde.
Le quatrième article titrait sur la mutation du Teikoku et son système unique d’ascension social qui permettait à tout guerrier ou guerrière d’acquérir des fonctions plus hautes s’il parvenait à battre la personne qui les occupait. Un système qui favorisait le plus fort, au risque d’écraser le plus faible. Yahiko désirait-il changer ce système ? Lui qui avait été aussi faible aussi longtemps, désirait-il que ces derniers ne puissent plus être écrasés par les forts ?
Contrairement aux autres, ce numéro là se composait de cinq article. Ce dernier portait encore une fois sur le Pays du Vent et les troubles dont il était victime. Le clan Yasei semblait donc avoir fui de ce dernier vers le Pays de l’Eau et la situation générale du pays devenait de plus en plus instable. Tout cela ne laissait présager rien de bon. Plus encore que les malheurs de ce peuple, se furent les articles sur l’évolution du Teikoku qui intéressaient Hideko. Certes, l’Empire gagnait en stabilité et tout son peuple en profitait, mais à quel prix ? Quel était le prix pour cette stabilité ? Quels allaient être les changements induits par Yahiko dans ce système ? Ces questions étaient si nombreuse, mais aucune ne trouvèrent réponses.


La fatigue l’assaillait de plus en plus. Il ne lui manquait plus qu’un dernier journal, ayant déjà lu le dixième et dernier paru, mais chaque lecture se faisait plus longue, plus douloureuse. Le soleil commençait à se lever, éveillant la faune et la flore pour un jour nouveau, comme en témoignait le chant des oiseaux.
Le temps lui manquait, elle devait finir avant d’avoir à aller en cours, elle devait se dépêcher.
Le neuvième et avant dernier journal se composait de sept article, le plus gros de ceux parus à ce jour.
Et qu’elle ne fut pas sa surprise quand elle vit que le premier d’entre eux portait sur la mort de sa rédactrice principale. Ainsi, sa quête de vérité s’était terminée par la mort. Était-ce la fin de tout cela ? De cette volonté qu’était la sienne et qui s’exprimait à travers ce travail ? Ce journal ? Même dans le pays le plus sûr du continent, quelqu’un qui désirait dévoiler les secrets du monde n’était pas à l’abri et cela n’était guerre étonnant.
Sa mort n’était pas la fin, elle n’était que le début.
Au Pays de la Griffe, l’Homme au Chapeau, ou Sakaze Tôsen, fit une séries de révélations. La première fut celle la création de la Coalition, celle-là même dont faisait aussi partie Kumo et qui se battait pour déjouer les plans de Sakaze Tôsen. Les autres concernèrent ses plans : l’homme désirait mettre hors d’état de nuire les shinobis, qu’il accusait de tous les maux du monde, dont ceux des civils, du peuple, qui plus que quiconque souffrait de cette situation. Était-ce la vérité ? Hideko en doutait. Sa petite-sœur n’avait pas été kidnappée par des shinobis, mais par des hommes. Tous ces crimes qui étaient commis tous les jours l’étaient le plus souvent par des civils. Était-ce leur faute ? Ou était-ce à cause de leur vie, de la vie qu’ils vivaient et qui souffraient indirectement du joug des shinobis.
La fin des shinobis signifierait-elle la fin des guerres ? Des injustices ? Non. Non, car pour cela il faudrait signer la fin de l’humanité.
Seul un pouvoir fort, plus fort que tous et un pouvoir éclairé pourrait prétendre atteindre cet objectif. Un pouvoir qui permette de créer un environnement où tous pourraient vivre en paix, où tous pourraient poursuivre ses objectifs et où tous ceux qui chercheraient à faire le mal seraient puni. Enfin, un pouvoir assez puissant pour punir les mêmes puissants qui seraient tentés d’accaparer les richesses du peuple contre son gré et assez éclairé pour le remarquer.
Sakaze Tôsen se trompait : la fin des shinobis ne changerait rien, elle ne ferait que faire passer le monde dans un autre cycle, celui des hommes, toujours aussi violent, toujours aussi injuste. Pourtant, nombreux de ses arguments étaient vraies, pointant du doigts les méfaits de shinobis puissants, imbus d’eux même, ignorant de la souffrance des autres.
Sa quête de l’éradication du chakra ne permettrait pas aux petits pays et aux faibles de s’en sortir plus facilement. Le plus gros, le plus fort, le plus riche s’en sortirait toujours, d’une manière où d’une autre. Si ce n’était pas grâce aux shinobis, alors ils n’auraient qu’à engager une armée plus nombreuse pour asseoir sa domination sur les autres.
La guerre allait être encore plus grande et meurtrière qu’elle ne l’avait été, car cette fois-ci tout le monde allait entrer un jeu, dans un ou dans l’autre camp. Pour Hideko, son camp ne faisait aucun doute.
Les troubles qui allaient agiter le monde avaient déjà commencer à frapper : le Village Caché de la Roche venait de souffrir d’une catastrophe naturelle, une éruption volcanique, provoquée par un dieu qui y dormait. Une attaque à l’intérieur du village, inattendue, aurait pu provoquer des dégâts colossaux et son lot de victime. Cette catastrophe avait cependant pu être endiguée grâce à de puissants shinobis. Cela aurait-été il seulement possible sans eux ? C’était là que Sakaze Tôsen se trompait. Un grand pouvoir impliquait de grandes responsabilités et une capacité à faire de grandes choses, en bien comme en mal.
Les shinobis de la Roche étaient-ils parvenus à tuer le Dieu ? Le mettre en déroute ? Ou contrôler sa puissance ? Seuls eux le savaient.
Le Pays du Vent était en proie à une nouvelle tempête de sable provoquée elle aussi par un Dieu : le Dieu du Désert. Sans l’aide d’une puissante organisation shinobis, les victimes furent nombreuses et ce ne fut qu’avec l’aide de la Coalition et du Pays de la Foudre particulièrement que le pire avait pu être évité.
Le Village de la Brume avait lui aussi souffert d’une catastrophe naturelle, causée par la rupture du sceau scellant le Dieu de l’Eau. Un détachement shinobi fut envoyer pour tenter d’endiguer la catastrophe, des soldats qui y découvrirent la présence du Daimyô de l’Eau, qui semblait désirer acquérir les pouvoirs du Dieu. Était-il le responsable de l’affaiblissement du sceau ?
Aucune information supplémentaire n’était donnée sur ce seigneur. Des affrontements semblaient avoir eut lieu, entre un lieutenant de Sakaze Tôsen et des shinobis de Kiri d’une part et entre le Dieu de l’Eau et ces mêmes shinobis d’autre part.
Le village Caché de la Brume en étant ressorti triomphant : son âge d’or pouvait commencer, un début d’âge d’or qui faisait suite à la fin de celui du Village Caché de la Roche.
La tombe de l’ancien Daimyo du Feu, Araho Daiki, avait été souillée par deux anciens prisonniers de Wasure. Du combat qui résulta avec les forces de l’Empire, Kaguya Kôsuke trouva la mort.
De ce vide laissé apparu deux hommes : Joo Jun et Yahiko, celui-là même qui devint Empereur, comme titré dans le dixième et dernier journal.
Au Pays de la Pluie la révolution avait vaincu et un nouveau Seigneur avait été mis sur le trône, portant un message d’espoir pour ce peuple si longtemps sujet à la corruption et aux troubles provoqués par ses précédents seigneurs.


A la droite de Hideko n’était posé plus qu’un seul journal : le dixième, celui-là même qui titrait de l’avènement de Yahiko en tant qu’Empereur. Allait-il remédier à l’injustice du système mis en place ? Allait-il changer la face de pays encore si jeune ? Rien ne servait à ressasser ces interrogations, Hideko n’était pas en position d’y trouver réponse.
Il ne servait à rien de le relire, tant les éléments qui le composait était encore fraîchement gravés dans sa mémoire.
L’heure approchait : il lui fallait retourner chez elle pour se changer avant de repartir à l’académie. Avec grand mal, Hideko se releva et alla ranger tous ces documents, puis elle partit de la bibliothèque pour rentrer chez elle.
Le voile de son monde venait d’être déchiré pour la seconde fois, mais cette douleur là n’était rien par rapport à celle vécu lors de son accident et après. Il lui fallait réfléchir, réfléchir pour analyser, réfléchir pour combattre. Pour quelles raisons combattre ? Cette question prit en ce jour tout son sens.

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