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Nom nom, des takoyakis [Privé]

Yuki Misaki
Yuki Misaki

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Dim 25 Avr 2021 - 16:29
Ext-rieur

Le moment fatidique était arrivé. Le jour commençait à disparaître tranquillement, laissant place aux couleurs accompagnant le coucher du soleil. Misaki avait donner rendez-vous à ses deux collègues d'entraînement, ainsi qu'à son enseignante à son restaurant de Takoyaki préférée. Elle n'avait aucune idée si elle allait se joindre à eux, peut-être était-elle déjà sur place ? Une chose était certaine, les boules de pieuvre qu'elle aimait tant allait avoir un goût amer aujourd'hui.

Le restaurant détonait du paysage marin des boutiques arborant le marché du port Naragasa. Boutique aux allures pourtant si ordinaire de l'extérieur, Misaki était tombé sur cet endroit alors qu'elle rencontrait une kunoichi du nom d'Okogoto Kana, sans doute membre du fameux clan dont était le chef son ancien équipier aujourd'hui disparu des cartes kirijines. L'air marin était envahissant et la fraicheur des rayons d'un soleil couchant annonçant la fin de la saison estivale se faisait calmant pour la Yukijine. En prenant une grande inspiration, elle franchisa le seuil de la porte.

Dès ses premiers pas dans l'établissement, les effluves de cuisson venait remplacé l'odeur nauséabonde de l'extérieur. L'éclairage se voulait chaleureux et une réceptionniste bien habillée la salua par son prénom, signe qu'elle était peut-être venu trop souvent dernièrement... mais elle aimait tellement cette place. Avait-elle choisi ce restaurant parce qu'elle voulait le faire découvrir à ses collègues ou bien parce qu'il lui apportait une certaine paix d'esprit face à se qui s'en venait pour elle ? D'ailleurs, peut-être anticipait-elle trop la suite des événements ? Son petit esprit anxieux était-elle, encore une fois, en train de la dominer ?

Signe qu'elle voulait que ce repas soit officiel pour elle et qu'elle voulait surtout sauver les apparences et bien paraître, Misaki s'était vêtu d'un yukata traditionnel. Chose qu'elle ne faisait pas souvent et surtout, qu'elle détestait particulièrement. Si l'habit en soi n'était pas la raison de sa haine face à son accoutrement, c'était tout l'aspect officiel et politique que lui accordait sa famille qui lui faisait vivre ce sentiment de dégoût. Chassant rapidement cette pensée de son esprit, elle suivi la dame qui l'amenait dans une section privé où aurait lieu le festin de la soirée.

Int-rieur

Une table en bois accompagnée de six place avait été désignée pour le groupe de shinobi. Misaki n'avait absolument aucune idée de qui allait se pointer à son invitation. Elle n'avait pas reçu de lettre retour de la part de son enseignante et ne connaissait pas les chefs de l'équipe huit et de l'équipe neuf. Peut-être ignoreraient-ils l'invitation, laissant les trois genin manger en paix ? Peut-être allaient-ils se pointer ? Seul le temps pourrait répondre à cette question.

Pour le moment, Misaki était seule. Prenant place autour de la table, elle pouvait sentir son petit coeur battre dans sa poitrine. Elle porta une main au milieu de ses seins, comme pour essayer de calmer les battements rapide qui pompait un peu trop de sang un peu trop rapidement dans son corps. Elle prit une grand inspiration afin de calmer son esprit, mais n'eut pas à attendre bien longtemps avant qu'une première personne arrive.

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Sendai Mayumi
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Mar 27 Avr 2021 - 13:49






Le réveil, dans la clinique, avait été aussi brutal que douloureux. Des os cassés, des ecchymoses recouvrant presque l'intégralité de son corps frêle, l'impression étrange d'avoir été momifiée avant son heure - et pourtant, elle n'était pas kazejine de naissance : tant d'éléments avaient su éveiller en elle la honte de la défaite. À nouveau confrontée à sa propre impuissance face à des techniques d'une telle intensité, la gifle avait été aussi difficile à encaisser que l'assaut infernal des stalagmites gelées. Les médecins présents avaient fait un travail remarquable pour lui permettre de quitter aussi rapidement - le jour même, à vrai dire - les bons soins offerts au sein même du Complexe Shinobi. Toujours couverte de multiples bandages, une béquille sous l'épaule gauche, l'Ancienne s'en était ainsi allée pour regagner le confort douteux de ses appartements dans les quartiers populaires de la cité Brumeuse, attendant l'heure fatidique où elle rejoindrait à nouveau ses deux compagnons d'entraînement pour un festin sous le signe du takoyaki. Une soirée possiblement bien arrosée, aux frais de la descendante de la famille Yuki, à laquelle étaient aussi conviés les mentors de chacune des équipes respectives des trois marmots, à savoir la cinquième, la huitième et la neuvième.

Au moment opportun, tandis que les derniers rayons de l'astre solaire égayaient le ciel de splendides nuances rougeoyantes, Mayumi se changea, revêtant avec peine certains de ses plus beaux atours, dont les détails rendaient subtilement hommage à ses origines tribales de par les différentes broderies et symboles qui parsemaient ce qui ressemblait, du moins, pour un oeil non aguerri, aux kimonos portées par les dames du pays de l'Eau. Sans l'énorme ceinture écrasant sa taille, bien sûr.

D'un pas lent, au rythme imposé par sa propre souffrance, la Sendai se dirigea assez tôt vers le port du village, où l'attendait, au restaurant indiqué, la jeune Misaki. La boutique - la blonde n'avait pas menti - se distinguait agréablement du lot. Sa devanture était… tout ce qu'il y avait de plus ordinaire, quelconque, à vrai dire. Elle en fut presque déçue, bien qu'elle savait qu'il ne fallait jamais juger selon les apparences. Surtout quand il était question de cuisine. Elle y pénétra donc sans plus tarder.

À l'intérieur, une jolie hôtesse vint rapidement s'enquérir des besoins de sa nouvelle cliente. La saluant d'un bref hochement de tête, l'Ancienne indiqua le nom de celle qui les attendait, tout en décrivant son apparence très… Yuki, en se désignant maladroitement du doigt. En arrivant dans la section privée du restaurant, un lieu discret, habilement isolé des autres tables, la jeune femme ne put s'empêcher de sourire en voyant que son amie était déjà arrivée. Elle commenta alors :


« Excellent choix d'établissement, Misaki. Le décor est superbe, et puis, les parfums… J'en ai déjà l'eau à la bouche. L'autre genin est déjà là? Oh ! Ton yukata te sied parfaitement, d'ailleurs... »

L'enfant de chakra, visiblement mal à l'aise face à celle des glaces, ne put que tourner autour du pot, de prime abord. Ne voulant pas plomber davantage l'ambiance, qui risquait déjà d'être particulièrement affectée par la douloureuse conclusion de leur précédent duel, l'immaculée hésita un moment avant de se mouiller pour de bon. Une inspiration plus tard, définitivement pénible à la vue des blessures qui affligeaient ses côtes, la native du pays des plaines enneigées osa finalement aborder le sujet. Les syllabes s'enchaînèrent aussi maladroitement qu'il en était humainement possible.

« Je… tu… Hm... »

Elle expira bruyamment par les narines. Non pas que l'embarras la frustrait au point de la faire bégayer autant, mais plutôt car elle désirait, plus que tout, dire les choses d'une façon qui n'embêterait pas plus son amie du clan richissime. Car la demoiselle aux cheveux d'argents était attentive aux détails et aux moindres signaux que lui envoyaient ses interlocuteurs. Dans le cas de la fille des glaces, son mal-être était criant. Sa gestuelle, son regard… Tout appelait, chez elle, à l'inconfort. Elle nourrissait sans doute des remords pour avoir utiliser des techniques d'une telle puissance. Mayumi, bien entendu, ne pouvait se douter que la femme aux perles céruléennes avait en réalité perdue le contrôle sur ses actions.

« Comment te sens-tu, depuis tout à l'heure? Tu vas bien? »

C'était un bon début. Mais ça n'avait rien de suffisant aux yeux de la Sendai. Il lui fallait poursuivre de sa voix toujours aussi mélodieuse, mais bercée, cette fois-ci, par un calme apaisant, à l'image d'une jeune maman désirant apporter un brin de réconfort, tissé à même ses paroles rassurantes, à son enfant en perdition. Un côté maternel que la genin s'était découvert très tôt, auprès des membres de sa fratrie aujourd'hui disparue. Les guerres tribales déchirant les contrées du Nord avaient eu raison de l'ensemble de ses frères et sœurs, et de sa tribu toute entière. Si certains survivaient encore, par-delà les steppes immaculées de ce froid pays, elle n'en avait jamais su quoi que ce soit. Chassant ces tristes images de son esprit du revers de la main, elle posa à nouveau toute son attention sur la blonde qui lui faisait face. Sur ses lèvres finement sculptées se dessina un sourire empreint de douceur, ouvertement chaleureux. Et alors, elle poursuivit enfin.

« Te connaissant déjà un tout petit peu, pour t'avoir longuement observée pendant notre mission et le combat, je suis certaine que quelque chose te tracasse. Si c'est au sujet de ce qui a pu se passer, à la fin de notre entraînement… »

Elle laissa volontairement sa phrase en suspend l'espace d'une seconde ou deux, histoire de se déposer confortablement sur le siège qui se présentait devant elle. La douleur, toujours omniprésente, en particulier au niveau de son thorax et de ses jambes, manqua de lui arracher un vilaine grimace, tandis qu'elle cherchait la position parfaite pour éviter une souffrance continue et inutile. Les médecins avaient fait leur possible pour réparer ce qui devait l'être. Le reste se ferait par l'action du temps, simplement. Elle ne laissa cependant rien paraître aux yeux de la Yuki. Cela n'aurait pas aidé à atténuer ses remords, pensa-t-elle. Ni à améliorer l'ambiance.

« Je veux que tu saches que je ne t'en veux pas du tout, pour mes blessures. Et je suis certaine que le garçon au sabre affirmerait la même chose que moi. C'était un combat, et tu as tout donné pour le gagner. J'aurais sans doute fait la même chose, à ta place. Alors ne sois pas trop dure envers toi-même. Tu es incroyablement forte, cela dit. Je tenais à te le dire. J'ai été… percutée… par ton talent. »

Une blague, entre deux propos. Ou plutôt, une tentative de blague. Elle rigola, les dents serrées par l'amertume résultant de sa déconfiture. Haha. Haha.

Dissimulant habilement sa dextre dans la manche de son vêtement, la réfugiée posa un regard tendre, bien qu'affecté, envers son ancienne partenaire de mission. Prise de tremblements légers, mais incontrôlables, au niveau de son membre supérieur depuis son réveil dans la clinique, elle préférait que la Yuki ne le remarque pas. Après tout, elle n'en était probablement pas la cause. L'ancienne yukijine avait pêché par l'excès à maintes reprises depuis la sortie de son coma, au début de la saison estivale. Son comportement, à la limite de l'auto-destruction, avait entraîné une exacerbation de ce genre de symptômes issus de sa maladie. Le résultat de son idiote était désormais évident. Elle voyait d'ailleurs déjà son sensei, Kaguya Shitekka, la gronder pour ses envies spartiates et sa témérité, tout comme celle qu'elle considérait à présent comme une véritable grande sœur, la sabreuse et apprentie doctoresse, Mawehara Miyuki. Cette pensée la fit sourire bêtement alors qu'elle reprenait finalement son discours.


« Ce soir, on célèbre notre mission, tout comme la naissance d'une... saine rivalité - et amitié ! - entre nous trois. Qu'est-ce que tu en dis? Oh, et, euh… je dois aussi te dire : Je n'ai pas trouvé le courage d'inviter mon sensei. Il est sévère et particulièrement intransigeant. Austère, jusqu'à un certain point, même. Et puis je ne m'entends pas spécialement bien avec lui, je ne te le cacherai pas. Alors… Voilà, c'était mieux ainsi. J'espère seulement qu'il n'a pas eu vent de cette soirée. Je ne veux pas le voir rappliquer ici par surprise… »

Cela serait, comme qui dirait, fâcheux, d'autant que le balafré arriverait sans doute de mauvaise humeur après avoir reçu le rapport concernant l'incident durant leur entraînement. Mayumi ne souhaitait pas que cela retombe sur la Yuki. Cette simple pensée la faisait frissonner d'angoisse. Elle savait, pour l'avoir simplement vu énervé, qu'il pouvait être désagréable et, surtout, très direct. Il valait donc mieux le tenir loin pour le moment. Pour ce soir, du moins… Car la « célébration » aurait tôt fait de tourner au cauchemar, autant pour son amie que sa propre personne. Et ça, l'enfant de chakra préférait éviter…




@Ryûken

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Merci à Yami & Aimimii pour le kit ! <3
Theme of Mayumi
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Yuki Misaki
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Mar 4 Mai 2021 - 16:00

[Misaki] - Mayumi ! S'exclamait-elle en se relevant pour accueillir sa nouvelle amieC'est vraiment trop mignon ce que tu portes.

Un chaleureux sourire au visage, la genin ne pouvait s'empêcher de démontrer ce bonheurs qui l'envahissait en cet instant et en ce moment.

[Misaki] - Je vais bien. Ne tant fait pas pour moi.

Son expression faciale avait laisser place à de la honte et, fuyant le regard de la Sendai, elle posait les yeux au sol. Elle était honteuse et gêner de la façon dont s'était terminée leur entraînements. Elle n'avait jamais voulu blesser ses adversaires et, bien qu'il s'agissait d'un duel entre personnes consentantes, ne pouvait s'empêcher de s'autoflageller face à son manque de bienséance. C'est alors que Mayumi lança une observation faite sur la genin, lors de leur mission et du duel. Cette petite constatation venait avec un nouveau lot d'émotions pour la genin.

[Misaki] - Suis-je vraiment si prévisible ?

Répondit-elle en remontant la tête, un nouveau sourire aux lèvres. C'était un concept qui revenait dernièrement avec son enseignante. Bon, ça devait faire quelques mois qu'elle avait rejoint les rangs de l'équipe numéro cinq et elle avait passée le plus gros de son temps en compagnie de la gladiatrice et chef de l'équipe; Gozan Arukisa. Ensemble, elles avaient réalisées plusieurs missions, entraînements et discutions au point où l'adolescente n'avait plus de secret pour son enseignante. C'était donc normale, après autant de temps passé avec une seule personne, qu'elle soit capable de lire Misaki comme un livre ouvert. Cependant, que Mayumi aussi y arrive, c'était quelque chose qui étonnait la genin qui ne se croyait pas si évidente.

[Misaki] - Au final, je ne suis pas dûre envers moi-même face à ce que je t'ai fait, ni même aux blessures que j'ai infligée à Ryûken. Ça fait partie du challenge des entraînements. Oui, j'aurai préférée que ça finisse autrement, mais je m'en veux d'avoir autant perdu le contrôle et d'avoir autant mit en danger votre sécurité que celle de mes confrères qui regardaient le duel.

Elle baisait les yeux une nouvelle fois. Le regard de sa comparse, d'un magnifique rose calme et apaisant, était pourtant si difficile à supporter en ce moment. Cependant, la blague de Mayumi sortie Misaki de cette torture psychique comme si elle venait de lui envoyer une claque directement dedans sa tête. Ce qui fit éclater Misaki de rire... La blague n'était même pas si drôle que ça en plus...

[Misaki] - Personnellement, je suis restée complètement épatée par ton oiseau de chakra. C'était beauuuuucoup trop mignon.

Elle s'était mise à imiter avec ses bras un oiseau. Misaki, en présence d'une personne réconfortante, perdait toute l'étiquette qui lui avait été enfoncer dans la gorge par sa famille, alors qu'elle n'était qu'une jeune enfant. Il en ressortait une fille des glaces qui accompagnait beaucoup ses paroles d'une gestuelle atypique.

[Misaki] - Oh ! Et la couleur de ton chakra... C'est juste magnifique. Dit-elle en avançant d'un pas en rentrant dans la bulle imaginaire de la genin et en lui fixant le fond des yeux d'un peu trop près.Un peu comme t'es yeux, en fait !

Elle ne s'était même pas rendu compte que Mayumi s'était déjà assise... En réalisant la situation qui devait être un peu gênant pour sa comparse, elle se recula d'un bon et s'inclina en s'excusant à profusion. Petit moment impulsif qu'elle regrettait, ne voulant pas rendre la situation plus inconfortable, elle s'assied à son tour. C'est alors que la Sendai abordait le fait qu'elle n'avait pas invité son enseignant. Elle comprenait le pourquoi et ce n'était pas bien grave. Elle pouvait quand même passer un bon moment ensemble, même sans la présence de cet être aussi sévère. Et puis... plus de Takoyaki pour le groupe !

[Misaki] - Personnellement, j'ai envoyée une lettre à Arukisa, mon enseignante, mais elle n'a pas répondu. Je ne crois pas qu'elle se joindra à nous. Elle est très occupée dernièrement.

[...]


Ça devait faire plus d'une heure que le duo discutait, ricanait et passait du bon temps. Elles avaient décidée d'attendre leur collègue, Ryûken, avant de passer une commande de nourriture. Une serveuse était venu les voir à quelques reprises, afin de voir si les genins étaient prête à commander quelque chose. Face au refus du duo, elle revenait a chaque fois visiblement plus irrité que la dernière. Au bout d'un moment, Misaki se sentit mal pour cette pauvre travailleuse qui voyait en eux un groupe qui lui faisait perdre son temps.

[Misaki] - Je pense qu'on va devoir commander, je crois qu'ils vont nous jeter dehors sinon.

Dit-elle tout bas à Mayumi en voyant la serveuse et son supérieur se parler tout en fixant la table des kunoichis. Sans attendre la réponse de sa collègue, Misaki leva la main afin d'avoir l'attention de cette dame qui, enfin, avait l'air moins contrarier par le groupe. La fille des glaces commanda des Takoyakis – ils étaient là pour ça après-tout – accompagnée pour sa part d'une bière. Encore une fois, ce n'était pas très étique pour une fille de naissance noble de commander une alcool si peu raffiné, mais elle détestait particulièrement le saké et elle n'avait que faire de l'étiquette face à Mayumi.

[Misaki] - J'ai bien l'impression que ce ne sera que toi et moi ce soir ! Autant en profiter et boire un coup. Lui dit-elle en lui envoyant un clin d'oeil.

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Jeu 6 Mai 2021 - 19:24





Si la parole pouvait parfois murmurer la vérité, le corps tout entier, lui, la hurlait à pleins poumons à tous les coups – ou presque. L’immaculée n’était pas sotte. Elle n’était pas non plus crédule au point de gober aussi aisément les affirmations trompeuses de la fille des glaces. La rescapée des terres du Nord savait après tout mieux que quiconque à quel point il pouvait être difficile de se montrer vulnérable sous le regard d’autrui. Sa propre maladie l’obligeait elle-même à revêtir le masque de la courageuse, jour après jour. La belle églantine ne jugea cependant pas nécessaire de confronter directement son amie sur son état réel, et préféra l’action aux paroles pour soulager, ne serait-ce qu’un tantinet, les maux invisibles de la blonde. N’était-ce pas son corps qui les exprimait davantage que ses mots, après tout?

Ainsi, au moment où la jeune Misaki porta nerveusement son regard fuyant sur le sol, Mayumi décida d’agir, appliquant un baume de son cru sur les plaies imaginaires de sa jolie interlocutrice. Mobilisant d’abord discrètement ses mains pour enchaîner une courte série de signes incantatoires, la kunoichi fit ensuite émerger de sa paume droite un fin nuage chakratique, et referma doucement chacun de ses doigts sur cette mystérieuse apparition. Une légère inhalation plus tard, la chrysalide de chair et d’os se décomposa progressivement pour libérer un duo d’êtres célestes, imitant trait pour trait la silhouette délicate du plus merveilleux des papillons. Gravées de formes géométriques diverses, leurs minuscules ailes battirent faiblement l’air avant de les porter tout juste sous les yeux de la Yuki. Là, libre de toutes entraves, le couple valsa gracieusement à même le vide qui séparait la présence éthérée de l’immaculée et celle de sa nouvelle amie, puis se sépara, chacun se dirigeant lentement selon les ordres muets de leur créatrice. L’un se posa sur le bout du nez de la Yuki. Le second, sur sa dextre. La scène se figea ainsi l’espace d’un instant, sous l'égide de la poésie et de la légèreté, avant que ne s’évaporent, peu à peu, les œuvres éphémères de la Sendai. Ses lèvres se délièrent enfin.


« Tout comme pour la beauté de mes créations, il est des choses en ce monde qui sont particulièrement difficiles à dissimuler. C’est le cas pour des émotions aussi fortes que celles qui t’habitent... Mais, tu n’es pas prévisible à ce point. Je suis simplement trop… observatrice. Rien n’échappe à ces iris roses, tu sais? »

Un sourire illumina faiblement les traits angéliques de Mayumi. Elle rigola, sans l’ombre d’une malice, puis souffla par les narines. Son ton, chaleureux de prime abord, prit alors une teinte autrement plus sombre. Et ce, bien malgré elle. Quels souvenirs terrifiants se cachaient encore dans les abysses de sa pensée ? Peu, hormis l’ancienne yukijine, le savait réellement…

« J’ai appris à survivre face à de véritables monstres, là d’où je viens. À Yuki no Kuni, de violentes guerres tribales déchirent le pays et corrompent ses plaines immaculées du sang de centaines d’innocents. Ç’a été le cas pour l’entièreté de ma tribu. Si je peux avoir l’honneur d’être toujours parmi les vivants – et ici, avec toi, aujourd’hui – c’est parce que j’ai su aiguiser mon sens de l’observation. Porter attention au moindre détail, analyser l’autre et son comportement pour y déceler une menace potentielle… C’est quelque chose que je fais depuis mon plus jeune âge. C’est instinctif, maintenant... Donc, non. Tu n’es pas si prévisible. »

Toussotant légèrement pour chasser de sa voix les derniers rémanents de son obscure tirade, elle envoya valser du revers de la main la lourdeur qui semblait vouloir s’installer autour de la table. Elle n’y était pas invitée, après tout. Sa voix retrouva alors sa mélodie perdue, égayant l'ouïe de quiconque pouvait l’entendre, comme si l'on se nourrissait d’un miel auditif bien sucré et ô combien délicieux.

« En effet, les blessures, ça fait partie des entraînements ! Tout comme la perte de contrôle… Tu ne crois pas? Oui, ç’aurait pu poser un risque pour la sécurité des autres aspirants qui observaient notre combat. Oui, c’est une chance que personne d’autre n’ait été blessé. Ça, on ne peut pas le nier. Mais tu n’as pas à porter le blâme seule : nous sommes responsables, tous les trois. J’apprendrai de mes erreurs, de ma… défaite… et tu apprendras des tiennes, j’en suis certaine. Et si tu crains que ça se reproduise, travaille d’arrache-pied pour l'en empêcher. C'est ce que nous savons faire de mieux, en tant que shinobi, non? Je suis même prête à t’aider, comme amie. Si tu le désires, bien sûr. »

La mauvaise blague de la belle églantine avait visiblement fait son petit bout de chemin jusqu’aux oreilles de la blonde, qui pouffa d’un rire aussi candide que spontané. Un poil exagéré, peut-être, mais un véritable petit rayon de soleil, dans une discussion aux abords plutôt sombres, et qui réchauffa gaiement le cœur de l’enfant de chakra. En vérité, elle se surprit même à poser sa main contre sa poitrine tandis que son organe vital semblait s’emballer au creux de son thorax au rythme des sons émis par l'autre kirijine. Était-ce là seulement les joies de l’amitié qui lui faisaient autant d’effet?

« Merci ! C’est vrai qu’il est mignon, cet oiseau tout rose. J’aime bien sculpter des éléments de la nature à même mon chakra pur, tu sais? Ça me rappelle mes origines. Dans le cas de cet oiseau, c’est un... aigle ! Euh… une… sorte d'aigle… Je crois..? Par contre, il consomme une quantité folle d’énergie, ce bougre! »

S’esclaffa-t-elle brièvement en portant sa main sur ses lèvres, sans constater, sur le coup, que la demoiselle aux mèches dorées avait pénétré sa bulle personnelle. Les compliments fusèrent alors, et avec eux, une étrange connexion naissait. Lorsque la Yuki perça les miroirs de l’âme de la Sendai de son regard azuré, celle-ci figea, piégée par la surprenante proximité de son ancienne partenaire de mission ainsi que par la beauté des prunelles de sa vis-à-vis et la douceur des traits de son visage. Le sien s’empourpra aussitôt, alors qu’elle rompait finalement l’intime contact visuel...

« Euh… je… Ce… Ce n’est rien. Ne t’en.. Ne t’en fais pas, Misaki. Je… Tu es très jolie aussi. Je..! Je veux dire, tes yeux. Oui, tes yeux. Ta maîtrise de la glace aussi ! C’est… je… »

La voilà bien embêtée. Les excuses et les courbettes de la Yuki n’aidèrent en rien à calmer la gêne qui submergeait dorénavant la rescapée des terres enneigées, dont la couleur des joues rivalisait désormais fièrement avec la teinte élégante de son chakra. Son seul échappatoire fut un brusque changement de conversation, faisant basculer l'attention sur l'absence probable de leurs mentors respectifs à cette soirée festive. Un nom, en provenance des paroles de sa compagne, vint cependant faire agréablement tilter l'enfant de chakra, qui ne put masquer son excitation.

« Non..! Tu es réellement l'élève d'Arukisa? Gozan Arukisa? La jônin qui ne tient jamais en place et qui trimbale avec elle une énorme faux mécanique? Elle a donc sa propre équipe, maintenant… »

Gagnées par la surprise, les paupières de Mayumi s'écarquillèrent tandis qu'elle ricanait en douceur. Le hasard faisait drôlement les choses. Ce n'était pas étonnant si elle s'entendait aussi bien avec la genin, en bout de ligne. L'élève de Gozan Arukisa, hein?

« Tu as beaucoup de chance, tu sais? C'est une personne formidable. Et une bonne amie. Dommage qu'elle ne puisse pas se joindre à nous, je l'apprécie beaucoup. Vous vous ressemblez un peu d'ailleurs, du point de vue de la personnalité. Comment ça se passe, avec elle pour mentor? Questionna la jeune femme, curieuse d'en savoir davantage. Tu sais, je l'avais rencontrée au détour d'une séance de bénévolat, au printemps. Ah! Tout ça me semble si loin, aujourd'hui… »

D'autant qu'elle avait passé de nombreuses semaines, peu de temps suivant cette rencontre, prisonnière d'un lit à l'hôpital général de la cité Brumeuse. Le coma, et ses conséquences, avaient empêché l'immaculée de solidifier davantage le lien qui l'unissait avec la Rose rouge depuis cette magnifique aventure en-dehors de l'enceinte du village, par-delà les marécages brisés et les forêts luxuriantes bordant la forteresse cachée. Peut-être serait-elle devenue son élève, elle aussi, si la maladie ne s'était pas insidieusement infiltrée entre les deux kunoichis?

« On aura l'occasion de se reprendre, pour le restaurant. Un jour, peut-être, je te ferai rencontrer mon sensei. Il se nomme Shitekka, du clan Kaguya. Ce n'est pas Aru, et, comme je te l'ai dit, je ne m'entends pas encore à merveille avec lui, mais je crois qu'il a un bon fond. S'il est aussi sévère, c'est pour mon propre bien, après tout… Du moins, j'imagine. »

La Sendai hésita, l'espace d'une seconde, à se confier à la blonde au sujet du mal qui la rongeait depuis des lustres, mais préféra taire la chose jusqu'à nouvel ordre. L'occasion allait finir par se présenter, elle en était certaine.

Ce qui devait être une soirée de festivités et la naissance d'une rivalité entre équipes prit finalement l'allure d'une simple sortie entre amies. Non mécontente de ce moment passé en si plaisante compagnie, la kunoichi à la chevelure argentée en avait profité pour discuter longuement avec sa partenaire tandis qu'elles attendaient la venue de celui qui complétait le trio. Au bout d'une petite heure, cependant, elles durent se rendre à l'évidence: le gamin prénommé Ryûken ne se joindrait pas à elles. Avait-il été vexé par sa défaite face à la blonde? Peu importait, au fond. C'était l'opportunité rêvée d'en apprendre davantage sur son amie.


« Serait-ce là notre premier rendez-vous galant, Princesse des neiges? »

D'humeur taquine, sa propre question lui arracha un sourire rayonnant, à l'image de sa personnalité singulière. Puis vint la serveuse, soulagée de pouvoir enfin soutirer quelques ryôs à ses jeunes clientes pour le compte de son patron. Laissant Misaki placer sa commande, Mayumi jeta ensuite son dévolu sur les fameux takoyakis et une énorme part d'okonomiyaki, accompagnant les mets d'un breuvage alcoolisé aux allures de cocktail. Une boisson rafraîchissante aux arômes fruités et au goût légèrement acidulé, qui fit doucement glousser la belle églantine lorsqu'il entra au contact de ses papilles gustatives. Tout sourire, elle posa alors son regard pétillant sur son amie.

« Alors, dis-moi donc… À quoi aspires-tu en tant que shinobi? As-tu des objectifs, un nindo, des envies..? »

Affichant une mine faussement songeuse, son index vint palper la courbe sous sa lèvre inférieure. Elle prit une nouvelle gorgée du savoureux breuvage, puis poursuivit sur sa lancée.

« Tu m'intéresses beaucoup, tu sais? Je ne pensais pas dénicher une personne me ressemblant autant. Et pas qu'au niveau de l'apparence, je dois le dire. Je ne passerai pas par quatre chemins: Je… j'apprécie beaucoup ta… ta compagnie. »





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Ven 7 Mai 2021 - 2:41

La soirée ne faisait que débuter et déjà, Misaki était prise dans une véritable montagne russe d'émotion. D'abord excitée à l'idée de passer un bon moment en compagnie de ses deux nouveaux rivaux et de leurs enseignants respectifs, elle avait dû se faire à l'idée que seulement Mayumi et Misaki seraient de la partie pour ce souper sous le thème de la pieuvre. Après, c'était quelque chose qu'elle appréciait et la tournure des événements lui plaisait bien. Elle avait ensuite fait un petit tour sur la route de la honte et de la tristesse, en repensant à la finalité de cet entraînement qui lui avait laissé un goût amer dans la bouche. C'était une victoire, certes, mais elle ne voyait absolument pas ça ainsi. Non seulement, elle s'était complètement vidée de chakra, mais elle avait perdu le contrôle de ses émotions. Chose qu'elle expérimentait de plus en plus dernièrement. D'abord par ce sinueux trauma qui se gravait une place importante dans la psyché de La Paniquée et finalement, face à ses deux adversaires de la journée, car incapable de trouver une réponse adéquate aux enchaînements de Ryûken, elle avait été mise sur la défensive et dans un état de panique. Le tout, la forçant à répondre avec une force disproportionné. C'était définitivement quelque chose sur quoi elle allait devoir travailler.

Elle était aussi restée agréablement surprise par deux petites choses provenant de cette interlocutrice qu'elle adorait de plus en plus ; l'origine de cette dernière et une manifestation magnifique des capacités de la Sendai.

La première chose qui l'avait fait sortir de ce tourbillon émotif étaient une manifestation chakrique de sa comparse. De magnifique papillon s'envolèrent dans une magnifique démonstration rosé. Se posant sur son nez, la première création fit sourire la fille des glaces. La seconde, se posant sur sa main droite, lui fit sauter un battement. Alors qu'elle regardait, avec ses yeux d'enfants, les deux êtres éphémères disparaître doucement, elle posa une nouvelle fois son regard de celui de Mayumi. Son coeur sauta un second battement.

La deuxième chose sur quoi elle était restée surprise concernait les origines de la Sendai. Misaki n'en avait absolument aucune idée, quoi qu'elle aurait quand même dû s'en douter un peu, que l'Églantine était, elle aussi, née dans le pays des neiges éternelles. Elle semblait en avoir vu des vertes et des pas mûres alors qu'elle arpentait les terres barbares de la neige avec son clan. Désolée d'apprendre le massacre de ce dernier, elle ne pu s'empêcher de repenser à son ancien coéquipier, Okogoto Ken, qui avait failli perdre son clan de la même façon que Mayumi avant de se réfugier au village de la brume.

Elle aurait voulu lui dire qu'elle aussi, elle était Yukijine, mais sans doute s'en doutait-elle déjà ? Après tout, Misaki portait le nom de ce pays en guise de nom de famille et son clan possédait naturellement un talent vers la manipulation de l'Hyôton. Et puis... Que pouvait-elle bien dire de plus face à la douleur et à la souffrance que devait vivre cette kunoichi au passé virevoltant ? Misaki avait eu la chance de naître dans une famille riche du pays. Elle avait eu la chance de ne pas avoir à interagir plus que ça avec les clans barbares de la neige. Non, elle l'avait eu facile, elle. Comment pouvait-elle prétendre comprendre ce que son interlocutrice vivait ? Comment pouvait-elle la supporter dans ce qu'elle vivait ? Était-ce même sa place, de la supporter dans son lourd passé ? C'était, étrangement, quelque chose qu'elle aimerait pourtant faire. Elle aimerait pouvoir aider son amie, cette personne qu'elle ne connaissait pas depuis longtemps, mais qui comptait déjà pour beaucoup à ses yeux. Elle aurait aimé pouvoir l'aider à soulever ce bagage avec elle et à lui rendre plus facile ce qu'elle vivait, ne serait-ce qu'un tout petit peu. Sans mot, elle avait choisi d'écouter cette femme au passé forgé dans le sang et la violence, bien malgré elle.

La conversation suivi son court. Le bégaiement de la Sendai, complètement désemparé par le compliment purement impulsif lancée par l'adolescente avait un je-ne-sais-quoi de charmeur aux yeux de Misaki. Elle qui avait toujours les bons mots, trouvait bien mignon de voir sa partenaire de mission et d'entraînement clairement malaisée par ce moment invasif que s'était, involontairement, offert la Yuki. Vivant elle-même un peu de gêne face à cet instant, face à ce moment, elle avait choisi de ne pas en rajouter et de passer à autre chose. Comme pour essayer de rapidement sauter du coq à l'âne en espérant mettre sous silence ce petit moment unique qui, sans doute, resterait gravé à jamais dans la mémoire de la Yukijine – à moins que Kiyon n'en décide autrement -

Surprise, une troisième fois, par cette personne qui semblait avoir une mystérieuse emprise sur la Yukijine, elle n'avait aucune idée que Mayumi et Arukisa se connaissait. Misaki riait à la description faite par son interlocutrice : Une jônin qui ne tenait jamais en place avec une grosse faux mécanique. Elles parlaient définitivement de la même Arukisa.

[Misaki] - Oh ! Tu connais Arukisa ? Lui dit-elle complètement étonnée par la Sendai.Enfin, pour le moment, je suis la seule membre de l'équipe. On est la cinq. On avait un membre, lui aussi originaire de Yuki, mais il a disparu du jour au lendemain sans laisser la moindre trace. Pour le moment, ce n'est qu'elle et moi.

Elle accompagnait ses dires par une gestuelle sans réel sens et qui partait un peu n'importe comment. C'était, en fait, vraiment pas aidant à imager ce qu'elle disait, mais elle était excitée à l'idée de parler de son enseignante. Alors que Mayumi lui posait une nouvelle question, sur la pédagogie de la gladiatrice, les mouvements chaotiques de ses appendices se calmèrent. Elle portait sa dextre à son menton tandis qu'elle déposait son autre main sur la table. Arquant un peu la tête, elle réfléchi quelques instants, comme pour choisir les bons mots et répondit avec un immense sourire à son interlocutrice.

[Misaki] - Pour vrai. Elle est géniale. Je la connais depuis quelques mois maintenant et je la vois de plus en plus comme une amie. C'est peut-être pas une bonne chose, mais tu as raison quand tu dis qu'on a une personnalité similaire. On partage d'ailleurs beaucoups de choses en commun et elle est particulièrement aidente. Toujours derrière mes idées les plus folles, elle capable d'actualiser mes idées les plus farfelus.

Cette fois-ci, elle avait accompagné ses dires en imitant une gigantesque boule devenant de plus en plus grosse avant d'exploser dans tous les sens. Elle faisait référence à cette technique combinée qu'elle avait créer avec la Gozan, mais ça ne devait pas faire tant de sens que ça pour la Sendai. C'était plutôt cocasse et hors de l'ordinaire. Misaki ne s'en rendait même pas compte.

[Misaki] - Par contre, elle est un peu trop protectrice. Elle a perdu des élèves par le passé et je crois que ça l'affecte encore. Ce n'est pas quelque chose sur quoi elle agit tant à vrai dire, mais je la connais assez pour voir que mes idées les plus dangeureuses la fait paniquée interieurement... Et crois moi, je sais à quoi ça ressemble. Dit-elle en faisant référence à sa psyché constament sous le jouc de l'anxiété et à sa réaction démesurée face a l'entraînement.

La quatrième surprise, parce que oui, Mayumi semblait les enchaîner les unes après les autres, avait laissé Misaki complètement silencieuse. Kaguya Shitekka... Elle connaissait cet homme de nom... Alors qu'elle était à ses débuts dans les rangs de la brume, Misaki avait été affectée à l'équipe de ce représentant du clan Kaguya. Elle aurait dû faire partie de son équipe et non pas celle d'Arukisa, mais la politique Kirijine en avait voulu autrement. Elle ne le connaissait pas personnellement, elle ne l'avait jamais rencontré en personne et on lui avait même formellement interdit de se joindre à lui lors de leur première journée dans l'équipe numéro huit de la brume. C'était à un moment dans la vie de Misaki où ses parents, en désaccord avec son choix de rejoindre les rangs militaires du village, avaient fait pression pour qu'elle soit obligée de redevenir la fille trophée qu'ils espéraient tant qu'elle soit. S'ils n'avaient malheureusement pas été capable de jouer cette carte ; probablement dû aux capacités d'analyse et à sa facilité à manipuler le ninjutsu lui valant un certain intérêt des autorités kirijines, ils avaient réussit à empêcher Misaki de rejoindre l'équipe possédée par un membre d'un des grands clans du village.

[Misaki] - Euuh... Elle se sentait toute petite dans sa chaisseJ'ai... hmm... failli... être dans cette équipe. Elle baissait les yeux.mais mes parents en ont voulu autrement... Enfin... ils voulaient pas que je devenis shinobi point... mais ils ont juste réussi à m'empêcher de rejoindre l'équipe d'un membre d'un des grand clans du village... Enfin... c'est compliquée... La politique et tout ça...

Elle faisait une pause, elle n'était pas si alaise que ça. Elle n'aimait pas se plaindre de sa famille. Pas face à quelqu'un comme Mayumi qui donnerait sans doute tout ce qu'elle pouvait pour ravoir la sienne. Elle connaissait la chance qu'elle avait. Troisième fille d'une famille de neuf. Né dans la richesse et dans l'allégresse, ses problèmes étaient bien minime face à ceux de ses comparses.

[...]


Le pauvre petit coeur de la princesse des neiges sauta, de nouveau, un battement, alors que Mayumi la taquinait concernant la nature de cette rencontre. Elle savait bien que la fille aux magnifiques yeux rosés lui faisait une blague. Elle n'était pas sotte, mais ne serait-ce que l'espace d'un instant, Misaki y avait bien cru, lui faisait ainsi sauter un battement. Et si... Et si elle aimait bien cette idée ? Elle chassa rapidement cette pensée de sa tête. Comment pouvait-elle bien être en rendez-vous galant, alors qu'elle venait tout juste de se rencontrer ? Mais... l'espace d'un instant... le sourire de la genin trahissait cette sotte pensée. Elle l'aimait elle, cette blague... Malaisée par la situation, car elle n'était qu'une adolescente aux sentiments ne sachant absolument par comme gérer cette émotion qui l'envahissait, elle essaya de faire diversion en portant un peu d'alcool à ses lèvres, tandis qu'elle fuyait le regard de la sendai. Sans doute s'en était-elle rendu compte, car elle changeait naturellement le sujet et questionna Misaki sur son nindo.

[Misaki] - C'est une bonne question. C'est assez compliquer pour moi, sur ce point-là. Si tu m'avais posé la question il y a quelques semaines, je ne t'aurai même pas répondu, préférant cacher les raisons premières m'ayant fait rejoindre les rangs de la brume. Sauf que ce n'est plus d'actualité. J'ai... hmmm... J'ai vécu difficilement le déshonneur jeté sur mon clan par les membres de ma famille ayant déserté les terres de l'eau. Je suis devenu une kunoichi dans l'espoir de les traquer et de restaurer le peu d'honneur qu'il reste à mon clan... mais le Mizukage à signé un traité avec Iwa comme quoi il promettait que la brume n'userait d'aucune représailles face à eux. Après... c'est une motivation conne et qui ne représente plus qui je suis maintenant et pourquoi je veux continuer de me battre.

Mayumi était la deuxième personne à connaître les raisons profondes ayant amenées Misaki à se joindre à l'académie shinobi du village. C'était définitivement un signe de l'aisance qu'elle avait à parler avec l'églantine. Ça parlait aussi beaucoup de ce que leur relation devenait pour la fille des glaces.

[Misaki] - C'est d'ailleurs Arukisa qui m'a fait voir toute la bêtise de ce désire égoïste. Maintenant, je dirais que je veux me battre pour la brume et ses habitants. Pour protéger cette place qui est ma maison et surtout, éviter de devenir cette femme trophée que mes parents espèrent tant. Sinon... j'ai soumis mon application pour rejoindre les rangs de la Kenpei. J'attends encore leur décision sur le sujet. Mon dossier est en évaluation. J'aimerai peut-être rejoindre les rangs du Shiden... un jour peut-être ! Elle portait une nouvelle gorgée de ce liquide aux propriétés désinhibant. Et toi ?

Si seulement elle savait que dans quelques jours seulement, elle allait de nouveau passer du temps avec cette femme qu'elle avait en face d'elle. Si seulement elle pouvait savoir ce que le destin leurs réservait, mais lire dans le futur n'était pas une capacité qu'elle possédait.

[...]


Elles échangèrent un peu sur le sujet du nindo et des motivations. La conversation était, malgré son caractère sérieux et sur les dires lourds de sens échangés de part et d'autre, assez légère et facile à aborder. Cependant, en portant une boulle de pieuvre à sa bouche, Misaki failli s'étouffer sur ce venait de lui dire Mayumi. L'adolescente avait tout bonnement perdu le compte du nombre de fois que la Sendai l'avait surprise depuis le début de leur soirée ensemble. Cette fois-ci, par contre, ça avait tout bonnement sortie Misaki de sa zone de confort. Elle qui, en tant normale était en contrôle des conversations, venait d'être lancée bien loin de ce qu'elle était capable d'anticiper et de gérer. Physiologiquement, son pauvre petit coeur battait à plein régime, pompant de l'adrénaline partout dans son coeur. Elle avait pu le sentir physiquement sauter un battement à l'annonce de l'églantine. Psychologiquement, elle repassait dans sa tête les mots de son interlocutrice. Elle essayait d'analyser tous les sens possibles à ce qu'elle venait de lui avouer. Son coeur sauta une nouvelle fois, car son esprit s'évadait à l'idée que, finalement, il s'agissait bien là du premier rendez-vous galant entre elle et Mayumi.

Incapable de prononcer le moindre mot... sous le choc... elle prit d'importante respiration alors qu'elle fixait Mayumi. Son visage avait perdu sa teinte blanchâtre afin d'adopter une teinte rose. Des plaques de stress avaient fait leurs apparitions sur le haut de sa poitrine. Que pouvait-elle bien lui dire ? Comment pouvait-elle bien répondre à cette expression si pure et si importante ? Incapable de manipuler la conversation, les quelques mots qui sortirent des lèvres tremblantes de la genin provenait du plus profond de sa psyché.

[Misaki] - Moi... moi aussi...

Son coeur sauta une nouvelle fois un battement. Si elle n'avait pas 17 ans, elle serait sans doute en train de faire une crise cardiaque tellement ce pauvre petit organe en voyait de toutes les couleurs aujourd'hui. Elle porta une nouvelle fois une gorgée d'alcool à sa bouche. Cherchait-elle à faire descendre le morceau de Takoyaki qui s'était coincé dans sa gorge ? Cherchait-elle à se donner du courage en désinhibant sa tête de paniqué ? Voulait-elle se donner quelques secondes de plus afin de trouver une meilleure façon d'exprimer ce qu'elle voulait dire ? Après tout... « moi aussi » était si simple, si banale et pourtant si brute et si réel.

Ne trouvant pas d'autres mots, elle allongea cette gorgée qui semblait ne pas prendre fin. Pourquoi se devait-elle de réfléchir à ce qu'elle voulait lui dire ? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement lui parler sans aucun filtre ? C'était sans doute là une façon pour elle de protéger le peu d'estime d'elle qu'il lui restait. Une façon de se battre contre l'intensité du sentiment qui l'envahissait. Cette adrénaline que son coeur pompait dans son corps la forçait dans un étant de fight or flight.

Elle déposa son verre en se donnant une claque mentale vachement importante. Elle posa son regard azurin dans celui de sa compagne. C'était si difficile pour elle de la regarder dans les yeux. Elle qui était si gêné et qui, pourtant, ne voulait pas manquer une seule seconde de ses magnifiques bourgeons églantine.

[Misaki] - Je... Je dois t'avouer que je pense la même chose... Je suis si bien avec toi !

C'était les quelques mots qu'elle avait réussi à arracher à sa psyché. Elle n'osait pas en dire plus. Elle ne voulait pas ruiner le moment. Que ce soit par sa maladresse, sa bêtise ou un réflexe impulsif de lui dire qu'elle l'aimait bien elle, cette idée d'être en rendez-vous galant.

Sauf qu'en cet instant et en ce moment, le résultat de ce combat intérieur entre fuir et se battre se fit entendre. Inconsciemment, Misaki allait se battre pour cet intense sentiment qu'elle vivait et ça allait prendre la forme d'une réaction bien impulsive. S'approchant de l'églantine, elle envahit une nouvelle fois sa bulle et en fermant les yeux, elle posa ses lèvres sur celle de sa partenaire.

Son coeur sauta une nouvelle fois un battement. Oh ! Comment elle espérait qu'elle avait bien lu ce que voulait lui dire son interlocutrice. Oh ! Si vous saviez à quel point elle espérait ne pas être rejeté alors qu'elle était présentement si vulnérable.


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Mer 12 Mai 2021 - 0:12






Les dernières lueurs du soleil couchant se reflétaient magnifiquement à même la chevelure dorée de la resplendissante Yuki, tandis que la Sendai posait sur elle un regard tendre, empreint d’une curiosité dévorante. La kunoichi buvait chacune des paroles de sa compagne de festin - et de beuverie - au sujet de son équipe, la cinquième du village, et de sa mentore, Gozan Arukisa. De toute évidence, celle-ci ne semblait pas différente de l’image qu’elle conservait tout au fond de ses souvenirs épars et parfois flous, précédant son séjour dans cette prison construite de néant et d’inconscience. Sirotant doucement son breuvage fruitée alors que l’écho de la voix de l’enfant des neiges résonnait de part et d’autre de la petite salle privée, égayant son ouï d’une musicalité qu’elle trouva fort agréable, la jeune femme souriait bêtement, par moments, au gré d’un organe vital qui paraissait s’emballer de plus en plus régulièrement face à l’envoûtante beauté de son amie.

« Bien sûr ! Je l’avais rencontrée au détour d’une séance de bénévolat, rigola-t-elle doucement. C’est une personne exceptionnelle. Très humaine, ce qui est rare dans le monde shinobi, si tu veux mon avis. On devait se revoir ensuite, s’entraîner ensemble, partir en mission, ce genre de choses… Mais la vie en a décidé autrement, il faut croire... »

L’éclat rosé des prunelles de la genin vint alors se ternir l’espace d’une seconde. La survivante en avait perdu, du temps, à cause de ce foutu coma. Elle se devait, aujourd’hui, d’en rattraper le meilleur, comme le moins bon. Elle espérait, minimalement, que toutes les personnes rencontrées avant sa disparition se portaient bien, malgré les horreurs qui s’étaient produites en son absence. Cet Homme au chapeau, le réveil des Dieux, la guerre à venir, la possible fin du chakra… Et puis quoi, encore? Apprendre la mort de son professeur d’un jour, le sabreur Asagao Jirô, l’avait aussi passablement peinée… Elle ne pouvait s’imaginer être sujette à de nouvelles mauvaises surprises de ce genre.

« J’imagine que tu dois avoir entièrement confiance en Aru, n’est-ce pas? Après tout, elle l’inspire aisément. Je suis certaine que tu progresseras énormément avec elle. C’est une excellente jônin, à mon humble avis, même si elle en doute parfois... Une équipe, à mes yeux, doit être comme une seconde famille. Si l’on ne s’y sent pas bien, et en confiance, justement, ça gâche une partie de tout son potentiel - et du nôtre. Et, Aru est une experte, je crois, pour donner cette impression d’être en compagnie d’un proche, d’une connaissance de longue date. Pour superviser et guider, sans trop imposer. Je… Je suis heureuse… de te savoir avec elle, pour sensei. Encore plus si elle... te protège autant. »

Le regard de Mayumi fuya brièvement, avant de se réfugier à nouveau dans celui de son interlocutrice.

« Dans… l’équipe huit ? C’est… dommage, fit Mayumi, déçue que sa formation ait pu avoir échappé une potentielle équipière comme elle. Ça doit être lourd pour toi... de devoir te battre contre les choix que peuvent t’imposer tes parents, j’entends. Surtout s’ils te mettent des bâtons dans le roues, comme ça. C’est… toujours compliqué, avec eux? Et… Et toi, comment vas-tu, dans tout ça? »

Et bien vite, la discussion poursuivit son cours. Les questionnements de la Sendai, à l’égard de sa compagne aux yeux azurins, avaient été répondus avec une étonnante honnêteté. Sur fond de confidence, la fille des glaces avait fait part de ses intentions vengeresses initiales à l’égard des déserteurs de son propre clan. Pour une question d’honneur, semblait-il. Des révélations qui arrachèrent à la Sendai, bien malgré elle, une moue attristée tandis qu’elle se révoltait intérieurement de voir son amie poursuivre ainsi pareille folie. Quelque part, pourtant, elle comprenait un peu sa vis-à-vis. Comment l’enfant de chakra réagirait-elle, si elle devait tomber face à face avec les bourreaux de sa tribu, au pays des neiges éternelles? Elle même ne le savait pas réellement, bien qu’elle préconisait toujours une approche se voulant de plus pacifistes. Dans la réalité, cependant, la réfugiée pouvait très bien être gagnée par l’envie de les massacrer, jusqu’au dernier...

Les mots s'envolaient aussi rapidement que les sombres objectifs de la Yuki, qui exprima ensuite son envie de protéger le village brumeux et ses habitants, alors que Mayumi engloutissait d’un trait les restes de son premier verre de la soirée. Celle-ci hocha alors brièvement de la tête, un franc sourire déformant les traits fins de son visage. Évidemment, elle ne pouvait qu’approuver ce changement de direction.


« Je suis contente de voir que tu as de nouveaux objectifs davantage… productifs… si je peux le dire ainsi. Tuer ne règlera jamais rien, au fond. La vengeance encore moins. Tout ça, c’est un cycle sans fin. Il faut briser la roue, plutôt, ne penses-tu pas? »

Sa dextre vint machinalement replacer une mèche de cheveux rebelle derrière son oreille. Durant ce bref instant de flottement, la genin prit un moment pour réfléchir à ses propres objectifs. Quels étaient-ils, véritablement, au fond? Si, autrefois, sa soif de connaissance l’avait inspiré à vouloir voyager et découvrir tout ce qu’il lui était possible de dénicher au sujet du chakra et des membres de son mystérieux clan, elle n’en était désormais plus tout à fait certaine, depuis sa crise au dojo et son passage entre les murs de l’hôpital général de Kiri. Écrire des bouquins ne lui importait plus vraiment. Que voulait-elle réellement, ici et maintenant? Et pour l’avenir? Tout cela restait encore à définir, pour celle qui vivait avec une épée de Damoclès pendue au-dessus du crâne. Le futur était si… lointain, après tout. Tout pouvait encore se produire.

« Rejoindre la Kenpei, puis le Shiden..? C’est un objectif qui est tout à ton honneur, Misaki, remarqua la Sendai en ponctuant sa phrase d’un énième sourire. Moi aussi, je veux protéger le village et ses habitants. Et… les personnes qui me sont proches. »

Un clin-d'œil discret vint égayer le début de son discours. Évidemment, son amie avait assez d’importance, dorénavant, à ses yeux, pour qu’elle puisse la considérer telle quelle. Et peut-être davantage encore.

« Autrefois, j’espérais voyager de par le monde pour me gaver de toutes les connaissances imaginables sur le chakra et les Sendai. Mon premier sensei à Kiri, un certain Yasei Zeref, avait promis que nous allions en faire le tour… avant qu’il ne disparaisse complètement de la circulation. »

Son sourire disparut aussitôt, mais elle ne se laissa pas pour autant déstabiliser par la signification de ses propres paroles. Elle poursuivit donc, doucereuse :

« J’ai vécu beaucoup d’événements difficiles, depuis, je ne te le cacherai pas… Je… ne sais plus trop sur quel pied danser, ni où me diriger. Et puis… Il y a... »

Non, ce n’était toujours pas le moment de lui en faire part. L’enfant de chakra balaya le sujet de la maladie du revers de la main. Désireuse de faire retomber la poussière un moment, elle dévora aussitôt un takoyaki, mais poussa un gémissement alors que la chaleur contenue par la boulette de pieuvre se libérait dans sa cavité buccale, usant de sa main comme d’un éventail pour apaiser de ses bourrasques le feu qui sévissait dans sa bouche meurtrie. Quand, enfin, l’épreuve s’en fut allée, elle se lança.


« Hm. J’imagine que rejoindre la Kenpei pourrait être un bon point de départ, au fond. Qu’en penses-tu? »

Les événements qui suivirent ensuite se déroulèrent étrangement. À la fois si rapides que la Sendai aurait pu juré qu’ils étaient issus, en réalité, davantage du fantasme que du réel, et si lents qu’on aurait pu croire que le monde entier s’était arrêté de tourner. Le temps défilait à un rythme tordu, au gré des sentiments que les deux kunoichis semblaient partager l’une pour l’autre; au gré d’un millier de battements cardiaques, alimentés, de part et d'autre, par la force des émotions qui teintaient à présent le tableau. Si la précédente affirmation de l’immaculée n’avait pas, de prime abord, pour objectif de révéler l’étendue complète des sentiments qui l’habitaient à l’égard de son ancienne partenaire de mission - du moins, cela n’en était pas l’objectif conscient, il allait sans dire que la jeune femme en avait, d’une manière ou d’une autre, révélée bien plus qu’elle ne l’avait voulue. Car la Yuki, prise d’un mystérieux mélange de timidité et de courage à toute épreuve, en était venue à déclarer sa flamme envers la Sendai, qui figea instinctivement, le regard prisonnier de l’éclat céruléen de billes de sa comparse, tandis que son interlocutrice s’approchait à nouveau pour envahir son intimité… Et déposer ses lèvres sur celles de la belle églantine.

Sous le choc, Mayumi écarquilla les paupières, les muscles du corps douloureusement crispés par ce qui lui semblait, à première vue, un affront contre sa personne. Bientôt, pourtant, sa garde céda complètement… et ses yeux se fermèrent à son tour, alors qu’elle profitait de la proximité de Misaki. La douceur de ses lèvres se révéla d’abord, suivie des caresses de son souffle chaud contre sa peau délicate et de mèches de cheveux blonds qui venaient agréablement chatouiller ses joues. Au creux de son thorax, son pauvre petit cœur, tout comme celui de la Yuki sans doute, palpitait à un rythme effréné, comme s’il désirait lui aussi participer à cette valse en allant à la rencontre de son semblable. L’enfant de chakra déposa délicatement la paume de ses mains sur les épaules de son… amie… Puis, sans prévenir… échappa quelques larmes, qui ruisselèrent librement jusqu’à se perdre sous la courbe de sa mâchoire. La scène dura une longue minute, peut-être. Elle ne le sut jamais, au final. Peu lui importait, au fond, sinon cet intense bonheur qui la submergeait de toutes parts.

Lorsque le contact fut rompu, la jeune femme renifla un bon coup, puis épongea les traces laissées par la substance lacrymale. La tête basse, ses yeux lorgnant l’espace vide au ras du sol, l’immaculée appela d’abord la serveuse afin d’obtenir une nouvelle boisson, puis posa ses yeux rougis par le liquide salin contre ceux de la Yuki, et brisa le malaise de sa voix perturbée, maladroite.


« Misaki, je... »

Elle inspira bruyamment.

« Je ne m’attendais pas à… ça… mais… Je... »

Pourquoi prononcer des paroles aussi simples lui paraissaient dorénavant aussi ardues que l’apprentissage d’une technique de niveau supérieur? Craignait-elle de se montrer, à visage découvert, sous toute sa vulnérabilité? Était-il temps de laisser tomber les masques et de lui parler franchement?

« Je… vais être honnête avec toi, Misaki. Je te trouve… Incroyable. Magnifique. Depuis notre première mission, je n’ai cessé de t’observer, comme je te l’avais dit. Je me suis vue en toi, du moins, en partie. Et ça m'a... beaucoup plu. Je crois que… Je suis tombée amoureuse. Et que tu puisses partager les mêmes sentiments que moi à ton égard, ça me comble de joie. Je ne crois pas avoir déjà ressenti quelque chose de semblable. Par contre... »

Elle inspira longuement. L’heure était venue.

« Je dois te révéler certaines choses à mon sujet, déclara la condamnée, en relevant péniblement sa dextre parasitée de tremblements légers, pour accompagner sa révélation. Je suis malade. Mortellement, malade. Rien de contagieux, ne t’en fais pas. C’est… une maladie liée à mon chakra. Comme si, par son utilisation excessive, je m'autodétruisais, en quelque sorte. C’est tout ce que j’en sais, pour l’instant. Je n’ai pas encore su mettre le doigt sur une solution, ou un remède. J’ai… passé une bonne partie du printemps, puis le début de l’été, plongée dans un coma, après une crise. J’aurais pu mourir à ce moment-là… mais j’ai survécu. »

Mayumi rigola, pathétique, face à sa triste situation. Non pas que cela la faisait rire, mais la jeune femme ne savait plus comment réagir face à une pareille condamnation. Elle débordait, implosait. Et puis, l’idée de rejoindre sa famille ne lui déplaisait pas complètement. Pas complètement...

« S’il-te-plaît, ne t’attache pas trop à une condamnée, d’accord? Tu risquerais de souffrir inutilement. En fait… je crois même que tu devrais m’éviter autant que possible, après ce soir. Je… t’aime beaucoup… et je ne veux pas te repousser, mais c’est pour le mieux, tu ne crois pas? »

Était-ce là une autre de ses mauvaises blagues? Haha. Haha. Non. Cette fois-ci, la réalité frappa brutalement, au grand dam de Mayumi. Papa, pensa-t-elle, j’ai enfin trouvé une personne qui compte vraiment à mes yeux.

...Pourquoi dois-je donc déjà la faire disparaître ?


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Merci à Yami & Aimimii pour le kit ! <3
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Ven 14 Mai 2021 - 18:49

Misaki avait volontairement choisi de ne pas pousser plus loin alors qu'elle remarquait le désire de la Sendai de rester vague sur ce que le destin lui avait réservé. Arukisa n'avait jamais parlé de sa rencontre avec l'églantine, mais pourquoi l'aurait-elle fait ? Sans doute que l'adolescente la questionnerait sur ce que pouvait bien être ce fameux bénévolat ?

[Misaki] - Définitivement, j'ai entièrement confiance en Arukisa-Senseï. C'est une jônin compétente et qui m'apprends tant de chose. Je suis vraiment heureuse de l'avoir à mes côtés et je suis tout aussi contente d'apprendre qu'elle est aussi exceptionnelle avec d'autres personnes qu'elle l'est avec moi. Pas que j'en doutais, elle est... Un petit sourire gêner faisait son apparition sur le visage de la blonde C'est un peu mon héros ! Elle éclatait de rire tandis que ses prunelles viraient au rouge C'est drôle à dire, mais je pense que je ne serais pas qui je suis présentement, si ce n'était pas d'elle.

En effet, il s'agissait là d'un véritable questionnement que Misaki avait. Les apprentissages, les entraînements et les missions qu'elles avaient effectués ensemble avaient, petit à petit, forgés Misaki à être la femme qu'elle était maintenant. D'abord rongée par des sentiments de vengeance et une incompétence monstrueuse, c'est grâce à Arukisa, si elle avait su exploiter son potentiel et trouver une voie bien loin de ses désirs égoïstes et enfantins.

Misaki ne pouvait être que d'accord avec les dires de la belle églantine. Se sentant un peu conne d'être devenue une kunoichi afin de traquer et d'assouvir un désire si edgy, la fille des glaces arpentaient désormais une nouvelle voie ; celle de la protection de tous. Elle qui trouvait important de ne pas oublier d'où elle venait, elle ne pouvait pas se laisser définir par son passé.

[Misaki] - C'est une roue sans fin. C'est certains, mais ses racines sont profondément encré dans mon coeur et j'espère que, le jour de la grande guerre, je saurais passer par dessus mon animosité et venir en aide à mes cousins et à mes cousines d'une autre terre. J'espère être au dessus de cette colère qui m'habite face à eux...

Son regard arboraient maintenant de la tristesse. Elle était déçu d'elle-même, car il y avait deux êtres dans son coeur. La douce Misaki, la paisible fille des glaces qui voulaient le bien de tous et qui ne voulaient plus être accroché à sa haine et la froide Misaki, la vengeresse, celle qui voulait prouver sa valeur aux yeux de son clan. Être autre chose que cette femme-trophée, cette position qu'elle détestait tant, imposée par sa famille. Peut-être que si elle était celle qui restaurait l'honneur de sa famille, elle serait finalement accepté pour ce qu'elle est réellement, une kunoichi au grand coeur ? Et non pas la troisième enfant d'une famille de neuf, destinée à n'être qu'un outil politique dans les mains de ses parents.

[...]


Empathique aux dires de celle qu'elle aimait tant, Misaki ne pouvait que l'écouter dans ce qu'elle exprimait. Elle la fixait dans les yeux, alors qu'elle lui partageait son désire de voir le monde et d'en découvrir plus sur son clan. Elle était si belle à voir, si rassurante. Bien qu'elle la sentait triste de la tournure des événements, elle se laissait porter par la voix de l'enfant du chakra. En fait, avoir été un peu plus saoule, elle lui aurait sans doute prit les mains, dans un élans d'affection et de support. Elle l'aurait peut-être même embrasser – quoi que ça, ça allait devenir une réalité, quelques conversations plus tard.- Elle n'en fit cependant rien, laissant le tout sur le plan d'un désire face à l'affection grandissante qu'elle ressentait face à celle qui, une jour, lui volerait son premier baiser. Puis, elle aborda la Kenpei et lui demandait son avis.

[Misaki] - Je pense que si tu as le désire de protéger la brume, il n'y a pas de meilleure place que dans les rangs de la Kenpei. Je suis peut-être biaisé, voulant moi-même les rejoindre, je crois qu'ils sont l'apogées de cette vision de protection qui me plait tant.

Dit-elle en portant un nouveau morceau de pieuvre à sa bouche. Mastiquant l'animal caoutchouteux, elle ramassa ses pensées, un peu éparpiller entre ses sentiments pour la jeune femme, les saveurs qui courraient sa bouche et le message qu'elle essayait de passer.

[Misaki] - Par contre, ils sont limite aux confins du village. Toi qui aimerait tant voir le monde, peut-être que le Kyoi te correspondrait plus ? Peut-être pourrais-tu créer ta propre unité spécialisée sur la découverte de nouvelle place ? Le monde est encore si inconnu !

Il s'agissait là d'une belle représentation de l'imagination fertile de Misaki. S'il était possible de créer sa propre unité, ce n'était définitivement pas à la porté d'une genin. Elle ne voulait pas non plus donner de faux espoir à l'églantine.

[...]


Misaki portait l'une de ses mains au visage de celle qu'elle aimait tant, alors qu'elle déposait sur ses lèvres son tout premier baisé. Il était dit que les terminaisons nerveuses présent au bout des doigts d'une personne étaient si sensible que si la main avait la taille d'une planète, ils seraient capable de sentir le relief des villages. Pourtant, en glissant doucement le bout de ses doigts le long du visage de la Sendai, Misaki ne pouvait que sentir la perfection de cette femme qu'elle aimait.

Ce baisé qui n'avait duré que quelques instants allait rester grave dans la mémoire de la Yukijine pour le restant de ses jours. Ce repas, riches en conversation et riches en émotions avait un je-ne-sais quoi d'apaisant pour l'anxieuse genin aux cheveux d'or. Elle qui profitait du moment ne s'attendait pas à être percuté par les prochaines paroles de la Sendai.

Mourante ? Impossible. Alors qu'elle se croyait au bout de ses surprises, le pauvre petit cœur de la fille des glaces sauta de nouveau un battement. Le temps semblait s'être arrêté. Des larmes coulaient le long de son visage. Elle pleurait. Non pas parce qu'elle était déçu de perdre sa très aimée, mais parce qu'elle ne pouvait qu'imaginer toute la souffrance qu'elle vivait. Comment faisait-elle pour continuer d'avancer, alors qu'elle était condamné? Misaki essuya ses larmes, un sourire au visage. Elle voyait en Mayumi une femme douce, magnifique et résiliente. Une femme sur qui la vie s'était acharnée et qui, malgré tout, trouvait la force de passer aux travers des intempéries. Pourtant, bien que ça ne faisait qu'accentué ce qu'elle ressentait pour la Sendai, Misaki pleurait. Elle pleurait, car elle la sentait si seule. L'adolescente se plaignait bien souvent de sa famille, mais ils étaient là pour elle. Ils étaient présent et, bien qu'en désaccord avec ses choix, elle l'aimait. Mayumi n'avait pas ça. Elle n'avait qu'elle et c'était ça, qui la heurtait le plus.

Et, alors que Mayumi prononçait cette question si sotte, Misaki portait une nouvelle fois sa dextre à son visage. Doucement, elle portait une nouvelle fois un baisé sur les lèvres de son amoureuse. C'était là, un geste si pure et riche en émotion. Misaki pleurait, ses larmes rencontraient le doux visage de cette femme avec qui elle voulait passer le restant de sa vie. En décollant ses lèvres, elle ne s'éloigna pas pour autant. Appuyant son front sur celui de l'églantine, Misaki chuchota quelques mots.

[Misaki] - Je t'aime aussi beaucoup.

Elle recula, essuya ses larmes et, le regard posé dans celui de l'églantine, elle poursuivit.

[Misaki] - Ne tant fait pas pour moi. Lui-dit elle accompagné d'un sourire chaleureux.

Misaki croyait pertinemment que le chemin était bien plus important que la destination. Elle s'en fichait que ses jours avec la Sendai étaient compté. De toute façon, avec la grande guerre qui s'annonçait, impossible de savoir si elle allait même y survive. Par contre, ça soulevait un questionnement dans la psyché de la genin. Et si... Et si l'homme au chapeau parvenait à faire disparaître le chakra de la surface de ce monde, son amour serait-elle guérit?

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