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Yasei Reikan
Yasei Reikan

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Mar 13 Avr 2021 - 20:40
Été de l'An 204, Cité d'Urahi
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Sur les pavés que ses semelles s'amusaient à fouler, Yasei Reikan ne repéra pas la moindre trace de brumaille ou de grains de sable typiques de la Cité Brumeuse et de la Cité des Dunes toutes les deux portées dans son cœur. Mais de tels asphaltes n'en demeuraient pas bien moins silencieux et exempts d'échos à problèmes, déjà tâchés par ces remous de l'agitation qui se promenait au creux des ruelles de la Capitale de jade. Et force restait de constater que même les plus vicelards et faibles penchants de l'Homme n'avaient dès lors su trouver ni frontières ni limites à travers les pays couvrant la surface du Yuukan. Parce que même dans ce faubourg coloré et criard où se baladait la Tigresse blanche, au cœur d'une nuit au bras de ces artères mercantiles d'émeraude, la population entendait encore jouir de la brise estivale qui portait les cœurs et les étanchait d'une atmosphère fumante de vices et de beuveries. Et si notre féline avait pu penser un seul instant qu'elle s'apprêtait à prendre du repos à la table d'une taverne ourlée d'accalmie, où le silence se révélait peu de fois amputé par les bruits de chopes de bières et de coupelles de saké, cet espoir si candide allait vite abuser d'elle pour mieux s'envoler d'un revers de désillusions ensuite. Car bien assez tôt, ses pas eurent vite fait de la conduire sur le chemin de la Momi no Jinka* pas trop loin ancrée de ce toit que l'Empereur du Feu avait imposé à la délégation dont elle faisait partie. Dans ce quartier populaire où les individus se terraient derrière les murs et fenêtres afin de profiter de la soirée, cette buvette ne semblait plus qu'attendre la compagnie si étrangère et lointaine de la Tigresse blanche.

Non pas pour la laisser se délecter des gnôles de ces terres, mais lui donner une vision de l'Empire smaragdin autre que celle d'une diplomate.

Arrêtée sur le pas de la maison faite dans le bois et la pierre, où la seule entrée grouillait déjà d'une chaude ambiance, l'enfant des Bêtes ne tarda pas à pénétrer en son sein pour se confronter à un taulier en forme et une clientèle changeante. Vieillards et jeunots, travailleurs et hommes de troupe ; tous se mélangeaient au nom d'une réunion bacchanale avec pour seuls mots pendus aux lèvres ceux de la gloire de l'Empire et de ses faits d'armes. Ils criaient forts, avaient la dent dure et la main lourde. Mais tant que la bonne humeur siégeait en maîtresse sous une telle charpente, nulle raison aux pupilles de la métamorphe de ne pas aller trouver une place dans son coin et voir de ses propres yeux la vie civile du centre névralgique du Pays du Feu, sans risquer de retirer la capuche qui faisait de l'ombre à ses traits. Car il valait mieux pour la crinière de jais d'éviter les regards qui pouvaient tant brûler les différences au nom des dieux et de la peur de l'inconnu que se laisser consumer par une convoitise des richesses. De lieu de détente et de relâche à véritable coupe-gorge de débauche et de dépravation, il n'y avait qu'un pas. Toutefois, Yasei Reikan fit passer cette attente sous le jeu de son œil observateur, appuyé sur la présence d'un sapin géant au beau milieu du débit de boissons. Les racines entremêlées aux planches, les ramures élevées aux cloisons en supportant le plafond, la changeforme attarda son attention sur cet arbre qui semblait étouffer au milieu de tous. Or, cela ne l'empêcha pas d'entrevoir la survenance de trois silhouettes autour de sa table rendue esseulée jusqu'à lors. Le rideau d'un silence pesant retomba à ses côtés, alors que son visage se levait et laissait luire l'éther de ses boucles d'oreilles griffues à la lumière tamisée. Et ainsi intrigués par cette arrivée trop nébuleuse à leur goût, le trio de gaillards se permit de lancer les hostilités.

D'abord, par les mots.

« Dis donc, jeune homme. C'est pas très poli d'éclipser son visage, par ici. De quoi cherches-tu à te cacher dans cette modeste taverne?
Au contraire, ça attire plus l'œil qu'autre chose. Surtout quand on ne commande rien...
HAHA! Hein? Un gringalet comme lui, boire? Tu rigoles, j'espère? J'sais bien qu'il est couvert, mais quand même. Sauf si... en vérité, il s'agit d'une fem-... »

Puis hélas pour eux, par les actes.

Car l'odeur de l'alcool et l'ombre de la main qui mûrissait déjà au-dessus de l'une de ses épaules, dans l'espoir de retirer ce capuchon obscur de mystères, eurent suffi pour transir sa patience. Et la pousser à répondre, au même degré d'audace qui avait pu borner leur stupide comportement. Sitôt que les doigts du mastodonte derrière elle eurent frôlé son imperméable, la Fille du Désert sacrifia son anonymat et délaissa tomber sa capuche. Non pas sans une once de répercussions ; qui d'ailleurs, arrivaient déjà le long du bras du bonhomme, que la féline tordit d'une prise en marge de tout remord avant de plaquer son torse sur le chêne de sa table. Celle qui s'était redressée pour mieux faire chuter l'individu dévoila son visage aux deux autres, pendant que ses mèches d'ébène et les préciosités de mille et une couleurs qui y régnaient revenaient encadrer son teint hâlé par le soleil du Pays du Vent. Les pupilles imprégnées de déception, la Jōnin de la Brume prit pourtant la peine de tourner le visage vers le suivant qui comptait lui tomber dessus, suite à un râle de douleur relâché par son ami. Si le premier n'avait plus de bras droit pour la fin de soirée, le second perdit sa respiration pour un temps dès qu'elle eut fléchi genoux et décidé de heurter de l'un de ses coudes le milieu de son épigastre. À mille lieues de leur vouloir du mal outre sa défense, Yasei Reikan se fit silencieuse et se contenta de se redresser, entretenant un espoir d'avoir dissuadé le restant afin de repartir dans le calme. Mais qu'est-ce que le cœur d'un homme pouvait se rendre alourdi et confus, lorsqu'il était fait d'alcool. Parce qu'à peine eut-elle le temps de se redresser que d'ores et déjà, le troisième avait sorti une hachette de son ceinturon pour essayer de l'abattre sur l'ennemie et la meurtrir de haut en bas, en vain. Car sa seule cape eut vite fait de se meurtrir, sous le coup.[invisible_edit]

Tourner la tête sur le côté, échouer l'une de ses perles myosotis sur lui et laisser s'y miroiter toute la colère injustifiée qui rongeait l'homme et son arme. C'était là tout ce que la Meneuse de changeurs de peau fit, face à la menace du Feu.

*Momi no Jinka (樅の人家, litt: Maison du Sapin)


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Sendai Yahiko
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Jeu 15 Avr 2021 - 17:43
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A la lueur de la lune, lorsque les habitants de la Capitale du Feu furent pour la plupart cloîtrés dans leurs maisons en profitant le plus souvent d'un repos bien mérité, une grande silhouette avançait seule dans des ruelles sombres tout juste éclairées. Appuyant sur les dalles de pierre au rythme de sa marche, les mains cloitrées dans des poches élargies par l'habitude qu'il entretenait naturellement, l'Empereur poursuivait un but qu'il s'était donné alors même qu'il avait eu l'honneur de recevoir une délégation inconnue bien qu'amicale.

Car en toute conscience de toute la complexité qu'imposait son propre travail, la confiance n'existait pas. Derrière son regard, on pouvait lire de la détermination. Derrière son faciès, on pouvait y trouver l'espoir. Au fond de son coeur, on pouvait comprendre que la pureté d'un homme pouvait se souiller par son travail. Et qu'aussi bon veuille t'il être, la sévérité de la vie ne permettait pas de trouver le repos. Parce que dans ses mains durcies par le travail se tenait la stabilité de tout un Empire, bien que sa simple existence était la source de bien des différents, il se devait de tenir son rôle. Celui de ne permettre aucun écart, pour maintenir la stabilité internationale.

En zonant presque innocemment, dans un quartier qu'il avait justement attribué à ceux de la Brume, les yeux scrutant dans des habitations les plus lumineuses tandis que ses oreilles prenaient des libertés en s'intéressant à là où la cacophonie se faisait maître, il fut attiré. Conscient des quelques arrogances que pouvaient se permettre certains d'entre eux, dont un en particulier qu'il avait entre autre rencontré au travers d'un dialogue personnel mais conditionné, la place pouvait logiquement être à l'intrusion chez ceux qui se libéraient des chaînes de leurs quotidien, curieux de voir jusqu'où leurs vices pouvaient se rendre.

Hijins comme Kirijins pouvaient alors constater l'étrange coïncidence avec laquelle leur souverain avait pénétré leur lieu de débauche. Tranchant rapidement l'ambiance pourtant festive de ceux qui s'en donnaient à coeur joie à l'idée d'honorer l'Empire, malgré son dirigeant au passé douteux, le calme s'instaura presque comme s'il était dû à l'Ancien, peu de temps après son entrée. Certains y trouvaient alors une logique incompréhension, certains y voyaient là l'occasion parfaite de prouver qu'il n'était pas si tolérant vis à vis des étrangers... et d'autres bougonnaient à l'idée de voir un homme qu'ils ne supportaient tout simplement pas.

Mais son silence se voulait d'or, tant ses yeux avaient fixé instantanément le seul endroit aux allures menaçantes. Reconnaissant la féminine silhouette de la brune qu'il avait rencontré quelques jours auparavant, l'opposant à des Soldats qu'il connaissait encore moins qu'elle mais qui étaient armés, il afficha un surprenant sourire amusé... inattendu par tous ceux qui s'imaginaient une soufflante.

-"Je vois que vous vous imprégnez de nos coutumes, Yasei Reikan ! Je ne pensais pas vous voir y prendre goût."

Mais avant de voir s'instaurer une quelconque animosité supplémentaire, son sourire s'effaça.

-"Suivez-moi, je vous prie. J'ai quelque chose à vous montrer."

Passant aux yeux de tous comme le parfait imbécile qui n'y comprenait rien, son choix était fait. Il n'avait strictement rien à lui montrer, si ce n'était que tous les membres de l'Empire n'étaient pas des rustres... bien qu'une bonne partie soit effectivement concernée.
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Yasei Reikan
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Lun 21 Juin 2021 - 18:53
[invisible_edit]Si elle avait été à la parfaite écoute de ses plus bas instincts, nul doute que Yasei Reikan n'aurait pas tardé à sortir de leur nid ses griffes pour tâcher d'écarlate le plancher de la Maison du Sapin. Mais le cœur sage et enlacé de la main de la raison, la droiture de son dos n'avait pas su se tordre face à toute la rancœur qui essayait de battre ses côtes et d'investir ses entrailles. Pourquoi diable les Hommes aimaient tant se déchirer entre eux de la sorte? Très longtemps, la Tigresse blanche avait eu l'audace de torturer son esprit avec ce genre de réflexions. Elle qui était une enfant des Bêtes né sur les dunes puis en marche sur les sentiers du monde avait, parfois, bien du mal à cerner tout l'imbroglio du genre humain duquel ses origines l'en tenait éloignée. Immaculée de toute rancune, même avec une hachette aux pieds, la guerrière aux épaulières dorées demeura bien silencieuse face à cette scène qui avait apporté une parenthèse de flottaison au creux d'une petite taverne de l'Empire de jade. Et de celle-ci, sa plus grandiose figure décida d'en sortir pour mettre un terme à cette rixe illégale, illégitime. Doucement, ses pupilles éthérées suivirent le même chemin que la silhouette de l'Empereur, lui qui avait pris le parti de lever la voix afin de surmonter l'irresponsabilité caressant les actes de ses soldats. Sendai Yahiko. Il est sage, ils sauront l'écouter et ne pas se relever. Son invitation, elle poussa la combattante du Brouillard à plisser les paupières avant de rabattre à nouveau le poids de son regard sur les hommes qui décoraient le chêne du parquet.

Un regard à mille lieues de son habituelle douceur, qui étreignait d'habitude toute sa férocité.

Sitôt, la Meneuse du clan Yasei tourna les talons et offrit à la vue des enfants du Feu le symbole du Tigre blanc qui ornait le dos de son haori noir, libéré par la retombée de sa cape meurtrie. Et sans piper mot, ses pas empruntèrent les pavés de la sortie pour passer de la lumière tamisée de la maison à la lueur chélidoine de la lune. Sans même se retourner, la Yasei aux éphélides continua à marcher sans fausser compagnie de l'enfant du Chakra. Le pouls accéléré par le joug de sa bestialité, menacé par la violence de ces ivrognes, la changeforme s'affaira d'abord à calmer les ardeurs intestines de son sang à l'ombre de son visage de marbre. Me voir y prendre goût... Le pouce de sa dextre au creux de sa sœur, elle canalisa le flux de cette frénésie avec brio pour l'inverser et empêcher son épiderme de se gommer sous l'apparition d'un effrayant pelage. Si la lutte dans le foyer de son âme se voulut furieuse, force restait de constater que la féline ne laissait rien paraître à l'extérieur. Peu à peu apaisée par les cliquetis de ses boucles d'oreilles griffues, qui dansaient au rythme de son allure, Yasei Reikan s'imposa une clôture de ses cils de jais avant de reporter son attention sur les rues d'Urahi plongées dans la nuit. Ses fines mains eurent vite fait de subir le fléau de la gravité et retournèrent le long de ses mèches d'ébène mêlées aux voiles orientaux et fuligineux, eux qui édifiaient sa tenue et illustraient ses lointaines racines.

Sur les pas de l'Empereur aux cheveux de neige, il était venu le temps de s'exprimer.

« Je ne sais pas si le Feu tout entier de cette taverne aurait pris le parti de ces hommes ou si leur volonté aurait poussé ces fous à me tenir tête, alors je ne peux que remercier votre intervention. Décidément, les flammes de ce pays ne sont pas illusoires et ont su investir les cœurs de ses enfants. »

Dans ses iris myosotis, le regret de parcourir et faire face à la civilisation de l'Empire smaragdin plutôt qu'à sa verdoyante nature pouvait se lire. Mais loin de tout ce que l'on pouvait s'imaginer de celle qui guidait les enfants des Bêtes tantôt estimés comme des démons, tantôt comme des monstres, Reikan mêlait tout ce qu'il y avait de plus fier et noble avec l'exotisme de ses éphélides, de son accoutrement. Et malgré la brutalité à laquelle la changeuse de peau avait l'habitude de se confronter, une véhémente gentillesse semblait déborder d'elle à travers la mélodie d'inquiétude qui dessinait sa voix.

« ...Se pourrait-il qu'elles aient investi le vôtre, aussi? »


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Sendai Yahiko
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Mar 22 Juin 2021 - 14:46
Voir dans le cœur d'autrui Iadt
En se présentant comme le parfait imbécile qui ne comprenait rien au différent qui se déroulait sous ses yeux, le jeune homme à la chevelure de cristal entrait dans le jeu dangereux de l'Empire. D'une posture à mi-chemin entre l'amusement et l'envie de se distraire à la vue d'une joute amicale entre étrangers, le Sendai montrait à l'ensemble de la taverne qu'il respectait étrangement des coutumes pourtant opposées aux valeurs qu'il défendait. De la même manière, c'était en intégrant la Yasei dans son coup de théâtre qu'il tentait de la soustraire aux intentions hostiles des quelques délinquants qui l'avait ennuyée, et si le résultat ne fut évidemment pas magique, il put au moins obtenir ce qu'il voulait : une extraction en bonne et due forme, sans bavures, en omettant volontairement l'animosité réciproque qui se dégageait des deux partis.

Mais rapidement, la cheffe de clan put remarquer que le regard azuré de l'Ancien, dès qu'elle eu rejoint ses côtés et qu'il eu tourné le dos à ses soldats, ne tinrent pas plus longtemps la petite comédie. Révélant alors explicitement sa solitude la plus profonde dans un Empire qu'il ne contrôlait pas et qui le rejetait, il changea drastiquement d'air et de ton, ce qui pouvait faire comprendre à la Kirijin qu'il n'avait rien en commun avec ces bêtes. Il s'agissait alors d'une première ébauche de réponse à son interrogation, qu'il comptait évidemment assister de sa voix et d'un point de vue très personnel.

Voir dans le cœur d'autrui 484r

-"Attirés par la guerre et le patriotisme, vous pouvez répandre les idéaux les plus nobles et les souligner de vos plus belles intentions, le Feu ne retiendra qu'une chose : votre origine."

Silencieusement, dans une ambiance qui se distançait des festivités d'une taverne qui avait rapidement retrouvé sa joie de vivre, les deux shinobis foulaient les ruelles pavées dans une direction que seul le jeune homme connaissait. Décidé à mener la conversation avec celle du duo de Kiri qu'il avait côtoyé plus cordialement, il continua sur sa lancée en insistant un peu plus sur sa place dans le Teikoku : une place unique, incomprise, mais surtout égoïste.

-"Je ne saurai jauger la valeur d'un Homme par l'intermédiaire d'un vécu qui lui a été imposé. Je crois sincèrement que les objectifs et les actes qui proviennent de ses choix sont bien plus parlants. Comme lorsque je me suis attelé à braver les terres de Wasure à la recherche d'un cristal essentiel pour la Coalition, sans rechercher la reconnaissance du Feu ou du Yuukan, comme lorsque vous vous êtes donnée corps et âme pour assister et secourir le moindre membre de votre clan. Ce que vous faites toujours d'ailleurs, si je ne me trompe pas."

En faisant un pas vers elle, il s'attendait à y trouver une entente réciproque. Loin d'une quelconque manipulation, il était plutôt là question de tenter le percer le mystère qu'était la psyché de la brune. Plus que ça, le Sendai éprouvait un curiosité certaine à l'idée d'approfondir le personnage en cherchant la réponse à une seule question : était-elle aussi brute qu'elle n'y paraissait ?

-"La discussion avec votre ami ne m'a pas montré sous mon plus beau jour, mais je suis à l'opposé des flammes qu'entretiennent les soldats de l'Empire. Mon objectif est pourtant si simple : la paix, mais je fus si naïf de penser qu'elle s'obtenait si facilement.

Il songeait alors à l'esprit qu'il entretenait encore quelques mois auparavant, alors qu'il n'était qu'un ninja de Kumo ou un soldat du Teikoku. Le temps où il ne signifiait rien pour personne, où il s'était volontairement déconnecté de la réalité pour prendre la liberté de s'imaginer que le Yuukan était si facilement influençable qu'un peu de pouvoir et de beaux mots pouvaient suffire à le modifier.

Le rôle d'Empereur était alors le statut parfait pour réaliser de quoi était fait le monde. De cruauté, de rancœur, d'injustices et de disparité. Aux plus belles intentions se liaient les plus belles manipulations, aux plus beaux actes se liaient les plus mauvaises interprétations et les moindres faits et gestes pouvaient si facilement être interprétés sous toutes leurs formes qu'il était bien trop difficile de gagner la confiance des autres.

Car lorsque la confiance était brisée il était difficile de combler la brèche, les origines du nivéen avaient un effet encore plus néfaste. Malgré ses intentions, malgré ses actes et malgré ses valeurs, il n'obtenait ni la coopération ni la confiance. Il n'y avait que la crainte du pouvoir.

Voir dans le cœur d'autrui Hh0n

-"Inutile de parler de moi plus longtemps, j'ai oublié l'idée d'user des mots pour gagner la confiance de qui que ce soit. Laissez moi plutôt vous retourner la question, à vous qui ne me devez rien : toute patrie a ses raisons d'agir égoïstement, et l'Empire en est d'ailleurs l'extrême, mais qu'en est-il du village de Kiri ? Qu'en est-il de vous ?"

L'interrogation était alors large tant elle pouvait concerner leur psychologie, plus ou moins personnelle, la personnalité de Nobuatsu Saji, leur position vis à vis de la Coalition... ou plus encore leur rapport à la paix. Mais surtout, plus qu'un simple rapport de village à village, le Sendai prenait un intérêt très personnel à rechercher des personnes de valeur sur qui il pouvait compter. Et s'il avait eu une première approche avec Kaguya Shitekka, qu'en était-il des autres Jônin de son village ?

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Yasei Reikan
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Mer 30 Juin 2021 - 21:31
[invisible_edit]Un homme, au séant porté par un trône qui rejetait son sang et le pestiférait.

Voilà qui était donc Sendai Yahiko, le Second Empereur du Feu.

Contrairement à ce que l'on pouvait croire d'une Meneuse de clan comme Yasei Reikan, fière à outrance de son sang d'enfant des Bêtes, nulle moquerie n'eut osé se dresser dans sa gorge, s'accrocher à ses lèvres. Seules les empreintes de la rancœur et de la pitié eurent l'audace de la traverser pour guider tant ses réactions corporelles que ses pensées, sur les pavés d'Urahi bercés par la compagnie du nivéen. Pourtant, malgré tous les meilleurs efforts portés en ce monde et tournés pour le comprendre, elle ne put que rester étrangère à ce sentiment de dégoût qui inspirait l'homme tenu à ses côtés. Abhorré par ses propres soldats, rendu branlant par ses propres forces, il ne semblait voir en son Empire de jade que des flammes destructrices, seulement bonnes à cracher sur ce qui faisait de lui un inconnu aux racines du Feu ; son sang, sa provenance, son terreau dans lequel avaient germé ses toutes premières idées. C'était là quelque chose de bien incompréhensible pour la Yasei aux éphélides ; car même si la dignité de ses chairs construisait toute la droiture de son squelette de valeurs et de puissances, la gloire du clan Yasei peinait à lui mettre des œillères pour ne voir que les changeurs de peau et à la rendre sourde pour fermer son cœur à tous les autres enfants des Hommes. Plus haute que ces clivages dépassés, elle s'était rendue plus mature que la plupart des ainés métamorphes qui avaient engendré la déchéance des leurs, au creux des dunes du Pays du Vent. Mais comment pouvait-elle saisir toute la complexité de cette situation, que Sendai Yahiko essayait de lui exposer?

Ses pas, ils la retinrent ici bas, au bras du Pays du Feu.

Et ses yeux, eux, ils l'emmenèrent bien au-delà, au rythme des desseins de son esprit qui lui rappelaient les siens et son foyer, au cœur de l'Archipel de l'Eau. Comment envisager de dominer une telle ramure, sans avoir été porté par ses plus petits et originaires rhizomes? Cette question n'eut de cesse de la tarauder, elle qui entrevoyait l'Empereur se décrire plus comme un parasite que comme un tronc. Car aussi beau le genre humain voulait bien se rendre de temps à autre, celui-ci se voulait parfois aussi intransigeant, aussi cruel que la plus folle des natures. Abrutie par des valeurs désuètes, aveuglée par des figures malveillantes mais trop charmantes, l'humanité ne savait plus démêler le mal du bon, le vrai du faux ; à tel point que les meilleures promesses devenaient les plus horribles déceptions, pour un peuple qui ne voulait se reposer que sur ses acquis au sacrifice d'autres opportunités plus brillantes et moins viles. Cette parenthèse de réflexion, elle ne parvint pas à la détacher de l'accompagnement de cet Empereur qui n'avait rien d'un légitime souverain au goût de son peuple, à commencer par le sang vengeur et craint qui pulsait en lui. Parce qu'à côté de sa marche, déjà loin de ces brutes décérébrées du Momi no Jinka, la métamorphe eut la force de trouver une forme de magnanimité, de prévenance. Même faite pour couvrir l'attirance pour ses seuls intérêts, cette forme savait retenir l'attention de la Yasei aux éphélides sur les terres du Feu plutôt qu'ailleurs, après avoir eu la malchance d'assister à l'un de ses déboires qui semblaient pourtant sévir quotidiennement dans leurs bras.

Sendai Yahiko semblait sage.

Mais la population embrasée ne voulait pas l'entendre de cette oreille.

Quel gâchis. Sa sincérité, elle vint éclore sous sa forme la plus pure en son sein. Allochtone à cette réaction collective, incapable d'en comprendre les aboutissants sans en détenir les tenants, Yasei Reikan ne put que se sentir consternée derrière le marbre de son visage, qui n'osait pas afficher cette déception qui lui demeurait bien inconnue. Parce que si Sendai Yahiko paraissait se débattre dans les liens de son échec, afin de ne pas avoir su creuser sa place à même le Feu, la Tigresse blanche avait couronné de succès sa tentative d'imposer son joug et son courroux à même la plage de choix la plus convoitée de son clan. Et même meurtri, même éparpillé encore aux quatre coins du monde, la crinière de jais savait faire reconnaître sa valeur, sa puissance à ses pairs. Ce qui l'avait fait triompher sur les ombres du clan Yasei et ce qui était en train de faire tomber l'actuel Empereur du pouvoir du Feu, la féline ne savait en cerner les contours pour dénoyauter l'essentielle différence qui les séparait, afin de l'aider comme elle le pouvait. Quand bien même elle essayait d'y réfléchir, de tels pavés n'étaient pas assez solides pour porter ses meilleures réflexions. Et le temps lui manquait cruellement, afin de lui permettre d'échapper au changement de conversation imposé par son interlocuteur.[invisible_edit]

Des ruines smaragdines de l'Empire qui criaient dans le cœur de Sendai Yahiko, l'Héroïne de l'Eau jongla du regard vers le ciel étoilé qui ne portait pas une moindre brumaille familière en son tableau. Dégagé et pur des bruines de son Archipel de l'Eau, son étendue fut suffisante pour apaiser le manque de revoir ses pairs que l'enfant du Chakra était en train de raviver en elle, rien qu'en parlant de la Cité Brumeuse que tous dévoraient des yeux. Que tous brûlaient de comprendre et de découvrir, même à l'autre bout du Yuukan.

« Rien ne me destinait à rejoindre la Brume, dès ma naissance. Élevée par les dunes, grandie par le monde, j'étais la dernière à vouloir m'attacher à l'une de ces puissances pour me construire, pour m'endurcir. Et pourtant, elle a su m'accueillir et me séduire de la plus douce des manières, moi, la Tigresse blanche. Plus encore, le Brouillard a su me rendre toute la reconnaissance qu'il me devait avec la même ferveur avec laquelle je me suis battue pour elle, contre le Démon à trois queues, contre Raonaka Ao et d'autres de ses menaces. Il a même eu à cœur de me soutenir, en se portant garant de ma quête de réunification à travers le Pays du Vent et en ouvrant ses portes à mes frères et sœurs, après leur exode de grande ampleur. De la misère et des bassesses du Désert, le clan Yasei est passé au confort et aux grandeurs de la Brume. De rejetés à entérinés, les métamorphes ont été reçus à bras ouverts par elle et ses clans fondateurs. Et là-bas, derrière les vagues de l'Archipel de l'Eau, j'ai su entrevoir le berceau que je n'arrivais à m'imaginer nulle part dans le Yuukan. »

Un de ses poings se ferma, jusqu'à en faire pâlir ses phalanges.

« Porter sur le monde un regard sans haine. J'ai accepté de ne pas me défaire d'elle, tant qu'elle entrait en écho avec ce credo qui m'appartient. Jusqu'à lors, elle n'a jamais su me décevoir, malgré son passé bien sanglant. Ces terreurs d'antan du Yuukan, elles se sont adoucies, ont été apprivoisées, muselées. Aujourd'hui, Kiri n'a à cœur que sa pérennité et sa stabilité. Et son Ombre de l'Eau a très bien compris qu'elles ne passeraient que par celles du monde entier. »

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Dernière édition par Yasei Reikan le Ven 20 Aoû 2021 - 17:14, édité 1 fois
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Jeu 29 Juil 2021 - 22:07
Voir dans le cœur d'autrui Qq3h
La toile d'un ilot de paix se présentait à son esprit naïf, caressant tous ses rêves les plus enfantins, les charmant pour qu'une nouvelle fois, il soit tenté d'y croire. Le séduisant paysage que dressait la Yasei avait le don d'apaiser l'esprit meurtri de celui qui croissait et qui s'était habitué à une population guerrière, comme s'il lui rappelait doucement que le Yuukan n'était pas que le pandémonium auquel il s'était forcément accoutumé. Ce sentiment, il pouvait se souvenir l'avoir estimé comme acquit durant ces années où il était encore sous le joug de la Foudre, peuple qu'il avait abandonné en croyant rejoindre la cause juste.

Mais en quelle justesse était-il pertinent de croire lorsqu'il était habituel de rencontrer des nindôs forgés dans le conflit, l'intérêt et le ressentiment ? L'expliquer par le passé inique dont il était la victime était approprié, mais cela rendait-il le caractère excusable ?

Aux yeux de l'Ancien, il n'en était rien. Dans l'erreur, il y avait le pardon. Dans les fautes, il y avait la compréhension. Nul ne pouvait justifier de l'importance de la fierté lorsqu'elle était nuisible, même si cela signifiait bafouer l'image de ceux qui n'avaient rien demandé.

Dans cette perspective, il espérait pouvoir être proche de la guerrière de la Brume. Avec toujours cette intention naïve qui le manipulait, lui faisant miroiter la possible existence de quelqu'un qui pouvait le comprendre précisément.

-"Cela me semble être un bon endroit pour y vivre, après en avoir terminé avec cette guerre."

Dévoilant sans vergogne ni réserve sa posture vis à vis de l'Empire, lui partageant ses intentions de ne rester une seconde supplémentaire chez un peuple conquérant alors que ses idéaux reposaient dans l'harmonie, il dessina également un potentiel projet qui s'était déposé dans son esprit candide. Celui de trouver l'oasis qu'il chérissait dans ses phases oniriques, qui ne pouvait plus correspondre au village qu'il avait délaissé il y avait de ça quelques mois et dans lequel il avait construit ses plus lointains souvenirs.

Des souvenirs de paix, malgré la guerre qui l'avait constamment évité comme si Kumo ne souhaitait lui diffuser, à lui, ses plus sombres tons.

-"Vous accepter vous, étrangère à leur peuple, et tous les vôtres. Tout cela sans condition, sans contrepartie, en vous considérant comme l'une des leurs..."

Ses bras s'écartèrent, dévoilant des mains grandes ouvertes qui présentaient officieusement Urahi et le peuple Teikokujin. Son sourire s'étira, montrant son ton légèrement amusé, comme s'il rendait plus léger le sort qui s'abattait sur lui.

-"Savez-vous si Kiri recrute des anciens Empereur et déserteurs de Kumo ?"

Une dérision qu'il ne fit pas durer mais qui cachait une vicieuse part de vérité. En effet, d'ici qu'il se décide à laisser l'Empire libre à ses propres désirs, il lui fallait trouver une sortie de secours où éviter de se faire égorger sans qu'il ne le réalise. Et la Brume paraissait être le lieu rêvé pour effleurer son utopie.

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-"Je plaisante. Lorsque j'étais enfant, on me racontait souvent que le peuple de Kiri était aussi cruel que son ciel était brumeux, et que ses plus talentueux spadassins en profitaient pour accomplir leurs crimes. C'était évidemment effrayant, même si je n'ai jamais su si c'était vrai. Je préfère savoir qu'ils savent accueillir mieux que personne."

Ses bras retombèrent à ses côtés, rejoignant ses hanches orientées vers la localisation de son Palais. Mais son esprit se rappelant que toute bonne chose avait une fin, il réalisa également qu'il n'avait rien fait d'autre que de la sortir naturellement d'un guêpier qu'il aurait volontiers fait éviter à toute la délégation de la Brume. Après tout, peut-être n'attendait-elle rien de plus que de retourner chez elle après cet imbroglio.

-"Excusez moi, je m'apprêtais à échanger plus longuement avec vous, mais peut-être vouliez vous simplement rentrer auprès des vôtres. Je n'ai pas pour intérêt de vous faire perdre votre temps, même si vos origines m'intriguent."

S'arrêtant naturellement au carrefour qui menait soit à son siège soit au dortoir de la Tigresse Blanche, il ne fit que montrer un regard indifférent à son interlocutrice. Car il était hors de question de prendre le risque qu'elle ne s'ennuie à ses côtés.

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Yasei Reikan
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Dim 29 Aoû 2021 - 16:55
Il était l'Empereur du Feu.[invisible_edit]

Mais son cœur criait à l'abandon plus que n'importe quel autre ambitieux, face à un peuple de jade bien trop belliqueux.

Bien trop hideux.

Pendant l'ombre d'un moment, Yasei Reikan manqua de briser le marbre de son visage, qu'elle avait construit avec tant de rigueur et de patience. Car devant la poignante résignation de cet homme, qui se tenait à ses côtés et qui malgré tout détenait presque tous les pouvoirs sur ces terres et ces gens, elle ressentit un mal fou, un mal viscéral à se rendre totalement étanche à sa situation, à sa peine. Cette envie de retourner auprès de la taverne, en vue de mieux éduquer ces ivrognes empreints de stupidité et rendus aveugles par le sang des guerres et des labeurs, elle voulut lui déchirer les entrailles et la faire céder afin de lui faire rebrousser chemin. Afin de leur faire regretter une telle attitude désobligeante et honteuse qu'ils nourrissaient, vers un pays qu'ils pouvaient rendre plus radieux et une tête pensante dont ils n'étaient pas même dignes. Méritante? La population du Pays du Feu ne semblait l'être assez que pour stagner dans la boue pour mieux y croupir, à force de s'enliser dans les terreurs et les folies du monde. Les Hommes se pensaient au-dessus de ces Bêtes sauvages, qu'ils capturaient et faisaient se battre entre elles dans des amphithéâtres, sous le joug d'un soleil meurtrier. Mais eux, ils demeuraient bien pires. Parce que le Feu qui les représentait et grondait en eux, à l'ombre de ce patriotisme bien smaragdin, il ne s'était pas privé du merveilleux et à la fois terrible luxe de dévorer leurs cœurs et de raser toute la forêt de leurs principes, de leurs valeurs.

Se battre pour le seul goût de la lutte et de la gloire, sans espoir de paix.

Voilà à quoi se résumait le triste et écœurant salut des soldats du Feu.

À mille lieues de celui que paraissait entretenir leur dirigeant.

Malgré l'ironie et la légèreté de son ton solennel, force était de constater qu'il restait laborieusement surmontable pour Yasei Reikan de demeurer insensible à l'alerte d'autrui. De s'essayer à la surdité, au-devant des cris et des pleurs d'autres âmes embourbées, d'autres corps délaissés. Ainsi arrêtée à cet embranchement, questionnée par son vis-à-vis sur la suite de cette soirée, ses pensées empruntèrent la voie de l'évaporation. De l'évanouissement, dans les méandres de son esprit désarmé qui était gagné par les griffes de son cœur. Libre et sauvage, la Tigresse blanche l'avait toujours été. Imprévisible aux yeux des Hommes, ils la considéraient comme une créature dangereuse qu'il fallait éviter pour ne pas risquer de la froisser. De la contrarier. Car jamais personne n'avait réussi à la commander, elle et ses envies qui la rongeaient, elle et ses instincts qui la guidaient. Toutefois, ses proches ne pouvaient lui en vouloir pour une instabilité aussi naturelle. Parce que... si ses épaulières dorées étaient celles d'une guerrière aussi impérieuse que malicieuse, elle n'en demeurait pas moins cette femme dont la maturité n'avait pas su, un seul jour de sa vie, faire taire les élans d'espoir et de candeur de petite fille. Pas même face à la mort en personne, qui avait eu l'audace d'éteindre à l'éternel bien de ses frères et sœurs de sang ou d'armes. Quelles chances avaient alors l'autorité de Jade et tout le poids qu'elle écrasait sur les épaules de Sendai Yahiko, face à cette férocité qui animait Yasei Reikan?

La rancœur, la féline était guettée par son ombre de toute sa grandeur.

Mais jamais elle n'avait souhaité en devenir son vecteur.

« ...Mes origines? »

Alors, approchée de l'Empereur de Feu comme si la gêne n'avait toujours été qu'un fantôme à ses côtés, elle se tint. Ici, là, tout proche, à deux doigts de lui arracher l'air qu'il comptait respirer pour laisser ses poumons le lui voler. À quelques centimètres de devenir celle qui, peut-être, aurait pu débarrasser ce pays et ses hommes de celui qu'ils haïssaient et respectaient à la fois, pour sauver leurs peaux. La Tigresse blanche, elle, n'en fit rien à l'égard de cet Empereur à qui tous souhaitaient arracher la tête en secret et contre qui nul ne semblait avoir assez de courage pour le défaire. Parce que le cœur pur et primitif qu'elle abritait, il décida de lui montrer son espoir. Tout comme il prit la décision de porter sa dextre jusqu'à l'encolure de son veston et d'y serrer ses doigts de manière étrange et imprévue, plutôt qu'à sa gorge. Et, dès lors que le cuir s'était mis à grogner sous les ongles de la métamorphe tenue devant lui, Sendai Yahiko put l'entrevoir. Cette petite boule de poils qui, adagio, se tortillait contre le poitrail de sa maîtresse afin de laisser ressortir ses oreilles et ses petites formes félines à travers sa veste d'ombres. Avant d'écraser son regard félin et bleu-vert sur le combattant à la chevelure de lumière et de s'accaparer son espace, en le laissant devenir la proie de son contact. En le soumettant à sa loi, à travers les phalanges de la jeune femme et sans même qu'il n'ait le temps d'en placer une. Car déjà, la nuit de l'Empire de Jade lui fut remplacée par un flamboiement aveuglant. Pire que celui d'un soleil à son zénith. Une étincelle de lueurs qui, chasseresse de bien des ténèbres, se mit d'abord à envahir sa vue puis à investir sa tête, pendant que ses talons perdaient leurs appuis et son corps, son équilibre tout entier.

Pendant que l'Héroïne de l'Eau l'emmenait, loin de cette ruelle de pavés.

Loin de ce Feu déchaîné.

...

Afin qu'il ouvre un regard nouveau sur ce monde, vu sous un angle plus calme.

Et à travers un prisme bien plus agréable que celui des guerres.

Le polyèdre de Yasei Reikan et de son rêve de paix.


Ce paysage, il n'attendait plus qu'à être contemplé par les yeux du chanceux. Celui que l'enfant des Bêtes avait décidé de ramener en sa compagnie, qu'importe la raison. Si les paupières de la Colombe blanche tardaient à s'ouvrir après ce flash trop lumineux, ses oreilles, elles furent agressées par le bruit des cascades et les sons d'une forêt encore hostile à l'Homme, qui se dressait à ses arrières. Et cette herbe, qui gangrénait ce chemin de rochers en le rendant moins abrupt et indocile comme il avait appris à se rendre sans son aide, elle envisageait bien de continuer à lui caresser le dos et les mains tant qu'il n'avait pas pensé, après son si long voyage, à se relever. À se redresser, pour revoir ce petit lion aussi blanc que ses cheveux qui l'attendait en position assise et ronronnait tout seul, à mi-chemin de l'entrée de Kowaomote*, cette grotte aux allures de gueule de Bête.

*Kowaomote (強面, litt: Visage effrayant, regard féroce)

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Sendai Yahiko
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Lun 30 Aoû 2021 - 22:25
Loin de toute appartenance, loin de toute guerre subsistait cet îlot de paix.

-"Gh..."

Ses yeux ne s'étaient pas encore ouverts qu'il pouvait déjà percevoir l'herbe qui caressait ses chevilles et l'air qui enjôlait son odorat, le transportant hors de la lourde atmosphère d'Urahi. Son corps appesanti n'était encore apte à se lever, lui qui venait de s'écraser contre cette terre qui l'avait aspiré, mais le fracas de la cascade qui fouettait les roches et le doux ronronnement qui s'en détachait l'apaisaient étrangement, susurrant à ses oreilles fébriles qu'il n'avait rien à craindre.

Déjà depuis ce contact, il l'avait su. La silhouette féminine de la guerrière qui s'était brusquement approchée et qui s'était habilement emparée de l'extrémité de sa veste n'avait jamais dégagé aucune animosité. Leur proximité qui avait tout juste laissé la place au nouveau-né de scruter naïvement l'anatomie du souverain et de chatouiller son costume de ses poils n'avait jamais eu l'intention de le brusquer. Le Yuukan eu t'il pu rencontrer des kunoichi qui, usant de leur grâce, s'étaient octroyées le droit de trancher le fil du destin de bien des simplets, le Sendai ressentait au fond de lui que Yasei Reikan n'était pas de celles-ci.

Car à la manière d'actes qui remplaçaient bien des discours, comme elle venait de le montrer en imposant sa croisière au nivéen, il l'imaginait atteindre ses objectifs à la force de sa volonté, à la force de ses bras. Comme son passé l'avait déjà gravé dans les mémoires des Shinobi.

-"... Où m'avez-vous emmené ?", glissa t'il d'une voix peinée qui résonna dans le néant, ses yeux encore soumis à ces nouvelles teintes lumineuses.

Sa main caressa l'arrière de son crâne légèrement endolori après qu'il se soit lentement redressé. Ses pupilles s'ouvrirent difficilement, encore meurtries par les flash de ce trajet, mais quelques secondes suffirent à les habituer à ce nouveau paysage aux milles couleurs. Les mêmes longues et silencieuses secondes qui lui avaient fait comprendre que l'Enfant des Bêtes, elle, n'avait pas suivi le même trajet que lui.

Sa tête hocha attentivement de gauche à droite, cherchant une trace de sa guide. Ses yeux se baladèrent avec douceur sur les quelques structures naturelles qui remplacèrent le corps disparu de la Dompteuse, toujours accompagnées du ruissellement hypnotisant de l'infinie cascade. Jusqu'à se reposer sur le seul être qui semblait l'avoir attendu dans ces terres inconnues. Ce même lionceau qui s'était emmitouflé, quelques minutes auparavant, dans les coutures de la Tigresse.

Les jambes du pacifiste se fléchirent pour accompagner ses bras, repoussant le sol pour traverser ces dalles qui les appelaient. Ses pas se firent sourds comme sa voix, piétinant leur pierre de son toucher le plus souple, tentant de ne pas effrayer la bête par quelques mouvements brusques. Jusqu'à ce qu'il fut assez proche de lui pour oser l'interpeller.

-"Elle t'a abandonné toi aussi ?"

Son sourire lumineux dessinait la douceur, par l'humour, qu'il voulait partager avec ce petit être. La même qu'il aurait voulu partager avec le Yuukan, si seulement il avait été bâti selon ses rêves idylliques.

Mais s'étant brièvement arrêté devant l'animal, il reprit sa marche cette fois pour se poser à ses côtés.

-"Viens, allons les retrouver."

Dans ce paisible environnement qui nuançait l'inquiétante gueule féline aux couleurs surnaturelles, son symbole vint se poser sur son épaule, comme si elle lui murmurait de ne pas s'inquiéter. Une colombe si blanche qu'elle s'accordait à merveille avec l'innocence du lionceau.

-"Elle... et ses origines."

Une colombe si pure qu'elle s'accordait à merveille avec l'aura de ces lieux.


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Yasei Reikan
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Mer 1 Sep 2021 - 18:15
Le calme vénéré.

Il vociférait, dans ce lieu que nul ne semblait avoir encore foulé.

Dans ce sanctuaire, où la nature reprenait ses droits et les rendait divins jusqu'à les prier.

Sur ce sentier de verdure rageuse, où seules les hautes herbes savaient s'incliner avec noblesse sans en mourir devant la fraîcheur du Nord. Et, sous lequel le paysage se voulait bien ouvert, au ciel bas repeuplé de nuages qui bourgeonnaient sans cesse à l'horizon et prévenaient de l'or liquide qui allait bientôt s'abattre contre ces monts bien secrets. Contre ces montagnes bien gardées, par une faune et une flore qui cherchaient à vous arracher la rétine. À vous happer le souffle à l'intérieur de son étreinte, pour vous faire oublier toute la fadeur de la civilisation et toute l'infertilité de ses Hommes. Toute leur inhabilité à pouvoir concevoir plus de merveilles que de malheurs, en ce monde rendu bien imparfait. En ces êtres devenus bien laids à force de sévir pour le mal, plutôt que pour le bien. Pour le profit et la gloire d'un seul, plutôt que pour l'équité et l'honneur de tous. Ce si hideux visage de l'humanité, qui n'avait pourtant plus rien d'humain, Yasei Reikan l'avait su bien réel. Et très tôt, elle avait appris à s'en débecter, à s'en exécrer. À s'en débattre, pour mieux l'abattre et y échapper. Parce que malgré toute la sauvagerie qui pouvait parfois animer ses traits et border ses actes, en dépit de toute l'énigme qu'elle incarnait aux yeux des autres, la métamorphe n'avait jamais eu cesse de répondre qu'à une seule chose ; son instinct, cerclé de bien des principes. De bien des valeurs, forgées par la main d'une éducation, certes de fer. Mais aussi de griffes et de crocs. Car là où la changeforme entrevoyait une forme de paix pure et dure, certains n'y entrevoyaient qu'un enfer féroce où plus aucun mur ne pourrait les protéger. Ne pourrait les satisfaire, de cette factice supériorité sur les autres espèces. Qui donc pouvait s'y sentir à l'aise et se surprendre à aimer cette simplicité, à part une enfant des Bêtes?

Et surtout, quel Homme oserait voir cette magnificence, à travers ses yeux à elle?

Pendant que ceux du lionceau, pers par nature, bravaient la crainte de sa petitesse et se déposaient sans gêne sur Sendai Yahiko et sa silhouette vêtue de cette nouvelle amie qui lui seyait pleinement. Comme s'il savait que la peur ne naîtrait pas en son poitrail à cause d'eux, il demeura assis sur ce roc à son approche et se permit même de fermer les paupières devant lui pour ne lui répondre que d'une mimique féline. Pour ne lui accorder qu'un ronronnement gracieux mais efficace, aux allures de i et de finesse. Mais cette robe d'innocuité, de crédulité, elle ne put aller au-delà des poils de ce si chétif animal. Cette chaleureuse mais faible lumière, qui avait su séduire l'Empereur du Feu avant que son peuple n'ait su le faire, elle se voulait encore trop fragile pour s'épanouir au-delà et lui faire oublier toute la rudesse de sa vie passée. Et tous ces dangers, qui rôdaient encore dans le moment présent.

Un vent patibulaire.

Voilà ce qui vint caresser son oreille et faire s'envoler de peur l'oiseau sur son épaule, avant de lui frapper le dos depuis la forêt.

Avant de lui arracher un regard et de lui montrer tout le contraste dont cette jungle pouvait bien faire preuve, derrière ce tableau bien idéal. Ni belle ni laide, cette nature se trouvait à mille lieues de toute la perfidie dont les Hommes aimaient s'entourer. Mais ses règles n'en demeuraient pas moins rigoureuses ni moins cruelles pour ses enfants. À tel point que même ses plus grands, souvent devenus guerriers, ne pouvaient se rendre insensibles à son terrassement, où des lianes épaisses avaient pris place pour s'y dandiner, s'y onduler. Enchevêtrées pour agir comme un piège, ceux qui rampaient savaient bien s'y agglutiner et y grouiller pour mieux surprendre. D'un sombre trop humide, d'un remugle assez tenace, ni air ni lumière ne semblait y circuler. Seuls des murmures sourds et des petites mais douteuses lueurs vacillaient, circulaient afin de prévenir l'arrivée d'autres menaces de la pénombre. Mais elles n'osaient pas s'aventurer plus loin, au pas de Kowaomote. Près de ce repaire encore incompris, au pied duquel le jeune lionceau se redressait pour déjà sautiller vers son antre, sans prévenir. Sans se retourner, pour voir si l'enfant du Chakra avait eu le courage de le suivre ou la frousse de demeurer esseulé au bout du monde. Qu'importe, car s'il décidait de rebrousser chemin par lui-même, le Feu ne lui serait d'aucune utilité en ces terres. Lancé dans sa course, le petit brave fit un petit bout de chemin dans les premières entrailles de la caverne, en faisant le choix d'emprunter certains passages plutôt que d'autres. Mais cette cavale, elle lui ordonna de s'arrêter un instant pour voir si quelque chose ou quelqu'un suivait ses traces. Et dès lors qu'il aperçut cette ombre humaine grimper à la hâte sur les murs afin de le rattraper, il reprit en vigueur et continua de s'enfoncer au fond de cette gueule qui n'en finissait plus. Sous cette lumière azurée et captivante, qui ne naissait pas des torches inspirées du progrès mais des préciosités incrustées dans le minerai, prête à faire taire les ombres des profondeurs. Et à faire crier la brise d'une sortie à l'air libre, prochaine et attendue.

La lueur du jour, elle ouvrit les bras au lionceau qui s'épuisait à force de cavaler.

Et peut-être à l'homme, s'il s'était pris la peine d'en faire de même.

D'en faire autant que lui, afin d'obtenir la récompense d'une parenthèse de paix plus longue.

...

Afin de les retrouver, elle et ses origines.[invisible_edit]


Au sommet de cette sierra, qui incarnait le refuge de ses plus fidèles alliés.

« L'aridité du Désert, elle fut ma première mère. Et son vent, qui nourrissait bien de ses sinistres tempêtes, était son plus grand amant. Mes premières années, pétries par la cruauté et les sévices des dunes, d'aucuns les penseraient atroces ou inhumaines. Mais à mes yeux, elles représentent tout et détiennent le mérite de m'avoir endurcie. D'avoir fait de moi la Tigresse blanche, plutôt qu'une autre. Toi, tu as sûrement vu le jour dans un de ces villages des Hommes, que le feu éclaire et que le surnombre entretient. Moi, mon berceau n'était fait que de sable, d'os et mon enfance n'a pas été épargnée d'efforts ni bercée dans la complaisance. Ces origines-là, qui sont miennes, elles n'ont rien à vous faire envier. Si ce n'est cette rigueur avec laquelle elles m'ont accueillie dans ce monde et m'accompagneront encore, jusqu'à celui des morts. »

Yasei Reikan tourna la tête, vers les bruits de pas qui avaient martelé le roc de ce temple millénaire.

Sous les derniers rayons du jour détenant la force d'éventrer l'écharpe de brouillard qui retenait encore miraculeusement ses cordes, elle fit promener ses pupilles d'éther à ses arrières. Pour les faire accoster d'abord, sur son frêle compagnon époumoné. Puis, sur celui qui avait eu l'audace de le suivre et à qui elle venait d'offrir une réponse. Une réponse au fond plutôt lacunaire, qui d'elle-même mettait de côté le poids de l'éducation transmise par son père, Yasei Ragna. Un enseignement dont peu auraient compris l'acharnement et la violence, sur lequel il demeurait encore, pour l'Héroïne de l'Eau, bien difficile de placer des mots à sa hauteur. Et pourtant, qui donc pouvait se douter d'une telle ignominie pour la faire grandir, elle, une femme à la fois si brutale et si douce? À ses pieds, le lionceau venait de s'arrêter pour signaler son retour. Mais Yasei Reikan avait bien plus à lui donner qu'un aval. Désormais accroupie après sa parénèse, sa dextre alla caresser de toute sa paume la tête bien velue de l'animal, qui profitait de l'instant. Et qui, sans plus tarder, retourna à la guerrière aux épaulières dorées toute sa tendresse envers lui en grimpant sur lui lorsqu'elle eut l'idée de se relever. De se remettre debout, devant Sendai Yahiko.

Le petit lion laiteux dans les bras, à le choyer à coups de gratouilles au menton et à l'écouter ronronner, la Cheffe du clan Yasei garda les yeux baissés sur lui.

« Ririi. C'est son nom. J'imagine que tu as déjà compris pourquoi. »

*Ririi, diminutif de Yuri (リリー ou 百合, litt: Lys)

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Dernière édition par Yasei Reikan le Mar 19 Oct 2021 - 20:56, édité 2 fois
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Sendai Yahiko
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Jeu 2 Sep 2021 - 22:51
Tel l'oiseau qui usait par ses serres l'acier des barreaux de sa cage avec l'espoir qu'ils cèdent, Yahiko se faufilait hors des crocs de ses contempteurs pour mieux se laisser happer par ceux de Kowaomote.

Qu'il s'illustre comme la personnification de l'effroi ne froissait pas une seule seconde la curiosité du débonnaire; elle creusait déjà les galeries pour en trouver le trésor qui s'y cachait sûrement, ignorant les menaces qu'il lui proférait. La grotte n'était par extension pas véritablement une inconnue, et sûrement entretenait elle un rapport bien particulier avec la psyché de la kunoichi qui devait déjà l'avoir apprivoisée. Ses canines de pierre pouvaient elles dessiner le patron de toute une acrimonie divine que le Sendai n'en broncherait pas : il soupçonnait qu'elles devaient lui appartenir à elle et à tous ces félins qui l'accompagnaient et cela lui parut suffisant pour n'éprouver la moindre crainte.

Ces félins, les mêmes que l'enfant qui guidait l'Ancien le long des dalles, sautillant sur leur paroi en les caressant d'une touche qui se mariait avec son doux trémolo. Son mouvement était vif que ses gestes restaient gracieux, son pas pouvait être pressé qu'il témoignait d'une parfaite harmonie. Il fut évidemment aidé par son jeune âge, mais ce qu'il dégageait ne pouvait incarner la moindre inquiétude au sein des entrailles du dirigeant.

Le nivéen suivrait sa trace avec toute la soif qui l'animait, même si l'atmosphère qui s'écrivait dans l'ombre de cette grotte s'obscurcissait au rythme de leur pas.

Laissant pour rare source de lumière la lointaine source du soleil dont les rayons peinaient à effleurer les roches, escortée par quelques joyaux grossièrement implantés dans celles-ci.

Mais malgré la taille, les habitudes et les connaissances du fauve réussissaient à distancer l'étranger. Sa foulée se confondait à son attention et, fronçant ses paupières pour tenter d'y discerner la petite silhouette poilue, la trouvant tantôt aisément et tantôt avec encombre, c'était maladroitement qu'il suivit les traces de son guide au travers les mines, peinant à éviter les chemins qui pouvaient le mener partout où la Yasei n'était pas... exactement là où il ne souhaitait pas aller.

Alors ses pupilles ignoraient la clarté des trésors de la roche, suivant le quadripède de son trot jusqu'à percer les limites de la pénombre. Au loin apparut le retour du jour, la renaissance d'une verdure que les profondeurs avaient rejetées pour imposer le règne de la terre. Leurs courses s'étaient transformées en une chasse à la liberté, jusqu'à ce que le contour de la Tigresse ne rappelle ce pourquoi ils étaient tous là.

Ses origines.

Voir dans le cœur d'autrui 6hsy

Sa voix résonnait dans les oreilles du Teikokujin, qui se força à ne pas s'attarder sur l'horizon verdoyant pour mieux capter la justesse de ses mots. Il fit fî des montagnes, des gigantesques piliers qui soutenaient cette charpente primitive et des autels qui entouraient la Femme-Bête, cela pour mieux capter la raison de sa présence.

Il se tint là, immobile, respectant les terres comme s'il n'osait les fouler, assurant la distance propice à cet échange.

-"Je n'ai grandi au sein des murs de Shitaderu, je proviens d'un village bien moins sain que les trois grandes puissances. Mais cela n'est toujours rien à côté de vos dunes."

Il n'y avait aucune guerre si ce n'était la solitude, aucun combat si ce n'était le harcèlement. Celui qui avait donné naissance à ses pouvoirs, le mal qui avait éveillé son plus grand atout pour faire le bien. Mais dans cette grande forêt aux milles nuances, celle qui entourait le petit village dans lequel il avait grandit, rien n'était aussi brutal que les vents de Kaze. Jamais n'avait-il entendu la moindre histoire d'une âme qui n'avait peinée à lutter contre ses souffles à l'ardeur divine.

-"Vous avez su tirer votre caractère de vos peines et votre force de vos obstacles, est-ce cela ?"

Sa main vint caresser le galbe de son menton d'un index, exhibant sa réflexion à son interlocutrice.

-"Vos détracteurs seraient fous de vous reprocher votre animosité, ils en oublieraient une étonnante sagesse."

Il mit alors un certain temps, baladant ses yeux sur les contours de la flore environnante, comme s'il sondait le terrain... et comme s'il le soupçonnait.

-"Mais qu'en est-il d'ici ? Quel est le rôle de ce lieu ? Comment s'appelle t'il ? Vous a t'il également fait devenir la Tigresse Blanche ?"

La bombardant de question, la brune pouvait trouver tout ce qu'il lui avait promis : de la curiosité à revendre, une ouverture vers le monde que le Feu ne savait comprendre.


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Yasei Reikan
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Sam 18 Sep 2021 - 16:51
Il venait du monde des Hommes, aussi vicieux que traître.

Elle, du monde des Bêtes, loin de tout bien-être.

Tout les opposait, sans même qu'ils n'aient besoin de se connaître.

Et pourtant, c'était ce même rêve de paix qui les avait vus naître.

Mais à quelques petits détails près, une ambition voulait se rendre plus forte et monstrueuse que l'autre. Plus lumineuse et plus dévorante encore que sa sœur, elle dévorait sans pitié les entrailles de la bestiale Yasei Reikan comme elle grignotait ses pensées sans manquer de les guider et de les étouffer. Car si Sendai Yahiko avait eu l'habitude de se détourner de ses fonctions et de quitter ses différents foyers pour ne pas plus se confronter au mal de ce monde et toujours mieux proroger au lendemain, sous le fouet de la raison, l'enfant des Bêtes avait été, depuis sa naissance, tyrannisée par celui de l'obstination. Et par celui de la ténacité, à foison. À la place d'un Empereur du Feu qui préparait d'ores et déjà son départ, la féline n'aurait même pas ouvert les portes de son cœur à une telle tare. Le peuple du Pays du Feu et de son Empire de Jade, il n'avait pas su le voir autrement qu'un nid de vices, qu'un berceau de malices. Une population rendue désabusée par les guerres, lassée de ses dirigeants et nécrosée jusque dans ses plus jeunes pousses qui, pourtant, ne faisait qu'à peine s'enraciner au centre névralgique du Yuukan et de toutes ses promesses bien cachées. Mais aussi vil pouvait-il se rendre aux yeux du monde, aussi lâche et rampant s'était-il comporté dans la paume tendue d'un étranger prêt à l'aider et le supporter, nul argument ne savait convaincre la Tigresse blanche du sort perdu et tragique de ce peuple. Car plus que la misère des esprits comme celle qui gangrénait l'Empire, elle avait entrevu et touché, de ses propres pupilles comme de ses propres doigts, celle des chairs en qui coulait le même sang que le sien. Abattus par les tyrans, poussés dans les misérables tréfonds du Désert et éloignés des richesses de l'humanité, les siens avaient enduré. Et surtout, ils avaient surmonté, au-delà des abîmes qui s'étaient creusées en eux et avaient souillé leur confiance envers autrui. Qui avait été le plus faible, dans ce cas? L'envoyé de la Colombe blanche et de sa paix, pour avoir abandonné trop vite et trop tôt? Ou plutôt les enfants qu'il avait laissé derrière lui, pour avoir accepté trop aisément peut-être de devenir les martyrs de leur histoire sans vouloir s'en relever?

Qu'importe la réponse, seul le navire de Jade voguait désormais à sa perte.

Car Sendai Yahiko avait déjà pris sa décision, à même cette herbe verte.

Devant lui et sous le poids de ses questions, l'Héroïne de l'Eau se rendit silencieuse.

Il pensait que cette force de caractère, elle l'avait tirée des aléas de son existence. Des tragédies, qui avaient voulu lui faire violence. En partie, sûrement. Mais pas tout à fait entièrement. Parce que si bien des jeunots auraient succombé à la mort ou refusé d'y faire à nouveau face de manière si prématurée sous les coups d'un parent, l'enfant des Bêtes, elle, avait accepté dès son plus jeune âge. Avait toléré ses origines et leurs présages, leur poids sur ses épaules et toute leur virulence. Cet état d'esprit bien trempé, qui tranchait avec toute la douceur de son apparence, Yasei Reikan l'avait toujours eu. L'avait toujours entretenu, comme cette ferme intention de ne jamais abandonner qu'elle avait obtenu. Et de ces peines, de ces obstacles, la Tigresse blanche n'en était jamais restée bien longtemps abattue. Voilà ce qui, peut-être, la différenciait du reste. L'écartait de façon manifeste, de ces gens qui souhaitaient se montrer gorgés de bonté mais qui, face à la réalité, se dévoilait bien creux d'espoirs. Bien vide de savoir.

Et pourtant, rien n'avait su entacher son innocent sourire.

Rien n'avait su la tirer de son accalmie, à s'en frotter les ongles contre le menton de Ririi. Pas même les vibrations telluriques qui s'étaient mises à caresser le roc de la grotte, à faire sursauter sa verdure et ses petits cailloux. Mais si le lionceau et sa maîtresse ne montraient pas l'once d'une moindre appréhension ou d'une éventuelle crainte, Sendai Yahiko parvint à les voir. Déjà et tout d'abord eux, ces oiseaux qui s'éloignaient de la falaise pour mieux fuir au loin le danger qui s'élevait depuis le précipice. Et puis elle, cette énorme et curieuse crinière immaculée qui se dressait derrière l'enfant des Bêtes, au même titre que sa queue remuait au rythme de ses instincts. Il put finalement les entrevoir, sous le pinceau d'un merveilleux tableau de bestialité. De férocité, où les poils semblaient danser afin de se faire passer pour la chevelure d'une crête menacée par les vents ou pour la peau d'un lac ondulée par les mouvements. Où cette énormité souhaitait se rendre, l'espace d'un pauvre instant, véritable extension de la Tigresse blanche et de toute sa puissance. Une puissante et sèche brise vint s'abattre à l'intérieur du refuge pour frapper ses parois et tous ceux qu'elles abritaient, tourmentant ses mèches de jais qui contrastaient avec toute la lumière de la robe qui rôdait comme le ferait un gardien à son dos. Pour de bon, la blanche fourrure qui paraissait sans fin se mit à dessiner le portrait du Lion blanc, que quelques excroissances touffues détachaient de la réalité.

Afin de l'ancrer dans le mysticisme du chakra et de ses plus folles entités.

Rakasha*, invocation suprême de Yasei Reikan
Une voix caverneuse se mit à résonner, si grave et vibrante qu'elle semblait venir des tréfonds de l'âme de ce monstre. Un timbre qui n'avait rien à voir avec le cristallin de la guerrière demeurée debout à ses pattes, sans peur.

Sans frayeur, malgré toute sa grandeur.

« Je doute détenir l'audace d'affirmer que nous sommes les seuls à l'avoir faite Tigresse blanche. Mais aujourd'hui, je pense pouvoir dire que nous aidons cette petite à le rester, autant qu'il le faudra. Autant qu'elle le voudra. »

Enfin, Yasei Reikan détacha ses pupilles de Ririi pour les planter sur l'Empereur du Feu.

Pour observer sa réaction, devant un être si sauvage.

Pendant qu'à côté d'elle, se déposait lourdement la seule patte encore ornée du fer de l'esclavage.

« Shūsaikigan*. Voilà où je t'ai fait venir, après t'avoir arraché sûrement contre ton gré aux pavés de l'Empire. Comme nous, les Bêtes sont parfois enchainées à des endroits, des personnes qui ne finissent que par les meurtrir. Toi, c'est le Feu qui te brûle et te déchire. Lui, c'était le sable et les lances du monde entier. Depuis que je l'ai rencontré au cœur des arènes des Hommes et de leurs maléfices, Rakasha* ne s'est jamais défait de moi. Il est devenu mon allié, mon ami. Et cet endroit, le berceau de ma pénibilité. Plus que d'apporter du calme à mon âme, il m'aide à grandir. À m'endurcir.
L'odeur de ce jeune humain m'est inconnue, Reikan. Mais j'imagine que si tu as fait en sorte de l'entraîner avec toi jusqu'ici, c'est que son nom mérite au moins d'être connu. »

*Rakasha (litt: राकाईश, Seigneur de la Pleine Lune)
*Shūsaikigan (秀才奇岩, litt: Rocher des prodiges)

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Sendai Yahiko
Sendai Yahiko

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Mar 19 Oct 2021 - 22:58
Ses paupières s'écarquillèrent ; elles admiraient. Ce pelage blanc somptueux, cette grandeur qui écrasait de sa prestance la simple condition humaine, ce regard et cette vigueur qui émanaient autant de sagesse que de combattivité. Ses lèvres s'étirèrent, elles qui répondaient à cet étrange mélange d'habitude et de contemplation. Le Yuukan fut il mené à exposer fréquemment au monde toutes ses plus grandes folies, elles n'en restaient pas moins grandioses. Et à ce juste titre, l'Empereur était ébaudit par ce qu'il voyait, sa denture se révélant de ses lèvres pour exhiber à ce trio de félins ses sentiments les plus variés.

Car au delà de l'apparence, sa sagesse d'antan l'amenait à percevoir la symbolique. Celle du calme comme de la hargne, celle de la simplicité comme du pouvoir. Ses prunelles se baladaient sur ses grandes formes, les mêmes qui avaient apeuré les volatiles qui avaient ressenti son aura dantesque. Le Seigneur des Félins démontrait avec perfection, sans un mot, l'adage que le Pacifiste aimait tant employer : seuls les plus petits cabots, enorgueillis par la comparaison et le sentiment d'infériorité, aboyaient. Jamais le colosse ne saurait s'irriter face au frêle, jamais l'Homme au Chapeau ne saurait trembler face à l'Académicien.

Il était le Dompteur, loin de la frustration qu'enfantait l'impuissance.

-"Je comprends."

L'index de sa dextre caressait toujours son menton tandis que sa moue disparut, redessinant sa naturelle sympathie. Voulait il toujours ancrer sa curiosité toujours plus profondément dans l'histoire de ces fauves, il ne voulait se montrer juge d'une quelconque position. Il les estimait Guerriers, Gardiens de la pensée que le combat n'était jamais terminé, Villégiateurs seulement lorsque le monde leur dessinait une accalmie. Soucieux qu'il était totalement incapable de retenir ses pulsions primaires : celles de la conquête, de la guerre ou de la violence.

Là résidait l'opposé de sa candeur, celle qui lui intimait que l'Empire était perdu d'avance, laissant pour seule possibilité une fuite salvatrice pour tous.

-"Vous me permettez ?"

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Son pouce épousa sa canine, piquant sa pulpe pour laisser émerger une goutte vermeille. Ses mains se joignirent, dansant ensemble pour former des signes qu'ils pouvaient reconnaître. Sa paume se plaqua, écrasant la végétation qui le toisait d'en bas, esquissant un sceau qui libéra de son sein l'égal du Souverain, celui qui n'était pas plus Maître des siens que le Devancier n'était Maître du Feu. Un être parfaitement commun, on ne peut plus banal, l'humble frère de son invocateur.

Mais avant de discerner son plumage de neige, la première conclusion du Sendai fut de comprendre qu'il lui était possible d'invoquer au travers des dimensions. Et sans que cela n'ai une quelconque répercussion sur la moindre de ses ambitions, il se contenta simplement de ce résultat qui le priva d'un évident instant de gêne. Hatoka fut dévoilé, juste avant qu'il n'engage quelques pas sur le côté, laissant la place à son ami de s'étirer ses ailes et le temps de s'accommoder à son nouvel environnement.

Il ploya enfin le genou, abaissant sa tête vers cet humus qui ne lui appartenait pas. Accompagné par sa Bête qui, sans se soucier des tenants, ne fit qu'agir par homomorphisme.

-"Nous vous remercions de nous accueillir dans votre Domaine, Rakasha. Je me nomme Sendai Yahiko, et voici Hatoka, une Colombe que j'eu trouvé sur les terres de Tsume, lorsque j'y combattis le serviteur de notre Ennemi Commun."

Jamais le titre d'Empereur n'avait su entacher son respect synonyme de devoir. Il n'était que temporairement le bienvenue, et il en avait bien conscience.

-"Vous nous avez permis de pénétrer provisoirement chez vous Reikan, et nous vous remercions du calme que vous nous avez octroyé loin du Feu. Je vous avoue éprouver une inspiration certaine envers ce que vous avez bâti ensemble, aussi serai-je tenté vous proposer un marché."

Son buste se redressa tout comme la tête du Plumé, et lorsqu'il fut parfaitement apte à s'opposer à la Tigresse Blanche, il proposa son pacte.

-"Accepteriez-vous de m'accompagner sur les Terres des Colombes ? En retour, je serai prêt à vous assister dans votre quête clanique."

Un étrange sourire enfantin se dessina sur les lèvres du Souverain. Pourquoi suggérait-il un tel accord ? Pourquoi n'amorçait-il pas lui-même et seul la découverte du Domaine des Blanches Palombes ? Qu'avait-il à gagner à un marché si inéquitable, si engageant pour sa liberté ?

Il n'y avait aucune réponse.

Seule la légèreté et l'innocence de son faciès espiègle résidait.


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Yasei Reikan
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Sam 22 Jan 2022 - 15:46
Loin de tout ce que l'on connaissait, notre superbe savait grandir et s'embellir.

Comme celle de Sendai Yahiko, que l'enfant des Bêtes ne voulut empêcher ni dans ses actes ni dans ses mots.

Si bien qu'il put, sans craindre des répercussions, faire appel à l'un de ses alliés pour essayer d'égaler le Lion immaculé. Silencieuse mais attentive, Yasei Reikan vint enfouir le bout de ses fins doigts parmi la dense forêt de poils de son protégé, qui tenait au creux de son bras. Mais ses pupilles éthérées, elles, ne perdirent pas de vue la fumée blanche soudainement apparue et aussitôt éventrée par des ailes. Et alors que la douceur d'un nuage alternait avec celle d'un plumage, la féline marbra ses traits et fit balader son regard miroitant sur la Colombe blanche, dans lesquels sa grandeur et son ivoire se reflétaient sans usurpation ni soustraction. Longtemps, la métamorphe s'était sentie bien plus à l'aise avec les Bêtes qu'avec les Hommes. Mais dans cette inattendue apparition, nul n'aurait pu penser que l'Héroïne de l'Eau ne maudissait pas, à cet instant précis et précieux, la présence d'un autre qui pourrait menacer ce cocon de bestialité, ce paradis de férocité. Non. De cet étranger qui n'en était presque plus un, son esprit lui criait de ne pas douter. De celui qui avait rendu son honneur en tant qu'Empereur de jade, ses chairs et les instincts qui les animaient lui faisaient sentir qu'elle n'avait rien à craindre ni à appréhender. Si ce n'est la découverte de l'autre, au-delà de tout vécu comme de tout titre. Au-delà de toute apparence comme de toute impression, que seuls les agissements pouvaient briser mieux que les paroles. Et en admirant ce tableau rendu plus beau par l'arrivée d'une touche d'animalité, la changeforme comprit un peu mieux la raison pour laquelle l'albâtre avait peut-être eu toutes ses raisons pour tourner le dos à un Empire toujours plus gourmand, toujours plus dévorant. Cerna un peu plus à quel point l'opalescent respectait ce à quoi autrui tenait, lorsqu'elle l'aperçut s'incliner et les remercier pour cette parenthèse, à mille lieues du Feu et de ses brûlantes ambitions.

Ses yeux le poursuivirent dans sa croissance et ses oreilles, dans ce qui semblait être une empreinte d'impudence comme d'imprudence. Mais les traits de Sendai Yahiko et la majestuosité de sa créature lui rappelèrent qu'il n'était enfin peut-être pas comme ceux qu'elle exécrait. Ceux qui, sur leurs épaules, ne voulaient rien porter d'autre que leur carcasse qui demeurait bien leur seul et unique fardeau. À côté de lui qui, avant même d'obtenir une réponse à ses attentes pourtant bien grandes, se proposait déjà pour lui rendre la pareille et contribuer à ce qu'elle avait de plus cher. Le clan Yasei. Un instant, ses perles myosotis étaient tombées sur le visage apaisé de son lionceau, à qui elle caressait avec tendresse le menton. Toute sa vie, la chevelure de jais avait espéré et continuait de le faire pour que les enfants des Bêtes puissent, au même âge que ce fort prédateur en devenir, profiter d'une telle quiétude. Et elle ne pouvait y parvenir qu'en gonflant, un peu plus avec le temps, l'emprise protectrice de sa patte blanche sur les morceaux de ce qu'il restait des enfants des Bêtes éparpillés à travers le monde.

Après avoir mûri sa réflexion, Yasei Reikan releva son visage et planta ses yeux sur Sendai Yahiko.

« ...Pour protéger mon clan et la bestialité qui m'a éduquée, je serai prête à me rendre directement au cœur du berceau de l'Humanité. Je m'y rendrai même dès maintenant, si cela voulait dire que les miens n'auraient plus rien à craindre. Mais toi, qu'as-tu à gagner en te risquant là-bas, si ce n'est conserver le pouvoir qui a fait de toi l'Empereur du Feu? »



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Jeu 17 Fév 2022 - 14:27
Une inspiration, une once d'intuition mêlée à une pincée d'harmonie vint mener l'Empereur à proposer à la Tigresse Blanche de lui rendre la pareille, de lui tendre à son tour sa main pour l'emmener loin de son paradis, de l'emmener vers un environnement inconnu qu'il voulait être le sien. A l'opposé de l'enfer dont elle l'avait écarté pour lui faire côtoyer le calme d'une nature domptée et accueillante, tant le passé pacifique et fraternel paraissait relier les Félins à celle qui avait appris à cohabiter avec eux, l'effort se tournait cette fois vers une curiosité qui les distanciait de la douceur platonique qui animait ces lieux pour mieux côtoyer l'imperceptible comme l'intouchable.

Ce sentiment, il n'avait prit germe qu'à la perception de cet équilibre qui le hantait. Avait-il passé ces dernières semaines à requestionner le sens de sa propre existence que la Yasei vint à lui donner la perspective d'un avenir radieux. Ses sens et son instinct s'enivrèrent, se gonflèrent de cet espoir naissant qui ne pouvait que charmer celui qui s'acharnait à rêver d'un environnement quiet. Son esprit ne pouvait qu'aspirer à effleurer cette utopie qu'il voulait manifeste et ses yeux, si brillants qu'ils tintaient bruyamment leur excitation à l'esprit d'Hatoka, ne voulaient trouver qu'en ses prunelles le partage de cette fièvre qui l'avivait.

Alors, le binôme pouvait trouver en le Souverain son expression la plus chaste à la naissance de ce sourire qui se voulait si enfantin qu'il pouvait en être risible, mais toutes ses affirmations furent tournées vers sa Colombe qui, elle, ne dit mot. Pire, elle ne partageait ni sa joie, ni tout son emballement.

-"Je... je ne suis pas sûre que cela soit une bonne idée, Yahiko."

Ses yeux, pourtant tiraillés par l'envie, se virent teintés d'une insidieuse fadeur. Lente, ternissant cette même exhibition, même ses sourcils semblaient vouloir interroger Hatoka.

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-"Que veux tu dire ?"

La Yasei et son somptueux acolyte devaient avoir la réponse à cette question. Face au poids de la vie, l'entente ne pouvait s'acquérir de quelques promesses et autres envoûtantes tirades. La fraternité, elle devait s'acquérir par des actes, par des investissements, par suffisamment d'efforts pour que toute valeur reste indiscutable.

-"Te souviens-tu cette époque, lors de notre rencontre ?"

Elle n'attendit un quelconque acquiescement avant de reprendre.

-"Je te n'ai jamais dévoilé que même nous autres colombes, symboles de paix, avions pourtant également été persécutées par les humains."

Ne cessant de fixer les pupilles de celle qui le surplombait de sa taille, ses questions semblaient infinies malgré ce silence qu'il voulait absolu.

-"Je suis différente. Je t'ai accepté facilement, mais sûrement suis-je la seule des miens à croire en quelques belles paroles."

-"Cela signifie t'il que tu refuses ?", avança alors l'Empereur, soucieux de voir son plan s'achever si tôt.

Mais les traits de l'animal ne savaient se tarir de tout cet espoir qui l'animait. Après tout, là était toute la symbolique qu'elle représentait tant dans son caractère que dans les croyances du Devancier. Elle devait ouvrir les portes de la tolérance.

-"Non, mais je suis pessimiste."

Une moue se dessina sur les lèvres de l'Empereur. Son teint était marqué par l'espoir, lui aussi, comme si la confiance qu'il octroyait à sa candeur le menait à croire qu'il était capable de l'impossible, qu'il pouvait ouvrir de ses mots les verrous les plus coriaces.

-"Ca va aller. Je pense que tout va bien se passer. Et puis... nous ne sommes pas tout seuls."

Pour une fois depuis de nombreuses secondes, son regard s'orienta cette fois devant les deux Bestiaux. Leur tendant sa dextre tandis que sa jumelle s'accota aux plumes d'Hatoka, c'était empli de toute sa simplicité qu'il les invita à se joindre au bal, tous les deux, là où même le Grandissime Rakasha était convié à se rendre.

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-"A y gagner...?"

Un nouveau sourire accompagna toute son innocence. Jamais n'avait-il pensé une seule seconde au profit qu'il pouvait en tirer, en dehors de toute la curiosité et de tout désir d'affiliation qu'il pouvait ressentir.

-"Je n'ai rien à y gagner, Yasei Reikan. Tout est éphémère, au même prix que mes amis d'aujourd'hui peuvent décider demain de devenir mes ennemis. Il n'y a qu'une seule chose qui m'anime..."

Plus flamboyant que jamais, il laissait éclater son caractère pour mieux le faire marquer le terrain.

-"... Je souhaite vivre en harmonie avec vous, avec ceux qui le veulent, aussi longtemps que possible, sans éprouver le moindre regret."

Ainsi sa course s'élançait, suivant le contact qu'elle voudrait peut-être lui accorder de sa main aussi douce que dangereuse, aussi aimante qu'elle pouvait être bestiale.

-"Je vous en prie, venez."


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